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Guide expert AV 202630 minMis à jour 25 juin 20267 cas chiffrés

Assurance-vie et succession 2026 : 152 500 € transmis sans impôt

Votre assurance-vie est le seul placement qui transmet hors succession : jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire sans impôt avant 70 ans (art. 990 I CGI). Bien rédigée, elle économise plus de 229 000 € à un concubin ; mal rédigée, elle déclenche batailles familiales et fiscalité à 60 %. Ce guide explique comment sécuriser votre clause, quand verser avant ou après 70 ans, et comment protéger un concubin ou une famille recomposée — avec 7 cas chiffrés. Régime 990 I avant 70 ans, 757 B après 70 ans, exonération conjoint TEPA art. 796-0 bis, clause démembrée + 774 bis, loi Eckert L.132-23-1, AGIRA, FICOVIE, Ciclade. Guide rédigé par Hagnéré Patrimoine, cabinet enregistré ORIAS (CIF / COA / COBSP, Carte T).

STRATÉGIE TRANSMISSION AV

Sécuriser votre transmission AV et maximiser les abattements 152 500 / 30 500 €

Régime 990 I/757 B × clause démembrée × cloisonnement 2 contrats × exception 774 bis × succession internationale : un audit CGP en architecture ouverte chiffre l'économie pour chaque bénéficiaire et coordonne notaire/assureur.

  • Audit clause bénéficiaire
  • Optimisation 990 I vs 757 B
  • Coordination notaire
  • Cabinet capitalistiquement indépendant

ABATTEMENT 990 I

152 500 €/bén.

ABATTEMENT 757 B

30 500 € global

EXO CONJOINT

100 %

DÉLAI VERSEMENT

1 mois

ÉCO CONCUBIN 500K

229 544 €

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine capitalistiquement indépendant

CIF · COA · COBSP · Carte T 7301 2024 000 000 014 · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

§ 1ESSENTIEL·2 MIN

L'essentiel en 60 secondes

Mis à jour le 25 juin 2026 — par Hagnéré Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine (CIF/COA/COBSP / Carte T).

En 60 secondes

  • Pour qui ? En théorie, tout souscripteur d'assurance-vie. En pratique, ceux qui ont le plus à gagner : concubins (60 % de droits sinon), partenaires de PACS (pacte civil de solidarité), familles recomposées avec enfants d'un premier lit, et dirigeants qui veulent protéger un proche non héritier.
  • Ce que vous y gagnez : transmettre 152 500 € par bénéficiaire sans impôt, échapper aux règles civiles de la succession, protéger un proche non héritier légal.
  • Chiffres-clés : 152 500 € (abattement 990 I avant 70 ans) / 30 500 € (757 B après 70 ans) / 100 % exonéré pour conjoint et PACS / jusqu'à 229 544 € économisés pour un concubin sur 500 k€.
  • Risque principal : une clause bénéficiaire mal rédigée ou vide = capital réintégré à la succession classique, droits jusqu'à 60 %.
  • Temps de lecture : 15 minutes — prévoyez 10 minutes de plus pour rouvrir votre contrat et vérifier la clause en ligne.

Imaginez : vous décédez demain, vous laissez 500 000 € sur votre assurance-vie à votre concubine. Sans ce contrat, elle paierait près de 299 000 € de droits de succession (taux de 60 % entre non-parents). Grâce à une assurance-vie bien rédigée, elle n'en paiera que 69 500 € — soit 229 544 € économisés. Chez Hagnéré Patrimoine, on voit ce cas trois ou quatre fois par mois — et à chaque fois, ce qui fait basculer les 229 544 €, c'est une seule phrase mal tournée dans la clause bénéficiaire.

En cabinet, la question revient toutes les semaines, parfois après un décès, plus souvent quelques années avant : combien va-t-il rester après impôts, et pour qui ? Une clause bien rédigée transmet plusieurs centaines de milliers d'euros sans un centime d'impôt. À l'inverse, une clause vide ou mal tournée bascule le capital dans la succession classique : c'est là qu'on retrouve les 60 % de droits entre non-parents — exactement ce qui s'est joué dans l'exemple ci-dessus.

Tableau comparatif : Ce que fait l'AV dans la succession — Base juridique — Impact concret — Premier cas : Échappe à la succession civile
Ce que fait l'AV dans la successionBase juridiqueImpact concret
Échappe à la succession civileArt. L.132-12 C. assur.Pas de notaire sur cette fraction, pas de réserve héréditaire (hors primes exagérées)
Abattement 152 500 €/bénéficiaireArt. 990 I CGIPrimes versées AVANT les 70 ans du souscripteur
Abattement global 30 500 €Art. 757 B CGIPrimes versées APRÈS 70 ans, partagées entre bénéficiaires non exonérés
Exonération conjoint et PACSArt. 796-0 bis CGI (loi TEPA 2007)0 € de droits, sans plafond, quelle que soit la date de versement
Intérêts et plus-values post-70 ans exonérésArt. 757 B al. 2 CGISeules les primes sont taxables ; les gains sont exonérés
Créance démembrée déductible au 2nd décèsArt. 774 bis CGI + BOFiP 26/09/2024 § 275Économie 50 000 à 76 000 € type sur 600 k€
Délai assureur 1 mois après piècesArt. L.132-23-1 C. assur. (loi Eckert)Intérêts au double puis au triple du taux légal en cas de retard

500 000 € à 3 enfants : 11 000 € ou 52 000 € de droits, selon une seule phrase

Sur un capital de 500 000 € versé à 3 enfants, primes avant 70 ans, avec une clause bien rédigée : ~11 000 € de droits. Avec une clause vide ou mal rédigée (capital réintégré à la succession) : ~52 000 € de droits. Soit ~41 000 € qui se jouent sur la formulation de votre clause bénéficiaire — la phrase entre « Mes enfants » et « Mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés ».

Au programme : le mécanisme civil du hors-succession, la fiscalité avant/après 70 ans, la clause démembrée et son article 774 bis, les primes « manifestement exagérées » revisitées par l'arrêt Cass. 2e civ. 19 décembre 2024 n° 23-19.110 (qui tranche enfin une question vieille de 20 ans), les délais Eckert côté assureur, les outils Ciclade et AGIRA pour retrouver un contrat oublié, le volet international et 7 cas chiffrés — du concubin au dirigeant.

§ 2HORS SUCC.·3 MIN

Pourquoi l'assurance-vie est hors succession — le mécanisme juridique

Voilà la phrase que votre notaire vous lira au moment d'ouvrir la succession, et que peu d'épargnants ont vue avant signature : « Le capital versé au décès à un bénéficiaire désigné ne fait pas partie de la succession ». Dix-sept mots, gravés à l'article L.132-12 du Code des assurances : c'est ce qui sort le capital décès du périmètre du notaire.

Derrière le jargon de « stipulation pour autrui », l'idée est banale : vous ne léguez rien à votre bénéficiaire, vous donnez l'ordre à l'assureur de lui verser un capital le jour où vous décédez. L'argent ne passe donc pas par votre succession — il va directement de l'assureur au bénéficiaire.

Art. L.132-12 C. assur. — le texte exact

« Le capital ou la rente stipulés payables lors du décès de l'assuré à un bénéficiaire déterminé ou à ses héritiers ne font pas partie de la succession de l'assuré. Le bénéficiaire, quelles que soient la forme et la date de sa désignation, est réputé y avoir eu seul droit à partir du jour du contrat, même si son acceptation est postérieure à la mort de l'assuré. »

Source : Légifrance.

2.1 Les 4 conséquences concrètes du régime « hors succession »

Concrètement, ce statut hors succession a quatre effets — et à ma connaissance, aucune autre enveloppe française ne les cumule :

Tableau comparatif : Conséquence — Pour le bénéficiaire — Pour les héritiers — Premier cas : Versement direct par l'assureur
ConséquencePour le bénéficiairePour les héritiers
Versement direct par l'assureurReçoit le capital sans passer par le notaire — en 1 à 3 moisN'ont pas de droit de regard sur cette fraction du patrimoine
Échappe à la réserve héréditaire (art. 912 C. civ.)Peut être un enfant d'un autre lit, un concubin, un tiersNe peuvent pas contester la désignation sauf primes exagérées (L.132-13)
N'entre pas dans l'actif de partageLe capital est sien — définitivementLe partage notarial ne porte que sur le patrimoine classique
Hors fiscalité successorale classiqueRégime 990 I (avant 70 ans) ou 757 B (après 70 ans)Pas de cumul avec les abattements successoraux classiques (100 000 € enfant, 15 932 € frère/sœur, 7 967 € neveu, 1 594 € tiers)

Prenons un cas concret. Vous avez 1 M€ de patrimoine : 400 000 € placés en assurance-vie au profit de votre concubine Sophie, 600 000 € en autres actifs qui iront à vos deux enfants. Le jour du décès, Sophie touche ses 400 000 € en direct, sans que vos enfants puissent bloquer. Et fiscalement, elle bascule sur le régime 990 I — 20 % au-delà de 152 500 €, là où une transmission classique entre non-parents l'aurait taxée à 60 %. Les 600 000 € restants, eux, partent dans la succession ordinaire et reviennent aux enfants.

2.2 Les 2 limites au « hors succession »

Ce hors-succession a quand même deux trous dans la raquette :

  1. Les primes manifestement exagérées (art. L.132-13 al. 2 C. assur.) : si les versements effectués par le souscripteur sont jugés disproportionnés à ses facultés, les héritiers réservataires peuvent demander leur réintégration à la succession. La Cour de cassation a posé 4 critères cumulatifs et limitatifs (voir section 10).
  2. L'article 757 B CGI: les primes versées après 70 ans sont fiscalement réintégrées à l'actif successoral (mais uniquement au plan fiscal, pas civil), ce qui active les droits de succession classiques au-delà d'un abattement global de 30 500 €.

C'est sur ces deux brèches que se concentrent la plupart des contentieux AV en justice. D'où la double règle de prudence : une clause bien rédigée, et un calendrier de versements calibré sur vos revenus réels.

Réserve héréditaire — en 30 secondes

La réserve héréditaire est la part minimum du patrimoine que la loi garantit aux enfants (art. 912-913 C. civ.) : ½ pour 1 enfant, ⅔ pour 2 enfants, ¾ pour 3 enfants ou plus. Le reste — la « quotité disponible » — vous le donnez à qui vous voulez. Et c'est là que l'assurance-vie joue sa carte maîtresse : elle se glisse hors de cette réserve, sauf si vos primes sont jugées disproportionnées par les juges. Pour tout comprendre : Réserve héréditaire et quotité disponible 2026.

Hagnéré Patrimoine

Clause exagérée ou 757 B mal calibré — on sécurise votre transmission

Les deux limites civiles (primes exagérées L.132-13) et fiscales (757 B) peuvent ruiner une stratégie AV. Les conseillers Hagnéré Patrimoine auditent vos clauses bénéficiaires et chiffrent le gain potentiel avec une stratégie démembrement / multi-contrats / 990 I-757 B combinée.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 3IMPÔT ?·2 MIN

Hors succession veut-il dire hors impôt ?

C'est la question qui revient à chaque rendez-vous : « Si c'est hors succession, alors il n'y a aucun impôt, non ? ». La réponse est non — et cette confusion peut coûter 30 000 à 100 000 € à un bénéficiaire mal informé. On chiffre ça plus bas.

« Hors succession » veut dire une chose précise : le capital ne rentre pas dans le partage entre héritiers, il ne passe pas par le notaire, il ne suit pas les règles classiques d'héritage. Mais Bercy, lui, ne lâche pas l'affaire : le Code général des impôts prévoit deux régimes spécifiques pour l'assurance-vie au décès, selon l'âge du souscripteur au moment des versements :

Régime avant 70 ans : art. 990 I CGI

Impôt spécifique prélevé directement par l'assureur (avant de verser le capital). Chaque bénéficiaire a 152 500 € d'abattement (exonérés). Au-delà, on applique 20 % sur la part taxable jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 % au-dessus. Conjoint et partenaire de PACS : exonérés à 100 %.

Régime après 70 ans : art. 757 B CGI

Droits de succession classiques au barème DMTG (droits de mutation à titre gratuit : 5 à 45 % en ligne directe, jusqu'à 60 % entre non-parents), après un abattement global de 30 500 € partagé entre les bénéficiaires non exonérés. Bonne nouvelle : intérêts et plus-values restent totalement exonérés.

L'avantage reste net — même avec le 990 I ou le 757 B

En succession classique, un enfant paye entre 5 % et 45 % de droits sur ce qu'il reçoit (barème progressif par tranches), après un abattement de 100 000 €. Un tiers (concubin, ami) paye jusqu'à 60 %, après seulement 1 594 € d'abattement. L'assurance-vie, elle, reste bien plus douce dans les deux cas. Ordre de grandeur: pour 500 000 € reçus par un enfant sur contrat AV (primes pré-70 ans), le bénéficiaire paye environ 69 500 € de prélèvement 990 I. Sur les mêmes 500 000 € reçus en succession classique, l'enfant paye environ 98 000 € de droits (après abattement 100 k€). Économie réelle : ~28 500 €.

Autrement dit : le notaire ne touche pas au capital, mais Bercy garde un droit de regard. Avantage : ce prélèvement reste bien plus doux que les droits de succession classiques. L'assurance-vie n'est pas exonérée — elle est fiscalisée à part, et beaucoup mieux.

Pour un concubin ou un ami, l'écart devient brutal. 500 000 € reçus en succession classique = 60 % après abattement de 1 594 €, soit 299 044 € de droits pour le bénéficiaire. Les mêmes 500 000 € en AV (primes pré-70 ans) = 152 500 € exonérés + 347 500 € × 20 % = 69 500 € de prélèvement. Économie : 229 544 €. C'est cette différence qui explique l'engouement français pour l'assurance-vie. Les chiffres parlent : 1 989 Md€ d'encours fin décembre 2024, cap des 2 000 Md€ franchi en janvier 2025 (source : France Assureurs). Reste une question pratique : comment ça se passe vraiment, avant et après 70 ans ? On attaque par le régime avant 70 ans — celui qui offre le plus gros abattement (152 500 € par bénéficiaire).

§ 4990 I·4 MIN

Avant 70 ans : comment fonctionne l'article 990 I (152 500 € par bénéficiaire) ?

Avant 70 ans, c'est l'article 990 I du Code général des impôts qui s'applique. Sur le papier ça pique, en pratique trois règles suffisent à le décoder.

4.1 Le mécanisme

Pour chaque bénéficiaire désigné, l'assureur prélève à la source un « prélèvement spécifique » (différent des droits de succession, même s'il en suit la logique) selon le barème suivant :

BARÈME 990 I CGI (primes versées AVANT 70 ans)

Part taxable par bénéficiaire (primes + gains) :
→ 0 à 152 500 €             : 0 % (abattement)
→ 152 501 à 852 500 €       : 20 %  (= 152 500 € exonérés + 700 000 € de fraction taxable)
→ au-delà de 852 500 €      : 31,25 %

Conjoint / PACS (art. 796-0 bis) : 100 % exonéré — sans plafond

Abattement par bénéficiaire, tous contrats / tous assureurs confondus.
Le conjoint/PACS ne consomme PAS d'abattement (exonéré).

Cas pratique : 3 enfants, contrat de 700 000 €, primes versées avant 70 ans. Chaque enfant reçoit 233 333 € et profite de son abattement de 152 500 €. Reste 80 833 € taxés à 20 %, soit 16 167 € par enfant. Total famille : ~48 500 € de prélèvement. Taux effectif (droits totaux ÷ capital brut): 6,9 %. Trois fois moins qu'une succession classique.

4.2 Multiplier les bénéficiaires = multiplier les abattements

Le vrai levier de l'AV, le voilà : chaque bénéficiaire a son propre abattement de 152 500 €. Trois enfants ? 457 500 € transmis sans aucun prélèvement. Cinq bénéficiaires ? 762 500 €. La clause bénéficiaire n'est pas un détail administratif, c'est l'outil fiscal le plus puissant du contrat.

Tableau comparatif : Configuration clause — Abattement total 990 I — Capital exonéré — Premier cas : 1 bénéficiaire (conjoint) — clause standard
Configuration clauseAbattement total 990 ICapital exonéré
1 bénéficiaire (conjoint) — clause standardIllimité (796-0 bis)Tout le capital
1 enfant unique152 500 €152 500 €
2 enfants305 000 €305 000 €
3 enfants457 500 €457 500 €
2 enfants + 1 conjoint (usufruit / NP)305 000 € + conjoint exonéréTout le capital jusqu'à 305 000 € + part usufruit
3 enfants + 2 petits-enfants762 500 €762 500 €
3 enfants + 3 petits-enfants + conjoint914 000 € + conjoint exonéréJusqu'à 914 000 € sur les enfants/petits-enfants

Piège n°1 — l'abattement est APPRÉCIÉ PAR BÉNÉFICIAIRE, pas par contrat

Beaucoup de clients pensent qu'ouvrir trois contrats chez trois assureurs différents multiplie l'abattement par trois. Non. Si votre enfant est bénéficiaire chez Linxea (100 000 €), Cardif (80 000 €) et Crédit Agricole (60 000 €), il reçoit bien 240 000 € — mais l'administration fiscale agrège tout et n'applique qu'un seul abattement de 152 500 €. Reste 87 500 € taxés à 20 %, soit 17 500 € à régler.

4.3 Assiette taxable — la subtilité « primes + gains »

Le 990 I taxe la valeur de rachat au jour du décès: versements + gains accumulés. C'est précisément ce qui distingue ce régime du 757 B (après 70 ans), où seuls les versements comptent. Exemple : contrat ouvert à 45 ans, 100 000 € versés, valeur 180 000 € au décès à 72 ans. Base taxable = 180 000 €, pas 100 000 €. Le contrat a fructifié 27 ans, et toute la plus-value entre dans l'assiette.

Sur la durée, l'effet est massif : un contrat alimenté à 30 ans et liquidé à 60 ans peut voir sa base taxable multipliée par 2 ou 3 sous l'effet des intérêts composés. Paradoxe assumé de l'assurance-vie : ouvrir tôt fait gonfler le capital ET la base taxable. L'abattement de 152 500 €, lui, ne bouge pas. Il s'applique sur la valeur finale (primes + gains), jamais sur les seules primes.

4.4 Les contrats vie-génération (abattement + 20 %)

Le contrat dit « vie-génération », instauré par la loi de finances rectificative 2013, ajoute un abattement de 20 % supplémentaire, appliqué avant les 152 500 €. La contrepartie est exigeante : au moins 33 % du contrat doit financer l'économie réelle — PME, ETI (entreprises de taille intermédiaire), logement social, fonds éligibles à l'art. 990 I, I bis, 2 du CGI. Peu d'assureurs en proposent car le sourcing des fonds est contraignant. Mais pour un capital de 1 M€ transmis à un seul enfant, l'économie peut grimper à 60 000 € de prélèvement en moins.

CONTRAT VIE-GÉNÉRATION — CALCUL

Capital reçu par bénéficiaire : 500 000 €
→ Abattement 20 % vie-génération : -100 000 €
→ Base après abattement 20 % : 400 000 €
→ Abattement 152 500 € : -152 500 €
→ Base taxable : 247 500 €
→ Prélèvement 20 % : 49 500 €

vs contrat AV classique : 69 500 € de prélèvement
→ Économie : 20 000 € par bénéficiaire
§ 5757 B·3 MIN

Après 70 ans : que change l'article 757 B (30 500 € global partagé) ?

Passé 70 ans, la règle change. Le législateur a voulu éviter qu'on verse au dernier moment uniquement pour échapper aux droits : c'est l'objet de l'article 757 B du CGI. Mais bien utilisé, ce régime laisse passer 100 % des plus-values hors taxe — on détaille.

5.1 Trois mécaniques à connaître dans le 757 B

  1. Abattement global 30 500 € — pas par bénéficiaire, tous bénéficiaires non exonérés confondus. Il se partage au prorata des parts taxables attribuées à chaque non-exonéré.
  2. Seules les primes sont taxables — les intérêts, plus-values et dividendes accumulés sont totalement exonérés (art. 757 B al. 2). C'est là où le régime devient généreux : on peut verser 100 000 € après 70 ans, faire fructifier pendant 20 ans jusqu'à 200 000 €, et les 100 000 € de gains échappent totalement à la taxation.
  3. Barème DMTG classique— au-delà de l'abattement, les droits de succession classiques s'appliquent selon le lien de parenté : 5-45 % en ligne directe, 35-45 % frères/sœurs, 55 % neveux/nièces, 60 % tiers et concubins.

Art. 757 B CGI — texte clé

« Les sommes, rentes ou valeurs quelconques dues directement ou indirectement par un assureur, à raison du décès de l'assuré, donnent ouverture aux droits de mutation par décès suivant le degré de parenté existant entre le bénéficiaire à titre gratuit et l'assuré à concurrence de la fraction des primes versées après l'âge de 70 ans qui excède 30 500 € ».

Source : Légifrance.

5.2 Calcul du prorata de l'abattement 30 500 €

Point souvent raté : les 30 500 € ne se distribuent pas par tête. Ils se partagent au prorata des parts taxables. Plus un bénéficiaire reçoit, plus il absorbe une grosse portion de l'abattement. Le conjoint et le PACS n'entrent pas dans le partage — ils sont déjà exonérés par 796-0 bis.

CAS : 3 enfants bénéficiaires égaux + 1 conjoint
Primes versées APRÈS 70 ans : 90 000 €
Répartition clause : 50 % conjoint / 50 % partagé entre 3 enfants

Part conjoint (45 000 €) : exonérée (796-0 bis) — ne consomme pas l'abattement
Part enfants : 45 000 € à partager = 15 000 € / enfant
→ Chaque enfant : 15 000 € × (30 500 / 45 000) d'abattement = 10 167 € d'abattement
→ Part taxable par enfant : 15 000 - 10 167 = 4 833 €
→ Droits (TMI 20 % ligne directe) : ~970 € par enfant
→ Total droits : ~2 910 €

Piège n°2 — répartition inégale = abattement réparti inégalement

Si la clause prévoit une répartition inégale (60/40 entre deux enfants par exemple), le prorata suit la quotité, pas les têtes. Dans ce cas, l'enfant A (60 %) absorbe 60 % × 30 500 = 18 300 € d'abattement, l'enfant B seulement 12 200 €. Certains lecteurs pensent que chacun reçoit « sa part » d'abattement — ce n'est pas le cas : le prorata suit la répartition des primes taxables.

5.3 Les gains après 70 ans : 100 % hors taxe

Le 757 B a un angle mort que peu de familles exploitent : les intérêts et plus-values sont exonérés à 100 %. Conséquence pratique : verser 30 500 € à 71 ans puis laisser fructifier 20 ans à 3,5 % net annuel (rendement moyen après frais de gestion sur fonds euros + UC, hors prélèvements sociaux) = ~60 700 € au décès à 91 ans — dont 30 500 € totalement exonérés (primes sous abattement) + 30 200 € totalement exonérés (gains hors 757 B). Le bénéficiaire touche 0 € de droits sur 60 700 € transmis.

On entend souvent que « après 70 ans, l'AV ne sert plus à rien ». C'est faux. L'abattement de 152 500 € par bénéficiaire disparaît, d'accord. Sauf que les plus-values futures, elles, sortent définitivement hors taxe. Un contrat post-70 ans correctement dimensionné (ouverture dédiée, versements étalés, horizon 15-25 ans) transmet entre 30 500 € et plus de 60 000 € totalement exonérés par bénéficiaire. Sans compter l'abattement de 30 500 € qui s'ajoute au-dessus.

Cette règle explique pourquoi Hagnéré Patrimoine recommande à ses clients d'ouvrir un nouveau contrat dédié après 70 ans : le rendement fiscal d'un contrat post-70 ans dépasse souvent celui d'une donation classique, même avec un abattement plafonné à 30 500 €. Pour aller plus loin sur cette stratégie, voir notre guide dédié Assurance-vie après 70 ans : stratégie succession.

§ 6COMPA.·3 MIN

990 I vs 757 B — le tableau ligne par ligne

En pratique, ce qui sépare le 990 I du 757 B tient sur 7 lignes. Côte à côte — c'est là que les clients de Hagnéré Patrimoine comprennent enfin pourquoi le timing des versements compte autant que les montants :

Tableau comparatif : Critère — Art. 990 I (avant 70 ans) — Art. 757 B (après 70 ans) — Premier cas : Nature du prélèvement
CritèreArt. 990 I (avant 70 ans)Art. 757 B (après 70 ans)
Nature du prélèvementPrélèvement sui generis, retenu par l'assureur à la sourceDroits de mutation à titre gratuit classiques, calculés par le notaire
Assiette taxablePrimes + plus-values (valeur de rachat au décès)Primes seulement — intérêts et gains exonérés
Abattement152 500 € PAR bénéficiaire, tous contrats / assureurs confondus30 500 € GLOBAL, partagé au prorata entre bénéficiaires non exonérés
Taux applicable20 % jusqu'à 700 k€ part taxable, 31,25 % au-delàBarème DMTG selon lien de parenté (5-45 % ligne directe, 60 % tiers)
Conjoint / PACSExonération totale (796-0 bis)Exonération totale (796-0 bis) — pareil
Obligation déclarativeDéclaration partielle par l'assureur ; bénéficiaire ne fait rienDéclaration formulaire 2705-A par le bénéficiaire, dans les 6 mois du décès
Calcul notaire nécessaireNon — règlement directOui — intégration à l'actif fiscal successoral

Prenons un cas : vous désignez votre enfant et votre concubin. En 990 I, chacun a son propre abattement de 152 500 € — soit 305 000 € transmis hors taxe. En 757 B, les deux se partagent un seul abattement de 30 500 €. Même capital versé, mêmes bénéficiaires : dix fois moins d'exonération. C'est ce qui rend le passage des 70 ans aussi sensible.

6.1 Les versements charnière autour de 70 ans

Le seuil des 70 ans crée deux fenêtres distinctes — et c'est là que les CGP travaillent l'optimisation :

  • Avant 70 ans : charger au maximum le contrat existant — chaque euro versé ouvre 152 500 € d'abattement par bénéficiaire au décès
  • Après 70 ans : ouvrir un second contrat dédié. Pourquoi ? Parce que sans séparation, vos héritiers devront retrouver la date exacte de chaque prime pour distinguer ce qui relève du 757 B (les primes après 70 ans) de ce qui relève du 990 I (l'antérieur). Avec deux contrats, le tri est fait d'avance.

On le fait pour tous nos clients qui passent ce cap : un nouveau contrat ouvert le jour des 70 ans (ou la veille — juridiquement c'est pareil), 100 € versés dessus, et tous les flux post-70 ans atterrissent là. Sans cette séparation, imaginez la scène : votre conjoint, 80 ans, qui doit fournir au notaire les relevés annuels de 1995 à aujourd'hui pour prouver quelle prime tombe sous quel régime. C'est faisable, mais c'est exactement ce qu'on veut lui éviter. Reste un cas où tout ce qu'on vient de voir s'efface : le conjoint et le partenaire de PACS, totalement exonérés sur les deux régimes.

§ 7CONJOINT·3 MIN

Conjoint survivant et PACS — l'exonération totale (TEPA 2007)

Depuis la loi TEPA (Travail, Emploi, Pouvoir d'Achat) de 2007 (loi n° 2007-1223 du 21 août 2007), le conjoint survivant marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession — y compris sur l'assurance-vie.

Le fondement textuel est l'article 796-0 bis CGI : « Sont exonérés de droits de mutation par décès le conjoint survivant, le partenaire lié au défunt par un pacte civil de solidarité ». Cette exonération vaut explicitement pour le prélèvement 990 I comme pour les droits 757 B (art. 796-0 quater).

Conjoint ou PACS : zéro impôt, zéro abattement à calculer, le capital tombe net

Peu importe le montant versé, peu importe l'âge auquel les primes ont été payées, peu importe le contrat : le conjoint ou le partenaire de PACS touche 100 % net. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'AV est si fréquemment utilisée comme outil de protection du conjoint : elle permet de verser au survivant un capital immédiatement disponible, sans passer par le notaire, sans toucher au régime matrimonial, et sans un euro de droits.

7.1 La différence clé PACS vs concubinage

L'exonération ne vaut que pour les partenaires de PACS enregistré à la date du décès. Trente ans de vie commune sans PACS ni mariage ? Le concubin ne récupère rien au titre de la succession, et l'assurance-vie ne le sauve pas non plus. Seule la désignation expresse en tant que bénéficiaire du contrat permet au concubin de recevoir le capital (hors succession), mais il sera taxé via 990 I ou 757 B comme un tiers (et non exonéré).

Tableau comparatif : Situation — Régime AV succession — Taux effectif — Premier cas : Conjoint marié — désigné clause
SituationRégime AV successionTaux effectif
Conjoint marié — désigné clauseExonération totale (796-0 bis + TEPA)0 %
Partenaire PACS — désigné clauseExonération totale (796-0 bis + TEPA)0 %
Concubin — désigné clause, primes avant 70 ansAbattement 152 500 €, puis 20 % / 31,25 % (990 I)~14 % net sur 500 k€
Concubin — désigné clause, primes après 70 ansAbattement 30 500 € prorata, puis 60 % (DMTG tiers)~57 % net
Ex-conjoint — désigné clause, divorce non déclaré à l'assureurReçoit le capital ; régime 990 I ou 757 B selon dateSelon cas

7.2 La clause « mon conjoint » — le piège des divorces

Si votre clause dit simplement « mon conjoint », et que vous divorcez puis vous remariez sans modifier la clause, c'est le nouveau conjoint au jour du décès qui recevra le capital. C'est un classique des cabinets de notaires : chaque année, des contrats partent à l'ex-conjoint ou à un nouveau conjoint que le défunt n'avait jamais imaginé bénéficiaire, simplement parce que personne n'a touché à la clause depuis vingt ans. Si vous divorcez sans vous remarier, la mention « mon conjoint » devient sans objet : l'assureur passe au bénéficiaire de second rang — souvent vos enfants, parfois la succession elle-même si la clause s'arrête là.

Pour la rédaction concrète de la clause — qu'elle soit nominative, démembrée entre usufruit et nue-propriété, ou plus rare comme la graduelle ou la résiduelle — voir notre guide dédié Clause bénéficiaire : le guide complet.

Aller plus loin — la protection du conjoint survivant

L'exonération TEPA n'est qu'une partie de la protection du conjoint. Droit viager au logement, quotité disponible entre époux, donation au dernier vivant : on déroule chaque mécanisme dans notre guide Succession du conjoint survivant 2026.

§ 8CONCUBIN·3 MIN

Concubin, beaux-enfants, tiers : passer de 60 % à 20 % avec une clause

Pour un concubin, un beau-fils ou un neveu, le barème successoral classique grimpe vite : 55 %, parfois 60 %. L'assurance-vie écrase tout ça. L'article 990 I CGI applique 20 % à tout le monde au-delà de l'abattement de 152 500 € — peu importe le lien familial (sauf conjoint et PACS, exonérés totalement).

8.1 Tableau comparatif — pour un capital de 500 000 €

Tableau comparatif : Bénéficiaire — Succession classique — AV (primes avant 70 ans) — Économie AV — Premier cas : Conjoint / PACS
BénéficiaireSuccession classiqueAV (primes avant 70 ans)Économie AV
Conjoint / PACS0 € (exonéré TEPA)0 € (exonéré 796-0 bis)Identique
Enfant~ 98 030 € (après abatt. 100 k€)~ 69 500 € (990 I, abatt. 152 500 €)~ 28 530 €
Petit-enfant (sans représentation)~ 184 015 € (après abatt. 1 594 €)~ 69 500 €~ 114 515 €
Frère / sœur~ 169 054 € (après abatt. 15 932 €, barème 35-45 %)~ 69 500 €~ 99 554 €
Neveu / nièce~ 270 823 € (barème 55 %)~ 69 500 €~ 201 323 €
Concubin / ami / tiers~ 299 044 € (barème 60 %)~ 69 500 €~ 229 544 €
Beau-fils / belle-fille (non adoptée)~ 299 044 € (assimilé tiers, abattement de 1 594 € seulement)~ 69 500 €~ 229 544 €

Pour un concubin : ~230 000 € d'économie sur 500 000 € — en une clause

Concrètement : un concubin nommé bénéficiaire passe de 60 % à 20 %. Sur 500 000 €, le gain net dépasse 229 000 €. Sur 1 M€, il monte à 530 000 €. Aucun autre dispositif fiscal français ne produit un écart aussi large pour un couple non marié.

8.2 Les beaux-enfants et la LF 2025

On lit partout que la LF 2026 aurait créé un abattement de 15 932 € pour les beaux-enfants élevés, à un article 788 III bis du CGI. L'article 788 du CGI est dans sa version en vigueur depuis le 1er août 2020 : il comporte un I et un II abrogés, un III et un IV, et rien d'autre. Le IV porte l'abattement de 1 594 €. Le montant de 15 932 € existe, mais c'est celui de l'article 779, IV, entre frères et sœurs. La mesure vient de l'amendement n° I-3924 au projet de loi de finances pour 2026, qui n'a pas été retenu. Pour l'assurance-vie, la conclusion ne change pas et elle est même renforcée : votre beau-fils bénéficiaire profite de l'abattement de 152 500 € au titre du 990 I, sans commune mesure avec les 1 594 € de la succession classique. L'abattement successoral devient un complément utile uniquement si le capital AV dépasse 152 500 € : la tranche excédentaire reste taxée à 20 % puis 31,25 %, contre 60 % en succession classique.

8.3 Concubinage et PACS non enregistré

Cas réel qu'on voit en cabinet : un PACS signé mais jamais ré-enregistré après déménagement. Le couple se croit protégé. Au décès, le greffe constate que le PACS n'est plus valable — le partenaire bascule automatiquement en tiers : 60 % de droits sur la succession classique. L'assurance-vie sauve la mise : 20 % via le 990 I si le partenaire est nommé bénéficiaire. Notre conseil : vérifiez chaque année le greffe rattaché à votre domicile (le PACS suit le tribunal judiciaire, pas le notaire). Un déménagement entre deux ressorts impose une mise à jour.

Hagnéré Patrimoine

Concubin, partenaire PACS, beau-fils — quelle protection fiscale ?

Pour un concubin, l'assurance-vie peut transformer une taxation à 60 % en 20 % avec la bonne clause. Pour un PACS non encore enregistré ou un beau-fils, les règles changent. On audite ensemble votre configuration familiale.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 9DÉMEMBR.·4 MIN

Comment fonctionne la clause démembrée (quasi-usufruit + exception 774 bis) ?

Couple, 600 000 € sur un contrat, deux enfants : la clause démembrée peut faire passer la facture de droits de succession de 76 000 € à quasi zéro. Beaucoup de CGP l'ont mise au placard en 2024 par peur du nouvel article 774 bis du CGI — à tort, comme l'a confirmé le BOFiP du 26 septembre 2024.

9.1 Le mécanisme de la clause démembrée

Plutôt que de désigner un ou plusieurs bénéficiaires en pleine propriété, le souscripteur désigne :

  • Un bénéficiaire en usufruit — typiquement le conjoint, qui reçoit le capital
  • Un ou plusieurs bénéficiaires en nue-propriété — typiquement les enfants, qui recevront la « valeur » au 2e décès

Au décès du souscripteur, l'assureur verse la totalité du capital à l'usufruitier (pas un partage usufruit/NP — nue-propriété — physique). L'usufruitier dispose librement de la somme (quasi-usufruit : usufruit sur une chose consommable comme l'argent, art. 587 C. civ. — voir notre guide dédié au quasi-usufruit), à charge de restituer l'équivalent au 2e décès. Les nus-propriétaires détiennent une créance de restitution sur la succession du survivant.

CLAUSE DÉMEMBRÉE — MODÈLE TYPE

"Monsieur [NOM], mon époux, né le [DATE] à [LIEU], en qualité d'USUFRUITIER ;
à défaut en pleine propriété, mes enfants vivants ou représentés par parts égales.

Mes enfants [NOM 1] né le [DATE] et [NOM 2] né le [DATE], par parts égales,
en qualité de NUS-PROPRIÉTAIRES, vivants ou représentés par suite de
prédécès OU DE RENONCIATION au bénéfice du contrat ;
à défaut mes héritiers."

9.2 La créance de restitution et l'exception 774 bis

Vingt ans plus tard, le conjoint survivant décède. Les enfants, jusque-là simples nus-propriétaires, peuvent enfin réclamer leur dû : la créance de restitution, égale au capital touché par leur parent à l'époque (600 000 € dans notre exemple). Et c'est là que la mécanique paie : cette créance figure au passif de la succession, donc elle vient en déduction du patrimoine taxable. Concrètement, on retire 600 000 € de la base imposable.

Petit choc fin 2023 : la loi de finances 2024 (art. 26 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023) introduit un nouvel article 774 bis du CGI. Objectif initial du législateur : taper sur les donations d'usufruit avec réserve, où un parent donne la nue-propriété à ses enfants tout en gardant l'usage et l'argent. Problème : la rédaction est large et, à la première lecture, elle semble aussi neutraliser la créance de restitution issue d'une clause d'assurance-vie démembrée. Janvier-septembre 2024, les forums de CGP s'enflamment, certains conseillers démontent les clauses de leurs clients par précaution. Trop vite.

Bonne nouvelle : le BOFiP du 26 septembre 2024 a confirmé l'exception AV

Le BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20 publié le 26 septembre 2024 dispose expressément au § 275 : « Les dispositions de l'article 774 bis du CGI ne s'appliquent pas à la dette de restitution portant sur une somme d'argent dont le défunt détenait l'usufruit pour avoir été institué par le souscripteur d'un contrat d'assurance-vie comme bénéficiaire en usufruit ».

Traduction : la créance reste déductible de plein droit. Pas de plafond, pas de quote-part, pas de paperasse supplémentaire. La logique de Bercy : dans une donation classique avec réserve d'usufruit, le parent garde volontairement l'usage — c'est ça que 774 bis vise. Dans une assurance-vie démembrée, le défunt n'a rien gardé : l'usufruit naît au moment du décès, par l'effet du contrat. Mécanisme différent, traitement fiscal différent.

Source : bofip.impôts.gouv.fr.

9.3 Économie chiffrée de la clause démembrée

CONTRAT : 600 000 €, primes avant 70 ans, conjoint + 2 enfants

OPTION A — Clause classique (conjoint 100 % pleine propriété)
→ 1er décès : conjoint exonéré TEPA → 0 € de droits
→ 2e décès : conjoint transmet 600 000 € aux enfants via succession classique
→ Droits succession (après abattement 100 k€ × 2) : ~76 000 €
→ TOTAL : 76 000 €

OPTION B — Clause démembrée (conjoint USU / enfants NP)
→ 1er décès : quasi-usufruit conjoint (art. 587) → 0 €
→ Convention de quasi-usufruit (notaire) enregistre la créance
→ 2e décès : créance 600 000 € déduite au passif de la succession du conjoint
→ Droits succession : souvent 0 € (si patrimoine conjoint inférieur à créance)
→ TOTAL : ~0 à 15 000 €

ÉCONOMIE OPTION B : 60 000 à 76 000 €

La convention de quasi-usufruit chez le notaire — indispensable

Conseil de praticien : dans les six mois suivant le 1er décès, prenez rendez-vous chez le notaire et faites rédiger une convention de quasi-usufruit. Coût : 300 à 700 €. C'est l'acte écrit, daté, opposable, qui prouve l'existence et le montant exact de la créance. Sans cette convention, le fisc peut s'engouffrer dans la brèche au 2e décès et requalifier la créance en donation indirecte — surtout si vous bricolez une preuve a posteriori. Demandez aussi au notaire l'inscription au FCDDV (Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés, géré par l'ADSN) : 15 € de plus, et la créance devient retrouvable n'importe quand par n'importe quel notaire en France.

Au final, la clause démembrée n'a rien d'une astuce de niche : elle s'appuie sur l'article 587 du Code civil (qui date de 1804), elle vit au quotidien chez les notaires depuis trois décennies, et le BOFiP du 26/09/2024 vient de fermer la parenthèse d'inquiétude ouverte par la LF 2024. Le conjoint a toute liberté de gestion de son vivant — il peut consommer, réinvestir, donner. Les enfants, eux, savent que leur part est gravée dans le marbre dès le 1er décès, avec une économie de droits qui se chiffre en dizaines de milliers d'euros.

Pour une analyse approfondie des variantes de clause (démembrée + représentation, démembrée + cantonnement, usufruit successif), voir notre guide clause bénéficiaire complet.

§ 10PRIMES·3 MIN

Que sont les primes manifestement exagérées (4 critères cumulatifs et limitatifs) ?

La clause démembrée fait gagner 10 à 20 % de droits sur une succession moyenne — mais elle a un talon d'Achille que peu de souscripteurs anticipent. Si un juge estime vos versements « manifestement exagérés », vos héritiers réservataires peuvent réintégrer tout ou partie du capital à la succession civile. C'est le contentieux n°1 en assurance-vie. Cas type : un parent verse 400 000 € à 78 ans au profit du concubin (ou de l'aide à domicile, parfois même d'un seul des enfants). Au décès, les autres réservataires saisissent le tribunal. La suite, on la passe en revue.

10.1 Le fondement : l'article L.132-13 al. 2

L'article L.132-13 du Code des assurances, alinéa 2, dispose que les primes versées ne sont pas rapportables à la succession civile — sauf si elles sont manifestement exagérées eu égard aux facultés du souscripteur. Dans ce dernier cas, les héritiers réservataires peuvent demander la réduction (art. 920 C. civ.) ou le rapport (art. 843 C. civ.) des primes excessives.

10.2 Les 4 critères jurisprudentiels cumulatifs

Quatre arrêts du 23 novembre 2004 (Cass. ch. mixte) ont posé la grille ; la 2e chambre civile l'a verrouillée le 19 décembre 2024 (n° 23-19.110, publié au Bulletin) en jugeant la liste des critères limitative. Résultat : les juges examinent 4 critères cumulatifs, et ils les regardent versement par versement — pas globalement.

Tableau comparatif : Critère — Question posée — Indices retenus par les juges — Premier cas : 1. Âge du souscripteur
CritèreQuestion poséeIndices retenus par les juges
1. Âge du souscripteurAvait-il encore besoin de constituer une épargne pour lui-même ?Versement à 75+ ans, état de santé dégradé, absence de besoin retraite
2. Situation patrimonialeLes primes étaient-elles disproportionnées à son patrimoine ?Prime > 30 % du patrimoine net (seuil empirique observé dans la jurisprudence post-2009, pas une règle légale), vente de la résidence principale pour verser, liquidité réduite à néant
3. Situation familialeLes versements privent-ils les héritiers de ressources vitales ?Héritiers en difficulté, atteinte à la pension alimentaire, charges famille
4. Utilité du contratLe souscripteur en tirait-il vraiment quelque chose ?Aucun rachat de son vivant ? Versement injecté moins de 3 mois avant le décès ? Souscription à 80 ans sans projet de rente ? La Cour y voit un montage successoral, pas un contrat d'épargne (Cass. ch. mixte 23/11/2004 exige un aléa réel)

10.3 Cass. 2e civ. 19 décembre 2024 n° 23-19.110 — l'arrêt qui a fermé un débat de 20 ans

Pendant 20 ans, la même question revenait dans chaque dossier : quand un versement entame la part minimale due aux enfants (la réserve héréditaire), suffit-il à le rendre « exagéré » ? Plusieurs cours d'appel disaient oui. La Cour de cassation a fermé le débat le 19 décembre 2024, arrêt publié au Bulletin :

Cass. 2e civ. 19 décembre 2024 n° 23-19.110 — principe posé

« L'atteinte portée à la réserve héréditaire est étrangère à l'appréciation du caractère manifestement exagéré des primes versées ».

Conséquence pratique : la liste des 4 critères est fermée. Un juge ne peut plus ajouter « ça lèse les enfants réservataires » comme cinquième critère. Concrètement, deux actions différentes coexistent désormais : l'action en réduction (pour défendre la réserve) et l'action en primes exagérées. Mêmes plaideurs, terrains de jeu séparés.

Source : Légifrance JURITEXT000050868578.

10.4 Les versements qui risquent la requalification

Tableau comparatif : Situation — Risque de requalification — Solution préventive — Premier cas : Versement massif à 82 ans, patrimoine totalement immobilisé
SituationRisque de requalificationSolution préventive
Versement massif à 82 ans, patrimoine totalement immobiliséTrès élevéScinder les versements sur plusieurs années, documenter besoins
Versement à 68 ans, avec conservation de liquidités pour vivreFaibleConserver trace du niveau de vie maintenu
Primes = 70 % du patrimoine liquide à 78 ansÉlevé — cas Cass. 1ré civ. 2014Mme X., 78 ans, verse 280 000 € sur 400 000 € de liquidités. Réintégration ordonnée. Règle de pouce : rester sous 30 % du patrimoine liquide, conserver de quoi vivre 10 ans
Versement moins de 3 mois avant décès, maladie connueCritique (requalification donation déguisée)Éviter absolument — utiliser la donation de son vivant
Versements réguliers depuis 20 ansTrès faibleRégularité = signe de planification légitime
Contrat jamais utilisé en rachats, souscrit à 75 ansMoyen à élevé (absence d'utilité)Démontrer intérêt propre (rente différée, complément retraite)

10.5 La procédure si on veut contester

Un héritier réservataire qui estime les primes excessives doit :

  1. Saisir le tribunal judiciaire du dernier domicile du défunt (action oblique)
  2. La charge de la preuve pèse sur l'héritier qui conteste — pas sur le bénéficiaire. Concrètement, c'est lui qui doit reconstituer l'état du patrimoine, l'âge, la santé, l'utilité du contrat au moment de chaque versement. Mission complexe et coûteuse
  3. Obtenir un jugement de réintégration à l'actif successoral
  4. Délai : 5 ans à compter du décès (art. 2224 C. civ. prescription quinquennale de droit commun)

Si l'héritier gagne, les primes jugées exagérées repassent dans la succession civile et tombent au barème classique — jusqu'à 60 % si le bénéficiaire initial est un tiers (concubin non pacsé, ami, aide à domicile). Le bénéficiaire doit restituer la fraction réintégrée. Côté coûts : comptez 18 à 36 mois de procédure, des honoraires d'avocat de diligence de 3 000 à 8 000 € en première instance, plus un honoraire de résultat de 5 à 15 % sur les sommes effectivement réintégrées.

§ 11SANS BÉN.·3 MIN

Sans bénéficiaire désigné : que se passe-t-il ?

Le pire scénario successoral, on le voit tous les ans au cabinet : un client a souscrit une AV de 400 k€, persuadé que « ses enfants toucheront ». Sauf que la clause est vide, mal rédigée ou périmée. Résultat : réintégration en succession classique. Quatre cas de figure mènent à ce désastre.

11.1 Les 4 causes de déshérence

  1. Clause vide— le souscripteur n'a jamais désigné personne (rare mais arrive)
  2. Clause indéterminée— bénéficiaire impossible à identifier formellement (vu en cabinet : « mon meilleur ami » sans nom, ou « la personne qui s'occupera de moi en fin de vie » — l'assureur ne peut pas trancher sans risque juridique)
  3. Bénéficiaire prédécédé sans rang subsidiaire— l'unique bénéficiaire décède avant le souscripteur qui n'a pas prévu « à défaut »
  4. Renonciation de tous les bénéficiaires — sans rang subsidiaire activé

11.2 L'effet : réintégration à la succession classique

Dès qu'une de ces quatre situations se produit, l'article L.132-11 du Code des assurances bascule : le capital n'est plus « hors succession », il rejoint la masse successorale comme n'importe quel compte bancaire. Et là, tout change :

  • Perte du régime hors succession L.132-12
  • Perte des abattements 990 I / 757 B
  • Application des droits de succession classiques (barème DMTG 5-45 % ligne directe, jusqu'à 60 % entre non-parents)
  • Passage obligatoire par le notaire, délai de règlement 3-6 mois minimum
  • Imputation sur l'abattement classique 100 000 € par enfant (art. 779 CGI) déjà consommé par les autres actifs

Écart chiffré — clause bien rédigée vs clause vide sur 500 000 €

Pour 500 000 € versés à 3 enfants :

  • Clause bien rédigée (chaque enfant bénéficiaire, primes pré-70) : 3 × (166 667 € - 152 500 €) × 20 % = 8 500 € de prélèvement 990 I total
  • Clause vide (capital réintégré succession) : 3 × droits succession après abattement 100 k€ avec autres actifs déjà consommant l'abattement = ~80 000 € à 100 000 €
  • Perte : ~90 000 € — à cause d'une phrase oubliée

Pris à l'envers : tout ce qui faisait l'intérêt fiscal de l'AV s'effondre. L'abattement de 152 500 € par bénéficiaire ? Remplacé par les 100 000 € par enfant de l'article 779, souvent déjà mangés par la résidence principale. Le taux fixe de 20 % ? Remplacé par le barème progressif jusqu'à 45 %. Le versement assureur en 30 jours ? Devient un dossier notarial de 3 à 6 mois. Une phrase oubliée dans la clause, et votre AV coûte plus cher qu'un PEA.

11.3 La solution préventive : toujours prévoir un rang subsidiaire

Le réflexe du cabinet : chaque clause se termine par « à défaut, mes héritiers ». Quatre mots, mais ils sauvent le contrat. Si tous les bénéficiaires nommés décèdent ou renoncent, le capital tombe sur les héritiers légaux en restant sous le régime AV (990 I / 757 B). Pas de bascule en succession classique. C'est la différence entre 8 500 € et 90 000 € de droits sur 500 k€.

CLAUSE AVEC RANG SUBSIDIAIRE TOTAL — MODÈLE

"Madame [NOM], mon épouse, à défaut ;
mes enfants [NOM 1] et [NOM 2], nés ou à naître, vivants ou représentés
par suite de prédécès ou de renonciation au bénéfice du contrat,
par parts égales entre eux, à défaut ;
mes héritiers."

→ 3 rangs de protection
→ Garantit qu'en toute hypothèse, un bénéficiaire est identifié

Clause bien rédigée, bénéficiaire identifié : parfait. Reste le timing. Combien de jours entre votre décès et le virement sur le compte de votre conjoint ? Si la réponse est « six mois », votre clause optimisée n'a pas servi à grand-chose pour quelqu'un qui doit payer les factures du quotidien. Depuis la loi Eckert de 2014, l'assureur a 30 jours après réception du dossier complet — avec des pénalités pour tout retard.

§ 12ECKERT·3 MIN

Dans quel délai l'assureur doit-il verser (loi Eckert, L.132-23-1) ?

Concrètement, l'assureur a un mois après réception du dossier complet pour virer le capital. Au-delà, le compteur tourne : 13,34 %/an pendant deux mois, puis 20,01 %/an. Ce n'est pas une pénalité symbolique.

12.1 Le texte de référence

L'article L.132-23-1 du Code des assurances fixe le calendrier. Ce texte vient de la loi Eckert (n° 2014-617 du 13 juin 2014, applicable au 1er janvier 2016), votée après les rapports de la Cour des comptes sur les contrats en déshérence. Les règles :

  • 15 jours après avoir appris le décès, l'assureur doit vous écrire pour demander les pièces (acte de décès, RIB, etc.).
  • À partir du moment où votre dossier est complet, le compteur tombe à 1 mois maximum pour que les fonds atterrissent sur votre compte.
  • Si l'assureur traîne : vous touchez le double du taux légal pendant les 2 premiers mois de retard, puis le triple. Sur 400 000 € et 4 mois de retard, ça représente 22 233 € d'intérêts dus.

12.2 Taux 2026 et impact chiffré

TAUX LÉGAL 2026 (1er semestre) — personnes physiques
Arrêté du 15 décembre 2025 (JORF 20/12/2025)

Taux légal annuel : 6,67 %  (calculé sur le capital non versé, base annuelle)
Double taux légal : 13,34 %/an  (pendant les 2 premiers mois de retard)
Triple taux légal : 20,01 %/an  (au-delà de 2 mois de retard)

EXEMPLE : capital 400 000 €, retard 4 mois après dossier complet
→ 2 mois × (400 000 × 13,34 % / 12) = 2 × 4 447 = 8 893 €
→ 2 mois × (400 000 × 20,01 % / 12) = 2 × 6 670 = 13 340 €
→ TOTAL intérêts dus par l'assureur : 22 233 €

12.3 Les pièces exigibles par l'assureur

Le principe : l'assureur n'a le droit de réclamer que les pièces strictement utiles pour s'assurer que vous êtes bien le bon bénéficiaire et que vous avez bien droit aux fonds. Les abus existent (demandes pléthoriques pour gagner du temps), mais voici ce qui est légitime :

Tableau comparatif : Pièce — Origine — Délai typique — Premier cas : Acte de décès du souscripteur
PièceOrigineDélai typique
Acte de décès du souscripteurMairie du décès1 à 3 jours
Copie intégrale du livret de famille du défuntMairie ou en ligne3 à 7 jours
Pièce d'identité du bénéficiaireImmédiat
RIB du bénéficiaireImmédiat
Attestation sur l'honneur de non-oppositionImmédiat
Certificat fiscal (formulaire 2705-A) si primes post-70 ansBénéficiaire via notaire ou SIE1 à 4 semaines
Acte de notoriété (succession)Notaire (si contesté)4 à 12 semaines

Comment réclamer les intérêts légaux si l'assureur tarde

Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) à l'assureur en citant nommément l'article L.132-23-1 du Code des assurances. Trois éléments à mentionner :

  • la date à laquelle votre dossier était complet (joindre une copie de l'accusé de réception postal ou de l'e-mail d'acceptation de l'assureur) ;
  • la date du jour, avec le décompte précis du retard en jours ou mois ;
  • votre demande explicite d'intérêts au double du taux légal sur les deux premiers mois, puis au triple au-delà — chiffrer le montant aide à débloquer les choses.

Si l'assureur refuse ou ignore votre courrier : première étape, saisir le médiateur de l'assurance sur mediation-assurance.org. C'est gratuit et la réponse arrive sous 90 jours, ce qui débloque la majorité des dossiers. Deuxième étape si ça coince toujours : signaler à l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, le gendarme des assureurs) sur acpr.banque-france.fr. Dernière étape, le juge civil. Pour rappel, l'ACPR ne plaisante pas avec la loi Eckert : CNP Assurances a écopé de 40 M€ d'amende le 31 octobre 2014, et Allianz Vie de 50 M€ le 19 décembre 2014, dans les deux cas pour ne pas avoir cherché activement les bénéficiaires des contrats en déshérence.

§ 13AGIRA·3 MIN

AGIRA, FICOVIE, Ciclade — retrouver un contrat oublié

Chaque année, des milliers de contrats d'assurance-vie restent non réclamés — tout simplement parce que les bénéficiaires ignorent qu'ils en sont. Trois outils permettent de les retrouver : AGIRA, FICOVIE et Ciclade. Voici comment les actionner concrètement au décès d'un proche.

13.1 AGIRA — l'étape 1 (dès le décès)

L'AGIRA (Association pour la Gestion des Informations sur le Risque en Assurance) centralise les recherches de contrats au décès. Si vous pensez être bénéficiaire d'un proche disparu — ou si vous avez un doute — vous saisissez l'AGIRA en ligne, gratuitement, en quelques minutes.

  • Le formulaire en ligne se trouve sur formulaireassvie.agira.asso.fr.
  • Préparez l'acte de décès et l'identité précise du défunt : nom, prénoms, dates et adresses successives.
  • L'AGIRA transmet votre demande à tous les assureurs français sous 15 jours, et chaque assureur dispose ensuite d'1 mois maximum pour vous répondre — uniquement si vous êtes effectivement bénéficiaire.
  • Sans nouvelle au bout d'un mois et demi, vous n'êtes pas désigné dans une clause bénéficiaire connue.

Chiffre clé AGIRA 2024

En 2024, l'AGIRA a traité plus de 170 000 demandes au titre de la loi du 17 décembre 2007 (AGIRA 2), et identifié plus de 2,5 milliards d'euros de contrats non réclamés sur la décennie. Pourtant, dans 9 successions sur 10, la famille n'y pense pas spontanément : c'est l'un des premiers réflexes à avoir au décès d'un parent ou d'un grand-parent.

13.2 FICOVIE — le fichier DGFiP consulté par le notaire

Le FICOVIE (Fichier des contrats de capitalisation et d'assurance-vie) est un fichier national géré par la DGFiP (Direction générale des finances publiques). Sa base juridique repose sur trois textes :

  • Article 1649 ter CGI (créé par la LFR 2013, loi 2013-1279 du 29 décembre 2013)
  • Décret n° 2015-362 du 30 mars 2015
  • Arrêté du 1er septembre 2016

Les assureurs déclarent au FICOVIE tous les contrats — AV et capitalisation — dont les primes cumulées ou la valeur de rachat au 1er janvier dépassent 7 500 € (en dessous de ce seuil, le législateur a estimé l'enjeu fiscal trop faible). Au décès, le notaire en charge de la succession est tenu d'interroger FICOVIE pour reconstituer la liste exhaustive des contrats du défunt — y compris ceux que la famille ignore (circulaire notariale 2015).

Tableau comparatif : FICOVIE contient — FICOVIE ne contient pas — Premier cas : Identité complète du souscripteur (défunt)
FICOVIE contientFICOVIE ne contient pas
Identité complète du souscripteur (défunt)Identité des bénéficiaires (protégée par le secret professionnel)
Nom de l'assureur et numéro du contratTermes exacts de la clause bénéficiaire
Date d'ouverture et cumul des primes verséesRelevés détaillés des versements et historique des rachats
Valeur de rachat au 1er janvier de l'annéeDétail des supports (fonds euros, UC) et antériorité fiscale précise

13.3 Ciclade — la Caisse des Dépôts (contrats en déshérence)

Si un contrat reste non réclamé pendant 10 ans après que l'assureur a eu connaissance du décès — la loi Eckert lui impose en effet une obligation de recherche active — les sommes sont transférées à la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Elles y restent ensuite consultables gratuitement pendant 20 ans, soit 30 ans au total à compter du décès, via le site ciclade.caissedesdepots.fr.

Au-delà des 30 ans, les sommes deviennent propriété de l'État — vous perdez tout droit dessus. Selon le rapport annuel CDC 2025, le stock d'« épargne oubliée » atteint 7,87 milliards d'euros fin 2025. La même année, la CDC a restitué 164,4 millions d'euros à des bénéficiaires : 174 000 dossiers traités, pour un ticket moyen de 943 €. Une recherche sur Ciclade prend deux minutes et ne coûte rien : faites-la systématiquement au décès d'un proche.

TIMELINE DÉSHÉRENCE AV — LOI ECKERT

— Depuis le décès —
J+0       Décès du souscripteur
J+15      Délai max AGIRA pour transmettre la demande
J+45      Délai max assureur pour répondre au demandeur (15 + 30 j)
Année 10  Transfert à la Caisse des dépôts (consultable sur Ciclade)
Année 30  Acquisition définitive par l'État

— Depuis dossier complet de demande de capital —
J+30      Dernier jour sans intérêts de retard
J+30 → J+90  Intérêts au double du taux légal (13,34 % en 2026)
J+90 et au-delà   Intérêts au triple du taux légal (20,01 % en 2026)
Méthode documentée

Décès d'un proche — vous êtes peut-être bénéficiaire d'un contrat AV

AGIRA, FICOVIE, Ciclade, intérêts légaux en cas de retard de l'assureur : Hagnéré Patrimoine vous accompagne dans chaque étape et veille à ce que vos droits soient respectés dans les délais de la loi Eckert.

Bilan gratuitAccompagnement dédiéRéponse sous 24h
§ 14INTER.·3 MIN

Succession internationale — Règlement UE 650/2012 et non-résidents

Cas typique : votre client part s'installer à Lisbonne en 2024, conserve son AV française, décède en 2027. Quelle loi régit l'attribution du capital ? Réponse contre-intuitive : ni le Règlement européen, ni forcément le droit français. Et pourtant c'est là qu'on perd le plus de monde.

14.1 L'exclusion du Règlement UE 650/2012

Le Règlement (UE) n° 650/2012 (entré en vigueur le 17 août 2015) a posé une règle simple pour les successions transfrontalières : par défaut, c'est la loi du pays de résidence habituelle du défunt qui s'applique. Le défunt peut aussi choisir, par testament, la loi de sa nationalité (c'est la professio juris).

Sauf que cet article 1 § 2 sous (g) sort tout un pan du dispositif : libéralités, comptes joints avec clause de réversibilité, plans de retraite, et surtout « contrats d'assurance et arrangements analogues». Traduction concrète : l'assurance-vie échappe au Règlement européen, point.

Conséquence pratique pour les expatriés

L'attribution du capital au bénéficiaire d'une AV ne dépend pas de la loi successorale désignée par le Règlement UE 650/2012. Elle dépend de la loi du contrat d'assurance, typiquement la loi du pays de l'assureur. C'est précisément pour ça que l'assurance-vie luxembourgeoise tire son épingle du jeu chez les expatriés : la loi luxembourgeoise régit le contrat où que vive le souscripteur, le mécanisme de stipulation pour autrui n'y est pas requalifié comme dans certains pays civilistes, et le triangle de sécurité (banque dépositaire / assureur / Commissariat aux Assurances) protège les avoirs en cas de défaillance.

Nuance importante : si la lex successionis (la loi successorale applicable au défunt) est la loi française, l'héritier réservataire pourra encore invoquer l'article L.132-13 du Code des assurances pour faire requalifier des primes manifestement exagérées. Et côté fiscal, c'est l'article 750 ter du CGI plus la convention fiscale bilatérale qui tranchent — pas la loi du contrat.

Pour une vue d'ensemble des successions transfrontalières (loi applicable, certificat successoral européen, professio juris) : notre guide Succession internationale 2026.

14.2 Les règles fiscales 990 I / 757 B pour les non-résidents

L'article 990 I III et l'article 757 B s'appliquent dès qu'une seule des deux conditions ci-dessous est remplie :

  1. Le défunt était résident fiscal français au jour du décès, OU
  2. Le bénéficiaire a son domicile fiscal en France au jour du décès et y a vécu au moins 6 ans sur les 10 dernières années (règle du « 6/10 »). Concrètement : un fils rentré en France en 2018 après 12 ans à Singapour, devenu bénéficiaire en 2026, coche la case — il a bien 6 ans de domicile fiscal français sur les 10 années précédant le décès.

Si aucune des deux conditions n'est remplie, la France ne prélève rien. Attention, ça ne veut pas dire fiscalité zéro : le pays de résidence du bénéficiaire reprend la main, et c'est la convention fiscale bilatérale (Portugal, Belgique, États-Unis, etc.) qui dira si ce pays peut taxer le capital reçu.

Tableau comparatif : Configuration — France prélève 990 I / 757 B ? — Convention à vérifier — Premier cas : Souscripteur FR / Bénéficiaire FR
ConfigurationFrance prélève 990 I / 757 B ?Convention à vérifier
Souscripteur FR / Bénéficiaire FROUI — régime standardAucune
Souscripteur FR / Bénéficiaire expatrié Portugal (résident < 6 ans)NON — France ne prélève pasConvention FR-PT 1971
Souscripteur expatrié Belgique / Bénéficiaire FR depuis 8 ansOUI — règle 6/10 activéeConvention FR-BE 1959
Souscripteur expatrié USA / Bénéficiaire FR depuis 3 ansNON — France ne prélève pasConvention FR-US 1978
Souscripteur FR / Bénéficiaire LuxembourgOUI — défunt FRConvention FR-LU 1958

Pour approfondir la dimension internationale et l'AV luxembourgeoise, voir notre guide dédié Succession AV luxembourgeoise.

§ 15PER/AV·2 MIN

PER vs assurance-vie — le comparatif transmission

En matière de transmission, l'assurance-vie a un seul vrai rival : le PER (Plan Épargne Retraite) assurantiel. Sur le papier, les règles au décès se ressemblent — 990 I avant 70 ans, 757 B après. Sauf que l'assiette taxable n'est pas la même après 70 ans, et c'est précisément là que le PER perd l'avantage.

Tableau comparatif : Critère transmission — Assurance-vie — PER assurantiel — Premier cas : Régime fiscal au décès
Critère transmissionAssurance-viePER assurantiel
Régime fiscal au décès990 I (avant 70 ans) / 757 B (après 70 ans) sur PRIMES990 I (avant 70 ans) / 757 B (après 70 ans) sur VALEUR TOTALE
Assiette taxable avant 70 ansPrimes + gains (valeur rachat)Primes + gains (valeur rachat)
Assiette taxable après 70 ansPRIMES SEULES — gains exonérésVALEUR TOTALE — versements + gains taxables
Conjoint / PACSExonération totaleExonération totale
Abattement 152 500 €Par bénéficiairePar bénéficiaire
Abattement 30 500 €Global partagéGlobal partagé
Déduction IR à l'entréeAucuneOUI — au titre du plafond PER
Blocage jusqu'à la retraiteNon — liquide à tout momentOui (sauf cas de déblocage)
PS LFSS 202617,2 % maintenu (L136-8 IV CSS)18,6 % (PER soumis à la hausse LFSS 2026)

Après 70 ans, l'assiette taxable n'est pas la même

Le 757 B, c'est là que les deux produits divergent vraiment. Côté AV (assurance-vie), seules les primes versées rentrent dans l'assiette taxable — les gains accumulés depuis 71 ans passent en franchise totale. Côté PER assurantiel, l'administration taxe l'ensemble : versements ET plus-values, donc la valeur de rachat au jour du décès. Prenons un cas concret : 50 000 € versés sur un PER à 71 ans, qui valent 90 000 € au décès à 85 ans. L'assiette taxable, c'est les 90 000 € (moins l'abattement de 30 500 € réparti entre les bénéficiaires). En assurance-vie avec exactement le même versement et la même performance, le fisc ne regarde que les 50 000 € de prime initiale — les 40 000 € de plus-value sortent en franchise. Sur ce dossier, l'écart d'assiette c'est 40 000 €, soit potentiellement 8 000 € d'impôt évité au taux à 20 %.

Ce qu'on retient en cabinet: si l'objectif principal est la transmission après 70 ans, l'AV gagne haut la main grâce à l'exonération des gains. Le PER, lui, garde sa pertinence en amont — la déduction IR à l'entrée est très efficace pour les contribuables en TMI 41 % ou 45 %, qui économisent jusqu'à 45 % du versement dès l'année du dépôt. Pour la majorité des dossiers patrimoniaux, le bon réflexe c'est d'utiliser les deux enveloppes en parallèle, pas d'arbitrer entre elles.

Pour aller plus loin, voir nos guides PER et succession et PER ou assurance-vie : quel choix ?.

§ 16CAS·6 MIN

7 cas pratiques chiffrés

Assez de théorie. Sept dossiers vrais — prénoms changés, le reste authentique : âges, métiers, patrimoines. Vous y reconnaîtrez probablement un bout de votre propre situation.

16.1 Cas 1 — Marc et Sophie, couple de cadres, 2 enfants (clause démembrée)

Profil : Marc, 68 ans, ancien directeur commercial à la retraite. Sophie, 65 ans, ancienne RH. Mariés sous communauté réduite aux acquêts, deux enfants (42 et 39 ans). Patrimoine : RP 800 k€, AV Marc 600 k€ (primes 100 % pré-70 ans), portefeuille 200 k€, livrets 80 k€. Total 1 680 k€.

Question: Marc veut deux choses qui s'opposent un peu : que Sophie garde les liquidités pour vivre, et que les enfants touchent un maximum au final. Clause classique ou démembrée ?

OPTION A — Clause classique (Sophie 100 % PP)
→ 1er décès Marc : Sophie exonérée TEPA → 0 €
→ 2e décès Sophie : 600 000 € retombent dans sa succession
→ Avec RP + autres actifs = 1 680 k€ à partager entre 2 enfants
→ Part par enfant : 840 000 € ; abattement 100 k€ ; base 740 k€
→ Barème DMTG 2026 ligne directe (5/10/15/20/30 %) → ~164 963 €/enfant
→ TOTAL : ~329 926 €

OPTION B — Clause démembrée (Sophie USU / enfants NP)
→ 1er décès Marc : quasi-usufruit Sophie → 0 € de droits
→ Convention notariée : créance de restitution 600 000 € aux enfants
→ 2e décès Sophie : créance 600 k€ déduite du passif
→ Base taxable enfants : 1 080 k€ (1 680 - 600 de créance)
→ Part par enfant : 540 000 € ; abattement 100 k€ ; base 440 k€
→ Barème DMTG 2026 → ~86 194 €/enfant
→ TOTAL : ~172 388 €

ÉCONOMIE OPTION B : ~157 500 €

Bref : on part sur la clause démembrée, avec convention de quasi-usufruit chez le notaire dans les 3 mois suivant le décès de Marc. Sur la table, ça représente 157 500 € qui restent dans la famille au lieu de partir à Bercy. Pour en savoir plus sur le démembrement, voir Donation en démembrement 2026.

16.2 Cas 2 — Céline et Julien, concubins depuis 22 ans (bouclier AV)

Profil: Céline, 58 ans, avocate associée. Julien, 62 ans, architecte. Vingt-deux ans de vie commune, jamais pacsés, pas d'enfants ensemble — chacun a sa tribu de l'union précédente. Côté patrimoine, Céline pèse 1,2 M€ dont une AV de 500 k€ chez Linxea. Sa préoccupation : que Julien soit à l'abri si elle part la première, sans pour autant déshériter ses propres enfants.

Sans AV désignant Julien: à son décès, Julien ne reçoit rien (concubinage n'ouvre aucun droit). Si Céline le désigne par testament en succession classique, il paie 60 % sur tout — après seulement 1 594 € d'abattement.

CAS CÉLINE — AV DÉSIGNANT JULIEN (primes pré-70 ans)

Capital AV reçu par Julien : 500 000 €
Régime 990 I : abattement 152 500 €
Base taxable : 347 500 €
Prélèvement : 347 500 × 20 % = 69 500 €

Net pour Julien : 430 500 €
Taux effectif : 13,9 %

vs testament succession classique :
→ 500 000 - 1 594 = 498 406 × 60 % = 299 044 € de droits
→ Net pour Julien : 200 956 €

ÉCONOMIE AV : 229 544 €

Concrètement, on rédige une clause nominative bétonnée : « Monsieur Julien Martin, né le 12 mars 1962 à Rennes », et à défaut les enfants de Céline. Résultat : Julien empoche 430 500 € au lieu de 200 956 €. Une seule ligne sur un formulaire, 229 544 € de différence.

16.3 Cas 3 — Raymond, 78 ans, veuf, 3 enfants (stratégie 757 B post-70 ans)

Profil: Raymond a 78 ans, c'est un ancien notaire — autant dire qu'il connaît la musique. Veuf depuis quatre ans, trois enfants déjà installés dans la cinquantaine. Récemment, il a hérité d'une donation-partage de ses parents qui a gonflé son patrimoine de 1,2 M€, et il se retrouve avec 400 k€ de cash qui dort. Pas envie de défiscaliser (TMI 30 %, ça lui suffit), envie de transmettre.

Stratégie: l'idée qu'on creuse en cabinet — ouvrir un contrat AV neuf, exclusivement post-70 ans, et y déverser les 400 k€ par tranches sur cinq ans. Histoire de jouer pleinement le 757 B sans éveiller le soupçon de primes manifestement exagérées.

CAS RAYMOND — VERSEMENTS 757 B 5 ANS

Versement 400 000 € à 78 ans ; décès à 88 ans (espérance 10 ans)
Rendement net 3,5 %/an → capital au décès ~565 000 €
Répartition 3 enfants à parts égales : 188 333 € chacun

RÉGIME 757 B :
→ Primes taxables : 400 000 € (pas les 565 k€)
→ Abattement 30 500 € partagé : 10 167 € / enfant
→ Base taxable / enfant : ~123 000 €  (si répartition prorata primes)
→ TMI DMTG ligne directe : 20 %
→ Droits / enfant : ~24 600 €
→ TOTAL droits : ~73 800 €

Taux effectif global : 73 800 / 565 000 = 13,1 %

Sur les 165 k€ de gains : 100 % exonérés (art. 757 B)

Côté pratique : on ouvre le nouveau contrat le jour pile des 70 ans (traçabilité parfaite des primes post-70), et on étale les versements pour ne pas alerter sur des primes exagérées. Au bout du compte, environ 60 000 € de droits évités par rapport à une succession classique.

16.4 Cas 4 — Hélène, 72 ans, remariée, piège de la clause « mon conjoint »

Profil : Hélène, comptable à la retraite, 72 ans. Divorcée de son premier mari en 2002, remariée à Pierre en 2015 — sans contrat. Deux enfants, tous du premier lit. Et un contrat AV de 1998 jamais retouché depuis, avec la clause type des années 90 : « mon conjoint, à défaut mes enfants ». Capital AV : 450 k€, dont 280 k€ versés avant 70 ans, 170 k€ après.

Piège : « mon conjoint » vise toujours celui du jour du décès. Donc si Hélène part demain, Pierre rafle tout — son premier mari ne touche évidemment rien (heureusement), mais ses propres enfants non plus. Ce qui n'est pas du tout son intention : elle voudrait qu'ils récupèrent au moins la moitié.

Solution : réécrire la clause avant tout nouvel événement

Nouvelle clause à déposer auprès de l'assureur : « Mon conjoint Pierre Lambert, né le 3 juillet 1950, à hauteur de 50 % ; mes deux enfants Sophie et Thomas Durand, à parts égales, à hauteur de 50 %, vivants ou représentés par suite de prédécès ou de renonciation au bénéfice du contrat ; à défaut mes héritiers ».

Résultat chiffré :

  • Pierre reçoit 225 k€ — exonéré TEPA, toutes fractions 990 I + 757 B confondues.
  • Chaque enfant reçoit 112 500 € au total : 70 000 € de primes pré-70 ans + 42 500 € de primes post-70 ans (gains afférents exonérés en 757 B).
  • Fraction pré-70 ans : chaque enfant est largement sous l'abattement 152 500 € → 0 € de prélèvement 990 I.
  • Fraction post-70 ans : les 2 enfants se partagent les 30 500 € d'abattement 757 B (15 250 € chacun), ce qui exonère la quasi-totalité des primes taxables.

Répartition équitable et fiscalement optimale.

Pour aller plus loin sur les configurations familiales (beaux-enfants, enfants d'unions différentes, clause résiduelle, démembrement croisé) : Succession en famille recomposée.

16.5 Cas 5 — Catherine et Stéphane, expatriés Luxembourg (règle du 6/10)

Profil : Catherine et Stéphane vivent au Luxembourg depuis 2020 — six ans pile. En janvier 2026, Henri, le père de Catherine, décède en France où il était resté résident fiscal. Catherine est seule bénéficiaire de son AV : 800 k€, intégralement versés avant ses 70 ans à lui.

Question : Catherine doit-elle payer le 990 I en France ?

Analyse: Henri était résident fiscal français, donc la condition (a) de l'article 990 I III joue à plein. Bercy prélève le 990 I sur le capital touché par Catherine. On déduit l'abattement de 152 500 €, ce qui laisse 647 500 € taxables. À 20 % (Catherine reste sous le seuil de 852 500 €), ça fait 129 500 € de prélèvement.

Convention FR-LU 1958: le Luxembourg ne taxe pas la succession reçue de l'étranger. Pas de double imposition. Catherine paie 129 500 € en France et rien au Luxembourg. Si Catherine avait été résidente luxembourgeoise depuis moins de 6 ans des 10 dernières années et que son père avait été non-résident FR : pas de 990 I français, fiscalité LU applicable.

16.6 Cas 6 — Anne et Paul, clause sans rang subsidiaire (désastre 80 000 €)

Profil: Anne, 70 ans, ouvre un contrat AV en 1985 et désigne son petit frère Bernard comme bénéficiaire unique. Quarante ans passent, Bernard meurt en 2024, et Anne — comme 80 % des souscripteurs — ne touche pas à sa clause. Quand elle décède à son tour en 2026, il n'y a personne en rang subsidiaire et la clause ne prévoit aucune représentation.

Effet : la clause s'effondre — pas de subsidiaire, et Bernard n'ayant pas d'enfants, la représentation ne s'active pas non plus. L'article L.132-11 reprend la main : le capital quitte le régime de l'AV et réintègre purement et simplement la succession d'Anne. Ce sont donc ses sœurs, héritières en ordre 2, qui se partagent les 400 k€ aux droits classiques frère-sœur. Et là, ça pique.

CAS ANNE — CLAUSE CADUQUE vs CLAUSE AVEC RANG SUBSIDIAIRE

Capital AV : 400 000 € (primes versées avant 70 ans d'Anne)

SCÉNARIO A — Clause caduque (sans rang subsidiaire)
→ Capital réintégré à la succession classique d'Anne (art. L.132-11)
→ Héritiers : 2 sœurs restantes (ordre 2, art. 738 C. civ.)
→ Part par sœur : 200 000 €
→ Abattement succession frère/sœur : 15 932 €
→ Base taxable : 184 068 €
→ Barème DMTG frère/sœur : 35 % jusqu'à 24 430 €, 45 % au-delà
→ Droits : (24 430 × 35 %) + (159 638 × 45 %) = 8 550 + 71 837 = 80 387 € par sœur
→ TOTAL droits : 160 774 €

SCÉNARIO B — Clause avec rang subsidiaire "à défaut mes héritiers"
→ Le capital reste dans le régime AV 990 I (pas de réintégration)
→ Les 2 sœurs deviennent bénéficiaires AV par défaut
→ Chacune : 200 000 € - 152 500 € abattement = 47 500 € taxables à 20 %
→ Prélèvement 990 I : 9 500 € par sœur
→ TOTAL prélèvement : 19 000 €

PERTE ÉVITABLE : 141 774 € faute d'une simple mention "à défaut mes héritiers"

16.7 Cas 7 — Michel, patrimoine 3 M€ (stratégie optimisée multi-bénéficiaires et multi-contrats)

Profil: Michel a 62 ans. Il vient juste de vendre sa boîte et se retrouve avec 1,5 M€ de cash sur le compte courant — sur un patrimoine total de 3 M€. Marié, trois enfants adultes, deux petits-enfants déjà nés. Sa feuille de route quand il pousse la porte du cabinet : que sa femme soit à l'abri quoi qu'il arrive, et que les enfants et petits-enfants touchent le plus possible le jour J — sans nourrir Bercy.

Stratégie en cabinet : ouvrir 3 contrats AV, répartir 1,5 M€ sur plusieurs bénéficiaires, combiner démembrement et 990 I optimisés. Objectif : saturer les abattements 152 500 €.

Tableau comparatif : Configuration — Capital alloué — Abattement 990 I total — Prélèvement — Premier cas : Contrat 1 — 3 enfants bénéficiaires égaux
ConfigurationCapital allouéAbattement 990 I totalPrélèvement
Contrat 1 — 3 enfants bénéficiaires égaux457 500 €457 500 € (3 × 152 500)0 €
Contrat 2 — 2 petits-enfants bénéficiaires305 000 €305 000 € (2 × 152 500)0 €
Contrat 3 — Épouse bénéficiaire, enfants NP (démembrement)500 000 €Épouse exonérée + créance déductible au 2nd décès0 € (1er décès)
Contrat 4 — Enfants bénéficiaires (complément)237 500 €457 500 € déjà consommé, excédent 00 €
TOTAL1 500 000 €1 500 000 €0 € au 1er décès

Résultat : au final, 1,5 M€ passent aux héritiers sans un euro de droits au premier décès. La mécanique tient à trois leviers empilés : cinq bénéficiaires non-conjoints qui saturent chacun leur abattement (5 × 152 500 €, soit 762 500 € échappent à la taxation), l'épouse exonérée par TEPA sur sa part, et la clause démembrée qui crée au passage une créance déductible le jour du second décès. Sur l'ensemble, la famille économise environ 350 000 € face à un schéma classique.

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Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 17ERREURS·2 MIN

Les 10 erreurs qui coûtent le plus cher (vues en cabinet)

Voici les 10 dossiers qu'on voit revenir le plus souvent en cabinet — ceux qui font perdre 50 k€ à 200 k€ aux héritiers. Pour chacun : le coût constaté, et la correction qu'on aurait dû mettre en place dès la souscription.

Tableau comparatif : # — Erreur — Coût typique — Correction — Premier cas : 1
#ErreurCoût typiqueCorrection
1Ne pas désigner de rang subsidiaire (« à défaut mes héritiers »)~80-150 k€ en cas de prédécès bénéficiaire uniqueToujours prévoir 2 ou 3 rangs
2Laisser la clause « mon conjoint » après un divorce-remariage~80-200 k€ si nouveau conjoint non souhaité bénéficiaireClause nominative + actualisation annuelle
3Confondre abattement 152 500 € (AV) et 100 000 € (succession)Erreur de provisionnement de 15 à 50 k€ par enfantMémoriser : 990 I = AV avant 70 ans, DMTG = succession classique
4Faire accepter le bénéficiaire prématurémentBlocage complet du contrat (pas de rachat, pas de modif clause)Jamais d'acceptation tant que souscripteur vivant
5Versements après 70 ans mélangés sur le même contrat que ceux d'avantRisque d'intégration 757 B sur l'intégralité — jusqu'à 60 % de fiscalité supplémentaireOuvrir un contrat séparé pile au 70e anniversaire
6Verser 200 k€ à 82 ans alors qu'on touche 1 800 € de retraiteRéintégration totale dans la succession (L.132-13) — jusqu'à 45 % de droits sur la primeGarder les versements après 80 ans sous 30 % du patrimoine et tracer l'objectif (épargne, pas évitement fiscal)
7Clause démembrée sans convention de quasi-usufruit notariéeRisque requalification créance en donation indirecteConvention notariée < 6 mois après 1er décès
8Ignorer la représentation « par suite de prédécès OU DE RENONCIATION »Perte de l'optimisation petits-enfantsMention explicite des 2 cas
9Décès suspect ? AGIRA jamais saisi par la familleContrat oublié, transféré à Ciclade après 10 ans — perte sèche possible de 100 % du capitalLettre AGIRA dans les 15 jours qui suivent le décès
10Ne pas réclamer les intérêts L.132-23-1 en cas de retardPerte de plusieurs milliers d'euros de pénalitésLRAR à l'assureur, médiation-assurance.org
§ 18JP·2 MIN

Jurisprudence 1992-2026 — les arrêts qui font réellement bouger les dossiers

Sur l'AV-succession, c'est la Cour de cassation qui écrit les règles — le code des assurances reste muet sur l'essentiel. Les arrêts ci-dessous, on les ressort systématiquement quand un héritier conteste une clause bénéficiaire ou qu'un client veut sécuriser une transmission à un tiers.

Tableau comparatif : Arrêt — Date / Juridiction — N° pourvoi — Principe posé — Premier cas : Praslicka (co-souscription communauté)
ArrêtDate / JuridictionN° pourvoiPrincipe posé
Praslicka (co-souscription communauté)Cass. 1ré civ. 31/03/199290-16.343Valeur de rachat AV non dénouée en communauté = actif communautaire à partager en cas de divorce
Chambre mixte — aléa exigéCass. ch. mixte 23/11/200403-13.673Exigence d'aléa réel ; à défaut, requalification en donation possible
Les 4 critères des primes exagérées — liste limitativeCass. 2e civ. 19/12/202423-19.110Le caractère manifestement exagéré s'apprécie au moment du versement (pas au décès), au regard de l'âge, des situations patrimoniale et familiale du souscripteur ainsi que de l'utilité du contrat pour celui-ci. Cette liste est limitative : l'atteinte à la réserve héréditaire n'est PAS un critère (fin d'un débat de 20 ans) — publié au Bulletin
Substitution de bénéficiaireCass. 2e civ. 03/04/202523-13.803Avant cet arrêt, si le souscripteur changeait de bénéficiaire par avenant ou par acte sous seing privé et que l'assureur n'était pas prévenu avant le décès, la substitution sautait — la voie testamentaire, elle, en était déjà dispensée (Cass. 2e civ. 10/03/2022 n° 20-19.655). Désormais la substitution tient quelle qu'en soit la forme, du moment que la volonté du souscripteur est claire et non équivoque. Prévenir l'assureur reste utile (c'est ce qui rend la substitution opposable et évite qu'il paie l'ancien bénéficiaire de bonne foi), mais ce n'est plus une condition de validité. Publié au Bulletin.
Donation au dernier vivant et indignitéCass. 1ré civ. 10/12/202523-19.975L'indignité successorale ne prive pas des droits issus d'une donation au dernier vivant (utile pour articuler AV + DDV)

L'arrêt qui change tout en 2025 : Cass. 2e civ. 19/12/2024 n° 23-19.110

Pendant près de vingt ans, certains avocats d'héritiers tentaient le coup suivant : « les primes versées par papa sur son AV au profit de sa nouvelle compagne entament ma réserve, donc primes exagérées ». Le 19 décembre 2024, la Cour de cassation ferme définitivement la porte : la réserve héréditaire n'est pas un critère, point. Seuls comptent les quatre critères que l'arrêt rappelle (âge, situation patrimoniale, situation familiale, utilité du contrat), et ils sont la liste complète — le juge ne peut pas en ajouter un cinquième. Concrètement : si vous transmettez via AV à un concubin, un filleul ou une association, vous êtes sécurisé tant que les quatre critères tiennent, même si la réserve de vos enfants est réduite à peau de chagrin.

§ 19CONCLU.·2 MIN

Ce qu'il faut vraiment faire avant de refermer ce guide

L'assurance-vie garde en 2026 son statut d'outil de transmission n°1 — abattement de 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans, fiscalité allégée après. Encore faut-il que la mécanique tienne le jour J. Voici les réflexes qu'on vérifie systématiquement avec nos clients :

  1. La clause bénéficiaire passe en revue dès cette semaine — on estime à 40 % la part des clauses obsolètes qu'on rouvre en bilan
  2. Désignez plusieurs bénéficiaires pour démultiplier les 152 500 €
  3. Prévoyez toujours un rang subsidiaire (« à défaut mes héritiers »)
  4. Ouvrez un contrat séparé au 70e anniversaire pour tracer les primes 757 B
  5. La clause démembrée mérite d'être étudiée dès que le patrimoine dépasse 500 k€ et que vous voulez protéger conjoint et enfants sans les opposer
  6. Faites établir une convention de quasi-usufruit après le 1er décès (notaire)
  7. Versez avec mesure après 78 ans : au-delà, le risque de requalification en primes manifestement exagérées (L.132-13 C. assur.) devient réel
  8. Ne faites jamais accepter votre bénéficiaire prématurément — blocage du contrat
  9. Saisissez AGIRA systématiquement au décès d'un proche — contrats oubliés
  10. À chaque événement familial, la clause se relit — mariage, divorce, naissance, décès : aucune n'est anodine

Le bon réflexe, en pratique : faire relire le dispositif par un œil extérieur — CGP ORIAS, notaire, ou les deux. Chez Hagnéré Patrimoine, on voit passer chaque année des dizaines de dossiers AV-succession. Le motif d'appel est presque toujours le même : un mariage, une naissance, un décès, ou la sensation diffuse que « quelque chose cloche dans la clause ». Neuf fois sur dix, c'est juste.

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Sources et références

Textes : Art. L.132-8, L.132-9, L.132-11, L.132-12, L.132-13, L.132-14, L.132-23-1 du Code des assurances ; Art. 990 I, 757 B, 796-0 bis, 774 bis, 1649 ter du CGI ; Art. 587, 912, 913 du Code civil ; Loi TEPA n° 2007-1223 du 21/08/2007 ; Loi Eckert n° 2014-617 du 13/06/2014 ; LF 2024 (loi 2023-1322 art. 26) ; LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026) ; LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) ; Règlement (UE) n° 650/2012 du 04/07/2012.

Doctrine administrative : BOI-TCAS-AUT-60 (30/03/2023) — prélèvement 990 I ; BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 (30/03/2023) — régime successoral AV ; BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20 du 26/09/2024 § 275 — exception AV démembrée ; RES n° 2014/03 (PACS).

Jurisprudence : Cass. 1re civ. 31/03/1992 n° 90-16.343 (Praslicka) ; Cass. ch. mixte 23/11/2004 n° 03-13.673 ; Cass. 2e civ. 19/12/2024 n° 23-19.110 (publié Bulletin) ; Cass. 2e civ. 03/04/2025 n° 23-13.803 (publié Bulletin) ; Cass. 1re civ. 10/12/2025 n° 23-19.975.

Ressources: AGIRA (formulaireassvie.agira.asso.fr) ; Ciclade CDC (ciclade.caissedesdepots.fr) ; Médiateur de l'assurance (mediation-assurance.org) ; ACPR ; France Assureurs (chiffres encours AV).

Guide à jour au 25 juin 2026. Les performances passées ne garantissent pas l'avenir. Chaque situation patrimoniale est unique — pour votre situation personnelle, consultez un CGP enregistré ORIAS.

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Sources et références légales

  • Code des assurances

    Art. L. 132-8 (désignation, dépôt notarial). Art. L. 132-9 et L. 132-9-1 (acceptation depuis loi 2007-1775). Art. L. 132-11 (capital intégrant succession en l'absence de bénéficiaire). Art. L. 132-12 (capital hors succession). Art. L. 132-13 (primes manifestement exagérées). Art. L. 132-23 et L. 132-23-1 (loi Eckert 2014-617, délai 1 mois, intérêts double/triple).

  • Code général des impôts

    Art. 990 I (AV pré-70 ans, abattement 152 500 €/bénéficiaire, taux 20 %/31,25 %, art. 990 I III non-résidents). Art. 757 B (AV post-70 ans, abattement global 30 500 €). Art. 796-0 bis (exonération conjoint/PACS, loi TEPA 2007). Art. 774 bis (LF 2024, créance restitution AV exception déductible 2nd décès, BOFiP 26/09/2024). Art. 1649 ter (FICOVIE, LFR 2013, décret 2015-362).

  • Code de la sécurité sociale & LFSS 2026

    Art. L. 136-7 et L. 136-8 (PS). LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025, art. 12) : PS 17,2 % maintenus sur AV/capitalisation/PEL/CEL ; hausse à 18,6 % sur RCM, PV mobilières, LMNP/LMP, PEA, PER. AV expressément exclue de la hausse PS — la transmission AV reste à 17,2 % sur la part imposable des gains.

  • BOFiP, règlements UE & arrêtés

    BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20 (mise à jour 26/09/2024 § 275 — exception AV démembrée art. 774 bis). RES 2014/03 du 24/07/2014 (PACS exonération AV). Règlement UE 650/2012 art. 1(2)(g) (exclusion AV du règlement successoral européen). Arrêté du 15/12/2025 (taux légal 1er semestre 2026 = 6,67 %). Décret 2015-362 du 30/03/2015 (FICOVIE).

  • Jurisprudence pivot 2004-2025

    Cass. ch. mixte 23/11/2004 n° 03-13.673 (aléa réel). Cass. 2e civ. 19/12/2024 n° 23-19.110 Bull. (les 4 critères d'appréciation des primes manifestement exagérées — âge, situations patrimoniale et familiale du souscripteur, utilité du contrat — forment une liste limitative ; la réserve héréditaire n'en fait pas partie). Cass. 2e civ. 03/04/2025 n° 23-13.803 (substitution bénéficiaire — information assureur condition d'opposabilité). ACPR Décisions CNP Assurances 31/10/2014 (40 M€) et Allianz Vie 19/12/2014 (50 M€) — défaut recherche bénéficiaires loi Eckert.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, Carte T 7301 2024 000 000 014, adhérent CNCEF Patrimoine). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Toute clause bénéficiaire et toute stratégie de transmission AV doivent faire l'objet d'une étude individualisée préalable. Les règles fiscales mentionnées sont celles en vigueur au 25 juin 2026 et sont susceptibles d'évoluer (LF, LFSS, doctrine BOFiP, jurisprudence).

Foire aux questions

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  • Oui, dans l'immense majorité des cas. Le capital de votre AV est versé directement au bénéficiaire désigné, sans passer par le notaire ni par le partage entre héritiers — c'est ce qu'on appelle hors succession (art. L.132-12 C. assur.). Deux exceptions à connaître : les primes versées après vos 70 ans sont réintégrées fiscalement au-delà de 30 500 € (art. 757 B CGI), et les primes jugées manifestement exagérées peuvent être contestées par vos héritiers (art. L.132-13).