Aller au contenu principal
Aller au contenu principal

Réforme du PER : ce que change vraiment la loi de finances 2026 (article 9) au 1er janvier 2026

L'article 9 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 ne touche que deux paramètres du PER — mais c'est déjà beaucoup. D'un côté, le report des plafonds de déduction non utilisés passe de 3 à 5 ans (un cadeau pour les TNS et libéraux à revenus volatils). De l'autre, les versements à compter du 70e anniversaire perdent leur déductibilité (un mauvais signal pour les seniors actifs). Le guide CGP complet : trois cas chiffrés à l'euro près, la clarification des trois délais de « 3 ans » qui coexistent dans le PER et que la presse confond souvent, l'articulation avec la LFSS 2026 (CSG 18,6 %), et la citation de la question écrite Daubresse au Sénat.

3 → 5 ansReport des plafonds non utilisés
70 ansFin de la déductibilité
18,6 %Hausse PS LFSS 2026
Rien d'autre n'a bougé
Hagnéré Patrimoine

Ouvrez votre PER avec un expert retraite

PER individuel, PER TNS, PEREC, transfert d'anciens contrats et arbitrage fiscal : nous vous aidons à choisir le bon cadre et le bon niveau de versement.

Expert PERAudit retraiteSans engagement
CC

Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

Conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en PER et préparation de la retraite

Clément Chatelain accompagne salariés, indépendants et dirigeants sur l'ouverture, le transfert et l'optimisation fiscale des PER, avec une logique patrimoniale globale et non produit par produit.

Expert PERRetraiteCIF

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les informations fournies sont à jour à la date de publication, mais la législation peut évoluer (notamment la doctrine BOFiP, en consultation publique jusqu'au 17 avril 2026 sur la vague ACTU-2025-00198). La fiscalité mentionnée dépend de votre situation individuelle. Pour une analyse adaptée à votre cas, nous vous recommandons un bilan patrimonial personnalisé.

Vous avez ouvert un PER en 2023 ou 2024 ? Il y a du nouveau dans votre dossier : la loi de finances 2026 vient de prolonger de 2 ans la durée pendant laquelle vous pouvez encore utiliser vos plafonds de déduction non consommés — mais à condition d'avoir compris une subtilité que votre conseiller bancaire ne vous expliquera probablement pas.

Au 1er janvier 2026, l'article 9 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 fait bouger deux lignes sur le Plan Épargne Retraite. D'un côté, le report des plafonds de déduction non utilisés passe de 3 à 5 ans — un cadeau pour les TNS, les libéraux et tous les épargnants à revenus volatils. De l'autre, les versements effectués à compter du 70e anniversaire perdent leur déductibilité — un mauvais signal pour les seniors actifs.

Dans ce guide, vous saurez exactement ce que change l'article 9 — et ce qu'il ne change pas, ce qui compte tout autant. Vous verrez trois cas chiffrés à l'euro près (TNS libéral, cadre de 60 ans, couple de retraités), et vous repartirez avec une stratégie claire pour les 5 années qui viennent.

À retenir en 30 secondes

  • Le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans (CGI art. 163 quatervicies), uniquement pour les plafonds nés à compter du 1er janvier 2026. Vos reliquats 2023-2025 restent à 3 ans.
  • Les versements PER ne sont plus déductibles à compter du 70e anniversaire (CGI art. 163 quinvicies), pour les versements effectués depuis le 1er janvier 2026.
  • Tout le reste est inchangé : sortie en capital libre depuis PACTE, quotient art. 163-0 A, cas de déblocage anticipé. À ne pas confondre avec la réforme.

Article 9 de la LF 2026 : le texte officiel et ses deux mesures

Un article de loi tient en quelques lignes. Mais ces quelques lignes pèsent des centaines de millions d'euros pour les épargnants français. Voici ce que dit exactement l'article 9.

La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a été promulguée après la décision n° 2026-901 DC du 19 février 2026 du Conseil constitutionnel. L'article 9 n'a pas été soumis à l'examen du Conseil (non contesté par les saisines parlementaires), il s'applique donc en l'état depuis le 1er janvier 2026. Aucun décret d'application n'a été publié à ce jour : l'article 9 modifie directement le Code général des impôts et s'applique sans texte réglementaire complémentaire.

Article 9 LF 2026 : les deux modifications du CGI
Article CGIAvant LF 2026Après LF 2026 (depuis le 01/01/2026)Stock antérieur
art. 163 quaterviciesPlafond non utilisé reportable 3 ansPlafond non utilisé reportable 5 ans (pour les plafonds nés à compter du 01/01/2026)Reliquats 2023-2025 = ancien régime 3 ans
art. 163 quinviciesVersements déductibles sans limite d'âgeVersements à compter du 70e anniversaire non déductiblesVersements antérieurs au 01/01/2026 conservent leur déduction
art. 81 (4° bis c)Texte d'origineCoordination LF 2026Sans effet sur le stock
art. 158 (6° dernier alinéa)Texte d'origineCoordination LF 2026Sans effet sur le stock

En clair : deux phrases discrètes dans la loi de finances, mais qui réécrivent deux articles clés du CGI. Tout part de là. À retenir : les articles du Code monétaire et financier qui définissent le cadre légal du PER (L. 224-1 à L. 224-40, issus de la loi PACTE de 2019) sont, eux, totalement inchangés.

Première mesure, la plus discutée : le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans. Voyons ce qu'elle change vraiment.

Mesure 1 — Report des plafonds non utilisés : de 3 à 5 ans

Imaginez : vous avez eu une grosse rentrée d'argent en 2024 et vous n'avez pas pu verser tout ce que votre plafond PER autorisait. Jusqu'à présent, ce plafond inutilisé s'évaporait au bout de 3 ans. À partir de 2026, il vous reste 5 ans. À condition de bien lire l'article 9.

Rappel pédagogique — comment fonctionne le plafond annuel PER

Le plafond annuel de déduction PER est calculé sur la base du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) — la référence utilisée pour plafonner de nombreux avantages fiscaux. Pour les versements effectués en 2026, le PASS de référence est celui de 2025 (47 100 €). Deux formules cohabitent : une pour les salariés, une pour les TNS.

Formule du plafond PER salarié 2026

Plafond 2026 = max(10 % × revenu net imposable 2025, plafonné à 8 × PASS 2025 ; 10 % × PASS 2025)

→ Plafond plancher : 4 710 € (10 % × 47 100 €)
→ Plafond maximum : 37 680 € (10 % × 8 × 47 100 €)

Formule du plafond PER TNS 2026

Plafond 2026 = 10 % × min(bénéfice 2025 ; 8 × PASS 2025) + 15 % × (bénéfice 2025 − PASS 2025), pour la fraction comprise entre 1 et 8 PASS

→ Pour un BNC de 180 000 € : 10 % × 180 000 + 15 % × (180 000 − 47 100) = 18 000 + 19 935 = 37 935 €

Le mécanisme du report — pourquoi 3 ans à l'origine

Depuis la loi PACTE de 2019, un plafond non consommé une année donnée n'est pas perdu : il se cumule sur les années suivantes, dans la limite d'une durée fixée par la loi. Cette durée était de 3 ans. C'est ce délai que l'article 9 LF 2026 prolonge à 5 ans. L'objectif affiché du gouvernement, repris dans le rapport du Sénat sur le projet de loi, est de mieux accompagner les épargnants à revenus variables (TNS, professions libérales, dirigeants à variable annuel).

Ce que change l'article 9 — et ce qu'il ne change pas

La nouvelle durée de 5 ans ne s'applique qu'aux plafonds nés à compter du 1er janvier 2026. Les plafonds des années 2023, 2024 et 2025 restent soumis à l'ancien délai de 3 ans. C'est exactement ce qu'a souligné le sénateur Marc-Philippe Daubresse dans sa question écrite n° qSEQ260308143 du 26 mars 2026, en saluant l'allongement tout en posant la question de l'équité entre stock ancien et flux futur.

Ce respect des droits acquis n'est pas anecdotique : c'est l'application de la doctrine constitutionnelle de la petite rétroactivité fiscale. Le Conseil constitutionnel l'a formulée dès sa décision n° 2013-682 DC du 19 décembre 2013 (considérant 14) : « il ne saurait, sans motif d'intérêt général suffisant, ni porter atteinte aux situations légalement acquises ni remettre en cause les effets qui peuvent légitimement être attendus de telles situations ». Le Conseil d'État (arrêt Société ÉPI n° 308996 du 9 mai 2012) avait déjà étendu cette protection à « l'espérance légitime d'obtenir une somme d'argent », qualifiée de « bien » au sens de l'article 1er du Protocole n° 1 de la Convention européenne des droits de l'homme. Et dans la décision n° 2014-435 QPC du 5 décembre 2014 (considérant 10) : « la volonté du législateur d'augmenter les recettes fiscales ne constitue pas un motif d'intérêt général suffisant pour mettre en cause les effets qui pouvaient légitimement être attendus d'une imposition ». En clair : si demain le législateur voulait restreindre rétroactivement le report de plafond, cette doctrine jouerait comme un garde-fou.

Timeline des plafonds reportables (régime applicable selon l'année de naissance du plafond)
Plafond né enDurée de reportDate butoir d'utilisation
20233 ans (ancien régime)31/12/2026
20243 ans (ancien régime)31/12/2027
20253 ans (ancien régime)31/12/2028
20265 ans (nouveau régime)31/12/2031
20275 ans (nouveau régime)31/12/2032
20285 ans (nouveau régime)31/12/2033

En pratique : si vous étiez TNS en 2023 avec un plafond inutilisé de 12 000 €, ce reliquat doit être consommé avant fin 2026 — sinon, il disparaît. À l'inverse, votre futur plafond 2026 (et tous les suivants) vous laissera 5 années pour décider du meilleur moment de l'utiliser. Pour approfondir le calcul du plafond PER selon votre statut, voyez notre guide dédié.

La deuxième mesure de l'article 9 est moins commentée mais tout aussi structurante : la fin de la déductibilité après 70 ans.

Mesure 2 — Fin de la déductibilité des versements à compter du 70e anniversaire

Jusqu'à fin 2025, un retraité de 73 ans pouvait verser 5 000 € sur son PER et déduire la somme de son revenu imposable. À partir du 1er janvier 2026, c'est terminé. Et personne — ou presque — n'en parle.

Le PER était l'un des derniers dispositifs où la déductibilité fiscale jouait sans plafond d'âge. Cette spécificité avait été identifiée dès 2024 par la Cour des comptes comme un « effet d'aubaine » pour les épargnants aisés, dans son rapport L'épargne retraite publié le 5 novembre 2024. La Cour chiffrait le coût des avantages fiscaux du PER à 1,8 milliard d'euros en 2022, en notant que « 1 cadre sur 3 et près d'une profession libérale sur 2 » détenait un PER, contre moins de 10 % des employés et ouvriers.

Versement de 10 000 € à 71 ans, TMI 41 % — avant et après LF 2026
ÉlémentAvant LF 2026 (2025)Après LF 2026 (2026)
Versement10 000 €10 000 €
Déduction du revenu imposable10 000 €0 €
Économie d'impôt immédiate (TMI 41 %)4 100 €0 €
Coût net du versement après déduction5 900 €10 000 €
Fiscalité à la sortie sur la part verséeBarème IR (versement déduit)Exonération (versement non déduit)
Fiscalité à la sortie sur les gainsPFU 30 %PFU 31,4 % (LFSS 2026)

Sur le terrain : si vous avez 71 ans en 2026 et que vous versez 10 000 € sur votre PER, vous ne déduisez rien. Mais l'enveloppe garde un intérêt patrimonial pour la transmission (le PER assurantiel reste un véhicule successoral utile sous certaines conditions). Pour autant, le plus souvent, l'assurance-vie devient plus pertinente passé 70 ans : abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les rachats, succession avec abattement collectif de 30 500 € (CGI art. 757 B).

Zone grise — versements entre le 01/01/2026 et le 19/02/2026

La loi LF 2026 a été promulguée le 19 février 2026, mais s'applique aux versements effectués à compter du 1er janvier 2026. Il existe donc une fenêtre de 50 jours où des contribuables de plus de 70 ans ont pu verser sans savoir que la déduction serait supprimée. Au 21 mai 2026, aucune position DGFiP n'a été publiée sur ce point particulier. La doctrine BOFiP de la vague ACTU-2025-00198 (mise à jour 17/02/2026) est antérieure à la promulgation et ne traite pas la question. Si vous êtes concerné, un point avec un conseiller fiscal est indispensable.

Nuance importante — PERP, Madelin et article 83 ne sont PAS concernés

La mesure 2 (fin de la déductibilité après 70 ans) modifie uniquement l'article 163 quinvicies du CGI, qui régit le PER post-PACTE. Les anciens produits d'épargne retraite — PERP, contrats Madelin, contrats article 83 — restent régis par l'article 163 quatervicies dans son ancienne rédaction et conservent leur régime propre. Si vous détenez un PERP ou un Madelin non transféré, vos versements après 70 ans restent déductibles selon les règles antérieures. À l'inverse, dès qu'un transfert a été opéré vers un PER, c'est le nouveau régime art. 163 quinvicies qui s'applique.

Pour une analyse complète des stratégies à activer passé 70 ans, voir notre guide dédié PER après 70 ans et l'arbitrage PER ou assurance-vie.

C'est ici qu'apparaît un risque de confusion majeur : trois « 3 ans » coexistent dans le PER, et seul l'un d'eux a été modifié. Démêlons.

Les trois « 3 ans » du PER à ne surtout pas confondre

Le PER abrite trois délais de « 3 ans » qui n'ont absolument rien à voir entre eux. Aucun article grand public ne le clarifie. Voici comment éviter les confusions qui peuvent vous coûter des milliers d'euros.

Pourquoi cette confusion ? Parce que les articles d'actualité mélangent « 3 ans » de report de plafond avec « 3 ans » pour le fractionnement de sortie (qui n'existe pas) et avec « 3 ans » du quotient (qui n'a pas bougé). Or chacun de ces délais a une fonction et une portée distincte.

Les trois délais de « 3 ans » dans le PER — fonction et statut LF 2026
Type de délaiValeur actuelleFonctionModifié par LF 2026 ?
Report du plafond de déduction non utilisé3 ans → 5 ans (pour droits 2026+)Conserver un plafond annuel non consommé pour l'utiliser plus tard✅ OUI — c'est l'objet de l'article 9
Délai entre versements fractionnés pour conserver le quotient art. 163-0 A3 ans (inchangé)Permettre l'étalement fiscal d'une grosse sortie en capital sur le revenu exceptionnel❌ NON — totalement inchangé
Délai légal de « blocage » avant sortie en capitalAucun délai légalMythe — la sortie est libre depuis la loi PACTE de 2019, c'est le contrat assureur qui fixe les modalités❌ NON — n'a jamais existé

Pour le dire simplement : quand un journaliste écrit « le délai passe à 5 ans », il parle uniquement du report de plafond (mesure 1 ci-dessus). Le délai de 3 ans entre versements fractionnés pour rester éligible au quotient art. 163-0 A est inchangé. Et il n'y a aucun « délai de 3 ans pour sortir en capital » — vous pouvez sortir 100 % de votre PER en une seule fois ou l'étaler sur 15 ans, c'est le contrat qui décide.

Le piège pédagogique de Marc, 64 ans, à éviter

Marc, 64 ans, lit dans la presse économique « le délai passe à 5 ans » et croit qu'il doit attendre 5 années pour sortir en capital de son PER. Erreur. La sortie est libre : Marc peut sortir 100 % de son PER demain matin s'il le souhaite (sous réserve des conditions de son contrat). C'est seulement son plafond de déduction non utilisé qui devient reportable 5 ans (pour les plafonds nés à partir de 2026).

Voyons maintenant trois cas chiffrés à l'euro près qui montrent l'impact réel de la réforme.

Méthode documentée

Réforme PER 2026 : optimisez vos plafonds avant qu'ils n'expirent

Premier rendez-vous offert — 45 min : nous recueillons votre situation et vous présentons les mécanismes généraux de la réforme, sans recommandation personnalisée. La cartographie de vos reliquats 2023-2025 et votre stratégie 2026-2031 supposent une lettre de mission signée.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Trois cas chiffrés à l'euro près : TNS libéral, cadre 60 ans, retraités

Cas 1 — Bertrand Marchand, chirurgien-dentiste à Annecy, 49 ans

Profil : Bertrand Marchand, 49 ans, chirurgien-dentiste exerçant en société à Annecy (Haute-Savoie). Pacsé avec Camille (DRH, 47 ans), un enfant de 12 ans. Patrimoine 1,1 M€ (résidence principale 500 k€ + SCPI 200 k€ + assurance-vie 300 k€ + ancien Madelin de 100 k€ converti en PER en 2023). Bénéfice non commercial moyen 180 000 € par an, mais volatil (de 150 000 € à 220 000 € selon l'activité du cabinet). TMI 41 %.

Question posée : « Comment maximiser ma capacité de déduction PER sur les 6 ans qui viennent, en profitant du nouveau report 5 ans ? »

Capacité de déduction PER du Dr Marchand — comparaison ancien vs nouveau régime
ÉlémentAncien régime (3 ans)Nouveau régime (5 ans, plafonds 2026+)
Plafond annuel 2026 (BNC 180 000 €, formule TNS)37 935 €37 935 €
Reliquat utilisable 2023 (expire fin 2026, ancien régime)~12 000 €~12 000 €
Reliquat utilisable 2024 (expire fin 2027, ancien régime)~10 000 €~10 000 €
Reliquat utilisable 2025 (expire fin 2028, ancien régime)~13 000 €~13 000 €
Capacité activable en 2026 (plafond courant + reliquats)≈ 73 000 €≈ 73 000 € (idem, reliquats sous ancien régime)
Capacité activable en 2030 si cession (5 plafonds 2026-2030 cumulés)≈ 115 000 € (3 plafonds reportables sur 3 ans)≈ 190 000 € (5 plafonds reportables sur 5 ans)
Économie d'impôt potentielle si activation 2030 (TMI 41 %)≈ 47 000 €≈ 78 000 €

Côté arbitrage : sans la réforme, son reliquat 2023 (~12 000 €) aurait dû être utilisé avant fin 2026 — sous peine de disparaître. Dès 2026, sa capacité d'activation reste de l'ordre de 73 000 € (plafond courant 37 935 € + reliquats 2023-2025 sous l'ancien régime). C'est sur le moyen terme que la réforme transforme la stratégie : tous les plafonds nés à partir de 2026 deviennent reportables sur 5 ans. Si Bertrand cède une partie de son cabinet en 2030 pour 200 000 €, il pourra cumuler en une seule année 5 plafonds (2026 à 2030) sous le nouveau régime, soit environ 190 000 € de versements PER déductibles et une économie d'impôt de l'ordre de 78 000 € à TMI 41 %.

Levier supplémentaire — mutualisation conjoint (case 6QR) : Bertrand vit en PACS avec Camille, DRH (TMI 41 %, plafond salarié ~10 % de son revenu net imposable). En cochant la case 6QR de la déclaration 2042, ils peuvent mutualiser leurs plafonds : le plafond inutilisé de Camille s'ajoute à celui de Bertrand. Sur 5 ans, cette mutualisation peut représenter +30 000 à +60 000 € de versements PER supplémentaires déductibles, soit +12 000 à +25 000 € d'économie d'impôt en plus. À examiner systématiquement en bilan patrimonial pour les couples mariés et pacsés à TMI identique ou voisine.

Votre situation peut différer. Un bilan patrimonial personnalisé est recommandé pour valider la stratégie selon votre cas. Pour aller plus loin : stratégie PER pour les TNS et libéraux et calculer son économie d'impôt PER selon la TMI.

Hagnéré Patrimoine

Vous êtes TNS ou libéral à revenus volatils ?

Comme Bertrand, vous pouvez transformer le report 5 ans en une économie d'impôt à 5 chiffres. Premier rendez-vous offert (45 min), sans recommandation personnalisée ; votre stratégie personnalisée suppose une lettre de mission signée.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Cas 2 — Michel, DAF d'un groupe industriel, 60 ans

Profil : Michel, 60 ans, Directeur Administratif et Financier d'un groupe industriel coté à Lyon. Marié à Claire (cadre RH, 58 ans), 2 enfants adultes. Patrimoine 1,8 M€ (résidence principale 700 k€ + assurance-vie 600 k€ + PER 200 k€ + PEA 300 k€). Rémunération 2025 : salaire brut 380 000 € + bonus annuel 80 000 €, soit un revenu net imposable salarial (après abattement 10 %) qui atteint le plafond 8 PASS (≥ 376 800 €). TMI 45 %. Objectif : préparer une retraite à 67 ans tout en optimisant la fiscalité des 7 années qui restent. (Note : l'intéressement et la participation versés en PEE/PERECO n'entrent pas dans le calcul du plafond PER ; seul le revenu d'activité imposable est retenu.)

Question posée : « J'ai 10 ans avant mes 70 ans. Comment maximiser mes versements PER avant que la déductibilité ne disparaisse ? »

Stratégie de rattrapage massif PER de Michel — fenêtre 2026-2030 (5 ans avant 70 ans)
AnnéePlafond annuelVersement projetéÉconomie d'impôt TMI 45 %
2026 (60 ans)37 680 €37 680 €16 956 €
2027 (61 ans)37 680 €37 680 €16 956 €
2028 (62 ans)37 680 €37 680 €16 956 €
2029 (63 ans)37 680 €37 680 €16 956 €
2030 (64 ans)37 680 €37 680 €16 956 €
TOTAL 2026-2030188 400 €188 400 €84 780 €

Bilan chiffré pour Michel : il a une fenêtre de tir de 10 ans (60 à 70 ans) pour maximiser ses versements PER avant la bascule de la mesure 2. En lissant 5 versements maximaux entre 2026 et 2030, il peut placer 188 400 € sur son PER avec une économie d'impôt cumulée de 84 780 €. Le report 5 ans lui permet en outre d'ajuster les années à forte ou faible épargne (par exemple en cas d'achat d'une résidence secondaire) sans perdre de plafond. Son dernier versement déductible doit intervenir avant son 70e anniversaire (1er janvier 2036).

Cas 3 — Bernard et Claudine, retraités, 68 et 65 ans

Profil : Bernard, 68 ans, ancien cadre dirigeant retraité depuis 3 ans, et Claudine, 65 ans, ex-enseignante retraitée depuis 5 ans. Mariés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts, 2 enfants adultes et 4 petits-enfants. Patrimoine 1,4 M€ (résidence principale 600 k€ + résidence secondaire 300 k€ + assurance-vie 500 k€). Revenus de pension cumulés 95 000 €/an. TMI 30 % (foyer). Bernard détient un PER ouvert en 2021, valorisé 40 000 €.

Question posée : « Bernard a 68 ans, je n'ai donc plus que 2 années pour verser sur son PER avant la fin de la déductibilité. Faut-il le faire, ou basculer dès maintenant sur l'assurance-vie ? »

Stratégie Bernard & Claudine — 2 années de versements PER déductibles de Bernard avant 70 ans
AnnéeBernard (68→70 ans)Versement BernardÉconomie d'impôt TMI 30 %
202668 ans4 710 € (plafond plancher)1 413 €
202769 ans4 710 € (plafond plancher)1 413 €
2028 (Bernard fête ses 70 ans)70 ans0 € — fin de la déductibilité0 €
TOTAL—9 420 €2 826 €

Au final : pour ce couple, la mesure 2 (fin déductibilité 70+) impose une décision claire avant le 70e anniversaire de Bernard. L'option retenue : verser 4 710 € en 2026 et 4 710 € en 2027 (plafond plancher de 10 % du PASS 2025), pour une économie d'impôt cumulée de 2 826 €. Au-delà, Bernard cesse de verser sur son PER : les versements ne seraient plus déductibles. La sortie en capital reste libre, et il pourra arbitrer à 70 ans entre clôturer son PER pour basculer sur l'assurance-vie de Claudine ou conserver l'enveloppe pour la transmission.

Claudine, elle, a encore 5 années de fenêtre de versement déductible (jusqu'à ses 70 ans en 2031). Si la trésorerie le permet, il peut être pertinent d'ouvrir un PER à son nom pour utiliser sa propre TMI résiduelle. Pour approfondir : voir PER après 70 ans : pièges et opportunités.

Les calculs ci-dessus sont établis à partir des règles légales en vigueur au 21 mai 2026 (PASS 2025 = 47 100 €, plafond plancher PER 2026 = 4 710 €, TMI 30 % et 41 % et 45 %). Votre situation peut différer. Un bilan patrimonial personnalisé est recommandé.

Une autre réforme — passée presque inaperçue — vient renforcer l'effet de la LF 2026 sur la sortie en capital du PER. C'est la LFSS 2026.

L'autre coup dur de 2026 : la hausse de CSG (LFSS 2026 article 12)

Si vous prévoyez de sortir en capital de votre PER en 2026, la facture sera plus salée qu'en 2025 — non pas à cause de la LF 2026, mais d'une autre loi votée discrètement fin 2025.

La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026) modifie l'article L. 136-7 du Code de la sécurité sociale. La CSG sur les revenus du capital passe de 9,2 % à 10,6 %, ce qui porte les prélèvements sociaux globaux de 17,2 % à 18,6 %. L'article 12 n'a pas été soumis à l'examen du Conseil constitutionnel dans sa décision 2025-899 DC du 30/12/2025 (non contesté par les saisines parlementaires).

Sortie en capital PER de 200 000 € (part de versements déduits) — avant et après LFSS 2026
ÉlémentAvant 2026 (PFU 30 %)Depuis 2026 (PFU 31,4 %)
Capital sorti (part de versements déduits)200 000 €200 000 €
IR au barème (TMI 30 %)60 000 €60 000 €
Sous-total IR60 000 €60 000 €
Gain associé (hypothèse 30 000 €)30 000 €30 000 €
PS sur les gains (17,2 % vs 18,6 %)5 160 €5 580 €
IR forfaitaire sur les gains (12,8 %)3 840 €3 840 €
TOTAL fiscalité69 000 €69 420 €
Différentiel—+420 € (sur ce cas modeste)

Dans les faits : l'impact de la hausse PS est modeste sur un PER moyen (quelques centaines d'euros), mais devient significatif sur les grosses sorties. Pour un capital de 500 000 € avec 200 000 € de gains, la hausse coûte près de 2 800 € supplémentaires. Sur les plus gros patrimoines (1 M€ de PER avec 400 000 € de gains), on parle de plus de 5 000 € d'écart. Pour une vision complète, voir notre guide CSG, CRDS et prélèvements sociaux en 2026.

Maintenant que vous avez vu tout ce qui change, regardons l'autre face de la médaille : ce qui ne change PAS, et qui est tout aussi important à savoir.

Ce qui ne change PAS : fractionnement, quotient, déblocage anticipé

En patrimoine, ce qui ne change pas est souvent aussi important que ce qui change. Beaucoup d'épargnants pensent que toute la fiscalité du PER a été revue. C'est faux. Voici la liste précise des dispositifs préservés par la LF 2026.

  • La sortie en capital reste libre depuis la loi PACTE 2019 : aucun délai légal, aucune contrainte d'étalement. C'est le contrat assureur qui fixe les modalités (sortie unique, fractionnée sur 1 à 15 ans selon le contrat).
  • Le quotient art. 163-0 A CGI est inchangé : si vous fractionnez votre sortie sur plusieurs années avec au moins 3 ans d'intervalle entre versements, vous restez éligible au quotient sur revenus exceptionnels. La doctrine BOFiP BOI-RSA-PENS-30-10-20 le confirme.
  • Les 7 cas de déblocage anticipé sont intacts (CMF art. L. 224-4, depuis la loi n° 2023-1322 du 29/12/2023) : achat de la résidence principale, décès du conjoint ou partenaire de PACS, invalidité 2e ou 3e catégorie, fin des droits chômage, surendettement, cessation d'activité non salariée suite à liquidation judiciaire, et acquisition par un titulaire mineur (cas ajouté par la loi 2023-1322).
  • Précision importante sur le PFL 7,5 % : contrairement à une idée répandue, le PFL 7,5 % de l'article 163 bis CGI ne s'applique PAS au PER. L'article 163 bis exclut expressément « les prestations provenant d'un plan d'épargne retraite mentionné à l'article L. 224-1 du code monétaire et financier ». Le PFL 7,5 % reste réservé aux anciens produits (PERP, contrats Madelin, contrats article 83) — non au PER post-PACTE.
  • La fiscalité des versements non déduits est inchangée : si vous avez renoncé à la déduction à l'entrée, la part de versements ressort exonérée à la sortie. Seuls les gains sont fiscalisés au PFU.

Pour approfondir le choix sortie capital ou rente, voir notre guide sortir en capital ou en rente de son PER.

PER bancaire vs PER assurantiel : la distinction à connaître

Un point souvent ignoré et que la réforme LF 2026 ne change pas : tous les PER ne se valent pas à la succession. La loi PACTE 2019 a créé deux familles de PER (CMF art. L. 224-1) — le PER d'investissement (compte-titres, dit « bancaire », distribué notamment par Boursorama et Fortuneo) et le PER d'assurance (dit « assurantiel », distribué par Linxea, Lucya Cardif, Yomoni, Ramify, etc.). Ce sont deux régimes successoraux totalement distincts.

PER bancaire vs PER assurantiel — la différence successorale critique
CritèrePER bancaire (compte-titres)PER assurantiel (assurance-vie)
Cadre juridiqueCMF art. L. 224-28 (compte-titres)CMF art. L. 224-28 (assurance)
Décès avant 70 ansInclus dans la succession au barème classique (CGI art. 777)Hors succession : abattement 152 500 € par bénéficiaire (CGI art. 990 I)
Décès après 70 ansInclus dans la succession au barème classiqueAbattement collectif 30 500 € sur les primes versées (CGI art. 757 B)
Clause bénéficiaireNon applicable (héritage standard)Oui — désignation libre comme une assurance-vie
Distributeur typiqueBoursorama, Fortuneo, Trade Republic, banques en ligneLinxea, Lucya Cardif, Yomoni, Ramify, Carac, Generali
Réforme LF 2026 mesure 1 (report 5 ans)ApplicableApplicable
Réforme LF 2026 mesure 2 (fin déduction 70+)ApplicableApplicable

Pour le dire autrement : si la transmission est un objectif, le PER assurantiel est dans la quasi-totalité des cas plus pertinent que le PER bancaire — surtout en cas de décès avant 70 ans (abattement de 152 500 € par bénéficiaire, contre rien chez le bancaire). À vérifier avant d'ouvrir un PER ou de transférer un ancien Madelin.

Avec tout cela en tête, voici la stratégie à adopter selon votre âge et votre situation.

Stratégie 2026-2031 : verser, attendre, rattraper ou transférer ?

La meilleure stratégie face à la réforme dépend d'une variable très simple : votre âge au 1er janvier 2026. Quatre profils types, quatre stratégies distinctes. Voici la grille de décision Hagnéré Patrimoine.

Stratégie PER 2026-2031 par tranche d'âge
Âge au 01/01/2026UrgenceAction recommandée
< 65 ansModéréeIdentifier ses reliquats 2023, 2024, 2025 sur déclaration 2042 case 6QU. Planifier des versements 2026-2027 pour absorber les reliquats avant expiration (3 ans, ancien régime). Pour les futurs plafonds 2026+, exploiter la souplesse 5 ans.
65-69 ansÉLEVÉEDernière fenêtre de tir avant la mesure 2 (fin déductibilité 70+). Maximiser les versements annuels selon TMI. Vérifier si un transfert PERP/Madelin vers PER avec versement maximum cumulé est pertinent.
≥ 70 ansDécisionnellePlus de déduction sur les nouveaux versements depuis le 01/01/2026. Le PER devient une enveloppe de transmission ou d'épargne « nue ». Arbitrer : conserver pour la sortie en rente, basculer sur l'AV, ou clôturer en sortie capital ?
Expatrié non-résidentVariableConvention bilatérale prioritaire. PER × 4 au retour en France (cumul de 3 années de plafond non utilisé + plafond courant) — bientôt × 6 avec le report 5 ans pour les droits 2026+. Voir notre guide PER et expatriés.

Pour les détenteurs d'anciens contrats PERP, Madelin ou article 83 : le transfert vers un PER reste pertinent dans la plupart des cas. Voyez notre guide transférer un PERP ou un Madelin vers un PER — notez que la doctrine BOI-ANNX-000512 du 17/02/2026 introduit une nouvelle grille forfaitaire pour déterminer la fraction imposable du capital transféré.

Pour les expatriés concernés par la double imposition : voir notre guide PER et expatriés qui décortique 8 conventions bilatérales.

Avant de conclure, listons les erreurs classiques que nous voyons en bilan patrimonial sur ce sujet.

Cinq erreurs à éviter avec la réforme PER 2026

Erreur 1 — Croire que le report 3 → 5 s'applique automatiquement à tous les reliquats

Non. Le nouveau délai ne concerne que les plafonds nés à compter du 01/01/2026. Vos reliquats 2023, 2024 et 2025 restent sous l'ancien régime de 3 ans (expiration respectivement fin 2026, fin 2027, fin 2028). C'est explicitement confirmé par la question écrite Daubresse n° qSEQ260308143.

Erreur 2 — Confondre le report de plafond et le quotient art. 163-0 A en sortie capital

Ce sont deux mécanismes totalement distincts. Le report de plafond concerne la phase d'épargne (déduction des versements). Le quotient concerne la phase de sortie (étalement fiscal d'une grosse sortie en capital). La LF 2026 ne touche que le premier.

Erreur 3 — Verser sur un PER après 70 ans sans recalcul de l'intérêt patrimonial

Sans la déduction, le PER perd sa principale raison d'être à l'entrée. L'assurance-vie devient souvent plus pertinente (abattement annuel sur rachats ; au décès, l'art. 757 B et son abattement global de 30 500 € n'y visent que les primes versées après 70 ans, gains exonérés). Côté transmission, le PER assurantiel ne fait pas mieux : au décès après 70 ans, l'art. 757 B s'applique à la totalité du plan, primes et gains, y compris les versements effectués avant 70 ans.

Erreur 4 — Oublier la hausse PS de la LFSS 2026 dans la simulation de sortie

1,4 point d'écart sur les prélèvements sociaux (17,2 % → 18,6 %), c'est peu en pourcentage mais beaucoup en montant absolu sur les grosses sorties. Toujours recalculer avec le PFU global 31,4 % depuis le 01/01/2026.

Erreur 5 — Ne pas figer un versement utile fin 2026 pour activer le nouveau report 5 ans

Tant qu'un plafond n'est pas « né » en 2026 (c'est-à-dire constaté sur la déclaration 2042 au titre des revenus 2025), il n'est pas reportable 5 ans. Verser même un montant modeste fin 2026 active la souplesse 5 ans sur le futur reliquat 2026.

Place à la FAQ pour répondre aux questions les plus fréquentes sur la réforme.

Les 3 choses à retenir

  1. Mesure 1 : le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans, mais uniquement pour les plafonds nés à compter du 1er janvier 2026 (CGI art. 163 quatervicies).
  2. Mesure 2 : les versements à compter du 70e anniversaire ne sont plus déductibles depuis le 1er janvier 2026 (CGI art. 163 quinvicies).
  3. Vigilance : ne pas confondre la mesure 1 avec le quotient art. 163-0 A (inchangé) ni avec la sortie en capital fractionnée (libre depuis PACTE). Et ne pas oublier la hausse PS de la LFSS 2026 (18,6 %).
Hagnéré Patrimoine

Activez la réforme PER 2026 dans votre stratégie patrimoniale

Premier rendez-vous offert — 45 min : nous recueillons votre situation et vous présentons les mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. La cartographie de vos plafonds 2023-2031, des reliquats expirant fin 2026 et l'arbitrage de votre PER avant 70 ans supposent une lettre de mission signée. Cabinet CIF / COBSP / COA — ORIAS 23002291 — 4,6/5 sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026).

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Sources et références légales

Article rédigé selon la loi de finances pour 2026 et la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, en vigueur au 21 mai 2026. Dernière mise à jour : 21/05/2026.

Hagnéré Patrimoine — SAS, siège social 82 Impasse de Bellevue, 73000 Bassens, immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP) et courtier d'assurance (COA). Article rédigé selon la loi de finances pour 2026 en vigueur au 21 mai 2026. Dernière mise à jour : 21/05/2026.

Questions fréquentes

Questions fréquentes — Réforme PER LF 2026

Deux choses. D'abord, le report des plafonds de déduction non utilisés passe de 3 à 5 ans (CGI art. 163 quatervicies), pour les plafonds nés à compter du 1er janvier 2026. Ensuite, les versements effectués à compter du 70e anniversaire ne sont plus déductibles (CGI art. 163 quinvicies). La sortie en capital, le quotient art. 163-0 A et les cas de déblocage anticipé sont inchangés.

Oui, mais uniquement pour les plafonds nés à compter du 1er janvier 2026. Vos reliquats 2023, 2024 et 2025 restent sous l'ancien régime de 3 ans. C'est confirmé par le rapport du Sénat sur la LF 2026 et par la question écrite n° qSEQ260308143 du sénateur Marc-Philippe Daubresse (26 mars 2026).

Il expire fin 2026, sous le régime des 3 ans qui était en vigueur quand ce plafond est né. Pour les plafonds de 2024 et 2025, l'expiration suit la même logique : 2027 et 2028. Le nouveau délai de 5 ans ne joue que pour les plafonds 2026 et suivants.

Non. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués à compter du 70e anniversaire ne sont plus déductibles du revenu imposable. Mais les versements antérieurs au 01/01/2026 conservent leur déduction acquise (principe de petite rétroactivité fiscale, Cons. const. 2013-682 DC). Le PER reste utilisable après 70 ans, mais perd son intérêt fiscal à l'entrée.

Le plafond 2026 est calculé sur la base du PASS 2025 (47 100 €). Pour un salarié : 10 % du revenu net imposable plafonné à 8 PASS, soit un maximum de 37 680 €. Pour un TNS : 10 % du bénéfice (dans la limite de 8 PASS) plus 15 % du bénéfice au-delà du PASS. Plafond plancher pour tous : 10 % du PASS, soit 4 710 €.

Oui, à la sortie en capital. L'article 12 de la LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) porte la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %, ce qui fait passer les prélèvements sociaux globaux de 17,2 % à 18,6 % et le PFU global de 30 % à 31,4 %. Cette hausse s'applique aux gains de votre PER en sortie capital depuis le 1er janvier 2026.

Pas systématiquement. Le PER reste utile après 70 ans pour la sortie en rente, la transmission via une clause bénéficiaire spécifique (PER assurantiel uniquement), ou pour le quotient art. 163-0 A sur la part versements déduits d'une sortie en capital (sortie unique, ou premier versement d'une sortie fractionnée). Attention : contrairement aux anciens produits (PERP, Madelin, art. 83), le PER est EXCLU du PFL 7,5 % de l'article 163 bis CGI. Dans la plupart des cas, l'assurance-vie offre plus de souplesse passé 70 ans : abattement annuel 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les rachats, succession avec abattement 30 500 € (art. 757 B CGI). Un bilan patrimonial est indispensable avant de basculer.

Non. Les deux mesures de l'article 9 LF 2026 concernent exclusivement les plafonds nés à compter du 01/01/2026 et les versements effectués à compter du 01/01/2026. Tous les droits acquis avant cette date sont préservés : c'est le principe de petite rétroactivité fiscale, consacré par le Conseil constitutionnel (décision 2013-682 DC du 19/12/2013) et la jurisprudence du Conseil d'État (CE Société ÉPI n° 308996 du 9/05/2012).

Oui, les deux mesures de l'article 9 LF 2026 (report 5 ans et fin déduction 70+) s'appliquent aux deux familles de PER créées par la loi PACTE : le PER d'investissement (compte-titres, dit « bancaire », distribué notamment par Boursorama et Fortuneo) et le PER d'assurance (« assurantiel », distribué par Linxea, Lucya Cardif, Yomoni, Ramify). La distinction pèse cependant lourd en succession : abattement 152 500 € par bénéficiaire pour le PER assurantiel décédé avant 70 ans (CGI art. 990 I), contre intégration au barème classique pour le PER bancaire.

Vérifier impérativement que vos versements programmés seront stoppés à la date de votre 70e anniversaire — la mesure 2 LF 2026 s'applique à la date d'anniversaire, pas à l'année civile. En pratique, aucun assureur ne suspend automatiquement les versements programmés à cette date (constat terrain mai 2026). Si vous laissez tourner par défaut, les versements postérieurs au 70e anniversaire ne seront pas déductibles. Le réflexe : suspendre ou clore le versement programmé un mois avant la date butoir, puis basculer éventuellement vers un contrat d'assurance-vie.

Oui en principe. La loi LF 2026 a été promulguée le 19 février 2026 mais s'applique aux versements effectués depuis le 1er janvier 2026. Il existe donc une zone grise pour les versements 01/01 au 19/02/2026 par des contribuables de plus de 70 ans. Au 21/05/2026, aucune position DGFiP n'a été publiée sur ce point. Si vous êtes concerné, contactez votre assureur pour faire annuler le versement (rachat technique) ou requalifier le versement en non déduit (et conserver l'avantage de la sortie capital exonérée sur la part non déduite). Un point avec un conseiller fiscal est indispensable avant la déclaration 2042 2027.