Frais de succession 2026 : notaire, fiscaux et cachés

Le seul guide qui intègre les 4 blocs de coûts réels. Tarif notaire (arrêté 25/02/2026), barème 5-45 %, droit de partage 2,5 %, paiement 2 %/0,6 %, 9 frais cachés. 7 cas chiffrés Hagnéré Patrimoine.

4 blocs détaillés
Arrêté 25/02/2026
9 frais cachés
Paiement 2,0 %
Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Conseiller en Gestion de Patrimoine — Cabinet Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré conseille depuis plus de 10 ans particuliers et dirigeants sur la transmission patrimoniale, la fiscalité des donations et successions, la protection du conjoint et le chiffrage exact des frais de succession. Il rédige personnellement les guides du cabinet à partir des dossiers réels qu'il accompagne chaque année, avec les chiffres 2026 vérifiés (arrêté du 25/02/2026, LF 2026, loi 2025-415).

CIF — Conseiller en Investissements FinanciersCOA — Courtier en Opérations d'AssuranceCOBSP — Courtier en Opérations de Banque et Services de PaiementImmatriculé ORIAS

1. Combien coûte vraiment une succession en 2026 ?

Publié le 17 avril 2026 · Mis à jour le 17 avril 2026 · Par Quentin Hagnéré, CGP (CIF, COA, COBSP)

Les frais d'une succession 2026 se composent de 4 blocs distincts : droits fiscaux (5 à 45 % ligne directe, art. 777 CGI), émoluments du notaire (arrêté du 25/02/2026), débours et taxes (CSI 0,10 %, publicité foncière 0,60 %) et frais bancaires plafonnés à 857 € (loi 2025-415). Pour 400 000 € transmis à deux enfants : comptez 12 000 à 25 000 € TTC au total. Voici le décompte exact, poste par poste.

Références légales mobilisées dans ce guide

CGI : art. 641, 746, 750 ter, 757 B, 764, 764 bis, 768, 774 bis, 775, 777, 779, 784, 784 A, 788 (III bis LF 2026), 790 G, 790 A bis, 795, 796-0 bis, 796-0 ter, 800, 879, 990 I, 1701, 1716 bis, 1717, 1727, 1728, 1729. Code de commerce : art. A444-53 à A444-186, R444-10. Codes : civ. (720, 815, 763-764), ass. (L.113-12, L.132-13), LPF (L.64, L.180, L247), CMF (L312-1-4). Lois : 2007-1223 TEPA, 2016-1917 LF 2017 (abrogation art. 780), 2025-415 frais bancaires, 2026-103 LF 2026. Arrêté : 25/02/2026 ECOC2604872A. Règlement : UE 650/2012. Avis : ECOT2536351V JORF 24/12/2025.

La réponse en 60 secondes. Les frais d'une succession en France se répartissent en 4 blocs distincts que la plupart des articles confondent : les droits fiscaux (70-80 % du total, barème 5-45 % en ligne directe), les émoluments du notaire (10-15 %, arrêté du 25/02/2026), les débours et taxes annexes (CSI 0,10 %, publicité foncière 0,60 %), et les frais bancaires et cachés souvent oubliés. Pour une succession de 400 000 € transmise à deux enfants avec un bien immobilier, comptez 12 000 à 25 000 € TTC de frais totaux, hors droits fiscaux éventuels. Ce guide Hagnéré Patrimoine détaille chacun des 4 blocs avec les chiffres 2026 vérifiés et 7 cas chiffrés.

Vous venez de perdre un proche, ou vous souhaitez anticiper la transmission de votre patrimoine. La question qui revient toujours, toujours : combien va coûter la succession ? Et derrière elle, une inquiétude légitime — celle de voir une part significative du patrimoine transmis partir en frais et en impôts.

Les chiffres sont parlants. Selon la Direction générale des finances publiques, la France a collecté 17,3 milliards d'euros de droits de succession en 2024, contre 6,8 milliards en 2012. La pression fiscale successorale n'a cessé d'augmenter, au point que la France figure désormais dans le top 5 mondial en taux effectif, derrière le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni.

Le problème des articles grand public. Quand vous tapez "frais de succession" sur Google, vous tombez sur une demi-douzaine d'articles qui confondent systématiquement les émoluments du notaire (10 % du total), les droits de succession (70-80 %) et les débours (5 %). Résultat : soit le lecteur surestime la facture du notaire, soit il oublie des frais cachés qui peuvent représenter plusieurs milliers d'euros.

Ce guide a un objectif unique : vous donner une vision exhaustive et parfaitement chiffrée de l'ensemble des frais d'une succession en 2026. Pas d'approximations. Les taux exacts de l'arrêté du 25 février 2026 (entré en vigueur le 1er mars 2026), les articles du CGI en vigueur, la jurisprudence récente, et les 9 frais cachés que 90 % des articles oublient.

Règle d'or n°1 : ne signez aucun devis notarié avant d'avoir compris ce que vous payez. Le tarif notarié est réglementé (arrêté du 25/02/2026, articles A444-53 à A444-186 du Code de commerce) mais une remise de 20 % sur les émoluments proportionnels est possible au-delà de 100 000 € d'assiette par acte (art. R444-10). Beaucoup d'études l'appliquent d'office aux clients informés.

Les 25 sections qui suivent couvrent l'intégralité du sujet : vue d'ensemble des 4 blocs, chronologie des frais (J+0 à J+12 mois), tarif notarié détaillé (les 3 barèmes à ne pas confondre), droits de succession par lien de parenté, 10 abattements personnels, évaluation de l'actif (mobilier 5 %, RP 20 %, funéraires 1 500 €), frais bancaires (loi 2025-415 du 13 mai 2025), 9 frais cachés, droit de partage successoral 2,5 % (pas 1,1 % comme l'écrivent de nombreux sites), paiement fractionné à 2,0 % et différé à 0,6 % en 2026, réductions méconnues (art. 784 A, dation), DROM et non-résidents, comparaison internationale, stratégies CGP, 7 cas pratiques nominés, 12 erreurs à éviter, jurisprudence 2024-2026, dématérialisation 2026 et checklist.

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2. Les 4 blocs de frais d'une succession : ce que les autres guides confondent

Pour comprendre le coût d'une succession, il faut d'abord comprendre que "frais de succession" est un terme-valise qui recouvre quatre réalités juridiques totalement distinctes, payées à des destinataires différents, avec des règles de calcul différentes.

BlocDestinataireNaturePart du total (médiane)Base légale
1. Droits de succession (DMTG)Trésor public (État)Impôt progressif par lien de parenté70-80 %Art. 777, 779 CGI
2. Émoluments du notaireNotaireRémunération tarifée (arrêté 25/02/2026)8-12 %A444-53 à A444-186 C. com.
3. Débours et taxes annexesÉtat + prestatairesCSI, publicité foncière, actes cadastraux4-6 %Art. 879, 1584 CGI
4. Frais bancaires et cachésBanques + tiersTraitement banque, PNO, taxes foncières, partage3-8 %Loi 2025-415, art. 746 CGI

Concrètement, sur une succession classique d'un parent vers deux enfants avec un patrimoine de 500 000 € incluant la résidence principale (250 000 €) : les droits de succession représentent environ 2 000 à 4 000 € (après abattements 100 000 € par enfant, barème 5-20 %), les émoluments notariés 3 500 à 4 500 € TTC, les débours 800 à 1 200 €, et les frais annexes 500 à 1 500 €. Total 6 800 à 11 200 €, soit 1,4 à 2,2 % du patrimoine transmis.

Idée fausse n°1 à oublier : "le notaire prend 10 % d'une succession". C'est archi-faux. Sur une succession simple de 500 000 €, le notaire facture environ 0,7 à 1 % d'émoluments. Les 10 % que vous voyez passer, ce sont les droits de succession de l'État — dont le notaire n'est que le percepteur.

2.1 Pourquoi distinguer ces 4 blocs change tout

Cette distinction n'est pas théorique. Chaque bloc a ses propres leviers de réduction :

Bloc 1 — Droits fiscaux

Leviers : donations anticipées (abattement 100 k€/15 ans), AV avant 70 ans, démembrement, Dutreil, don logement neuf 100 k€ (LF 2026).

Bloc 2 — Émoluments notaire

Levier : remise 20 % sur émoluments proportionnels > 100 k€ d'assiette par acte (art. R444-10 C. com.).

Bloc 3 — Débours/taxes

Levier : anticipation (attestation immobilière simultanée plutôt que séparée), regroupement des actes.

Bloc 4 — Bancaires/cachés

Levier : loi 2025-415 (plafond 857 €), comptes joints, choix PNO optimisé, éviter le partage notarié (2,5 %).

Angle unique Hagnéré Patrimoine. Quand vous comparez ces 4 blocs, vous réalisez vite que le bloc 1 (fiscal) est de très loin le plus gros levier. Une donation anticipée correctement structurée 15 ans avant le décès peut économiser 100 000 à 300 000 € de droits, là où négocier 20 % sur les émoluments notariés fait économiser 500 à 1 500 €. C'est pour cela que notre cabinet se concentre sur les stratégies CGP amont plutôt que sur la négociation aval.

Avant d'entrer dans le détail de chaque bloc, regardons comment ces frais s'étalent dans le temps après le décès — car certains sont exigibles immédiatement, d'autres plusieurs mois ou années plus tard.

3. Chronologie des frais : de J+0 à J+12 mois

La succession suit un calendrier juridique strict. Connaître ce calendrier, c'est éviter les pénalités (intérêt 0,20 %/mois + majoration 10 %) et anticiper les frais à mobiliser — souvent plusieurs milliers d'euros avant même que le patrimoine soit débloqué.

DélaiÉtapeFrais à prévoirMontant approx.
J+0 à J+7Décès, acte de décès en mairie, blocage comptesFrais d'obsèques (5 910 € max prélevables sur le compte bloqué)3 000 à 8 000 €
J+15Choix du notaire et ouverture du dossierProvision initiale demandée par certaines études500 à 2 000 €
J+30Acte de notoriété (identification des héritiers)Émolument fixe 56,60 € HT (art. A444-60) + débours100 à 300 € TTC
J+60Attestation de propriété immobilière si bien immoÉmoluments proportionnels (1,935 % → 0,532 %) + CSI 0,10 % + publicité foncière 0,715 %400 à 2 500 € par bien
J+120Inventaire mobilier (si demandé)76,92 € HT + vacations 132,16 € HT/2h300 à 1 500 € selon complexité
J+180 (6 mois)Dépôt déclaration succession + paiement droitsDroits de succession + émoluments déclaration (1,548 % → 0,426 %)5 à 45 % selon lien de parenté
J+270Demande paiement fractionné/différé si souhaitéFrais demande + garantie éventuelle100 à 300 € + garantie
J+365Règlement dernière tranche fractionné an 1Intérêts 2,0 % sur solde dû (taux 2026)Variable selon montant
J+365 à J+730Partage amiable (si souhaité)Droit de partage 2,5 % + émoluments (4,837 % → 0,998 %)Variable, peut être important
Piège de trésorerie. Les héritiers doivent souvent avancer plusieurs milliers d'euros entre J+0 et J+180 alors que le compte du défunt est bloqué et que le patrimoine n'est pas encore débloqué. Frais d'obsèques, provisions du notaire, premières charges de copropriété : prévoyez une trésorerie personnelle ou une ligne de crédit dès les premiers jours.

3.1 Le cas du compte bancaire bloqué

Dès réception de l'acte de décès, les banques bloquent tous les comptes individuels du défunt. Les comptes joints restent actifs pour le co-titulaire (pour la moitié des avoirs par défaut, sauf clause de solidarité). La loi autorise toutefois un prélèvement jusqu'à 5 910 € directement sur le compte bloqué pour régler les frais d'obsèques (article L312-1-4 du Code monétaire et financier), sur présentation de la facture.

Astuce pratique. Si vos frais d'obsèques dépassent 5 910 €, deux options : (1) payer la différence de votre poche et vous la faire rembourser lors du règlement de la succession (inclure le forfait déductible de 1 500 € du passif successoral), ou (2) négocier avec l'opérateur funéraire un paiement fractionné. La grande majorité accepte un paiement à 60 ou 90 jours.

Les comptes sont débloqués uniquement après remise par le notaire de l'acte de notoriété et accord de tous les héritiers sur la répartition. Délai typique : 4 à 8 semaines. Passé ce délai, la banque facture les frais de traitement de succession, aujourd'hui plafonnés.

4. Frais de notaire : les émoluments proportionnels (arrêté du 25 février 2026)

Commençons par dissiper une confusion majeure. Le tarif du notaire n'est pas régi par le décret 78-262 du 8 mars 1978, comme on peut le lire dans de nombreux articles. Ce décret a été abrogé en 2016. La base légale actuelle : les articles A444-53 à A444-186 du Code de commerce, mis à jour par l'arrêté du 25 février 2026 (NOR: ECOC2604872A), applicable du 1er mars 2026 au 29 février 2028.

Attention aux sources obsolètes. En avril 2026, plusieurs blogs de notaires affichent encore des taux erronés : 1,596 % au lieu de 1,548 % pour la déclaration de succession, ou 4,931 % au lieu de 4,837 % pour le partage. Les taux exacts en vigueur sont ceux publiés sur service-public.gouv.fr (mis à jour le 6 mars 2026) et figurent dans les arrêtés du JO. Vérifiez toujours les chiffres du devis de votre notaire.

4.1 Les trois barèmes notariés à ne pas confondre

La difficulté principale : trois barèmes distincts coexistent pour une même succession, selon le type d'acte. Beaucoup de sites donnent un seul taux — ce qui est une erreur conceptuelle majeure.

Acte notarié0-6 500 € HT6 500-17 000 €17 000-30 000 € (ou 60 k)Au-delà
Déclaration de succession (A444-63)1,548 %0,851 %0,580 % (30 k€)0,426 %
Attestation de propriété immobilière (A444-67)1,935 %1,064 %0,726 % (30 k€)0,532 %
Partage successoral (A444-100)4,837 %1,995 %1,330 % (60 k€)0,998 %

Concrètement, pour une succession avec immobilier de 400 000 € transmise à deux enfants, vous paierez trois séries d'émoluments différents :

Déclaration de succession (400 000 €) : ≈ 1 860 € HT × 1,20 TVA = 2 232 € TTC
Attestation immobilière (300 000 €) : ≈ 1 820 € HT × 1,20 TVA = 2 184 € TTC
Total émoluments proportionnels : ≈ 4 416 € TTC

4.2 Les émoluments d'actes forfaitaires

À côté des émoluments proportionnels, plusieurs actes succession sont tarifés à prix fixe :

ActeÉmolument HTTTC (TVA 20 %)Finalité
Acte de notoriété (art. A444-60)56,60 €67,92 €Identifier les héritiers
Inventaire notarié (art. A444-62)76,92 € + vacations92,30 € + 158,59 €/2hÉvaluer le mobilier
Dépôt testament olographe28,35 €34,02 €Authentifier un testament
Certificat d'hérédité (petites successions)15,39 €18,47 €Succession < 5 000 €
Acte de partage (pour le socle fixe)Variable selon actifSouvent 200 à 500 €Formaliser le partage
Note DROM. En Guadeloupe, Martinique et Wallis-et-Futuna, les émoluments sont majorés de 25 %. En Guyane +23 %. À la Réunion et Mayotte +37 %. La TVA est de 0 % en Guyane et Mayotte, ce qui équilibre partiellement. Détail complet sur service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F795.

4.3 Simulation complète pour 3 successions types

Actif brutDéclaration HTAttest. immo HT (si 70 % immo)Actes fixes HTTotal HTTotal TTC
100 000 €397 €623 €134 €1 154 €1 385 €
300 000 €1 403 €1 480 €134 €3 017 €3 620 €
500 000 €2 255 €2 548 €134 €4 937 €5 925 €
1 000 000 €4 385 €5 208 €134 €9 727 €11 672 €
2 000 000 €8 645 €10 528 €134 €19 307 €23 168 €

Concrètement, pour une succession "moyenne" de 300 000 € avec une maison principale, le notaire facture environ 3 620 € TTC d'émoluments. Cela peut sembler élevé, mais ramené au patrimoine transmis cela représente 1,2 %. Et 90 % de ce montant est réglementé — vous ne pouvez pas négocier en dessous.

Levier officiel : la remise de 20 %. Depuis l'arrêté du 28 février 2020 (art. R444-10 C. com.), les notaires peuvent accorder une remise libre jusqu'à 20 % maximum sur les émoluments proportionnels, applicable à la fraction d'assiette supérieure à 100 000 € par acte. Concrètement, sur notre exemple 500 000 € : la remise peut porter sur 400 000 € × les taux proportionnels = jusqu'à 500 € d'économie par acte. Demandez-la, elle n'est pas automatique.

5. Débours, CSI et taxe de publicité foncière

Les débours, c'est le budget "oublié" d'une succession. Il s'agit des sommes que le notaire avance pour votre compte auprès de tiers (administrations, conservateurs, experts) et qu'il vous refacture à l'euro près. Sur une succession moyenne, ils représentent 300 à 1 500 €.

PosteCoût typiqueBase légale / rôle
Extraits d'état civil (acte décès, livret famille)0 à 15 € par pièceActes mairies
Extrait cadastral et document d'arpentage10 à 30 € par bienSPF
État hypothécaire15 à 40 € par bienSPF
Interrogation FICOBA (comptes bancaires)15 à 30 €Consultation DGFiP
Interrogation FICOVIE (AV)VariableVia registre AGIRA
Publication BODACC (cas indivision judiciaire)150 à 250 €Annonce légale
Frais de généalogiste (si nommé)15 à 40 % de la partLoi Brard 2015
CSI (contribution sécurité immobilière)0,10 % min. 15 €Art. 879 CGI
Taxe publicité foncière (mutation à titre gratuit)0,60 % + frais d'assiette ≈ 0,614 %Art. 791 CGI (ne pas confondre avec art. 1584 mutations onéreuses)
Frais postaux et numérisation20 à 80 €Frais réels

5.1 La CSI (Contribution de Sécurité Immobilière)

Souvent invisible dans les devis superficiels, la CSI (article 879 du CGI) est une taxe de 0,10 % sur la valeur du bien, perçue lors de l'enregistrement de l'attestation de propriété immobilière au Service de la Publicité Foncière. Minimum de perception : 15 €. Cette taxe finance le fonctionnement du fichier immobilier national (SPF).

CSI sur maison à 400 000 € = 400 000 × 0,10 % = 400 €

5.2 La taxe de publicité foncière sur l'attestation immobilière

Article 791 du CGI : la mutation immobilière par succession (mutation à titre gratuit) déclenche une taxe départementale de publicité foncière au taux de 0,60 %, majorée des frais d'assiette et de recouvrement (environ 2,37 %). Le taux effectif apparent est donc d'environ 0,614 % de la valeur immobilière.

Ne pas confondre avec l'art. 1584 CGI (mutations à titre onéreux, taxe communale additionnelle, 5,80 % au total ventes). Dans le cadre d'une succession — mutation à titre gratuit —, c'est le régime spécifique de l'article 791 CGI qui s'applique au taux réduit de 0,60 %.

Concrètement, pour une maison héritée valorisée à 400 000 €, vous devez prévoir : 400 € de CSI + environ 2 456 € de taxe publicité foncière = 2 856 € de taxes sur la seule mutation immobilière, en plus des émoluments notariés et des droits de succession éventuels.

6. Honoraires libres et remise de 20 % : ce qui est négociable

Tout n'est pas tarifé dans les prestations d'un notaire en matière de succession. Certains actes et conseils relèvent des honoraires libres, où vous pouvez — et devez — comparer plusieurs études.

6.1 Ce qui est tarifé (non négociable en dehors de la remise 20 %)

  • Acte de notoriété (56,60 € HT fixe)
  • Déclaration de succession (barème 1,548 → 0,426 %)
  • Attestation de propriété immobilière (1,935 → 0,532 %)
  • Acte de partage successoral (4,837 → 0,998 %)
  • Inventaire notarié (76,92 € + vacations)
  • Testament authentique (113,19 € HT)

6.2 Ce qui relève des honoraires libres

  • Conseil patrimonial pour optimiser la succession (choix régime matrimonial, pacte Dutreil, donation-partage amont)
  • Accompagnement fiscal pour le paiement fractionné ou différé
  • Actes complexes (succession internationale, partage négocié entre héritiers en conflit)
  • Mandat de protection future, mandat posthume, pactes familiaux
  • Constitution de SCI pour sortir d'une indivision
La remise de 20 % en détail. Depuis l'article R444-10 du Code de commerce, le notaire peut consentir une remise libre maximale de 20 % sur les émoluments proportionnels (ceux qui dépendent de la valeur), applicable uniquement à la fraction d'assiette supérieure à 100 000 € par acte. Cette remise est obligatoirement annoncée dans les conditions générales d'intervention de l'étude et doit figurer sur son site web s'il existe. Certaines études l'appliquent automatiquement, d'autres seulement à la demande.
Exemple concret — Succession de 500 000 € (tout en immobilier) :
Émoluments proportionnels attestation immo sur 500 000 € : 2 548 € HT
Fraction concernée par la remise (> 100 000 €) : 400 000 € × taux 0,532 % = 2 128 € HT
Remise maximale 20 % : 426 € HT d'économie possible

6.3 Comment demander la remise : méthode CGP

  1. Demander le devis détaillé avec ligne par ligne (émoluments proportionnels, fixes, débours, remise éventuelle) dès la signature de la lettre de mission.
  2. Négocier avant signature : la politique de remise est variable. Certains notaires accordent 20 %, d'autres 10 %, d'autres rien. Comparez plusieurs études.
  3. Demander l'application sur tous les actes tarifés (déclaration + attestation + partage) et pas seulement sur l'un d'eux.
  4. Écrit obligatoire : toute remise doit figurer expressément sur le devis. Pas de remise verbale.
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7. Droits de succession : le barème 2026 par lien de parenté

Les droits de succession sont de très loin le plus gros poste de dépense. Article 777 du CGI : trois tableaux s'appliquent selon le lien de parenté avec le défunt. Les taux n'ont pas bougé depuis 2011 — mais les abattements sont gelés jusqu'en 2028 par la LF 2026, ce qui constitue une hausse fiscale silencieuse par inflation.

7.1 Tableau I — En ligne directe (enfants, parents, petits-enfants)

Part taxable (après abattement)TauxExemple : part taxable 250 000 €
Jusqu'à 8 072 €5 %403,60 €
8 072 à 12 109 €10 %403,70 €
12 109 à 15 932 €15 %573,45 €
15 932 à 552 324 €20 %46 813,60 €
552 324 à 902 838 €30 %
902 838 à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %
TOTAL sur 250 000 €48 194 €

Concrètement, si vous héritez de 350 000 € de votre parent et que vous bénéficiez de l'abattement de 100 000 €, il reste 250 000 € taxables. Les droits sont de 48 194 €, soit un taux effectif de 13,8 % du brut hérité (19,3 % de la part taxable).

7.2 Tableau II — Entre frères et sœurs

Part taxable (après abattement 15 932 €)Taux
Jusqu'à 24 430 €35 %
Au-delà de 24 430 €45 %

7.3 Tableau III — Autres héritiers

Lien de parentéTaux uniqueAbattement
Neveu/nièce (direct)55 %7 967 €
Oncle/tante, cousin, grand-oncle/tante (jusqu'au 4e degré)55 %1 594 €
Petit-cousin, 5e+ degré, non-parent (concubin, ami, tiers)60 %1 594 €
Le piège des concubins non pacsés. Si vous vivez avec votre compagne ou compagnon depuis 20 ans sans être mariés ni pacsés, vous êtes fiscalement des tiers l'un pour l'autre : abattement 1 594 €, taux 60 %. Pour un patrimoine commun de 400 000 €, l'héritier supporte 239 044 € de droits (60 % sur 398 406 €). Le simple PACS, conclu au moins 1 jour avant le décès, vous fait basculer en exonération totale (art. 796-0 bis CGI), sous réserve qu'un testament désigne le partenaire de PACS.

7.4 Exonérations totales (article 796-0 bis et suivants)

  • Conjoint marié survivant : exonération totale (loi TEPA 2007-1223 du 21/08/2007)
  • Partenaire de PACS : exonération totale (loi TEPA 2007) — sous réserve d'un testament
  • Frère ou sœur : exonération possible si (célibataire/veuf/divorcé) + (plus de 50 ans ou infirme) + (cohabitation continue avec le défunt les 5 dernières années) — art. 796-0 ter
  • Victimes de guerre, d'actes de terrorisme, pompiers décédés en mission (art. 796 CGI)
  • Legs à des associations reconnues d'utilité publique (art. 795 CGI)

8. Les 10 abattements personnels en 2026 : la liste exhaustive

Les abattements sont la clé de l'optimisation successorale. Ils se déduisent avant l'application du barème. Leur montant dépend du lien de parenté avec le défunt et de votre situation personnelle. Nouveauté LF 2026 : le relèvement majeur de l'abattement des beaux-enfants, passé de 1 594 € à 15 932 €.

BénéficiaireAbattementArticle CGIRemarque
Enfant vivant ou représenté100 000 €Art. 779 IPar parent donateur et renouvelable tous les 15 ans en donation
Petit-enfant (succession)1 594 €Art. 788 IVHors représentation (art. 751 CC) qui permet d'accéder à 100 000 € du parent prédécédé
Parent (ascendant)100 000 €Art. 779 ISymétrique : enfant qui hérite de son parent ET parent qui hérite de son enfant
Frère/sœur vivant ou représenté15 932 €Art. 779 IVTaux 35 %/45 % ensuite
Neveu/nièce (direct)7 967 €Art. 779 VTaux 55 %
Personne handicapée (cumul)159 325 €Art. 779 IICumulable avec les autres abattements selon le lien
Beau-fils/belle-fille (LF 2026)15 932 €Art. 788 III bisNOUVEAU : conditions prise en charge ≥ 5 ans ou cohabitation
Personne invalide à 80 % avec pension159 325 €Art. 779 IIJustification par décision CDAPH
Tout autre (concubin, tiers)1 594 €Art. 788 IVTaux 60 %
Cumul donation (30 ans) en rappel fiscal— (abattement déjà consommé)Art. 784Rappel sur 15 ans — purge à 15 ans
Nouveauté LF 2026 (art. 788 III bis CGI). Les beaux-enfants — enfants du conjoint survivant ou du partenaire de PACS — bénéficient désormais d'un abattement relevé à 15 932 € (vs 1 594 € auparavant), sous conditions cumulatives : défunt marié ou pacsé avec le parent au jour du décès ; prise en charge continue et effective ≥ 5 ans pendant la minorité du bénéficiaire, ou ≥ 10 ans au total en cas d'accueil du bénéficiaire majeur. Le taux applicable reste 60 % au-delà — le bénéfice est donc limité sur les grosses successions mais significatif sur les petites.

8.1 Cumul avec les abattements de donation

Les abattements de succession sont distincts de ceux qui s'appliquent en donation de son vivant. L'article 784 du CGI institue le rappel fiscal : toute donation consentie dans les 15 ans avant le décès s'impute sur l'abattement successoral. Au-delà de 15 ans, l'abattement est "purgé" et intégralement disponible pour la succession.

Exemple. En janvier 2024, un parent donne 100 000 € à son enfant (abattement utilisé à 100 %).
Décès en mars 2038 (14 ans plus tard) : abattement succession limité à 0 € (rappel).
Décès en mars 2039 (15 ans et 2 mois plus tard) : abattement succession plein 100 000 €.

Concrètement, un parent qui donne 100 000 € à chacun de ses deux enfants à 65 ans, puis décède à 85 ans (20 ans plus tard), permet à ses enfants de bénéficier d'un nouvel abattement de 100 000 € chacun au moment de la succession. C'est le fondement de la stratégie de donation anticipée.

8.2 Abattements cumulables (spécificités)

  • L'abattement handicapé de 159 325 € (art. 779 II) est cumulable avec l'abattement personnel selon le lien de parenté. Un enfant handicapé héritant de son parent peut donc déduire 100 000 + 159 325 = 259 325 €.
  • L'abattement AV (art. 990 I, 152 500 €) est un abattement distinct et spécifique à l'assurance-vie, qui s'ajoute aux abattements successoraux.
  • Le don Sarkozy (art. 790 G, 31 865 €) est un don manuel utilisable tous les 15 ans par donateur et par bénéficiaire, cumulable avec les abattements classiques de donation.
  • L'exonération don logement neuf/rénovation énergétique (art. 790 A bis), 100 000 €/donateur/bénéficiaire avec plafond global 300 000 €/bénéficiaire, est également cumulable — prorogée jusqu'au 31/12/2026 par la LF 2026.

9. Évaluation de l'actif : forfait mobilier 5 %, résidence principale 20 %, funéraires 1 500 €

Ce sont trois règles largement méconnues qui peuvent réduire significativement l'assiette des droits. Les sites grand public les oublient presque systématiquement. Pourtant, leur impact combiné peut atteindre 50 000 à 150 000 € d'économie sur une succession moyenne.

9.1 Le forfait mobilier de 5 % (art. 764-I-3° CGI)

Les meubles meublants (canapés, lits, électroménager, décoration, bibliothèque, petit mobilier) sont évalués forfaitairement à 5 % de l'ensemble de l'actif brut, sauf inventaire détaillé ou prix de vente aux enchères publiques. Ce forfait s'applique par défaut si rien n'est précisé dans la déclaration 2705.

Quand faire l'inventaire et quand s'en passer ? Si vous possédez peu de mobilier (petit appartement, défunt en EHPAD depuis 5 ans), faire l'inventaire permet de descendre bien en dessous de 5 % — parfois à 0,5-1 %. À l'inverse, si le défunt était collectionneur (tableaux, bronzes, livres anciens, bijoux de valeur), l'inventaire peut faire exploser l'assiette, et il vaut mieux s'en tenir au forfait. L'inventaire est à la charge des héritiers (77 € HT + vacations).
Exemple. Actif brut (hors mobilier) = 800 000 € (RP + compte bancaire + PEA).
Forfait mobilier 5 % : 40 000 € ajoutés à l'assiette.
Droits supplémentaires en ligne directe (TMI 20 %) : 8 000 €.
Si l'inventaire prouve que le mobilier vaut 12 000 € : économie 28 000 € d'assiette = 5 600 € de droits.

9.2 L'abattement de 20 % sur la résidence principale (art. 764 bis CGI)

Un abattement de 20 % s'applique sur la valeur vénale de la résidence principale du défunt, à condition qu'au jour du décès elle soit occupée à titre principal par l'un des bénéficiaires suivants : conjoint marié survivant, partenaire de PACS, enfant mineur du défunt ou du conjoint, ou enfant majeur handicapé du défunt ou du conjoint.

Exemple. RP évaluée à 500 000 € occupée par la veuve survivante.
Abattement 20 % : valeur retenue = 400 000 € (économie 100 000 € d'assiette).
Les droits s'appliquent ensuite sur la nue-propriété transmise aux enfants après décote pour occupation usufruit.

9.3 Les frais funéraires déductibles de 1 500 € forfaitaires

L'article 775 du CGI (commenté BOI-ENR-DMTG-10-40-20-10) autorise la déduction de 1 500 € forfaitaires au titre des frais funéraires, sans justification. La déduction s'opère sur l'actif brut, avant calcul des droits. Ce forfait est sous-utilisé car les familles l'oublient régulièrement lors du dépôt de la déclaration 2705.

Astuce pratique. Si vos frais d'obsèques dépassent 1 500 € (moyenne nationale : 4 200 € pour inhumation, 3 800 € pour crémation), vous ne pouvez pas déduire plus que le forfait. En revanche, le forfait s'applique par défaut et vous évite d'avoir à produire les factures. Pensez à le cocher dans la déclaration 2705.

9.4 Les autres dettes déductibles (art. 768 CGI)

Toutes les dettes existant au jour du décès et dûment justifiées sont déductibles de l'actif brut :

  • Crédits immobiliers et à la consommation en cours (solde restant dû)
  • Impôts dus (IR, IFI, taxe foncière sur l'année du décès, CSG/CRDS)
  • Factures impayées (énergie, téléphone, internet, loyer, charges copropriété)
  • Frais médicaux et d'EHPAD non remboursés
  • Pension alimentaire éventuelle versée par le défunt
  • Loyer théorique du conjoint survivant dans certaines conditions (exception jurisprudentielle)
  • Frais funéraires dans la limite du forfait 1 500 €
Exception du quasi-usufruit (art. 774 bis CGI, LF 2024). Depuis le 29 décembre 2023, la dette de restitution résultant d'un quasi-usufruit n'est plus déductible de l'assiette des droits de succession, sauf dans les clauses bénéficiaires d'assurance-vie démembrées (BOFiP 26/09/2024). Cette réforme touche principalement les successions avec produit de vente démembré ou assurance-vie démembrée. Cf. notre guide dédié que faire d'un héritage.

10. Frais bancaires de succession en 2026 : la révolution de la loi 2025-415

Pendant des années, les banques françaises ont facturé des frais de succession élevés — jusqu'à 1 000 € voire plus pour certaines — sans cadre légal précis. La loi 2025-415 du 13 mai 2025, entrée en vigueur le 13 octobre 2025, a mis fin à ces abus en imposant un plafonnement strict.

10.1 Le nouveau plafond 2026

SituationRègle 2026Texte
Succession totale < 5 965 € (tous comptes)Gratuité totaleLoi 2025-415 + revalorisation Banque de France 01/01/2026
Succession entre 5 965 € et plafondMax 1 % du montant, plafonné à 857 €Revalorisation 01/01/2026
Succession très importantePlafond absolu 857 € TTCPeu importe le montant
Mineurs héritiers (sous tutelle)GratuitéLoi 2025-415
Décès d'un mineurGratuitéLoi 2025-415
Avant la loi 2025-415. Les frais de traitement de succession bancaire étaient libres. Certaines banques facturaient jusqu'à 1 200 € (BPCE, LCL, Crédit Agricole) pour une simple succession. Depuis le 13/10/2025 et avec la revalorisation du 01/01/2026 à 857 €, l'écart s'est considérablement réduit. Certaines banques (BoursoBank, Fortuneo) appliquent volontairement 0 €.

10.2 Les opérations couvertes par le plafond

  • Clôture des comptes bancaires individuels du défunt
  • Transfert des avoirs vers les comptes des héritiers
  • Gestion du compte bloqué pendant la phase successorale (6-24 mois)
  • Émission des attestations pour le notaire
  • Paiement des frais d'obsèques (plafond 5 910 € — non compris dans les frais)

10.3 Ce qui reste en dehors du plafond

  • Frais de tenue de compte pendant la période de blocage (généralement 3 à 6 €/mois) — ces frais sont des frais normaux, non spécifiques à la succession
  • Frais de coffre-fort si le défunt en avait un — l'inventaire du coffre est obligatoire et gratuit, mais la location continue jusqu'à la résiliation par les héritiers
  • Frais de carte bancaire pour une carte qu'il faut bloquer puis résilier
  • Frais de chéquiers non utilisés restitués ou détruits
Optimisation : les comptes joints. Si le défunt et son conjoint avaient un compte joint, ce compte reste actif pour le survivant et la moitié (ou l'intégralité en cas de clause de solidarité) n'est pas bloquée. La banque ne peut facturer aucun frais de succession sur la quote-part qui reste au conjoint survivant. C'est un levier simple et puissant pour les couples.

10.4 Que faire en cas de dépassement du plafond ?

  1. Courrier recommandé au service client bancaire avec copie de la facture et mention de la loi 2025-415.
  2. En cas de refus, saisir le médiateur bancaire (association française des banques ou médiateur propre à l'établissement).
  3. Signalement à la DGCCRF (signalconso.gouv.fr) et à l'ACPR (Banque de France).
  4. En dernier recours, recours devant le tribunal judiciaire (procédure au fond ou référé selon l'urgence).

11. Quels sont les 9 frais cachés que 90 % des articles oublient ?

Après la CSI, la taxe de publicité foncière et les droits fiscaux, restent 9 frais "cachés" qui s'additionnent sans qu'on s'en rende compte. Sur une succession de 300 000 €, leur total atteint facilement 3 000 à 8 000 € selon la configuration.

Frais cachéMontant 2026Quand ?
1Assurance PNO sur bien vacant150-400 €/anDès le décès jusqu'à vente/location
2Taxe foncière + TH année du décèsVariable selon bienAu prorata jusqu'au décès, solde par indivision
3Frais bancaires succession (loi 2025-415)0-857 €À la clôture des comptes
4Diagnostics obligatoires vente900-1 500 €Avant mise en vente (obligatoire)
5Expert judiciaire désaccord évaluation1 500-4 500 €Contentieux entre héritiers
6Généalogiste successoral15-40 % de la partSi héritiers inconnus
7Travaux urgents bien héritéVariableFuite, chaudière, toiture
8Frais copropriété année du décèsVariableSolidarité des héritiers
9Honoraires avocat contentieux1 500-10 000 €Si conflit partage

11.1 L'assurance habitation PNO (Propriétaire Non Occupant)

Le contrat d'assurance habitation du défunt cesse automatiquement au décès (article L.113-12 du Code des assurances). Le bien n'est plus couvert dès le lendemain. Il faut souscrire immédiatement une PNO (Propriétaire Non Occupant) qui couvre responsabilité civile, dégâts des eaux, incendie et catastrophes naturelles sur un bien vacant. Coût : 150 à 400 €/an selon la valeur et la zone.

Piège fréquent. En indivision, si aucun héritier ne souscrit la PNO et qu'un sinistre survient (dégât des eaux descendant chez le voisin), les héritiers sont solidairement responsables sur leur patrimoine propre. C'est la première dépense à régler après un décès, avant même d'aller chez le notaire.

11.2 Le généalogiste successoral (loi Brard)

Si le notaire identifie des héritiers inconnus (famille dispersée, indivision ancienne), il peut mandater un généalogiste successoral professionnel. La loi Brard de 2015 encadre cette profession. Le contrat de révélation signé par l'héritier retrouvé prévoit des honoraires généralement compris entre 15 % et 40 % de la part successorale, ce qui peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Angle méconnu : la contestation du contrat de révélation. La jurisprudence de la Cour de cassation a jugé à plusieurs reprises que l'héritier n'est pas tenu au contrat de révélation s'il démontre qu'il aurait découvert seul sa qualité d'héritier par les canaux ordinaires (notaire, déclaration de succession, registres publics). Ce moyen de défense est rarement évoqué par les articles grand public. Contactez un avocat dès réception du contrat si vous pensez pouvoir le soulever.

11.3 Les diagnostics immobiliers obligatoires

Si vous vendez un bien hérité, 10 diagnostics sont obligatoires à la charge du vendeur (donc de la succession si pas encore partagée) : DPE (150 €), amiante (120 €), plomb (200 €, biens avant 1949), termites (130 €, zones arrêté préfectoral), électricité (170 €), gaz (150 €), assainissement (50 €), ERP (gratuit), bruit (inclus ERP), mesurage Carrez (copropriété 100 €). Coût total : 900 à 1 500 €.

11.4 Les travaux urgents et charges courantes

Pendant la phase de blocage (6-24 mois), les héritiers doivent souvent avancer des sommes importantes : charges de copropriété, taxe foncière au prorata, réparations urgentes (fuite, chaudière HS). Ces avances sont remboursables lors du partage, mais grèvent la trésorerie des héritiers et peuvent générer des tensions.

Pour une vue d'ensemble des frais liés à la détention et à la cession d'un bien hérité, consultez notre guide dédié héritage immobilier : vendre, garder ou louer.

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12. Le droit de partage successoral : 2,5 %, pas 1,1 % (l'erreur la plus fréquente)

C'est l'erreur la plus répandue dans les articles grand public sur les frais de succession. Beaucoup de sites affirment que "le droit de partage est de 1,1 %" — c'est faux pour les successions.

La distinction fondamentale (article 746 CGI).
Alinéa 2 (successions, partages amiables classiques) : 2,5 %.
Alinéa 3 (divorces et ruptures de PACS uniquement, depuis la LF 2020) : 1,1 %.
Ne pas confondre les deux. Sur une succession de 500 000 € partagée entre héritiers : 12 500 € de droit de partage (et non 5 500 €).

12.1 Quand le droit de partage s'applique-t-il ?

Le droit de partage est dû uniquement quand il y a partage notarié — c'est-à-dire quand les héritiers demandent au notaire de formaliser la répartition des biens entre eux (qui récupère quoi) par un acte authentique. Il ne s'applique pas automatiquement : il est déclenché par l'acte de partage.

  • Maintien en indivision → pas de droit de partage (mais risque de conflits et blocage)
  • Partage amiable notarié → droit de partage 2,5 % sur l'actif net
  • Partage judiciaire (intervention tribunal) → droit de partage 2,5 % + frais procédure
  • Constitution d'une SCI recevant le bien → pas de droit de partage (mais 5 % de droits d'enregistrement sur apport à SCI)
  • Vente du bien puis partage du prix → pas de droit de partage (seulement plus-value éventuelle)

12.2 Peut-on éviter le droit de partage de 2,5 % ?

Oui, dans plusieurs cas. C'est une optimisation courante en ingénierie patrimoniale :

Option A — Vente puis répartition du prix

Pas de droit de partage. Le prix est réparti entre héritiers selon leurs droits. Optimal si le bien est destiné à être vendu.

Option B — Maintien en indivision longue durée

Pas de droit de partage tant qu'il n'y a pas de partage. Inconvénient : gestion complexe entre héritiers, risque de blocage.

Option C — Apport à une SCI familiale

Pas de droit de partage mais 5 % de droits d'enregistrement sur apport à SCI (art. 809 I CGI). Intéressant si patrimoine locatif à conserver.

Option D — Attribution préférentielle (art. 831 CC)

Un héritier reprend l'intégralité d'un bien en versant une soulte aux autres. Droit de partage 2,5 % seulement sur la soulte.

Exemple comparatif. Succession 500 000 € tout immobilier, 3 héritiers.
Partage notarié : 500 000 × 2,5 % = 12 500 € de droit de partage.
Vente + répartition : 0 € de droit de partage (mais frais de vente 6-8 %).
Apport SCI : 500 000 × 5 % = 25 000 € de droits d'enregistrement (plus élevé mais permet la conservation).
Attribution préférentielle : soulte 333 333 € × 2,5 % = 8 333 € (33 % d'économie).
Angle CGP. Pour les familles possédant un patrimoine immobilier important transmis en indivision, l'arbitrage entre ces 4 options dépend de la capacité à vendre, de la cohésion familiale, du profil fiscal des héritiers et de la stratégie patrimoniale long terme. C'est un sujet que nous traitons systématiquement en bilan successoral chez Hagnéré Patrimoine.

13. Peut-on payer les droits quand on n'a pas la trésorerie ? Fractionné 2,0 % et différé 0,6 %

Payer les droits de succession d'un coup est souvent impossible, en particulier quand le patrimoine est peu liquide (immobilier, entreprise). L'article 1717 du CGI permet d'étaler le paiement dans deux cadres : le fractionnement (étalement dans le temps) et le différé (report à un événement futur).

13.1 Les taux d'intérêt 2026 (baisse historique)

SituationTaux 2025Taux 2026Variation
Paiement fractionné général2,3 %2,0 %−0,3 pt
Paiement différé Dutreil (transmission entreprise)0,7 %0,6 %−0,1 pt
Base de calcul DGFiPTEM crédits immo T4 2024 ÷ 3TEM crédits immo T4 2025 ÷ 3Arrondi décimale inférieure
Source officielle. L'avis ECOT2536351V publié au JORF du 24 décembre 2025 fixe les taux applicables aux demandes de crédit formulées à compter du 1er janvier 2026. Le taux est révisé chaque année en fonction du TEM (Taux Effectif Moyen) des crédits immobiliers aux particuliers du 4e trimestre précédent.

13.2 Le paiement fractionné (art. 1717 + art. 404 A annexe III CGI)

SituationDuréeNombre de versementsCondition
Cas général (successions classiques)1 an3 versements semestrielsAucune condition particulière
Actif non liquide ≥ 50 %3 ans7 versements semestrielsJustifier de la part des actifs peu liquides
Transmission entreprise (Dutreil)10 ans20 versements semestrielsEngagement de conservation respecté
Exemple. Succession d'un parent, deux enfants, droits à payer 80 000 € par enfant. Aucun disposition particulière.
Option paiement fractionné 1 an : 3 versements de 27 000 € environ (intérêts 2,0 %/an sur solde).
Total payé : ≈ 81 200 € (1 200 € d'intérêts).

13.3 Le paiement différé (nue-propriété)

Si vous héritez de la nue-propriété d'un bien (par exemple parce que le défunt avait organisé un démembrement en donation-partage de son vivant), vous bénéficiez automatiquement du paiement différé. Les droits sont reportés jusqu'à la réunion de l'usufruit à la nue-propriété (typiquement au décès de l'usufruitier, le conjoint survivant), ou à la cession de votre nue-propriété. Vous payez uniquement des intérêts annuels pendant la période de différé.

Exemple. Nue-propriété reçue 200 000 €, conjoint survivant 75 ans (espérance 12 ans).
Droits calculés à 20 000 €, paiement différé 12 ans.
Intérêts annuels 2,0 % × 20 000 = 400 €/an × 12 ans = 4 800 €.
Total payé in fine : 24 800 € (vs 20 000 € en paiement comptant).

13.4 Le cas spécifique des transmissions d'entreprise (combo Dutreil + différé + fractionné)

Pour les transmissions d'entreprise éligibles au pacte Dutreil (art. 787 B CGI), le combo est puissant : abattement 75 % sur la valeur des titres + différé 5 ans (paiement des seuls intérêts) + fractionné 10 ans au taux réduit de 0,6 %. Soit 15 ans au total pour acquitter les droits, à un taux d'intérêt historiquement bas.

Pour le détail, voyez notre guide dédié Pacte Dutreil 2026.

13.5 Conditions et procédure

  • Demande à joindre à la déclaration de succession (formulaire 2705-SD)
  • Accord unanime de tous les héritiers (indivision successorale)
  • Garanties suffisantes à offrir à l'administration (hypothèque légale sur un bien, nantissement de titres, caution bancaire à première demande)
  • Décision de l'administration dans un délai de 2 mois (décision implicite de rejet si pas de réponse)
  • Si rejet, possibilité d'appel via le recours hiérarchique ou le médiateur de Bercy
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14. Que risque-t-on en cas de retard de déclaration ?

Le non-respect du délai de 6 mois (ou 12 mois selon le lieu du décès) entraîne des pénalités automatiques. L'administration fiscale applique la règle sans besoin de mise en demeure préalable pour l'intérêt de retard, mais la majoration nécessite parfois une procédure contradictoire.

SanctionTauxBase légaleApplication
Intérêt de retard0,20 %/mois (2,40 %/an)Art. 1727 III CGICalcul automatique à partir du 1er jour de retard
Majoration dépôt tardif (sans MED)10 %Art. 1728-1-a CGIRetard < 30 jours après mise en demeure
Majoration dépôt tardif (avec MED)40 %Art. 1728-1-b CGIMise en demeure non suivie de dépôt sous 90 j
Majoration activité occulte80 %Art. 1728-1-c CGIDéfunt n'avait pas déclaré des comptes/biens
Majoration manquement délibéré40 %Art. 1729 a CGIPreuve de mauvaise foi (omission volontaire)
Majoration manœuvres frauduleuses80 %Art. 1729 c CGIDissimulation active (faux, complicité)
Abus de droit40 % ou 80 %Art. 1729 b CGI + L.64 LPFMontage à but exclusivement fiscal
Exemple concret. Droits dus 30 000 €, déclaration déposée 10 mois après le décès (4 mois de retard après délai légal).
Intérêt de retard : 30 000 × 0,20 % × 4 mois = 240 €
Majoration 10 % (sans mise en demeure) : 30 000 × 10 % = 3 000 €
Total pénalités : 3 240 € (soit 10,8 % du montant initial)

14.1 La remise gracieuse (art. L247 LPF)

En cas de difficultés financières ou de motifs légitimes (perte d'emploi, maladie, complexité exceptionnelle de la succession), vous pouvez solliciter une remise gracieuse des pénalités (intérêts de retard et majorations). Le principal — les droits eux-mêmes — n'est pas remissible en matière d'enregistrement.

Procédure. Courrier circonstancié adressé au directeur départemental des finances publiques avec justificatifs (attestation chômage, avis maladie, complexité du dossier). Délai d'instruction 4 à 8 mois. Taux d'acceptation moyen des remises partielles : 30 à 50 % selon les sources syndicales DGFiP.

14.2 Le délai de reprise (prescription fiscale)

L'administration peut redresser une succession pendant :

  • 3 ans à compter de l'enregistrement de la déclaration (délai normal — art. L180 LPF)
  • 6 ans en cas d'omission d'un bien non déclaré (art. L181 LPF)
  • 10 ans en cas d'activité occulte ou de fraude (délai prolongé)
Cas pratique. Si le défunt avait un compte à l'étranger non déclaré que les héritiers découvrent 5 ans après la succession, ils doivent faire une déclaration rectificative et acquitter les droits correspondants (majorés de l'intérêt de retard et éventuellement d'une majoration 40 % si activité occulte retenue). Non-déclaration volontaire = 80 % avec possibilité de régularisation spontanée à tarif réduit (STDR non pérenne).

15. Réductions méconnues : crédit d'impôt étranger (art. 784 A) et dation (art. 1716 bis)

Deux mécanismes de réduction sont quasiment absents des articles grand public. Pourtant, ils peuvent représenter des dizaines de milliers d'euros d'économie dans certaines situations.

15.1 Le crédit d'impôt pour droits payés à l'étranger (art. 784 A CGI)

Situation typique : un héritier résident fiscal français hérite d'un bien situé à l'étranger (appartement en Espagne, compte en Suisse, portefeuille au Luxembourg). Le pays de situation du bien taxe la succession selon ses propres règles. L'article 784 A du CGI permet alors d'imputer sur les droits français l'impôt déjà acquitté à l'étranger, dans la limite des droits français sur ces mêmes biens.

Exemple. Un parent français transmet à son enfant un appartement en Espagne valorisé 400 000 €.
Droits espagnols acquittés (barème andalou) : 22 000 €.
Droits français calculés sur l'appartement (après abattement 100 000 €) : 48 194 €.
Crédit d'impôt imputable : 22 000 €.
Droits français nets à payer : 26 194 € (au lieu de 48 194 €).
Nouveauté jurisprudentielle : CA Paris 26/05/2025. La cour d'appel de Paris a élargi favorablement l'imputation en écartant la proratisation initialement imposée par l'administration fiscale. Le contribuable peut désormais imputer l'intégralité des droits étrangers (dans la limite de l'impôt français sur les mêmes biens) sans être obligé de proratiser selon la part de patrimoine situé à l'étranger. Un gain substantiel pour les successions internationales.

Procédure. Formulaire 2740-SD à joindre à la déclaration 2705-SD, avec copie traduite de l'acte d'imposition étranger. L'article 784 A s'applique même en l'absence de convention fiscale bilatérale. Actuellement, la France a signé 39 conventions traitant spécifiquement des droits de succession (dont Allemagne, Italie, Espagne, Suisse, États-Unis, Royaume-Uni, Belgique — liste complète sur impots.gouv.fr).

15.2 La dation en paiement (art. 1716 bis CGI)

Procédure exceptionnelle mais emblématique : payer les droits de succession en remettant à l'État des biens culturels ou immobiliers exceptionnels, plutôt qu'en numéraire. Seuil : droits dus > 10 000 € par impôt.

Catégorie de bien éligibleConditionExemple
Œuvres d'art, livres, objets de collectionHaute valeur artistique ou historiquePicasso 4 370 œuvres (1979-2011)
Documents historiquesIntérêt patrimonial nationalManuscrits Braque, archives Giacometti
Immeubles protégés (Conservatoire du littoral)Situation géographique stratégiquePropriétés côtières d'intérêt écologique
Bois et forêtsGestion durable attestéeForêts classées au PLU
Procédure. Demande adressée au ministre du Budget, agrément après avis d'une commission interministérielle (culture + budget) qui évalue le bien offert en paiement. Délai moyen : 6 mois. Procédure utilisée typiquement pour les grands patrimoines d'art (Picasso, Matisse, Giacometti) mais accessible aussi à des dations plus modestes sur des collections de valeur reconnue.

15.3 La remise gracieuse des pénalités (rappel)

Comme évoqué à la section 14, l'article L247 du LPF permet de demander la remise gracieuse des pénalités en cas de difficultés. Cette remise n'intervient pas sur le principal des droits, mais peut alléger significativement les intérêts de retard et majorations.

16. Le mythe à dénoncer : l'article 780 CGI abrogé depuis 2017

Encore aujourd'hui, de nombreux articles patrimoniaux (y compris sur des sites a priori sérieux) mentionnent une "réduction de 305 € ou 610 € pour les héritiers mineurs" (anciennement article 780 du CGI). Ce dispositif n'existe plus.

L'article 780 du CGI a été abrogé par l'article 32 de la loi 2016-1917 du 29 décembre 2016 (LF 2017), applicable aux successions ouvertes à compter du 1er janvier 2017. Toute mention de cette réduction dans un article publié en 2024-2026 est soit une erreur, soit une obsolescence non corrigée. Source : BOI-ENR-DMTG-10-50-10 publication DGFiP du 12/01/2017.

Anciennement, l'article 780 prévoyait une réduction de 305 € (610 € si l'héritier avait plus de 3 enfants) pour les héritiers mineurs ou majeurs infirmes. Cette réduction a été jugée trop marginale et source de complexité administrative par le législateur, et supprimée en LF 2017 au bénéfice d'une simplification du dispositif fiscal.

Ce qui existe toujours : l'abattement pour personne handicapée de 159 325 € (art. 779 II CGI), cumulable avec les autres abattements. Pour un héritier mineur : pas de dispositif spécifique — c'est l'abattement par lien de parenté qui s'applique (100 000 € par parent pour les enfants).

16.1 Autres mythes persistants à écarter

  • ❌ "Le notaire doit être celui du défunt" — FAUX (voir section 6)
  • ❌ "Le partage notarié coûte 1,1 %" — FAUX, c'est 2,5 % en succession (section 12)
  • ❌ "Le PACS suffit pour hériter" — PARTIELLEMENT FAUX : le PACS crée l'exonération de droits mais PAS de vocation successorale légale. Il faut un testament pour que le partenaire hérite effectivement.
  • ❌ "Le concubin hérite comme le conjoint" — ARCHI-FAUX : le concubin est taxé à 60 % comme un tiers (abattement 1 594 €)
  • ❌ "Les dettes ne sont pas déductibles" — FAUX : les dettes justifiées du défunt sont déductibles (art. 768 CGI)
  • ❌ "L'assurance-vie est totalement hors succession" — PARTIELLEMENT FAUX : elle l'est dans la limite de 152 500 €/bénéficiaire avant 70 ans, mais les versements après 70 ans basculent au régime 757 B (abattement 30 500 € global)

17. Comment sont traités les DROM et les héritiers non-résidents ?

17.1 Les DROM (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Mayotte)

Le tarif notarié est majoré outre-mer par application d'un coefficient départemental, et la TVA varie selon le territoire.

TerritoireMajoration tarifTVA applicableActe notoriété HT
Métropole20 %56,60 €
Guadeloupe+25 %8,5 %70,75 €
Martinique+25 %8,5 %70,75 €
Guyane+23 %0 %69,62 €
La Réunion+37 %8,5 %77,54 €
Mayotte+37 %0 %77,54 €
Saint-Barthélemy+25 %0 %70,75 €
Saint-Martin+25 %4 %70,75 €
Saint-Pierre-et-MiquelonNon applicableTarif local spécifique

Concrètement, une succession à la Réunion coûte environ 37 % plus cher en émoluments notariés qu'en métropole (hors TVA). En revanche, la TVA réduite à 8,5 % compense partiellement. Détail sur service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F795.

17.2 Les héritiers non-résidents et les biens à l'étranger

L'article 750 ter du CGI définit trois scénarios de taxation en France, cumulables :

ScénarioRègleExemple
Défunt résident fiscal françaisImposition mondiale (tous biens FR + étrangers)Parent vivant en France transmettant un appart en Espagne
Défunt non-résident + bien en FranceImposition des seuls biens situés en FranceAméricain décédé possédant un appart à Paris
Héritier résident français depuis ≥ 6 ans sur 10Imposition totale des biens reçus (FR + étrangers)Enfant français héritant d'un parent italien
Règlement UE 650/2012 ("règlement successions"). Applicable aux successions ouvertes depuis le 17/08/2015, ce règlement prévoit que la loi applicable à la succession est celle du dernier domicile du défunt, sauf option expresse pour la loi de la nationalité ("professio juris"). Cette option, inscrite dans un testament, peut permettre d'optimiser une succession transfrontalière — notamment pour protéger le conjoint dans des pays qui n'ont pas la réserve héréditaire. Jurisprudence récente : Cass. 1re civ. 17/01/2025 sur le testament en langue étrangère.

17.3 Les conventions fiscales bilatérales

La France a signé 39 conventions fiscales traitant spécifiquement des droits de succession (dont Allemagne 1950, Italie 1979, Suisse 1953, Royaume-Uni 1963, États-Unis 1978, Belgique 1959, Espagne 1963, Canada 1995). Ces conventions évitent la double imposition en attribuant à un seul des deux États le droit de taxer chaque catégorie de biens.

En l'absence de convention, c'est l'article 784 A du CGI (section 15.1) qui permet d'éviter la double imposition par voie de crédit d'impôt.

Pour approfondir, voir notre guide fiscalité des non-résidents français.

18. Comment la France se situe-t-elle face à l'Europe et au monde ?

La France figure parmi les pays aux droits de succession les plus élevés au monde en ligne directe. Comparaison avec les principales juridictions occidentales :

PaysTaux marginal max (enfants)AbattementParticularité
France45 %100 000 €/parentBarème progressif 5-45 %, renouv. 15 ans
Allemagne30 %400 000 €/enfantExonération RP si occupation 10 ans
Italie4 %1 000 000 €/enfantTaux ultra-bas, partout réclamé par la France
Royaume-Uni40 %325 000 £ + RP 175 000 £Taux flat, abattement 7 ans donations
EspagneJusqu'à 34 % (régional)Variable par région (0-100 %)Madrid et certaines régions : quasi-exonération
Portugal0 % en ligne directeN/AAucun droit pour enfants/conjoint
Suède0 %N/AAboli en 2004
SuisseVariable (canton)VariableGenève : exonération ligne directe
États-Unis (fédéral)40 %13 990 000 $ (2025)Très peu de familles concernées
Japon55 %30 000 000 ¥ + 6 M/héritierLe plus élevé du monde
L'écart entre France et Italie est édifiant. Une succession de 500 000 € en ligne directe avec un enfant : environ 70 000 € de droits en France, mais 0 € en Italie (sous le plafond 1 million). Cette différence explique les délocalisations successorales vers l'Italie, souvent combinées avec le dispositif fiscal italien des "nouveaux résidents" (flat tax annuelle 100 000 € sur revenus mondiaux).

18.1 Les frais notariés comparés (Europe uniquement)

PaysTarif notarié successionRégulation
France0,4 à 1,9 % (tarifé)Arrêté 25/02/2026
Allemagne1 à 2,5 % (Gebührenordnung)Notarkostengesetz 2013
Italie1 à 2 % (tarifa)DPR 644/1972
Espagne0,5 à 1,5 %Arancel notarial
BelgiqueVariable par régionTarifs notariaux fédéraux

19. Comment un CGP réduit-il concrètement les frais de succession ?

Au-delà de la simple négociation du tarif notarié, les vraies économies se font en amont. Voici les 12 leviers utilisés par un CGP pour structurer efficacement une transmission. Chacun d'eux est détaillé dans notre guide dédié réduire ses droits de succession.

StratégieGain potentielBase légale
1. Donation anticipée avec abattement 100 k€/15 ansTrès élevé (jusqu'à 100 % des droits évités)Art. 784 CGI
2. Démembrement avec cession de nue-propriétéÉconomie 30-60 % sur assiette taxableArt. 669 CGI (barème usufruit)
3. Assurance-vie avant 70 ans152 500 €/bénéficiaire exonéréArt. 990 I CGI
4. Pacte Dutreil (entreprise)Abattement 75 % sur valeur titresArt. 787 B CGI
5. Don manuel 31 865 €/15 ansCumulable avec abattement personnelArt. 790 G CGI
6. Don logement neuf 100 000 € (LF 2026)Exonération totale < 31/12/2026Art. 790 A bis CGI
7. Donation-partageFige les valeurs, pas de rapport fiscalArt. 1075 CC
8. SCI familialeTransmission par parts + décote 15-20 %Art. 1832 CC + art. 777 CGI
9. Régime de communauté universelle + attribution intégraleReport intégral au conjoint survivantArt. 1526 CC
10. Clause bénéficiaire AV démembréeTransmission avec quasi-usufruitArt. 990 I CGI + RM Ciot 23/02/2016
11. Adoption simpleAbattement 100 000 € pour adopté simple si preuve soinsArt. 368 CC + art. 786 CGI
12. Exonération frères/sœurs cohabitantsExonération totale si conditions rempliesArt. 796-0 ter CGI
Approche Hagnéré Patrimoine. Les 12 stratégies ne sont pas indépendantes : elles se combinent. Un bilan patrimonial chiffre vos abattements disponibles, identifie les leviers applicables à votre situation familiale, et propose un plan de transmission sur 10-20 ans. L'économie moyenne observée sur nos dossiers CGP : 180 000 à 800 000 € sur un patrimoine de 1 à 5 millions.

20. Sept cas pratiques chiffrés pour comprendre les frais en situation réelle

Cas 1 — Marie, héritière unique de 200 000 € (Lyon)

Marie, 52 ans, cadre commerciale à Lyon, hérite seule de son père qui laisse un actif brut de 200 000 € : appartement 120 000 € (loué, donc pas d'abattement RP), livret A 60 000 €, et meubles meublants 20 000 € (forfait 5 %). Pas de dettes.

PosteMontantDétail
Actif brut200 000 €120 + 60 + 20 k€
Frais funéraires forfait−1 500 €Art. 775 CGI
Actif net taxable198 500 €Après déduction
Abattement enfant unique−100 000 €Art. 779 I
Part taxable98 500 €Barème ligne directe
Droits de succession+17 894 €5-20 % progressif (calcul exact : 403,60 + 403,70 + 573,45 + 16 513,60)
Émoluments notaire (déclaration + attestation)+2 100 € TTCBarèmes A444-63 + A444-67
Débours (CSI, publicité foncière, actes)+1 050 €Dont 120 € CSI + 738 € pub. fonc. art. 791
Frais bancaires succession+857 €Plafond loi 2025-415
TOTAL FRAIS21 901 €11,0 % du brut hérité

Concrètement, Marie récupère 178 099 € sur les 200 000 € de départ. Si son père avait fait une donation de 100 000 € 15 ans plus tôt, l'abattement actuel serait reconstitué — Marie ne paierait alors que 4 797 € d'émoluments et débours environ, soit une économie de 17 104 €.

Cas 2 — Sophie et Paul, deux enfants héritant de 500 000 € (Paris)

Sophie (38 ans, pharmacienne) et Paul (35 ans, ingénieur) héritent ensemble de leur mère. Actif brut 500 000 € : appartement parisien occupé par la mère (RP 350 000 €), assurance-vie 100 000 € (versée avant 70 ans, bénéficiaires les 2 enfants), livret A 30 000 €, meubles forfait 5 % = 25 000 €. Frais funéraires réels 3 000 €.

PosteMontantDétail
Actif brut hors AV (hors succession)405 000 €350 + 30 + 25 k€
Abattement RP 20 % (Sophie occupait avec mère)−70 000 €Art. 764 bis CGI
Frais funéraires forfait−1 500 €
Actif net taxable succession333 500 €Partagé moitié-moitié
Part par enfant166 750 €
Abattement 100 k€/enfant−100 000 €Art. 779 I
Part taxable par enfant66 750 €
Droits par enfant+11 544 €Barème progressif
AV (hors succession)100 000 € / 2 = 50 000 € par enfantSous abattement 152 500 €
Droits AV0 €Abattement non dépassé
Émoluments notaire (2 actes)+4 400 € TTC
Débours (CSI, publicité foncière)+2 650 €
Frais bancaires+857 €
TOTAL FRAIS (pour les 2 enfants)30 995 €6,2 % du brut total

Cas 3 — Julien hérite 500 000 € d'un frère (Bordeaux)

Julien (58 ans, retraité, célibataire) hérite d'un frère décédé sans descendants. Actif brut 500 000 € (maison 300 000 € non RP de Julien + compte 150 000 € + PEA 50 000 €). Pas de conjoint ni d'enfants du défunt.

PosteMontantDétail
Actif brut500 000 €
Frais funéraires forfait−1 500 €
Actif net taxable498 500 €
Abattement frère/sœur−15 932 €Art. 779 IV
Part taxable482 568 €
Droits (35 % jusqu'à 24 430 €, 45 % au-delà)+214 713 €Barème tableau II (24 430 × 35 % + 458 138 × 45 %)
Émoluments notaire+5 400 € TTC
Débours+2 150 €
TOTAL FRAIS222 263 €44,5 % du brut — la réalité des successions entre frères
Leçon du cas 3. Julien ne récupère que 277 688 € sur 500 000 €. Les successions entre frères et sœurs sont extrêmement taxées en France. Stratégies d'évitement possibles : assurance-vie avec clause bénéficiaire vers le frère (abattement 152 500 € avant 70 ans), mariage ou PACS avec testament (exonération totale si tel est le choix du défunt), exonération 796-0 ter si frère célibataire + 50 ans + cohabitation 5 ans (non applicable ici).

Cas 4 — François hérite 400 000 € d'un oncle (Toulouse)

François (42 ans, médecin) hérite de son oncle Henri, frère de son père décédé. Actif brut 400 000 € dont une maison de famille. Pas d'autres héritiers.

PosteMontant
Actif brut400 000 €
Frais funéraires forfait−1 500 €
Actif net taxable398 500 €
Abattement (oncle → neveu, 4e degré)−1 594 €
Part taxable396 906 €
Droits (55 %)+218 298 €
Émoluments notaire+4 600 € TTC
Débours + frais cachés+2 700 €
TOTAL FRAIS225 598 €
François récupère174 402 € (43,6 % du brut)

Cas 5 — Caroline, concubine pendant 25 ans (Marseille)

Caroline, 64 ans, a vécu 25 ans en concubinage sans PACS avec Jean, décédé. Le testament désigne Caroline comme légataire universelle. Actif brut 600 000 € (maison commune 500 000 € + épargne 100 000 €).

PosteAvec concubinageAvec PACS (1 jour avant décès)Avec mariage
Actif net taxable598 500 €598 500 €598 500 €
Abattement applicable1 594 € (tiers)Exonération totale (art. 796-0 bis)Exonération totale
Part taxable596 906 €0 €0 €
Droits succession (60 %)358 143 €0 €0 €
Frais notaire + débours8 500 €8 500 €8 500 €
TOTAL FRAIS366 643 €8 500 €8 500 €
Économie via PACS/mariage358 143 €358 143 €
Leçon du cas 5. Le simple PACS — signable en 10 jours à la mairie ou chez le notaire — économise 358 143 € d'impôts à Caroline. C'est l'un des leviers les plus puissants et pourtant les plus négligés par les couples non mariés.

Cas 6 — Philippe expatrié au Portugal hérite d'un bien en France

Philippe, 55 ans, consultant en stratégie indépendant, est expatrié au Portugal depuis 12 ans avec son épouse et ses deux enfants. Il hérite de son père resté en France, un appartement parisien de 500 000 € dans le 15e arrondissement. Philippe est considéré comme non-résident fiscal français depuis 12 ans.

PosteMontant
Actif brut (appartement français)500 000 €
Article 750 ter CGIImposition en France car bien situé en France
Abattement enfant−100 000 €
Part taxable400 000 €
Droits de succession français+78 194 €
Droits éventuels au Portugal0 € (exonération ligne directe PT)
Crédit d'impôt 784 A0 € (pas d'impôt PT)
Émoluments notaire+5 400 € TTC
Débours + taxe foncière+4 200 €
TOTAL FRAIS87 794 €

Cas 7 — Bernard, dirigeant PME avec pacte Dutreil (Lille)

Bernard, 68 ans, fondateur et dirigeant historique d'une PME industrielle lilloise spécialisée en mécanique de précision (80 salariés, 14 M€ de CA), transmet à son fils unique son entreprise familiale valorisée 4 millions d'euros. Il a anticipé 10 ans plus tôt en mettant en place un pacte Dutreil correctement structuré (engagement collectif 2 ans + individuel 6 ans).

PosteSans DutreilAvec Dutreil
Valeur de l'entreprise4 000 000 €4 000 000 €
Abattement Dutreil 75 %0 €−3 000 000 €
Assiette taxable entreprise4 000 000 €1 000 000 €
Abattement enfant 100 k€−100 000 €−100 000 €
Part taxable finale3 900 000 €900 000 €
Droits de succession1 636 371 €221 450 €
Gain Dutreil−1 414 921 €
Paiement différé 5 ans + fractionné 10 ans (taux 0,6 %)Possible
Intérêts sur 15 ans≈ 35 000 €
TOTAL NET Dutreil1 636 371 € immédiat256 450 € étalé sur 15 ans
Leçon finale des 7 cas. Les frais de succession varient de 1 % à 44 % du patrimoine transmis selon la configuration. L'écart provient essentiellement du lien de parenté et de l'anticipation (donations, AV, Dutreil, PACS). Un bilan patrimonial réalisé 10-15 ans avant le décès permet d'économiser des sommes considérables — souvent 3 à 10 fois les honoraires du conseil.
Hagnère Patrimoine

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21. Les 12 erreurs à éviter absolument

ErreurConséquenceSolution
1Oublier l'abattement RP 20 % (art. 764 bis)Droits majorés sur 20 % de la valeur de la RPCocher explicitement dans la 2705-SD si conjoint ou enfant occupe
2Oublier le forfait mobilier 5 % (art. 764-I-3°)Mobilier ignoré ou sur-évaluéUtiliser le forfait par défaut, OU faire un inventaire si mobilier < 5 %
3Oublier les frais funéraires 1 500 € forfaitairesAssiette majorée de 1 500 €Toujours déduire même sans justificatifs
4Confondre partage 2,5 % avec 1,1 %Sous-estimation du coût du partageBien distinguer art. 746 al. 2 (succession) et al. 3 (divorce)
5Ne pas demander la remise de 20 %Paiement plein émoluments proportionnelsNégocier avant signature de la lettre de mission
6Concubinage sans PACS ni testamentExclusion légale de l'héritage ou taxation 60 %PACS + testament en urgence
7Ignorer le rappel fiscal 15 ans (art. 784)Donation récente non prise en compteTracer toutes les donations des 15 dernières années
8Oublier le formulaire 2740-SD (art. 784 A)Double imposition non évitéeJoindre le formulaire dès qu'il y a des biens à l'étranger
9Déposer la 2705 en retardIntérêt 0,20 %/mois + majoration 10-40 %Respecter strictement le délai 6 mois (ou 12 mois)
10Négliger l'assurance PNO bien vacantResponsabilité solidaire en cas de sinistreSouscrire dès le jour du décès
11Signer un contrat généalogiste sans analyse15-40 % de la part versés au généalogisteVérifier Cass. 21/09/2022 n° 21-12.397 : possibilité contestation
12Accepter la succession sans inventaire en cas de dettes suspectesResponsabilité illimitée sur le patrimoine persoOpter pour l'acceptation à concurrence de l'actif net (art. 787 CC)

22. Que disent les décisions de justice 2024-2026 sur les frais de succession ?

La jurisprudence des 24 derniers mois a significativement modifié plusieurs aspects des frais de succession. Aperçu des décisions majeures.

Cass. 2e civ. 19/12/2024 n° 23-19.110 (publié au Bulletin)
Les primes d'assurance-vie "manifestement exagérées" (art. L.132-13 C. ass.) s'apprécient selon 4 critères cumulatifs et limitatifs : âge du souscripteur, patrimoine, situation familiale, utilité du contrat. L'atteinte à la réserve héréditaire n'est pas un critère autonome. Impact pratique : sécurise davantage les contrats AV souscrits avec versements importants à 65-70 ans, tant que les 4 critères sont respectés.
Cass. com. 17/11/2025 n° 24-17.415 — Pacte Dutreil et holding
Les conditions d'éligibilité au pacte Dutreil (notamment l'activité opérationnelle de la holding) s'apprécient à la date du décès (ouverture succession art. 720 CC) et non à la date de dépôt de la déclaration. La charge de la preuve incombe au contribuable. Impact : vigilance accrue sur la réalité de l'activité opérationnelle de la holding au jour du décès — pas seulement de manière formelle.
Cass. 1re civ. 19/11/2025 n° 24-16.551 — Travaux indivis et intention libérale
Le financement unilatéral de travaux par un époux dans un bien indivis ne suffit pas à caractériser l'intention libérale. Cassation partielle (CA Bastia). Impact : les travaux financés seuls par un époux restent une créance envers l'indivision, pas une donation déguisée.
Cass. 1re civ. 29/11/2023 n° 22-12.382 — Indemnité d'occupation
L'indemnité d'occupation due par l'indivisaire occupant privativement un bien indivis est due sans mise en demeure préalable. Le simple fait d'occuper privativement fonde la créance des autres indivisaires. Impact : l'indivisaire occupant doit anticiper cette charge qu'il devra verser en fin de partage.
CA Paris 26/05/2025 — Article 784 A CGI sans proratisation
La cour d'appel a écarté la proratisation imposée par l'administration fiscale sur le crédit d'impôt de l'article 784 A. Le contribuable peut désormais imputer l'intégralité des droits étrangers dans la limite de l'impôt français sur les mêmes biens, sans proratisation. Impact : gain significatif pour les successions internationales où l'étranger taxe plus fortement que la France.
BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20 — Quasi-usufruit (maj 26/09/2024)
La dette de restitution résultant d'un quasi-usufruit (art. 774 bis CGI, LF 2024) n'est pas déductible de l'assiette des droits. Exception : les clauses bénéficiaires d'assurance-vie démembrées conservent la déductibilité. Critère "faisceau d'indices" pour démontrer l'absence d'objectif principalement fiscal. Impact : vigilance accrue sur les démembrements de produits de vente récents.
Cass. 1re civ. 26/09/2019 — "Cincinnatus" (5 arrêts)
Devoir de conseil des CGP (société Cincinnatus Assurance) dans les opérations de transmission patrimoniale. Les professionnels du conseil doivent alerter sur les risques fiscaux et successoraux non évidents, mais n'ont pas à évaluer l'opportunité économique des choix des clients. Jurisprudence régulièrement appliquée aux notaires par assimilation. Impact : les héritiers ne peuvent pas reprocher au notaire un choix fiscal sub-optimal s'ils ont été correctement informés des options.

23. Comment le e-Enregistrement Notaires va-t-il changer votre succession en 2026 ?

La LF 2026 (art. 126) généralise au second semestre 2026 le service e-Enregistrement Notaires. Ce nouveau portail permet aux notaires de déposer directement par voie dématérialisée les déclarations de succession 2705-SD auprès de la DGFiP, avec certification automatique.

AspectAvant 2026À partir du 2e semestre 2026
Dépôt de la 2705-SDDépôt papier au SIE compétentTélédépôt via notaire
Délai de traitement DGFiP2-6 moisInstantané (accusé réception immédiat)
Paiement des droitsVirement ou chèqueTélépaiement + option fractionné en ligne
Erreurs de saisieDécouvertes tardivementContrôles automatiques avant validation
Correction rectificativeDépôt papier à refaireModification en ligne par le notaire
Accès aux documentsPapier chez le notaireEspace personnel en ligne pour l'héritier
Avantage pratique. Les héritiers bénéficient désormais d'un accusé de dépôt immédiat qui fait courir le délai de prescription (3 ans) de façon certaine. Fini les incertitudes sur la date effective de dépôt de la déclaration.

Impact sur les frais. La dématérialisation ne change pas les émoluments (toujours tarifés). En revanche, elle accélère significativement le traitement administratif : un remboursement de trop-perçu, par exemple, est désormais possible en 2-4 semaines contre 4-8 mois auparavant.

24. Checklist : les 10 actions à mener dès l'annonce du décès

Voici la feuille de route actionnable pour minimiser les frais et éviter les pièges, dans l'ordre chronologique après le décès :

  1. J+0 à J+7 : obtenir l'acte de décès à la mairie (gratuit), notifier les banques (envoi recommandé), souscrire une PNO si bien vacant (150-400 €).
  2. J+15 : choisir le notaire par comparaison de plusieurs études (3 devis minimum). Négocier la remise de 20 % avant signature.
  3. J+30 : demander au notaire l'acte de notoriété (56,60 € HT fixe) et le certificat d'hérédité si succession < 5 000 €.
  4. J+60 : établir l'inventaire mobilier si patrimoine de valeur (arbitrage forfait 5 % vs inventaire réel).
  5. J+120 : tracer les donations des 15 dernières années pour le rappel fiscal (art. 784), identifier les biens à l'étranger (art. 784 A).
  6. J+150 : décider du mode de paiement des droits (comptant, fractionné 2,0 %, différé 0,6 % Dutreil).
  7. J+180 : déposer la 2705-SD (dématérialisée via notaire à partir du 2e semestre 2026), payer les droits.
  8. J+180+ : décider du sort des biens en indivision : partage notarié (2,5 %), vente, apport SCI ou maintien.
  9. J+365 : vérifier les frais bancaires facturés (plafond 857 €, loi 2025-415) et contester tout dépassement.
  10. Permanent : anticiper pour sa propre succession — planifier les donations sur 15 ans, structurer les AV avant 70 ans, organiser un pacte Dutreil si entreprise.
Hagnère Patrimoine

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25. Sources officielles et disclaimer

Sources légales et réglementaires

  • Code général des impôts : art. 641, 746, 750 ter, 757 B, 764, 764 bis, 768, 774 bis, 775, 777, 779, 784, 784 A, 788, 790 G, 790 A bis, 795, 796, 796-0 bis, 796-0 ter, 800, 879, 990 I, 1701, 1716 bis, 1717, 1727, 1728, 1729, 1840 G ter.
  • Code de commerce : art. A444-53 à A444-186, R444-10.
  • Code civil : art. 720, 751, 754, 763, 764, 768, 771-1, 815, 815-6, 831, 1526.
  • Code des assurances : art. L.113-12, L.132-13.
  • Livre des procédures fiscales : art. L.64, L.180, L.181, L247.
  • Code monétaire et financier : art. L312-1-4.
  • Loi 2007-1223 du 21/08/2007 (TEPA) — exonération conjoint.
  • Loi 2016-1917 du 29/12/2016 (LF 2017) — abrogation art. 780 CGI.
  • Loi 2025-415 du 13/05/2025 — plafonnement frais bancaires.
  • Loi 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026) — abattement beaux-enfants, prorogation 790 A bis.
  • Arrêté du 28/02/2020 modifié arrêté du 25/02/2026 — tarifs notariaux.
  • Avis ECOT2536351V, JORF 24/12/2025 — taux paiement fractionné 2026.
  • Règlement UE 650/2012 du 04/07/2012 — successions internationales.

Doctrine administrative (BOFiP)

  • BOI-ENR-DMTG-10-40-20-10 — Frais funéraires déductibles 1 500 €.
  • BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20 maj 26/09/2024 — Quasi-usufruit et clause AV démembrée.
  • BOI-ENR-DMTG-10-50-10 maj 12/01/2017 — Abrogation art. 780 CGI.
  • BOI-ENR-DMTG-10-50-20 maj 24/05/2023 — Abattements personnels.
  • BOI-ENR-DMTG-10-60-50 — Délais déclaration succession.
  • BOI-ENR-DMTG-20-20-20 maj 04/09/2025 — Art. 790 A bis logement neuf.
  • BOI-ENR-DG-50-20-30 — Paiement différé.
  • BOI-ENR-DG-50-20-40 — Paiement fractionné.
  • BOI-CF-INF-10-20-10 maj 08/03/2017 — Majorations défaut déclaration.

Jurisprudence citée

  • Cass. 2e civ. 19/12/2024 n° 23-19.110 — Primes AV manifestement exagérées.
  • Cass. com. 17/11/2025 n° 24-17.415 — Pacte Dutreil et holding (date du décès).
  • Cass. 1re civ. 19/11/2025 n° 24-16.551 — Travaux indivis et intention libérale.
  • Cass. 1re civ. 29/11/2023 n° 22-12.382 — Indemnité occupation sans mise en demeure.
  • Cass. 1re civ. 26/09/2019 (5 arrêts "Cincinnatus") — Devoir conseil CGP, jurisprudence appliquée aux notaires par assimilation.
  • Cass. 1re civ. 21/09/2022 n° 21-12.397 — Contestation contrat généalogiste.
  • CA Paris 26/05/2025 — Art. 784 A sans proratisation.

Mise à jour : avril 2026. Sources : Code général des impôts (CGI), BOFiP, Legifrance, service-public.gouv.fr, impots.gouv.fr, arrêté du 25/02/2026 (NOR ECOC2604872A), LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026). Les chiffres, barèmes et taux mentionnés sont ceux en vigueur au 1er mars 2026 (émoluments notariés) et au 1er janvier 2026 (droits de succession, taux fractionné/différé, plafond frais bancaires).

Ce guide Hagnéré Patrimoine est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié (CIF, COA, COBSP) pour une recommandation adaptée à votre situation.

Questions frequentes

FAQ — Frais de succession 2026 : les 22 questions essentielles

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