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SCPI de rendement, crédit, usufruit, fiscalité ou assurance-vie : nous comparons les bonnes structures et les bons supports selon vos objectifs.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en allocation SCPI
Quentin Hagnéré accompagne les investisseurs sur la sélection de SCPI, les modes de détention, le recours au crédit et l'articulation avec l'assurance-vie, l'IFI et la retraite.
Sommaire
- 1. Capital fixe ou variable : que comprendre en 30 secondes ?
- 2. Capital variable : comment fonctionnent souscription et retrait ?
- 3. Capital fixe : comment se forme le prix sur le marché secondaire ?
- 4. Capital fixe ou variable : le tableau comparatif
- 5. Prix de souscription et valeur de reconstitution : la règle des ±10 %
- 6. Décote et surcote : faut-il acheter une SCPI décotée ?
- 7. Le délai de jouissance : quand vos loyers commencent-ils ?
- 8. Frais de souscription : pourquoi 8 à 12 % changent tout
- 9. Laquelle choisir selon votre objectif ? 3 cas chiffrés
- 10. Les erreurs classiques à éviter
- FAQ — 10 questions de cabinet
- Les 3 choses à retenir
À retenir en 30 secondes
- Deux formes juridiques : en capital variable, la société de gestion émet et rachète les parts au prix qu'elle fixe ; en capital fixe, on achète et on revend sur un marché secondaire par confrontation des ordres.
- Le prix ne se forme pas pareil : prix de souscription encadré (± 10 % de la valeur de reconstitution) en variable ; prix d'exécution flottant, avec décote ou surcote, en fixe.
- Trois points de vigilance : la liquidité n'est jamais garantie, les frais de souscription (8 à 12 %) s'encaissent à la sortie, et le délai de jouissance retarde vos premiers loyers de plusieurs mois.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d'achat au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Investir en SCPI comporte un risque de perte en capital, un risque de liquidité (la revente des parts n'est pas garantie et peut prendre du temps) et des revenus non garantis, qui dépendent de la conjoncture immobilière et locative.
Les chiffres et cas présentés s'appuient sur des ordres de grandeur de marché et sur l'état du droit au 8 juillet 2026 ; ils sont fournis à titre pédagogique. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour une analyse adaptée à votre situation, un bilan patrimonial personnalisé chez Hagnéré Patrimoine est recommandé.
Mis à jour le 8 juillet 2026 — Cadre juridique et données mobilisés
Guide rédigé dans l'état du droit au 8 juillet 2026, à partir du Code monétaire et financier, de la doctrine de l'AMF (Autorité des marchés financiers) et des données de marché de l'ASPIM (Association française des sociétés de placement immobilier).
- Code monétaire et financier : dispositions communes aux SCPI aux articles L. 214-86 à L. 214-125, dont les dispositions particulières aux SCPI aux articles L. 214-114 à L. 214-118 (art. L. 214-114 : objet de la SCPI).
- Capital variable et retrait : art. L. 214-93 (variabilité du capital, mécanisme de retrait, seuil des demandes non satisfaites déclenchant l'information de l'AMF et une assemblée générale).
- Prix et marché secondaire : art. L. 214-94 (prix de souscription déterminé sur la base de la valeur de reconstitution, écart supérieur à 10 % justifié et notifié à l'AMF ; carnet d'ordres et confrontation des SCPI à capital fixe).
- Données de marché (observées, non prédictives) : taux de distribution moyen ASPIM de 4,72 % en 2024 et 4,91 % en 2025 ; décotes marquées sur le marché secondaire des SCPI de bureaux (25 à 35 %) en 2025-2026. Chiffres passés, sans valeur de prévision.
1. Capital fixe ou variable : que faut-il comprendre en 30 secondes ?
Une SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) collecte l'argent d'épargnants pour acheter des immeubles et leur reverser les loyers. Mais toutes ne fonctionnent pas de la même façon quand il s'agit d'entrer et de sortir. C'est là que se joue la différence entre capital variable et capital fixe — et c'est cette mécanique, plus que le nom de la SCPI, qui décide de votre liquidité et parfois de votre prix d'achat.
En une phrase : dans une SCPI à capital variable, la société de gestion fabrique de nouvelles parts quand vous souscrivez et vous les rachète quand vous partez, à un prix qu'elle affiche. Dans une SCPI à capital fixe, le nombre de parts est figé : pour acheter ou vendre, vous devez trouver une contrepartie sur un marché secondaire, où le prix se forme par confrontation des ordres. Le tableau ci-dessous pose les repères.
| Capital variable | Capital fixe | |
|---|---|---|
| Nombre de parts | Évolue en continu (création / rachat) | Fixe entre deux augmentations de capital |
| Pour entrer | Souscription au prix de souscription | Achat sur le marché secondaire |
| Pour sortir | Retrait au prix de retrait | Vente sur le marché secondaire |
| Qui fixe le prix ? | La société de gestion | La confrontation de l'offre et de la demande |
| Poids sur le marché | Très majoritaire aujourd'hui | Minoritaire |
Retenez surtout ceci : la forme du capital n'est pas un détail administratif, c'est le moteur de la liquidité. Dans les deux cas, la SCPI reste un placement de long terme, avec un risque de perte en capital et un risque de liquidité. Voyons maintenant chaque mécanique de près, en commençant par la plus répandue.
2. Capital variable : comment fonctionnent la souscription et le retrait ?
C'est la forme que vous croiserez neuf fois sur dix. Dans une SCPI à capital variable, le capital respire : il grossit à chaque souscription, il se réduit à chaque retrait. La société de gestion joue le rôle de teneur de marché en émettant des parts nouvelles pour les entrants et en rachetant celles des sortants, dans les limites fixées par les statuts.
Vous souscrivez au prix de souscription, affiché par la société de gestion et le même pour tous. Pour sortir, vous demandez un retrait : vos parts vous sont remboursées au prix de retrait, égal au prix de souscription diminué de la commission de souscription. L'écart entre les deux, c'est le coût d'entrée que vous ne payez, en réalité, qu'à la sortie. Pour le pas-à-pas complet de l'opération, voyez notre guide comment souscrire des SCPI.
Le point qui fâche : cette liquidité n'est pas inconditionnelle. Un retrait n'est honoré que s'il existe une contrepartie, c'est-à-dire une souscription nouvelle qui vient compenser votre sortie (ou un fonds de remboursement, quand la SCPI en a constitué un). Tant que la collecte dépasse les retraits, tout roule. Quand elle se tarit, les demandes de retrait s'empilent.
Le garde-fou de l'article L. 214-93 CMF
Le Code monétaire et financier organise une alerte. Lorsque les demandes de retrait non satisfaites depuis douze mois atteignent un seuil significatif des parts (de l'ordre de 10 %), la société de gestion doit en informer sans délai l'AMF et convoquer une assemblée générale, pour décider de mesures (cession d'immeubles, révision du prix, etc.). C'est exactement ce mécanisme qui s'est déclenché sur plusieurs SCPI de bureaux en 2023-2024. La leçon : en capital variable, la liquidité dépend de la santé de la collecte, pas d'une promesse.
À l'opposé de ce système fermé sur la société de gestion, le capital fixe confie la formation du prix à un véritable marché. C'est une autre philosophie.
3. Capital fixe : comment se forme le prix sur le marché secondaire ?
Ici, pas de guichet ouvert en permanence. Le capital de la SCPI est fixe : il n'augmente que par paliers, lors d'augmentations de capital décidées ponctuellement. Entre deux paliers, aucune part nouvelle n'est créée. Pour acheter ou vendre, vous entrez sur le marché secondaire, un carnet d'ordres tenu par la société de gestion, plus proche d'un mini-marché boursier que d'un guichet.
Le fonctionnement : les vendeurs déposent un ordre avec un prix minimum acceptable, les acheteurs un ordre avec un prix maximum. À intervalles réguliers — la périodicité de confrontation va réglementairement d'un jour ouvré à trois mois, en pratique souvent une à quatre fois par mois selon la SCPI — la société de gestion procède à la confrontation des ordres. Le prix d'exécution retenu est celui qui permet d'échanger le plus grand nombre de parts : tous les ordres compatibles avec ce prix sont servis, les autres restent en attente.
Comment se fixe le prix d'exécution (capital fixe)
Confrontation periodique du carnet d'ordres : Vendeurs -> prix minimum accepte (offre) Acheteurs -> prix maximum accepte (demande) Prix d'execution = prix qui MAXIMISE le nombre de parts echangees a la seance. Plus de vendeurs que d'acheteurs -> le prix baisse Plus d'acheteurs que de vendeurs -> le prix monte
Le prix d'une SCPI à capital fixe n'est pas décrété par la société de gestion : il est le résultat de l'offre et de la demande. C'est ce qui le rend volatil, et ce qui ouvre la porte à la décote comme à la surcote.
Conséquence directe : le prix de la part flotte. S'il s'établit sous la valeur de réalisation par part (la valeur d'expertise des immeubles augmentée de la trésorerie), on parle de décote ; s'il la dépasse, de surcote. Cette respiration est absente du capital variable, où le prix est administré. Le carnet d'ordres et sa confrontation sont encadrés par le Code monétaire et financier (art. L. 214-94). Pour vendre concrètement dans ce cadre, notre guide vendre ses parts sur le marché secondaire détaille les étapes.
Vous avez maintenant les deux mécaniques en tête. Mettons-les face à face, critère par critère.
4. Capital fixe ou variable : le tableau comparatif
Voici la vue d'ensemble que réclament la plupart de nos clients avant d'arbitrer. Elle ne dit pas quelle forme est « supérieure » — aucune ne l'est dans l'absolu —, mais elle montre ce que chacune implique concrètement pour vous.
| Critère | Capital variable | Capital fixe |
|---|---|---|
| Souscription (entrée) | Prix de souscription fixé par la société de gestion, montant libre | Achat sur le marché secondaire, selon les ordres disponibles |
| Retrait / revente | Retrait au prix de retrait, si contrepartie | Vente au prix d'exécution de la confrontation |
| Formation du prix | Encadré (±10 % de la valeur de reconstitution) | Confrontation de l'offre et de la demande |
| Décote / surcote possible ? | Non sur le prix affiché ; baisse de prix possible en cas de crise | Oui, structurellement (décote ou surcote) |
| Liquidité | Bonne si la collecte est soutenue ; en attente sinon | Dépend de la profondeur du carnet d'ordres |
| Rythme de sortie | En continu, sous réserve de contrepartie | À la périodicité des séances de confrontation |
| Opportunité de prix bas | Rare (prix administré) | Possible via une décote sur le secondaire |
| Profil type | Revenus réguliers, simplicité | Investisseur averti, chasseur de décote |
Deux enseignements. D'abord, le capital variable privilégie la simplicité et la régularité : prix connu, montant libre, sortie fluide en régime normal. Ensuite, le capital fixe ouvre un terrain de jeu à qui sait lire un marché : la décote peut représenter une opportunité, au prix d'une plus grande technicité et d'une liquidité tributaire du carnet d'ordres.
Un critère mérite qu'on s'y arrête, car il conditionne à la fois le prix que vous payez et la protection dont vous bénéficiez : la valeur de reconstitution.
Capital fixe ou variable : quelle SCPI pour votre objectif ?
Revenu de long terme, opportunité de décote, priorité à la liquidité : un CGP Hagnéré Patrimoine analyse la valeur de reconstitution, le délai de jouissance et les frais réels avant de vous positionner, et calibre la diversification adaptée à votre situation. Bilan personnalisé offert, 30 minutes, sans engagement.
5. Prix de souscription et valeur de reconstitution : la règle des ± 10 %
Beaucoup d'épargnants confondent le prix qu'ils paient avec la valeur de ce qu'ils achètent. Trois valeurs coexistent, et les distinguer évite bien des mauvaises surprises. La valeur de réalisation est la valeur d'expertise du patrimoine (immeubles réévalués chaque année, plus la trésorerie). La valeur de reconstitution y ajoute ce qu'il faudrait dépenser pour refabriquer cette SCPI aujourd'hui : droits et frais d'acquisition des immeubles, et commission de souscription. Enfin, le prix de souscription est ce que vous payez réellement.
| Valeur | Ce qu'elle mesure | À quoi elle sert |
|---|---|---|
| Valeur de réalisation | Expertise des immeubles + trésorerie | Photographie du patrimoine net |
| Valeur de reconstitution | Réalisation + frais d'acquisition + commission | Coût de recréation, base du prix |
| Prix de souscription | Prix payé par le souscripteur | Doit rester à ±10 % de la reconstitution |
La règle protectrice tient dans l'article L. 214-94 du Code monétaire et financier : le prix de souscription est déterminé sur la base de la valeur de reconstitution, et tout écart supérieur à 10 % doit être justifié par la société de gestion et notifié à l'AMF. En clair, une SCPI ne peut pas vendre ses parts durablement bien au-dessus de la valeur réelle de son patrimoine : si le prix décroche de plus de 10 % au-dessus, elle doit le baisser ; s'il est plus de 10 % en dessous, elle doit le relever. Depuis 2025, cette valeur de reconstitution est réexaminée au moins tous les six mois. On développe ce calcul dans le guide valeur de reconstitution SCPI.
Pourquoi une SCPI baisse-t-elle le prix de sa part ?
Quand la valeur des immeubles chute (comme pour les bureaux depuis 2023), la valeur de reconstitution baisse. Si le prix de souscription se retrouve plus de 10 % au-dessus, la société de gestion doit le corriger : c'est la mécanique derrière les baisses de prix de part observées ces dernières années. Nous l'expliquons en détail dans pourquoi une SCPI baisse le prix de sa part. Ce n'est pas un aléa : c'est un ajustement encadré, qui rappelle que le capital n'est pas garanti.
En capital fixe, ce garde-fou des ± 10 % ne s'applique pas au prix d'exécution : c'est le marché qui décide, et l'écart avec la valeur de réalisation peut être bien plus large. D'où la question qui obsède les chasseurs de bonnes affaires.
6. Décote et surcote : faut-il acheter une SCPI décotée ?
Sur le marché secondaire, il arrive qu'une part s'échange à 150 € alors que la valeur de réalisation par part est de 200 €. Une décote de 25 % : l'odeur de la bonne affaire. Est-ce vraiment une ? Parfois. Pas toujours. C'est même l'une des questions les plus mal posées de l'investissement en pierre-papier.
Ce que la décote apporte, sur le papier : vous payez le patrimoine moins cher que sa valeur d'expertise, ce qui augmente mécaniquement le rendement rapporté à votre prix d'achat (le même loyer, divisé par un prix plus bas, donne un taux plus élevé) et laisse un potentiel de rattrapage si le prix se rapproche un jour de la valeur de réalisation. Ce que la décote peut cacher : une baisse réelle et durable de la valeur des immeubles, une SCPI en difficulté de gestion ou d'endettement, ou simplement un déficit d'acheteurs qui écrase les prix. Le rattrapage n'a rien d'automatique et n'est jamais garanti.
Cas n° 2 — Sofiane, 42 ans, investisseur opportuniste sur une SCPI à capital fixe décotée
SCPI a capital fixe (marche secondaire) : Valeur de realisation par part ........ 200 EUR Prix d'execution (carnet d'ordres) .... 150 EUR Decote = (200 - 150) / 200 = 25 % Dividende par part observe (annee N-1) ..... 9 EUR Rendement sur cout = 9 / 150 = 6,0 % (contre 9 / 200 = 4,5 % au prix "plein") Potentiel de rattrapage si retour a 200 EUR : (200 - 150) / 150 = +33 % (NON garanti)
La décote de 25 % fait passer le rendement sur coût de 4,5 % à 6,0 % et ouvre un potentiel de +33 %. Mais ce potentiel suppose que la décote soit conjoncturelle, pas structurelle : Sofiane doit d'abord comprendre pourquoi les vendeurs bradent, avant d'y voir une opportunité.
La règle du praticien : une décote n'est une opportunité que si sa cause est temporaire (manque d'acheteurs passager) et non structurelle (patrimoine qui vaut durablement moins). Cela suppose de lire le rapport annuel de la SCPI, d'examiner l'endettement, le taux d'occupation et la qualité des immeubles. Acheter une décote « à l'aveugle » revient à parier, pas à investir. Et avant tout cela, il faut savoir quand vos loyers commenceront.
7. Le délai de jouissance : quand vos loyers commencent-ils ?
Vous avez souscrit, l'argent est parti : vos loyers tombent-ils dès le lendemain ? Non. Entre votre souscription et le premier euro de revenu, il s'écoule un délai de jouissance, fréquemment de l'ordre de trois à six mois (indicatif, propre à chaque SCPI). C'est un paramètre qui concerne surtout le capital variable, où l'on souscrit des parts nouvellement créées.
À quoi sert ce délai ? À laisser à la société de gestion le temps d'investir votre capital dans de nouveaux immeubles. Sans lui, votre argent fraîchement collecté diluerait le rendement des associés déjà en place, puisqu'il ne produirait pas encore de loyers tout en donnant droit à une quote-part. Le délai de jouissance protège donc la performance du collectif — mais il ampute votre rendement de la première année.
Effet du délai de jouissance sur la première année
Souscription le 1er janvier Delai de jouissance : 5 mois -> Parts productives a partir du 1er juin Sur l'annee 1, vous percevez ~7 mois de loyers au lieu de 12. Regle : le taux de distribution affiche est ANNUEL et PLEIN. La 1re annee, votre rendement reel est mecaniquement plus faible a cause du delai.
Un taux de distribution de 5 % ne se traduit pas par 5 % la première année si vous avez subi cinq mois de délai de jouissance. C'est un point que beaucoup d'épargnants découvrent trop tard, en comparant leur premier relevé au taux affiché.
Le délai de jouissance et les frais d'entrée expliquent, ensemble, pourquoi la SCPI est un placement de long terme : il faut plusieurs années pour amortir le coût d'entrée et retrouver un rendement de croisière. Ce qui nous amène au poste de coût le plus sous-estimé.
8. Frais de souscription : pourquoi 8 à 12 % changent tout
C'est le chiffre qui refroidit — et qu'on ne voit pourtant jamais sur son relevé. La commission de souscription d'une SCPI se situe le plus souvent entre 8 et 12 % du prix de la part. Sa particularité : elle n'est pas prélevée à l'entrée comme des frais visibles. Elle est intégrée au prix de souscription et ne se matérialise qu'à la sortie, par l'écart entre le prix de souscription et le prix de retrait.
Traduction concrète : si vous revendez trop tôt, vous encaissez la totalité de ces frais sans avoir eu le temps de les amortir par les loyers. C'est ce que montre le premier cas, celui d'un investisseur de long terme.
Cas n° 1 — Martine & Bernard, 58 et 61 ans, revenu de long terme en SCPI à capital variable
Investissement ............................ 60 000 EUR Prix de souscription ...................... 250 EUR/part -> Nombre de parts = 60 000 / 250 = 240 parts Commission de souscription ~10 % -> Prix de retrait = 250 x (1 - 0,10) = 225 EUR Sortie IMMEDIATE (theorique) : 240 x 225 = 54 000 EUR -> -6 000 EUR (les frais) Distribution annuelle (TD observe ASPIM 2025 : 4,91 %, performance passee, NON garantie) : 4,91 % x 60 000 = 2 946 EUR brut / an
Les 6 000 € de frais (10 %) sont perdus si Martine et Bernard sortent tout de suite. Étalés sur un horizon long, ils s'effacent : avec ~2 946 € de distribution brute annuelle observée, le coût d'entrée s'amortit en quelques années. La SCPI récompense la durée, jamais l'impatience.
Le taux de distribution (TD) est le loyer annuel net rapporté au prix de la part ; il est observé, jamais promis. L'ASPIM a constaté un TD moyen de 4,72 % en 2024 et 4,91 % en 2025 : ce sont des moyennes passées, sans valeur de prévision. Sur la mécanique des frais et du rendement, appuyez-vous sur nos guides frais de SCPI et rendement des SCPI.
Une nuance de marché : certaines SCPI récentes affichent des frais d'entrée réduits, voire nuls, souvent compensés par des frais de gestion plus élevés prélevés dans la durée. L'affichage « 0 % de frais » ne signifie donc pas « gratuit » : il faut comparer le coût complet sur votre horizon, pas seulement le ticket d'entrée. Assez de théorie : passons aux trois profils qui structurent une décision.
9. Laquelle choisir selon votre objectif ? 3 cas chiffrés
Il n'y a pas de forme « gagnante » dans l'absolu : il y a la forme adaptée à votre objectif. Trois profils reviennent en cabinet, et chacun penche naturellement d'un côté. Nous avons déjà rencontré Sofiane (le chasseur de décote, section 6) et Martine & Bernard (le revenu de long terme, section 8). Reste le troisième réflexe : la liquidité.
Cas n° 3 — Amélie, 34 ans, priorité à la liquidité, SCPI à capital variable en forte collecte
Investissement ............................ 15 000 EUR Prix de souscription ...................... 200 EUR/part -> Nombre de parts = 15 000 / 200 = 75 parts Prix de retrait = 200 x (1 - 0,10) = 180 EUR Retrait immediat (SI contrepartie acheteuse) : 75 x 180 = 13 500 EUR Cout de la liquidite = 1 500 EUR (les 10 % de frais) Point cle : cette liquidite depend de la COLLECTE. En cas de retournement, le retrait peut rester EN ATTENTE.
Amélie accepte de perdre 1 500 € (les frais) si elle sort tôt, mais surtout elle comprend que sa capacité à sortir n'est pas garantie. Elle choisit une SCPI en forte collecte pour maximiser ses chances de contrepartie — sans jamais confondre cette souplesse avec la liquidité d'un livret.
Le verdict par profil, sans détour :
| Votre objectif | Forme qui penche | Pourquoi |
|---|---|---|
| Revenu régulier de long terme | Capital variable | Souscription simple, montant libre, réinvestissement facile |
| Acheter en décote / opportunité | Capital fixe | Le marché secondaire permet d'acheter sous la valeur de réalisation |
| Pouvoir sortir plus facilement | Capital variable en forte collecte | Retraits compensés par les souscriptions, tant que la collecte tient |
Une précision qui vaut pour les trois : quelle que soit la forme, la diversification reste la première protection. Détenir plusieurs SCPI de gestionnaires, de secteurs et de zones différents amortit le risque propre à chacune — un sujet traité dans combien de SCPI détenir pour diversifier. Et parce qu'aucun de ces choix n'est neutre, un dernier détour par les pièges s'impose.
10. Les erreurs classiques à éviter
Vous maîtrisez désormais les deux mécaniques ; reste à ne pas trébucher sur les pièges qui les annulent. Quatre erreurs reviennent systématiquement, et chacune peut coûter cher — en argent ou en illusions.
Les 4 pièges du choix capital fixe / variable
- Croire que le secondaire (capital fixe) est toujours liquide. La vente n'a lieu qu'à la confrontation, et seulement si un acheteur se présente au bon prix. Sans contrepartie, vous attendez — parfois des mois.
- Ignorer la décote ou la surcote. Acheter en surcote, c'est payer plus cher que la valeur du patrimoine ; croire qu'une décote est toujours une aubaine, c'est oublier qu'elle peut refléter une perte de valeur durable. On analyse la cause avant de conclure.
- Confondre prix de retrait et prix de la part. En capital variable, on sort au prix de retrait, inférieur au prix de souscription de la commission (8 à 12 %). Compter sur le prix de souscription pour estimer sa sortie, c'est surévaluer son capital.
- Négliger les frais de souscription (8 à 12 %). Intégrés au prix, ils s'encaissent à la sortie et rendent tout aller-retour rapide perdant. La SCPI se conçoit sur un horizon long, après avoir mesuré tous les risques des SCPI.
Ces quatre pièges ont un dénominateur commun : ils naissent d'une lecture trop rapide, qui prend un prix affiché pour une valeur acquise et une souplesse pour une garantie. La SCPI récompense la rigueur, pas la précipitation.
Les 3 choses à retenir
Synthèse en 3 points
- Deux mécaniques, pas une hiérarchie. Le capital variable fixe le prix et rachète les parts (simplicité, revenus) ; le capital fixe confie le prix à un marché secondaire par confrontation (décote, surcote, technicité). Le choix suit l'objectif, pas une supposée supériorité.
- Le prix n'est pas la valeur. Prix de souscription encadré à ± 10 % de la valeur de reconstitution en variable ; prix d'exécution flottant, avec décote ou surcote sur la valeur de réalisation, en fixe. Sortir se fait au prix de retrait, minoré des frais.
- Long terme et risques assumés. Frais de souscription de 8 à 12 %, délai de jouissance de quelques mois, liquidité non garantie : la SCPI comporte un risque de perte en capital et de liquidité, et ses revenus, issus de loyers, ne sont pas garantis. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Pour situer ces deux formes dans l'ensemble de la classe d'actifs, revenez au guide pilier SCPI : choix de l'enveloppe, fiscalité, sélection et stratégie s'y articulent. Et si vous voulez trancher pour votre cas précis, parlons-en.
SCPI : la bonne forme, au bon prix, pour votre objectif
Un CGP Hagnéré Patrimoine, membre CNCEF Patrimoine, analyse la valeur de reconstitution, la décote éventuelle, les frais réels et le délai de jouissance avant de vous positionner — capital fixe ou variable, en direct ou en assurance-vie. Sélection indépendante, 30 minutes, sans engagement.
Mentions légales — Hagnéré Patrimoine
Hagnéré Patrimoine — SAS, siège social 7 rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry. Immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP) et courtier d'assurance (COA). Contact : 03 74 47 20 18.
Article informatif rédigé dans l'état du droit au 8 juillet 2026, à partir du Code monétaire et financier (dispositions relatives aux SCPI, art. L. 214-86 à L. 214-125, dont L. 214-93, L. 214-94 et L. 214-114 à L. 214-118) et de la doctrine de l'AMF. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Investir en SCPI comporte un risque de perte en capital et un risque de liquidité ; les revenus ne sont pas garantis et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Dernière mise à jour : 8 juillet 2026.

