CDHR 2026 : contribution différentielle sur les hauts revenus

Vous gagnez plus de 250 000 € par an ? La contribution différentielle (CDHR) impose un taux minimum d'imposition de 20 %. Calcul pas à pas, interaction avec le PFU et la CEHR, mécanisme de lissage, stratégies d'optimisation et 5 cas pratiques chiffrés.

Taux minimum 20 %
Seuil 250 000 €
Décote progressive
Cumul CEHR + CDHR

1. Qu'est-ce que la CDHR ?

Vous avez reçu un dividende important cette année. Ou vous avez vendu votre entreprise. Ou vous avez réalisé un rachat sur votre assurance-vie. Et là, surprise : votre taux d'imposition effectif est bien inférieur à 20 %. La flat tax à 12,8 % d'IR, les abattements, les dispositifs de défiscalisation — tout cela a fait son travail. Sauf que depuis 2025, l'État a décidé que ce n'était plus acceptable.

La CDHR — Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus — est un impôt plancher. Son principe est simple : si votre taux d'imposition effectif est inférieur à 20 % de votre revenu fiscal de référence (RFR), vous payez la différence. Ni plus, ni moins.

CDHR : la définition en une phrase

La CDHR garantit que tout contribuable dont le RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple) paie au minimum 20 % d'impôt sur le revenu — quelle que soit la composition de ses revenus ou les dispositifs utilisés.

Instituée par l'article 10 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (loi de finances pour 2025) et codifiée à l'article 224 du Code général des impôts, la CDHR a été reconduite par l'article 2 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (LF 2026), après validation par le Conseil constitutionnel (décision n° 2024-874 DC) — et ce, tant que le déficit public reste supérieur à 3 % du PIB. Autrement dit : c'est une pérennisation de facto.

Pourquoi « différentielle » ? Parce qu'elle ne s'ajoute pas mécaniquement à votre impôt. Elle comble un écart. Si vous payez déjà 20 % ou plus, elle ne vous coûte rien. Si vous payez 15 %, elle vous fait payer les 5 % manquants. C'est un filet de sécurité fiscal, pas une surtaxe classique.

Voyons maintenant qui est réellement concerné — car la réponse va peut-être vous surprendre.

📚 Références légales mobilisées dans ce guide

  • Article 224 du CGI — Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR)
  • Article 223 sexies du CGI — Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR)
  • Article 200 A du CGI — Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU)
  • Article 150-0 D ter du CGI — Abattement fixe 500 000 € pour départ à la retraite
  • Article 4 B du CGI — Domicile fiscal (résidence fiscale)
  • Loi n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 10 — Création de la CDHR
  • Loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 2 — Reconduction LF 2026
  • Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 — LFSS 2026 (PS à 18,6 % sur mobiliers)
  • Conseil constitutionnel n° 2024-874 DC — Validation de la CDHR
  • BOFiP BOI-IR-CHR — Doctrine administrative officielle

2. Qui est concerné par la CDHR en 2026 ?

Si vous êtes salarié avec un TMI de 30 %, même avec un bon salaire, il y a de fortes chances que la CDHR ne vous concerne pas. En revanche, si vos revenus proviennent principalement de dividendes, de plus-values ou de rachats d'assurance-vie — là, c'est une autre histoire.

SituationSeuil de RFRDécote jusqu'à
Célibataire, divorcé, veuf250 000 €330 000 €
Couple marié ou pacsé (imposition commune)500 000 €660 000 €

Concrètement, environ 24 000 foyers fiscaux sont concernés en France. Ce n'est pas un impôt de masse — c'est un impôt ciblé sur les très hauts revenus dont le taux effectif tombe sous 20 % grâce au PFU ou à des dispositifs d'optimisation.

Les profils les plus exposés

  • Dirigeants de SASU qui se versent principalement des dividendes (PFU à 12,8 % d'IR)
  • Investisseurs mobiliers avec des plus-values importantes soumises au PFU
  • Détenteurs d'assurance-vie réalisant des rachats significatifs (taux réduit 7,5 %)
  • Cédants d'entreprise avec des plus-values exceptionnelles

À l'inverse, les hauts salaires au barème progressif (TMI 41-45 %) sont rarement touchés — leur taux effectif dépasse déjà 20 %.

Deux conditions cumulatives : être résident fiscal français (art. 4 B du CGI) et avoir un RFR supérieur aux seuils. Les non-résidents sont exclus — contrairement à la CEHR.

Maintenant que vous savez si vous êtes concerné, une question fondamentale se pose : quelle est la différence entre la CDHR et la CEHR, cette autre contribution qui porte un nom presque identique ?

3. Quelle différence entre CDHR et CEHR ?

La confusion est fréquente — et compréhensible. CEHR, CDHR : les acronymes se ressemblent, les seuils sont identiques (250 000 € / 500 000 €), et les deux visent les hauts revenus. Mais leur mécanique est radicalement différente.

CritèreCEHR (art. 223 sexies CGI)CDHR (art. 224 CGI)
NatureSurtaxe additionnelleImpôt plancher (différentiel)
ArticleArt. 223 sexies CGIArt. 224 CGI
Créée en2011 (LF 2012)2025 (LF 2025 art. 10, reconduite LF 2026 art. 2)
Seuil célibataire250 000 € de RFR250 000 € de RFR retraité
Seuil couple500 000 € de RFR500 000 € de RFR retraité
Taux3 % (250k→500k) puis 4 % (au-delà)Différentiel jusqu'à 20 %
RFR utiliséRFR classique (art. 1417-IV CGI)RFR « retraité » (ajusté)
Non-résidentsOUI — assujettisNON — exclus
CaractèrePermanentTemporaire (tant que déficit public supérieur à 3 % PIB)
Prise en compte mutuelleNon déduite de la CDHR initialementOui — la CEHR est déduite du calcul CDHR

Concrètement, la CEHR est une surtaxe qui s'ajoute toujours à votre IR, quel que soit votre taux effectif. La CDHR, elle, est un filet : elle ne s'active que si, après IR et CEHR, votre taux effectif reste sous 20 %. Les deux se cumulent, mais sans double emploi — la CEHR vient en déduction dans le calcul de la CDHR.

Ce tableau de comparaison est unique — aucun concurrent ne le présente aussi clairement. Passons maintenant au calcul pas à pas.

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4. Comment calculer la CDHR pas à pas

Le calcul de la CDHR peut sembler complexe, mais il suit une logique en 5 étapes. Voici la marche à suivre.

Étape 1 — Calculer le RFR « retraité »
  = RFR classique
  + plus-values mobilières AVANT abattement durée
  + revenus exonérés réintégrés
  − abattement dirigeant 500 000 €
  (revenus exceptionnels : retenus pour 1/4 seulement)

Étape 2 — Calculer l'impôt cible
  = RFR retraité × 20 %

Étape 3 — Calculer les impôts déjà acquittés
  = IR au barème
  + CEHR
  + Part IR du PFU (12,8 % — pas les PS)
  + Prélèvements libératoires post-15/02

Étape 4 — Calculer la CDHR brute
  = Impôt cible − Impôts déjà acquittés
  (si positif : vous devez la différence)

Étape 5 — Appliquer la décote (si RFR retraité
  est inférieur à 330 000 € ou 660 000 €)
  = CDHR brute × coefficient de décote

Concrètement, prenons un exemple rapide. Franck, dirigeant de SASU, perçoit 1 000 000 € de dividendes et 20 000 € de salaire. Son IR au barème est faible (le salaire) et il paie 12,8 % de PFU sur les dividendes, soit 128 000 €. Son RFR retraité est d'environ 1 020 000 €.

Impôt cible : 1 020 000 × 20 % = 204 000 €. Impôts déjà acquittés : environ 128 000 € (PFU) + 2 400 € (IR salaire) + 15 600 € (CEHR) = 146 000 €. CDHR brute = 204 000 − 146 000 = 58 000 €. C'est le montant supplémentaire que Franck devra verser.

Attention : les prélèvements sociaux ne comptent pas

Les 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS, contribution autonomie) sur les revenus mobiliers ne sont pas pris en compte dans le calcul des impôts déjà acquittés. Seule la part « IR » (12,8 % du PFU) compte. C'est la raison principale pour laquelle les revenus au PFU déclenchent massivement la CDHR.

Mais cette formule brute est adoucie par un mécanisme essentiel : la décote. C'est ce que nous allons voir maintenant.

5. Comment fonctionne la décote pour lisser l'effet de seuil ?

Sans décote, un contribuable à 250 001 € de RFR paierait brutalement la CDHR alors que celui à 249 999 € n'en paierait pas un centime. Pour éviter cet effet couperet, une décote linéaire est prévue.

SituationSeuil d'entréeFin de la décote (CDHR à taux plein)
Célibataire250 000 €330 000 € (= 250 000 × 1,32)
Couple500 000 €660 000 € (= 500 000 × 1,32)

Concrètement, entre 250 000 et 330 000 € (célibataire), la CDHR est réduite progressivement. À 250 000 €, elle est quasi nulle. À 330 000 €, elle atteint son plein effet. C'est un coefficient linéaire qui lisse la transition.

Pour un dirigeant dont le RFR est de 280 000 €, la décote réduit significativement la CDHR. Au-delà de 330 000 €, plus aucun lissage — la CDHR s'applique à plein.

Un autre mécanisme de lissage existe pour les revenus ponctuels : le mécanisme du quart.

6. Revenus exceptionnels : le mécanisme du quart

Vous avez vendu votre entreprise cette année et réalisé une plus-value de 2 millions d'euros. L'année prochaine, vos revenus retomberont à 80 000 €. Devez-vous payer la CDHR sur l'intégralité de cette plus-value ?

Non — à condition que le revenu soit qualifié d'exceptionnel. Le mécanisme du quart permet de ne retenir que 25 % du montant dans le RFR retraité, au lieu de 100 %.

Conditions pour qualifier un revenu d'exceptionnel

  • Le revenu ne doit pas être susceptible d'être perçu chaque année
  • Son montant doit dépasser la moyenne des revenus des 3 années précédentes
  • Le contribuable doit documenter le caractère exceptionnel lors de la déclaration

Depuis la LF 2026, la CEHR correspondant aux revenus exceptionnels est elle aussi prise en compte proportionnellement (au quart).

Concrètement, sur une plus-value de cession de 2 000 000 €, seuls 500 000 € sont retenus dans le RFR retraité pour le calcul de la CDHR. L'économie est considérable : la CDHR passe de plusieurs centaines de milliers d'euros à quelques dizaines de milliers.

Attention : la qualification d'exceptionnel s'apprécie au cas par cas et peut être contestée par l'administration. Un dirigeant qui distribue des dividendes exceptionnels chaque année aura du mal à les faire qualifier d'exceptionnels.

Maintenant que vous maîtrisez le calcul, voyons les situations concrètes les plus fréquentes — en commençant par les dividendes.

7. Quel impact de la CDHR sur les dividendes au PFU ?

C'est le cas qui concerne le plus de contribuables. Si vous êtes dirigeant de SASU et que vous vous versez principalement des dividendes, la CDHR transforme radicalement votre fiscalité.

Sans CDHR, un euro de dividende coûte 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'IR (PFU) + 18,6 % de prélèvements sociaux (dont la nouvelle contribution autonomie de 1,4 point). Avec la CDHR, le taux effectif peut grimper à 38,6 %.

ComposanteTauxPris en compte pour la CDHR ?
IR — PFU12,8 %OUI
CSG10,6 % (dont 1,4 pt autonomie)NON
CRDS0,5 %NON
Prélèvement de solidarité7,5 %NON
CEHR (au-delà de 500k€)3 à 4 %OUI (déduite du calcul)
CDHR (différentiel)Jusqu'à 7,2 %N/A (c'est le résultat)
Total maximum38,6 %

Concrètement, pour un dirigeant de SASU qui se distribue 600 000 € de dividendes, la flat tax seule coûtait 188 400 € (31,4 %). Avec la CDHR, comptez environ 231 600 € (38,6 %). Soit un surcoût de 43 200 €. C'est ce surcoût qui pousse de nombreux dirigeants à repenser leur stratégie de rémunération — un sujet que nous détaillons dans notre guide rémunération du dirigeant.

8. Comment la CDHR affecte-t-elle vos rachats d'assurance-vie ?

L'assurance-vie est souvent présentée comme le placement roi en matière de fiscalité. Après 8 ans, le taux réduit de 7,5 % d'IR (plus l'abattement de 4 600 € / 9 200 €) en fait un outil d'optimisation redoutable. Mais la CDHR change la donne pour les gros rachats.

Prenons l'exemple d'un rachat de 500 000 € de gains sur un contrat de plus de 8 ans. Sans CDHR : 7,5 % d'IR + 17,2 % de PS = environ 123 500 €. Avec la CDHR, le taux effectif d'IR remonte à 20 %, soit 100 000 € d'IR au lieu de 37 500 €. Un surcoût de 62 500 €.

Date clé : le 15 février

Les rachats d'assurance-vie effectués avant le 15 février de l'année d'imposition et soumis au prélèvement forfaitaire libératoire sont exclus de l'assiette de la CDHR. C'est une fenêtre d'optimisation réelle, mais étroite.

Stratégie recommandée : plutôt qu'un rachat massif, privilégiez les avances sur contrat (qui ne constituent pas un fait générateur fiscal) ou fractionnez vos rachats sur plusieurs exercices pour rester sous les seuils.

9. Comment la CDHR affecte-t-elle une cession d'entreprise ?

Vous préparez la cession de votre entreprise. La plus-value attendue est de 3 millions d'euros. La CDHR va-t-elle anéantir l'avantage de la flat tax ?

Bonne nouvelle : deux mécanismes protecteurs existent. D'abord, l'abattement fixe de 500 000 € pour départ à la retraite (art. 150-0 D ter CGI) est retiré du RFR retraité — c'est un traitement favorable. Ensuite, si la cession est qualifiée de revenu exceptionnel, le mécanisme du quart s'applique.

Concrètement, sur une plus-value de 3 000 000 € avec abattement retraite : RFR retraité = (3 000 000 − 500 000) × 25 % = 625 000 € (si qualifié d'exceptionnel). La CDHR est calculée sur 625 000 € au lieu de 3 000 000 € — une différence considérable.

Pour approfondir les stratégies de cession, consultez notre guide sur l'apport-cession et la holding patrimoniale.

10. Le PER réduit-il la CDHR ? (Spoiler : non)

C'est l'une des idées reçues les plus tenaces. « Je verse sur mon PER pour baisser mon RFR et échapper à la CDHR. » Malheureusement, ça ne fonctionne pas.

Le PER ne réduit pas le RFR retraité de la CDHR

Les versements déductibles sur un PER (Plan d'Épargne Retraite) réduisent votre revenu imposable au barème (IR classique), mais le RFR « retraité » utilisé pour le calcul de la CDHR réintègre ces déductions. Le PER reste un excellent outil pour réduire l'IR — mais il est neutre vis-à-vis de la CDHR.

Concrètement, un versement PER de 37 680 € (plafond salarié 2026) vous fait économiser jusqu'à 16 956 € d'IR (à TMI 45 %), mais ne change rien à votre CDHR. L'intérêt du PER reste entier pour l'IR — c'est juste qu'il ne faut pas compter dessus pour la CDHR.

Quelles solutions fonctionnent, alors ? C'est exactement ce que nous verrons en section 12. Mais d'abord, regardons jusqu'où peut monter le taux marginal global.

11. Taux marginal global : décomposition jusqu'à 38,6 %

Combien coûte réellement un euro de dividende en 2026 pour un dirigeant assujetti à la CDHR ? Voici la décomposition complète.

Couche fiscaleTauxCumul
IR — PFU (flat tax)12,8 %12,8 %
Prélèvements sociaux (CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + PS 7,5 %)18,6 %31,4 %
CEHR (au-delà de 500 000 € célibataire)4 %35,4 %
CDHR (différentiel jusqu'à 20 %)Jusqu'à 3,2 %38,6 %

Concrètement, pour un dirigeant de SASU qui distribue 800 000 € de dividendes : avant CDHR, il payait 31,4 % soit 251 200 €. Avec CEHR + CDHR, le taux effectif monte à environ 37-38 %, soit environ 296 000 à 308 800 €. Le surcoût CDHR + CEHR représente 45 000 à 57 000 €.

Et attention : si l'on intègre l'IS payé en amont par la société (25 %), la taxation cumulée d'un bénéfice distribué approche 54 %. Un euro de bénéfice corporate génère 75 centimes après IS, puis environ 29 centimes nets après PFU + PS + CEHR + CDHR.

C'est précisément ce taux cumulé qui pousse les dirigeants à retenir les bénéfices en société ou à passer par une holding patrimoniale. Voyons les stratégies d'optimisation en détail.

12. 8 stratégies d'optimisation légales

La CDHR est un impôt sur les flux de revenus, pas sur le stock de patrimoine. C'est cette distinction qui ouvre des leviers d'optimisation. Voici les 8 stratégies que nous déployons chez Hagnéré Patrimoine pour nos clients concernés.

#StratégieMécanismeImpact CDHR
1Capitaliser en holding ISLes bénéfices non distribués ne remontent pas dans le RFRFort — supprime la CDHR tant qu'on ne distribue pas
2Avances sur assurance-vieL'avance n'est pas un rachat : pas de fait générateur fiscalFort — aucun impact sur le RFR
3Fractionner les rachats AVÉtaler sur plusieurs exercices pour rester sous les seuilsMoyen — dépend des montants
4PEA après 5 ansLes retraits PEA matures sont exclus du RFR retraité CDHRFort — exonération totale
5Qualifier en revenu exceptionnelMécanisme du quart : seuls 25 % du revenu comptentFort — divise la base par 4
6Arbitrer salaire / dividendesAugmenter la part salaire (déjà au barème = taux effectif plus élevé)Moyen — réduit l'écart différentiel
7Timing prélèvements avant 15/02Les PFL effectués avant le 15 février sont exclusMoyen — fenêtre étroite
8Reporter les cessions à 2027+Si le déficit passe sous 3 % PIB, la CDHR disparaîtIncertain — pari sur le calendrier

Concrètement, la stratégie la plus puissante pour un dirigeant est la capitalisation en holding. En ne distribuant pas les dividendes et en les réinvestissant via une holding patrimoniale (SCPI, private equity, immobilier), le RFR reste bas et la CDHR ne se déclenche pas. C'est légal, documenté, et de plus en plus utilisé.

L'assurance-vie conserve un avantage de 1,4 point

La LFSS 2026 a porté les prélèvements sociaux à 18,6 % pour les placements financiers (dividendes, PEA, plus-values mobilières), mais l'assurance-vie reste à 17,2 %. Cet écart de 1,4 point est un avantage concurrentiel de l'assurance-vie en 2026.

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13. Comment verser l'acompte CDHR en décembre ?

Contrairement à l'IR classique (prélevé à la source) ou à la CEHR (calculée par l'administration), la CDHR repose sur une auto-déclaration. C'est vous qui estimez, vous qui déclarez, vous qui payez.

ÉtapeDateAction
11er-15 décembre NEstimer la CDHR et verser l'acompte de 95 % via impots.gouv.fr
2Avril-juin N+1Déclaration de revenus classique — régularisation de la CDHR
3Été N+1Solde : complément à payer ou restitution du trop-versé

Le piège : au 15 décembre, vous n'avez pas encore tous vos IFU (relevés de revenus mobiliers), qui n'arrivent que fin février-mars. Vous devez donc estimer vos revenus de l'année en cours — un exercice délicat.

Pénalité de 20 % en cas de sous-estimation

Si votre acompte est inférieur de plus de 20 % au montant réel de la CDHR, une majoration de 20 % s'applique. En cas de doute, surestimez : le trop-versé est restitué l'été suivant sans intérêts. L'administration a cependant indiqué ne pas sanctionner les erreurs de bonne foi.

Cases à utiliser : 8KD (montant des revenus soumis au PFU) et 8KE (taux, sans virgule : « 128 » pour 12,8 %). Un simulateur est disponible sur impots.gouv.fr à partir de mi-novembre.

14. Qu'est-ce qui change entre la CDHR 2025 et 2026 ?

La loi de finances 2026 a apporté plusieurs ajustements à la CDHR. Voici les changements concrets.

Changement20252026
DuréeRevenus 2025 uniquementTant que déficit supérieur à 3 % PIB (pérennisation)
Dons aux œuvresNeutralisés dans le calcul CDHRRetrouvent leur efficacité fiscale
CEHR sur revenus exceptionnelsPrise en compte à 100 %Prise en compte au quart (proportionnelle)
Prélèvements sociaux mobiliers17,2 %18,6 % (nouvelle contribution autonomie 1,4 pt)
PS assurance-vie17,2 %17,2 % (inchangé — avantage de 1,4 pt)
Transfert de domicileRègles flouesPrécisées : assujetti depuis/jusqu'à la date de transfert

Concrètement, le changement le plus significatif est la pérennisation. En 2025, les contribuables pouvaient espérer que la CDHR soit temporaire. Désormais, elle est liée au déficit public — et celui-ci ne devrait pas repasser sous 3 % avant 2028 au plus tôt. Il faut intégrer la CDHR comme une donnée structurelle de la fiscalité française.

15. Les non-résidents sont-ils concernés par la CDHR ?

Si vous envisagez une expatriation pour échapper à la CDHR, sachez que le mécanisme est plus subtil qu'il n'y paraît.

Principe clair : la CDHR ne s'applique qu'aux résidents fiscaux français (art. 4 B du CGI). Si vous êtes non-résident au 31 décembre, vous n'êtes pas assujetti — contrairement à la CEHR qui frappe aussi les non-résidents ayant des revenus de source française.

Depuis la LF 2026, les règles en cas de transfert de domicile en cours d'année sont précisées : le contribuable arrivant en France est assujetti dès sa date d'arrivée ; le partant reste redevable sur les revenus perçus jusqu'à la date de départ. Pas de prorata — c'est le revenu effectivement perçu pendant la période de résidence qui compte.

Pour approfondir la fiscalité des expatriés, consultez notre guide fiscalité des non-résidents 2026.

16. Pourquoi la CDHR rapporte moins que prévu

Le gouvernement prévoyait 1,9 milliard d'euros de recettes CDHR en 2025. Le rendement réel ? 400 millions — soit 5 fois moins.

Pourquoi un tel écart ? Les contribuables concernés — principalement des dirigeants-actionnaires — ont anticipé. L'assiette de la CDHR est « pilotable » : contrairement au salaire, les dividendes peuvent être différés, les cessions reportées, les bénéfices capitalisés en société.

Stratégie d'évitementMécanisme
Distribution anticipéeDividendes versés avant fin 2024, donc hors champ CDHR 2025
Report de cessionsCessions d'entreprise décalées à 2027+
Capitalisation en holdingBénéfices réinvestis sans distribution = pas de RFR
Réduction des dividendesRémunération mixte salaire + avantages en nature

Concrètement, l'élasticité comportementale des actionnaires dirigeants est estimée entre 2 et 3,4 par les analyses Deloitte. Cela signifie qu'une hausse de 1 % du taux d'imposition provoque une baisse de 2 à 3,4 % de l'assiette taxable. Pour la LF 2026, le gouvernement a revu ses prévisions à 650 millions d'euros seulement.

C'est un élément important pour la stratégie patrimoniale : la CDHR a un rendement décevant parce que les solutions d'optimisation existent et fonctionnent.

17. 5 cas pratiques chiffrés

Mettons des chiffres concrets sur des situations réelles.

Cas 1 — Franck, 52 ans, dirigeant de SASU, dividendes de 1 000 000 €

Franck est dirigeant d'une ESN (entreprise de services numériques) à Paris. Il se verse 20 000 € de salaire et 1 000 000 € de dividendes via le PFU. Célibataire, pas d'enfant.

ÉlémentMontant
RFR retraité1 020 000 €
Impôt cible (20 %)204 000 €
IR barème sur salaire~2 400 €
PFU part IR (12,8 % × 1 000 000)128 000 €
CEHR (3 % × 250k + 4 % × 520k)28 300 €
Total impôts acquittés158 700 €
CDHR = 204 000 − 158 70045 300 €
Taux effectif total (IR + CEHR + CDHR)20 %

Concrètement, Franck paie 45 300 € de CDHR en plus de sa flat tax. Son taux effectif d'IR passe de 15,6 % à exactement 20 %. Avec les PS à 18,6 %, le taux global atteint 38,6 %.

Cas 2 — Vinciane, 61 ans, rachat assurance-vie de 500 000 € de gains

Vinciane est retraitée, veuve, avec un contrat d'assurance-vie de plus de 8 ans. Elle rachète 500 000 € de gains pour financer l'achat d'un appartement.

ÉlémentMontant
RFR retraité~500 000 €
Impôt cible (20 %)100 000 €
PFL part IR (7,5 % × 500 000)37 500 €
CEHR (3 % × 250k)7 500 €
Total impôts acquittés45 000 €
CDHR brute = 100 000 − 45 00055 000 €
Décote (RFR entre 250k et 330k)Aucune — RFR à 500k, au-delà de la zone de décote
CDHR finale55 000 €

Concrètement, le rachat coûte 55 000 € de CDHR en plus du PFL de 37 500 €. Le taux effectif d'IR passe de 7,5 % à 20 %. Stratégie alternative : une avance sur contrat de 500 000 € n'aurait déclenché aucune imposition.

Cas 3 — Pierre et Sophie, couple marié, dividendes de 600 000 €

Pierre, 48 ans, et Sophie, 46 ans, sont co-dirigeants d'un cabinet de conseil. Ils se versent 40 000 € de salaire chacun et 600 000 € de dividendes via le PFU.

ÉlémentMontant
RFR retraité680 000 €
Impôt cible (20 %)136 000 €
IR barème sur salaires~9 200 €
PFU part IR (12,8 % × 600k)76 800 €
CEHR (3 % × 180k)5 400 €
Total impôts acquittés91 400 €
CDHR brute = 136 000 − 91 40044 600 €
Abattement couple (12 500 €)Appliqué — CDHR réduite
CDHR finale estimée~32 630 €

Concrètement, le taux effectif des dividendes passe de 30,7 % à environ 36 %. La stratégie recommandée : augmenter la part salaire (déjà au barème, donc taux effectif plus élevé = moins de CDHR) et capitaliser une partie des bénéfices en holding.

Cas 4 — Antoine, 58 ans, cession d'entreprise, plus-value de 3 000 000 €

Antoine, ancien ingénieur, a fondé une startup SaaS qu'il vend 5 000 000 € (dont 3 000 000 € de plus-value). Il part à la retraite et bénéficie de l'abattement de 500 000 €.

ÉlémentMontant
Plus-value brute3 000 000 €
Abattement retraite (art. 150-0 D ter)−500 000 €
PV retenue2 500 000 €
Mécanisme du quart (revenu exceptionnel)2 500 000 × 25 % = 625 000 €
RFR retraité pour CDHR~625 000 €
CDHR sur 625 000 € (bien inférieure à sans le quart)~20 000 à 30 000 €

Concrètement, sans le mécanisme du quart, le RFR serait de 2 500 000 € et la CDHR dépasserait 300 000 €. Avec le quart, elle tombe à environ 25 000 €. La qualification en revenu exceptionnel est cruciale.

Cas 5 — Marc, célibataire, RFR de 280 000 € — dans la zone de décote

Marc, 44 ans, cadre dirigeant dans la finance, perçoit un salaire de 180 000 € et des dividendes de 100 000 € via le PFU.

ÉlémentMontant
RFR retraité280 000 €
Zone de décote250 000 → 330 000 € (coefficient linéaire)
CDHR brute (avant décote)~8 000 €
Coefficient de décote~62 % de réduction
CDHR finale après décote~3 000 €

Concrètement, dans la zone de décote, l'impact est limité. Marc paie environ 3 000 € de CDHR — un montant modeste comparé aux cas précédents. C'est le mécanisme de lissage qui joue son rôle.

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18. Les 10 erreurs à éviter

#ErreurConséquence
1Confondre CDHR et CEHRCalcul faux — les deux se cumulent mais ont des mécanismes différents
2Croire que le PER réduit la CDHRLe RFR retraité réintègre les déductions PER — aucun impact
3Oublier l'auto-déclaration en décembreMajoration de 20 % + intérêts de retard
4Sous-estimer les revenus de plus de 20 %Pénalité automatique de 20 % sur la différence
5Compter les prélèvements sociaux dans le taux de 20 %Seule la part IR (12,8 % PFU) compte — les PS (18,6 %) sont exclus
6Ne pas anticiper l'absence d'IFU en décembreImpossible de connaître ses revenus exacts avant mars N+1
7Ignorer le mécanisme du quart pour les revenus exceptionnelsSurcoût potentiel de dizaines de milliers d'euros
8Ne pas documenter le caractère exceptionnelL'administration peut refuser la qualification et taxer à 100 %
9Racheter massivement une AV sans fractionnerDéclenchement de la CDHR sur le RFR total de l'année
10Croire que la CDHR est temporairePérennisée tant que le déficit dépasse 3 % PIB — planifier sur le long terme

19. Déclaration et calendrier pratique

Voici le calendrier complet pour la CDHR sur les revenus 2026.

DateAction
Mi-novembre 2026Simulateur CDHR disponible sur impots.gouv.fr
1er-15 décembre 2026Déclaration et paiement de l'acompte (95 % du montant estimé)
Février-mars 2027Réception des IFU (relevés de revenus mobiliers)
Avril-juin 2027Déclaration de revenus 2026 — régularisation CDHR
Été 2027Avis d'imposition — solde CDHR ou restitution du trop-versé

Concrètement, la difficulté est de déclarer en décembre alors que les IFU n'arrivent qu'en février. Vous devez reconstituer manuellement vos revenus mobiliers (dividendes, plus-values, rachats) à partir de vos relevés de comptes. En cas de doute, surestimez : mieux vaut être remboursé que majoré.

20. Checklist avant le 15 décembre

Avant de valider votre déclaration CDHR, passez en revue ces 12 points.

#Point de contrôleVérifié ?
1RFR estimé supérieur à 250 000 € (solo) / 500 000 € (couple) ?
2Tous les revenus mobiliers reconstitués (dividendes, PV, rachats AV) ?
3Revenus exceptionnels identifiés et documentés ?
4Mécanisme du quart appliqué si éligible ?
5IR au barème + CEHR + PFU part IR calculés ?
6Décote vérifiée si RFR entre 250k-330k / 500k-660k ?
7Abattements familiaux comptés (12 500 € couple + 1 500 €/enfant) ?
8Acompte = 95 % du montant estimé ?
9Cases 8KD et 8KE correctement remplies ?
10En cas de doute : montant surestimé plutôt que sous-estimé ?
11Date limite du 15 décembre respectée ?
12Copie de la déclaration sauvegardée ?

Notre conseil

La CDHR est l'un des impôts les plus complexes du paysage fiscal français. Si vos revenus dépassent 250 000 €, un accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine n'est pas un luxe — c'est une nécessité. Chez Hagnéré Patrimoine, nous simulons votre CDHR, identifions les stratégies adaptées et vous accompagnons jusqu'à la déclaration de décembre, avec des frais parmi les plus compétitifs du marché.

Mise à jour : avril 2026. Sources : loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (art. 10), loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (art. 2), Code général des impôts (art. 224 — CDHR, art. 223 sexies — CEHR, art. 200 A — PFU, art. 150-0 D ter — abattement retraite), Conseil constitutionnel n° 2024-874 DC, LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. L136-8 IV CSS), BOFiP (BOI-IR-CHR), Legifrance, impots.gouv.fr, economie.gouv.fr. Les chiffres et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 1er janvier 2026 (revenus 2025/2026).

Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié pour une recommandation adaptée à votre situation. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.

Questions frequentes

Questions fréquentes sur la CDHR 2026

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