Sortir en capital ou en rente de son PER : comparaison chiffrée 2026

Au moment de liquider votre PER, une seule décision peut faire varier votre impôt de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Ce guide dissèque toutes les options — capital unique, fractionnement, rente viagère, sortie mixte — avec 27 cas chiffrés et l'arbitrage successoral trop souvent oublié.

Modes de sortie
PFU sur gains
Abattement rente RVTO
Abattement succession

Vous avez 62 ans. Votre PER affiche 280 000 €. Vous avez passé quinze ans à verser, à arbitrer, à optimiser votre déduction fiscale chaque décembre. Et voilà que la question arrive, sans préavis, avec une intensité inattendue : capital ou rente ?

C'est une décision qui pèse très lourd. Un mauvais choix, et c'est 40 000 € à 60 000 € d'impôt supplémentaire qui partent en fumée. Un bon arbitrage, et votre PER devient un outil de revenus et un vecteur de transmission pour vos enfants. Pourtant, aucune banque, aucun assureur, n'a pris le temps de vous expliquer les vraies mécaniques fiscales qui se cachent derrière cette option.

Ce guide est pensé comme une consultation patrimoniale. Pas une fiche technique, pas un argumentaire commercial. On va dérouler les règles, les pièges, 27 cas chiffrés et 4 histoires concrètes — pour qu'à la fin, vous sachiez exactement quelle case cocher le jour où l'assureur vous posera la question.

Ce que vous allez trouver dans ce guide

  • La fiscalité réelle de chaque mode de sortie (capital, rente, fractionné, mixte) en 2026
  • Un tableau comparatif 3 capitaux × 3 TMI × 3 stratégies = 27 scénarios chiffrés nets d'impôt
  • Le calcul du point mort longévité (à partir de quel âge la rente devient gagnante)
  • La nouveauté BOFiP de mars 2026 sur le système du quotient
  • L'arbitrage successoral oublié par 80 % des conseillers

1. Pourquoi ce choix est plus lourd qu'il n'y paraît

La plupart des épargnants pensent que la sortie du PER se résume à une équation simple : « je prends le capital pour être libre, ou j'opte pour la rente si je veux un revenu régulier ». C'est une vision d'agence bancaire. La réalité est infiniment plus riche — et plus coûteuse si on se trompe.

Trois paramètres structurent le vrai arbitrage, et tous sont indissociables.

D'abord la fiscalité. La sortie en capital peut faire basculer votre tranche marginale d'imposition — la TMI, c'est-à-dire le taux d'impôt appliqué à la dernière tranche de vos revenus — de 30 % à 41 %, voire déclencher la CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus, un impôt plancher de 20 % visant les foyers très aisés) si votre revenu fiscal de référence (RFR) dépasse 250 000 € pour un célibataire. À l'inverse, une rente mal calibrée vous enferme dans un revenu imposable à vie, même si vos besoins changent. Pour comprendre comment la TMI s'applique tranche par tranche, voyez notre barème IR 2026 détaillé.

Ensuite la longévité. Une rente viagère est un pari actuariel. L'assureur parie que vous allez mourir dans la moyenne ; vous pariez le contraire. Les tables de mortalité — TGH05 pour les hommes, TGF05 pour les femmes, TGHF05 pour la table mixte — sont les barèmes officiels utilisés par les assureurs pour calculer votre rente. Depuis fin 2024 (arrêté du 18 novembre 2024), les PER d'entreprise utilisent la table mixte TGHF05 (60 % hommes / 40 % femmes), alors que les PER individuels conservent les anciennes tables distinctes. Résultat : le point mort d'un capital de 100 000 € liquidé à 65 ans se situe autour de 93-94 ans. Si votre mère est morte à 82 et votre père à 79, la rente est statistiquement perdante.

Enfin la transmission. Un PER non liquidé avant 70 ans transmet à vos bénéficiaires désignés avec un abattement de 152 500 € chacun (article 990 I CGI). Une rente, elle, s'éteint. Sauf réversion — qui coûte entre 15 et 25 % de rente initiale.

Concrètement : pour un PER de 300 000 €, ces trois paramètres combinés peuvent creuser un écart de 80 000 à 120 000 € entre la meilleure et la pire stratégie. Soit l'équivalent de 4 à 6 années de salaire moyen français.

Le réflexe à éviter absolument

Ne jamais décider de la sortie le jour de la liquidation, sous la pression du conseiller de l'assureur. La décision optimale se prépare 12 à 24 mois avant pour modéliser vos revenus, lisser votre TMI et valider votre état de santé. C'est le rôle du conseiller en gestion de patrimoine — et c'est ce que prévoit le devoir de conseil imposé par la directive DDA (Distribution en Assurance).
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2. Les 3 modes de sortie autorisés depuis la loi PACTE

Avant de choisir, il faut savoir ce qui est réellement possible. Tout le monde n'a pas accès aux trois modes : cela dépend du type de PER que vous détenez. Jusqu'en 2019, la sortie en capital était ultra-limitée sur les anciens produits retraite (PERP, Madelin, article 83). La loi PACTE (loi n° 2019-486 du 22 mai 2019) a tout changé. Le PER individuel autorise aujourd'hui trois modes de sortie, plus une possibilité de fractionnement que peu de guides expliquent correctement.

2.1 Sortie en capital intégral

Vous récupérez 100 % de votre épargne en une fois. Option possible uniquement pour les compartiments 1 (individuel) et 2 (collectif facultatif — ex-PERCO). Pour le compartiment 3 (PER obligatoire d'entreprise), la sortie en capital est interdite sauf cas de déblocage anticipé.

2.2 Sortie en rente viagère

Vous convertissez tout ou partie de votre capital en un revenu mensuel versé jusqu'à votre décès. Le taux de conversion dépend de l'âge, du sexe, des options (réversion, annuités garanties) et du contrat. À 65 ans, compter environ 3,5 à 4,5 % de taux de conversion pour une rente simple.

2.3 Sortie mixte

Vous répartissez librement votre capital entre sortie immédiate et rente. Par exemple : 40 % en capital pour boucler un projet (rénovation, donation aux enfants), 60 % en rente pour sécuriser un revenu plancher. C'est souvent l'option la plus intelligente mais la moins utilisée — selon plusieurs études de cabinets d'assurance, moins de 15 % des sortants choisissent cette voie alors qu'elle serait optimale pour 60 à 70 % des profils.

2.4 Le cas particulier de la sortie fractionnée

Ce n'est pas un quatrième mode à proprement parler, mais une variante de la sortie en capital. Au lieu de retirer 100 % en une année, vous retirez par tranches : 50 000 € en 2026, 50 000 € en 2027, etc. Chaque retrait est un « versement en capital » imposable l'année de sa perception. C'est l'arme fiscale la plus puissante pour éviter la bascule de TMI.

Mode de sortieAutorisationFiscalitéRéversible ?
Capital intégralC1 + C2 uniquementBarème IR (versements déduits) + PFU 31,4 % (gains)Non : choix irréversible
Rente viagèreC1 + C2 + C3 (obligatoire en C3)RVTG (versements déduits) ou RVTO (non déduits)Non : choix irréversible
Sortie mixteC1 + C2 uniquementChaque part soumise à son régimeNon : ratio figé à la liquidation
Sortie fractionnéeC1 + C2 (contrat dépendant)Barème IR + PFU sur chaque trancheOui : vous pouvez stopper à tout moment

Concrètement

La sortie fractionnée est la seule option qui préserve votre flexibilité. Tant qu'il reste du capital dans le plan, vous pouvez ajuster votre rythme de retrait chaque année en fonction de vos autres revenus, de l'évolution des tranches d'IR, de vos projets (donation, achat immobilier). La rente, une fois déclenchée, est gravée dans le marbre.

2.5 Comment demander concrètement la liquidation

La demande de liquidation se formalise par courrier recommandé avec accusé de réception à votre assureur ou teneur de compte, accompagné d'un dossier complet. Les délais légaux ne sont pas toujours respectés sans relance : anticipez de 3 à 6 mois la perception effective de vos fonds.

ÉtapeDélai constatéPièces à fournir
Demande initiale par lettre recommandée AR (LRAR)J+0Formulaire assureur + choix du mode de sortie + RIB
Accusé de réception assureurJ+10 à J+30Aucun document supplémentaire
Pièces justificatives retraiteJ+15 à J+45Notification caisse retraite ou attestation d'âge légal
Validation fiscale et clause bénéficiaireJ+30 à J+75Avis d'imposition N-1, livret de famille
Versement capital ou 1re renteJ+60 à J+180Aucun document supplémentaire

Concrètement : comptez 4 à 6 mois entre l'envoi du courrier et le premier virement. Anticipez donc votre demande environ 12 mois avant la date où vous souhaitez disposer des fonds.

Ne négligez pas la clause bénéficiaire avant liquidation

La clause bénéficiaire, c'est la liste des personnes qui recevront votre capital si vous décédez avant de l'avoir consommé. Le jour où vous liquidez la rente, cette clause disparaît : la réversion remplace la transmission capitalistique. Si vous optez pour une sortie mixte (capital + rente), revérifiez la clause du compartiment capital juste avant la signature. C'est la dernière fenêtre pour la modifier.

3. Sortie en capital : la fiscalité ligne par ligne

C'est la partie que tous les concurrents survolent. Pourtant, c'est ici que se joue la différence entre un PER bien préparé et un PER mal liquidé. La règle fondamentale : la fiscalité dépend de la nature des versements effectués pendant la phase d'épargne.

3.1 Versements déduits (cas le plus fréquent)

Vous avez bénéficié d'une réduction d'impôt chaque année en déduisant vos versements du revenu imposable (article 163 quatervicies CGI). À la sortie, la fiscalité s'applique en deux blocs.

  • Part correspondant aux versements (le capital que vous avez versé) : imposée au barème progressif de l'IR sans abattement de 10 %. C'est un point crucial — les pensions de retraite classiques bénéficient d'un abattement de 10 %, pas le capital PER.
  • Part correspondant aux gains (plus-values générées par le plan) : imposée au PFU — le Prélèvement Forfaitaire Unique, parfois appelé « flat tax » — au taux de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026, Loi de Financement de la Sécurité Sociale). Option possible pour le barème progressif si celui-ci est plus favorable, voir notre guide PFU ou barème.

3.2 Versements non déduits (choix volontaire)

Pendant la phase d'épargne, vous pouviez renoncer à la déduction (case à cocher sur la déclaration). À la sortie, les règles s'inversent en votre faveur.

  • Part versements : exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Vous récupérez votre capital brut.
  • Part gains : PFU 31,4 % (12,8 % + 18,6 %), option barème possible.
FORMULE — Impôt sur la sortie capital (versements déduits)

  Impôt total = [Part versements × TMI retraite]
              + [Part gains × 31,4 %]

Exemple : PER 200 000 € (dont 160 000 € versements + 40 000 € gains)
  Liquidé par un contribuable TMI 30 % :
  = (160 000 × 30 %) + (40 000 × 31,4 %)
  = 48 000 + 12 560
  = 60 560 € d'impôt
  Soit 30,3 % du capital total

Concrètement : sur 200 000 €, l'État en prend 60 560 €. Il vous reste 139 440 € nets. C'est la base de comparaison avec les autres stratégies : fractionnement, rente ou sortie mixte peuvent faire descendre cette facture de 20 000 à 40 000 €.

⚠️ Piège fréquent : le PFU à 7,5 % ne s'applique PAS au PER

Beaucoup d'articles en ligne évoquent la possibilité d'opter pour un PFU à 7,5 % sur les retraits en capital. Cette option existe bien (article 163 bis II CGI) mais elle est expressément exclue pour les PER issus de la loi PACTE. Elle ne concerne que les anciens PERP, PREFON, CRH et article 83 historiques. Le BOFiP BOI-RSA-PENS-30-10-20 (mise à jour du 17 février 2026) le confirme explicitement.

3.3 L'impact sur la tranche marginale d'imposition

Voici l'erreur coûteuse numéro 1 : sortir 200 000 € en capital la même année que son salaire de pré-retraite. Si votre TMI habituelle est 30 %, un retrait de 160 000 € (part versements) va vous projeter en haut de tranche 41 %, voire dans la 45 % pour une partie. Le surcoût peut atteindre 15 000 à 25 000 €.

Concrètement : un cadre célibataire avec 65 000 € de salaire et un retrait de 160 000 € la même année aura un revenu global de 225 000 €. Sur ce montant, la tranche 41 % s'applique sur plus de 85 000 €, la tranche 45 % sur environ 48 000 €. Le surcoût IR net par rapport à un étalement sur 5 ans frôle les 22 000 €.

4. Sortie en rente : RVTG ou RVTO, deux mondes différents

La rente du PER n'est pas imposée de la même manière selon votre parcours de versement. Deux régimes coexistent, et la distinction change radicalement l'équation fiscale.

4.1 Rente viagère à titre gratuit (RVTG) — versements déduits

Si vous avez déduit vos versements, la rente est assimilée à une pension de retraite. Elle est imposée au barème progressif de l'IR avec l'abattement forfaitaire de 10 % des pensions (article 158-5 CGI), plafonné à 4 439 € par foyer fiscal pour les revenus 2025 déclarés en 2026 (plancher 454 € par pensionné).

Deux taux de prélèvements sociaux coexistent selon le type de PER. Sur un PER d'entreprise obligatoire (C3, ex-article 83), assimilé à une pension de retraite, le taux tombe à 10,1 % (CSG Contribution Sociale Généralisée 8,3 % + CRDS Contribution au Remboursement de la Dette Sociale 0,5 % + CASA Contribution Additionnelle de Solidarité pour l'Autonomie 0,3 % + cotisation maladie 1 %). Sur un PER individuel ou un PER collectif facultatif ex-PERCO (C1 + C2), considérés comme des produits de placement, il monte à 18,6 % depuis la LFSS 2026. Soit 2 à 3 points de rendement net en moins chaque année sur une rente de long terme.

4.2 Rente viagère à titre onéreux (RVTO) — versements non déduits

Si vous n'avez pas déduit, la rente bascule dans le régime RVTO (article 158-6 CGI). Seule une fraction de la rente est imposable, variable selon votre âge à l'entrée en jouissance.

Âge à l'entrée en jouissanceFraction imposableAbattement effectifExemple : rente 12 000 €/an
Moins de 50 ans70 %30 %8 400 € imposable
50 à 59 ans50 %50 %6 000 € imposable
60 à 69 ans40 %60 %4 800 € imposable
70 ans et plus30 %70 %3 600 € imposable

Concrètement

Une rente RVTO liquidée à 70 ans ou plus bénéficie d'un abattement de 70 %. Pour une rente de 12 000 €/an, seuls 3 600 € sont soumis au barème IR. Pour un retraité TMI 30 %, l'impôt annuel sur cette rente tombe à 1 080 € — soit un taux d'imposition effectif de 9 % sur la rente brute. C'est souvent plus avantageux que la rente RVTG.

4.3 Réversion au conjoint : combien ça coûte ?

Vous pouvez activer une option de réversion à la liquidation de la rente. Le principe : à votre décès, le conjoint survivant (ou un autre bénéficiaire désigné) continue de percevoir un pourcentage de la rente.

  • Réversion 60 % : rente initiale réduite d'environ -15 % (fourchette indicative du marché, variable selon assureur)
  • Réversion 80 % : rente initiale réduite d'environ -20 %
  • Réversion 100 % : rente initiale réduite d'environ -25 %

Concrètement sur 100 000 € convertis à 65 ans : la rente simple tourne autour de 3 500 €/an. Avec une réversion 60 %, la rente initiale chute à environ 2 975 €/an (soit -525 €/an) mais votre conjoint survivant percevra 1 785 €/an après votre décès. Avec une réversion 100 %, la rente initiale descend à 2 625 €/an (-875 €/an) et le conjoint perçoit l'intégralité. Règle de bon sens : la réversion devient vraiment rentable quand votre conjoint a au moins 12 ans de moins que vous. En dessous, une rente simple couplée à une assurance-vie au bénéfice du conjoint protège souvent mieux.

La rente reversée au conjoint survivant est exonérée de droits de succession (article 796-0 bis du CGI, loi TEPA n° 2007-1223 du 21 août 2007).

4.4 Le seuil minimum de 110 €/mois

Depuis juillet 2023, si votre capital est trop petit pour générer au moins 110 €/mois de rente, l'assureur a l'obligation de vous verser tout le capital d'un coup. Pas de rente minuscule imposée. Cette règle vient de l'arrêté du 17 juillet 2023 modifiant les articles A.160-2 à A.160-4 du Code des assurances (JO du 22 juillet 2023).

Concrètement : avec un taux de conversion de 3,5 %, ce seuil est atteint à partir d'un capital d'environ 38 000 €. En dessous, la rente est impossible — sortie forcée en capital.

4.5 Quelle rente réelle attendre en 2026 ?

Au-delà des formules, les épargnants veulent un ordre de grandeur concret. Voici les fourchettes constatées en 2026 sur les principaux contrats PER individuels du marché (rente simple, sans réversion ni annuités garanties, tables TGH05/TGF05).

Capital convertiÂge liquidationRente homme (€/mois)Rente femme (€/mois)
100 000 €62 ans280 à 320 €255 à 295 €
100 000 €65 ans300 à 400 €275 à 365 €
100 000 €70 ans370 à 470 €345 à 435 €
300 000 €65 ans900 à 1 200 €825 à 1 095 €
500 000 €65 ans1 500 à 2 000 €1 375 à 1 825 €

Concrètement : ces écarts entre assureurs s'expliquent par les frais d'arrérages (entre 1 % et 3 % de chaque rente versée), la qualité du fonds euros sous-jacent et la politique de revalorisation annuelle. Avant toute signature, exigez trois devis de conversion avec hypothèses identiques (âge, options, réversion) : l'écart peut dépasser 15 % sur la même somme.

4.6 Fiscalité selon le compartiment : le tableau qu'on ne vous montre jamais

Beaucoup d'épargnants cumulent plusieurs compartiments sans le savoir : un PER individuel C1 ouvert chez un courtier, un PERECO C2 hérité d'un ancien employeur, un article 83 transféré en C3. Chaque compartiment porte sa propre fiscalité de sortie.

CompartimentSortie capital : versementsSortie capital : gainsSortie rente : régime
C1 — PER individuel (versements déduits)Barème IR sans abattement 10 %PFU 31,4 %RVTG (barème IR + abattement 10 %)
C1 — PER individuel (versements non déduits)Exonération totalePFU 31,4 %RVTO (abattement 30 à 70 % selon âge)
C2 — PERECO / épargne salarialeExonération IR (PS 18,6 % sur gains)PFU 31,4 %RVTO (abattement selon âge)
C3 — PER obligatoire (ex-article 83)Interdite (sauf déblocage anticipé)Régime pensions (abattement 10 %, PS 10,1 %)

Concrètement

Le compartiment 2 (épargne salariale) est le grand gagnant fiscal en sortie capital : les versements (abondement, intéressement, participation) ressortent totalement exonérés d'IR — seuls les gains supportent le PFU. Si vous cumulez C1 + C2, privilégiez la liquidation du C2 en capital et gardez le C1 en fractionné ou en rente.
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5. La grande comparaison chiffrée (27 cas)

Voici le tableau que personne n'ose produire. Trois capitaux de départ (100 000 €, 300 000 €, 500 000 €), trois TMI retraite (11 %, 30 %, 41 %), trois stratégies (capital unique, capital fractionné sur 5 ans, rente viagère à 65 ans). Tous les chiffres sont nets après impôt et prélèvements sociaux 2026.

Hypothèses communes : 80 % du capital correspond aux versements déduits, 20 % aux gains. Taux de conversion rente 65 ans : 3,5 %. Espérance de vie retenue : 88 ans. Taux d'actualisation 2 %.

5.1 Capital 100 000 € (dont 80 000 € versements + 20 000 € gains)

TMI retraiteCapital unique (net)Fractionné 5 ans (net)Rente 65→88 ans (net cumulé)
11 %84 520 €85 180 €~74 000 €
30 %69 720 €72 100 €~68 000 €
41 %60 920 €62 500 €~62 500 €

Concrètement : sur un petit capital, la différence entre les stratégies reste limitée (≈ 5 000 € d'écart max). Le fractionnement gagne toujours légèrement. La rente n'est pas compétitive sauf longévité exceptionnelle.

5.2 Capital 300 000 € (dont 240 000 € versements + 60 000 € gains)

TMI retraiteCapital unique (net)Fractionné 5 ans (net)Rente 65→88 ans (net cumulé)
11 %248 160 €252 000 €~220 000 €
30 %194 160 €217 500 €~202 000 €
41 %161 760 €185 000 €~186 000 €

Concrètement : c'est sur ce palier que l'écart explose. Un cadre TMI 30 % qui sort tout en une fois perd 23 340 € par rapport à un fractionnement sur 5 ans. À TMI 41 %, l'écart grimpe à 23 240 €, car une partie du capital unique bascule en TMI 45 %. Le fractionnement n'est plus une option, c'est une obligation patrimoniale.

5.3 Capital 500 000 € (dont 400 000 € versements + 100 000 € gains)

TMI retraiteCapital unique (net)Fractionné 7 ans (net)Rente 65→88 ans (net cumulé)
11 %411 400 €420 000 €~365 000 €
30 %303 400 €357 500 €~337 000 €
41 %237 400 €302 500 €~310 000 €

Attention au seuil CDHR à 250 000 € RFR

Pour un contribuable célibataire, un retrait unique de 400 000 € de versements PER projette presque systématiquement le revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 €, déclenchant la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) qui impose un taux minimum de 20 % d'impôt. Le fractionnement sur 7 à 10 ans est ici indispensable. Pour un couple, le seuil est de 500 000 € RFR.

Concrètement : sur un gros PER à TMI 41 %, passer de la sortie unique au fractionnement 7 ans représente un gain de 65 100 €. C'est quasiment le prix d'un appartement en province, conservé grâce à une bonne ingénierie fiscale.

6. Sortie fractionnée et système du quotient

Depuis la mise à jour du BOI-RSA-PENS-30-10-20 publiée par l'administration fiscale le 17 février 2026 (consultation publique ouverte du 17 février au 17 avril 2026), une nouveauté majeure est entrée dans la doctrine : l'éligibilité de la sortie en capital du PER au système du quotient de l'article 163-0 A du CGI.

6.1 Qu'est-ce que le système du quotient ?

Le quotient permet d'imposer un revenu exceptionnel comme s'il était étalé sur plusieurs années, afin d'éviter l'effet de seuil. Mécanisme : l'impôt correspondant au revenu exceptionnel est calculé en ajoutant au revenu courant un quart du revenu exceptionnel (coefficient 4), puis en multipliant le supplément d'impôt obtenu par 4.

FORMULE — Système du quotient (art. 163-0 A CGI)

  1. Calculer l'IR sur le revenu courant (R)
  2. Calculer l'IR sur R + (Revenu exceptionnel / 4)
  3. Différence = supplément d'impôt
  4. Multiplier ce supplément par 4
  5. Ajouter à l'IR de base → impôt total

Concrètement : l'idée est simple. L'administration fait comme si vous aviez touché votre capital sur 4 ans au lieu d'un seul, calcule l'impôt supplémentaire sur cette base, puis multiplie par 4. Résultat : vous évitez de basculer dans la tranche d'imposition supérieure à cause d'un retrait exceptionnel.

6.2 Application concrète au PER

L'administration a confirmé : chaque retrait en capital PER peut être traité comme un revenu exceptionnel ouvrant droit au quotient, à condition :

  • Que le retrait ne corresponde pas à un événement prévisible chaque année (donc pas de retraits réguliers)
  • Qu'un délai de 3 ans sépare deux retraits bénéficiant du quotient
  • Que le caractère exceptionnel soit justifiable (projet immobilier, donation, travaux)

6.3 Gain chiffré sur un cas concret

Jean, cadre célibataire, 64 ans, TMI habituelle 30 %, retire 150 000 € de son PER (versements déduits) en 2026.

ScénarioCalculImpôt netGain vs sans quotient
Sans quotient150 000 × bascule TMI 41 %~57 000 €
Avec quotient (coef. 4)(150 000 / 4) en TMI 30 %, ×4~45 000 €+12 000 €
Fractionné 5 ans sans quotient30 000 €/an en TMI 30 %~45 000 €+12 000 €

Concrètement : le quotient permet d'obtenir le même résultat qu'un fractionnement sur 5 ans, en une seule opération. Intéressant si vous avez un projet précis (ex. achat de résidence secondaire) et que vous voulez récupérer le capital en une fois sans subir la bascule TMI.

Doctrine en évolution

La consultation publique sur le BOI-RSA-PENS-30-10-20 a été ouverte du 17 février au 17 avril 2026. La version définitive est attendue pour l'été 2026. En attendant, les retraits en capital PER réalisés en 2026 peuvent opter pour le quotient en se fondant sur la doctrine consultable.

7. Point mort longévité : quand la rente gagne

La question la plus honnête qu'on puisse poser face à une rente viagère : combien d'années dois-je vivre pour que la rente rattrape — puis dépasse — le capital que j'aurais pu conserver et placer ?

7.1 Le calcul de base

Pour un capital de 100 000 € à 65 ans, converti en rente au taux de 3,5 % (table TGF05 femme, rente simple sans réversion), la rente annuelle brute est de 3 500 €/an. Le point mort brut est atteint quand le cumul des rentes dépasse le capital initial.

Les nouvelles règles issues de l'arrêté du 18 novembre 2024 (NOR ECOT2426307A) ont rebattu les cartes. Pour les rentes collectives (PERO, PERECO, ex-article 83, ex-article 39), les assureurs utilisent désormais une table unique non genrée TGHF05. L'impact est asymétrique : environ -14 % de rente pour un homme, +14 % pour une femme, par rapport aux tables TGH05/TGF05 séparées encore utilisées en individuel. Concrètement : un homme de 65 ans convertissant 150 000 € touchait environ 625 €/mois sous l'ancienne table individuelle. Sous TGHF05, la même conversion collective tombe à environ 537 €/mois. Soit un manque à gagner d'environ 26 000 € de rente brute cumulée sur 25 ans. Cet ajustement recule le point mort d'environ 3 à 4 ans.

POINT MORT ACTUARIEL BRUT

  Point mort (années) = Capital / Rente annuelle
                      = 100 000 / 3 500
                      = 28,6 ans

  Âge au point mort = 65 + 28,6 = 93,6 ans

Concrètement : vous devez atteindre 94 ans pour que la rente ait simplement remboursé le capital que vous auriez pu encaisser. Pas pour qu'elle soit rentable — juste pour qu'elle l'égale.

7.2 Intégration du placement alternatif

Ce calcul est brut. Il ignore le fait qu'un capital encaissé en 2026 peut être placé sur une assurance-vie, un CTO ou des SCPI et générer du rendement pendant 25-30 ans. Si on suppose un rendement net de 3 %/an sur le capital conservé, le point mort recule de 10-12 ans. Il devient quasi-irréaliste d'atteindre la rentabilité de la rente.

7.3 Quand la rente gagne-t-elle vraiment ?

Trois profils pour qui la rente est pertinente, même face au capital placé :

  • Femme non-fumeuse, en bonne santé, espérance de vie 90+ ans, sans héritier direct (la rente éteinte au décès ne la pénalise pas)
  • Couple sans grand patrimoine qui a besoin d'un plancher de revenu sécurisé — la rente devient un « salaire » qui complète la retraite
  • Retraité qui refuse de gérer son capital et préfère déléguer totalement à l'assureur

L'angle mort des simulations commerciales

Quand un conseiller vous présente la rente, demandez-lui systématiquement : « À quel âge le cumul de ma rente nette d'impôt dépasse-t-il le capital placé net d'impôt ? ». S'il hésite ou ne sait pas répondre précisément, c'est un mauvais signe. Un vrai CGP doit pouvoir vous sortir ce calcul en moins de dix minutes. Sinon, demandez un second avis avant de signer.
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8. Inflation et rente fixe : le poison silencieux

Les rentes PER sont généralement revalorisées annuellement, mais à un rythme très inférieur à l'inflation réelle. La revalorisation moyenne des dix dernières années tourne autour de 1 %/an, alors que l'inflation cumulée 2020-2025 a dépassé 15 %.

8.1 L'érosion du pouvoir d'achat sur 25 ans

Sur 25 ans avec une inflation moyenne de 2 %/an, le pouvoir d'achat d'une rente fixe de 1 000 €/mois en 2026 tombe à :

AnnéeRente bruteInflation cumuléePouvoir d'achat 2026 équivalent
20261 000 €0 %1 000 €
20351 000 €19,5 %836 €
20451 000 €45,7 %685 €
20511 000 €64 %610 €

Concrètement : la rente de 1 000 €/mois de vos 65 ans ne vous achètera plus que 610 € de biens et services à vos 90 ans. C'est une chute de 39 % du pouvoir d'achat. Un capital placé sur une assurance-vie prudente (3-4 % net annuel) absorbe l'inflation et protège durablement.

8.2 Les rentes indexées : le vrai coût

Certains contrats proposent une rente « indexée sur l'inflation ». Attention : l'indexation n'est presque jamais gratuite. Le montant initial de la rente est réduit de 15 à 25 % par rapport à une rente fixe. Il faut vivre au moins 15-20 ans pour que l'indexation compense cette réduction initiale.

9. Les 6 cas de déblocage anticipé + RP

Avant même l'âge de la retraite, l'article L.224-4 du Code monétaire et financier autorise le déblocage du PER dans six situations. Cinq sont qualifiées d'« accidents de la vie » et bénéficient d'une fiscalité très allégée. La sixième (résidence principale) obéit à un régime particulier.

CasFiscalité versementsFiscalité gainsPER concerné
Décès conjoint / partenaire PACSExonérationPS 18,6 %C1 + C2 + C3
Invalidité 2e/3e catégorieExonérationPS 18,6 %C1 + C2 + C3
SurendettementExonérationPS 18,6 %C1 + C2 + C3
Expiration droits chômageExonérationPS 18,6 %C1 + C2 + C3
Liquidation judiciaire TNSExonérationPS 18,6 %C1 + C2 + C3
Achat résidence principaleBarème IR (si versements déduits)PFU 31,4 %C1 + C2 uniquement

Concrètement : pour les cinq premières situations (accidents de la vie), l'État ne prend quasiment rien — seuls les prélèvements sociaux s'appliquent sur les gains. Pour l'achat de résidence principale, la fiscalité reste normale ; seul l'accès anticipé change. Voyez aussi notre guide déduction PER selon votre TMI pour optimiser le choix du moment.

Le déblocage RP : outil de trésorerie sous-estimé

Le PER peut servir d'apport pour un achat de résidence principale, même plusieurs années avant la retraite. Mais attention à la fiscalité : si vous avez déduit vos versements, la sortie déclenche l'IR au barème sur la part versements. Ça peut être pertinent si votre TMI actuelle est basse (11 % ou 0) ou si le gain immobilier anticipé (valorisation du bien) compense largement l'impôt. À modéliser au cas par cas.

9.1 La différence radicale : accidents de vie vs RP

Pour les cinq premiers cas (accidents de vie), la part versements est totalement exonérée d'IR, seuls les gains sont soumis aux prélèvements sociaux (18,6 %). C'est la fiscalité la plus avantageuse qui existe sur un PER.

Pour la résidence principale, la fiscalité est la même qu'une sortie normale : barème IR sur les versements déduits + PFU sur les gains. L'avantage est le timing — pas la fiscalité.

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10. Ne pas liquider = transmettre : l'arbitrage successoral

Voici le point que la plupart des guides zappent complètement. La question n'est pas seulement « comment sortir mon PER ? » mais « dois-je vraiment le sortir ? ». Dans beaucoup de profils patrimoniaux, la meilleure sortie, c'est l'absence de sortie. Pour approfondir le régime successoral, voyez notre guide complet succession 2026.

10.1 PER assurantiel avant 70 ans : la pépite 990 I

Si vous décédez avant 70 ans sans avoir liquidé votre PER (ou avant d'avoir tout consommé), le capital restant est transmis à vos bénéficiaires désignés selon la clause bénéficiaire. Chaque bénéficiaire profite de l'abattement de l'article 990 I du CGI : 152 500 € chacun, puis taxation à 20 % jusqu'à 700 000 €, 31,25 % au-delà.

Concrètement : un PER de 400 000 € transmis à deux enfants au décès à 69 ans passe sans impôt (2 × 152 500 € = 305 000 € abattus + 95 000 € à 20 % = 19 000 € d'impôt total sur 400 000 €). Pour comparaison, une succession classique en ligne directe aurait taxé les mêmes 400 000 € à hauteur d'environ 72 000 €.

10.2 PER assurantiel après 70 ans : 757 B

Après 70 ans, le régime change. L'article 757 B du CGI s'applique : abattement de 30 500 € global (tous bénéficiaires confondus, partagé aussi avec les primes d'assurance-vie versées après 70 ans). Au-delà, les règles de succession classiques s'appliquent selon le lien de parenté.

10.3 PER bancaire : attention aux règles classiques

Les PER bancaires (compte-titres) ne bénéficient d'aucun régime de faveur à la succession. Le capital est intégré à l'actif successoral et taxé selon les abattements classiques (100 000 € par enfant en ligne directe, art. 779 CGI). C'est un désavantage structurel majeur par rapport aux PER assurantiels.

Le piège du transfert tardif

Si votre PER est bancaire et que vous approchez de 70 ans, envisagez un transfert vers un PER assurantiel. La démarche peut se faire sans frais après 5 ans de détention (article L.224-40 CMF). Vous préservez l'antériorité fiscale de vos versements et gagnez le régime 990 I pour vos héritiers.

10.4 Stratégie combinée : consommation partielle + transmission

La stratégie la plus élaborée : liquider une partie du PER (en fractionné, avec quotient) pour financer votre train de vie, et laisser le solde capitaliser dans le plan pour la transmission. Exemple : Sylvie, 67 ans, 400 000 € sur son PER, retire 20 000 € par an en capital fractionné. À 82 ans, il lui reste environ 180 000 € dans le plan (après croissance à 3 %/an). Décès à 87 ans : 180 000 € transmis sous le régime 757 B (abattement 30 500 €) — acceptable si les bénéficiaires l'avaient anticipé.

11. Quel mode selon votre profil

Pas de règle universelle — mais six archétypes qu'on rencontre en cabinet. Trouvez le vôtre.

Profil 1 — Le cadre supérieur TMI 41 % activité → 30 % retraite

Thomas, 63 ans, directeur financier, PER de 380 000 €. Son TMI actuel est 41 %, sa TMI retraite estimée à 30 % (revenus divisés par deux).

Stratégie recommandée : sortie fractionnée sur 6 à 8 ans à raison de 50 000 € par an. Permet de rester en TMI 30 % sans jamais basculer en 41 %. Gain estimé vs sortie unique : 35 000 à 45 000 €.

Profil 2 — Le couple modeste TMI 11 %

Patrick et Sylvie, 66 et 64 ans, retraités, revenu fiscal du couple de 42 000 €. PER combinés de 110 000 €.

Stratégie recommandée : sortie en capital unique. Leur TMI reste en 11 % même avec un retrait de 110 000 €. Pas de quotient nécessaire, pas de fractionnement inutile. Simplicité maximale et fiscalité minimale (~12 000 € d'impôt total).

Profil 3 — La veuve en bonne santé, sans héritier direct

Marie-Claire, 65 ans, enseignante retraitée veuve, pas d'enfants, PER de 95 000 €. TMI 11 %. Mère décédée à 94 ans, grand-mère à 98.

Stratégie recommandée : rente viagère avec annuités garanties 15 ans (pour protéger ses neveux en cas de décès précoce). Rente d'environ 3 300 €/an. Son point mort est à 93 ans — elle a une probabilité élevée de le dépasser. La rente devient son meilleur investissement.

Profil 4 — Le TNS à 500 k€ de PER

Jean-Marc, 62 ans, chirurgien TNS, PER de 520 000 € (Madelin transféré + PER individuel). TMI 45 % activité, 41 % retraite projetée. Risque CDHR à 250 k€ RFR.

Stratégie recommandée : sortie fractionnée sur 10 ans à 52 000 €/an. Système du quotient pour éviter la CDHR les premières années. Option rente résiduelle sur les 20 % non consommés après 72 ans, avec réversion 60 % pour son épouse.

Profil 5 — Le retraité fortuné patrimoine > 2 M€

Élisabeth, 68 ans, ex-dirigeante, patrimoine global 3,2 M€, PER de 450 000 €. Revenus locatifs confortables, pas besoin du PER pour vivre.

Stratégie recommandée : ne pas liquider du tout. Laisser le PER capitaliser pour la transmission. Transfert vers un PER assurantiel si ce n'est pas déjà fait. Désignation bénéficiaire : 2 enfants + 3 petits-enfants pour maximiser les abattements 990 I (5 × 152 500 = 762 500 €).

Profil 6 — L'acheteur de résidence principale

Karim, 54 ans, cadre, TMI 30 %. PER de 80 000 €. Souhaite acheter sa résidence principale — apport insuffisant.

Stratégie recommandée : déblocage anticipé pour achat RP. Fiscalité : environ 22 500 € d'impôt sur les versements déduits + PFU 31,4 % sur les gains (environ 4 700 €). Mais le bénéfice patrimonial de l'achat anticipé compense largement. À modéliser avec un CGP.

Profil 7 — La salariée confrontée à un accident de la vie

Nathalie, 54 ans, cadre dans l'industrie, licenciement économique en 2024, fin de droits France Travail (ex-Pôle emploi) imminente en 2026. PER de 145 000 €. TMI actuelle 0 % (pas de revenus imposables).

Stratégie recommandée : activation du déblocage anticipé « expiration des droits chômage » (art. L.224-4 CMF). Les versements sortent totalement exonérés d'IR, seuls les gains subissent les prélèvements sociaux de 18,6 %. Pour 145 000 € dont 30 000 € de gains : impôt total ~5 580 €. C'est la fiscalité la plus douce qui existe sur un PER. Le dossier doit contenir l'attestation France Travail de fin de droits et la demande doit être déposée dans le mois qui suit.

Ce qui rend un bilan patrimonial indispensable

Ces profils sont des archétypes, pas des prescriptions. Votre situation mêle potentiellement plusieurs dimensions : âge du conjoint, enfants d'une première union, immobilier taxable à l'IFI, société à céder, patrimoine international… Un bilan CGP en amont de la liquidation vous évite 20 000 à 80 000 € d'erreurs évitables. C'est le meilleur retour sur investissement qu'on puisse imaginer.
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Sources officielles

Avertissement

Cet article constitue une information générale à titre pédagogique et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les règles fiscales peuvent évoluer (notamment avec les lois de finances). Les performances passées ne garantissent pas les performances futures. Hagnéré Patrimoine est immatriculé ORIAS en tant que CIF, COA et COBSP. Pour une analyse adaptée à votre situation, prenez rendez-vous avec l'un de nos conseillers.

Article rédigé par Quentin Hagnéré, CGP certifié CIF/COA/COBSP. Publié le 14 avril 2026. Dernière mise à jour : 14 avril 2026.

Questions frequentes

Questions fréquentes sur la sortie du PER

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