Construisez votre stratégie SCPI avec un expert indépendant
SCPI de rendement, crédit, usufruit, fiscalité ou assurance-vie : nous comparons les bonnes structures et les bons supports selon vos objectifs.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en allocation SCPI
Quentin Hagnéré accompagne les investisseurs sur la sélection de SCPI, les modes de détention, le recours au crédit et l'articulation avec l'assurance-vie, l'IFI et la retraite.
Sommaire
- 1. Qu'est-ce qu'une SCPI de plus-values (ou de capitalisation) ?
- 2. Comment une SCPI de plus-values crée-t-elle de la valeur ?
- 3. Quelle fiscalité pour une SCPI de capitalisation ?
- 4. Rendement ou plus-values : quelles différences concrètes ?
- 5. À qui s'adresse une SCPI de plus-values ?
- 6. Quels risques avant d'investir ?
- 7. Comment se lancer et quelles alternatives ?
1. Qu'est-ce qu'une SCPI de plus-values (ou de capitalisation) ?
Guide rédigé le 5 juin 2026 — par Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine (CIF, COA, COBSP — adhérent CNCEF Patrimoine). À jour de la fiscalité des plus-values immobilières applicable en 2026. Analyse générique du type de SCPI, sans référence à un produit ni à une société de gestion.
⚠️ Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Aucune société civile de placement immobilier ni société de gestion n'est citée : il s'agit d'une analyse générique du type de SCPI. Les informations sont à jour à la date de publication mais la réglementation et le marché peuvent évoluer. Pour une analyse adaptée à votre cas, nous vous recommandons de solliciter un bilan patrimonial personnalisé.
⚠️ Risques produits financiers
Les SCPI comportent un risque de perte en capital, un risque de liquidité (le rachat de parts dépend du marché secondaire et peut prendre du temps), un risque locatif et de marché, une sensibilité au cycle immobilier ainsi qu'aux taux d'intérêt. La valorisation du capital n'est ni garantie ni connue à l'avance : le prix de la part peut stagner ou baisser, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'horizon de placement recommandé est long (8 à 15 ans et plus).
À retenir en 60 secondes
- 🎯 Une SCPI de plus-values vise la valorisation du capital, pas la distribution de revenus : le gain se matérialise à la revente des parts.
- 🔁 Logique miroir de la SCPI de rendement : ici, distribution faible ou nulle, là, distribution régulière des loyers.
- 🏗️ Stratégie de décote : biens sous-évalués à fort potentiel et levier du démembrement (nue-propriété, aucun revenu pendant 5 à 15 ans).
- 📜 Fiscalité à la sortie: plus-value immobilière des particuliers (art. 150 UB CGI), 19 % d'IR + 17,2 % de PS, avec abattements de durée.
- 👤 Pour qui : contribuable fortement imposé (TMI 41/45 %) sans besoin de revenu courant, en phase de constitution de capital.
Une SCPI de plus-values— que l'on rencontre aussi sous les appellations SCPI de capitalisation ou SCPI de valorisation — est une société civile de placement immobilier dont l'objectif premier est de faire croître la valeur de son patrimoine, et donc le prix de la part, plutôt que de distribuer des revenus à ses associés. Là où la SCPI de rendement reverse la quasi-totalité des loyers encaissés sous forme de dividendes réguliers, la SCPI de plus-values distribue peu ou rien : la performance se construit dans le temps et ne se concrétise qu'à la revente des parts, sous forme de plus-value. Chez Hagnéré Patrimoine, nous abordons ce sujet comme l'analyse d'un type de SCPI, et non comme un comparatif de produits.
Le mot « capitalisation » dit l'essentiel : au lieu de servir un revenu courant, la société réinvestit, restructure ses actifs et mise sur leur revalorisation. Ce fonctionnement rappelle, dans l'univers boursier, la différence entre un fonds de distribution et un fonds de capitalisation. Attention toutefois : il ne s'agit pas d'une catégorie juridiquedéfinie par le Code général des impôts, mais d'une catégorisation de marché. Le type reste rare et minoritaire: l'univers des SCPI est très largement dominé par les véhicules de rendement, et les contours d'une « SCPI de plus-values » sont parfois flous d'un acteur à l'autre.
Capitalisation, valorisation, plus-values : trois mots pour la même logique
Les expressions SCPI de capitalisation, SCPI de valorisation et SCPI de plus-values désignent le même type de véhicule : une SCPI qui privilégie la croissance de la valeur du patrimoine (et du prix de la part) plutôt que la distribution de loyers. Le gain visé est une plus-valueà la revente, et non un dividende régulier. Ce n'est ni une promesse de gain ni un régime fiscal réservé : la fiscalité dépendra du flux réel (revenus distribués ou gain de cession), comme on le verra plus loin.
Rendement contre plus-values : deux philosophies opposées
Pour bien situer ce type, le plus clair est de le mettre face à son opposé. Le tableau ci-dessous donne un premier aperçu des deux logiques ; nous y reviendrons en détail à la section 4. La règle simple à retenir : la SCPI de rendement transforme l'immobilier en revenu courant, la SCPI de plus-values le transforme en capital différé.
| Aspect | SCPI de rendement | SCPI de plus-values |
|---|---|---|
| Objectif premier | Revenu courant régulier | Valorisation du capital |
| Distribution | Quasi-totalité des loyers | Faible ou nulle |
| Où vient le gain | Dividendes périodiques | Plus-value à la revente |
| Horizon | Moyen à long terme | Long terme impératif |
Cette opposition de philosophies se traduit concrètement par une autre façon d'acheter et de gérer les immeubles. Pour comprendre comment une SCPI de plus-values espère créer de la valeur, il faut entrer dans sa stratégie d'actifs.
2. Comment une SCPI de plus-values crée-t-elle de la valeur ?
Toute la mécanique d'une SCPI de capitalisation repose sur une idée : acheter un patrimoine pour moins que son potentiel, puis le faire revaloriser. Deux grands leviers se combinent — l'acquisition de biens décotés et le recours au démembrement. Aucun de ces leviers ne garantit la valorisation : ils visent un potentiel, jamais un résultat acquis.
Acheter décoté : la stratégie du potentiel caché
Le premier levier consiste à acquérir des immeubles sous-évalués ou décotés présentant un potentiel de revalorisation. Les exemples classiques sont les biens à loyers bloqués (notamment ceux soumis à un régime ancien de plafonnement comme la « loi de 1948 »), dont le loyer en place est très inférieur au marché et qui se revalorisent à la libération du logement, ou les biens à restructurerque l'on rénove pour les relouer au prix de marché. La SCPI mise alors sur la reconstitution progressive de la valeur, plus que sur le loyer immédiat. Cette stratégie est souventà dominante résidentielle et concentrée sur Paris et l'Île-de-France — c'est une tendance fréquente, mais pas une règle absolue : chaque société de gestion définit sa propre approche.
Le démembrement : capitaliser sans percevoir de revenu
Le second levier est le démembrement de propriété. Acquérir la nue-propriété de parts revient à acheter avec une décote le droit de récupérer la pleine propriété à une échéance fixée (souvent 5 à 15 ans), tandis qu'un usufruitier perçoit les revenus pendant cette période. Le nu-propriétaire ne touche aucun revenudurant le démembrement, mais il achète moins cher et récupère la pleine propriété au terme, sans imposition sur la reconstitution. C'est une façon très cohérente de capitaliser. Pour approfondir ce mécanisme, voir nos guides dédiés à la nue-propriété de SCPI et à l'usufruit de SCPI.
Décote de nue-propriété — des ordres de grandeur, pas un barème
La décote dépend de la durée du démembrement et de la clé de répartition retenue par la société de gestion. À titre purement indicatif, les sources de marché évoquent des décotes de l'ordre de 11 à 27 % pour 5 ans, 14 à 43 % pour 10 ans et 18 à 50 % pour 15 ans — des fourchettes à vérifier au cas par cas, jamais un barème universel. Pendant le démembrement, le nu-propriétaire ne perçoit aucun revenu et la nue-propriété temporaire à titre onéreux est, en principe, hors de l'assiette de l'IFI du nu-propriétaire (art. 968 du CGI : l'usufruitier est imposé sur la valeur en pleine propriété) — sous réserve des cas particuliers (par exemple un démembrement issu d'une succession).
| Durée du démembrement | Décote indicative (à vérifier) | Revenu perçu |
|---|---|---|
| 5 ans | ≈ 11 à 27 % (ordre de grandeur) | Aucun |
| 10 ans | ≈ 14 à 43 % (ordre de grandeur) | Aucun |
| 15 ans | ≈ 18 à 50 % (ordre de grandeur) | Aucun |
Les décotes ci-dessus sont des ordres de grandeur indicatifs issus de sources secondaires, variables selon la société de gestion et la durée. Elles ne constituent ni un barème officiel ni une promesse de gain : la valorisation finale dépend de l'évolution du patrimoine et n'est pas garantie.
Capitaliser plutôt que percevoir : est-ce adapté à votre situation ?
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3. Quelle fiscalité s'applique à une SCPI de capitalisation ?
C'est le cœur du sujet — et la source de la plupart des malentendus. Premier réflexe à corriger : il n'existe aucun régime fiscal spécifiqueréservé aux « SCPI de plus-values ». La fiscalité ne dépend pas de l'étiquette commerciale, mais du flux réel: ce qui est distribué relève des revenus fonciers, ce qui est encaissé à la revente relève des plus-values immobilières. C'est précisément ce décalage des flux qui rend ce type intéressant pour certains contribuables.
Pendant la détention : peu de revenus, donc peu d'impôt courant
Les revenus distribués par une SCPI détenant ses immeubles en France sont imposés en revenus fonciers(art. 14 et suivants du CGI), au barème progressif de l'impôt sur le revenu (selon la TMI) auxquels s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. Or une SCPI de capitalisation distribue peu ou rien : la base imposable en revenus fonciers est donc faible ou nulleannée après année. Pour un contribuable dont la tranche marginale est élevée, c'est l'atout central : capitaliser évite d'alourdir chaque année son impôt sur le revenu. En démembrement (nue-propriété), c'est encore plus net : aucun revenu n'est perçu, donc aucun revenu foncier à déclarer pendant toute la durée.
À la revente des parts : le régime des plus-values immobilières
C'est au moment de la cession que la fiscalité se concentre. Les parts de SCPI étant des titres de sociétés à prépondérance immobilière (BOFiP BOI-RFPI-SPI-10-20), leur cession relève du régime des plus-values immobilières des particuliers : l'article 150 UB du CGIrenvoie aux règles de l'article 150 U applicables aux immeubles. La plus-value (prix de cession diminué du prix d'acquisition et des frais) est alors taxée à 19 % au titre de l'impôt sur le revenu (art. 200 B du CGI) et à 17,2 % de prélèvements sociaux (art. L. 136-7 du Code de la sécurité sociale), soit 36,2 % avant abattements et avant surtaxe.
Taxation de la plus-value de cession des parts (avant abattements)
Plus-value imposable × (19 %d'IR au titre de l'art. 200 B CGI + 17,2 %de prélèvements sociaux au titre de l'art. L. 136-7 CSS) = 36,2 %. Ce taux global s'applique avant les abattements pour durée de détention et avantl'éventuelle surtaxe sur les plus-values élevées. Les prélèvements sociaux restent fixés à 17,2 % sur les plus-values immobilières privées en 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025).
Abattements pour durée de détention (art. 150 VC CGI)
La plus-value bénéficie d'abattements croissants avec la durée de détention, mais distincts pour l'IR et pour les prélèvements sociaux. Pour l'IR : 6 % par an de la 6e à la 21e année, puis 4 % la 22e → exonération totale d'IR à 22 ans. Pour les prélèvements sociaux : 1,65 % par an de la 6e à la 21e année, 1,60 % la 22e, puis 9 % par an de la 23e à la 30e → exonération totale de PS à 30 ans. Avant 6 ans de détention, aucun abattement ne s'applique.
⚠️ Surtaxe sur les plus-values élevées (art. 1609 nonies G CGI)
Lorsque la plus-value imposable dépasse 50 000 €, une surtaxe progressive de 2 % à 6 %s'ajoute (art. 1609 nonies G du CGI), applicable aux cessions de titres de sociétés à prépondérance immobilière, donc aux parts de SCPI. Elle se calcule sur la plus-value imposable après abattements pour durée de détention.
Un mot sur la détention via une société soumise à l'impôt sur les sociétés : le régime change radicalement. La plus-value est alors intégrée au résultat et taxée à l'IS (15 % ou 25 % selon les seuils), sans aucun abattement pour durée de détention. Ce cas dépasse le cadre de ce guide générique et appelle une analyse dédiée. Pour le cadre fiscal d'ensemble de la pierre-papier, voir notre guide sur la fiscalité des SCPI.
⚠️ Attention à une erreur fréquente sur les abattements
On lit parfois que la plus-value serait exonérée d'impôt sur le revenu au bout de quelques années seulement. C'est inexact : l'exonération totale d'IR n'est acquise qu'à 22 ans de détention et celle des prélèvements sociaux à 30 ans(art. 150 VC CGI). C'est l'une des raisons pour lesquelles l'horizon long est consubstantiel à ce type de placement.
Cette mécanique fiscale — peu d'impôt courant, taxation différée à la sortie — est exactement l'inverse de celle d'une SCPI de rendement. Mettons les deux régimes côte à côte pour faire ressortir l'arbitrage.
4. Rendement ou plus-values : quelles différences concrètes ?
Tout oppose les deux familles, du moteur de performance jusqu'à la fiscalité. Le tableau ci-dessous synthétise les principaux points de divergence. Il ne s'agit pas de désigner un « gagnant » : chacune répond à un objectif patrimonial différent, et le bon choix dépend de votre situation — d'où l'intérêt d'une étude personnalisée.
| Critère | SCPI de rendement | SCPI de plus-values / capitalisation |
|---|---|---|
| Objectif | Revenu courant récurrent | Valorisation différée du capital |
| Distribution | Régulière (quasi-totalité des loyers) | Faible ou nulle |
| Typologie d'actifs | Souvent immobilier d'entreprise loué | Biens décotés / résidentiel / démembrement |
| Fiscalité pendant la détention | Revenus fonciers chaque année (barème TMI + 17,2 % PS) | Quasi nulle (peu ou pas de revenu distribué) |
| Fiscalité à la sortie | Plus-value immobilière (art. 150 UB) à la revente | Plus-value immobilière (art. 150 UB) avec abattements de durée |
| Horizon | Moyen à long terme | Long terme impératif (souvent 8 à 15 ans) |
| Profil cible | Besoin de revenu (retraite, complément) | Constitution de capital, TMI élevée |
| Liquidité | Souvent capital variable | Souvent capital fixe (marché secondaire) |
Les niveaux de rendement et de revalorisation ne sont jamais garantis et varient selon la société de gestion, le cycle immobilier et la durée. Ce guide ne cite aucune performance de produit et ne promet aucun rendement chiffré : les chiffres de fiscalité (taux, durées d'abattement, seuils) sont en revanche issus des textes en vigueur.
L'arbitrage en une phrase
La SCPI de rendement vous verse un revenu taxé chaque année à votre tranche marginale ; la SCPI de plus-values transforme ce même immobilier en capital différé, dont le gain ne sera taxé qu'à la revente, sous un régime de plus-values progressivement allégé par les abattements de durée. Choisir, c'est arbitrer entre revenu immédiat imposé et patrimoine constitué dans la durée.
Cet arbitrage n'a de sens qu'au regard d'une situation personnelle. Reste donc la question décisive : pour quel profil ce type de SCPI est-il réellement pertinent ?
5. À qui s'adresse une SCPI de plus-values ?
Ce type ne s'adresse pas à tout le monde, et c'est même un placement de niche. Il répond à un profil bien précis : un investisseur en phase active de constitution de patrimoine, fortement imposé, qui ne souhaite surtout pas de revenu courant supplémentaire et qui peut immobiliser son capital longtemps.
Le profil cible : fortement imposé, sans besoin de revenu
L'investisseur type a une tranche marginale élevée(41 % ou 45 %, parfois 30 %). Pour lui, un loyer de SCPI distribué serait taxé au-delà de 60 % en cumulant la TMI et les 17,2 % de prélèvements sociaux : recevoir du revenu n'a aucun intérêt, il viendrait simplement gonfler une assiette déjà lourde. Capitaliser permet au contraire de différer la fiscalité jusqu'à la revente, sous un régime de plus-values qui s'allège avec la durée. Ce profil dispose par ailleurs d'une capacité à immobiliser son épargne sans besoin de trésorerie, accepte un horizon long et tolère un niveau de risque plus élevé.
Pour qui — et pour qui pas
Profil adapté : contribuable à TMI élevée (41 % / 45 %) en phase de constitution de capital, sans besoin de revenu courant, avec un horizon long (8 à 15 ans et plus) et une tolérance au risque suffisante — par exemple pour préparer la retraite ou organiser une transmission.
Profil à éviter : qui recherche un complément de revenu immédiat ou régulier (retraité, complément de salaire), qui aura besoin de son capital à court terme, ou qui est averse au risque. Pour ces situations, la SCPI de rendement est bien plus appropriée.
Deux usages patrimoniaux cohérents
Le premier usage est une logique de cycle de vie: capitaliser pendant la vie active, lorsque les revenus et la TMI sont au plus haut et qu'on n'a pas besoin de revenu complémentaire, puis basculer vers du rendement à la retraite, quand la tranche d'imposition baisse et que le besoin de revenu apparaît. Le second usage repose sur le démembrement : acquérir la nue-propriété de parts pour ne générer strictement aucun revenu imposable pendant plusieurs années, tout en achetant décoté. Dans les deux cas, la finalité est la même : faire grossir un capital sans alourdir son impôt.
Votre TMI justifie-t-elle une logique de capitalisation ?
TMI élevée, horizon long, absence de besoin de revenu : ces critères se vérifient au cas par cas. Faisons une étude personnalisée de votre situation avec un conseiller Hagnéré Patrimoine.
6. Quels risques avant d'investir dans une SCPI de plus-values ?
Le pari de la valorisation a une contrepartie : il est, par nature, incertain. Avant d'envisager ce type, quatre risques doivent être nommés sans euphémisme. Pour le cadre transversal des risques de la pierre-papier, voir notre guide sur les risques des SCPI.
La valorisation n'est pas garantie
C'est le risque central de ce type : tout le projet repose sur une plus-value future qui n'est pas acquise. Le capital n'est pas garanti, le prix de la part peut stagner, voire baisser, et la plus-value espérée à la revente peut ne jamais se matérialiser. Contrairement à une SCPI de rendement, vous n'encaissez aucun revenu intermédiaire qui amortirait l'attente : tout se joue à la sortie.
Liquidité réduite et horizon long imposé
Ces SCPI sont souvent à capital fixe : la sortie se fait alors via un marché secondairepar confrontation périodique des ordres. La revente n'est jamais garantie, les délais peuvent être longs, et le prix d'exécution est fixé par l'offre et la demande — pas nécessairement par la valeur de reconstitution du patrimoine. S'y ajoute un horizon long indispensable(souvent 8 à 15 ans) : sortir trop tôt expose à une double pénalité, une valorisation insuffisante et une fiscalité de plus-value défavorable, puisque les abattements pleins ne sont atteints qu'à 22 ans (IR) et 30 ans (PS).
| Risque | Nature | Atténuation possible |
|---|---|---|
| Valorisation non garantie | Le prix de la part peut stagner ou baisser ; la plus-value est incertaine | Horizon long, qualité de la stratégie de gestion, diversification |
| Liquidité réduite | Souvent capital fixe, marché secondaire, prix ≠ valeur de reconstitution | Ne placer que de l'épargne dont on n'aura pas besoin à court terme |
| Horizon long imposé | Sortie anticipée défavorable ; abattements pleins à 22 / 30 ans | Aligner l'investissement sur un objectif lointain (retraite, transmission) |
| Dépendance gestion / marché | Performance liée à la société de gestion et au cycle immobilier | Examiner la stratégie, la cohérence des actifs et l'historique |
⚠️ Risque de perte en capital et de liquidité
L'investissement dans une SCPI de capitalisation comporte un risque de perte en capital : la valeur de la part peut baisser et la plus-value à la revente n'est pas garantie. La liquidité est souvent réduite (capital fixe, revente via le marché secondaire, délais potentiellement longs), aucun rendement n'est garanti et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'horizon de placement recommandé est long (8 à 15 ans et plus).
Ces risques posés, il reste à voir comment aborder concrètement ce type de placement — et quelles alternatives de capitalisation peuvent répondre au même objectif.
7. Comment se lancer et quelles alternatives ?
La démarche est avant tout une question d'objectif. Quatre étapes simples permettent de vérifier si une logique de capitalisation a du sens dans votre cas, avant même de regarder un quelconque support.
Une méthode en quatre temps
1. Clarifier l'objectif: recherchez-vous du capital ou du revenu ? C'est la question fondatrice, qui oriente vers la capitalisation ou vers le rendement. 2. Vérifier l'horizon: une logique de plus-values n'a de sens qu'avec un horizon long (souvent 8 à 15 ans), aligné sur un projet lointain. 3. Évaluer sa TMI: l'intérêt fiscal de la capitalisation croît avec la tranche marginale ; à TMI modeste, l'avantage s'estompe. 4. Choisir le mode de détention: pleine propriété, nue-propriété en démembrement ou détention via une enveloppe comme l'assurance-vie.
Trois alternatives pour capitaliser
- La nue-propriété de parts: décote à l'achat, démembrement temporaire, aucun revenu pendant la période — la voie de capitalisation la plus directe (voir nos guides nue-propriété et usufruit).
- La détention en assurance-vie(unités de compte) : pas d'imposition aux arbitrages internes, fiscalité douce au rachat après 8 ans et atout transmission — mais éligibilité variable, quote-part de revenus conservée par l'assureur et prix de part pouvant différer.
- La SCPI de rendement, à l'inverse, pour qui veut du revenu courant plutôt que de la valorisation différée.
Aucune de ces voies n'est universellement supérieure : tout dépend de votre TMI, de votre horizon, de votre besoin de revenu et de votre objectif de transmission. C'est précisément le rôle d'une étude patrimoniale que de trancher entre capitalisation et rendement, et de calibrer le mode de détention.
Capitalisation ou rendement : faisons le bon choix ensemble
Plutôt que de partir d'un produit, partons de votre objectif. Un conseiller Hagnéré Patrimoine analyse votre TMI, votre horizon et vos besoins pour bâtir une stratégie SCPI cohérente — sans recommandation produit individualisée à ce stade.
Pour aller plus loin
Pour approfondir les notions abordées dans ce guide, explorez nos ressources dédiées : le rendement des SCPI, la nue-propriété de SCPI, l'usufruit de SCPI, la fiscalité des SCPI, les risques des SCPI et les SCPI de commerces.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — Hagnéré Patrimoine
Conseiller en gestion de patrimoine, Quentin Hagnéré accompagne particuliers et dirigeants sur les stratégies d'allocation, de diversification SCPI et d'optimisation patrimoniale. Son cabinet, Hagnéré Patrimoine, aborde la SCPI de capitalisation comme un type de placement à analyser au cas par cas, en partant de l'objectif patrimonial plutôt que du produit.
⚠️ Informations légales et réglementaires
Cet article a une visée informative et pédagogique générale ; il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d'achat ou de vente de parts de SCPI, ni une incitation à investir, au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Aucune société civile de placement immobilier ni société de gestion n'y est citée : il s'agit d'une analyse générique d'un type de SCPI.
Les SCPI comportent un risque de perte en capital, un risque de liquidité (la revente des parts dépend du marché secondaire et peut prendre du temps) et un risque de marché. La valorisation du capital n'est pas garantie : le prix de la part peut stagner ou baisser, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les ordres de grandeur de décote ou de fiscalité cités sont donnés à titre indicatif, à la date de publication, et peuvent évoluer ; ils doivent être vérifiés au cas par cas.
Hagnéré Patrimoine est immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (www.orias.fr) en qualité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF), Courtier en Assurance (COA) et Courtier en Opérations de Banque et en Services de Paiement (COBSP), adhérent de la CNCEF Patrimoine. Pour une analyse adaptée à votre situation personnelle, nous vous invitons à solliciter un bilan patrimonial personnalisé.

