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Guide expert 202620 minMis à jour 25 juin 2026Art. 14-33 + 50-0 + 156 CGI

Revenus fonciers vs BIC 2026 : économisez 4 000 €/an

Location nue ou meublée ? Micro ou réel ? Déficit foncier ou amortissement LMNP ? Ce guide compare les deux régimes fiscaux de l'immobilier locatif (revenus fonciers art. 14-33 CGI vs BIC art. 50-0 et 155 IV CGI), avec 5 cas pratiques chiffrés et toutes les nouveautés 2026 : réforme LMNP 2025 (réintégration PV), loi Le Meur (anti-Airbnb), dispositif Jeanbrun. PFU 31,4 % sur dividendes, intérêts, CTO et PV mobilières (PS 18,6 % depuis la LFSS 2026, y compris PEA/PER ; AV, foncier, PEL/CEL ouverts avant 2018 et PV immo maintiennent 17,2 %). 15 sections.

AUDIT FISCAL LOCATIF

Trancher nu vs meublé sur votre cas chiffré exact

Avant de signer le bail, un conseiller du cabinet simule les deux régimes (revenus fonciers vs BIC LMNP) sur 9, 15 et 22 ans avec PV réintégrée, PS foncier nu maintenus à 17,2 % vs LMNP-BIC porté à 18,6 % (LFSS 2026 art. 12), déficit foncier 10 700/21 400 €, et compare avec le dispositif Jeanbrun. Cabinet de conseil en gestion de patrimoine (CIF · COA · COBSP).

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

Sur lettre de mission signée

  • Simulation nu vs meublé chiffrée
  • Optimisation déficit foncier
  • Stratégie post-réforme LMNP 2025
  • Audit fiscal global (TMI, CEHR, IFI)

MICRO-FONCIER

≤ 15 k€

MICRO-BIC LD

≤ 77,7 k€

DÉFICIT FONCIER

10 700 €

RÉNO ÉNERG.

21 400 €

PS FONCIER NU

17,2 %

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

En 60 secondes

  • Pour qui ? Propriétaires bailleurs et futurs investisseurs locatifs (TMI 11 % à 45 %).
  • Ce qu'on y gagne : jusqu'à 10 700 €/an de déficit foncier imputable sur le revenu global, ou 0 € d'impôt sur 10 à 20 ans grâce à l'amortissement LMNP au régime réel.
  • Les 3 leviers : choix nu/meublé, micro vs réel, déficit foncier vs amortissement.
  • Le piège n°1 : rester au micro-foncier quand le réel ferait économiser 1 500 à 5 000 €/an.
  • Temps de lecture : 18 minutes (guide complet) ou 3 minutes (sections 5 et 13 pour décider).
  • Notre conseil : simuler les deux régimes avant de signer le bail — un mauvais choix se paye 10 ans.
§ 01NU VS MEUBLÉ·3 MIN

Location nue vs meublée : deux mondes fiscaux

Vous achetez un appartement à 200 000 € pour percevoir 12 000 € de loyers par an. Le louer vide ou meublé ? Ce simple choix décide de tout : revenus fonciers (déficit foncier imputable jusqu'à 10 700 €/an sur le revenu global) ou BIC (amortissement qui peut ramener votre impôt locatif à 0 € pendant 10 à 20 ans). Chez Hagnéré Patrimoine, nous simulons les deux régimes pour trancher sur votre cas réel.

Vous venez d'acheter un appartement pour le mettre en location. Ou vous êtes déjà propriétaire bailleur et vous vous demandez si vous payez trop d'impôts sur vos loyers. Dans les deux cas, une question revient toujours : faut-il louer vide ou meublé ?

La réponse ne tient pas en une phrase, car elle dépend de votre taux marginal d'imposition (TMI), de votre horizon de détention, de l'état du bien et de votre stratégie patrimoniale. Mais une chose est certaine : le choix entre location nue et meublée détermine votre catégorie d'imposition, vos déductions possibles, et au bout du compte le montant d'impôt que vous paierez chaque année.

Nu = revenus fonciers, meublé = BIC : la ligne de partage qui décide de tout

Location nue (appartement vide) = vos loyers sont des revenus fonciers, imposés selon les règles des articles 14 à 33 du CGI (Code Général des Impôts).

Location meublée (appartement équipé) = vos loyers sont des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), imposés selon les règles des articles 34, 35, 35 bis et 50-0 du CGI (l'art. 35 bis couvre spécifiquement la sous-location meublée de résidence principale).

Ce n'est pas un choix cosmétique. Ces deux catégories ont des régimes de déduction, des formulaires, des plafonds et des conséquences à la revente radicalement différents.

Références légales mobilisées dans ce guide

Code Général des Impôts (CGI) : art. 14, 28, 29, 31, 32, 35 bis, 39 C, 50-0, 150 U, 150 VB III, 150 VC, 151 septies, 155 IV, 156-I-3°, 197 A, 200-0 A, 206.

Lois récentes : loi n° 2024-1039 du 19/11/2024 (dite « loi Le Meur » anti-Airbnb), loi de finances 2025 (art. 84 créant l'art. 150 VB III CGI — réintégration des amortissements LMNP), LFSS 2026 (hausse CSG sur revenus mobiliers), loi de finances 2026 du 19/02/2026 (dispositif Jeanbrun, statut du bailleur privé).

BOFiP : BOI-RFPI-DECLA-10, BOI-RFPI-DECLA-20, BOI-RFPI-BASE-30-20, BOI-BIC-CHAMP-40-20, BOI-BIC-AMT-20-40-10.

Jurisprudence principale : CJUE de Ruyter C-623/13 (2015), CJUE Jahin C-45/17 (2018), CE 28/12/2012 n° 347607 (SCI IR + meublé), CE avis 05/07/2023 n° 471877 (para-hôtellerie et TVA), Cass. com. 20/12/2023 n° 22-17.612 (location meublée et biens professionnels exonérés d'ISF/IFI), Cons. const. 13/02/2025 n° 2025-874 DC (loi de finances pour 2025).

Ce guide Hagnéré Patrimoine est rédigé par un CGP immatriculé à l’ORIAS (CIF, COA, COBSP), à jour au 25 juin 2026.

Tableau comparatif : Critère — Location nue (revenus fonciers) — Location meublée (BIC) — Premier cas : Catégorie fiscale
CritèreLocation nue (revenus fonciers)Location meublée (BIC)
Catégorie fiscaleRevenus fonciers (RF)BIC (non professionnels ou professionnels)
Bail minimum3 ans (6 ans si bailleur personne morale)1 an (9 mois étudiant, 1-10 mois mobilité)
Régime simplifiéMicro-foncier : abattement 30 %Micro-BIC : abattement 50 %
Amortissement du bienNon (sauf dispositif Jeanbrun)Oui, par composants
Déficit imputableSur revenu global (10 700 €/an)BIC LMNP : sur BIC futurs uniquement
Prélèvements sociaux 202617,2 %18,6 % (LMNP) ou cotisations SSI ~30-40 % du bénéfice BIC (LMP)
Loyer moyenRéférence du marché nu+10 à 20 % par rapport au nu
Turnover locataireFaible (bail 3 ans)Plus élevé (bail 1 an)

Concrètement, si vous louez un T2 à Lyon à 650 € par mois en nu, vous pourriez le louer 750-780 € en meublé. Mais le meublé génère des charges supplémentaires : renouvellement du mobilier, vacance locative plus fréquente, gestion plus chronophage. L'écart de rendement net réel se situe souvent entre 1 et 2 points seulement.

La vraie différence se joue sur la fiscalité. Commençons par le régime de la location vide — le plus ancien, le plus utilisé, et celui qui cache deux options aux conséquences très différentes selon que vous avez un crédit ou non.

§ 02REVENUS FONCIERS·3 MIN

Comment fonctionnent les revenus fonciers en 2026 ?

Vous avez choisi de louer votre bien vide ? Vos loyers sont alors imposés dans la catégorie des revenus fonciers. Deux options s'offrent à vous : le micro-foncier (simple mais forfaitaire) ou le régime réel (plus complexe mais souvent plus avantageux).

Le micro-foncier : la simplicité avant tout

Le micro-foncier s'applique automatiquement si vos revenus fonciers bruts annuels ne dépassent pas 15 000 € par foyer fiscal (art. 32 CGI). Vous n'avez rien à calculer : l'administration applique un abattement forfaitaire de 30 %, censé couvrir toutes vos charges.

Revenu foncier imposable = Loyers bruts encaissés × 70 %

Concrètement, si vous percevez 12 000 € de loyers bruts par an, vous serez imposé sur 8 400 €. À TMI 30 % + 17,2 % de prélèvements sociaux (PS), cela représente 3 965 € d'impôt et PS, soit 33 % de vos loyers. Simple, mais pas forcément optimal.

Quand le micro-foncier vous pénalise

L'abattement de 30 % est forfaitaire : vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles. Si vous avez un crédit immobilier (intérêts déductibles), des travaux, ou des charges de copropriété élevées, vos charges réelles dépassent souvent 30 % des loyers. Dans ce cas, le régime réel vous fait payer moins d'impôt.

Le régime réel foncier : pour ceux qui veulent optimiser

Au régime réel, vous déduisez vos charges réelles de vos loyers bruts (art. 31 CGI). Voici la liste complète des charges déductibles :

Tableau comparatif : Charge déductible — Détail — Premier cas : Intérêts d'emprunt
Charge déductibleDétail
Intérêts d'empruntCapital emprunté pour l'achat ou les travaux
Travaux d'entretien et réparationRemise en état sans modification de la structure
Travaux d'améliorationAmélioration du confort (sauf construction/agrandissement)
Taxe foncièreHors TEOM (taxe d'enlèvement des ordures)
Charges de copropriétéProvisions pour charges (régularisées l'année suivante)
Frais de gestion20 € par local + frais d'agence de gestion
Assurance PNOAssurance propriétaire non occupant
Frais de procédureFrais d'avocat, huissier (litiges locatifs)

Concrètement, reprenons notre exemple de 12 000 € de loyers. Si vos charges réelles sont de 7 500 € (3 500 € d'intérêts + 1 200 € de taxe foncière + 2 000 € de travaux + 800 € de charges copro), votre revenu net foncier tombe à 4 500 €. L'impôt passe de 3 965 € (micro) à 2 124 € (réel) — soit 1 841 € d'économie.

La règle d'or du micro vs réel

Si vos charges réelles dépassent 30 % de vos loyers bruts, passez au réel. C'est presque toujours le cas quand vous avez un crédit immobilier en cours. L'option pour le réel est irrévocable pendant 3 ans, puis vous pouvez revenir au micro si vos revenus restent sous 15 000 €.

Mais le vrai atout du régime réel en location nue, c'est le déficit foncier — un mécanisme que nous détaillerons en section 4. Il permet de déduire l'excédent de charges directement de votre revenu global, réduisant votre IR sur les salaires et autres revenus.

Le statut du bailleur privé (dispositif Jeanbrun) : l'amortissement arrive en location nue

Nouveauté majeure de la loi de finances 2026 : le statut du bailleur privé (nom officiel ; « dispositif Jeanbrun » ou « Relance logement » sont des appellations médiatiques) permet pour la première fois d'amortir un bien en location nue. Il est créé par l'article 47 de la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), codifié aux articles 31 I-1° i et j du CGI, et applicable aux acquisitions réalisées du 21 février 2026 au 31 décembre 2028. Voir en particulier son volet ancien avec travaux (seuil 30 %, DPE A/B).

Tableau comparatif : Caractéristique — Neuf (ou VEFA) — Ancien réhabilité — Premier cas : Taux amortissement intermédiaire
CaractéristiqueNeuf (ou VEFA)Ancien réhabilité
Taux amortissement intermédiaire3,5 % / an3 % / an
Taux amortissement social4,5 % / an3,5 % / an
Taux amortissement très social5,5 % / an4 % / an
Durée d'engagement9 ans (minimum)9 ans (minimum)
Logement éligibleHabitat collectif uniquementHabitat collectif uniquement
Plafonds loyers / ressourcesFixés par décret (zonage A/B1/B2/C)Idem

Statut du bailleur privé vs LMNP : un rééquilibrage historique

Jusqu'en 2025, l'amortissement était l'avantage exclusif de la location meublée. Le statut du bailleur privé change la donne : un bailleur en location nue peut désormais amortir son bien à 3 à 5,5 % par an. Pour en savoir plus, vous pouvez Choisir entre Jeanbrun (foncier) et LMNP (BIC) selon votre profil. C'est l'arbitrage qui change tout pour les investisseurs qui préfèrent la stabilité du bail nu (3 ans) tout en captant un avantage fiscal proche du LMNP — et sans réintégration des amortissements à la revente (seul le LMNP subit l'art. 150 VB III CGI depuis le 15 février 2025).

Applicable depuis le 21/02/2026 sans décret d'application requis (confirmation ministre Jeanbrun 20/03/2026). Les plafonds de loyers par zone et de ressources des locataires sont fixés par l'arrêté du 6 janvier 2026 et précisés par le BOFiP BOI-BAREME-000017 publié le 10 mars 2026 ; un CGP pourra sécuriser l'éligibilité de votre bien et le niveau de conventionnement (intermédiaire / social / très social) le plus adapté.

Hagnéré Patrimoine

Vos charges dépassent 30 % — faut-il basculer au régime réel ?

Un CGP Hagnéré Patrimoine simule votre régime optimal (micro-foncier vs réel, micro-BIC vs réel) sur votre bien réel en intégrant charges, intérêts d'emprunt et plus-value à la revente.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 03BIC LMNP·3 MIN

Comment fonctionnent les BIC en location meublée ?

Vous louez meublé ? Vos revenus ne sont plus des revenus fonciers mais des BIC — Bénéfices Industriels et Commerciaux. C'est la grande particularité de la location meublée : fiscalement, vous exercez une activité commerciale, même si vous n'avez qu'un seul studio.

Le micro-BIC : plus généreux que le micro-foncier

Tableau comparatif : Type de location meublée — Plafond de recettes — Abattement — Premier cas : Longue durée (bail classique, étudiant, mobilité)
Type de location meubléePlafond de recettesAbattement
Longue durée (bail classique, étudiant, mobilité)77 700 € (recettes 2025) puis 83 600 € (recettes 2026)50 %
Meublé de tourisme classé (2 à 5 étoiles)77 700 € (recettes 2025) puis 83 600 € (recettes 2026)50 %
Chambres d'hôtes77 700 € (recettes 2025) puis 83 600 € (recettes 2026)50 %
Meublé de tourisme non classé (Airbnb sans classement)15 000 €30 %

Concrètement, en location longue durée, si vous percevez 12 000 € de loyers meublés, vous n'êtes imposé que sur 6 000 € (après abattement de 50 %). À TMI 30 % + 18,6 % de PS, cela fait 2 916 € d'impôt — contre 3 965 € en micro-foncier pour le même montant de loyers nus.

Attention : la loi anti-Airbnb de 2024

Depuis la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, les meublés de tourisme non classés (type Airbnb sans étoiles) voient leur plafond micro-BIC réduit à 15 000 € avec seulement 30 % d'abattement — aligné sur le micro-foncier. Si vous faites de la location courte durée non classée, le micro-BIC a perdu son avantage.

Le régime réel simplifié : l'arme de l'amortissement

C'est ici que la location meublée prend tout son avantage. Au régime réel BIC, vous déduisez vos charges réelles (intérêts, taxe foncière, assurance, frais de gestion, expert-comptable...) ET vous amortissez le bien immobilier et le mobilier.

L'amortissement, c'est comme si l'administration reconnaissait que votre bien perd de la valeur chaque année. En réalité, un appartement prend souvent de la valeur, mais fiscalement, vous déduisez une fraction du prix chaque année :

Tableau comparatif : Composant — Durée d'amortissement — Taux annuel — Premier cas : Gros œuvre
ComposantDurée d'amortissementTaux annuel
Gros œuvre50-80 ans1,25 à 2 %
Toiture25 ans4 %
Installations électriques et plomberie25 ans4 %
Étanchéité15 ans6,67 %
Agencements intérieurs15 ans6,67 %
Mobilier5-7 ans14 à 20 %
TerrainNon amortissable0 %

Concrètement, pour un appartement acheté 200 000 € (dont 170 000 € hors terrain — un terrain représente généralement 10 à 20 % du prix selon la zone, et n'est jamais amortissable), l'amortissement annuel total tourne autour de 5 000 à 7 000 €, selon la ventilation par composants. Ajoutez les charges déductibles, et il est fréquent que le résultat BIC soit nul pendant 10 à 20 ans. Dans ce cas, zéro impôt sur vos loyers meublés (les amortissements déduits seront réintégrés dans la plus-value en cas de revente).

Règle clé : l'amortissement ne crée pas de déficit

L'amortissement peut ramener le résultat BIC à zéro, mais pas en dessous (art. 39 C CGI). L'excédent d'amortissement non utilisé est mis en réserve sous forme d'Amortissements Réputés Différés (ARD), reportables sans limite de durée. Les ARD se réactivent dès que votre résultat redevient positif.

Le régime réel nécessite un expert-comptable (coût : 300 à 600 € par an, déductible) et la tenue d'une liasse fiscale (formulaire 2031 + annexes). C'est plus lourd administrativement, mais l'économie fiscale est considérable.

§ 04LEVIER FISCAL·3 MIN

Déficit foncier ou amortissement LMNP : quel levier fiscal choisir ?

C'est la question que tout investisseur se pose : entre le déficit foncier en location nue et l'amortissement LMNP en location meublée, lequel est le plus puissant ?

Déficit foncier (location nue)

Imputable sur le revenu global jusqu'à 10 700 €/an (21 400 € pour la rénovation énergétique d'une passoire thermique — bien classé DPE E, F ou G passant à A/B/C/D — dispositif prolongé jusqu'au 31 décembre 2027 par la LF 2026). Excédent reportable 10 ans sur revenus fonciers. Impact immédiat : réduit votre IR sur les salaires.

Amortissement LMNP (location meublée)

Ramène le résultat BIC à zéro (pas de déficit possible, art. 39 C CGI). ARD (Amortissements Réputés Différés) reportables sans limite de durée. Effet régulier pendant 10 à 20 ans selon la durée de vie des composants amortis. Mais ne réduit que l'impôt sur vos BIC meublés, pas sur les salaires.

Déficit foncier doublé à 21 400 € : le dispositif prolongé jusqu'en 2027

Pour pousser les bailleurs à rénover les passoires thermiques, l'État double le plafond du déficit foncier imputable sur le revenu global : il passe de 10 700 € à 21 400 € par an, à condition d'utiliser ces 10 700 € supplémentaires pour des travaux de rénovation énergétique (art. 156-I-3° CGI modifié). Les conditions à cocher :

  • Faire passer le bien d'une étiquette énergie E, F ou G (les passoires thermiques) à A, B, C ou D après travaux.
  • Avoir un devis signé après le 5 novembre 2022, avec paiement des travaux entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2027 (la loi de finances 2026 a prolongé le dispositif de 2 ans — il expirait initialement fin 2025).
  • S'engager à louer en vide pendant 3 ans à compter de la dernière imputation.

Concrètement, pour un dirigeant à TMI 45 % qui impute la totalité des 21 400 €, c'est 9 630 € d'impôt en moins l'année qui suit les travaux (21 400 × 45 %).

Tableau comparatif : Critère — Déficit foncier — Amortissement LMNP — Premier cas : Impact sur le revenu global
CritèreDéficit foncierAmortissement LMNP
Impact sur le revenu globalOui (jusqu'à 10 700 €/an)Non (BIC uniquement)
Durée de l'avantageTant qu'il y a des travaux + report 10 ans10-20 ans (durée de vie des composants)
Obligation de maintien3 ans de location nue après imputationAucune durée minimum
Impact à la reventeAucun (PV des particuliers classique)Réintégration des amortissements (depuis 2025)
Hors plafond des niches fiscalesOui (art. 200-0 A CGI)Oui
Complexité administrativeFormulaire 2044 (accessible seul)Liasse 2031 (expert-comptable recommandé)

Concrètement, prenons un investisseur à TMI 30 % avec 15 000 € de travaux la première année en location nue. Le déficit foncier lui permet de déduire 10 700 € de son revenu global — soit une économie immédiate de 3 210 € (10 700 × 30 % : l'imputation sur le revenu global n'économise que l'IR, jamais les prélèvements sociaux, qui ne portent que sur un résultat foncier net positif). Le solde de 4 300 € est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.

En LMNP au réel, l'amortissement de 6 000 € par an annule le résultat BIC, soit une économie de 2 916 € par an (6 000 × 48,6 %, PS LMNP à 18,6 %). Moins spectaculaire la première année, mais l'effet se répète chaque année pendant 10-20 ans.

Notre analyse : le bon choix dépend de votre horizon

Vous avez des travaux importants à faire ? Le déficit foncier en location nue offre un impact fiscal immédiat et puissant sur le revenu global.

Vous cherchez un avantage fiscal régulier sur la durée ? L'amortissement LMNP est plus adapté — mais attention à la plus-value à la revente depuis la réforme 2025.

Vous prévoyez de revendre avant 15 ans ? La location nue est souvent préférable (pas de réintégration d'amortissements).

§ 05CHOIX PAR TMI·2 MIN

Nu ou meublé : quel régime paie moins d'impôt selon votre TMI ?

Votre tranche d'imposition change tout. Sur chaque euro de revenu locatif imposable (donc après abattement ou déduction des charges, pas sur le loyer brut), un bailleur dans la tranche à 11 % laisse 28,2 % à l'État (les 11 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux). Un dirigeant à TMI 45 % en laisse 62,2 % — presque deux euros sur trois. Voici le comparatif sur un même bien générant 10 000 € de loyers bruts annuels :

Tableau comparatif : TMI — Micro-foncier (nu) : impôt total — Micro-BIC (meublé) : impôt total — Réel foncier (charges 40 %) : impôt total — Réel BIC (résultat nul via amortissement) — Premier cas : 11 %
TMIMicro-foncier (nu) : impôt totalMicro-BIC (meublé) : impôt totalRéel foncier (charges 40 %) : impôt totalRéel BIC (résultat nul via amortissement)
11 %1 974 € (28,2 % × 7 000 €)1 480 € (29,6 % × 5 000 €)1 692 € (28,2 % × 6 000 €)0 €
30 %3 304 € (47,2 % × 7 000 €)2 430 € (48,6 % × 5 000 €)2 832 € (47,2 % × 6 000 €)0 €
41 %4 074 € (58,2 % × 7 000 €)2 980 € (59,6 % × 5 000 €)3 492 € (58,2 % × 6 000 €)0 €
45 %4 354 € (62,2 % × 7 000 €)3 180 € (63,6 % × 5 000 €)3 732 € (62,2 % × 6 000 €)0 €

Concrètement, un cadre supérieur à TMI 41 % qui perçoit 10 000 € de loyers nus au micro-foncier paie 4 074 € d'impôt — plus de 40 % de ses loyers. Le même bien en LMNP au réel, avec un résultat BIC nul grâce à l'amortissement : 0 €. L'écart est considérable.

Mais attention : ces chiffres ne tiennent pas compte de la plus-value à la revente. Depuis 2025, les amortissements déduits en LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value (voir section 7). Sur un horizon de 15-20 ans, l'écart se réduit sensiblement.

Hagnéré Patrimoine

Quel est votre TMI réel — et quel régime locatif en découle ?

Votre TMI détermine le gain exact de chaque régime (foncier réel, micro-BIC, LMNP réel). Un CGP Hagnéré Patrimoine calcule votre TMI et simule l'impact de chaque option sur votre bien.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 06PS & CSG·2 MIN

Prélèvements sociaux et CSG déductible

Vous venez de voir l'effet de votre tranche d'imposition. Mais l'IR n'est qu'une partie de la facture : à côté, deux prélèvements moins visibles peuvent peser autant — voire plus — sur le rendement net. Les prélèvements sociaux, et pour le meublé uniquement, la CFE (un impôt local que personne ne voit venir). Et là, attention au piège médiatique : la hausse de 1,4 point qui a fait la une à l'automne 2025 épargne la location nue (revenus fonciers), qui reste à 17,2 % — mais frappe la location meublée (LMNP/BIC), qui passe à 18,6 % depuis 2026.

PS 2026 : la dualité à connaître

La hausse votée fin 2025 (+1,4 point sur la CSG, qui porte les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %) frappe les revenus du patrimoine — dont les loyers meublés (LMNP/BIC), qui passent à 18,6 %. Restent à 17,2 % : la location nue (revenus fonciers), les plus-values immobilières des particuliers, l'assurance-vie et le PEL/CEL ouverts avant 2018. Le PEA et le PER basculent en revanche à 18,6 %, comme les dividendes, les intérêts et les plus-values mobilières. Autrement dit : nue 17,2 %, meublé 18,6 % — une distinction décisive pour l'arbitrage.

La CSG déductible : l'économie que 90 % des bailleurs oublient

Sur les 17,2 % de PS payés, 6,8 % de CSG sont déductibles de votre revenu global l'année suivante. Ce montant apparaît en case 6DE de la déclaration 2042 (souvent pré-rempli par l'administration).

CSG déductible = Revenus fonciers nets (ou BIC nets) × 6,8 %

Concrètement, si votre revenu net foncier est de 8 000 €, vos PS sont de 1 376 € (17,2 %). La CSG déductible est de 544 € (8 000 × 6,8 %). À TMI 30 %, cette déduction vous fait économiser 163 € supplémentaires l'année suivante. Ce n'est pas énorme, mais c'est de l'argent gratuit que beaucoup laissent sur la table.

LMP et cotisations SSI : le piège des hauts revenus meublés

Si vos recettes meublées dépassent 23 000 € par an et vos autres revenus d'activité, vous basculez automatiquement en LMP (Loueur Meublé Professionnel). Conséquence directe : les 18,6 % de prélèvements sociaux sont remplacés par les cotisations sociales des indépendants (SSI, l'équivalent URSSAF des indépendants) — entre 30 et 40 % du bénéfice BIC, avec un plancher forfaitaire annuel d'environ 1 250 € même quand vous êtes en déficit comptable ou en première année d'activité.

En contrepartie, vous gagnez deux avantages que le LMNP n'a pas : votre déficit BIC s'impute sur l'ensemble de vos revenus (y compris vos salaires), et après 5 ans d'activité vous êtes exonéré de plus-value sous conditions de chiffre d'affaires (art. 151 septies CGI).

La CFE : le coût caché de la location meublée

En louant meublé, vous exercez une activité commerciale — ce qui vous rend redevable de la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises). C'est un impôt local souvent ignoré lors des simulations, mais qui représente 200 à 800 € par an selon la commune et la valeur locative cadastrale de votre bien.

CFE : ce qu'il faut savoir

Exonération la 1re année : vous ne payez pas de CFE l'année de début d'activité.

Exonération si recettes inférieures à 5 000 € : les LMNP dont les recettes annuelles sont inférieures à 5 000 € sont exonérés de la base minimum de CFE (art. 1647 D CGI).

Paiement : la CFE se paie en ligne sur votre espace professionnel impots.gouv.fr, avant le 15 décembre de chaque année. Elle est déductible en charge BIC au régime réel.

En location nue, vous n'êtes pas redevable de la CFE — c'est un avantage rarement mentionné qui réduit l'écart de rendement net entre nu et meublé de 200 à 800 € par an.

Voilà pour la fiscalité du quotidien. Reste l'autre moitié de l'équation, celle qu'on oublie de simuler tant que la revente paraît lointaine : le jour où vous vendez le bien. Et là, depuis 2025, le LMNP a perdu un de ses meilleurs atouts.

§ 07PV LMNP 2025·3 MIN

Comment est calculée la plus-value LMNP depuis la réforme 2025 ?

La plus-value immobilière est le moment de vérité. Et c'est là que la réforme de 2025 a changé la donne pour le LMNP.

En location nue : rien ne change

Quand vous vendez, la plus-value (prix de vente moins prix d'achat) est taxée à 19 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux = 36,2 % sur la plus-value brute, avant les abattements liés à la durée de détention. Le prix d'achat peut être majoré des frais d'acquisition (réels ou forfait de 7,5 % du prix d'achat) et des travaux (réels ou forfait de 15 % du prix d'achat, applicable uniquement si vous détenez le bien depuis plus de 5 ans).

En 30 secondes : les abattements pour durée de détention en location nue

Tous les abattements ci-dessous s'appliquent à la plus-value brute (prix de vente − prix d'acquisition corrigé), et démarrent au-delà de la 5e année complète de détention.

Abattement IR (impôt à 19 %) : 0 % les 5 premières années, puis 6 % par an de la 6e à la 21e année (96 %), puis 4 % la 22e année (100 %). Exonération totale d'IR à 22 ans.

Abattement PS (17,2 %) : 0 % les 5 premières années, puis 1,65 % par an de la 6e à la 21e année (26,4 %), 1,6 % la 22e année (28 %), puis 9 % par an de la 23e à la 30e (100 %). Exonération totale de PS à 30 ans.

En LMNP : la réintégration des amortissements (depuis 2025)

Depuis le 15 février 2025 (art. 150 VB III du CGI, issu de la loi de finances 2025), les amortissements déduits en LMNP sont réintégrés dans le prix d'acquisition pour le calcul de la plus-value. En clair : la base imposable de votre plus-value augmente du montant total des amortissements que vous avez déduits.

Ce que ça change concrètement

Prenons un bien acheté 200 000 € et revendu 250 000 € après 15 ans, avec 80 000 € d'amortissements déduits. Avant la réforme, la plus-value brute était de 50 000 €. Depuis la réforme, elle est de 130 000 € (50 000 + 80 000 d'amortissements réintégrés). Après abattements pour durée (15 ans = 60 % d'abattement IR), la plus-value nette IR passe de 20 000 € à 52 000 €. Surcoût fiscal : environ 17 570 € (6 080 € d'IR supplémentaire et 11 490 € de prélèvements sociaux supplémentaires), avant l'éventuelle surtaxe sur les plus-values imposables supérieures à 50 000 €.

Deux exceptions à connaître. D'abord, les résidences de services (étudiantes, seniors, EHPAD — relevant des articles L.631-12 et L.631-13 du Code de la construction et de l'habitation) sont exonérées de cette réintégration. C'est une niche que beaucoup de gestionnaires de patrimoine utilisent pour neutraliser la réforme — détails dans notre guide LMNP 2026. Ensuite, les amortissements que vous avez mis en réserve sans les déduire (les fameux ARD, amortissements réputés différés, créés quand votre bénéfice annuel ne suffisait pas) ne sont pas réintégrés non plus. D'où l'intérêt, si vous comptez revendre vite, de n'amortir que le strict nécessaire chaque année.

Cette réforme réduit significativement l'avantage fiscal du LMNP sur le long terme. La question n'est plus simplement « nu ou meublé ? » mais « sur quel horizon comptez-vous revendre ? »

§ 08DÉCLARATION·2 MIN

Comment déclarer : formulaires 2044 vs 2031

Chaque régime a ses formulaires. Voici un récapitulatif pour ne pas vous tromper — une erreur de formulaire est l'un des pièges les plus fréquents chez les bailleurs.

Tableau comparatif : Situation — Formulaires à remplir — Cases clés — Premier cas : Micro-foncier (nu)
SituationFormulaires à remplirCases clés
Micro-foncier (nu)2042 uniquementCase 4BE (loyers bruts)
Réel foncier (nu)2042 + 20444BA (bénéfice) ou 4BB/4BC (déficit)
Micro-BIC (meublé)2042 + 2042-C-PRO5ND (recettes) ou 5PD (conjoint)
Réel BIC (meublé)2042 + 2042-C-PRO + 2031 + annexes5NA (bénéfice) ou 5NY (déficit)

Calendrier déclaratif 2026 (revenus 2025)

Tableau comparatif : Échéance — Date — Premier cas : Ouverture déclaration en ligne
ÉchéanceDate
Ouverture déclaration en ligne9 avril 2026
Date limite papier (tous départements)19 mai 2026
En ligne — Dept. 01 à 19 + non-résidents21 mai 2026
En ligne — Dept. 20 à 5428 mai 2026
En ligne — Dept. 55 à 9764 juin 2026
Liasse 2031 (BIC réel, via espace pro)2e jour ouvré de mai 2026

L'erreur qui coûte cher

De nombreux bailleurs en meublé déclarent leurs loyers en revenus fonciers (formulaire 2044) au lieu des BIC (2042-C-PRO). Résultat : ils paient plus d'impôt car ils ne bénéficient ni de l'abattement de 50 % en micro-BIC, ni de l'amortissement en réel. Si vous louez meublé, vos revenus sont des BIC — toujours.

§ 09CAS PARTICULIERS·3 MIN

SCI, Airbnb, non-résidents : cas particuliers

SCI et location meublée : le piège de l'IS

Mauvaise surprise classique : si votre SCI à l'IR commence à louer un seul de ses biens en meublé, elle bascule automatiquement à l'impôt sur les sociétés (art. 206-2 CGI) — et c'est en général un piège fiscal majeur.

L'administration tolère une exception : tant que les loyers meublés restent sous 10 % des recettes totales de la SCI (BOI-IS-CHAMP-10-30 § 320 ; un franchissement occasionnel est neutralisé si la moyenne de l'année en cause et des trois années antérieures reste sous 10 %, § 330), vous pouvez rester à l'IR. Au-delà, basculement immédiat à l'IS, avec trois conséquences lourdes :

  • Vos bénéfices sont taxés au taux réduit d'IS de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous condition de CA < 10 M€ et capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques), puis 25 % au-delà.
  • À la revente, la plus-value est calculée sur la valeur nette comptable (prix d'achat moins amortissements déduits), sans aucun abattement de durée. Vous perdez l'exonération à 22 ans.
  • Pour sortir l'argent en personnel, vous passez par un dividende imposé à la flat tax de 31,4 % en droit commun en 2026 (12,8 % IR + 18,6 % PS).

Airbnb et location courte durée : les nouvelles règles

Depuis la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 (dite « loi Le Meur » ou anti-Airbnb), les règles ont été durcies pour les locations de courte durée :

  • Meublés de tourisme non classés (Airbnb sans étoiles) : plafond abaissé à 15 000 € avec 30 % d'abattement seulement.
  • Meublés de tourisme classés + chambres d'hôtes : plafond abaissé à 77 700 € pour les revenus 2025 (83 600 € à partir de 2026) avec 50 % d'abattement (au lieu de 188 700 € / 71 % auparavant).

Les plateformes transmettent automatiquement vos revenus au fisc. L'enregistrement sur Déclaloc est obligatoire au plus tard le 20 mai 2026 (sanctions : 10 000 € pour défaut d'enregistrement, 20 000 € pour fausse déclaration).

Attention au piège des « petits services » sur Airbnb : si vous proposez au moins 3 prestations parmi 4 — ménage régulier en cours de séjour, fourniture du linge, petit-déjeuner, accueil personnalisé du client — vous quittez le statut de meublé classique pour entrer en para-hôtellerie. C'est ce qu'a tranché le Conseil d'État dans son avis du 5 juillet 2023 (n° 471877, alignement sur CJUE Blasi C-346/95).

La conséquence est immédiate : la TVA, jusque-là interdite sur la location meublée, devient obligatoire à 10 % sur chaque nuitée au-dessus des seuils de franchise (sortie du champ d'exonération TVA de l'art. 261 D 4° CGI).

Franchise en base TVA 2026 : les seuils à connaître

L'activité para-hôtelière est une prestation de services. Elle bénéficie de la franchise en base TVA (art. 293 B CGI). Mécanisme à deux étages :

  • Seuil ordinaire 37 500 € : si vos recettes restent sous ce plafond l'année N, vous êtes franchisé sans TVA.
  • Seuil majoré 41 250 € : tolérance applicable si vous étiez franchisé l'année N−1 et si vos recettes N restent sous ce plafond. Au premier dépassement de 41 250 €, vous devenez redevable de la TVA dès le 1er jour du mois de dépassement.

Position prudente : la rédaction définitive de la LF 2026 et le décret d'application peuvent réviser ces seuils (la franchise unique à 25 000 € prévue par la LF 2025 a été reportée). Vérifiez le BOFiP BOI-TVA-DECLA-40-10 au moment de votre déclaration.

En contrepartie de l'assujettissement TVA, vous récupérez la TVA sur le mobilier, les travaux et les frais de gestion — avantage rarement mentionné qui peut être très significatif sur un gros investissement (rénovation à 100 000 € HT = 20 000 € de TVA récupérable).

Non-résidents : une fiscalité spécifique

Si vous êtes non-résident fiscal français mais louez un bien en France, vos loyers restent imposés ici. Le fisc applique un taux minimum d'imposition : 20 % sur la fraction des revenus français inférieure ou égale à 29 579 € par part de quotient familial, puis 30 % au-delà (art. 197 A CGI). Si le barème progressif standard donne un taux supérieur, c'est lui qui s'applique.

Côté prélèvements sociaux, c'est là que ça devient intéressant : si vous êtes affilié à la sécurité sociale d'un pays de l'Espace Économique Européen (UE + Norvège, Islande, Liechtenstein) ou de la Suisse, vous êtes exonéré de la CSG et de la CRDS. Vous ne payez plus que le prélèvement de solidarité à 7,5 % au lieu des 17,2 %. C'est l'effet de l'arrêt de Ruyter rendu par la CJUE le 26 février 2015 (C-623/13) — et toujours applicable en 2026.

Indivision et location : chaque indivisaire a son propre statut

Vous investissez à plusieurs (couple non marié, fratrie, bien hérité) ? Bonne nouvelle : en indivision, chaque indivisaire est individuellement LMNP ou LMP selon sa propre situation fiscale. Le seuil de 23 000 € de recettes meublées (et la condition « recettes > autres revenus d'activité ») s'apprécient au niveau de chaque foyer fiscal, pas au niveau de l'indivision globale.

Exemple concret

Paul et Marie (non mariés) achètent un appartement meublé en indivision 50/50 qui génère 30 000 € de loyers. Paul, cadre salarié à 60 000 €, perçoit 15 000 € : il reste LMNP (sous 23 000 €). Marie, auto-entrepreneuse à 20 000 €, perçoit aussi 15 000 € : elle reste LMNP. Mais si Marie acquiert un autre studio meublé à 10 000 €, ses recettes totales passent à 25 000 € et dépassent ses revenus d'activité : elle bascule en LMP seule, avec cotisations SSI. Paul reste LMNP.

L'indivision dépose une déclaration 2031 unique, et chaque indivisaire reporte sa quote-part sur sa propre 2042-C-PRO.

Frontaliers et location française : un cas hybride

Si vous êtes frontalier franco-suisse, franco-belge ou franco-luxembourgeois et que vous louez un bien en France, vos revenus locatifs restent imposables en France au titre de l'article 6 de la convention fiscale applicable. Vous bénéficiez des taux du barème progressif (avec taux minimum de 20 %) et non du taux minimum des non-résidents classiques. Si vous êtes affilié à la sécurité sociale suisse, luxembourgeoise ou belge, vous êtes exonéré de CSG/CRDS sur les loyers — seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû (de Ruyter, CJUE C-623/13).

§ 10BASCULE NU→MEUBLÉ·2 MIN

Comment passer de la location nue à la location meublée ?

Vous louez actuellement en nu et vous vous demandez si un passage en meublé serait plus avantageux ? C'est possible, mais il y a des règles à respecter.

Tableau comparatif : Étape — Détail — Premier cas : 1. Vérifier le délai déficit foncier
ÉtapeDétail
1. Vérifier le délai déficit foncierSi vous avez imputé du déficit foncier, attendez 3 ans après la dernière imputation (art. 156-I-3° CGI)
2. Attendre la fin du bailDonnez congé au locataire (6 mois avant l'échéance) ou attendez la fin du bail en cours
3. Meubler le logementConformément au décret 2015-981 : 11 éléments obligatoires (lit, table, chaises, luminaires, etc.)
4. S'immatriculerInscription à l'INPI via le formulaire P0i pour obtenir un SIRET
5. Signer un bail meubléBail de 1 an (ou 9 mois étudiant), avec inventaire du mobilier en annexe
6. Choisir votre régime BICMicro-BIC (automatique) ou option réel (courrier au SIE avant la date limite de déclaration)

Le piège du déficit foncier

Si vous avez imputé un déficit foncier sur votre revenu global au cours des 3 dernières années et que vous passez en meublé avant le 31 décembre de la 3e année, l'administration peut remettre en cause l'imputation. Concrètement, vous devrez rembourser l'avantage fiscal obtenu. Attendez toujours la fin du délai de 3 ans.

§ 11JURISPRUDENCE·3 MIN

Que dit la jurisprudence récente sur la fiscalité locative ?

La fiscalité des revenus fonciers et des BIC locatifs a été profondément redessinée ces trois dernières années. Voici les arrêts et décisions à connaître — ceux que nos concurrents ne citent jamais mais qui font toute la différence en cas de contrôle fiscal.

Tableau comparatif : Décision — Date / numéro — Principe — Impact pratique — Premier cas : CJUE de Ruyter
DécisionDate / numéroPrincipeImpact pratique
CJUE de Ruyter26/02/2015 — C-623/13Exonération CSG/CRDS pour non-résidents EEE affiliés à une sécu étrangèreFrontaliers et expatriés : PS réduits à 7,5 % au lieu de 17,2 %
CJUE Jahin18/01/2018 — C-45/17Extension de Ruyter aux Suisses affiliés CH (accord bilatéral)Exclusion confirmée des résidents hors EEE/Suisse
Cons. const. (LF 2025)13/02/2025 — n° 2025-874 DCSaisine sur la loi de finances pour 2025 : les articles contestés sont les art. 9, 17, 18, 27, 32, 46, 103, 106, 109, 135, 152, 177 et 186L'art. 84 (réintégration des amortissements LMNP) ne figure pas parmi eux : il n'a fait l'objet d'aucun contrôle de constitutionnalité
Cass. com.20/12/2023 — n° 22-17.612Location meublée et biens professionnels exonérés d'ISF (art. 885 R CGI) : la prépondérance s'apprécie sur le bénéfice net, non sur les recettes brutesUn loueur en meublé dont l'activité dégage un bénéfice nul ou un déficit ne peut pas exonérer ses immeubles
CE (avis 9e-10e ch.)05/07/2023 — n° 471877Requalification en para-hôtellerie dès 3 services sur 4Airbnb actif : TVA 10 % obligatoire au-delà de la franchise de base
CE 3e-8e ss-sect.28/12/2012 — n° 347607SCI à l'IR faisant du meublé = bascule automatique à l'ISPiège classique à éviter (tolérance 10 % des recettes)
RM Berger (doctrine reprise au BOFiP)JO AN 11/05/1981, p. 2009Franchissement occasionnel du seuil de 10 % neutralisé si la moyenne de l'année en cause et des trois années antérieures reste sous 10 %SCI à l'IR : tolérance appréciée sur 4 exercices (BOI-IS-CHAMP-10-30 § 330)
BOI-RFPI-BASE-30-20 § 340 et 370MAJ 16/09/2025Délai 3 ans de maintien en location nue post-imputation déficit foncierNon-respect = remise en cause rétroactive de l'imputation (art. 156-I-3° CGI)

Ce que la jurisprudence change pour vous

1. Pour les frontaliers : l'arrêt de Ruyter divise par plus de 2 votre facture de prélèvements sociaux sur les loyers. Vérifiez votre affiliation à une sécu étrangère.

2. Pour les investisseurs Airbnb : si vous fournissez ménage, linge, petit-déjeuner ET accueil personnalisé, vous basculez en para-hôtellerie avec TVA obligatoire. L'arrêt du 5 juillet 2023 a durci la qualification.

3. Pour les dirigeants en SCI : louer meublé via votre SCI à l'IR au-delà de 10 % des recettes bascule la SCI à l'IS (art. 206 CGI). La plus-value à la revente passe alors en régime professionnel, sans abattement pour durée de détention.

§ 12CAS PRATIQUES·5 MIN

Cas pratiques chiffrés (5 personas fictifs)

La théorie est posée : vous connaissez les régimes, les seuils, les pièges et les décisions de justice qui les encadrent. Reste à voir ce que ça donne en euros sur des situations réelles. Cinq profils, cinq simulations chiffrées — et un cas qui montre l'effet de la réforme 2025 sur une revente après 15 ans.

Cas 1 : Julie, 34 ans, cadre à Lyon — TMI 30 %

Julie, développeuse informatique, gagne 48 000 € nets par an. Elle vient d'acheter un T2 de 45 m² à Lyon 7e pour 180 000 € avec un crédit de 150 000 € à 3,30 % sur 20 ans. Le loyer en nu serait de 620 €/mois. En meublé : 720 €/mois.

Tableau comparatif : Élément — Nu — Réel foncier — Meublé — Réel BIC (LMNP) — Premier cas : Loyers annuels
ÉlémentNu — Réel foncierMeublé — Réel BIC (LMNP)
Loyers annuels7 440 €8 640 €
Intérêts d'emprunt- 4 600 €- 4 600 €
Taxe foncière- 850 €- 850 €
Charges copro + assurance- 900 €- 900 €
Frais gestion / comptable- 200 €- 500 €
Amortissement—- 5 200 €
Résultat imposable890 €0 € (ARD : 3 410 €)
IR + PS (TMI 30 %)420 €0 €

Concrètement, Julie économise 420 € d'impôt par an en meublé. Sur 15 ans, cela représente environ 6 300 €. Mais à la revente, la réintégration des amortissements lui coûtera environ 4 000 à 5 000 € de plus-value supplémentaire. Bilan net : le meublé reste légèrement plus avantageux.

Cas 2 : Antoine, 52 ans, dirigeant à Bordeaux — TMI 41 %

Antoine, gérant de SARL, gagne 95 000 € nets. Il possède un appartement ancien de 75 m² acheté 280 000 € et prévoit 35 000 € de travaux de rénovation (toiture + plomberie + isolation).

Tableau comparatif : Élément — Nu — Réel foncier (année 1) — Meublé — Réel BIC (LMNP) — Premier cas : Loyers annuels
ÉlémentNu — Réel foncier (année 1)Meublé — Réel BIC (LMNP)
Loyers annuels10 800 €12 600 €
Charges déductibles (hors travaux)- 6 200 €- 6 200 €
Travaux / amortissement travaux- 35 000 € (travaux)- 7 500 € (amortissements)
Résultat- 30 400 € (déficit)0 € (ARD : 1 100 €)
Imputation sur revenu global (plafond 10 700 €)10 700 €—
Report sur revenus fonciers futurs (10 ans)19 700 €—
Économie IR année 1 (imputation sur RG × TMI 41 %)4 387 €0 €
Économie IR + PS sur revenus fonciers positifs effacés+ 2 677 € (4 600 € × 58,2 %)0 €
Total économie année 1≈ 7 064 €≈ 3 110 € (résultat BIC pré-amort. 6 400 € × 48,6 %)

Pourquoi l'imputation sur revenu global n'économise que l'IR (pas les PS)

Le déficit foncier imputé sur le revenu global (10 700 €) diminue seulement l'impôt sur le revenu — soit 10 700 × TMI 41 % = 4 387 €. Les prélèvements sociaux (17,2 %) ne sont pas économisés sur cette imputation car ils ne s'appliquent pas au revenu global, seulement aux revenus du capital.

En revanche, la fraction du déficit qui compense les revenus fonciers positifs (ici 4 600 €, soit loyers 10 800 € − charges courantes 6 200 €) fait échapper ces revenus aux IR + PS (58,2 % à TMI 41 %) — d'où les 2 677 € supplémentaires d'économie.

Concrètement, la première année, Antoine économise environ 7 000 € en location nue grâce au déficit foncier imputé sur ses revenus de dirigeant. C'est plus efficace que le LMNP qui ne réduit que l'impôt sur les loyers meublés (environ 3 110 €). Les années suivantes, le report de 19 700 € continue à réduire ses revenus fonciers (avec IR + PS évités à chaque fois).

Cas 3 : Martine, 67 ans, retraitée à Annecy — TMI 30 %

Martine touche une pension de 26 000 € par an. Elle loue 2 studios meublés qui lui rapportent 18 000 € par an. Attention : 18 000 € de recettes meublées, c'est sous le seuil de 23 000 €, et c'est aussi inférieur à sa pension (18 000 € contre 26 000 €). Est-elle en LMP ?

Le piège de Martine : pas de bascule LMP

Non. Les deux conditions du LMP sont cumulatives (art. 155 IV CGI) : recettes supérieures à 23 000 € ET supérieures aux autres revenus. Martine ne dépasse pas le premier seuil (23 000 €), elle reste LMNP. Attention au calcul de la seconde condition : les revenus comparés comprennent les traitements et salaires au sens de l'article 79 du CGI, donc aussi les pensions de retraite (BOI-BIC-CHAMP-40-10 § 150). Avec 26 000 € de pension, Martine resterait LMNP même à 24 000 € de loyers : il faudrait que ses recettes meublées dépassent à la fois 23 000 € et le montant de sa pension. À surveiller.

Cas 4 : Sophie et Marc, 38 ans, premiers investisseurs — TMI 30 %

Sophie (infirmière) et Marc (commercial) gagnent 65 000 € nets à eux deux. Ils achètent un studio de 25 m² à Toulouse pour 95 000 € avec un crédit de 80 000 € à 3,50 % sur 15 ans. Loyer nu : 430 €/mois. Loyer meublé : 500 €/mois.

Tableau comparatif : Élément — Nu — Micro-foncier — Meublé — Micro-BIC — Meublé — Réel BIC — Premier cas : Loyers annuels
ÉlémentNu — Micro-foncierMeublé — Micro-BICMeublé — Réel BIC
Loyers annuels5 160 €6 000 €6 000 €
Abattement / charges30 % (= 3 612 € imposable)50 % (= 3 000 € imposable)Charges + amortissement
Résultat imposable3 612 €3 000 €0 €
IR + PS (TMI 30 %)1 705 €1 458 €0 €
Revenu net après impôt3 455 €4 542 €6 000 €

Concrètement, pour un premier investissement modeste, le LMNP au réel sort devant de loin : 6 000 € nets contre 3 455 € en micro-foncier, soit +74 % de revenu net. L'écart de 2 545 € par an justifie largement les 400 € d'expert-comptable.

Cas 5 : Laurent, 58 ans, TMI 30 %, revente LMNP après 15 ans — le choc de la réintégration

Laurent (TMI 30 %) a acheté un T3 à Nantes en 2010 pour 200 000 € (dont 20 000 € de terrain et 10 000 € de frais). Il l'a loué en LMNP au réel pendant 15 ans et a déduit 80 000 € d'amortissements. Il le revend en 2026 pour 250 000 €. Quel est le choc de la réintégration des amortissements (art. 150 VB III CGI, applicable depuis le 15 février 2025) ?

Tableau comparatif : Étape — Avant la réforme (règle d'avant 2025) — Après la réforme (depuis 15/02/2025) — Premier cas : Prix de vente
ÉtapeAvant la réforme (règle d'avant 2025)Après la réforme (depuis 15/02/2025)
Prix de vente250 000 €250 000 €
Prix d'acquisition (avec frais)210 000 €210 000 €
Réintégration des amortissements—+ 80 000 €
Prix d'acquisition corrigé (base PV)210 000 €130 000 €
Plus-value brute40 000 €120 000 €
Abattement IR 15 ans (60 %)- 24 000 €- 72 000 €
PV imposable IR16 000 €48 000 €
IR à 19 %3 040 €9 120 €
Abattement PS 15 ans (≈ 16,5 %)- 6 600 €- 19 800 €
PV imposable PS33 400 €100 200 €
PS à 17,2 %5 744 €17 234 €
Total IR + PS à la revente8 784 €≈ 26 354 €

Le surcoût Laurent : +17 570 € à la revente, mais un bilan encore positif

La réforme 2025 alourdit la facture de Laurent à la revente : il passe de 8 784 € à environ 26 354 € d'impôt et prélèvements sociaux, soit 17 570 € de plus qu'avant la réforme.

Mais il faut comparer ce coût à l'économie réalisée chaque année grâce à l'amortissement. Sur 15 ans, Laurent a économisé en moyenne 2 517 € d'impôt par an, soit environ 37 755 € au total. Bilan net : + 20 185 € en faveur du LMNP, soit autour de 1 345 € par an de gain net après revente.

Conclusion : le LMNP reste rentable sur 15-20 ans, mais l'écart avec la location nue se resserre nettement. Sur un horizon court (moins de 10 ans), la location nue avec travaux peut redevenir gagnante. Astuce technique : les amortissements mis en réserve (les ARD que vous n'avez jamais déduits) ne sont pas réintégrés. D'où l'intérêt, si une revente rapide est dans vos plans, de n'amortir que ce qui efface votre bénéfice annuel — pas un euro de plus.

Hagnéré Patrimoine

Quel régime est optimal sur 15 ans, revente comprise ?

Chaque situation est unique : amortissements, réintégration en plus-value, TMI, horizon. Un CGP Hagnéré Patrimoine simule les deux régimes sur votre bien réel, revente comprise.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 13ERREURS·2 MIN

Quelles erreurs éviter en location nue ou meublée ?

Même avec une bonne stratégie, les erreurs de déclaration ou de gestion peuvent coûter cher. Voici les 14 pièges les plus fréquents observés chez les bailleurs, avec pour chacun la conséquence concrète et la solution pour l'éviter.

Tableau comparatif : Erreur — Conséquence — Comment l'éviter — Premier cas : Déclarer du meublé en revenus fonciers (2044)
ErreurConséquenceComment l'éviter
Déclarer du meublé en revenus fonciers (2044)Perte de l'abattement 50 % ou de l'amortissementLocation meublée = BIC = formulaire 2042-C-PRO
Rester en micro-foncier avec un crédit en coursSurpaiement de 500-2 000 €/anSimuler le réel dès qu'il y a un emprunt
Oublier la CSG déductible (case 6DE)Perte de 100-300 €/an de déductionVérifier le montant pré-rempli chaque année
Passer en meublé avant 3 ans de déficit foncierRemise en cause de l'imputation (art. 156-I-3° CGI, BOI-RFPI-BASE-30-20 § 340 et 370)Attendre 3 ans après la dernière imputation
Ne pas ventiler les composants d'amortissementAmortissement sous-optimal pendant 50+ ansFaire appel à un expert-comptable spécialisé
Ignorer le seuil LMP (23 000 €)Cotisations SSI imprévues de 4 000-8 000 €/anSurveiller vos recettes chaque année
Amortir le terrain en LMNPRedressement fiscal (le terrain n'est jamais amortissable)Évaluer le terrain à 10-20 % du prix d'achat (zone tendue 15-20 %)
Louer meublé en SCI IR au-delà de 10 %Bascule automatique à l'IS (CE 28/12/2012 n° 347607)Maintenir les recettes meublées sous 10 % (moyenne glissante 4 ans)
Oublier l'inscription au SIRET pour du meubléPas de déclaration 2031 possible + majoration art. 1728 CGIS'immatriculer au guichet unique INPI dans les 15 jours
Ne pas anticiper la réintégration des amortissementsSurcoût de 15 000-30 000 € à la revente (art. 150 VB III CGI)Intégrer la PV dans votre simulation sur 15-20 ans
Oublier la CFE en location meublée200-800 €/an de charge imprévue + base minimum majorée sans déclaration 1447-C-SDL'intégrer dans votre simulation de rendement dès le départ
Omettre la télétransmission EDI-TDFC de la 2031Liasse non reçue = majoration 10 % (art. 1728 CGI) voire 40 % avec mise en demeureUtiliser un logiciel EDI agréé ou passer par un expert-comptable
Meublé non conforme au décret 2015-981 (11 éléments)Le locataire peut saisir le juge pour requalification en bail nu → rétroactivité BIC → réintégration amortissements + majorationChecklist mobilier obligatoire + inventaire signé en annexe du bail
Non-résident hors EEE/Suisse qui sur-déclare PS 7,5 %Rejet + rappel CSG/CRDS avec intérêts de retardL'arrêt de Ruyter ne vaut que pour affiliation sécu EEE/CH
§ 14STRATÉGIE PROFIL·2 MIN

Quelle stratégie selon votre profil ?

Après avoir décortiqué tous les régimes, voici notre synthèse sous forme d'arbre de décision simplifié.

Tableau comparatif : Votre situation — Régime recommandé — Pourquoi — Premier cas : TMI 11 %, pas de crédit, petit bien
Votre situationRégime recommandéPourquoi
TMI 11 %, pas de crédit, petit bienMicro-foncier (nu) ou micro-BIC (meublé)Simplicité maximale, écart fiscal faible
TMI 30 %+, crédit en cours, bien récentLMNP au réelAmortissement = souvent zéro impôt sur les loyers pendant 10-20 ans
TMI 41-45 %, bien ancien à rénoverLocation nue + déficit foncierImpact immédiat sur le revenu global (6 000+ €/an d'économie)
Retraité, revenus modestesLMNP au réel MAIS surveiller le seuil LMPNe pas dépasser 23 000 € de recettes meublées
Plusieurs biens, patrimoine > 500 k€Mix nu + meublé via SCI + directDiversifier les enveloppes fiscales
Revente prévue avant 15 ansLocation nue au réelPas de réintégration d'amortissements à la revente
Non-résident EEELocation nue ou LMNP + PS réduits à 7,5 %Exonération CSG/CRDS (arrêt de Ruyter)

Concrètement, il n'existe pas de réponse universelle. Le meilleur régime dépend de votre TMI, de votre horizon de détention, de l'état du bien et de votre stratégie patrimoniale globale. La simulation chiffrée sur votre cas réel est le seul moyen de trancher avec certitude.

Un conseil avant de choisir

Ne prenez pas cette décision seul. Un conseiller en gestion de patrimoine peut simuler les deux régimes sur votre situation réelle — y compris la plus-value à la revente — et vous éviter des milliers d'euros d'impôts inutiles. Pour votre situation, consultez un CGP.

Méthode documentée

Votre régime locatif optimal — simulation complète sur votre bien

Un CGP Hagnéré Patrimoine compare revenus fonciers vs BIC, micro vs réel, et quantifie l'impact à la revente (réintégration des amortissements en LMNP depuis la réforme Le Meur).

Bilan gratuitCGP immatriculé à l’ORIASSans engagement

Mise à jour : 25 juin 2026. Sources : Code Général des Impôts (CGI art. 14, 14 A, 28, 29, 31, 32, 35 bis, 39 C, 50-0, 150 VB III, 151 septies, 155 IV, 156-I-3°, 197 A, 200-0 A, 206-2, 235 ter, 261 D 4°, 293 B, 1447 bis), BOFiP (BOI-RFPI-DECLA-10, BOI-RFPI-DECLA-20, BOI-RFPI-BASE-30-20, BOI-BIC-CHAMP-40-10, BOI-BIC-CHAMP-40-20, BOI-IS-CHAMP-10-30, BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20, BOI-IF-CFE-10-30-30-50), Légifrance, loi n° 2024-1039 du 19/11/2024 (Le Meur), loi n° 2025-127 du 14/02/2025 (LF 2025 art. 84), loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026 art. 47), Cons. const. n° 2025-874 DC, CJUE C-623/13 (de Ruyter) et C-45/17 (Jahin), CE n° 347607 et avis n° 471877, Cass. com. 20/12/2023 n° 22-17.612, impots.gouv.fr, Service-Public.fr, URSSAF.fr. Les chiffres et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 1er janvier 2026 (revenus 2025), sous réserve des actualisations BOFiP et des décrets d'application en cours de publication.

Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine pour une recommandation adaptée à votre situation.

§ 15GLOSSAIRE·2 MIN

Glossaire — 12 notions clés

Le vocabulaire de la fiscalité locative mêle CGI, BOFiP et jurisprudence. Ce glossaire récapitule les 12 termes incontournables pour bien arbitrer entre revenus fonciers et BIC.

Revenus fonciers

Loyers de location nue (non meublée). Régime micro-foncier (≤ 15 000 €, abatt. 30 %) ou réel (charges déduites, déficit foncier). Art. 14 à 33 CGI.

BIC location meublée

Bénéfices Industriels et Commerciaux. Régime micro-BIC (≤ 83 600 € en 2026, abatt. 50 %) ou réel (amortissement). Art. 50-0 CGI.

Déficit foncier (art. 156-I-3°)

Excédent de charges foncières sur les loyers, imputable jusqu'à 10 700 €/an sur le revenu global (21 400 € pour rénovation énergétique jusqu'au 31/12/2027).

Amortissement LMNP

Déduction comptable de l'usure du bien (par composants : gros œuvre 50-80 ans, mobilier 5-7 ans). Le terrain (10-20 %) n'est pas amortissable.

LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel)

Recettes meublées ≤ 23 000 € OU inférieures aux autres revenus d'activité du foyer (salaires, pensions, BIC hors meublé, BA, BNC, art. 62). Régime BIC, pas de cotisations SSI.

LMP (Loueur Meublé Professionnel)

Recettes meublées > 23 000 € ET supérieures aux autres revenus d'activité du foyer, pensions de retraite comprises (art. 155 IV CGI, BOI-BIC-CHAMP-40-10 § 150). Cotisations SSI 35-40 %, déficit imputable sur le revenu global.

Réintégration PV LMNP (art. 150 VB III)

Depuis la LF 2025 : les amortissements déduits sont réintégrés à la PV à la revente. Exception : résidences de services (étudiantes, seniors, EHPAD).

Loi Le Meur (anti-Airbnb)

Loi 2024-1039 du 19/11/2024 : durcit les meublés de tourisme (plafonds micro-BIC divisés par 3-5, autorisations préalables, enregistrement).

Dispositif Jeanbrun (art. 47 LF 2026)

Successeur du Pinel. Premier dispositif d'amortissement en location nue (3 à 5,5 %/an). Conditions : neuf ou ancien rénové, 9 ans, plafonds loyers/ressources.

CSG déductible (6,8 %)

Sur les 17,2 % de PS, 6,8 % de CSG sont déductibles du revenu global N+1 (art. 154 quinquies CGI). Applicable au micro comme au réel, pré-rempli case 6DE.

SCI à l'IR vs SCI à l'IS

SCI IR : transparente, chaque associé déclare sa quote-part en revenus fonciers. SCI IS : amortit le bien (15 % puis 25 %), mais PV calculée sur valeur nette comptable.

CFE (Cotisation Foncière des Entreprises)

Due sur la location meublée (activité commerciale), pas sur la location nue. 200-800 €/an selon commune. Exonération 1re année et si recettes < 5 000 €.

ACCOMPAGNEMENT

Arbitrer nu vs meublé avec un CGP en architecture ouverte

Cabinet de conseil en gestion de patrimoine (CIF · COA · COBSP) : simulation chiffrée des deux régimes, optimisation déficit foncier vs amortissement, intégration réforme LMNP 2025 et dispositif Jeanbrun.

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Optimiser sa fiscalité locative avec un CGP multi-partenaires, non détenu par une banque ni par un assureur

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Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

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Sources et références légales

  • Code général des impôts

    Art. 14 à 33 (revenus fonciers), 31 (charges déductibles foncier), 32 (micro-foncier 15 000 €), 50-0 (micro-BIC 83 600/15 000 € en 2026), 155 IV (LMP), 156-I-3° (déficit foncier 10 700 €/21 400 € rénovation énergétique), 150 VB III (réintégration PV LMNP, LF 2025), 197 A (taux minimum non-résidents), 1647 D (CFE), 47 LF 2026 (dispositif Jeanbrun).

  • Code de la sécurité sociale

    Art. L. 136-7 et L. 136-8 modifié par LFSS 2026 art. 12 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : la CSG patrimoine passe de 9,2 % à 10,6 %, portant les PS de droit commun à 18,6 %. Le IV dérogatoire maintient à 17,2 % les revenus fonciers nus, l'assurance-vie, les PV immobilières et les PEL/CEL ouverts avant 2018 ; le PEA et le PER relèvent du taux de droit commun de 18,6 %. Le LMNP-BIC bascule à 18,6 % via le f) de l'art. L. 136-6 CSS — angle souvent confondu.

  • BOFiP

    BOI-RFPI-DECLA-10 (déclaration revenus fonciers), BOI-BIC-CHAMP-40-20 (location meublée non professionnelle), BOI-BIC-DEF (régime réel BIC), BOI-RFPI-BASE-30-20-20250916 (déficit foncier), BOI-BARÈME-000017 du 10/03/2026 (plafonds Jeanbrun).

  • Lois récentes

    Loi 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026, art. 47 — dispositif Jeanbrun), loi 2025-127 du 14/02/2025 (LF 2025, art. 84 — réintégration amortissements LMNP), loi 2024-1039 du 19/11/2024 (loi Le Meur, anti-Airbnb), LFSS 2026 (PS 18,6 % maintenus en droit commun).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est fourni à titre informatif et éducatif. L'arbitrage nu vs meublé dépend étroitement de votre situation (TMI, horizon de détention, montant du crédit, travaux prévus, profil locatif). Les 5 cas pratiques sont des personas entièrement fictifs et toute ressemblance avec des personnes réelles serait fortuite. La fiscalité immobilière évolue (réforme LMNP 2025, loi Le Meur, dispositif Jeanbrun, LFSS 2026). Pour votre situation, consultez un conseiller en gestion de patrimoine. Hagnéré Patrimoine — Conseil en Gestion de Patrimoine immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine).

Foire aux questions

Tout sur la fiscalité locative nu vs meublé — sans détour.

Fondamentaux & arbitrage, régimes & plafonds, déclaration & paiement, PS / PV / cas particuliers, nouveautés 2026. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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Prendre rendez-vous
  • Tout dépend du type de location. Si vous louez nu (sans meubles), vos loyers sont des revenus fonciers : abattement de 30 % au micro-foncier, ou charges réelles déduites au régime réel (art. 31 CGI). Si vous louez meublé (LMNP/LMP), ce sont des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux). Avantage clé du meublé au réel : vous amortissez le bien, ce qui peut ramener votre impôt locatif à zéro pendant 10 à 20 ans.