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Don manuel de sommes d'argent : le « don Sarkozy » 2026

Transmettre 31 865 € à vos enfants, petits-enfants ou arrière-petits-enfants tous les 15 ans, sans un centime de droits de donation. Cumulable avec l'abattement 100 000 €, soit 131 865 € par parent et par enfant. Conditions, déclaration, 5 cas chiffrés, 13 pièges : le guide CGP 2026.

31 865 €
131 865 €
moins de 80 ans
Formulaire 2735-SD
Hagnéré Patrimoine

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Donation, démembrement, testament, Dutreil, clause bénéficiaire et stratégie familiale : nous bâtissons une transmission cohérente avec vos objectifs.

Succession & donationStratégie familialeSans engagement

Pourquoi le don Sarkozy s'impose dans votre stratégie de transmission

par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine.

En 60 secondes

  • Pour qui ? Parents et grands-parents de moins de 80 ans, patrimoine 200 k€ à 3 M€, qui veulent aider leurs descendants maintenant plutôt qu'à la succession.
  • Ce que vous y gagnez : jusqu'à 131 865 € par parent et par enfant, exonérés de tout droit de donation. Un couple avec 3 enfants peut transmettre 791 190 € tous les 15 ans.
  • Chiffres-clés : 31 865 € (don Sarkozy, art. 790 G) + 100 000 € (abattement art. 779 I) · renouvelable tous les 15 ans · donateur < 80 ans, donataire majeur.
  • Risque principal : déclaration hors délai (1 mois), dépassement des 80 ans, ou requalification en don indirect. 13 pièges détaillés en §15.
  • Temps de lecture : 15 min · 5 cas pratiques chiffrés · formulaire 2735-SD pas-à-pas.

Pour les curieux et les conseils fiscaux, voici les textes qui structurent ce guide. Si vous n'êtes ni l'un ni l'autre, passez directement au paragraphe suivant — tout est traduit en français courant dans la suite.

Textes mobilisés dans ce guide

  • CGI — art. 790 G (don familial), 779 (abattements), 784 (rappel 15 ans), 757 (révélation), 635 A (délai 1 mois), 790 A bis (LF 2025), 774 bis (quasi-usufruit LF 2024), 750 ter (territorialité), 1728 et 1729 (majorations).
  • Code civil — art. 843 (rapport), 900-1 (inaliénabilité), 951 (retour conventionnel), 1427 (nullité don sur fonds communs), 1434 (déclaration d'emploi), 1078-4 (donation-partage transgénérationnelle).
  • LPF — art. L.64 A (mini abus de droit), L.180 (délai 3 ans), L.186 (délai de droit commun 6 ans).
  • BOFiP — BOI-ENR-DMTG-20-20-20 (MAJ 04/09/2025) et BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20 (MAJ 26/09/2024).
  • Jurisprudence clé — Cons. const. 2016-603 QPC (15 ans), Cass. com. 25/01/2023 n° 20-16.700 (révélation non spontanée), Cass. 1ré civ. 02/10/2024 n° 22-19.672 (donation-partage).
  • Textes 2025-2026 — Loi 2025-127 du 14/02/2025 (création 790 A bis), Décret 2025-1082 du 17/11/2025 (télédéclaration obligatoire au 01/01/2026).

Vous voulez aider votre enfant à acheter son premier appartement. Vous voulez donner un coup de pouce à votre petit-fils qui se lance en tant qu'entrepreneur. Vous aimeriez transmettre une partie de votre patrimoine maintenant, plutôt que de laisser l'État prélever 20 % à 45 % au moment de la succession — voir notre barème détaillé des droits de succession 2026. Et vous vous demandez : jusqu'où peut-on aller sans déclencher d'impôt ?

La réponse tient en deux articles du Code général des impôts, et en un nom facile à retenir : le don Sarkozy. Une constante sur nos bilans patrimoniaux : ce dispositif est sous-utilisé par une majorité des familles qui consultent pour la première fois, alors qu'il permet à un couple de transmettre 791 190 € à trois enfants tous les 15 ans, sans un centime de droits.

Ce guide va tout vous expliquer : les quatre conditions strictes à respecter, le cumul intelligent avec les autres abattements, la déclaration via le formulaire 2735, le piège du passage des 80 ans, et les angles morts que personne ne traite (non-résidents, mineurs émancipés, pacte adjoint, rapport civil à la succession). Avec 5 cas pratiques chiffrés et 13 pièges à éviter.

1. Qu'est-ce que le don Sarkozy en 2026 ?

Le don Sarkozy (art. 790 G du Code général des impôts — CGI) permet à un donateur de moins de 80 ans de transmettre 31 865 € en numéraire à un descendant majeur, tous les 15 ans, en exonération totale. Cumulable avec l'abattement 100 000 € parent/enfant (art. 779 I), soit 131 865 € par parent et par enfant.

À retenir en 5 points

  • Plafond : 31 865 € par donateur et par donataire
  • Périodicité : renouvelable tous les 15 ans entre les mêmes personnes
  • Condition d'âge du donateur : moins de 80 ans au jour du don
  • Condition du donataire : majeur (18 ans révolus) ou mineur émancipé
  • Cumul autorisé avec les abattements 779 I (100 000 €), 790 B (petits-enfants), 790 D (arrière-petits-enfants), 790 A bis (jusqu'au 31/12/2026)

Le vocabulaire en 30 secondes

  • Donateur = celui qui donne · Donataire = celui qui reçoit
  • Numéraire = de l'argent (pas des biens, pas des titres, pas de cryptos)
  • Ligne directe = parent/enfant, grand-parent/petit-enfant, arrière-grand-parent/arrière-petit-enfant
  • RP = Résidence Principale · VEFA = achat sur plan d'un logement neuf à construire
  • Abattement = fraction de valeur sur laquelle aucun droit de donation n'est dû

Pourquoi « Sarkozy » ? Parce que le dispositif a été généralisé sous la présidence de Nicolas Sarkozy via la loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat (TEPA) du 21 août 2007. Son objectif : favoriser la transmission intergénérationnelle et aider les jeunes à se constituer un patrimoine.

Dix-neuf ans plus tard, le dispositif reste un pilier de la stratégie patrimoniale française. Il a survécu à plusieurs réformes fiscales, au durcissement du rappel fiscal porté à 15 ans en 2012, et aux pressions parlementaires récurrentes pour supprimer ou limiter la condition d'âge de 80 ans.

2. Les 4 conditions cumulatives à respecter

Avant de signer un virement, assurez-vous de cocher les quatre cases. Une seule condition non remplie, et le don bascule dans le régime de droit commun avec des droits calculés au barème de l'article 777 CGI. Voici la check-list exhaustive, point par point.

Les 4 conditions cumulatives du don Sarkozy — art. 790 G CGI
ConditionRègle précisePiège fréquent
Âge du donateurMoins de 80 ans au jour du transfert effectif des fondsLe seuil est strict. Un don le jour des 80 ans est refusé. La date retenue est celle du virement, pas de la déclaration.
Âge du donataireAu moins 18 ans révolus, ou mineur émancipé (par mariage ou décision judiciaire)Un don à un mineur non émancipé est disqualifié. L'émancipation par décision du juge des tutelles est possible dès 16 ans (art. 413-2 C. civ.).
Nature du donSommes d'argent uniquement : chèque, virement, mandat, remise d'espècesUn don en nature (titres, œuvres d'art, bijoux, immobilier) ne bénéficie pas du 790 G. Seule l'alternative du don manuel classique reste possible, avec droits au barème.
DéclarationFormulaire 2735-SD dans le mois suivant la date du don (art. 790 G CGI, condition de fond)Dépasser le délai d'1 mois fait PERDRE l'exonération 790 G. L'art. 635 A CGI s'applique aux dons manuels révélés hors 790 G. Télédéclaration obligatoire depuis le 1er janvier 2026.

Concrètement, si votre père a 79 ans et 10 mois, vous pouvez encore activer un don Sarkozy. S'il vient de fêter ses 80 ans, le dispositif est fermé pour lui à jamais. Autre exemple : vous avez 17 ans et 6 mois et vos grands-parents veulent vous donner 30 000 €. Deux options : attendre vos 18 ans, ou demander l'émancipation au juge des tutelles (procédure de 2-3 mois).

Règle d'or : la date certaine

Pour une exonération totale, la date du don doit être certaine et prouvable. Le virement bancaire avec libellé explicite (« Don Sarkozy 790 G ») est le mode le plus sûr. Conservez les relevés bancaires pendant 30 ans minimum.

3. Qui peut recevoir le don Sarkozy ?

La liste des bénéficiaires éligibles suit une logique de descendance directe. L'article 790 G désigne quatre catégories principales, et deux catégories de substitution si le donateur n'a pas de descendance. Chaque lien de parenté déclenche son propre plafond.

Bénéficiaires et cumuls par lien de parenté — tous les 15 ans
BénéficiairePlafond 790 GAbattement complémentaireTotal par donateur
Enfant31 865 €100 000 € (art. 779 I)131 865 €
Petit-enfant31 865 €31 865 € (art. 790 B)63 730 €
Arrière-petit-enfant31 865 €5 310 € (art. 790 D)37 175 €
Neveu/nièce (donateur sans descendance)31 865 €7 967 € (art. 779 V)39 832 €
Petit-neveu/petite-nièce par représentation31 865 € DIVISÉ entre eux7 967 € DIVISÉVariable selon nombre

Concrètement, un oncle célibataire sans enfant peut donner 39 832 € à chacun de ses trois neveux, soit un total de 119 496 € transmis sans droits dans un même cycle. Point de vigilance : la condition « à défaut de descendance » s'apprécie au jour du don. Si l'oncle a ensuite un enfant, les dons antérieurs aux neveux restent valides — le régime ne se remet pas en cause a posteriori.

Un angle méconnu : les enfants du conjoint

Les beaux-enfants (enfants du conjoint d'une seconde union) ne bénéficient PAS du don Sarkozy, sauf adoption. En famille recomposée, seul le parent biologique peut activer le 790 G au profit de ses enfants biologiques. Pour les beaux-enfants, une donation ne bénéficie d'AUCUN abattement : celui de 1 594 € de l'art. 788 IV n'est opéré que sur une part successorale, jamais sur une donation, et les droits sont dus au taux de 60 % dès le premier euro. L'adoption simple (art. 360 C. civ.) peut résoudre ce problème, mais le régime fiscal ligne directe n'est ouvert qu'aux conditions strictes de l'art. 786 CGI : adoption pendant la minorité avec 5 ans de soins non interrompus, ou 10 ans de soins continus minorité + majorité, avec preuves documentaires (factures, quittances, justificatifs).

Le levier le plus puissant du don Sarkozy reste le cumul avec l'abattement général de 100 000 € de l'article 779 I, détaillé dans la section suivante.

4. Combien peut-on donner en cumulant l'abattement 100 000 € ?

C'est ici que le don Sarkozy révèle toute sa puissance. L'article 790 G précise expressément que l'exonération se cumule avec l'abattement général de l'article 779 I. Autrement dit, un parent peut transmettre à chacun de ses enfants 131 865 € tous les 15 ans, sans un centime de droits.

Formule de base — ligne directe parent → enfant

100 000 EUR (art. 779 I, abattement general)
+ 31 865 EUR (art. 790 G, don Sarkozy)
= 131 865 EUR exoneres / parent / enfant / 15 ans

Ce calcul s'applique à chaque couple parent/enfant et se renouvelle intégralement tous les 15 ans.

Concrètement, pour un couple avec 2 enfants, cela donne : 2 parents × 2 enfants × 131 865 € = 527 460 € transmis sans impôt. Avec 3 enfants : 2 × 3 × 131 865 = 791 190 €. Et ce montant se reconstitue intégralement 15 ans plus tard, si les deux parents ont toujours moins de 80 ans.

Attention : deux versements distincts, deux déclarations

Bien que le cumul soit légalement parfait, administrativement il s'agit de deux dons distincts. Le plus simple en pratique est de réaliser deux virements séparés (un de 100 000 € et un de 31 865 €) et de déposer deux formulaires 2735-SD dans le mois. Cela crée une traçabilité claire en cas de contrôle et simplifie la computation des 15 ans.

Au-delà du cumul 779 I + 790 G, plusieurs abattements complémentaires peuvent se superposer dans la même opération et permettre de dépasser 200 000 € exonérés dans certaines configurations familiales.

5. Cumul avec les autres abattements : la stratégie complète

Au-delà du cumul 779 I + 790 G, plusieurs dispositifs peuvent se superposer dans la même opération. Le plus spectaculaire en 2026 : le nouvel article 790 A bis créé par la loi de finances 2025, en vigueur du 15 février 2025 au 31 décembre 2026.

Les 7 abattements mobilisables en donation — cumul maximal possible
DispositifArticle CGIPlafondCondition cléCumulable avec 790 G ?
Abattement général ligne directe779 I100 000 €Parent vers enfant, tous les 15 ansOUI
Don Sarkozy790 G31 865 €Donateur moins de 80 ans, donataire majeurLui-même
Abattement petits-enfants790 B31 865 €Grand-parent vers petit-enfant majeurOUI
Abattement arrière-petits-enfants790 D5 310 €Arrière-grand-parent vers AP-enfantOUI
Abattement neveu/nièce779 V7 967 €Donateur sans descendanceOUI (si 790 G activé)
Abattement personne handicapée779 II159 325 €Donataire en situation de handicapOUI
Exonération temporaire LF 2025 — RP neuve ou travaux énergétiques790 A bis100 000 € / donateur — 300 000 € / donataireEmploi en 6 mois, RP 5 ans, 15/02/2025 au 31/12/2026OUI

Concrètement, un enfant qui achète une résidence principale neuve avant le 31 décembre 2026 peut recevoir de chacun de ses deux parents : 100 000 (779 I) + 31 865 (790 G) + 100 000 (790 A bis) = 231 865 € par parent, soit 463 730 € exonérés pour le couple de parents. Dans la même opération.

Piège du 790 A bis : conditions très strictes

Le 790 A bis exige une résidence principale neuve ou en VEFA (pas dans l'ancien, pas de terrain à bâtir, pas d'auto-construction), conservée 5 ans comme RP du donataire ou louée à un tiers hors foyer fiscal. Les fonds doivent être employés dans les 6 mois. Le non-respect entraîne la remise en cause intégrale avec intérêts de retard. Le dispositif expire le 31 décembre 2026.

Rassurez-vous : si votre enfant achète dans l'ancien, le 790 A bis ne s'applique pas, mais le cumul 779 I + 790 G = 131 865 € par parent (soit 263 730 € pour un couple) reste entièrement disponible, sans condition d'usage du don.

Hagnéré Patrimoine

Cumul 231 865 € par parent : encore faut-il respecter chaque condition

Don Sarkozy, 790 A bis, pacte adjoint, emploi dans les 6 mois : un seul manquement remet tout en cause. Chez Hagnéré Patrimoine, nous calibrons le montage et fixons la bonne séquence d'actes dans votre cas.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

6. Quels modes de versement sont autorisés ?

L'article 790 G est explicite : seules les sommes d'argent sont éligibles. Cela exclut les titres financiers, l'immobilier, les œuvres d'art ou tout autre actif en nature. À l'intérieur du périmètre monétaire, quatre modes de transmission sont admis, chacun avec ses avantages et ses limites.

Les 4 modes de versement autorisés pour un don Sarkozy
ModeAvantagesLimites / risques
Virement bancaireDate certaine (horodatage banque). Libellé explicite possible. Traçabilité parfaite.Aucune limite de montant. Mode recommandé par défaut.
ChèquePreuve écrite simple. Adapté aux petits montants.La date retenue est celle de l'encaissement, pas de la remise. Risque d'opposition ou de rejet.
EspècesPas d'intermédiaire bancaire. Souplesse totale.Au-delà de 10 000 €, obligations de vigilance renforcée des banques et professionnels (Tracfin), pouvant déboucher sur une déclaration de soupçon. Preuve de la date très difficile. Risque de requalification.
MandatSolution pour les donataires sans compte bancaire.Rare en pratique. Nécessite trace écrite du mandat et de l'exécution.

Concrètement, nous recommandons le virement bancaire avec un libellé explicite type « Don Sarkozy art. 790 G - de X à Y - mois/année ». Cela crée une preuve de date certaine, un lien clair entre donateur et donataire, et facilite la déclaration 2735-SD.

Les cryptomonnaies ne sont pas des sommes d'argent

Un transfert de 30 000 € en bitcoins entre un parent et son enfant ne bénéficie PAS du 790 G. La jurisprudence et la doctrine considèrent les cryptomonnaies comme des biens meubles incorporels, pas comme du numéraire. L'opération reste une donation imposable au barème ligne directe après abattement 779 I. Pour transmettre des cryptos à ses enfants, il faut passer par un don manuel classique avec évaluation au cours du jour et déclaration 2735-SD (sans bénéfice du 790 G).

Dons via Lydia, PayPal, Revolut, Wise : ce qu'il faut savoir en 2026

Sujet absent de tous les articles concurrents et pourtant massivement pratiqué par les 18-35 ans. Les applications de paiement modernes changent-elles quelque chose au régime 790 G ?

  • Lydia (adossé Lydia Solutions SA, établissement de paiement agréé ACPR) : un envoi via IBAN Lydia est assimilé à un virement bancaire classique. Date certaine = horodatage de l'opération. Utilisable pour un don Sarkozy, à condition de libeller explicitement « Don Sarkozy 790 G » et de conserver l'historique PDF exporté.
  • PayPal (PayPal Europe, Luxembourg) : les envois « Envoyer à un proche » sont juridiquement des transferts de monnaie scripturale. Acceptable pour le 790 G MAIS le versement vient d'un compte PayPal luxembourgeois — anticiper d'éventuelles demandes de justification Tracfin au-delà de 1 000 €. Préférer le virement direct du compte bancaire du donateur vers le compte bancaire du donataire.
  • Revolut (Revolut Bank UAB, Lituanie) / Wise (Wise Europe SA, Belgique) : comptes tenus hors de France. Pour le donataire résident fiscal France, l'obligation déclarative n° 3916 s'applique dès lors qu'un compte étranger est détenu (art. 1649 A CGI, amende 1 500 € par compte non déclaré, 10 000 € en cas de pays non coopératif). Le don reste éligible 790 G, mais le donataire doit déclarer son compte étranger au formulaire 3916 joint à la 2042.
  • Cagnottes (Leetchi, Le Pot Commun, GoFundMe) : NON recommandé pour un don familial formalisé 790 G. L'absence d'identification individuelle claire du donateur/donataire, les retenues de commission, et la difficulté à établir la date certaine rendent ces outils inadaptés. Utiliser exclusivement pour des cadeaux événementiels < 100 € par contributeur (présent d'usage).
  • Plafonds Tracfin : les obligations de vigilance (L.561-15 CMF) s'appliquent aux établissements de paiement comme aux banques. Tout transfert supérieur à 10 000 € via Lydia, PayPal, Revolut peut déclencher une demande de justification. Transmettez spontanément le 2735-SD à l'app.

Règle d'or Hagnéré Patrimoine : pour un don Sarkozy de 31 865 € ou plus, privilégier un virement SEPA direct compte bancaire à compte bancaire. Les apps restent utiles pour des compléments (< 1 000 €) mais ne remplacent pas la traçabilité bancaire traditionnelle en cas de contrôle fiscal.

7. Déclaration formulaire 2735 et télédéclaration 2026

La déclaration est une obligation, pas une option. Elle protège à la fois le donataire (preuve de la date de départ des 15 ans) et le donateur (opposabilité aux autres héritiers). Voici la procédure complète, étape par étape.

Les 6 étapes de la déclaration d'un don Sarkozy en 2026
ÉtapeActionDélai / précision
1Le donateur effectue le virement ou remet le chèqueJour J
2Le donataire reçoit et encaisse la sommeJour J ou J+1
3Le donataire complète le formulaire 2735-SD sur impôts.gouv.fr (espace particulier, rubrique Déclarer)Au plus tard J+30 (1 mois calendaire)
4Soumission électronique (signature et validation)Accusé de réception horodaté par l'administration
5Paiement éventuel des droits si le don dépasse les abattements (barème 777)Simultané à la soumission
6Archivage par le donataire : copie 2735-SD + accusé + relevé bancaireÀ conserver 30 ans minimum

Concrètement, le donataire (celui qui reçoit) remplit le formulaire, pas le donateur. C'est une erreur fréquente. Dans le 2735-SD, on renseigne : l'identité des deux parties, le lien de parenté, la date et le montant du don, les abattements invoqués (779 I + 790 G), et le cas échéant les clauses spécifiques (dispense de rapport).

Nouveauté 2026 : télédéclaration obligatoire

Depuis le 1er janvier 2026 (décret n° 2025-1082 du 17/11/2025), la télédéclaration via l'espace particulier impots.gouv.fr est obligatoire pour les dons manuels et les dons Sarkozy. Le formulaire papier n'est admis qu'à titre d'exception (personnes âgées, handicap, connexion impossible). L'accusé de réception électronique établit la date certaine de la déclaration.

Exception temporaire : les dons relevant de l'art. 790 A bis (logement neuf / travaux énergétiques, LF 2025) restent temporairement exclus de l'obligation de télédéclaration et peuvent être déclarés sur papier jusqu'à nouvel ordre.

8. Le don Sarkozy est-il rapportable à la succession ?

La question du caractère rapportable du don Sarkozy revient dans 8 consultations patrimoniales sur 10 et piège régulièrement les familles, même les professionnels. Deux notions distinctes doivent être séparées : le rappel fiscal (art. 784 CGI) et le rapport civil (art. 843 C. civ.), qui ne produisent pas les mêmes effets sur le don Sarkozy.

Rappel fiscal (art. 784 CGI)

Le don Sarkozy est EXPRESSÉMENT EXCLU du rappel fiscal de 15 ans. L'article 790 G dernière phrase le précise : ces dons ne sont jamais réintégrés dans l'assiette des droits de donation ou succession ultérieurs. Ils ne consomment donc JAMAIS l'abattement 100 000 € ni les abattements successoraux.

Rapport civil (art. 843 C. civ.)

Le don Sarkozy est rapportable par défaut au partage successoral. L'héritier gratifié voit le don réintégré dans la masse partageable pour calculer la part de chacun. Sauf clause expresse de DISPENSE DE RAPPORT, qui transforme le don en avantage préciputaire imputé sur la quotité disponible.

Concrètement, si Marc reçoit 131 865 € de don Sarkozy + abattement en 2020, et que son père décède en 2030 en laissant Marc et sa sœur Julie, voici ce qui se passe :

  • Rappel fiscal : seuls les 31 865 € reçus au titre du 790 G échappent au rappel (art. 790 G, dernière phrase). Les 100 000 € reçus au titre de l'abattement 779 I datent, eux, de moins de 15 ans : ils sont rappelés dans la succession ouverte en 2030 et l'abattement de 100 000 € de Marc s'y trouve donc épuisé. Il ne se reconstituerait qu'en 2035.
  • Rapport civil : sauf clause contraire, Marc doit « rapporter » les 131 865 € à la masse successorale pour que Julie reçoive l'équivalent de ce que Marc a déjà reçu.

Comment neutraliser le rapport civil

Deux solutions : (1) insérer dans le formulaire 2735-SD une clause explicite « Don hors part successorale et dispensé de rapport, à prendre sur la quotité disponible », ou (2) faire rédiger un pacte adjoint notarié avec cette clause. Attention : la dispense de rapport ne libère pas le don de la contribution à la réserve héréditaire. Si les dons cumulés dépassent la quotité disponible, les héritiers réservataires peuvent exercer une action en réduction (art. 920 C. civ.).

Jurisprudence 2024 : donation-partage + don Sarkozy sécurisés

Le 2 octobre 2024, la Cour de cassation (Cass. 1ré civ., n° 22-19.672, inédit) a censuré, pour dénaturation, la validation d'un projet de partage qui intégrait à la masse partageable le rapport de biens compris dans une donation-partage. Les lots d'une donation-partage ne sont pas rapportables à la succession, même lorsqu'un enfant n'a pas été alloti : ils s'imputent sur la part de réserve du gratifié (art. 1077 C. civ.). Le figement des valeurs au jour de l'acte relève, lui, de l'art. 1078 C. civ. et suppose que tous les héritiers réservataires aient reçu un lot et l'aient expressément accepté. Associer plusieurs dons Sarkozy successifs à une donation-partage notariée permet donc de figer définitivement la répartition voulue par le donateur, sans risque de réévaluation ou de rapport civil au jour de la succession.

Autre décision utile : Cass. 1ré civ., 23 octobre 2024, n° 22-22.698 — une donation faite à un non-héritier (conjoint d'un enfant par exemple) n'est pas rapportable à la succession, même si l'héritier en bénéficie indirectement.

9. Que risque-t-on en cas de non-respect ?

Les sanctions fiscales suivent une logique graduée. Elles distinguent le retard involontaire du défaut volontaire de déclaration. Voici le barème précis.

Barème gradué des sanctions fiscales en matière de don manuel
SituationConséquence fiscaleMajoration
Déclaration dans le moisExonération totale 790 G applicable0 %
Déclaration tardive (au-delà du mois)PERTE de l'exonération 790 G. Droits calculés au barème 777 CGI après abattement 779 I seulement.Intérêts 0,20 %/mois + majoration 10 % (art. 1728 CGI)
Omission découverte lors d'un contrôle (après mise en demeure)Droits recalculés sur la valeur au jour de la révélation ou du don si supérieure (art. 757)Intérêts de retard + majoration de 40 % (art. 1728 CGI)
Omission délibérée (manquement volontaire)Droits + intérêtsMajoration de 40 %
Manœuvres frauduleuses ou abus de droitDroits + intérêts + pénalité renforcéeMajoration de 80 % (art. 1729 CGI)
Condition d'âge non respectée (donateur 80 ans ou plus)Le 790 G tombe mais le 779 I reste applicableDroits dus sur la fraction au-delà de 100 000 €
Donataire mineur non émancipéLe 790 G tombeDroits dus sur la fraction au-delà de l'abattement applicable

Concrètement, un don de 31 865 € non déclaré découvert lors d'un contrôle 8 ans plus tard, en manquement volontaire, peut coûter : droits approximatifs 0 € (car abattement 790 G respecté sur le principe) MAIS pénalité de 40 % sur les droits théoriques + intérêts de retard. L'administration peut requalifier l'exonération si la déclaration n'a jamais été faite.

Le piège du décès du donateur dans les 15 ans

Si le donateur décède dans les 15 ans suivant un don Sarkozy déclaré : aucune conséquence fiscale négative. Le don reste exonéré, et comme il est exclu du rappel fiscal (art. 790 G dernière phrase), l'abattement 100 000 € applicable à la succession du donateur reste intact. Mais le don reste rapportable civilement à la succession sauf clause de dispense.

Délai de reprise de l'administration : 6 ans, mais qui ne démarre qu'à la révélation

Le délai pendant lequel l'administration fiscale peut redresser un don dépend directement de sa déclaration :

  • Don déclaré via 2735-SD dans le mois : délai de reprise de droit commun — 3 ans (art. L.180 LPF). Au-delà, l'opération est définitivement sécurisée.
  • Don manuel révélé spontanément mais au-delà du mois : délai de reprise porté à 6 ans (art. L.186 LPF) à compter de la révélation.
  • Don manuel occulte (non déclaré) : le fait générateur des droits est la révélation du don (art. 757 CGI). Le délai de 6 ans de l'art. L.186 LPF ne commence donc à courir qu'à compter de cette révélation, et non du versement : un don caché il y a 8 ans reste pleinement redressable, sans limite de temps tant qu'il n'a pas été révélé.

Cas chiffré — coût d'une non-déclaration découverte 8 ans plus tard : Paul a reçu 131 865 € de son père en 2018 (100 000 + 31 865), jamais déclaré. En 2026, lors d'un contrôle du père, le don est découvert. Conséquences : perte de l'exonération 790 G (non respectée faute de déclaration dans le mois), imposition au barème 777 CGI sur 31 865 € (tranches 5 %, 10 %, 15 %, 20 %), soit 4 567 € de droits. S'y ajoutent des intérêts de retard 0,20 %/mois depuis 2018 (4 567 × 0,002 × 96 ≈ 877 €) et une majoration 40 % pour manquement délibéré (4 567 × 40 % ≈ 1 827 €). Total : environ 7 271 € sur un don qui aurait été entièrement exonéré avec une simple télédéclaration dans le mois. À l'échelle d'un don de 500 000 € non déclaré, la facture peut dépasser 80 000 €.

Trilogie jurisprudentielle 2016-2023 : ce qu'une révélation non spontanée coûte réellement

Trois arrêts de la chambre commerciale de la Cour de cassation ont précisé ce qu'est une « révélation » de don manuel (art. 757 CGI) et à quelles conditions elle est « spontanée » (art. 635 A CGI). L'enjeu n'est pas la perte des abattements de l'article 779, qui restent applicables à la taxation du don révélé : c'est le moment où les droits deviennent exigibles — et, pour un don familial de sommes d'argent, l'exonération de l'article 790 G, qui suppose une déclaration dans le mois du versement.

  • Cass. com., 6 décembre 2016, n° 15-19.966 — la découverte d'un don manuel lors d'une vérification de comptabilité, résulterait-elle de la réponse du contribuable à une question posée à cette occasion, ne constitue pas une révélation au sens de l'article 757 du CGI : le don n'est pas taxable de ce seul fait. Décision favorable au donataire.
  • Cass. com., 4 mars 2020, n° 18-11.120 — à l'inverse, la lettre par laquelle le donataire explique à l'administration, lors d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle, l'origine des sommes créditées sur son compte vaut révélation au sens des articles 757 et 635 A du CGI : le don devient taxable et doit être déclaré dans le mois qui suit cette révélation.
  • Cass. com., 25 janvier 2023, n° 20-16.700 (publié au bulletin) — la révélation faite lors du premier entretien d'un ESFP (examen contradictoire de situation fiscale personnelle) est la conséquence d'une procédure de contrôle : le donataire ne peut plus opter pour la déclaration et le paiement des droits dans le mois suivant le décès du donateur. Dans cette affaire, la contribuable a définitivement supporté l'avis de mise en recouvrement de 920 005 € (droits, pénalités et intérêts) dont la cour d'appel l'avait déchargée.

Leçon pratique : déclarer le don Sarkozy dans le mois via le formulaire 2735-SD — et, depuis le 1er janvier 2026, par téléprocédure horodatée — n'est pas une formalité optionnelle. C'est la condition qui sécurise la date certaine du don, le compteur des 15 ans, et le caractère spontané de la révélation. La télédéclaration horodatée crée une preuve irréfutable opposable à l'administration en cas de contrôle ultérieur.

10. Comment optimiser sur une vie entière ?

Le don Sarkozy n'est pas un outil ponctuel mais une stratégie pluriannuelle. Bien utilisé, il permet à un couple de transmettre plusieurs millions d'euros à ses descendants sans un centime de droits. Voici la logique des cycles.

La logique des cycles — couple avec 2 enfants

Cycle 1 (age 60 ans) : 2 parents x 2 enfants x (100 000 + 31 865) = 527 460 EUR
Cycle 2 (age 75 ans) : 2 parents x 2 enfants x (100 000 + 31 865) = 527 460 EUR
Cycle 3 (age 90 ans) : 2 parents x 2 enfants x 100 000 = 400 000 EUR (790 G ferme apres 80 ans)

TOTAL sur 30 ans : 1 454 920 EUR exoneres

Avec 3 enfants, la somme atteint 2 182 380 EUR. Avec 4 enfants, 2 909 840 EUR.

Concrètement, pour un couple de 60 ans avec un patrimoine de 3 M€, la stratégie optimale consiste à démarrer immédiatement un premier cycle complet, puis à renouveler à 75 ans. Ceux qui attendent 70 ans pour commencer perdent définitivement un cycle entier. Le coût de l'inaction : 500 000 à 800 000 € de droits de succession évitables.

La règle des cycles de 15 ans — date de départ

Le compteur 15 ans démarre à la date du PREMIER don entre un donateur et un donataire donnés. Si vous versez 31 865 € à votre fils le 15 mars 2026, le prochain cycle débute le 15 mars 2041. Vous pouvez alors redonner jusqu'à 31 865 € supplémentaires en franchise. Chaque couple donateur/donataire a son propre compteur : le don de père à fils n'impacte pas le don de mère à fils.

Point stratégique souvent oublié : la logique de saut de génération. Donner directement à ses petits-enfants économise une transmission intermédiaire. Chaque euro transmis en saut de génération évite une double imposition (parent → enfant, puis enfant → petit-enfant).

Stratégie CGP avancée : le don Sarkozy « provision pour droits de succession »

Technique peu médiatisée mais redoutablement efficace pour les patrimoines supérieurs à 1,5 M€. L'idée : utiliser le don Sarkozy (et l'abattement 100 000 €) pour transmettre aux enfants les fonds nécessaires au paiement de leurs futurs droits de succession, avant même le décès.

Pourquoi c'est essentiel : au décès, les héritiers disposent d'un délai de 6 mois (art. 641 CGI) pour déposer la déclaration et payer les droits. Sur un patrimoine de 2 M€ transmis à 2 enfants, chaque enfant doit régler environ 250 000 à 350 000 € de droits de succession. Sans trésorerie disponible, les héritiers doivent souvent vendre en urgence (résidence secondaire, portefeuille titres, SCPI) à un prix décoté.

Cas chiffré — couple 65 ans, patrimoine 2,5 M€, 2 enfants : projection des droits de succession = environ 400 000 € par enfant. Stratégie : dès aujourd'hui, mobilisation de 2 cycles de don Sarkozy + abattement 100 000 € sur 15 ans :

Provision droits de succession — cycle de 15 ans

Cycle 1 (2026) : 2 parents x 2 enfants x 131 865 EUR = 527 460 EUR
Cycle 2 (2041) : 2 parents x 2 enfants x 131 865 EUR = 527 460 EUR
Total transmis hors droits : 1 054 920 EUR

Chaque enfant recoit donc 527 460 EUR sur 30 ans,
soit plus que les droits de succession a prevoir (400 000 EUR).

Les enfants placent ces sommes sur supports sécurisés (fonds euros AV, livrets), les laissent fructifier, et au décès des parents ils disposent de la liquidité nécessaire pour payer les droits sans vendre en urgence.

Avantages : (1) les enfants conservent la maison familiale / entreprise / portefeuille sans vente forcée ; (2) les fonds reçus fructifient entre-temps (à 3-4 % nets, 500 000 € deviennent 780-900 000 € en 15 ans) ; (3) l'opération est entièrement légale et hors rappel fiscal (790 G exclu de l'art. 784 CGI). Cette stratégie est systématiquement étudiée par Hagnéré Patrimoine sur les bilans patrimoniaux > 1 M€.

Attention à l'impact sur les aides sociales du donataire (gap universel du top 10)

Le don Sarkozy en tant que tel n'est pas un revenu imposable et n'entre PAS dans le Revenu Fiscal de Référence (RFR) du donataire. Mais les gains produits par le placement du don (intérêts livret, dividendes, rachats d'assurance-vie, plus-values) majorent bien le RFR les années suivantes.

Cas chiffré étudiant CROUS : Léa, 20 ans, reçoit 31 865 € de don Sarkozy de ses grands-parents. Placés à 3 % sur un compte-titres à son nom après détachement du foyer fiscal parental, cela génère environ 955 €/an d'intérêts imposables. Son RFR bascule au-dessus du seuil d'échelon 0 bis des bourses CROUS (environ 3 997 €/an en 2025-2026), ce qui fait passer Léa d'un échelon supérieur à un échelon inférieur ou à la perte d'échelon. Coût annuel : 1 000 à 1 200 € d'aide perdue, soit l'équivalent des intérêts générés.

Conséquences possibles : perte de la bourse CROUS (plafond RFR N-2 du foyer de rattachement), réduction des APL (plafond revenus mensuels), prise en compte comme « libéralité » par la CAF pendant 3 mois glissants pour le calcul du RSA, perte d'AAH (complément ressources).

Parades CGP : (1) maintenir le donataire rattaché au foyer fiscal parental jusqu'à fin des études ; (2) orienter le placement vers des supports à fiscalité différée — assurance-vie en phase d'épargne pure (capitalisation sans rachat), PER bloqué jusqu'à la retraite, contrat de capitalisation ; (3) éviter les livrets et comptes-titres qui génèrent des revenus déclarables immédiatement ; (4) si le donataire est mineur émancipé, utiliser le PEAC (plafond 22 950 €, exonéré IR + PS à la sortie).

11. Articulations avec les autres dispositifs patrimoniaux

Le don Sarkozy n'est pas un outil isolé. Il prend toute sa puissance quand il s'articule avec les autres leviers de la stratégie patrimoniale. Voici les combinaisons les plus utilisées par nos clients.

Don Sarkozy + Assurance-vie

Le donataire place le don reçu sur une assurance-vie à son nom avant 70 ans. Les gains futurs bénéficient de l'abattement 152 500 € de l'article 990 I au décès du donataire — voir notre guide sur la clause bénéficiaire. Double avantage : transmission en franchise au moment du don, puis fructification exonérée au décès.

Don Sarkozy + PER (Plan d'Épargne Retraite)

Le donataire utilise le don pour alimenter un PER individuel. Les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite du plafond personnel (10 % des revenus N-1). Pour un enfant TMI 30 %, un don de 10 000 € placé sur PER génère 3 000 € d'économie d'impôt immédiate, en plus de l'exonération du don.

Don Sarkozy + PEA

Ouverture d'un PEA financé par le don. Les gains futurs (dividendes, plus-values) sont exonérés d'impôt sur le revenu après 5 ans de détention (prélèvements sociaux de 18,6 % depuis la LFSS 2026). Pour un jeune de 25 ans, c'est un placement puissant sur 20-30 ans.

Don Sarkozy + Démembrement de propriété

Le donateur donne 31 865 € en numéraire + la nue-propriété d'un bien immobilier (barème art. 669 CGI). À 61-70 ans, la nue-propriété est évaluée à 60 % de la valeur en pleine propriété. Au décès du donateur, l'usufruit s'éteint gratuitement (art. 1133 CGI), le donataire récupère la pleine propriété.

Don Sarkozy + Donation-partage

Intégration du don dans un acte de donation-partage (art. 1075 C. civ.). Avantage majeur : la valeur est figée au jour de l'acte (art. 1078), ce qui évite les conflits entre héritiers en cas de plus-value ultérieure. Voir notre guide complet sur la donation-partage.

Don Sarkozy + Pacte Dutreil

Stratégie de transmission d'entreprise. Le donateur active le Pacte Dutreil sur les titres (exonération 75 %) + don Sarkozy en numéraire pour financer les droits résiduels. Pour un dirigeant qui transmet 2 M€ de titres à son enfant, cela évite le recours à un emprunt bancaire.

Don Sarkozy + Donation-partage transgénérationnelle

Mécanisme sophistiqué de l'art. 1078-4 à 1078-10 C. civ. : le grand-parent peut intégrer son don Sarkozy dans une donation-partage qui associe dans le même acte l'enfant intermédiaire (qui consent au saut de génération) et les petits-enfants bénéficiaires. Pour un petit-enfant majeur, cumul 790 G + 790 B = 63 730 € en franchise + figement des valeurs au jour de l'acte (art. 1078 C. civ.) + purge anticipée du rapport civil entre héritiers. Acte notarié obligatoire, coût émoluments ~1,5 % de l'actif transmis.

Don Sarkozy + PEAC (Plan d'Épargne Avenir Climat)

Support de placement méconnu pour un don Sarkozy destiné à un enfant ou petit-enfant de moins de 21 ans (art. L.221-34-2 CoMoFi, décret n° 2024-547 du 15/06/2024). Plafond 22 950 €, blocage minimum 5 ans, mais exonération totale d'IR et de PS au déblocage — l'un des rares placements totalement défiscalisés existant à ce jour. Financement obligatoire d'actifs verts (taxonomie UE). Idéal pour loger une première tranche de don Sarkozy reçu par un adolescent ou jeune majeur qui vise un projet à horizon 5-10 ans (études, primo-accession). Une partie des 31 865 € peut ainsi fructifier sans impôt, là où un Livret A plafonné à 22 950 € sature vite.

Attention à l'abus de droit L.64 A LPF

Depuis le 1er janvier 2021, l'administration peut requalifier un montage dont l'objectif est principalement fiscal (et non plus exclusivement). Exemple : un don Sarkozy suivi d'un remboursement rapide au donateur, ou un schéma artificiel de circulation d'argent entre comptes familiaux. Pénalités : 40 % ou 80 %. Tout montage doit avoir une substance économique réelle.

12. Et si votre situation sort de l'ordinaire ?

Famille recomposée, donataire divorcé, expatriation, mineur émancipé, enfant handicapé, tutelle : le don Sarkozy s'adapte, mais impose des précautions spécifiques. Voici les 6 situations les plus fréquentes.

6 cas particuliers fréquents et leurs solutions
SituationRègle spécifiqueSolution recommandée
Famille recomposée (beaux-enfants)Les beaux-enfants ne bénéficient PAS du 790 G. Aucun abattement en donation — le 1 594 € de l'art. 788 IV ne joue qu'en succession — donc 60 % de droits dès le premier euro.Adoption simple (art. 360 C. civ.) + conditions art. 786 CGI (5 ans soins minorité OU 10 ans minorité+majorité) pour ouvrir le régime parent/enfant. Délai procédure 6-12 mois.
Donataire divorcéLe don reçu pendant le mariage reste bien propre (art. 1405 C. civ.) SI régime séparatiste ou communauté réduite aux acquêts. Risque de confusion en communauté universelle.Déclaration d'emploi devant notaire (art. 1434 C. civ.) au moment du réinvestissement immobilier. Conservation des relevés bancaires d'origine.
Expatriation du donateurArt. 750 ter CGI : la France impose si donateur OU donataire résident fiscal France. Conventions bilatérales France-USA, France-RU, France-Allemagne peuvent moduler.Analyse convention fiscale + consultation spécialisée. Déclaration en France même depuis l'étranger.
Mineur émancipéL'émancipation peut être obtenue dès 16 ans par décision du juge des tutelles (art. 413-2 C. civ.) ou automatiquement par mariage.Procédure judiciaire 2-3 mois. Pacte adjoint fortement recommandé (clause d'administration).
Enfant handicapéAbattement 779 II de 159 325 € cumulable avec 779 I et 790 G. Au total, un parent peut donner 291 190 € tous les 15 ans.Déclaration spécifique dans le formulaire 2735-SD + justificatifs du handicap (carte CMI-invalidité ou certificat médical).
Donateur sous tutelle / curatelleAutorisation préalable du juge des tutelles obligatoire (art. 476 C. civ.). Sans autorisation, don annulable.Requête motivée au juge. Délai 2-4 mois. Indication claire de l'intention libérale et de la capacité financière du donateur.

Concrètement, ces situations exigent toutes une analyse personnalisée : ne vous fiez pas à des modèles standards trouvés en ligne, les conséquences fiscales d'une erreur peuvent être lourdes.

Conventions fiscales internationales : le tableau que personne ne publie

Pour un don transfrontalier, l'article 750 ter CGI pose la règle générale d'imposition en France. Mais des conventions fiscales bilatérales peuvent la moduler. Aucun article concurrent du top 10 Google FR ne propose de synthèse nominative. Voici les cas les plus fréquents pour nos clients expatriés et frontaliers.

5 situations transfrontalières courantes et leur traitement fiscal
Pays du donateur ou donataireConvention applicable aux donationsRègle pratique 2026
États-UnisAucune convention bilatérale spécifique aux DONATIONS. La convention fiscale France-USA du 24/11/1978 (successions) ne couvre que les droits de succession (décès).Risque de double imposition pour un don FR-US entre vifs : application cumulative 750 ter CGI côté France et gift tax fédérale US (art. 2501 IRC). Plafonds 2026 : 19 000 USD d'annual exclusion par donataire et 15 M USD d'exonération à vie (OBBBA du 04/07/2025). Consultation binationale indispensable.
Royaume-UniConvention France-RU du 21/06/1963 (droits de succession). Aucune disposition spécifique aux donations entre vifs.Les donations suivent les règles 750 ter CGI. Le RU n'impose pas les donations entre vifs hors PET (Potentially Exempt Transfer) si le donateur survit 7 ans. Coordination nécessaire pour éviter réintégration en cas de décès du donateur avant 7 ans.
AllemagneConvention France-Allemagne du 12/10/2006 couvre EXPRESSÉMENT les successions ET les donations. En vigueur depuis le 03/04/2009.Règle du domicile fiscal du donateur au jour du don. Imputation des droits acquittés dans un État sur ceux dus dans l'autre (pas de double imposition). Formulaire français 2735-SD + formulaire allemand Schenkungsteuererklärung.
SuisseConvention France-Suisse du 31/12/1953 sur les successions — dénoncée par la France (note verbale du 17/06/2014), fin d'effets au 1er janvier 2015. Les donations n'ont jamais été couvertes par cette convention.Pour un frontalier suisse résidant en France, les règles 750 ter CGI s'appliquent sans tempérament conventionnel. La Suisse (canton) peut également taxer selon l'impôt cantonal sur les donations — risque réel de double imposition (notamment Vaud, Valais). Situation fréquente chez Hagnéré Patrimoine (Chambéry).
Belgique, Espagne, ItaliePas de convention spécifique aux donations avec la France.Application cumulée des règles 750 ter CGI et du régime local du pays de résidence. Risque de double imposition sans mécanisme d'imputation automatique. Analyse au cas par cas.

Règle d'or pour les dons transfrontaliers

Ne jamais signer un virement international sans audit fiscal binational préalable. Contrairement au droit des successions, le droit des donations transfrontalières reste peu harmonisé (pas de règlement européen 650/2012 équivalent pour les libéralités entre vifs). La plupart des contentieux internationaux résultent d'un défaut de coordination entre fiscalités nationales, pas d'une erreur juridique. Consultation d'un avocat fiscaliste spécialisé ou d'un CGP international fortement recommandée dès que l'une des deux parties réside hors France.

13. Le pacte adjoint : sécuriser le don

Pour les dons à des mineurs émancipés, des jeunes majeurs de moins de 25 ans, ou dans les familles où la protection de l'usage prime, le pacte adjoint est un outil juridique puissant. Il accompagne le don d'un ensemble de clauses qui encadrent son utilisation.

Les 5 clauses types d'un pacte adjoint

  • Clause d'inaliénabilité (art. 900-1 C. civ.) : le donataire ne peut pas vendre les biens acquis avec le don pendant une durée limitée (5, 10 ou 20 ans). Validité si durée raisonnable et intérêt sérieux et légitime.
  • Clause de remploi : obligation d'investir les fonds sur un support spécifique (assurance-vie, PEA, SCPI, résidence principale).
  • Clause d'administration dérogatoire : le donateur conserve la gestion des fonds pendant la minorité du donataire émancipé ou jusqu'à un âge déterminé (25 ou 30 ans).
  • Clause de retour conventionnel (art. 951 C. civ.) : si le donataire décède avant le donateur sans descendance, les biens retournent au donateur sans droits de succession.
  • Clause d'exclusion de communauté : si le donataire est marié sous un régime communautaire, les biens restent biens propres du donataire en cas de divorce.

Concrètement, le pacte adjoint se matérialise par un acte sous seing privé avec date certaine (enregistrement au SIE, coût 125 €) ou par un acte notarié (coût 300 à 600 €). Il doit être daté du même jour ou antérieur au don (surtout pas postérieur, sous peine d'inefficacité).

Don manuel 2735-SD vs donation notariée : le comparatif des coûts

Une question revient dans 9 consultations sur 10 : « faut-il passer par un notaire ? ». La réponse dépend de 3 paramètres — montant, complexité juridique, besoin de sécurisation. Voici le chiffrage réel qu'aucun concurrent ne publie aussi précisément.

Coûts comparés 2026 — don manuel vs donation notariée
FormuleCoût total 2026Sécurité juridiqueCas d'usage type
Don manuel simple (2735-SD seul)0 € (télédéclaration gratuite)Date certaine bancaire uniquement. Clause de dispense de rapport possible dans le 2735.Don < 100 000 €, donataire majeur responsable, situation familiale simple.
Don manuel + pacte adjoint sous seing privé enregistré125 € (enregistrement SIE)Bonne. Clauses d'inaliénabilité, remploi, retour conventionnel opposables.Don à un jeune majeur (< 25 ans), besoin d'encadrement mais budget contenu.
Don manuel + pacte adjoint notarié300 à 600 € (émoluments acte notarié simple)Très bonne. Acte authentique avec force exécutoire, conseil notarial tracé.Don à mineur émancipé, clause complexe (retour conventionnel, exclusion communauté), famille recomposée.
Donation par acte notarié (acte de donation classique)Émoluments proportionnels : barème art. A.444-53 C. com. + frais fixes. Pour 131 865 € : environ 1 500 à 2 000 € TTC (émoluments dégressifs + TVA + frais).Maximale. Opposabilité erga omnes, rédaction ciselée, conseil notarial étendu.Don > 200 000 €, bien immobilier associé, stratégie famille complexe, donation-partage envisagée.
Donation-partage notariéeÉmoluments proportionnels + éventuels frais d'évaluation. Pour 500 000 € partagés : environ 5 000 à 7 000 € TTC.Maximale + figement des valeurs au jour de l'acte, à condition que tous les héritiers réservataires aient reçu un lot et l'aient expressément accepté (art. 1078 C. civ.).Pluralité d'héritiers, volonté d'égalité figée, patrimoine significatif, prévention des conflits successoraux.

Décision chiffrée : à partir de quand le notaire devient rentable ?

Don < 100 000 €, donataire majeur, famille simple : don manuel 2735-SD suffit (0 €). La sécurisation par pacte adjoint (125 €) est utile mais non indispensable.

Don entre 100 000 € et 300 000 €, besoins d'encadrement : pacte adjoint notarié (300-600 €) — équilibre optimal coût/sécurité.

Don > 300 000 € OU pluralité d'héritiers OU transmission patrimoniale structurée : donation-partage notariée (3 000-7 000 €) — le coût représente 1 à 2 % du capital transmis, mais sécurise définitivement la répartition et fige les valeurs. Les conflits successoraux évités valent largement ce montant. Jurisprudence Cass. 1re civ. 02/10/2024 confirme l'effet protecteur.

14. 5 cas pratiques chiffrés

Voici 5 cas illustratifs (prénoms et chiffres fictifs). Chacune illustre une combinaison type : cumul abattements, timing 790 A bis, saut de génération, mineur émancipé, ou donation transfrontalière.

Cas 1 — Sophie & Bernard, 62 et 60 ans, Paris, 3 enfants

La stratégie pluriannuelle classique : deux cycles de 15 ans, trois enfants, patrimoine net 3,5 M€.

Sophie (62 ans, ancienne directrice financière) et Bernard (60 ans, consultant indépendant) habitent un appartement familial rue des Martyrs, à Paris. Leurs trois enfants : Marie (32 ans, architecte à Lyon), Clément (28 ans, ingénieur à Toulouse) et Julia (24 ans, étudiante en droit à Bordeaux). Patrimoine net total : 3,5 M€. Objectif : transmettre un maximum sans droits avant leurs 80 ans.

Stratégie 2 cycles de 15 ans

Cycle 1 (2026, Sophie 62, Bernard 60) :
2 parents x 3 enfants x (100 000 + 31 865) = 791 190 EUR

Cycle 2 (2041, Sophie 77, Bernard 75) :
Tous deux toujours moins de 80 ans, cycle complet
2 parents x 3 enfants x (100 000 + 31 865) = 791 190 EUR

Total exonere sur 2 cycles (30 ans) : 1 582 380 EUR
Droits evites : env. 316 000 EUR (1 582 380 x 20 pourcent,
tranche du bareme en ligne directe pour ce patrimoine)

Si Sophie et Bernard avaient attendu 72 ans pour commencer, ils n'auraient pu faire qu'un seul cycle 790 G avant 80 ans, perdant ainsi 191 190 EUR d'exonération Sarkozy (un cycle complet = 2 parents x 3 enfants x 31 865 EUR). Démarrer à 60 ans double l'opportunité.

Cas 2 — Michel, 75 ans, Chambéry, veuf, 1 fils et 2 petits-enfants

La course contre la montre avant les 80 ans. Fenêtre de 5 ans pour activer tous les leviers.

Michel, 75 ans, ancien chirurgien-dentiste à la retraite, veuf depuis 2 ans. Son fils Julien (45 ans, médecin généraliste) a deux enfants majeurs : Emma (22 ans, en master de biologie) et Louis (20 ans, en école d'ingénieur). Patrimoine de Michel : 1,8 M€. Il découvre le don Sarkozy lors d'un bilan patrimonial chez Hagnéré Patrimoine et veut agir vite.

Stratégie cycle unique avant 80 ans

Don a Julien (fils) :
100 000 (779 I) + 31 865 (790 G) = 131 865 EUR

Don a Emma (petite-fille majeure) :
31 865 (790 B) + 31 865 (790 G) = 63 730 EUR

Don a Louis (petit-fils majeur) :
31 865 (790 B) + 31 865 (790 G) = 63 730 EUR

Total transmis en 2026 : 259 325 EUR exoneres

Michel aura 80 ans en 2031. Il ne peut pas réaliser un second cycle. S'il avait commencé à 60 ans, il aurait pu transmettre 2 fois ce montant, soit 518 650 EUR. Commencer tôt reste la règle d'or.

Conseil complémentaire : Michel pourrait aussi utiliser une partie de son patrimoine pour activer le 790 A bis (100 000 € supplémentaires si Julien achète une RP neuve avant fin 2026).

Cas 3 — Camille, 32 ans, Lyon, primo-accédante d'une RP neuve VEFA

Cumul maximum des 3 abattements grâce à la fenêtre LF 2025 (790 A bis), exclusif jusqu'au 31/12/2026.

Camille, 32 ans, cheffe de projet digital à Lyon, souhaite acheter un T3 neuf en VEFA à Vaise (prix 340 000 €). Ses parents Éric (58 ans, DRH en grande entreprise) et Monique (56 ans, enseignante) veulent l'aider. Ils ont un patrimoine confortable et ont déjà commencé à transmettre à ses frères. L'enjeu : maximiser l'aide sans droits.

Triple cumul avec le 790 A bis

Pere Eric (58 ans) :
100 000 (779 I) + 31 865 (790 G) + 100 000 (790 A bis) = 231 865 EUR

Mere Monique (56 ans) :
100 000 (779 I) + 31 865 (790 G) + 100 000 (790 A bis) = 231 865 EUR

Total exonere pour Camille : 463 730 EUR (pour 340 000 EUR d'achat)

Plafond 790 A bis donataire : 300 000 EUR max (200 000 ici, sous plafond OK)

Conditions 790 A bis : VEFA = RP neuve OK, emploi 6 mois, conservation 5 ans comme RP de Camille. Acquisition signée avant le 31/12/2026 obligatoire.

Stratégie concrète : virements de 231 865 € par chaque parent en juin 2026, achat VEFA signé en juillet (compromis), acte authentique en novembre. Conservation par Camille pendant au moins 5 ans. Économie vs une donation sans le 790 A bis : environ 36 400 € de droits évités (calcul : 2 × 100 000 € taxables au barème LD = 2 × 18 194 € ≈ 36 389 €).

Cas 4 — Nathalie, 45 ans, Lille, donataire qui divorce

Comment protéger un don reçu quand le mariage se termine. Le piège de la confusion bien propre/commun.

Nathalie, 45 ans, cadre commerciale. En 2019, ses parents lui ont donné 131 865 € (100 000 + 31 865), déclaré dans les règles. Elle s'est mariée en 2020 sous le régime de la communauté réduite aux acquêts avec Marc. En 2023, ils achètent ensemble une maison à Lille (450 000 €, dont 200 000 € d'apport). Nathalie a utilisé ses 131 865 € reçus + 70 000 € de ses économies personnelles pour cet apport. En 2025, divorce prononcé.

Question juridique : les 131 865 € sont-ils toujours biens propres de Nathalie, ou sont-ils devenus biens communs intégrés au patrimoine matrimonial ? Réponse : cela dépend de ce qui a été fait au moment de l'achat.

Impact de la déclaration d'emploi sur le sort des biens au divorce
Action au moment de l'achatConséquence au divorceRécupération par Nathalie
Apport personnel sans déclaration d'emploiLa maison tombe en communauté (art. 1402 C. civ.), mais la communauté doit récompense à Nathalie pour les deniers propres employés (art. 1433 C. civ.)50 % de la valeur de la maison, soit 225 000 €, PLUS la récompense due par la communauté (art. 1469 C. civ.), à condition de prouver l'origine propre des fonds
Déclaration d'emploi devant notaire (art. 1434 C. civ.)131 865 € reconnus biens propres131 865 € + 50 % du reste de la maison
Maison achetée au nom de Nathalie seule + déclaration131 865 € biens propres + maison bien propre si totalité de l'apport propreValeur totale de la maison

Leçon pour tout donataire marié : toujours déclarer l'emploi des fonds devant notaire lors d'un investissement immobilier avec des deniers propres. Le coût 150-300 € évite des pertes de centaines de milliers d'euros en cas de divorce.

Cas 5 — Philippe, 68 ans, expatrié à Singapour, fille Léa à Paris

Le don transfrontalier : quand le donateur est non-résident mais le donataire résident France.

Philippe, 68 ans, ancien directeur financier chez un grand groupe, expatrié à Singapour depuis 10 ans. Sa fille Léa, 28 ans, vit et travaille à Paris depuis toujours. Philippe veut l'aider pour lancer sa start-up. Il transfère 131 865 € depuis son compte bancaire à Singapour vers le compte de Léa en France, en mai 2026.

Schéma juridique d'un don Sarkozy transfrontalier
QuestionRéponse juridiqueRéférence
La donation est-elle imposable en France ?OUI. Léa est résidente fiscale France depuis plus de 6 ans sur les 10 dernières années.Art. 750 ter CGI alinéa 3
Philippe bénéficie-t-il du 790 G ?OUI. Il a moins de 80 ans. La nationalité et la résidence n'affectent pas l'application de 790 G.Art. 790 G CGI
Qui déclare et où ?Léa déclare en France via impôts.gouv.fr, formulaire 2735-SD, dans le mois du virement.Art. 635 A CGI
Double imposition ?Non. Singapour ne taxe pas les donations sortantes. Pas de convention fiscale spécifique aux donations France-Singapour, mais absence d'impôt local à Singapour suffit.Pratique fiscale
Rappel fiscal 15 ans applicable ?Oui en France. La date certaine de départ des 15 ans est le 15 mai 2026 si déclaration avant le 15 juin 2026.Art. 784 CGI

Résultat : Léa reçoit 131 865 € exonérés en France, Philippe conserve son capital sans ponction, et l'opération est parfaitement légale. Point de vigilance : si Philippe rentre en France dans les 15 ans suivant le don, cela n'impacte pas la règle des 15 ans (la résidence du donateur n'est pas décompté).

Méthode documentée

Avant de déclencher un virement, on valide le timing et la déclaration 2735

Date certaine, délai d'un mois, âge du donateur, résidence fiscale, rappel 15 ans : 15 minutes d'échange avec Hagnéré Patrimoine suffisent à sécuriser votre don avant l'envoi du virement.

Bilan gratuitCGP immatriculé à l’ORIASSans engagement

15. 13 pièges à éviter absolument

Voici les 13 erreurs les plus fréquentes remontées par les dossiers Hagnéré Patrimoine. Elles peuvent coûter plusieurs dizaines de milliers d'euros en droits et pénalités.

Les 13 pièges les plus fréquents du don Sarkozy
PiègeConséquenceParade
1. Don le jour des 80 ansPerte totale de l'abattement 790 G (31 865 €). Seul le 779 I reste applicable.Planifier 6 mois avant l'anniversaire. Garder une marge d'au moins 3 mois.
2. Donataire mineur non émancipéDon disqualifié, droits au barème classique.Attendre la majorité ou engager la procédure d'émancipation 6 mois avant.
3. Non-déclaration du donPas de sanction immédiate mais délai 15 ans ne démarre pas. Risque découverte ultérieure avec pénalités 10 à 80 %.Télédéclaration 2735-SD dans le mois, systématiquement.
4. Confusion présent d'usage et don SarkozyLes présents d'usage (cadeaux d'anniversaire, mariage, Noël) ne consomment pas le 790 G. Mais si requalifiés en don manuel, ils épuisent les abattements et deviennent rapportables civilement. Seuil jurisprudentiel pratique : 1 à 2,5 % du patrimoine global du donateur (CA Paris 2002 a validé 15 000 € pour un patrimoine parental de 1,25 M€, soit 1,2 %). Au-delà, requalification quasi-systématique.Double critère jurisprudentiel (Cass. 1ré civ. 10 mai 1995 n° 93-15.187) : (1) événement familial précis (mariage, anniversaire, Noël), (2) valeur proportionnée à la fortune et aux revenus du donateur. Exemple concret : pour un patrimoine de 300 000 €, un cadeau de mariage au-delà de 6 000 € (2 %) risque la requalification. Parade : scinder — présent d'usage modique (bijoux, voyage de noces) + don Sarkozy distinct déclaré via 2735-SD avec clause de dispense de rapport.
5. Don en nature (cryptos, titres, bijoux)Le 790 G ne s'applique pas. Droits de donation classiques au barème.Convertir en numéraire avant le don, ou accepter la fiscalité donation classique.
6. Oubli de la clause de dispense de rapportRapport civil obligatoire à la succession, rupture d'égalité entre héritiers.Insérer la clause dans le 2735-SD ou dans un pacte adjoint.
7. Don Sarkozy à un beau-fils non adoptéLe 790 G ne s'applique pas. Aucun abattement pour une donation à un bel-enfant non adopté : 60 % de droits dès le premier euro.Adoption simple (art. 360 C. civ.) + conditions art. 786 CGI impératives (5 ans soins minorité / 10 ans minorité+majorité).
8. Montage abusif (don-reprise déguisée)Abus de droit L.64 A LPF, majoration 40 ou 80 %, requalification en prêt ou donation avec charges.Respecter la substance économique : le don doit être effectif et définitif.
9. Dépassement du plafond 31 865 €L'excédent est soumis aux droits de donation après cumul avec l'abattement 779 I.Fractionner le don sur plusieurs années si nécessaire, en respectant les 15 ans.
10. Quasi-usufruit post-décès (art. 774 bis CGI, LF 2024)La loi de finances 2024 (art. 26) a mis fin à la déductibilité de la créance de restitution issue d'un quasi-usufruit conventionnel sur somme donnée, pour les successions ouvertes depuis le 29 décembre 2023. Désavoue les avis CADF 11 mai 2023 (aff. 2022-15 et 2022-16). Autre piège : les travaux financés par l'usufruitier valorisant le bien démembré peuvent être requalifiés en donation indirecte (Cass. 1ré civ. 23 octobre 2024, n° 22-20.879).Éviter les montages don + quasi-usufruit. Privilégier démembrement par apport en nue-propriété sur un actif identifié. Sauf exceptions (quasi-usufruit légal du conjoint survivant, remploi justifié par une finalité non principalement fiscale).
11. Don sur fonds communs sans accord du conjoint donateurDonation d'une somme importante prélevée sur la communauté sans consentement du conjoint : action en nullité dans les 2 ans suivant la dissolution du mariage (art. 1427 C. civ.). Risque majeur en cas de divorce ultérieur.Prélèvement sur les biens propres du donateur ou acte cosigné par les deux époux (déclaration 2735-SD cosignée).
12. Don Sarkozy entre concubins (non-PACS)Le 790 G s'applique en ligne directe (parent/enfant/petit-enfant/AP-enfant) et, à défaut de descendance, à un neveu ou une nièce. Les concubins non-PACS NE SONT PAS éligibles au 790 G ni au régime fiscal privilégié des partenaires. Un don de 31 865 € entre concubins ne bénéficie d'aucun abattement — celui de 1 594 € de l'art. 788 IV est réservé aux successions — et supporte 60 % de droits, soit 19 119 € d'impôt sur 31 865 € donnés.Conclure un PACS AVANT le don : entre partenaires, abattement de 80 724 € (art. 790 F CGI) ; le 790 G ne s'applique pas pour autant aux enfants du partenaire, sauf adoption. En succession, le partenaire pacsé désigné par testament est, comme le conjoint, exonéré de droits (art. 796-0 bis CGI).
13. Mauvaise case cochée sur le formulaire 2735-SD (don manuel vs don familial 790 G)Le 2735-SD comporte DEUX régimes distincts : cadre « Dons manuels » (art. 757 CGI, abattement 100 000 € parent-enfant) ET cadre « Dons familiaux de sommes d'argent » (art. 790 G). Cocher uniquement la première case pour un virement de 31 865 € fait PERDRE l'abattement 790 G additionnel — le donataire consomme inutilement son abattement 100 000 €.Cocher les DEUX cases cumulativement. Mentionner explicitement « exonération art. 790 G CGI » dans le cadre prévu. Vérifier date du don < 80 ans du donateur. En cas d'erreur déjà commise, demande de régularisation via l'espace particulier impôts.gouv.fr (service « Droit à l'erreur »).

Concrètement, ces 13 pièges représentent près de 80 % des litiges fiscaux liés aux dons manuels. Une consultation préalable avec un CGP évite quasiment tous ces risques. Le coût d'un conseil (200 à 500 €) est infinitésimal face aux pénalités potentielles.

16. Tableau comparatif des 5 outils de transmission de sommes d'argent

Quel outil choisir selon votre situation ? Voici un comparatif synthétique des 5 mécanismes principaux pour transmettre de l'argent à ses proches, avec leurs avantages et leurs contraintes.

Comparatif des 5 outils de transmission de sommes d'argent en 2026
OutilPlafond exonéréRenouvellementContrainte majeureProfil idéal
Don Sarkozy (790 G)31 865 € par donateur/donataire15 ansDonateur moins de 80 ans, donataire majeurTransmission universelle, polyvalente
Abattement général 779 I100 000 € parent/enfant15 ansLigne directe uniquement, pas de condition d'âgeTransmission de patrimoine significatif
Présent d'usage (art. 852 C. civ.)Aucun plafond fixe (proportionné au patrimoine)Illimité (occasion par occasion)Événement spécifique (anniversaire, mariage, Noël)Cadeaux occasionnels, montants modérés
Assurance-vie clause bénéficiaire (990 I)152 500 € par bénéficiaireAu décès uniquementVersements avant 70 ans, décès du souscripteurTransmission hors succession, bénéficiaire libre
Don 790 A bis (LF 2025)100 000 € par donateur, 300 000 € par donataireNon renouvelable (jusqu'au 31/12/2026)RP neuve ou travaux énergétiques, engagement 5 ansPrimo-accession RP neuve, travaux rénovation

En pratique, le don Sarkozy est le seul outil universel : renouvelable tous les 15 ans, ouvert à tous les profils, sans condition d'usage du capital. Les autres dispositifs viennent le compléter selon la situation. Pour une famille avec enfants majeurs, l'enchaînement classique chez Hagnéré Patrimoine : 779 I + 790 G systématiquement, 790 A bis si achat de RP neuve avant fin 2026, puis assurance-vie avec clause bénéficiaire pour la transmission au décès.

QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291

Sources juridiques principales :

Guide publié le 20 avril 2026 — mis à jour régulièrement selon les évolutions législatives. Les informations fournies ont une valeur pédagogique et ne constituent pas un conseil personnalisé. Pour votre situation, consultez un CGP. Les performances passées ne garantissent pas l'avenir.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur le don Sarkozy

Le don Sarkozy est le nom usuel du don familial de sommes d'argent prévu par l'article 790 G du Code général des impôts, créé par la loi TEPA de 2007 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Il permet à toute personne de moins de 80 ans de transmettre jusqu'à 31 865 € en numéraire, tous les 15 ans et par bénéficiaire, en exonération totale de droits de donation. Il se cumule intégralement avec l'abattement de droit commun de 100 000 € entre parent et enfant (art. 779 I CGI).

Le plafond reste de 31 865 € par donateur et par donataire, renouvelable tous les 15 ans. En 2026, le dispositif est inchangé : aucune actualisation du montant n'a été votée par la loi de finances. Pour un couple donateur vers un enfant, cela représente 2 × 31 865 = 63 730 € exonérés au titre du seul don Sarkozy, auxquels s'ajoutent 2 × 100 000 = 200 000 € au titre de l'abattement 779 I.

Oui, c'est la force principale du dispositif. L'article 790 G CGI précise expressément que l'exonération se cumule avec les abattements des articles 779 I (100 000 € ligne directe), 790 B (31 865 € petits-enfants) et 790 D (5 310 € arrière-petits-enfants). Pour un parent vers un enfant, cela représente 100 000 + 31 865 = 131 865 € exonérés tous les 15 ans, par parent et par enfant. Un couple avec 3 enfants peut ainsi transmettre 6 × 131 865 = 791 190 € sans droits, renouvelable 15 ans plus tard.

Au minimum 131 865 € par parent et par enfant tous les 15 ans (100 000 art. 779 I + 31 865 art. 790 G). Pour les enfants ayant déjà bénéficié d'une donation antérieure, le solde disponible est réduit à hauteur du montant déjà utilisé, jusqu'au reset du compteur après 15 ans. En cumulant les deux parents, un enfant peut recevoir jusqu'à 263 730 € par cycle. Si le don finance l'achat d'une résidence principale neuve ou des travaux énergétiques entre le 15 février 2025 et le 31 décembre 2026, le dispositif temporaire de l'article 790 A bis ajoute jusqu'à 100 000 € supplémentaires par donateur, soit 463 730 € pour un couple.

Le donateur doit avoir moins de 80 ans au jour du don. La date retenue est celle du transfert effectif des fonds (encaissement du chèque, date du virement, remise des espèces), pas celle de la déclaration. Un don réalisé le jour des 80 ans du donateur est refusé : le seuil est strict, sans tolérance. Le Gouvernement a confirmé en 2025 le maintien de ce plafond de 80 ans, malgré les pressions parlementaires demandant un assouplissement. Après 80 ans, l'abattement 779 I de 100 000 € reste disponible mais le bonus 790 G disparaît.

Non, le don Sarkozy devient impossible. L'article 790 G CGI pose une condition de seuil infranchissable. Après 80 ans, vous conservez néanmoins l'abattement général 779 I de 100 000 € par enfant et par parent (ligne directe), renouvelable tous les 15 ans. L'abattement 790 B (31 865 € par petit-enfant) reste également disponible car il n'a PAS de condition d'âge du donateur. Seul le bonus 31 865 € du don Sarkozy disparaît après 80 ans. Au-delà, la donation au barème art. 777 CGI après abattements reste naturellement possible.

Le formulaire Cerfa 2735-SD (Déclaration de dons manuels et de sommes d'argent) est le seul à utiliser pour déclarer un don familial article 790 G. Le formulaire 2734-SD (cerfa 14579) est lui aussi un imprimé de donation, mais il a un tout autre objet : révéler un don manuel de plus de 15 000 € en optant pour la déclaration et le paiement des droits après le décès du donateur (art. 635 A CGI). Il ne permet pas de bénéficier de l'exonération 790 G. Depuis le 1er janvier 2026, la télédéclaration via l'espace particulier impôts.gouv.fr est obligatoire, le formulaire papier étant réservé à des cas d'exception. Le 2735-SD doit être rempli par le donataire (celui qui reçoit) et non par le donateur.

Un mois calendaire à compter de la date du don. Pour un virement réalisé le 10 mars, la déclaration doit être envoyée au plus tard le 10 avril. Dépasser ce délai, c'est perdre purement et simplement l'exonération des 31 865 € : l'administration requalifie le don en donation classique taxée au barème (art. 777 CGI), avec intérêts de retard de 0,20 % par mois (soit 2,4 % par an) et majoration de 10 % minimum — qui peut grimper à 40 % en cas de mauvaise foi, voire 80 % en cas de manœuvres frauduleuses. Le délai n'est pas un détail administratif : c'est une condition de fond de l'exonération.

Tant que l'administration n'a pas connaissance du don, aucune sanction n'est déclenchée. Mais la découverte ultérieure du don (contrôle fiscal d'un héritier, vérification bancaire, dénonciation) entraîne plusieurs conséquences : paiement des droits sur la valeur au jour de la révélation ou du don si supérieure (art. 757 CGI), intérêts de retard 0,20 %/mois, majoration 40 ou 80 %, et surtout le délai de rappel fiscal de 15 ans ne part que de la révélation volontaire, pas du don. Un don non déclaré peut donc rester fiscalement vivant 20 ou 30 ans.

C'est LE point qui trompe tout le monde, parce que deux logiques différentes cohabitent. Côté fiscal : le don Sarkozy est totalement exclu du rappel des 15 ans (dernière phrase de l'article 790 G). Il ne « mange » pas votre abattement de 100 000 €, il ne réduit pas les droits d'une donation ou d'une succession future. Côté civil, en revanche, il reste rapportable entre héritiers au moment du partage (art. 843 C. civ.), sauf si vous avez pris soin d'insérer une clause de dispense de rapport. Retenez cette règle simple : pas de rappel fiscal, mais rapport civil possible entre héritiers.

Chaque grand-parent peut donner à chaque petit-enfant 31 865 € au titre du 790 G + 31 865 € au titre de l'abattement 790 B, soit 63 730 € par grand-parent et par petit-enfant, renouvelable tous les 15 ans. Avec 4 grands-parents et 2 parents qui activent aussi leurs abattements (100 000 + 31 865 chacun), un petit-enfant majeur peut recevoir jusqu'à 4 × 63 730 + 2 × 131 865 = 254 920 + 263 730 = 518 650 € exonérés dans un seul cycle, si tous les donateurs ont moins de 80 ans.

Oui, mais à une condition stricte : le donateur ne doit avoir aucune descendance (pas d'enfant, pas de petit-enfant, pas d'arrière-petit-enfant). Dans ce cas, il peut transmettre 31 865 € au titre du 790 G à son neveu ou sa nièce majeur(e), cumulable avec l'abattement de 7 967 € de l'article 779 V. Le neveu ou la nièce peut aussi venir par représentation (si son parent oncle/tante est décédé), auquel cas le plafond 31 865 € se DIVISE entre les petits-neveux venant ensemble par représentation (BOFiP § 210).

Tous les modes sont juridiquement autorisés par l'article 790 G (chèque, virement, mandat, remise d'espèces). En pratique, le virement bancaire est largement préférable : il crée une trace datée et inaltérable qui facilite la preuve de la date du don, essentielle pour le décompte des 15 ans. Le chèque est accepté mais la date retenue est celle de l'encaissement, pas de la remise. Les espèces restent possibles mais deviennent problématiques au-delà de 10 000 € en raison des obligations de vigilance Tracfin des banques, et compliquent la preuve de l'origine. Mentionnez « DON SARKOZY 790 G » dans le libellé de virement.

Oui sans difficulté. Vous pouvez verser 10 000 € en mars, 10 000 € en juin et 11 865 € en septembre. Tant que le cumul ne dépasse pas 31 865 € dans la même période de 15 ans, chaque versement reste couvert par l'exonération. Chaque versement doit être déclaré via le formulaire 2735-SD dans le mois suivant. Le compteur 15 ans démarre à la date du PREMIER versement et s'applique à l'ensemble du cycle. Attention : un 4e versement qui porterait le total à 35 000 € soumettrait les 3 135 € excédentaires aux droits de donation classiques.

Chez Hagnéré Patrimoine, nous recommandons à nos clients de conserver pendant 30 ans cinq pièces clés : le relevé bancaire du donateur montrant le virement sortant, le relevé bancaire du donataire montrant l'encaissement, l'accusé de réception du formulaire 2735-SD par les impôts, la copie du 2735-SD complété et, le cas échéant, le pacte adjoint notarié ou acte sous seing privé avec date certaine (enregistrement au SIE). Pour un don par chèque, conservez aussi le talon et la copie du chèque. Ces pièces servent à établir la date certaine du don (point de départ des 15 ans) et l'identité des parties en cas de contentieux successoral.

Les deux sont cumulables jusqu'au 31 décembre 2026, ils ne sont pas substituables. Le don Sarkozy (790 G) est universel (tout usage par le donataire) mais plafonné à 31 865 €. Le 790 A bis est plafonné à 100 000 € par donateur (et 300 000 € par donataire, tous donateurs confondus) mais restreint à l'acquisition d'un logement NEUF ou en VEFA comme résidence principale, ou à des travaux de rénovation énergétique éligibles MaPrimeRénov'. Si votre enfant achète dans l'ancien, seul le 790 G s'applique. Pour un achat neuf, cumulez les deux : 131 865 (Sarkozy + 779 I) + 100 000 (790 A bis) = 231 865 € exonérés par parent.

Le plus tôt possible dès que votre situation patrimoniale le permet, idéalement avant 65 ans. La logique : vous pouvez réaliser un cycle de don à 60 ans, un deuxième à 75 ans, et éventuellement un troisième au titre du 779 I seul à 90 ans (le 790 G étant fermé après 80 ans). Avec 3 cycles de dons (2 avec 790 G + 1 post 80 ans au 779 I seul) et 2 parents vers 2 enfants : (2 × 2 × 131 865) × 2 cycles 790 G + (2 × 2 × 100 000) × 1 cycle post 80 ans = 1 054 920 + 400 000 = 1 454 920 € exonérés. Commencer tôt permet aussi d'accompagner les grandes étapes de vie des enfants (primo-accession, lancement d'activité, installation).

Sur le plan FISCAL : non, jamais. L'article 790 G dernière phrase précise que ces dons ne sont pas pris en compte pour la liquidation des droits de mutation postérieure. Sur le plan CIVIL : oui, par défaut (art. 843 C. civ.). Cela signifie que lors du partage successoral, l'héritier gratifié verra le don réintégré dans la masse partageable pour calculer la part de chacun. Pour neutraliser ce rapport civil, il faut insérer dans le formulaire 2735-SD ou dans un pacte adjoint une clause expresse de DISPENSE DE RAPPORT, transformant le don en avantage préciputaire à prendre sur la quotité disponible.

Oui, avec quelques nuances. Article 750 ter CGI : la donation est imposable en France si le DONATEUR est résident fiscal français OU si le DONATAIRE est résident français depuis au moins 6 des 10 dernières années. Si vous êtes expatrié à Singapour et que vous donnez à votre fille résidente France, la France impose. Si vous êtes résident France et que vous donnez à votre fils expatrié depuis 8 ans, la France impose aussi (sur les biens français et étrangers). Les conventions fiscales bilatérales peuvent moduler ce résultat (notamment France-USA 1978, France-Royaume-Uni, France-Allemagne). La condition d'âge (80 ans) et de majorité du donataire s'appliquent normalement.

C'est un écrit qui accompagne le don (souvent notarié) et qui encadre juridiquement son usage. Il peut contenir : une clause d'inaliénabilité (le donataire ne peut pas vendre avant un âge déterminé ou une durée), une clause de remploi (obligation d'investir sur un support spécifique), une clause d'administration dérogatoire (le donateur administre les fonds pendant la minorité du donataire), une clause de retour conventionnel en cas de prédécès du donataire sans enfant, une clause d'exclusion de communauté (si le donataire est marié sous un régime communautaire). Le pacte adjoint est particulièrement recommandé pour les dons aux mineurs émancipés et aux jeunes majeurs.