Optimisez votre assurance-vie avec un expert indépendant
Choix du contrat, clause bénéficiaire, fonds euros, unités de compte et fiscalité : nous vous aidons à structurer une assurance-vie cohérente avec vos objectifs.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en assurance-vie et structuration patrimoniale
Quentin Hagnéré accompagne les épargnants, familles et dirigeants sur la sélection de contrats d'assurance-vie, la rédaction des clauses bénéficiaires et l'articulation avec la transmission et la fiscalité.
Sommaire
- 1. Épargner pour ses enfants : pourquoi commencer tôt change tout
- 2. À chaque âge son objectif : la matrice de décision
- 3. Livret A, Livret Jeune : quels livrets pour le socle de sécurité ?
- 4. Faut-il ouvrir une assurance-vie au nom de l'enfant ?
- 5. PEAC, PEA jeune ou compte-titres : comment faire travailler les actions ?
- 6. Le mur juridique du retrait : l'accord des deux parents et le juge des tutelles
- 7. Donner sans (trop) payer : présent d'usage, don manuel, abattements
- 8. Comment les grands-parents peuvent-ils transmettre sur trois générations ?
- 9. Combien épargner et où ? Le chiffrage net sur 18 ans
- 10. Cas particuliers : parents séparés, famille recomposée, majorité
- 11. Quelle enveloppe d'épargne pour quel objectif ?
- 12. Les 6 erreurs classiques à éviter
- Sources et références légales
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les informations sont à jour à la date de publication (1er juin 2026), selon la loi de finances 2026 en vigueur, mais la législation peut évoluer. Tout investissement en unités de compte, en actions ou via un PEAC comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation. Pour une analyse adaptée à votre cas, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.
1. Épargner pour ses enfants : pourquoi commencer tôt change tout
Publié le 1er juin 2026 · Sources : Légifrance (Code civil art. 382-1, 387-1, 384, 852 ; CGI art. 779, 784, 790 B, 790 G, 790 A bis, 990 I, 757 B ; CMF art. L. 221-1, L. 221-24, L. 221-30, L. 221-34-2 ; Code des assurances art. L. 132-13), BOFiP-Impôts, jurisprudence Cour de cassation, INSEE, ACPR, economie.gouv.fr.
Vous venez d'avoir un enfant — ou vous voulez aider le vôtre à bien démarrer dans la vie. Dans les deux cas, vous vous posez la même question : combien mettre de côté, où le placer, et surtout comment récupérer cet argent le moment venu ? C'est tout l'enjeu d'épargner pour ses enfants: ce n'est pas seulement choisir un livret, c'est construire une stratégie sur quinze ou vingt ans.
Le contexte donne du sens à la démarche. En 2025, la France a enregistré 645 000 naissances, avec un indicateur de fécondité de 1,56 enfant par femme — le plus bas depuis 1919 (INSEE). Or élever un enfant jusqu'à sa majorité coûte, selon les estimations, entre 140 000 et 190 000 €, et ses études supérieures peuvent ajouter 30 000 à 70 000 €. Face à ces montants, un seul facteur fait vraiment la différence : le temps.
La raison tient en deux mots : intérêts composés. Plus l'horizon est long, plus les intérêts produisent eux-mêmes des intérêts, et plus vous pouvez accepter une part de risque (les actions) qui se lisse sur la durée. À effort de versement identique, commencer à la naissance plutôt qu'à l'adolescence change radicalement le résultat.
| Âge au démarrage | Durée jusqu'à 18 ans | Total versé | Capital estimé à 18 ans |
|---|---|---|---|
| Naissance (0 an) | 18 ans | 21 600 € | ≈ 34 900 € |
| 6 ans | 12 ans | 14 400 € | ≈ 19 700 € |
| 12 ans | 6 ans | 7 200 € | ≈ 8 400 € |
Concrètement, avec le même effort de 100 € par mois, un parent qui commence à la naissance obtient près de quatre fois plusqu'un parent qui s'y met à 12 ans (≈ 34 900 € contre ≈ 8 400 €). Ce n'est pas une question de montant épargné — c'est une question de date de départ. Voilà pourquoi le meilleur conseil patrimonial pour un enfant tient en un mot : maintenant.
À retenir en 30 secondes
- Le bon réflexe : un socle de sécurité (Livret A / Livret Jeune) plus un moteur de long terme (assurance-vie en unités de compte, PEAC). Le temps fait le reste.
- Attention au retrait : l'argent placé au nom de l'enfant devient son patrimoine. Le récupérer peut exiger l'accord des deux parents, voire l'autorisation du juge des tutelles (art. 387-1 du Code civil).
- Transmission : pensez au cumul des abattements — 100 000 € par parent, 31 865 € par grand-parent et petit-enfant — et à l'assurance-vie (152 500 € par bénéficiaire).
Pour rendre tout cela concret, suivons quatre familles que nous accompagnons chez Hagnéré Patrimoine, tout au long de ce guide : Léa et Maxime, jeunes parents d'un bébé ; Bernard et Claudine, grands-parents de trois petits-enfants ; François, divorcé en garde alternée ; et Sophie, mère solo. Leurs situations couvrent l'essentiel des cas que nous rencontrons en cabinet.
2. À chaque âge son objectif : la matrice de décision
Épargner pour un nourrisson et pour un adolescent de 16 ans, ce n'est pas le même placement. La règle est simple : plus l'horizon restant est long, plus on peut accepter de risque— donc une part d'actions — parce que le temps lisse les à-coups des marchés. À l'inverse, à l'approche de la majorité, on sécurise progressivement ce qui a été gagné.
| Tranche d'âge | Horizon | Objectif typique | Enveloppe recommandée | Niveau de risque |
|---|---|---|---|---|
| 0-6 ans | 12-18 ans | Capital long terme | Assurance-vie en UC, PEAC | Élevé (assumé) |
| 6-12 ans | 6-12 ans | Études, capital | AV mixte fonds euros + UC, PEAC | Modéré |
| 12-18 ans | 0-6 ans | Permis, études proches | Livret Jeune, Livret A, fonds euros | Faible |
| 18-25 ans | Variable | Études, 1er logement | PEA jeune, AV transmise, Livret Jeune | Selon projet |
Concrètement, pour un bébé de 6 mois dont l'argent ne servira pas avant ses 18 ans, une poche d'actions (via une assurance-vie en unités de compte ou un PEAC) est non seulement acceptable mais souhaitable : c'est là que le potentiel de rendement est le plus fort. Pour un ado de 15 ans qui passera bientôt son permis, on privilégie au contraire un Livret Jeune et un fonds euros — disponibles et à capital garanti. Une même famille combinera souvent les deux logiques pour deux enfants d'âges différents.
Reprenons cette grille, enveloppe par enveloppe, en commençant par la base que tout le monde connaît : les livrets.
3. Livret A, Livret Jeune : quels livrets pour le socle de sécurité ?
Le premier réflexe d'un parent, c'est souvent le Livret A ouvert à la maternité. Bon réflexe — mais insuffisant s'il reste seul. Les livrets réglementés jouent un rôle précis : la sécurité et la disponibilité immédiate. Pas la performance.
3.1 Le Livret A : dès la naissance, 22 950 €, 1,50 %
Le Livret Apeut être ouvert dès la naissance de l'enfant par ses parents (art. L. 221-1 du Code monétaire et financier). Son plafond est de 22 950 € et son taux de 1,50 % depuis le 1er février 2026. Ses intérêts sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux (art. 157, 7° du CGI). C'est l'outil idéal pour loger les cadeaux ponctuels et une réserve disponible.
Son point faible : avec une inflation hors tabac à 2,1 % sur douze mois (INSEE, avril 2026), un Livret A à 1,50 % fait perdre un peu de pouvoir d'achat chaque année. Il sécurise, mais il ne finance pas des études à lui seul.
3.2 Le Livret Jeune : 12-25 ans, 1 600 €, souvent bonifié
Le Livret Jeuneest réservé aux 12-25 ans (art. L. 221-24 du CMF). Son plafond est modeste — 1 600 € — mais son taux est au moins égal à celui du Livret A, et de nombreuses banques le bonifientnettement (parfois 2 à 3 %) pour fidéliser les jeunes clients. Exonéré lui aussi, il complète idéalement le Livret A pour l'argent de poche et les premiers projets de l'adolescent.
3.3 LDDS, PEL : les compléments
Le LDDS (plafond 12 000 €, même taux que le Livret A) n'est ouvrable qu'à un majeur rattaché au foyer fiscal : il concerne donc plutôt le jeune adulte que l'enfant. Le PEL peut être ouvert au nom d'un mineur et constitue une épargne de projet immobilier à long terme, mais sa rigidité et sa fiscalité en font rarement le cœur d'une stratégie enfant.
Concrètement, les livrets forment le socle de sécurité : on y loge l'équivalent de quelques mois de dépenses imprévues et les cadeaux, mais on ne s'y arrête pas. Pour faire réellement travailler l'argent sur quinze ans, place à l'assurance-vie.
4. Faut-il ouvrir une assurance-vie au nom de l'enfant ?
C'est l'enveloppe préférée des parents prévoyants, et ce n'est pas un hasard : l'assurance-vie combine souplesse, fiscalité douce après 8 ans, transmission optimisée et — argument décisif pour un enfant — une antériorité fiscale qui démarre très tôt.
4.1 Qui souscrit, et avec quel accord ?
Le contrat est souscrit par les représentants légaux au nom de l'enfant mineur. Jusqu'à 12 ans, les parents décident ; à partir de 12 ans, l'accord de l'enfant est en pratique recueilli. Les versements peuvent être alimentés par les parents, les grands-parents (via un don) ou les cadeaux reçus. Vous pouvez aussi choisir d'ouvrir l'assurance-vie à votrenom en fléchant l'objectif vers l'enfant — nous verrons en section 6 pourquoi ce choix change tout pour la souplesse de gestion.
4.2 Le pacte adjoint : encadrer l'usage des fonds
Lorsque des sommes sont données à l'enfant pour alimenter son contrat, on peut les assortir d'un pacte adjoint. Ce document encadre l'argent donné : clause d'inaliénabilité temporaire, clause d'emploi (l'argent doit servir à tel objectif), voire désignation d'un administrateur autre que le représentant légal. Deux conditions de validité à connaître : l'inaliénabilité n'est licite que si elle est temporaire et justifiée par un intérêt sérieux et légitime(art. 900-1 du Code civil) — le blocage jusqu'à 25 ans est un usage de praticien, pas un plafond légal — et le pacte doit être signé aprèsla remise des fonds. C'est l'outil qui rassure les grands-parents : ils donnent, mais encadrent l'usage jusqu'à ce que le petit-enfant ait la maturité de gérer.
4.3 La fiscalité de transmission : 990 I et 757 B
L'assurance-vie sert aussi à transmettre. Deux régimes coexistent, selon l'âge auquel vous avez versé :
| Régime | Primes versées | Abattement | Taxation au-delà |
|---|---|---|---|
| Article 990 I | Avant 70 ans | 152 500 € par bénéficiaire | 20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 % |
| Article 757 B | Après 70 ans | 30 500 € global (tous bénéficiaires) | Droits de succession ; gains exonérés |
Concrètement, ouvrir tôt un contrat, c'est lancer le compteur des 8 ans qui déclenche l'abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains rachetés. À la majorité, l'enfant dispose d'un contrat déjà « mûr » fiscalement, qu'il pourra continuer à alimenter. Et si les grands-parents l'alimentent via leur propre contrat en désignant l'enfant bénéficiaire, l'abattement de 152 500 € s'applique par bénéficiaire — un levier de transmission majeur. Pour le détail, voyez nos guides sur la fiscalité de l'assurance-vie et la clause bénéficiaire.
Le réflexe qui change le plus la performance sur 18 ans : les frais
Sur un horizon aussi long, les frais pèsent souvent davantage que le choix du contrat. Visez des frais d'entrée à 0 % et des frais de gestion de 0,5 à 0,6 %/an(contrats en ligne) plutôt que 1 à 3 % d'entrée et près de 1 %/an en réseau bancaire. Pour la poche actions, un ETF monde affiche des frais courants (TER) de 0,05 à 0,50 %/an. Un demi-point de frais en moins, capitalisé sur 18 ans, représente facilement plusieurs milliers d'euros de plus pour votre enfant.
Cas pratique — Léa et Maxime ouvrent une assurance-vie pour Jules
Léa, 32 ans, infirmière, et Maxime, 34 ans, développeur web, vivent à Rennes avec leur fils Jules, 6 mois. Revenus du foyer : ≈ 4 500 €/mois. Ils décident d'ouvrir une assurance-vie au nom de Jules et d'y verser 100 € par mois en unités de compte diversifiées (ETF monde), avec une petite poche fonds euros. Objectif : financer ses études ou un premier projet à 18 ans.
À 5 % net moyen sur 18 ans (hypothèse dynamique, capital non garanti), le contrat pourrait atteindre ≈ 37 400 €pour 21 600 € versés. Le compteur des 8 ans étant largement dépassé, les rachats à la majorité bénéficieront de l'abattement annuel sur les gains. Cette projection dépend des marchés ; votre situation peut différer, un bilan patrimonial personnalisé est recommandé.
Pour aller chercher davantage de performance — ou pour préparer le jeune adulte — on peut loger des actions via deux autres enveloppes : le PEAC et le PEA jeune.
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Un bilan patrimonial de 30 minutes avec un CGP Hagnéré Patrimoine permet de choisir les bonnes enveloppes selon l'âge de votre enfant, de chiffrer le capital visé à 18 ans et de sécuriser le cadre juridique (titulaire, clause bénéficiaire, pacte adjoint).
5. PEAC, PEA jeune ou compte-titres : comment faire travailler les actions ?
Sur un horizon de 18 ans, les actions ont historiquement surperformé toutes les autres classes d'actifs. Trois enveloppes permettent d'y exposer l'épargne d'un enfant — mais elles ne s'adressent pas au même âge.
5.1 Le PEAC : l'enveloppe actions des moins de 21 ans
Le Plan d'épargne avenir climat (PEAC), disponible depuis le 1erjuillet 2024, est réservé aux moins de 21 ans(art. L. 221-34-2 du CMF). Son plafond est de 22 950 € et il investit dans des actifs orientés vers la transition écologique. Son atout fiscal tient en une phrase : les gains sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. En contrepartie, le capital n'est pas garanti et les fonds sont bloqués jusqu'à la majorité (et au moins 5 ans de détention) ; le plan se clôture à 30 ans.
5.2 Le PEA jeune : pour le jeune majeur étudiant
Le PEA jeunes, créé par la loi PACTE de 2019, est réservé aux majeurs de 18 à 25 ans rattachés au foyer fiscalde leurs parents (art. L. 221-30 du CMF). Son plafond est de 20 000 € ; à 25 ans, il devient un PEA classique (plafond 150 000 €) en conservant son antériorité fiscale. Il ne peut donc pas être ouvert pour un mineur : c'est l'outil du jeune adulte qui commence à investir. Pour le garnir, voyez notre sélection des meilleurs ETF pour un PEA.
5.3 Le compte-titres du mineur : souple mais fiscalisé
On peut ouvrir un compte-titres ordinaire au nom d'un enfant mineur : aucune limite de versement, accès à tous les supports. L'inconvénient est fiscal : les revenus et plus-values du compte du mineur sont imposés sur la déclaration des parents(art. 6 du CGI), et les prélèvements sociaux atteignent 18,6 % en 2026. Conséquence souvent oubliée : ces revenus gonflent le revenu fiscal de référence des parents, ce qui peut réduire l'accès aux bourses, à certaines aides (APL) ou exonérations. Le compte-titres reste pertinent au-delà des plafonds du PEAC, ou pour des supports inéligibles, mais il est fiscalement moins efficace que le PEAC.
Le point qui prête à confusion : PEA jeune ≠ enveloppe pour mineur
Beaucoup de parents cherchent à ouvrir un « PEA jeune » pour leur enfant de 10 ans. C'est impossible : le PEA jeunes est réservé aux 18-25 ans. Avant 18 ans, l'enveloppe « actions défiscalisée », c'est le PEAC. Le PEA jeune prend le relais à la majorité, quand l'enfant devient jeune adulte étudiant.
Mais avant d'empiler les enveloppes, il faut comprendre une conséquence souvent passée sous silence : placer au nom de l'enfant a un revers.
6. Le mur juridique du retrait : l'accord des deux parents et le juge des tutelles
Voici la phrase qui surprend tous nos clients : l'argent que vous placez au nom de votre enfant n'est plus le vôtre — c'est le sien.Et le récupérer, même pour une bonne raison, peut se révéler bien plus compliqué qu'on ne l'imagine. C'est le grand angle mort des articles sur l'épargne enfant.
6.1 Administration, disposition, autorisation du juge
Le droit distingue trois niveaux d'actes sur le patrimoine d'un mineur :
- Les actes d'administration (gestion courante) : un seul parent suffit (art. 382-1 du Code civil). Exemple : alimenter un livret, encaisser des intérêts, arbitrer entre supports.
- Les actes de disposition (qui engagent le patrimoine) : l'accord des deux parents est requis. Exemple : racheter une assurance-vie, vendre des titres, clôturer un placement. En administration légale ordinaire, les deux parents agissant ensemble suffisent — sans passer par un juge.
- Les actes les plus graves : l'autorisation du juge des tutelles n'est exigée que pour une liste limitative (art. 387-1 du Code civil) — vendre un immeuble ou un fonds de commerce, emprunter, renoncer à un droit, apporter un bien en société… — ou lorsqu'un seul parent exerce l'autorité parentale (administration légale sous contrôle judiciaire).
La jurisprudence est nette. La Cour de cassation a jugé le 12 juin 2025 (n° 24-13.604) qu'un parent seul ne peut vider les comptes d'épargned'un mineur — c'est un acte de disposition — et que la banque qui l'exécute sur la seule demande d'un parent engage sa responsabilité. La modification de la clause bénéficiaire d'un contrat est, elle aussi, un acte de disposition.
Réponse express : peut-on retirer l'argent d'une assurance-vie de mineur ?
Le rachat d'une assurance-vie ouverte au nom d'un enfant mineur est un acte de disposition : il exige l'accord des deux parents. En administration légale ordinaire, ces deux signatures suffisent — le juge des tutelles n'intervient que pour les actes graves limitativement listés (art. 387-1 du Code civil) ou lorsqu'un seul parent exerce l'autorité parentale. En pratique, certains assureurs réclament toutefois, par prudence, une autorisation du juge pour les rachats importants. À l'inverse, un contrat ouvert au nom du parent, avec l'enfant comme bénéficiaire ou comme objectif, reste librement pilotable par le parent.
6.2 La conséquence stratégique : au nom de l'enfant ou du parent ?
Concrètement, ce mur juridique impose un arbitrage que nous posons systématiquement chez Hagnéré Patrimoine :
- Assurance-vie au nom de l'enfant : optimale pour la transmission et pour ancrer l'antériorité fiscale, mais rigide — tout retrait important passe par les deux parents, parfois le juge.
- Assurance-vie au nom du parent (avec l'enfant comme objectif ou bénéficiaire) : souplesse totale de gestion, le parent décide seul ; on transmet ensuite par donation ou par la clause bénéficiaire.
| Critère | Au nom de l'enfant | Au nom du parent (enfant bénéficiaire) |
|---|---|---|
| Souplesse de retrait | Rigide : 2 parents, parfois le juge | Totale : le parent décide seul |
| Antériorité fiscale 8 ans | Sur la tête de l'enfant dès l'ouverture | Sur la tête du parent |
| Propriété à 18 ans | L'enfant en dispose librement | Reste au parent (transmis quand il le décide) |
| Transmission | Déjà dans le patrimoine de l'enfant | Donation ou clause bénéficiaire ultérieure |
| Idéal pour | Capital destiné à coup sûr à l'enfant | Épargne projet flexible, garder la main |
Cas pratique — Léa et Maxime veulent racheter 8 000 € à 10 ans de Jules
Reprenons Léa et Maxime. Jules a 10 ans, son assurance-vie (ouverte à son nom) vaut ≈ 18 000 €. Ils souhaitent racheter 8 000 € pour financer un projet familial. La règle : ce rachat est un acte de disposition qui exige la signature des deux parents — Léa etMaxime. Et selon le contrat, l'assureur peut, par prudence, demander une autorisation du juge des tutelles pour un montant significatif : une démarche de plusieurs semaines.
La leçon ? S'ils avaient logé l'épargne « projet familial flexible » sur le contrat de Maxime (au nom du parent), le retrait aurait été immédiat. Le contrat au nom de Jules, lui, est réservé à ce qui lui reviendra vraiment à 18 ans. Le bon réflexe consiste à répartir l'épargne selon sa destination — un point qu'un bilan patrimonial sécurise.
Reste la question que posent tous les grands-parents : comment donner sans (trop) payer ?
7. Donner sans (trop) payer : présent d'usage, don manuel, abattements
Un chèque de 500 € pour la naissance, c'est un cadeau. Un virement de 20 000 €, c'est une donation — et le fisc fait la différence. Savoir où passe la frontière, c'est éviter une requalification (et des droits) au décès.
7.1 Présent d'usage ou don manuel : la grille de décision
Le présent d'usageest un cadeau remis à l'occasion d'un événement (anniversaire, réussite à un examen, Noël, mariage), dont le montant reste proportionné aux revenus et au patrimoinede celui qui l'offre. Il n'est ni rapportable à la succession ni soumis aux droits de donation (art. 852 du Code civil), et ne consomme aucun abattement. La Cour de cassation (10 mai 1995, n° 93-15.187) précise qu'il s'apprécie à la date du cadeau et au regard de la fortune du donateur.
À l'inverse, le don manuel(une somme remise sans occasion particulière, ou disproportionnée) est taxable : il s'impute sur les abattements et entre dans le rappel fiscal de 15 ans(art. 784 du CGI). La loi ne fixe aucun seuil chiffré pour la frontière — c'est une question de fait — mais un repère prudentiel souvent retenu par les praticiens est de quelques pour cent des revenus annuels du donateur.
| Critère | Présent d'usage | Don manuel |
|---|---|---|
| Occasion | Événement (anniversaire, réussite, fête) | Aucune occasion requise |
| Montant | Proportionné aux revenus/patrimoine | Libre, souvent significatif |
| Fiscalité | Aucune (art. 852 C. civ.) | Taxable au-delà des abattements |
| Rappel des 15 ans | Non concerné | Oui (art. 784 CGI) |
| Déclaration | Aucune | Formulaire 2735, sous 1 mois |
Concrètement, un grand-père aisé qui offre 500 € à sa petite-fille pour son anniversaire fait un présent d'usage : rien à déclarer. Le même grand-père qui vire 20 000 € « pour son avenir », sans occasion, réalise un don manuel : il s'impute sur l'abattement et doit être déclaré. Le critère n'est pas le mot employé, mais la proportion et l'occasion.
7.2 Les abattements et le rappel des 15 ans
Au-delà du présent d'usage, chaque parent peut donner à chaque enfant 100 000 € en franchise de droitstous les 15 ans (art. 779 du CGI). Le compteur se recharge intégralement après 15 ans (art. 784). Pour les petits-enfants, l'abattement est de 31 865 € par grand-parent (art. 790 B). Voyez nos guides dédiés : les abattements de donation et donner 100 000 € à ses enfants.
7.3 Le don exceptionnel pour la résidence principale (jusqu'au 31 décembre 2026)
Une fenêtre fiscale rare se referme bientôt. L'article 790 A bis du CGI exonère, jusqu'au 31 décembre 2026, les dons de sommes d'argent consentis à un enfant, petit-enfant ou arrière-petit-enfant (à défaut, neveu ou nièce) lorsqu'ils financent l'achat d'un logement neuf destiné à la résidence principale ou des travaux de rénovation énergétique. Le plafond est de 100 000 € par donateur et 300 000 € par bénéficiaire, cumulable avec les abattements de droit commun. Les fonds doivent être employés dans les 6 mois et le logement conservé/occupé pendant 5 ans.
Les pièges du don 790 A bis
Attention : ce dispositif vise le logement neufou en l'état futur d'achèvement destiné à la résidence principale, ainsi que les travaux de rénovation énergétique. L'administration et la doctrine notariale (AUREP, CRIDON) ont précisé que faire construirene constitue pas l'acquisition d'un logement neuf éligible. Ce don concerne donc surtout l'enfant ou le petit-enfant majeur qui achète son premier logement, pas le mineur. À étudier au cas par cas avant le 31 décembre 2026.
7.4 Déclarer le don : formulaire 2735 et nouveauté 2026
Un don manuel se déclare par le donataire via le formulaire 2735, dans le mois suivant sa révélation (art. 635 A du CGI). Nouveauté 2026 : depuis le 1erjanvier 2026, la télédéclaration est obligatoire ; le formulaire papier reste réservé aux mineurs, aux majeurs protégés et aux personnes sans accès à internet (décret 2025-1082 du 17 novembre 2025).
Cas pratique — Sophie et le cadeau du grand-père à Manon
Sophie, 38 ans, graphiste freelance, élève seule sa fille Manon (11 ans). Le grand-père de Manon veut l'aider. Pour les 11 ans de Manon, il offre 1 000 € : proportionné à ses revenus, c'est un présent d'usage — rien à déclarer, aucun abattement consommé. Quelques mois plus tard, il souhaite verser 20 000 € sur l'assurance-vie de Manon : là, c'est un don manuel. Il l'impute sur son abattement de 31 865 € (petit-enfant) et le déclare via le formulaire 2735.
En distinguant clairement le cadeau du don déclaré, Sophie sécurise la situation de Manon pour l'avenir et évite tout risque de requalification au décès du grand-père.
8. Comment les grands-parents peuvent-ils transmettre sur trois générations ?
Quatre grands-parents peuvent transmettre bien plus que la plupart ne le pensent, en franchise totale. Le secret : cumuler les dispositifs, et démarrer tôt pour faire tourner le compteur des 15 ans plusieurs fois.
Par grand-parent et par petit-enfant, on additionne l'abattement de 31 865 € (art. 790 B) et — si le grand-parent a moins de 80 ans et le petit-enfant est majeur — le don familial de sommes d'argent de 31 865 € (art. 790 G), soit 63 730 €en franchise totale, renouvelables tous les 15 ans. S'y ajoutent les présents d'usage et la transmission par assurance-vie (152 500 € par bénéficiaire, art. 990 I). Voyez notre guide sur la donation aux petits-enfants et le don familial de sommes d'argent.
Cas pratique — Bernard et Claudine transmettent à trois petits-enfants
Bernard (68 ans) et Claudine (65 ans), retraités cadres, disposent de 1,4 M€ de patrimoine. Ils ont trois petits-enfants et veulent les aider tout en allégeant leur future succession. Chaque grand-parent peut donner 31 865 € d'abattement par petit-enfant. À deux grands-parents et trois petits-enfants, cela représente 2 × 3 × 31 865 € = 191 190 € transmis hors droits, renouvelables dans 15 ans.
Pour les petits-enfants mineurs, les sommes sont logées sur une assurance-vie avec pacte adjoint (blocage jusqu'à 25 ans) ; pour celui qui est majeur et achète bientôt, le don familial de 31 865 € (art. 790 G) s'ajoute. En sortant ≈ 190 000 € de l'assiette taxable, le couple réduit nettement les droits de succession futurs de la tranche la plus élevée. Le chiffrage précis dépend de leur situation globale ; un bilan patrimonial le cale.
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9. Combien épargner et où ? Le chiffrage net sur 18 ans
Voici ce que donnent vraiment 100 € par mois pendant 18 ans, selon l'enveloppe — net d'impôts et de frais, là où la plupart des guides se contentent d'un seul chiffre flatteur. Hypothèse : un versement initial de 1 000 € puis 100 €/mois pendant 18 ans, soit 22 600 € versés.
| Enveloppe | Rendement net retenu | Capital brut à 18 ans | Fiscalité à la sortie | Capital net estimé |
|---|---|---|---|---|
| Livret A | 1,5 % | ≈ 26 100 € | Exonéré | ≈ 26 100 € |
| Fonds euros (assurance-vie) | 2,6 % | ≈ 29 100 € | PS 17,2 % sur gains (abatt. après 8 ans) | ≈ 28 000 € |
| Assurance-vie en unités de compte | 5,0 % | ≈ 37 400 € | PFU/PS après 8 ans (abattement) | ≈ 34 500 € |
| PEAC | ≈ 5,0 % | ≈ 37 400 € | Exonéré (IR + PS) | ≈ 37 400 € |
| Compte-titres (ETF actions) | 8,0 % | ≈ 52 200 € | PFU 31,4 % sur gains | ≈ 43 000 € |
Concrètement, l'écart entre le tout-Livret A et une poche actions peut presque doublerle capital final : ≈ 26 100 € d'un côté, ≈ 43 000 € net de l'autre, pour le même effort d'épargne. C'est tout l'intérêt d'accepter du risque quand l'horizon est long — et de défiscaliser via le PEAC ou l'assurance-vie après 8 ans. À l'inverse, garder 18 ans d'épargne enfant sur un seul livret revient à laisser une partie du capital sur la table.
Hypothèses et prudence
Ces montants sont des estimationsfondées sur des rendements annuels moyens constants ; les marchés sont volatils et le capital des supports en unités de compte, PEAC et compte-titres n'est pas garanti. Les fonds euros 2025 ont servi 2,65 % net en moyenne (ACPR) ; le 8 % retenu pour les actions correspond à la performance longue historique d'un indice monde, sans garantie qu'elle se reproduise. Une allocation prudente combine généralement un cœur sécurisé et un satellite actions.
10. Cas particuliers : parents séparés, famille recomposée, majorité
10.1 Parents séparés ou divorcés
La séparation ne supprime pas l'administration légale conjointe : les deux parents restent co-administrateurs des biens de l'enfant. Pour tout acte de disposition (rachat, vente de titres), l'accord des deux ex-conjoints reste requis, et la transparence sur les comptes de l'enfant s'impose pour éviter les conflits.
Cas pratique — François, garde alternée de Tom et Inès
François, 46 ans, cadre divorcé, a la garde alternée de Tom (9 ans) et Inès (13 ans). Il alimente une assurance-vie pour chacun. S'il souhaite un jour racheter ou réorienter ces contrats, il devra obtenir l'accord de son ex-épouse, co-titulaire de l'autorité parentale. Pour éviter les blocages, ils formalisent ensemble la stratégie d'épargne des enfants — qui verse quoi, sur quel support, pour quel objectif — et conservent une traçabilité claire des versements de chacun.
10.2 Famille recomposée
Dans une famille recomposée, l'enjeu est l'équité entre les enfants(de différentes unions) et le respect de la réserve héréditaire. Donner ou transmettre à un bel-enfant non adopté relève d'une fiscalité de tiers (60 %) : l'assurance-vie, avec ses abattements par bénéficiaire, devient alors un outil précieux. Pour aller plus loin, voyez notre guide succession.
10.3 Que devient l'épargne à 18 ans ?
À 18 ans, l'enfant devient pleinement propriétaire de tout ce qui a été placé à son nom : il peut en disposer librement. C'est l'intérêt du pacte adjoint, qui peut prolonger le blocage jusqu'à 25 ans, et de l'accompagnement à l'éducation financière. Le jeune majeur peut alors ouvrir un PEA jeune et continuer à investir, en gardant l'antériorité de son assurance-vie.
11. Quelle enveloppe d'épargne pour quel objectif ?
Pour décider d'un coup d'œil, voici le tableau verdict des principales enveloppes d'épargne enfant en 2026.
| Enveloppe | Plafond | Fiscalité | Horizon idéal | Liquidité | Pour quel objectif |
|---|---|---|---|---|---|
| Livret A | 22 950 € | Exonéré | Court terme | Immédiate | Précaution, cadeaux |
| Livret Jeune | 1 600 € | Exonéré | Court terme | Immédiate (16+) | Argent de poche ado |
| Assurance-vie UC | Aucun | Douce après 8 ans | Long (8 ans +) | Quelques jours* | Études, transmission |
| PEAC | 22 950 € | Exonéré (IR+PS) | Long (< 21 ans) | Bloqué (majorité + 5 ans) | Capital long terme défiscalisé |
| PEA jeune | 20 000 € | Exonéré après 5 ans | Long (18-25 ans) | Disponible | Jeune adulte investisseur |
| Compte-titres | Aucun | PFU 31,4 % | Libre | Immédiate | Au-delà des plafonds |
* Sous réserve, pour un contrat au nom du mineur, des règles de retrait (accord des deux parents, voire juge des tutelles — cf. section 6).
Concrètement, l'allocation type que nous recommandons à un jeune parent ressemble à ceci : un cœur de sécurité sur le Livret A (précaution et cadeaux), et un satellitede performance sur une assurance-vie en unités de compte et/ou un PEAC pour viser les études ou le premier logement. La proportion actions/sécurité se réduit à mesure que l'enfant approche de 18 ans.
12. Les 6 erreurs classiques à éviter
- Tout laisser sur le Livret A. Sur 18 ans, un rendement de 1,50 % sous l'inflation laisse une part importante du capital potentiel sur la table.
- Attendre les 12 ans de l'enfant pour commencer. À effort égal, démarrer à la naissance produit près de quatre fois plus qu'à 12 ans (cf. tableau 1).
- Rester 100 % fonds euros sur une assurance-vie à horizon 18 ans. C'est se priver du moteur actions sur la seule période où le risque est le mieux toléré.
- Faire un gros virement non déclaré « parce que c'est mon enfant ». Au-delà du présent d'usage, un don non déclaré reste requalifiable, taxable et soumis au rappel des 15 ans.
- Croire qu'un seul parent peut tout racheter. Un acte de disposition exige l'accord des deux parents — sous peine de nullité (Cass. com. 12 juin 2025).
- Laisser une clause bénéficiaire « standard » sans penser au cas du mineur. Désignez et encadrez (pacte adjoint, administrateur) pour éviter le blocage des fonds.
Conclusion : les 3 choses à retenir
- Combinez socle et moteur : un Livret A de précaution + une assurance-vie en UC ou un PEAC pour le long terme, et commencez le plus tôt possible.
- Anticipez la récupération : l'argent au nom de l'enfant est son patrimoine ; choisissez le bon titulaire pour garder la main (juge des tutelles, art. 387-1).
- Optimisez la transmission : abattements, don familial et assurance-vie permettent de transmettre beaucoup sans droits — un bilan cale la stratégie sur votre situation.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré dirige le cabinet Hagnéré Patrimoine basé à Chambéry. Spécialiste de l'allocation patrimoniale, de l'optimisation fiscale et de la transmission, il accompagne particuliers, dirigeants et familles sur des problématiques allant de l'épargne des enfants à la gestion de fortune. Le cabinet réalise plus de 500 bilans patrimoniaux par an, avec une expertise reconnue sur la transmission intergénérationnelle, l'assurance-vie et la structuration de l'épargne longue.
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Sources et références légales
- Code civil : art. 382-1 (administration légale), 387-1 (autorisation du juge des tutelles), 384 (exclusion de l'administration légale), 852 (présents d'usage).
- CGI : art. 779 (abattement 100 000 €), 784 (rappel 15 ans), 790 B (petits-enfants), 790 G (don familial), 790 A bis (don exceptionnel RP, jusqu'au 31/12/2026), 990 I et 757 B (assurance-vie), 6 (foyer fiscal), 157 (exonérations), 635 A (déclaration de don).
- CMF : art. L. 221-1 (Livret A), L. 221-24 (Livret Jeune), L. 221-30 (PEA jeunes), L. 221-34-2 (PEAC). Code des assurances : art. L. 132-13 (primes exagérées).
- BOFiP-Impôts : BOI-ENR-DMTG-20-20-20, 20-30-20-20, 20-10-20-10 ; BOI-RPPM-RCM-40-70 (PEAC) ; BOI-TCAS-AUT-60 (assurance-vie).
- Jurisprudence : Cass. com. 12 juin 2025 n° 24-13.604 ; Cass. ch. mixte 23 nov. 2004 n° 01-13.592 ; Cass. 2e civ. 19 déc. 2024 n° 23-19.110 ; Cass. 1re civ. 10 mai 1995 n° 93-15.187 ; Cass. 2e civ. 3 avril 2025 n° 23-13.803.
- Données : INSEE (bilan démographique 2025, IPC avril 2026), ACPR (fonds euros 2025), economie.gouv.fr (PEAC), service-public.gouv.fr (790 A bis), LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025).
Hagnéré Patrimoine— SAS, immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 14004526 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCGP, courtier d'assurance (COA) et courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP). Article rédigé selon la loi de finances 2026 en vigueur au 1er juin 2026. Dernière mise à jour : 1er juin 2026. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé (art. L. 533-13 du CMF). Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

