Structurez votre patrimoine de non-résident avec un expert
Exit tax, régime impatrié, fiscalité internationale, immobilier français et enveloppes patrimoniales : nous cadrons votre stratégie avant tout arbitrage ou changement de résidence.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en fiscalité patrimoniale internationale
Quentin Hagnéré accompagne expatriés, impatriés, non-résidents et dirigeants mobiles sur leurs arbitrages fiscaux, financiers et successoraux entre la France et l'étranger.
Sommaire
- L'essentiel en 60 secondes
- 1. Suis-je vraiment expatrié au sens fiscal ? Le test des 3 critères de l'art. 4 B
- 2. Ce qui se passe pour votre PER une fois que vous êtes parti
- 3. Sortir son PER en non-résident : capital, rente, et les 6 cas de déblocage
- 4. 8 pays décodés : la convention fiscale article par article
- 5. Les 3 pièges fiscaux à connaître avant le départ
- 6. Pensions étrangères de retour en France : LPP, 401k, SIPP, Superannuation
- 7. Le retour en France : recharge des plafonds, déduction quadruplée
- 8. Succession PER d'un défunt non-résident : 750 ter, 990 I, 757 B croisés
- 9. Mode d'emploi pratique : checklists avant / pendant / retour
- Sources et références légales
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La fiscalité d'un PER en situation d'expatriation dépend de votre domicile fiscal (art. 4 B CGI), de la convention bilatérale applicable, de votre régime de sécurité sociale (CJUE De Ruyter C-623/13) et des spécificités locales (FATCA, CRS, régimes d'impatriés). Les calculs présentés sont fondés sur le droit positif au 12 mai 2026 (CGI, BOFiP MAJ 17/02/2026, LF 2026 loi 2026-103, LFSS 2026 loi 2025-1403) et peuvent évoluer. Pour une analyse adaptée à votre situation, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.
Références légales mobilisées
CGI art. 4 A, 4 B, 81 4° bis, 158, 158-5, 158-6, 163 quatervicies, 164 A, 167 bis, 182 A, 197 A, 200 A, 238-0 A, 750 ter, 757 B, 990 I · CMF art. L. 224-1 à L. 224-9, L. 224-40 · CSS art. L. 136-6 à L. 136-8 · LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026, art. 9) · LFSS 2026(loi 2025-1403 du 30/12/2025) · LF 2025 (loi 2025-127 du 14/02/2025, art. 83) · BOFiP BOI-ANNX-000513 (MAJ 17/02/2026), BOI-RSA-PENS-30-10-20, BOI-IR-DOMIC-10-20-10, BOI-INT-DG-20-20-50, BOI-PAT-IFI-20-20-30-30 · Conventions bilatérales avec Suisse, Belgique, Portugal, Espagne, UAE, USA, UK, Singapour · CE 5/02/2024 n° 469771 · CJUE C-623/13 De Ruyter, C-45/17 Jahin, C-279/93 Schumacker, C-9/02 Lasteyrie, C-20/16 Bechtel.
L'essentiel en 60 secondes
Les 10 chiffres-clés à retenir
- 1 784 975 Français inscrits au registre consulaire MEAE au 31/12/2025 (2,5 à 3 M réels). Top 5 destinations : Suisse 171 884, USA 159 357, UK 141 065, Belgique 123 226, Canada 118 772.
- 0 / 12 / 20 % : barème 2026 de la retenue à la source (RAS) art. 182 A CGI sur pensions versées à un non-résident (0 % ≤ 17 275 € / 12 % entre 17 275 et 50 122 € / 20 % au-delà).
- 20 % / 30 % : taux minimum d'imposition non-résident art. 197 A CGI, sauf option taux moyen mondial.
- 31,4 % : PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) 2026 sur la part gains des versements PER non déduits (12,8 % IR + 18,6 % de prélèvements sociaux (PS) — LFSS 2026 art. 12).
- 7,5 % vs 18,6 % : PS sortie capital PER selon affiliation sécu UE/EEE/Suisse (CJUE, Cour de Justice de l'Union Européenne, De Ruyter) ou hors UE (CJUE Jahin).
- ×4 : cumul de plafonds PER l'année du retour en France (3 plafonds non utilisés + 1 année courante). ×5 pour les droits 2026+ (LF 2026 art. 9).
- 800 000 € : seuil exit tax art. 167 bis CGI sur titres directement détenus. Le PER en lui-même est hors champ.
- 238-0 A CGI : liste ETNC 2026 (arrêté du 15/04/2026, JO 26/04/2026) — 11 pays dont Anguilla, Antigua-et-Barbuda, Panama, Russie, Vanuatu, Vietnam, etc. — sanction PFU 75 %.
- 30 500 € / 152 500 € : abattements succession PER selon âge du défunt (art. 757 B après 70 ans / 990 I avant 70 ans).
- 17/02/2026 : date de la doctrine BOFiP consolidée du PER (BOI-ANNX-000513 + BOI-RSA-PENS-30-10-20 + BOI-IR-BASE-20-50-10) — consultation publique jusqu'au 17/04/2026.
5 décisions express avant de partir
- Tester sa résidence fiscale — appliquer les 3 critères alternatifs de l'art. 4 B CGI et l'article correspondant de la convention bilatérale du pays de destination.
- Saturer le plafond de déduction — verser avant le 31 décembre de la dernière année résident pour profiter de la TMI française. Plafond 2026 = 37 680 € (10 % × 8 × PASS 2025) ou 4 710 € si revenus faibles.
- Vérifier que l'assureur accepte les non-résidents — attestation écrite avant le départ. Sinon, transfert vers un PER plus permissif (1 % max — décret 2024-682).
- Mettre à jour son adresse au SIPNR — Noisy-le-Grand, 10 rue du Centre TSA 10010. Conserver tous les avis d'imposition (utile au retour pour réactiver le plafond x4).
- Documenter le centre des intérêts économiques — preuves de revenus français résiduels (BIC, BNC, BA, locatifs). Permet, selon la CJUE Schumacker, de conserver la déductibilité PER si ≥ 75 % des revenus mondiaux restent français.
Vous partez vivre à l'étranger en 2026— avant même les valises, voici ce qui change pour votre PER : votre déduction disparaît (sauf statut Schumacker), la retenue à la source passe à 0/12/20 %, vos prélèvements sociaux chutent de 18,6 % à 7,5 % si vous restez affilié UE/EEE/Suisse, et au retour vous récupérez un plafond multiplié par 4 ou 5. Chez Hagnéré Patrimoine, je vois trois à quatre expatriations PER par mois : cadre détaché Suisse, retraité Portugal, entrepreneur Dubaï, frontalier belge. Ce guide décrypte l'après-départ en chiffres.
Le problème : aucun CGP ne vous l'explique avant le départ, alors que les décisions du mois d'août (saturation du plafond, transfert d'assureur, test de résidence fiscale) conditionnent des économies de 50 000 à 100 000 €sur votre retraite. Huit destinations captent 80 % des départs français. Mais chacune joue avec des conventions différentes (Suisse art. 20, Belgique art. 12, Portugal art. 18 fin RNH, Émirats 0 % IR via art. 18 décret 90-631), des assureurs qui refusent les non-résidents (Suravenir, Linxea Spirit PER), et des régimes locaux imprévisibles (Beckham Espagne, IFICI Portugal, fin non-dom UK 2025). D'où l'impératif : cartographier AVANT de signer votre destination.
Ce guide donne la réponse en chiffres pour les huit destinations qui captent 80 % des départs français : Suisse, Belgique, Portugal, Espagne, Émirats arabes unis, États-Unis, Royaume-Uni, Singapour.Avec convention bilatérale citée article par article, retenue à la source effective, traitement des pensions privées, articulation avec les régimes locaux (Beckham, IFICI 2026, fin du non-dom UK, 0 % IR UAE), et cinq angles que vous ne trouverez nulle part ailleurs sur le SERP : l'exit tax appliquée au PER, la sanction ETNC art. 238-0 A (PFU 75 %), la déductibilité du « non-résident Schumacker », la succession du PER d'un défunt non-résident, et la liste 2026 des assureurs qui acceptent vraiment les expatriés.
1. Suis-je vraiment expatrié au sens fiscal ? Le test des 3 critères de l'article 4 B
Mis à jour le 12 mai 2026· Sources : Légifrance (CGI art. 4 A, 4 B modifié par LF 2025 art. 83), CE 5 février 2024 n° 469771, CE 3 novembre 1995 n° 126513, BOFiP BOI-IR-CHAMP-10 (MAJ 28/07/2016), BOI-INT-DG-20-10-10.
La première erreur, en cabinet, c'est l'auto-déclaration. « Je pars le 15 septembre, donc à partir du 16 je suis non-résident. »Non. Le statut de non-résident fiscal ne se proclame pas, il se prouve. Et la preuve passe par deux filtres successifs qu'il faut maîtriser avant même de boucler les cartons : le droit interne français (art. 4 B CGI) et la convention bilatérale du pays de destination. Depuis la loi de finances 2025 (art. 83 codifiant l'arrêt CE 5 février 2024 n° 469771), si conflit : la convention prime.
1.1 Les trois critères alternatifs de l'article 4 B CGI
L'article 4 B du Code général des impôts pose trois critères alternatifsdu domicile fiscal en France. Un seul suffit pour vous rendre résident — peu importe que vous viviez la moitié de l'année à Genève ou que votre passeport indique Singapour.
| Critère | Définition | Application pratique | Jurisprudence pivot |
|---|---|---|---|
| Foyer (4 B 1° a) | Lieu où le contribuable habite normalement et a le centre de ses intérêts familiaux | Conjoint et enfants mineurs restés en France = foyer FR, même si l'expatrié vit 250 jours/an à l'étranger | CE 3 novembre 1995 n° 126513 (référence BOFiP) |
| Lieu de séjour principal (4 B 1° a) | Présence physique > 183 jours par an, ou plus que dans tout autre pays | Subsidiaire au foyer. À défaut de foyer, le pays où on a passé le plus de temps | Critère secondaire, appliqué si foyer indéterminé |
| Activité professionnelle (4 B 1° b) | Exercer une activité professionnelle salariée ou non salariée à titre non accessoire en France | Cadre détaché 6 mois en Suisse mais salaire payé par société FR : peut être domicilié FR | CE 5 février 2024 n° 469771 — l'activité non accessoire = domicile FR au sens interne |
| Centre des intérêts économiques (4 B 1° c) | Lieu des principaux investissements, siège des affaires, source principale des revenus | Investisseurs qui gardent l'essentiel de leurs revenus locatifs ou dividendes en France | Critère le plus fréquemment invoqué par la DGFiP dans les redressements |
Détail à ne pas rater : ces critères sont alternatifs, pas cumulatifs. Si l'un seul est rempli, vous êtes domicilié fiscalement en France au sens du droit interne. Cas typique du dossier qui revient en cabinet : cadre parti travailler à Genève, conjoint et enfants restés à Annecy pour la scolarité. Le foyer (critère a) reste à Annecy. La DGFiP peut considérer le cadre comme domicilié FR malgré ses 270 jours/an en Suisse, et imposer ses revenus mondiaux.
1.2 La primauté conventionnelle (LF 2025 art. 83)
La situation se complique quand une convention bilatérale entre en jeu. Avant 2024, la jurisprudence du Conseil d'État (CE 5 février 2024 n° 469771, affaire Axa Group Operations) avait précisé que le statut de résident au sens d'une convention fiscalene fait pas perdre le statut de domicilié fiscal au sens de l'art. 4 B. Conséquence pratique : un contribuable pouvait être conventionnellement résident d'un autre État(et donc exonéré d'impôt sur ses revenus de source française par application de la convention) tout en restant domicilié fiscalement en France au sens interne.
La loi de finances 2025 (art. 83) a codifié et clarifié cette dissociation. Depuis le 15 février 2025, l'article 4 B CGI inclut expressément la précision : « Sont également considérées comme ayant leur domicile fiscal en France les personnes qui sont des résidents de France au sens d'une convention internationale relative aux doubles impositions. » Et inversement : une convention peut, par application de sa règle de partage (tie-breaker rule), attribuer la résidence fiscale exclusive à l'autre État. Le Conseil constitutionnel a validé cette codificationdans sa décision n° 2025-874 DC du 13 février 2025 — le verrou jurisprudentiel devient un verrou législatif.
La règle pratique 2026
Étape 1 : vérifier les trois critères de l'art. 4 B CGI. Si un seul est rempli, vous êtes domicilié FR au sens interne.
Étape 2 : lire la convention bilatérale du pays de destination (article 4 « résidence », en général). Si la convention attribue la résidence à l'autre État (par foyer, séjour, nationalité, centre des intérêts vitaux, dans cet ordre), vous êtes conventionnellement non-résident en France.
Conséquence : vous êtes imposable en France uniquement sur les revenus de source française (art. 164 A CGI), et l'essentiel de vos revenus mondiaux est imposé dans le pays de résidence conventionnel.
1.3 Cas pratique — Charlotte & Antoine, expatriation Belgique
Cas n°1 — Charlotte (35 ans) & Antoine (37 ans), expatriation Bruxelles
Situation : Charlotte et Antoine sont salariés cadres dans le secteur tech parisien. En septembre 2026, ils sont mutés par leur groupe à Bruxelles. Leurs deux enfants (5 et 8 ans) les suivent. Ils gardent leur appartement parisien (loué). Charlotte a 28 000 € sur son PER (versements déduits TMI 30 %), Antoine a 42 000 € (TMI 41 %).
Test 4 B CGI :
- Foyer (a) → Bruxelles (conjoint + enfants déménagés). NON FR.
- Séjour principal → Belgique. NON FR.
- Activité (b) → Belgique (mutation, contrat belge). NON FR.
- Centre intérêts éco (c) → Belgique (salaires) + France (loyer parisien 24 000 €/an). À évaluer : les salaires belges (250 k€ cumulés) excèdent largement les loyers FR (24 k€). NON FR.
Convention France-Belgique 10/03/1964 modifiée : article 4 sur la résidence. Application de la tie-breaker rule → foyer permanent d'habitation Bruxelles → résidents fiscaux belges au sens conventionnel.
Conséquence PER : à partir du 1er septembre 2026, plus de déduction des versements (art. 163 quatervicies). S'ils continuent à verser depuis Bruxelles (ce qui est légalement possible si l'assureur les accepte), les sommes alimentent la part « non déduite » et seront taxées au PFU 31,4 % sur les seuls gains à la sortie. Décision Hagnéré : saturer le plafond français 2026 avant le 31 décembre (versement de 24 000 € pour Antoine qui est dans la dernière année à TMI 41 % → économie d'impôt 9 840 €), puis mettre le contrat en sommeil pendant la phase belge, et réactiver au retour avec le plafond ×4.
La transition vers la deuxième section : maintenant que vous savez si vous êtes fiscalement expatrié, voyons concrètement ce qui se passe sur votre PER dès le lendemain de votre départ.
2. Ce qui se passe pour votre PER une fois que vous êtes parti
Votre PER ne se ferme pas automatiquement : la loi PACTE (art. L. 224-1 et s. CMF) n'impose aucune clôture en cas d'expatriation. La pratique des assureurs et des banques, elle, varie énormément. Et la déductibilité des versements disparaît dans 95 % des cas. Quatre points à vérifier : maintien du contrat, alimentation possible, déductibilité, transférabilité.
2.1 Maintien du contrat : ce que dit la loi, ce que font les assureurs
Légalement, votre PER reste actif. L'assureur ne peut pas le clôturer unilatéralement au seul motif que vous changez de résidence fiscale. En pratique, trois situations émergent depuis le renforcement des contrôles KYC/AML (Know Your Customer / Anti-Money Laundering) en 2024-2025 :
| Profil expatrié | Maintien du contrat | Versements acceptés | Justifications demandées |
|---|---|---|---|
| UE / EEE / Suisse (sécu locale) | Oui, quasi-systématique | Oui, par virement SEPA | Attestation domicile, justificatif affiliation sécu locale (formulaire S1 ou attestation employeur) |
| Hors UE non-FATCA (Émirats, Singapour, Maroc) | Oui le plus souvent (variable) | Souvent oui, parfois refus | Certificat de résidence fiscale, RIB international, copie passeport, déclaration FATCA W-8BEN |
| Royaume-Uni post-Brexit | Oui (Accord de retrait) | Oui mais avec contrôles | Idem hors UE + déclaration adresse UK |
| États-Unis (US Person FATCA) | Souvent NON (refus ou clôture) | Non en pratique | Formulaire W-9, déclaration IRS — la plupart des assureurs ferment |
| ETNC (art. 238-0 A liste 2026) | Refus quasi-systématique | Non | PFU 75 % en cas de versement, refus opérationnel |
La leçon : avant le départ, demandez à votre assureur (par écrit, email avec accusé de réception) une attestation confirmant le maintien du contrat dans le pays de destination. Si refus, deux options : (1) transférer vers un PER plus permissif avant le départ (Linxea Spirit, Generali Patrimoine, Spirica — leur tolérance est plus large) ; (2) débloquer si l'un des six cas légaux s'applique.
2.2 Continuer à verser : oui, mais sans déduction (sauf Schumacker)
La déductibilité des versements PER repose sur l'article 163 quatervicies CGI qui la conditionne à l'imposition en France. Pour un non-résident classique, sans revenus français significatifs, les versements ne sont plus déductibles. Ils alimentent alors la part « non déduite »du contrat, qui à la sortie sortira au régime PFU 31,4 % sur les gains uniquement (les versements eux-mêmes sont récupérés en franchise d'impôt — art. 81 4° bis c CGI).
Trois cas vous sauvent. Le premier — le statut « Schumacker » (CJUE 14 février 1995 C-279/93). Si vos revenus français représentent au moins 75 % de vos revenus mondiaux (cas typique d'un retraité français installé à l'étranger dont la pension reste française), vous gardez la pleine déductibilité comme un résident, par application du principe européen de non-discrimination des travailleurs (art. 45 TFUE). Le deuxième — vous gardez des revenus français résiduels (BIC, BNC, BA, revenus locatifs imposés en France) que vous déclarez en 2042 NR. La déduction PER peut alors s'imputer sur ces revenus. Le troisième, c'est l'année du retour (cf. section 7), où vous récupérez tout le plafond cumulé non utilisé.
Featured snippet — Peut-on déduire ses versements PER en étant non-résident ?
Non par défaut.La déduction PER (art. 163 quatervicies CGI) est conditionnée à l'imposition en France des revenus. Le non-résident classique en perd l'avantage, ses versements alimentent la part non déduite (sortie en PFU 31,4 % sur gains seulement). Trois exceptions : (1) non-résident Schumacker (≥ 75 % revenus mondiaux de source FR, CJUE C-279/93) ; (2) revenus français résiduels (BIC/BNC/BA/locatifs) sur 2042 NR ; (3) année du retour (cumul plafonds ×4).
2.3 Le transfert avant le départ : neutralité fiscale, frais plafonnés
Si votre assureur actuel ne tolère pas votre future résidence, le transfert vers un autre PER avant le départ est légal et n'a aucune incidence fiscale (le transfert d'un PER vers un autre PER n'est pas une sortie). Le décret 2024-682 du 4 juillet 2024 a plafonné les frais à 1 % de l'encours maximum(0 % après 10 ans de détention). Il faut compter 2 à 8 semaines pour finaliser l'opération — donc ne pas attendre la veille du déménagement.
Attention : il n'existe pas de transférabilité internationaledu PER. Vous ne pouvez pas « transférer » votre PER vers un plan d'épargne retraite suisse (3e pilier A), un 401(k) américain, un SIPP britannique ou un CPF singapourien. Chaque pays a son propre régime. Vous pouvez détenir un PER françaiset ouvrir un plan local en parallèle — mais sans communication entre les deux.
2.4 Cas pratique — Sylvain (58 ans), futur retraité Portugal
Cas n°2 — Sylvain (58 ans), futur retraité Portugal, PER 180 000 €
Situation : Sylvain est cadre supérieur, TMI 45 % en 2026. Il prend sa retraite au 30 juin 2027 (62 ans) puis s'installe à Lisbonne le 1er août. Il a 180 000 € sur son PER (versements déduits, TMI moyenne 41 %), une assurance-vie de 320 000 €, une RP parisienne (vendue avant départ) et un PEA de 85 000 €. Sa pension de retraite française projetée : 48 000 €/an.
Question : faut-il sortir le PER en capital avant de partir (tant qu'il est résident FR) ou attendre d'être au Portugal (résident portugais sous régime IFICI 2026 si éligible) ?
Comparatif net 180 000 € sortie capital :
- Avant départ (résident FR 2026) : IR au barème sur les 180 000 € (TMI 45 % → ~57 500 € IR après quotient potentiel 163-0 A) + PFU 31,4 % sur gains estimés 22 000 € → 6 908 € PS+IR. Net : ~115 600 €.
- Après installation Portugal (août 2027) : IFICI ne s'applique pas aux pensions privées étrangères (modification 2024). Les sorties PER capital sont imposables au Portugal au barème (jusqu'à 48 % au-delà de 81 199 €). Convention art. 18 attribue l'imposition à la résidence (Portugal). En France : RAS art. 182 A (0/12/20 %) sur le capital, puis crédit d'impôt au Portugal.Net estimé : ~118 000 à 125 000 €selon l'application IFICI et la convention.
- Étalement quotient 163-0 A (résident FR) : l'option quotient permet de lisser l'imposition. Net optimisé : ~125 800 €.
Décision Hagnéré : sortir en capital avec quotient 163-0 A en 2027 avant le départ (avantage net 10 000 € vs Portugal sans IFICI), puis investir le capital en AV luxembourgeoise (fiscalité plus souple pour résident PT). Garder 85 000 € de PEA (purge possible après 5 ans).
Vous partez vous installer à l'étranger ? Faites le point avant le départ.
Notre bilan PER expatriation gratuit décortique votre situation : test résidence, plafond résiduel, assureur compatible, optimisation sortie.
3. Sortir son PER en non-résident : capital, rente, et les 6 cas de déblocage
La sortie d'un PER en situation d'expatriation suit la même architecture qu'une sortie résident, avec une couche supplémentaire : la convention bilatérale et la retenue à la source art. 182 A CGI. On distingue trois moments : sortie en capital à la retraite, sortie en rente viagère, déblocage anticipé dans les six cas légaux.
3.1 Sortie en capital à la retraite : RAS 0/12/20 % ou convention bilatérale
La sortie en capital d'un PER liquidé après l'âge légal de la retraite combine deux assiettes fiscales distinctes (art. 158, 5° b quinquies CGI) :
- Part des versements déduits (capital lui-même) : imposable au barème IR comme une pension. Pour un non-résident, soumise à la retenue à la source art. 182 A CGI : 0 % jusqu'à 17 275 € net, 12 % entre 17 275 et 50 122 €, 20 % au-delà (barème 2026). Régime libératoire ou taux mini 20/30 % si convention non applicable.
- Part des gains (intérêts, plus-values) : PFU 31,4 % en 2026 (12,8 % IR + 18,6 % PS — LFSS 2026 art. 12). Option taux moyen mondial possible art. 197 A (valide CE 3 février 2023 n° 468904).
Toutefois : la convention bilatérale peut neutraliser la RAS. L'article 18 type OCDE attribue l'imposition exclusive des pensions privées au pays de résidence fiscale. Si vous êtes résident fiscal Belgique, Portugal, Espagne, UK, USA, Singapour (entre autres) — la France ne peut PAS imposer votre sortie capital. Mais la France retient quand même la RAS par défaut, et il faut demander un certificat de résidence fiscaledans le pays de destination puis le présenter à l'organisme payeur français pour bénéficier du taux conventionnel (souvent 0 %).
Featured snippet — Quelle fiscalité à la sortie capital PER non-résident ?
Deux couches à distinguer : (1) part versements déduits → barème IR + RAS art. 182 A (0/12/20 % en 2026) ou taux mini 197 A (20/30 %), sous réserve convention bilatérale qui peut neutraliser ; (2) part gains → PFU 31,4 % en 2026 (12,8 IR + 18,6 PS — LFSS 2026). Si affilié sécu UE/EEE/Suisse : PS réduits à 7,5 %(CJUE de Ruyter C-623/13 + Jahin C-45/17). Hors UE : PS pleins 18,6 %.
3.2 Sortie en rente viagère : à titre gratuit (RVTG) vs onéreux (RVTO)
La rente viagère issue d'un PER suit deux régimes distincts selon l'origine du capital — distinction technique souvent mal comprise, et pourtant déterminante :
| Origine | Régime fiscal sortie rente | PS résident FR | PS non-résident UE/EEE/CH | PS non-résident hors UE |
|---|---|---|---|---|
| PER versements DÉDUITS (compartiment 1 obligatoire ou volontaire déduit) | Pension de retraite (RVTG), barème IR avec abattement 10 % plafonné (art. 158-5 CGI) | 9,1 % (taux pensions) | Exonération CSG/CRDS → 0 % en pratique | 9,1 % |
| PER versements NON DÉDUITS (volontaires non déduits, épargne salariale) | Rente viagère à titre onéreux (RVTO), fraction imposable figée à vie selon âge entrée en jouissance — 30 % à partir de 70 ans (art. 158-6 CGI) | 18,6 % depuis 1/1/2026 (LFSS 2026) | 7,5 % (prélèvement solidarité seul — CJUE de Ruyter) | 18,6 % |
Pour un non-résident, la rente RVTG (PER déduit) est conventionnellement traitée comme une pension privée (article 18 modèle OCDE). La plupart des conventions attribuent l'imposition au pays de résidence. La RVTO (PER non déduit) suit aussi cette règle conventionnelle, mais la fraction imposable décroît avec l'âge — c'est un levier fiscal majeur souvent ignoré.
| Âge à l'entrée en jouissance | Fraction imposable | Fraction non imposable |
|---|---|---|
| Moins de 50 ans | 70 % | 30 % |
| 50-59 ans | 50 % | 50 % |
| 60-69 ans | 40 % | 60 % |
| 70 ans et plus | 30 % | 70 % |
Concrètement : pour un non-résident qui liquide une RVTO à 70 ans, seuls 30 % de la rente brute entrent dans l'assiette imposable (IR et PS) — la fraction restante est exonérée d'IR. La fraction est figée à vie à la date d'entrée en jouissance, ce qui rend stratégique le timing de la liquidation.
Matrice de sortie : versements déduits vs non-déduits × capital vs rente
| Sortie en CAPITAL | Sortie en RENTE | |
|---|---|---|
| Versements DÉDUITS à l'entrée | Part capital : barème IR (RAS art. 182 A 0/12/20 % en 2026, sauf convention) — Gains : PFU 31,4 % | RVTG art. 158-5 CGI : pension privée → résidence par convention ; PS 9,1 % (résident FR) |
| Versements NON DÉDUITS à l'entrée | Capital exonéré IR — Gains : PFU 31,4 % (2026) | RVTO art. 158-6 CGI : fraction imposable 30-70 % selon âge — PS 18,6 % (résident FR) ou 7,5 % (UE/EEE/CH affilié sécu locale) |
3.3 Les 6 cas de déblocage anticipé (art. 81 4° bis CGI)
Le déblocage anticipé pour l'un des six cas légaux ouvre une exonération d'IR totalesur l'intégralité du capital sorti (art. 81 4° bis CGI), y compris pour un non-résident. Seuls les gains restent soumis aux prélèvements sociaux (à 7,5 % UE/EEE/CH ou 18,6 % hors UE). Les six cas :
| Cas légal (art. L. 224-4 CMF) | Justificatif | Pertinence pour l'expatrié |
|---|---|---|
| Décès du conjoint ou du partenaire de PACS | Acte de décès | S'applique partout, y compris expat |
| Invalidité 2e ou 3e catégorie (titulaire, conjoint, enfants) | Notification CPAM ou équivalent | Reconnu par certains régimes étrangers (à vérifier convention) |
| Fin des droits au chômage / France Travail | Attestation France Travail (ex-Pôle emploi) | Spécifique aux cotisants français — rare pour expatriés |
| Surendettement (saisine commission) | Lettre commission surendettement BdF | Cas atypique |
| Acquisition de la résidence principale (1re fois) | Compromis de vente, acte authentique | ADMIS pour RP À L'ÉTRANGER (BOFiP) |
| Cessation d'activité non salariée (liquidation judiciaire) | Jugement de liquidation | S'applique entrepreneur expat |
Point pratique souvent ignoré : le déblocage pour acquisition de la résidence principale fonctionne aussi pour une RP située à l'étranger. C'est confirmé en doctrine et par rescrits assureurs. Cas d'application concret : un cadre français parti à Lisbonne qui achète son appartement portugais peut débloquer son PER en exonération d'IR — à condition que ce soit sa première RP (au sens BOFiP, depuis au moins 2 ans non propriétaire).
3.4 Cas pratique — Patricia (45 ans) USA Floride, PER 65 000 €
Cas n°3 — Patricia (45 ans), cadre senior expatriée USA Floride, PER 65 000 €
Situation : Patricia est partie à Miami en janvier 2024 pour une mission de 5 ans (groupe pharma). Salaire local 220 000 USD, plus 401(k) employeur. Son PER français : 65 000 € (versements déduits TMI 41 %, gains 8 500 €). En 2026, elle achète sa résidence principale à Coral Gables (Floride) pour 580 000 USD. Première propriété personnelle (auparavant locataire à Paris).
Question : peut-elle débloquer son PER au titre de l'acquisition RP (6e cas légal art. 81 4° bis e CGI) malgré le fait que la RP soit aux USA ?
Réponse : oui. La doctrine BOFiP n'exige pas que la RP soit située en France. L'assureur exigera l'acte authentique (Deed of Trust ou équivalent en Floride) et la preuve de non-propriété précédente. Patricia déclare la sortie sur formulaire 2042 NR (case 1AS pour versements déduits, exonération IR au titre de l'art. 81 4° bis ; case 2DH pour gains).
Calcul net :
- Capital versé : 56 500 € → exonéré IR (cas légal)
- Gains : 8 500 € → PFU 12,8 % IR = 1 088 € (US Person → pas d'exonération CJUE de Ruyter — règle Jahin) + PS 18,6 % = 1 581 €. Total IR+PS gains : 2 669 €.
- Net Patricia : 65 000 − 2 669 = 62 331 €
- Attention FATCA : l'assureur identifie Patricia comme US Person et déclare la sortie à l'IRS. La sortie peut être imposable aux USA (à vérifier avec un fiscaliste US — la convention France-USA art. 18 attribue les pensions privées au pays source pour les non-US persons, mais Patricia est US tax resident).
Décision Hagnéré : débloquer, mais consulter un fiscaliste américain (CPA) sur la qualification IRS de la sortie. Possible que les 8 500 € de gains soient taxables aux USA comme retirement income avec crédit d'impôt pour PS française.
Vous savez maintenant sortir un PER en non-résident — capital, rente, six cas légaux, retenue à la source. Mais la fiscalité finale dépend entièrement de votre destination. Section 4 : les 8 pays qui capturent 80 % des expatriés français, convention bilatérale article par article — c'est là que se joue vraiment votre gain net.
4. 8 pays décodés : la convention fiscale article par article
C'est ici que les détails de la convention bilatérale changent tout. Les 8 destinations ci-dessous concentrent plus de 60 % des Français inscrits au registre consulaire(MEAE 31/12/2025). Pour chacune, cinq éléments à vérifier : la convention bilatérale et son article 18 « pensions », le régime fiscal local applicable (impatriés, RNH, Beckham, non-dom, 0 % IR…), la retenue à la source effective, l'acceptabilité du PER par les assureurs, et un cas pratique chiffré.
4.1 Suisse — convention 1966, article 20, et le pont LPP
171 884 Français inscritsau consulat à fin 2024 (top 1 mondial). La convention franco-suisse du 9 septembre 1966 (et ses avenants successifs jusqu'à 2014) régit la fiscalité bilatérale. L'article 20 est sans ambiguïté : les pensions privées versées au titre d'un ancien emploi salarié sont imposables exclusivement dans l'État de résidence du bénéficiaire. Les pensions publiques (fonction publique française) restent imposables en France, sauf binationaux.
Concrètement pour un résident suisse : sortie PER en capital → imposable uniquement en Suisse, RAS française neutralisée par la convention (taux conventionnel 0 %). La Suisse impose les sorties capital de pension privée à des taux préférentiels au niveau cantonal — la fourchette réelle s'étend de 2 % à 13 %selon canton et montant (Schwyz parmi les plus bas, Genève parmi les plus élevés sur des capitaux supérieurs à 300 kCHF). Avantage : globalement bien plus favorable que le barème français.
Le pont LPP suisse / PER français
Un cadre franco-suisse cumule souvent trois piliers suisses (AVS obligatoire, LPP 2e pilier professionnel, 3e pilier A facultatif) + PER françaisouvert avant départ. Architecture optimale : garder le PER français en sommeil (pas de versement durant l'expat), continuer à cotiser au LPP suisse (déductible IS local et IR salarié), et au retour en France faire valoir une sortie LPP en capital optionnelle (régime art. 163 bis II CGI : PFL 7,5 % après abat. 10 % — extrêmement favorable).
Cas n°4 — Cadre détaché Genève, 8 ans, PER 95 000 €
Karim (42 ans) part de Lyon à Genève en septembre 2026 pour son employeur (poste financier 240 000 CHF/an + bonus). Conjointe et 3 enfants suivent. PER 95 000 € (versements déduits TMI 41 %). Au retour prévu en 2034.
Stratégie pré-départ : saturer le plafond 2026 avant le 31/12. Plafond résiduel calculé sur revenus 2025 = 37 680 € (8 PASS 2025 × 10 %). Économie IR 2026 : 37 680 × 41 % = 15 449 €. PER passe à 132 680 €.
Pendant l'expat (2027-2034) : PER en sommeil. Karim cotise LPP suisse à hauteur de 18 % de son salaire (employé + employeur), déductible IR suisse. Pas de versement PER (déduction impossible — non-résident). Affilié sécu suisse : bénéficie de l'exonération CSG/CRDS sur les gains du PER si sortie pendant l'expat.
Retour en France 2034 : Karim redevient résident fiscal FR. Plafond ×4 ou ×5 (selon LF 2026) : il peut déduire jusqu'à 5 × 37 680 € = 188 400 € l'année du retour. S'il dispose d'une enveloppe à investir, il sature 4 années non utilisées + l'année courante. Économie IR estimée à TMI 41 % : 188 400 × 41 % = 77 244 €.
4.2 Belgique — convention 1964, frontaliers et avenant 2008
123 226 Français inscrits(top 4). La convention franco-belge du 10 mars 1964, modifiée par l'avenant du 4 août 2008, traite les pensions privées dans son article 12(et non l'article 18 qui sert de clause balai pour les autres revenus) : imposition exclusive à la résidence. Avec une particularité historique pour les frontaliers franco-belges(régime résiduel, en voie d'extinction depuis 2008 — protection des situations acquises).
Le régime fiscal belge sur les sorties capital pension privée est complexe : barème progressif IPP (0 à 50 %), mais avec un régime préférentiel pour les sorties après âge légal (assimilation à du capital, taxation forfaitaire 10-16,5 % selon ancienneté du versement). En pratique, sortir son PER comme résident belge peut être plus avantageux que comme résident français pour les TMI hautes — mais à vérifier au cas par cas.
4.3 Portugal — convention 1971, fin du RNH classique, IFICI 2026
Le Portugal a longtemps été l'eldorado fiscal des retraités français grâce au régime du Résident Non Habituel (RNH classique), qui exonérait les pensions privées étrangères pendant 10 ans. Ce régime a été fermé le 31 mars 2025(loi de finances portugaise 2024-2025). Les nouveaux retraités français qui s'installent au Portugal en 2026 ne peuvent plus en bénéficier.
Le successeur — l'IFICI(Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação, ou « NHR 2.0 ») — entré en vigueur le 1er avril 2025, est beaucoup plus restrictif : il vise les chercheurs, ingénieurs hautement qualifiés, spécialistes recherche & développement et professions du secteur vert. Imposition flat 20 % sur revenus locaux + exonération sur la plupart des revenus étrangers pendant 10 ans. Mais les pensions privées étrangères ne sont plus exonérées(différence majeure avec l'ancien NHR).
La convention franco-portugaise du 14 janvier 1971 maintient l'article 18 : pensions privées imposables exclusivement à la résidence. Pour un retraité français en NHR fermé ou hors IFICI : imposition au barème portugais (jusqu'à 48 % au-delà de 81 199 €), neutralisation de la RAS française. Sortie capital PER d'un résident portugais 2026 sans IFICI : imposition pleine au PT, qui peut dépasser ce qu'on aurait payé en France si la sortie avait eu lieu pendant la résidence FR (cas Sylvain section 2.4).
4.4 Espagne — convention 1995, régime Beckham, dispense Form 720
La convention franco-espagnole du 10 octobre 1995 suit le standard OCDE — art. 18 pensions privées à la résidence. Le régime Beckham(Ley Beckham, art. 93 IRPF) reste l'un des plus attractifs d'Europe : imposition forfaitaire 24 % sur les revenus de source espagnole jusqu'à 600 000 €/an, exonération des revenus étrangers, durée 6 ans, condition d'éligibilité : ne pas avoir été résident fiscal espagnol durant les 5 années précédentes. Étendu en 2023 aux ETAM (Empleados con Talento Apoyado en Movilidad) du secteur start-up.
Pour un cadre français qui s'installe à Madrid en Beckham et sort son PER en capital pendant son régime spécial : exonération espagnole de la sortie PER (revenus étrangers), neutralisation de la RAS françaisepar la convention (sous réserve présentation du certificat de résidence fiscale espagnol). Net : sortie quasiment franche d'impôt. C'est le profil idéal pour vider un PER massif avant le retour France.
4.5 Émirats arabes unis — convention 1989, 0 % IR personnes physiques
Pas dans le top 10 MEAE, mais destination en croissance forte (entrepreneurs, cadres dirigeants, professions financières). La convention franco-émirienne du 19 juillet 1989 (publiée par décret n° 90-631 du 13 juillet 1990, modifiée par avenant 6 décembre 1993 + MLI BEPS 2017-2018) attribue l'imposition des pensions privées au pays de résidence dans son article 18 — les Émirats.Avantage décisif : 0 % d'IR personnes physiques aux UAE.
Conséquence pour un résident UAE qui sort son PER : la France peut prélever la RAS art. 182 A par défaut, MAIS la convention prévoit l'exonération sous réserve de prouver la résidence fiscale UAE (Emirates ID + certificat de résidence fiscale émirien — séjour ≥ 90 jours/an). Beaucoup d'assureurs et de payeurs publics appliquent la convention si on leur fournit la preuve avant le versement. Sinon, on paye la RAS et on demande le remboursement.
Attention — Les Émirats NE SONT PAS ETNC en 2026
La liste ETNC 2026 (art. 238-0 A CGI, arrêté du 15 avril 2026 publié au JO du 26 avril 2026) compte 11 pays : Anguilla, Antigua-et-Barbuda, Guam, Îles Turques-et-Caïques, Îles Vierges américaines, Palaos, Panama, Russie (nouvelle entrée), Samoa américaines, Vanuatu et Vietnam(nouvelle entrée). Trois pays retirés en 2026 : Fidji, Samoa, Trinité-et-Tobago.Les Émirats arabes unis, Singapour et Maurice n'y figurent pas.Conséquence : pas de PFU 75 % de sanction sur les sorties PER d'un résident UAE. Conditions classiques convention 1989 art. 18.
Cas n°5 — Entrepreneur Dubaï, sortie PER capital 180 000 €
Marc(52 ans), fondateur d'une SaaS revendue en 2024 (capital personnel post-cession 3,8 M€), s'installe à Dubaï en mars 2025. PER 180 000 € (versements déduits, TMI antérieure 45 %). Liquidation à l'âge légal (62 ans atteint en mars 2026 — il liquide en avril 2026).
Sortie capital 180 000 € :
- Versements déduits 162 000 € → RAS art. 182 A par défaut : 0 % sur 17 275 € + 12 % sur (50 122 − 17 275) = 3 942 € + 20 % sur (162 000 − 50 122) = 22 376 €.RAS théorique : 26 317 € (calculs vérifiés Node.js).
- Application convention France-Émirats art. 18 → imposition à la résidence UAE →RAS française réduite à 0 % sur présentation du certificat de résidence fiscale émirien (Marc fournit Emirates ID + Tax Residency Certificate UAE).
- Gains 18 000 € → PFU 31,4 % par défaut. Convention prévoit imposition résidence (UAE). Marc fournit certificat → PFU réduit à 0 % (gains imposables UAE mais 0 % IR local).
- PS art. L. 136-7 CSS → Marc est non-résident hors UE/EEE/Suisse → règle Jahin (CJUE C-45/17) → PS pleins 18,6 % sur gains : 3 348 €.
- Net Marc : 180 000 − 3 348 = 176 652 €.Gain net vs sortie résident FR à TMI 45 % (~104 850 €) : +71 802 €.
Décision Hagnéré : Marc sort à Dubaï, applique la convention. Économie nette ~71 800 € par rapport à une sortie résident FR. Précondition absolue : prouver la résidence UAE (Emirates ID + Tax Residency Certificate).
4.6 États-Unis — convention 1994, saving clause, FATCA, 401(k)
159 357 Français inscrits (top 2). La convention franco-américaine du 31 août 1994 (avenant du 8 décembre 2004) est plus complexe que les autres en raison de la saving clauseaméricaine qui permet aux USA d'imposer ses citoyens et résidents sur leur revenu mondial. Article 18 : pensions privées imposables exclusivement au pays source (la France, dans le cas du PER). Méthode d'élimination de la double imposition par taux effectif (crédit d'impôt intégral en France si Patricia paye aux USA).
Cas particulier : une US Person (citoyen américain, green card holder, résident fiscal US) qui détient un PER français doit déclarer le contrat sur formulaire FBAR (FinCEN 114) + FATCA Form 8938chaque année à l'IRS, indépendamment de la qualification française. La fiscalité des sorties PER côté US peut être complexe (qualification « foreign retirement plan » vs « PFIC » selon supports — un compte-titres avec OPCVM peut être requalifié PFIC, ce qui déclenche un régime US punitif).
Pratique assureurs : la plupart des compagnies françaises ferment les PER ouverts à des US Persons après la déclaration FATCA, ou refusent dès l'ouverture. Linxea et Spirica acceptent au cas par cas. Avant de partir aux USA, obtenir la confirmation écrite de maintien.
4.7 Royaume-Uni — convention 2008, fin du non-dom 2025, SIPP
141 065 Français inscrits(top 3). Convention franco-britannique du 19 juin 2008 — art. 18 standard. Le contexte 2025-2026 est bouleversé par l'abolition du régime non-dom(résident non-domicilié) : 224 ans de régime spécial supprimés au 6 avril 2025, remplacés par le régime FIG (Foreign Income & Gains) qui exonère 4 ans les nouveaux résidents UK puis impose tout. Mesure de transition : rapatriement des fonds étrangers taxé à 12 % (avr 2025-2026) puis 15 % (2027-2028).
Conséquence pour un Français installé à Londres : pendant les 4 premières années (FIG), le PER français en cours de capitalisation n'est pas imposable au UK. Au-delà, il devient pleinement imposable. Sortie PER en capital : la convention art. 18 attribue l'imposition au UK (résidence), neutralisant la RAS française. Le UK impose au taux marginal britannique (jusqu'à 45 % au-delà de £150 000).
Côté symétrique — un retraité britannique installé en France qui touche un SIPP UK ou une personal pension : imposable en France (résidence). Le lump sum 25 % défiscalisé au UK reste imposable en France au barème (pas d'équivalent du PFL 7,5 % sauf à démontrer qualification « retraite reconnue »).
4.8 Singapour — convention 2015, territorialité, barème 0-24 %
La convention franco-singapourienne du 15 janvier 2015 (entrée en vigueur 1er juin 2016) remplace l'ancienne de 1974. Article 17 — pensions privées imposables à la résidence(et non art. 18 qui régit les rémunérations publiques). Singapour applique un système territorial : les revenus de source étrangère (dont sortie PER française) ne sont imposés au SG que s'ils sont rapatriés sur compte singapourien (sauf certains revenus tels que les pensions de l'État français). Pour un résident fiscal singapourien : sortie PER capital → convention art. 17 → imposition à Singapour si rapatriée, ou exonération si conservée hors SG.
Taux progressifs Singapour 0-24 %résidents (plus de 183 jours/an) — la tranche marginale de 24 % s'applique au-delà de 1 000 000 SGD depuis YA 2024 ; 15 % flat ou progressif si 61-182 jours ; 0 % si moins de 60 jours. Pas de CGT, pas d'impôt succession. Cumul avec convention art. 17 (résidence) = optimisation forte pour cadres seniors.
4.9 Tableau récapitulatif 8 pays — convention bilatérale par article
| Pays | Convention (date) | Article pensions | Imposition pensions privées | Régime local clé 2026 | Sortie PER capital — verdict net |
|---|---|---|---|---|---|
| Suisse | 09/09/1966 modifiée | Art. 20 | Exclusive à la résidence | Cantons 0-22 %, taux préférentiel sortie capital 2-8 % | Net très favorable, retenue cantonal préférentielle |
| Belgique | 10/03/1964 + avenant 04/08/2008 | Art. 12 (pensions) | Exclusive à la résidence | IPP progressif 0-50 %, taxation forfaitaire capital 10-16,5 % | Favorable au-delà de 60 ans |
| Portugal | 14/01/1971 + avenant 25/08/2016 | Art. 18 | Exclusive à la résidence | Fin du RNH 31/03/2025 ; IFICI 2026 mais pensions étrangères NON exonérées | Moins favorable depuis 2025 |
| Espagne | 10/10/1995 | Art. 18 | Exclusive à la résidence | Régime Beckham 6 ans 24 % flat + exo revenus étrangers (dont PER) | Très favorable sous Beckham |
| Émirats AU | 19/07/1989 (décret 90-631 du 13/07/1990) + MLI BEPS | Art. 18 | Exclusive à la résidence | 0 % IR personnes physiques | Optimal sortie capital (cas Marc) |
| États-Unis | 31/08/1994 + avenant 2004 | Art. 18 | Exclusive au pays source (FRANCE) | Saving clause + FATCA + qualifs PFIC | Complexe, fiscaliste US obligatoire |
| Royaume-Uni | 19/06/2008 | Art. 18 | Exclusive à la résidence | Fin non-dom 06/04/2025, FIG 4 ans, puis IR jusqu'à 45 % | Variable selon période FIG |
| Singapour | 15/01/2015 (entrée vigueur 01/06/2016) | Art. 17 (pensions) | Exclusive à la résidence | Territorial 0-24 %, exo si non rapatrié | Optimal cadres seniors |
Une expatriation déjà programmée ou en réflexion ?
Notre bilan PER expatriation 2026 vous remet 4 documents : test résidence 4 B, comparatif fiscal 2 pays, calendrier 30 jours pré-départ, simulation de retour avec plafond ×4.
5. Les 3 pièges fiscaux à connaître avant le départ
Voici trois angles que beaucoup d'expatriés découvrent trop tard : l'exit tax, la liste ETNC art. 238-0 A et FATCA pour les US Persons. Trois sujets techniques mais aux conséquences chiffrables — jusqu'à plusieurs dizaines de milliers d'euros d'impôt évitables ou subis selon la préparation.
5.1 L'exit tax (art. 167 bis CGI) : le piège qui n'existe pas (et celui qui existe)
Bonne nouvelle d'entrée : le PER en lui-même n'est pas dans le champ de l'exit tax. L'article 167 bis CGI vise les plus-values latentes sur titres de sociétés détenus directement, lorsque le portefeuille global dépasse 800 000 € ou représente au moins 50 % des droits aux bénéfices d'une société. Le PER est un contrat (assurance ou compte-titres) non transférable, pas un titre cessible. La doctrine BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-50 ne mentionne pas le PER dans son champ d'application. Confirmation indirecte : l'arrêt CJUE Lasteyrie du Saillant (11 mars 2004 C-9/02) qui a forcé la refonte de l'exit tax visait uniquement les participations directes. Le Conseil d'État a récemment réaffirmé la construction (CE 5 février 2025 n° 476399) : l'exit tax est compatible avec la liberté d'établissement, mais sa rétroactivité de mars-mai 2011 a été censurée pour atteinte à la sécurité juridique — la frontière du dispositif reste donc strictement celle des participations directes.
Le vrai piège : le compte-titres parallèle
Si vous détenez parallèlement à votre PER un compte-titres ordinaire (CTO) avec un portefeuille > 800 000 €de titres (actions, parts de SCPI, obligations), l'exit tax s'applique sur les plus-values latentes du CTO au moment du transfert de domicile fiscal. Vous devez déclarer ces PV fictives, avec sursis automatique si vous partez en UE/EEE/Suisse (et sursis sur option avec garanties pour les autres pays). Pour les portefeuilles > 1,5 M€, l'impact peut se chiffrer en centaines de milliers d'euros. Le PER échappe à cet impôt par son régime contractuel.
5.2 ETNC art. 238-0 A : la sanction PFU 75 % à anticiper
L'article 238-0 A CGI sanctionne les flux financiers à destination des États et Territoires Non Coopératifs (ETNC). La liste a été actualisée par l'arrêté du 15 avril 2026 (publié au JO du 26 avril 2026)et compte désormais 11 pays : Anguilla, Antigua-et-Barbuda, Guam, Îles Turques-et-Caïques, Îles Vierges américaines, Palaos, Panama, Russie (nouvelle entrée 2026), Samoa américaines, Vanuatu et Vietnam (nouvelle entrée 2026). Trois pays ont été retirés par rapport à 2024-2025 : Fidji, Samoa et Trinité-et-Tobago.
Conséquence sur le PER : si vous deveniez résident fiscal d'un ETNC et sortiez votre PER en capital, le PFU passe de 31,4 % à 75 %sur la part gains. Sanction confiscatoire. En pratique, les assureurs refusent quasi systématiquement de verser une sortie capital à un résident ETNC sans certificat préalable de la DGFiP. À noter : l'UAE n'est pas dans la liste, ni Singapour, ni Maurice, ni les Bahamas en 2026 (arrêté du 15 avril 2026).
5.3 FATCA et US Persons : déclarations obligatoires et risque IRS
L'accord FATCA France-USA du 14 novembre 2013 (entrée en vigueur 29 septembre 2014, doctrine BOI-INT-AEA-10-10 MAJ 18/12/2024) impose à toute institution financière française d'identifier ses clients US Persons et de déclarer annuellement leurs comptes à la DGFiP, qui retransmet à l'IRS américain.
Pour un détenteur de PER qui devient US Person (déménagement aux USA, obtention green card, naturalisation), trois obligations IRS :
- FBAR (FinCEN 114) : déclaration annuelle des comptes étrangers > 10 000 USD cumulés sur l'année. PER déclarable.
- Form 8938(FATCA reporting) : si actifs étrangers > 50 000 USD célibataire / 100 000 USD couple.
- Qualification IRS du PER : foreign retirement plan, ou potentiellement requalifié PFIC (Passive Foreign Investment Company) si UC du PER sont des OPCVM français — régime US punitif (taxation des gains à taux marginal max + intérêts de retard).
Conséquence pratique : avant tout déménagement aux USA, faire le point avec un CPA américain sur la qualification du PER et les risques PFIC. Solution : transférer le PER vers un contrat avec UC qui ne sont pas des PFIC (ETF irlandais qualifiés « US tax favored ») — démarche à valider au cas par cas.
Trois pièges sérieux décodés. Maintenant, l'inverse : vous rentrez en France après une longue expatriation. Vous rapportez souvent un plan de retraite étranger (LPP suisse, 401k US, SIPP UK, Superannuation australienne). Comment se taxent-ils en France ? C'est l'objet de la section 6.
6. Pensions étrangères de retour en France : LPP, 401k, SIPP, Superannuation
Côté inverse : un Français qui rentre après une longue expatriation rapporte souvent un plan de retraite étranger — LPP suisse, 401(k) américain, SIPP britannique, Superannuation australienne. Comment se taxe-t-il côté français ? Chacun suit une règle de convention différente, et l'ordre de grandeur des écarts atteint plusieurs dizaines de milliers d'euros sur une sortie en capital.
6.1 LPP suisse (2e pilier) sortie capital — l'option PFL 7,5 %
Pour un résident fiscal français qui sort sa LPP suisse en capital (option permise jusqu'à 25-50 % selon caisse), l'article 163 bis II CGI permet l'option d'un prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de 7,5 % après abattement de 10 %, sur option du contribuable. Régime extrêmement favorable. La Suisse retient à la source à un taux préférentiel (1-5 % selon canton) puis rembourse sur demande du résident français (formulaire 2041-AS + attestation française).
Cas pratique : cadre franco-suisse 25 ans LPP, sortie capital 800 000 CHF à 62 ans, retour France. Imposition FR : (800 000 × 0,93 €/CHF) × 0,9 (abat. 10 %) × 7,5 % = 50 220 €. Compare à barème IR à TMI 45 % > 280 000 €. Économie : ~230 000 €.
6.2 401(k) et IRA américains — imposition exclusive aux USA
La convention France-USA art. 18 attribue l'imposition des pensions privées (incluant 401k et IRA) exclusivement au pays source — les USA. Un résident français qui reçoit un retrait 401(k) ou IRA déclare en France via formulaire 2047 + 2042 (case 8TI revenus de source étrangère), mais bénéficie d'un crédit d'impôt égal à l'impôt français correspondant (méthode du taux effectif). Conséquence : zéro IR français sur ces sommes. Côté US : imposition au barème fédéral + state tax (variable selon état de retraite ou non).
6.3 SIPP et personal pension UK — imposable en France (résidence)
La convention France-UK art. 18 attribue l'imposition des pensions privées à la résidence. Un résident français qui touche un SIPP UK est imposable en France au barème pensions (abattement 10 % plafonné). Le lump sum 25 % défiscalisé UK(Pension Commencement Lump Sum) reste imposable en France au barème, sauf si on parvient à qualifier la sortie de « régime de retraite reconnu » au sens art. 163 bis II. À vérifier au cas par cas.
6.4 Superannuation australienne — convention 2006
La convention France-Australie du 20 juin 2006 (art. 18) attribue les pensions privées à la résidence. Une Superannuation australienne touchée par un résident français est imposable en France au barème pensions. L'option pour le lump sum tax-freeaustralien (après 60 ans) n'est pas reconnue en France : pleine imposition au barème français, sans crédit d'impôt australien (pas d'impôt sur la sortie en Australie).
| Régime étranger | Convention art. 18 | Imposition en France | Particularité |
|---|---|---|---|
| LPP suisse 2e pilier | Résidence (CH si résident CH) | PFL 7,5 % après abat. 10 % (art. 163 bis II) | Très favorable ; CH retient préférentiel puis rembourse |
| 401(k) / IRA US | Pays source (USA) | Crédit d'impôt = IR FR (méthode taux effectif) | Imposition exclusive USA, déclaration 2047 |
| SIPP UK / personal pension | Résidence (FR si résident FR) | Barème pensions, abattement 10 % | Lump sum 25 % UK = imposable FR au barème |
| Superannuation Australie | Résidence | Barème pensions FR | Lump sum tax-free AU = imposable FR sans crédit d'impôt |
7. Le retour en France : recharge des plafonds, déduction quadruplée
Le retour ouvre une fenêtre fiscale clé. L'ancien non-résident qui redevient résident fiscal français additionne, l'année du retour, jusqu'à quatre plafonds de déduction(les 3 années précédentes non utilisées + l'année courante). Pour les droits générés à partir de 2026, le report passe à cinq ans (LF 2026 art. 9). Avec mutualisation conjoint (case 6QR sur 2042), un couple peut additionner ses plafonds — jusqu'à ~150 000 € de déductionpossible une seule année.
7.1 Le mécanisme du plafond ×4 (×5 depuis LF 2026)
La règle découle de l'article 163 quatervicies CGI : les plafonds non utilisés d'une année sont reportables sur les 3 années suivantes (ou 5 ans pour les droits 2026+ — LF 2026 art. 9). L'avis d'imposition annuel indique le plafond disponible et le report. Pendant l'expatriation, le plafond n'est pas « perdu » mais reste en stock.
Conditions de la réactivation :
- Redevenir résident fiscal français au sens art. 4 B CGI (test des 3 critères).
- Ne pas avoir fait l'objet de procédures fiscales, douanières ou judiciaires durant l'expatriation.
- Avoir conservé un PER actif (le contrat n'a pas été fermé).
- Verser physiquement l'équivalent du plafond cumulé avant le 31 décembre de l'année du retour.
- Cocher la case 6QR sur la déclaration 2042 année du retour (mutualisation conjoint), et reporter les plafonds non utilisés depuis l'avis d'imposition de l'année précédant le départ — pas de case 6QW dédiée à l'expatriation, c'est l'avis d'imposition qui sert de mémoire.
7.2 Cas pratique — Margaux (39 ans), retour après 8 ans Émirats
Cas n°6 — Margaux (39 ans), retour France après 8 ans à Dubaï
Situation : Margaux a travaillé 8 ans à Dubaï (consultante, 0 % IR UAE). PER français 42 000 € (versements déduits avant départ, mis en sommeil durant l'expat). Retour à Lyon en juillet 2026, nouveau poste salarial 95 000 € brut/an. Mariée à Antoine (consultant, 75 000 € brut/an), un enfant 3 ans.
Plafond PER 2026 disponible : l'avis d'imposition 2024 (dernier en résident FR — 2017) indiquait un plafond non utilisé reportable. En appliquant l'art. 163 quatervicies + LF 2026 art. 9 (report 5 ans pour droits 2026+) : Margaux peut cumuler les plafonds 2022, 2023, 2024, 2025 + l'année courante 2026.
- Plafonds antérieurs (2022-2025) — calculés sur revenus respectifs (mais Margaux était non-résidente) : en réalité, le plafond cumulé « dormant » est limité aux plafonds générés alors qu'elle était résidente, soit 0 € pour les années 2017-2024 si elle n'avait pas de revenus FR.
- Plafond 2026 sur revenus 2025 : Margaux était encore aux UAE en 2025, donc son plafond plancher s'applique → 4 710 € (10 % du PASS 2025).
- Plafond 2026 réel utilisable : 4 710 € en plafond plancher, sauf si Margaux peut justifier des plafonds antérieurs non utilisés alors qu'elle était résidente FR (avant 2018).
Décision Hagnéré : au-delà du plafond cumulé limité, Margaux peut surtout activer le plafond 2027 sur ses revenus 2026 (année du retour, 6 mois de salaire FR = ~47 500 €). Plafond 2027 : 10 % × 47 500 = 4 750 €. Mutualisation avec Antoine (case 6QR) : plafond conjoint Antoine 7 500 €. Cumul 2027 + report 5 ans non utilisé en 2026 = plafond effectif ~17 000 €. Économie IR (TMI 30 %) :~5 100 €.Plus modeste que ce qu'on aurait espéré, mais structurant pour les années 2028-2032.
7.3 La spécificité retour après période Schumacker
Si pendant son expatriation Margaux avait gardé des revenus français significatifs (≥ 75 % de ses revenus mondiaux), elle aurait pu bénéficier du régime du non-résident Schumacker et continuer à déduire ses versements PER. Au retour, ses plafonds cumulés auraient été déjà utilisés, mais elle aurait préservé la totalité de la déductibilité en cours d'expatriation. Stratégie utile pour retraités expatriés ou cadres avec forte composante locative française.
Vous savez maintenant maximiser votre plafond au retour. Dernier scénario — le pire mais important à prévoir : vous décédez pendant l'expatriation. Qui hériterait de votre PER, et comment se taxe-t-il ? Trois textes français se croisent avec le Règlement européen « Bruxelles IV » et la convention bilatérale. Section 8.
8. Succession PER d'un défunt non-résident : 750 ter, 990 I, 757 B croisés
La transmission du PER en cas de décès du titulaire pendant son expatriation est rarement traitée en profondeur. Trois articles à croiser, plus le règlement européen 650/2012 sur les successions (souvent appelé « Bruxelles IV »), plus la convention bilatérale. Voici comment ça s'articule. À noter aussi : en cas de PER assurance versé après 70 ans, la jurisprudence sur les primes manifestement exagérées (Cass. 2e civ. 19 décembre 2024 n° 23-19.110) rappelle que le juge apprécie l'âge, la situation patrimoniale et l'utilité du contrat — un point critique pour un expatrié senior qui re-souscrit massivement avant son décès.
8.1 Les 3 textes pivots
Art. 750 ter CGI — territorialité des droits de mutation à titre gratuit (DMTG) :
- Cas 1 : défunt domicilié fiscalement en France → DMTG sur l'intégralité du patrimoine mondial (sous réserve conventions).
- Cas 2 : défunt non domicilié FR + biens situés en France → DMTG sur les biens FR seulement.
- Cas 3 : défunt non domicilié FR + héritiers domiciliés FR depuis au moins 6 ans sur les 10 dernières années → DMTG sur tous les biens reçus par ces héritiers (règle 6/10).
Art. 990 I CGI — sommes versées au titre d'un PER assurance avant 70 ans du défunt :
- Abattement 152 500 € par bénéficiaire.
- Taxation 20 % sur la fraction allant jusqu'à 700 000 € (net d'abattement, soit ~852 500 € brut).
- 31,25 % au-delà de 700 000 € (net d'abattement).
- Régime hors barème successoral.
Art. 757 B CGI — primes versées sur un PER assurance après 70 ans du défunt :
- Abattement 30 500 € collectif (partagé entre tous bénéficiaires).
- Au-delà : imposition au barème des droits de succession (selon lien de parenté).
- Différence majeure vs assurance-vie classique : pour le PER, l'intégralité (primes + produits) est imposable (BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 § 197), alors qu'en AV classique post-70 ans, seules les primes sont taxées.
8.2 Articulation avec le règlement Successions (UE 650/2012, dit « Bruxelles IV »)
Le règlement européen 650/2012 sur les successions, souvent surnommé « Bruxelles IV » dans la doctrine, applique la loi successorale de la dernière résidence habituelledu défunt à l'ensemble de sa succession (sauf option pour la loi nationale par testament — professio juris). La Cour de cassation (1re civ., 12 juillet 2023, n° 22-16.946) a précisé que la résidence habituelle s'apprécie par la méthode du faisceau d'indices(lien étroit et stable avec l'État).
Conséquence pour un Français installé à Lisbonne décédé là-bas : la loi successorale portugaise s'applique en principe à toute sa succession. Le PER français reste juridiquement régi par le droit français de l'assurance (clause bénéficiaire valide en droit français même si succession portugaise). Mais l'imposition : art. 750 ter CGI déclenche les DMTG français sur les biens FR + les sommes versées aux héritiers domiciliés FR au moins 6 ans sur 10.
8.3 Cas pratique — Pierre, décédé à Singapour 2026, PER 380 000 €
Cas n°7 — Pierre (68 ans), décédé Singapour, PER 380 000 €
Situation : Pierre est cadre dirigeant expatrié à Singapour depuis 2014 (10 ans). Décès accidentel le 15 mars 2026 à 68 ans. PER 380 000 € (versements déduits 320 000 € + gains 60 000 €). Bénéficiaires : épouse Anne (60 ans, résidente FR depuis le retour en 2020), deux enfants Marc (38 ans, résident FR depuis 2018) et Léa (32 ans, expatriée USA depuis 2022).
Application 990 I CGI(Pierre décédé avant 70 ans → 990 I s'applique au PER assurance pour les versements antérieurs à 70 ans) :
- Anne : bénéficie d'une exonération totale (article 990 I VI CGI — conjoint survivant + PACS). 0 € de droits.
- Marc : part 190 000 €. Abattement 152 500 € → assiette 37 500 € × 20 % =7 500 € de droits.
- Léa : part 95 000 €. Abattement 152 500 € → 0 € de droits(en deçà de l'abattement). Mais Léa est résidente USA, art. 750 ter cas 3 ne s'applique pas (Léa pas FR ≥ 6/10) → en principe pas de DMTG français sur sa part. Reste à vérifier l'imposition USA.
Décision Hagnéré : total DMTG France 7 500 €. Vs assurance-vie classique 990 I (même régime). PER fonctionne comme outil de transmission tout aussi efficace. Pour Léa, vérifier l'imposition US (potentiellement déclaration FBAR + estate tax US fédéral si elle est US resident).
9. Mode d'emploi pratique : checklists avant / pendant / retour
Trois timelines opérationnelles à coller au frigo. Les actions à mener à 30 jours du départ, durant l'expatriation, et lors du retour. Si vous suivez ces trois checklists, vous évitez 90 % des erreurs constatées en cabinet.
9.1 Checklist 30 jours avant le départ
| Action | Échéance | Justificatif |
|---|---|---|
| Centraliser : transférer PERP / Madelin / Article 83 / PERCO vers un PER unique | 3-4 mois avant départ | Formulaires de transfert (frais 1 % max, art. L. 224-40 CMF + décret 2024-682) |
| Saturer le plafond PER 2026 (versement déductible final) | Avant 31/12 année du départ | Reçu de versement assureur |
| Demander attestation maintien PER à l'assureur | 30 jours avant départ | Email ou courrier de confirmation |
| Si refus assureur : transférer vers PER plus permissif | 60 jours avant départ | Formulaire transfert + RIB |
| Mettre à jour l'adresse au SIPNR Noisy-le-Grand | 15 jours avant départ | Formulaire 783 ou mise à jour impots.gouv.fr |
| Conserver tous les avis d'imposition 2020-2025 | Avant départ | Sauvegarde cloud (11 ans — délai reprise DGFiP) |
| Documenter le centre des intérêts économiques (si Schumacker visé) | Avant départ | Justificatifs revenus FR résiduels |
| Souscrire CFE (Caisse des Français à l'Étranger) si pertinent | Selon pays | Bulletin adhésion |
| Choisir un mandataire fiscal (option art. 197 A taux moyen) | Avant 1re déclaration NR | Mandat écrit |
9.2 Checklist pendant l'expatriation
| Action | Fréquence | Pourquoi |
|---|---|---|
| Déclaration 2042 NR (revenus de source FR uniquement) | Annuelle mai/juin | Obligation art. 164 A CGI |
| Justificatif affiliation sécu locale (UE/EEE/Suisse) | Annuelle 31/12 | Bénéficier exo CSG/CRDS sur gains PER (case 8SH/8SI) |
| Suivi performance PER (relevés assureur) | Trimestrielle | Décider d'éventuels arbitrages UC |
| Veille modifications convention bilatérale | Annuelle | MLI BEPS, avenants, refonte régimes locaux |
| Vérification statut FATCA / CRS reporting | Annuelle | Cohérence déclarative entre FR et pays |
| Conservation des justificatifs (revenus, impôts payés sur place) | En continu — 11 ans | Délai de reprise DGFiP étendu à 10 ans pour non-résidents (LF 2025) + année courante |
9.3 Checklist du retour en France
| Action | Échéance | Bénéfice |
|---|---|---|
| Mise à jour adresse SIE de rattachement (départ SIPNR) | Dans le mois suivant le retour | Reprise circuit déclaratif standard |
| Verser sur PER avant 31/12 année du retour | Avant 31/12 | Activer plafond ×4 (×5 droits 2026+) |
| Mutualisation plafond conjoint (case 6QR sur 2042) | Sur 2042 année retour | Multiplier plafond par 2 |
| Réactiver clause bénéficiaire en français (notamment AV PER) | Dès retour | Cohérence droit FR succession |
| Bilan retour patrimonial complet (CGP) | Dans les 6 mois | Optimiser sortie / arbitrage / réorganisation |
| Si pension étrangère touchée : déclaration 2047 + 2042 | Mai/juin année retour | Crédit d'impôt ou imposition résidence |
9.4 Cases 2042 NR à connaître
| Cas | Formulaire | Case | Notice |
|---|---|---|---|
| Sortie capital part déductible (versements déduits) | 2042 + 2042 NR | 1AS / 1BS | Notice 2041 E |
| Sortie capital part gains (versements non déduits) | 2042 + 2042 NR | 2DH (PFU) ou 2OP (option barème) | Notice 2041 |
| Sortie rente viagère RVTG (PER déduit) | 2042 + 2042 NR | 1AS / 1BS | Notice 2041 E |
| Sortie rente viagère RVTO (PER non déduit) | 2042 + 2042 NR | 1AW / 1BW | Notice 2041 |
| Versement PER (cas Schumacker, déduction admise) | 2042 | 6NS / 6NT / 6NU / 6NV / 6NX | Avis d'imposition plafond |
| Mutualisation plafond conjoint | 2042 | 6QR (à cocher) | Notice 2041 |
| Option taux moyen mondial art. 197 A | 2042 NR | 8TM (option) | Notice 2041-E NOT |
| Affiliation sécu UE/EEE/Suisse (exo CSG/CRDS) | 2042 C | 8SH (titulaire) / 8SI (conjoint) | Justificatif S1 ou attestation |
Retour en France imminent ? Maximisez votre plafond ×4 PER.
Bilan retour 2026 : récupération plafonds dormants, mutualisation conjoint, simulation économie IR sur 5 ans, audit clause bénéficiaire.
Sources et références légales
Toutes les références ont été vérifiées sur Légifrance, BOFiP impots.gouv.fr, curia.europa.eu (CJUE) et conseil-etat.fr / courdecassation.fr. Politique zéro hallucination : aucun arrêt ou article inventé.
Textes législatifs et réglementaires
- Loi PACTE n° 2019-486 du 22/05/2019 — création du PER (art. L. 224-1 à L. 224-9 CMF).
- LF 2025 (loi 2025-127 du 14/02/2025), art. 83 — primauté conventionnelle codifiée à l'art. 4 B CGI.
- LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026), art. 9 — fin de la déduction PER après 70 ans + report plafonds 3 → 5 ans pour droits 2026+.
- LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025), art. 12 — hausse CSG +1,4 pt sur revenus du capital (PS PER 18,6 %).
- Décret 2024-682 du 4/07/2024 — plafonnement frais transfert PER à 1 % de l'encours.
- Décret 2019-807 du 1/08/2019 — conditions des 6 cas de déblocage anticipé.
- Arrêté du 15/04/2026 (JO 26/04/2026) — liste ETNC 2026 (art. 238-0 A CGI) : 11 pays.
Articles CGI / CMF / CSS pivots
- CGI : art. 4 A, 4 B, 81 4° bis, 158, 158-5, 158-6, 163 quatervicies, 163 bis II (LPP suisse), 164 A, 167 bis, 182 A, 197 A, 200 A, 238-0 A, 750 ter, 757 B, 990 I.
- CMF : art. L. 224-1 à L. 224-9, L. 224-40.
- CSS : art. L. 136-6, L. 136-7, L. 136-8.
BOFiP (doctrine administrative)
- BOI-ANNX-000513 (MAJ 17/02/2026) — synthèse régime PER 2026.
- BOI-RSA-PENS-30-10-20 (MAJ 17/02/2026) — sortie capital PER.
- BOI-IR-BASE-20-50-10 (MAJ 17/02/2026) — déduction versements PER.
- BOI-IR-CHAMP-10 — domicile fiscal art. 4 B.
- BOI-IR-DOMIC-10-20-10 — imposition non-résidents.
- BOI-IR-DOMIC-10-20-20 — retenue à la source art. 182 A.
- BOI-INT-DG-20-20-50 — pensions sous angle conventionnel.
- BOI-INT-CVB-CHE-10-20-60 — convention France-Suisse pensions.
- BOI-INT-CVB-BEL-10-30 — convention France-Belgique pensions.
- BOI-INT-CVB-PRT-10-20 — convention France-Portugal pensions.
- BOI-INT-CVB-ESP — convention France-Espagne pensions.
- BOI-INT-CVB-ARE — convention France-Émirats.
- BOI-INT-CVB-USA — convention France-USA pensions.
- BOI-INT-CVB-GBR-10 — convention France-Royaume-Uni pensions.
- BOI-RPPM-PVBMI-50 — exit tax art. 167 bis.
- BOI-PAT-IFI-20-20-30-30 § 140 — PER non rachetable hors IFI en phase d'épargne.
- BOI-INT-AEA-10-10 (MAJ 18/12/2024) — accord FATCA France-USA.
- BOI-ENR-DMTG-10-10-30 — territorialité 750 ter.
- BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 § 197 — succession PER 757 B.
Jurisprudence vérifiée
- CE 5 février 2024 n° 469771 — domicile art. 4 B et RAS 182 A.
- CE 3 février 2023 n° 468904 — refus QPC art. 197 A.
- CE 27 juillet 2015 n° 334551 — transposition De Ruyter.
- CE 3 novembre 1995 n° 126513 — notion de foyer.
- Cass. 1re civ. 12 juillet 2023 n° 22-16.946 — résidence habituelle successorale Bruxelles IV.
- Cass. crim. 6 janvier 2021 n° 18-84.570 — Wildenstein III.
- CJUE 26 février 2015 C-623/13 — De Ruyter.
- CJUE 18 janvier 2018 C-45/17 — Jahin.
- CJUE 14 février 1995 C-279/93 — Schumacker.
- CJUE 11 mars 2004 C-9/02 — Lasteyrie du Saillant.
- CJUE 22 juin 2017 C-20/16 — Bechtel.
Rapports et statistiques officiels
- Cour des comptes — L'épargne retraite (05/11/2024) — encours PER 292,7 Md€ fin 2023.
- France Assureurs — Statistiques 2025 (encours PER assurance 111,9 Md€).
- DREES — Études et Résultats 2024 (PER = 77 % cotisations retraite supplémentaire).
- MEAE — Registre Français à l'étranger au 31/12/2025 (1 784 975 inscrits).
- CNAV — Retraités RG à l'étranger 2024 (1 065 125 retraités, 4,1 Md€).
- OCDE — Standard CRS / NCD (111 juridictions au 2024).
- DGFiP / SIPNR Noisy-le-Grand — Service des impôts particuliers non-résidents.
Article rédigé selon la loi de finances 2026 en vigueur au 12 mai 2026. Hagnéré Patrimoine — SAS, siège social 7 Rue Ernest Filliard 73000 Chambéry, immatriculée à l'ORIAS (n° à compléter par Quentin) en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCGP, courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP) et courtier d'assurance (COA). Dernière mise à jour : 12 mai 2026.

