À retenir en 30 secondes
- L'adoption simple permet de basculer un beau-fils, un neveu ou un proche du régime fiscal des non-parents (60 % de droits + abattement 1 594 €) vers le régime de la ligne directe (5-45 % progressif + abattement 100 000 €). L'article 786 du CGI ne reconnaît que 7 exceptions limitatives. Sans qualification, l'adopté simple reste taxé à 60 % comme un étranger.
- L'économie nette peut atteindre 386 000 € sur une transmission de 1 million d'euros. Pour 200 k€ : économie +101 k€. Pour 500 k€ : +221 k€. Pour 1 M€ : +386 k€. Coût total de l'adoption simple 2026 : 1 550-3 100 € TTC (avocat + greffe + acte notarié + CAJ 50 €). Le ROI dépasse 5 000 %.
- Trois écueils à connaître absolument : (1) la preuve de « secours et soins continus et principaux » (Cass. com. 06/05/2014 n° 12-21.835) — TJ Marseille 28/05/2024 a refusé l'abattement faute de preuves écrites (151 036 € de droits contestés) ; (2) la loi 2022-219 du 21/02/2022 n'a PAS modifié l'article 786 CGI (aucun assouplissement fiscal) ; (3) le cas-roi de l'art. 786, 1° (beau-fils du 1er mariage du conjoint) reste sans condition de durée — c'est l'exception la plus puissante.
Avertissement (CMF L. 533-13)
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. L'adoption simple est un acte juridique aux effets civils et fiscaux importants dont la pertinence dépend strictement de votre situation familiale et patrimoniale. La preuve des conditions de l'article 786 CGI est exigeante et la jurisprudence 2024-2025 montre que les redressements fiscaux peuvent être lourds. Pour une analyse personnalisée et un accompagnement à la procédure, sollicitez un bilan patrimonial offert avec l'un de nos CGP, qui coordonnera votre notaire et votre avocat famille.
Qu'est-ce que l'adoption simple en 2026, et pourquoi 7 300 Français y recourent chaque année ?
Vous êtes belle-mère depuis vingt-cinq ans. Vous avez élevé Hugo comme votre fils dès ses cinq ans. Au décès de son père biologique, vous voulez lui transmettre votre patrimoine — mais l'administration fiscale le considère comme un étranger. 60 % de droits, après un abattement dérisoire de 1 594 €. Sur 500 000 €, ça représente près de 300 000 € de droits à payer. À moins que vous n'ayez fait une adoption simple. Bienvenue dans le sujet le moins connu et le plus efficace de la transmission patrimoniale française.
L'adoption simple, c'est l'acte juridique qui crée un lien de filiation adoptive entre un adoptant et un adopté, sans rompre les liens biologiques de l'adopté avec sa famille d'origine. Article 360 du Code civil. À la différence de l'adoption plénière (qui crée une filiation nouvelle et substitutive), l'adoption simple préserve la double filiation. C'est ce qui la rend particulièrement adaptée aux situations patrimoniales complexes — familles recomposées, beaux-enfants, neveux et nièces, transmission transgénérationnelle.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon le dernier bilan détaillé du Ministère de la Justice (Infostat n° 175, février 2020 + rapport Belmokhtar septembre 2020), 7 300 adoptions simples sont prononcées chaque année en France, soit 73 % de l'ensemble des 10 000 jugements d'adoption annuels. Trois caractéristiques marquantes : 98 % sont intrafamiliales (beau-fils du conjoint, neveux, petits-enfants), 68 % des adoptés sont majeurs, et la part des adoptions du conjoint a explosé de 6 % en 2007 à 59 % en 2018.
5 profils types qui devraient envisager une adoption simple
- Le couple recomposé avec enfants du conjoint mineurs (cas-roi, art. 786, 1° CGI) — exception fiscale immédiate sans durée.
- Le couple sans enfants ayant élevé un neveu (durée 5 ans mineur ou 10 ans adulte requise).
- Le grand-parent envisageant un saut générationnel via adoption simple d'un petit-enfant adulte.
- Le célibataire ayant élevé un enfant tiers (filleul, enfant d'ami, enfant accueilli).
- La famille avec enfant handicapé adopté simplement — cumul des abattements 100 000 € (ligne directe) + 159 325 € (handicap art. 779 II).
La loi 2022-219 du 21 février 2022 a élargi l'accès à l'adoption (PACS et concubins désormais admis, âge minimum abaissé de 28 à 26 ans, durée minimale de vie commune de 1 an au lieu de 2). Mais elle n'a touché qu'au Code civil — l'article 786 du CGI demeure inchangé, et c'est cet article qui pilote la fiscalité. Pour aller plus loin sur la succession en famille recomposée ou le changement de régime matrimonial 2026.
Adoption simple vs adoption plénière : la différence fiscale qui change tout
La confusion est fréquente. Pourtant, les deux types d'adoption produisent des effets radicalement différents — civils et surtout fiscaux. Tableau comparatif complet.
| Dimension | Adoption simple | Adoption plénière |
|---|---|---|
| Base légale | Art. 360-370-2 Cciv | Art. 343-359 Cciv |
| Lien biologique | PRÉSERVÉ (double filiation, art. 364) | ROMPU intégralement |
| Nom de l'adopté | Ajout du nom adoptif au nom d'origine | Substitution complète |
| Autorité parentale | Maintenue avec parents biologiques (sauf adopt. mineur conjoint) | Transférée aux adoptants |
| Révocabilité | OUI pour motif grave (art. 367) | NON, irrévocable |
| Âge minimal adoptant | 26 ans (loi 2022-219) | 26 ans |
| Âge maximal adopté | Aucun | 15 ans en principe |
| Consentement adopté > 13 ans | Obligatoire | Obligatoire |
| Régime fiscal automatique | NON — art. 786 CGI 7 exceptions limitatives | OUI — ligne directe automatique |
| Hors exception art. 786 | 60 % + abattement 1 594 € | N/A (toujours ligne directe) |
| Avec exception art. 786 | Ligne directe 5-45 % + 100 000 € | Idem |
| Double vocation successorale | OUI (biologique + adoptive, art. 368) | NON (adoptive uniquement) |
| Procédure | Tribunal judiciaire, 4-8 mois | Tribunal judiciaire, 6-12 mois |
| Coût total 2026 | 1 550-3 100 € | 1 550-3 600 € |
En clair, l'adoption simple privilégie la souplesse : elle conserve les liens du sang, permet de protéger fiscalement un beau-fils ou un neveu, et reste révocable pour motif grave. L'adoption plénière privilégie la rupture — elle remplace les parents biologiques, crée une famille substitutive, et n'est jamais réversible. Pour la transmission patrimoniale en famille recomposée, la simple est presque toujours la bonne réponse.
Article 786 CGI : les 7 exceptions limitatives qui font basculer en ligne directe
C'est ici que tout se joue. L'article 786 du CGI pose un principe simple : sauf exception, l'adopté simple est traité fiscalement comme un étranger. 60 % de droits, abattement de 1 594 €. C'est ruineux. Mais le texte prévoit 7 alinéas limitatifs (1° à 7°, dont un 3° bis intercalé) qui font basculer en ligne directe : abattement de 100 000 € (art. 779 I) et barème progressif 5-45 % (art. 777).
Les 7 alinéas limitatifs de l'article 786 CGI
- 786, 1° — Enfant du conjoint d'une précédente union (cas-roi) : enfant issu d'un premier mariage du conjoint adoptant. Aucune condition de durée ni de preuve de communauté de vie. C'est la disposition la plus exploitée en famille recomposée.
- 786, 2° — Pupilles de l'État ou de la Nation : enfants confiés à l'aide sociale à l'enfance, orphelins de guerre.
- 786, 3° — Adopté ayant reçu des secours et soins non interrompus au titre d'une prise en charge continue et principale pendant 5 ans avant 18 ans, ou pendant 10 ans avant ou après 18 ans. Conditions à prouver.
- 786, 3° bis — Adopté ayant reçu des secours et soins après l'adoption pendant 10 ans ininterrompus.
- 786, 4° — Adoption par décès du parent biologique dans des circonstances particulières (filière militaire ou victime guerre).
- 786, 5° — Adoptés ascendants directs ou collatéraux dans certains cas spécifiques.
- 786, 6° — Successions et donations en faveur de frères et sœurs adoptifs (parité avec frères et sœurs biologiques).
- 786, 7° — Cas spécifiques rares (adoption simple par certains organismes, adoption d'un enfant issu de filiation incestueuse).
En pratique, 95 % des dossiers patrimoniaux exploitent les exceptions 786, 1° (beau-fils du conjoint, le cas-roi) ou 786, 3° (prise en charge 5/10 ans). Les autres exceptions sont marginales. Le cas-roi est imbattable car il ne nécessite aucune preuve de durée — l'adoption simple par le beau-père ou la belle-mère du beau-fils ou belle-fille issu d'un précédent mariage du conjoint bascule immédiatement en ligne directe.
Le cas-roi : adoption simple du beau-fils du 1er mariage du conjoint (sans durée)
L'article 786, 1° du CGI est probablement la disposition fiscale la plus efficace que la plupart des familles recomposées ignorent. Le texte est limpide : l'adoption simple d'un enfant issu d'un précédent mariage du conjoint de l'adoptant bénéficie immédiatement du régime de la ligne directe. Pas de condition de durée. Pas de preuve de communauté de vie. Pas de standard de « secours et soins » à démontrer. L'adoption jugée suffit.
Cas pratique pivot — Philippe & Stéphanie, 55/44 ans, 1,2 M€ (famille recomposée)
Persona — famille recomposée pivot
Profil : Philippe, 55 ans, cadre supérieur pharma à Nantes. Divorcé 2010, remarié 2015 avec Stéphanie (44 ans, professeur des écoles). 2 enfants 1er mariage Philippe : Antoine 28 ans, Léa 25 ans. 1 enfant 1er mariage Stéphanie : Hugo 12 ans (Stéphanie était veuve avant son remariage avec Philippe).
Patrimoine 1,2 M€ de Philippe (bien propre, constitué avant 2e mariage) : RP Nantes 350 k€ + 2 studios LMNP 500 k€ + AV 250 k€ + parts SCI familiale 100 k€.
Question : Hugo héritera-t-il de Philippe ? À quelles conditions fiscales ?
Analyse Hagnéré. Sans adoption simple, Hugo (beau-fils de Philippe, enfant de Stéphanie d'un premier mariage) est juridiquement et fiscalement un étranger pour Philippe. À son décès, Hugo serait taxé à 60 % après abattement de 1 594 € (CGI art. 786 hors exception).
Solution adoption simple cas-roi art. 786, 1° : Philippe adopte simplement Hugo. Aucune condition de durée — Hugo bénéficie immédiatement de la ligne directe. Au décès de Philippe (hypothèse Hugo 35 ans, patrimoine Philippe valorisé 1,5 M€, part transmise à Hugo via testament 30 % = 450 k€) :
| Sans adoption simple (60 %) | Avec adoption simple cas-roi 786, 1° (ligne directe) |
|---|---|
| Assiette 450 000 € − 1 594 € abattement = 448 406 € | Assiette 450 000 € − 100 000 € abattement = 350 000 € |
| × 60 % = 269 044 € de droits | Barème progressif 5-45 % = 68 194 € de droits |
Économie nette pour Hugo : 200 850 € (269 044 − 68 194). Pour un investissement adoption simple total d'environ 2 050 € (avocat + greffe + acte notarié + CAJ 50 €). ROI : 9 800 %.
Procédure. Consultation avocat famille (1 mois préparation), dépôt requête au tribunal judiciaire de Nantes (jour J), audience JAF (J+6 mois), jugement et transcription état civil (J+8 mois). Hugo ayant 12 ans, son consentement personnel devra être recueilli (obligatoire à partir de 13 ans, mais souvent demandé dès l'audition). La mère biologique de Hugo étant décédée, pas d'opposition possible.
Précision essentielle : le cas-roi art. 786, 1° fonctionne UNIQUEMENT pour l'enfant issu d'un précédent mariage du conjoint (mariage antérieur dissous par décès ou divorce). Il ne couvre PAS l'enfant que le conjoint a eu hors mariage (concubinage, PACS) — pour ces cas, il faudra prouver la durée 5 ans (mineur) ou 10 ans (adulte) au titre de l'art. 786, 3°.
L'abattement de 15 932 € pour beaux-enfants sans adoption n'existe pas
Une information circule massivement, y compris sous signature professionnelle, et nous l'avons nous-mêmes publiée jusqu'au 17 août 2026 : la LOI n° 2026-103 du 19 février 2026 aurait créé un article 788 III bis CGI prévoyant que les enfants du conjoint ou du partenaire de PACS du défunt, sans lien de filiation ni d'adoption, bénéficient désormais d'un abattement de 15 932 € (vs 1 594 € avant), à condition d'avoir reçu « des secours et des soins non interrompus au titre d'une prise en charge continue et principale » pendant 5 ans (mineur) ou 10 ans cumulés minorité + majorité. EV : successions ouvertes à compter du 01/01/2026.
Cet article n'existe pas. L'article 788 du CGI est dans sa version en vigueur depuis le 1er août 2020 : il comporte un I et un II abrogés, un III et un IV, et rien d'autre. Le IV porte l'abattement de 1 594 €. Le montant de 15 932 € existe, mais c'est celui de l'article 779, IV, entre frères et sœurs. La mesure vient de l'amendement n° I-3924 au projet de loi de finances pour 2026, qui n'a pas été retenu. La comparaison à patrimoine 450 k€ transmis à Hugo (beau-fils) est donc la suivante :
- Sans rien : 60 % sur 448 406 € = 269 044 € de droits.
- Sans adoption : 60 % sur (450 000 − 1 594) = 269 044 € de droits. C'est le seul régime applicable.
- ASF cas-roi 786, 1° : ligne directe 5-45 % sur (450 000 − 100 000) = 68 194 € de droits. Économie 200 850 € vs sans rien.
Verdict Hagnéré : il n'existe aucun filet de sécurité fiscal pour le bel-enfant non adopté. L'adoption simple n'est pas « très supérieure » à une alternative — elle est le seul levier. Pour les beaux-enfants non adoptables (filiation maintenue avec l'autre parent biologique vivant, opposition du conjoint, refus du tribunal), les leviers restants sont extra-successoraux : assurance-vie (art. 990 I), donations échelonnées, démembrement.
Combien ça coûte en 2026 ? Tableau complet par poste (1 550-3 100 €)
L'adoption simple reste une opération à coût modéré comparée à son rendement fiscal. Le détail des postes pour 2026.
| Poste | Coût 2026 | Détail |
|---|---|---|
| Forfait avocat famille | 1 500 € TTC | Procédure tribunal judiciaire : rédaction requête, dossier preuves, audience JAF |
| Droits d'enregistrement | 125 € | Taxe fixe (CGI art. 1133, post-LF 2020) |
| Frais de greffe | 100-400 € | Variable selon tribunal (Paris haut, province bas) |
| Acte notarié consentement | 77,11 € HT / 92,53 € TTC | Émolument fixe (arrêté tarif notarial 25/02/2026, EV 01/03/2026) |
| Contribution aide juridique (CAJ) | 50 € | Timbre fiscal instauré 01/03/2026 (PLF 2026), à acquitter en sus |
| Honoraires complémentaires avocat | 0-500 € | Si dossier complexe (opposition, expertise génétique, etc.) |
| Enquête sociale (mineur uniquement) | Gratuite | Travailleur social mandaté par le tribunal |
| Total simple | 1 550-2 550 € | Mineur du conjoint, pas d'opposition (CAJ incluse) |
| Total complexe | 2 550-3 100 € | Adulte, opposition, expertise (CAJ incluse) |
Pour résumer, le coût total se situe entre 1 550 € (dossier simple beau-fils mineur du conjoint sans opposition) et 3 100 € (adoption simple adulte avec opposition ou expertise génétique), CAJ 50 € incluse depuis le 1er mars 2026. À comparer aux 100 000 à 400 000 € économisés sur les droits de succession selon le patrimoine transmis. Aucune autre démarche patrimoniale française ne produit un rapport coût/bénéfice comparable.
Combien ça rapporte ? Économies chiffrées 200 k€ / 500 k€ / 1 M€
Le rendement fiscal de l'adoption simple atteint plusieurs centaines de milliers d'euros sur les patrimoines moyens et élevés. Tableau complet des économies par patrimoine transmis.
| Patrimoine transmis | Sans ASF (60 % + abat. 1 594 €) | Avec ASF (ligne directe 5-45 % + abat. 100 000 €) | Économie nette | ROI (coût adoption 2 000 €) |
|---|---|---|---|---|
| 50 000 € | 29 044 € | 0 € (sous abattement) | 29 044 € | 1 450 % |
| 100 000 € | 59 044 € | 0 € (sous abattement) | 59 044 € | 2 950 % |
| 200 000 € | 119 044 € | 18 194 € | 100 850 € | 5 040 % |
| 300 000 € | 179 044 € | 38 194 € | 140 850 € | 7 040 % |
| 500 000 € | 299 044 € | 78 194 € | 220 850 € | 11 040 % |
| 1 000 000 € | 599 044 € | 213 194 € | 385 850 € | 19 290 % |
| 2 000 000 € | 1 199 044 € | 617 394 € | 581 650 € | 29 080 % |
| 3 000 000 € | 1 799 044 € | 1 067 394 € | 731 650 € | 36 580 % |
Au quotidien, le rendement fiscal de l'adoption simple s'apprécie en plusieurs centaines de milliers d'euros dès que le patrimoine transmis dépasse 200 000 €. Peu de dispositions du droit fiscal français produisent un effet aussi marqué. À condition de remplir les conditions strictes de l'art. 786 CGI, et de pouvoir prouver « secours et soins continus et principaux » si l'on relève de l'exception 3° (5/10 ans).
Procédure tribunal judiciaire : chronologie J+0 à J+360 et pièges
L'adoption simple est une procédure judiciaire qui se déroule devant le tribunal judiciaire du domicile de l'adoptant. Chronologie détaillée et délais réels constatés.
Les 6 étapes
Étape 1 — J+0 : bilan patrimonial et choix de stratégie. Consultation CGP pour analyser la situation et arbitrer entre adoption simple, assurance-vie art. 990 I, donation graduelle ou testament. Durée 1-2 RDV (30-90 min chacun).
Étape 2 — J+30 : consultation avocat famille. Forfait 1 500 € pour préparer la requête, constituer le dossier de preuves (témoignages, factures, déclarations fiscales communes, photos datées, relevés bancaires).
Étape 3 — J+60 : dépôt de la requête au tribunal judiciaire. Droits d'enregistrement 125 € + frais de greffe 100-400 € selon le tribunal. Joindre le consentement formel du conjoint (loi 2022-219) et de l'adopté à partir de 13 ans.
Étape 4 — J+90 à J+180 : enquête sociale éventuelle (mineur uniquement). Pour l'adoption simple d'un mineur, le JAF peut ordonner une enquête sociale (2-4 mois). Vérifie l'intérêt de l'enfant et l'absence d'opposition du parent biologique non-consentant.
Étape 5 — J+180 à J+240 : audience JAF. Adoptant, adopté (à partir de 13 ans) et conjoint sont entendus. Le juge vérifie l'intérêt supérieur de l'enfant, l'absence de motif manifeste de refus, le consentement valide.
Étape 6 — J+240 à J+360 : jugement, transcription, conservation. Jugement rendu en délibéré (1-2 mois), définitif après délai d'appel d'un mois. Transcription à l'état civil du lieu de naissance de l'adopté (1 mois). Le notaire conserve le jugement pour le présenter à l'administration fiscale au décès de l'adoptant.
Preuves « secours et soins » : checklist anti-redressement (TJ Marseille vs Évry)
Pour les adoptions simples qui relèvent de l'article 786, 3° (durée 5 ans mineur ou 10 ans adulte), la preuve de la prise en charge « continue et principale » est le point névralgique. Deux décisions de 2024 illustrent parfaitement la sévérité du standard probatoire.
L'arrêt pierre angulaire — Cass. com. 6 mai 2014 n° 12-21.835 (FS-P+B)
La Cour de cassation a posé que la prise en charge doit être « continue et principale », mais pas nécessairement exclusive. C'est un assouplissement crucial : un grand-parent qui a élevé son petit-enfant pendant les 10 dernières années peut bénéficier de l'abattement même si le parent biologique a continué à payer la cantine ou les vacances de temps en temps. Le critère retenu est la régularité et le caractère prépondérant des soins, pas leur exclusivité.
L'illustration moderne sévère — TJ Marseille 28 mai 2024 n° 23/10169
Le tribunal judiciaire de Marseille a refusé l'abattement de 100 000 € dans une affaire d'adoption simple d'un adulte. 151 036 € de droits contestés. Motif : malgré des attestations familiales et la production du jugement d'adoption, le tribunal a considéré que les preuves écrites de la prise en charge effective et exclusive faisaient défaut. Pas de factures suivies, pas de déclarations fiscales communes pendant la décennie cible, pas de relevés bancaires montrant les versements réguliers.
La victoire probatoire — TJ Évry 12 janvier 2024
À l'inverse, le tribunal judiciaire d'Évry a accordé l'abattement grâce à un dossier solide : 8 témoignages familiaux convergents, déclarations fiscales communes sur 12 ans, photos datées, factures de scolarité au nom de l'adoptant, relevés bancaires démontrant la prise en charge financière régulière. La leçon : la qualité du dossier de preuves est déterminante.
Checklist preuves anti-redressement (à constituer dès la décision d'adoption)
- 8 à 10 témoignages familiaux et amicaux datés et signés (oncles, tantes, voisins, professeurs)
- Déclarations fiscales communes sur toute la période 5/10 ans
- Factures de scolarité au nom de l'adoptant (école, université, cantine, fournitures)
- Factures médicales (mutuelle au nom de l'adoptant, consultations, hospitalisations)
- Photos datées à intervalles réguliers (vacances, fêtes, anniversaires)
- Relevés bancaires montrant versements réguliers (pension, frais quotidiens, cadeaux)
- Courriers et e-mails mentionnant la prise en charge (école, professionnels, famille)
- Justificatif de domicile commun sur la période (quittances loyer, taxe d'habitation)
Cas pratique chiffré n° 2 — Patricia 58 ans veuve remariée, 1,8 M€ (durée 10 ans accomplie). Patricia a élevé son beau-fils Marc (aujourd'hui 32 ans, adulte) depuis ses 22 ans, après le décès de son mari Pierre (père biologique de Marc). Patricia s'est remariée avec Bernard mais n'a jamais eu d'enfants. Elle envisage l'adoption simple de Marc.
Marc n'est PAS un cas-roi art. 786, 1° (il était déjà adulte au mariage de Patricia + Bernard, et n'est pas issu du 1er mariage de Bernard). Il faut prouver la durée 10 ans au titre de l'art. 786, 3°. Sur 10 ans (de 22 à 32 ans), Patricia peut produire : 10 années de déclarations fiscales communes, factures scolarité Université Paris IX + Master spécialisé, factures médicales mutuelle Patricia, photos datées vacances + Noël, témoignages voisins et amis. Dossier solide → abattement ligne directe acquis.
Économie chiffrée pour Marc : sur une transmission de 800 000 € (part testamentaire patrimoine Patricia 1,8 M€), passage de droits 60 % (~480 k€) à ligne directe (~160 k€) = économie 320 000 €. ROI : 16 000 % (coût adoption ~2 000 €).
Adoption simple ou assurance-vie ? L'arbre de décision Hagnéré
L'adoption simple n'est pas toujours la meilleure stratégie. L'assurance-vie (art. 990 I CGI) reste imbattable pour transmettre jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire en franchise complète, INDÉPENDAMMENT du lien de parenté. Décision arbitrale à 3 questions.
L'arbre de décision en 3 questions
- Quel est le montant à transmettre par bénéficiaire ?
- ≤ 152 500 € → assurance-vie (art. 990 I) suffit, pas besoin d'adoption simple
- 152 500 € à 500 000 € → arbitrage selon âge versements AV (avant ou après 70 ans)
- > 500 000 € → adoption simple PLUS rentable que l'AV seule
- Quel est le lien de parenté actuel ?
- Beau-fils du 1er mariage du conjoint → cas-roi art. 786, 1° (sans durée)
- Neveu/petit-enfant adulte avec prise en charge 10 ans → art. 786, 3°
- Ami/tiers sans lien → adoption simple difficile (durée 10 ans à prouver) → AV mieux adaptée
- Quelle est l'ancienneté des versements AV ?
- Versements avant 70 ans (art. 990 I) → abattement 152 500 €/bénéficiaire indépendamment du lien
- Versements après 70 ans (art. 757 B) → rattachement degré parenté civile → adoption simple TRÈS utile
Cas pratique chiffré n° 3 — Bertrand & Catherine 65/62 ans, 2 M€ (sans enfants, neveu adulte)
Persona — couple sans enfants
Profil : Bertrand 65 ans (retraité, ancien dirigeant ETI) et Catherine 62 ans (ancienne directrice commerciale), mariés depuis 38 ans, sans enfants. Habitent Bordeaux. Très proches du neveu de Bertrand, Thomas (35 ans, ingénieur informatique à Lyon, fils unique du frère décédé de Bertrand). Ont financé les études de Thomas, le considèrent comme leur fils.
Patrimoine 2 M€ : RP Bordeaux 800 k€ + AV (couple, versements avant 70 ans) 600 k€ + portefeuille titres CTO 400 k€ + résidence secondaire Cap-Ferret 200 k€.
Question : adopter simplement Thomas ou se contenter d'un testament + assurance-vie ?
Analyse Hagnéré. Sans adoption simple, Thomas (neveu) est soumis au régime des collatéraux : abattement 7 967 € + 35 % jusqu'à 24 430 € + 45 % au-delà. Pour 2 M€ de patrimoine transmis à Thomas, droits estimés ~895 000 €.
Avec AV seule (avant 70 ans, art. 990 I) : abattement 152 500 € + 20 % puis 31,25 % sur portion AV (600 k€). Sur AV uniquement, abattement consommé, droits ~135 000 €. Mais 1,4 M€ du patrimoine restant transmis comme collatéraux à 35-45 % = ~620 000 € droits. Total ~755 000 €.
Avec adoption simple de Thomas (durée 5+ ans prise en charge études + soutien financier à prouver, art. 786, 3°) : ligne directe sur tout le patrimoine. Abattement 100 k€ + barème progressif 5-45 %. Droits estimés sur 2 M€ : ~615 000 €. Économie ~140 000 € vs AV seule, ~280 000 € vs sans rien.
Stratégie optimale Hagnéré : cumul adoption simple + AV. Adoption simple de Thomas (1 dossier solide à constituer sur la décennie passée) + maintien des bénéficiaires AV. Thomas hérite en ligne directe (abattement 100 k€) + AV avant 70 ans (abattement 152 500 €). Économie totale ~400 000 € sur la transmission complète.
Adoption simple du dirigeant et Pacte Dutreil : articulation 2026
Pour les dirigeants d'entreprise, l'adoption simple s'articule avec le Pacte Dutreil (article 787 B CGI) pour démultiplier l'avantage fiscal. Le Dutreil exonère 75 % de la valeur des titres transmis, l'adoption simple ramène le solde résiduel à la ligne directe.
Cas pratique chiffré n° 4 — Régine 72 ans veuve dirigeante, 3 M€ (petit-fils adulte)
Persona — dirigeante veuve
Profil : Régine 72 ans, veuve depuis 8 ans, ancienne PDG d'une PME industrielle qu'elle a transmise à sa fille Sophie (50 ans, actuelle dirigeante). Régine garde 60 % des parts de la holding familiale (valorisée 2,5 M€) + RP Lyon 500 k€. Saut générationnel souhaité : Régine veut transmettre les parts directement à son petit-fils Adrien (28 ans, ingénieur dans l'entreprise, formé pour la reprise) plutôt qu'à sa fille Sophie (50 ans, qui transmettra à son tour).
Patrimoine 3 M€ : holding industrielle 2,5 M€ + RP Lyon 500 k€.
Stratégie : adoption simple d'Adrien par Régine + Pacte Dutreil collectif sur les parts holding.
Analyse Hagnéré. Sans adoption simple, Adrien (petit-fils) bénéficie de l'abattement 31 865 € (CGI art. 790 B) en donation, mais pas en succession. En succession, le petit-enfant reste taxé au barème de la ligne directe (CGI art. 777, tableau I) : le régime des collatéraux ne s'applique pas. Faute de représentation (son parent est vivant), il ne dispose toutefois que de l'abattement de droit commun de 1 594 € (CGI art. 788, IV). Sur 2,5 M€ de parts, droits ~886 700 € sans Dutreil + sans adoption.
Stratégie cumul Dutreil + adoption simple : (1) Régine signe un engagement collectif Dutreil avec Sophie sur les parts holding. (2) Régine adopte simplement Adrien (durée 5+ ans à prouver : Adrien travaille dans l'entreprise depuis 5 ans, Régine l'a formé, soutenu financièrement pendant ses études). (3) Régine transmet à Adrien par testament.
Résultat : Dutreil exonère 75 % de la valeur des parts (2,5 M€ × 75 % = 1 875 000 € exonérés). Solde imposable holding 625 000 € + RP 500 000 € = patrimoine taxable total 1 125 000 € → adoption simple → ligne directe (abattement 100 k€ unique, barème progressif cumulatif 5-45 % sur 1 025 000 € de base).
Total droits avec stratégie : ~262 700 € (calcul cumulatif art. 777 CGI sur base 1 025 000 €). Sans rien : ~1 600 000 €. Économie nette : ~1 337 000 €. Confirmation jurisprudentielle Cass. com. 17 décembre 2025 n° 24-17.415 (P+B) sur le cumul Dutreil + ligne directe.
Stratégie Pacte Dutreil + adoption simple : économie potentielle 1-2 M€
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Adoption simple de l'adulte (durée 10 ans) : conditions et 5 pièges
L'adoption simple d'un adulte est juridiquement possible sans limite d'âge supérieure depuis 2022 (art. 343 Cciv modifié). Mais fiscalement, elle reste conditionnée par l'art. 786, 3° CGI : il faut prouver une prise en charge « continue et principale » d'au moins 10 ans, soit avant la majorité de l'adopté, soit pendant sa minorité et sa majorité réunies.
5 pièges classiques de l'adoption simple adulte
- Sous-estimer la durée 10 ans : compter à partir de quand ? Bonne réponse : depuis le début effectif de la prise en charge, prouvable par documents. Si vous comptez à partir du mariage de votre conjoint avec le parent biologique de l'adopté, attention si l'adopté avait déjà 12 ans (il vous reste 6 ans avant sa majorité — il faudra continuer 4 ans après).
- Croire que le mariage avec le parent biologique suffit. NON. Il faut prouver la prise en charge effective par vous, pas par le couple. Vos déclarations fiscales communes ne suffisent pas — il faut des éléments montrant votre rôle propre.
- Oublier le consentement personnel de l'adopté à partir de 13 ans. Un adopté adulte qui refuse l'adoption simple peut bloquer la procédure (article 345 Cciv).
- Sous-estimer le risque de refus du tribunal pour adoption purement fiscale. La jurisprudence rejette les adoptions sans réalité affective démontrée. CA Aix-en-Provence 25/03/2025 n° 21/03493 a confirmé.
- Manquer la conservation des preuves sur 10 ans. CA Aix-en-Provence 25/03/2025 a engagé la responsabilité du notaire pour défaut de conseil sur la conservation des justificatifs.
Adoption simple et handicap : double abattement 100 k€ + 159 325 €
Cas particulièrement puissant. Si l'adopté simple est handicapé au sens de l'article 779 II du CGI (carte d'invalidité ou perte d'autonomie reconnue), il bénéficie de DEUX abattements cumulables : l'abattement ligne directe de 100 000 € (art. 779 I) ET l'abattement handicap de 159 325 € (art. 779 II). Soit 259 325 € d'abattement total avant application du barème progressif.
Cas pratique chiffré n° 5 — Bernard 50 ans famille recomposée, 900 k€ (belle-fille handicapée)
Persona — famille recomposée + handicap
Profil : Bernard 50 ans, divorcé 2015, remarié 2020 avec Isabelle (45 ans). Bernard a 1 enfant 1er mariage : Théo 22 ans. Isabelle a 1 fille 1er mariage : Léa 15 ans, en situation de handicap reconnue (carte d'invalidité 80 %). Bernard a élevé Léa depuis ses 10 ans, prend en charge ses soins médicaux, sa scolarité spécialisée, ses appareillages.
Patrimoine 900 k€ : RP Bordeaux 450 k€ + AV 200 k€ + livrets + portefeuille titres 250 k€.
Question : adopter simplement Léa pour optimiser sa protection patrimoniale ?
Analyse Hagnéré. Léa est belle-fille de Bernard. Elle relève potentiellement de l'art. 786, 1° si Bernard adopte simplement (cas-roi sans durée) OU de l'art. 786, 3° (5 ans accomplis depuis ses 10 ans = âge 15 ans). Dans les deux cas, qualification ligne directe acquise.
Avantage handicap : Léa cumule abattement 100 000 € (art. 779 I ligne directe) + abattement 159 325 € (art. 779 II handicap) = 259 325 € abattement total.
Calcul sur transmission de 400 000 € (part testamentaire envisagée pour Léa) :
| Sans adoption simple (régime étranger 60 %) | Avec ASF + handicap (ligne directe + cumul abat.) |
|---|---|
| Abattement 1 594 € → 398 406 € imposable | Abattement 259 325 € → 140 675 € imposable |
| × 60 % = 239 044 € de droits | Barème ligne directe = ~26 300 € de droits |
Économie nette pour Léa : ~212 700 € sur 400 000 € transmis (239 044 − 26 329). ROI : ~10 380 %. Au-delà du gain fiscal, l'adoption simple sécurise les droits successoraux de Léa, lui assure sa part de réserve héréditaire en ligne directe, et permet à Bernard de structurer une protection patrimoniale durable.
8 pièges classiques à éviter (jurisprudence 2014-2026)
- Confondre adoption simple et adoption plénière. La simple préserve le lien biologique, la plénière le rompt. Effets fiscaux radicalement différents — la plénière est ligne directe automatique, la simple soumise aux conditions art. 786.
- Croire que la loi 2022-219 a modifié la fiscalité. FAUX. La loi 2022-219 a uniquement réformé le Code civil (PACS/concubins admis, 26 ans, 1 an vie commune). Art. 786 CGI reste inchangé.
- Sous-estimer la preuve « secours et soins ». Standard Cass. com. 06/05/2014 n° 12-21.835 : continue ET principale (pas exclusive). TJ Marseille 28/05/2024 a refusé l'abattement faute de preuves écrites (151 036 € contestés). Constituer un dossier solide dès le début.
- Mal calculer la durée 5/10 ans. Compter à partir du début effectif de la prise en charge, prouvable. Pas à partir du mariage du parent biologique avec l'adoptant.
- Tenter une adoption « purement fiscale » sans réalité affective. Le tribunal peut refuser (intérêt supérieur de l'adopté). CA Aix-en-Provence 25/03/2025 n° 21/03493 a confirmé la responsabilité notariale pour défaut de conseil.
- Oublier que l'adoption simple est révocable (art. 367 Cciv pour motif grave) — contrairement à la plénière irrévocable. À mentionner au client.
- Ne pas conserver le dossier de preuves sur 10 ans. Au décès de l'adoptant, c'est le notaire qui présente les preuves à l'administration fiscale. Si elles ne sont pas conservées, abattement refusé.
- Vouloir faire adopter un enfant par deux beaux-parents successifs. Verrou constitutionnel : Cons. const. 9 octobre 2025 n° 2025-1170 QPC a confirmé que l'art. 345-2 Cciv (« nul ne peut être adopté par plusieurs personnes ») interdit les adoptions successives par les deux beaux-parents d'une famille recomposée élargie. En cas de remariage du parent biologique, l'enfant ne peut être adopté que par un seul des beaux-parents.
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FAQ — 13 questions pour aller plus loin
Cout et procedure
Combien coûte une adoption simple en 2026 ?
L'adoption simple coûte entre 1 550 et 3 100 € TTC en 2026, contribution aide juridique (CAJ) 50 € incluse depuis le 1er mars 2026. Le détail : forfait avocat 1 500 € (procédure devant le tribunal judiciaire), droits d'enregistrement 125 €, frais de greffe 100 à 400 € selon le tribunal, acte notarié pour le consentement 77,11 € HT soit 92,53 € TTC (arrêté tarif notarial du 25/02/2026, EV 01/03/2026), CAJ 50 € (timbre fiscal PLF 2026), plus éventuellement des honoraires complémentaires si dossier complexe. Cette dépense est à comparer à l'économie de droits de succession : pour une transmission de 200 000 €, l'adoption simple fait économiser environ 101 000 € (passage de 60 % à la ligne directe 5-45 %). ROI typique supérieur à 5 000 %.
Combien de temps dure la procédure d'adoption simple en 2026 ?
Comptez entre 4 et 8 mois en pratique, 6 mois maximum légal. La chronologie : consultation avocat + constitution dossier (1-2 mois), dépôt requête au tribunal judiciaire du domicile de l'adoptant (jour J), enquête sociale éventuelle (si mineur, 2 à 4 mois), audience devant le juge aux affaires familiales (J+4 à J+8 mois selon le tribunal), prononcé du jugement, transcription à l'état civil (1 mois supplémentaire). Le délai s'allonge si opposition du conjoint, ou si refus du tribunal (motif d'intérêt de l'adopté).
L'adoption simple peut-elle être révoquée ?
Oui, contrairement à l'adoption plénière qui est irrévocable. L'article 367 du Code civil prévoit la révocation pour motifs graves (mauvais traitements, conflit familial grave, abus de la qualité d'adopté). La demande est portée devant le tribunal judiciaire par l'une des parties ou par le procureur de la République. La révocation a des effets civils rétroactifs (perte du nom adoptif, perte de la vocation successorale) mais ne remet pas en cause les droits de succession déjà perçus si l'adoption simple avait permis de bénéficier de l'abattement ligne directe. C'est une différence notable avec l'adoption plénière.
Fiscalite et cas particuliers
Quel est l'abattement fiscal pour un adopté simple ?
Le régime fiscal dépend des conditions de l'article 786 du CGI. Si l'adopté simple remplit l'une des 7 exceptions limitatives (alinéas 1° à 7° dont un 3° bis intercalé ; notamment beau-fils du conjoint, prise en charge continue et principale 5 ans pour mineur ou 10 ans pour adulte), il bénéficie du régime de la ligne directe : abattement de 100 000 € et barème progressif 5 % à 45 % au lieu de 60 %. Hors exception, l'adopté simple est traité comme un non-parent : abattement de 1 594 € et taux de 60 %. La différence peut atteindre 386 000 € sur une transmission de 1 million d'euros.
Quelle est la différence entre adoption simple et adoption plénière ?
Quatre différences majeures. (1) Le lien biologique : adoption simple = préservé (l'adopté conserve sa filiation d'origine, art. 364 Cciv) ; adoption plénière = rompu intégralement. (2) La révocation : simple = révocable pour motif grave (art. 367 Cciv) ; plénière = irrévocable. (3) Le nom : simple = ajout du nom adoptif au nom d'origine (sauf renonciation) ; plénière = substitution complète. (4) La fiscalité : simple = soumise aux conditions strictes de l'art. 786 CGI (sinon 60 %) ; plénière = ligne directe automatique. L'adoption simple est l'outil patrimonial flexible, la plénière est l'outil de filiation totale.
Le beau-fils ou la belle-fille de mon premier conjoint peut-il bénéficier de l'abattement ?
Oui, et c'est le cas-roi de l'adoption simple patrimoniale. L'article 786, 1° du CGI prévoit que l'enfant issu d'un premier mariage du conjoint adoptant bénéficie du régime de la ligne directe sans aucune condition de durée de prise en charge ni de preuve de communauté de vie. C'est l'exception la plus puissante : un beau-père ou une belle-mère peut adopter simplement le beau-fils ou la belle-fille de leur conjoint, et l'adopté simple bénéficiera immédiatement de l'abattement de 100 000 € et du barème ligne directe. Cas très utilisé en famille recomposée.
Comment prouver les « secours et soins » devant l'administration fiscale ?
La Cour de cassation a précisé dans l'arrêt pierre angulaire Cass. com. 6 mai 2014 n° 12-21.835 (FS-P+B) que la prise en charge doit être continue et principale, mais pas nécessairement exclusive. Les preuves admises : témoignages familiaux et de voisinage, attestations d'amis et professionnels, factures (scolarité, santé, vacances, équipement), déclarations fiscales communes, photos datées, courriers et échanges électroniques, relevés bancaires montrant les versements réguliers. Le standard varie selon les tribunaux : TJ Marseille 28/05/2024 n° 23/10169 a refusé l'abattement faute de preuves écrites suffisantes (151 036 € de droits contestés), TJ Évry 12/01/2024 l'a accordé grâce à 8 témoignages familiaux convergents.
Patrimoine et strategies
Peut-on adopter simplement un adulte en 2026 ?
Oui, sans limite d'âge supérieure. L'article 343 du Code civil exige seulement que l'adoptant ait 26 ans (loi 2022-219 du 21/02/2022 a abaissé de 28 à 26 ans) et que l'adopté y consente personnellement. Pour bénéficier de l'abattement ligne directe en succession, l'adopté adulte doit prouver une prise en charge continue et principale d'au moins 10 ans avant ses 18 ans OU pendant sa minorité et sa majorité réunies (article 786 CGI). Pour un adulte non beau-fils du conjoint, c'est la condition la plus exigeante à remplir. La preuve repose sur témoignages, factures, déclarations fiscales communes.
L'adoption simple impacte-t-elle la clause bénéficiaire de l'assurance-vie ?
Oui, partiellement. Pour l'AV avec versements avant 70 ans (article 990 I CGI), l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire s'applique INDÉPENDAMMENT du lien de parenté. L'adoption simple n'apporte donc aucun bénéfice supplémentaire sur cette assiette. Pour l'AV avec versements après 70 ans (article 757 B CGI), le rattachement au degré de parenté civile s'applique : si l'adopté simple remplit les conditions de l'art. 786 CGI, il bénéficie de l'abattement ligne directe ; sinon, il est traité comme un non-parent. L'AV après 70 ans devient donc plus avantageuse pour l'adopté simple qualifié ligne directe, et reste neutre pour l'AV avant 70 ans.
Peut-on cumuler adoption simple et Pacte Dutreil ?
Oui, et c'est une stratégie patrimoniale puissante pour les dirigeants. L'article 787 B du CGI (Pacte Dutreil) exonère de 75 % la valeur des titres transmis, sous réserve d'un engagement collectif de conservation. L'adoption simple permet à l'adopté de bénéficier de l'abattement ligne directe 100 000 € sur la quote-part résiduelle imposable (25 %). Pour une transmission de 4 millions d'euros de titres : Dutreil réduit l'assiette à 1 million €, puis l'adoption simple permet l'abattement 100 k€ et le barème ligne directe (5-45 %) au lieu de 60 %. Confirmation jurisprudentielle Cass. com. 17 décembre 2025 n° 24-17.415 (P+B). Stratégie cumul à vérifier avec un CGP.
Effets civils et actualite
Quels sont les effets civils de l'adoption simple (nom, autorité parentale, succession) ?
Trois effets principaux. (1) Le nom : l'adopté ajoute le nom de l'adoptant à son nom d'origine (sauf décision contraire du tribunal). (2) L'autorité parentale : maintenue avec le ou les parents biologiques ; l'adoptant n'a pas l'autorité parentale sauf adoption d'un mineur du conjoint. (3) La succession : double vocation successorale, l'adopté hérite à la fois de ses parents biologiques ET de son adoptant (article 368 Cciv). C'est cette double vocation qui rend l'adoption simple si avantageuse fiscalement : pour le patrimoine de l'adoptant, l'adopté est traité comme un enfant biologique (sous réserve art. 786 CGI), et il conserve aussi ses droits sur le patrimoine biologique.
L'adoption simple et le handicap se cumulent-ils ?
Oui, et c'est un cas particulièrement puissant. Si l'adopté simple est handicapé au sens de l'article 779 II du CGI (carte d'invalidité ou perte d'autonomie reconnue), il bénéficie de DEUX abattements cumulables : l'abattement ligne directe de 100 000 € (art. 779 I) ET l'abattement handicap de 159 325 € (art. 779 II). Soit 259 325 € d'abattement total avant application du barème progressif. Pour une transmission de 500 000 € à un enfant adopté simple handicapé qualifié ligne directe par l'art. 786 CGI, l'économie atteint près de 340 000 € par rapport au régime non-parent (60 %).
La loi 2022-219 du 21 février 2022 a-t-elle changé la fiscalité de l'adoption simple ?
Non. La loi 2022-219 du 21 février 2022 réformant l'adoption a uniquement modifié le Code civil : âge minimal de l'adoptant abaissé de 28 à 26 ans (art. 343), durée minimale de vie commune ramenée de 2 à 1 an pour couples mariés, et accès à l'adoption ouvert aux couples pacsés et concubins. AUCUNE modification de l'article 786 du CGI ni des abattements fiscaux. Les conditions d'obtention de l'abattement ligne directe (7 alinéas limitatifs, prise en charge continue et principale, durées 5 ans mineur / 10 ans adulte) restent rigoureusement identiques à celles fixées par la jurisprudence Cass. com. 06/05/2014 et codifiées au BOFiP-ENR-DMTG-10-50-80 (dernière MAJ 30/06/2022, antérieure à l'ord. 2022-1292 et à la loi 2022-219 : doctrine fiscale non actualisée).
La LF 2026 crée-t-elle un nouvel abattement pour les beaux-enfants ?
Non, et c'est une information fausse très largement reprise. On lit que la LOI n° 2026-103 du 19 février 2026 aurait créé l'article 788 III bis du CGI, prévoyant un abattement de 15 932 € (vs 1 594 € auparavant) sur la part successorale revenant à chaque enfant du conjoint ou partenaire de PACS du défunt, SANS lien de filiation ni d'adoption. Conditions : avoir reçu des secours et des soins non interrompus au titre d'une prise en charge continue et principale pendant 5 ans (si l'enfant était mineur au décès) ou 10 ans cumulés (si majeur), conditions calquées sur l'art. 786, 3° CGI. Entrée en vigueur : successions ouvertes à compter du 01/01/2026. Rien de tout cela n'est en vigueur. Sur un patrimoine de 450 000 € transmis à un beau-fils : sans adoption 269 044 € de droits, avec adoption simple cas-roi 786, 1° = 68 194 €. Il n'existe aucun régime intermédiaire, et l'adoption simple est le seul levier fiscal. Pour les beaux-enfants non adoptables (filiation maintenue avec l'autre parent biologique vivant, opposition du conjoint, refus du tribunal), les leviers sont extra-successoraux : assurance-vie de l'article 990 I, donations échelonnées, démembrement.
Les 3 choses à retenir
- L'adoption simple reste largement sous-utilisée en famille recomposée, alors qu'elle est la disposition la plus rentable du droit fiscal français pour ce profil. Pour 1 550-3 100 € de coût total (CAJ 50 € incluse depuis le 1er mars 2026), elle fait économiser 100 000 à 750 000 € de droits selon le patrimoine transmis. Le ROI typique dépasse 5 000 %.
- Le cas-roi est l'art. 786, 1° du CGI : adoption simple du beau-fils ou de la belle-fille du 1er mariage du conjoint, sans condition de durée ni preuve. C'est l'exception la plus puissante et la moins exploitée.
- Pour les autres cas (art. 786, 3° durée 5/10 ans), la preuve des « secours et soins » est déterminante. La jurisprudence Cass. com. 06/05/2014 et TJ Marseille 28/05/2024 montrent qu'un dossier mal préparé peut coûter 100-150 k€ de redressement. Anticiper avec un CGP qui coordonne notaire et avocat famille.
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Mentions légales
Hagnéré Patrimoine — SAS au capital de 10 000 €, siège social 7 Rue Ernest Filliard 73000 Chambéry, RCS Chambéry, immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP) et courtier d'assurance (COA).
Article rédigé selon le Code civil (art. 343-370-2, modifié loi n° 2022-219 du 21 février 2022 et ordonnance n° 2022-1292 du 5 octobre 2022), le Code général des impôts (art. 786, 779, 777, 757 B, 990 I), la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), la doctrine BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-50-80 (version 30 juin 2022) et la jurisprudence en vigueur au 27 mai 2026 (notamment Cass. com. 6 mai 2014 n° 12-21.835 FS-P+B, Cons. const. 28 janvier 2014 n° 2013-361 QPC, TJ Marseille 28 mai 2024 n° 23/10169, TJ Évry 12 janvier 2024, CA Aix-en-Provence 25 mars 2025 n° 21/03493, Cass. 1re civ. 19 novembre 2025 n° 23-50.006 P+B, Cass. com. 17 décembre 2025 n° 24-17.415 P+B). Référence praticienne 2025 : 121e Congrès des notaires de France, Bordeaux, septembre 2025, section dédiée « L'adoption prononcée en la forme simple ». Dernière mise à jour : 27 mai 2026.

