Structurez votre patrimoine de non-résident avec un expert
Exit tax, régime impatrié, fiscalité internationale, immobilier français et enveloppes patrimoniales : nous cadrons votre stratégie avant tout arbitrage ou changement de résidence.
L'essentiel : votre PEA ne se ferme plus quand vous partez
Guide rédigé le 6 juin 2026 — par Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine (CIF, COA, COBSP — adhérent CNCEF Patrimoine). À jour de la réglementation applicable en 2026. Analyse générique du sort du PEA en cas de départ à l'étranger, sans référence à une banque, un établissement teneur de compte ni un pays en particulier.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement ni un conseil fiscal personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Aucune banque, aucun établissement teneur de compte ni aucun produit n'est cité, et aucun pays n'est nommé : il s'agit d'une analyse générique du régime du PEA détenu par un non-résident. Les règles fiscales sont à jour à la date de publication mais peuvent évoluer. Pour une analyse adaptée à votre cas, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.
Risques
Le PEA est une enveloppe investie en actions et en fonds : sa valeur peut baisser et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le PEA ne comporte aucun support garanti en capital. Une situation de non-résident ajoute des dimensions juridiques et fiscales (régime de sécurité sociale, convention fiscale, liste des États non coopératifs) qui évoluent et dépendent de votre situation personnelle : ce guide ne peut pas s'y substituer.
À retenir en 60 secondes
- 🛡️ Le départ à l'étranger ne clôture pas le PEA : le transfert du domicile fiscal hors de France maintient le plan. La règle est doctrinale et non législative — instruction du 20 mars 2012, reprise au § 720 du BOFiP BOI-RPPM-RCM-40-50-20-20 —, et non issue de la loi PACTE.
- ⚠️ Une seule exception : l'ETNC. Le transfert du domicile dans un État ou Territoire Non Coopératif (art. 238-0 A du CGI) entraîne la clôture du plan. La liste étant évolutive, elle se vérifie au cas par cas.
- 💶 Côté français, le PEA du non-résident ne supporte aucun prélèvement social. Le gain net réalisé lors d'une clôture, d'un retrait ou d'un rachat partiel par un non-résident est hors du champ de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux, y compris avant 5 ans (BOFiP, § 680) : ni CSG, ni CRDS, ni prélèvement de solidarité.
- 🌍 L'impôt sur le revenu reste exonéré en France dans les mêmes conditions que pour un résident (BOFiP), mais le pays de résidence peut imposer selon sa loi et la convention fiscale applicable.
- 🧭 Conclusion: on ne se demande plus « mon PEA va-t-il fermer ? », mais « quel régime de prélèvements sociaux et quelle convention s'appliquent à ma situation ? ». Capital non garanti.
Pendant longtemps, la question du PEA et de l'expatriation se résumait à une crainte : partir à l'étranger signifiait-il perdre son plan? Ce n'est plus le cas depuis 2012. Le transfert du domicile fiscal hors de France n'entraîne pas la clôture du PEA. Le plan est maintenu, son ancienneté conservée et son cadre fiscal préservé. La survie du plan n'est donc plus le sujet.
Le débat s'est donc déplacé. Pour le non-résident, trois enjeux concentrent désormais l'attention. Le premier est l'exception ETNC : le seul cas où le départ ferme encore le plan. Le deuxième est le régime des prélèvements sociaux, souvent mal rapporté : le gain net du non-résident en est purement et simplement hors champ. Le troisième, le plus important en pratique, est l'imposition par le pays de résidence : la France exonère, mais le pays où vous vivez peut taxer. Ce guide traite ces trois points et leurs corollaires (versements, exit tax, conventions, retour), en renvoyant pour le fonctionnement de base au pilier PEA 2026.
Comment lire ce guide
Chaque section traite un point : maintien du plan, exception ETNC, versements, prélèvements sociaux, impôt sur le revenu, exit tax, conventions, retour en France. Vous pouvez suivre le fil ou aller directement au point qui vous concerne via le sommaire. Les sujets traités en profondeur ailleurs (exit tax, conventions pays par pays, fonctionnement du PEA) font l'objet de renvois plutôt que de redites.
Sommaire
- L'essentiel : votre PEA ne se ferme plus
- Le maintien du PEA après le départ
- L'exception ETNC : le seul cas de clôture forcée
- Pouvez-vous continuer à verser depuis l'étranger ?
- Prélèvements sociaux : le non-résident est hors champ
- L'impôt sur le revenu : France et pays de résidence
- Exit tax et PEA : un point d'attention au départ
- Conventions fiscales : le principe à connaître
- Le retour en France : ancienneté conservée
- Anticiper votre mobilité internationale
Le maintien du PEA après le départ : ce que dit la doctrine
La règle est claire et favorable : le transfert du domicile fiscal hors de France n'entraîne pas la clôture du PEA. La formulation qui fait foi est celle de la doctrine administrative, au § 720 du BOFiP BOI-RPPM-RCM-40-50-20-20 : « Le transfert du domicile fiscal hors de France ne constitue plus un cas de force majeure entraînant la clôture du PEA. » Le PEA est donc maintenu en l'état: les titres restent logés dans l'enveloppe, le plan poursuit sa vie et il continue à courir.
Ce n'est pas la loi PACTE, et la nuance a des conséquences
On lit presque partout que « la loi PACTE du 22 mai 2019 a supprimé la clôture du PEA en cas d'expatriation ». C'est inexact. La règle procède d'une instruction administrative du 20 mars 2012 (BOI 5 I-3-12), prise pour tirer les conséquences d'une décision du Conseil d'État, puis reprise au BOFiP. Elle est antérieure de sept ans à la loi PACTE, qui n'y est pour rien.
La correction n'est pas cosmétique, pour deux raisons. D'abord parce que le siège de la règle est doctrinal, non législatif: attribuer le maintien du plan à un texte de loi laisse croire à un acquis plus solide qu'il ne l'est. Ensuite parce que la date compte pour qui a quitté la France entre 2012 et 2019 : un départ intervenu dans cette période n'a pas fait perdre le plan, contrairement à ce que suggère l'idée d'une réforme de 2019.
Un mot enfin sur la base légale, souvent invoquée à tort. L'article L. 221-32-2 du Code monétaire et financier, fréquemment cité comme siège de la règle, porte en réalité sur le PEA-PME et ne la contient pas. Une recherche plein texte de la formule « transfert du domicile fiscal hors de France » dans ce code ne retourne aucun résultat. Autrement dit : la règle est certaine, son numéro d'article légal ne l'est pas. Nous ne présumons donc aucun article, et nous vous invitons à vous méfier des contenus qui en avancent un.
Conséquence directe et précieuse : votre ancienneté est conservée. La date d'ouverture reste le point de départ du compteur fiscal, et l'avantage acquis (notamment l'exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans) n'est pas remis en cause par le seul fait de devenir non-résident. Le plan ne « repart pas de zéro » et ne perd pas son historique. C'est ce maintien qui change tout par rapport au régime antérieur à 2012.
Informer votre teneur de compte du changement de résidence
Le maintien du PEA est de droit, mais un changement de résidence fiscale a des conséquences administratives (coordonnées, statut fiscal, justificatifs). Il est prudent d'informer votre teneur de compte de votre nouvelle situation, afin que votre dossier soit à jour et que le bon régime de prélèvements (voir plus loin) soit appliqué. Cette démarche relève de votre relation avec l'établissement et ne remet pas en cause l'existence du plan. Pour le fonctionnement général du plan et ses règles de base, reportez-vous à notre pilier PEA 2026.
L'exception ETNC : le seul cas de clôture forcée
Le maintien du PEA connaît une exception unique, mais nette : le transfert du domicile fiscal dans un État ou Territoire Non Coopératif (ETNC) au sens de l'art. 238-0 A du CGI entraîne la clôture du plan. Cette catégorie vise des juridictions considérées comme insuffisamment coopératives en matière d'échange d'informations ou de fiscalité. C'est le seul cas où partir à l'étranger ferme encore le PEA.
⚠️ La liste des ETNC est évolutive — ne vous fiez pas à une liste ancienne
La liste des États et Territoires Non Coopératifs est fixée par arrêté et révisée périodiquement : un pays peut y entrer ou en sortir. Pour cette raison, ce guide ne nomme aucun pays et renvoie systématiquement à la liste en vigueur à la date de votre départ. Avant tout transfert de domicile, vérifiez si votre futur pays de résidence figure ou non sur la liste applicable à ce moment-là: c'est ce qui déterminera le maintien ou la clôture de votre PEA.
Si le transfert s'opère vers un ETNC, la clôture obéit aux règles de droit commun de fermeture du PEA. Les conséquences fiscales dépendent alors de l'ancienneté du plan au moment de la clôture : si elle intervient avant 5 ans, le gain net peut être soumis à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux ; si elle intervient après 5 ans, le gain reste exonéré d'impôt sur le revenu mais demeure soumis aux prélèvements sociaux, ceux-ci étant dus quelle que soit la date d'ouverture du plan (BOFiP BOI-RPPM-RCM-40-50-20-20, § 650). En pratique, ce cas reste marginal, mais il doit impérativement être anticipé.
Le sort des titres et des plus-values en cas de clôture, ainsi que les règles applicables au décès du titulaire, sont des situations distinctes que nous traitons par ailleurs : voir notre guide PEA, succession et décès.
Pouvez-vous continuer à verser depuis l'étranger ?
Il faut ici distinguer le plan juridique du plan pratique, car la réponse n'est pas la même. Sur le plan juridique, le maintien du plan n'interdit pas en soi de nouveaux versements : le plan reste un PEA ordinaire, soumis au plafond de versements de 150 000 € (les gains, eux, ne sont pas plafonnés). Le statut de non-résident ne supprime pas, par principe, la faculté d'alimenter le plan.
Sur le plan pratique, en revanche, la possibilité d'effectuer de nouveaux versements dépend de la politique de votre teneur de compte. Pour des raisons réglementaires propres à chaque établissement (obligations de connaissance client, contraintes liées à certaines juridictions, démarchage transfrontalier), une partie des établissements restreignent ou refusent certaines opérations des clients non-résidents, dont les versements. Il n'existe donc pas de réponse uniforme: tout dépend de l'établissement et du pays de résidence.
À vérifier directement auprès de votre établissement
Avant de partir, posez la question explicitement à votre teneur de compte: pourrez-vous continuer à verser sur votre PEA depuis votre pays de résidence, et sous quelles conditions ? La réponse conditionne votre stratégie d'alimentation. Si de nouveaux versements ne sont plus possibles une fois à l'étranger, il peut être pertinent d'alimenter le plan avant le départ, dans la limite du plafond. Les modalités pratiques (transfert vers un autre établissement, par exemple) sont abordées dans notre guide transférer son PEA.
Prélèvements sociaux : le PEA du non-résident est hors champ
C'est le point le plus important de ce guide — et le plus contre-intuitif. Pour un résident, les gains du PEA retirés après 5 ans supportent des prélèvements sociaux de 18,6 % (taux issu de la LFSS 2026, loi n° 2025-1403). Pour un non-résident, la doctrine administrative est au contraire sans nuance : le gain net est hors du champ d'application de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux, quel que soit le pays de résidence et quel que soit le régime de sécurité sociale d'affiliation.
La formulation qui fait foi est celle du § 680 du BOFiP BOI-RPPM-RCM-40-50-20-20 : « En cas de clôture du plan, de retrait (PEA bancaire) ou de rachat (PEA assurance) partiel opéré sur le plan par un non-résident de France, y compris avant la cinquième année du plan, le gain net réalisé est hors du champ d'application de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux. » Elle découle directement de la loi : la contribution sur les revenus du patrimoine ne vise que les personnes fiscalement domiciliées en France au sens de l'art. 4 B du CGI (art. L. 136-6, I, du Code de la sécurité sociale), le I bis du même article n'étendant l'assujettissement des non-résidents qu'aux revenus visés au a du I de l'art. 164 B du CGI, c'est-à-dire aux revenus immobiliers de source française. Le prélèvement de solidarité de 7,5 % (art. 235 ter du CGI) ayant exactement la même assiette, il ne s'applique pas davantage.
| Situation du titulaire | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Charge en France |
|---|---|---|---|
| Résident fiscal de France, retrait après 5 ans (rappel) | Exonéré | Dus | 18,6 % (LFSS 2026, loi 2025-1403) |
| Non-résident, retrait ou clôture après 5 ans | Hors champ | Hors champ | Néant (BOFiP, § 680) |
| Non-résident, retrait ou clôture avant 5 ans | Hors champ | Hors champ | Néant (BOFiP, § 680) |
| Transfert du domicile dans un ETNC (art. 238-0 A du CGI) | Dû si le plan a moins de 5 ans | Dus quelle que soit l'ancienneté du plan | Clôture automatique (BOFiP, § 650) |
La confusion la plus répandue : de Ruyter ne concerne pas le PEA
On lit très souvent que le non-résident affilié à un régime de sécurité sociale de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse serait « exonéré de CSG/CRDS sur son PEA, seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % restant dû ». Cette phrase mélange deux sujets. La jurisprudence de Ruyter (CJUE, C-623/13) et Jahin (C-45/17) porte sur l'application de la CSG et de la CRDS à des personnes relevant du régime de sécurité sociale d'un autre État ; le régime qui en a été tiré — CSG et CRDS exonérées, prélèvement de solidarité de 7,5 % maintenu — ne joue que sur les revenus immobiliers de source française des non-résidents (revenus fonciers et plus-values immobilières), les seuls revenus pour lesquels un non-résident est assujetti aux prélèvements sociaux. Le PEA n'entre pas dans cette assiette : pour lui, ce n'est pas 7,5 %, c'est rien du tout.
Prélèvements indûment retenus : la réclamation est possible
Si des prélèvements sociaux ont malgré tout été retenus sur un retrait ou une clôture intervenus alors que vous étiez non-résident de France, vous pouvez en principe en demander la restitution par voie de réclamation contentieuse, dans les délais prévus, en justifiant de votre domiciliation fiscale hors de France à la date de l'opération. La marche à suivre dépend de votre situation : un accompagnement permet de sécuriser la démarche et les justificatifs.
Deux réserves, tout de même. La première tient au cas ETNC: si le transfert de domicile s'effectue vers un État ou Territoire Non Coopératif, la clôture automatique du plan s'accompagne de l'imposition du gain net aux prélèvements sociaux quelle que soit la date d'ouverture du plan (BOFiP, § 650). La seconde tient à la chronologie : c'est la situation du titulaire à la date du retrait ou de la clôture qui commande le régime. Un retrait effectué après le retour en France relève à nouveau du régime du résident, prélèvements sociaux compris.
Vérifier le traitement de mon PEA en tant que non-résident
Gain net hors du champ de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux côté français, imposition éventuelle par le pays de résidence, cas particulier du transfert vers un État non coopératif : le bon traitement dépend de votre date de départ et de votre pays. Un conseiller Hagnéré Patrimoine fait le point sur votre situation.
L'impôt sur le revenu : exonération française, imposition au pays de résidence
Une fois la question des prélèvements sociaux réglée, reste celle de l' impôt sur le revenu. La bonne nouvelle est que l'avantage fiscal du PEA est préservé en France pour le non-résident : selon la doctrine administrative (BOFiP BOI-RPPM-RCM-40-50-20-20), les produits et plus-values d'un PEA détenu par un non-résident sont exonérés d'impôt sur le revenu en France, dans les mêmes conditions que pour un résident. L'exonération acquise après 5 ans n'est pas perdue du seul fait de l'expatriation.
Mais il faut raisonner à deux niveaux. Le premier est la France, qui exonère. Le second est votre pays de résidence, qui dispose de sa propre fiscalité : il peut imposer ces revenus selon sa loi interne, indépendamment de l'exonération française, dans les limites posées par la convention fiscale applicable. Autrement dit, exonération en France ne signifie pas absence d'imposition: le PEA peut être taxé là où vous vivez, alors qu'il ne l'est pas en France.
PEA et compte-titres : deux logiques différentes pour le non-résident
Le régime du PEA décrit ici (exonération d'IR en France) lui est propre. Pour un compte-titres ordinaire, les plus-values mobilières d'un non-résident sont en principe hors du champ de l'impôt sur le revenu français, sauf cas particuliers comme la participation substantielle (détention de plus de 25 % des droits dans les bénéfices d'une société, art. 244 bis B du CGI). Ces règles, distinctes de celles du PEA, sont abordées dans notre guide PEA ou compte-titres.
Exit tax et PEA : un point d'attention au départ
Au moment du départ, un dispositif mérite une vigilance particulière : l' exit tax (art. 167 bis du CGI), qui impose certaines plus-values latentes lors du transfert du domicile fiscal hors de France. Les titres logés dans un PEA sont hors du champ de l'exit tax — et, contrairement à ce qu'on lit souvent, ils ne sont pas non plus pris en compte pour apprécier les seuils de déclenchement du dispositif. L'art. 167 bis du CGI ne vise en effet que les droits sociaux, valeurs, titres ou droits « mentionnés au 1 du I de l'article 150-0 A », et c'est la valeur globale de ces titres qui doit excéder 800 000 € (l'autre condition, alternative, étant une participation d'au moins 50 % dans les bénéfices sociaux d'une société). Or le gain de PEA relève du II de l'article 150-0 A, et la doctrine range expressément les titres détenus dans un PEA parmi les titres exclus du dispositif (BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-50-10-10-20, § 20). Votre PEA ne peut donc pas faire basculer votre patrimoine au-dessus du seuil.
Le détail de l'exit tax fait l'objet d'un guide dédié
Ce paragraphe est volontairement un simple point de jonction: le mécanisme complet de l'exit tax (assiette, sursis de paiement, dégrèvement, obligations déclaratives) dépasse le cadre de ce guide et est traité de façon détaillée dans notre guide exit tax 2026. Si votre patrimoine en titres est important, vérifiez votre exposition à ce dispositif avant tout départ.
Conventions fiscales : le principe à connaître
Dès lors que deux pays peuvent prétendre imposer les mêmes revenus — la France et votre pays de résidence —, c'est la convention fiscale conclue entre les deux qui répartit le droit d'imposer et évite les doubles impositions. Le principe général, pour les revenus de capitaux mobiliers et les plus-values, est que le droit d'imposer revient le plus souvent au pays de résidence du contribuable, et que la convention prime sur le droit interne en cas de divergence.
Les règles précises varient d'une convention à l'autre: taux de retenue, mécanismes d'élimination de la double imposition, définitions propres à chaque texte. Pour cette raison, ce guide reste générique et ne traite aucun pays en particulier. La bonne méthode consiste à identifier la convention applicable à votre pays de résidence, puis à l'articuler avec l'exonération française du PEA.
Le détail pays par pays relève de notre hub non-résidents
La fiscalité des non-résidents — conventions, retenues à la source, obligations déclaratives, articulation avec la résidence — fait l'objet d'un ensemble dédié. Pour approfondir selon votre situation, reportez-vous à notre hub fiscalité des non-résidents, qui regroupe les principes transversaux applicables aux expatriés.
Le retour en France : ancienneté conservée, cadre fiscal retrouvé
Le pendant naturel du maintien à l'étranger, c'est la continuité au retour. Si votre PEA a été maintenu pendant l'expatriation (hors cas ETNC), il retrouve simplement son cadre fiscal de résident lorsque vous redevenez résident fiscal de France. Il n'y a pas de plan à rouvrir : c'est le même plan qui poursuit sa vie.
Surtout, l'ancienneté est conservée. Le compteur des 5 ans n'est pas remis à zéro : il continue de courir depuis la date d'ouverture initiale. Un plan ouvert il y a plusieurs années avant le départ conserve donc tout son historique au retour, et les versements redeviennent possibles dans la limite du plafond de 150 000 € (sous réserve, à nouveau, des modalités pratiques de votre établissement).
Prendre date avant le départ : un réflexe simple et durable
Cette continuité éclaire un conseil de bon sens : il peut être judicieux d' ouvrir et d'alimenter un PEA avant un départ à l'étranger, même avec une somme modeste, pour lancer le compteur des 5 ans. Le plan traversera l'expatriation sans perdre son ancienneté et la retrouvera intacte au retour. Ce n'est pas une règle, mais un réflexe d'anticipation souvent utile. Les démarches propres au retour (résidence, déclarations, réintégration) sont détaillées dans notre guide retour en France après expatriation.
Anticiper votre mobilité internationale avec Hagnéré Patrimoine
Le sort du PEA en cas d'expatriation se résume désormais à une certitude et à quelques vérifications. La certitude: le plan n'est pas clôturé au départ (BOFiP BOI-RPPM-RCM-40-50-20-20, § 720), et son gain net échappe côté français à l'impôt sur le revenu comme aux prélèvements sociaux (§ 680). Les vérifications: l'exception ETNC, la date des retraits, l'imposition par le pays de résidence et la convention applicable. Bien anticipés, ces points transforment l'expatriation en opération maîtrisée plutôt qu'en source d'incertitude.
Checklist avant le départ
- ✅ Vérifier la liste ETNC en vigueur : votre futur pays de résidence y figure-t-il (art. 238-0 A du CGI) ? Si oui, le PEA sera clôturé.
- ✅ Informer votre teneur de compte du changement de résidence et confirmer la possibilité de verser depuis l'étranger.
- ✅ Caler la chronologie de vos retraits: un retrait opéré alors que vous êtes non-résident est hors du champ de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux (BOFiP, § 680) ; le même retrait effectué après votre retour relève du régime du résident.
- ✅ Évaluer votre exposition à l'exit tax: la valeur de vos titres entrant dans le champ du dispositif (PEA exclu) dépasse-t-elle 800 000 €, ou détenez-vous au moins 50 % des bénéfices sociaux d'une société ?
- ✅ Identifier la convention fiscale applicable à votre pays de résidence et son articulation avec l'exonération française.
Chacune de ces étapes dépend de votre situation personnelle— pays de destination, régime social, composition du patrimoine, calendrier — et non d'un produit. C'est tout le sens de l'accompagnement d'un conseiller en gestion de patrimoine : sécuriser les points sensibles (ETNC, prélèvements sociaux, exit tax, conventions) et traduire ces principes en décisions concrètes, neutres et adaptées. Hagnéré Patrimoine, immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de CIF, COA et COBSP, vous accompagne dans cette démarche, sans recommandation de produit dans un cadre éditorial.
Préparer mon expatriation et le sort de mon PEA
Maintien du plan, exception ETNC, prélèvements sociaux selon votre affiliation, exit tax, convention fiscale : la bonne préparation part de votre situation, pas d'un produit. Échangez 45 minutes avec un conseiller Hagnéré Patrimoine pour anticiper votre mobilité internationale.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — Hagnéré Patrimoine
Conseiller en gestion de patrimoine, Quentin Hagnéré accompagne particuliers et dirigeants sur les stratégies d'allocation, d'optimisation fiscale et de structuration des enveloppes (PEA, assurance-vie, compte-titres), y compris en situation de mobilité internationale. Son cabinet, Hagnéré Patrimoine, aborde l'expatriation comme une opération à anticiper, en partant de la situation personnelle plutôt que du produit.
⚠️ Informations légales et réglementaires
Cet article a une visée informative et pédagogique générale ; il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni un conseil fiscal individualisé, ni une recommandation d'ouverture, de souscription, d'achat ou de vente, au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Aucune banque, aucun établissement teneur de compte ni aucun produit n'y est cité, et aucun pays n'y est nommé : il s'agit d'une analyse générique du régime du PEA détenu par un non-résident.
Le PEA est investi en actions et en fonds : il comporte un risque de perte en capital, sa valeur peut baisser et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les règles citées (maintien du plan en cas de transfert du domicile fiscal hors de France, règle de nature doctrinale issue de l'instruction administrative du 20 mars 2012, BOI 5 I-3-12, reprise au § 720 du BOFiP BOI-RPPM-RCM-40-50-20-20, et non de la loi PACTE du 22 mai 2019 ; exception du transfert vers un État ou Territoire Non Coopératif au sens de l'art. 238-0 A du CGI ; gain net du non-résident hors du champ de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux, y compris avant la cinquième année du plan, BOFiP BOI-RPPM-RCM-40-50-20-20, § 680, la contribution sur les revenus du patrimoine ne visant que les personnes fiscalement domiciliées en France et, pour les non-résidents, que les revenus immobiliers de source française, art. L. 136-6, I et I bis, du Code de la sécurité sociale ; prélèvements sociaux de 18,6 % pour le résident au titre de la LFSS 2026, loi n° 2025-1403 ; titres détenus dans un PEA exclus du champ de l'exit tax et de l'appréciation de ses seuils, art. 167 bis du CGI et BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-50-10-10-20, § 20 ; plafond de versements du PEA de 150 000 €) sont à jour à la date de publication mais peuvent évoluer et doivent être vérifiées au cas par cas, notamment au regard de la liste des États non coopératifs en vigueur et de la convention fiscale applicable à votre pays de résidence.
Hagnéré Patrimoine est immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (www.orias.fr) en qualité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF), Courtier en Assurance (COA) et Courtier en Opérations de Banque et en Services de Paiement (COBSP), adhérent de la CNCEF Patrimoine. Pour une analyse adaptée à votre situation personnelle, nous vous invitons à solliciter un bilan patrimonial personnalisé.

