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Déclaration IFI 2026 : le formulaire 2042-IFI, pas à pas et sans erreur

Votre patrimoine immobilier net dépasse 1,3 million d'euros au 1er janvier ? Vous voilà redevable de l'IFI — et la déclaration réserve quelques pièges qui coûtent cher : un barème qui démarre en réalité à 800 000 €, une décote de 30 % sur la résidence principale qu'on oublie, des dettes qu'on croit déductibles et qui ne le sont pas. Voici comment remplir votre 2042-IFI au plus juste, chiffres à l'appui.

1,3 M€Seuil d'assujettissement
800 000 €Le barème démarre plus bas
30 %Décote résidence principale
75 %Plafonnement des revenus
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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en optimisation IFI

Clément Chatelain accompagne les foyers assujettis à l'IFI sur l'audit d'assiette, les exonérations de biens professionnels, les stratégies de démembrement et les arbitrages patrimoniaux de long terme.

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À retenir en 30 secondes

  • Seuil : vous déclarez l'IFI si votre patrimoine immobilier net dépasse 1 300 000 € au 1er janvier 2026 (art. 964 CGI). En dessous, rien à faire.
  • Le piège du barème : une fois assujetti, l'impôt se calcule tranche par tranche dès 800 000 € (0,5 % à 1,5 %), pas seulement au-dessus de 1,3 M€.
  • Les bons réflexes : appliquer la décote de 30 % sur la résidence principale, ne déduire que les dettes éligibles (art. 974), ne pas oublier les parts de SCI/SCPI, vérifier la décote (1,3–1,4 M€) et le plafonnement à 75 %. Formulaire : 2042-IFI.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La fiscalité mentionnée dépend de votre situation individuelle et la législation peut évoluer (lois de finances annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence).

Les calculs présentés s'appuient sur le barème IFI 2026 (art. 977 CGI, taux de 0,5 % à 1,5 %), l'abattement de 30 % sur la résidence principale (art. 973) et l'état du droit au 8 juillet 2026. Ils sont fournis à titre pédagogique : pour une projection adaptée à votre cas, un bilan patrimonial personnalisé chez Hagnéré Patrimoine est recommandé.

Mis à jour le 8 juillet 2026 — Références légales et doctrinales mobilisées

Guide rédigé dans l'état du droit au 8 juillet 2026, sur la base du Code général des impôts (articles 964 à 983) et de la doctrine BOFiP série PAT-IFI.

  • Code général des impôts : art. 964 (seuil de 1 300 000 €) ; art. 965 (assiette, immobilier détenu directement et indirectement) ; art. 973 (évaluation, abattement 30 % résidence principale) ; art. 974 (dettes déductibles) ; art. 975 (biens professionnels exonérés) ; art. 977 (barème et décote) ; art. 978 (réduction IFI-dons) ; art. 979 (plafonnement 75 %).
  • Doctrine administrative (BOFiP) : BOI-PAT-IFI-20-30-20 (évaluation des actifs) ; BOI-PAT-IFI-20-40-10 (conditions de déductibilité des dettes) ; BOI-PAT-IFI-40-20-20 (réduction IFI-dons) ; BOI-PAT-IFI-40-30-10 (plafonnement).
  • Sources officielles : impôts.gouv.fr (calcul et déclaration de l'IFI, formulaire 2042-IFI millésime 2026) ; économie.gouv.fr (dates limites, tolérance au 15 juin). Dates 2026 : dépôt en ligne du 21 mai au 4 juin selon le département, premier avis à régler le 15 septembre 2026.

1. Déclaration IFI 2026 : qui est concerné et quand déclarer ?

Une seule question décide de tout : au 1er janvier 2026, la valeur nette de votre patrimoine immobilier dépasse-t-elle 1,3 million d'euros ? Si oui, vous êtes redevable de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) et vous devez déposer une déclaration. Si non, vous n'avez rien à faire — l'IFI ne concerne que le haut du patrimoine immobilier français, un cercle restreint de redevables.

Le seuil d'assujettissement est fixé par l'article 964 du Code général des impôts (CGI) : 1 300 000 € de patrimoine immobilier net taxable, apprécié au niveau du foyer fiscal, après déduction des dettes éligibles. Ce montant se mesure une fois par an, à une date figée : le 1er janvier. Un bien vendu le 2 janvier reste dans l'assiette ; un bien acheté le 31 décembre en fait déjà partie.

Le foyer IFI n'est pas toujours le foyer IR

L'IFI se calcule au niveau du foyer fiscal IFI, qui inclut les partenaires de PACS et les concubins notoires — même lorsqu'ils déclarent séparément leurs revenus. Un couple en concubinage additionne donc son patrimoine immobilier pour apprécier le seuil de 1,3 M€, alors qu'il dépose deux déclarations de revenus distinctes. Une subtilité qui piège régulièrement.

Une fois le seuil franchi, le calcul réserve une surprise que beaucoup de nouveaux redevables découvrent trop tard : le barème ne démarre pas à 1,3 million.

2. Seuil de 1,3 M€, barème à 800 000 € : où commence vraiment l'IFI ?

C'est l'incompréhension numéro un en cabinet : « je pensais ne payer que sur ce qui dépasse 1,3 million ». En réalité, le seuil de 1 300 000 € sert uniquement à savoir si vous êtes assujetti. Une fois que vous l'êtes, le barème progressif de l'article 977 s'applique tranche par tranche à partir de 800 000 €, sur la totalité de votre patrimoine net.

Conséquence concrète : dès le premier euro d'IFI dû, la tranche comprise entre 800 000 et 1 300 000 € — taxée à 0,5 % — représente déjà 2 500 € de base pour tout le monde. C'est ce que la page de calcul de l'IFI détaille ligne par ligne. La décote (que nous verrons plus loin) atténue seulement l'effet de seuil sur la première centaine de milliers d'euros.

Retenez la logique en deux temps : 1,3 M€ décide de l'assujettissement, 800 000 € décide de l'assiette du barème. C'est cette mécanique qui fait qu'un patrimoine de 1,35 M€ paie déjà un IFI réel, avant même de parler d'optimisation.

Avant de calculer, il faut savoir quoi mettre dans l'assiette. Et là encore, le périmètre est plus large qu'on ne le croit.

3. Quels biens entrent dans l'assiette taxable de l'IFI 2026 ?

L'IFI ne taxe que l'immobilier — mais tout l'immobilier, détenu directement comme indirectement. C'est le sens de l'article 965 du CGI : entrent dans l'assiette les immeubles bâtis et non bâtis que vous possédez en direct, mais aussi la fraction représentative d'immobilier des parts de sociétés — SCI (société civile immobilière), SCPI (société civile de placement immobilier), OPCI — et même de certaines unités de compte immobilières logées dans une assurance-vie.

À l'inverse, les placements purement financiers (comptes-titres, actions cotées, livrets, la poche fonds euros d'une assurance-vie) sont hors du champ de l'IFI. La checklist ci-dessous sépare le taxable du non-taxable.

Ce qui entre — ou non — dans l'assiette de l'IFI 2026
Bien / placementDans l'assiette IFI ?Précision
Résidence principaleOuiAprès abattement de 30 % (art. 973)
Résidence secondaire, logements locatifsOuiValeur vénale au 1er janvier
Terrains, immeubles en constructionOuiY compris le foncier nu
Parts de SCI, SCPI, OPCIOuiFraction immobilière (art. 965)
UC immobilières en assurance-vieOuiFraction représentative d'immobilier
Biens professionnels affectés à l'activitéNonExonérés (art. 975)
Comptes-titres, actions cotées, livretsNonPlacements financiers
Bois, forêts, parts de GFF (sous conditions)PartielExonération de 75 % si engagement

Le point de vigilance : les parts de SCI et de SCPI. Beaucoup de contribuables les oublient, persuadés que seul l'immobilier « en dur » et détenu en direct compte. C'est faux, et c'est une source classique de redressement. Les biens affectés à votre activité professionnelle, eux, sont exonérés (art. 975) : nous y revenons avec le cas du dirigeant.

Reste le poste qui pèse le plus lourd dans presque toutes les déclarations : la résidence principale, et son abattement à ne surtout pas oublier.

4. Résidence principale : comment fonctionne la décote de 30 % ?

La règle vaut de l'argent : votre résidence principale (RP) n'est retenue dans l'assiette que pour 70 % de sa valeur vénale réelle. C'est l'abattement de 30 % prévu par l'article 973 du CGI. Une maison estimée à 900 000 € au 1er janvier ne pèse donc que 630 000 € dans votre IFI.

Deux conditions à connaître. D'abord, l'abattement ne joue que pour un seul logement par foyer fiscal — celui que vous occupez effectivement à titre principal. Ensuite, le bien doit être détenu en direct : la résidence logée dans une SCI n'ouvre pas droit à cet abattement (sauf société transparente de l'article 1655 ter). Nous détaillons ce mécanisme dans le guide IFI et résidence principale.

La valeur vénale, c'est le prix que vous obtiendriez en vendant au 1er janvier, dans des conditions normales de marché. L'administration compare vos évaluations aux transactions réelles du secteur : sous-évaluer expose à un redressement, sur-évaluer fait payer trop d'impôt. Voyons ce que donne cet abattement sur un couple juste au-dessus du seuil.

Cas n° 1 — Martine & Alain, 66 et 63 ans, retraités à Annecy (juste au seuil)

Residence principale (valeur venale) ..... 900 000 EUR
  - abattement 30 % (art. 973) ...........  270 000 EUR
  = RP retenue ..........................  630 000 EUR
Appartement locatif ......................  750 000 EUR
Emprunt residuel deductible (art. 974) ...  -30 000 EUR
-----------------------------------------------------
Assiette nette taxable ................. 1 350 000 EUR

IFI brut (bareme art. 977, des 800 000 EUR) :
  800 000 -> 1 300 000 : 500 000 x 0,5 % =  2 500 EUR
  1 300 000 -> 1 350 000 : 50 000 x 0,7 % =   350 EUR
  IFI brut ............................... 2 850 EUR
Decote (P entre 1,3 et 1,4 M) :
  17 500 - 1,25 % x 1 350 000 ............   625 EUR
-----------------------------------------------------
IFI NET DU ............................... 2 225 EUR

Grâce à la décote de 30 % sur leur résidence principale, Martine et Alain restent dans la zone de la décote de seuil et ne paient que 2 225 €. En oubliant cet abattement, leur assiette passerait à 1 620 000 €, l'IFI à 4 740 € et la décote serait perdue : 2 515 € de trop payés.

L'actif évalué, il faut soustraire le passif. Et c'est ici que se joue une autre partie du calcul, semée de fausses évidences.

5. Quelles dettes sont déductibles (et lesquelles sont piégées) ?

Toute dette ne réduit pas votre IFI. Pour être déductible, elle doit remplir trois conditions cumulatives (art. 974 du CGI) : exister au 1er janvier 2026, être à la charge personnelle d'un membre du foyer, et se rapporter à un bien taxable. Une dette liée à un bien exonéré, ou déjà éteinte au 1er janvier, ne compte pas.

Dettes déductibles et non déductibles de l'IFI (art. 974 CGI)
Type de detteDéductible ?Précision
Emprunt d'acquisition d'un bien taxableOuiCapital restant dû au 1er janvier
Travaux, réparation, entretien, améliorationOuiAfférents à un bien taxable
Charges de copropriété impayées au 1er janvierOuiRestant dues
Taxe foncièreOuiImpôt lié à la propriété
Prêt in fine (sans amortissement)PartielAmortissement théorique linéaire reconstitué
Prêt familial (proche, société contrôlée)Non**Sauf conditions normales prouvées (art. 974 II)
Impôt sur le revenu, prélèvements sociauxNonNon liés à un bien immobilier taxable
Taxe d'habitation (résidence secondaire)NonExclue du passif IFI

Deux pièges méritent une attention particulière. Le prêt in fine (remboursé en une fois à l'échéance) n'est pas déductible pour son montant intégral chaque année : la loi impose de reconstituer un amortissement théorique linéaire, comme si le capital se remboursait progressivement. Le prêt familial, lui, est en principe exclu : une dette contractée auprès d'un proche ou d'une société que vous contrôlez n'est déductible que si vous démontrez le caractère normal de ses conditions.

Gros patrimoines : le plafonnement du passif

Un dispositif anti-abus s'applique aux patrimoines supérieurs à 5 000 000 € dont les dettes excèdent 60 % de cette valeur : au-delà de ce seuil de 60 %, seule la moitié de l'excédent de passif reste déductible. Objectif : empêcher de neutraliser artificiellement l'IFI par un endettement massif. Le guide dettes déductibles de l'IFI déroule les cas particuliers.

Actif net en main, place au cœur du sujet : le calcul de l'impôt lui-même, tranche par tranche.

6. Barème IFI 2026 : comment calculer votre impôt tranche par tranche ?

Le barème de l'article 977 du CGI est progressif et inchangé en 2026 : chaque tranche de patrimoine est taxée à son propre taux, de 0 % à 1,5 %. On n'applique jamais un taux unique à tout le patrimoine — on additionne l'impôt de chaque tranche, à partir de 800 000 €.

Barème progressif de l'IFI 2026 (art. 977 CGI)
Fraction du patrimoine net taxableTauxIFI de la tranche
N'excédant pas 800 000 €0 %0 €
De 800 001 € à 1 300 000 €0,5 %jusqu'à 2 500 €
De 1 300 001 € à 2 570 000 €0,7 %jusqu'à 8 890 €
De 2 570 001 € à 5 000 000 €1 %jusqu'à 24 300 €
De 5 000 001 € à 10 000 000 €1,25 %jusqu'à 62 500 €
Supérieure à 10 000 000 €1,5 %—

Sur la tranche des 800 000 à 1,3 M€, l'entrée dans l'IFI est adoucie par une décote qui évite l'effet de seuil brutal. Elle joue lorsque le patrimoine net taxable P est compris entre 1 300 000 et 1 400 000 €, selon la formule décote = 17 500 € − 1,25 % × P. Le tableau ci-dessous montre comment elle s'éteint progressivement.

Effet de la décote entre 1,3 M€ et 1,4 M€
Patrimoine net (P)IFI brutDécoteIFI net
1 300 000 €2 500 €1 250 €1 250 €
1 350 000 €2 850 €625 €2 225 €
1 400 000 €3 200 €0 €3 200 €

Au-delà de 1 400 000 €, plus de décote : l'IFI brut est dû en totalité, jusqu'à 1,5 % sur la fraction supérieure à 10 millions d'euros. Une fois l'impôt calculé, reste à le porter au bon endroit sur la déclaration — et à respecter le calendrier.

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7. Remplir le formulaire 2042-IFI : annexes, cases et dates limites 2026

L'IFI ne fait pas l'objet d'une déclaration séparée : il se déclare avec vos revenus, sur l'annexe 2042-IFI jointe à la déclaration 2042. Vous y reportez, dans les annexes de détail, chaque bien immobilier (adresse, valeur vénale, pourcentage de détention) et chaque dette déductible. Les redevables qui ne perçoivent aucun revenu imposable à l'impôt sur le revenu utilisent la déclaration 2042-IFI-COV.

Déclaration IFI 2026 : le calendrier à respecter
ÉchéanceDate limite 2026Qui / quoi
Déclaration papier19 mai 2026Tous départements
En ligne — départements 01 à 1921 mai 2026Résidents concernés
En ligne — départements 20 à 5428 mai 2026Résidents concernés
En ligne — départements 55 à 9764 juin 2026Résidents concernés
Tolérance sans sanction15 juin 2026Dépôt IFI toléré jusqu'à cette date
Paiement du 1er avis d'IFI15 septembre 2026Date limite de règlement

Un point pratique : l'IFI n'est pas prélevé à la source ni mensualisé automatiquement comme l'impôt sur le revenu. Vous recevez un avis d'imposition distinct à l'automne, à régler pour le 15 septembre 2026. Pensez à provisionner cette somme, surtout la première année d'assujettissement où elle peut surprendre. La déclaration de revenus 2026 et l'annexe IFI se remplissent au même moment.

L'impôt calculé et déclaré, il reste un garde-fou que trop de redevables ignorent : le plafonnement en fonction de vos revenus.

8. Le plafonnement de l'IFI à 75 % des revenus

Un patrimoine immobilier lourd mais des revenus modestes ? Le législateur a prévu un frein. L'article 979 du CGI pose un principe simple : le total formé par votre IFI et par vos impôts sur les revenus de l'année précédente (impôt sur le revenu, prélèvements sociaux, impôts payés à l'étranger) ne peut pas dépasser 75 % de vos revenus mondiaux nets de cette même année.

Si le total dépasse ce seuil de 75 %, l'excédent vient en diminution de l'IFI. Contrairement à l'ancien ISF, ce plafonnement n'est plus lui-même limité : la réduction peut être importante. Il protège en priorité les rentiers immobiliers et les retraités détenant un gros patrimoine peu productif de revenus. Notre guide plafonnement de l'IFI à 75 % en explique tous les rouages.

Cas n° 2 — Bernard, 71 ans, veuf, rentier immobilier à Bordeaux

Patrimoine immobilier net taxable ..... 4 500 000 EUR

IFI brut (bareme art. 977) :
  800 000 -> 1 300 000 : 500 000 x 0,5 % =  2 500 EUR
  1 300 000 -> 2 570 000 : 1 270 000 x 0,7 % = 8 890 EUR
  2 570 000 -> 4 500 000 : 1 930 000 x 1 % = 19 300 EUR
  IFI brut .............................. 30 690 EUR

Plafonnement (art. 979) :
  Revenus mondiaux nets 2025 ............ 60 000 EUR
  75 % des revenus ...................... 45 000 EUR
  IR + prelevements sociaux dus 2025 .... 22 000 EUR
  Total impots + IFI = 22 000 + 30 690 = 52 690 EUR
  Exces au-dela de 75 % = 52 690 - 45 000 = 7 690 EUR
-----------------------------------------------------
IFI APRES PLAFONNEMENT = 30 690 - 7 690 = 23 000 EUR

Bernard économise 7 690 € grâce au plafonnement : son IFI passe de 30 690 à 23 000 €. Le mécanisme se déclenche parce que ses revenus (60 000 €) sont faibles au regard de son patrimoine. C'est un réflexe à ne jamais oublier pour les gros patrimoines à faibles revenus.

Le plafonnement joue quand les revenus sont faibles. À l'autre bout du spectre, le dirigeant à hauts revenus affronte d'autres questions : la SCI, les biens professionnels et les dettes.

9. SCI, SCPI et dettes : le cas du dirigeant

Le dirigeant qui détient son patrimoine via une SCI cumule les points de vigilance : il doit déclarer la valeur de ses parts (et non l'immeuble lui-même), distinguer ses biens professionnels exonérés de son patrimoine privé taxable, et manier les dettes avec prudence. Une décote d'illiquidité de 10 à 20 % peut réduire la valeur des parts de SCI, mais elle doit être justifiée ; la jurisprudence 2025 a d'ailleurs limité le cumul de décotes. Le guide SCI et IFI traite ces subtilités.

Les locaux affectés à l'exploitation de la société du dirigeant sont, sous conditions, exonérés au titre des biens professionnels (art. 975 CGI) et sortent de l'assiette : c'est un levier majeur pour le dirigeant. À l'inverse, la SCI patrimoniale qui loue des logements reste pleinement taxable.

Cas n° 3 — Sophie & Marc, 54 et 57 ans, dirigeants à Lyon (SCI et dettes)

SCI patrimoniale (locatif) :
  Actif immobilier ..................... 2 400 000 EUR
  - dette de la SCI ....................  -400 000 EUR
  = actif net ......................... 2 000 000 EUR
  Parts apres decote illiquidite 10 % .. 1 800 000 EUR
Residence principale (detenue en direct) . 900 000 EUR
  - abattement 30 % (art. 973) ........  -270 000 EUR
  = RP retenue ......................... 630 000 EUR
Emprunt RP restant (deductible art. 974)  -200 000 EUR
Locaux d'exploitation de leur societe :
  EXONERES (biens professionnels art. 975) -> exclus
-----------------------------------------------------
Assiette nette CORRECTE .............. 2 230 000 EUR
IFI du (bareme art. 977) :
  2 500 + 930 000 x 0,7 % ..............   9 010 EUR

PIEGE : deduire a tort le pret familial de 100 000 EUR
  -> assiette affichee 2 130 000 -> IFI 8 310 EUR
  -> rappel de 700 EUR + interets en cas de controle.

Sophie et Marc paient 9 010 € d'IFI. Deux réflexes les protègent : sortir de l'assiette les locaux professionnels (exonérés) et ne PAS déduire leur prêt familial, non déductible en principe (art. 974 II). Cette dette de complaisance déduite à tort aurait affiché un IFI plus faible, mais exposé à un redressement.

Payer le juste IFI, c'est bien. Le réduire légalement, c'est mieux — et il existe un levier particulièrement puissant.

10. Réduire son IFI : la réduction de 75 % au titre des dons

C'est le seul dispositif qui réduit directement l'IFI, euro contre euro… et à 75 %. L'article 978 du CGI permet de déduire de votre IFI 75 % du montant des dons consentis à certains organismes d'intérêt général, dans la limite de 50 000 € de réduction par an et par foyer. Un don de 10 000 € vous fait ainsi économiser 7 500 € d'IFI.

Sont éligibles les dons en numéraire ou en pleine propriété de titres cotés, versés notamment aux fondations reconnues d'utilité publique, aux établissements de recherche ou d'enseignement supérieur, aux structures d'insertion par l'activité économique, ou à des réseaux comme l'ADIE, Réseau Entreprendre et France Initiative. Attention : la fraction de réduction qui dépasse 50 000 € n'est ni remboursée, ni reportable sur l'année suivante.

Ne confondez pas les réductions pour dons

La réduction IFI-dons de 75 % (art. 978, plafond 50 000 €) est distincte de la réduction d'impôt sur le revenu pour dons (66 % ou 75 % selon l'organisme). Un même don ne peut pas être utilisé deux fois : vous devez choisir de l'imputer sur l'IFI ou sur l'IR. Le guide IFI et dons compare les deux voies pour arbitrer au mieux.

D'autres leviers structurels — démembrement, nue-propriété, arbitrages d'actifs — permettent de réduire durablement l'assiette ; ils sont réunis dans notre guide réduire son IFI. Encore faut-il, au moment de déclarer, éviter les fautes qui coûtent le plus cher.

11. Les erreurs classiques à éviter

Vous connaissez maintenant la mécanique ; reste à ne pas trébucher sur les pièges qui déclenchent un redressement. Cinq erreurs reviennent systématiquement en cabinet — chacune se chiffre de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros.

Les 5 pièges de la déclaration IFI

  1. Oublier la décote de 30 % sur la résidence principale. La RP n'est retenue que pour 70 % de sa valeur (art. 973). L'oubli gonfle l'assiette et peut faire perdre la décote de seuil.
  2. Déduire une dette non déductible. Prêt familial de complaisance, impôt sur le revenu, prélèvements sociaux, taxe d'habitation : ces dettes ne réduisent pas l'IFI (art. 974).
  3. Oublier les parts de SCI, de SCPI ou d'OPCI. Leur fraction immobilière est taxable (art. 965) : les omettre est une cause fréquente de rappel.
  4. Rater le plafonnement à 75 % des revenus. Les gros patrimoines à faibles revenus peuvent réduire fortement leur IFI (art. 979) — encore faut-il le demander.
  5. Confondre le seuil (1,3 M€) et le point de départ du barème (800 000 €), ou négliger la décote entre 1,3 et 1,4 M€, ce qui fausse le montant dû.

Les 3 choses à retenir

Synthèse en 3 points

  1. 1,3 M€ pour être assujetti, 800 000 € pour le barème. Le seuil décide de l'assujettissement ; une fois dedans, l'impôt se calcule tranche par tranche dès 800 000 € (art. 977), avec une décote entre 1,3 et 1,4 M€.
  2. Une assiette juste, ni plus ni moins. Abattement de 30 % sur la résidence principale, parts de SCI/SCPI bien déclarées, seules les dettes éligibles déduites (art. 974) : c'est la première protection contre le redressement.
  3. Deux leviers à ne pas oublier. Le plafonnement à 75 % des revenus (art. 979) pour les patrimoines peu productifs, et la réduction IFI-dons de 75 % jusqu'à 50 000 € (art. 978) pour agir directement sur l'impôt.
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Mentions légales — Hagnéré Patrimoine

Hagnéré Patrimoine — SAS, siège social 82 Impasse de Bellevue, 73000 Bassens. Téléphone : 03 74 47 20 18. Immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP) et courtier d'assurance (COA). Conseiller référent : Quentin Hagnéré.

Guide rédigé dans l'état du droit au 8 juillet 2026, sur la base des articles 964 à 983 du Code général des impôts et de la doctrine BOFiP série PAT-IFI. Impôt sur la fortune immobilière : seuil d'assujettissement 1 300 000 € (art. 964), barème art. 977, abattement résidence principale art. 973, dettes déductibles art. 974, plafonnement art. 979, réduction IFI-dons art. 978. Dernière mise à jour : 8 juillet 2026.

Questions fréquentes

FAQ — 11 questions de cabinet

Vous êtes assujetti à l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) si la valeur nette de votre patrimoine immobilier taxable dépasse 1 300 000 € au 1er janvier 2026 (art. 964 du CGI). Ce seuil s'apprécie au niveau du foyer fiscal, après déduction des dettes. En dessous, aucune déclaration IFI n'est due. Attention : le seuil s'apprécie sur le patrimoine net, mais si vous le franchissez, le barème se calcule dès 800 000 €.

C'est le piège le plus contre-intuitif de l'IFI. Le seuil d'entrée est fixé à 1 300 000 € (art. 964), mais une fois assujetti, le barème progressif de l'article 977 s'applique tranche par tranche à partir de 800 000 €, et non à partir de 1,3 million. Concrètement, la tranche de 800 000 à 1 300 000 € est taxée à 0,5 %, soit 2 500 € de base pour tout le monde. Vous ne payez donc pas seulement sur la fraction au-dessus de 1,3 million.

La résidence principale bénéficie d'un abattement de 30 % sur sa valeur vénale réelle au 1er janvier (art. 973 du CGI). Une maison estimée à 900 000 € n'est retenue que pour 630 000 € dans l'assiette. Un seul logement par foyer fiscal peut en bénéficier, et le bien doit être détenu en direct : un abattement identique n'est pas admis quand la résidence est détenue via une SCI (hors sociétés transparentes de l'art. 1655 ter). Oublier cet abattement est l'une des erreurs les plus coûteuses.

Sont déductibles les dettes existantes au 1er janvier 2026, à la charge du foyer et afférentes à des biens taxables (art. 974 du CGI) : emprunts pour l'acquisition des biens imposables, dépenses de travaux, de réparation et d'entretien, charges de copropriété impayées, et taxe foncière. Les prêts in fine sont déductibles mais avec un amortissement théorique linéaire reconstitué chaque année. Ne sont pas déductibles : l'impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux, la taxe d'habitation, et en principe les prêts familiaux.

En principe non. Les dettes contractées auprès d'un membre du foyer fiscal, d'un ascendant, d'un descendant, d'un frère ou d'une sœur, ou d'une société contrôlée par le contribuable, ne sont pas déductibles de l'IFI (art. 974 II du CGI). Elles peuvent le devenir uniquement si vous prouvez le caractère normal des conditions du prêt (taux, échéances, remboursement effectif). Déduire un prêt familial de complaisance est un motif de redressement fréquent.

Pour éviter un effet de seuil brutal, une décote s'applique automatiquement lorsque le patrimoine net taxable P est compris entre 1 300 000 et 1 400 000 € (art. 977). La formule est : décote = 17 500 € − 1,25 % × P. À 1 300 000 €, elle vaut 1 250 € ; à 1 350 000 €, 625 € ; à 1 400 000 €, elle devient nulle. Cette décote vient en diminution de l'IFI brut calculé par tranches. L'administration la calcule pour vous, mais vérifiez-la.

L'IFI se déclare sur le formulaire 2042-IFI, annexe à la déclaration de revenus, avec ses annexes de détail pour lister les biens et le passif. Les personnes non imposables à l'impôt sur le revenu utilisent la 2042-IFI-COV. Dates limites 2026 en ligne : 21 mai (départements 01 à 19), 28 mai (20 à 54), 4 juin (55 à 976) ; papier : 19 mai. Une tolérance permet de déposer jusqu'au 15 juin sans sanction. Le premier avis d'IFI est à payer pour le 15 septembre 2026.

Le total formé par l'IFI et par les impôts dus au titre des revenus de l'année précédente (IR, prélèvements sociaux, impôts étrangers) ne peut pas dépasser 75 % de vos revenus mondiaux nets de l'année précédente (art. 979 du CGI). Si ce total dépasse 75 % des revenus, l'excès vient en diminution de l'IFI. Ce mécanisme protège surtout les redevables dont le patrimoine immobilier est important mais dont les revenus sont faibles. Il n'est plus plafonné comme sous l'ancien ISF.

Oui. L'IFI taxe la valeur des immeubles détenus indirectement, via la fraction représentative d'immobilier des parts de SCI, de SCPI ou d'OPCI, et même via certaines unités de compte immobilières d'assurance-vie (art. 965 du CGI). Oublier de déclarer ces parts est une erreur répandue, car le contribuable pense à tort que seul l'immobilier détenu en direct compte. Une décote d'illiquidité de 10 à 20 % peut s'appliquer sur les parts de SCI, mais elle doit être justifiée et n'est pas cumulable à l'infini.

Les dons en numéraire ou en pleine propriété de titres cotés, consentis à certains organismes d'intérêt général (fondations reconnues d'utilité publique, établissements de recherche ou d'enseignement supérieur, structures d'insertion, ADIE, Réseau Entreprendre…), ouvrent droit à une réduction d'IFI égale à 75 % du don, dans la limite de 50 000 € par an et par foyer (art. 978 du CGI). Un don de 10 000 € réduit l'IFI de 7 500 €. La fraction excédant 50 000 € n'est ni remboursée ni reportable.

L'administration dispose d'un droit de reprise jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle de l'imposition (délai porté à six ans en cas de bien non déclaré). Une sous-évaluation, un oubli de parts de SCI, une dette non déductible déduite à tort ou l'omission de la décote de 30 % sur la résidence principale peuvent entraîner un rappel d'IFI, majoré d'intérêts de retard et, en cas de manquement délibéré, d'une majoration de 40 %. La rigueur sur l'évaluation et le passif est la meilleure protection.