Gestion de patrimoine
frontaliers et expatriés
France-Allemagne
Cabinet spécialisé dans la gestion de patrimoine des frontaliers et des expatriés français en Allemagne. Nous commençons par la distinction que le corpus francophone mélange ligne après ligne : le frontalier vit en France, y reste résident fiscal, et l'écrasante majorité des règles de non-résident ne le concerne pas. L'expatrié relève d'un autre corps de règles, et trois décisions se prennent dans ses premières semaines sans qu'on lui dise qu'elles ne se défont pas. Notre première question n'est donc pas « combien ? » mais « où dormez-vous ? »

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 — Cabinet capitalistiquement indépendant, rémunération mixte (honoraires + rétrocessions) intégralement déclarée par écrit, accès institutionnel multi-juridiction.
Cette page présente la fiscalité française et les conventions fiscales applicables aux Français qui travaillent ou résident en Allemagne. Hagnéré Patrimoine n'a ni bureau ni agrément en Allemagne et n'est pas habilité à délivrer un avis de droit allemand : pour les questions de droit local (Einkommensteuergesetz, Abgabenordnung, Außensteuergesetz, Investmentsteuergesetz, Erbschaftsteuergesetz, Sozialgesetzbuch, Kirchensteuergesetze des seize Länder, droit des sociétés et droit du travail allemands), l'intervention d'un Steuerberater, d'un Rechtsanwalt ou d'un Notarétabli en Allemagne est requise. Nous accompagnons depuis la France et organisons cette mise en relation. Un seul Kirchensteuergesetz de Land a été lu intégralement dans notre dossier documentaire, celui de Bavière : aucun taux d'impôt d'église par Land, aucun taux de droits de mutation immobilière et aucun multiplicateur communal ne figure sur cette page. Tous les seuils allemands sont millésimés 2026 et périment le 31 décembre. État du droit arrêté au 9 août 2026.
Deux publics que tout oppose, et un corpus qui les mélange ligne après ligne
Une population nombreuse réside en Alsace, en Moselle et dans la vallée du Rhin, travaille en Allemagne, et reste résidente fiscale française. Elle déclare l'intégralité de ses revenus en France, son salaire allemand n'est imposable qu'en France, et ni la retenue de l'article 182 A du code général des impôts, ni le taux minimum de l'article 197 A, ni le régime des plus-values immobilières des non-résidents ne la concernent. Elle lit pourtant les mêmes pages que l'expatrié, où les deux situations sont traitées dans le même paragraphe.
L'expatrié, lui, transfère son domicile. Il devient illimitément imposable en Allemagne sur son revenu mondial, et il prend dans ses premières semaines trois décisions qu'on ne lui présente pas comme telles. Au guichet, le formulaire d'inscription domiciliaire tient sur une page, et une ligne intitulée Religion figure entre l'état civil et les enfants ; six semaines plus tard, sa fiche de paie porte une ligne Kirchensteuer. Aux ressources humaines, on lui demande gesetzlich oder privat sur le ton d'une formalité, et le droit d'adhérer volontairement au régime public se referme trois mois après la prise de fonctions. Et le jour où il repartira, y compris pour rentrer en France, une seconde imposition de sortie l'attendra, celle du § 6 de l'Außensteuergesetz.
Entre les deux, la configuration la plus fréquente sur le Rhin supérieur et la plus mal traitée : le couple à cheval, dont un conjoint s'installe et l'autre reste. Ce n'est ni l'une ni l'autre des deux situations précédentes : c'est deux résidences fiscales distinctes, deux déclarations, et des mécanismes allemands d'imposition commune qui ne s'ouvrent que sur demande et sous conditions de structure des revenus. Nous écrivons cette page parce qu'un chiffrage construit sans avoir tranché laquelle de ces trois configurations est la vôtre n'est pas approximatif : il est faux.

Les 6 piègesqui coûtent cher entre la France et l'Allemagne
Un contingent compté deux fois, une case prise pour une option, un chiffre suisse appliqué à un dossier allemand : les dossiers franco-allemands qui tournent mal partagent tous la même structure — une règle vraie, coupée avant la condition qui la rendait applicable. « Le frontalier n'est pas soumis au barème allemand » est un résultat exact obtenu par un raisonnement faux, et c'est le raisonnement qui sert le jour où la situation se complique.
Compter 45 jours de non-retour plus 45 jours hors zone
Le texte français de l’accord amiable du 16 février 2006 se lit comme s’il posait deux limites distinctes, et le lecteur en déduit 90. Trois sources écartent cette lecture : le § 7 (1) 1. de la KonsVerFRAV, qui vise « höchstens an 45 Arbeitstagen » pour les deux hypothèses réunies, la lettre du ministère fédéral des Finances du 28 décembre 2021, qui les range sous une catégorie unique de jours nocifs, et le § 120 de BOI-INT-CVB-DEU-10-30, qui décrit une période unique et deux motifs. Le dépassement ne se ventile pas : il fait perdre le régime pour l’année civile entière, rétroactivement depuis janvier, et le salaire des jours allemands bascule sous l’article 13 (1) de la convention.
Prendre la rubrique « religion » du formulaire pour une option
Elle figure entre l’état civil et les enfants, sur une page, et un Français baptisé à trois mois écrit la vérité de son état civil parce qu’on lui demande la vérité. Six semaines plus tard, sa fiche de paie porte une ligne Kirchensteuer. L’article 6 alinéa 1 du Kirchensteuergesetz bavarois assujettit les membres des communautés habilitées : le fait générateur est l’appartenance juridique, pas la case. La rubrique ne crée pas la dette, elle la révèle, et l’article 25 du même texte oblige à renseigner l’administration. Laisser la ligne en blanc n’est pas une option de gestion, c’est une déclaration inexacte.
Cocher « privat » aux ressources humaines la première semaine
La prime privée annoncée est inférieure à la cotisation publique, et le calcul du courtier est exact. C’est le reste qui ne l’est pas. Le droit d’adhérer volontairement au régime public se referme trois mois après la prise de fonctions, le retour sera fermé à 55 ans par deux textes successifs, la provision de vieillissement n’est transférable qu’à hauteur du tarif de base, et le jour où il y aura des enfants, le § 10 alinéa 3 du SGB V les fera sortir de la couverture familiale gratuite dès lors que le parent resté hors caisse gagne plus de 6 450 € par mois et plus que le parent affilié.
Croire que l’exit tax est une spécialité française
Elle est aussi allemande, elle obéit à d’autres seuils, et elle frappe dans l’autre sens. Le § 6 de l’Außensteuergesetz assimile à une cession à la valeur vénale la fin de l’assujettissement illimité, après sept années au cours des douze précédentes, sur une participation d’au moins 1 % — le § 17 de l’EStG ne distingue pas selon la résidence de la société, de sorte qu’une SAS ou une SARL française est dans le champ. Depuis les fins d’assujettissement postérieures au 31 décembre 2024, les parts de fonds y entrent aussi. Et la transmission à titre gratuit à une personne non illimitément imposable est un fait générateur à part entière.
Transposer un chiffre suisse, luxembourgeois ou belge
Les 34 jours appartiennent aux dispositifs France-Luxembourg et France-Belgique. Les 40 % sont suisses, issus d’un avenant entré en vigueur le 24 juillet 2025 et applicable depuis le 1er janvier 2026. Les 50 % sont le seuil de l’accord-cadre européen, qui est social et non fiscal, et qui suppose une demande. Les 25 % de l’article 14 § 8 du règlement 987/2009 sont un indice négatif dans une évaluation globale portant sur les douze mois à venir, pas un seuil fixé. Une seule règle fiscale est opposable côté allemand : 45 jours ouvrés ou 20 % selon le rythme de travail.
Déménager de trois kilomètres, de Strasbourg à Kehl
C’est l’événement le plus banal du parcours frontalier, et c’est l’acte le plus structurant du dossier. Tant que le domicile ne bouge pas, aucune exit tax ne se déclenche. Le jour du transfert, l’article 167 bis du code général des impôts vise le contribuable qui a été domicilié en France six des dix dernières années et dont les titres valent plus de 800 000 € — même emploi, même employeur, même trajet inversé. Le même jour, une seconde horloge se met en marche, celle des sept ans du § 6 AStG. Et le foyer perd le quotient familial français au profit d’un quotient conjugal allemand qui s’arrête à deux parts.
Vous télétravaillez déjà depuis la France ?
La première question que nous posons n'est pas « combien de jours ? » mais « à quelle distance de la frontière habitez-vous, votre employeur a-t-il déposé une demande au titre de l'accord-cadre européen, et tenez-vous un décompte jour par jour ? ». Ces trois réponses décident de la conservation du régime pour l'année civile entière.
Pour qui l'Allemagne fonctionne,
et pour qui elle coûte plus qu'annoncé
Deux faits structurels dessinent la frontière, et aucun des deux n'apparaît dans un comparatif de barèmes. Les cotisations sociales allemandes sont plafonnées — c'est l'inverse exact de la logique française — et le quotient conjugal allemand s'arrête à deux parts. L'Allemagne traite donc bien les hauts salaires et les couples à revenus déséquilibrés, et mal les familles nombreuses à revenu moyen qui perdaient beaucoup au quotient familial français.
Cinq configurations, établies sur douze dossiers chiffrés
- Le cadre à haut salaire, parce que les cotisations sont plafonnéesÀ 145 000 € de brut, le taux de cotisation salariale tombe à 12,37 % contre 20,90 % pour un salarié à 66 000 €, et le taux marginal devient nul au-delà de 101 400 €. Aucun mécanisme français n’a cette forme, et c’est le poste qui décide, avant tout arbitrage de barème.
- Le couple dont un seul conjoint gagneLe quotient conjugal du § 32a alinéa 5 de l’EStG n’est pas plafonné, à la différence du quotient familial français que l’article 197 du CGI plafonne expressément. Sur un couple à 145 000 € et zéro, il vaut 12 839 € par an ; sur un couple à 96 000 € et 28 000 €, 11 591 €. Il ne rapporte rien quand les deux conjoints gagnent autant.
- Le frontalier, qui cumule deux régimes favorables sans le savoirSalaire imposable exclusivement en France par l’article 13 (5), cotisations allemandes plafonnées là où les contributions françaises ne le sont pas, et 7,5 % de prélèvements sociaux au lieu de 17,2 % sur ses loyers français par le I ter de l’article L. 136-6. Sur 14 400 € de loyers, cela fait 1 396,80 € par an, presque jamais réclamés.
- Le propriétaire immobilier qui tient dix ansLa plus-value immobilière privée est exonérée après dix ans de détention par le § 23 alinéa 1 n° 1 de l’EStG, sans équivalent français. Deux réserves à ne pas omettre : les amortissements pratiqués sont repris dans le calcul, et l’héritier ou le donataire reprend la date d’acquisition de son auteur.
- Le patrimoine mobilier, tant qu’il ne franchit pas les seuils de sortieAucun impôt allemand sur la fortune n’est levé depuis le 1er janvier 1997, à la suite de la décision du Bundesverfassungsgericht du 22 juin 1995. Le Vermögensteuergesetz reste publié et non abrogé, ce qui trompe : il n’est pas appliqué.
Cinq profils pour lesquels nous disons non
- La famille nombreuse à revenu moyenLes enfants n’ouvrent pas de parts en Allemagne : ils ouvrent une allocation ou un abattement, et le splitting s’arrête à deux parts. Pour une famille de quatre personnes à 124 000 € de revenus, le quotient familial français est plus généreux, et l’écart est de l’ordre de 10 000 € par an contre le déménagement. C’est structurel, pas un détail de paramétrage.
- Le frontalier qui traverse la frontière pour habiterLe déménagement de trois kilomètres déclenche l’exit tax française si les titres valent plus de 800 000 €, ferme l’exonération de plus-value de la résidence principale française, ajoute un impôt d’église déclenché par un formulaire, et met en marche le compteur des sept ans du § 6 AStG. Patrimonialement, c’est l’acte le plus structurant du parcours.
- Le célibataire jeune tenté par l’assurance privéeL’économie annuelle est réelle et elle s’achète contre une option qu’on ne rouvre pas : une famille future non couverte gratuitement, une provision de vieillissement transférable seulement à hauteur du tarif de base, un verrou à 55 ans dont le second étage vise nommément le parcours France-Allemagne, et une question non tranchée sur les droits conservés en France.
- Le dirigeant qui s’installe sans dater sa sortieSept ans d’assujettissement illimité sur douze suffisent, et une mission de cinq ans s’étire souvent à huit. Sur une participation de 62 % valorisée 8 400 000 €, l’impôt allemand de sortie ressort à 2 076 309 € sans qu’un seul titre soit vendu, soit 28,44 % du gain latent, et l’étalement de sept annuités coûte 27,5 % à 32,5 % de plus.
- L’héritier français d’un parent installé en AllemagneL’abattement allemand de 400 000 € en ligne directe existe, et il ne produit rien quand l’héritier est domicilié en France : l’article 11 § 1 c) de la convention de 2006 autorise la France à imposer, et le crédit de l’article 784 A ramène la charge totale à l’impôt français. Sur 1 200 000 €, l’écart en faveur de l’Allemagne est nul.
Sur les douze dossiers chiffrés de notre guide, cinq se concluent par un refus ou par un « non » partiel, et ce ne sont pas les cinq plus modestes : le plus lourd porte sur une participation valorisée huit millions quatre cent mille euros. Le chapitre du guide consacré aux douze dossiers donne le détail de chaque calcul, avec ses hypothèses.
Nos 8 expertises pour un patrimoine franco-allemand
du décompte des jours au retour en France
Une approche qui couvre tout le cycle : qualification du dossier avant tout chiffrage, régime frontalier et contingent de jours, deux seuils de télétravail, impôt d'église, assurance maladie, deux exit tax, patrimoine conservé en France, effets réels du Land. Deux sujets méritent d'être lus en entier avant toute décision : le choix entre régime public et assurance privée et l'exit tax allemande au moment du retour.
Frontalier, expatrié, couple à cheval
à qui s'applique quoi, ligne par ligne
Le tableau ci-dessous est celui que nous remplissons avant tout chiffrage. Il ne dit pas ce que coûte l'Allemagne : il dit quelles règles vous concernent, et lesquelles vous pouvez cesser de lire. Une règle appliquée à la mauvaise configuration est une faute de conseil, et c'est de loin l'erreur la plus fréquente du corpus francophone sur ce couple de pays.
Aucun département français autre que le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle n'est visé par la lettre c). La Meurthe-et-Moselle, la Meuse et les Ardennes, qui bordent la Belgique et le Luxembourg, ne le sont pas : un résident de Longwy, de Verdun ou de Charleville-Mézières n'a pas accès au régime frontalier franco-allemand, quel que soit l'emploi qu'on lui propose outre-Rhin. Son arbitrage entre les quatre destinations frontalières est déjà largement fait par son adresse.
Deux précisions qui font gagner ou perdre le régime, et que le corpus ne relève pas. Le foyer d'habitation permanent n'est pas le centre des intérêts vitaux : la lettre du ministère fédéral des Finances du 28 décembre 2021 écrit à son point 7 que la condition est une ständige Wohnstätte dans la zone, et que « dabei muss es sich nicht zwingend um den Lebensmittelpunkt des Arbeitnehmers handeln » — un salarié dont la famille vit à Paris, qui dispose d'un logement permanent à Strasbourg et rentre chaque jour depuis Kehl, est frontalier. Et un enseignant durablement employé dans une école allemande de la zone n'est pas couvert par l'article 16, qui ne vise que les séjours provisoires de deux ans au plus : le régime frontalier lui est ouvert. Même logique pour le salaire d'apprentissage versé par un employeur allemand, que l'article 17 ne couvre pas puisqu'il ne vise que les subsides d'origine étrangère.
Le contingent est unique, et ses pièges sont dans le décompte
45 jours ouvrés par an, tous motifs confondus, ou 20 % des jours du contrat selon le rythme de travail — ce second plafond ne pouvant en aucun cas dépasser 45 jours. La limite de 20 % s’applique notamment lorsque l’emploi ne couvre pas l’année civile entière, ce qui peut la ramener à une quinzaine de jours pour une embauche en septembre. Une mission de plusieurs jours consomme le quota même à l’intérieur de la zone frontalière : le critère du non-retour au domicile est autonome de celui du lieu d’activité.
Le seuil social n’est pas le seuil fiscal, et il suppose une demande
L’accord-cadre européen applicable depuis le 1er juillet 2023 permet de rester affilié dans l’État de l’employeur tant que le télétravail dans l’État de résidence reste inférieur à 50 % du temps de travail, « à tous les salariés frontaliers et transfrontaliers qui en font la demande ». À défaut de demande et de formulaire A1, la règle générale reprend son empire et le rattachement bascule dès qu’une partie substantielle de l’activité est exercée en France. La France y est partie par l’URSSAF et la MSA, l’Allemagne par le GKV-Spitzenverband et sa Deutsche Verbindungsstelle Krankenversicherung – Ausland.
La double résidence n’écarte pas le régime, elle appelle le départage
Le point 8 de la lettre du 28 décembre 2021 pose que, lorsqu’il existe un foyer d’habitation permanent dans les deux États, la résidence conventionnelle se détermine par la clause de départage de l’article 2 § 1 n° 4 b) — foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, puis accord amiable. La nationalité n’arrive qu’en quatrième position : « je suis français, donc je reste résident de France » est faux tant que les deux premiers critères n’ont pas échoué. Si la personne est résidente de l’État d’activité, le régime frontalier ne joue pas.
Le point 3 de l'accord amiable du 16 février 2006 neutralise le télétravail exercé depuis un domicile situé en zone frontalière. Or la zone frontalière, au sens de la lettre b) de l'article 13 (5), est l'ensemble des communes situées à vingt kilomètres ou moins de la frontière. Le résident de France relève de la lettre c), qui ne pose aucune condition de distance : il lui suffit d'habiter le Bas-Rhin, le Haut-Rhin ou la Moselle. Pour un salarié domicilié à Sarrebourg, Sarre-Union, Colmar ou Metz, la lettre du point 3 ne joue pas, et aucune source administrative française ou allemande ne se prononce.
Notre consigne, publiée telle quelle plutôt qu'arbitrée : traiter les journées complètes de télétravail comme des journées hors zone frontalière, donc soumises au plafond de 45 jours ou 20 %, et faire valider la situation par le Finanzamt compétent avant toute organisation durable du travail à distance. Sur un rythme de deux jours par semaine, le contingent est consommé dès le début du mois de juin. La seule prise de position française datée dont nous disposons est la réponse de Mme Maud Bregeon à la question orale n° 1046S de M. Michaël Weber, en séance publique le 21 juillet 2026 et publiée le 22 juillet 2026 : la mise à jour 2025 des commentaires du modèle de convention de l'OCDE « a été l'occasion de préciser que l'exercice d'une activité en télétravail pendant moins de 50 % du temps ne conduit généralement pas à la constitution d'un établissement stable », et l'administration s'estime en mesure de l'appliquer « notamment dans le cadre de la convention fiscale franco-allemande du 21 juillet 1959 ». Deux précautions de lecture, à ne jamais séparer de cette citation : elle porte sur l'établissement stable de l'employeur, non sur la qualité de travailleur frontalier, et elle ne crée aucune tolérance de 50 % de télétravail au regard de l'article 13 (5).
Hagnéré Patrimoine pour les Français du
Rhin supérieur, de la Moselle, de Munich et de Berlin
L'Allemagne n'est pas un bloc, mais elle ne se découpe pas là où on le croit. L'impôt sur le revenu, le supplément de solidarité, le prélèvement forfaitaire sur les revenus de capitaux, l'impôt sur les sociétés et les droits de succession sont fédéraux et identiques dans les seize Länder. Quatre postes seulement dépendent de votre adresse : les droits de mutation immobilière, l'impôt d'église, le multiplicateur communal de taxe professionnelle et la taxe communale sur les résidences secondaires. Pour un frontalier, la géographie décide de tout — mais ce n'est pas celle des Länder, c'est celle d'une zone de trente kilomètres.
Le Rhin supérieur : Strasbourg, Colmar, Kehl, Fribourg, Karlsruhe
La zone où le régime frontalier se gagne et se perd sur un décompte
Le Bas-Rhin et le Haut-Rhin sont couverts en entier par la lettre c) de l’article 13 (5) : un salarié de Colmar est frontalier de plein droit, quelle que soit la distance qui le sépare de la frontière, dès lors qu’il travaille dans une commune allemande de la zone des 30 kilomètres. L’asymétrie est considérable et presque jamais écrite : le résident allemand qui fait le trajet inverse, lui, doit habiter à 20 kilomètres au plus. C’est aussi la zone où le télétravail pose la question que personne n’a tranchée. Le point 3 de l’accord de 2006 neutralise le télétravail au domicile situé « en zone frontalière », c’est-à-dire à 20 kilomètres ou moins au sens de la lettre b). Un salarié domicilié à Colmar relève de la lettre c), qui ne pose aucune condition de distance : la lettre du point 3 ne le couvre pas, et aucune source administrative française ou allemande ne se prononce.
La Moselle et la Sarre : Metz, Sarreguemines, Forbach, Sarrebruck
Le département entier, et sept communes sarroises à part
La Moselle est couverte en entier, la Meurthe-et-Moselle ne l’est pas. Un habitant de Sarreguemines a un accès de plein droit au régime allemand ; un habitant de Longwy n’en a aucun, quel que soit l’emploi qu’on lui propose outre-Rhin, et son arbitrage entre les quatre destinations frontalières est déjà largement fait par son adresse. Côté allemand, la Sarre compte 52 communes et l’annexe 3 de la lettre du 16 novembre 2021 les liste toutes ; l’annexe 1, celle des 20 kilomètres, n’en retient que 45. Sept communes sarroises sont donc dans la zone utile au résident de France sans être dans celle qui sert au résident d’Allemagne : leurs habitants qui travaillent en France ne sont pas frontaliers, alors que les Français qui viennent y travailler le sont.
Munich, Stuttgart et le sud industriel
Le profil où l’Allemagne gagne, et où la sortie se prépare le premier jour
C’est la géographie des mutations de cadres, et c’est le cas où le calcul est favorable pour une raison structurelle : les cotisations sociales allemandes sont plafonnées. À 145 000 € de brut, le taux de cotisation salariale tombe à 12,37 % et le taux marginal devient nul au-delà de 101 400 €, quand un salarié à 66 000 € supporte 20,90 %. S’y ajoute le quotient conjugal du § 32a alinéa 5, qui n’est pas plafonné, à la différence du quotient familial français. Deux réserves changent l’horizon. Une mission de cinq ans s’étire souvent à huit, et le compteur des sept ans du § 6 AStG court dès le premier jour. Et le taux d’impôt d’église, comme le plafonnement qui l’accompagne, relève de la loi du Land : nous ne les publions pas, cette ventilation Land par Land n’étant établie dans notre dossier sur aucune source primaire. Le taux figure en clair sur la première fiche de paie, et il ne suffit pas à conclure : un taux de 8 % sans plafonnement peut coûter plus cher qu’un taux de 9 % plafonné à 2,75 %.
Berlin, Francfort, Düsseldorf, Hambourg
Quatre villes, un seul barème, et des loyers qui ne se ressemblent pas
Déplacez un cadre célibataire à 90 000 € de revenu imposable, sans confession déclarée et locataire, de Hambourg à Stuttgart puis à Leipzig : son impôt sur le revenu ne varie pas d’un centime, ni son supplément de solidarité, ni son prélèvement sur les intérêts et les dividendes. Ce que produit ce déplacement, en euros, est un changement de loyer. L’écart de loyer que notre guide chiffre entre une grande ville et une commune rurale, à surface égale, atteint 2 268 € par an — plus de sept fois l’écart brut d’impôt d’église entre 8 et 9 % sur un revenu imposable de 100 000 €, qui vaut 308,64 €. La géographie fiscale allemande n’est pas là où on la cherche : elle est dans le multiplicateur communal de taxe professionnelle pour un dirigeant, et dans le loyer pour un salarié.
Nous ne publions aucun taux de droits de mutation immobilière, aucun taux d'impôt d'église par Land et aucun multiplicateur communal par ville. Ces trois données relèvent de seize législateurs et de plus de dix mille communes, et notre dossier documentaire n'en a relevé aucune sur une source primaire. Sur 400 000 € d'acquisition, un point de droits de mutation vaut 4 000 € : un chiffre indicatif faux n'est pas une approximation, c'est une erreur de conseil. Ce que nous faisons à la place est plus utile — vous dire où se trouve le chiffre, et ce qu'un point représente sur votre dossier.
Le prélèvement français et le régime allemand
les règles que nous appliquons
Nos arbitrages s'appuient sur la convention fiscale France-Allemagne du 21 juillet 1959, dans sa rédaction issue de quatre avenants — le dernier signé le 31 mars 2015 — et de la convention multilatérale applicable au 1er janvier 2025, sur la convention du 12 octobre 2006 pour les successions et donations, et, côté allemand, sur l'Einkommensteuergesetz, l'Abgabenordnung, l'Außensteuergesetz, l'Investmentsteuergesetz, l'Erbschaftsteuergesetz et le Sozialgesetzbuch dans leurs rédactions en vigueur. Ce que la France continue de prélever malgré tout cela est développé dans notre chapitre sur le patrimoine resté en France.
Les postes qui survivent au départ
Trois faits distincts, à manier séparément: l'Allemagne est membre de l'Union européenne, de l'espace Schengen et de la zone euro, ce qui règle la liberté de circulation et ouvre le sursis d'exit tax de plein droit ; la convention de 1959 couvre les impôts sur le revenu et sur la fortune, mais l'Allemagne ne lève plus d'impôt sur la fortune depuis le 1er janvier 1997, de sorte que le crédit d'impôt de son article 20 (2) c) est nul et qu'un immeuble allemand entre dans l'assiette de l'impôt français sur la fortune immobilière sans aucune atténuation; et la convention du 12 octobre 2006 sur les successions et donations, en vigueur le 3 avril 2009, est un texte distinct, qu'un raisonnement sur les revenus ne renseigne pas.
Ce qui ne bouge pas d'un Land à l'autre
Une trajectoire à poser noir sur blanc: le droit allemand indexe annuellement la quasi-totalité de ses seuils — barème, franchises du supplément de solidarité, seuil de sortie de l'assurance publique, plafonds de cotisation, valeur du point de retraite. Tous les chiffres de cette page sont millésimés 2026 et périment le 31 décembre. Deux échéances sont déjà datées : le taux communal plancher de taxe professionnelle passe de 200 % à 280 % pour l'exercice 2027 — et non depuis juillet 2026, la loi du 29 juin 2026 étant entrée en vigueur le 3 juillet sans s'appliquer avant —, et le taux de l'impôt sur les sociétés suit une trajectoire descendante de 15 à 10 % de 2028 à 2032. Une comparaison France-Allemagne de charge sur société doit donc toujours être datée.
« […] höchstens an 45 Arbeitstagen nicht zum Wohnsitz zurückkehrt oder außerhalb der Grenzzone für seinen Arbeitgeber tätig ist. »
§ 7 (1) 1. de la KonsVerFRAV — un seul contingent de quarante-cinq jours ouvrés couvre les deux hypothèses, le non-retour au domicile et l'activité hors de la zone frontalière. La lettre du ministère fédéral des Finances du 28 décembre 2021 les range à sa Tz. 9 sous une catégorie unique de schädliche Tage, et le § 120 de BOI-INT-CVB-DEU-10-30 décrit « une période n'excédant pas quarante-cinq jours de travail par an (ou 20 % des jours de travail effectué), soit à ne pas rejoindre son domicile, soit à se rendre […] hors de la zone frontalière » : une période, deux motifs. Le texte français de l'accord amiable du 16 février 2006 se lit malheureusement comme s'il posait deux plafonds, et beaucoup de lecteurs en concluent quatre-vingt-dix.
Deuxième point, rarement écrit et décisif pour la trésorerie : le dépassement ne se ventile pas. La Tz. 26 de la même lettre établit la perte du régime pour l'année civile entière, rétroactivement depuis janvier. Le salaire des jours allemands bascule alors sous l'article 13 (1), l'Allemagne prélève la retenue et le supplément de solidarité, et la France élimine la double imposition par un crédit égal au montant de l'impôt français correspondant à ces revenus, non au montant de l'impôt allemand. Attention au piège de source : le BOFiP, resté dans sa version du 12 septembre 2012, renvoie à l'alinéa inverse, l'avenant du 31 mars 2015 ayant réécrit l'article 20 et permuté ses deux alinéas. Le détail figure au chapitre du guide consacré à l'imposition du salaire frontalier.
Notre réseau d'experts
en Allemagne
Un dossier franco-allemand ne se traite pas depuis un seul bureau. Il mobilise cinq métiers distincts sur place, chacun sur un acte précis, et personne ne fait le travail d'un autre. Le point de départ est une limite que nous posons nous-mêmes : Hagnéré Patrimoine n'a ni bureau ni agrément en Allemagne et n'est pas habilité à délivrer un avis de droit allemand. Cette matière relève d'un professionnel agréé sur place, et nous organisons cette mise en relation depuis la France. Chacun intervient sous sa propre lettre de mission ; le cabinet ne prescrit aucun intervenant et n'en tire aucune rémunération.
Avocats fiscalistes franco-allemands
Ce sont eux qui tranchent ce que nous ne trancherons pas, et la liste est nommée dans notre dossier. Le télétravail du frontalier domicilié au-delà de vingt kilomètres de la frontière, qu’aucune source administrative des deux pays ne traite. La rétroactivité du régime transitoire de l’exit tax allemande, réécrit en décembre 2025 avec effet au 1er juillet 2021 pour des faits déjà accomplis. La question de savoir si le seuil de 500 000 € des parts de fonds se lit fonds par fonds ou portefeuille par portefeuille, sur laquelle aucune règle d’agrégation n’existe. L’articulation de l’exonération de contribution sociale généralisée avec le statut de non-résident Schumacker, que deux textes règlent en sens contraire. La question leur parvient cadrée côté français, avec l’incidence chiffrée de chaque lecture et les pièces réunies. Sur un dossier d’exit tax, nous cherchons la spécialité Außensteuerrecht : ce n’est pas une préférence, c’est le champ du § 6 AStG.
Steuerberater
Le conseil fiscal allemand porte la liquidation locale et il porte surtout un calendrier que personne ne rappelle. La déclaration annuelle, la qualification des revenus au regard de l’Einkommensteuergesetz et de l’Investmentsteuergesetz, l’Anlage KAP par laquelle l’impôt d’église sur les revenus de capitaux se liquide — et se découvre un an plus tard, puisqu’un payeur français ne le prélève jamais. C’est aussi lui qui procure le document que nous ne pouvons pas produire : le Kirchensteuerbeschluss en vigueur de votre Land et de votre confession, qui porte le taux réel. Et c’est lui qui dépose la déclaration événementielle d’exit tax sur parts de fonds, dont le formulaire publié par le ministère fédéral des Finances le 12 décembre 2025 fixe les échéances aux 31 janvier et 31 juillet.
Notare et notaires français
Le notaire allemand n’a pas le rôle du notaire français, et trois points se vérifient avant tout engagement. Le délai de dix ans du § 23 de l’EStG d’abord : l’exonération de plus-value immobilière privée après dix ans est réelle, mais les amortissements pratiqués sont repris dans le calcul, et l’héritier ou le donataire reprend la date d’acquisition de son auteur — un immeuble acheté par le défunt en 2009 et revendu en 2027 est hors du champ allemand, un immeuble acheté en 2021 ne l’est pas. La détention par société ensuite : depuis les opérations postérieures au 2 juillet 2026, la réunion d’au moins 90 % des parts d’une société détenant un immeuble allemand est imposable aux droits de mutation, de sorte que la voie sociétaire suppose de laisser durablement plus de 10 % du capital entre des mains tierces. L’obligation déclarative allemande enfin : nous déclarons par précaution, l’admission d’une authentification par un notaire français au titre de la dispense du § 30 alinéa 3 de l’ErbStG n’étant pas établie.
Agents immobiliers et conseils au logement
Leur valeur n’est pas de trouver un bien, c’est de dire ce qu’un bien vaut là où il est et ce que la commune y prélève. Trois vérifications ne se délèguent pas au vendeur. Le taux de droits de mutation du Land où se trouve l’immeuble — pas celui où vous habitez, pas celui où vous travaillez : sur 400 000 €, un point vaut 4 000 €, et nous ne publions aucun taux. La taxe communale sur les résidences secondaires, angle mort du frontalier qui garde un pied-à-terre et du couple à cheval. Et le loyer, qui est en pratique le premier poste géographique d’un salarié : l’écart que notre guide chiffre entre une grande ville et une commune rurale, à surface égale, atteint 2 268 € par an, soit plus de sept fois l’écart brut d’impôt d’église entre 8 et 9 % sur un revenu imposable de 100 000 €.
Conseils en protection sociale, DVKA et CLEISS
C’est le métier que le corpus oublie, et c’est celui dont les décisions ne se défont pas. Le certificat A1 et la demande au titre de l’accord-cadre européen sur le télétravail transfrontalier, sans laquelle le seuil de 50 % ne s’applique pas. Le formulaire S1, qui ouvre des soins en France pour le compte de l’institution allemande. Et une question que nous refusons de trancher tant qu’elle n’est pas confirmée par écrit : l’assurance privée substitutive allemande n’est pas l’institution compétente au sens du chapitre 1 du titre III du règlement 883/2004, et le raisonnement conduit à penser qu’un assuré privé et sa famille perdent le bénéfice de l’inscription en France. Le raisonnement est cohérent, la source primaire manque, et la conséquence est trop grave pour être publiée sans saisine écrite de la Deutsche Verbindungsstelle Krankenversicherung – Ausland et du Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale.
Hagnéré Patrimoine, depuis la France
Nous restons votre interlocuteur unique, et nous accompagnons depuis la France, en français. Nous posons la question dans les termes du droit français, relisons la réponse à cette aune et arbitrons quand deux avis se contredisent. Notre règle de cadrage tient en une ligne : sur un dossier franco-allemand, l’erreur porte presque toujours sur le périmètre de la règle, pas sur le chiffre. Un taux exact appliqué au frontalier alors qu’il vise l’expatrié est une faute de conseil, et un seuil allemand de plus de douze mois est présumé faux — l’Allemagne réindexe barème, franchises, plafonds de cotisation et seuil de sortie de l’assurance publique chaque 1er janvier. Le choix de chaque professionnel vous appartient ; la nature de notre rémunération et l’absence de tout lien d’affaires avec ces intervenants vous sont indiquées par écrit avant toute mise en relation.
Tous les dossiers n'ont pas besoin des cinq.
Un frontalier salarié qui ne télétravaille pas et n'a aucun projet immobilier allemand n'a besoin ni d'un Steuerberater ni d'un notaire : son dossier se traite intégralement côté français. Mobiliser un réseau entier là où un seul interlocuteur suffit est une dépense, pas une sécurité. En revanche, sur un dossier comportant une participation de plus de 1 %, un portefeuille de parts de fonds proche de 500 000 €, une succession à préparer ou un changement de couverture maladie, le professionnel établi en Allemagne n'est jamais facultatif : c'est lui qui instruit les points que nous refusons de trancher, comme l'établit le chapitre du guide consacré aux sources et aux points non tranchés.
L'angle Hagnéré sur un dossier franco-allemand
Notre conviction après avoir chiffré ces dossiers des deux côtés : le pays n'est pas le sujet. Ce qui décide, c'est le statut, le calendrier des premières semaines et la date de sortie. Trois piliers, dans cet ordre.
Le statut avant le chiffre
Nous n’instruisons pas un projet allemand, nous instruisons un dossier de frontalier, d’expatrié ou de couple à cheval. La première question de notre questionnaire est votre adresse, la deuxième celle de votre employeur, la troisième le nombre de jours que vous passez hors de la zone. Presque toutes les règles changent de camp selon la réponse : le frontalier reste résident fiscal français et n’est concerné ni par la retenue de l’article 182 A, ni par le taux minimum de l’article 197 A, ni par le régime des plus-values immobilières des non-résidents ; l’expatrié l’est par tous les trois. Un taux exact appliqué au mauvais statut est une faute de conseil.
Les quatre-vingt-dix premiers jours avant le reste
L’ordre est contre-intuitif et il est décisif. Ce ne sont pas les arbitrages patrimoniaux qui commandent une installation allemande, ce sont trois échéances courtes que personne ne signale : deux semaines pour la déclaration domiciliaire, où une rubrique de confession révèle un impôt qui ne se décoche pas ; trois mois pour adhérer volontairement au régime public d’assurance maladie, faute de quoi l’assurance privée devient le seul régime possible ; et, pour un entrepreneur, l’option du § 32d alinéa 2 n° 3 de l’EStG, dont le texte dispose qu’après révocation une nouvelle demande n’est plus recevable pour la même participation. Nous écrivons ce calendrier avant la signature du contrat de travail.
Ce que nous ne trancherons pas, et à qui nous le confions
Notre socle documentaire a été soumis à deux passes de contre-vérification adversariale avant écriture, et il laisse des points ouverts que nous nommons plutôt que de les arbitrer : le télétravail du frontalier domicilié au-delà de vingt kilomètres de la frontière, l’effet du passage en assurance privée allemande sur le droit aux prestations en France, la clé de répartition de l’exonération de contribution sociale généralisée dans un foyer dont un seul membre est affilié à l’étranger, le taux de prélèvements sociaux applicable à la plus-value immobilière d’un non-résident, et la règle d’agrégation du seuil de 500 000 € des parts de fonds. Nous exposons les lectures en présence avec leur incidence chiffrée, puis nous les confions à des professionnels établis en Allemagne.

Un impôt obligatoire déclenché par une ligne de formulaire
La déclaration domiciliaire se fait normalement dans les deux semaines suivant l'emménagement, et le formulaire tient sur une page. Entre l'état civil et les enfants figure une ligne intitulée Religion. Un Français baptisé à trois mois, qui n'a pas mis les pieds dans une église depuis un mariage, écrit ce que dit son état civil parce qu'on lui demande la vérité. Six semaines plus tard, sa fiche de paie porte une ligne Kirchensteuer. Il n'a signé aucun contrat et il n'a rien fait d'irrégulier. Il vient d'activer une chaîne de textes qui va du registre des habitants au logiciel de paie de son employeur, et dont aucun maillon ne lui a été montré.
- Le fait générateur est l’appartenance juridique à une communauté habilitée : l’article 6 alinéa 1 du Kirchensteuergesetz bavarois assujettit « die Angehörigen », les membres, et non ceux qui cochent une case
- La rubrique ne crée pas la dette, elle la révèle : l’article 25 du même texte oblige le contribuable à renseigner l’administration sur les faits dont dépend la constatation de son appartenance
- Écrire que l’impôt s’évite en laissant la ligne en blanc revient donc à conseiller une déclaration inexacte, et expose le client à un rappel
- La seule sortie est un Kirchenaustritt formel, déclaré personnellement devant l’autorité désignée par le droit du Land, sans effet rétroactif — en Bavière, 25,00 € pour la prise d’acte orale au Standesamt
- L’assiette n’est pas votre revenu et ce n’est pas non plus l’impôt de votre avis : c’est un impôt recalculé au titre du § 51a alinéa 2 de l’EStG, majoré des montants exonérés par le § 3 n° 40
- Un payeur français ne prélève jamais cet impôt : il se liquide à la déclaration, par l’Anlage KAP, et se découvre un an plus tard
Ces montants sont plus petits que ce que la littérature laisse croire, et c'est précisément ce qui les rend intéressants : personne ne choisit un Land pour trois cents euros, alors que l'écart de loyer entre une grande ville et une commune rurale, à surface égale, atteint 2 268 € par an. Le raisonnement change de nature aux hauts revenus, à cause d'un mécanisme que le corpus francophone ignore presque toujours : le plafonnement, ou Kappung, qui plafonne l'impôt d'église à un pourcentage du revenu imposable au lieu d'un pourcentage de l'impôt. Sur un revenu imposable de 300 000 €, un taux de 9 % non plafonné coûte 10 397,67 €, un taux de 9 % plafonné à 2,75 % coûte 8 250 €, et un taux de 8 % non plafonné coûte 9 242,37 €. Le Land au taux le plus bas n'est donc pas nécessairement le moins cher, et l'écart annuel brut entre les deux configurations atteint 2 148 €.
Sur un gain de cession de titres, l'assiette double presque
C'est l'étape que le corpus omet, et c'est celle qui produit les erreurs les plus violentes. Le § 51a alinéa 2 de l'EStG impose de recalculer l'impôt sur un revenu imposable majoré des montants exonérés par le § 3 n° 40, c'est-à-dire des 40 % que le régime des revenus partiels laisse hors barème. Sur un revenu exclusivement salarial, l'étape est neutre. Sur un gain de cession de titres, la réintégration est massive : elle fait passer un chiffrage d'impôt d'église de 64 264 € à 107 464 € sur le même dossier. Un calcul naïf, qui applique 8 ou 9 % à l'impôt de l'avis, sous-estime la charge de 40 à 70 %.
Deux effets secondaires prennent régulièrement de court les couples franco-allemands. Le premier : le Kirchgeld. Lorsqu'un seul des époux appartient à une communauté et que le couple est imposé conjointement, la contribution ordinaire est assise sur la seule fraction d'impôt commun revenant au conjoint membre, répartie au prorata de la somme des revenus de chacun — un conjoint membre sans revenus propres ne doit donc aucune contribution ordinaire, et c'est là que le Kirchgeld prend le relais, assis sur le revenu commun, sans aucune ligne sur la fiche de paie. Nous ne publions aucun barème : il figure dans des règlements d'Église que notre dossier n'a pas ouverts. La parade existe et elle est de droit fédéral — le § 26 alinéa 2 phrase 1 de l'EStG permet à un seul des époux d'imposer l'imposition séparée —, mais elle a un coût, celui de la perte du quotient conjugal, qu'il faut chiffrer avant de la retenir. Le second : sur les revenus de capitaux, la charge totale passe de 26,375 % pour un non-membre à 27,819 % au taux de 8 % et 27,995 % au taux de 9 % — et non aux 28,485 % ou 28,749 % qu'un simple ajout laisserait attendre, parce que cette fraction-là n'est pas déductible en charge spéciale et qu'elle joue par une réduction du taux forfaitaire. Une bonne nouvelle, enfin, et il faut l'écrire parce que personne ne l'écrit : le frontalier résidant en France ne doit pas cet impôt, faute de domicile ou de séjour habituel en Allemagne. Le point de bascule est le changement de résidence, pas le changement d'employeur.
La question n'est pas « dois-je sortir ? », c'est « puis-je entrer ? »
Toute la littérature francophone est bâtie sur une phrase : sortir du régime public est un droit, y rentrer n'en est pas un. Cette architecture ne décrit pas la situation du lecteur visé. Un Français qui prend son premier emploi en Allemagne à 90 000 € n'est pas dans le régime public : il en est dehors dès le premier jour, parce que sa rémunération dépasse le seuil de 77 400 € du § 6 alinéa 1 n° 1 du SGB V. Il n'a rien à quitter. Le § 9 alinéa 1 n° 3 lui permet d'adhérer volontairement, et le § 9 alinéa 2 n° 3 lui laisse trois mois à compter de la prise d'emploi pour le déclarer à une caisse. Ce délai n'est écrit sur aucun document qu'on lui remettra. Passé trois mois, la décision est prise, qu'il l'ait prise ou non.
Le calcul du courtier qui lui propose une prime privée inférieure à la cotisation publique est exact. C'est le reste qui ne l'est pas, et le reste tient en quatre points. Le verrou des 55 ans a deux étages : le § 6 alinéa 3a ferme la porte à qui n'a pas été assuré au régime légal dans les cinq années précédentes, et le § 6 alinéa 3b la ferme une seconde fois à qui invoquerait une couverture assimilée par les règlements européens — c'est-à-dire précisément le parcours du Français rentré en France puis reparti en Allemagne après 55 ans. Il la ferme plus durement, en ne renvoyant qu'à la phrase 4 de l'alinéa précédent et non à sa phrase 5. La couverture familiale n'est pas inconditionnelle non plus, et deux dispositions distinctes la limitent. Le § 10 alinéa 1 n° 5 subordonne la gratuité, pour chaque ayant droit, à un plafond de ressources propres fixé à un septième de la valeur de référence, soit 565 € par mois en 2026 : un conjoint qui gagne davantage n'est pas couvert, quand bien même l'autre est affilié. Et le § 10 alinéa 3 exclut les enfants lorsque le parent resté hors caisse gagne à la fois plus d'un douzième du seuil annuel — 6 450 € par mois en 2026 — et plus que le parent affilié. Dans un couple où le haut revenu bascule vers le privé, les enfants suivent le régime privé, et chaque tête est facturée.
- La participation de l’employeur est régie par le § 257 alinéa 2 du SGB V : la moitié de la prime, plafonnée à ce qu’il aurait versé au régime public, soit 508,59 € par mois en 2026 — elle devient donc identique en public et en privé dès que la prime dépasse 1 017,18 € par mois
- Elle suppose aussi que l’assureur remplisse les conditions de l’alinéa 2a : un salarié qui conserve une police française ou internationale n’y a pas droit du tout
- La provision de vieillissement n’est que partiellement portable : en cas de changement d’assureur, seule la fraction correspondant aux garanties du tarif de base est transférée, et à condition que le contrat ait été conclu après le 1er janvier 2009
- La limitation décisive n’est pas une date, c’est un montant : la fraction constituée au titre des garanties supérieures reste acquise à l’assureur quitté. Le changement de tarif chez le même assureur, lui, est intégralement crédité
- Nous ne publions aucune projection de prime privée sur vingt ou quarante ans : aucune de nos sources ne l’établit, et nous raisonnons par point mort, pas par projection
- Nous ne nommons aucune caisse ni aucun assureur : l’arbitrage porte sur un régime, pas sur une marque, et il se documente avant le troisième mois
Un point que nous refusons de trancher, et qui pèse lourd : l'assurance privée substitutive allemande n'est pas l'institution compétente au sens du chapitre 1 du titre III du règlement 883/2004. Le raisonnement conduit à penser qu'un assuré privé et sa famille perdent, à ce titre, le bénéfice de l'inscription en France. Le raisonnement est cohérent ; la source primaire manque, et nous ne publions pas cette conséquence sans confirmation écrite des organismes de liaison. Qu'on ne se trompe pas sur le sens de cette réserve : elle n'autorise pas à conclure que tout va bien. Elle dit qu'on ne sait pas, sur une décision qui ne se défait pas. Une seconde question du même ordre en dépend directement : l'administration française exige un justificatif d'affiliation pour accorder l'exonération de contribution sociale généralisée, et rien de ce que nous avons ouvert n'établit qu'une attestation d'assurance privée allemande soit acceptée à ce titre.
5 profils, 5 stratégies
Frontalière à qui l'on propose du télétravail et une mission, couple alsacien tenté par la rive droite, cadre muté à Munich, famille de cinq personnes à Düsseldorf, dirigeant qui veut rentrer après seize ans : les mêmes textes produisent des résultats opposés selon le statut, la composition du foyer et la date. Ces cas illustrent, à but pédagogique, les dossiers que nous traitons.
Cas pédagogiques. Les prénoms, montants et stratégies présentés ci-dessous sont des illustrations pédagogiques inspirées des situations que nous accompagnons. Aucun client réel n'y est identifiable. Les chiffres varient selon la situation, le Land et la commune concernés, l'évolution législative et fiscale des deux pays, et ne constituent pas un conseil personnalisé.
Sandra, 43 ans, Colmar
Frontalière depuis onze ans — oui à la mission, non au télétravail
66 000 € brut chez un équipementier de Fribourg, mari frontalier lui aussi, deux enfants
- ·Son employeur lui propose le même mois deux jours de télétravail par semaine
- ·Et une mission de six semaines à Hambourg pour le lancement d’une ligne
- ·Un T3 locatif à Strasbourg, 14 400 € de loyers nets par an
Nous lui disons oui à la mission et non au télétravail, et la raison n’est pas celle qu’elle imagine. La mission consomme 30 jours du contingent, tous nocifs puisqu’il n’y a pas de retour au domicile, et laisse 15 jours de marge. Deux jours de télétravail par semaine consomment 92 jours à eux seuls. Même un jour par semaine ne passe pas : 46 semaines travaillées font 46 jours, soit un de plus que le contingent, avant le premier déplacement.
Karim et Léa, 41 et 39 ans
Frontaliers strasbourgeois tentés par Kehl — non dans cette forme
124 000 € de salaires allemands cumulés, deux enfants, 950 000 € de titres reçus en succession
- ·Une maison plus grande à douze minutes du pont, et l’école en face
- ·Le portefeuille a été reçu en 2019 pour un prix de revient de 350 000 €
- ·Ils ont fait leur calcul sur « de l’autre côté, tu ne paies plus l’impôt français »
Nous leur disons non tel que le projet est envisagé, et oui dans un autre ordre. Le déménagement coûte de l’ordre de 10 000 € par an, immobilise 188 400 € de créance fiscale pendant deux ans, ferme l’exonération de plus-value de leur résidence principale et ajoute un prélèvement qu’ils déclencheront en remplissant un formulaire d’inscription domiciliaire.
Thomas, 52 ans
Cadre muté à Munich pour cinq ans — oui, et quatre décisions en quatre-vingt-dix jours
145 000 € brut, épouse sans revenus la première année, deux enfants scolarisés
- ·Portefeuille de 1 150 000 € pour un prix de revient de 430 000 €
- ·Une prime de départ de 40 000 € dont la date de versement n’est pas arrêtée
- ·Résidence principale lyonnaise, prêt soldé
Nous lui disons oui, nettement, et pour une raison qu’il n’attend pas : le plafonnement des cotisations sociales allemandes. Puis nous lui écrivons le calendrier des quatre décisions qui se prennent dans les quatre-vingt-dix premiers jours, dont trois avant le 1er juin. Le vrai risque de son dossier n’est pas l’arrivée, c’est le retour.
Hélène et Marc, 34 et 37 ans
Mutation à Düsseldorf avec trois enfants — oui au poste, non au régime privé
96 000 € et 28 000 € de salaires, trois enfants de 2, 5 et 8 ans, départ pour trois à cinq ans
- ·Patrimoine modeste : 45 000 € d’épargne, pas d’immobilier
- ·Un courtier propose une couverture privée moins chère que la cotisation publique
- ·Ils comptent revenir
Nous leur disons oui au poste et non au régime privé, sauf démonstration chiffrée sur les cinq têtes du foyer et non sur la seule sienne. Sur l’impôt, leur configuration est bonne : le quotient conjugal vaut 11 591 € par an parce que leurs revenus sont très déséquilibrés. Sur la santé, trois enfants qui sortent de la couverture gratuite renversent n’importe quelle comparaison de primes.
Pierre, 58 ans
Dirigeant à Stuttgart depuis 2009, retour prévu en 2029 — oui, à condition de le financer
62 % d’une société d’ingénierie valorisée 8 400 000 €, prix de revient 1 100 000 €
- ·Il ne veut pas vendre : son associé reprendra la direction
- ·180 000 € de revenu imposable annuel entre rémunération et dividendes
- ·Son avocat français l’avait rassuré sur l’exit tax — la française
Nous lui disons que celle qui le concerne est l’allemande, et que la question n’est plus « dois-je rentrer ? » mais « comment je le finance ? ». 2 076 309 € d’impôt de sortie sur une société qu’il ne vend pas, soit 28,44 % du gain latent. Il ne choisit pas entre payer et ne pas payer : il choisit entre payer au comptant et payer 27,5 % à 32,5 % de plus, étalés.
Combien gagne — ou perd —
un Français qui travaille en Allemagne ?
Quatre configurations, chiffrées poste par poste des deux côtés. Deux se terminent par un conseil de ne pas faire, et nous les publions parce qu'elles décrivent une proportion réelle de ce que nous voyons : sur les douze dossiers chiffrés de notre guide, cinq concluent par un refus ou par un refus partiel. L'idée qu'on « paie moins d'impôts en Allemagne » est vraie pour certains profils et fausse pour d'autres — et ce n'est pas le niveau du salaire qui décide, c'est la composition du foyer et la date de sortie.
Avertissement. Les chiffres présentés ci-dessous sont des estimations Hagnéré Patrimoine établies à partir d'hypothèses fiscales explicites, à but pédagogique. Le passage du salaire brut au revenu imposable allemand n'est pas reconstitué : il dépend des cotisations déductibles et des charges spéciales. Ils varient selon votre situation personnelle, le Land et la commune concernés, l'évolution de la législation française et allemande, et ne constituent pas un conseil personnalisé en investissement, en fiscalité ni en droit. Une étude écrite et chiffrée vous sera remise lors du bilan patrimonial, sur la base de vos pièces justificatives.
Cadre muté à Munich, 145 000 € de rémunération
Hypothèse : 52 ans, directeur industriel muté au 1er mars 2026 pour une durée annoncée de cinq ans. Son épouse le suit et ne travaillera pas la première année. Deux enfants scolarisés. Résidence principale lyonnaise conservée, portefeuille de titres de 1 150 000 € pour un prix de revient de 430 000 €, un plan d’épargne en actions, deux contrats d’assurance-vie ouverts en 2009, et une prime de départ de 40 000 € dont la date de versement n’est pas arrêtée.
C’est le profil pour lequel l’Allemagne fonctionne, et elle fonctionne pour une raison qu’il n’attend pas : les cotisations sociales y sont plafonnées. À 145 000 € de brut, il cotise sur 101 400 € pour la retraite et le chômage et sur 69 750 € pour la maladie et la dépendance ; son taux de cotisation salariale tombe à 12,37 %, contre 20,90 % pour un salarié à 66 000 €, et son taux marginal de cotisation devient nul au-delà du plafond. C’est l’inverse exact de la logique française. S’y ajoute le quotient conjugal du § 32a alinéa 5 de l’EStG, qui joue à plein quand un seul conjoint gagne : 12 839 € par an, dont 2 113 € de supplément de solidarité effacé par la franchise de 40 700 € d’impôt. Le dossier ne se joue pourtant pas sur la paie. Il se joue sur un calendrier : la prime de 40 000 € entre dans la réserve de progressivité si elle est versée l’année civile de l’installation, l’assurance maladie se décide dans les trois mois, la confession se déclare à l’inscription domiciliaire, et la maison de Lyon doit être vendue avant le départ si elle doit l’être. Trois de ces quatre décisions se prennent avant le 1er juin.
Frontaliers alsaciens tentés par Kehl, à douze minutes du pont — non
Hypothèse : 41 et 39 ans, deux enfants de 6 et 10 ans, résidents de Strasbourg. Lui responsable méthodes à Kehl pour 78 000 € brut, elle chef de projet à Offenbourg pour 46 000 €. Les deux frontaliers, les deux affiliés en Allemagne. Résidence principale de 480 000 € grevée de 190 000 € de crédit, un T3 locatif à Schiltigheim, un portefeuille de 950 000 € reçu en succession en 2019 pour un prix de revient de 350 000 €.
L’argument entendu au club de sport — « de l’autre côté, tu ne paies plus l’impôt français » — est exact, et incomplet à un point qui inverse la conclusion. Le déménagement leur fait perdre le quotient familial français, qui compte leurs deux enfants en demi-parts, contre un quotient conjugal allemand qui s’arrête à deux parts : les enfants ouvrent en Allemagne une allocation ou un abattement, jamais une part. Sur un revenu imposable commun retenu à 96 000 €, l’impôt allemand ressort à 19 704 €, et l’impôt d’église à 1 576 € au taux de 8 % s’ils déclarent une confession. Et le camion de déménagement déclenche l’exit tax française : 600 000 € de plus-value latente, 76 800 € d’impôt sur le revenu et 111 600 € de prélèvements sociaux, soit une créance de 188 400 € mise en sursis de plein droit, sans garantie, avec dégrèvement d’office à deux ans. Ce n’est pas un impôt payé, c’est un impôt suspendu : deux ans sans vendre un portefeuille destiné à financer des études, ce n’est pas une contrainte théorique.
Dirigeant à Stuttgart depuis 2009, retour prévu en 2029
Hypothèse : 58 ans, 62 % d’une société d’ingénierie allemande valorisée 8 400 000 € pour un prix de revient de 1 100 000 €, 180 000 € de revenu imposable annuel. Il ne veut pas vendre : son associé reprendra la direction, il gardera ses parts et son siège au conseil. Son avocat français l’avait rassuré sur l’exit tax — la française, qui ne le concerne pas, puisqu’on ne sort pas de France, on y entre.
Celle qui le concerne est l’allemande, et personne ne lui en avait parlé. Le § 6 de l’Außensteuergesetz assimile à une cession à la valeur vénale la fin de l’assujettissement illimité, après sept ans sur douze : il est à seize. Gain latent de 7 300 000 €, dont 60 % soumis au barème par le régime des revenus partiels, soit 4 380 000 € ; par la méthode différentielle du commentaire administratif, l’impôt imputable à la sortie ressort à 1 968 065 € d’impôt sur le revenu et 108 244 € de supplément de solidarité. Deux millions soixante-seize mille euros sur une société qu’il ne vend pas. La question n’est plus « dois-je rentrer ? » mais « comment je le finance ? ». Le § 6 alinéa 4 ouvre un étalement de droit sur sept annuités de 296 616 €, mais il porte intérêt à 0,5 % par mois, pour la seule durée du sursis effectivement accordé, laquelle ne commence pas au départ mais un mois après la notification de l’avis : sur une fenêtre de 55 à 65 mois, 571 000 € à 675 000 € d’intérêts. Deux leviers trop peu connus : demander un sursis plus court que la durée maximale, et solliciter la remise des intérêts pour rigueur excessive.
Héritière lyonnaise d’un père décédé à Hambourg — l’écart annoncé est nul
Hypothèse : 46 ans, elle habite Lyon depuis vingt ans. Son père, français, s’était installé à Hambourg en 1998 ; il y est décédé en mars 2026, résident d’Allemagne, laissant 1 200 000 € de patrimoine mobilier et immobilier. Elle est enfant unique et n’occupe pas le logement familial. On lui a dit que la succession serait « beaucoup moins chère parce qu’elle est allemande ».
Sur le seul droit allemand, c’est vrai : l’abattement en ligne directe est de 400 000 € contre 100 000 € en France, et le barème de classe I plafonne à 30 %. L’impôt allemand ressort à 149 150 €, soit 12,43 % de l’actif, contre 292 678 € en droit français, soit 24,39 % — un écart de 143 528 €. Cet écart n’existe pas dans son dossier, parce qu’il suppose que l’héritier ne soit pas domicilié en France. L’article 11 § 1 c) de la convention du 12 octobre 2006 autorise expressément la France, nonobstant l’article 9, à imposer tous les biens reçus par un héritier domicilié en France, et le 3° de l’article 750 ter du code général des impôts s’applique dès que l’héritier l’a été plus de six des dix dernières années. Le crédit de l’article 784 A impute l’impôt allemand, il ne le transforme pas en économie : elle paie exactement l’impôt français, avec deux déclarations et deux procédures. Le résultat s’inverserait si elle n’était pas domiciliée en France — le cas d’un expatrié récemment rentré — ou si l’impôt allemand dépassait la quote-part française imputable, hypothèse réelle pour un héritier éloigné : le surplus serait alors définitivement perdu.
Chiffrages indicatifs établis au 9 août 2026 sur le droit alors en vigueur — code général des impôts et code de la sécurité sociale français, convention du 21 juillet 1959 et convention du 12 octobre 2006, Einkommensteuergesetz, Abgabenordnung, Außensteuergesetz, Investmentsteuergesetz, Erbschaftsteuergesetz, Sozialgesetzbuch et Sozialversicherungsrechengrößen-Verordnung 2026. Les résultats réels dépendent de votre statut, de la composition de vos actifs, du Land et de la commune de rattachement et des textes applicables au jour de l'opération. L'Allemagne réindexant ses seuils chaque 1er janvier, toute donnée allemande doit être revérifiée en janvier 2027. Une simulation personnalisée est établie lors du bilan patrimonial, pièces justificatives à l'appui. Le détail de ces calculs figure dans notre guide expatrié Allemagne, chapitre des douze dossiers chiffrés.
Pour qui l'Allemagne est
le mauvais choix
Cette page vend un accompagnement, et il serait plus rentable de ne pas écrire cette section. Nous l'écrivons parce que quatre situations conduisent à une réponse négative, qu'elles ne sont pas marginales, et qu'un lecteur qui reconnaît la sienne ici a économisé, en cinq minutes, une décision qui ne se défait pas — construite sur une phrase vraie ailleurs, ou vraie pour un autre statut que le sien.
Vous êtes une famille de quatre ou cinq personnes à revenu moyen
Le quotient conjugal allemand du § 32a alinéa 5 de l’EStG a l’avantage de ne pas être plafonné, à la différence du quotient familial français que l’article 197 du CGI plafonne expressément. Il a un défaut structurel : il s’arrête à deux parts. Les enfants n’ouvrent pas de parts en Allemagne, ils ouvrent une allocation ou un abattement. Pour une famille de quatre personnes à 124 000 € de revenus, le déménagement coûte de l’ordre de 10 000 € par an, et cela ne s’inverse qu’à des niveaux de revenu nettement supérieurs ou pour un célibataire. Le mécanisme fonctionne exactement à l’envers : le splitting rapporte quand un seul conjoint gagne — 11 591 € par an sur un couple à 96 000 € et 28 000 € — et ne rapporte rien quand les deux gagnent autant. Une famille qui déménage pour « payer moins d’impôt » se trompe presque toujours de mécanisme.
Vous êtes frontalier et vous voulez traverser pour habiter
L’argument est exact — de l’autre côté, on ne paie plus l’impôt français — et incomplet à un point qui inverse la conclusion. Le jour où le camion traverse le pont, l’article 167 bis du CGI se déclenche si les titres valent plus de 800 000 € : sur une plus-value latente de 600 000 €, la créance mise en sursis atteint 188 400 €, dégrevée d’office à deux ans, mais immobilisée pendant deux ans et assortie d’une déclaration annuelle dont le défaut est sanctionné. L’exonération de plus-value de la résidence principale française se ferme le même jour. Une seconde horloge se met en marche, celle des sept ans du § 6 AStG. Et l’impôt d’église apparaît, déclenché par un formulaire d’inscription domiciliaire. Le projet reste défendable s’il est de vie, mais dans cet ordre : vendre avant le transfert, arbitrer le portefeuille avant le départ, et refaire le calcul quand les enfants ne seront plus à charge.
Vous êtes jeune, célibataire, et le calcul du courtier vous convainc
L’économie annuelle est réelle. Elle s’achète contre une option qu’on ne rouvre pas. Un verrou à 55 ans dont le second étage, le § 6 alinéa 3b du SGB V, vise nommément le parcours du Français rentré puis reparti. Une provision de vieillissement transférable seulement à hauteur des garanties du tarif de base, et à condition que le contrat ait été conclu après le 1er janvier 2009. Une famille future dont les enfants sortiront de la couverture gratuite si le haut revenu est en privé. Et une question non tranchée sur les droits conservés en France, que nous ne publions pas sans confirmation écrite des organismes de liaison. La nuance honnête : pour quelqu’un dont le projet allemand est définitif, dont le conjoint aura sa propre couverture et qui gagnera durablement au-delà du seuil, l’arithmétique privée peut être gagnante. Cette démonstration doit être faite avant le troisième mois, et sur toutes les têtes du foyer futur.
Vous héritez d’un parent installé en Allemagne, et vous vivez en France
L’abattement allemand de 400 000 € en ligne directe est bien supérieur aux 100 000 € français, et le barème de classe I plafonne à 30 %. Sur une succession de 1 200 000 €, l’impôt allemand ressort à 149 150 €, soit 12,43 % de l’actif, contre 292 678 € en droit français. L’écart de 143 528 € n’existe pas dès lors que l’héritier est domicilié en France et l’a été plus de six des dix dernières années : l’article 11 § 1 c) de la convention du 12 octobre 2006 autorise expressément la France à imposer, et le crédit de l’article 784 A du CGI absorbe l’impôt allemand. L’héritier ne paie pas deux fois, mais il ne paie pas moins : il paie l’impôt français, avec deux déclarations et deux procédures. S’y ajoute un angle mort que le corpus ignore : la transmission à titre gratuit de titres à une personne non illimitément imposable en Allemagne est un fait générateur de l’exit tax allemande, et le crédit du § 21 de l’ErbStG n’impute pas un impôt sur le revenu sur un impôt successoral.
Et ce qui reste vrai, qu'il ne faut pas surcorriger.
Le frontalier cumule sans le savoir deux régimes favorables : son salaire allemand n'est imposable qu'en France, ses cotisations allemandes sont plafonnées là où les contributions françaises ne le sont pas, et ses revenus fonciers français ne supportent que 7,5 % de prélèvements sociaux au lieu de 17,2 %. Sur 14 400 € de loyers, cela fait 1 396,80 € par an, et ces 1 396,80 € n'ont probablement jamais été réclamés. Le cadre à haut salaire gagne réellement à partir en Allemagne : à 145 000 € de brut, le taux de cotisation salariale tombe à 12,37 % et le taux marginal devient nul au-delà du plafond, ce qu'aucun mécanisme français n'offre. La formule juste est celle-ci : l'Allemagne traite bien les hauts salaires, les couples à revenus déséquilibrés et les détentions immobilières longues ; elle traite mal les familles nombreuses à revenu moyen et les sorties non préparées. Les destinations vers lesquelles se tournent ceux à qui nous disons non sont examinées dans notre chapitre de comparaison avec la Suisse, le Luxembourg et la Belgique.
Avec ou sans Hagnéré Patrimoine ?
Sept points de bascule sur un dossier franco-allemand. Même patrimoine, même projet, même famille : seule la préparation change. Cinq de ces sept lignes se décident avant la signature du contrat de travail ou le transfert de domicile et ne se rattrapent plus après.
Ce que la colonne de droite change: un statut qualifié avant tout calcul, un décompte de jours tenu et documenté, un calendrier de quatre-vingt-dix jours écrit avant l'arrivée, une sortie d'Allemagne datée dès le premier jour, et une décision prise sur un chiffre, pas sur une brochure — y compris quand ce chiffre dit de rester.

Bilan patrimonial France-Allemagne
Bilan patrimonial d'1 h offert : statut, décompte de jours, urgences des premières semaines et professionnels nécessaires. Il ne constitue ni une consultation juridique ou fiscale ni une recommandation personnalisée.
Notre méthode
T-12 mois avant départ · T+24 mois avant retour
Un dossier franco-allemand a une particularité : ses échéances les plus courtes tombent après l'arrivée, deux semaines et trois mois après, sans qu'aucun courrier ne les rappelle. Statut, premières semaines, pilotage annuel des deux seuils, sortie d'Allemagne : voici les 5 jalons que nous activons avec vous.
Avant de signer — Frontalier, expatrié ou couple à cheval
La première question n’est pas fiscale, elle est géographique et conventionnelle. Le salarié qui a son foyer d’habitation permanent dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin ou la Moselle, travaille dans une commune allemande située à trente kilomètres au plus de la frontière et rentre normalement chez lui reste résident fiscal français : son salaire n’est imposable qu’en France par l’article 13 (5) de la convention du 21 juillet 1959. Ce résultat n’est pas une faveur du droit allemand — sans la convention, quatre textes l’attraperaient, du § 1 alinéa 4 de l’EStG au SolzG — et il est conditionnel. L’asymétrie de la zone se lit dans le texte : la lettre b) retient les communes situées à vingt kilomètres au plus, la lettre c) ouvre aux résidents des trois départements la zone allemande de trente kilomètres sans poser aucune condition de distance côté domicile. Aucun autre département n’est visé : un résident de Longwy employé en Allemagne n’est pas frontalier, quelle que soit sa proximité d’une frontière. L’expatrié qui transfère son domicile relève d’un autre corps de règles, et le jour où il franchit ce pas, l’exit tax française le vise.
Les deux premières semaines — Déclaration domiciliaire et impôt d’église
La déclaration domiciliaire se fait normalement dans les deux semaines suivant l’emménagement, et l’une de ses rubriques demande la religion. Ce que le corpus francophone présente comme une case facultative commande un impôt obligatoire, prélevé par l’administration fiscale de l’État. Le fait générateur est l’appartenance juridique à une communauté habilitée, combinée à un rattachement territorial : la rubrique ne crée pas la dette, elle la révèle, et le contribuable est tenu de renseigner l’administration sur les faits dont dépend la constatation de son appartenance. La seule sortie est un Kirchenaustritt formel, personnel, sans effet rétroactif. Le taux n’est pas « 8 ou 9 % de vos revenus » : le jeu de données transmis aux payeurs porte un taux à un chiffre, appliqué à un impôt sur le revenu recalculé selon le § 51a alinéa 2 de l’EStG et majoré des montants exonérés par le § 3 n° 40 — réintégration massive sur un gain de cession de titres. Procurez-vous le Kirchensteuerbeschluss en vigueur de votre Land et de votre confession, ou lisez le taux sur votre première fiche de paie, qui le porte en clair.
Les trois premiers mois — Une porte d’assurance maladie qui se referme
Le salarié dont la rémunération annuelle régulière dépasse 77 400 € pour 2026 est versicherungsfrei dès son premier jour. Il n’a rien à quitter : sa question n’est pas « dois-je sortir ? » mais « puis-je entrer ? ». Le § 9 alinéa 1 n° 3 du SGB V le lui permet, et le § 9 alinéa 2 n° 3 lui laisse trois mois à compter de la prise d’emploi pour le déclarer à une caisse. Passé ce délai, l’assurance privée devient son seul régime possible tant qu’il reste au-dessus du seuil, et le verrou des 55 ans se refermera ensuite, à deux étages. La couverture familiale n’est pas inconditionnelle non plus : le § 10 alinéa 3 exclut les enfants lorsque le parent non affilié à une caisse gagne à la fois plus de 6 450 € par mois et plus que le parent affilié. Dans un couple où le haut revenu bascule vers le privé, les enfants suivent le régime privé. Nous exposons la mécanique, les délais et les effets sur les droits conservés en France ; l’effet du passage au privé sur les prestations en nature de la famille restée en France n’est pas tranché par nos sources et se fait confirmer auprès des organismes de liaison avant toute décision.
Pendant la mobilité — Deux seuils de télétravail, et pilotage des deux côtés
En matière fiscale, il n’existe aucun quota franco-allemand de télétravail : il existe un contingent unique de 45 jours ouvrés, tous motifs confondus, ou de 20 % des jours selon le rythme de travail. Quatre pièges de décompte : une mission de plusieurs jours consomme le quota même à l’intérieur de la zone frontalière, seule l’activité pour un employeur allemand compte, le jour d’aller n’est neutralisé que si le salarié a travaillé dans la zone de l’État d’activité, et la journée complète de télétravail se traite comme une journée hors zone tant que le Finanzamt ne l’a pas validée. Le dépassement fait perdre le régime pour l’année civile entière, et la France élimine alors la double imposition par un crédit égal au montant de l’impôt français, non de l’impôt allemand. En matière sociale, le seuil est ailleurs et il suppose une demande : moins de 50 % du temps de travail, par l’accord-cadre européen applicable depuis le 1er juillet 2023, avec un formulaire A1. Le patrimoine resté en France se pilote pendant ce temps : impôt sur la fortune immobilière, prélèvements sociaux dont le taux dépend de l’affiliation appréciée au 31 décembre, plan d’épargne en actions, compte-titres, assurance-vie et plan d’épargne retraite. Chaque rachat, arbitrage ou cession se prépare avant l’ordre.
T+24 mois avant retour — Sortie propre d’Allemagne, puis régimes français
Le retour se prépare avant le déménagement, parce que l’Allemagne taxe le départ. Le § 6 de l’Außensteuergesetz traite la fin de l’assujettissement illimité comme une cession fictive des parts de société à leur valeur du jour, après sept années d’assujettissement illimité au cours des douze précédentes, sur une participation d’au moins 1 % sans distinguer selon la résidence de la société. Depuis les fins d’assujettissement postérieures au 31 décembre 2024, il atteint aussi les parts de fonds, à 1 % des parts émises ou 500 000 € de prix d’acquisition. Le sursis est de sept annuités, de droit depuis 2022, mais il porte intérêt à 0,5 % par mois. Le régime de retour n’efface l’impôt qu’à trois conditions cumulatives, et le délai de sept ans est prorogeable de cinq ans au plus sur demande : le conseil n’est donc pas « rentrez dans les sept ans », c’est « déposez une demande avant l’échéance ». Pour un départ antérieur au 1er janvier 2022, la première question est celle du régime transitoire du § 21 alinéa 3 phrase 1, modifié en décembre 2025. Côté français, si une exit tax de l’article 167 bis est en suivi, le retour du domicile fiscal en France ouvre le dégrèvement.
Pour approfondir
Pourquoi nous faire confiance pour votre patrimoine entre la France et l'Allemagne ?
Notre engagement : qualifier votre statut avant de chiffrer, dater chaque seuil allemand, et vous dire quand la réponse est non — avec une méthode écrite, une coordination métier par métier des professionnels habilités sur place et une transparence totale sur les frais.
Allemagne, Suisse, Luxembourg, Belgique
ou rester en France
Un avertissement de méthode avant tout le reste, parce qu'il commande la forme de cette section. Notre dossier documentaire porte sur l'Allemagne : il a été construit fait par fait sur les textes allemands, français et conventionnels, et contre-vérifié deux fois. Sur la Suisse, le Luxembourg et la Belgique, il n'établit que ce qu'il a fallu établir pour dire ce que l'Allemagne n'est pas — et c'est déjà considérable, parce que la plupart des erreurs commises sur le dossier allemand sont des chiffres suisses, luxembourgeois ou belges transposés par contagion. Un tableau à quatre colonnes dont trois seraient devinées serait plus agréable à lire et beaucoup plus dangereux à utiliser.
La Suisse
Sur un point précis, le dossier suisse est mieux écrit que le dossier allemand, et il faut l’écrire même si cela dessert cette page. La direction générale des Finances publiques publie une doctrine de télétravail frontalier pour la Suisse — deux accords amiables du 22 décembre 2022, l’un dans le cadre de l’accord frontalier du 11 avril 1983, l’autre dans celui de la convention du 9 septembre 1966 — et n’en publie pas pour l’Allemagne. Le seuil de 40 % qui circule est suisse, issu d’un avenant entré en vigueur le 24 juillet 2025 et applicable depuis le 1er janvier 2026 ; il ne se transpose en aucun cas. Une seconde différence est structurelle : l’article L. 380-3-1 du code de la sécurité sociale organise un droit d’option de couverture maladie pour les frontaliers soumis à la législation suisse. Ce texte vise la Suisse et ne mentionne pas l’Allemagne. Ne raisonnez jamais par analogie : ce sont deux architectures différentes. Nous ne chiffrons pas la branche suisse, et nous ne prétendons pas qu’il n’existe pas d’équivalent suisse au § 6 AStG : nous disons que la question n’a pas été instruite.
Le Luxembourg et la Belgique
Le seuil de 34 jours appartient aux dispositifs France-Luxembourg et France-Belgique. Il ne s’applique pas à l’Allemagne, et notre dossier ne dit pas ce qu’il mesure exactement dans chacun des deux : la seule chose qu’il établit avec certitude est qu’il n’est pas transposable. Un point mérite en revanche d’être posé, parce qu’il décide de dossiers entiers avant tout arbitrage fiscal : le régime frontalier franco-allemand n’est ouvert qu’aux résidents du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle. La Meurthe-et-Moselle, la Meuse et les Ardennes, qui bordent la Belgique et le Luxembourg, n’y ont pas accès. Un habitant de Sarreguemines a un accès de plein droit au régime allemand et devra examiner très précisément ce que lui offrent, ou non, les dispositifs luxembourgeois et belges avant de les considérer comme équivalents. Un habitant de Longwy, lui, n’a pas ce choix : son arbitrage est déjà fait par son adresse.
Le poste qui ne départage rien : 9,7 points
Le poste le plus lourd du dossier patrimonial d’un frontalier n’est pas son impôt sur le revenu, ce sont les prélèvements sociaux sur ses revenus fonciers et ses plus-values immobilières françaises. Et sur ce poste, le choix du pays d’emploi ne change rien, parce que le critère n’est ni la résidence ni la nationalité du régime : c’est l’affiliation. Le I ter des articles L. 136-6 et L. 136-7 du code de la sécurité sociale ramène la charge à 7,5 % pour l’affilié à un régime d’un autre État qui n’est pas à la charge d’un régime obligatoire français — 9,7 points d’écart sur les loyers et les plus-values immobilières, 11,1 points sur les dividendes, les intérêts et les plus-values mobilières. Allemagne, Suisse, Luxembourg, Belgique : les quatre sont dans le champ, et l’écart est identique. La seconde condition tombe en revanche dès qu’une pension française rend la France compétente pour l’assurance maladie, et l’affiliation s’apprécie au 31 décembre : un frontalier qui rentre le 15 novembre perd l’exonération sur l’année entière.
Rester en France
C’est l’hypothèse que les comparateurs omettent, et c’est celle qui gagne dans plusieurs de nos dossiers. Le frontalier qui reste résident de France cumule sans le savoir deux régimes favorables : son salaire allemand n’est imposable qu’en France, ses cotisations allemandes sont plafonnées là où les contributions françaises ne le sont pas, et ses revenus du patrimoine français relèvent de 7,5 % au lieu de 17,2 % ou 18,6 %. Il n’a ni exit tax à liquider, ni impôt d’église, ni décision d’assurance maladie irréversible à prendre sur le fil de trois mois, ni compteur de sept ans qui court. Déplacer sa résidence, c’est renoncer à tout cela d’un coup, et pour une famille de quatre personnes à 124 000 € de revenus, l’écart est de l’ordre de 10 000 € par an contre le déménagement. Nous chiffrons donc systématiquement le scénario « ne rien changer » à côté des autres, et il arrive qu’il l’emporte.
Un cabinet qui comparerait deux pays dont il ne maîtrise qu'un rendrait un mauvais service. Nous chiffrons la branche allemande, nous refusons de chiffrer les autres, et nous formulons les questions à poser à un conseil établi sur place.
Six questions, pour une offre suisse : quel est le régime d'imposition applicable dans le canton visé, et la charge totale, fédérale, cantonale et communale, sur une rémunération équivalente ? Quelles sont les cotisations obligatoires, leurs plafonds et la charge de prévoyance professionnelle ? Quel est le coût réel de l'assurance maladie, qui n'est pas assise sur le revenu et n'est pas partagée avec l'employeur ? Existe-t-il un dispositif d'imposition à la sortie comparable au § 6 AStG, et quelles en sont les conditions de durée ? Quel serait le sort du portefeuille au regard de l'article 167 bis du CGI le jour du départ, sachant que c'est la valeur au jour du transfert qui compte et non celle d'aujourd'hui ? Et l'exonération de contribution sociale généralisée du I ter jouerait-elle pour un affilié de cet État ?
Un dernier point pèse plus lourd que tous les autres et n'apparaît dans aucun comparateur de salaires : celui qui s'installe en Allemagne et y reste entre, au bout de sept années sur douze, dans le champ de l'exit tax du § 6 AStG. Un portefeuille de 210 000 € n'est pas concerné aujourd'hui ; à cinquante ans, avec des parts de fonds dont le prix d'acquisition atteint 500 000 € ou une participation de 1 % dans la société qui l'emploie, le retour en France devient un fait générateur d'imposition allemande. Le chapitre de comparaison du guide traite les quatre scénarios, avec leurs réserves de source.
L'Allemagne taxe le départ, y compris pour rentrer en France
C'est le piège le moins connu du dossier, et il arrive tard, quand plus rien ne se rattrape. Le § 6 de l'Außensteuergesetz traite la fin de l'assujettissement illimité comme une cession fictive des parts de société à leur valeur du jour, et impose la plus-value latente sans cession et sans trésorerie encaissée. Sept années d'assujettissement illimité au cours des douze précédentes, et non dix. Une participation d'au moins 1 %, et le § 17 de l'EStG ne distingue pas selon la résidence de la société : une SAS ou une SARL française détenue à plus de 1 % par un résident d'Allemagne est dans le champ.
- Trois faits générateurs, et le corpus n’en cite qu’un : la fin de l’assujettissement illimité, la transmission à titre gratuit à une personne non illimitément imposable, et l’exclusion ou la limitation du droit d’imposer allemand
- Le retour dans les sept ans ne suffit pas : le § 6 alinéa 3 pose trois conditions cumulatives, dont des distributions et remboursements d’apports n’excédant pas le quart de la valeur retenue au départ
- Le délai de sept ans est prorogeable de cinq ans au plus, sur demande, si l’intention de retour subsiste — le conseil n’est pas « rentrez dans les sept ans », c’est « déposez une demande avant l’échéance »
- Pour un départ antérieur au 1er janvier 2022, la première question est celle du régime transitoire du § 21 alinéa 3 phrase 1, lui-même réécrit en décembre 2025 avec effet au 1er juillet 2021
- Côté français, le retour du domicile fiscal en France ouvre le dégrèvement de l’exit tax de l’article 167 bis, et le délai de deux ou cinq ans ne régit que les départs postérieurs au 31 décembre 2018
- L’article 155 B du CGI ne récompense pas le fait d’avoir vécu à l’étranger : il vise les personnes appelées ou recrutées de l’étranger pour occuper un emploi dans une entreprise établie en France

Une donation ou un décès déclenchent la même imposition de sortie
Le § 6 alinéa 1 phrase 1 n° 2 de l'Außensteuergesetz assimile à une cession à la valeur vénale « die unentgeltliche Übertragung auf eine nicht unbeschränkt steuerpflichtige Person » : la transmission à titre gratuit à une personne qui n'est pas illimitément imposable en Allemagne. Un parent résident d'Allemagne qui donne ou lègue à un enfant résident de France des titres relevant du § 17 de l'EStG déclenche donc, en plus des droits de succession, un impôt sur le revenu allemand sur la plus-value latente. Sur une participation de 35 % dans une société portant 900 000 € de plus-value latente, la charge différentielle ressort à 247 604 €, soit 27,5 % du gain latent. Et le crédit du § 21 de l'Erbschaftsteuergesetz ne l'efface pas : il impute un impôt successoral étranger sur un impôt successoral allemand, pas un impôt sur le revenu.
Le même piège vaut désormais pour les parts de fonds. Depuis les fins d'assujettissement illimité postérieures au 31 décembre 2024, le § 19 alinéa 3 de l'Investmentsteuergesetz étend la même logique aux portefeuilles d'organismes de placement collectif détenus en patrimoine privé, dès lors que l'investisseur a détenu au moins 1 % des parts émises au cours des cinq dernières années ou que le prix d'acquisition des parts atteint 500 000 €. Réserve que nous portons telle quelle, et elle joue dans les deux sens : le texte se lit fonds par fonds, aucune règle d'agrégation n'existe, et le formulaire publié par le ministère fédéral des Finances le 12 décembre 2025 ne mentionne ni le seuil de 500 000 € ni celui de 1 %. Un portefeuille composé de plusieurs lignes inférieures à 500 000 € chacune pourrait, ou non, être apprécié globalement : le point n'est pas tranché. Dernier point, pour l'héritier qui revend : le § 23 alinéa 1 phrase 3 de l'EStG lui impute l'acquisition faite par son auteur. Un immeuble acheté par le défunt en 2009 et revendu en 2027 est hors du champ allemand du délai de dix ans ; un immeuble acheté en 2021 ne l'est pas.
Votre référent France-Allemagne
Clément Chatelain
Directeur Groupe Hagnéré Patrimoine
"Sur un dossier allemand, la première question n'est pas le montant de vos revenus : c'est l'adresse où vous dormez. Deux clients qui ont le même employeur, le même salaire et le même trajet, mais qui habitent de part et d'autre du Rhin, ne relèvent pas du même droit — et les décisions les plus lourdes de leur dossier se prennent dans les trois premiers mois, sur des formulaires qu'on leur présente comme des formalités. Quand nous reprenons le calcul en partant de là, la conclusion change souvent, et dans une part réelle des dossiers elle devient un conseil de ne pas bouger. Nous le disons avant la signature, pas après."
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Pédagogie · 19 termesGlossaire des termes utilisés sur cette page
Glossaire des termes utilisés sur cette page
Questions fréquentes — France-Allemagne.
Les questions que nous entendons le plus souvent, avec des réponses qui n'évitent ni les mauvaises nouvelles ni les points que le droit allemand ne tranche pas. Pour aller plus loin, notre guide expatrié Allemagne traite le sujet en 34 chapitres.
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- Non. La liberté de circulation européenne dispense le citoyen français de visa comme de titre de séjour : il peut résider en Allemagne, y être salarié ou y exercer une activité indépendante sans autorisation préalable. Les obligations qui pèsent sur lui sont déclaratives, et trois d’entre elles enferment un délai. La première est l’Anmeldung, la déclaration de domicile auprès du bureau de la population, due dans les deux semaines de l’emménagement (§ 17 al. 1 du Bundesmeldegesetz). Elle déclenche l’attribution d’office du numéro fiscal personnel au titre du § 139b de l’Abgabenordnung, sans lequel votre employeur ne peut pas appeler vos caractéristiques de retenue à la source. Elle comporte aussi une rubrique de confession religieuse : ce n’est pas une formalité d’état civil, c’est le déclencheur visible d’un impôt que nous traitons plus bas. La deuxième est la couverture maladie, qui conditionne l’embauche et qui, pour une rémunération annuelle régulière supérieure à 77 400 € en 2026, enferme une décision irréversible dans un délai de trois mois. La troisième, pour une personne économiquement inactive séjournant plus de trois mois, tient à la justification de ressources suffisantes et d’une assurance maladie complète. Ce que la liberté de circulation ne règle pas : ni votre résidence fiscale, ni votre affiliation sociale, ni le sort de vos actifs français. Et elle ne dit rien de la distinction qui structure tout ce guide. Un frontalier qui réside en France et travaille en Allemagne n’y établit pas de domicile, donc n’y fait pas d’Anmeldung, donc échappe à l’impôt d’église, qui suppose un rattachement territorial au Land. En revanche, ce qui l’écarte du barème allemand et des classes d’imposition n’est pas le droit interne allemand — plusieurs de ses dispositions l’atteindraient — mais l’article 13 (5) de la convention du 21 juillet 1959, à ses conditions et pour la seule durée où elles sont réunies. Le jour où il déménage outre-Rhin, les trois s’appliquent.
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Un point de départ ciblé pour aller plus vite. Chaque profil ouvre un échange préparé sur les sujets qui vous concernent en priorité.
Dossier Allemagne · 14 pages
Les guides Allemagne
Convention franco-allemande, régime frontalier, impôt d’église, les deux exit tax et la succession franco-allemande : chaque question a sa page, sourcée et datée.
- La convention franco-allemande et l'année du changement de statut
- Résidence fiscale et assurance maladie
- L'impôt allemand, l'impôt d'église et les revenus du capital
- Régime frontalier et imposition du salaire
- Indépendants et sociétés
- Immobilier : acheter en Allemagne, garder en France
- Patrimoine resté en France et enveloppes
- Couple mixte, famille et protection sociale
- Les deux exit tax : la française au départ, l'allemande au retour
- Le risque fiscal français et la succession franco-allemande
- Comptes, déclarations et quotidien
- Cas pratiques et erreurs à éviter
- Allemagne, Suisse, Luxembourg, Belgique : comparaison, retour et sources
Travaillez-vous en Allemagne, ou vous y installez-vous bientôt ?
Hagnéré Patrimoine est votre cabinet pour la gestion de patrimoine des frontaliers et des expatriés français en Allemagne : nous partons de la distinction qui commande tout le dossier — le frontalier vit en France, y reste résident fiscal et n'est concerné ni par la retenue de l'article 182 A, ni par le taux minimum de l'article 197 A, ni par le régime des plus-values immobilières des non-résidents ; l'expatrié l'est par les trois —, puis nous instruisons les trois décisions que personne ne présente comme définitives : l'appartenance religieuse déclarée à l'inscription domiciliaire, qui révèle un impôt d'église et non une option, le choix entre régime public et assurance privée qui se referme au terme de trois mois, et l'exit tax allemande du § 6 de l'Außensteuergesetz, qui frappe au moment où l'on quitte l'Allemagne, y compris pour rentrer en France. Le cabinet n'a ni bureau ni agrément en Allemagne et n'est pas habilité à délivrer un avis de droit allemand : nous accompagnons depuis la France et coordonnons avocats fiscalistes franco-allemands, Steuerberater, Notare, agents immobiliers et conseils en protection sociale internationale sur place. Un bilan patrimonial d'1 h est offert, sans engagement. Il ne constitue ni une consultation juridique ou fiscale ni une recommandation personnalisée.
Cabinet basé à Chambéry · 7 Rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry · RDV en visio (Paris / Strasbourg / Berlin) · WhatsApp disponible · +33 3 74 47 20 18 · backoffice@hagnere-patrimoine.fr
Revue éditoriale et patrimoniale par Quentin Hagnéré.
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Cette page fait partie du hub Gestion de patrimoine internationale de Hagnéré Patrimoine. Découvrez aussi nos accompagnements pour les frontaliers et expatriés en Suisse, au Luxembourg, en Belgique, aux Pays-Bas et en Espagne.
Hagnéré Patrimoine est cabinet de conseil en gestion de patrimoine immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 pour les statuts CIF, COA et COBSP. Sa carte professionnelle de transaction immobilière, dite Carte T n° CPI 7301 2024 000 000 014, est délivrée par la CCI de Chambéry. Conformément à nos statuts, nous n'exerçons pas la profession d'avocat au sens de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971.
Certaines prestations citées sur cette page comportent une dimension juridique ou fiscale spécialisée — audit de résidence fiscale et de la chronologie Wohnsitz / gewöhnlicher Aufenthalt, qualification conventionnelle des rémunérations et jours de télétravail, analyse GKV / PKV avec le professionnel social ou assurantiel compétent, traitement allemand des PEA, PER, assurances-vie et comptes français, analyse d'une GmbH / UG ou d'une société française dirigée depuis l'Allemagne, suivi des exit taxes française et allemande, coordination civile et fiscale d'une donation ou succession franco-allemande. Lorsqu’elles sont nécessaires, ces prestations doivent être confiées à des professionnels externes effectivement habilités, notamment avocats fiscalistes français et allemands, Steuerberater, notaires et experts-comptables externes habilités, sélectionnés selon le dossier, chacun dans son périmètre réglementé et selon une lettre de mission distincte lorsque nécessaire. Selon le dossier et avec l’accord du client, Hagnéré Patrimoine peut aider à les identifier et à coordonner les échanges ; chaque professionnel intervient sous sa propre responsabilité et sa propre lettre de mission. Le cabinet reste dans les limites territoriales et matérielles de ses statuts et habilitations.
Le contenu de la présente page a une visée informative et pédagogique et ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une consultation juridique au sens de l'article 54 de la loi du 31 décembre 1971. Les règles fiscales relatives à la convention fiscale France-Allemagne du 21 juillet 1959, modifiée par avenants et par la convention multilatérale, convention franco-allemande du 12 octobre 2006 sur les successions et donations, règlement (UE) 650/2012 et règlements européens de coordination sociale 883/2004 et 987/2009 dépendent de votre résidence effective, de la nature de vos revenus, de votre nationalité et de votre situation familiale. Pour une stratégie adaptée à votre situation personnelle, faites valider votre dossier par les professionnels habilités compétents.
Veille réglementaire — Assurance-vie luxembourgeoise (LC CAA 26/1 et 26/2) : le Commissariat aux Assurances du Luxembourg a publié, le 1er février 2026, la Lettre Circulaire 26/1 relative aux règles d’investissement des produits d’assurance-vie liés à des fonds d’investissement. La classification N/A/B/C/D concerne les preneurs et conditionne l’accès à certaines architectures ; elle ne constitue pas une liste de cinq véhicules. La Lettre Circulaire 26/2, publiée le même jour, modifie séparément les règles de dépôt des actifs représentatifs. Pour un contrat existant, un nouveau versement, un avenant ou un dépositaire hors EEE, l’assureur et les professionnels habilités doivent confirmer le cadre applicable, l’éligibilité des supports, les risques, les frais et les règles de commercialisation transfrontalière.
Points de vigilance spécifiques Allemagne : (i) l'Anmeldung est une formalité municipale et un élément de preuve, mais elle ne tranche pas seule la résidence fiscale : un logement durablement disponible (Wohnsitz, § 8 AO) ou un séjour habituel (gewöhnlicher Aufenthalt, § 9 AO) peut déclencher l'assujettissement illimité allemand ; en cas de double résidence, les critères de la convention doivent être appliqués dans leur ordre ; (ii) un PEA, un PER, un Livret A ou une assurance-vie conservé en France ne reprend pas automatiquement son exonération française en Allemagne : qualification, revenus, arbitrages et retraits doivent être examinés par un Steuerberater avant l'opération ; (iii) l'Allemagne étant membre de l'UE, le départ de France peut ouvrir le sursis de paiement de l'exit tax prévu à l'article 167 bis CGI, sans supprimer les déclarations de départ et de suivi ; un départ ultérieur d'Allemagne peut parallèlement relever du § 6 AStG, notamment pour certaines participations significatives et durées d'assujettissement — les deux dossiers ne s'annulent pas ; (iv) piloter une SAS française depuis Berlin, Munich ou Francfort peut soulever des questions de direction effective, d'établissement stable, de paie, de TVA et de sécurité sociale ; créer une GmbH ou une UG ne neutralise pas ces risques et la Gewerbesteuer varie selon la commune ; (v) le choix GKV / PKV dépend notamment du statut professionnel, de l'éligibilité, de l'âge et de la situation familiale : il ne doit pas être présenté comme un simple produit patrimonial ; (vi) la convention du 12 octobre 2006 répartit la fiscalité des successions et donations, tandis que le règlement (UE) 650/2012 détermine la loi civile applicable : testament, régime matrimonial, bénéficiaires, actifs et crédits d'impôt doivent être coordonnés séparément ; l'article 990 I CGI et le traitement allemand d'une assurance-vie doivent être validés contrat par contrat, sans promettre une neutralisation automatique.

