Gestion de patrimoine
pour expatriés français
en Espagne
Cabinet spécialisé dans la gestion de patrimoine d'expatrié français en Espagne. Nous commençons par la phrase que la quasi-totalité du corpus francophone n'écrit pas : il n'y a pas une fiscalité espagnole, il y en a dix-sept. L'impôt sur le revenu est cédé pour moitié aux communautés autonomes, l'impôt sur la fortune sur trois paramètres, les successions presque entièrement. La première question que nous vous posons n'est donc pas « combien ? » mais « où exactement ? »

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 — Cabinet capitalistiquement indépendant, rémunération mixte (honoraires + rétrocessions) intégralement déclarée par écrit, accès institutionnel multi-juridiction.
Cette page présente la fiscalité française et les conventions fiscales applicables aux Français résidents d'Espagne. Hagnéré Patrimoine n'a ni bureau ni agrément en Espagne et n'est pas habilité à délivrer un avis de droit espagnol : pour les questions de droit local (Ley 35/2006 sur l'impôt sur le revenu, Ley 19/1991 sur l'impôt sur la fortune, Ley 38/2022, Ley 29/1987 sur les successions et donations, textes refondus des communautés autonomes, droit des sociétés, droit du travail et sécurité sociale espagnols), l'intervention d'un abogado, d'un notaire ou d'un asesor fiscalétabli en Espagne est requise. Nous accompagnons depuis la France et organisons cette mise en relation. Quinze communautés relèvent du régime commun : le Pays basque et la Navarre ont leurs propres impôts, et aucun chiffre foral ne figure sur cette page. État du droit arrêté au 30 juillet 2026.
« Si nous partons en Espagne, ça nous coûte combien ? » n'a pas de réponse
Non parce que le sujet serait complexe, mais parce que la question est mal posée. L'Espagne ne fixe pas votre impôt sur le revenu : elle en fixe la moitié. Elle ne fixe pas votre impôt sur la fortune : elle en fixe un régime par défaut que quinze parlements régionaux peuvent réécrire. Et elle ne fixe quasiment rien de vos droits de succession. Le pays où vous vous installez ne décide pas de votre facture. La communauté autonome où vous posez vos valises, elle, la décide presque entièrement.
Voici l'écart, avant toute explication. Un même dossier — 120 000 € de revenus, 4 000 000 € de patrimoine net, un appartement de 400 000 € à l'achat, une succession de 800 000 € à un enfant majeur — supporte une charge fiscale annuelle récurrente de 42 532 € à Madrid et de 81 160 € à Barcelone. Sur la succession, la même famille paie 1 952 € à Madrid, 0 € à Malaga et 68 938 € à Barcelone. Ce ne sont pas trois pays : c'est le même, à trois heures de train les uns des autres, sous la même monnaie et la même administration centrale.
La gradation s'explique par un seul texte, la Ley 22/2009 : plus le pouvoir normatif cédé est large, plus l'écart régional est violent. Quelques milliers d'euros par an sur l'impôt sur le revenu, un rapport de un à huit sur l'impôt sur la fortune, de zéro à près de soixante-neuf mille euros sur une même succession. Nous écrivons cette page parce que la quasi-totalité du corpus francophone parle de « la fiscalité espagnole » au singulier, et qu'un chiffrage construit sur ce singulier est faux pour seize lecteurs sur dix-sept.

Les 6 pièges qui coûtent cher aux expatriés français en Espagne
Une région prise pour un pays, une date fixée par le déménageur, un logement qu'on croit muet : les dossiers espagnols qui tournent mal partagent tous la même structure — une règle vraie, coupée avant la condition qui la rendait applicable. « Pas d'impôt sur la fortune à Madrid » a été exact de 2008 à 2022. C'est encore vrai en dessous d'environ 3 700 000 € de patrimoine net, et c'est faux au-dessus.
Partir à Madrid pour échapper à l'impôt sur la fortune
La phrase a été exacte pendant quinze ans — le préambule de la loi régionale de décembre 2023 rappelle que la Communauté bonifie « desde el año 2008 ». Elle a cessé de l'être au fait générateur du 31 décembre 2022. L'apartado Dos, point 2, de l'article 3 de la Ley 38/2022 interdit la cession de l'impôt de solidarité aux communautés, et son apartado Quince ne laisse déduire que la cotisation régionale « efectivamente satisfecha » : là où la bonification ramène l'impôt régional à zéro, il n'y a rien à déduire. Sur un patrimoine net de 15 000 000 €, un déménagement de Barcelone à Madrid fait passer la charge de 297 464 € à 278 364 €.
Posséder un logement en Espagne et ne rien y déclarer
Un appartement occupé six semaines par an et jamais loué produit en Espagne un revenu imposable que vous n'encaissez pas. Le mécanisme s'appelle la renta imputada : 2 % de la valeur cadastrale, 1,1 % si la commune a révisé ses valeurs dans les dix ans, imposés à 19 %. Aucun avis n'arrive, l'auto-liquidation est annuelle, et le droit de liquider se prescrit par quatre ans. La découverte se fait presque toujours au pire moment : quand un acquéreur demande les justificatifs, ou quand un notaire prépare une succession.
Fixer la date du déménagement sur le calendrier du déménageur
Il n'existe pas de résidence partielle en Espagne. L'article 12 de la Ley 35/2006 fixe la période d'imposition à l'année civile entière et l'article 13 ne la raccourcit qu'en cas de décès : on est résident pour toute l'année, ou on ne l'est pas. Une plus-value de 400 000 € réalisée en février, alors que vous viviez encore en France, entre dans la base espagnole de l'épargne si votre installation d'avril vous fait franchir les 184 jours. Du 1er juillet au 31 décembre inclus, il y a exactement 184 jours : une première présence au 1er juillet fait basculer l'année entière, une première présence au 2 juillet ne la fait pas basculer.
Déménager vers une communauté généreuse trop tard
Le rattachement régional n'obéit pas au même horizon selon l'impôt. L'article 28.1.1º de la Ley 22/2009 retient l'exercice pour l'impôt sur le revenu, l'année antérieure pour les droits de mutation, et les cinq années antérieures de date à date pour les successions et donations. Un défunt installé à Madrid huit mois avant son décès après onze ans en Catalogne laisse une succession que Madrid liquide, mais que la loi catalane régit. Il faut plus de deux ans et demi de présence effective pour renverser la majorité relative sur cinq ans.
Croire que l'exit tax est une spécialité française
L'article 95 bis de la Ley 35/2006 institue une ganancia patrimonial por cambio de residencia qui frappe celui qui a été contribuable de l'impôt espagnol au moins dix des quinze périodes d'imposition antérieures, dès lors que ses titres valent plus de 4 000 000 €, ou qu'il détient plus de 25 % d'une entité dont les titres valent plus de 1 000 000 €. Le second seuil attrape le dirigeant de petite entreprise, pas seulement le très grand patrimoine. Un aller-retour France-Espagne comporte donc deux exit tax, une de chaque côté de la frontière.
Prendre l'article 93 pour un bouclier patrimonial
Le régime ne protège que l'impôt sur le revenu, et pas entièrement. Son b) répute obtenus en Espagne la totalité des revenus du travail mondiaux ; son c) interdit toute compensation entre revenus, y compris entre une moins-value et une plus-value de la même année ; son a) écarte en bloc les exonérations de l'impôt des non-résidents. Le bénéficiaire reste assujetti à l'impôt sur la fortune et à l'impôt de solidarité par obligación real, sans le plafonnement de 60 % réservé à l'obligation personnelle. Et il n'est pas résident au sens de la convention de 1995.
Vous possédez déjà un bien en Espagne ?
La première question que nous posons n'est pas « combien vaut-il ? » mais « quelle est sa valeur cadastrale, en quelle année votre commune a-t-elle révisé ses valeurs, et avez-vous déposé un modelo 210chaque année ? ». Ces trois réponses décident du montant et du nombre d'exercices ouverts.
Pour qui l'Espagne fonctionne,
et pour qui c'est une erreur coûteuse
L'Espagne n'a aucun régime de faveur pour les retraités étrangers, et elle a en revanche un impôt annuel sur le patrimoine net mondial. Ces deux faits, pris ensemble, dessinent une frontière nette : elle traite bien les actifs à haut revenu du travail et les héritiers en ligne directe, et mal les patrimoines importants qui vivent de leurs placements. Ce n'est pas une nuance de degré, c'est un changement de nature.
Cinq configurations, établies sur douze dossiers chiffrés
- Le cadre à haut revenu éligible au régime de l'article 9324 % jusqu'à 600 000 €, sans part régionale, pendant six exercices. Sur un salaire de 300 000 €, l'écart annuel ressort à 46 492 €, soit 278 953 € sur la durée du régime — et l'exposition patrimoniale espagnole est nulle si le patrimoine reste en France.
- Le retraité dont les pensions sont privées et modestesL'article 18 de la convention du 10 octobre 1995 les réserve à l'Espagne, et le barème espagnol sur des pensions modestes est doux : la réduction de l'article 20 absorbe l'essentiel d'une pension inférieure à 14 852 €, et le seuil de dispense de déclaration est de 15 876 € lorsque ses conditions sont réunies.
- L'héritier d'un parent resté en FranceLa convention du 8 janvier 1963 réserve à la France les immeubles français et les biens incorporels du défunt résident de France. L'Espagne ne conserve que le droit au taux effectif de son article 36. C'est l'inverse de ce qu'on dit couramment à ces héritiers.
- L'indépendant affilié au régime espagnol des travailleurs autonomesL'affiliation espagnole ouvre l'exonération de contribution sociale généralisée et de contribution au remboursement de la dette sociale du I ter de l'article L. 136-6 du code de la sécurité sociale sur les revenus fonciers français, seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % restant dû.
- Le patrimoine net inférieur à environ 3 700 000 €, dans une communauté qui bonifieNi impôt régional sur la fortune ni impôt de solidarité, et pas même d'obligation déclarative au titre du second, l'apartado Diecinueve réservant le dépôt du modelo 718 aux redevables dont la cotisation est positive.
Cinq profils pour lesquels nous disons non
- Le retraité de la fonction publiqueSa pension reste imposable en France par l'article 19 § 2 a) de la convention, sauf s'il est ressortissant de l'autre État sans posséder la nationalité du premier. Et son formulaire S1 lui fait perdre l'exonération de contribution sociale généralisée sur ses revenus fonciers français : 2 664 € par an sur un dossier à 24 000 € de loyers.
- La très grande fortuneL'impôt de solidarité reprend ce que les communautés abandonnent, l'assiette espagnole porte sur tout le patrimoine net quand l'assiette française ne vise que l'immobilier, et le plafonnement de l'article 979 du CGI disparaît le jour du départ. Sur 10 000 000 € nets, le plancher espagnol est de 122 908 € par an, quelle que soit la communauté de régime commun.
- La famille à deux salaires sans patrimoineLa géographie fiscale espagnole se joue sur la fortune et sur les successions, pas sur les salaires : l'écart régional maximal d'impôt sur le revenu est de 3 272 € par an sur 120 000 €. Un foyer sans patrimoine ne capte presque rien du levier régional et subit tous les postes non fiscaux.
- Le salarié à revenu moyen qui exerce l'option de l'article 93En dessous d'environ 52 000 € de salaire brut en Catalogne, le régime coûte de l'argent : il fait perdre le minimum personnel et familial, la compensation entre revenus et l'exonération de l'indemnité de licenciement. Sur un dossier à 52 000 €, l'écart ressort à 14,50 € — en défaveur du régime.
- Le dirigeant qui déménage pour céderL'exit tax française est due, la clause de participation substantielle de l'article 13 § 2 a) de la convention maintient le droit d'imposer français, et l'Espagne ajoute un barème dont la tranche marginale est de 30 % sur la base de l'épargne. Vendre puis partir, pas l'inverse.
Sur les douze dossiers chiffrés de notre guide, quatre se concluent par un refus, et ce ne sont pas les quatre plus modestes : le plus lourd concerne un patrimoine net de douze millions d'euros. Le chapitre du guide consacré aux douze dossiers donne le détail de chaque calcul, avec ses hypothèses.
Nos 8 expertises pour la gestion de patrimoine d'expatrié en Espagne
du choix de la communauté au retour en France
Une approche qui couvre tout le cycle : choix de la communauté avant choix du pays, impôt de solidarité et seuil réel, régime de l'article 93 testé contre le droit commun sur six exercices, résidence fiscale au regard de deux droits internes et d'une convention, deux exit tax, patrimoine conservé en France, immobilier espagnol, succession, obligations déclaratives, préparation du retour. Deux sujets méritent d'être lus en entier avant toute décision : ce que l'impôt de solidarité reprend aux communautés et ce que doit déclarer un propriétaire qui ne loue pas.
Le même dossier, sept adresses
et un écart annuel de 38 628 €
Célibataire, 100 000 € de base générale et 20 000 € de base d'épargne ; patrimoine net imposable de 4 000 000 € en obligation personnelle ; succession de 800 000 € à un enfant unique majeur ; logement ancien de 400 000 € acquis entre particuliers. Les montants ci-dessous sont reconstitués par nos soins à partir des barèmes régionaux primaires publiés au Boletín Oficial del Estado. Ils servent à hiérarchiser, pas à liquider.
Sur dix ans, en ajoutant l'achat et la succession, l'écart entre Madrid et Barcelone approche 470 000 € sur ce dossier : 386 280 € de charge courante, 66 986 € de droits de succession, 16 000 € de droits d'acquisition. C'est une conséquence arithmétique de nos hypothèses, pas un chiffre publié — mais l'ordre de grandeur est celui d'un appartement.
Le résultat le plus contre-intuitif du tableau est ailleurs. Sur ce dossier précis, Malaga est légèrement plus chère que Madrid : l'Andalousie efface intégralement la succession grâce à son abattement de 1 000 000 € par héritier en ligne directe, mais elle coûte 1 454 € de plus par an en impôt sur le revenu et 4 000 € de plus à l'achat. Sur dix ans, le solde est défavorable d'environ 16 600 €. Inversez une seule hypothèse — deux enfants au lieu d'un, un décès à cinq ans plutôt qu'à trente — et le classement s'inverse. Un tableau régional ne se lit pas comme un palmarès : il se lit avec la durée et la composition du foyer.
L'impôt sur le revenu compte moins qu'on ne le dit
3 272 € d'écart maximal par an entre Madrid et la Communauté valencienne, soit 8,7 % de la facture madrilène. Le taux marginal cumulé va de 45,00 % à Madrid — 24,50 % étatique et 20,50 % autonomique — à 54,00 % en Communauté valencienne, avec 47,00 % en Andalousie et en Murcie, 49,25 % aux Baléares, 50,00 % en Catalogne et 50,50 % aux Canaries. Le « 47 % espagnol » que l'on lit partout ne correspond au taux réellement dû que dans deux des sept communautés du tableau.
La base de l'épargne, elle, est identique partout
Dividendes, intérêts, plus-values mobilières et produits de rachat relèvent d'un barème de 19 / 21 / 23 / 27 / 30 % aux seuils de 6 000, 50 000, 200 000 et 300 000 €. L'article 46.2 a) de la Ley 22/2009 est une interdiction expresse et non un simple silence : les communautés ne peuvent pas en régler le taux. C'est la seule bonne nouvelle structurelle du dossier pour un patrimoine financier — et elle explique qu'un rentier ait beaucoup à gagner à choisir sa communauté sur le patrimoine, et presque rien sur le revenu.
Hors ligne directe, le classement s'inverse
Sur 300 000 € recueillis par un neveu, l'impôt ressort à 84 € aux Canaries, qui bonifient le groupe III à 99,9 %, et à 84 855 € en Région de Murcie, qui ne le bonifie pas. Entre les deux : 27 130 € aux Baléares, 42 398 € à Madrid, 61 368 € en Catalogne, 66 560 € en Communauté valencienne, 77 130 € en Andalousie. Il faut deux tableaux, pas un, et le bon dépend du lien de parenté.
L'article 28.1.1º de la Ley 22/2009 rattache le résident à la communauté où il séjourne le plus grand nombre de jours, avec trois horizons différents : l'exercice pour l'impôt sur le revenu, l'année antérieure pour les droits de mutation, et les cinq années antérieures de date à date pour les successions et donations. Le critère n'est pas un seuil de 184 jours mais une pluralité relative: un client partagé entre trois communautés peut relever de celle où il ne passe que cent jours, si c'est celle où il en passe le plus.
Deux critères distincts commandent une succession, et les confondre fausse tout : l'article 32.2 a) attribue la recette et la compétence de gestion à la communauté de résidence du défunt au jour du décès; l'article 32.5, par renvoi à l'article 28.1.1º b), désigne comme loi applicable celle de la communauté où le défunt a passé le plus grand nombre de jours des cinq années précédentes. Un déménagement produit son plein effet successoral au bout de trente mois et un jour seulement. Et le Plan annuel de contrôle 2026 — Resolución de 11 de marzo de 2026, BOE-A-2026-5843 — annonce « la intensificación del control sobre los contribuyentes que cambian su domicilio fiscal a una Comunidad Autónoma distinta de aquella en la que tienen su residencia real ». Le conseil n'est pas juridiquement fermé : il suppose une résidence réelle, et il est sous surveillance déclarée.
Hagnéré Patrimoine pour les Français à
Madrid, Barcelone, Malaga, Valence et aux Baléares
Le premier obstacle d'une installation espagnole n'est plus l'administration ni la langue : c'est le prix du logement, et la frontière régionale invisible qui traverse la route. La valeur d'expertise moyenne du logement libre s'établit à 2 315,7 €/m² au premier trimestre 2026 pour l'ensemble national, en hausse de 13,9 % sur un an, avec 4 047,5 €/m² dans la Communauté de Madrid et 970,5 €/m² en Estrémadure. La moyenne régionale ment par agrégation : Málaga se négocie à 2 988 €/m² et Jaén à 898 €/m², sous des droits de mutation identiques de 7 %.
Madrid et sa communauté
Le meilleur profil fiscal du panel, et le coût de la vie le plus élevé
Taux marginal cumulé d'impôt sur le revenu de 45,00 %, le plus bas des communautés de régime commun ; bonification de 99 % des successions en ligne directe et de 50 % du groupe III ; droits de mutation de 6 % sur un logement ancien. Deux réserves changent l'arbitrage. Au-delà d'environ 3 700 000 € de patrimoine net, la bonification d'impôt sur la fortune devient différentielle et la charge redevient celle de l'impôt d'État. Et la valeur d'expertise moyenne du logement ressort à 4 047,5 €/m² au premier trimestre 2026, en hausse de 16,4 % sur un an, la plus élevée du pays hors territoires foraux ; l'enquête de budget des ménages 2025 donne 16 124 € de dépense moyenne par personne, contre 12 197 € en Andalousie.
Barcelone et la Catalogne
Le minimum exonéré le plus bas, et une bonification successorale dégressive
Minimum exonéré d'impôt sur la fortune de 500 000 € : l'impôt mord dès 500 000 € de patrimoine net imposable, sur tous les actifs et pas seulement l'immobilier. Sur 4 000 000 € de patrimoine net, la charge annuelle ressort à 41 944 € contre 5 100 € à Madrid. En succession, le barème catalan est le plus doux du panel en cotisation brute — 129 000 € contre 195 196 € à Madrid sur la même base — mais sa bonification est dégressive : un enfant majeur héritant de 800 000 € n'obtient qu'un pourcentage moyen pondéré de 46,56 %, et l'impôt ressort à 68 938 €. Si l'héritier était le conjoint, la bonification fixe de 99 % ramènerait l'impôt à 1 290 €. L'écart catalan est un écart enfant contre conjoint.
Malaga, l'Andalousie et la Costa del Sol
Zéro sur la succession en ligne directe, et un point de vigilance annuel
Abattement de parenté de 1 000 000 € par héritier en ligne directe : sur une succession de 800 000 € à un enfant majeur, la base est épuisée avant même que la bonification de 99 % ne joue, et l'impôt est nul. L'impôt sur la fortune y est aligné sur Madrid — 5 100 € sur 4 000 000 € de patrimoine net. Mais l'impôt sur le revenu coûte 1 454 € de plus par an que Madrid sur 120 000 € de revenus, et les droits de mutation 4 000 € de plus sur un logement ancien de 400 000 € : sur dix ans, le solde de notre dossier de référence est défavorable d'environ 16 600 €. Inversez une hypothèse — deux enfants au lieu d'un, un décès à cinq ans plutôt qu'à trente — et le classement s'inverse.
Baléares, Canaries et Communauté valencienne
Trois logiques différentes, et deux légendes à démonter
Les Baléares tiennent leur rang par un minimum exonéré de 3 000 000 €, le plus élevé du panel : strictement zéro en dessous, plus cher que Madrid au-dessus, jusqu'au point de croisement d'environ 51 M€. Ce minimum est réservé aux résidents de la communauté : un Français non résident propriétaire à Majorque relève du minimum étatique de 700 000 €, jamais des 3 000 000 €. Les Canaries ne sont pas le refuge patrimonial qu'on décrit — 36 546 € contre 5 100 € à Madrid sur 4 000 000 € — mais elles bonifient le groupe III à 99,9 % : 84 € sur 300 000 € recueillis par un neveu, contre 84 855 € en Région de Murcie. La Communauté valencienne cumule le taux marginal le plus élevé du panel, 54,00 %, et 9 % de droits de mutation depuis le 1er juin 2026.
Vous visez Bilbao, Saint-Sébastien, Vitoria ou Pampelune ? La quasi-totalité de cette page vous est inapplicable : ces territoires relèvent de normes forales propres, avec leurs propres impôts, leurs propres administrations et leur propre régime d'impatriés. Nous ne publions aucun chiffre foral et nous vous orientons vers un asesor fiscal établi dans le territoire concerné — un conseil madrilène ne pratique pas le droit foral.
Le prélèvement français et le régime espagnol
les règles que nous appliquons
Nos arbitrages s'appuient sur la convention fiscale France-Espagne du 10 octobre 1995 pour les revenus et la fortune, sur la convention du 8 janvier 1963 pour les successions — dont seuls les articles 8 à 28 ont été abrogés —, et, côté espagnol, sur la Ley 35/2006, la Ley 19/1991, l'article 3 de la Ley 38/2022, la Ley 29/1987 et la Ley 22/2009 dans leurs rédactions en vigueur. Ce que la France continue de prélever malgré tout cela est développé dans notre chapitre sur le patrimoine resté en France.
Les postes qui survivent au départ
Trois faits distincts, à manier séparément: l'Espagne est membre de l'Union européenne, de l'espace Schengen et de la zone euro, ce qui règle la liberté de circulation et ouvre le sursis d'exit tax de plein droit ; la convention de 1995 couvre les impôts sur le revenu et sur la fortune, mais aucune règle conventionnelle ne fait disparaître l'impôt français sur la fortune immobilière, dont le plafonnement disparaît en revanche au départ ; et la convention de 1963, en matière successorale, ne couvre pasles donations entre vifs. Un même patrimoine transmis par succession ou par donation ne suit donc pas la même règle de partage, et l'écart se compte en dizaines de milliers d'euros.
Ce que l'État garde, ce qu'il a cédé
Une trajectoire à poser noir sur blanc: le droit espagnol bouge chaque décembre, et il bouge dix-sept fois. L'impôt de solidarité a été institué le 27 décembre 2022 avec un premier fait générateur au 31 décembre suivant ; Madrid a riposté par la Ley 12/2023, entrée en vigueur le 22 décembre 2023 avec effets rétroactifs au 1erjanvier 2023 ; les Canaries ont modifié rétroactivement leur barème d'impôt sur le revenu de 2025 par une loi votée le 23 décembre 2025. Une donnée régionale sans date d'effet est inutilisable, et une donnée régionale de plus de douze mois est présumée fausse.
« El impuesto no podrá ser objeto de cesión a las Comunidades Autónomas. »
« […] podrá deducir la cuota del Impuesto sobre el Patrimonio del ejercicio efectivamente satisfecha. »
Article 3 de la Ley 38/2022, apartados Dos, point 2, et Quince— lus côte à côte, ces deux alinéas expliquent pourquoi « installez-vous à Madrid, il n'y a pas d'impôt sur la fortune » est un contresens au-dessus d'un certain patrimoine. Là où la bonification régionale ramène la cotisation régionale à zéro, il n'y a rien à déduire de l'impôt d'État, et celui-ci est dû en totalité. La bonification ne fait pas disparaître la charge : elle en transfère le produit. Le préambule de la loi madrilène de décembre 2023 chiffre lui-même l'opération — 10.302 contribuyentes madrileños et 555 millones de euros.
Deuxième point, symétrique et rarement écrit : l'impôt n'est ni éteint ni pérennisé. Son apartado Veintiocho porte toujours la clause d'origine — deux exercices seulement —, mais la disposición adicional quinta, point 2, du Real Decreto-ley 8/2023 le proroge sans terme, jusqu'à une réforme du financement autonomique qui n'était pas intervenue au 30 juillet 2026. Le rédacteur qui ouvre la seule Ley 38/2022 y lit « deux exercices » et se trompe. Le détail de cet impôt et de son articulation avec l'impôt français figure au chapitre du guide consacré à l'impôt de solidarité.
Notre réseau d'experts
en Espagne
Un dossier espagnol ne se traite pas depuis un seul bureau. Il mobilise cinq métiers distincts sur place, chacun sur un acte précis, et personne ne fait le travail d'un autre. Le point de départ est une limite que nous posons nous-mêmes : Hagnéré Patrimoine n'a ni bureau ni agrément en Espagne et n'est pas habilité à délivrer un avis de droit espagnol. Cette matière relève d'un professionnel agréé sur place, et nous organisons cette mise en relation depuis la France. Chacun intervient sous sa propre lettre de mission ; le cabinet ne prescrit aucun intervenant et n'en tire aucune rémunération.
Avocats fiscalistes franco-espagnols
Ce sont eux qui tranchent ce que nous ne trancherons pas, et la liste des questions ouvertes est nommée dans notre socle. La première commande le minimum exonéré d'un bénéficiaire de l'article 93 : la doctrine liante lui applique la norme régionale pour le taux et les bonifications, mais l'article 28.Tres de la Ley 19/1991 dirige les assujettis par obligation réelle vers le minimum étatique de 700 000 €, et aucune source ne lève expressément la tension. La deuxième porte sur l'application de l'article 85 à un immeuble situé hors d'Espagne, que nous n'avons trouvée confirmée par aucune consulta. La troisième vise le rattachement successoral lorsque le séjour étranger prédomine sur cinq ans. La question leur parvient cadrée côté français, avec l'incidence chiffrée de chaque lecture et les pièces réunies. Un projet visant le Pays basque ou la Navarre appelle un avocat établi dans le territoire concerné : il n'y a pas d'équivalence.
Asesores fiscales et gestorías
Le conseil fiscal espagnol porte la liquidation locale, et il porte surtout un calendrier que personne ne rappelle. Le modelo 100 pour le résident de droit commun, le modelo 151 pour le bénéficiaire de l'article 93, le modelo 714 pour l'impôt sur la fortune, le modelo 718 pour l'impôt de solidarité sur une fenêtre distincte, les modelos 720 et 721 du 1er janvier au 31 mars. Le dépôt se fait en ligne, en espagnol, avec un certificat électronique que la plupart des propriétaires n'ont pas, et une erreur de case coûte plus cher que l'honoraire. Un point d'économie qu'on ne vous dira pas spontanément : l'article 10.1 du texte refondu de l'impôt des non-résidents n'impose de représentant fiscal qu'aux contribuables établis hors de l'Union. Un résident de France n'y est pas tenu — il achète un service, pas une obligation légale.
Notaires espagnols
Le notaire espagnol n'a pas le rôle du notaire français, et trois points se vérifient avant l'engagement. La valeur de référence du cadastre d'abord : depuis la réforme de 2021, la base des droits de mutation n'est plus le prix déclaré mais cette valeur lorsqu'elle lui est supérieure — acheter 240 000 € un bien dont la valeur de référence est de 280 000 € fait payer l'impôt sur 280 000 €, et peut faire perdre un taux réduit. La forme de l'acte ensuite : une donation de 784 000 € à Madrid coûte 2 050 € ou 204 956 € selon que l'origine des fonds est mentionnée dans l'acte lui-même. Le délai enfin : en Catalogne, le barème réduit de donation suppose une élévation en acte public dans le mois de la remise du bien, faute de quoi c'est le barème général qui s'applique.
Agents et médiateurs immobiliers
Leur valeur n'est pas de trouver un bien, c'est de dire ce qu'un bien vaut là où il est et ce que la commune y autorise. Deux vérifications ne se délèguent pas au vendeur. Le droit de louer en meublé touristique d'abord : l'article 17.12 de la Ley 49/1960 sur la propriété horizontale a été réécrit avec effet au 3 avril 2025, et il exige désormais une double majorité des trois cinquièmes pour approuver, limiter ou interdire l'activité — dans un immeuble au règlement muet, le silence ne vaut plus autorisation. La couche régionale et communale ensuite, avec ses registres, ses certificats d'aptitude et ses restrictions par quartier. L'écart entre prix affiché et prix de transaction, enfin : la moyenne régionale masque des rapports de un à trois à l'intérieur d'une même communauté.
Conseils en immigration et mobilité
Un Français entre et séjourne en Espagne sans visa, et l'essentiel du parcours est administratif plutôt que juridique. Ce qui se complique tient à trois choses. Le conjoint ou l'enfant non citoyen de l'Union, qui relève d'un circuit distinct avec ses pièces propres. L'enchaînement des démarches ensuite — numéro d'identification d'étranger, inscription à la mairie, certificat d'enregistrement, affiliation sociale, ouverture de compte —, dont chaque étape conditionne la suivante sans qu'aucune n'ait de délai garanti. Et une confusion à ne jamais commettre : le numéro d'identification d'étranger est qualifié par le texte réglementaire de numéro « a los efectos de identificación ». Il n'est ni un titre de séjour ni une preuve de résidence fiscale.
Hagnéré Patrimoine, depuis la France
Nous restons votre interlocuteur unique, et nous accompagnons depuis la France. Nous posons la question dans les termes du droit français, relisons la réponse à cette aune et arbitrons quand deux avis se contredisent. Notre règle de cadrage tient en une ligne : sur un dossier espagnol, l'erreur porte presque toujours sur le périmètre géographique de la règle, pas sur le chiffre. Un taux exact appliqué à la mauvaise communauté est une faute de conseil, et un taux régional de plus de douze mois est présumé faux — dix-sept parlements votent une loi de finances chaque décembre, et certaines produisent des effets rétroactifs sur l'exercice écoulé. Le choix de chaque professionnel vous appartient ; la nature de notre rémunération et l'absence de tout lien d'affaires avec ces intervenants vous sont indiquées par écrit avant toute mise en relation.
Tous les dossiers n'ont pas besoin des cinq.
Un retraité qui loue un an avant d'acheter n'a besoin ni d'un notaire ni d'un agent immobilier la première année. Mobiliser un réseau entier là où deux interlocuteurs suffisent est une dépense, pas une sécurité. En revanche, sur un dossier comportant un patrimoine net supérieur à 3 700 000 €, une succession à préparer ou une cession de titres, l'abogadoétabli en Espagne n'est jamais facultatif : c'est lui qui instruit les points que nous refusons de trancher, et ce sont eux qui décident du reste, comme l'établit le chapitre du guide consacré aux successions franco-espagnoles.
L'angle Hagnéré sur une installation en Espagne
Notre conviction après avoir chiffré ces dossiers des deux côtés : le pays n'est pas le sujet. Ce qui décide, c'est la communauté, la composition du patrimoine et la date. Trois piliers, dans cet ordre.
La communauté avant le pays
Nous n'instruisons pas un projet espagnol, nous instruisons un projet madrilène, catalan, andalou ou baléare. La première question de notre questionnaire est la ville, la deuxième la durée envisagée. Sur un même dossier, la charge annuelle va de 42 532 € à 81 160 € selon l'adresse, et l'écart provient presque intégralement de l'impôt sur la fortune, non de l'impôt sur le revenu. Nous posons ensuite la réserve de champ que la plupart des notes omettent : quinze communautés relèvent du régime commun, et rien de ce qui précède ne vaut au Pays basque, en Navarre, à Ceuta ou à Melilla.
Le patrimoine avant le revenu
L'ordre est contre-intuitif, et il est décisif. C'est le patrimoine qui produit l'écart régional, pas le revenu : quelques milliers d'euros par an d'un côté, un rapport de un à huit de l'autre. Et c'est lui qui décide si le levier régional existe encore : au-delà d'environ 3 700 000 € de patrimoine net, l'impôt de solidarité reprend ce que la communauté abandonne, et le choix de l'adresse cesse de produire un gain sur cette assiette — il continue d'en produire beaucoup sur les successions. Nous mesurons donc d'abord le patrimoine net imposable au 31 décembre, exonérations de l'article 4 de la Ley 19/1991 comprises.
Ce que nous ne trancherons pas, et à qui nous le confions
Notre socle documentaire a été soumis à deux passes de contre-vérification adversariale avant écriture, et il laisse des points ouverts que nous nommons plutôt que de les arbitrer : le minimum exonéré d'impôt sur la fortune d'un bénéficiaire de l'article 93, l'application de l'article 85 à un immeuble situé hors d'Espagne, le rattachement successoral lorsque le séjour étranger prédomine sur cinq ans, le taux de prélèvements sociaux effectivement retenu à l'acte sur une cession immobilière française. Nous exposons les lectures en présence avec leur incidence chiffrée, puis nous les confions à des avocats et à des conseils fiscaux établis en Espagne.

Un impôt annuelsur un revenu que vous n'encaissez jamais
La conversation se déroule toujours de la même façon. « Nous avons un appartement depuis 2013, on l'occupe six semaines par an, on ne le loue pas, on paie l'impôt foncier communal et les charges. Il n'y a rien d'autre, si ? » Si. L'article 24.5 du Real Decreto Legislativo 5/2004 renvoie, pour les non-résidents, aux règles de l'article 85 de la Ley 35/2006 : un logement dont vous disposez procure un avantage économique, que vous le louiez ou non, et l'Espagne l'impose. La France a abandonné cette logique en 1965 ; l'Espagne l'a conservée et l'applique aux non-résidents exactement comme à ses propres résidents. Aucun avis n'arrive dans votre boîte aux lettres : c'est une auto-liquidation, et le silence de l'administration n'est pas un quitus.
- 2 % de la valeur cadastrale, ramenés à 1,1 % si la révision cadastrale collective de la commune est entrée en vigueur dans la période d'imposition ou les dix précédentes — pour 2026, une révision à partir de 2016
- Ce n'est pas l'âge du bien qui décide, contrairement à ce qu'on lit partout : un appartement livré en 2024 dans une commune non révisée depuis 2009 relève du taux de 2 %
- Imposé à 19 % pour un résident d'un État membre par l'article 25.1 a) du texte refondu, 24 % pour un résident d'un État tiers, qui perd aussi la déduction des charges de l'article 24.6
- Déclaration nominative et par bien : deux époux en indivision par moitié sont deux contribuables, chacun pour sa quote-part, au prorata des jours de détention
- Aucune charge déductible sur cette base : ni impôt foncier communal, ni charges de copropriété, ni intérêts d'emprunt, ni frais de gestion
- Trois exclusions seulement : le terrain non bâti, l'immeuble en construction ou inutilisable pour raisons d'urbanisme, et le droit d'usage à temps partagé n'excédant pas deux semaines par an
Pris isolément, ces montants ne justifient aucune décision patrimoniale — c'est précisément ce qui les rend dangereux : personne ne régularise pour 266 €. Ce qui compte, c'est leur caractère annuel et silencieux, et le fait que la question se rouvre nécessairement à la revente ou au décès, quand un abogadoreprend le dossier depuis l'origine. Le calendrier vient d'être refondu : l'exercice 2025 se dépose encore jusqu'au 31 décembre 2026, et à partir des faits générateurs de 2026 la campagne s'ouvre le 1eravril de l'année suivante. C'est la fenêtre la plus proche, et elle se referme.
Votre maison de famille française vous suivra en Espagne
C'est l'actif le plus banal d'un dossier d'expatriation, et l'omission la plus lourde du corpus. Un résident fiscal espagnol qui conserve en France une maison non louée relève, sur la lettre de l'article 85, du même dispositif. Un immeuble français n'ayant pas de valor catastralespagnol, c'est le troisième alinéa qui s'applique : 1,1 % de 50 % de la valeur d'acquisition, soit 0,55 % par an, imputés en base générale au barème progressif. Sur une maison acquise 600 000 €, cela fait 3 300 € de revenu imposable par an sans un euro encaissé, soit de l'ordre de 1 500 € d'impôt espagnol à un taux marginal de 45,00 % — celui du sommet du barème cumulé de la seule Communauté de Madrid, le plus bas du panel : la même charge est plus lourde partout ailleurs, jusqu'à 50,00 % en Catalogne et 54,00 % en Communauté valencienne. Sur une maison acquise 1 000 000 €, 5 500 € de revenu imputé et environ 2 475 € d'impôt au taux madrilène.
Deux caractéristiques rendent cette imposition particulièrement désagréable. Il n'y a rien à imputer : la France ne taxe pas de revenu fictif chez un non-résident, donc aucun impôt français ne vient en déduction, la charge est intégrale et nette. Et elle est récurrente, là où l'absence d'abattement espagnol pour durée de détention — que le corpus désigne volontiers comme le contresens majeur du dossier immobilier — ne se réalise qu'une fois, à la cession. Le seul arbitrage disponible est de louer le bien, ce qui le fait sortir de l'article 85 pour entrer dans le régime des revenus fonciers. C'est peu, c'est le seul, et la question se pose avant le départ. Réserve que nous portons telle quelle : l'application de l'article 85 à un immeuble situé hors d'Espagne n'est confirmée par aucune consultaque nous ayons pu ouvrir. C'est le premier point que nous portons à nos avocats partenaires dans tout dossier comportant un bien français conservé.
La qualification espagnole d'un revenu ne se déduit pas du nom français du produit
La recherche menée sur le texte consolidé de la Ley 35/2006 ne fait apparaître aucun équivalent espagnol du plan d'épargne en actions, et aucune reconnaissance espagnole de son privilège fiscal n'a été identifiée. Ventes internes, dividendes, retraits, titres non cotés et prix de revient doivent donc être qualifiés événement par événement selon le droit espagnol : l'enveloppe française n'a pas d'effet différé reconnu. La conservation elle-même peut être acceptée ou refusée selon le contrat et la politique de l'établissement teneur de compte, et cela s'obtient par écrit avant le changement de résidence, jamais après.
Le point le plus coûteux concerne l'assurance-vie, et il ne tient pas au pays d'établissement de l'assureur. L'article 14.2 h) de la Ley 35/2006 pose des conditions que la pratique française sous-estime : le preneur peut choisir entre des ensembles séparés d'actifs, mais « en ningún caso podrá intervenir en la determinación de los activos concretos » ; les supports doivent être « expresamente designados en los contratos » ; et surtout, « las condiciones a que se refiere esta letra h) deberán cumplirse durante toda la vigencia del contrato ». Cette exigence de permanence change le conseil : un seul arbitrage vers un support non éligible en cours de vie fait basculer le contrat dans l'imputation annuelle de la plus-value latente, sans rachat et sans trésorerie encaissée. Nettoyer le contrat avant l'installation ne suffit donc pas — c'est une contrainte de gestion permanente après l'installation.
- Un plan d'épargne retraite ne se déduit pas de son nom : le traitement de la prestation dépend du compartiment, de l'origine des droits et de la forme rente ou capital — une rente viagère à titre onéreux servie après 70 ans n'est imposée en Espagne que sur 8 % de chaque annuité, par l'effet de l'article 25.3 a) 2º
- Le contrat d'assurance se déclare au titre de l'article 42 ter du Real Decreto 1065/2007 pour sa valeur de rachat au 31 décembre ; une temporaire décès pure en est exclue
- Le triangle de sécurité et le privilège du souscripteur relèvent de la protection prudentielle : ils ne garantissent ni le capital, ni le rendement, ni le traitement fiscal espagnol
- Exporter avant le départ l'historique des lots, des versements et des déductions obtenues coûte une matinée ; le reconstituer après en coûte beaucoup plus
- Comme tout support en unités de compte, une enveloppe d'assurance comporte un risque de perte en capital, supporté par le souscripteur
- Nous ne nommons aucun établissement financier : le choix des supports relève d'une recommandation écrite, remise après étude et non avant
5 profils, 5 stratégies
Couple de retraités du privé pour qui la carte régionale ne sert à rien, retraité de la fonction publique dont deux tiers des revenus ne changent pas de main, directrice financière sous l'article 93, détenteur de douze millions convaincu que Madrid l'exonère, dirigeant qui veut partir avant de céder : les mêmes textes produisent des résultats opposés selon la composition du patrimoine et la date. Ces cas illustrent, à but pédagogique, les dossiers que nous traitons.
Cas pédagogiques.Les prénoms, montants et stratégies présentés ci-dessous sont des illustrations pédagogiques inspirées des situations que nous accompagnons. Aucun client réel n'y est identifiable. Les chiffres varient selon la situation, la communauté autonome concernée, l'évolution législative et fiscale, et ne constituent pas un conseil personnalisé.
Marc et Sylvie, 67 et 65 ans
Retraités du privé à Dénia — départ neutre, et l'enjeu régional est ailleurs
34 000 € de pensions privées cumulées, une maison de Bourgogne conservée et non louée
- ·Pensions du régime général et complémentaires, aucune pension publique
- ·Appartement acheté 255 000 € dans la province d'Alicante
- ·Formulaire S1 demandé avant le départ
Nous ne leur vendons pas un arbitrage régional : sur leur dossier, il ne vaut rien. L'article 18 de la convention du 10 octobre 1995 réserve les pensions privées au seul État de résidence, la France perd tout droit d'imposer, et les 34 000 € basculent en base générale espagnole. L'impôt espagnol ressort à 2 991 € et l'écart avec Madrid à 136 € par an. Ce qui compte chez eux est ailleurs : la maison française conservée produit un revenu imputé qu'ils n'encaissent pas.
Jean-Pierre, 66 ans
Retraité de la fonction publique à Malaga — départ déconseillé
58 000 € de pension civile et 24 000 € de loyers français, un S1 délivré par la France
- ·Pension publique versée au titre de services rendus à l'État français
- ·Trois appartements de rapport conservés en France
- ·Il pensait que sa pension deviendrait imposable en Espagne
Nous lui disons que 66 % de ses revenus ne changeront pas de main, et que le déménagement lui coûte de l'argent sans lui en faire gagner. L'article 19 § 2 a) de la convention laisse sa pension publique imposable en France ; l'impôt espagnol tombe à 483 €, ce qui n'est pas un gain mais la preuve que l'assiette espagnole est vide. Et son formulaire S1 lui fait perdre l'exonération de contribution sociale généralisée sur ses loyers français.
Élodie, 44 ans
Directrice financière à Madrid sous l'article 93 — départ recommandé
300 000 € de salaire, patrimoine entièrement resté en France
- ·Jamais résidente d'Espagne au cours des cinq périodes fiscales précédentes
- ·Contrat de travail avec un employeur établi en Espagne : voie 1º
- ·Aucun bien situé en Espagne au jour de l'option
Nous lui disons de partir, et nous lui disons que le vrai sujet de son dossier n'est pas l'entrée dans le régime mais sa sortie. 24 % jusqu'à 600 000 € et 47 % au-delà, sans part régionale, pendant six exercices : 46 492 € de gain annuel, 278 953 € sur la durée du régime. Puis la bascule en obligation personnelle, datée dès le premier jour.
Bertrand, 58 ans
12 M€ de patrimoine net, Madrid pour la fortune — à réexaminer
Patrimoine majoritairement financier, aucun outil professionnel éligible
- ·Il a arrêté sa décision sur « il n'y a pas d'impôt sur la fortune à Madrid »
- ·Aucune participation ouvrant droit à l'exonération de l'article 4.Ocho
- ·Un immeuble français conservé, non loué
Nous lui disons que la phrase est vraie en dessous d'environ 3 700 000 € de patrimoine net et fausse au-dessus, et nous lui montrons le second choc, plus lourd que le premier : l'assiette espagnole porte sur tout le patrimoine net, quand l'assiette française ne vise que l'immobilier. Sur son dossier, l'impôt patrimonial annuel ressort à 173 364 €.
Bruno, 55 ans
Dirigeant qui veut partir avant de céder — non dans cet ordre
5 000 000 € de titres à céder, installation envisagée en Catalogne
- ·Domicilié en France depuis plus de six des dix dernières années
- ·Participation dont la valeur excède très largement 800 000 €
- ·Il croit que le départ efface l'impôt français sur la cession
Nous lui disons non dans cet ordre, et oui dans l'autre. L'exit tax française est due, le sursis de l'Espagne relevant du IV de l'article 167 bis n'est ni une exonération ni une extinction, et l'Espagne ajoute sa propre imposition de la plus-value dans la base de l'épargne. Sur son dossier, l'exit tax ressort à 1 475 800 € et l'impôt espagnol théorique à 1 391 880 €.
Combien gagne — ou perd —
un expatrié français en Espagne ?
Quatre configurations, chiffrées poste par poste des deux côtés. Deux se terminent par un conseil de rester ou de réexaminer, et nous les publions parce qu'elles décrivent une proportion réelle de ce que nous voyons : sur les douze dossiers chiffrés de notre guide, quatre concluent que l'Espagne est une mauvaise réponse. L'idée qu'on « paie moins d'impôts en Espagne » est vraie pour certains profils et fausse pour d'autres — et ce n'est pas le montant du patrimoine qui décide, c'est sa composition.
Avertissement.Les chiffres présentés ci-dessous sont des estimations Hagnéré Patrimoine établies à partir d'hypothèses fiscales explicites, à but pédagogique. Ils varient selon votre situation personnelle, la communauté autonome concernée, l'évolution de la législation française, étatique espagnole et régionale, et ne constituent pas un conseil personnalisé en investissement, en fiscalité ni en droit. Une étude écrite et chiffrée vous sera remise lors du bilan patrimonial, sur la base de vos pièces justificatives.
Directrice financière à Madrid, 300 000 € de salaire
Hypothèse : 44 ans, jamais résidente d'Espagne au cours des cinq périodes fiscales précédentes, recrutée par la filiale espagnole d'un groupe industriel. Son patrimoine — un appartement parisien loué et un portefeuille — reste intégralement en France. Elle relève de la première voie d'accès de l'article 93 : un contrat de travail avec un employeur établi en Espagne.
C'est le profil pour lequel le régime de l'article 93 fonctionne, et il fonctionne bien : 24 % jusqu'à 600 000 € et 47 % au-delà, sans part régionale — un impatrié madrilène et un impatrié barcelonais paient exactement le même impôt sur le revenu, l'article 26.2 a) 2º de la Ley 22/2009 cédant la moitié de la recette à la communauté sans lui donner le moindre pouvoir normatif. Son exposition patrimoniale espagnole est nulle, puisqu'elle relève de l'obligación real et ne détient aucun bien en Espagne. Le sujet de son dossier n'est pas l'entrée dans le régime : c'est la sortie. Six exercices, et la bascule en obligation personnelle — donc l'entrée de tout son patrimoine mondial dans l'assiette de l'impôt sur la fortune et de l'impôt de solidarité — est datée dès le premier jour.
Résidence secondaire à Lanzarote, jamais déclarée depuis 2014
Hypothèse : Couple de 71 et 68 ans, résidents de France, propriétaires en indivision par moitié depuis 2014. Ils paient l'impôt foncier communal et les charges de copropriété, occupent le bien quelques semaines par an, ne le louent pas, et n'ont jamais entendu parler du modelo 210. Ils envisagent de vendre.
La régularisation porte sur quatre exercices et non sur douze, le droit de l'administration de liquider l'impôt se prescrivant par quatre ans. Deux paramètres commandent le montant, et aucun ne figure sur l'acte d'achat : la valeur cadastrale du bien, portée par l'avis d'impôt foncier de chaque exercice, et l'année d'entrée en vigueur de la dernière révision cadastrale collective de la commune, consultable sur la Sede Electrónica del Catastro. Le second divise ou double la facture. Nous ne publions pas le barème de la majoration de l'article 27 de la Ley General Tributaria, que nos sources n'ont pas relevé sur le texte : c'est précisément lui qui décide de l'opportunité d'agir tout de suite, et il faut l'exiger par écrit, exercice par exercice. Une régularisation conduite dix-huit mois avant la mise en vente coûte l'impôt et la majoration ; la même conduite trois semaines avant la signature coûte cela plus une décote.
12 M€ de patrimoine net, « Madrid parce qu'il n'y a pas d'ISF » — départ à réexaminer
Hypothèse : 58 ans, patrimoine net de 12 000 000 € après cession, majoritairement financier, sans outil professionnel éligible à l'exonération de l'article 4.Ocho de la Ley 19/1991. Il a lu que la Communauté de Madrid bonifiait intégralement l'impôt sur la fortune et il a arrêté sa décision là-dessus.
La bonification existe, elle n'a simplement pas l'effet qu'on lui prête à ce niveau. Depuis la Ley 12/2023 de la Communauté de Madrid, entrée en vigueur le 22 décembre 2023 avec effets au 1er janvier 2023, la bonification n'est plus générale mais différentielle : le contribuable acquitte à sa communauté exactement ce qu'il aurait versé à l'État, et l'écart entre les deux barèmes est invariant à 31 446,37 € pour toute base liquidable supérieure à 3 000 000 €. Le préambule chiffre lui-même le transfert : 10 302 contribuables madrilènes, 555 millions d'euros. Ce n'est pas une baisse d'impôt, c'est un rapatriement de recette. Le second choc est plus lourd que le premier : l'assiette espagnole porte sur tout le patrimoine net, comptes-titres, liquidités, contrats, véhicules et créances compris, là où l'impôt français sur la fortune immobilière ne vise que l'immobilier au-delà de 1 300 000 €.
Famille, deux salaires de 157 000 €, trois enfants — départ déconseillé
Hypothèse : 43 et 41 ans, trois enfants scolarisés, 157 000 € de salaires cumulés, un appartement français conservé et non loué, aucun patrimoine financier significatif. Ils visent la Communauté valencienne pour le cadre de vie, et ils ont fait leur calcul sur le prix des loyers.
La géographie fiscale espagnole se joue sur la fortune et sur les successions, pas sur les salaires : l'écart maximal d'impôt sur le revenu entre les sept communautés que nous avons ouvertes est de 3 272 € par an sur 120 000 € de revenus, soit 8,7 % de la facture madrilène. Un foyer sans patrimoine ne capte donc presque rien du levier régional, et il subit en revanche tous les postes non fiscaux. La Communauté valencienne est le point le plus défavorable du panel sur les deux paramètres qui les concernent : taux marginal cumulé de 54,00 % contre 45,00 % à Madrid, et droits de mutation de 9 % depuis le 1er juin 2026 contre 6 % à Madrid, soit 14 400 € d'écart sur un logement ancien de 400 000 €. S'y ajoute le revenu imputé de l'article 85 sur l'appartement français conservé — 0,55 % de sa valeur d'acquisition chaque année, en base générale, sans un euro encaissé et sans aucun impôt français à imputer.
Chiffrages indicatifs établis au 30 juillet 2026 sur le droit alors en vigueur — code général des impôts et code de la sécurité sociale français, convention du 10 octobre 1995 et convention du 8 janvier 1963, Ley 35/2006, Ley 19/1991, article 3 de la Ley 38/2022, Ley 29/1987, Ley 22/2009, et textes refondus des communautés autonomes dans leurs versions consolidées au Boletín Oficial del Estado. Les résultats réels dépendent de votre situation, de la composition de vos actifs, de la communauté de rattachement et des textes applicables au jour de l'opération. Les lois de finances autonomiques se votant en décembre, toute donnée régionale doit être revérifiée en janvier 2027. Une simulation personnalisée est établie lors du bilan patrimonial, pièces justificatives à l'appui. Le détail de ces calculs figure dans notre guide expatrié Espagne, chapitre des douze dossiers chiffrés.
Pour qui l'Espagne est
le mauvais choix
Cette page vend un accompagnement, et il serait plus rentable de ne pas écrire cette section. Nous l'écrivons parce que quatre situations conduisent à une réponse négative, qu'elles ne sont pas marginales, et qu'un lecteur qui reconnaît la sienne ici a économisé, en cinq minutes, une décision irréversible construite sur une phrase qui a cessé d'être vraie au 31 décembre 2022 — ou qui ne l'a jamais été pour lui.
Vous partez pour la bonification madrilène, et votre patrimoine dépasse 3,7 M€
L'apartado Dos, point 2, de l'article 3 de la Ley 38/2022 interdit la cession de l'impôt de solidarité aux communautés autonomes, et l'apartado Quince ne laisse déduire que la cotisation régionale « efectivamente satisfecha ». Depuis la Ley 12/2023, en vigueur le 22 décembre 2023 avec effets au 1er janvier 2023, la Communauté de Madrid applique une bonification différentielle dont l'écart est invariant à 31 446,37 €. Sur un patrimoine net de 15 000 000 €, un déménagement de Barcelone à Madrid fait passer la charge annuelle de 297 464 € à 278 364 € : l'économie réelle est de 19 100 € par an, soit 6,4 % de la facture, là où le conseil courant annonce une économie de 100 %. Dix-neuf mille euros ne sont pas rien, et pour certains patrimoines la décision reste justifiée — mais un déménagement décidé sur la promesse de deux cent quatre-vingt-dix-sept mille euros est un mauvais conseil, et le client s'en aperçoit à la première déclaration.
Votre patrimoine est important et il vit de ses placements
C'est la différence de nature la plus lourde avec la France, et elle est presque toujours sous-estimée. L'impôt français sur la fortune immobilière se déclenche à 1 300 000 € de valeur nette taxable et ne vise que l'immobilier. L'impôt espagnol vise les comptes-titres, les liquidités, les contrats, les véhicules, les œuvres, les créances — tout ce qui n'est pas expressément exonéré — et son minimum exonéré est de 500 000 € en Catalogne, 700 000 € dans la plupart des communautés. Un portefeuille de 2 000 000 € ne coûte rien en France au titre de la fortune ; en Catalogne, il entre dans l'assiette dès le premier euro au-dessus de 500 000 €. Sur 10 000 000 € de patrimoine net, le plancher espagnol est de 122 908 € par an quelle que soit la communauté de régime commun, soit 1,23 % de taux effectif : rapporté à un rendement de 3 %, cela absorbe 41 % du revenu du capital avant tout impôt sur le revenu.
Vous êtes retraité et vous cherchez un régime de faveur
L'Espagne n'a aucun régime fiscal de faveur pour les retraités étrangers, et c'est le point sur lequel elle est le plus nettement battue par ses voisines. Un Français qui s'installe à Alicante avec 120 000 € de pensions relève du droit commun : barème étatique augmenté du barème de sa communauté, jusqu'à 54,00 % de taux marginal cumulé en Communauté valencienne. Le régime de l'article 93 ne lui est d'aucun secours : il suppose un contrat de travail, un mandat social, une activité entrepreneuriale ou une qualification professionnelle élevée, et un retraité n'entre par aucune de ces voies. Le raisonnement s'inverse pour les pensions modestes, que le minimum personnel et familial met largement hors d'impôt — la réduction de l'article 20 absorbant l'essentiel d'une pension inférieure à 14 852 €. Le seuil de bascule se situe donc dans le montant de la pension, pas dans la géographie.
Vous êtes fonctionnaire retraité, ou vous partez avec un formulaire S1
L'article 19 § 2 a) de la convention du 10 octobre 1995 laisse les pensions publiques imposables dans le seul État qui les verse, sauf si le bénéficiaire est ressortissant de l'autre État sans posséder la nationalité du premier. Sur un dossier à 58 000 € de pension civile et 24 000 € de loyers français, l'assiette espagnole se réduit à presque rien — 483 € d'impôt — ce qui n'est pas un gain mais la preuve que le déménagement ne déplace rien. S'y ajoute un coût que personne n'annonce : le taux réduit de prélèvements sociaux de 7,5 % suppose deux conditions cumulatives, relever d'une législation soumise au règlement (CE) n° 883/2004 et ne pas être à la charge d'un régime obligatoire français. Un retraité couvert par un formulaire S1 délivré par la France remplit la première et échoue à la seconde : 2 664 € par an de contribution sociale généralisée qu'un affilié espagnol n'aurait pas payés.
Et ce qui reste vrai, qu'il ne faut pas surcorriger.
En deçà d'environ 3 700 000 € de patrimoine net, il n'y a effectivement ni impôt sur la fortune ni impôt de solidarité dans la Communauté de Madrid, et il n'y a pas même d'obligation déclarative au titre du second — l'apartado Diecinueve réserve le dépôt du modelo 718aux redevables dont la cotisation est positive. Pour la très grande majorité des clients, l'affirmation reste juste, et c'est pourquoi elle a la vie dure. L'écart avec la Catalogne reste considérable sur les autres impôts : Madrid conserve le taux marginal cumulé d'impôt sur le revenu le plus bas des communautés de régime commun, 45,00 %, et bonifie les successions en ligne directe à 99 % et le groupe III à 50 %. La formule juste est celle-ci : le choix de la communauté de résidence reste un levier majeur en matière d'impôt sur le revenu et de droits de succession ; il ne l'est plus, ou très peu, en matière d'impôt sur la fortune au-dessus du seuil de l'impôt de solidarité. Les destinations vers lesquelles se tournent ceux à qui nous disons non sont examinées dans notre chapitre de comparaison avec les autres destinations.
Avec ou sans Hagnéré Patrimoine ?
Sept points de bascule sur un départ vers l'Espagne. Même patrimoine, même projet, même famille : seule la préparation change. Six de ces sept lignes se décident avant le transfert de domicile et ne se rattrapent plus après.
Ce que la colonne de droite change: une communauté nommée avant tout calcul, un texte régional lu dans sa version applicable à l'exercice, une date de départ fixée sur le compteur des 184 jours, et une décision prise sur un chiffre, pas sur une brochure — y compris quand ce chiffre dit de rester.

Bilan patrimonial expatriation Espagne
Bilan patrimonial d'1 h offert : situation, communauté visée, urgences et professionnels nécessaires. Il ne constitue ni une consultation juridique ou fiscale ni une recommandation personnalisée.
Notre méthode
T-12 mois avant départ · T+24 mois avant retour
Une installation espagnole ne se prépare pas la veille du déménagement, et elle a cette particularité : plusieurs de ses échéances tombent après l'arrivée, sans qu'aucun courrier ne les rappelle. Communauté, régime applicable, résidence fiscale et date de départ, pilotage annuel, retour : voici les 5 jalons que nous activons avec vous.
T-12 mois — Choisir la communauté autonome avant de choisir l'Espagne
La première question n'est pas le pays, c'est la région. L'article 25.1 de la Ley 22/2009 cède aux communautés de régime commun le rendement de l'impôt sur le revenu, de l'impôt sur la fortune, des successions et des droits de mutation ; l'article 46.1 leur laisse le barème de la base générale, l'article 47.1 trois leviers sur l'impôt sur la fortune, l'article 48.1 la totalité du calcul successoral. Pour un célibataire à 100 000 € de base générale et 20 000 € de base d'épargne, la reconstitution donne 37 432 € à Madrid et 40 704 € en Communauté valencienne ; sur un patrimoine net de 4 000 000 €, elle donne 5 100 € à Madrid, en Andalousie et en Région de Murcie, 36 546 € aux Canaries et 41 944 € en Catalogne ; sur 300 000 € recueillis par un neveu, 84 € aux Canaries et 84 855 € en Région de Murcie. Ces montants hiérarchisent, ils ne liquident pas. Et une réserve de champ précède tout le reste : quinze communautés relèvent du régime commun, le Pays basque et la Navarre ont leurs propres impôts et leurs propres administrations.
T-9 mois — Impôt de solidarité, puis article 93 contre droit commun
« Installez-vous à Madrid, il n'y a pas d'impôt sur la fortune » a été exact pendant quinze ans. L'article 3 de la Ley 38/2022 a institué un impôt d'État sur le patrimoine net supérieur à 3 000 000 €, qui ne peut pas être cédé aux communautés et dont ne se déduit que la cotisation régionale effectivement acquittée ; compte tenu du minimum exonéré de 700 000 € et d'une première tranche à 0 %, il devient effectivement dû vers 3 700 000 € de patrimoine net. Depuis la Ley 12/2023, Madrid applique une bonification différentielle dont l'écart est invariant à 31 446,37 € : la charge du contribuable est la même, c'est le destinataire de la recette qui change. Le régime spécial de l'article 93 se teste ensuite branche par branche — 24 % jusqu'à 600 000 €, mais assiette mondiale des revenus du travail par l'effet du b), interdiction de toute compensation par le c), exclusion des exonérations de l'impôt des non-résidents par le a). Nous le chiffrons sur six exercices et sur l'année 7, contre son scénario de droit commun.
T-6 mois — Résidence fiscale, date de départ et les deux exit tax
L'article 9.1 de la Ley 35/2006 exige plus de 183 jours, soit un seuil opérationnel de 184 jours d'année civile, agrégés et non consécutifs. Ce n'est qu'un critère sur trois : le 9.1 b) rend résident celui qui a en Espagne le noyau principal de ses activités ou intérêts économiques, sans condition de durée, et une présomption réfragable s'attache à la résidence du conjoint et des enfants mineurs. L'article 12 fixe la période d'imposition à l'année civile et l'article 13 réserve la période plus courte au seul décès : une année qui bascule emporte aussi les revenus encaissés en France avant l'arrivée. Trente jours de décalage sur un camion de déménagement séparent une année intégralement espagnole d'une année où l'Espagne ne prend rien : toute prime, indemnité ou cession se positionne en conséquence. Deux exit tax cohabitent — celle de l'article 167 bis du CGI, dont le sursis est de plein droit vers un État membre mais qui reste à déclarer et à suivre, et celle de l'article 95 bis de la Ley 35/2006, qui frappe le départ d'Espagne après dix des quinze périodes d'imposition.
Pendant la résidence en Espagne — Pilotage annuel des deux côtés
Déclarations dans les deux États. Côté espagnol, l'impôt sur le revenu au modelo 100, le régime de l'article 93 au modelo 151, l'impôt sur la fortune au modelo 714, l'impôt de solidarité au modelo 718 sur un calendrier distinct et seulement si la cotisation est positive. Le modelo 714 est dû dès que la valeur des biens et droits excède 2 000 000 €, exonérés compris et sans déduction des dettes : le seuil est atteint plus vite qu'on ne le croit. Les modelos 720 et 721 obéissent à un seuil de 50 000 € par catégorie et se déposent du 1er janvier au 31 mars. Côté français, l'impôt sur la fortune immobilière continue de porter sur les biens français, sans le plafonnement de l'article 979 du CGI. Chaque opération sur une enveloppe française se prépare avant l'ordre : l'article 14.2 h) de la Ley 35/2006 exige que ses conditions soient réunies pendant toute la durée du contrat, et un seul arbitrage peut faire basculer une assurance-vie dans l'imputation annuelle de la plus-value latente.
T+24 mois avant retour — Sortie propre d'Espagne et régimes français
Le retour est un nouveau projet de mobilité et il se prépare avant toute cession ou tout déménagement. L'année espagnole reste entière, puisque l'Espagne ignore la résidence partielle. Le régime français des impatriés de l'article 155 B du CGI concerne les personnes appelées ou recrutées de l'étranger pour occuper un emploi dans une entreprise établie en France, après cinq années civiles de non-résidence : ce n'est pas un régime universel, et l'entrepreneur qui rentre pour créer sa société y est étranger. Une règle distincte limite l'assiette d'impôt sur la fortune immobilière du nouvel arrivant à ses seuls actifs immobiliers français jusqu'à la fin de la cinquième année suivant l'installation, sans exiger aucun appel de l'étranger. Si une exit tax française est en suivi, le retour du domicile fiscal en France déclenche le dégrèvement du VII, 2 de l'article 167 bis sans attendre le délai de deux ou cinq ans, à condition que les titres soient encore détenus. Vérifiez enfin, avant de quitter l'Espagne, si l'article 95 bis vous atteint.
Pour approfondir
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Notre engagement : nommer la communauté avant de chiffrer, dater chaque texte régional, et vous dire quand la réponse est non — avec une méthode écrite, une coordination métier par métier des professionnels habilités sur place et une transparence totale sur les frais.
Espagne, Grèce, Italie, Portugal
le paramètre qui départage n'est pas le taux
Deux faits déplacent la frontière, et aucun des deux n'apparaît dans un comparatif de taux d'impôt sur le revenu : l'Espagne impose annuellement le patrimoine net mondial au-delà d'un certain seuil, et elle n'a aucun régime de faveur pour les retraités étrangers. Voici, poste par poste, ce que cela change face à quatre destinations que nos clients mettent régulièrement sur la table.
La Grèce
L'article 5Β du code grec des impôts sur le revenu taxe à 7 %, à titre autonome, la totalité du revenu de source étrangère d'un titulaire de pension étrangère qui transfère sa résidence en Grèce, pendant quinze exercices. La pension est la condition d'entrée, pas l'assiette : le taux s'applique aussi aux dividendes, aux loyers et aux plus-values de source étrangère. Deux conditions cumulatives : ne pas avoir été résident grec cinq des six années précédentes, et venir d'un État lié à la Grèce par un accord de coopération administrative — condition remplie pour la France. L'Espagne n'a rien de comparable : un retraité y relève du droit commun, jusqu'à 54,00 % de taux marginal cumulé en Communauté valencienne. Deux limites grecques : l'article 5Β ne comporte aucune extension familiale, et le raisonnement s'inverse pour les pensions modestes, que le minimum personnel espagnol met largement hors d'impôt.
L'Italie
Le forfait des neo residenti de l'article 24-bis du TUIR est un impôt substitutif d'un montant fixe sur les revenus de source étrangère, quelle qu'en soit l'importance : 300 000 € par an pour les transferts de résidence à compter du 1er janvier 2026, 50 000 € par membre de la famille, pendant quinze ans, après neuf des dix périodes précédentes hors d'Italie. Le régime espagnol de l'article 93 ne couvre pas les revenus étrangers, il les laisse hors champ — pour un patrimoine étranger modeste, l'Espagne est donc gratuite là où l'Italie facture. Notre dossier italien situe le point mort autour de 683 500 € de revenus étrangers imposables au barème. En dessous, l'article 93 espagnol est objectivement supérieur, et il est gratuit. Au-dessus, l'Italie offre quinze ans là où l'Espagne en offre six, et aucun impôt annuel sur le patrimoine.
Le Portugal
Le régime du residente não habitual est fermé aux nouveaux arrivants depuis le 1er janvier 2024, et le dispositif qui lui a succédé — l'IFICI de l'article 58.º-A de l'Estatuto dos Benefícios Fiscais — n'accorde aucun avantage aux pensions : l'exonération des revenus étrangers figure à l'article 81.º n.º 4 du Code de l'IRS et vise les catégories A, B, E, F et G, la catégorie H n'y figurant pas. Un retraité français qui s'installe aujourd'hui au Portugal continental relève donc du barème de droit commun, dont la tranche marginale supérieure est de 48 %, portée à 53 % par la taxa adicional de solidariedade. Sur ce profil, l'Espagne bat le Portugal continental. La réserve retourne la conclusion pour Madère, dont le taux marginal d'impôt sur le revenu est de 33,60 % — inférieur au taux marginal cumulé de toutes les communautés espagnoles que nous avons ouvertes, Madrid comprise à 45,00 %.
Chypre
Si votre revenu est majoritairement financier, Chypre bat l'Espagne de très loin, et il faut l'écrire même si cela dessert la page que vous lisez. Trois articles de la loi 118(I)/2002 exonèrent d'impôt sur le revenu la totalité des intérêts perçus par une personne physique, les revenus de dividendes et les gains de cession de titres, pour tout résident chypriote. S'y ajoute une option annuelle et réversible sur les pensions étrangères, taxées à 5 % au-delà de 5 000 € par an. À comparer avec l'Espagne, où la base de l'épargne est taxée de 19 à 30 % et où le patrimoine net supporte un impôt annuel dont le plancher est de 122 908 € sur 10 000 000 €, soit 1,23 % de taux effectif — 41 % d'un rendement de 3 %, avant tout impôt sur le revenu.
Sur un patrimoine net de 10 000 000 €, la charge patrimoniale annuelle espagnole ne descend pas sous 122 908 €, quelle que soit la communauté de régime commun.
Dans une communauté à bonification différentielle, elle est due à la communauté ; dans une communauté à bonification générale, elle est due à l'État au titre de l'impôt de solidarité. Le montant est le même, seul le créancier change, parce que l'apartado Dos, point 2, de l'article 3 de la Ley 38/2022 interdit la cession de cet impôt et que l'apartado Diecisiete en réserve la totalité des compétences à l'État. Dans une communauté à barème propre plus lourd — Catalogne, Communauté valencienne, Baléares —, la charge est supérieureà ce plancher, jamais inférieure. Le Portugal, l'Italie, la Grèce, Chypre, Malte et l'Andorre n'imposent pas annuellement le patrimoine net mondial : c'est le chiffre qui déplace la frontière, et aucun comparatif de taux d'impôt sur le revenu ne le fait apparaître.
Deux corrections empêchent de surcorriger, et elles vont dans l'autre sens. Les exonérations d'assiette de la Ley 19/1991 sont importées telles quelles par l'impôt de solidarité : l'article 4.Ocho.Dos exonère les participations dans une entité opérationnelle lorsque le contribuable détient au moins 5 % individuellement — ou 20 % avec le groupe familial —, exerce effectivement des fonctions de direction et perçoit à ce titre plus de 50 % de ses revenus. L'outil professionnel sort de l'assiette des deux impôts, et il en sort par un texte, non par un montage. Et en deçà d'environ 3 700 000 € de patrimoine net, il n'y a ni impôt régional ni impôt de solidarité dans les communautés qui bonifient : pour la très grande majorité des clients, cette section ne change rien. Le chapitre de comparaison du guide traite huit destinations, avec leurs réserves de source.
L'année espagnole reste entière, même si vous rentrez en mars
Le retour est un nouveau projet de mobilité, et il se prépare avant toute cession ou tout déménagement. Le premier réflexe à corriger est arithmétique : puisque l'Espagne ignore la résidence partielle, un retour en cours d'année laisse en principe l'année civile espagnole imposable en Espagne. Le second est juridique : l'article 155 B du CGI ne récompense pas le fait d'avoir vécu à l'étranger, il vise les personnes appelées ou recrutées de l'étranger pour occuper un emploi dans une entreprise établie en France, après cinq années civiles de non-résidence. L'entrepreneur qui rentre de Barcelone pour créer sa société y est étranger.
- La limitation d'assiette d'impôt sur la fortune immobilière du nouvel arrivant n'exige aucun appel de l'étranger : elle reste ouverte à tous les profils de retour, jusqu'à la fin de la cinquième année suivant l'installation
- Le retour du domicile fiscal en France déclenche le dégrèvement de l'exit tax du VII, 2 de l'article 167 bis sans attendre le délai de deux ou cinq ans, à condition que les titres soient encore détenus
- Le dégrèvement efface l'impôt de départ, il n'efface pas la matière imposable : le prix de revient historique subsiste et se reconstitue avant la première cession
- Vérifiez avant de quitter l'Espagne si l'article 95 bis de la Ley 35/2006 vous atteint : dix des quinze périodes d'imposition, puis 4 000 000 € de titres ou 25 % d'une entité valant plus de 1 000 000 €
- Côté français, la 2042-NR si des revenus de source française imposables ont été perçus avant le retour, puis la 2042 et le cas échéant la 2047 pour la période postérieure
- La déclaration n° 3916 des comptes et contrats étrangers ne s'éteint pas avec la résidence espagnole : elle se traite avant le retour, pas après

Votre référent expatriation
Clément Chatelain
Directeur Groupe Hagnéré Patrimoine
"Sur un dossier espagnol, la première question n'est pas le montant de vos revenus : c'est la ville, et la composition de votre patrimoine. Deux clients identiques installés à trois heures de train l'un de l'autre ne paient pas le même impôt, et l'écart se compte en dizaines de milliers d'euros par an. Quand nous reprenons le calcul en partant de là, la conclusion change souvent — et dans une part réelle des dossiers, elle devient un conseil de rester. Nous le disons avant la signature, pas après."
Ce que nos clients disent
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Pédagogie · 18 termesGlossaire des termes utilisés sur cette page
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Questions fréquentes — expatrié en Espagne.
Les questions que nous entendons le plus souvent, avec des réponses qui n'évitent ni les mauvaises nouvelles ni les points que le droit espagnol ne tranche pas. Pour aller plus loin, notre guide expatrié Espagne traite le sujet en 34 chapitres.
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- L’article 9.1 de la Ley 35/2006 exige « más de 183 días » : le seuil opérationnel est donc 184 jours d’année civile, et le Tribunal Económico-Administrativo Central parle lui-même du « umbral mínimo exigido por la Ley de 184 días ». Le décompte est agrégé sur l’année entière, non consécutif, et les absences sporadiques y sont réintégrées sauf preuve d’une résidence fiscale dans un autre État. Ce n’est pourtant qu’un critère sur trois. L’article 9.1.b) rend résident celui qui a en Espagne le noyau principal ou la base de ses activités ou intérêts économiques, sans aucune condition de durée : un dirigeant présent quatre mois peut être résident espagnol dès la première année. S’y ajoute une présomption réfragable tirée de la résidence habituelle en Espagne du conjoint non séparé légalement et des enfants mineurs qui en dépendent, dont l’articulation exacte des deux termes n’est pas tranchée. La France applique séparément l’article 4 B du CGI. Si les deux droits internes concluent à la résidence, la convention du 10 octobre 1995 départage par le foyer d’habitation permanent, le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel, la nationalité, puis la procédure amiable. Tenez un calendrier de présence, mais documentez aussi logements, famille, lieux de travail, mandats, dépenses et localisation des actifs productifs. Deux réserves de champ, à ne jamais oublier : tout ce qui précède vaut pour le territoire de régime commun ; Álava, la Biscaye, le Guipúzcoa et la Navarre relèvent de normes forales propres, avec leurs propres administrations. Et la formule « six mois et un jour » ne suffit ni à quitter fiscalement la France, ni à sécuriser la convention.
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Hagnéré Patrimoine est votre cabinet pour la gestion de patrimoine d'expatrié en Espagne : nous partons du fait qui commande tout le dossier — il n'y a pas une fiscalité espagnole, il y en a dix-sept, et à revenus et patrimoine identiques la charge annuelle va de 42 532 € dans la Communauté de Madrid à 81 160 € en Catalogne —, puis nous instruisons le corollaire que presque personne n'écrit : l'impôt de solidarité sur les grandes fortunes reprend précisément ce que les communautés abandonnent, et au-delà d'environ 3 700 000 € de patrimoine net la bonification madrilène ne fait plus disparaître la charge. Le cabinet n'a ni bureau ni agrément en Espagne et n'est pas habilité à délivrer un avis de droit espagnol : nous accompagnons depuis la France et coordonnons avocats fiscalistes franco-espagnols, asesores fiscales, notaires, agents immobiliers et conseils en mobilité sur place. Un bilan patrimonial d'1 h est offert, sans engagement. Il ne constitue ni une consultation juridique ou fiscale ni une recommandation personnalisée.
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Revue éditoriale et patrimoniale par Quentin Hagnéré.
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Certaines prestations citées sur cette page comportent une dimension juridique ou fiscale spécialisée — analyse de résidence et de chronologie France-Espagne, qualification conventionnelle des revenus et des jours travaillés, coordination A1 / S1, comparaison documentée du régime ordinaire et d'un éventuel régime spécial sans présumer l'éligibilité, qualification espagnole des PEA, PER, assurances-vie, comptes, titres et cryptoactifs, analyse de l'immobilier et des règles de la communauté autonome concernée, étude d'une activité ou d'une société française pilotée depuis l'Espagne, coordination civile et fiscale d'une donation, d'une succession ou d'un retour en France. Lorsqu’elles sont nécessaires, ces prestations doivent être confiées à des professionnels externes effectivement habilités, notamment avocats fiscalistes français et espagnols, asesores fiscales, notaires, experts-comptables et spécialistes sociaux externes effectivement habilités pour le service et le territoire concernés. Selon le dossier et avec l’accord du client, Hagnéré Patrimoine peut aider à les identifier et à coordonner les échanges ; chaque professionnel intervient sous sa propre responsabilité et sa propre lettre de mission. Le cabinet reste dans les limites territoriales et matérielles de ses statuts et habilitations.
Le contenu de la présente page a une visée informative et pédagogique et ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une consultation juridique au sens de l'article 54 de la loi du 31 décembre 1971. Les règles fiscales relatives à la convention fiscale France-Espagne du 10 octobre 1995, effets applicables de la convention multilatérale, convention franco-espagnole du 8 janvier 1963 en matière de successions, règlements européens de coordination sociale 883/2004 et 987/2009 et règlement (UE) 650/2012 dépendent de votre résidence effective, de la nature de vos revenus, de votre nationalité et de votre situation familiale. Pour une stratégie adaptée à votre situation personnelle, faites valider votre dossier par les professionnels habilités compétents.
Veille réglementaire — Assurance-vie luxembourgeoise (LC CAA 26/1 et 26/2) : le Commissariat aux Assurances du Luxembourg a publié, le 1er février 2026, la Lettre Circulaire 26/1 relative aux règles d’investissement des produits d’assurance-vie liés à des fonds d’investissement. La classification N/A/B/C/D concerne les preneurs et conditionne l’accès à certaines architectures ; elle ne constitue pas une liste de cinq véhicules. La Lettre Circulaire 26/2, publiée le même jour, modifie séparément les règles de dépôt des actifs représentatifs. Pour un contrat existant, un nouveau versement, un avenant ou un dépositaire hors EEE, l’assureur et les professionnels habilités doivent confirmer le cadre applicable, l’éligibilité des supports, les risques, les frais et les règles de commercialisation transfrontalière.
Points de vigilance spécifiques Espagne : (i) une inscription administrative, une adresse ou un décompte de jours ne tranche pas seuls la résidence fiscale : les droits internes sont examinés avant les critères successifs de la convention France–Espagne, avec une chronologie et des preuves cohérentes ; (ii) le régime ordinaire et les éventuels régimes spéciaux répondent à des conditions, périmètres et durées propres : aucun avantage ne doit être supposé avant la validation du profil et de l'année concernés ; (iii) un PEA, un PER, un livret, une assurance-vie ou un contrat luxembourgeois conservé après le départ ne garde pas automatiquement son traitement français en Espagne : qualification, déclaration, revenus, opérations, décès et acceptation du prestataire doivent être vérifiés actif par actif ; (iv) la fiscalité des jours travaillés et la sécurité sociale sont deux analyses distinctes, à coordonner avec les règles européennes, les certificats A1 ou S1 et les organismes compétents ; (v) piloter une société française depuis l'Espagne peut soulever des questions de direction effective, d'établissement stable, de paie, de TVA et de cotisations ; la création d'une structure locale n'efface pas les faits ; (vi) les règles patrimoniales et successorales espagnoles peuvent dépendre de la communauté autonome et de la situation personnelle ; (vii) la convention bilatérale de 1963 vise les successions et ne doit pas être étendue sans analyse aux donations ordinaires, tandis que le règlement (UE) 650/2012 détermine la loi civile applicable sans régler à lui seul la fiscalité ; (viii) tout conseil réglementé, toute recommandation ou distribution de produit reste soumis au pays, au service, au produit, aux habilitations territoriales et à l'acceptation de l'établissement concerné.

