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Revenus fonciers en 2026 : micro-foncier ou régime réel, charges déductibles et déclaration

Vous louez un logement vide et vous découvrez que l'impôt grignote une bonne part du loyer. Ce guide pilier vous montre comment reprendre la main : micro-foncier ou régime réel (avec le point de bascule chiffré), la liste complète des charges déductibles, le déficit foncier pour effacer votre impôt, le vrai taux des prélèvements sociaux en 2026 (17,2 % — et pas 18,6 %), et la déclaration 2044 expliquée. Cas chiffrés à l'euro près. Par Hagnéré Patrimoine.

30 %Micro-foncier
21 400 €Déficit foncier
17,2 %Prélèvements sociaux
2044Déclaration
Hagnéré Patrimoine

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Le loyer tombe chaque mois, et l'impôt vous surprend chaque printemps

par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine.

Vous avez acheté un appartement, vous le louez vide, et le loyer tombe sagement chaque mois. Puis arrive la déclaration de revenus, et la douche froide : entre l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux, près de la moitié de vos loyers peut partir en fiscalité. La bonne nouvelle, c'est que cette part dépend très largement de vos choix — et qu'on peut souvent la réduire fortement, parfois à zéro.

Les revenus fonciers, ce sont les loyers que vous tirez d'une location nue (vide, non meublée). Leur imposition repose sur deux régimes, une longue liste de charges déductibles que beaucoup oublient, un mécanisme — le déficit foncier — capable d'effacer votre impôt, et un taux de prélèvements sociaux que la moitié des articles affichent faux en 2026.

Ce guide pilier couvre tout : le choix micro-foncier ou régime réel avec le point de bascule chiffré, la liste complète des charges de l'article 31 du CGI reliée à votre déclaration 2044, le déficit foncier et son plafond rehaussé à 21 400 € pour la rénovation énergétique, les prélèvements sociaux à 17,2 % (et pourquoi ce n'est pas 18,6 %), la SCI à l'IR, les loyers impayés, et le choix entre location nue et meublée. Chaque chiffre est vérifié contre le Code général des impôts et la doctrine fiscale (BOFiP).

À retenir en 30 secondes

  • Micro-foncier (abattement 30 %, jusqu'à 15 000 € de loyers) ou régime réel : le réel gagne dès que vos charges dépassent 30 % des loyers.
  • Le déficit foncier permet d'imputer vos travaux sur votre revenu global (jusqu'à 10 700 €, ou 21 400 € pour la rénovation énergétique prorogée jusqu'au 31/12/2027).
  • En 2026, les revenus fonciers restent aux prélèvements sociaux à 17,2 % : ils échappent à la hausse qui porte le meublé à 18,6 %.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les informations sont à jour à la date de publication, mais la législation peut évoluer. La fiscalité dépend de votre situation individuelle. Pour une analyse adaptée à votre cas, nous vous recommandons de solliciter un bilan patrimonial personnalisé.

Hagnéré Patrimoine

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1. Qu'est-ce qu'un revenu foncier ?

En une phrase : les revenus fonciers sont les loyers que vous percevez en louant un bien immobilier nu (vide), que ce soit un appartement, une maison, un local ou un terrain (art. 14 du Code général des impôts). Tant que la location reste nue, les loyers relèvent de cette catégorie ; dès que vous meublez, vous basculez dans une autre fiscalité (les BIC, dont le LMNP).

En pratique, la frontière est nette : un logement loué avec un lit, une cuisine équipée et le mobilier nécessaire à la vie courante est un meublé ; un logement loué vide est une location nue, imposée en revenus fonciers. Cette distinction commande tout le reste — abattement, charges, taux de prélèvements sociaux. On la détaille dans notre guide revenus fonciers ou BIC.

Ce qui n'est pas imposable

Le logement dont vous vous réservez la jouissance — votre résidence principale, votre résidence secondaire, un bien prêté gratuitement à un proche — n'est pas imposable aux revenus fonciers (art. 15-II du CGI). On ne parle de revenus fonciers que pour un bien donné en location nue contre un loyer.

Une fois que vous percevez des loyers nus, une première décision s'impose : sous quel régime les déclarer ?

2. Micro-foncier ou régime réel : le point de bascule

C'est le choix qui détermine votre facture. Deux régimes coexistent. Le micro-foncier applique un abattement forfaitaire de 30 % sur vos loyers, sans justificatif. Le régime réel vous laisse déduire vos charges réelles, à l'euro près. La règle de décision tient en une ligne.

Tableau comparatif : Critère — Micro-foncier — Régime réel — Premier cas : Condition d'accès
CritèreMicro-foncierRégime réel
Condition d'accèsLoyers bruts ≤ 15 000 €/anSur option, ou loyers > 15 000 €
Charges prises en compteForfait 30 % (sans justificatif)Charges réelles déduites une à une
Déficit foncier possible ?NonOui (jusqu'à 10 700 € / 21 400 €)
DéclarationCase 4BE de la 2042Déclaration 2044
EngagementAucunOption irrévocable 3 ans
Avantageux quand…Charges < 30 % des loyersCharges > 30 % des loyers

Concrètement, posez-vous une seule question : mes charges réelles dépassent-elles 30 % de mes loyers ? En dessous, le forfait de 30 % du micro est plus généreux que vos charges réelles, donc le micro l'emporte. Au-dessus — et c'est le cas dès que vous avez un crédit, des travaux ou une copropriété chargée — le réel gagne, souvent largement.

Le piège de l'option irrévocable 3 ans

Opter pour le régime réel vous y enferme pendant trois ans. C'est sans conséquence si vous avez un emprunt ou des travaux récurrents. Mais si vous comptez vendre ou solder votre crédit dans l'intervalle, anticipez : repasser au micro avant trois ans est impossible. À l'inverse, le micro n'engage à rien — vous pouvez opter pour le réel l'année où des travaux le justifient.

Commençons par le plus simple des deux régimes : le micro-foncier.

3. Le régime micro-foncier en détail

Le micro-foncier (art. 32 du CGI) s'applique automatiquement si vos loyers bruts annuels ne dépassent pas 15 000 € (tous biens confondus, hors régimes spéciaux). Vous déclarez le montant brut de vos loyers, et l'administration applique un abattement de 30 % censé couvrir l'ensemble de vos charges. Le solde, soit 70 % des loyers, s'ajoute à vos revenus et se taxe à votre tranche marginale, plus les prélèvements sociaux.

En pratique, c'est d'une simplicité enfant : aucune charge à justifier, aucune 2044 à remplir, juste un report en case 4BE de votre déclaration 2042. Le revers : si vos charges réelles dépassent 30 % des loyers, vous payez trop. Vous pouvez alors opter pour le régime réel.

L'actu démêlée — l'abattement reste à 30 % en 2026

Un amendement a proposé, fin 2025, de relever l'abattement du micro-foncier de 30 à 50 %. Il n'a pas été retenu dans la loi de finances pour 2026. L'abattement reste donc à 30 %, et le plafond du micro à 15 000 € de loyers bruts. Méfiez-vous des contenus encore basés sur ce 50 % jamais voté.

Dès que vous passez au réel, tout l'enjeu devient la déduction des charges. Et la liste est plus longue qu'on ne le croit.

4. Toutes les charges déductibles au régime réel (article 31)

C'est le cœur de l'optimisation, et le poste où les bailleurs laissent le plus d'argent sur la table en oubliant des charges. L'article 31 du CGI fixe une liste précise ; détaillons chaque poste, avec sa ligne sur la déclaration 2044.

Tableau comparatif : Charge déductible (art. 31 CGI) — Ligne 2044 — Précision — Premier cas : Frais de gestion et d'administration
Charge déductible (art. 31 CGI)Ligne 2044Précision
Frais de gestion et d'administration221Forfait de 20 € par local + frais réels (honoraires, procédures)
Primes d'assurance (PNO, loyers impayés)223Totalement déductibles
Dépenses de réparation et d'entretien224Remise en état sans modifier la structure
Dépenses d'amélioration (habitation)224Confort/équipement nouveau, hors gros œuvre
Provisions pour charges de copropriété229Régularisées l'année suivante (ligne 230)
Taxe foncière227Hors part ordures ménagères récupérable
Intérêts d'emprunt et frais de prêt250Sur ligne dédiée (assurance emprunteur incluse)

Le bon réflexe : conservez tout — factures de plombier, prime d'assurance propriétaire non occupant, appels de fonds du syndic, taxe foncière, tableau d'amortissement de votre prêt pour les intérêts. Chaque euro déduit vous fait économiser votre tranche marginale d'impôt plus 17,2 % de prélèvements sociaux — soit 47 à 62 centimes par euro de charge selon votre tranche.

Les frais de notaire et l'agence, c'est selon

Les frais d'acquisition (notaire, droits) ne sont pas déductibles des revenus fonciers : ils s'ajoutent au prix de revient et serviront au calcul de la plus-value à la revente. En revanche, les honoraires de gestion locative, les frais de rédaction de bail et les commissions d'agence pour la mise en location sont, eux, déductibles via les frais de gestion.

Le conseil du CGP — les charges qu'on oublie le plus

En cabinet, on récupère presque toujours de l'impôt en repassant la déclaration d'un bailleur au peigne fin. Les oublis classiques : la prime d'assurance propriétaire non occupant, le forfait de 20 € par local (automatique), les provisions de copropriété réellement appelées, et surtout les 6,8 points de CSG déductible de l'année précédente. Un réflexe gagnant : opter pour le régime réel l'année d'un gros chantier, puis recalculer chaque année — le bon régime n'est pas figé.

Reste le poste le plus litigieux et le plus mal compris : les travaux.

5. Travaux déductibles ou non : le piège qui coûte cher

Tous les travaux ne se valent pas aux yeux du fisc. Trois familles sont déductibles, une ne l'est jamais. C'est la frontière la plus contrôlée du régime réel.

Tableau comparatif : Nature des travaux — Déductible ? — Exemples — Premier cas : Réparation / entretien
Nature des travauxDéductible ?Exemples
Réparation / entretienOuiToiture refaite à l'identique, chaudière remplacée, peintures
Amélioration (habitation)OuiIsolation, salle de bains, ascenseur, chauffage central
Construction / reconstructionNonDémolition-reconstruction, gros œuvre neuf
AgrandissementNonSurélévation, extension, augmentation de surface

Concrètement, refaire une toiture à l'identique, remplacer une chaudière, isoler des combles : déductible. Abattre des cloisons pour reconstruire l'intérieur, surélever, agrandir : non déductible, car le Conseil d'État qualifie de reconstruction tout ce qui affecte le gros œuvre ou augmente le volume ou la surface habitable (CE, 29 mai 2019, n° 421237). Le piège : une dépense d'amélioration indissociable d'une reconstruction perd elle aussi sa déductibilité. En cas de gros chantier, faites ventiler les postes par un professionnel.

Quand ces charges dépassent vos loyers, vous ne perdez rien : vous créez un déficit foncier. Et c'est l'un des leviers les plus efficaces de l'immobilier locatif.

6. Le déficit foncier : effacer son impôt avec ses travaux

Lorsque vos charges déductibles dépassent vos loyers, le déficit qui en résulte s'impute sur votre revenu global — vos salaires, vos pensions — dans la limite de 10 700 € par an (art. 156-I-3° du CGI). Autrement dit, vos travaux viennent réduire l'impôt sur l'ensemble de vos revenus, pas seulement sur vos loyers. L'excédent se reporte sur vos revenus fonciers des dix années suivantes.

Le bonus rénovation énergétique : 21 400 € jusqu'en 2027

Le plafond de 10 700 € est porté à 21 400 € à hauteur des travaux de rénovation énergétique qui font passer le logement d'une classe E, F ou G (passoire thermique) à A, B, C ou D. La loi de finances pour 2026 a prorogé ce dispositif jusqu'au 31 décembre 2027 (les contenus qui annoncent une fin en 2025 sont périmés). Il faut justifier le DPE avant et après travaux.

6.1 Cas pratique — Julien & Anne, 47 et 44 ans, cadres

Julien et Anne, cadres à Paris (tranche à 30 %), louent un appartement 18 000 € par an. Cette année, ils financent un gros chantier de rénovation.

Appartement loué 18 000 €/an — gros travaux au régime réel

   Loyers bruts encaissés                          18 000 €
   - Intérêts d'emprunt                             6 000 €
   - Taxe foncière, assurance, gestion, copro       3 770 €
   - Travaux de rénovation (réparation)            20 000 €
   = Résultat foncier                             - 11 770 €  (déficit)

Imputation du déficit :
   Part hors intérêts (déficit) imputable sur
   le revenu global, plafonnée à                    10 700 €
   -> Économie d'impôt = 10 700 € x 30 % (TMI)     ≈ 3 210 €
   + Revenu foncier ramené à 0 -> 0 € de PS cette année
   Excédent reporté sur revenus fonciers : 1 070 € (10 ans)

Concrètement, leur chantier ne leur fait pas seulement 0 € d'impôt foncier : il efface 10 700 € de leur revenu imposable global, soit 3 210 € d'impôt en moins sur leurs salaires. La part de déficit liée aux intérêts d'emprunt, elle, ne s'impute jamais sur le revenu global : elle attend sagement leurs futurs loyers. Attention : ils doivent maintenir la location jusqu'au 31 décembre de la 3e année suivante, sous peine de reprise (CE, 26 avril 2017, n° 400441).

6.2 Cas pratique — une passoire thermique rénovée (tranche à 41 %)

Logement classé G, loyers 12 000 €/an, travaux énergétiques 35 000 €

   Loyers bruts                                     12 000 €
   - Charges courantes                               3 000 €
   - Travaux de rénovation énergétique (G -> C)     35 000 €
   = Déficit foncier                              - 26 000 €

   Plafond rehaussé (rénovation énergétique)        21 400 €
   -> Économie d'impôt = 21 400 € x 41 % (TMI)     ≈ 8 774 €
   Excédent reporté : 4 600 € sur revenus fonciers (10 ans)

Pour un contribuable à 41 %, rénover une passoire thermique génère ici 8 774 € d'économie d'impôt la première année, tout en valorisant le bien et en le rendant louable durablement. Le déficit foncier est l'outil que nous détaillons dans notre guide dédié déficit foncier 2026.

Hagnéré Patrimoine

Un projet de travaux ? Le déficit foncier se calibre à l'avance

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7. Prélèvements sociaux 2026 : 17,2 % ou 18,6 % ?

La moitié des articles se trompent sur ce point en 2026. Vos revenus fonciers nets supportent les prélèvements sociaux au taux de 17,2 %, en plus de l'impôt sur le revenu. Décomposition : CSG 9,2 % + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 %.

L'erreur 2026 à ne pas commettre

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403) relève la CSG de 9,2 à 10,6 % — ce qui porte les prélèvements sociaux de 17,2 à 18,6 %. Mais cette hausse est limitée aux revenus mobiliers, aux plus-values mobilières et à la location meublée : les revenus fonciers de la location nue en sont expressément exclus et restent à 17,2 %. C'est même un argument en faveur du nu face au meublé. Tout contenu qui annonce 18,6 % sur des loyers nus est faux.

Concrètement, sur 100 € de revenu foncier net, vous payez 17,20 € de prélèvements sociaux, plus l'impôt sur le revenu à votre tranche. Bonne nouvelle complémentaire : 6,8 points de CSG sont déductibles de votre revenu global de l'année suivante (art. 154 quinquies du CGI) — un petit gain souvent oublié dans les déclarations.

Avec l'impôt et les prélèvements sociaux posés, vous pouvez maintenant chiffrer ce que vos loyers vous coûtent vraiment.

8. Combien allez-vous payer ? Le coût réel d'un loyer

La formule est simple : chaque euro de revenu foncier net vous coûte votre tranche marginale d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux. Soit, selon votre tranche :

Tableau comparatif : Tranche (TMI) — IR + PS — Sur 100 € de revenu net — Premier cas : 11 %
Tranche (TMI)IR + PSSur 100 € de revenu net
11 %28,2 %28,20 € de prélèvements
30 %47,2 %47,20 € de prélèvements
41 %58,2 %58,20 € de prélèvements
45 %62,2 %62,20 € de prélèvements

Barème de l'impôt sur le revenu 2026 (revenus 2025) : 0 % jusqu'à 11 600 €, 11 % jusqu'à 29 579 €, 30 % jusqu'à 84 577 €, 41 % jusqu'à 181 917 €, 45 % au-delà. La CSG déductible (6,8 pts) atténue légèrement le coût l'année suivante.

8.1 Cas pratique — François, 46 ans, divorcé : micro-foncier gagnant

François, divorcé, tranche à 30 %, loue un studio acheté comptant 800 € par mois, soit 9 600 € par an. Ses charges sont faibles (taxe foncière, assurance, petit entretien) : environ 2 270 €, soit 24 % des loyers.

Studio loué 9 600 €/an — François, TMI 30 %

MICRO-FONCIER (abattement 30 %) :
   Base imposable = 9 600 x 70 %                     6 720 €
   Impôt = 6 720 x 30 %                              2 016 €
   Prélèvements sociaux = 6 720 x 17,2 %             1 156 €
   TOTAL                                           ≈ 3 172 €

RÉGIME RÉEL (charges 2 270 €) :
   Base imposable = 9 600 - 2 270                    7 330 €
   Impôt + PS = 7 330 x 47,2 %                     ≈ 3 460 €

-> Le micro-foncier gagne : charges (24 %) < abattement (30 %)

Concrètement, sans crédit ni travaux, François a tout intérêt à rester au micro-foncier : l'abattement forfaitaire de 30 % est plus avantageux que ses charges réelles de 24 %. S'il finançait demain des travaux ou achetait à crédit, le calcul s'inverserait. C'est tout l'intérêt de refaire l'arbitrage chaque fois que votre situation change.

Une fois le régime choisi et le résultat calculé, reste à le déclarer correctement.

9. La déclaration 2044 : mode d'emploi

La déclaration 2044 est l'annexe où vous détaillez vos revenus fonciers au régime réel. Son résultat (bénéfice ou déficit) se reporte ensuite sur votre déclaration principale 2042.

Tableau comparatif : Votre situation — Ce que vous remplissez — Premier cas : Micro-foncier
Votre situationCe que vous remplissez
Micro-foncierRien de spécial : loyers bruts en case 4BE de la 2042
Régime réel (location classique)Déclaration 2044 complète, report en case 4BA
Bien en régime spécial (Malraux, MH, etc.)Déclaration 2044 spéciale
Parts de SCI à l'IR2044 à partir du relevé fourni par la SCI
Déficit foncier2044 (calcul) + report case 4BC / 4BB de la 2042

En pratique, remplissez la 2044 immeuble par immeuble : recettes en haut, puis chaque catégorie de charges sur sa ligne (frais de gestion, assurances, travaux, taxe foncière, intérêts), et le résultat se calcule automatiquement en ligne sur impots.gouv.fr. Conservez toutes vos pièces justificatives : en cas de contrôle, c'est à vous de prouver chaque charge déduite. Le calendrier suit celui de la déclaration de revenus — voir notre guide déclaration de revenus 2026.

10. La SCI à l'IR : qui déclare quoi ?

Beaucoup détiennent leur locatif via une société civile immobilière. Si la SCI est à l'impôt sur le revenu (le cas par défaut), elle est translucide (art. 8 du CGI) : ce n'est pas elle qui paie l'impôt, mais chaque associé, personnellement, sur sa quote-part de résultat.

En clair, la SCI calcule son résultat foncier (loyers moins charges, exactement comme un bailleur en direct), dépose une déclaration 2072, puis remet à chaque associé le montant à reporter sur sa propre 2044, au prorata de ses parts. Le déficit foncier remonte de la même façon vers les associés. Le choix entre SCI à l'IR (revenus fonciers) et SCI à l'IS (autre fiscalité, amortissement possible) est structurant — on le compare en détail dans notre guide SCI à l'IR ou à l'IS.

Reste un sujet que presque aucun guide ne traite sérieusement : les accidents de parcours du bailleur.

11. Loyers impayés, vacance, charges non récupérées

La règle de base rassure : vous n'êtes imposé que sur les loyers réellement encaissés. Un loyer impayé ne se déclare pas — vous ne payez pas d'impôt sur de l'argent que vous n'avez pas touché. Et les charges du bien (taxe foncière, assurance, intérêts) restent déductibles même pendant une période de vacance, à condition que le logement soit réellement destiné à la location et que vous le prouviez (annonces, mandat d'agence).

Abandon de loyer et provisions

Si vous renoncez à un loyer pour aider un locataire en difficulté, cet abandon peut, sous conditions, être déductible. Et si vous avez souscrit une assurance loyers impayés (GLI), sa prime est déductible — mais l'indemnité versée par l'assureur, elle, est imposable comme un loyer. Pensez à provisionner vos travaux et à lisser vos gros chantiers pour ne pas perdre une partie de votre déficit faute de revenus à effacer.

Tout ce qui précède concerne la location nue. Mais faut-il vraiment louer nu plutôt que meublé ?

12. Revenus fonciers ou location meublée (LMNP) en 2026 ?

C'est la grande question de tout bailleur. La location meublée (LMNP) relève des BIC, pas des revenus fonciers, et obéit à des règles très différentes. Le tableau ci-dessous résume l'essentiel.

Location nue (revenus fonciers)

Abattement micro 30 % jusqu'à 15 000 €. Charges réelles déductibles. Déficit foncier imputable sur le revenu global. Prélèvements sociaux à 17,2 % en 2026. Gestion simple, bail de 3 ans, locataire stable.

Location meublée (LMNP, BIC)

Abattement micro 50 % jusqu'à 83 600 € de recettes en 2026 (77 700 € pour les revenus 2025). Surtout : amortissement du bien au réel, qui efface souvent l'impôt pendant des années. Mais prélèvements sociaux à 18,6 % en 2026, gestion plus lourde, bail d'un an.

Dans les faits, le meublé est souvent plus efficace fiscalement grâce à l'amortissement, mais il est plus contraignant et désormais plus lourdement taxé aux prélèvements sociaux. Le nu reste pertinent pour qui veut de la simplicité, un locataire stable, et un déficit foncier sur de gros travaux. Le bon choix dépend de votre bien, de votre fiscalité et de vos objectifs — on le tranche dans notre comparatif revenus fonciers ou BIC et notre guide LMNP 2026.

13. Les 7 erreurs classiques à éviter

  1. Rester au micro-foncier avec un crédit ou des travaux. Dès que vos charges dépassent 30 % des loyers, le réel vous fait économiser — parfois beaucoup. Refaites l'arbitrage chaque année.
  2. Appliquer 18,6 % de prélèvements sociaux à des loyers nus. Les revenus fonciers restent à 17,2 % en 2026 : la hausse ne vise que le mobilier et le meublé.
  3. Déduire des travaux de construction ou d'agrandissement. Seuls la réparation, l'entretien et l'amélioration le sont. Une amélioration indissociable d'une reconstruction est perdue.
  4. Imputer la part « intérêts » du déficit sur le revenu global. Impossible : seules les autres charges génèrent le déficit imputable (10 700 €) ; les intérêts attendent vos futurs loyers.
  5. Oublier des charges déductibles. Forfait de gestion 20 €/local, assurance PNO, provisions de copropriété, intérêts : chaque oubli est de l'impôt payé en trop.
  6. Vendre avant 3 ans après un déficit foncier. L'avantage est repris si vous cessez de louer avant la fin de la 3e année suivante.
  7. Confondre location nue et meublée. Ce sont deux fiscalités distinctes (revenus fonciers vs BIC), avec des abattements et des seuils différents.

Les 3 choses à retenir

  • Sous 15 000 € de loyers et peu de charges, le micro-foncier (abattement 30 %) suffit ; dès qu'il y a crédit ou travaux, passez au réel.
  • Le déficit foncier (10 700 €, ou 21 400 € en rénovation énergétique jusqu'en 2027) efface de l'impôt sur l'ensemble de vos revenus.
  • En 2026, vos loyers nus restent aux prélèvements sociaux à 17,2 % — un avantage sur le meublé, désormais à 18,6 %.

Mentions et références

Textes — CGI : art. 14 (définition), 15-II, 28-29 (revenu net), 31 (charges), 32 (micro-foncier), 156-I-3° (déficit foncier), 8 (SCI à l'IR), 197 (barème), 154 quinquies (CSG déductible). CSS : art. L. 136-6 et L. 136-8 (CSG). LFSS 2026 (LOI n° 2025-1403 du 30/12/2025, art. 12) ; LF 2026 (LOI n° 2026-103 du 19/02/2026, art. 47). BOFiP : BOI-RFPI-BASE-20 (charges), BOI-RFPI-BASE-30-20 (déficit), BOI-RFPI-DECLA-30 (déclaration 2044). Jurisprudence : CE n° 421237 (reconstruction) ; CE n° 400441 (déficit après cession).

Article rédigé selon la législation, la loi de finances 2026 et la LFSS 2026 en vigueur au 2 juin 2026. La fiscalité dépend de votre situation personnelle et peut évoluer. Hagnéré Patrimoine — société de conseil en gestion de patrimoine, immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF, membre de la CNCEF Patrimoine), courtier d'assurance (COA) et courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP).

Hagnéré Patrimoine

Vos loyers méritent une stratégie, pas une déclaration au hasard

Choix micro/réel, déficit foncier, SCI, arbitrage nu/meublé : dans le cadre d'une lettre de mission, on chiffre vos scénarios et on vous remet une recommandation écrite. Premier rendez-vous offert, sans recommandation personnalisée.

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À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291
Questions fréquentes

Questions fréquentes sur les revenus fonciers 2026

Le micro-foncier (abattement forfaitaire de 30 %) est accessible si vos loyers bruts annuels ne dépassent pas 15 000 €. Le régime réel devient plus avantageux dès que vos charges réelles (intérêts d'emprunt, travaux, taxe foncière, etc.) dépassent 30 % de vos loyers : c'est presque toujours le cas avec un crédit ou des travaux. L'option pour le réel est irrévocable pendant 3 ans.

Au régime réel (art. 31 CGI) : les intérêts d'emprunt, les dépenses de réparation, d'entretien et d'amélioration des locaux d'habitation, la taxe foncière (hors ordures ménagères récupérables), les primes d'assurance, les frais de gestion (forfait de 20 € par local plus certains frais réels comme les honoraires) et les provisions pour charges de copropriété. Les dépenses de construction, reconstruction et agrandissement ne sont jamais déductibles.

Oui, la taxe foncière est déductible au régime réel, sauf la part de taxe d'enlèvement des ordures ménagères que vous récupérez auprès du locataire. Au micro-foncier, elle n'est pas déductible séparément : elle est réputée couverte par l'abattement forfaitaire de 30 %.

Les revenus fonciers (location nue) restent soumis aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 % en 2026 (CSG 9,2 + CRDS 0,5 + prélèvement de solidarité 7,5). La hausse de CSG de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (qui porte le taux à 18,6 %) ne vise PAS les revenus fonciers : elle frappe les revenus mobiliers, les plus-values mobilières et la location meublée. La CSG est déductible à hauteur de 6,8 points.

Quand vos charges déductibles (hors intérêts d'emprunt) dépassent vos loyers, vous créez un déficit foncier imputable sur votre revenu global, dans la limite de 10 700 € par an. Ce plafond est porté à 21 400 € à hauteur des travaux de rénovation énergétique faisant passer le logement de la classe E, F ou G à A, B, C ou D (dispositif prorogé jusqu'au 31/12/2027). L'excédent et la part liée aux intérêts se reportent sur vos revenus fonciers des 10 années suivantes. Vous devez louer le bien jusqu'au 31 décembre de la 3e année suivante.

Sont déductibles les travaux de réparation, d'entretien (remettre en état sans modifier la structure) et d'amélioration (apporter un équipement ou un confort nouveau sans toucher au gros œuvre : isolation, salle de bains, chauffage). Ne sont PAS déductibles les travaux de construction, de reconstruction et d'agrandissement. Attention : une dépense d'amélioration indissociable de travaux de reconstruction perd son caractère déductible.

La déclaration 2044 est obligatoire si vous êtes au régime réel, ou si vos loyers dépassent 15 000 €, ou si vous détenez des parts de SCI, ou si le bien relève d'un régime spécial (la 2044 spéciale). Au micro-foncier, vous reportez simplement le montant brut de vos loyers en case 4BE de la déclaration 2042 : aucune 2044 à remplir.

Une SCI à l'impôt sur le revenu est translucide (art. 8 CGI) : elle ne paie pas l'impôt elle-même. Chaque associé est imposé personnellement, dans la catégorie des revenus fonciers, sur sa quote-part de résultat correspondant à ses droits dans la société. La SCI dépose une déclaration 2072 et remet à chaque associé le montant à reporter sur sa 2044.

Vous n'êtes imposé que sur les loyers réellement encaissés : un loyer impayé n'est pas imposable (vous ne le déclarez pas). Les charges du bien restent déductibles même en période de vacance, à condition que le logement soit réellement destiné à la location. Un abandon de loyer consenti à un locataire en difficulté peut, sous conditions, être déductible.

Non. Un amendement proposait de relever l'abattement du micro-foncier de 30 à 50 %, mais il n'a pas été retenu dans la loi de finances pour 2026. L'abattement reste donc fixé à 30 %, et le plafond du régime micro à 15 000 € de loyers bruts.