Gestion de patrimoine
pour frontaliers et expatriés français
au Luxembourg
Cabinet spécialisé dans la gestion de patrimoine des Français dont la vie professionnelle se joue au Grand-Duché. Nous commençons par la phrase que le corpus francophone n'écrit pas : travailler au Luxembourg n'y transfère pas votre résidence fiscale. Le lecteur type de cette page n'est pas expatrié, il est frontalier, et il reste résident fiscal français. La première question que nous vous posons n'est donc pas « combien ? » mais « où dormez-vous ? »

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 — Cabinet capitalistiquement indépendant, rémunération mixte (honoraires + rétrocessions) intégralement déclarée par écrit, accès institutionnel multi-juridiction.
Cette page présente la fiscalité française et la convention du 20 mars 2018 telles qu'elles s'appliquent aux Français qui travaillent au Luxembourg, qu'ils y résident ou non. Hagnéré Patrimoine est un cabinet français, immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291 ; il n'est pas établi au Luxembourg, n'y est pas agréé et n'est pas habilité à délivrer un avis de droit luxembourgeois : pour les questions de droit local — loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu, loi d'adaptation fiscale du 16 octobre 1934, loi du 27 décembre 1817 sur le droit de succession, Code de la sécurité sociale luxembourgeois, droit des sociétés, droit du travail —, l'intervention d'un avocat, d'un notaire ou d'un professionnel comptable établi au Grand-Duché est requise. Nous accompagnons depuis la France, en français, et nous organisons cette mise en relation. État du droit arrêté au 6 août 2026.
Vous n'êtes probablement pas expatrié. Vous êtes frontalier, et ce n'est pas la même page de droit
Le STATEC dénombre 225 840 frontaliers salariés entrants au Luxembourg en 2023, dont 54,2 % résidant en France, soit environ 122 400 personnes. Sur le millésime 2025, les Français sont la première nationalité d'immigration au Grand-Duché, avec 3 515 arrivées et 2 504 départs. Les deux séries ne portent pas sur la même année — 2023 pour le stock de frontaliers, 2025 pour les flux migratoires — mais l'écart d'ordre de grandeur ne s'en trouve pas déplacé : le stock pèse de l'ordre de trente-cinq fois le flux annuel d'arrivées. Presque tout le corpus francophone raisonne pourtant comme si travailler au Luxembourg y transférait la résidence fiscale, et devient faux dès la première ligne pour la grande majorité de ses lecteurs.
Le frontalier a son foyer en France : il est domicilié fiscalement en France par le a du 1 de l'article 4 B du code général des impôts, et aucune des trois branches de ce texte ne fait perdre cette domiciliation du seul fait de travailler à l'étranger. La convention n'arbitre rien, faute de conflit à trancher : son article 4 § 1 exclut de la qualité de résident « les personnes qui ne sont assujetties à l'impôt dans cet Etat que pour les revenus de sources situées dans cet Etat ou pour la fortune qui y est située », ce qui est exactement la situation d'un frontalier au Grand-Duché. Il est donc contribuable non résident au Luxembourg et résident fiscal de France. Le mot désigne l'inverse dans les deux droits, et une page qui parle du « non-résident » sans préciser lequel est inutilisable.
Le second point est de la même famille, et il coûte plus cher. « Deux jours de télétravail par semaine » tient en une ligne d'avenant et appelle deux réponses qui ne sont pas la même. Le seuil fiscal est de 34 jours par période d'imposition ; le seuil social est de 25 % d'activité dans l'État de résidence, porté sous 50 % par l'accord-cadre européen. Ils appartiennent à deux ordres juridiques, ne se comptent pas dans la même unité et ne se déclenchent pas de la même façon. Sur 220 jours travaillés, 34 jours valent 15,45 % et 25 % en valent 55 : le seuil fiscal est toujours franchi le premier. Deux jours par semaine font environ 88 journées, pour un forfait épuisé vers la mi-mai — un salarié parfaitement en règle socialement peut se trouver à près du triple du forfait fiscal. On ne déduit jamais l'un de l'autre.
Troisième point, et c'est celui que nous n'avons trouvé traité nulle part : le seuil fiscal porte une date de péremption. L'avenant qui le porte demeure en vigueur jusqu'à la fin de l'année suivant celle de son entrée en vigueur, intervenue le 4 mars 2025, soit une échéance nominale au 31 décembre 2026, avec une clause de reconduction dont le texte ne fixe ni la durée ni les modalités. Tout le monde cite le seuil ; personne ne dit qu'il a un terme. Nous ne le présentons pas comme acquis au-delà de 2026 sans vérification à la date de la décision, et c'est la première chose que nous écrivons à un client qui négocie un avenant de télétravail sur cinq ans.

Les 6 pièges qui coûtent cher aux Français du Luxembourg
Aucune de ces erreurs ne suppose un montage, et aucune n'est réservée aux gros patrimoines. Elles partagent toutes la même structure : une règle exacte, appliquée à la mauvaise personne. Le corpus décrit l'expatrié ; le lecteur est frontalier. Le seuil de 34 jours est exact ; il porte une échéance. Le régime des impatriés existe ; il exclut structurellement celui à qui on le vend.
Croire que travailler au Luxembourg y transfère la résidence fiscale
« Mon employeur retient l'impôt à la source, ma fiche de paie est luxembourgeoise, la France ne me concerne plus. » La phrase est fausse pour environ 122 400 personnes. Le frontalier a son foyer en France : il est domicilié fiscalement en France par le a du 1 de l'article 4 B du CGI, et aucune des trois branches du texte ne fait perdre cette domiciliation du seul fait de travailler à l'étranger. La convention n'arbitre rien, faute de conflit : son article 4 § 1 exclut de la qualité de résident « les personnes qui ne sont assujetties à l'impôt dans cet Etat que pour les revenus de sources situées dans cet Etat ». Le frontalier dépose donc une déclaration française chaque année, sur ses revenus mondiaux.
Additionner les deux seuils de télétravail, ou déduire l'un de l'autre
La version savante de l'erreur est la plus coûteuse : « 34 jours fiscalement, 25 % socialement, soit environ 55 jours ; tant que je reste sous 55, je suis tranquille. » Les deux seuils ne mesurent pas la même chose, ne s'expriment pas dans la même unité et ne se déclenchent pas de la même façon. Le fiscal décide du droit d'imposer le salaire et joue de plein droit ; le social décide de la loi de sécurité sociale applicable et, sous l'accord-cadre, suppose une demande. Sur 220 jours travaillés, 34 jours valent 15,45 % : le rapport est invariant, y compris à temps partiel, et le seuil fiscal mord toujours le premier.
Présumer que le seuil de 34 jours est acquis au-delà du 31 décembre 2026
C'est le point de ce dossier où la tentation de conclure est la plus forte et l'échéance la plus proche. L'article 4 de l'avenant du 7 novembre 2022 dispose : « Le présent Avenant demeure en vigueur jusqu'à la fin de l'année suivant celle de son entrée en vigueur. En l'absence de conclusion d'un nouvel avenant à cette date, le présent avenant sera reconduit. » Entrée en vigueur le 4 mars 2025, échéance nominale au 31 décembre 2026. La reconduction est prévue ; ni sa durée ni ses modalités ne le sont, et deux lectures restent soutenables. Un avenant de télétravail signé sur cinq ans, une organisation familiale calée sur trois jours de présence ou un achat décidé sur un temps de trajet reposent sur une assise juridique qui porte une date.
Se laisser vendre le régime des impatriés quand on habite la Lorraine
Le recruteur en parle, le candidat vérifie sur la page « Impatriés » de l'administration luxembourgeoise, dont la dernière mise à jour affichée est du 29 janvier 2025 : elle décrit un régime abrogé et ne mentionne ni les 50 %, ni les 400 000 €, ni les 75 000 €. Le régime en vigueur depuis l'année d'imposition 2025 exige le domicile fiscal luxembourgeois et exclut quiconque a habité, au cours des cinq années d'imposition précédentes, à moins de 150 kilomètres de la frontière. Metz, Nancy, Verdun, Longwy, Thionville sont sous les 150 km, comme Bruxelles, Liège, Trèves et Sarrebruck. La condition regarde en arrière : un déménagement ne la répare pas.
Acheter au Luxembourg en croyant sortir de l'impôt français sur la fortune
C'est le raisonnement de l'expatrié, appliqué par un frontalier qui n'en est pas un. L'article 964 du CGI soumet à l'impôt sur la fortune immobilière, au-delà de 1 300 000 €, « les personnes physiques ayant leur domicile fiscal en France, à raison de leurs actifs mentionnés au même article 965 situés en France ou hors de France ». L'appartement luxembourgeois est dans l'assiette, exactement comme la maison lorraine. Et rien ne l'efface : l'article 21 § 1 de la convention attribue bien au Luxembourg le droit d'imposer cette fortune, mais le Grand-Duché ne l'exerce pas — l'impôt sur la fortune des personnes physiques y est aboli depuis le 1er janvier 2006. Le crédit d'impôt conventionnel est donc nul.
Signer un testament français sans le faire relire au Grand-Duché
L'article 24 de la loi luxembourgeoise du 27 décembre 1817 exempte du droit de succession « tout ce qui est recueilli ou acquis, en ligne directe » — mais dans la limite de la part légale. Au-delà, le sort change : Guichet.lu écrit que l'héritier en ligne directe recevant des parts auxquelles il n'aurait normalement pas eu droit acquitte 2,5 % sur la quotité disponible léguée par préciput et hors part, et 5 % sur le surplus, majoration du barème en sus. Sur un actif successoral de 900 000 € entièrement mobilier, une clause parfaitement banale en droit français coûte 3 750 € au minimum au Luxembourg. Aucune convention successorale ne s'interpose entre les deux États.
Vous télétravaillez déjà depuis la France ?
La première question que nous posons n'est pas « combien de jours ? » mais « votre employeur a-t-il déposé une déclaration au Centre commun de la sécurité sociale, avez-vous un certificat A1 en cours de validité, et tenez-vous un relevé de vos jours hors du Grand-Duché ? ». Ces trois réponses décident de votre affiliation, de votre taux de prélèvements sociaux et de votre capacité à faire la preuve du forfait.
Pour qui le statut de frontalier fonctionne,
et pour qui l'installation vaut mieux
Le Grand-Duché n'a plus d'impôt sur la fortune des personnes physiques depuis le 1er janvier 2006 et son barème compte 23 tranches, de 0 à 42 %. Ces deux faits ne suffisent pas à trancher, parce que le passage de la frontière ne déplace pas les mêmes choses selon que vous y dormez ou non. La ligne de partage ne passe pas par le montant du salaire : elle passe par la composition du foyer, par le patrimoine immobilier français et par la distance qui vous sépare de la frontière depuis cinq ans.
Cinq configurations où rester en France est la bonne réponse
- Le cadre lorrain qui télétravaille peu ou pasSon salaire luxembourgeois échappe à la CSG et à la CRDS : l'article L. 136-1 du code de la sécurité sociale pose deux conditions cumulatives, être fiscalement domicilié en France et être à la charge d'un régime obligatoire français d'assurance maladie, et le frontalier ne remplit que la première. Le forfait de 34 jours suffit à couvrir une organisation de trois à quatre journées hors du Grand-Duché par trimestre.
- Le couple dont un conjoint travaille en FranceLa porte des 13 000 € de l'article 157ter reste ouverte si le second revenu tombe — congé parental, disponibilité, temps très partiel. L'installation la referme définitivement : le résident luxembourgeois n'est plus un contribuable non résident, et il n'a plus que l'article 3, lettre d) et son seuil de 90 % des revenus professionnels du ménage.
- Le foyer dont le patrimoine immobilier est peu productifLe frontalier conserve le plafonnement de l'article 979 du CGI, réservé au « redevable ayant son domicile fiscal en France ». Sur un patrimoine immobilier de 9 000 000 €, la charge annuelle est de 30 540 € pour lui et de 85 690 € pour le même contribuable installé au Grand-Duché : la perte du plafonnement dépasse le gain de l'assiette rétrécie.
- Celui qui détient un patrimoine financier françaisLes I ter des articles L. 136-6 et L. 136-7 du code de la sécurité sociale laissent le seul prélèvement de solidarité de 7,5 % sur les revenus du capital, sous deux conditions cumulatives. L'avantage est individuel et suit la personne, non le foyer, et il se perd le jour où l'affiliation bascule en France faute de déclaration au CCSS.
- Le premier salaire, et le jeune de moins de trente ansLa prime locative de l'article 115, numéro 13c lui est ouverte même s'il loue en France : le texte, la page dédiée de l'administration luxembourgeoise et la circulaire L.I.R. n° 115/14 le disent dans les mêmes termes. La prime participative du numéro 13a l'est aussi, exonérée à 50 %, et un employeur l'accorde plus volontiers qu'une augmentation de base.
Cinq configurations où le déménagement se défend
- Le cadre venu de loin, éligible au régime des impatriésC'est la seule règle du dossier qui récompense l'éloignement : la condition des 150 kilomètres qui ferme le régime au Lorrain l'ouvre au Parisien. Troyes, Lille, Mulhouse, Besançon, Dijon et Paris sont à 187 km ou davantage de la frontière, donc admissibles par toute méthode de mesure. L'exemption atteint 200 000 € par an au maximum, pendant neuf années d'imposition.
- Le couple qui s'installe ensembleL'article 3, lettre c) L.I.R. rend l'imposition collective de plein droit, sans demande, pour le couple qui devient résident ensemble : le taux de la classe 2 s'applique sans avoir à franchir le seuil de 90 % ni celui de 13 000 €. Sur un dossier à 96 000 € et 34 000 €, le gain ressort à 6 093,86 € par an, soit 507,82 € par mois — et c'est exactement le budget logement que le déménagement finance.
- Celui dont l'organisation de travail exige beaucoup de distancielAu-delà de 34 jours, le fractionnement du salaire devient structurel et se répète chaque année, avec un acompte de prélèvement à la source côté français depuis le 1er janvier 2023. Le résident luxembourgeois n'a pas de forfait à surveiller. Et il n'est pas exposé à l'échéance du 31 décembre 2026, qui ne concerne que la tolérance frontalière.
- Le détenteur de titres qui cédera dans les prochaines annéesLe Luxembourg n'impose pas la plus-value de cession de valeurs mobilières détenues depuis plus de six mois, hors participation importante. Le sujet devient alors le calendrier des arbitrages plutôt que le taux : sur un portefeuille de 410 000 € portant 180 000 € de plus-values latentes, l'écart entre céder avant ou après le retour ressort à 36 540 €. L'exit tax française reste due dans son champ.
- Le célibataire sans immobilier français significatifLe 2° de l'article 964 du CGI ne retient, pour la personne qui n'a pas son domicile fiscal en France, que les biens et droits immobiliers français et la fraction représentative détenue par société. Le seuil de 1 300 000 € s'apprécie sur cette seule assiette. Sans patrimoine immobilier français, la perte du plafonnement de l'article 979 est sans objet.
Sur les douze dossiers chiffrés de notre guide, quatre se concluent par un refus, et l'un d'eux porte sur un patrimoine immobilier de neuf millions d'euros. Le chapitre du guide consacré aux douze dossiers donne le détail de chaque calcul, avec ses hypothèses.
Nos 8 expertises pour un patrimoine franco-luxembourgeois
du premier jour de frontalier jusqu'au retour
Une approche qui couvre tout le cycle : qualification de la situation avant tout chiffrage, deux seuils de télétravail tenus séparés, échéance conventionnelle datée, régimes luxembourgeois ouverts et fermés, classes d'impôt et assimilation, patrimoine conservé en France, immobilier des deux côtés, transmission dans un corridor sans convention successorale. Deux sujets méritent d'être lus en entier avant toute décision : les deux seuils du télétravail et leur échéance et ce que devient une succession sans convention.
34 jours, 25 %, moins de 50 %
trois chiffres qui ne se recouvrent sur rien
Ne convertissez jamais le seuil social en jours : c'est l'erreur qui produit les plus gros écarts de conseil. Le tableau ci-dessous met côte à côte ce que chaque seuil mesure, le texte qui le porte, son unité de décompte, son mode de déclenchement et ce qu'il décide. Aucun des trois n'a d'effet sur votre résidence fiscale, qui se détermine par l'article 4 B du CGI.
Sur une année de 220 jours travaillés, 34 jours représentent 15,45 % du temps : le seuil social de 25 % correspond à 55 jours et le plafond de l'accord-cadre à environ 109 jours. Le rapport 34/220 est invariant — il vaut 15,45 % quel que soit le temps partiel et quelle que soit la fraction d'année, parce que le seuil fiscal et le nombre de jours travaillés sont réduits par les mêmes coefficients. Le seuil fiscal est donc toujours franchi le premier, et la hiérarchie ne s'inverse jamais.
Ce que cela donne en pratique. Un frontalier qui télétravaille deux jours par semaine est parfaitement en règle socialement et massivement hors des clous fiscalement : 40 % du temps de travail, sous le plafond de l'accord-cadre, et environ 88 journées pour un forfait de 34, épuisé au bout de dix-sept semaines travaillées. Sa fiche de paie ne le lui dit pas. Et l'effet du dépassement se formule en une phrase : au-delà de 34 jours, la France retrouve le droit d'imposer dès le premier jour et pour tous les jours prestés hors du Luxembourg, mais seulement à hauteur du temps correspondant.
Trois asymétries que personne ne signale
Une demi-journée consomme une journée entière du forfait fiscal, alors qu'elle ne compte que pour une demi-journée dans le décompte social en pourcentage. Une mission de trois jours à Francfort consomme trois jours du forfait fiscal et sort du champ de l'accord-cadre, qui ne couvre que le télétravail entre deux États signataires. Et le seuil fiscal joue de plein droit, quand le maintien social suppose une demande et un certificat A1. Le forfait ne vise d'ailleurs pas que le télétravail : un voyage d'affaires ou une formation continue hors du Grand-Duché l'entame au même titre.
Sans demande, il n'y a pas d'accord-cadre
Le mémorandum explicatif officiel publié par l'État dépositaire est explicite : « When no Article 16 request is submitted, the normal conflict rules determine the competent Member State. » C'est un mécanisme d'adhésion volontaire, dans lequel les États signataires ont donné leur accord par avance. Sans déclaration au Centre commun de la sécurité sociale, un frontalier qui télétravaille 30 % de son temps est affilié en France, sans que ni lui ni son employeur en aient nécessairement conscience. Et la demande suppose l'accord de l'employeur : le salarié ne peut pas l'obtenir seul.
Ce que la bascule d'affiliation coûte au patrimoine
C'est le vrai enjeu, et il dépasse le sujet du salaire. La bascule fait échouer la seconde condition du I ter des articles L. 136-6 et L. 136-7 du code de la sécurité sociale — ne pas être à la charge d'un régime obligatoire français d'assurance maladie. Le foyer perd le prélèvement réduit de 7,5 % sur ses revenus du patrimoine et retombe au taux plein sur toute l'assiette. Sur le dossier d'une frontalière à 220 000 € de patrimoine financier, l'accident déclaratif coûte 1 425 €, soit davantage que le franchissement du seuil fiscal qu'elle redoutait.
C'est la difficulté structurelle de ce dossier, et elle mérite d'être annoncée plutôt que subie. La page « Télétravail » de l'Administration des contributions directes, dernière mise à jour affichée le 7 mars 2023, porte encore « 19, 24 ou 29 jours » ; le Bulletin officiel des finances publiques français, BOI-INT-CVB-LUX-20 dans sa version du 23 février 2021, porte encore « vingt-neuf jours ». Aucun de ces chiffres n'est le bon depuis les revenus 2023, et ils ne décrivent pas trois règles différentes selon le pays : ce sont les trois anciens seuils, allemand, belge et français. La foire aux questions non-résidents de la même administration les date d'ailleurs elle-même — 34 jours pour l'Allemagne, contre 19 jusqu'au 31 décembre 2023 ; 34 pour la Belgique, contre 24 jusqu'au 31 décembre 2021 ; 34 pour la France, contre 29 jusqu'au 31 décembre 2022.
Deux conséquences opérationnelles. La première : la charge de la preuve des jours pèse sur le salarié, en vertu de l'accord amiable conclu entre les autorités compétentes des deux États le 16 juillet 2020 — c'est ce point, plus que le seuil lui-même, qui fait reculer les employeurs, et il impose un relevé quotidien tenu par l'intéressé. La seconde : les jours de télétravail déplacent aussi la proportion de revenus de source luxembourgeoise, donc l'accès à l'assimilation. L'administration luxembourgeoise le signale elle-même, dans ses précisions relatives à l'application de l'article 18 de la convention : « Il est également à noter que les jours de télétravail prestés pourraient avoir un impact sur les conditions d'assimilation des non-résidents (application de l'article 157ter L.I.R.) ». Deux compteurs suffisent rarement : il en faut trois.

Tout le monde cite les 34 jours. Personne ne dit qu'ils ont un terme
Le seuil de 34 jours résulte de l'article 1erde l'avenant signé à Bruxelles le 7 novembre 2022, applicable aux périodes d'imposition commençant à compter du 1erjanvier 2023 et publié en France par le décret n° 2025-382 du 28 avril 2025. Le même avenant comporte une clause de durée, à son article 4, et c'est elle que le corpus omet — faute de citer l'article qui la porte.
« Le présent Avenant demeure en vigueur jusqu'à la fin de l'année suivant celle de son entrée en vigueur. En l'absence de conclusion d'un nouvel avenant à cette date, le présent avenant sera reconduit. »
- L'avenant est entré en vigueur le 4 mars 2025 : la fin de l'année suivant celle de son entrée en vigueur tombe donc le 31 décembre 2026
- La reconduction est expressément prévue, ce qui écarte l'idée d'un retour mécanique au seuil antérieur de 29 jours au 1er janvier 2027
- Mais le texte n'en fixe ni la durée ni les modalités : deux lectures restent soutenables, une reconduction indéfinie ou une reconduction annuelle glissante
- Ce qui manque pour fermer le point est identifié : la lecture du texte français littéral de l'article 4 et un commentaire administratif de l'un des deux États
- Notre position se formule en creux : nous n'écrivons ni que le seuil est définitivement acquis, ni qu'il tombera, et nous ne le présentons pas comme acquis au-delà de 2026 sans vérification à la date de la décision
- S'y ajoute une seconde inconnue de même nature, la clause de rendez-vous du point 3 du protocole, dont aucun compte rendu ni nouvel avenant n'était publié au 6 août 2026
Ce que cela change pour vous est opérationnel, pas théorique. Un arbitrage qui repose exclusivement sur la capacité à télétravailler depuis la France est un arbitrage à horizon dix-huit mois. Un salarié qui conditionne son organisation à trois jours de présence, négocie un avenant de télétravail sur cinq ans ou achète en fonction d'un temps de trajet réduit prend une décision dont l'assise juridique porte une date. Si c'est cette variable qui fait pencher votre décision, la décision est fragile, et il faut le savoir avant de signer.
Une rencontre prévue avant le 31 décembre 2024, dont rien n'a été publié
Le point 3 du protocole comporte, depuis l'avenant de 2022, une clause de rendez-vous : « Avant le 31 décembre 2024, les Etats se rencontrent afin de déterminer les conditions qui s'appliqueront à ces résidents à compter du 1er janvier 2025 et, le cas échéant, de conclure un nouvel avenant. » Les sources primaires consultées le 6 août 2026 — la page des conventions de l'Administration des contributions directes, la page des conventions internationales de la direction générale des finances publiques, l'annexe BOI-ANNX-000306 du 29 avril 2026 et la base des traités du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères — ne font état d'aucun nouvel avenant signé ni d'aucun compte rendu de cette rencontre.
Le Rapport du Sénat n° 381 (2023-2024) confirme la rencontre à tenir et évoque une compensation financière versée par le Luxembourg en contrepartie du renoncement par la France à une partie de ses recettes fiscales, sur le modèle de l'avenant du 27 juin 2023 à la convention franco-suisse. C'est une piste, pas un droit. Et une précision de méthode qui vaut engagement : les chiffres relayés par la presse au sujet d'un futur relèvement du forfait ne se rattachent à aucun texte publié, et nous ne les employons nulle part — ni sur cette page, ni dans une étude, ni en rendez-vous. Publier un seuil futur qu'aucun instrument ne porte serait exactement le défaut que cette section dénonce.
Hagnéré Patrimoine pour les Français du
Kirchberg, d'Esch, de Thionville, de Metz et de Longwy
Le premier obstacle d'un projet luxembourgeois n'est ni la langue ni l'administration : c'est le logement, et c'est le poste qui fait renoncer le plus de familles après six mois de recherche. Le prix moyen des appartements existants s'établit à 10 250,65 €/m² à Luxembourg-Ville et à 10 242,07 €/m² à Strassen, contre 7 745,76 €/m² en moyenne nationale, sur le premier trimestre 2026 publié par l'Observatoire de l'Habitat. Le STATEC établit la rémunération moyenne d'un frontalier français à environ 58 300 € par an en 2023, « près de 12.400 EUR de moins que leurs homologues belges et 11.400 EUR de moins que les frontaliers allemands ». N'utilisez jamais cette moyenne comme une projection : une moyenne agrège une structure d'emplois.
Luxembourg-Ville et le Kirchberg
Le meilleur marché de l'emploi, et le poste de dépense qui décide
C'est là que se signent les contrats à haute rémunération, et c'est là que le budget se joue. Le prix moyen des appartements existants s'établit à 10 250,65 €/m² à Luxembourg-Ville et à 10 242,07 €/m² à Strassen, contre une moyenne nationale de 7 745,76 €/m². Le loyer moyen annoncé d'un appartement ressort à 1 959,97 € par mois dans la commune de Luxembourg, soit 23 520 € par an — 40 % de la rémunération brute moyenne d'un frontalier français, que le STATEC établit à environ 58 300 € par an en 2023. Ces rapports comparent un loyer de 2025-2026 à une rémunération de 2023 : ils donnent un ordre de grandeur, pas une précision comptable. La garantie locative ne peut « dépasser 2 mois de loyer (hors charges) », et la commission des loyers n'est utilement saisissable qu'après six mois de bail.
Esch-sur-Alzette, Belval, Differdange et Dudelange
Le sud, le rapport prix-trajet le plus favorable, et une réserve locative
Le loyer moyen annoncé y descend à 1 102,22 € par mois à Esch-sur-Alzette, contre 1 959,97 € dans la commune de Luxembourg : c'est le premier arbitrage à poser pour un ménage qui accepte quinze minutes de plus. La réserve porte sur l'investissement locatif. Sur un deux-chambres de 70 m² à Esch, notre dossier ressort à 2,96 % de rendement brut et 2,77 % droits inclus — la structure du marché, où les prix ont monté plus vite que les loyers, et non un accident de commune. Le plafond légal, selon lequel « le loyer annuel ne peut pas dépasser 5% du capital investi dans le logement », interdit de compter sur un rattrapage. Et le crédit d'impôt sur les actes notariés est fermé à l'acquéreur qui n'achète pas pour y habiter.
Thionville, Metz, Longwy et le bassin lorrain
Le domicile de la majorité de nos clients, et le seuil qui les vise tous
Environ 122 400 Français travaillent au Grand-Duché en résidant en France, essentiellement en Moselle, en Meurthe-et-Moselle et en Meuse. Ils restent résidents fiscaux français, imposables sur leurs revenus mondiaux, avec un crédit d'impôt égal à l'impôt français sur le salaire luxembourgeois. Deux règles les visent en propre. Le forfait de 34 jours, dont le franchissement rend la France compétente pour les jours prestés hors du Grand-Duché, à hauteur du temps correspondant. Et l'exclusion des 150 kilomètres du régime des impatriés : Metz, Nancy, Verdun, Longwy et Thionville sont toutes dans la bande, et la condition regarde les cinq années d'imposition précédentes, de sorte qu'un déménagement au Grand-Duché ne la répare pas.
Arlon, Athus, Trèves et Sarrebruck
Dormir ailleurs : le seuil belge d'assimilation est de 50 %, pas de 90 %
Le seuil fiscal de 34 jours est aujourd'hui le même pour les résidents des trois pays voisins, mais il ne l'a pas toujours été, et les pages officielles affichent encore les anciens chiffres : la FAQ non-résidents de l'administration luxembourgeoise donne 34 jours pour l'Allemagne, contre 19 jours jusqu'au 31 décembre 2023 ; 34 pour la Belgique, contre 24 jusqu'au 31 décembre 2021 ; 34 pour la France, contre 29 jusqu'au 31 décembre 2022. La vraie différence est ailleurs. Le résident belge accède au taux de la classe 2 à partir de 50 % des revenus professionnels du ménage, quand le résident français doit atteindre 90 % ou passer sous 13 000 € de revenus non luxembourgeois : sur un dossier à 95 000 € et 40 000 €, l'écart ressort à 5 171 € par an sur le seul impôt luxembourgeois. Nous ne concluons pas pour autant, faute d'avoir établi la fiscalité belge.
Vous envisagez Arlon, Athus, Aubange, Trèves ou Sarrebruck ? Une partie de cette page vous reste applicable — le seuil fiscal, le calcul luxembourgeois de l'impôt jusqu'au revenu imposable ajusté, l'accès à l'accord-cadre et les prestations familiales luxembourgeoises sont identiques dans les trois pays voisins. Le reste ne l'est pas, et nous ne publions ni barème d'impôt belge, ni barème allemand, ni paramètre suisse : ces corpus n'ont pas été ouverts pour ce guide. Un chiffre inventé sur une comparaison coûte plus cher qu'une case vide, parce qu'il sert à décider.
Le prélèvement français et le régime luxembourgeois
les règles que nous appliquons
Nos arbitrages s'appuient sur la convention du 20 mars 2018 dans sa version consolidée, avenants du 10 octobre 2019 et du 7 novembre 2022 compris ; côté luxembourgeois, sur la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu, la loi d'adaptation fiscale du 16 octobre 1934, le Code de la sécurité sociale luxembourgeois et la loi du 27 décembre 1817 ; côté français, sur le code général des impôts, le code de la sécurité sociale et le bulletin officiel des finances publiques. Ce que la France continue de prélever malgré tout cela est développé dans notre chapitre sur le patrimoine resté en France.
Ce que la France prélève, frontalier ou non
Trois faits distincts, à manier séparément: la convention du 20 mars 2018 ne vise, à son article 2, que les impôts sur le revenu et sur la fortune, et son article 22 § 1 comporte deux paniers d'élimination que le corpus confond — le a) i) donne un crédit égal à l'impôt français, ce qui équivaut à une exemption et vise le salaire du frontalier ; le a) ii) donne un crédit égal à l'impôt luxembourgeois, plafonné, et vise notamment les tantièmes, les dividendes, les redevances et les plus-values immobilières luxembourgeoises. Aucune convention ne couvre les successions ni les donations, de sorte que les deux droits internes s'appliquent en parallèle. Et le crédit du a) i) est subordonné à une condition expresse, « à condition qu'ils soient effectivement soumis à l'impôt luxembourgeois », dont la portée exacte n'est tranchée par aucune source publiée que nous ayons ouverte.
Ce que le Grand-Duché impose, et ce qu'il n'impose plus
Une difficulté de sourçage à connaître: sur ce dossier, un lecteur qui vérifie sur une page officielle trouve régulièrement un chiffre périmé. La page « Impatriés » de l'Administration des contributions directes, dernière mise à jour affichée le 29 janvier 2025, décrit encore le régime abrogé et ne mentionne ni les 50 %, ni les 400 000 €, ni les 75 000 €. La page « Prime participative », mise à jour affichée le 16 mai 2023, affiche encore 25 % et 5 %. La page « Télétravail », mise à jour affichée le 7 mars 2023, affiche encore les trois anciens seuils. Ce n'est pas une critique : c'est une contrainte de méthode, et elle impose de dater chaque source plutôt que de la citer.
Il n'existe, entre la France et le Luxembourg, aucune convention en matière de successions ni de donations.
Listes officielles françaises consultées le 6 août 2026— l'annexe BOI-ANNX-000306 dans sa version du 29 avril 2026, la rubrique des conventions internationales d'impots.gouv.fr et la base des traités du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, qui recense 191 instruments bilatéraux France-Luxembourg. La ligne Luxembourg porte le seul code « IR - IF ». Cette absence n'est pas une bonne nouvelle déguisée : une convention successorale sert à répartir, et sans elle les deux droits internes s'appliquent en parallèle, chacun selon sa propre logique territoriale, sans arbitre. Le seul correctif est unilatéral, français, et il est étroit — l'article 784 A du CGI, inopérant précisément dans la configuration où l'on en aurait le plus besoin.
Deux conséquences immédiates, et elles se préparent du vivant. Le critère luxembourgeois d'assujettissement n'est pas la résidence mais la qualité d'habitant du Grand-Duché, et l'article 1erde la loi du 27 décembre 1817 répute tel « celui qui y a établi son domicile ou le siège de sa fortune » : ce second critère est autonome, et il vise potentiellement un frontalier dont l'épargne s'est concentrée au Luxembourg au fil de quinze ans de carrière. Nous n'avons trouvé aucune définition administrative ou juridictionnelle du siège de la fortune permettant de dire à partir de quelle proportion d'avoirs le critère est rempli, et c'est un point à faire trancher avant de concentrer son patrimoine d'un côté de la frontière. Le détail figure au chapitre du guide consacré aux successions franco-luxembourgeoises.
Notre réseau d'experts
au Luxembourg et en Lorraine
Un dossier franco-luxembourgeois ne se traite pas depuis un seul bureau. Il mobilise cinq métiers distincts, chacun sur un acte précis, et personne ne fait le travail d'un autre. Le point de départ est une limite que nous posons nous-mêmes : Hagnéré Patrimoine est un cabinet français, immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291 ; il n'est pas établi au Luxembourg, n'y est pas agréé et n'est pas habilité à délivrer un avis de droit luxembourgeois. Cette matière relève d'un professionnel autorisé sur place, et nous organisons cette mise en relation depuis la France. Chacun intervient sous sa propre lettre de mission ; le cabinet ne prescrit aucun intervenant et n'en tire aucune rémunération.
Avocats fiscalistes France–Luxembourg
Ce sont eux qui tranchent ce que nous ne trancherons pas, et la liste des questions ouvertes est nommée dans notre socle plutôt que dissimulée. La première commande la durée de vie du forfait de 34 jours : la clause de l'article 4 de l'avenant du 7 novembre 2022 prévoit une reconduction dont elle ne fixe ni la durée ni les modalités. La deuxième porte sur la méthode de mesure des 150 kilomètres du régime des impatriés, qu'aucune source consultée ne définit — vol d'oiseau, route ou distance administrative — et dont la réponse s'inverse pour un candidat situé entre 100 et 170 km. La troisième vise la condition « effectivement soumis à l'impôt luxembourgeois » appliquée à une fraction exonérée par l'article 115, où deux lectures restent soutenables et où l'écart porte sur la moitié de l'avantage. La quatrième porte sur la définition du siège de la fortune de la loi de 1817. La question leur parvient cadrée côté français, avec l'incidence chiffrée de chaque lecture.
Fiduciaires et experts-comptables luxembourgeois
Le professionnel comptable luxembourgeois porte la liquidation locale et, plus encore, un calendrier que personne ne rappelle : déclaration d'impôt sur le revenu du contribuable non résident, fiche de retenue et demande d'assimilation, obligations de la société, paie, TVA, cotisations de l'indépendant. Deux mécanismes propres au Grand-Duché méritent d'être signalés parce qu'ils touchent la trésorerie et qu'ils sont peu connus. Pour une première affiliation d'indépendant, le Centre commun de la sécurité sociale calcule provisoirement les cotisations sur le salaire social minimum, et le revenu exact n'est établi qu'après l'émission du bulletin d'impôt : la régularisation qui suit peut être lourde, et adapter spontanément le revenu provisoire dès que l'estimation est fiable est un réflexe élémentaire. Et l'indépendant qui exerce aussi une activité salariée, au-delà du plafond cotisable, peut demander le remboursement de la fraction excédentaire de ses cotisations maladie et pension.
Notaires français et luxembourgeois
C'est le métier que le corridor franco-luxembourgeois rend indispensable, précisément parce qu'aucune convention successorale ne s'interpose entre les deux États. Un testament parfaitement banal en droit français peut produire un effet luxembourgeois que personne n'avait mesuré : l'article 24 de la loi du 27 décembre 1817 exonère « tout ce qui est recueilli ou acquis, en ligne directe », mais dans la limite de la part légale — et la clause de préciput et hors part fait précisément sortir un enfant de cette limite, pour 2,5 % sur la quotité disponible et 5 % sur le surplus, majoration du barème en sus. Côté acquisition, le notaire luxembourgeois vérifie l'éligibilité au crédit d'impôt sur les actes notariés, dont le bénéfice suppose une acquisition « à des fins d'habitation personnelle », et l'articulation avec le compromis et la condition de prêt. Faire relire un testament français avant signature coûte une consultation ; le corriger après un décès n'est plus possible.
Agents immobiliers et professionnels du logement
Leur valeur n'est pas de trouver un bien, c'est de dire ce qu'un bien vaut là où il est et ce que la réglementation y autorise. Trois vérifications ne se délèguent pas au vendeur. Le rendement d'abord : sur un deux-chambres de 70 m² à Esch-sur-Alzette, notre dossier ressort à 2,96 % brut et 2,77 % droits inclus, et ce n'est pas un accident de commune mais la structure d'un marché où les prix ont monté plus vite que les loyers. Le plafond légal ensuite, selon lequel « le loyer annuel ne peut pas dépasser 5% du capital investi dans le logement », qui interdit de compter sur un rattrapage. Les règles du bail enfin : la garantie locative ne peut « dépasser 2 mois de loyer (hors charges) », et la commission des loyers, saisissable sur le montant du loyer, ne l'est utilement qu'après six mois de bail, toute demande étant irrecevable pendant les six premiers mois.
Conseils en mobilité, employeur et service de paie
C'est l'interlocuteur que le frontalier oublie, et c'est celui dont dépend la moitié de son dossier. La demande au titre de l'article 16 § 1 du règlement (CE) n° 883/2004 est déposée par l'employeur, non par le salarié : sans elle, l'accord-cadre ne s'applique pas et les règles de conflit ordinaires reprennent la main. Le certificat A1 qui en résulte vaut au maximum trois ans par demande et il est renouvelable, le plafond portant sur la demande et non sur le salarié. Le formulaire S1, dans sa version dématérialisée, ouvre les soins dans l'État de résidence, et la qualité de membre de famille ayant droit aux prestations s'apprécie selon la législation du pays de résidence — la Caisse nationale de santé l'écrit elle-même. Une question de forme ferme souvent le dossier avant toutes les autres : le service de paie sait-il gérer une retenue partagée en cas de dépassement du seuil fiscal ?
Hagnéré Patrimoine, depuis la France
Nous restons votre interlocuteur unique, et nous accompagnons depuis la France, en français. Nous posons la question dans les termes du droit français, relisons la réponse à cette aune et arbitrons quand deux avis se contredisent. Notre règle de cadrage tient en une ligne : sur un dossier luxembourgeois, l'erreur porte presque toujours sur l'identité du contribuable, pas sur le chiffre. Un taux exact appliqué à un frontalier alors qu'il vise un résident est une faute de conseil, et une donnée luxembourgeoise doit être datée plutôt que citée — trois pages officielles de l'administration du Grand-Duché portaient encore, au 6 août 2026, des chiffres abrogés sur le télétravail, les impatriés et la prime participative. Le choix de chaque professionnel vous appartient ; la nature de notre rémunération et l'absence de tout lien d'affaires avec ces intervenants vous sont indiquées par écrit avant toute mise en relation.
Tous les dossiers n'ont pas besoin des cinq.
Un frontalier qui télétravaille deux jours par semaine et n'a pas de projet immobilier n'a besoin ni d'un notaire ni d'un agent immobilier : son dossier se joue entre son employeur, son service de paie et nous. Mobiliser un réseau entier là où deux interlocuteurs suffisent est une dépense, pas une sécurité. En revanche, sur un dossier comportant une acquisition au Grand-Duché, une transmission à préparer, une société à créer ou une cession de titres, l'avocat et le notaire établis au Luxembourg ne sont jamais facultatifs : ce sont eux qui instruisent les points que nous refusons de trancher, et ce sont eux qui décident du reste, comme l'établit le chapitre du guide consacré à ce que nous ne tranchons pas.
L'angle Hagnéré sur un dossier franco-luxembourgeois
Notre conviction après avoir chiffré ces dossiers des deux côtés : le pays n'est pas le sujet. Ce qui décide, c'est l'endroit où vous dormez, la séparation des deux seuils et la date des textes. Trois piliers, dans cet ordre.
La situation avant le chiffre
Nous n'instruisons pas un projet luxembourgeois, nous instruisons un dossier de frontalier, d'expatrié ou de couple mixte, et la résidence s'apprécie personne par personne. La première question de notre questionnaire est l'adresse du domicile, la deuxième celle du lieu d'exercice réel. Le mot « non-résident » désigne l'inverse dans les deux droits : en droit français, celui qui n'est pas résident fiscal de France ; au Luxembourg, celui qui est imposable sans y avoir son domicile. Un frontalier est les deux à la fois, et c'est de cette confusion initiale que naissent les raisonnements faux sur l'exit tax, sur les prélèvements sociaux et sur la transmission.
Deux seuils, jamais un seul
Le seuil fiscal de 34 jours et le seuil social de 25 % appartiennent à deux ordres juridiques, ne se comptent pas dans la même unité et ne se déclenchent pas de la même façon. Nous tenons deux journaux distincts, et nous n'en déduisons jamais un du second. Le rapport 34/220 vaut 15,45 % et il est invariant : le seuil fiscal mord toujours le premier. Le maintien social, lui, suppose une demande de l'employeur et un certificat A1 en cours de validité, et son échec ne coûte pas seulement une affiliation : il fait perdre au foyer le prélèvement réduit de 7,5 % sur ses revenus du patrimoine.
Ce que nous ne trancherons pas, et à qui nous le confions
Notre socle documentaire a été soumis à deux passes de contre-vérification adversariale avant écriture, et il laisse des points ouverts que nous nommons plutôt que de les arbitrer : la durée de vie du forfait de 34 jours au-delà du 31 décembre 2026, la méthode de mesure des 150 kilomètres du régime des impatriés, la portée de la condition « effectivement soumis à l'impôt luxembourgeois » appliquée à une fraction exonérée, la définition du siège de la fortune de la loi de 1817, la clé de ventilation des revenus de biens communs entre un conjoint frontalier et un conjoint affilié en France. Nous exposons les lectures en présence avec leur incidence chiffrée, puis nous les confions à des avocats et à des professionnels comptables établis au Grand-Duché.
Rien ne se ferme au départ. Mais deux enveloppes posent une question qu'aucune source officielle ne tranche
Commençons par la peur la plus répandue, et par la rassurer : ni le plan d'épargne en actions, ni l'assurance-vie, ni le compte-titres, ni le plan d'épargne retraite ne se ferment du fait d'un emploi au Grand-Duché. Et pour le frontalier, ce chapitre ne change presque rien : il reste un contribuable français de plein exercice, son plan fonctionne, son contrat de plus de huit ans ouvre droit à l'abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple, et ses versements sur un plan d'épargne retraite restent déductibles. Une seule ligne le distingue, et elle vaut plusieurs milliers d'euros par an : le prélèvement réduit de 7,5 % sur ses revenus du capital, que son teneur de compte n'a aucune raison de connaître s'il ne le lui a pas justifié.
Pour qui s'installe réellement au Grand-Duché, la réponse est plus inconfortable, et nous préférons la publier telle quelle. La recherche plein texte du texte coordonné de la loi luxembourgeoise concernant l'impôt sur le revenu — 363 pages, version en vigueur au 1erjanvier 2026, effectuée le 6 août 2026 — ne donne aucune occurrence des expressions « plan d'épargne » ni « épargne en actions ». Aucune circulaire de l'Administration des contributions directes ni page officielle consultée ce jour-là ne traite du plan français détenu depuis le Luxembourg. L'exonération du plan d'épargne en actions vient de la loi française et n'est pas opposable au Luxembourg : un guide qui trancherait cette question inventerait. Nous préférons vous dire exactement quelle question poser, à qui, et avec quelles pièces — et le faire avant le transfert de domicile, parce qu'après, le fait générateur est passé.
- Le frontalier conserve tout son régime français : le taux réduit de 7,5 % suppose seulement qu'il justifie des deux conditions du I ter auprès de son établissement payeur, à qui le texte impose alors de ne pas prélever
- Le deuxième alinéa du I ter de l'article L. 136-7 du code de la sécurité sociale ouvre cette dispense, et le troisième une voie de restitution : nous faisons ouvrir régulièrement les deux, l'une auprès de l'établissement, l'autre auprès de l'administration
- L'exonération est individuelle : dans un couple dont un conjoint est frontalier et l'autre salarié en France, les revenus du capital se ventilent, et la clé de répartition des biens communs n'est fixée par aucune source primaire que nous ayons consultée
- Pour le résident luxembourgeois, chaque opération se prépare avant l'ordre : ventes internes, dividendes, retraits et rachats sont qualifiés événement par événement selon le droit luxembourgeois, sans effet différé reconnu
- L'exportation de l'historique des lots, des versements et des déductions obtenues coûte une matinée avant le départ ; le reconstituer après en coûte beaucoup plus
- Comme tout support en unités de compte, une enveloppe d'assurance comporte un risque de perte en capital, supporté par le souscripteur
- Nous ne nommons aucun établissement financier : le choix des supports relève d'une recommandation écrite, remise après étude et non avant
5 profils, 5 stratégies
Ingénieure frontalière qui négocie deux jours de télétravail, couple qui hésite à traverser, cadre recruté depuis Lyon et éligible au régime des impatriés, couple mixte pour qui la classe 2 est fermée, famille qui rentre après onze ans : les mêmes textes produisent des résultats opposés selon l'endroit où l'on dort et selon la composition du foyer. Ces cas illustrent, à but pédagogique, les dossiers que nous traitons.
Cas pédagogiques. Les prénoms, montants et stratégies présentés ci-dessous sont des illustrations pédagogiques inspirées des situations que nous accompagnons. Aucun client réel n'y est identifiable. Les chiffres varient selon la situation, la composition du foyer, l'évolution législative et fiscale des deux côtés de la frontière, et ne constituent pas un conseil personnalisé.
Karine, 46 ans
Frontalière à Hettange-Grande — deux jours de télétravail, avis favorable
84 000 € de brut, un conjoint sans revenu, un studio loué à Metz
- ·Environ 88 journées hors du Grand-Duché sur 220 jours travaillés
- ·Assimilée au résident par la porte des 13 000 €, pas par celle des 90 %
- ·220 000 € de patrimoine financier, 8 400 € de loyers annuels
Nous lui disons de prendre ses deux jours, et nous déplaçons la question. Le franchissement du forfait fiscal lui coûte 1 313 € par an. Ce qui menace son dossier, c'est l'absence éventuelle de déclaration au Centre commun de la sécurité sociale : sans elle, l'affiliation bascule en France, le foyer perd le taux réduit de 7,5 % sur ses revenus du patrimoine, et l'accident coûte plus que le seuil.
Sébastien et Laure, 39 et 37 ans
Déménager au Luxembourg — oui, et le budget est de 508 € par mois
96 000 € au Findel et 34 000 € à Thionville, deux enfants scolarisés
- ·Classe 1 aujourd'hui, et l'assimilation fermée par les deux portes
- ·Un plan d'épargne en actions de 46 000 €, une assurance-vie de 71 000 €
- ·Aucun bien immobilier, un loyer de 1 250 € par mois à Yutz
Nous confirmons le gain et nous en fixons la borne. L'installation ensemble ouvre l'article 3, lettre c) : imposition collective de plein droit, donc taux de la classe 2, pour 6 093,86 € par an, soit 507,82 € par mois. C'est exactement le budget logement supplémentaire que le déménagement finance. À Luxembourg-Ville ou Hesperange, l'opération leur coûte 2 400 à 2 750 € par an.
Marc, 44 ans
Recruté depuis Lyon à 180 000 € — installation recommandée
Directeur des opérations à Bertrange, prise de fonctions au 1er mars 2027
- ·Domicile lyonnais : au-delà des 150 km, la condition d'éloignement lui est favorable
- ·Rémunération annuelle fixe très supérieure au minimum de 75 000 €
- ·Un appartement lyonnais acheté 620 000 € en 2019, conservé et loué
Nous lui disons oui, et nous corrigeons deux chiffres que le recruteur lui a donnés de travers. L'exonération porte sur 50 % de la rémunération brute annuelle, sur une assiette plafonnée à 400 000 € : 90 000 € pour lui, soit 35 013 € par an, 2 918 € par mois. La durée n'est pas de huit ans mais de neuf années d'imposition, de 2027 à 2035.
Hélène et Thomas, 41 et 43 ans
Couple mixte — l'installation ne finance rien, et il faut arbitrer sur autre chose
88 000 € à Luxembourg-Ville et 46 000 € dans la fonction publique territoriale
- ·Une mission de trois ans à responsabilité élargie, conditionnée à l'installation
- ·Thomas ne peut pas suivre : sa carrière est en France
- ·Une maison à Metz détenue en communauté, sans dette résiduelle significative
Nous leur disons que l'idée qui circule dans le bassin — devenir résidente ouvre la classe 2 — est exacte dans son mécanisme et fausse dans leur cas. L'article 3, lettre d) exige que l'époux résident réalise au Luxembourg au moins 90 % des revenus professionnels du ménage. Hélène en réalise 65,7 %. Elle est en classe 1 qu'elle déménage ou non, et le déménagement lui retire trois choses.
Fabien et Claire Cordier, 44 et 42 ans
Rentrer en France après onze ans — oui, mais le sujet n'est pas la classe d'impôt
82 000 € et 58 000 € au Grand-Duché, 410 000 € de portefeuille
- ·180 000 € de plus-values latentes accumulées depuis 2015
- ·Deux enfants de 9 et 14 ans, scolarisés dans l'enseignement public luxembourgeois
- ·Un projet d'achat dans le pays thionvillois, les deux emplois conservés
Leur crainte de « perdre la classe 2 » n'est pas fondée : devenus frontaliers, ils remplissent la condition des 90 % sans difficulté, et l'administration luxembourgeoise remplace alors la classe inscrite sur la fiche de retenue par « un taux d'impôt qui correspond au taux de la classe d'impôt 2 ». La vraie question porte sur 36 540 €, et c'est le calendrier des arbitrages du portefeuille.
Combien gagne — ou perd —
un Français qui travaille au Luxembourg ?
Quatre configurations, chiffrées poste par poste des deux côtés. L'une se termine par un refus et une autre par une borne, et nous les publions parce qu'elles décrivent une proportion réelle de ce que nous voyons : sur les douze dossiers chiffrés de notre guide, quatre concluent que le mouvement envisagé est une mauvaise réponse. Et dans deux cas sur quatre ici, le chiffre qui inquiétait le client n'est pas celui qui décide de son dossier.
Avertissement. Les chiffres présentés ci-dessous sont des estimations Hagnéré Patrimoine établies à partir d'hypothèses fiscales explicites, à but pédagogique. Ils varient selon votre situation personnelle, la composition de votre foyer, l'évolution de la législation française et luxembourgeoise, et ne constituent pas un conseil personnalisé en investissement, en fiscalité ni en droit. Une étude écrite et chiffrée vous sera remise lors du bilan patrimonial, sur la base de vos pièces justificatives.
Karine, 46 ans, ingénieure : deux jours de télétravail par semaine
Hypothèse : 84 000 € de brut chez un équipementier du canton d'Esch, domicile à Hettange-Grande, mariée, conjoint sans revenu depuis 2025. Un studio à Metz loué 700 € par mois, 220 000 € de patrimoine financier. Son employeur ouvre un accord de télétravail et elle veut deux jours par semaine, soit environ 88 journées hors du Grand-Duché sur 220 jours travaillés.
Sa question était « est-ce que je vais payer beaucoup plus d'impôts ». La réponse est non, et ce n'est pas la bonne question. Le franchissement du forfait fiscal lui coûte 1 313 € par an, pour cent soixante heures de trajet économisées : elle paie sans hésiter, et elle a raison. Ce qui menace réellement son dossier est ailleurs. Deux jours sur cinq, c'est 40 % du temps de travail, sous le plafond de l'accord-cadre européen — mais l'accord-cadre n'est pas un régime automatique. Le mémorandum explicatif publié par l'État dépositaire est explicite : « When no Article 16 request is submitted, the normal conflict rules determine the competent Member State. » Sans demande de l'employeur et sans certificat A1, l'affiliation bascule en France dès 25 % d'activité dans l'État de résidence, la seconde condition du I ter des articles L. 136-6 et L. 136-7 du code de la sécurité sociale échoue, et le foyer perd le taux réduit de 7,5 % sur ses revenus du patrimoine. L'accident déclaratif coûte plus cher que le seuil qu'elle redoutait.
Sébastien et Laure : s'installer au Luxembourg — le gain finance 508 € de loyer
Hypothèse : 39 et 37 ans, deux enfants de 8 et 13 ans. Lui, 96 000 € au Findel ; elle, 34 000 € dans un établissement de Thionville. Ils louent un quatre-pièces à Yutz 1 250 € par mois. Un plan d'épargne en actions de 46 000 €, une assurance-vie de 71 000 €, aucun bien immobilier. Une collègue leur a dit « qu'on paie deux fois moins d'impôts ».
Elle n'a pas tort sur le principe, et le gain vient tout entier d'un changement de classe d'impôt. Aujourd'hui, Sébastien est en classe 1 : l'article 157bis (2) L.I.R. range en classe 1 les non-résidents mariés réalisant des revenus professionnels au Grand-Duché, et l'assimilation lui est fermée par les deux portes — son salaire luxembourgeois représente 73,8 % des revenus du ménage, en dessous des 90 %, et les 34 000 € de Laure dépassent le plafond de 13 000 €. S'ils s'installent ensemble, ils relèvent de l'article 3, lettre c) : imposition collective de plein droit, sans demande, donc au taux de la classe 2. Le gain est de 6 093,86 € par an, soit 507,82 € par mois. Reste à savoir ce que coûte le logement : s'ils visent Luxembourg-Ville ou Hesperange pour l'école européenne et les vingt minutes de trajet, le déménagement leur coûte entre 2 400 et 2 750 € par an, hors frais de déménagement, hors garantie locative — deux mois de loyer hors charges au maximum — et hors les trois mois de double loyer que personne n'anticipe.
Marc, 44 ans, directeur des opérations recruté depuis Lyon
Hypothèse : 180 000 € de rémunération annuelle fixe dans un groupe établi à Bertrange, prise de fonctions au 1er mars 2027. Marié, deux enfants, épouse indépendante mobile. Un appartement lyonnais acheté 620 000 € en 2019, conservé et loué. Portefeuille financier de 340 000 €. Il vient de Lyon, donc à plus de 150 kilomètres de la frontière : la condition d'éloignement lui est favorable.
C'est l'un des rares dispositifs de la série où la réponse est franchement oui. Le régime en vigueur depuis l'année d'imposition 2025 exonère 50 % de la rémunération brute annuelle, sur une assiette plafonnée à 400 000 € : pour Marc, l'exonération est de 90 000 €. Deux corrections s'imposent sur ce que le corpus en dit. La durée d'abord : le texte vise « tout au plus jusqu'à la fin de la huitième année d'imposition suivant celle de l'entrée en service », soit neuf années d'imposition en comptant celle de l'arrivée, de 2027 à 2035. Le plafond ensuite : les 400 000 € portent sur l'assiette, pas sur l'exonération — à 300 000 € de brut l'exonération vaut toujours 50 % du salaire, à 600 000 € elle est figée à 200 000 € et ne vaut plus que 33,3 %. Trois conditions décident du dossier, et deux ne dépendent pas de lui : une rémunération annuelle fixe d'au moins 75 000 €, une prise de fonctions postérieure au 31 décembre 2020, et un employeur dont 30 % au plus de l'effectif total à temps plein bénéficie déjà de la mesure. Ce dernier point se négocie avant la signature.
9 M€ de patrimoine immobilier, peu de revenus — installation déconseillée
Hypothèse : Propriétaire français fortuné et faiblement revenu, patrimoine immobilier de 9 000 000 €, projet d'installation au Grand-Duché motivé par l'idée que l'expatriation allège mécaniquement l'impôt sur la fortune immobilière. Le corpus francophone le lui a confirmé, parce qu'il ne regarde que l'assiette.
L'expatriation fait deux choses distinctes, et elles jouent en sens inverse. Elle rétrécit l'assiette : le 2° de l'article 964 du CGI ne retient plus, pour la personne qui n'a pas son domicile fiscal en France, que les biens et droits immobiliers situés en France et la fraction représentative détenue par société. Et elle supprime le plafonnement de l'article 979, dont les six premiers mots réservent le bénéfice au « redevable ayant son domicile fiscal en France ». Sur un patrimoine peu productif, la seconde perte dépasse le premier gain : la charge annuelle passe de 30 540 € à 85 690 €. Le raisonnement s'inverse pour un patrimoine à fort rendement, ou lorsque la part étrangère de l'immobilier est importante — un frontalier propriétaire d'une maison à Bettembourg la déclare en France sans aucun crédit d'impôt à imputer, le Luxembourg ayant aboli l'impôt sur la fortune des personnes physiques au 1er janvier 2006. Le fait générateur étant le 1er janvier, une installation décidée le 15 janvier ne produit son effet que l'année suivante.
Chiffrages indicatifs établis au 6 août 2026 sur le droit alors en vigueur — code général des impôts et code de la sécurité sociale français, convention du 20 mars 2018 dans sa version consolidée, loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu, loi d'adaptation fiscale du 16 octobre 1934, Code de la sécurité sociale luxembourgeois, loi du 27 décembre 1817, règlements (CE) n° 883/2004 et n° 987/2009. Les résultats réels dépendent de votre situation, de la composition de votre foyer, du lieu d'exercice effectif de votre activité et des textes applicables au jour de l'opération. Le forfait fiscal de 34 jours repose sur un instrument dont l'échéance nominale tombe le 31 décembre 2026 : toute projection qui en dépend doit être revérifiée à la date de la décision. Une simulation personnalisée est établie lors du bilan patrimonial, pièces justificatives à l'appui. Le détail de ces calculs figure dans notre guide Luxembourg, chapitre des douze dossiers chiffrés.
Quatre situations où
la réponse est non
Cette page vend un accompagnement, et il serait plus rentable de ne pas écrire cette section. Nous l'écrivons parce que ces quatre situations reviennent chaque mois, qu'elles ne sont pas marginales, et qu'un lecteur qui reconnaît la sienne ici a économisé, en cinq minutes, une décision construite sur une règle exacte appliquée à quelqu'un d'autre que lui.
Vous comptez sur le régime des impatriés et vous habitez la Lorraine
L'article 115, numéro 13b L.I.R. pose deux verrous, et chacun suffit à fermer le dossier. Le premier exige le domicile fiscal ou le séjour habituel au Grand-Duché : tant que vous êtes frontalier, le régime ne vous concerne pas. Le second exclut quiconque a habité, au cours des cinq années d'imposition précédant l'entrée en service, à moins de 150 kilomètres de la frontière luxembourgeoise — et il regarde en arrière, de sorte qu'un déménagement au Grand-Duché ne le répare pas. Metz, Nancy, Verdun, Longwy et Thionville sont dans la bande, comme Bruxelles, Liège, Trèves et Sarrebruck. Ce qui vous reste est réel et personne ne vous le présentera : la prime participative de l'article 115, numéro 13a, exonérée à 50 %, ouverte au frontalier affilié au Luxembourg, dont le plafond individuel est de 30 % de la rémunération brute annuelle depuis l'année d'imposition 2025. Négociez celle-là, et demandez par écrit selon quelle règle d'attribution votre employeur la pratique.
Vous voulez acheter un locatif au Luxembourg parce que « le marché y est solide »
Le rendement d'abord : sur un deux-chambres de 70 m² à Esch-sur-Alzette, notre dossier ressort à 2,96 % brut et 2,77 % droits inclus, et c'est la structure d'un marché où les prix ont monté plus vite que les loyers, non un accident de commune. Le plafond légal, selon lequel « le loyer annuel ne peut pas dépasser 5% du capital investi dans le logement », interdit de compter sur un rattrapage. Le crédit d'impôt sur les actes notariés vous est fermé, puisqu'il vise l'acquisition « à des fins d'habitation personnelle » : vous payez les 7 % pleins. Le troisième point est celui que personne ne dit : l'amortissement luxembourgeois peut rendre le revenu net négatif alors que le résultat foncier français, qui ignore l'amortissement, est positif — et le crédit d'impôt de l'article 22 § 1 a) i) est subordonné à ce que les revenus soient « effectivement soumis à l'impôt luxembourgeois ». Le second plancher de 15 % de l'article 157bis (6) s'applique enfin aux loyers luxembourgeois d'un non-résident.
Vous vous installez au Grand-Duché pour alléger l'impôt sur la fortune immobilière
L'expatriation fait deux choses opposées, et le corpus n'en regarde qu'une. Elle rétrécit l'assiette, puisque le 2° de l'article 964 du CGI ne retient plus que les biens et droits immobiliers situés en France et la fraction représentative détenue par société. Et elle supprime le plafonnement de l'article 979, dont les six premiers mots réservent le bénéfice au « redevable ayant son domicile fiscal en France ». Sur un patrimoine immobilier de 9 000 000 € faiblement productif, la charge annuelle passe de 30 540 € à 85 690 € : la perte du plafonnement dépasse le gain de l'assiette. Le raisonnement s'inverse si votre patrimoine est à fort rendement ou si sa part étrangère est importante — et il faut noter le symétrique, souvent ignoré : le frontalier propriétaire d'une maison au Grand-Duché la déclare en France sans aucun crédit d'impôt, le Luxembourg ayant aboli l'impôt sur la fortune des personnes physiques au 1er janvier 2006.
Vous liquidez une petite pension française en plus de votre pension luxembourgeoise
Le mécanisme n'est pas fiscal, il est social, et il tient à une règle de compétence : le droit de prélever suit la charge des prestations, pas la source de la pension. Tant qu'un retraité de carrière luxembourgeoise ne perçoit qu'une pension du Grand-Duché, le Luxembourg supporte le coût de ses soins et prélève ses contributions, et la France ne prélève rien. Dès qu'il liquide une pension française, la compétence bascule vers la France en vertu de l'article 23 du règlement (CE) n° 883/2004, l'article 30 § 1 interdit au Luxembourg de continuer à retenir, et la totalité de ses revenus de remplacement entre dans le champ des contributions françaises. Sur un dossier à 38 400 € de pension luxembourgeoise, 250 € par mois de pension française font basculer une assiette de 41 400 € : le rapport entre le gain et l'enjeu est de un à treize. Ce n'est pas une raison de renoncer définitivement — la pension reste due, et elle est viagère — c'est une raison de calculer avant de signer, ce qu'aucun courrier de caisse ne suggère.
Et ce qui reste vrai, qu'il ne faut pas surcorriger.
Le statut de frontalier reste, pour la grande majorité des dossiers, très favorable, et pour trois raisons de texte. Le salaire luxembourgeois échappe à la contribution sociale généralisée et à la contribution au remboursement de la dette sociale, l'article L. 136-1 du code de la sécurité sociale posant deux conditions cumulatives dont le frontalier ne remplit que la première. La charge sociale salariale luxembourgeoise est plafonnée et décroît sur les hauts salaires : le taux effectif culmine à 12,88 % exactement au plafond cotisable et tombe à 9,35 % pour un brut de 20 000 € par mois — le chiffre de 12,95 % que l'on lit partout est une borne que le taux n'atteint jamais. Et l'impôt sur la fortune des personnes physiques est aboli au Grand-Duché depuis le 1er janvier 2006. La formule juste est celle-ci: ce n'est pas le pays qui décide, c'est l'endroit où vous dormez, la composition de votre foyer et la distance qui vous sépare de la frontière depuis cinq ans. Les alternatives vers lesquelles se tournent ceux à qui nous disons non sont examinées dans notre chapitre de comparaison avec la Belgique, la Suisse et l'Allemagne.
Avec ou sans Hagnéré Patrimoine ?
Sept points de bascule sur un dossier franco-luxembourgeois. Même salaire, même employeur, même famille : seule la préparation change. Cinq de ces sept lignes se décident avant la signature d'un avenant, d'un bail ou d'un acte et ne se rattrapent plus après.
Ce que la colonne de droite change : une situation qualifiée avant tout calcul, deux compteurs tenus séparément, un texte daté plutôt que cité, et une décision prise sur un chiffre, pas sur une brochure — y compris quand ce chiffre dit de ne pas bouger.

Bilan patrimonial France–Luxembourg
Bilan patrimonial d'1 h offert : qualification de votre situation, compteurs de télétravail, urgences et professionnels nécessaires. Il ne constitue ni une consultation juridique ou fiscale ni une recommandation personnalisée.
Notre méthode
T-12 mois avant le mouvement · T+24 mois avant le retour
Un dossier franco-luxembourgeois ne se prépare pas la veille de la signature, et il a cette particularité : plusieurs de ses échéances tombent après coup, sans qu'aucun courrier ne les rappelle. Qualification de la situation, seuils de télétravail, échéance conventionnelle, régimes ouverts et fermés, pilotage puis retour : voici les 5 jalons que nous activons avec vous.
Avant tout conseil — Savoir laquelle des trois situations est la vôtre
Travailler au Luxembourg n'y transfère pas la résidence fiscale, et presque tout ce qui s'écrit en français sur le Grand-Duché raisonne comme si c'était le cas. Le frontalier reste résident fiscal français au sens du a du 1 de l'article 4 B du CGI, imposable en France sur ses revenus mondiaux sous réserve des règles de répartition de la convention du 20 mars 2018, et il est symétriquement contribuable non résident au Luxembourg, imposé sur ses seuls revenus indigènes. L'article 4 § 1 de la convention exclut d'ailleurs expressément de la qualité de résident les personnes imposables dans un État à raison des seuls revenus qui y trouvent leur source : il n'y a donc aucun conflit de résidence à trancher, et la cascade du paragraphe 2 ne se pose jamais. L'expatrié qui a transféré son domicile relève des classes d'impôt de résident et perd le crédit d'impôt de l'article 22 § 1 a) i), qui vise le résident de France. Le couple mixte s'apprécie conjoint par conjoint. Entre ces personnes, ni le régime des impatriés, ni les classes d'impôt, ni le traitement des prélèvements sociaux, ni l'exit tax, ni la déclaration à souscrire ne se transposent.
T-12 mois — Deux seuils, deux ordres juridiques, deux unités
« Deux jours de télétravail par semaine » tient en une ligne d'avenant et appelle deux réponses. Le seuil fiscal est de 34 jours par période d'imposition, issu du point 3 du protocole tel que modifié par l'article 1er de l'avenant du 7 novembre 2022, applicable aux périodes d'imposition commençant à compter du 1er janvier 2023 ; toute fraction de journée compte pour une journée entière, et le forfait ne couvre pas que le télétravail, un déplacement professionnel ou une formation hors du Grand-Duché l'entamant au même titre. Le seuil social bascule l'affiliation lorsqu'une partie substantielle de l'activité est exercée dans l'État de résidence, soit 25 % au sens de l'article 14 § 8 du règlement (CE) n° 987/2009, appréciés de façon prévisionnelle sur douze mois ; l'accord-cadre européen permet de rester affilié au Luxembourg sous 50 % du temps de travail total. Sur 220 jours travaillés, 34 jours valent 15,45 % et 25 % en valent 55. Un point de forme décide de la régularité sociale : l'accord-cadre est un dispositif sur demande, la demande suppose l'accord de l'employeur, et sans elle les règles de conflit ordinaires s'appliquent. La question à poser en rendez-vous est celle-ci : une déclaration a-t-elle été faite au Centre commun de la sécurité sociale, et existe-t-il un certificat A1 en cours de validité ?
Avant toute décision irréversible — L'échéance du 31 décembre 2026
L'article 4 de l'avenant du 7 novembre 2022 dispose : « Le présent Avenant demeure en vigueur jusqu'à la fin de l'année suivant celle de son entrée en vigueur. En l'absence de conclusion d'un nouvel avenant à cette date, le présent avenant sera reconduit. » L'avenant est entré en vigueur le 4 mars 2025 : l'échéance nominale tombe donc le 31 décembre 2026. La reconduction est expressément prévue, ce qui écarte l'idée d'un retour mécanique au seuil antérieur au 1er janvier 2027, mais le texte n'en fixe ni la durée ni les modalités, et deux lectures restent soutenables. Notre position se formule en creux : nous n'écrivons ni que le seuil de 34 jours est définitivement acquis, ni qu'il tombera, et nous ne le présentons pas comme acquis au-delà de 2026 sans vérification à la date de la décision. Ce qui manque pour fermer le point est identifié : la lecture du texte français littéral de l'article 4 et un commentaire administratif de l'un des deux États. S'y ajoute une seconde inconnue de même nature, la clause de rendez-vous du point 3 du protocole, dont aucun compte rendu ni nouvel avenant n'était publié au 6 août 2026.
Selon la situation — Les régimes qui vous sont ouverts, et ceux qui vous sont fermés
Le recruteur parle du régime des impatriés, 50 % du salaire exonéré. L'article 115, numéro 13b L.I.R. pose deux verrous : le domicile fiscal luxembourgeois, et l'absence d'habitation à moins de 150 kilomètres de la frontière au cours des cinq années d'imposition précédant l'entrée en service. Le premier écarte le frontalier tant qu'il l'est, le second l'écarte encore après son déménagement. Quand il s'applique, le régime exonère 50 % de la rémunération brute annuelle dans la limite d'une assiette de 400 000 €, suppose une rémunération annuelle fixe d'au moins 75 000 €, et court sur neuf années d'imposition. Le dispositif réellement ouvert au frontalier est ailleurs : la prime participative du numéro 13a, exonérée à 50 %, dont le plafond individuel a été porté à 30 % de la rémunération brute annuelle depuis l'année d'imposition 2025 alors que les pages de l'administration affichent encore 25 %. Reste l'assimilation de l'article 157ter, sur option, qui ne déplace pas l'assiette imposable mais fixe le taux ; et, pour le couple mixte, l'imposition collective de l'article 3, lettre d), qui suppose une demande conjointe et ne se confond pas avec l'assimilation.
Pendant, puis T+24 mois avant le retour — Piloter le patrimoine des deux côtés
Le patrimoine français ne suit pas le lieu de travail, il suit la résidence et l'affiliation. Les I ter des articles L. 136-6 et L. 136-7 du code de la sécurité sociale posent deux conditions cumulatives : réunies, elles laissent le seul prélèvement de solidarité de 7,5 % sur les revenus du capital ; une bascule d'affiliation les fait échouer et ramène au taux plein sur toute l'assiette du foyer. La seconde ne se présume pas du seul fait que le Luxembourg appartient à l'Union, et un retraité résidant au Grand-Duché qui ne perçoit qu'une pension française relève de l'institution française et ne l'a pas. Sur l'impôt sur la fortune immobilière, le frontalier est imposé sur son patrimoine immobilier mondial et conserve le plafonnement de l'article 979 ; le résident du Luxembourg ne l'est que sur ses biens français, mais perd ce plafonnement. La transmission se traite sans arbitre, faute de convention successorale, et le seul correctif est l'article 784 A du CGI. Le retour, enfin, recouvre deux mouvements distincts : celui du résident luxembourgeois qui redevient résident fiscal français, et celui qui rentre habiter en France en conservant son employeur luxembourgeois — le second ne rentre pas, il devient frontalier, et rouvre pour lui-même les seuils, la fiche de retenue et l'affiliation.
Pour approfondir
Pourquoi nous faire confiance pour votre patrimoine entre la France et le Luxembourg ?
Notre engagement : qualifier votre situation avant de chiffrer, dater chaque texte, tenir les deux seuils séparés et vous dire quand la réponse est non — avec une méthode écrite, une coordination métier par métier des professionnels habilités sur place et une transparence totale sur les frais.
Belgique, Suisse, Allemagne, rester en France
le paramètre qui départage n'est pas le barème
Une comparaison entre pays est l'endroit où les guides mentent le plus, et jamais par malveillance : ils comparent sur la seule variable que leur auteur maîtrise. Nous préférons dire où passe la ligne. Le côté luxembourgeois et le côté français de cette page sont établis sur sources primaires arrêtées au 6 août 2026 ; les côtés belge, suisse et allemand ne le sont pas, sauf lorsqu'un document français ou luxembourgeois les décrit. Vous ne trouverez donc ici aucun barème d'impôt belge, suisse ou allemand. Un chiffre inventé sur une comparaison coûte plus cher qu'une case vide, parce qu'il sert à décider.
Dormir en Belgique et travailler au Luxembourg
C'est l'alternative qui intéresse réellement le lecteur de cette page, et ce n'est pas d'aller travailler en Belgique — le régime frontalier franco-belge est en extinction et ne se construit pas pour un nouvel entrant. C'est d'aller dormir à Arlon, Athus, Aubange ou Messancy en gardant son employeur luxembourgeois. L'avantage est net et le corpus francophone le gomme constamment : le résident belge accède au taux de la classe 2 à partir de 50 % des revenus professionnels du ménage, là où le résident français doit atteindre 90 % ou passer sous 13 000 € de revenus non luxembourgeois. Cette règle ne figure pas à l'article 157ter L.I.R. : elle procède de la convention entre le Luxembourg et la Belgique, et le résident belge choisit entre les deux voies. Sur un couple à 95 000 € de source luxembourgeoise et 40 000 € de source française, l'écart ressort à 5 171 € par an sur le seul impôt luxembourgeois. Nous ne concluons pas pour autant : nous n'avons établi ni l'impôt des personnes physiques belge et ses additionnels communaux, ni le traitement du salaire français du conjoint, ni le précompte immobilier, ni les droits de succession régionaux, ni le coût du logement. Un écart de 5 171 € sur un poste peut être annulé par un poste que nous n'avons pas mesuré.
La Suisse : un seul mot, deux régimes opposés
Il n'existe pas un régime frontalier franco-suisse, il en existe deux, et ils produisent des résultats inverses. L'accord du 11 avril 1983 est signé par le Conseil fédéral « agissant au nom des cantons de Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Vaud, Valais, Neuchâtel et Jura ». Huit cantons, et Genève n'y figure pas : c'est le seul canton frontalier exclu, dont les rémunérations sont imposées à la source sur place, la France éliminant par crédit d'impôt. Sous le régime des huit cantons, le salaire suisse est imposé en France, au barème français, avec le conjoint et les enfants : l'argument du brut plus élevé doit alors être refait net d'impôt français. La notice 2047 de la direction générale des finances publiques place d'ailleurs le frontalier genevois et le frontalier luxembourgeois dans la même case déclarative, et le frontalier des huit cantons dans une autre. Notre dossier documentaire ne contient ni barème cantonal, ni taux d'imposition à la source genevois, ni paramètre de prévoyance : cette comparaison se conduit avec les données suisses en main, et le cabinet la mène depuis son établissement de Chambéry pour les frontaliers du bassin genevois.
L'Allemagne : un régime frontalier qui fonctionne à l'envers
La convention franco-allemande comporte, à son article 13 § 5, un régime « travailleur frontalier ». La convention franco-luxembourgeoise n'en comporte aucun : une recherche plein texte sur le document consolidé publié par la direction générale des finances publiques, conduite le 6 août 2026, donne zéro occurrence du mot « frontalier ». Il n'y a, côté luxembourgeois, qu'une tolérance de 34 jours logée au point 3 du protocole. La différence n'est pas sémantique. Sous un régime de type article 13 § 5, un résident de Moselle travaillant dans la zone frontalière allemande paie son impôt sur le revenu en France, au barème français et avec son quotient familial : le foyer redevient l'unité de calcul, ce que le régime luxembourgeois ne réplique pas pour un frontalier rangé en classe 1 par défaut. La contrepartie est lourde : l'essentiel de l'avantage fiscal disparaît, et la sécurité sociale relève de l'Allemagne, État d'activité, de sorte que l'État d'imposition et l'État d'affiliation sont dissociés. Les conditions propres au régime allemand, y compris la définition de la zone et ses règles de sortie, ne sont pas établies dans notre dossier.
Rester exactement où vous êtes
Un cabinet qui vit du conseil patrimonial a une pente naturelle à recommander le mouvement. Voici les cas où il a tort. Vous exercez une activité indépendante accessoire en France — location meublée professionnelle, auto-entreprise, mandat social rémunéré : l'accord-cadre exclut expressément « les salariés qui poursuivent de manière habituelle une activité autre que le télétravail dans leur Etat de résidence », et vous retombez sous la règle brute des 25 %. Votre poste exige des déplacements réguliers dans un troisième pays : l'accord-cadre est strictement bilatéral, la pluriactivité de l'article 13 reprend la main, et les mêmes jours comptent dans le forfait fiscal. Votre conjoint a une carrière en France et vous avez des enfants en bas âge : le gain net doit être diminué du temps de trajet, du surcoût de garde et du complément différentiel luxembourgeois, payé deux fois par an à terme échu quand la France est prioritaire. Vous êtes à deux ou trois ans d'une cession immobilière. Et votre décision repose entièrement sur le télétravail, dont le fondement conventionnel porte une échéance au 31 décembre 2026.
Le seuil fiscal est aujourd'hui de 34 jours pour les résidents de France, de Belgique et d'Allemagne. Il ne l'a pas toujours été, et c'est ce qui explique la confusion qui règne en ligne.
La foire aux questions non-résidents de l'Administration des contributions directes donne les trois seuils datés : 34 jours pour l'Allemagne, contre 19 jusqu'au 31 décembre 2023 ; 34 pour la Belgique, contre 24 jusqu'au 31 décembre 2021 ; 34 pour la France, contre 29 jusqu'au 31 décembre 2022. Lorsqu'une page officielle luxembourgeoise mentionne « 19, 24 ou 29 jours », elle ne décrit pas trois règles nationales différentes : elle affiche les trois anciens seuils, et les trois sont périmés. Les trois seuils ne sont alignés que depuis le 1erjanvier 2024. Sont également identiques la loi de sécurité sociale applicable, qui reste luxembourgeoise tant que le seuil de 25 % n'est pas franchi ; l'accès à l'accord-cadre, les trois pays voisins l'ayant signé ; le calcul luxembourgeois de l'impôt jusqu'au revenu imposable ajusté ; et les prestations familiales luxembourgeoises, qui n'exigent pas que les enfants résident au Grand-Duché.
Ce qui change, en revanche, est ce qui décide. Le seuil d'accès au taux de la classe 2 est de 50 % pour un résident belge et de 90 % pour un résident français, et c'est une différence de traitement majeure entre les deux principaux bassins de frontaliers. Change aussi la qualité de membre de famille ayant droit aux prestations, qui s'apprécie selon la législation du pays de résidence — la Caisse nationale de santé l'écrit : « Comme je réside en France, c'est la législation française qui détermine la qualité de membre de famille ayant droit aux prestations. » Un déménagement de pays change donc le périmètre des ayants droit. Le chapitre de comparaison du guide développe les deux arbitrages, avec leurs réserves de source.
Deux retours différents, et le second n'en est pas un
Le mot recouvre deux mouvements qui n'ont presque rien en commun. Le premier est celui du résident luxembourgeois qui redevient résident fiscal français. Le second est celui qui rentre habiter en France en conservant son employeur luxembourgeois : celui-là ne rentre pas, il devient frontalier, et il rouvre pour lui-même les seuils de télétravail, la fiche de retenue, la demande d'assimilation et la question de l'affiliation. Une crainte revient dans les deux cas, et elle n'est pas fondée : le frontalier qui remplit la condition des 90 % obtient, sur demande, « un taux d'impôt qui correspond au taux de la classe d'impôt 2 ».
- L'article 155 B du CGI ne récompense pas le fait d'avoir vécu à l'étranger : il vise les personnes appelées ou recrutées de l'étranger pour occuper un emploi dans une entreprise établie en France, après cinq années civiles de non-résidence — l'entrepreneur qui rentre pour créer sa société y est étranger
- La limitation d'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière du nouvel arrivant, elle, n'exige aucun appel de l'étranger : le deuxième alinéa du 1° de l'article 964 la réserve à l'immobilier situé hors de France, directement détenu ou détenu par société, jusqu'à la fin de la cinquième année suivant l'installation
- La glose courante en donne une version fausse : ce n'est pas « l'immobilier détenu par société » qui échappe à l'impôt, et un immeuble français logé dans une société luxembourgeoise reste taxable pour la fraction représentative
- Le calendrier des arbitrages du portefeuille se traite avant le transfert de résidence, et seulement sur les lignes que vous comptiez vendre : sur un portefeuille de 410 000 € portant 180 000 € de plus-values latentes, l'écart ressort à 36 540 €
- La demande d'assimilation se dépose dès la première année de frontalier, faute de quoi le contribuable tombe d'office en classe 1, pour un coût de plusieurs milliers d'euros
- Si une exit tax française est en suivi, le retour du domicile fiscal en France déclenche le dégrèvement de l'article 167 bis, à condition que les titres soient encore détenus — le dégrèvement efface l'impôt de départ, pas la matière imposable
- La déclaration n° 3916 des comptes et contrats détenus à l'étranger ne s'éteint pas avec la résidence luxembourgeoise : le compte détenu, même dormant, même à solde nul, se déclare chaque année tant qu'il existe

Votre référent France–Luxembourg
Clément Chatelain
Directeur Groupe Hagnéré Patrimoine
"Sur un dossier luxembourgeois, la première question n'est pas le montant de votre salaire : c'est l'endroit où vous dormez. Deux clients au même poste, dans la même entreprise, l'un à Thionville et l'autre à Strassen, ne relèvent pas des mêmes règles — ni pour l'impôt, ni pour la sécurité sociale, ni pour la transmission. Quand nous reprenons le calcul en partant de là, ce qui inquiétait le client n'est presque jamais ce qui décide de son dossier. Nous le disons avant la signature, pas après."
Ce que nos clients disent
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Pédagogie · 20 termesGlossaire des termes utilisés sur cette page
Glossaire des termes utilisés sur cette page
Questions fréquentes — frontalier ou expatrié au Luxembourg.
Les questions que nous entendons le plus souvent, avec des réponses qui n'évitent ni les mauvaises nouvelles ni les points que le droit ne tranche pas. Pour aller plus loin, notre guide Luxembourg traite le sujet en 34 chapitres.
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- Non. La déclaration d’arrivée et l’attestation d’enregistrement règlent votre droit au séjour, pas votre impôt. Le Luxembourg examine le domicile fiscal ou le séjour habituel ; la France applique l’article 4 B du CGI — foyer, lieu de séjour principal, activité professionnelle, centre des intérêts économiques. Les deux qualifications sont autonomes et peuvent coexister. Si les deux États vous retiennent, l’article 4 de la convention du 20 mars 2018 les départage dans l’ordre : foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, puis accord entre autorités compétentes. La distinction qui commande tout le reste : le frontalier qui rentre chaque soir en France reste résident fiscal français au sens de l’article 4 B, quel que soit son nombre de jours de télétravail et quelle que soit la part de son salaire imposable au Grand-Duché. Plus de cent mille Français sont dans cette situation. Aucune règle française du non-résident ne leur est applicable : ni la retenue de l’article 182 A, ni le taux minimum d’imposition, ni l’assiette réduite des prélèvements sociaux, ni l’IFI limité aux seuls biens français. Le corpus francophone raisonne presque toujours comme si travailler au Luxembourg y transférait la résidence : c’est l’erreur de lecteur la plus coûteuse du dossier. Si vous transférez réellement votre résidence, constituez la preuve datée : bail ou acte, factures d’énergie, scolarisation des enfants, contrat de travail, comptes bancaires, décisions patrimoniales. Un certificat de résidence luxembourgeois facilite les démarches, mais les faits restent déterminants.
Quelle situation vous décrit le mieux ?
Un point de départ ciblé pour aller plus vite. Chaque profil ouvre un échange préparé sur les sujets qui vous concernent en priorité.
Travaillez-vous au Luxembourg, ou y partez-vous bientôt ?
Hagnéré Patrimoine est votre cabinet pour la gestion de patrimoine des frontaliers et des expatriés français du Luxembourg : nous partons du fait qui commande tout le dossier — travailler au Grand-Duché n'y transfère pas la résidence fiscale, et environ 122 400 Français y travaillent en résidant en France —, puis nous tenons séparés les deux seuils du télétravail, le forfait fiscal de 34 jours et le seuil social de 25 %, porté sous 50 % par l'accord-cadre européen sur demande de l'employeur. Nous instruisons enfin le point que le corpus omet : le texte qui porte le forfait de 34 jours a une échéance nominale au 31 décembre 2026, avec une reconduction dont ni la durée ni les modalités ne sont fixées, et nous ne le présentons pas comme acquis au-delà sans vérification à la date de la décision. Le cabinet est français, immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291 ; il n'est pas établi au Luxembourg et n'y est pas agréé : nous accompagnons depuis la France, en français, et coordonnons avocats fiscalistes, notaires, fiduciaires et experts-comptables, agents immobiliers et conseils en mobilité. Un bilan patrimonial d'1 h est offert, sans engagement. Il ne constitue ni une consultation juridique ou fiscale ni une recommandation personnalisée.
Cabinet basé à Chambéry · 7 Rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry · RDV en visio (Paris / Luxembourg) · WhatsApp disponible · +33 3 74 47 20 18 · backoffice@hagnere-patrimoine.fr
Revue éditoriale et patrimoniale par Quentin Hagnéré.
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Hagnéré Patrimoine est cabinet de conseil en gestion de patrimoine immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 pour les statuts CIF, COA et COBSP. Sa carte professionnelle de transaction immobilière, dite Carte T n° CPI 7301 2024 000 000 014, est délivrée par la CCI de Chambéry. Conformément à nos statuts, nous n'exerçons pas la profession d'avocat au sens de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971.
Certaines prestations citées sur cette page comportent une dimension juridique ou fiscale spécialisée — audit de résidence et de chronologie France-Luxembourg, suivi fiscal des 34 jours et contrôle social distinct des seuils de 25 % et de télétravail strictement inférieur à 50 %, coordination A1 / S1, qualification luxembourgeoise des PEA, PER, assurances-vie, comptes, fonds et cryptoactifs, analyse de l'immobilier français et de l'IFI, structuration opérationnelle d'une SARL, SA ou SOPARFI avec substance documentée, coordination civile et fiscale d'une donation, d'une succession ou d'un retour en France. Lorsqu’elles sont nécessaires, ces prestations doivent être confiées à des professionnels externes effectivement habilités, notamment avocats fiscalistes français et luxembourgeois, notaires, experts-comptables ou fiduciaires, spécialistes sociaux, assureurs, banques et intermédiaires externes effectivement habilités pour le service concerné. Selon le dossier et avec l’accord du client, Hagnéré Patrimoine peut aider à les identifier et à coordonner les échanges ; chaque professionnel intervient sous sa propre responsabilité et sa propre lettre de mission. Le cabinet reste dans les limites territoriales et matérielles de ses statuts et habilitations.
Le contenu de la présente page a une visée informative et pédagogique et ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une consultation juridique au sens de l'article 54 de la loi du 31 décembre 1971. Les règles fiscales relatives à la convention fiscale France-Luxembourg du 20 mars 2018 et ses avenants des 10 octobre 2019 et 7 novembre 2022, règlements européens de coordination sociale 883/2004 et 987/2009, accord-cadre européen sur le télétravail transfrontalier habituel et règlement (UE) 650/2012 dépendent de votre résidence effective, de la nature de vos revenus, de votre nationalité et de votre situation familiale. Pour une stratégie adaptée à votre situation personnelle, faites valider votre dossier par les professionnels habilités compétents.
Veille réglementaire — Assurance-vie luxembourgeoise (LC CAA 26/1 et 26/2) : le Commissariat aux Assurances du Luxembourg a publié, le 1er février 2026, la Lettre Circulaire 26/1 relative aux règles d’investissement des produits d’assurance-vie liés à des fonds d’investissement. La classification N/A/B/C/D concerne les preneurs et conditionne l’accès à certaines architectures ; elle ne constitue pas une liste de cinq véhicules. La Lettre Circulaire 26/2, publiée le même jour, modifie séparément les règles de dépôt des actifs représentatifs. Pour un contrat existant, un nouveau versement, un avenant ou un dépositaire hors EEE, l’assureur et les professionnels habilités doivent confirmer le cadre applicable, l’éligibilité des supports, les risques, les frais et les règles de commercialisation transfrontalière.
Points de vigilance spécifiques Luxembourg : (i) l'inscription communale et le droit au séjour ne fixent pas seuls la résidence fiscale ; les droits internes sont testés avant les critères successifs de l'article 4 de la convention de 2018 ; (ii) la tolérance fiscale de 34 jours ne constitue ni un droit au télétravail ni une règle sociale : le seuil ordinaire d'activité substantielle d'au moins 25 % et l'accord-cadre applicable, sur demande et sous conditions, lorsque le télétravail atteint 25 % mais reste strictement inférieur à 50 %, sont contrôlés séparément avec l'institution compétente et le certificat A1 ; (iii) conserver un PEA, un PER ou une assurance-vie française ne rend pas l'avantage fiscal français opposable au Luxembourg ; le triangle de sécurité et le super-privilège luxembourgeois organisent une protection prudentielle et un rang, sans garantir la valeur de marché, la liquidité ou le remboursement intégral ; (iv) un immeuble français détenu directement peut rester soumis à l'IFI français si ses conditions sont réunies ; pour une détention indirecte, le droit interne et l'article 21 de la convention sont analysés structure par structure ; (v) une SOPARFI reste une société ordinairement imposable : régime des participations, substance, direction effective, bénéficiaire effectif, coûts, distribution et règles anti-abus doivent être documentés ; (vi) aucune convention fiscale générale France-Luxembourg ne couvre les successions et donations au 24 juillet 2026. Le règlement (UE) 650/2012 traite de la loi civile, tandis que les territorialités fiscales internes, le testament, le régime du couple et les clauses bénéficiaires demandent une coordination distincte.

