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Guide expert PER après 70 ans 202630 minMis à jour 10 mai 20265 cas chiffrés

PER après 70 ans 2026 : utile ou piège successoral ?

Passé 70 ans, votre PER change brutalement de régime fiscal au décès : l'abattement généreux de 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I CGI) disparaît au profit d'un abattement global de 30 500 € (art. 757 B CGI), tous bénéficiaires et contrats AV+PER confondus. La loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 9) a en outre supprimé la déductibilité IR des versements après 70 ans, applicable à compter du 1er janvier 2026. Faut-il continuer à alimenter son PER, basculer vers une assurance-vie ouverte avant 70 ans, donner de son vivant via l'abattement 779 CGI (100 000 €/enfant/15 ans), démembrer la nue-propriété (art. 669 CGI) ou activer un Pacte Dutreil 75 % (art. 787 B) ? 17 sections, 5 cas chiffrés TMI 0 à 45 %, comparatif AV/donation/démembrement, jurisprudence Cass. com. 21/06/2023 n° 21-19.853 (point de départ de la prescription de l'action en responsabilité contre un conseiller : le rachat du contrat, non la souscription) et le verdict final. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet ORIAS (CIF · COA · COBSP).

STRATÉGIE PER APRÈS 70 ANS

Sécuriser votre PER senior et arbitrer entre PER, AV, donation et démembrement

Audit PER 360° : bascule 990 I/757 B, calibrage versements pré/post-70, combo AV ouverte avant 70 ans, donation 779 CGI, démembrement 669 CGI, Pacte Dutreil pour dirigeant. Cabinet multi-partenaires, non détenu par une banque ni par un assureur.

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ABATTEMENT 757 B

30 500 €

BASCULE

990 I → 757 B

PS PER 2026

18,6 %

REPORT PLAFONDS

5 ans

ART. PIVOT

163 quatervicies

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

§ 1CADRE LÉGAL·5 MIN

Le PER après 70 ans : ce que dit vraiment la loi

Publié le 17 avril 2026 · Mis à jour le 10 mai 2026 · Par Quentin Hagnéré (fondateur ; cabinet CIF, COA, COBSP)

Mise à jour LF 2026

Depuis le 1er janvier 2026, les versements PER effectués à compter du 70e anniversaire ne sont plus déductibles du revenu imposable (CGI art. 163 quinvicies modifié par l'article 9 de la loi n° 2026-103 du 19/02/2026). Les versements antérieurs conservent leur déduction acquise. Pour l'analyse complète, voir notre guide réforme PER LF 2026.

Le PER reste ouvert après 70 ans (loi PACTE, art. L. 224-1 CMF — aucune limite d'âge légale), mais la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a supprimé la déductibilité fiscale des versements effectués passé cet âge (art. 163 quatervicies CGI modifié). Côté succession, la bascule article 990 I → 757 B s'apprécie à l'âge au décès, pas à l'âge au versement — règle propre au PER qui le distingue de l'assurance-vie. Hagnéré Patrimoine vous guide cas par cas dans cet arbitrage à géométrie variable.

Vous avez 72 ans, votre PER affiche un encours confortable, et votre conseiller vous propose d'y verser à nouveau pour réduire vos impôts. Ou bien vous hésitez à en ouvrir un — « à mon âge, est-ce que ça vaut encore le coup ? ». Ces questions reviennent chaque année au moment de la déclaration, et la réponse n'est pas binaire.

Depuis le 1er janvier 2026 et l'entrée en vigueur de la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), la donne a pourtant changé. L'article 163 quinvicies du CGI, complété par l'article 9 de cette loi, écarte la déductibilité fiscale des versements volontaires effectués après le 70e anniversaire du titulaire. Autrement dit : alimenter son PER passé cet âge reste légalement possible, mais l'avantage principal — la réduction d'impôt à l'entrée — disparaît. Reste la fiscalité successorale, qui elle aussi obéit à une mécanique spécifique au basculement des 70 ans : on passe de l'article 990 I du CGI (abattement de 152 500 € par bénéficiaire) à l'article 757 B (abattement global de 30 500 €, tous bénéficiaires et contrats AV+PER confondus).

Point crucial et souvent mal compris : pour un PER assurantiel, la bascule 990 I → 757 B dépend de l'âge du titulaire au décès, pas de la date de chaque versement. C'est une différence fondamentale avec l'assurance-vie classique. L'alinéa 2 de l'article 757 B CGI (issu de la loi PACTE) prévoit que dès lors que le titulaire d'un PER visé à l'article L. 224-1 CMF décède après 70 ans, l'intégralité du capital (primes et gains confondus) bascule sous 757 B avec un abattement global de 30 500 €. Si le décès intervient avant 70 ans, c'est l'article 990 I qui s'applique à tout le contrat, avec l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Une logique « tout ou rien » qui n'existe pas en AV.

Troisième message : le PER après 70 ans n'est ni un miracle ni une catastrophe. C'est un outil dont la pertinence dépend de votre TMI, de la nature juridique du contrat (assurantiel vs bancaire), de votre clause bénéficiaire, de l'identité de vos bénéficiaires (ligne directe, neveux, conjoint, tiers) et — depuis la LF 2024 créant l'article 774 bis CGI — de la structure d'éventuels démembrements. Ce guide est structuré pour vous permettre de trancher, configuration par configuration, avec 5 cas pratiques chiffrés (section 10), 4 profils favorables (section 8), 6 profils contre-productifs (section 9), et une check-list opérationnelle en 8 questions (section 17).

Ce que change réellement le cap des 70 ans

1. Régime successoral — passage de l'art. 990 I (abattement 152 500 € par bénéficiaire) à l'art. 757 B (abattement global 30 500 € AV + PER confondus) lorsque le titulaire décède après 70 ans : tout le PER y entre, primes et produits, quelle que soit la date des versements.

2. Déduction IR — supprimée depuis le 1er janvier 2026 (LF 2026 art. 9, art. 163 quinvicies CGI complété). Les versements post-70 restent possibles mais sans réduction d'impôt à l'entrée.

3. Allongement du report de plafond — les plafonds de déduction non utilisés se reportent désormais sur 5 ans (au lieu de 3), fenêtre de rattrapage précieuse avant le 70e anniversaire.

Pour un panorama général du produit, consultez notre guide complet Plan d'Épargne Retraite 2026, et notre analyse dédiée PER et succession.

§ 2BASCULE·5 MIN

La bascule fiscale 990 I → 757 B : le vrai enjeu

Pour un PER assurantiel, ce n'est pas la date de chaque versement qui déclenche la bascule (règle « prime par prime » propre à l'assurance-vie classique), mais l'âge du titulaire au moment du décès. C'est une différence fondamentale avec l'AV, posée par l'alinéa 2 de l'article 757 B CGI tel qu'issu de la loi PACTE : lorsque le titulaire d'un PER visé à l'article L. 224-1 CMF décède après 70 ans, l'intégralité du capital (primes et gains confondus) entre dans l'assiette 757 B, diminuée d'un abattement global de 30 500 €. Si le décès survient avant 70 ans, c'est l'article 990 I qui s'applique à l'ensemble du PER, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire.

Cette règle « tout ou rien » attachée à l'âge au décès est codifiée par le second alinéa du I de l'article 757 B CGI et rappelée par la doctrine administrative BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20. Elle se distingue nettement de l'assurance-vie classique, pour laquelle seule la fraction des primes versées après 70 ans entre dans l'assiette 757 B (ventilation prime par prime). Pour le PER, votre assureur n'a donc pas à ventiler les versements dans l'IFU : c'est la valeur totale du contrat au jour du décès qui est prise en compte, répartie entre le régime 990 I ou le régime 757 B selon que vous aviez plus ou moins de 70 ans ce jour-là.

Les deux régimes en un tableau

Tableau comparatif : Critère — Avant 70 ans (990 I CGI) — Après 70 ans (757 B CGI) — Premier cas : Nature du prélèvement
CritèreAvant 70 ans (990 I CGI)Après 70 ans (757 B CGI)
Nature du prélèvementPrélèvement sui generis (hors DMTG)Droits de mutation par décès (DMTG)
Abattement152 500 € par bénéficiaire30 500 € global tous bénéficiaires et contrats confondus
Taux au-delà20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable par bénéficiaire (soit 852 500 € reçus, abattement de 152 500 € compris), puis 31,25 %Barème DMTG selon lien de parenté (5 % à 45 % en ligne directe — art. 777 CGI)
Base taxable (PER)Primes + gains inclusPrimes + gains inclus (≠ AV)
Conjoint / PACS survivantExonération totale (art. 796-0 bis CGI)Exonération totale (art. 796-0 bis CGI)
Petits-enfantsAbattement 152 500 € chacunPartage de l'abattement 30 500 € avec les autres
Plafond revalorisable ?Non (inchangé depuis 1998)Non (inchangé depuis 1991)

Concrètement, pour un PER de 200 000 € transmis à vos deux enfants : si vous décédez à 69 ans et 11 mois, l'ensemble relève de l'article 990 I et chacun des deux bénéficiaires dispose de son propre abattement de 152 500 €, ce qui absorbe intégralement le capital transmis (0 € de prélèvement). Si vous décédez à 70 ans et 1 mois, ce même capital de 200 000 € relève désormais de l'article 757 B : vos deux enfants se partagent l'abattement global de 30 500 € (soit 15 250 € chacun), puis la fraction taxable (84 750 € chacun) est ajoutée à la part successorale ligne directe. Si l'abattement 100 000 € de l'article 779 CGI est déjà consommé par ailleurs, cette fraction de 84 750 € par enfant s'ajoute à sa part successorale et supporte le barème progressif de l'article 777 CGI (5 % jusqu'à 8 072 €, puis 10 % et 15 % jusqu'à 15 932 €, puis 20 % jusqu'à 552 324 €) — soit environ 15 144 € de droits par enfant, 30 289 € au total si cette fraction constitue l'essentiel de sa part taxable, et jusqu'à 16 950 € par enfant (33 900 € au total) si elle vient s'ajouter à une part déjà supérieure à 15 932 € et se trouve alors frappée au taux marginal de 20 %. Tout cela sur quelques semaines de différence.

Piège n° 1 : arbitrer vos UC le plus tôt possible avant 70 ans

Pour un PER, la règle n'est pas « prime par prime » comme en AV : c'est l'âge au décès qui enclenche tout ou rien. La conséquence pratique est inverse de ce qu'on pourrait croire : verser encore après 70 ans ne dégrade pas la situation des versements antérieurs (qui suivront le régime commun au capital total). C'est la bascule globale au décès qui est binaire. Recommandation CGP : avant 70 ans, piloter la composition (UC vs fonds euros, supports immobiliers qui redeviennent taxables à l'IFI dès que le plan devient rachetable) et décider des versements en fonction du profil du bénéficiaire, plus que de la date anniversaire.

Maintenant que la règle de bascule est posée, une question s'impose : qu'a exactement changé la loi de finances 2026 pour votre PER senior ?

§ 3LF 2026·4 MIN

Que change la LF 2026 pour votre PER senior ?

La loi de finances pour 2026 a introduit un changement ciblé sur le PER après 70 ans, mais elle n'a PAS procédé à la refonte massive que certains articles annoncent. Trois évolutions concrètes — et une continuité rassurante sur l'architecture fiscale globale.

Tableau comparatif : Sujet — Avant le 1ᵉʳ janvier 2026 — Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 — Premier cas : Déductibilité versements après 70 ans
SujetAvant le 1ᵉʳ janvier 2026Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026
Déductibilité versements après 70 ansOui, dans la limite du plafond (art. 163 quatervicies CGI, 4 710 € plancher)NON — supprimée par la LF 2026
Report plafonds non utilisés3 ans (N-3, N-2, N-1)5 ans (LF 2026, art. 10), pour le seul plafond 163 quatervicies, et seulement pour des versements faits avant 70 ans
Prélèvements sociaux sur gains17,2 %18,6 % — LFSS 2026 art. 12 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) : CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 %
Abattement 757 B (post-70)30 500 € global30 500 € global (inchangé depuis 1991)
Abattement 990 I (pré-70)152 500 € / bénéficiaire152 500 € / bénéficiaire (inchangé depuis 1998)
Seuil basculement taux 990 I (20 % → 31,25 %)700 000 € de part taxable après abattement (852 500 € reçus)700 000 € de part taxable (inchangé depuis la LFR du 29/12/2013)
Ouverture PER après 70 ansPossible (pas de limite légale L. 224-1 CMF)Possible (pas de limite légale)

Concrètement, la LF 2026 a clarifié la position politique du gouvernement : le PER reste ouvert après 70 ans, mais il cesse d'être un produit de défiscalisation IR pour les seniors. C'est une régression par rapport au cadre post-PACTE (2019-2025), motivée par des considérations budgétaires (économie d'environ 150 M€ annuels selon l'étude d'impact) et par la lutte contre l'optimisation successorale tardive.

Les PS sont bien passés à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026

Mise à jour du 24 avril 2026. La hausse des PS à 18,6 % est désormais confirmée par la LFSS 2026 (loi no 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12) : CSG relevée de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus du capital, CRDS 0,5 %, prélèvement solidarité 7,5 %. Les enveloppes expressément maintenues à 17,2 % sont limitatives : revenus fonciers, plus-values immobilières, assurance-vie, PEL/CEL, PEP ouverts avant 2018. Le PER n'y figure pas : ses gains supportent donc bien le taux plein de 18,6 % en 2026. La position conservatrice adoptée lors de la rédaction initiale (17 avril 2026) a été revue après vérification Légifrance.

Chronologie des réformes PER 2019-2026

  • 22 mai 2019 — loi PACTE n° 2019-486 : création du PER (L. 224-1 à L. 224-40 CMF), sortie en capital à 100 %, transferts libres
  • 1er octobre 2019 — entrée en vigueur effective du PER, fin de la commercialisation PERP/Madelin
  • 1er janvier 2024 — LF 2024 art. 22 : fermeture des ouvertures de PER aux mineurs (PER mineurs existants gelés)
  • 17 février 2026 — BOFiP MAJ : BOI-IR-BASE-20-50, BOI-IR-BASE-20-50-20 (calcul), BOI-IR-BASE-20-50-30 (report)
  • 1er janvier 2026 — LF 2026 : suppression déductibilité post-70, report plafonds étendu à 5 ans

Perdre la déductibilité à l'entrée ne signifie pas perdre toute utilité fiscale. Voyons précisément dans quels cas un versement PER après 70 ans reste malgré tout intéressant.

§ 4DÉDUCTION IR·4 MIN

Déduction IR après 70 ans : dans quels cas ?

Depuis la LF 2026, la règle est simple : les versements volontaires effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Mais cela ne signifie pas que la déduction disparaît du jour au lendemain à votre 70e anniversaire. Trois cas particuliers laissent subsister un intérêt fiscal, parfois significatif.

Cas 1 — Le report des plafonds non utilisés (désormais sur 5 ans)

Depuis la LF 2026 (art. 10), les plafonds de l'article 163 quatervicies non consommés se reportent sur cinq ans. Mais ce report n'est qu'une limite : il ne sert qu'aux versements encore déductibles. Or l'article 9 de la même loi exclut toute déduction (163 quatervicies, I, 1, d, et 154 bis) pour les versements effectués à compter du jour du 70e anniversaire (art. 163 quinvicies, dernier alinéa). Si vous avez 72 ans en 2026, vos 80 000 € de plafonds non utilisés ne vous servent plus à rien ; si vous aurez 70 ans en cours d'année, seuls les versements faits avant la date anniversaire peuvent les consommer.

Cas 2 — Le compartiment « non déduit » et la sortie capital exonérée

Même sans déduction à l'entrée, verser sur un PER peut garder un sens fiscal. Les versements non déduits tombent dans un « compartiment non déduit » (art. 158-6 CGI) dont la sortie en capital est totalement exonérée d'IR : seuls les gains sont taxés au PFU 31,4 % (art. 125-0 A, CGI ; LFSS 2026 art. 12). Contrairement à un compte-titres où tous les gains sont taxés au fil de l'eau, le PER non déduit permet de capitaliser en franchise d'IR, avec simplement PS 18,6 % à la sortie. Pour un retraité TMI 30 %, ce mécanisme est neutre par rapport à une AV après 8 ans — mais, au décès après 70 ans, l'article 757 B s'appliquera à son montant total, gains compris, là où l'assurance-vie n'y soumet que les primes versées après 70 ans.

Cas 3 — Le dirigeant TNS ou libéral encore en activité

Un président de SAS, un gérant majoritaire de SARL ou un médecin libéral peut continuer à travailler après 70 ans (pas de limite d'âge légale pour ces statuts). Tant qu'il perçoit des revenus d'activité, il peut en théorie invoquer le plafond 10 % des revenus professionnels plafonnés à 8 PASS (jusqu'à 37 680 € en 2026, calculé sur les revenus et le PASS 2025). La LF 2026 a toutefois fermé cette porte : depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués à partir du 70e anniversaire ne sont plus déductibles, même pour les dirigeants en activité, reports de plafonds compris : le report ne crée pas de droit à déduction pour un versement exclu.

Simulation : jusqu'où la déduction résiduelle est-elle intéressante ?

Sophie, 69 ans, cadre retraitée, qui aura 70 ans en septembre 2026, TMI 30 %, pension 52 000 € + revenus fonciers 18 000 €. Elle dispose de 42 000 € de plafonds non utilisés depuis 2021. Avant sa date anniversaire, elle verse 30 000 € via le report. Économie IR : 30 000 € × 30 % = 9 000 €. Sortie capital à 78 ans : le capital déduit sera retaxé au barème IR (sans abattement 10 %), mais fractionné sur 4 ans il peut être récupéré à TMI 11 % → économie nette intertemporelle estimée 5 000 à 7 000 €. Le même versement fait après son anniversaire ne serait pas déductible du tout.

La déduction résiduelle est donc un levier utilisable, mais secondaire. L'intérêt principal du PER après 70 ans se joue ailleurs : dans la transmission au décès.

§ 5SUCCESSION·5 MIN

Comment se calcule la succession du PER après 70 ans ?

Si vous décédez demain, voici ce que toucheront réellement vos enfants ou vos bénéficiaires désignés. C'est le vrai sujet du PER après 70 ans. Et c'est aussi le sujet le plus mal traité dans la presse grand public, qui persiste à projeter sur le PER les règles de l'assurance-vie — deux enveloppes qui ne suivent pas la même logique sous 757 B.

La mécanique exacte de l'article 757 B pour un PER

Quand vous décédez après 70 ans en étant titulaire d'un PER assurantiel, votre assureur transmet le capital à vos bénéficiaires désignés dans la clause, puis le notaire calcule les droits à payer. L'article 757 B prévoit, lorsque le titulaire décède après 70 ans, que la totalité du capital (primes et gains, quelle que soit la date des versements) entre dans l'assiette taxable, après application de l'abattement global de 30 500 €. Ce point est crucial : l'exonération des produits de capitalisation qui existe pour l'assurance-vie sous 757 B ne s'applique PAS au PER.

Base taxable PER (décès après 70 ans) = (Primes + Gains cumulés) − 30 500 € global

La fraction taxable est ensuite répartie entre les bénéficiaires au prorata des sommes reçues, puis chacun applique son barème de droits de succession selon son lien de parenté avec le défunt : 5 % à 45 % en ligne directe (enfants, petits-enfants, parents — art. 777 CGI), 35-45 % entre frères et sœurs, 55 % pour les neveux/nièces, 60 % pour les tiers et concubins non pacsés.

Cas chiffré : un PER 200 k€ avec 2 enfants (versements mixtes avant/après 70)

Imaginons un cas concret. Henri, 78 ans, veuf, décède à Chambéry. Son PER assurantiel affiche 200 000 € d'encours, composés de : 120 000 € de primes versées avant 70 ans (ayant produit 25 000 € de gains), soit 145 000 € ; et 50 000 € de primes versées après 70 ans (ayant produit 5 000 € de gains), soit 55 000 €. Il a deux enfants bénéficiaires à parts égales. Parce qu'Henri décède après 70 ans, cette ventilation avant/après 70 ans est sans objet pour un PER : le second alinéa du I de l'article 757 B CGI soumet aux droits de mutation par décès les sommes dues « pour leur montant total ». L'intégralité des 200 000 € relève donc du régime 757 B.

Tableau comparatif : Étape — Ce que prévoit la règle PER — Calcul — Premier cas : Régime applicable
ÉtapeCe que prévoit la règle PERCalcul
Régime applicable757 B pour la totalité du plan, le décès étant intervenu après 70 ans200 000 € (primes et gains, toutes dates de versement confondues)
Abattement30 500 € global, réparti au prorata des parts taxables15 250 € par enfant
Base taxable par enfantPart reçue moins la quote-part d'abattement100 000 € − 15 250 € = 84 750 €
Prélèvement / droitsDroits de succession au barème DMTG de l'art. 777 CGI, après l'abattement de 100 000 € de l'art. 779 CGI0 € si l'abattement de 100 000 € est intact
Si le décès était survenu avant 70 ansRégime 990 I sur la totalité du plan0 € : chaque enfant aurait disposé de son propre abattement de 152 500 €

Concrètement, si Henri n'a pas d'autre patrimoine transmis à ses enfants, la fraction 757 B de 84 750 € par enfant est absorbée par l'abattement de 100 000 € de l'art. 779 CGI en ligne directe. Aucune taxation effective. Mais si Henri transmet par ailleurs 200 000 € d'immobilier (100 000 € par enfant), l'abattement de 100 000 € est consommé et les 84 750 € supportent le barème de l'art. 777 CGI dès la première tranche : 5 % jusqu'à 8 072 €, 10 % puis 15 % jusqu'à 15 932 €, 20 % au-delà, soit environ 15 144 € de droits par enfant (30 289 € au total) — au lieu de zéro en 990 I.

Exception critique : le conjoint ou partenaire de PACS

Quel que soit l'âge des versements, quel que soit le montant du PER, le conjoint marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession et de prélèvement 990 I / 757 B (art. 796-0 bis CGI). Si votre clause bénéficiaire désigne votre conjoint en premier rang, l'intégralité du PER lui revient sans fiscalité — PER assurantiel ou bancaire, peu importe. C'est l'exception à toute la complexité 990 I / 757 B. Le concubin non pacsé, en revanche, est traité comme un tiers : taux de 60 %, sans abattement.

Cette mécanique diffère radicalement de celle de l'assurance-vie après 70 ans. Voyons précisément pourquoi, et dans quels cas l'AV devient l'enveloppe supérieure.

§ 6PER VS AV·5 MIN

PER vs assurance-vie après 70 ans (comparatif)

PER ou assurance-vie ? La question est classique pour un actif en TMI 30 %. Pour un retraité après 70 ans, elle devient différente — et beaucoup plus technique. Sur 10 critères, l'assurance-vie l'emporte sur 6, le PER sur 3, et ils sont équivalents sur 1.

Tableau comparatif : Critère — PER (post-70) — Assurance-vie (post-70) — Premier cas : Déduction IR à l'entrée
CritèrePER (post-70)Assurance-vie (post-70)
Déduction IR à l'entréeNon (LF 2026)Non (jamais)
Base taxable succession (post-70)Primes + gainsPrimes seulement (gains EXONÉRÉS)
Abattement succession30 500 € global (mutualisé avec AV)30 500 € global (mutualisé avec PER)
Flexibilité rachatsLimitée (6 cas de déblocage art. L. 224-4 CMF + retraite)Totale à tout moment
Fiscalité rachats (>8 ans)Barème IR si déduits, PFU 31,4 % sinon (LFSS 2026)Abattement 4 600 € / 9 200 € + PFU 24,7 % ou barème
Frais moyens0,6 % à 1,0 %0,5 % à 1,2 %
IFI phase épargneExonéré si assurantiel non rachetable (art. 972 CGI)Imposable sur fraction UC immobilière
Exonération conjoint/PACSOui (art. 796-0 bis CGI)Oui (art. 796-0 bis CGI)
Sortie en rente avec abattement 70 %Oui si versements non déduits (art. 158-6)Oui si capital transformé en RVTO (Rente Viagère à Titre Onéreux)
Limite d'âge ouvertureSouvent 75-80 ans (assureur)Aucune (tout âge)

Concrètement, pour un versement de 100 000 € à 72 ans destiné à la transmission dans 10 ans, avec 15 000 € de gains attendus : l'assurance-vie fera entrer 69 500 € dans la succession (100 000 − 30 500 ; gains exonérés) ; le PER fera entrer 84 500 € (100 000 + 15 000 − 30 500). Différence : 15 000 € taxables en plus pour le PER. Pour deux enfants en ligne directe avec abattement 100 000 € déjà consommé par ailleurs, cela représente environ 3 000 € de droits supplémentaires.

Point important sur la flexibilité : même après 70 ans, le PER reste soumis à la règle d'indisponibilité avec ses 6 cas de déblocage anticipé limitativement prévus à l'article L. 224-4 CMF (décès conjoint/PACS, invalidité, surendettement, fin de droits chômage, liquidation judiciaire TNS, acquisition résidence principale). Pour les détails de chaque cas, la procédure et les justificatifs, consultez notre guide dédié : Débloquer son PER — les 6 cas légaux.

Quand le PER reste malgré tout supérieur à l'AV après 70 ans

PER pertinent

Bénéficiaire conjoint/PACS (exonération totale, l'asymétrie AV/PER disparaît) · IFI phase épargne (exonération art. 972 CGI) · Plan destiné à être consommé de votre vivant (sortie fractionnée). Attention : des versements effectués AVANT 70 ans ne conservent pas le régime 990 I si le décès survient après 70 ans

AV préférable

Versements post-70 destinés aux enfants/tiers · Souplesse rachats nécessaire · Pas de limite d'âge d'ouverture · Capital voué à être consommé avant le décès

Dans la pratique, on combine les deux enveloppes 8 fois sur 10 : PER pour ce qu'il apporte du vivant du titulaire (déduction déjà acquise sur les versements antérieurs, exonération IFI en phase d'épargne, sortie fractionnée), AV pour absorber les versements destinés à la transmission — car un décès après 70 ans fait basculer la totalité du PER sous 757 B, versements antérieurs compris. Le choix bascule selon la manière dont vous prévoyez de sortir votre PER : capital, capital fractionné ou rente ?

§ 7SORTIE·5 MIN

Capital ou rente : que choisir pour un retraité ?

À 70 ans, la question n'est plus tant « que verser » que « comment sortir ». Votre PER peut être liquidé en capital (une fois ou fractionné) ou converti en rente viagère. Chaque option obéit à un régime fiscal distinct, et le choix optimal dépend de votre TMI, de votre espérance de vie, et de votre objectif (revenus ou transmission). Détail dans notre guide dédié sortie en capital ou en rente.

Les trois options et leur fiscalité

Tableau comparatif : Option — Fiscalité des primes déduites — Fiscalité des primes non déduites — Premier cas : Capital intégral (100 % en une fois)
OptionFiscalité des primes déduitesFiscalité des primes non déduites
Capital intégral (100 % en une fois)Barème IR sans abattement 10 % sur les primes + PFU 31,4 % sur les gainsExonération IR sur les primes + PFU 31,4 % sur les gains
Capital fractionné (sur 3-5 ans)Barème IR sur fraction annuelle (lisse la TMI) + PFU 31,4 % sur gains prorataExonération IR primes + PFU 31,4 % gains prorata
Rente viagèreRégime pensions art. 158-5 CGI : abattement 10 % + barème IR + PS 9,1 % CSG pensionRente à titre onéreux art. 158-6 CGI : abattement 70 % après 69 ans (seuls 30 % imposables) + PS 18,6 % depuis LFSS 2026

Concrètement, pour un PER de 200 000 € entièrement composé de versements déduits, sortir 100 % en capital à 72 ans avec une pension de 40 000 € pourrait faire basculer tout le revenu en TMI 41 % voire 45 % l'année du rachat — 60 000 € à 80 000 € d'IR supplémentaire. Le même capital fractionné sur 5 ans reste en TMI 30 % et économise 20 000 à 30 000 €. La rente viagère, elle, sécurise 6 000 à 10 000 € par an à vie selon votre âge et le taux technique du contrat, mais retire définitivement le capital du patrimoine transmissible.

Le barème RVTO : un atout méconnu du PER non déduit après 70 ans

Si vous convertissez en rente un PER alimenté par des versements non déduits, seule une fraction de chaque arrérage est imposable selon votre âge au moment de l'entrée en jouissance (art. 158-6 CGI) :

  • Avant 50 ans : 70 % de la rente imposable
  • 50-59 ans : 50 % imposable
  • 60-69 ans : 40 % imposable
  • 70 ans et plus : 30 % seulement imposable

Pour une rente PER de 12 000 € perçue à 72 ans sur un contrat non déduit, seuls 3 600 € entrent dans votre revenu imposable. À TMI 30 %, vous payez 1 080 € d'IR — plus 670 € de PS (18,6 % sur les 3 600 € imposables). Rendement net : 10 250 € par an. C'est le seul mécanisme du PER qui s'améliore mécaniquement avec l'âge du crédirentier.

Stratégie séquentielle optimale : 62-69 ans pour l'AV, 70+ pour le PER

Beaucoup de CGP recommandent d'étaler les rachats sur 7 ans minimum. Notre conseil : si vous avez à la fois un PER et une AV, consommez en priorité votre AV entre 62 et 69 ans (pour profiter de l'abattement 4 600 € / 9 200 € annuel + PFL 24,7 % après 8 ans), puis activez votre PER après 70 ans en capital fractionné. Gardez en tête qu'aucun régime 990 I n'est « verrouillé » sur les primes déjà versées : au décès après 70 ans, ce qui reste dans le plan relève de l'article 757 B pour son montant total, versements antérieurs à 70 ans et gains compris.

Hagnéré Patrimoine

Capital, rente viagère ou sortie mixte après 70 ans — quel arbitrage ?

TMI actuelle, TMI future, patrimoine global et horizon successoral : le bon mode de sortie dépend de plusieurs paramètres. Le chiffrage de vos trois options de sortie (capital, fractionné, rente) se fait dans le cadre d'une lettre de mission ; premier rendez-vous offert (45 min), sans recommandation personnalisée.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Entre ces règles de sortie et la mécanique successorale, qui est vraiment concerné ? Passons en revue les profils pour qui le PER après 70 ans reste un outil pertinent.

§ 8FAVORABLES·4 MIN

Pour qui le PER après 70 ans reste-t-il pertinent ?

Malgré la suppression de la déductibilité et l'asymétrie AV/PER sous 757 B, quatre profils tirent un vrai bénéfice du PER après 70 ans. Le critère commun : ils ont une stratégie claire, un PER assurantiel, et une configuration familiale adaptée.

1. Retraité imposable avec plafonds reportés

TMI 30 à 45 %, pension + revenus fonciers ou dividendes substantiels, 30 à 80 k€ de plafonds PER non utilisés depuis 2021. Peut déduire via le report 5 ans, mais seulement pour les versements faits avant le 70e anniversaire.

2. Titulaire avec conjoint/PACS bénéficiaire

Clause bénéficiaire en premier rang au profit du conjoint marié ou partenaire de PACS. L'exonération art. 796-0 bis CGI neutralise totalement l'asymétrie 757 B AV/PER — le PER devient équivalent à l'AV pour la transmission au conjoint.

3. Patrimoine IFI > 1,3 M€

PER assurantiel non rachetable exonéré d'IFI en phase d'épargne (art. 972 CGI, BOI-PAT-IFI-20-20-30-30 §140) — avantage que n'offre plus l'AV. À conserver jusqu'à ce que le plan devienne rachetable (liquidation de la pension ou âge d'ouverture des droits), puis arbitrer les UC immobilières.

4. Dirigeant cédant son entreprise à 70+

Cession PME avec plus-value importante, PER existant à amortir, cash-out sur 3-5 ans à étaler pour lisser la TMI. Le PER fractionné sur plusieurs exercices transforme un choc fiscal en revenus lissés.

Symétriquement, six profils tirent peu ou pas d'avantage du PER après 70 ans — parfois même un réel désavantage. À vérifier sans attendre.

§ 9DÉFAVORABLES·4 MIN

Pour qui le PER devient-il contre-productif ?

Inverse du tableau précédent : dans ces six configurations, le PER après 70 ans n'apporte rien — voire pénalise la transmission par rapport à une AV, une donation ou un démembrement.

Tableau comparatif : Profil — Pourquoi le PER 70+ est problématique — Alternative recommandée — Premier cas : PER bancaire (compte-titres) post-70
ProfilPourquoi le PER 70+ est problématiqueAlternative recommandée
PER bancaire (compte-titres) post-70Retombe intégralement dans la succession ordinaire, sans clause bénéficiaire ni 757 B — pire qu'un CTO classiqueArbitrer vers AV ou CTO + démembrement
Retraité non imposable (TMI 0-11 %)Aucun gain à la déduction résiduelle (TMI trop basse), risque TMI remontante à la sortieCapital géré en AV après 8 ans
Famille recomposée avec clause par défautClause « conjoint vivant ou à défaut enfants vivants ou représentés » avantage l'ex-conjoint au détriment des enfantsClause sur-mesure notariée + donation-partage
Titulaire sans héritiers directsAbattement 757 B consommé pour des tiers taxés à 55-60 % — gain marginalAV (gains exo 757 B) + donation au vivant
Titulaire en tutelle ou curatelle renforcéeActes de disposition nécessitent autorisation juge/conseil de famille, risque blocageGestion conservatrice AV + revoir délégations
Couple mixte TMI (actif 45 % + retraité 11 %)Verser au nom du retraité perd la déduction, verser au nom de l'actif reste bien plus efficacePrioriser versements sur PER de l'actif

Concrètement, si vous êtes dans l'un de ces six profils, la réponse à la question « faut-il continuer mon PER après 70 ans ? » penche vers non. Mais cela ne signifie pas nécessairement clôturer : le PER existant garde son intérêt du vivant du titulaire (déduction déjà acquise, exonération IFI en phase d'épargne, sortie fractionnée) — mais, au décès après 70 ans, l'intégralité du plan relève de 757 B, versements antérieurs compris. L'erreur serait de reverser après 70 ans en pensant profiter des mêmes avantages qu'avant.

Piège de la clause bénéficiaire par défaut

Statistiquement, 40 % des contrats PER et AV en France conservent la clause standard : « à mon conjoint, à défaut à mes enfants vivants ou représentés, à défaut à mes héritiers ». En famille recomposée ou après divorce, cette clause peut avoir des effets désastreux (ex-conjoint non désigné comme ex mais toujours en première ligne si pas divorcé à la date du décès, enfants du premier lit oubliés, etc.). Revoir la clause bénéficiaire tous les 5 ans est une bonne pratique CGP, et absolument obligatoire à 70 ans, en cas de divorce, ou en cas de remariage.

PER bancaire vs PER assurance : ce que la forme juridique change vraiment

La distinction PER assurance / PER bancaire est le piège numéro un pour les seniors. Le PER assurance (souscrit auprès d'un assureur, forme d'assurance de groupe art. L.142-1 C. ass.) bénéficie au décès des régimes privilégiés 990 I CGI (décès avant 70 ans, abattement 152 500 €/bénéficiaire) ou 757 B CGI (décès après 70 ans, abattement 30 500 € global), selon l'âge du titulaire au décès. Le PER bancaire (compte-titres, art. L. 224-8 CMF) n'entre dans AUCUN de ces régimes : il est intégralement rapporté à l'actif successoral classique et taxé selon le lien de parenté (tranche marginale 20 % dès 15 932 € pour enfants, jusqu'à 60 % pour tiers).

Cas chiffré concret : Marc, 74 ans, veuf, 2 enfants, 300 000 € sur un PER, l'abattement de 100 000 € de l'art. 779 CGI étant déjà consommé par ailleurs. Avec un PER assurance, l'abattement global de 30 500 € (15 250 € chacun) ramène la part taxable à 134 750 € par enfant, soit environ 25 144 € de droits chacun — 50 289 € au total. Avec un PER bancaire, aucun abattement spécifique : 150 000 € taxables par enfant, soit environ 28 194 € chacun — 56 389 € au total. Différence : environ 6 100 €, c'est-à-dire exactement la valeur fiscale de l'abattement de 30 500 € au taux marginal de 20 %, et elle ne grandit pas avec l'encours. L'écart décisif entre les deux formes n'est donc pas fiscal mais civil : le PER assurance se dénoue hors succession par clause bénéficiaire, ce que ne permet pas le PER bancaire. Vérifier la forme juridique du contrat AVANT tout arbitrage.

PER et dépendance : EHPAD, APA, aide sociale à l'hébergement (ASH)

Question rarement traitée mais critique pour les 70-85 ans. En phase d'épargne, le PER n'est pas saisissable par l'aide sociale à l'hébergement (ASH, art. L.132-8 CASF) : les créanciers de l'aide sociale n'ont pas de droit direct sur le capital bloqué. Mais dès que les rentes sont versées, elles entrent dans les ressources prises en compte pour le calcul de l'APA et de l'ASH — donc réduisent la prise en charge publique au fil de l'eau.

Stratégie défensive : pour un retraité approchant la dépendance, éviter la liquidation du PER en rente. Privilégier le capital fractionné (qui sort progressivement et peut être consommé avant hospitalisation) ou le maintien en phase d'épargne tant que possible. En cas de décès en EHPAD, le PER assurance transmis via clause bénéficiaire échappe aux récupérations sur succession (capital décès != actif successoral civil). Coût moyen EHPAD 2 500-3 800 €/mois (CNSA 2024).

Place aux cas pratiques chiffrés. Cinq profils types pour illustrer concrètement les arbitrages possibles à 70 ans et plus.

§ 10CAS CHIFFRÉS·10 MIN

5 cas pratiques chiffrés (TMI 0 à 45 %)

Cinq profils tirés de situations rencontrées par notre cabinet, avec calculs détaillés. Les prénoms et villes sont anonymisés, les chiffres sont réels.

Cas 1 — Sophie, 72 ans, cadre retraitée à Lyon (TMI 30 %)

Situation. Sophie a pris sa retraite à 64 ans, ancienne directrice marketing d'un groupe industriel. Pension annuelle brute : 52 000 € (pensions cumulées + Agirc-Arrco). Revenus fonciers nets : 18 000 € (deux appartements locatifs à Villeurbanne). TMI marginale : 30 %. Patrimoine total : 1,1 M€ (résidence principale 450 k€, locatifs 380 k€, AV 240 k€, PER 180 k€ tous versements déduits effectués avant 70 ans).

Question. Son conseiller bancaire lui propose de continuer ses versements annuels de 6 000 € sur son PER. Depuis le 1er janvier 2026, la déduction n'est plus possible après 70 ans, alors qu'il lui reste 42 000 € de plafonds reportés des 5 dernières années. Doit-elle reverser ?

Analyse. Les 42 000 € de plafonds reportés ne lui servent plus : à 72 ans, ses versements sont exclus de toute déduction (art. 163 quinvicies, dernier alinéa, issu de la LF 2026, art. 9), et le report n'est qu'une limite de déduction. Un versement de 30 000 € n'économiserait donc aucun impôt ; il irait dans le compartiment non déduit. Et Sophie ayant déjà 72 ans, son décès interviendra forcément après 70 ans : la totalité de son PER, les 180 000 € existants comme ces 30 000 €, relèvera alors de l'article 757 B, et ses deux filles partageraient l'abattement global de 30 500 € avec l'AV déjà existante (qui contient 20 000 € de primes post-70).

Recommandation. Ne plus verser sur le PER : aucune déduction possible, et une fiscalité successorale moins favorable que l'assurance-vie. Ouvrir une nouvelle AV pour les versements futurs destinés à la transmission. Ne pas réallouer le PER vers des supports immobiliers dans un objectif IFI : à 72 ans, le plan de Sophie est déjà rachetable, sa fraction immobilière serait donc pleinement taxable à l'IFI (art. 972 CGI).

Cas 2 — Marc, 74 ans, dirigeant cédant sa PME à Annecy (TMI 45 %)

Situation. Marc a cédé sa SAS industrielle en 2025 pour 2,4 M€ (plus-value nette 1,9 M€). Réinvestissement art. 150-0 B ter partiel (40 % soit 960 k€), solde taxé au PFU 31,4 % = 295 k€. Il a 2 enfants (42 et 39 ans) et 4 petits-enfants. Patrimoine total : 6,8 M€ dont PER 420 k€ (versements déduits avant 70 ans, 330 k€ de primes + 90 k€ de gains), AV 1,2 M€ (dont 280 k€ AV tardive post-70 quasi saturée), RP 1,4 M€, immobilier locatif 900 k€, cash 1,8 M€. Objectif : transmission aux enfants en minimisant les droits.

Question. Faut-il maintenir le PER tel quel ou racheter en capital pour transformer en donation ?

Analyse. Le réflexe consistant à dire « toutes les primes ont été versées avant 70 ans, donc 990 I » est faux pour un PER. Marc a 74 ans : s'il décède maintenant, le second alinéa du I de l'article 757 B CGI soumet la totalité des 420 k€ aux droits de mutation par décès, après le seul abattement global de 30 500 € — soit 194 750 € ajoutés à la part successorale de chaque enfant, déjà portée dans les tranches hautes du barème 777 CGI par un patrimoine de 6,8 M€. Le coût successoral réel est donc sans commune mesure avec les 23 000 € qu'aurait coûtés un décès avant 70 ans (990 I : abattement de 152 500 € par enfant, prélèvement de 20 % sur les 115 000 € résiduels). À comparer avec un rachat intégral aujourd'hui : IR sur 330 k€ de primes déduites au barème (TMI 45 % + CEHR 3-4 %) = ~158 k€ d'IR + PFU 31,4 % sur 90 k€ de gains = ~28 k€, soit ~186 k€ d'impôt immédiat.

Recommandation. Ne pas conserver le PER au motif d'un avantage successoral qui serait verrouillé : à 74 ans, la bascule sous 757 B est déjà acquise. Arbitrer entre conservation (report d'imposition) et rachat étalé sur plusieurs exercices pour alimenter les donations. Concentrer les donations sur les liquidités (1,8 M€ cash) via donation-partage et nue-propriété de l'immobilier locatif aux petits-enfants (saut de génération + barème de l'art. 669 CGI : usufruit 30 % et nue-propriété 70 % de 71 à 80 ans). Pas de versement PER supplémentaire.

Cas 3 — Nathalie & Philippe, 76 et 78 ans, couple retraité à Paris

Situation. Couple marié sous communauté réduite aux acquêts, sans donation entre époux. Patrimoine commun 1,8 M€ : RP 850 k€, AV Nathalie 420 k€ (dont abattement 30 500 € saturé par 80 k€ de versements post-70), AV Philippe 280 k€ (également saturé), PER Nathalie 110 k€ (versements pré-70 exclusivement), PER Philippe 140 k€ (50 k€ pré-70 + 90 k€ post-70), quelques liquidités. 2 enfants (48 et 45 ans) + 4 petits-enfants (8 à 19 ans). Objectif : transmettre au mieux aux petits-enfants.

Question. Les 90 k€ post-70 de Philippe sont-ils bien placés ? Peut-on optimiser via démembrement ?

Analyse. Philippe a 78 ans : au décès, son PER ne suit pas deux régimes. Le second alinéa du I de l'article 757 B CGI soumet aux droits de mutation par décès l'intégralité des 140 k€ (50 k€ versés avant 70 ans et 90 k€ après, gains compris), et l'abattement 30 500 € est déjà intégralement consommé par l'AV. Les 140 k€ sont donc pleinement taxables en ligne directe et, l'abattement de 100 000 €/enfant étant consommé par ailleurs, frappés au taux marginal de 20 % (barème DMTG art. 777 CGI), soit ≈ 28 k€ de droits. La même somme logée en AV aurait vu ses gains exonérés.

Recommandation. Arrêter immédiatement tout versement PER post-70 du couple. Pour les petits-enfants, utiliser la clause bénéficiaire PER démembrée : usufruit au conjoint survivant, nue-propriété aux petits-enfants. Combinée avec des donations au vivant annuelles de 31 865 € (don Sarkozy art. 790 G) et des donations en NP (barème 669 CGI, 30 % seulement pour un usufruit 70-79 ans), optimise la transmission. Voir notre guide donation en démembrement.

Cas 4 — Aline, 78 ans, veuve récente à Nantes (TMI 11 %)

Situation. Aline a perdu son mari en 2024. Désignée par la clause bénéficiaire du PER assurantiel de celui-ci, elle en a perçu le capital, 180 k€, en exonération totale (art. 796-0 bis CGI) — un PER ne s'hérite pas, il se dénoue en capital ou en rente au profit des bénéficiaires désignés. Elle détient par ailleurs une AV de 450 k€. Revenus actuels : sa pension de réversion + sa pension propre = 24 000 € brut/an, TMI 11 %. 3 enfants (52, 48 et 45 ans) et 6 petits-enfants. Elle se demande où replacer ces 180 k€.

Analyse. Il n'y a donc ni PER à racheter, ni fiscalité de rachat à supporter : les 180 k€ sont entrés dans le patrimoine d'Aline nets d'impôt et de droits, en application de l'article 796-0 bis CGI. La question n'est pas « racheter ou conserver » mais « où replacer ». Le scénario que l'on lit souvent — 180 k€ de rachat ajoutés aux 24 000 € de pension, avec bascule en TMI 41 % voire 45 % au-delà de 181 917 € — n'a pas lieu d'être ici. En revanche, si Aline replace ces 180 k€ sur une assurance-vie ou sur un PER ouvert à son nom, elle a 78 ans : les primes qu'elle y versera relèveront au décès du régime 757 B et de son abattement global de 30 500 €, à partager entre ses trois enfants.

Recommandation. Replacer les 180 k€ reçus sur une assurance-vie au nom d'Aline, avec clause bénéficiaire démembrée usufruit/nue-propriété : à 78 ans, les primes qu'elle verse relèveront de 757 B, avec un abattement global de 30 500 € à partager par 3 enfants, soit 10 167 € chacun — mais les gains, eux, resteront exonérés en assurance-vie, ce que ne permettrait pas un PER. Alternative à privilégier : donation-partage immédiate à ses 3 enfants (chacun dispose de son abattement de 100 000 €, art. 779 CGI). Bilan complet recommandé.

Cas 5 — Thomas, 72 ans, médecin libéral TNS en cumul à Bordeaux (TMI 41 %)

Situation. Thomas, médecin généraliste, a liquidé sa retraite CARMF à 67 ans mais continue une activité libérale réduite (2 jours par semaine) — régime cumul emploi-retraite. BNC annuel : 85 000 €. Pension : 38 000 €. Total IR : 123 000 €. TMI 41 %. PER individuel 520 k€ (dont 480 k€ versés avant 70 ans, 40 k€ post-70). Il a accumulé 145 k€ de plafonds TNS non utilisés depuis 2021 (plafond 88 911 € × 5 ans non saturés).

Question. Peut-il encore déduire ses versements PER sur ses revenus BNC ?

Analyse. Depuis le 1er janvier 2026, la LF 2026 a fermé la porte à la déduction des versements effectués après 70 ans, même pour un TNS en activité. Le report des plafonds non utilisés n'y change rien : c'est une limite de déduction, pas un droit autonome, et l'article 163 quinvicies (dernier alinéa) écarte la déduction de tout versement effectué après le 70e anniversaire, au titre du 154 bis comme du 163 quatervicies. De plus, le plafond du 154 bis ne se reporte pas ; seul celui du 163 quatervicies se reporte, sur cinq ans. Les 145 k€ de « reports » de Thomas sont donc inutilisables.

Recommandation. Ne pas verser 100 k€ sur le PER en espérant une déduction : elle est nulle. Et attention : Thomas a 72 ans, et un décès après 70 ans fait basculer sous 757 B la totalité du plan — les 520 k€ déjà constitués comme tout nouveau versement —, taxables au barème des droits de succession après le seul abattement global de 30 500 €. À l'inverse de l'AV, les gains seront aussi taxables. Si l'objectif est la transmission, préférer AV. Le PER n'offre plus de défiscalisation à l'entrée à son âge. Voir notre guide PER TNS 2026.

Synthèse des 5 cas — Qui doit verser sur son PER après 70 ans ?

  • Sophie (TMI 30 %, 72 ans) : non, aucune déduction possible après 70 ans, passer à l'AV
  • Marc (TMI 45 %, gros patrimoine) : non, conserver, privilégier donations
  • Nathalie & Philippe (couple 76/78) : non, AV déjà saturée, basculer donations NP
  • Aline (veuve TMI 11 %) : capital décès déjà exonéré, à replacer en AV ou en donation
  • Thomas (TNS cumul 72 ans) : non, ni le 154 bis ni les reports ne jouent après 70 ans
§ 11ALTERNATIVES·5 MIN

Alternatives : AV, donation, démembrement, NP SCPI

Si le PER après 70 ans n'est pas ou plus pertinent pour vous, quatre alternatives patrimoniales couvrent la quasi-totalité des objectifs (revenus complémentaires, transmission, défiscalisation IFI). Chacune avec un mécanisme fiscal propre et une logique d'horizon distincte.

Tableau comparatif : Alternative — Mécanisme fiscal principal — Idéal pour... — Premier cas : Assurance-vie après 70 ans
AlternativeMécanisme fiscal principalIdéal pour...
Assurance-vie après 70 ansAbattement 30 500 € (primes seulement), gains EXONÉRÉS sous 757 B. Rachats avec abattement 4 600 € / 9 200 € + PFU 24,7 % après 8 ansTransmission aux enfants/tiers + souplesse rachats
Donation-partage (art. 1076 C. civ.)Abattement 100 000 € / enfant (art. 779 CGI). Valeur figée à la date de la donation — protège des contestations successoralesPatrimoine conséquent, famille stable, anticipation
Donation en nue-propriété (démembrement)Barème art. 669 CGI : à 70-79 ans, NP vaut 70 % de la pleine propriété (économie 30 % sur les droits). Reconstitution gratuite au décès (art. 1133 CGI)Immobilier ou SCPI, conjoint souhaite conserver usufruit
Nue-propriété SCPIAchat avec décote 25 à 40 % selon la durée. Reconstitution automatique à l'échéance. IFI nul pendant le démembrementConstituer un capital cible, optimiser IFI
Don Sarkozy (art. 790 G CGI)Don d'argent 31 865 € par donataire, renouvelable tous les 15 ans. Cumulable avec les 100 000 € de l'art. 779Petits-enfants, donations récurrentes

Concrètement, pour un retraité de 74 ans avec 300 000 € à transmettre à deux enfants et quatre petits-enfants : la combinaison donation-partage de liquidités (2 × 100 000 € via abattement 779 CGI, 0 € de droits) + donation de NP d'un locatif (barème 669 CGI, usufruit conservé, droits calculés sur 70 % seulement) + don Sarkozy annuel aux petits-enfants (4 × 31 865 €, 0 € de droits) transmet l'essentiel en franchise d'impôt. Un PER tardif n'apporterait rien de mieux.

Cas particulier : le dirigeant qui n'est pas encore parti à la retraite à 70 ans. C'est un profil spécifique qui mérite son propre angle d'analyse.

§ 12DIRIGEANT·4 MIN

Dirigeant en activité après 70 ans : angle spécifique

Président de SAS, gérant majoritaire de SARL, médecin libéral, avocat, architecte en activité : vous avez dépassé 70 ans et vous n'avez pas l'intention de vous arrêter. Votre situation fiscale est particulière. La LF 2026 a certes fermé la porte de la déductibilité post-70, mais vous conservez trois leviers spécifiques.

  • Report 5 ans des plafonds non consommés : il ne vaut que pour le plafond de l'article 163 quatervicies (le plafond 154 bis ne se reporte pas) et seulement pour des versements faits avant le 70e anniversaire. Un dirigeant de 65 à 69 ans qui n'a pas saturé ses plafonds doit donc les consommer avant cette date.
  • Cession d'entreprise à 70+ ans : l'exonération art. 150-0 D ter (500 000 €) reste accessible au-delà de 70 ans, cumulable avec la sortie progressive du PER pour lisser la plus-value cessation sur plusieurs exercices. Voir notre guide retraite du dirigeant.
  • Pacte Dutreil + PER : pour la transmission des titres d'entreprise familiale, combiner Dutreil (exonération 75 % art. 787 B CGI) et PER assurance créé une stratégie à deux étages — titres via Dutreil, cash via PER.

Attention au risque de primes manifestement exagérées

Un dirigeant qui verserait massivement sur son PER en fin de vie (par ex. 200 000 € l'année de ses 72 ans, sans versement antérieur) s'expose à une requalification en primes manifestement exagérées (art. L. 132-13 C. ass., confirmé Cass. 2e civ. 19 décembre 2024 n° 23-19.110). Les héritiers réservataires peuvent alors faire réintégrer le versement dans la succession, annulant l'avantage PER. Les critères jurisprudentiels : âge du versant, caractère subit, absence de logique patrimoniale globale, motif principal fiscal. Notre recommandation CGP : documenter tout versement post-70 par une note d'analyse patrimoniale.

Un profil encore plus spécifique mérite un traitement séparé : celui du retraité non résident ou expatrié.

§ 13NON-RÉSIDENTS·4 MIN

PER et non-résidents après 70 ans

Vous envisagez une expatriation au Portugal, en Belgique, en Espagne ou en Suisse ? Vous êtes déjà installé à l'étranger après une carrière en France ? Le PER vous concerne encore, mais sous des règles spécifiques rarement traitées dans les articles grand public. Trois angles à connaître.

1. Déduction IR : réservée aux résidents fiscaux français

L'article 163 quatervicies CGI ne s'applique qu'aux contribuables résidents fiscaux français. Un retraité installé depuis 5 ans au Portugal ne peut plus déduire ses versements PER du revenu imposable français — même si le contrat reste ouvert. Symétriquement, aucune administration fiscale étrangère n'accepte les versements PER français comme déductibles localement (ce n'est pas reconnu comme un régime de retraite équivalent au sens des conventions fiscales).

2. Retenue à la source sur la sortie (art. 182 A bis CGI)

À la liquidation d'un PER par un non-résident, l'art. 182 A bis CGI prévoit une retenue à la source sur les pensions versées à l'étranger — par défaut au barème progressif français. Mais la plupart des conventions fiscales bilatérales (OCDE modèle) attribuent l'imposition des pensions à l'État de résidence. Un retraité français au Portugal bénéficie ainsi souvent d'une imposition plus douce (régime IFICI — Incentivo Fiscal para a Investigação Científica e Inovação, successeur du RNH, 20 % forfaitaire limité à certaines professions).

Cas chiffré : Hélène, 72 ans, installée à Lisbonne sous IFICI

Hélène, ancienne DAF parisienne, dispose d'un PER assurantiel de 280 000 € (versements effectués entre 55 et 68 ans, TMI française 41 % à l'époque, soit environ 48 000 € d'économies d'IR cumulées sur 13 ans). Elle s'installe à Lisbonne en 2026 et souhaite liquider en capital sur 5 ans (56 000 €/an).

Sans optimisation conventionnelle : retenue à la source française art. 182 A bis CGI au barème progressif, 56 000 €/an dans la tranche 30 % ~ 11 500 € d'impôt français/an + imposition potentielle résiduelle au Portugal.

Avec convention fiscale France-Portugal (1971, art. 18) : les pensions privées sont imposables uniquement dans l'État de résidence. Hélène ne paie donc rien en France (justificatif de résidence fiscale portugaise à fournir, formulaire 5000-SD) et est imposée au Portugal. Si son activité antérieure rentre dans la liste IFICI (chercheurs, ingénieurs qualifiés, enseignants), application du taux forfaitaire 20 % = 11 200 €/an. Sinon, barème portugais progressif 14-48 %. Gain potentiel sur 5 ans : 10 à 15 000 € + simplification de déclaration.

Attention : la sortie en capital du PER est fiscalement considérée comme « pension » par le fisc portugais pour les versements déduits en France. La partie correspondant aux gains non déduits (compartiment 2) suit un régime différent, à discuter avec un fiscaliste franco-portugais.

3. Transmission : 990 I / 757 B s'appliquent normalement

Au décès d'un titulaire PER non-résident, le contrat assurantiel reste soumis aux articles 990 I / 757 B CGI selon l'âge du titulaire au décès, quel que soit le lieu de résidence du défunt ou des bénéficiaires. La convention fiscale s'active seulement pour éviter la double imposition si le pays de résidence du bénéficiaire impose aussi le capital reçu. À vérifier cas par cas — le PER est rarement reconnu comme assurance-vie classique par les administrations étrangères, d'où des frictions pratiques.

Cas particulier : frontalier Suisse

Un frontalier résident fiscal français travaillant en Suisse peut cotiser à la fois sur son PER français (via ses revenus imposables en France selon le régime frontalier applicable) et sur son 3e pilier suisse (pilier 3a) — avec des plafonds et des fiscalités indépendants. La bascule 70 ans du PER ne concerne que le pilier français, le pilier 3a obéit à ses propres règles (retrait obligatoire à 70 ans, imposition à taux réduit à la sortie). Les deux enveloppes se cumulent pour la transmission, mais ne se mutualisent pas sur l'abattement 30 500 €.

Ces profils particuliers posent aussi la question de l'IFI. Que devient le PER d'un retraité aisé après 70 ans, notamment lorsque la bascule rachetable approche ?

§ 14IFI·4 MIN

PER et IFI pour les plus de 70 ans

Si votre patrimoine net immobilier dépasse 1 300 000 € au 1er janvier, vous êtes redevable de l'IFI. Le PER assurantiel a un traitement IFI remarquable — mais avec une bascule critique à connaître, celle du moment où le plan devient rachetable. Notre guide dédié PER et IFI détaille l'ensemble du mécanisme ; rappelons ici les points spécifiques aux seniors.

Exonération IFI phase d'épargne : l'art. 972 CGI

L'article 972 du CGI exonère d'IFI les contrats d'assurance non rachetables. Un PER assurantiel en phase d'épargne est légalement non rachetable (sauf cas de déblocage anticipé), donc totalement exonéré d'IFI — y compris la fraction immobilière (SCPI, OPCI, UC immobilières). Position confirmée par la doctrine BOI-PAT-IFI-20-20-30-30 § 140 et par la réponse ministérielle Malhuret du 9 février 2023.

La bascule silencieuse : le jour où le PER devient rachetable

À compter de la liquidation de votre pension ou, plus tôt, du jour où vous atteignez l'âge d'ouverture des droits à pension, votre PER devient rachetable par nature, même si vous ne liquidez pas. La doctrine fiscale considère qu'à partir de cette date, l'exonération IFI tombe : la fraction immobilière du PER (SCPI, OPCI, UC immobilières) redevient taxable IFI au 1er janvier suivant. C'est la « bascule silencieuse » — elle s'applique que vous ayez liquidé ou pas. Seuls quelques contrats prévoient un maintien conditionnel si vous êtes toujours en activité (à vérifier au cas par cas avec votre assureur).

Stratégie recommandée pour un retraité IFI autour de 62-64 ans : arbitrer les UC immobilières de votre PER vers des UC actions ou fonds euros 12 à 18 mois avant d'atteindre votre âge d'ouverture des droits à pension (qui dépend de votre génération, entre 62 et 64 ans, le calendrier étant gelé à 62 ans et 9 mois pour les générations 1963 à mars 1965 par la LFSS 2026). La fraction immobilière au 1er janvier suivant l'âge légal retraite est l'assiette taxable, pas la composition historique du contrat.

PER bancaire post-70 : aucune exonération IFI, jamais. La fraction SCPI/OPCI d'un PER bancaire est imposable à l'IFI dès la souscription, à hauteur de 85-95 % de la valeur.

§ 15PIÈGES·4 MIN

Quels sont les 10 pièges à éviter après 70 ans ?

Dix erreurs récurrentes observées dans la pratique CGP — certaines coûtent quelques milliers d'euros, d'autres plusieurs dizaines de milliers.

Tableau comparatif : Piège — Conséquence concrète — Comment l'éviter — Premier cas : 1. Confondre la règle PER et la règle AV
PiègeConséquence concrèteComment l'éviter
1. Confondre la règle PER et la règle AVPenser que le PER suit la ventilation prime par prime comme l'assurance-vie, et donc que les versements pré-70 restent sous 990 I même si on décède à 72 ansRetenir la règle propre au PER : âge du titulaire AU DÉCÈS — logique tout ou rien (art. 757 B al. 2 CGI, loi PACTE). Le PER bascule intégralement sous 757 B dès que le titulaire décède après 70 ans
2. Ouvrir un PER BANCAIRE après 70 ansRetombe dans la succession ordinaire, sans clause bénéficiaire, pas d'abattement 30 500 € ni exonération IFIToujours privilégier PER ASSURANTIEL pour les objectifs transmission/IFI
3. Clause bénéficiaire par défaut inadaptéeEn famille recomposée, ex-conjoint bénéficiaire par défaut ou enfants du premier lit oubliésRevoir la clause tous les 5 ans, en cas de divorce, de remariage, de naissance, et à 70 ans (sur-mesure notariée)
4. Croire que les gains PER post-70 sont exonérésErreur fréquente — en PER sous 757 B, primes ET gains sont taxables. Seule l'AV exonère les gainsBien comprendre la différence AV/PER sous 757 B avant de verser
5. Oublier la mutualisation PER+AV de l'abattement 30 500 €Croire que chaque contrat ouvre un nouvel abattement — alors qu'il est global tous contrats post-70 confondusCalculer l'abattement restant disponible avant tout nouveau versement
6. Primes manifestement exagérées (art. L. 132-13 C. ass.)Héritiers réservataires peuvent demander réintégration dans la succession (Cass. 2e civ. 19 décembre 2024 n° 23-19.110 publié au bulletin)Documenter la logique patrimoniale globale, éviter versements exceptionnels après 75 ans
7. Tutelle/curatelle sans autorisationActes de disposition PER (rachat, arbitrage, modification clause) peuvent être contestés sans habilitation jugeObtenir l'autorisation du juge/conseil de famille avant tout acte significatif
8. Versement sur deniers communs sans récompenseEn cas de divorce, récompense due à la communauté (Cass. 1re civ. 31 mars 1992, n° 90-16.343, arrêt Praslicka), bataille judiciaireDocumenter l'origine des fonds, privilégier les versements sur deniers propres si possible
9. Liquidation anticipée = perte exonération IFIDès que le plan devient rachetable — liquidation de la pension ou atteinte de l'âge d'ouverture des droits — l'exonération de l'art. 972 CGI tombe sur la fraction immobilière, au 1er janv. suivantArbitrer les UC immobilières vers des UC non immobilières 12-18 mois avant cette date si vous êtes redevable de l'IFI
10. Versement programmé à cheval sur 70 ansUn versement encaissé le 1er juillet (jour du 70e anniv.) n'est plus déductible (art. 163 quinvicies CGI), même si l'ordre bancaire date du 28 juin. Côté succession, la date du versement ne change rien : c'est l'âge au décès qui compteSuspendre les virements programmés 3 mois avant le 70e anniversaire, reprendre après avis CGP

Plusieurs de ces pièges sont nés de décisions de la Cour de cassation entre 2023 et 2025 — trois arrêts récents ont notamment durci les conditions de requalification 757 B/990 I et redessiné la pratique du PER après 70 ans.

§ 16JURISPRUDENCE·4 MIN

Jurisprudence et rescrits BOFiP récents

L'année 2024 a été particulièrement riche en décisions touchant directement le PER assurantiel et la bascule 70 ans. Les six références ci-dessous sont à connaître pour sécuriser votre stratégie.

Tableau comparatif : Décision / Texte — Date — Portée praticien — Premier cas : Cass. 2e civ., n° 23-19.110 (publié au Bulletin)
Décision / TexteDatePortée praticien
Cass. 2e civ., n° 23-19.110 (publié au Bulletin)19 déc. 2024Primes manifestement exagérées (art. L. 132-13 C. ass.) : critères exclusifs = âge du souscripteur, situation patrimoniale et familiale, utilité du contrat, appréciés au jour de chaque versement. L'atteinte à la réserve héréditaire n'est PAS un critère autonome. Arrêt majeur pour tout versement massif après 70 ans, transposable au PER par analogie.
Cass. 3e civ., n° 22-18.687 et 22-18.733 (publiés)19 sept. 2024Quasi-usufruit sur dividende distribué par une SCI démembrée : le nu-propriétaire est propriétaire de la somme, l'usufruitier n'a qu'un quasi-usufruit. L'arrêt ne se prononce pas sur l'article 774 bis CGI (inapplicable ratione temporis) ; son analyse éclaire toutefois les praticiens sur les schémas démembrés — la transposition aux clauses bénéficiaires AV/PER est une lecture doctrinale.
Cass. com., n° 22-23.014 (inédit)11 sept. 2024Devoir de conseil de l'assureur sur versements tardifs : la Cour REJETTE la responsabilité lorsque le souscripteur connaissait la fiscalité 757 B au moment de ses versements. À citer côté défense, pas comme fondement d'une obligation renforcée — arrêt inédit, portée limitée.
BOFiP ACTU-2024-00131 (art. 774 bis CGI)26 sept. 2024Doctrine sur les dettes de restitution issues d'un quasi-usufruit sur somme d'argent — non déductibles sauf exceptions. Impact direct sur clauses démembrées PER.
BOI-IR-BASE-20-50 (mise à jour)17 févr. 2026Doctrine consolidée sur la déduction PER, plafonds, report 5 ans (architecture post-LF 2026)
BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20MAJ 30 mars 2023Doctrine de référence sur le régime 757 B. Attention : la règle de la date de versement, prime par prime, vise l'assurance-vie ; pour un PER, c'est le second alinéa du I de l'article 757 B CGI qui s'applique, et il retient l'âge du titulaire au décès
BOI-PAT-IFI-20-20-30-30 §1408 juin 2018Exonération IFI des contrats d'assurance non rachetables — applicable PER assurantiel en phase d'épargne
Réponse min. Malhuret (Sénat, question écrite n° 01956)9 févr. 2023Confirme explicitement l'exonération IFI des PER en phase d'épargne, y compris fraction immobilière

Concrètement, aucune de ces décisions ne bouleverse l'architecture du PER après 70 ans. Elles consolident la doctrine existante et renforcent la sécurité juridique des stratégies construites avec des contrats assurantiels. L'arrêt du 19 décembre 2024 (Cass. 2e civ. n° 23-19.110 publié au Bulletin) sur les primes manifestement exagérées est celui à retenir prioritairement : il rappelle que les versements tardifs et massifs sans justification patrimoniale sont contestables, ce qui place la barre pour les versements post-70 au-dessus du simple motif fiscal.

Reste la phase opérationnelle : comment passer à l'action après avoir lu ce guide ? Voici une check-list à appliquer sur votre propre situation.

§ 17CHECK-LIST·3 MIN

Check-list : les 8 questions à vous poser

Huit questions que nous posons systématiquement lors d'un premier bilan patrimonial PER senior. Répondez honnêtement, puis discutez des réponses avec un conseiller en gestion de patrimoine.

Les 8 questions à passer en revue

  1. Mon PER est-il assurantiel ou bancaire ? Si bancaire : aucun avantage successoral post-70, envisager arbitrage. Si assurantiel : poursuivre l'analyse.
  2. Ma clause bénéficiaire est-elle à jour ? Révision obligatoire à 70 ans, en cas de divorce/remariage/décès d'un bénéficiaire, et tous les 5 ans par défaut.
  3. Ai-je des bénéficiaires exonérés (conjoint/PACS) ? Si oui : l'asymétrie AV/PER sous 757 B disparaît. Le PER retrouve son intérêt pour la transmission au conjoint.
  4. Mon AV a-t-elle déjà consommé l'abattement 30 500 € ? Si oui : verser sur PER post-70 ne crée pas d'abattement supplémentaire, la transmission sera taxée intégralement.
  5. Suis-je résident fiscal français ? Sinon : pas de déduction IR possible ; vérifier la convention fiscale applicable pour la sortie et la transmission.
  6. Mon patrimoine dépasse-t-il le seuil IFI (1 300 000 €) ? Si oui : penser à la bascule qui suit la liquidation de la pension ou l'atteinte de l'âge d'ouverture des droits, et arbitrer les UC immobilières vers des UC non immobilières avant cette date.
  7. Ai-je des plafonds PER non consommés sur les 5 dernières années ? Si oui : mobilisables via le report (LF 2026), jusqu'en 2029 pour les plafonds 2024.
  8. Quelle est ma stratégie de sortie (capital / fractionné / rente) ? La bonne réponse dépend de votre TMI actuelle et future, de votre horizon, de votre objectif (revenus vs transmission).

Si vous avez répondu « je ne sais pas » à trois questions ou plus, un bilan patrimonial personnalisé est la priorité. Notre cabinet, immatriculé à l'ORIAS (CIF, COA, COBSP), examine votre PER, votre AV, votre clause bénéficiaire, votre situation fiscale et votre horizon successoral pour cadrer chronologiquement les versements, rachats et arbitrages.

En synthèse, le PER après 70 ans n'est ni un produit miracle ni une catastrophe fiscale. C'est un outil dont la pertinence dépend de paramètres précis — et dont la complexité justifie à elle seule l'accompagnement d'un professionnel avant toute décision significative.

Méthode documentée

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Sources officielles

  • Code général des impôts, art. 163 quatervicies (déduction PER) — Légifrance
  • Code général des impôts, art. 757 B (transmission PER/AV après 70 ans) — Légifrance
  • Code général des impôts, art. 990 I (transmission PER/AV avant 70 ans) — Légifrance
  • Code général des impôts, art. 796-0 bis (exonération conjoint/PACS)
  • Code général des impôts, art. 154 bis et 154 bis-0 A (déduction TNS Madelin)
  • Code général des impôts, art. 158-5 et 158-6 (régime fiscal pensions et RVTO)
  • Code général des impôts, art. 125-0 A (fiscalité compartiment non déduit)
  • Code général des impôts, art. 972 (exonération IFI contrats non rachetables) — BOI-PAT-IFI-20-20-30-30
  • Code général des impôts, art. 777 (barème DMTG ligne directe)
  • Code général des impôts, art. 779 (abattements droits de succession)
  • Code général des impôts, art. 150-0 D ter (exonération cession PME dirigeant)
  • Code général des impôts, art. 787 B (pacte Dutreil)
  • Code général des impôts, art. 790 G (don Sarkozy 31 865 €)
  • Code monétaire et financier, art. L. 224-1 à L. 224-40 (régime PER) — Légifrance
  • Code des assurances, art. L. 132-9 à L. 132-14 (bénéficiaire contrat d'assurance)
  • Code des assurances, art. L. 132-13 (primes manifestement exagérées)
  • Code de la Sécurité sociale, art. L. 136-7 (base PS revenus du patrimoine) ; LFSS 2026 loi no 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12 (PS portés à 18,6 % pour le PER — hors liste limitative des exceptions maintenues à 17,2 %)
  • Loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019 (création du PER)
  • Loi de finances 2024 (LF 2024 art. 22 — fermeture PER mineurs)
  • Loi de finances 2026 (suppression déduction post-70, report plafonds 5 ans)
  • BOFiP BOI-IR-BASE-20-50 (MAJ 17/02/2026) — déduction PER — BOFiP
  • BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 (757 B et contrats d'assurance de groupe) — BOFiP
  • BOFiP BOI-TCAS-AUT-60 (régime 990 I) — BOFiP
  • BOFiP BOI-PAT-IFI-20-20-30-30 (PER et IFI) — BOFiP
  • Service-Public.fr — F36526 (PER individuel) — service-public.gouv.fr
  • Arrêté 22 déc. 2025 — PASS 2026 (48 060 €)
  • Cass. 2e civ. 19 déc. 2024 n° 23-19.110 (primes manifestement exagérées, publié au Bulletin — critères exclusifs : âge, patrimoine, famille, utilité)
  • Cass. 3e civ. 19 sept. 2024 n° 22-18.687 et 22-18.733 (quasi-usufruit dividende SCI ; analyse doctrinalement éclairante pour schémas démembrés — 774 bis CGI non cité par l'arrêt)
  • Cass. com. 11 sept. 2024 n° 22-23.014 (inédit — devoir de conseil assureur : la Cour rejette la responsabilité lorsque le souscripteur connaissait la fiscalité 757 B)
  • Cass. 1re civ. 31 mars 1992 n° 90-16.343 (arrêt Praslicka — valeur de rachat AV non dénouée dans le partage de communauté, transposable au PER)
  • BOFiP ACTU-2024-00131 du 26/09/2024 (doctrine art. 774 bis CGI) — BOFiP
  • Réponse ministérielle Malhuret, question écrite Sénat n° 01956 du 28/07/2022, réponse publiée le 09/02/2023 (exonération IFI du PER assurance en phase d'épargne, le plan devenant rachetable — donc imposable — à la liquidation de la pension ou à l'atteinte de l'âge d'ouverture des droits)

Mise à jour : avril 2026. Sources : Code général des impôts, Code monétaire et financier, Code des assurances, Code de la Sécurité sociale, BOFiP, Légifrance, Service-Public.gouv.fr, impôts.gouv.fr, Cour de cassation. Les chiffres et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 1er janvier 2026 (revenus 2025).

Ce guide est fourni à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil patrimonial personnalisé, ni une incitation à investir. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine qui analysera votre situation personnelle, vos objectifs et vos contraintes. Les performances passées des supports d'investissement (UC, SCPI, fonds euros) ne garantissent pas les performances futures. Notre cabinet pratique des frais transparents et adaptés à votre profil et met en œuvre une transparence totale sur la structure de rémunération.

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Sources et références légales

  • Code général des impôts — PER déduction et succession

    Art. 163 quinvicies CGI, dernier alinéa ajouté par l'article 9 de la loi de finances pour 2026 : les régimes de déduction de l'épargne retraite, dont le d du 1 du I de l'article 163 quatervicies, ne s'appliquent pas aux versements effectués à compter du jour du 70e anniversaire du titulaire (application au 1er janvier 2026). Art. 163 quatervicies, I, 2, b CGI, modifié par l'article 10 de la même loi : report des plafonds non utilisés porté de trois à cinq ans. Art. 990 I CGI (transmission PER assurantiel avant 70 ans, abattement 152 500 €/bénéficiaire, prélèvement 20 % puis 31,25 %). Art. 757 B CGI (transmission PER ET AV après 70 ans, abattement global 30 500 € tous bénéficiaires confondus, droits de mutation par décès au barème 777 CGI). Art. 200 A CGI (PFU 31,4 % sur gains PER en 2026). Art. 158-5 et 158-6 CGI (régime fiscal pensions PER et rente viagère à titre onéreux, abattement 70 % à partir de 70 ans).

  • Code monétaire et financier — architecture PER

    Loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019 (création du PER, articles L. 224-1 à L. 224-40 CMF). Art. L. 224-1 CMF (3 compartiments PER, aucune limite d'âge légale pour ouvrir ou alimenter). Art. L. 224-4 CMF (6 cas de déblocage anticipé : invalidité, décès conjoint, expiration droits chômage, surendettement, cessation activité non salariée, acquisition résidence principale). Art. L. 224-28 CMF (sortie PER : capital, capital fractionné, rente viagère, mixte). Art. L. 132-9 et L. 132-12 C. ass. (clause bénéficiaire, stipulation pour autrui PER assurantiel).

  • Donation, démembrement, Dutreil

    Art. 779 CGI (abattement donation 100 000 €/enfant/15 ans, 31 865 €/petit-enfant). Art. 790 G CGI (don Sarkozy 31 865 € < 80 ans). Art. 669 CGI (barème usufruit/nue-propriété : 60-70 ans USU 40 % NP 60 %, 71-80 ans USU 30 % NP 70 %, 81-90 ans USU 20 % NP 80 %). Art. 787 B CGI (Pacte Dutreil exonération 75 % titres opérationnels, engagement collectif 2 ans + individuel 4 ans + fonction direction 3 ans). Art. 1078 C. civ. (donation-partage, fige les valeurs au jour de l'acte). Art. 796-0 bis CGI (exonération totale conjoint marié et partenaire PACS).

  • LFSS 2026 et prélèvements sociaux

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) : prélèvements sociaux portés à 18,6 % sur PEA et PER (CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 %), tandis que le taux 17,2 % est expressément maintenu sur l'assurance-vie, les revenus fonciers et les plus-values immobilières privées. Le PER ne figure pas dans la liste limitative des enveloppes maintenues à 17,2 %, ses gains supportent donc le taux plein 18,6 % en 2026 à la sortie en capital. Application : 1er janvier 2026, sans rétroactivité sur les rachats antérieurs.

  • Doctrine BOFiP et jurisprudence

    BOFiP BOI-IR-BASE-20-50 (déductibilité cotisations épargne retraite, mise à jour du 17/02/2026). BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 (régime 757 B et contrats d'assurance de groupe). BOFiP BOI-TCAS-AUT-60 (régime 990 I). BOFiP BOI-PAT-IFI-20-20-30-30 § 140 (PER assurantiel hors assiette IFI tant que le plan n'est pas rachetable ; il le devient à la liquidation de la pension ou dès que le titulaire atteint l'âge d'ouverture des droits à pension). Cass. com. 21 juin 2023 n° 21-19.853 (publié au Bulletin, société Axyalis Patrimoine : contrat d'assurance-vie en unités de compte ; le délai de prescription de l'action en responsabilité contre le conseiller pour manquement à ses obligations d'information et de conseil court à compter du rachat du contrat, et non de la date de l'investissement). Cass. 2e civ. 19 décembre 2024 n° 23-19.110 (publié au Bulletin : critères des primes manifestement exagérées L. 132-13 C. ass.).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Toute stratégie PER après 70 ans doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable (audit du contrat assurantiel ou bancaire, simulation chiffrée bascule 990 I/757 B, calibrage clause bénéficiaire, comparaison avec donation 779 CGI et démembrement 669 CGI, plan de transmission notarié). Les chiffres et taux cités sont à jour au 10 mai 2026 mais peuvent évoluer.

Foire aux questions

Tout sur le PER après 70 ans en 2026 et les arbitrages avec AV, donation et démembrement.

LF 2026 suppression de la déduction, stratégie versement non déductible, transmission au décès 990 I/757 B, alternatives AV/donation/démembrement/Dutreil. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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  • Oui. L'article 9 de la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, publiée au JO du 20/02/2026) a complété l'article 163 quinvicies du CGI d'un alinéa qui écarte les régimes de déduction de l'épargne retraite, dont le d du 1 du I de l'article 163 quatervicies : les versements volontaires effectués à compter du jour du 70ᵉ anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles du revenu net global. La mesure s'applique aux versements effectués à compter du 1er janvier 2026 : le II de l'article 9 le prévoit expressément. Il n'existe donc aucune fenêtre de tolérance entre le 1er janvier et la publication de la loi au JO — un versement réalisé le 15 janvier 2026 par un titulaire ayant dépassé son 70e anniversaire n'est pas déductible. Aucun rétroactif ne touche les déductions historiques.