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Frontalier ou expatrié · 45 jours ouvrés · 77 400 € · 7 ans sur 12

Gestion de patrimoine
frontaliers et expatriés
France-Allemagne

Cabinet spécialisé dans la gestion de patrimoine des frontaliers et des expatriés français en Allemagne. Nous commençons par la distinction que le corpus francophone mélange ligne après ligne : le frontalier vit en France, y reste résident fiscal, et l'écrasante majorité des règles de non-résident ne le concerne pas. L'expatrié relève d'un autre corps de règles, et trois décisions se prennent dans ses premières semaines sans qu'on lui dise qu'elles ne se défont pas. Notre première question n'est donc pas « combien ? » mais « où dormez-vous ? »

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Cabinet de gestion de patrimoine pour Français en Allemagne
Conseil en gestion de patrimoine pour frontaliers et expatriés français en Allemagne — Strasbourg, Sarrebruck, Munich, Berlin, Francfort

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 — Cabinet capitalistiquement indépendant, rémunération mixte (honoraires + rétrocessions) intégralement déclarée par écrit, accès institutionnel multi-juridiction.

Cette page présente la fiscalité française et les conventions fiscales applicables aux Français qui travaillent ou résident en Allemagne. Hagnéré Patrimoine n'a ni bureau ni agrément en Allemagne et n'est pas habilité à délivrer un avis de droit allemand : pour les questions de droit local (Einkommensteuergesetz, Abgabenordnung, Außensteuergesetz, Investmentsteuergesetz, Erbschaftsteuergesetz, Sozialgesetzbuch, Kirchensteuergesetze des seize Länder, droit des sociétés et droit du travail allemands), l'intervention d'un Steuerberater, d'un Rechtsanwalt ou d'un Notarétabli en Allemagne est requise. Nous accompagnons depuis la France et organisons cette mise en relation. Un seul Kirchensteuergesetz de Land a été lu intégralement dans notre dossier documentaire, celui de Bavière : aucun taux d'impôt d'église par Land, aucun taux de droits de mutation immobilière et aucun multiplicateur communal ne figure sur cette page. Tous les seuils allemands sont millésimés 2026 et périment le 31 décembre. État du droit arrêté au 9 août 2026.

45
Jours ouvrés, un seul contingent, tous motifs confondus
Ni 45 plus 45, ni 90. Le § 7 (1) 1. de la KonsVerFRAV vise « höchstens an 45 Arbeitstagen » pour les deux hypothèses réunies — non-retour au domicile et activité hors zone —, et la lettre du ministère fédéral des Finances du 28 décembre 2021 les range sous une catégorie unique de jours nocifs. Ou 20 % des jours du contrat, selon le rythme de travail.
3 mois
La porte de l’assurance maladie publique, et elle se referme seule
À plus de 77 400 € de rémunération annuelle en 2026, le salarié est hors du régime public dès son premier jour. Le § 9 alinéa 2 n° 3 du SGB V lui laisse trois mois à compter de la prise d’emploi pour y adhérer volontairement. Ce délai n’est écrit sur aucun document qu’on lui remettra. Passé trois mois, la décision est prise, qu’il l’ait prise ou non.
7 / 12
Les années qui déclenchent l’exit tax allemande au départ
Sept années d’assujettissement illimité au cours des douze précédant le fait générateur, et non dix. Sur une participation d’au moins 1 %, dans une société allemande ou française indifféremment, et depuis le 1er janvier 2025 sur des parts de fonds dont le prix d’acquisition atteint 500 000 €. Elle frappe au moment où vous quittez l’Allemagne, y compris pour rentrer en France.
4
Les seuls postes qui dépendent vraiment de votre Land
Droits de mutation immobilière, impôt d’église, multiplicateur communal de taxe professionnelle, taxe communale sur les résidences secondaires. Tout le reste est fédéral : barème, supplément de solidarité, prélèvement forfaitaire, impôt sur les sociétés, droits de succession. Un cadre célibataire sans confession déplacé de Hambourg à Stuttgart voit changer son loyer, pas son impôt.
Le constat qui dérange

Deux publics que tout oppose, et un corpus qui les mélange ligne après ligne

Une population nombreuse réside en Alsace, en Moselle et dans la vallée du Rhin, travaille en Allemagne, et reste résidente fiscale française. Elle déclare l'intégralité de ses revenus en France, son salaire allemand n'est imposable qu'en France, et ni la retenue de l'article 182 A du code général des impôts, ni le taux minimum de l'article 197 A, ni le régime des plus-values immobilières des non-résidents ne la concernent. Elle lit pourtant les mêmes pages que l'expatrié, où les deux situations sont traitées dans le même paragraphe.

L'expatrié, lui, transfère son domicile. Il devient illimitément imposable en Allemagne sur son revenu mondial, et il prend dans ses premières semaines trois décisions qu'on ne lui présente pas comme telles. Au guichet, le formulaire d'inscription domiciliaire tient sur une page, et une ligne intitulée Religion figure entre l'état civil et les enfants ; six semaines plus tard, sa fiche de paie porte une ligne Kirchensteuer. Aux ressources humaines, on lui demande gesetzlich oder privat sur le ton d'une formalité, et le droit d'adhérer volontairement au régime public se referme trois mois après la prise de fonctions. Et le jour où il repartira, y compris pour rentrer en France, une seconde imposition de sortie l'attendra, celle du § 6 de l'Außensteuergesetz.

Entre les deux, la configuration la plus fréquente sur le Rhin supérieur et la plus mal traitée : le couple à cheval, dont un conjoint s'installe et l'autre reste. Ce n'est ni l'une ni l'autre des deux situations précédentes : c'est deux résidences fiscales distinctes, deux déclarations, et des mécanismes allemands d'imposition commune qui ne s'ouvrent que sur demande et sous conditions de structure des revenus. Nous écrivons cette page parce qu'un chiffrage construit sans avoir tranché laquelle de ces trois configurations est la vôtre n'est pas approximatif : il est faux.

Frontalier ou expatrié : le chapitre qui commande tout
6 pièges fiscaux à éviter pour un frontalier ou un expatrié français en Allemagne — Hagnéré Patrimoine
Erreurs fréquentes

Les 6 piègesqui coûtent cher entre la France et l'Allemagne

Un contingent compté deux fois, une case prise pour une option, un chiffre suisse appliqué à un dossier allemand : les dossiers franco-allemands qui tournent mal partagent tous la même structure — une règle vraie, coupée avant la condition qui la rendait applicable. « Le frontalier n'est pas soumis au barème allemand » est un résultat exact obtenu par un raisonnement faux, et c'est le raisonnement qui sert le jour où la situation se complique.

Le régime perdu pour l’année entière

Compter 45 jours de non-retour plus 45 jours hors zone

Le texte français de l’accord amiable du 16 février 2006 se lit comme s’il posait deux limites distinctes, et le lecteur en déduit 90. Trois sources écartent cette lecture : le § 7 (1) 1. de la KonsVerFRAV, qui vise « höchstens an 45 Arbeitstagen » pour les deux hypothèses réunies, la lettre du ministère fédéral des Finances du 28 décembre 2021, qui les range sous une catégorie unique de jours nocifs, et le § 120 de BOI-INT-CVB-DEU-10-30, qui décrit une période unique et deux motifs. Le dépassement ne se ventile pas : il fait perdre le régime pour l’année civile entière, rétroactivement depuis janvier, et le salaire des jours allemands bascule sous l’article 13 (1) de la convention.

KonsVerFRAV § 7 · BMF 28/12/2021, Tz. 9 et 26
1 576 € à 2 334 €/an sur nos dossiers

Prendre la rubrique « religion » du formulaire pour une option

Elle figure entre l’état civil et les enfants, sur une page, et un Français baptisé à trois mois écrit la vérité de son état civil parce qu’on lui demande la vérité. Six semaines plus tard, sa fiche de paie porte une ligne Kirchensteuer. L’article 6 alinéa 1 du Kirchensteuergesetz bavarois assujettit les membres des communautés habilitées : le fait générateur est l’appartenance juridique, pas la case. La rubrique ne crée pas la dette, elle la révèle, et l’article 25 du même texte oblige à renseigner l’administration. Laisser la ligne en blanc n’est pas une option de gestion, c’est une déclaration inexacte.

KirchStG bavarois art. 6 et 25 · § 51a EStG
Une porte qui se referme au 90e jour

Cocher « privat » aux ressources humaines la première semaine

La prime privée annoncée est inférieure à la cotisation publique, et le calcul du courtier est exact. C’est le reste qui ne l’est pas. Le droit d’adhérer volontairement au régime public se referme trois mois après la prise de fonctions, le retour sera fermé à 55 ans par deux textes successifs, la provision de vieillissement n’est transférable qu’à hauteur du tarif de base, et le jour où il y aura des enfants, le § 10 alinéa 3 du SGB V les fera sortir de la couverture familiale gratuite dès lors que le parent resté hors caisse gagne plus de 6 450 € par mois et plus que le parent affilié.

SGB V § 6 al. 1, 3a et 3b · § 9 al. 2 n° 3 · § 10 al. 3
2 076 309 € sur une société non vendue

Croire que l’exit tax est une spécialité française

Elle est aussi allemande, elle obéit à d’autres seuils, et elle frappe dans l’autre sens. Le § 6 de l’Außensteuergesetz assimile à une cession à la valeur vénale la fin de l’assujettissement illimité, après sept années au cours des douze précédentes, sur une participation d’au moins 1 % — le § 17 de l’EStG ne distingue pas selon la résidence de la société, de sorte qu’une SAS ou une SARL française est dans le champ. Depuis les fins d’assujettissement postérieures au 31 décembre 2024, les parts de fonds y entrent aussi. Et la transmission à titre gratuit à une personne non illimitément imposable est un fait générateur à part entière.

§ 6 AStG · § 19 al. 3 InvStG · § 17 EStG
Un régime perdu sur un chiffre étranger au dossier

Transposer un chiffre suisse, luxembourgeois ou belge

Les 34 jours appartiennent aux dispositifs France-Luxembourg et France-Belgique. Les 40 % sont suisses, issus d’un avenant entré en vigueur le 24 juillet 2025 et applicable depuis le 1er janvier 2026. Les 50 % sont le seuil de l’accord-cadre européen, qui est social et non fiscal, et qui suppose une demande. Les 25 % de l’article 14 § 8 du règlement 987/2009 sont un indice négatif dans une évaluation globale portant sur les douze mois à venir, pas un seuil fixé. Une seule règle fiscale est opposable côté allemand : 45 jours ouvrés ou 20 % selon le rythme de travail.

Accord amiable du 16 février 2006
≈ 10 000 €/an, plus 188 400 € en sursis

Déménager de trois kilomètres, de Strasbourg à Kehl

C’est l’événement le plus banal du parcours frontalier, et c’est l’acte le plus structurant du dossier. Tant que le domicile ne bouge pas, aucune exit tax ne se déclenche. Le jour du transfert, l’article 167 bis du code général des impôts vise le contribuable qui a été domicilié en France six des dix dernières années et dont les titres valent plus de 800 000 € — même emploi, même employeur, même trajet inversé. Le même jour, une seconde horloge se met en marche, celle des sept ans du § 6 AStG. Et le foyer perd le quotient familial français au profit d’un quotient conjugal allemand qui s’arrête à deux parts.

CGI art. 167 bis · § 32a al. 5 EStG

Vous télétravaillez déjà depuis la France ?

La première question que nous posons n'est pas « combien de jours ? » mais « à quelle distance de la frontière habitez-vous, votre employeur a-t-il déposé une demande au titre de l'accord-cadre européen, et tenez-vous un décompte jour par jour ? ». Ces trois réponses décident de la conservation du régime pour l'année civile entière.

La composition du foyer, pas le niveau du salaire

Pour qui l'Allemagne fonctionne,
et pour qui elle coûte plus qu'annoncé

Deux faits structurels dessinent la frontière, et aucun des deux n'apparaît dans un comparatif de barèmes. Les cotisations sociales allemandes sont plafonnées — c'est l'inverse exact de la logique française — et le quotient conjugal allemand s'arrête à deux parts. L'Allemagne traite donc bien les hauts salaires et les couples à revenus déséquilibrés, et mal les familles nombreuses à revenu moyen qui perdaient beaucoup au quotient familial français.

Ce que l'Allemagne traite mieux qu'on ne le dit

Cinq configurations, établies sur douze dossiers chiffrés

  • Le cadre à haut salaire, parce que les cotisations sont plafonnées
    À 145 000 € de brut, le taux de cotisation salariale tombe à 12,37 % contre 20,90 % pour un salarié à 66 000 €, et le taux marginal devient nul au-delà de 101 400 €. Aucun mécanisme français n’a cette forme, et c’est le poste qui décide, avant tout arbitrage de barème.
  • Le couple dont un seul conjoint gagne
    Le quotient conjugal du § 32a alinéa 5 de l’EStG n’est pas plafonné, à la différence du quotient familial français que l’article 197 du CGI plafonne expressément. Sur un couple à 145 000 € et zéro, il vaut 12 839 € par an ; sur un couple à 96 000 € et 28 000 €, 11 591 €. Il ne rapporte rien quand les deux conjoints gagnent autant.
  • Le frontalier, qui cumule deux régimes favorables sans le savoir
    Salaire imposable exclusivement en France par l’article 13 (5), cotisations allemandes plafonnées là où les contributions françaises ne le sont pas, et 7,5 % de prélèvements sociaux au lieu de 17,2 % sur ses loyers français par le I ter de l’article L. 136-6. Sur 14 400 € de loyers, cela fait 1 396,80 € par an, presque jamais réclamés.
  • Le propriétaire immobilier qui tient dix ans
    La plus-value immobilière privée est exonérée après dix ans de détention par le § 23 alinéa 1 n° 1 de l’EStG, sans équivalent français. Deux réserves à ne pas omettre : les amortissements pratiqués sont repris dans le calcul, et l’héritier ou le donataire reprend la date d’acquisition de son auteur.
  • Le patrimoine mobilier, tant qu’il ne franchit pas les seuils de sortie
    Aucun impôt allemand sur la fortune n’est levé depuis le 1er janvier 1997, à la suite de la décision du Bundesverfassungsgericht du 22 juin 1995. Le Vermögensteuergesetz reste publié et non abrogé, ce qui trompe : il n’est pas appliqué.
Ce que le déménagement ne déplacera pas

Cinq profils pour lesquels nous disons non

  • La famille nombreuse à revenu moyen
    Les enfants n’ouvrent pas de parts en Allemagne : ils ouvrent une allocation ou un abattement, et le splitting s’arrête à deux parts. Pour une famille de quatre personnes à 124 000 € de revenus, le quotient familial français est plus généreux, et l’écart est de l’ordre de 10 000 € par an contre le déménagement. C’est structurel, pas un détail de paramétrage.
  • Le frontalier qui traverse la frontière pour habiter
    Le déménagement de trois kilomètres déclenche l’exit tax française si les titres valent plus de 800 000 €, ferme l’exonération de plus-value de la résidence principale française, ajoute un impôt d’église déclenché par un formulaire, et met en marche le compteur des sept ans du § 6 AStG. Patrimonialement, c’est l’acte le plus structurant du parcours.
  • Le célibataire jeune tenté par l’assurance privée
    L’économie annuelle est réelle et elle s’achète contre une option qu’on ne rouvre pas : une famille future non couverte gratuitement, une provision de vieillissement transférable seulement à hauteur du tarif de base, un verrou à 55 ans dont le second étage vise nommément le parcours France-Allemagne, et une question non tranchée sur les droits conservés en France.
  • Le dirigeant qui s’installe sans dater sa sortie
    Sept ans d’assujettissement illimité sur douze suffisent, et une mission de cinq ans s’étire souvent à huit. Sur une participation de 62 % valorisée 8 400 000 €, l’impôt allemand de sortie ressort à 2 076 309 € sans qu’un seul titre soit vendu, soit 28,44 % du gain latent, et l’étalement de sept annuités coûte 27,5 % à 32,5 % de plus.
  • L’héritier français d’un parent installé en Allemagne
    L’abattement allemand de 400 000 € en ligne directe existe, et il ne produit rien quand l’héritier est domicilié en France : l’article 11 § 1 c) de la convention de 2006 autorise la France à imposer, et le crédit de l’article 784 A ramène la charge totale à l’impôt français. Sur 1 200 000 €, l’écart en faveur de l’Allemagne est nul.

Sur les douze dossiers chiffrés de notre guide, cinq se concluent par un refus ou par un « non » partiel, et ce ne sont pas les cinq plus modestes : le plus lourd porte sur une participation valorisée huit millions quatre cent mille euros. Le chapitre du guide consacré aux douze dossiers donne le détail de chaque calcul, avec ses hypothèses.

Nos 8 expertises pour un patrimoine franco-allemand
du décompte des jours au retour en France

Une approche qui couvre tout le cycle : qualification du dossier avant tout chiffrage, régime frontalier et contingent de jours, deux seuils de télétravail, impôt d'église, assurance maladie, deux exit tax, patrimoine conservé en France, effets réels du Land. Deux sujets méritent d'être lus en entier avant toute décision : le choix entre régime public et assurance privée et l'exit tax allemande au moment du retour.

Convention du 21 juillet 1959 · Trois configurations

Frontalier, expatrié, couple à cheval
à qui s'applique quoi, ligne par ligne

Le tableau ci-dessous est celui que nous remplissons avant tout chiffrage. Il ne dit pas ce que coûte l'Allemagne : il dit quelles règles vous concernent, et lesquelles vous pouvez cesser de lire. Une règle appliquée à la mauvaise configuration est une faute de conseil, et c'est de loin l'erreur la plus fréquente du corpus francophone sur ce couple de pays.

Ce qui est en cause
Frontalier (résident de France)
Expatrié (résident d’Allemagne)
Couple à cheval
Résidence fiscale
France. Il déclare l’intégralité de ses revenus en France
Allemagne, illimitément imposable sur le revenu mondial (§ 1 al. 1 EStG)
Deux résidences distinctes, deux déclarations, une clause de départage à appliquer
Salaire allemand
Imposable exclusivement en France, par l’article 13 (5) c) de la convention
Imposable en Allemagne, article 13 (1), au barème du § 32a EStG
Selon le conjoint : chacun suit son propre rattachement
Condition géographique
Domicile dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin ou la Moselle en entier ; emploi dans une commune allemande à 30 km au plus
Sans objet
À vérifier pour le conjoint resté frontalier, sans transposition à l’autre
Tolérance de jours
45 jours ouvrés au total, tous motifs confondus, ou 20 % des jours selon le rythme de travail
Sans objet : il n’est pas frontalier
Applicable au seul conjoint frontalier, avec son propre décompte
Impôt d’église
Non dû : ni domicile ni séjour habituel en Allemagne
Dû si appartenance à une communauté habilitée, taux de 8 ou 9 selon le Land
Régime du couple mixte : assiette au prorata des revenus, et Kirchgeld possible
Assurance maladie
Législation allemande par l’article 11 § 3 a) du règlement 883/2004 ; même seuil de 77 400 €, mêmes trois mois
Idem, avec en plus la question de la couverture familiale du § 10 SGB V
Configuration la plus exposée : deux régimes, un formulaire S1 à cadrer
Exit tax française
Aucune, tant que le domicile ne bouge pas
Article 167 bis du CGI liquidé le jour du transfert de domicile
Due par le conjoint qui transfère son domicile, sur ses propres titres
Exit tax allemande
Hors champ : pas d’assujettissement illimité
§ 6 AStG après sept ans sur douze, sur une participation d’au moins 1 %
Due par le conjoint installé, le jour où il repart
Prélèvements sociaux français
7,5 % au lieu de 17,2 % ou 18,6 %, par le I ter des articles L. 136-6 et L. 136-7 du CSS
Même mécanisme, sous la même double condition
Cases 8SH et 8SI individuelles : la clé de répartition n’est documentée par aucune source

Aucun département français autre que le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle n'est visé par la lettre c). La Meurthe-et-Moselle, la Meuse et les Ardennes, qui bordent la Belgique et le Luxembourg, ne le sont pas : un résident de Longwy, de Verdun ou de Charleville-Mézières n'a pas accès au régime frontalier franco-allemand, quel que soit l'emploi qu'on lui propose outre-Rhin. Son arbitrage entre les quatre destinations frontalières est déjà largement fait par son adresse.

Deux précisions qui font gagner ou perdre le régime, et que le corpus ne relève pas. Le foyer d'habitation permanent n'est pas le centre des intérêts vitaux : la lettre du ministère fédéral des Finances du 28 décembre 2021 écrit à son point 7 que la condition est une ständige Wohnstätte dans la zone, et que « dabei muss es sich nicht zwingend um den Lebensmittelpunkt des Arbeitnehmers handeln » — un salarié dont la famille vit à Paris, qui dispose d'un logement permanent à Strasbourg et rentre chaque jour depuis Kehl, est frontalier. Et un enseignant durablement employé dans une école allemande de la zone n'est pas couvert par l'article 16, qui ne vise que les séjours provisoires de deux ans au plus : le régime frontalier lui est ouvert. Même logique pour le salaire d'apprentissage versé par un employeur allemand, que l'article 17 ne couvre pas puisqu'il ne vise que les subsides d'origine étrangère.

Le contingent est unique, et ses pièges sont dans le décompte

45 jours ouvrés par an, tous motifs confondus, ou 20 % des jours du contrat selon le rythme de travail — ce second plafond ne pouvant en aucun cas dépasser 45 jours. La limite de 20 % s’applique notamment lorsque l’emploi ne couvre pas l’année civile entière, ce qui peut la ramener à une quinzaine de jours pour une embauche en septembre. Une mission de plusieurs jours consomme le quota même à l’intérieur de la zone frontalière : le critère du non-retour au domicile est autonome de celui du lieu d’activité.

Le seuil social n’est pas le seuil fiscal, et il suppose une demande

L’accord-cadre européen applicable depuis le 1er juillet 2023 permet de rester affilié dans l’État de l’employeur tant que le télétravail dans l’État de résidence reste inférieur à 50 % du temps de travail, « à tous les salariés frontaliers et transfrontaliers qui en font la demande ». À défaut de demande et de formulaire A1, la règle générale reprend son empire et le rattachement bascule dès qu’une partie substantielle de l’activité est exercée en France. La France y est partie par l’URSSAF et la MSA, l’Allemagne par le GKV-Spitzenverband et sa Deutsche Verbindungsstelle Krankenversicherung – Ausland.

La double résidence n’écarte pas le régime, elle appelle le départage

Le point 8 de la lettre du 28 décembre 2021 pose que, lorsqu’il existe un foyer d’habitation permanent dans les deux États, la résidence conventionnelle se détermine par la clause de départage de l’article 2 § 1 n° 4 b) — foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, puis accord amiable. La nationalité n’arrive qu’en quatrième position : « je suis français, donc je reste résident de France » est faux tant que les deux premiers critères n’ont pas échoué. Si la personne est résidente de l’État d’activité, le régime frontalier ne joue pas.

Le point le plus exposé du dossier, et nous le publions comme tel

Le point 3 de l'accord amiable du 16 février 2006 neutralise le télétravail exercé depuis un domicile situé en zone frontalière. Or la zone frontalière, au sens de la lettre b) de l'article 13 (5), est l'ensemble des communes situées à vingt kilomètres ou moins de la frontière. Le résident de France relève de la lettre c), qui ne pose aucune condition de distance : il lui suffit d'habiter le Bas-Rhin, le Haut-Rhin ou la Moselle. Pour un salarié domicilié à Sarrebourg, Sarre-Union, Colmar ou Metz, la lettre du point 3 ne joue pas, et aucune source administrative française ou allemande ne se prononce.

Notre consigne, publiée telle quelle plutôt qu'arbitrée : traiter les journées complètes de télétravail comme des journées hors zone frontalière, donc soumises au plafond de 45 jours ou 20 %, et faire valider la situation par le Finanzamt compétent avant toute organisation durable du travail à distance. Sur un rythme de deux jours par semaine, le contingent est consommé dès le début du mois de juin. La seule prise de position française datée dont nous disposons est la réponse de Mme Maud Bregeon à la question orale n° 1046S de M. Michaël Weber, en séance publique le 21 juillet 2026 et publiée le 22 juillet 2026 : la mise à jour 2025 des commentaires du modèle de convention de l'OCDE « a été l'occasion de préciser que l'exercice d'une activité en télétravail pendant moins de 50 % du temps ne conduit généralement pas à la constitution d'un établissement stable », et l'administration s'estime en mesure de l'appliquer « notamment dans le cadre de la convention fiscale franco-allemande du 21 juillet 1959 ». Deux précautions de lecture, à ne jamais séparer de cette citation : elle porte sur l'établissement stable de l'employeur, non sur la qualité de travailleur frontalier, et elle ne crée aucune tolérance de 50 % de télétravail au regard de l'article 13 (5).

Hagnéré Patrimoine pour les Français du
Rhin supérieur, de la Moselle, de Munich et de Berlin

L'Allemagne n'est pas un bloc, mais elle ne se découpe pas là où on le croit. L'impôt sur le revenu, le supplément de solidarité, le prélèvement forfaitaire sur les revenus de capitaux, l'impôt sur les sociétés et les droits de succession sont fédéraux et identiques dans les seize Länder. Quatre postes seulement dépendent de votre adresse : les droits de mutation immobilière, l'impôt d'église, le multiplicateur communal de taxe professionnelle et la taxe communale sur les résidences secondaires. Pour un frontalier, la géographie décide de tout — mais ce n'est pas celle des Länder, c'est celle d'une zone de trente kilomètres.

Le Rhin supérieur : Strasbourg, Colmar, Kehl, Fribourg, Karlsruhe

La zone où le régime frontalier se gagne et se perd sur un décompte

Le Bas-Rhin et le Haut-Rhin sont couverts en entier par la lettre c) de l’article 13 (5) : un salarié de Colmar est frontalier de plein droit, quelle que soit la distance qui le sépare de la frontière, dès lors qu’il travaille dans une commune allemande de la zone des 30 kilomètres. L’asymétrie est considérable et presque jamais écrite : le résident allemand qui fait le trajet inverse, lui, doit habiter à 20 kilomètres au plus. C’est aussi la zone où le télétravail pose la question que personne n’a tranchée. Le point 3 de l’accord de 2006 neutralise le télétravail au domicile situé « en zone frontalière », c’est-à-dire à 20 kilomètres ou moins au sens de la lettre b). Un salarié domicilié à Colmar relève de la lettre c), qui ne pose aucune condition de distance : la lettre du point 3 ne le couvre pas, et aucune source administrative française ou allemande ne se prononce.

La Moselle et la Sarre : Metz, Sarreguemines, Forbach, Sarrebruck

Le département entier, et sept communes sarroises à part

La Moselle est couverte en entier, la Meurthe-et-Moselle ne l’est pas. Un habitant de Sarreguemines a un accès de plein droit au régime allemand ; un habitant de Longwy n’en a aucun, quel que soit l’emploi qu’on lui propose outre-Rhin, et son arbitrage entre les quatre destinations frontalières est déjà largement fait par son adresse. Côté allemand, la Sarre compte 52 communes et l’annexe 3 de la lettre du 16 novembre 2021 les liste toutes ; l’annexe 1, celle des 20 kilomètres, n’en retient que 45. Sept communes sarroises sont donc dans la zone utile au résident de France sans être dans celle qui sert au résident d’Allemagne : leurs habitants qui travaillent en France ne sont pas frontaliers, alors que les Français qui viennent y travailler le sont.

Munich, Stuttgart et le sud industriel

Le profil où l’Allemagne gagne, et où la sortie se prépare le premier jour

C’est la géographie des mutations de cadres, et c’est le cas où le calcul est favorable pour une raison structurelle : les cotisations sociales allemandes sont plafonnées. À 145 000 € de brut, le taux de cotisation salariale tombe à 12,37 % et le taux marginal devient nul au-delà de 101 400 €, quand un salarié à 66 000 € supporte 20,90 %. S’y ajoute le quotient conjugal du § 32a alinéa 5, qui n’est pas plafonné, à la différence du quotient familial français. Deux réserves changent l’horizon. Une mission de cinq ans s’étire souvent à huit, et le compteur des sept ans du § 6 AStG court dès le premier jour. Et le taux d’impôt d’église, comme le plafonnement qui l’accompagne, relève de la loi du Land : nous ne les publions pas, cette ventilation Land par Land n’étant établie dans notre dossier sur aucune source primaire. Le taux figure en clair sur la première fiche de paie, et il ne suffit pas à conclure : un taux de 8 % sans plafonnement peut coûter plus cher qu’un taux de 9 % plafonné à 2,75 %.

Berlin, Francfort, Düsseldorf, Hambourg

Quatre villes, un seul barème, et des loyers qui ne se ressemblent pas

Déplacez un cadre célibataire à 90 000 € de revenu imposable, sans confession déclarée et locataire, de Hambourg à Stuttgart puis à Leipzig : son impôt sur le revenu ne varie pas d’un centime, ni son supplément de solidarité, ni son prélèvement sur les intérêts et les dividendes. Ce que produit ce déplacement, en euros, est un changement de loyer. L’écart de loyer que notre guide chiffre entre une grande ville et une commune rurale, à surface égale, atteint 2 268 € par an — plus de sept fois l’écart brut d’impôt d’église entre 8 et 9 % sur un revenu imposable de 100 000 €, qui vaut 308,64 €. La géographie fiscale allemande n’est pas là où on la cherche : elle est dans le multiplicateur communal de taxe professionnelle pour un dirigeant, et dans le loyer pour un salarié.

Nous ne publions aucun taux de droits de mutation immobilière, aucun taux d'impôt d'église par Land et aucun multiplicateur communal par ville. Ces trois données relèvent de seize législateurs et de plus de dix mille communes, et notre dossier documentaire n'en a relevé aucune sur une source primaire. Sur 400 000 € d'acquisition, un point de droits de mutation vaut 4 000 € : un chiffre indicatif faux n'est pas une approximation, c'est une erreur de conseil. Ce que nous faisons à la place est plus utile — vous dire où se trouve le chiffre, et ce qu'un point représente sur votre dossier.

Réseau sur place · 5 métiers

Notre réseau d'experts
en Allemagne

Un dossier franco-allemand ne se traite pas depuis un seul bureau. Il mobilise cinq métiers distincts sur place, chacun sur un acte précis, et personne ne fait le travail d'un autre. Le point de départ est une limite que nous posons nous-mêmes : Hagnéré Patrimoine n'a ni bureau ni agrément en Allemagne et n'est pas habilité à délivrer un avis de droit allemand. Cette matière relève d'un professionnel agréé sur place, et nous organisons cette mise en relation depuis la France. Chacun intervient sous sa propre lettre de mission ; le cabinet ne prescrit aucun intervenant et n'en tire aucune rémunération.

Außensteuerrecht · contentieux · convention

Avocats fiscalistes franco-allemands

Ce sont eux qui tranchent ce que nous ne trancherons pas, et la liste est nommée dans notre dossier. Le télétravail du frontalier domicilié au-delà de vingt kilomètres de la frontière, qu’aucune source administrative des deux pays ne traite. La rétroactivité du régime transitoire de l’exit tax allemande, réécrit en décembre 2025 avec effet au 1er juillet 2021 pour des faits déjà accomplis. La question de savoir si le seuil de 500 000 € des parts de fonds se lit fonds par fonds ou portefeuille par portefeuille, sur laquelle aucune règle d’agrégation n’existe. L’articulation de l’exonération de contribution sociale généralisée avec le statut de non-résident Schumacker, que deux textes règlent en sens contraire. La question leur parvient cadrée côté français, avec l’incidence chiffrée de chaque lecture et les pièces réunies. Sur un dossier d’exit tax, nous cherchons la spécialité Außensteuerrecht : ce n’est pas une préférence, c’est le champ du § 6 AStG.

Déclarations · Anlage KAP · Finanzamt

Steuerberater

Le conseil fiscal allemand porte la liquidation locale et il porte surtout un calendrier que personne ne rappelle. La déclaration annuelle, la qualification des revenus au regard de l’Einkommensteuergesetz et de l’Investmentsteuergesetz, l’Anlage KAP par laquelle l’impôt d’église sur les revenus de capitaux se liquide — et se découvre un an plus tard, puisqu’un payeur français ne le prélève jamais. C’est aussi lui qui procure le document que nous ne pouvons pas produire : le Kirchensteuerbeschluss en vigueur de votre Land et de votre confession, qui porte le taux réel. Et c’est lui qui dépose la déclaration événementielle d’exit tax sur parts de fonds, dont le formulaire publié par le ministère fédéral des Finances le 12 décembre 2025 fixe les échéances aux 31 janvier et 31 juillet.

Actes · donation · succession croisée

Notare et notaires français

Le notaire allemand n’a pas le rôle du notaire français, et trois points se vérifient avant tout engagement. Le délai de dix ans du § 23 de l’EStG d’abord : l’exonération de plus-value immobilière privée après dix ans est réelle, mais les amortissements pratiqués sont repris dans le calcul, et l’héritier ou le donataire reprend la date d’acquisition de son auteur — un immeuble acheté par le défunt en 2009 et revendu en 2027 est hors du champ allemand, un immeuble acheté en 2021 ne l’est pas. La détention par société ensuite : depuis les opérations postérieures au 2 juillet 2026, la réunion d’au moins 90 % des parts d’une société détenant un immeuble allemand est imposable aux droits de mutation, de sorte que la voie sociétaire suppose de laisser durablement plus de 10 % du capital entre des mains tierces. L’obligation déclarative allemande enfin : nous déclarons par précaution, l’admission d’une authentification par un notaire français au titre de la dispense du § 30 alinéa 3 de l’ErbStG n’étant pas établie.

Marché · Grunderwerbsteuer · Zweitwohnung

Agents immobiliers et conseils au logement

Leur valeur n’est pas de trouver un bien, c’est de dire ce qu’un bien vaut là où il est et ce que la commune y prélève. Trois vérifications ne se délèguent pas au vendeur. Le taux de droits de mutation du Land où se trouve l’immeuble — pas celui où vous habitez, pas celui où vous travaillez : sur 400 000 €, un point vaut 4 000 €, et nous ne publions aucun taux. La taxe communale sur les résidences secondaires, angle mort du frontalier qui garde un pied-à-terre et du couple à cheval. Et le loyer, qui est en pratique le premier poste géographique d’un salarié : l’écart que notre guide chiffre entre une grande ville et une commune rurale, à surface égale, atteint 2 268 € par an, soit plus de sept fois l’écart brut d’impôt d’église entre 8 et 9 % sur un revenu imposable de 100 000 €.

A1 · S1 · GKV · PKV

Conseils en protection sociale, DVKA et CLEISS

C’est le métier que le corpus oublie, et c’est celui dont les décisions ne se défont pas. Le certificat A1 et la demande au titre de l’accord-cadre européen sur le télétravail transfrontalier, sans laquelle le seuil de 50 % ne s’applique pas. Le formulaire S1, qui ouvre des soins en France pour le compte de l’institution allemande. Et une question que nous refusons de trancher tant qu’elle n’est pas confirmée par écrit : l’assurance privée substitutive allemande n’est pas l’institution compétente au sens du chapitre 1 du titre III du règlement 883/2004, et le raisonnement conduit à penser qu’un assuré privé et sa famille perdent le bénéfice de l’inscription en France. Le raisonnement est cohérent, la source primaire manque, et la conséquence est trop grave pour être publiée sans saisine écrite de la Deutsche Verbindungsstelle Krankenversicherung – Ausland et du Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale.

Chef d’orchestre

Hagnéré Patrimoine, depuis la France

Nous restons votre interlocuteur unique, et nous accompagnons depuis la France, en français. Nous posons la question dans les termes du droit français, relisons la réponse à cette aune et arbitrons quand deux avis se contredisent. Notre règle de cadrage tient en une ligne : sur un dossier franco-allemand, l’erreur porte presque toujours sur le périmètre de la règle, pas sur le chiffre. Un taux exact appliqué au frontalier alors qu’il vise l’expatrié est une faute de conseil, et un seuil allemand de plus de douze mois est présumé faux — l’Allemagne réindexe barème, franchises, plafonds de cotisation et seuil de sortie de l’assurance publique chaque 1er janvier. Le choix de chaque professionnel vous appartient ; la nature de notre rémunération et l’absence de tout lien d’affaires avec ces intervenants vous sont indiquées par écrit avant toute mise en relation.

Tous les dossiers n'ont pas besoin des cinq.

Un frontalier salarié qui ne télétravaille pas et n'a aucun projet immobilier allemand n'a besoin ni d'un Steuerberater ni d'un notaire : son dossier se traite intégralement côté français. Mobiliser un réseau entier là où un seul interlocuteur suffit est une dépense, pas une sécurité. En revanche, sur un dossier comportant une participation de plus de 1 %, un portefeuille de parts de fonds proche de 500 000 €, une succession à préparer ou un changement de couverture maladie, le professionnel établi en Allemagne n'est jamais facultatif : c'est lui qui instruit les points que nous refusons de trancher, comme l'établit le chapitre du guide consacré aux sources et aux points non tranchés.

L'angle Hagnéré sur un dossier franco-allemand

Notre conviction après avoir chiffré ces dossiers des deux côtés : le pays n'est pas le sujet. Ce qui décide, c'est le statut, le calendrier des premières semaines et la date de sortie. Trois piliers, dans cet ordre.

01

Le statut avant le chiffre

Nous n’instruisons pas un projet allemand, nous instruisons un dossier de frontalier, d’expatrié ou de couple à cheval. La première question de notre questionnaire est votre adresse, la deuxième celle de votre employeur, la troisième le nombre de jours que vous passez hors de la zone. Presque toutes les règles changent de camp selon la réponse : le frontalier reste résident fiscal français et n’est concerné ni par la retenue de l’article 182 A, ni par le taux minimum de l’article 197 A, ni par le régime des plus-values immobilières des non-résidents ; l’expatrié l’est par tous les trois. Un taux exact appliqué au mauvais statut est une faute de conseil.

02

Les quatre-vingt-dix premiers jours avant le reste

L’ordre est contre-intuitif et il est décisif. Ce ne sont pas les arbitrages patrimoniaux qui commandent une installation allemande, ce sont trois échéances courtes que personne ne signale : deux semaines pour la déclaration domiciliaire, où une rubrique de confession révèle un impôt qui ne se décoche pas ; trois mois pour adhérer volontairement au régime public d’assurance maladie, faute de quoi l’assurance privée devient le seul régime possible ; et, pour un entrepreneur, l’option du § 32d alinéa 2 n° 3 de l’EStG, dont le texte dispose qu’après révocation une nouvelle demande n’est plus recevable pour la même participation. Nous écrivons ce calendrier avant la signature du contrat de travail.

03

Ce que nous ne trancherons pas, et à qui nous le confions

Notre socle documentaire a été soumis à deux passes de contre-vérification adversariale avant écriture, et il laisse des points ouverts que nous nommons plutôt que de les arbitrer : le télétravail du frontalier domicilié au-delà de vingt kilomètres de la frontière, l’effet du passage en assurance privée allemande sur le droit aux prestations en France, la clé de répartition de l’exonération de contribution sociale généralisée dans un foyer dont un seul membre est affilié à l’étranger, le taux de prélèvements sociaux applicable à la plus-value immobilière d’un non-résident, et la règle d’agrégation du seuil de 500 000 € des parts de fonds. Nous exposons les lectures en présence avec leur incidence chiffrée, puis nous les confions à des professionnels établis en Allemagne.

Porte de Brandebourg et gratte-ciel de la finance allemande au crépuscule — gestion de patrimoine des expatriés français en Allemagne, Hagnéré Patrimoine
Kirchensteuer · Deux semaines pour le déclencher

Un impôt obligatoire déclenché par une ligne de formulaire

La déclaration domiciliaire se fait normalement dans les deux semaines suivant l'emménagement, et le formulaire tient sur une page. Entre l'état civil et les enfants figure une ligne intitulée Religion. Un Français baptisé à trois mois, qui n'a pas mis les pieds dans une église depuis un mariage, écrit ce que dit son état civil parce qu'on lui demande la vérité. Six semaines plus tard, sa fiche de paie porte une ligne Kirchensteuer. Il n'a signé aucun contrat et il n'a rien fait d'irrégulier. Il vient d'activer une chaîne de textes qui va du registre des habitants au logiciel de paie de son employeur, et dont aucun maillon ne lui a été montré.

  • Le fait générateur est l’appartenance juridique à une communauté habilitée : l’article 6 alinéa 1 du Kirchensteuergesetz bavarois assujettit « die Angehörigen », les membres, et non ceux qui cochent une case
  • La rubrique ne crée pas la dette, elle la révèle : l’article 25 du même texte oblige le contribuable à renseigner l’administration sur les faits dont dépend la constatation de son appartenance
  • Écrire que l’impôt s’évite en laissant la ligne en blanc revient donc à conseiller une déclaration inexacte, et expose le client à un rappel
  • La seule sortie est un Kirchenaustritt formel, déclaré personnellement devant l’autorité désignée par le droit du Land, sans effet rétroactif — en Bavière, 25,00 € pour la prise d’acte orale au Standesamt
  • L’assiette n’est pas votre revenu et ce n’est pas non plus l’impôt de votre avis : c’est un impôt recalculé au titre du § 51a alinéa 2 de l’EStG, majoré des montants exonérés par le § 3 n° 40
  • Un payeur français ne prélève jamais cet impôt : il se liquide à la déclaration, par l’Anlage KAP, et se découvre un an plus tard
Célibataire, 100 000 € de revenu imposable, taux de 9 %
2 777,76 €
par an, sur un impôt recalculé de 30 864 €
Le même dossier, au taux de 8 %
2 469,12 €
308,64 € d'écart brut, environ 165 € nets

Ces montants sont plus petits que ce que la littérature laisse croire, et c'est précisément ce qui les rend intéressants : personne ne choisit un Land pour trois cents euros, alors que l'écart de loyer entre une grande ville et une commune rurale, à surface égale, atteint 2 268 € par an. Le raisonnement change de nature aux hauts revenus, à cause d'un mécanisme que le corpus francophone ignore presque toujours : le plafonnement, ou Kappung, qui plafonne l'impôt d'église à un pourcentage du revenu imposable au lieu d'un pourcentage de l'impôt. Sur un revenu imposable de 300 000 €, un taux de 9 % non plafonné coûte 10 397,67 €, un taux de 9 % plafonné à 2,75 % coûte 8 250 €, et un taux de 8 % non plafonné coûte 9 242,37 €. Le Land au taux le plus bas n'est donc pas nécessairement le moins cher, et l'écart annuel brut entre les deux configurations atteint 2 148 €.

Le chapitre complet sur l'impôt d'église
Et le mécanisme joue plus fort qu'on ne le croit

Sur un gain de cession de titres, l'assiette double presque

C'est l'étape que le corpus omet, et c'est celle qui produit les erreurs les plus violentes. Le § 51a alinéa 2 de l'EStG impose de recalculer l'impôt sur un revenu imposable majoré des montants exonérés par le § 3 n° 40, c'est-à-dire des 40 % que le régime des revenus partiels laisse hors barème. Sur un revenu exclusivement salarial, l'étape est neutre. Sur un gain de cession de titres, la réintégration est massive : elle fait passer un chiffrage d'impôt d'église de 64 264 € à 107 464 € sur le même dossier. Un calcul naïf, qui applique 8 ou 9 % à l'impôt de l'avis, sous-estime la charge de 40 à 70 %.

Deux effets secondaires prennent régulièrement de court les couples franco-allemands. Le premier : le Kirchgeld. Lorsqu'un seul des époux appartient à une communauté et que le couple est imposé conjointement, la contribution ordinaire est assise sur la seule fraction d'impôt commun revenant au conjoint membre, répartie au prorata de la somme des revenus de chacun — un conjoint membre sans revenus propres ne doit donc aucune contribution ordinaire, et c'est là que le Kirchgeld prend le relais, assis sur le revenu commun, sans aucune ligne sur la fiche de paie. Nous ne publions aucun barème : il figure dans des règlements d'Église que notre dossier n'a pas ouverts. La parade existe et elle est de droit fédéral — le § 26 alinéa 2 phrase 1 de l'EStG permet à un seul des époux d'imposer l'imposition séparée —, mais elle a un coût, celui de la perte du quotient conjugal, qu'il faut chiffrer avant de la retenir. Le second : sur les revenus de capitaux, la charge totale passe de 26,375 % pour un non-membre à 27,819 % au taux de 8 % et 27,995 % au taux de 9 % — et non aux 28,485 % ou 28,749 % qu'un simple ajout laisserait attendre, parce que cette fraction-là n'est pas déductible en charge spéciale et qu'elle joue par une réduction du taux forfaitaire. Une bonne nouvelle, enfin, et il faut l'écrire parce que personne ne l'écrit : le frontalier résidant en France ne doit pas cet impôt, faute de domicile ou de séjour habituel en Allemagne. Le point de bascule est le changement de résidence, pas le changement d'employeur.

Assurance maladie · Trois mois, puis deux verrous

La question n'est pas « dois-je sortir ? », c'est « puis-je entrer ? »

Toute la littérature francophone est bâtie sur une phrase : sortir du régime public est un droit, y rentrer n'en est pas un. Cette architecture ne décrit pas la situation du lecteur visé. Un Français qui prend son premier emploi en Allemagne à 90 000 € n'est pas dans le régime public : il en est dehors dès le premier jour, parce que sa rémunération dépasse le seuil de 77 400 € du § 6 alinéa 1 n° 1 du SGB V. Il n'a rien à quitter. Le § 9 alinéa 1 n° 3 lui permet d'adhérer volontairement, et le § 9 alinéa 2 n° 3 lui laisse trois mois à compter de la prise d'emploi pour le déclarer à une caisse. Ce délai n'est écrit sur aucun document qu'on lui remettra. Passé trois mois, la décision est prise, qu'il l'ait prise ou non.

Le calcul du courtier qui lui propose une prime privée inférieure à la cotisation publique est exact. C'est le reste qui ne l'est pas, et le reste tient en quatre points. Le verrou des 55 ans a deux étages : le § 6 alinéa 3a ferme la porte à qui n'a pas été assuré au régime légal dans les cinq années précédentes, et le § 6 alinéa 3b la ferme une seconde fois à qui invoquerait une couverture assimilée par les règlements européens — c'est-à-dire précisément le parcours du Français rentré en France puis reparti en Allemagne après 55 ans. Il la ferme plus durement, en ne renvoyant qu'à la phrase 4 de l'alinéa précédent et non à sa phrase 5. La couverture familiale n'est pas inconditionnelle non plus, et deux dispositions distinctes la limitent. Le § 10 alinéa 1 n° 5 subordonne la gratuité, pour chaque ayant droit, à un plafond de ressources propres fixé à un septième de la valeur de référence, soit 565 € par mois en 2026 : un conjoint qui gagne davantage n'est pas couvert, quand bien même l'autre est affilié. Et le § 10 alinéa 3 exclut les enfants lorsque le parent resté hors caisse gagne à la fois plus d'un douzième du seuil annuel — 6 450 € par mois en 2026 — et plus que le parent affilié. Dans un couple où le haut revenu bascule vers le privé, les enfants suivent le régime privé, et chaque tête est facturée.

  • La participation de l’employeur est régie par le § 257 alinéa 2 du SGB V : la moitié de la prime, plafonnée à ce qu’il aurait versé au régime public, soit 508,59 € par mois en 2026 — elle devient donc identique en public et en privé dès que la prime dépasse 1 017,18 € par mois
  • Elle suppose aussi que l’assureur remplisse les conditions de l’alinéa 2a : un salarié qui conserve une police française ou internationale n’y a pas droit du tout
  • La provision de vieillissement n’est que partiellement portable : en cas de changement d’assureur, seule la fraction correspondant aux garanties du tarif de base est transférée, et à condition que le contrat ait été conclu après le 1er janvier 2009
  • La limitation décisive n’est pas une date, c’est un montant : la fraction constituée au titre des garanties supérieures reste acquise à l’assureur quitté. Le changement de tarif chez le même assureur, lui, est intégralement crédité
  • Nous ne publions aucune projection de prime privée sur vingt ou quarante ans : aucune de nos sources ne l’établit, et nous raisonnons par point mort, pas par projection
  • Nous ne nommons aucune caisse ni aucun assureur : l’arbitrage porte sur un régime, pas sur une marque, et il se documente avant le troisième mois

Un point que nous refusons de trancher, et qui pèse lourd : l'assurance privée substitutive allemande n'est pas l'institution compétente au sens du chapitre 1 du titre III du règlement 883/2004. Le raisonnement conduit à penser qu'un assuré privé et sa famille perdent, à ce titre, le bénéfice de l'inscription en France. Le raisonnement est cohérent ; la source primaire manque, et nous ne publions pas cette conséquence sans confirmation écrite des organismes de liaison. Qu'on ne se trompe pas sur le sens de cette réserve : elle n'autorise pas à conclure que tout va bien. Elle dit qu'on ne sait pas, sur une décision qui ne se défait pas. Une seconde question du même ordre en dépend directement : l'administration française exige un justificatif d'affiliation pour accorder l'exonération de contribution sociale généralisée, et rien de ce que nous avons ouvert n'établit qu'une attestation d'assurance privée allemande soit acceptée à ce titre.

5 profils, 5 stratégies

Frontalière à qui l'on propose du télétravail et une mission, couple alsacien tenté par la rive droite, cadre muté à Munich, famille de cinq personnes à Düsseldorf, dirigeant qui veut rentrer après seize ans : les mêmes textes produisent des résultats opposés selon le statut, la composition du foyer et la date. Ces cas illustrent, à but pédagogique, les dossiers que nous traitons.

Voir les 12 dossiers chiffrés du guide

Cas pédagogiques. Les prénoms, montants et stratégies présentés ci-dessous sont des illustrations pédagogiques inspirées des situations que nous accompagnons. Aucun client réel n'y est identifiable. Les chiffres varient selon la situation, le Land et la commune concernés, l'évolution législative et fiscale des deux pays, et ne constituent pas un conseil personnalisé.

Sandra, 43 ans, Colmar

Frontalière depuis onze ans — oui à la mission, non au télétravail

66 000 € brut chez un équipementier de Fribourg, mari frontalier lui aussi, deux enfants

  • ·Son employeur lui propose le même mois deux jours de télétravail par semaine
  • ·Et une mission de six semaines à Hambourg pour le lancement d’une ligne
  • ·Un T3 locatif à Strasbourg, 14 400 € de loyers nets par an
Stratégie

Nous lui disons oui à la mission et non au télétravail, et la raison n’est pas celle qu’elle imagine. La mission consomme 30 jours du contingent, tous nocifs puisqu’il n’y a pas de retour au domicile, et laisse 15 jours de marge. Deux jours de télétravail par semaine consomment 92 jours à eux seuls. Même un jour par semaine ne passe pas : 46 semaines travaillées font 46 jours, soit un de plus que le contingent, avant le premier déplacement.

Karim et Léa, 41 et 39 ans

Frontaliers strasbourgeois tentés par Kehl — non dans cette forme

124 000 € de salaires allemands cumulés, deux enfants, 950 000 € de titres reçus en succession

  • ·Une maison plus grande à douze minutes du pont, et l’école en face
  • ·Le portefeuille a été reçu en 2019 pour un prix de revient de 350 000 €
  • ·Ils ont fait leur calcul sur « de l’autre côté, tu ne paies plus l’impôt français »
Stratégie

Nous leur disons non tel que le projet est envisagé, et oui dans un autre ordre. Le déménagement coûte de l’ordre de 10 000 € par an, immobilise 188 400 € de créance fiscale pendant deux ans, ferme l’exonération de plus-value de leur résidence principale et ajoute un prélèvement qu’ils déclencheront en remplissant un formulaire d’inscription domiciliaire.

Thomas, 52 ans

Cadre muté à Munich pour cinq ans — oui, et quatre décisions en quatre-vingt-dix jours

145 000 € brut, épouse sans revenus la première année, deux enfants scolarisés

  • ·Portefeuille de 1 150 000 € pour un prix de revient de 430 000 €
  • ·Une prime de départ de 40 000 € dont la date de versement n’est pas arrêtée
  • ·Résidence principale lyonnaise, prêt soldé
Stratégie

Nous lui disons oui, nettement, et pour une raison qu’il n’attend pas : le plafonnement des cotisations sociales allemandes. Puis nous lui écrivons le calendrier des quatre décisions qui se prennent dans les quatre-vingt-dix premiers jours, dont trois avant le 1er juin. Le vrai risque de son dossier n’est pas l’arrivée, c’est le retour.

Hélène et Marc, 34 et 37 ans

Mutation à Düsseldorf avec trois enfants — oui au poste, non au régime privé

96 000 € et 28 000 € de salaires, trois enfants de 2, 5 et 8 ans, départ pour trois à cinq ans

  • ·Patrimoine modeste : 45 000 € d’épargne, pas d’immobilier
  • ·Un courtier propose une couverture privée moins chère que la cotisation publique
  • ·Ils comptent revenir
Stratégie

Nous leur disons oui au poste et non au régime privé, sauf démonstration chiffrée sur les cinq têtes du foyer et non sur la seule sienne. Sur l’impôt, leur configuration est bonne : le quotient conjugal vaut 11 591 € par an parce que leurs revenus sont très déséquilibrés. Sur la santé, trois enfants qui sortent de la couverture gratuite renversent n’importe quelle comparaison de primes.

Pierre, 58 ans

Dirigeant à Stuttgart depuis 2009, retour prévu en 2029 — oui, à condition de le financer

62 % d’une société d’ingénierie valorisée 8 400 000 €, prix de revient 1 100 000 €

  • ·Il ne veut pas vendre : son associé reprendra la direction
  • ·180 000 € de revenu imposable annuel entre rémunération et dividendes
  • ·Son avocat français l’avait rassuré sur l’exit tax — la française
Stratégie

Nous lui disons que celle qui le concerne est l’allemande, et que la question n’est plus « dois-je rentrer ? » mais « comment je le finance ? ». 2 076 309 € d’impôt de sortie sur une société qu’il ne vend pas, soit 28,44 % du gain latent. Il ne choisit pas entre payer et ne pas payer : il choisit entre payer au comptant et payer 27,5 % à 32,5 % de plus, étalés.

Cas chiffrés · y compris négatifs

Combien gagne — ou perd —
un Français qui travaille en Allemagne ?

Quatre configurations, chiffrées poste par poste des deux côtés. Deux se terminent par un conseil de ne pas faire, et nous les publions parce qu'elles décrivent une proportion réelle de ce que nous voyons : sur les douze dossiers chiffrés de notre guide, cinq concluent par un refus ou par un refus partiel. L'idée qu'on « paie moins d'impôts en Allemagne » est vraie pour certains profils et fausse pour d'autres — et ce n'est pas le niveau du salaire qui décide, c'est la composition du foyer et la date de sortie.

Avertissement. Les chiffres présentés ci-dessous sont des estimations Hagnéré Patrimoine établies à partir d'hypothèses fiscales explicites, à but pédagogique. Le passage du salaire brut au revenu imposable allemand n'est pas reconstitué : il dépend des cotisations déductibles et des charges spéciales. Ils varient selon votre situation personnelle, le Land et la commune concernés, l'évolution de la législation française et allemande, et ne constituent pas un conseil personnalisé en investissement, en fiscalité ni en droit. Une étude écrite et chiffrée vous sera remise lors du bilan patrimonial, sur la base de vos pièces justificatives.

Profil

Cadre muté à Munich, 145 000 € de rémunération

Hypothèse : 52 ans, directeur industriel muté au 1er mars 2026 pour une durée annoncée de cinq ans. Son épouse le suit et ne travaillera pas la première année. Deux enfants scolarisés. Résidence principale lyonnaise conservée, portefeuille de titres de 1 150 000 € pour un prix de revient de 430 000 €, un plan d’épargne en actions, deux contrats d’assurance-vie ouverts en 2009, et une prime de départ de 40 000 € dont la date de versement n’est pas arrêtée.

Écart
≈ 12 839 €/an
Ce qui décide
Quatre décisions en 90 jours

C’est le profil pour lequel l’Allemagne fonctionne, et elle fonctionne pour une raison qu’il n’attend pas : les cotisations sociales y sont plafonnées. À 145 000 € de brut, il cotise sur 101 400 € pour la retraite et le chômage et sur 69 750 € pour la maladie et la dépendance ; son taux de cotisation salariale tombe à 12,37 %, contre 20,90 % pour un salarié à 66 000 €, et son taux marginal de cotisation devient nul au-delà du plafond. C’est l’inverse exact de la logique française. S’y ajoute le quotient conjugal du § 32a alinéa 5 de l’EStG, qui joue à plein quand un seul conjoint gagne : 12 839 € par an, dont 2 113 € de supplément de solidarité effacé par la franchise de 40 700 € d’impôt. Le dossier ne se joue pourtant pas sur la paie. Il se joue sur un calendrier : la prime de 40 000 € entre dans la réserve de progressivité si elle est versée l’année civile de l’installation, l’assurance maladie se décide dans les trois mois, la confession se déclare à l’inscription domiciliaire, et la maison de Lyon doit être vendue avant le départ si elle doit l’être. Trois de ces quatre décisions se prennent avant le 1er juin.

§ 32a al. 1 et 5 EStG · § 32b al. 1 EStG · SVBezGrV 2026
Profil

Frontaliers alsaciens tentés par Kehl, à douze minutes du pont — non

Hypothèse : 41 et 39 ans, deux enfants de 6 et 10 ans, résidents de Strasbourg. Lui responsable méthodes à Kehl pour 78 000 € brut, elle chef de projet à Offenbourg pour 46 000 €. Les deux frontaliers, les deux affiliés en Allemagne. Résidence principale de 480 000 € grevée de 190 000 € de crédit, un T3 locatif à Schiltigheim, un portefeuille de 950 000 € reçu en succession en 2019 pour un prix de revient de 350 000 €.

Écart
− 10 000 €/an environ
Ce qui décide
188 400 € immobilisés deux ans

L’argument entendu au club de sport — « de l’autre côté, tu ne paies plus l’impôt français » — est exact, et incomplet à un point qui inverse la conclusion. Le déménagement leur fait perdre le quotient familial français, qui compte leurs deux enfants en demi-parts, contre un quotient conjugal allemand qui s’arrête à deux parts : les enfants ouvrent en Allemagne une allocation ou un abattement, jamais une part. Sur un revenu imposable commun retenu à 96 000 €, l’impôt allemand ressort à 19 704 €, et l’impôt d’église à 1 576 € au taux de 8 % s’ils déclarent une confession. Et le camion de déménagement déclenche l’exit tax française : 600 000 € de plus-value latente, 76 800 € d’impôt sur le revenu et 111 600 € de prélèvements sociaux, soit une créance de 188 400 € mise en sursis de plein droit, sans garantie, avec dégrèvement d’office à deux ans. Ce n’est pas un impôt payé, c’est un impôt suspendu : deux ans sans vendre un portefeuille destiné à financer des études, ce n’est pas une contrainte théorique.

CGI art. 167 bis · § 32a al. 5 EStG · KirchStG du Land
Profil

Dirigeant à Stuttgart depuis 2009, retour prévu en 2029

Hypothèse : 58 ans, 62 % d’une société d’ingénierie allemande valorisée 8 400 000 € pour un prix de revient de 1 100 000 €, 180 000 € de revenu imposable annuel. Il ne veut pas vendre : son associé reprendra la direction, il gardera ses parts et son siège au conseil. Son avocat français l’avait rassuré sur l’exit tax — la française, qui ne le concerne pas, puisqu’on ne sort pas de France, on y entre.

Écart
2 076 309 €
Ce qui décide
28,44 % du gain latent

Celle qui le concerne est l’allemande, et personne ne lui en avait parlé. Le § 6 de l’Außensteuergesetz assimile à une cession à la valeur vénale la fin de l’assujettissement illimité, après sept ans sur douze : il est à seize. Gain latent de 7 300 000 €, dont 60 % soumis au barème par le régime des revenus partiels, soit 4 380 000 € ; par la méthode différentielle du commentaire administratif, l’impôt imputable à la sortie ressort à 1 968 065 € d’impôt sur le revenu et 108 244 € de supplément de solidarité. Deux millions soixante-seize mille euros sur une société qu’il ne vend pas. La question n’est plus « dois-je rentrer ? » mais « comment je le finance ? ». Le § 6 alinéa 4 ouvre un étalement de droit sur sept annuités de 296 616 €, mais il porte intérêt à 0,5 % par mois, pour la seule durée du sursis effectivement accordé, laquelle ne commence pas au départ mais un mois après la notification de l’avis : sur une fenêtre de 55 à 65 mois, 571 000 € à 675 000 € d’intérêts. Deux leviers trop peu connus : demander un sursis plus court que la durée maximale, et solliciter la remise des intérêts pour rigueur excessive.

§ 6 al. 1, 2 et 4 AStG · § 234 al. 2 et § 238 AO · AEAStG Rn. 165 et 180
Profil

Héritière lyonnaise d’un père décédé à Hambourg — l’écart annoncé est nul

Hypothèse : 46 ans, elle habite Lyon depuis vingt ans. Son père, français, s’était installé à Hambourg en 1998 ; il y est décédé en mars 2026, résident d’Allemagne, laissant 1 200 000 € de patrimoine mobilier et immobilier. Elle est enfant unique et n’occupe pas le logement familial. On lui a dit que la succession serait « beaucoup moins chère parce qu’elle est allemande ».

Écart
0 €
Ce qui décide
292 678 €, répartis entre deux États

Sur le seul droit allemand, c’est vrai : l’abattement en ligne directe est de 400 000 € contre 100 000 € en France, et le barème de classe I plafonne à 30 %. L’impôt allemand ressort à 149 150 €, soit 12,43 % de l’actif, contre 292 678 € en droit français, soit 24,39 % — un écart de 143 528 €. Cet écart n’existe pas dans son dossier, parce qu’il suppose que l’héritier ne soit pas domicilié en France. L’article 11 § 1 c) de la convention du 12 octobre 2006 autorise expressément la France, nonobstant l’article 9, à imposer tous les biens reçus par un héritier domicilié en France, et le 3° de l’article 750 ter du code général des impôts s’applique dès que l’héritier l’a été plus de six des dix dernières années. Le crédit de l’article 784 A impute l’impôt allemand, il ne le transforme pas en économie : elle paie exactement l’impôt français, avec deux déclarations et deux procédures. Le résultat s’inverserait si elle n’était pas domiciliée en France — le cas d’un expatrié récemment rentré — ou si l’impôt allemand dépassait la quote-part française imputable, hypothèse réelle pour un héritier éloigné : le surplus serait alors définitivement perdu.

Convention du 12 octobre 2006, art. 11 § 1 c) · CGI art. 750 ter 3° et 784 A

Chiffrages indicatifs établis au 9 août 2026 sur le droit alors en vigueur — code général des impôts et code de la sécurité sociale français, convention du 21 juillet 1959 et convention du 12 octobre 2006, Einkommensteuergesetz, Abgabenordnung, Außensteuergesetz, Investmentsteuergesetz, Erbschaftsteuergesetz, Sozialgesetzbuch et Sozialversicherungsrechengrößen-Verordnung 2026. Les résultats réels dépendent de votre statut, de la composition de vos actifs, du Land et de la commune de rattachement et des textes applicables au jour de l'opération. L'Allemagne réindexant ses seuils chaque 1er janvier, toute donnée allemande doit être revérifiée en janvier 2027. Une simulation personnalisée est établie lors du bilan patrimonial, pièces justificatives à l'appui. Le détail de ces calculs figure dans notre guide expatrié Allemagne, chapitre des douze dossiers chiffrés.

Ce que nous assumons de dire

Pour qui l'Allemagne est
le mauvais choix

Cette page vend un accompagnement, et il serait plus rentable de ne pas écrire cette section. Nous l'écrivons parce que quatre situations conduisent à une réponse négative, qu'elles ne sont pas marginales, et qu'un lecteur qui reconnaît la sienne ici a économisé, en cinq minutes, une décision qui ne se défait pas — construite sur une phrase vraie ailleurs, ou vraie pour un autre statut que le sien.

Non, le quotient familial français gagne

Vous êtes une famille de quatre ou cinq personnes à revenu moyen

Le quotient conjugal allemand du § 32a alinéa 5 de l’EStG a l’avantage de ne pas être plafonné, à la différence du quotient familial français que l’article 197 du CGI plafonne expressément. Il a un défaut structurel : il s’arrête à deux parts. Les enfants n’ouvrent pas de parts en Allemagne, ils ouvrent une allocation ou un abattement. Pour une famille de quatre personnes à 124 000 € de revenus, le déménagement coûte de l’ordre de 10 000 € par an, et cela ne s’inverse qu’à des niveaux de revenu nettement supérieurs ou pour un célibataire. Le mécanisme fonctionne exactement à l’envers : le splitting rapporte quand un seul conjoint gagne — 11 591 € par an sur un couple à 96 000 € et 28 000 € — et ne rapporte rien quand les deux gagnent autant. Une famille qui déménage pour « payer moins d’impôt » se trompe presque toujours de mécanisme.

Non dans cette forme, oui dans un autre ordre

Vous êtes frontalier et vous voulez traverser pour habiter

L’argument est exact — de l’autre côté, on ne paie plus l’impôt français — et incomplet à un point qui inverse la conclusion. Le jour où le camion traverse le pont, l’article 167 bis du CGI se déclenche si les titres valent plus de 800 000 € : sur une plus-value latente de 600 000 €, la créance mise en sursis atteint 188 400 €, dégrevée d’office à deux ans, mais immobilisée pendant deux ans et assortie d’une déclaration annuelle dont le défaut est sanctionné. L’exonération de plus-value de la résidence principale française se ferme le même jour. Une seconde horloge se met en marche, celle des sept ans du § 6 AStG. Et l’impôt d’église apparaît, déclenché par un formulaire d’inscription domiciliaire. Le projet reste défendable s’il est de vie, mais dans cet ordre : vendre avant le transfert, arbitrer le portefeuille avant le départ, et refaire le calcul quand les enfants ne seront plus à charge.

Non, sauf si votre projet allemand est définitif

Vous êtes jeune, célibataire, et le calcul du courtier vous convainc

L’économie annuelle est réelle. Elle s’achète contre une option qu’on ne rouvre pas. Un verrou à 55 ans dont le second étage, le § 6 alinéa 3b du SGB V, vise nommément le parcours du Français rentré puis reparti. Une provision de vieillissement transférable seulement à hauteur des garanties du tarif de base, et à condition que le contrat ait été conclu après le 1er janvier 2009. Une famille future dont les enfants sortiront de la couverture gratuite si le haut revenu est en privé. Et une question non tranchée sur les droits conservés en France, que nous ne publions pas sans confirmation écrite des organismes de liaison. La nuance honnête : pour quelqu’un dont le projet allemand est définitif, dont le conjoint aura sa propre couverture et qui gagnera durablement au-delà du seuil, l’arithmétique privée peut être gagnante. Cette démonstration doit être faite avant le troisième mois, et sur toutes les têtes du foyer futur.

Non, l’écart annoncé est nul

Vous héritez d’un parent installé en Allemagne, et vous vivez en France

L’abattement allemand de 400 000 € en ligne directe est bien supérieur aux 100 000 € français, et le barème de classe I plafonne à 30 %. Sur une succession de 1 200 000 €, l’impôt allemand ressort à 149 150 €, soit 12,43 % de l’actif, contre 292 678 € en droit français. L’écart de 143 528 € n’existe pas dès lors que l’héritier est domicilié en France et l’a été plus de six des dix dernières années : l’article 11 § 1 c) de la convention du 12 octobre 2006 autorise expressément la France à imposer, et le crédit de l’article 784 A du CGI absorbe l’impôt allemand. L’héritier ne paie pas deux fois, mais il ne paie pas moins : il paie l’impôt français, avec deux déclarations et deux procédures. S’y ajoute un angle mort que le corpus ignore : la transmission à titre gratuit de titres à une personne non illimitément imposable en Allemagne est un fait générateur de l’exit tax allemande, et le crédit du § 21 de l’ErbStG n’impute pas un impôt sur le revenu sur un impôt successoral.

Et ce qui reste vrai, qu'il ne faut pas surcorriger.

Le frontalier cumule sans le savoir deux régimes favorables : son salaire allemand n'est imposable qu'en France, ses cotisations allemandes sont plafonnées là où les contributions françaises ne le sont pas, et ses revenus fonciers français ne supportent que 7,5 % de prélèvements sociaux au lieu de 17,2 %. Sur 14 400 € de loyers, cela fait 1 396,80 € par an, et ces 1 396,80 € n'ont probablement jamais été réclamés. Le cadre à haut salaire gagne réellement à partir en Allemagne : à 145 000 € de brut, le taux de cotisation salariale tombe à 12,37 % et le taux marginal devient nul au-delà du plafond, ce qu'aucun mécanisme français n'offre. La formule juste est celle-ci : l'Allemagne traite bien les hauts salaires, les couples à revenus déséquilibrés et les détentions immobilières longues ; elle traite mal les familles nombreuses à revenu moyen et les sorties non préparées. Les destinations vers lesquelles se tournent ceux à qui nous disons non sont examinées dans notre chapitre de comparaison avec la Suisse, le Luxembourg et la Belgique.

Avec ou sans Hagnéré Patrimoine ?

Sept points de bascule sur un dossier franco-allemand. Même patrimoine, même projet, même famille : seule la préparation change. Cinq de ces sept lignes se décident avant la signature du contrat de travail ou le transfert de domicile et ne se rattrapent plus après.

Sujet
Sans accompagnement
Avec Hagnéré Patrimoine
La question de départ
On demande « combien ça coûte en Allemagne » et on lit des pages qui mélangent le frontalier et l’expatrié ligne après ligne
La première question n’est pas votre salaire, c’est où vous dormez. Le frontalier vit en France, reste résident fiscal français, déclare l’intégralité de ses revenus en France, et presque aucune règle de non-résident ne le concerne : ni la retenue de l’article 182 A, ni le taux minimum de l’article 197 A, ni le régime des plus-values immobilières des non-résidents. L’expatrié devient illimitément imposable en Allemagne sur son revenu mondial. Le couple dont un seul conjoint part n’est ni l’un ni l’autre : deux résidences fiscales, deux déclarations, et des dispositifs allemands d’imposition commune qui ne s’ouvrent que sur demande et sous conditions de structure des revenus
Ce qui protège le frontalier
On lit que le frontalier « n’est ni soumis au barème allemand, ni au supplément de solidarité, ni aux classes d’imposition », et on prend ce résultat pour une règle
Le résultat est à peu près exact, le raisonnement est faux, et c’est le raisonnement qui sert quand la situation se complique. Le droit interne allemand attrape parfaitement le frontalier : § 1 alinéa 4 et § 49 de l’EStG pour l’assujettissement limité, § 38b alinéa 1 n° 1 b) pour la classe I, § 32a alinéa 1 par renvoi du § 50 alinéa 1 phrase 2 pour le barème — et sans minimum exonéré —, § 3 alinéa 1 n° 3 du SolzG pour le supplément. Seul l’impôt d’église lui échappe en droit interne, faute de domicile ou de séjour habituel en Allemagne. Ce qui le protège, c’est la convention, à ses conditions : tant qu’elles ne sont pas vérifiées sur son dossier, il faut présumer que le droit allemand s’applique
Le télétravail
On retient un pourcentage — 40 %, 50 %, 25 % — et on organise le rythme de travail autour
Deux seuils, et ils ne coïncident pas. En matière fiscale, il n’existe aucun quota franco-allemand : les journées complètes se comptent dans les 45 jours, et deux jours par semaine en consomment 92 sur 46 semaines travaillées. En matière sociale, l’accord-cadre européen applicable depuis le 1er juillet 2023 permet de rester affilié dans l’État de l’employeur sous 50 %, mais sur demande uniquement et avec un formulaire A1 ; à défaut de demande, la règle générale reprend son empire. Les 40 % sont suisses, les 34 jours luxembourgeois et belges, et les 25 % de l’article 14 § 8 du règlement 987/2009 sont un indice négatif dans une appréciation globale portant sur les douze mois à venir
Les premières semaines en Allemagne
On règle l’inscription domiciliaire et le formulaire des ressources humaines comme des formalités administratives
Ce sont deux décisions quasi définitives, prises en deux semaines et en trois mois. La rubrique de confession du formulaire d’inscription ne crée pas l’impôt d’église : elle le révèle, et la seule sortie est un Kirchenaustritt formel, personnel, sans effet rétroactif. Le choix entre régime public et assurance privée se referme trois mois après la prise d’emploi pour le salarié rendu versicherungsfrei par le seuil de 77 400 €, et le verrou des 55 ans comporte deux étages, dont le second vise nommément le parcours d’un Français rentré puis reparti. Nous écrivons ce calendrier avant la signature du contrat de travail, pas après l’arrivée
L’exit tax
On vérifie l’article 167 bis au départ de France et on considère le sujet clos
Il y en a deux, et la seconde frappe au moment où l’on quitte l’Allemagne, y compris pour rentrer en France. Le § 6 de l’Außensteuergesetz suppose sept années d’assujettissement illimité sur les douze précédentes, une participation d’au moins 1 % sans considération de la résidence de la société, et depuis le 1er janvier 2025 des parts de fonds dont le prix d’acquisition atteint 500 000 €. Le retour dans les sept ans n’efface l’impôt qu’à trois conditions cumulatives, et le délai est prorogeable de cinq ans sur demande : le conseil n’est pas « rentrez dans les sept ans », c’est « déposez une demande avant l’échéance ». Pour un départ antérieur au 1er janvier 2022, la première question est celle du régime transitoire du § 21 alinéa 3
Le patrimoine resté en France
On applique 17,2 % de prélèvements sociaux aux loyers français parce que c’est le taux qu’on lit partout
Le critère n’est ni la résidence ni la nationalité du régime : c’est l’affiliation, et le frontalier en est le cas d’école. Le I ter des articles L. 136-6 et L. 136-7 du code de la sécurité sociale ramène la charge à 7,5 % pour l’affilié à un régime d’un autre État qui n’est pas à la charge d’un régime obligatoire français : 9,7 points d’écart sur les loyers et les plus-values immobilières, 11,1 points sur les revenus de capitaux. L’affiliation s’apprécie au 31 décembre de l’année de perception, de sorte qu’un retour le 15 novembre fait perdre l’exonération sur l’année entière. Deux points restent ouverts et se signalent : l’acceptation d’une attestation d’assurance privée allemande, et la clé de répartition dans un foyer dont un seul membre est affilié à l’étranger
La transmission
On retient que l’abattement allemand en ligne directe est de 400 000 € contre 100 000 € en France, et on en conclut que l’Allemagne est moins chère
L’écart s’efface dès que l’héritier est domicilié en France, c’est-à-dire dans la situation ordinaire d’une famille française. Sur une succession de 1 200 000 €, l’impôt allemand ressort à 149 150 € et l’impôt français brut à 292 678 € ; le crédit de l’article 784 A impute le premier sur le second, et la charge totale reste de 292 678 €. L’écart en faveur de l’Allemagne est nul. S’y ajoute un angle mort qui peut coûter plus cher que les droits eux-mêmes : le § 6 alinéa 1 phrase 1 n° 2 de l’AStG assimile à une cession la transmission à titre gratuit à une personne non illimitément imposable, et le crédit du § 21 de l’ErbStG n’impute pas un impôt sur le revenu sur un impôt successoral

Ce que la colonne de droite change: un statut qualifié avant tout calcul, un décompte de jours tenu et documenté, un calendrier de quatre-vingt-dix jours écrit avant l'arrivée, une sortie d'Allemagne datée dès le premier jour, et une décision prise sur un chiffre, pas sur une brochure — y compris quand ce chiffre dit de rester.

Bilan patrimonial pour frontaliers et expatriés français en Allemagne — Hagnéré Patrimoine

Bilan patrimonial France-Allemagne

Bilan patrimonial d'1 h offert : statut, décompte de jours, urgences des premières semaines et professionnels nécessaires. Il ne constitue ni une consultation juridique ou fiscale ni une recommandation personnalisée.

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Calendrier · 36 mois

Notre méthode
T-12 mois avant départ · T+24 mois avant retour

Un dossier franco-allemand a une particularité : ses échéances les plus courtes tombent après l'arrivée, deux semaines et trois mois après, sans qu'aucun courrier ne les rappelle. Statut, premières semaines, pilotage annuel des deux seuils, sortie d'Allemagne : voici les 5 jalons que nous activons avec vous.

1

Avant de signer — Frontalier, expatrié ou couple à cheval

La première question n’est pas fiscale, elle est géographique et conventionnelle. Le salarié qui a son foyer d’habitation permanent dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin ou la Moselle, travaille dans une commune allemande située à trente kilomètres au plus de la frontière et rentre normalement chez lui reste résident fiscal français : son salaire n’est imposable qu’en France par l’article 13 (5) de la convention du 21 juillet 1959. Ce résultat n’est pas une faveur du droit allemand — sans la convention, quatre textes l’attraperaient, du § 1 alinéa 4 de l’EStG au SolzG — et il est conditionnel. L’asymétrie de la zone se lit dans le texte : la lettre b) retient les communes situées à vingt kilomètres au plus, la lettre c) ouvre aux résidents des trois départements la zone allemande de trente kilomètres sans poser aucune condition de distance côté domicile. Aucun autre département n’est visé : un résident de Longwy employé en Allemagne n’est pas frontalier, quelle que soit sa proximité d’une frontière. L’expatrié qui transfère son domicile relève d’un autre corps de règles, et le jour où il franchit ce pas, l’exit tax française le vise.

2

Les deux premières semaines — Déclaration domiciliaire et impôt d’église

La déclaration domiciliaire se fait normalement dans les deux semaines suivant l’emménagement, et l’une de ses rubriques demande la religion. Ce que le corpus francophone présente comme une case facultative commande un impôt obligatoire, prélevé par l’administration fiscale de l’État. Le fait générateur est l’appartenance juridique à une communauté habilitée, combinée à un rattachement territorial : la rubrique ne crée pas la dette, elle la révèle, et le contribuable est tenu de renseigner l’administration sur les faits dont dépend la constatation de son appartenance. La seule sortie est un Kirchenaustritt formel, personnel, sans effet rétroactif. Le taux n’est pas « 8 ou 9 % de vos revenus » : le jeu de données transmis aux payeurs porte un taux à un chiffre, appliqué à un impôt sur le revenu recalculé selon le § 51a alinéa 2 de l’EStG et majoré des montants exonérés par le § 3 n° 40 — réintégration massive sur un gain de cession de titres. Procurez-vous le Kirchensteuerbeschluss en vigueur de votre Land et de votre confession, ou lisez le taux sur votre première fiche de paie, qui le porte en clair.

3

Les trois premiers mois — Une porte d’assurance maladie qui se referme

Le salarié dont la rémunération annuelle régulière dépasse 77 400 € pour 2026 est versicherungsfrei dès son premier jour. Il n’a rien à quitter : sa question n’est pas « dois-je sortir ? » mais « puis-je entrer ? ». Le § 9 alinéa 1 n° 3 du SGB V le lui permet, et le § 9 alinéa 2 n° 3 lui laisse trois mois à compter de la prise d’emploi pour le déclarer à une caisse. Passé ce délai, l’assurance privée devient son seul régime possible tant qu’il reste au-dessus du seuil, et le verrou des 55 ans se refermera ensuite, à deux étages. La couverture familiale n’est pas inconditionnelle non plus : le § 10 alinéa 3 exclut les enfants lorsque le parent non affilié à une caisse gagne à la fois plus de 6 450 € par mois et plus que le parent affilié. Dans un couple où le haut revenu bascule vers le privé, les enfants suivent le régime privé. Nous exposons la mécanique, les délais et les effets sur les droits conservés en France ; l’effet du passage au privé sur les prestations en nature de la famille restée en France n’est pas tranché par nos sources et se fait confirmer auprès des organismes de liaison avant toute décision.

4

Pendant la mobilité — Deux seuils de télétravail, et pilotage des deux côtés

En matière fiscale, il n’existe aucun quota franco-allemand de télétravail : il existe un contingent unique de 45 jours ouvrés, tous motifs confondus, ou de 20 % des jours selon le rythme de travail. Quatre pièges de décompte : une mission de plusieurs jours consomme le quota même à l’intérieur de la zone frontalière, seule l’activité pour un employeur allemand compte, le jour d’aller n’est neutralisé que si le salarié a travaillé dans la zone de l’État d’activité, et la journée complète de télétravail se traite comme une journée hors zone tant que le Finanzamt ne l’a pas validée. Le dépassement fait perdre le régime pour l’année civile entière, et la France élimine alors la double imposition par un crédit égal au montant de l’impôt français, non de l’impôt allemand. En matière sociale, le seuil est ailleurs et il suppose une demande : moins de 50 % du temps de travail, par l’accord-cadre européen applicable depuis le 1er juillet 2023, avec un formulaire A1. Le patrimoine resté en France se pilote pendant ce temps : impôt sur la fortune immobilière, prélèvements sociaux dont le taux dépend de l’affiliation appréciée au 31 décembre, plan d’épargne en actions, compte-titres, assurance-vie et plan d’épargne retraite. Chaque rachat, arbitrage ou cession se prépare avant l’ordre.

5

T+24 mois avant retour — Sortie propre d’Allemagne, puis régimes français

Le retour se prépare avant le déménagement, parce que l’Allemagne taxe le départ. Le § 6 de l’Außensteuergesetz traite la fin de l’assujettissement illimité comme une cession fictive des parts de société à leur valeur du jour, après sept années d’assujettissement illimité au cours des douze précédentes, sur une participation d’au moins 1 % sans distinguer selon la résidence de la société. Depuis les fins d’assujettissement postérieures au 31 décembre 2024, il atteint aussi les parts de fonds, à 1 % des parts émises ou 500 000 € de prix d’acquisition. Le sursis est de sept annuités, de droit depuis 2022, mais il porte intérêt à 0,5 % par mois. Le régime de retour n’efface l’impôt qu’à trois conditions cumulatives, et le délai de sept ans est prorogeable de cinq ans au plus sur demande : le conseil n’est donc pas « rentrez dans les sept ans », c’est « déposez une demande avant l’échéance ». Pour un départ antérieur au 1er janvier 2022, la première question est celle du régime transitoire du § 21 alinéa 3 phrase 1, modifié en décembre 2025. Côté français, si une exit tax de l’article 167 bis est en suivi, le retour du domicile fiscal en France ouvre le dégrèvement.

Pourquoi nous faire confiance pour votre patrimoine entre la France et l'Allemagne ?

Notre engagement : qualifier votre statut avant de chiffrer, dater chaque seuil allemand, et vous dire quand la réponse est non — avec une méthode écrite, une coordination métier par métier des professionnels habilités sur place et une transparence totale sur les frais.

Ce que nous savons calculer, et ce que nous ne savons pas

Allemagne, Suisse, Luxembourg, Belgique
ou rester en France

Un avertissement de méthode avant tout le reste, parce qu'il commande la forme de cette section. Notre dossier documentaire porte sur l'Allemagne : il a été construit fait par fait sur les textes allemands, français et conventionnels, et contre-vérifié deux fois. Sur la Suisse, le Luxembourg et la Belgique, il n'établit que ce qu'il a fallu établir pour dire ce que l'Allemagne n'est pas — et c'est déjà considérable, parce que la plupart des erreurs commises sur le dossier allemand sont des chiffres suisses, luxembourgeois ou belges transposés par contagion. Un tableau à quatre colonnes dont trois seraient devinées serait plus agréable à lire et beaucoup plus dangereux à utiliser.

Mieux documentée sur le télétravail, et nous ne la chiffrons pas

La Suisse

Sur un point précis, le dossier suisse est mieux écrit que le dossier allemand, et il faut l’écrire même si cela dessert cette page. La direction générale des Finances publiques publie une doctrine de télétravail frontalier pour la Suisse — deux accords amiables du 22 décembre 2022, l’un dans le cadre de l’accord frontalier du 11 avril 1983, l’autre dans celui de la convention du 9 septembre 1966 — et n’en publie pas pour l’Allemagne. Le seuil de 40 % qui circule est suisse, issu d’un avenant entré en vigueur le 24 juillet 2025 et applicable depuis le 1er janvier 2026 ; il ne se transpose en aucun cas. Une seconde différence est structurelle : l’article L. 380-3-1 du code de la sécurité sociale organise un droit d’option de couverture maladie pour les frontaliers soumis à la législation suisse. Ce texte vise la Suisse et ne mentionne pas l’Allemagne. Ne raisonnez jamais par analogie : ce sont deux architectures différentes. Nous ne chiffrons pas la branche suisse, et nous ne prétendons pas qu’il n’existe pas d’équivalent suisse au § 6 AStG : nous disons que la question n’a pas été instruite.

Deux dispositifs distincts, et un chiffre à ne pas importer

Le Luxembourg et la Belgique

Le seuil de 34 jours appartient aux dispositifs France-Luxembourg et France-Belgique. Il ne s’applique pas à l’Allemagne, et notre dossier ne dit pas ce qu’il mesure exactement dans chacun des deux : la seule chose qu’il établit avec certitude est qu’il n’est pas transposable. Un point mérite en revanche d’être posé, parce qu’il décide de dossiers entiers avant tout arbitrage fiscal : le régime frontalier franco-allemand n’est ouvert qu’aux résidents du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle. La Meurthe-et-Moselle, la Meuse et les Ardennes, qui bordent la Belgique et le Luxembourg, n’y ont pas accès. Un habitant de Sarreguemines a un accès de plein droit au régime allemand et devra examiner très précisément ce que lui offrent, ou non, les dispositifs luxembourgeois et belges avant de les considérer comme équivalents. Un habitant de Longwy, lui, n’a pas ce choix : son arbitrage est déjà fait par son adresse.

Identique pour les quatre destinations

Le poste qui ne départage rien : 9,7 points

Le poste le plus lourd du dossier patrimonial d’un frontalier n’est pas son impôt sur le revenu, ce sont les prélèvements sociaux sur ses revenus fonciers et ses plus-values immobilières françaises. Et sur ce poste, le choix du pays d’emploi ne change rien, parce que le critère n’est ni la résidence ni la nationalité du régime : c’est l’affiliation. Le I ter des articles L. 136-6 et L. 136-7 du code de la sécurité sociale ramène la charge à 7,5 % pour l’affilié à un régime d’un autre État qui n’est pas à la charge d’un régime obligatoire français — 9,7 points d’écart sur les loyers et les plus-values immobilières, 11,1 points sur les dividendes, les intérêts et les plus-values mobilières. Allemagne, Suisse, Luxembourg, Belgique : les quatre sont dans le champ, et l’écart est identique. La seconde condition tombe en revanche dès qu’une pension française rend la France compétente pour l’assurance maladie, et l’affiliation s’apprécie au 31 décembre : un frontalier qui rentre le 15 novembre perd l’exonération sur l’année entière.

Le scénario que personne ne chiffre, et parfois le bon

Rester en France

C’est l’hypothèse que les comparateurs omettent, et c’est celle qui gagne dans plusieurs de nos dossiers. Le frontalier qui reste résident de France cumule sans le savoir deux régimes favorables : son salaire allemand n’est imposable qu’en France, ses cotisations allemandes sont plafonnées là où les contributions françaises ne le sont pas, et ses revenus du patrimoine français relèvent de 7,5 % au lieu de 17,2 % ou 18,6 %. Il n’a ni exit tax à liquider, ni impôt d’église, ni décision d’assurance maladie irréversible à prendre sur le fil de trois mois, ni compteur de sept ans qui court. Déplacer sa résidence, c’est renoncer à tout cela d’un coup, et pour une famille de quatre personnes à 124 000 € de revenus, l’écart est de l’ordre de 10 000 € par an contre le déménagement. Nous chiffrons donc systématiquement le scénario « ne rien changer » à côté des autres, et il arrive qu’il l’emporte.

Ce que nous refusons de faire, et pourquoi

Un cabinet qui comparerait deux pays dont il ne maîtrise qu'un rendrait un mauvais service. Nous chiffrons la branche allemande, nous refusons de chiffrer les autres, et nous formulons les questions à poser à un conseil établi sur place.

Six questions, pour une offre suisse : quel est le régime d'imposition applicable dans le canton visé, et la charge totale, fédérale, cantonale et communale, sur une rémunération équivalente ? Quelles sont les cotisations obligatoires, leurs plafonds et la charge de prévoyance professionnelle ? Quel est le coût réel de l'assurance maladie, qui n'est pas assise sur le revenu et n'est pas partagée avec l'employeur ? Existe-t-il un dispositif d'imposition à la sortie comparable au § 6 AStG, et quelles en sont les conditions de durée ? Quel serait le sort du portefeuille au regard de l'article 167 bis du CGI le jour du départ, sachant que c'est la valeur au jour du transfert qui compte et non celle d'aujourd'hui ? Et l'exonération de contribution sociale généralisée du I ter jouerait-elle pour un affilié de cet État ?

Un dernier point pèse plus lourd que tous les autres et n'apparaît dans aucun comparateur de salaires : celui qui s'installe en Allemagne et y reste entre, au bout de sept années sur douze, dans le champ de l'exit tax du § 6 AStG. Un portefeuille de 210 000 € n'est pas concerné aujourd'hui ; à cinquante ans, avec des parts de fonds dont le prix d'acquisition atteint 500 000 € ou une participation de 1 % dans la société qui l'emploie, le retour en France devient un fait générateur d'imposition allemande. Le chapitre de comparaison du guide traite les quatre scénarios, avec leurs réserves de source.

Préparer le retour · 24 mois

L'Allemagne taxe le départ, y compris pour rentrer en France

C'est le piège le moins connu du dossier, et il arrive tard, quand plus rien ne se rattrape. Le § 6 de l'Außensteuergesetz traite la fin de l'assujettissement illimité comme une cession fictive des parts de société à leur valeur du jour, et impose la plus-value latente sans cession et sans trésorerie encaissée. Sept années d'assujettissement illimité au cours des douze précédentes, et non dix. Une participation d'au moins 1 %, et le § 17 de l'EStG ne distingue pas selon la résidence de la société : une SAS ou une SARL française détenue à plus de 1 % par un résident d'Allemagne est dans le champ.

Exit tax allemande
7 / 12
années, et 1 % de participation
Parts de fonds, depuis 2025
500 000 €
de prix d'acquisition, ou 1 % des parts
  • Trois faits générateurs, et le corpus n’en cite qu’un : la fin de l’assujettissement illimité, la transmission à titre gratuit à une personne non illimitément imposable, et l’exclusion ou la limitation du droit d’imposer allemand
  • Le retour dans les sept ans ne suffit pas : le § 6 alinéa 3 pose trois conditions cumulatives, dont des distributions et remboursements d’apports n’excédant pas le quart de la valeur retenue au départ
  • Le délai de sept ans est prorogeable de cinq ans au plus, sur demande, si l’intention de retour subsiste — le conseil n’est pas « rentrez dans les sept ans », c’est « déposez une demande avant l’échéance »
  • Pour un départ antérieur au 1er janvier 2022, la première question est celle du régime transitoire du § 21 alinéa 3 phrase 1, lui-même réécrit en décembre 2025 avec effet au 1er juillet 2021
  • Côté français, le retour du domicile fiscal en France ouvre le dégrèvement de l’exit tax de l’article 167 bis, et le délai de deux ou cinq ans ne régit que les départs postérieurs au 31 décembre 2018
  • L’article 155 B du CGI ne récompense pas le fait d’avoir vécu à l’étranger : il vise les personnes appelées ou recrutées de l’étranger pour occuper un emploi dans une entreprise établie en France
Exit tax allemande du § 6 AStG et retour en France après une expatriation en Allemagne — Hagnéré Patrimoine
L'angle mort du bloc successoral

Une donation ou un décès déclenchent la même imposition de sortie

Le § 6 alinéa 1 phrase 1 n° 2 de l'Außensteuergesetz assimile à une cession à la valeur vénale « die unentgeltliche Übertragung auf eine nicht unbeschränkt steuerpflichtige Person » : la transmission à titre gratuit à une personne qui n'est pas illimitément imposable en Allemagne. Un parent résident d'Allemagne qui donne ou lègue à un enfant résident de France des titres relevant du § 17 de l'EStG déclenche donc, en plus des droits de succession, un impôt sur le revenu allemand sur la plus-value latente. Sur une participation de 35 % dans une société portant 900 000 € de plus-value latente, la charge différentielle ressort à 247 604 €, soit 27,5 % du gain latent. Et le crédit du § 21 de l'Erbschaftsteuergesetz ne l'efface pas : il impute un impôt successoral étranger sur un impôt successoral allemand, pas un impôt sur le revenu.

Le même piège vaut désormais pour les parts de fonds. Depuis les fins d'assujettissement illimité postérieures au 31 décembre 2024, le § 19 alinéa 3 de l'Investmentsteuergesetz étend la même logique aux portefeuilles d'organismes de placement collectif détenus en patrimoine privé, dès lors que l'investisseur a détenu au moins 1 % des parts émises au cours des cinq dernières années ou que le prix d'acquisition des parts atteint 500 000 €. Réserve que nous portons telle quelle, et elle joue dans les deux sens : le texte se lit fonds par fonds, aucune règle d'agrégation n'existe, et le formulaire publié par le ministère fédéral des Finances le 12 décembre 2025 ne mentionne ni le seuil de 500 000 € ni celui de 1 %. Un portefeuille composé de plusieurs lignes inférieures à 500 000 € chacune pourrait, ou non, être apprécié globalement : le point n'est pas tranché. Dernier point, pour l'héritier qui revend : le § 23 alinéa 1 phrase 3 de l'EStG lui impute l'acquisition faite par son auteur. Un immeuble acheté par le défunt en 2009 et revendu en 2027 est hors du champ allemand du délai de dix ans ; un immeuble acheté en 2021 ne l'est pas.

Votre référent France-Allemagne

CC

Clément Chatelain

Directeur Groupe Hagnéré Patrimoine

CIFCOACOBSPCARTE T

"Sur un dossier allemand, la première question n'est pas le montant de vos revenus : c'est l'adresse où vous dormez. Deux clients qui ont le même employeur, le même salaire et le même trajet, mais qui habitent de part et d'autre du Rhin, ne relèvent pas du même droit — et les décisions les plus lourdes de leur dossier se prennent dans les trois premiers mois, sur des formulaires qu'on leur présente comme des formalités. Quand nous reprenons le calcul en partant de là, la conclusion change souvent, et dans une part réelle des dossiers elle devient un conseil de ne pas bouger. Nous le disons avant la signature, pas après."

Ce que nos clients disent

Retours publics laissés par nos clients sur Trustpilot, regroupés ici pour vous donner une idée concrète de notre accompagnement. Ils portent sur le cabinet en général et ne constituent ni une promesse de performance ni une garantie de résultat.

Professionnalisme et pédagogie

J'ai été accompagné pour optimiser ma fiscalité et diversifier mes placements. L'équipe a pris le temps de tout m'expliquer simplement, sans jargon, et m'a proposé une stratégie parfaitement adaptée à ma situation. On sent un vrai souci du conseil, pas de la vente à tout prix. Je recommande vivement !

CC
Cathy Cha
Source : Trustpilot

Un accompagnement sur mesure !

Excellente expérience ! Mon conseiller a su analyser l'ensemble de mon patrimoine et me proposer des solutions personnalisées pour préparer ma retraite et réduire mes impôts. Suivi régulier, réactivité et transparence : un service haut de gamme. Je recommande les yeux fermés !!

P
Pascal
Source : Trustpilot
Pédagogie · 19 termes

Glossaire des termes utilisés sur cette page

Art. 13 (5)
Convention du 21 juillet 1959 — le régime frontalier
Trois lettres. La a) pose la règle : le salaire du frontalier n’est imposable que dans l’État de résidence. La b) régit le résident d’Allemagne qui travaille en France, à 20 km au plus de la frontière. La c) régit le résident de France : tout le Bas-Rhin, tout le Haut-Rhin, toute la Moselle, sans aucune condition de distance, pour un emploi dans une commune allemande à 30 km au plus.
45 jours ouvrés
Le contingent, unique, tous motifs confondus
Non-retour au domicile ou activité hors de la zone frontalière : un seul plafond couvre les deux. Ou 20 % des jours du contrat selon le rythme de travail, ce second plafond ne pouvant en aucun cas dépasser 45 jours. La limite de 20 % s’applique notamment lorsque l’emploi ne couvre pas l’année civile entière, ce qui peut la ramener à une quinzaine de jours pour une embauche en septembre.
Schädliche Tage
Les jours nocifs, et leurs quatre pièges de décompte
Une mission de plusieurs jours consomme le quota même à l’intérieur de la zone frontalière. Seule l’activité pour l’employeur allemand compte. Le jour d’aller n’est neutralisé que si le salarié a travaillé « im Grenzgebiet des Tätigkeitsstaats ». Et le point B.4 de l’accord de 2006 prime sur le point B.6, ce qui permet à un samedi de déplacement d’échapper au décompte.
Wohnsitz
§ 8 de l’Abgabenordnung — le domicile fiscal interne allemand
« Einen Wohnsitz hat jemand dort, wo er eine Wohnung unter Umständen innehat, die darauf schließen lassen, dass er die Wohnung beibehalten und benutzen wird. » Aucune durée minimale, aucune inscription administrative exigée, et rien n’interdit d’en avoir deux. Compter les jours est la mauvaise clé pour la résidence.
Gewöhnlicher Aufenthalt
§ 9 de l’Abgabenordnung — le séjour habituel
Un séjour continu de plus de six mois vaut résidence habituelle depuis le premier jour, les interruptions brèves étant sans effet — sauf séjour pris exclusivement à des fins de visite, de repos ou de cure et n’excédant pas un an, les deux conditions étant cumulatives. Ce n’est pas une règle des 183 jours.
Kirchensteuer
L’impôt d’église, prélevé par l’administration de l’État
Impôt de Land, pas impôt fédéral : il existe seize Kirchensteuergesetze. Le fait générateur est l’appartenance juridique à une communauté habilitée, combinée à un rattachement territorial. Le taux transmis aux payeurs est un chiffre unique, aujourd’hui 8 ou 9, accompagné d’une clé de confession à six chiffres.
§ 51a EStG
L’assiette recalculée de l’impôt d’église
Ce n’est pas votre revenu, et ce n’est pas non plus l’impôt de votre avis. L’impôt est recalculé en tenant compte des abattements pour enfants dans tous les cas du § 32, puis majoré des montants exonérés par le § 3 n° 40 — la réintégration est massive sur un gain de cession de titres. La chaîne d’applicabilité passe par l’alinéa 6 et par un renvoi de la loi de chaque Land.
Kirchenaustritt
La seule sortie, et elle est formelle
Déclaration personnelle devant l’autorité désignée par le droit du Land — l’état civil ou le tribunal d’instance selon les cas —, sans effet rétroactif. En Bavière, prise d’acte orale au Standesamt pour 25,00 €, ampliation à 10 €, et fin de l’assujettissement à l’expiration du mois civil au cours duquel la déclaration a pris effet. Ne pas généraliser cette date aux quinze autres Länder.
Kappung
Le plafonnement de l’impôt d’église, quand il existe
Un pourcentage du revenu imposable au lieu d’un pourcentage de l’impôt. Entre 2,75 % et 4 % selon le Land, accordé sur demande ou d’office. Un plafond à 2,75 % mord dès 97 000 € environ de revenu imposable pour un célibataire à 9 % ; un plafond à 4 % est pratiquement inopérant. La ventilation par Land n’est pas établie sur source primaire.
JAEG
Jahresarbeitsentgeltgrenze — le seuil de sortie du régime public
77 400 € par an et 6 450 € par mois pour 2026 ; seuil réduit de 69 750 € par an pour les personnes déjà en assurance privée substitutive au 31 décembre 2002. Au-dessus, le salarié est versicherungsfrei dès son premier jour : il n’a rien à quitter, la question est de savoir s’il peut entrer.
GKV / PKV
Régime public ou assurance privée substitutive
Trois mois à compter de la prise d’emploi pour adhérer volontairement au régime public. Ensuite, deux verrous à 55 ans, l’un pour ceux qui n’ont pas été assurés au régime légal dans les cinq années précédentes, l’autre pour ceux qui invoqueraient une couverture assimilée par les règlements européens. C’est le premier des trois pièges d’irréversibilité de l’installation.
§ 10 SGB V
La couverture familiale n’est pas inconditionnelle
Deux dispositions la limitent, et le corpus francophone n’en cite aucune. L’alinéa 1 n° 5 plafonne les ressources propres de chaque ayant droit à un septième de la valeur de référence, soit 565 € par mois en 2026. L’alinéa 3 fait sortir les enfants lorsque le parent resté hors caisse gagne à la fois plus d’un douzième du seuil annuel — 6 450 € par mois — et plus que le parent affilié. Dans un couple où le haut revenu bascule vers le privé, chaque tête est facturée.
§ 6 AStG
L’exit tax allemande, au départ d’Allemagne
Sept ans d’assujettissement illimité sur les douze précédents, participation d’au moins 1 % sans considération de la résidence de la société. Trois faits générateurs, dont la transmission à titre gratuit à une personne non illimitément imposable. Sursis de sept annuités, de droit depuis 2022, mais porteur d’intérêts à 0,5 % par mois.
§ 19 al. 3 InvStG
L’extension aux parts de fonds au 1er janvier 2025
Applicable aux fins d’assujettissement illimité postérieures au 31 décembre 2024. Seuils : 1 % des parts émises détenues au cours des cinq dernières années, ou parts dont le prix d’acquisition atteint 500 000 €. Réserve à porter telle quelle : le texte se lit fonds par fonds, aucune règle d’agrégation n’existe, et le formulaire publié le 12 décembre 2025 ne mentionne ni l’un ni l’autre seuil.
§ 21 al. 3 AStG
Le régime transitoire, première question et non note de bas de page
Un fait générateur réalisé avant le 1er janvier 2022 sous une rédaction en vigueur jusqu’au 30 juin 2021 reste traité selon le § 6 dans sa version au 30 juin 2021. Ce régime transitoire a lui-même été réécrit par la loi du 22 décembre 2025, avec effet au 1er juillet 2021 : une disposition transitoire n’a pas de disposition transitoire.
Art. 167 bis
CGI — l’exit tax française, au départ de France
Six ans de domicile sur les dix précédentes, et des titres valant plus de 800 000 € ou représentant 50 % des bénéfices sociaux. Sursis de plein droit vers l’Allemagne, sans garantie. Dégrèvement d’office à deux ans, cinq ans au-delà de 2 570 000 €. Ce calendrier ne régit que les transferts intervenus à compter du 1er janvier 2019.
I ter
Articles L. 136-6 et L. 136-7 du code de la sécurité sociale
L’exonération de contribution sociale généralisée et de contribution au remboursement de la dette sociale dépend de l’affiliation, pas de la résidence : le frontalier en est le cas d’école. Deux conditions cumulatives, dont la seconde tombe dès qu’une pension française rend la France compétente. L’affiliation s’apprécie au 31 décembre de l’année de perception.
Vorabpauschale
L’imposition annuelle des fonds capitalisants
Les §§ 16 alinéa 1 n° 2 et 18 de l’InvStG instituent l’imposition d’un rendement forfaitaire, réputé perçu le premier jour ouvré de l’année suivante, prélevé par l’établissement payeur et imputé sur la plus-value à la cession. « Rien n’est dû avant la vente » est faux, et il n’existe aucun équivalent français.
Vermögensteuer
L’impôt allemand sur la fortune, qui n’est plus levé
Aucune Vermögensteuer n’est levée depuis le 1er janvier 1997, à la suite de la décision du Bundesverfassungsgericht du 22 juin 1995, 2 BvL 37/91, BVerfGE 93, 121. Le Vermögensteuergesetz reste publié et non abrogé, ce qui trompe. Conséquence directe : un immeuble allemand entre dans l’assiette de l’impôt français sur la fortune immobilière sans aucune atténuation.
FAQ Frontaliers et expatriés Allemagne

Questions fréquentes — France-Allemagne.

Les questions que nous entendons le plus souvent, avec des réponses qui n'évitent ni les mauvaises nouvelles ni les points que le droit allemand ne tranche pas. Pour aller plus loin, notre guide expatrié Allemagne traite le sujet en 34 chapitres.

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  • Non. La liberté de circulation européenne dispense le citoyen français de visa comme de titre de séjour : il peut résider en Allemagne, y être salarié ou y exercer une activité indépendante sans autorisation préalable. Les obligations qui pèsent sur lui sont déclaratives, et trois d’entre elles enferment un délai. La première est l’Anmeldung, la déclaration de domicile auprès du bureau de la population, due dans les deux semaines de l’emménagement (§ 17 al. 1 du Bundesmeldegesetz). Elle déclenche l’attribution d’office du numéro fiscal personnel au titre du § 139b de l’Abgabenordnung, sans lequel votre employeur ne peut pas appeler vos caractéristiques de retenue à la source. Elle comporte aussi une rubrique de confession religieuse : ce n’est pas une formalité d’état civil, c’est le déclencheur visible d’un impôt que nous traitons plus bas. La deuxième est la couverture maladie, qui conditionne l’embauche et qui, pour une rémunération annuelle régulière supérieure à 77 400 € en 2026, enferme une décision irréversible dans un délai de trois mois. La troisième, pour une personne économiquement inactive séjournant plus de trois mois, tient à la justification de ressources suffisantes et d’une assurance maladie complète. Ce que la liberté de circulation ne règle pas : ni votre résidence fiscale, ni votre affiliation sociale, ni le sort de vos actifs français. Et elle ne dit rien de la distinction qui structure tout ce guide. Un frontalier qui réside en France et travaille en Allemagne n’y établit pas de domicile, donc n’y fait pas d’Anmeldung, donc échappe à l’impôt d’église, qui suppose un rattachement territorial au Land. En revanche, ce qui l’écarte du barème allemand et des classes d’imposition n’est pas le droit interne allemand — plusieurs de ses dispositions l’atteindraient — mais l’article 13 (5) de la convention du 21 juillet 1959, à ses conditions et pour la seule durée où elles sont réunies. Le jour où il déménage outre-Rhin, les trois s’appliquent.

Quelle situation vous décrit le mieux ?

Un point de départ ciblé pour aller plus vite. Chaque profil ouvre un échange préparé sur les sujets qui vous concernent en priorité.

Travaillez-vous en Allemagne, ou vous y installez-vous bientôt ?

Hagnéré Patrimoine est votre cabinet pour la gestion de patrimoine des frontaliers et des expatriés français en Allemagne : nous partons de la distinction qui commande tout le dossier — le frontalier vit en France, y reste résident fiscal et n'est concerné ni par la retenue de l'article 182 A, ni par le taux minimum de l'article 197 A, ni par le régime des plus-values immobilières des non-résidents ; l'expatrié l'est par les trois —, puis nous instruisons les trois décisions que personne ne présente comme définitives : l'appartenance religieuse déclarée à l'inscription domiciliaire, qui révèle un impôt d'église et non une option, le choix entre régime public et assurance privée qui se referme au terme de trois mois, et l'exit tax allemande du § 6 de l'Außensteuergesetz, qui frappe au moment où l'on quitte l'Allemagne, y compris pour rentrer en France. Le cabinet n'a ni bureau ni agrément en Allemagne et n'est pas habilité à délivrer un avis de droit allemand : nous accompagnons depuis la France et coordonnons avocats fiscalistes franco-allemands, Steuerberater, Notare, agents immobiliers et conseils en protection sociale internationale sur place. Un bilan patrimonial d'1 h est offert, sans engagement. Il ne constitue ni une consultation juridique ou fiscale ni une recommandation personnalisée.

Cabinet basé à Chambéry · 7 Rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry · RDV en visio (Paris / Strasbourg / Berlin) · WhatsApp disponible · +33 3 74 47 20 18 · backoffice@hagnere-patrimoine.fr

Revue éditoriale et patrimoniale par Quentin Hagnéré.

Hub international · 14 pays

Cette page fait partie du hub Gestion de patrimoine internationale de Hagnéré Patrimoine. Découvrez aussi nos accompagnements pour les frontaliers et expatriés en Suisse, au Luxembourg, en Belgique, aux Pays-Bas et en Espagne.

Mentions importantes — Périmètre de nos prestations

Hagnéré Patrimoine est cabinet de conseil en gestion de patrimoine immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 pour les statuts CIF, COA et COBSP. Sa carte professionnelle de transaction immobilière, dite Carte T n° CPI 7301 2024 000 000 014, est délivrée par la CCI de Chambéry. Conformément à nos statuts, nous n'exerçons pas la profession d'avocat au sens de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971.

Certaines prestations citées sur cette page comportent une dimension juridique ou fiscale spécialisée audit de résidence fiscale et de la chronologie Wohnsitz / gewöhnlicher Aufenthalt, qualification conventionnelle des rémunérations et jours de télétravail, analyse GKV / PKV avec le professionnel social ou assurantiel compétent, traitement allemand des PEA, PER, assurances-vie et comptes français, analyse d'une GmbH / UG ou d'une société française dirigée depuis l'Allemagne, suivi des exit taxes française et allemande, coordination civile et fiscale d'une donation ou succession franco-allemande. Lorsqu’elles sont nécessaires, ces prestations doivent être confiées à des professionnels externes effectivement habilités, notamment avocats fiscalistes français et allemands, Steuerberater, notaires et experts-comptables externes habilités, sélectionnés selon le dossier, chacun dans son périmètre réglementé et selon une lettre de mission distincte lorsque nécessaire. Selon le dossier et avec l’accord du client, Hagnéré Patrimoine peut aider à les identifier et à coordonner les échanges ; chaque professionnel intervient sous sa propre responsabilité et sa propre lettre de mission. Le cabinet reste dans les limites territoriales et matérielles de ses statuts et habilitations.

Le contenu de la présente page a une visée informative et pédagogique et ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une consultation juridique au sens de l'article 54 de la loi du 31 décembre 1971. Les règles fiscales relatives à la convention fiscale France-Allemagne du 21 juillet 1959, modifiée par avenants et par la convention multilatérale, convention franco-allemande du 12 octobre 2006 sur les successions et donations, règlement (UE) 650/2012 et règlements européens de coordination sociale 883/2004 et 987/2009 dépendent de votre résidence effective, de la nature de vos revenus, de votre nationalité et de votre situation familiale. Pour une stratégie adaptée à votre situation personnelle, faites valider votre dossier par les professionnels habilités compétents.

Veille réglementaire — Assurance-vie luxembourgeoise (LC CAA 26/1 et 26/2) : le Commissariat aux Assurances du Luxembourg a publié, le 1er février 2026, la Lettre Circulaire 26/1 relative aux règles d’investissement des produits d’assurance-vie liés à des fonds d’investissement. La classification N/A/B/C/D concerne les preneurs et conditionne l’accès à certaines architectures ; elle ne constitue pas une liste de cinq véhicules. La Lettre Circulaire 26/2, publiée le même jour, modifie séparément les règles de dépôt des actifs représentatifs. Pour un contrat existant, un nouveau versement, un avenant ou un dépositaire hors EEE, l’assureur et les professionnels habilités doivent confirmer le cadre applicable, l’éligibilité des supports, les risques, les frais et les règles de commercialisation transfrontalière.

Points de vigilance spécifiques Allemagne : (i) l'Anmeldung est une formalité municipale et un élément de preuve, mais elle ne tranche pas seule la résidence fiscale : un logement durablement disponible (Wohnsitz, § 8 AO) ou un séjour habituel (gewöhnlicher Aufenthalt, § 9 AO) peut déclencher l'assujettissement illimité allemand ; en cas de double résidence, les critères de la convention doivent être appliqués dans leur ordre ; (ii) un PEA, un PER, un Livret A ou une assurance-vie conservé en France ne reprend pas automatiquement son exonération française en Allemagne : qualification, revenus, arbitrages et retraits doivent être examinés par un Steuerberater avant l'opération ; (iii) l'Allemagne étant membre de l'UE, le départ de France peut ouvrir le sursis de paiement de l'exit tax prévu à l'article 167 bis CGI, sans supprimer les déclarations de départ et de suivi ; un départ ultérieur d'Allemagne peut parallèlement relever du § 6 AStG, notamment pour certaines participations significatives et durées d'assujettissement — les deux dossiers ne s'annulent pas ; (iv) piloter une SAS française depuis Berlin, Munich ou Francfort peut soulever des questions de direction effective, d'établissement stable, de paie, de TVA et de sécurité sociale ; créer une GmbH ou une UG ne neutralise pas ces risques et la Gewerbesteuer varie selon la commune ; (v) le choix GKV / PKV dépend notamment du statut professionnel, de l'éligibilité, de l'âge et de la situation familiale : il ne doit pas être présenté comme un simple produit patrimonial ; (vi) la convention du 12 octobre 2006 répartit la fiscalité des successions et donations, tandis que le règlement (UE) 650/2012 détermine la loi civile applicable : testament, régime matrimonial, bénéficiaires, actifs et crédits d'impôt doivent être coordonnés séparément ; l'article 990 I CGI et le traitement allemand d'une assurance-vie doivent être validés contrat par contrat, sans promettre une neutralisation automatique.