Structurez votre assurance-vie luxembourgeoise avec un expert
Triangle de sécurité, fonds dédiés, fiscalité internationale, architecture ouverte : nous vous aidons à choisir le bon cadre luxembourgeois selon votre patrimoine et votre mobilité.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise
Quentin Hagnéré accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.
Sommaire
- 1. Le démembrement de clause en 3 temps
- 2. Pourquoi démembrer : conjoint ET enfants
- 3. Le quasi-usufruit : le conjoint dispose du capital
- 4. Créance de restitution & article 774 bis
- 5. Répartition de l'abattement : barème 669 et logique inversée
- 6. La clause à tiroir : ne pas gaspiller l'abattement
- 7. Les spécificités du contrat luxembourgeois
- 8. Rédiger et sécuriser la convention
- 9. Gros contrats : l'architecture chiffrée
- 10. Les 7 erreurs à éviter
- FAQ — 8 questions fréquentes
Vous voulez protéger votre conjoint sans déshériter vos enfants. C'est l'un des objectifs les plus fréquents en rendez-vous — et le démembrement de la clause bénéficiairerépond aux deux : il permet de transmettre deux fois le même capital. L'usufruit au conjoint d'abord, la nue-propriété aux enfants ensuite, sans seconde taxation au décès du conjoint. Sur notre cas chiffré à 800 000 €, l'écart se mesure : environ 57 000 € d'économie face à une clause classique au seul conjoint.
C'est d'autant plus utile que le conjoint survivant vit longtemps : à 60 ans, l'espérance de vie dépasse 27 ans pour une femme(INSEE). Le quasi-usufruit du conjoint s'inscrit donc souvent sur vingt ans ou plus. Mais le montage est exigeant : mal rédigé, il gaspille un abattement, et depuis la loi de finances 2024, beaucoup ont cru — à tort — que l'article 774 bis l'avait condamné.
Dans ce guide, je démonte le démembrement de clause appliqué au contrat luxembourgeois : le quasi-usufruit et la créance de restitution, la grande exception de l'article 774 bispour l'assurance vie, la répartition de l'abattement (barème 669), la clause à tiroir chiffrée, et les spécificités lux (super-privilège, FID, multidevise). Je suis Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine, CIF ORIAS 14004526, dirigeant du cabinet Hagnéré Patrimoine.
À retenir en 30 secondes
- Démembrer = usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants. Sur une somme d'argent, le conjoint exerce un quasi-usufruit (il dispose du capital) ; les enfants détiennent une créance de restitution.
- L'article 774 bis ne s'applique PASà l'assurance vie démembrée (BOFiP du 26/09/2024) : la créance reste déductible de la succession du conjoint.
- Répartition de l'abattement selon le barème 669 : sous le 990 I, la part du conjoint exonéré est perdue (parade : la clause à tiroir) ; sous le 757 B, elle est concentrée sur les enfants.
- Sur un contrat luxembourgeois, le montage est identique au contrat français, avec en plus le super-privilège, les FID/FAS et la multidevise.
Avertissement
Le démembrement de clause en 3 temps
Le principe est simple, même si le vocabulaire impressionne. On sépare la propriété du capital décès en deux droits, attribués à deux bénéficiaires différents.
Définition courte — la clause démembrée
Démembrer la clause bénéficiaire, c'est désigner un bénéficiaire en usufruit (le plus souvent le conjoint) et un ou plusieurs en nue-propriété (les enfants). Au décès, le conjoint reçoit l'usage du capital sous forme de quasi-usufruit ; les enfants recueilleront le capital au décès du conjoint, sans nouvelle taxation, grâce à leur créance de restitution.
Concrètement, trois temps se succèdent : (1) à votre décès, le capital décès est versé au conjoint usufruitier ; (2) le conjoint en dispose librement sa vie durant (quasi-usufruit) ; (3) à son décès, les enfants récupèrent leur dû via la créance de restitution, déduite de sa succession. Un seul capital, deux générations protégées, une seule taxation.
Reste à comprendre pourquoi ce montage séduit autant les couples — et où se cache le piège.
Démembrer la clause : comment protéger le conjoint sans déshériter les enfants ?
Sans démembrement, il faut souvent choisir : protéger le conjoint outransmettre aux enfants. Le démembrement réconcilie les deux objectifs — un mécanisme commun à l'assurance vie française, dont nous détaillons les bases dans notre guide démembrement de clause (droit commun).
Si vous désignez votre conjoint seul bénéficiaire, il ne paie rien (exonération TEPA) — mais au second décès, le capital grossit sa succession et sera taxé aux droits classiques. Si vous désignez vos enfants seuls, le conjoint n'est pas protégé. Le démembrement offre le meilleur des deux mondes : le conjoint vit du capital, les enfants en héritent ensuite, et le tout n'est taxé qu'une seule fois. La rédaction de la clause bénéficiaire est le levier de tout le montage — la pièce que nous rédigeons avec vous chez Hagnéré Patrimoine.
Le cœur du dispositif, c'est ce que devient le capital entre les mains du conjoint : le quasi-usufruit.
Le quasi-usufruit : le conjoint peut-il dépenser le capital ?
Un capital d'assurance vie, c'est de l'argent — un bien consomptible. On ne peut pas en jouir sans le dépenser. C'est pourquoi l'usufruit d'une somme d'argent prend une forme particulière : le quasi-usufruit (article 587 du Code civil).
Le conjoint quasi-usufruitier peut donc utiliser librement le capitalreçu : le dépenser, le réinvestir, le placer. En contrepartie, il naît au profit des enfants nus-propriétaires une créance de restitutiond'un montant égal à la valeur de leur part, qui sera réglée sur sa succession.
Concrètement, le conjoint n'est pas un simple gardien du capital : il en est maître. C'est ce qui en fait un outil de protection très concret pour le survivant — à condition de sécuriser la fameuse créance, car c'est elle qui protège les enfants et, depuis 2024, cristallise toutes les inquiétudes. Le détail : notre guide sur le quasi-usufruit.
L'article 774 bis menace-t-il le démembrement d'assurance vie ?
C'est laquestion qui a affolé les épargnants depuis 2024. La loi de finances a créé l'article 774 bis du CGI, qui prive de déductibilitécertaines dettes de restitution de quasi-usufruit. Beaucoup en ont conclu que le démembrement de clause d'assurance vie était mort. C'est faux.
L'article 774 bis vise le quasi-usufruit que le défunt s'était réservé, typiquement en donnant la nue-propriété d'une somme tout en conservant l'usufruit. Or, dans l'assurance vie, le quasi-usufruit naît du dénouement du contrat au profit du bénéficiaire — une stipulation pour autrui(article L. 132-12 du Code des assurances). Le défunt ne se réserve rien : le mécanisme est donc hors du champde l'article 774 bis.
Ce que beaucoup affirment à tort
On lit encore que « le 774 bis interdit la déduction de la créance » pour ces montages. C'est inexact pour l'assurance vie. Le BOFiP du 26 septembre 2024 (BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20) confirme noir sur blanc que le quasi-usufruit issu d'une clause bénéficiaire démembrée d'assurance vie n'entre pasdans le champ de la non-déductibilité : la créance de restitution reste déductiblede la succession de l'usufruitier.
Cas pratique — le second décès de Catherine
Reprenons le couple que nous suivrons tout au long de ce guide, dans l'hypothèse d'un démembrement intégral. Au décès de Vincent, Catherine a reçu en quasi-usufruit le capital ; les deux enfants détiennent une créance de restitution de 480 000 €(la valeur de leur nue-propriété ; elle serait de 297 000 € dans la variante « clause à tiroir » vue plus loin). Au décès de Catherine, cette créance est déduite de sa succession : les enfants récupèrent leur dû sans seconde taxation. Si le 774 bis s'appliquait (créance non déductible), ils subiraient des droits estimés à environ 52 000 €de plus. La Cour de cassation a d'ailleurs jugé que le remploi du capital en assurance vie au profit du nu-propriétaire n'éteint pas cette créance (Cass. com. 11 octobre 2023, n° 21-12.732) : l'exception de l'assurance vie n'a donc rien d'anecdotique.
Pour que cette déduction tienne, encore faut-il avoir bien réparti l'abattement au premier décès. C'est là que les articles 990 I et 757 B divergent radicalement.
Répartition de l'abattement : barème 669 et logique inversée
En présence d'une clause démembrée, usufruitier et nu-propriétaire sont réputés bénéficiaires au prorata de leurs droits, déterminés par le barème de l'article 669 du CGI— fonction de l'âge de l'usufruitier.
| Âge de l'usufruitier | Valeur de l'usufruit | Valeur de la nue-propriété |
|---|---|---|
| 51 à 60 ans | 50 % | 50 % |
| 61 à 70 ans | 40 % | 60 % |
| 71 à 80 ans | 30 % | 70 % |
| 81 à 90 ans | 20 % | 80 % |
| 91 ans et plus | 10 % | 90 % |
En pratique, plus l'usufruitier est âgé, plus la part de nue-propriété (donc des enfants) est élevée. Mais c'est sur la répartition de l'abattementque tout se joue — et là, 990 I et 757 B fonctionnent à l'exact opposé.
| Article 990 I (avant 70 ans) | Article 757 B (après 70 ans) | |
|---|---|---|
| Abattement | 152 500 € par couple usufruitier/NP | 30 500 € global |
| Répartition | Barème 669 (US/NP) | Prorata des primes taxables |
| Part du conjoint exonéré | PERDUE (ne profite à personne) | CONCENTRÉE sur les taxables |
| Référence BOFiP | BOI-TCAS-AUT-60 § 310 | BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 § 220 |
Autrement dit : sous le 990 I, si le conjoint usufruitier exonéré capte 40 % de l'abattement, ces 40 % sont perdus pour les enfants. Sous le 757 B, la part du conjoint n'est même pas comptée : l'abattement se reporte intégralement sur les enfants. Pour le 990 I, il existe une parade simple. Pour comprendre l'articulation complète, voyez nos guides dédiés à l'article 990 I et à l'article 757 B.
La clause à tiroir : comment ne pas gaspiller l'abattement ?
La parade contre la perte d'abattement du 990 I porte un nom : la clause à tiroir. Elle attribue d'abord la pleine propriété aux enfants à hauteur de leur abattement, puis ne démembre que le surplus.
Cas pratique — Vincent et Catherine, contrat de 800 000 €
Vincent, 65 ans, dirigeant retraité, détient un contrat luxembourgeois de 800 000 € alimenté avant ses 70 ans. Il veut protéger Catherine, 62 ans, tout en transmettant à leurs deux enfants. À 62 ans, le barème 669 fixe l'usufruit à 40 % et la nue-propriété à 60 %.
- Démembrement intégral.Chaque enfant reçoit 240 000 € de nue-propriété, avec un abattement de 91 500 € (60 % de 152 500 €) : taxable 148 500 € à 20 % = 29 700 € par enfant, soit 59 400 €. La quote-part d'abattement de Catherine (40 %, soit 122 000 € au total) est perdue.
- Clause à tiroir.On attribue d'abord 152 500 € en pleine propriété à chaque enfant (305 000 €, exonérés), puis on démembre le surplus de 495 000 €. À fiscalité identique (les enfants restent taxés 59 400 € sur la part démembrée), ils touchent cette fois 305 000 € en pleine propriété immédiateet l'abattement n'est pas gaspillé.
Au bout du compte, la clause à tiroir ne réduit pas la facture du 990 I — elle reste à 59 400 € — mais elle évite de brûler 122 000 € d'abattement et transmet 305 000 € en direct aux enfants. Le bon arbitrage dépend de votre priorité : usufruit large pour le conjoint, ou part immédiate maximale pour les enfants.
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Les spécificités du contrat luxembourgeois
Sur le plan fiscal, le démembrement de clause bénéficiaire luxembourgeoise fonctionne à l'identiqued'un contrat français : c'est la fiscalité du pays de résidence (la France) qui s'applique (voyez notre guide sur la fiscalité de l'AVL). Le Luxembourg n'ajoute aucune taxe — mais il ajoute des atouts propres.
- Le super privilège : le souscripteur (puis les bénéficiaires) est créancier de premier rang sur les actifs cantonnés — une sécurité précieuse pour un capital appelé à durer vingt ans en quasi-usufruit.
- Les fonds dédiés (FID/FAS) : support de gestion sur mesure du capital démembré.
- La multidevise : un point de vigilance spécifique. Si la créance de restitution est libellée en devise (USD, CHF…), sa valeur devra être évaluée au second décès, avec un risque de change à anticiper dans la convention.
Au bout du compte, le contrat luxembourgeois ne change pas la mécanique fiscale du démembrement, mais il en sécurise et en raffine l'exécution — surtout sur les gros capitaux, le terrain de prédilection d'Hagnéré Patrimoine. Reste l'étape qui conditionne tout : la rédaction.
Rédiger et sécuriser la convention de quasi-usufruit
Tout l'avantage du montage — la déductibilité de la créance — tient à un point de forme. Sans preuve, la créance peut être écartée par l'administration, et le capital re-taxé au second décès.
Les conditions de déductibilité de la créance
- Un écrit constatant le quasi-usufruit et la créance : acte notarié ou acte sous seing privé.
- Une date certaineantérieure au décès de l'usufruitier (art. 773, 2° CGI). Un acte notarié a date certaine par lui-même ; un acte sous seing privé l'acquiert par son enregistrementauprès de l'administration.
Un autre point mérite l'attention : l'acceptation du bénéficiaire(article L. 132-9 du Code des assurances). Une fois la clause acceptée par un bénéficiaire, elle devient irrévocable : vous ne pourrez plus la modifier sans son accord. Mieux vaut donc finaliser l'architecture avant toute acceptation. La convention de quasi-usufruit est l'outil central de cette sécurisation : au cabinet Hagnéré Patrimoine, nous la faisons rédiger et enregistrer avec un notaire partenaire.
Voyons maintenant comment tout cela se combine sur un gros contrat — là où le démembrement déploie tout son intérêt.
Une clause démembrée mal formalisée peut coûter une double taxation
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Gros contrats (> 500 000 €) : l'architecture chiffrée
C'est sur les capitaux élevés — le terrain naturel de l'assurance vie luxembourgeoise — que le démembrement bien rédigé fait la différence. Reprenons Vincent et Catherine, et comparons les stratégies.
- Clause « conjoint seul ».0 € au premier décès (Catherine exonérée), mais au second décès les 800 000 € grossissent sa succession : les enfants paient alors de l'ordre de 116 000 € de droits.
- Clause démembrée (à tiroir). 59 400 € de prélèvement 990 I au premier décès, puis 0 € au secondgrâce à la créance déductible. Soit une économie de l'ordre de 57 000 €, conjoint protégé et enfants servis.
Au bout du compte, le démembrement ne se résume pas à un gain fiscal : il protège le conjoint sa vie durant tout enassurant la transmission aux enfants, le tout taxé une seule fois. Sur un contrat luxembourgeois multidevise, l'exécution mérite simplement d'être pilotée de près.
Votre situation peut différer : âge, régime matrimonial, devise, composition familiale. Un bilan patrimonial personnalisé au cabinet Hagnéré Patrimoineest ici vivement recommandé avant d'arrêter votre clause.
Les 7 erreurs à éviter avec une clause démembrée luxembourgeoise
- Démembrer toute la clause au profit du conjoint exonéré (990 I).Sa quote-part d'abattement est perdue : préférez la clause à tiroir.
- Ne pas formaliser la créance de restitution. Sans écrit, date certaine et enregistrement, la déductibilité tombe.
- Croire que l'article 774 bis a tué le démembrement d'assurance vie.Faux : l'AV démembrée est hors champ (BOFiP 26/09/2024).
- Confondre la répartition 990 I et 757 B.Abattement perdu d'un côté, concentré de l'autre.
- Oublier l'évaluation multidevise de la créance.Une créance en USD se réévalue au second décès : anticipez le risque de change.
- Rédiger une clause démembrée trop tardivement, dans un contexte de décès prévisible — risque de requalification.
- Laisser un bénéficiaire accepter la clause trop tôt.L'acceptation (L. 132-9) la rend irrévocable : finalisez l'architecture d'abord.
Un point de vigilance : les primes manifestement exagérées
Comme pour toute assurance vie, des primes manifestement exagéréesau regard de vos facultés peuvent être contestées (art. L. 132-13 C. assur.). La Cour de cassation les apprécie au regard de l'âge, de la situation patrimoniale et familiale et de l'utilité du contrat, au jour du versement (ch. mixte, 23 novembre 2004, n° 02-17.507).
Les 3 choses à retenir
- Le démembrement de clause transmet deux fois le même capital (usufruit au conjoint, puis nue-propriété aux enfants), taxé une seule fois.
- L'article 774 bis ne s'applique pasà l'assurance vie démembrée : la créance de restitution reste déductible (BOFiP 26/09/2024), à condition de la formaliser.
- La rédactionfait tout : barème 669, clause à tiroir pour ne pas perdre l'abattement, convention de quasi-usufruit, et évaluation de la devise sur un contrat lux.
En clair : démembrer la clause d'une assurance vie luxembourgeoiseest l'un des outils de transmission les plus fins qui soient — mais il ne supporte pas l'à-peu-près. Au cabinet Hagnéré Patrimoine, nous rédigeons et chiffrons chaque clause avant de la figer.
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Hagnéré Patrimoine— SAS immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 14004526, en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCGP, courtier d'assurance (COA) et courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP). Article rédigé selon la législation en vigueur au 1er juin 2026 (loi de finances 2026, LFSS 2026). Dernière mise à jour : 1er juin 2026.

