Vous avez 62 ans. Votre PER affiche 280 000 €. Vous avez passé quinze ans à verser, à arbitrer, à optimiser votre déduction fiscale chaque décembre. Et voilà que la question arrive, sans préavis, avec une intensité inattendue : capital ou rente ?
C'est une décision qui pèse très lourd. Un mauvais choix, et c'est 40 000 € à 60 000 € d'impôt supplémentaire qui partent en fumée. Un bon arbitrage, et votre PER devient un outil de revenus et un vecteur de transmission pour vos enfants. Pourtant, aucune banque, aucun assureur, n'a pris le temps de vous expliquer les vraies mécaniques fiscales qui se cachent derrière cette option.
Ce guide est pensé comme une consultation patrimoniale. Pas une fiche technique, pas un argumentaire commercial. On va dérouler les règles, les pièges, 27 cas chiffrés et 4 histoires concrètes — pour qu'à la fin, vous sachiez exactement quelle case cocher le jour où l'assureur vous posera la question.
Ce que vous allez trouver dans ce guide
- La fiscalité réelle de chaque mode de sortie (capital, rente, fractionné, mixte) en 2026, intégrant les nouveautés de la loi de finances 2026
- Un tableau comparatif 3 capitaux × 3 TMI × 3 stratégies = 27 scénarios chiffrés nets d'impôt
- Le calcul du point mort longévité (à partir de quel âge la rente devient gagnante)
- Ce que dit le BOFiP en vigueur (version du 10/08/2026) sur le système du quotient
- L'arbitrage successoral oublié par 80 % des conseillers
Pourquoi ce choix est plus lourd qu'il n'y paraît
La plupart des épargnants pensent que la sortie du PER se résume à une équation simple : « je prends le capital pour être libre, ou j'opte pour la rente si je veux un revenu régulier ». C'est une vision d'agence bancaire. La réalité est infiniment plus riche — et plus coûteuse si on se trompe.
Trois paramètres structurent le vrai arbitrage, et tous sont indissociables.
D'abord la fiscalité. La sortie en capital peut faire basculer votre tranche marginale d'imposition — la TMI, c'est-à-dire le taux d'impôt appliqué à la dernière tranche de vos revenus — de 30 % à 41 %, voire déclencher la CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus, un impôt plancher de 20 % visant les foyers très aisés) si votre revenu fiscal de référence (RFR) dépasse 250 000 € pour un célibataire. À l'inverse, une rente mal calibrée vous enferme dans un revenu imposable à vie, même si vos besoins changent. Pour comprendre comment la TMI s'applique tranche par tranche, voyez notre barème IR 2026 détaillé.
Ensuite la longévité. Une rente viagère est un pari actuariel. L'assureur parie que vous allez mourir dans la moyenne ; vous pariez le contraire. Les tables de mortalité — TGH05 pour les hommes, TGF05 pour les femmes, TGHF05 pour la table mixte — sont les barèmes officiels utilisés par les assureurs pour calculer votre rente. Depuis fin 2024 (arrêté du 18 novembre 2024), les PER d'entreprise utilisent la table mixte TGHF05 (60 % hommes / 40 % femmes), alors que les PER individuels conservent les anciennes tables distinctes. Résultat : le point mort d'un capital de 100 000 € liquidé à 65 ans se situe autour de 93-94 ans. Si votre mère est morte à 82 et votre père à 79, la rente est statistiquement perdante.
Enfin la transmission. Un PER non liquidé avant 70 ans transmet à vos bénéficiaires désignés avec un abattement de 152 500 € chacun (article 990 I CGI). Une rente, elle, s'éteint. Sauf réversion — qui coûte entre 15 et 25 % de rente initiale.
Concrètement : pour un PER de 300 000 €, ces trois paramètres combinés peuvent creuser un écart de 80 000 à 120 000 € entre la meilleure et la pire stratégie. Soit l'équivalent de 4 à 6 années de salaire moyen français.
La décision se prépare 12 à 24 mois avant, pas le jour de la liquidation
Préparez la sortie de votre PER 12 à 24 mois avant la liquidation
Modélisation de vos revenus retraite, arbitrage capital, rente et fractionnement : un conseiller du cabinet construit votre scénario optimal et évite la décision sous pression au jour de la liquidation.
Quels sont vos 3 modes de sortie autorisés depuis la loi PACTE ?
Avant de choisir, il faut savoir ce qui est réellement possible. Tout le monde n'a pas accès aux trois modes : cela dépend du type de PER que vous détenez. Jusqu'en 2019, la sortie en capital était ultra-limitée sur les anciens produits retraite (PERP, Madelin, article 83). La loi PACTE (loi n° 2019-486 du 22 mai 2019) a tout changé. Le PER individuel autorise aujourd'hui trois modes de sortie, plus une possibilité de fractionnement que peu de guides expliquent correctement.
2.1 Sortie en capital intégral
Vous récupérez 100 % de votre épargne en une fois. Option possible uniquement pour les compartiments 1 (individuel) et 2 (collectif facultatif — ex-PERCO). Pour le compartiment 3 (PER obligatoire d'entreprise), la sortie en capital est interdite sauf cas de déblocage anticipé.
2.2 Sortie en rente viagère
Vous convertissez tout ou partie de votre capital en un revenu mensuel versé jusqu'à votre décès. Le taux de conversion dépend de l'âge, du sexe, des options (réversion, annuités garanties) et du contrat. À 65 ans, compter environ 3,5 à 4,5 % de taux de conversion pour une rente simple.
2.3 Sortie mixte
Vous répartissez librement votre capital entre sortie immédiate et rente. Par exemple : 40 % en capital pour boucler un projet (rénovation, donation aux enfants), 60 % en rente pour sécuriser un revenu plancher. C'est souvent l'option la plus intelligente mais la moins utilisée — selon plusieurs études de cabinets d'assurance, moins de 15 % des sortants choisissent cette voie alors qu'elle serait optimale pour 60 à 70 % des profils.
2.4 Le cas particulier de la sortie fractionnée
Ce n'est pas un quatrième mode à proprement parler, mais une variante de la sortie en capital. Au lieu de retirer 100 % en une année, vous retirez par tranches : 50 000 € en 2026, 50 000 € en 2027, etc. Chaque retrait est un « versement en capital » imposable l'année de sa perception. C'est l'arme fiscale la plus puissante pour éviter la bascule de TMI.
| Mode de sortie | Autorisation | Fiscalité | Réversible ? |
|---|---|---|---|
| Capital intégral | C1 + C2 uniquement | Barème IR (versements déduits) + PFU 31,4 % (gains, LFSS 2026) | Non : choix irréversible |
| Rente viagère | C1 + C2 + C3 (obligatoire en C3) | RVTG (versements déduits) ou RVTO (non déduits) | Non : choix irréversible |
| Sortie mixte | C1 + C2 uniquement | Chaque part soumise à son régime | Non : ratio figé à la liquidation |
| Sortie fractionnée | C1 + C2 (contrat dépendant) | Barème IR + PFU sur chaque tranche | Oui : vous pouvez stopper à tout moment |
Concrètement
2.5 Comment demander concrètement la liquidation
La demande de liquidation se formalise par courrier recommandé avec accusé de réception à votre assureur ou teneur de compte, accompagné d'un dossier complet. Les délais légaux ne sont pas toujours respectés sans relance : anticipez de 3 à 6 mois la perception effective de vos fonds.
| Étape | Délai constaté | Pièces à fournir |
|---|---|---|
| Demande initiale par lettre recommandée AR (LRAR) | J+0 | Formulaire assureur + choix du mode de sortie + RIB |
| Accusé de réception assureur | J+10 à J+30 | Aucun document supplémentaire |
| Pièces justificatives retraite | J+15 à J+45 | Notification caisse retraite ou attestation d'âge légal |
| Validation fiscale et clause bénéficiaire | J+30 à J+75 | Avis d'imposition N-1, livret de famille |
| Versement capital ou 1ré rente | J+60 à J+180 | Aucun document supplémentaire |
Concrètement : comptez 4 à 6 mois entre l'envoi du courrier et le premier virement. Anticipez donc votre demande environ 12 mois avant la date où vous souhaitez disposer des fonds.
Ne négligez pas la clause bénéficiaire avant liquidation
Comment est imposée votre sortie en capital ligne par ligne ?
C'est la partie que la plupart des simulateurs traitent en deux lignes. Pourtant, c'est ici que se joue la différence entre un PER bien préparé et un PER mal liquidé. La règle de base : la fiscalité dépend de la nature des versements effectués pendant la phase d'épargne.
3.1 Versements déduits (cas le plus fréquent)
Vous avez bénéficié d'une réduction d'impôt chaque année en déduisant vos versements du revenu imposable (article 163 quatervicies CGI). À la sortie, la fiscalité s'applique en deux blocs.
- Part correspondant aux versements (le capital que vous avez versé) : imposée au barème progressif de l'IR sans abattement de 10 %. C'est là que se cache la mauvaise surprise — les pensions de retraite classiques bénéficient d'un abattement de 10 %, pas le capital PER.
- Part correspondant aux gains (plus-values générées par le plan) : imposée au PFU — le Prélèvement Forfaitaire Unique, parfois appelé « flat tax » — au taux de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026, LFSS 2026 art. 12 ; ni le PER ni le PEA ne figurent dans la liste limitative des enveloppes maintenues à 17,2 % — fonciers, PV immo, AV, PEL/CEL/PEP ouverts avant 2018). Option possible pour le barème progressif si celui-ci est plus favorable, voir notre guide PFU ou barème.
3.2 Versements non déduits (choix volontaire)
Pendant la phase d'épargne, vous pouviez renoncer à la déduction (case à cocher sur la déclaration). À la sortie, les règles s'inversent en votre faveur.
- Part versements : exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Vous récupérez votre capital brut.
- Part gains : PFU 31,4 % (12,8 % + 18,6 % PS LFSS 2026), option barème possible. Pour placer spécifiquement une prime de départ à la retraite (rupture conventionnelle, mise à la retraite employeur, IFC), consultez Comment placer sa prime de départ à la retraite 2026.
FORMULE — Impôt sur la sortie capital (versements déduits)
Impôt total = [Part versements × TMI retraite]
+ [Part gains × 31,4 %]
Exemple : PER 200 000 € (dont 160 000 € versements + 40 000 € gains)
Liquidé par un contribuable TMI 30 % :
= (160 000 × 30 %) + (40 000 × 31,4 %)
= 48 000 + 12 560
= 60 560 € d'impôt
Soit ~30,3 % du capital totalConcrètement : sur 200 000 €, l'État en prend 60 560 €. Il vous reste 139 440 € nets. C'est la base de comparaison avec les autres stratégies : fractionnement, rente ou sortie mixte peuvent faire descendre cette facture de 20 000 à 40 000 €.
⚠️ Piège fréquent : le prélèvement libératoire de 7,5 % ne s'applique PAS au PER
3.3 L'impact sur la tranche marginale d'imposition
Voici l'erreur coûteuse numéro 1 : sortir 200 000 € en capital la même année que son salaire de pré-retraite. Si votre TMI habituelle est 30 %, un retrait de 160 000 € (part versements) va vous projeter en haut de tranche 41 %, voire dans la 45 % pour une partie. Le surcoût peut atteindre 15 000 à 25 000 €. Pour connaître les seuils exacts, voyez notre guide TMI 2026.
Concrètement : un cadre célibataire avec 65 000 € de salaire et un retrait de 160 000 € la même année aura un revenu global de 225 000 €. Sur ce montant, la tranche 41 % s'applique sur plus de 85 000 €, la tranche 45 % sur environ 48 000 €. Le surcoût IR net par rapport à un étalement sur 5 ans frôle les 22 000 €.
RVTG ou RVTO : laquelle de ces deux rentes vous avantage vraiment ?
La rente du PER n'est pas imposée de la même manière selon votre parcours de versement. Deux régimes coexistent, et la distinction change radicalement l'équation fiscale.
4.1 Rente viagère à titre gratuit (RVTG) — versements déduits
Si vous avez déduit vos versements, la rente est assimilée à une pension de retraite. Elle est imposée au barème progressif de l'IR avec l'abattement forfaitaire de 10 % des pensions (article 158-5 CGI), plafonné à 4 439 € par foyer fiscal pour les revenus 2025 déclarés en 2026 (plancher 454 € par pensionné).
Deux taux de prélèvements sociaux coexistent selon le type de PER. Sur un PER d'entreprise obligatoire (C3, ex-article 83), assimilé à une pension de retraite, le taux tombe à 10,1 % (CSG Contribution Sociale Généralisée 8,3 % + CRDS Contribution au Remboursement de la Dette Sociale 0,5 % + CASA Contribution Additionnelle de Solidarité pour l'Autonomie 0,3 % + cotisation maladie 1 %). Sur un PER individuel ou un PER collectif facultatif ex-PERCO (C1 + C2), considérés comme des produits de placement, il passe à 18,6 % depuis la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, art. 12) : CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + solidarité 7,5 %. Ni le PER ni le PEA ne figurent dans la liste limitative des enveloppes maintenues à 17,2 % (fonciers, PV immo, AV, PEL/CEL/PEP ouverts avant 2018). Soit 8,5 points de plus que le régime pension, ce qui pèse sur le rendement net d'une rente de long terme.
4.2 Rente viagère à titre onéreux (RVTO) — versements non déduits
Si vous n'avez pas déduit, la rente bascule dans le régime RVTO (article 158-6 CGI). Seule une fraction de la rente est imposable, variable selon votre âge à l'entrée en jouissance.
| Âge à l'entrée en jouissance | Fraction imposable | Abattement effectif | Exemple : rente 12 000 €/an |
|---|---|---|---|
| Moins de 50 ans | 70 % | 30 % | 8 400 € imposable |
| 50 à 59 ans | 50 % | 50 % | 6 000 € imposable |
| 60 à 69 ans | 40 % | 60 % | 4 800 € imposable |
| 70 ans et plus | 30 % | 70 % | 3 600 € imposable |
Concrètement
4.3 Réversion au conjoint : combien ça coûte ?
Vous pouvez activer une option de réversion à la liquidation de la rente. Le principe : à votre décès, le conjoint survivant (ou un autre bénéficiaire désigné) continue de percevoir un pourcentage de la rente.
- Réversion 60 % : rente initiale réduite d'environ -15 % (fourchette indicative du marché, variable selon assureur)
- Réversion 80 % : rente initiale réduite d'environ -20 %
- Réversion 100 % : rente initiale réduite d'environ -25 %
Concrètement sur 100 000 € convertis à 65 ans : la rente simple tourne autour de 3 500 €/an. Avec une réversion 60 %, la rente initiale chute à environ 2 975 €/an (soit -525 €/an) mais votre conjoint survivant percevra 1 785 €/an après votre décès. Avec une réversion 100 %, la rente initiale descend à 2 625 €/an (-875 €/an) et le conjoint perçoit l'intégralité. Règle de bon sens : la réversion devient vraiment rentable quand votre conjoint a au moins 12 ans de moins que vous. En dessous, une rente simple couplée à une assurance-vie au bénéfice du conjoint protège souvent mieux.
La rente reversée au conjoint survivant est exonérée de droits de succession (article 796-0 bis du CGI, loi TEPA n° 2007-1223 du 21 août 2007).
4.4 Le seuil minimum de 110 €/mois
Depuis juillet 2023, si votre capital est trop petit pour générer au moins 110 €/mois de rente, l'assureur a l'obligation de vous verser tout le capital d'un coup. Pas de rente minuscule imposée. Cette règle vient de l'arrêté du 17 juillet 2023 modifiant les articles A.160-2 à A.160-4 du Code des assurances (JO du 22 juillet 2023).
Concrètement : avec un taux de conversion de 3,5 %, ce seuil est atteint à partir d'un capital d'environ 38 000 €. En dessous, la rente est impossible — sortie forcée en capital.
4.5 Quelle rente réelle attendre en 2026 ?
Au-delà des formules, les épargnants veulent un ordre de grandeur concret. Voici les fourchettes constatées en 2026 sur les principaux contrats PER individuels du marché (rente simple, sans réversion ni annuités garanties, tables TGH05/TGF05).
| Capital converti | Âge liquidation | Rente homme (€/mois) | Rente femme (€/mois) |
|---|---|---|---|
| 100 000 € | 62 ans | 280 à 320 € | 255 à 295 € |
| 100 000 € | 65 ans | 300 à 400 € | 275 à 365 € |
| 100 000 € | 70 ans | 370 à 470 € | 345 à 435 € |
| 300 000 € | 65 ans | 900 à 1 200 € | 825 à 1 095 € |
| 500 000 € | 65 ans | 1 500 à 2 000 € | 1 375 à 1 825 € |
Concrètement : ces écarts entre assureurs s'expliquent par les frais d'arrérages (entre 1 % et 3 % de chaque rente versée), la qualité du fonds euros sous-jacent et la politique de revalorisation annuelle. Avant toute signature, exigez trois devis de conversion avec hypothèses identiques (âge, options, réversion) : l'écart peut dépasser 15 % sur la même somme.
4.6 Fiscalité selon le compartiment : le tableau qu'on ne vous montre jamais
Beaucoup d'épargnants cumulent plusieurs compartiments sans le savoir : un PER individuel C1 ouvert chez un courtier, un PERECO C2 hérité d'un ancien employeur, un article 83 transféré en C3. Chaque compartiment porte sa propre fiscalité de sortie.
| Compartiment | Sortie capital : versements | Sortie capital : gains | Sortie rente : régime |
|---|---|---|---|
| C1 — PER individuel (versements déduits) | Barème IR sans abattement 10 % | PFU 31,4 % (LFSS 2026) | RVTG (barème IR + abattement 10 %) |
| C1 — PER individuel (versements non déduits) | Exonération totale | PFU 31,4 % (LFSS 2026) | RVTO (abattement 30 à 70 % selon âge) |
| C2 — PERECO / épargne salariale | Exonération IR (PS 18,6 % sur gains, LFSS 2026) | PFU 31,4 % | RVTO (abattement selon âge) |
| C3 — PER obligatoire (ex-article 83) | Interdite (sauf déblocage anticipé) | — | Régime pensions (abattement 10 %, PS 10,1 %) |
Concrètement
Combien paierez-vous d'impôt selon votre répartition capital ou rente ?
Le compartiment 2, le PFU sur les gains, la RVTO et l'abattement 10 pour cent retraite pèsent lourd. Un conseiller en architecture ouverte modélise votre fiscalité exacte selon votre TMI retraite et votre état civil.
Vous perdez combien à sortir tout d'un coup ? 27 cas chiffrés
Voici le tableau que personne n'ose produire. Trois capitaux de départ (100 000 €, 300 000 €, 500 000 €), trois TMI retraite (11 %, 30 %, 41 %), trois stratégies (capital unique, capital fractionné sur 5 ans, rente viagère à 65 ans). Tous les chiffres sont nets après impôt et prélèvements sociaux 2026.
Hypothèses communes : 80 % du capital correspond aux versements déduits, 20 % aux gains. Taux de conversion rente 65 ans : 3,5 %. Espérance de vie retenue : 88 ans. Taux d'actualisation 2 %. La colonne « capital unique » est calculée sans le système du quotient. Or la part versements déduits y est éligible quel que soit son montant, sur demande dans la déclaration (BOI-RSA-PENS-30-10-20, § 100 ; voir section 6) : avec le quotient, l'écart entre sortie unique et fractionnement se réduit, parfois jusqu'à disparaître.
5.1 Capital 100 000 € (dont 80 000 € versements + 20 000 € gains)
| TMI retraite | Capital unique sans quotient (net) | Fractionné 5 ans (net) | Rente 65→88 ans (net cumulé) |
|---|---|---|---|
| 11 % | 85 200 € | 85 460 € | ~74 000 € |
| 30 % | 70 000 € | 72 380 € | ~68 000 € |
| 41 % | 61 200 € | 62 780 € | ~62 500 € |
Concrètement : sur un petit capital, la différence entre les stratégies reste limitée (≈ 5 000 € d'écart max). Le fractionnement gagne toujours légèrement. La rente n'est pas compétitive sauf longévité exceptionnelle.
5.2 Capital 300 000 € (dont 240 000 € versements + 60 000 € gains)
| TMI retraite | Capital unique sans quotient (net) | Fractionné 5 ans (net) | Rente 65→88 ans (net cumulé) |
|---|---|---|---|
| 11 % | 249 000 € | 252 840 € | ~220 000 € |
| 30 % | 195 000 € | 218 340 € | ~202 000 € |
| 41 % | 162 600 € | 185 840 € | ~186 000 € |
Concrètement : c'est sur ce palier que l'écart explose. Un cadre TMI 30 % qui sort tout en une fois perd 23 340 € par rapport à un fractionnement sur 5 ans. À TMI 41 %, l'écart grimpe à 23 240 €, car une partie du capital unique bascule en TMI 45 %. Face à une sortie unique sans quotient, le fractionnement s'impose ; face à une sortie unique sous quotient, l'écart se chiffre au cas par cas (section 6).
5.3 Capital 500 000 € (dont 400 000 € versements + 100 000 € gains)
| TMI retraite | Capital unique sans quotient (net) | Fractionné 7 ans (net) | Rente 65→88 ans (net cumulé) |
|---|---|---|---|
| 11 % | 412 800 € | 421 400 € | ~365 000 € |
| 30 % | 304 800 € | 358 900 € | ~337 000 € |
| 41 % | 238 800 € | 303 900 € | ~310 000 € |
Attention au seuil CDHR à 250 000 € RFR
Concrètement : sur un gros PER à TMI 41 %, passer de la sortie unique sans quotient au fractionnement 7 ans représente un gain de 65 100 € (gain moindre si la sortie unique est imposée avec le quotient). C'est quasiment le prix d'un appartement en province, conservé grâce à une bonne ingénierie fiscale.
Comment fractionner votre PER sans bascule TMI ?
Le réflexe de beaucoup d'épargnants est de penser au système du quotient (art. 163-0 A CGI) pour lisser l'imposition d'un gros retrait. C'est une bonne piste pour le PER : le BOFiP BOI-RSA-PENS-30-10-20 (version du 10/08/2026, § 10 et § 100) indique que la part du capital correspondant aux versements déduits, imposée au barème sans abattement de 10 %, « constitue un revenu exceptionnel éligible au mécanisme de quotient défini au I de l'article 163-0 A du CGI et ce, par exception, quel que soit leur montant ». Le quotient se demande dans la déclaration de revenus : on ajoute le quart du capital au revenu net global, puis on multiplie par quatre l'impôt supplémentaire ainsi calculé.
Quotient 163-0 A et capital PER : ce qui est ouvert, ce qui ne l'est pas
6.1 Deux outils à comparer : sortie unique avec quotient ou fractionnement
Le fractionnement des rachats sur 3 à 7 ans répartit les retraits de capital sur plusieurs exercices fiscaux pour maintenir votre revenu imposable dans votre tranche habituelle. La sortie unique avec quotient obtient un résultat proche quand le quart du capital, ajouté à vos autres revenus, reste dans cette même tranche. Le fractionnement peut reprendre l'avantage quand le quart du capital fait encore franchir une tranche, ou pour rester sous les seuils de la CEHR et de la CDHR.
6.2 Les trois voies chiffrées
Jean, cadre célibataire (1 part), 64 ans, 40 000 € d'autres revenus imposables à la retraite (5 104 € d'impôt, TMI 30 %), veut récupérer 150 000 € de son PER (versements déduits). Barème 2026, hors décote, CEHR et CDHR.
| Scénario | Calcul | Impôt dû sur le PER | Gain vs sortie unique sans quotient |
|---|---|---|---|
| Sortie unique 150 000 € sans quotient | Impôt sur 190 000 € = 62 024 € − 5 104 € (bascule TMI 41-45 %) | 56 920 € | — |
| Sortie unique 150 000 € avec quotient | Impôt sur 40 000 + 37 500 € = 16 354 € ; (16 354 − 5 104) × 4 | 45 000 € | +11 920 € |
| Fractionné 5 ans (30 000 €/an) | 30 000 × 30 % = 9 000 €/an (quotient possible la 1re année, sans effet ici) | 45 000 € | +11 920 € |
| Fractionné 7 ans (21 429 €/an) | Maintien TMI 30 % : 150 000 × 30 % | 45 000 € | +11 920 € |
Concrètement : Jean économise 11 920 € d'impôt par rapport à une sortie unique imposée sans quotient, qu'il fractionne ou qu'il demande le quotient, car le quart de son capital (37 500 €) reste dans sa tranche à 30 %. Le fractionnement peut prendre l'avantage pour des capitaux plus importants ou pour éviter la CEHR et la CDHR : à chiffrer dans chaque cas. Pas de montage complexe, pas de risque juridique : le fractionnement est un droit contractuel prévu par la plupart des PER assurantiels, le quotient une option de la déclaration.
Astuce CGP — coordonner fractionnement PER + rachats AV
À quel âge la rente rattrape-t-elle le capital ?
La question la plus honnête qu'on puisse poser face à une rente viagère : combien d'années dois-je vivre pour que la rente rattrape — puis dépasse — le capital que j'aurais pu conserver et placer ?
7.1 Le calcul de base
Pour un capital de 100 000 € à 65 ans, converti en rente au taux de 3,5 % (table TGF05 femme, rente simple sans réversion), la rente annuelle brute est de 3 500 €/an. Le point mort brut est atteint quand le cumul des rentes dépasse le capital initial.
Les nouvelles règles issues de l'arrêté du 18 novembre 2024 (NOR ÉCOT2426307A) ont rebattu les cartes. Pour les rentes collectives (PERO, PERECO, ex-article 83, ex-article 39), les assureurs utilisent désormais une table unique non genrée TGHF05. L'impact est asymétrique : environ -14 % de rente pour un homme, +14 % pour une femme, par rapport aux tables TGH05/TGF05 séparées encore utilisées en individuel. Concrètement : un homme de 65 ans convertissant 150 000 € touchait environ 625 €/mois sous l'ancienne table individuelle. Sous TGHF05, la même conversion collective tombe à environ 537 €/mois. Soit un manque à gagner d'environ 26 000 € de rente brute cumulée sur 25 ans. Cet ajustement recule le point mort d'environ 3 à 4 ans.
POINT MORT ACTUARIEL BRUT
Point mort (années) = Capital / Rente annuelle
= 100 000 / 3 500
= 28,6 ans
Âge au point mort = 65 + 28,6 = 93,6 ansConcrètement : vous devez atteindre 94 ans pour que la rente ait simplement remboursé le capital que vous auriez pu encaisser. Pas pour qu'elle soit rentable — juste pour qu'elle l'égale.
7.2 Intégration du placement alternatif
Ce calcul est brut. Il ignore le fait qu'un capital encaissé en 2026 peut être placé sur une assurance-vie, un CTO ou des SCPI et générer du rendement pendant 25-30 ans. Si on suppose un rendement net de 3 %/an sur le capital conservé, le point mort recule de 10-12 ans. Il devient quasi-irréaliste d'atteindre la rentabilité de la rente.
7.3 Quand la rente gagne-t-elle vraiment ?
Trois profils pour qui la rente est pertinente, même face au capital placé :
- Femme non-fumeuse, en bonne santé, espérance de vie 90+ ans, sans héritier direct (la rente éteinte au décès ne la pénalise pas)
- Couple sans grand patrimoine qui a besoin d'un plancher de revenu sécurisé — la rente devient un « salaire » qui complète la retraite
- Retraité qui refuse de gérer son capital et préfère déléguer totalement à l'assureur
L'angle mort des simulations commerciales
À quel âge votre rente PER devient-elle vraiment rentable ?
Le point mort dépend de l'espérance de vie, de votre TMI projetée et du taux de conversion. Un CGP calcule l'âge de bascule selon votre profil et sécurise votre décision avant signature.
Votre rente de 1 000 €/mois vaudra-t-elle encore 1 000 € dans 25 ans ?
Les rentes PER sont généralement revalorisées annuellement, mais à un rythme très inférieur à l'inflation réelle. La revalorisation moyenne des dix dernières années tourne autour de 1 %/an, alors que l'inflation cumulée 2020-2025 a dépassé 15 %.
8.1 L'érosion du pouvoir d'achat sur 25 ans
Sur 25 ans avec une inflation moyenne de 2 %/an, le pouvoir d'achat d'une rente fixe de 1 000 €/mois en 2026 tombe à :
| Année | Rente brute | Inflation cumulée | Pouvoir d'achat 2026 équivalent |
|---|---|---|---|
| 2026 | 1 000 € | 0 % | 1 000 € |
| 2035 | 1 000 € | 19,5 % | 836 € |
| 2045 | 1 000 € | 45,7 % | 685 € |
| 2051 | 1 000 € | 64 % | 610 € |
Concrètement : la rente de 1 000 €/mois de vos 65 ans ne vous achètera plus que 610 € de biens et services à vos 90 ans. C'est une chute de 39 % du pouvoir d'achat. Un capital placé sur une assurance-vie prudente (3-4 % net annuel) absorbe l'inflation et protège durablement.
8.2 Les rentes indexées : le vrai coût
Certains contrats proposent une rente « indexée sur l'inflation ». Attention : l'indexation n'est presque jamais gratuite. Le montant initial de la rente est réduit de 15 à 25 % par rapport à une rente fixe. Il faut vivre au moins 15-20 ans pour que l'indexation compense cette réduction initiale.
Pourquoi votre sortie PER à TMI 41 % peut coûter 45 % avec CEHR/CDHR ?
Voici l'angle mort le plus dangereux des sorties capital volumineuses. Au-delà du barème progressif et du PFU, deux contributions additionnelles peuvent doubler la facture si vous ne les anticipez pas : la CEHR (Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus, art. 223 sexies CGI) et la CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus, art. 224 sexies CGI). La CDHR est nouvelle — créée par la LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025) pour s'appliquer à compter de l'imposition des revenus 2025 (déclarés en 2026).
9.1 La CEHR : la couche historique
La CEHR s'ajoute à l'IR de droit commun et frappe le RFR (revenu fiscal de référence) selon le barème suivant :
| Situation familiale | RFR concerné | Taux |
|---|---|---|
| Célibataire / divorcé / veuf | 250 000 € à 500 000 € | 3 % |
| Célibataire / divorcé / veuf | Au-delà de 500 000 € | 4 % |
| Couple soumis à imposition commune | 500 000 € à 1 000 000 € | 3 % |
| Couple soumis à imposition commune | Au-delà de 1 000 000 € | 4 % |
La CEHR n'est pas neutralisée par le système du quotient de l'art. 163-0 A : le revenu exceptionnel entre intégralement dans le RFR de l'année. Conséquence pratique : un retrait PER de 300 000 € en une fois fait basculer le RFR au-delà de 250 000 € et déclenche la CEHR à 3 % (puis 4 %) sur la fraction excédentaire.
9.2 La CDHR : la nouveauté qui change la donne
La CDHR (LF 2025) impose un taux d'imposition minimum effectif de 20 % du RFR aux foyers qui dépassent les seuils CEHR (250 000 € célibataire / 500 000 € couple). Le mécanisme : on calcule l'impôt total dû (IR + CEHR + PFU sur revenus du capital intégrés au RFR), on compare à 20 % du RFR ; si l'impôt total est inférieur, on paie la différence.
MÉCANIQUE CDHR (art. 224 sexies CGI)
Si RFR > 250 000 € (célib) ou 500 000 € (couple)
ET IR + CEHR < 20 % × RFR
Alors CDHR = (20 % × RFR) − (IR + CEHR)
Cas chiffré : Pierre, célibataire, retire 300 000 € en capital PER (versements déduits)
+ 50 000 € de pension de retraite classique
RFR ≈ 350 000 €
Seuil 20 % × RFR = 70 000 €
IR barème (300 000 + 45 000 après abattement 10 % pensions)
= IR sur 345 000 € (1 part) ≈ 132 000 €
CEHR = 3 % × (350 000 − 250 000) = 3 000 €
Total IR + CEHR = 135 000 €
→ CDHR = NON déclenchée (135 000 >> 70 000 €)
La CDHR ne se déclenche que si l'IR + CEHR est INFÉRIEUR au seuil.
Ici l'impôt est déjà très élevé → la CDHR ne s'applique pas.
⚠️ En revanche, la CEHR (3 000 €) s'ajoute systématiquement.
Total : ~132 000 € IR + 3 000 € CEHR = ~135 000 € — soit 38,6 % de taux effectif.
Avec le quotient art. 163-0 A demandé sur les 300 000 € de versements
(BOI-RSA-PENS-30-10-20, § 100) :
IR = impôt sur 45 000 € (6 604 €)
+ 4 × [impôt sur 45 000 + 75 000 € (33 001 €) − 6 604 €]
= 6 604 + 4 × 26 397 ≈ 112 190 €
Total avec la CEHR ≈ 115 190 € : toujours au-dessus de 70 000 €.9.3 Comment neutraliser CEHR + CDHR ?
Trois leviers en cumul.
- Fractionner sur 5 à 10 ans pour maintenir le RFR sous les seuils chaque année (le plus efficace).
- Lisser dans le temps en coordonnant PER (premières années) puis AV (années suivantes) — le quotient 163-0 A réduit l'impôt sur le revenu d'une sortie unique (voir section 6), mais il ne dispense pas de vérifier l'effet sur la CEHR et la CDHR.
- Articuler avec d'autres revenus exonérés (AV après 8 ans, PEA après 5 ans) : ces revenus échappent au RFR pour la part exonérée et n'alimentent ni CEHR ni CDHR.
Cas pratique fractionnement vs sortie unique
Que choisir à la retraite : PER ou assurance-vie ?
C'est la question qui revient à chaque consultation : « j'ai un PER ET une assurance-vie de durée équivalente : laquelle utiliser en premier à la retraite ? ». La réponse dépend de votre TMI au moment de la sortie. Voici la matrice complète.
Hypothèses communes : capital 200 000 € (versements) + 60 000 € de gains capitalisés sur 10 ans. PER avec versements déduits (cas le plus fréquent). AV de plus de 8 ans avec abattement annuel 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple). PS : PER à 18,6 % depuis la LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025 art. 12) ; AV maintenue à 17,2 % (dans la liste limitative des exceptions avec PEL/CEL, PEP ouverts avant 2018, fonciers et PV immo ; le PEA n'y figure pas).
10.1 Sortie en capital intégral (260 000 €)
| TMI retraite | PER déduit (impôt) | PER non déduit (impôt) | Assurance-vie >8 ans (impôt) |
|---|---|---|---|
| 11 % | 22 000 + 18 000 = 40 000 € | 0 + 18 000 = 18 000 € | (60 000 − 9 200) × 24,7 % ≈ 12 547 € |
| 30 % | 60 000 + 18 000 = 78 000 € | 0 + 18 000 = 18 000 € | ≈ 12 547 € |
| 41 % | 82 000 + 18 000 = 100 000 € | 0 + 18 000 = 18 000 € | ≈ 12 547 € |
| 45 % | 90 000 + 18 000 = 108 000 € | 0 + 18 000 = 18 000 € | ≈ 12 547 € |
Lecture (PER déduit) : impôt sur versements (200 000 × TMI) + PFU sur gains (60 000 × 31,4 % = 18 840 € ; 12,8 % IR + 18,6 % PS depuis LFSS 2026). Lecture (AV) : option PFU 7,5 % sur gains après abattement + 17,2 % de PS, soit 24,7 % effectifs sur 50 800 €.
10.2 Verdict par tranche
TMI retraite stable (30 % activité → 30 % retraite)
L'AV gagne nettement sur la sortie capital (impôt 12 547 € vs 78 000 €). Le PER n'a d'intérêt que si la TMI baisse fortement à la retraite ou si l'objectif est purement successoral.
TMI retraite divisée par 3 (45 % activité → 11 % retraite)
Le PER déduit redevient compétitif. Avec un effort d'épargne déduit à 45 % et imposé à 11 % à la sortie, l'avantage fiscal cumulé reste positif. AV pertinente en complément pour absorber les pics de revenus.
PER non déduit (volontaire)
Proche d'une AV mais légèrement moins efficace : versements exonérés + PFU 31,4 % sur gains (vs 24,7 % AV après 8 ans et abattement). L'AV reste plus efficace fiscalement grâce à l'abattement 4 600/9 200 € et aux PS à 17,2 % (dans la liste des exceptions LFSS 2026), mais le PER non déduit conserve l'avantage de la transmission 990 I.
Transmission < 70 ans
Match nul sur les abattements (152 500 €/bénéficiaire pour PER assurantiel comme pour AV). Mais ils se cumulent : un même bénéficiaire peut profiter de 2 × 152 500 € = 305 000 € exonérés. Stratégie optimale : conserver les deux enveloppes.
Concrètement : la règle d'or à la retraite
PER ou assurance-vie — quelle enveloppe consommer en premier ?
TMI retraite, stratégie successorale et horizon pèsent sur l'ordre optimal de rachat. Un conseiller en architecture ouverte modélise vos deux contrats sur 30 ans et cale votre plan de décaissement.
Quelle option de rente sécurise le mieux votre transmission ?
La rente viagère « simple » (sans option) est l'archétype connu, mais elle n'est presque jamais le bon choix. Six options structurent l'arbitrage et peuvent transformer la rente en outil patrimonial réel — au prix d'une réduction de la rente initiale.
11.1 La table complète des options
| Option | Mécanisme | Coût (% de rente initiale en moins) | À recommander si… |
|---|---|---|---|
| Réversion 60 % | Conjoint perçoit 60 % à votre décès | −12 à −18 % | Conjoint plus jeune ≥ 8 ans |
| Réversion 80 % | Conjoint perçoit 80 % | −18 à −25 % | Conjoint financièrement dépendant |
| Réversion 100 % | Conjoint perçoit 100 % | −22 à −30 % | Conjoint sans pension propre |
| Annuités garanties 5 ans | Rente versée min. 5 ans même si décès | −2 à −4 % | Préoccupation transmission héritiers |
| Annuités garanties 10 ans | Min. 10 ans | −5 à −8 % | Couple sans enfants, neveux |
| Annuités garanties 15 ans | Min. 15 ans | −9 à −13 % | Liquidation jeune (60-62 ans) |
| Paliers croissants 1 %/an | Rente initiale faible, croît chaque année | −8 à −12 % au départ | Anticipation forte inflation |
| Paliers décroissants | Rente initiale élevée, décroît | +10 à +15 % au départ | Besoin trésorerie premières années |
| Rente temporaire (10 ans) | Versée pendant durée fixée puis stop | Inversion totale du calcul | Bridge avant pension complète |
11.2 Rente en euros vs rente en UC (Unités de Valeur de Rente — UVR)
C'est l'option la moins distribuée du marché français — la plupart des contrats ne la proposent même pas par défaut.
Rente en euros (PASA — Provision d'Assurance sur la Vie)
Sécurité maximale, montant garanti et revalorisé chaque année par décision du conseil d'administration de l'assureur. Revalorisation moyenne 1 %/an sur 10 ans, très inférieure à l'inflation. Rente jamais en baisse. Choix par défaut sur 99 % des contrats. Profil prudent, conjoint risque-phobe, second pilier de revenu.
Rente en UC (UVR — Unités de Valeur de Rente)
La rente est exprimée en nombre d'unités, dont la valeur fluctue selon les supports financiers. Potentiel de revalorisation 3 à 5 %/an en marché haussier, mais peut DIMINUER de 20 à 30 % après un krach (crise 2008, COVID 2020). Pertinent si vous avez déjà un revenu plancher sécurisé ailleurs (retraite de base + AV en fonds euros). À demander explicitement à l'assureur — rare sur le marché français.
11.3 Caractère incessible, insaisissable, irrévocable
Conséquence juridique souvent sous-estimée. Une fois la rente liquidée :
- Incessible : vous ne pouvez ni la vendre, ni la donner. Aucun marché secondaire (article L.132-14 C. assurances et L.224-23 CMF).
- Insaisissable : protégée des créanciers, sauf saisie partielle pour pension alimentaire ou dommages-intérêts.
- Irrévocable : impossible de revenir au capital, sauf si la rente est inférieure à 110 €/mois (décret 17/07/2023, accord du titulaire requis).
- Réversion révocable : la clause de réversion peut être modifiée jusqu'au décès, sauf acceptation du bénéficiaire (art. L.132-9 C. assurances).
L'erreur fatale : sous-estimer la réversion sur conjoint plus jeune
Débloquer votre PER avant la retraite : quels 6 cas légaux s'appliquent à vous ?
Avant même l'âge de la retraite, l'article L.224-4 du Code monétaire et financier autorise le déblocage du PER dans six situations. Cinq sont qualifiées d'« accidents de la vie » et bénéficient d'une fiscalité très allégée. La sixième (résidence principale) obéit à un régime particulier.
| Cas | Fiscalité versements | Fiscalité gains | PER concerné |
|---|---|---|---|
| Décès conjoint / partenaire PACS | Exonération | PS 18,6 % (LFSS 2026) | C1 + C2 + C3 |
| Invalidité 2e/3e catégorie | Exonération | PS 18,6 % (LFSS 2026) | C1 + C2 + C3 |
| Surendettement | Exonération | PS 18,6 % (LFSS 2026) | C1 + C2 + C3 |
| Expiration droits chômage | Exonération | PS 18,6 % (LFSS 2026) | C1 + C2 + C3 |
| Liquidation judiciaire TNS | Exonération | PS 18,6 % (LFSS 2026) | C1 + C2 + C3 |
| Achat résidence principale | Barème IR (si versements déduits) | PFU 31,4 % (LFSS 2026) | C1 + C2 uniquement |
Concrètement : pour les cinq premières situations (accidents de la vie), l'État ne prend quasiment rien — seuls les prélèvements sociaux s'appliquent sur les gains. Pour l'achat de résidence principale, la fiscalité reste normale ; seul l'accès anticipé change. Voyez aussi notre guide déduction PER selon votre TMI pour optimiser le choix du moment.
Le déblocage RP : outil de trésorerie sous-estimé
Pour le détail des 6 cas légaux, la procédure pas à pas, la fiscalité comparée (PS portés à 18,6 % depuis la LFSS 2026), les pièges et 5 cas pratiques chiffrés, consultez notre guide dédié : Débloquer son PER — les 6 cas légaux et comment procéder.
12.1 La différence radicale : accidents de vie vs RP
Pour les cinq premiers cas (accidents de vie), la part versements est totalement exonérée d'IR, seuls les gains sont soumis aux prélèvements sociaux (18,6 % depuis la LFSS 2026 art. 12 — le PER n'est pas dans la liste des exceptions). C'est néanmoins la fiscalité la plus avantageuse qui existe sur un PER.
Pour la résidence principale, la fiscalité est la même qu'une sortie normale : barème IR sur les versements déduits + PFU sur les gains. L'avantage est le timing — pas la fiscalité.
Débloquer votre PER pour votre résidence principale — la bonne idée ?
Fiscalité au barème plus PFU, impact sur votre plafond futur, alternatives de financement : un CGP modélise l'impact fiscal total avant que vous engagiez la procédure de déblocage.
Transmission PER après 70 ans : où se cache l'impôt ?
Voici le point que la plupart des guides zappent complètement. La question n'est pas seulement « comment sortir mon PER ? » mais « dois-je vraiment le sortir ? ». Dans beaucoup de profils patrimoniaux, la meilleure sortie, c'est l'absence de sortie. Pour approfondir le régime successoral, voyez notre guide complet succession 2026 et notre guide dédié PER et succession.
13.1 PER assurantiel avant 70 ans : la pépite 990 I
Si vous décédez avant 70 ans sans avoir liquidé votre PER (ou avant d'avoir tout consommé), le capital restant est transmis à vos bénéficiaires désignés selon la clause bénéficiaire. Chaque bénéficiaire profite de l'abattement de l'article 990 I du CGI : 152 500 € chacun, puis taxation à 20 % jusqu'à 700 000 €, 31,25 % au-delà.
Concrètement : un PER de 400 000 € transmis à deux enfants au décès à 69 ans passe presque sans impôt (2 × 152 500 € = 305 000 € abattus + 95 000 € à 20 % = 19 000 € d'impôt total sur 400 000 €). Pour comparaison, une succession classique en ligne directe aurait taxé les mêmes 400 000 € à hauteur d'environ 36 400 € (abattement de 100 000 € par enfant puis barème en ligne directe), et d'environ 76 400 € si ces abattements avaient déjà été utilisés.
13.2 PER assurantiel après 70 ans : 757 B — la rupture vs AV
Après 70 ans, le régime change radicalement. L'article 757 B du CGI s'applique : abattement de 30 500 € global (tous bénéficiaires confondus, partagé aussi avec les primes d'assurance-vie versées après 70 ans). Au-delà, les règles de succession classiques s'appliquent selon le lien de parenté.
⚠️ Différence radicale PER vs AV — souvent ignorée
Cas chiffré : PER de 400 000 € (250 000 € de primes + 150 000 € de gains) au décès à 75 ans → assiette taxable = 400 000 − 30 500 = 369 500 €. Pour une AV équivalente : assiette = 250 000 − 30 500 = 219 500 € seulement. Différentiel taxable : 150 000 €. À TMTG 20 % en ligne directe, c'est 30 000 € de droits supplémentaires sur le PER. Conséquence stratégique : consommer le PER AVANT 70 ans dans une logique successorale, ou opter pour la réversion en rente.
Autre subtilité : pour le PER, c'est l'âge du titulaire au décès qui déclenche le 990 I ou 757 B, et non l'âge à la souscription ni à l'âge du versement (contrairement à l'AV). Implication : un PER alimenté avant 70 ans mais dont le titulaire décède à 71 ans bascule intégralement en 757 B.
13.3 PER bancaire : attention aux règles classiques
Les PER bancaires (compte-titres) ne bénéficient d'aucun régime de faveur à la succession. Le capital est intégré à l'actif successoral et taxé selon les abattements classiques (100 000 € par enfant en ligne directe, art. 779 CGI). C'est un désavantage structurel majeur par rapport aux PER assurantiels.
Le piège du transfert tardif
13.4 Stratégie combinée : consommation partielle + transmission
La stratégie la plus élaborée : liquider une partie du PER (en fractionné, le quotient ne jouant que sur le premier retrait) pour financer votre train de vie, et laisser le solde capitaliser dans le plan pour la transmission. Exemple : Sylvie, 67 ans, 400 000 € sur son PER, retire 20 000 € par an en capital fractionné. À 82 ans, il lui reste environ 180 000 € dans le plan (après croissance à 3 %/an). Décès à 87 ans : 180 000 € transmis sous le régime 757 B (abattement 30 500 €) — acceptable si les bénéficiaires l'avaient anticipé.
Madelin et PERP ancien : transfert ou conservation ?
Avant la loi PACTE de 2019, les contrats retraite reposaient sur deux piliers : le contrat Madelin pour les TNS (travailleurs non salariés, art. L.144-1 ancien CSS) et le PERP (Plan d'Épargne Retraite Populaire, créé par la loi Fillon de 2003). Ces contrats subsistent et peuvent être transférés vers un PER. Question stratégique : faut-il transférer ?
14.1 Madelin : la sortie quasi-exclusive en rente
Le contrat Madelin ne permet la sortie en capital que dans 6 cas strictement énumérés (transposition art. L.224-4 CMF). Sortie normale = rente viagère obligatoire, imposée selon le régime des pensions (RVTG : barème IR + abattement 10 % + PS 10,1 %).
Pourquoi transférer vers un PER ? Le transfert (gratuit après 5 ans, art. L.224-40 CMF) débloque l'accès à la sortie en capital — totale ou partielle — sur l'épargne accumulée. Pour un Madelin de 200 000 € liquidé à 64 ans, le transfert vers un PER ouvre une fenêtre fiscale autrefois fermée : possibilité de sortir 100 % en capital (fractionné si besoin) ou de mixer capital + rente.
14.2 PERP : la règle des 20 % sauf exception RP
Le PERP autorisait historiquement une sortie en capital plafonnée à 20 % maximum du capital constitué (art. L.144-2 ancien CSS). Le solde 80 % devait obligatoirement être servi en rente. Une exception majeure : si vous achetez votre résidence principale dans les 2 ans suivant la liquidation, vous pouvez sortir 100 % en capital.
Faut-il transférer un PERP vers un PER ? Oui, le plus souvent. Le PER permet la sortie en capital à 100 % (sauf C3) sans condition, la transmission 990 I/757 B est strictement identique. Côté impôt sur le revenu, la part versements déduits du capital PER est éligible au quotient art. 163-0 A quel que soit son montant (BOI-RSA-PENS-30-10-20 du 10/08/2026, § 100), sauf pour un versement fractionné précédé d'un versement de même nature dans les trois ans (§ 160) : sortie unique avec quotient et fractionnement sur plusieurs années se comparent pour lisser l'IR. Seul cas où conserver le PERP a du sens : si vous bénéficiez d'une option de table de mortalité historique très favorable (rare).
14.3 La fiscalité spécifique au transfert
| Contrat d'origine | Compartiment d'arrivée PER | Frais de transfert | Antériorité fiscale |
|---|---|---|---|
| Madelin | C1 (individuel) | 0 % après 5 ans, max 5 % avant | Conservée (date des versements) |
| PERP | C1 (individuel) | Gratuit après 5 ans | Conservée |
| Article 83 | C3 (obligatoire) | 0 % après 5 ans | Conservée mais reste rente |
| PERCO | C2 (collectif) | 0 % | Conservée |
Concrètement : la fenêtre Madelin
Expatriation après retraite : quel régime fiscal dans votre pays d'accueil ?
De plus en plus de retraités français envisagent de partir s'installer à l'étranger une fois leur PER liquidé. Les règles fiscales applicables ne sont pas intuitives et varient radicalement selon la convention bilatérale signée avec le pays de résidence. Pour une vue d'ensemble, consultez notre guide fiscalité des non-résidents.
15.1 Le principe du modèle OCDE article 18
La quasi-totalité des conventions fiscales conclues par la France suit le modèle OCDE. L'article 18 dispose que les pensions privées (qui incluent les rentes du PER comme pension complémentaire privée) sont imposables exclusivement dans l'État de résidence du bénéficiaire. L'article 19, en revanche, attribue l'imposition des pensions publiques (fonction publique d'État) à l'État payeur, sauf nationalité du résident.
Conséquence pratique : si vous transférez votre résidence fiscale au Portugal, en Belgique ou en Suisse, votre rente PER cesse d'être imposable en France et devient soumise au droit local du pays de résidence — souvent plus doux. Le BOFiP BOI-INT-DG-20-20-50 détaille la doctrine convention par convention.
15.2 Cas de la sortie en capital
La qualification fiscale de la sortie en capital PER pose problème : pension ou revenu de capitaux mobiliers ? La doctrine française tend à appliquer l'art. 18 par analogie, mais certaines conventions (notamment celle avec les USA) attribuent le droit d'imposition au seul État de la source pour les versements en capital de plans de retraite. Une vérification cas par cas est indispensable.
15.3 La retenue à la source française art. 182 A CGI
Si la convention attribue à la France le droit d'imposer (ou en l'absence de convention), une retenue à la source progressive s'applique sur les sommes versées à un non-résident, selon le barème 2026 :
| Tranche annuelle (revenus 2026) | Taux retenue à la source |
|---|---|
| Jusqu'à 16 050 € | 0 % |
| De 16 050 € à 46 558 € | 12 % |
| Au-delà de 46 558 € | 20 % |
Cette retenue est libératoire jusqu'au taux de 12 %. Au-delà, le contribuable doit déposer une déclaration n° 2042 NR pour régularisation. Ces seuils sont indexés annuellement.
15.4 Tableau récapitulatif par pays
| Pays de résidence | Convention France ? | Imposition rente PER | Particularité |
|---|---|---|---|
| Portugal | Oui (1971) | Pays de résidence (art. 18) | RNH supprimé 2024 → IFICI ; rente nouveaux résidents souvent ≈ 10 % flat |
| Belgique | Oui (1964 mod. 2021 non ratifiée) | Pays de résidence (art. 18) | Convention 2021 prévoit aussi imposition France → vigilance |
| Suisse | Oui (1966) | Pays de résidence (art. 18) | Forfait fiscal possible si non-actif ; cantons variables |
| Émirats Arabes Unis | Oui (1989) | Pays de résidence — 0 % d'IR aux EAU | Aucun impôt sur le revenu, optimisation maximale |
| États-Unis | Oui (1994) | Mixte selon nature versement | Capital PER souvent qualifié pension, art. 18 USA |
| Royaume-Uni | Oui (2008) | Pays de résidence (art. 18) | FIG régime depuis avril 2025 (4 ans exonération) |
| Maroc | Oui (1970) | France (art. 18 inversé) | Exception : pensions privées peuvent rester taxables en France |
| Île Maurice | Oui (1980) | Pays de résidence | Imposition locale faible (15 %) |
Anticiper le transfert de résidence 12 à 24 mois avant la liquidation
Cas avancés : patrimoine, famille, fiscalité internationale (5 scénarios complexes)
Ces cas de vie avancés ne figurent dans aucun guide concurrent. Pourtant, ils représentent des enjeux de 30 000 à 200 000 € selon le profil. C'est ici que la valeur ajoutée d'un CGP fait la différence.
A. IFI : hors assiette en phase épargne, attention à la sortie
Pendant la phase d'épargne, votre PER assuranciel échappe à l'IFI (RM Malhuret n° 02365, 18/10/2018 ; CE 24/10/2023 n° 465575 pour les contrats non rachetables). Un avantage structurel à 5 000-8 000 €/an d'économie pour un patrimoine immobilier de 1,5-2 M€ — détaillé dans notre guide PER et IFI. En revanche, dès que le capital est perçu et réinvesti en immobilier (SCPI, immo direct), il entre instantanément dans l'assiette IFI.
Cas concret — 400 k€ de capital PER réinvesti en SCPI
B. Divorce et PER : régime matrimonial + récompense
Le PER assuranciel est un contrat d'assurance au sens de l'art. L.132-14 C. assurances : la rente est incessible et insaisissable, elle est propre au souscripteur. Mais les versements faits avec des deniers communs pendant le mariage ouvrent droit à récompense (art. 1437 C. civ., Cass. 1re civ. 31/03/1992 n° 90-16.343). Le juge évalue la valeur de capitalisation de la rente pour le partage (arrêt Praslicka, Cass. 2e civ. 14/06/2005).
| Phase | En communauté réduite aux acquêts | En séparation de biens |
|---|---|---|
| Phase épargne (capital) | Capital = bien commun → partage 50/50 au divorce | Capital = propre → pas de partage |
| Phase rente (après liquidation) | Rente = propre au rentier, mais récompense due au conjoint sur versements communs | Aucun droit du conjoint |
| Enjeu type PER 400 k€ / 15 ans mariage | Récompense 100 à 200 k€ potentielle | Néant |
C. Clause bénéficiaire démembrée + quasi-usufruit
Comme en assurance-vie, la clause bénéficiaire du PER assurantiel peut être démembrée : usufruit au conjoint survivant, nue-propriété aux enfants (art. L.132-8 C. assurances). Le conjoint reçoit le capital en quasi-usufruit (art. 587 C. civ.) et inscrit une créance de restitution au passif de sa propre succession. Depuis la LF 2024, l'art. 774 bis CGI encadre cette créance (non-déductibilité de principe ; le BOFiP du 26/09/2024, BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20, en excepte le quasi-usufruit issu d'une clause bénéficiaire démembrée d'assurance-vie).
Économie type : PER 500 k€, conjoint + 3 enfants
D. Sécurisation UC → fonds euros avant la liquidation
La gestion pilotée « horizon retraite » (obligatoire par défaut, art. L.224-3 CMF) est censée sécuriser automatiquement les UC vers le fonds euros à l'approche de la retraite. En pratique, 30 à 40 % du capital reste en UC à J-2 ans sur certains contrats. Un krach de -30 % à 63 ans sur un PER de 300 k€ = 90 000 € de destruction de valeur sans possibilité de report (la retraite n'attend pas).
| Horizon | Allocation recommandée | Objectif |
|---|---|---|
| J-5 ans (60 ans) | 60 % fonds euros + 40 % UC défensives | Protection du capital acquis |
| J-3 ans (62 ans) | 75 % fonds euros + 25 % UC prudentes | Quasi-sécurisation |
| J-1 an (64 ans) | 90-100 % fonds euros | Risque de marché très réduit à la liquidation |
E. Déblocage résidence principale : interdit après liquidation retraite
Le déblocage RP est verrouillé après la liquidation de la retraite — beaucoup le découvrent trop tard
F. US persons : FBAR, PFIC et double imposition
Pour tout contribuable qualifié « US person » (citoyen US, green card, résident fiscal US), le PER est un foreign trust au sens de la section 402(b) IRC. Conséquences : les gains sont imposés annuellement aux États-Unis (phantom income), pas au dénouement. Les UC sont des PFIC (section 1291 IRC, taxe punitive 37 % + intérêts de retard). Le PER doit être déclaré sur le FBAR (FinCEN 114) et le Form 8938 si les seuils sont dépassés. Pénalité FBAR : 10 000 USD par compte et par année non déclaré.
Recommandation pour les binationaux FR/US (~100 000 personnes)
À quel profil correspondent vos revenus et patrimoine ? (7 cas types)
Pas de règle universelle — mais sept archétypes qu'on rencontre en cabinet. Trouvez le vôtre.
Profil 1 — Le cadre supérieur TMI 41 % activité → 30 % retraite
Thomas, 63 ans, directeur financier, PER de 380 000 €. Son TMI actuel est 41 %, sa TMI retraite estimée à 30 % (revenus divisés par deux).
Stratégie recommandée : sortie fractionnée sur 6 à 8 ans à raison de 50 000 € par an. Permet de rester en TMI 30 % sans jamais basculer en 41 %. Gain estimé vs sortie unique sans quotient : 35 000 à 45 000 € (moins face à une sortie unique sous quotient, à chiffrer).
Profil 2 — Le couple modeste TMI 11 %
Patrick et Sylvie, 66 et 64 ans, retraités, revenu fiscal du couple de 42 000 €. PER combinés de 110 000 €.
Stratégie recommandée : sortie en capital unique. Leur TMI reste en 11 % même avec un retrait de 110 000 €. Pas de quotient nécessaire, pas de fractionnement inutile. Simplicité maximale et fiscalité minimale (~12 000 € d'impôt total).
Profil 3 — La veuve en bonne santé, sans héritier direct
Marie-Claire, 65 ans, enseignante retraitée veuve, pas d'enfants, PER de 95 000 €. TMI 11 %. Mère décédée à 94 ans, grand-mère à 98.
Stratégie recommandée : rente viagère avec annuités garanties 15 ans (pour protéger ses neveux en cas de décès précoce). Rente d'environ 3 300 €/an. Son point mort est à 93 ans — elle a une probabilité élevée de le dépasser. La rente devient son meilleur investissement.
Profil 4 — Le TNS à 500 k€ de PER
Jean-Marc, 62 ans, chirurgien TNS, PER de 520 000 € (Madelin transféré + PER individuel). TMI 45 % activité, 41 % retraite projetée. Risque CDHR à 250 k€ RFR.
Stratégie recommandée : sortie fractionnée sur 10 ans à 52 000 €/an. Le quotient ne jouera que sur le premier retrait, les suivants intervenant moins de trois ans après un versement de même nature (BOI-RSA-PENS-30-10-20, § 160) : à comparer avec une sortie unique sous quotient, en vérifiant l'effet sur la CDHR. Option rente résiduelle sur les 20 % non consommés après 72 ans, avec réversion 60 % pour son épouse.
Profil 5 — Le retraité fortuné patrimoine > 2 M€
Élisabeth, 68 ans, ex-dirigeante, patrimoine global 3,2 M€, PER de 450 000 €. Revenus locatifs confortables, pas besoin du PER pour vivre.
Stratégie recommandée : ne pas liquider du tout. Laisser le PER capitaliser pour la transmission. Transfert vers un PER assurantiel si ce n'est pas déjà fait. Désignation bénéficiaire : 2 enfants + 3 petits-enfants pour maximiser les abattements 990 I (5 × 152 500 = 762 500 €).
Profil 6 — L'acheteur de résidence principale
Karim, 54 ans, cadre, TMI 30 %. PER de 80 000 €. Souhaite acheter sa résidence principale — apport insuffisant.
Stratégie recommandée : déblocage anticipé pour achat RP. Fiscalité : environ 22 500 € d'impôt sur les versements déduits + PFU 31,4 % sur les gains depuis la LFSS 2026 (≈ 4 710 € sur 15 k€ de gains). Mais le bénéfice patrimonial de l'achat anticipé compense largement. À modéliser avec un CGP.
Profil 7 — La salariée confrontée à un accident de la vie
Nathalie, 54 ans, cadre dans l'industrie, licenciement économique en 2024, fin de droits France Travail (ex-Pôle emploi) imminente en 2026. PER de 145 000 €. TMI actuelle 0 % (pas de revenus imposables).
Stratégie recommandée : activation du déblocage anticipé « expiration des droits chômage » (art. L.224-4 CMF). Les versements sortent totalement exonérés d'IR, seuls les gains subissent les prélèvements sociaux de 18,6 % depuis la LFSS 2026 (le PER n'est pas dans la liste des exceptions). Pour 145 000 € dont 30 000 € de gains : impôt total ~5 580 €. C'est néanmoins la fiscalité la plus douce qui existe sur un PER. Le dossier doit contenir l'attestation France Travail de fin de droits et la demande doit être déposée dans le mois qui suit.
Ce qui rend un bilan patrimonial indispensable
Votre liquidation mérite-t-elle un bilan complet avant signature ?
Âge du conjoint, enfants, IFI, société à céder, patrimoine international : chaque dimension ajoute des milliers d'euros d'erreurs potentielles. Un CGP verrouille votre stratégie de sortie.
Quelles sont les 10 erreurs qui coûtent le plus cher à la sortie ?
Synthèse des écueils fréquents à la liquidation d'un PER. Chaque ligne indique l'écart fiscal ou patrimonial possible.
| # | Erreur | Coût ou conséquence | Parade |
|---|---|---|---|
| 1 | Croire que le PER reste à 17,2 % de PS en 2026 comme l'AV | La LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025 art. 12) porte les PS à 18,6 % ; seules AV, PEL/CEL/PEP ouverts avant 2018, fonciers et PV immo restent à 17,2 %. Le PER et le PEA n'y figurent pas. | Recalibrer les simulateurs : PER PFU 31,4 % (12,8 IR + 18,6 PS), AV inchangée à 24,7 % après 8 ans dans l'abattement |
| 2 | Confondre RVTG (PER déduit) et RVTO (PER non déduit) — abattements totalement différents | Surimposition de 30 à 50 % sur la rente | Vérifier l'historique des cases déduction sur 2042 antérieures |
| 3 | Sortir en capital intégral sans calculer la CDHR (taux min 20 % du RFR) | 5 000 à 30 000 € de surcoût sur sortie >250 k€ | Fractionner sur 5-10 ans pour rester sous le seuil RFR |
| 4 | Liquider la rente trop tôt : 59 ans au lieu de 60 = fraction 50 % au lieu de 40 % | Surimposition de 10 pts sur la rente toute la vie | Reculer la mise en rente de quelques mois |
| 5 | Croire que le quotient 163-0 A est fermé au PER, ou qu'il joue sur chaque retrait fractionné | Comparaison faussée : la part versements déduits y a droit quel que soit son montant (BOI-RSA-PENS-30-10-20, § 100), mais pas un retrait fractionné précédé d'un versement de même nature dans les 3 ans (§ 160) | Chiffrer une sortie unique avec quotient et un fractionnement sur 5-7 ans avant de choisir |
| 6 | Choisir une rente non indexée alors que l'espérance est >20 ans | Perte 39 % du pouvoir d'achat sur 25 ans (inflation 2 %) | Rente avec paliers croissants 1 %/an ou rente UC |
| 7 | Négliger la clause bénéficiaire avant mise en rente — devient irréversible | Bénéficiaire involontaire (ex-conjoint) ou bénéficiaire ordre légal | Revérifier et redéposer la clause juste avant signature |
| 8 | Croire que PER après 70 ans = 757 B sur primes uniquement comme l'AV | +30 000 à +60 000 € de droits sur PER 400 k€ (gains taxés) | Consommer le PER avant 70 ans ou choisir réversion |
| 9 | Débloquer le PER pour résidence principale sur le compartiment C3 | Refus pur et simple — C3 inéligible (sauf rente) | Vérifier la composition par compartiment avant demande |
| 10 | Ignorer l'art. 18 OCDE en cas d'expatriation — rente taxée doublement | Double imposition transitoire de 12 à 24 mois | Anticiper transfert résidence 12-24 mois avant liquidation |
Le réflexe gagnant
Conclusion — le PER, c'est un parachute : il ne sert à rien s'il est mal plié
Le PER est l'enveloppe retraite la plus puissante du droit français — mais aussi la plus piégeuse si elle est mal sortie. Un mauvais timing (sortie unique à TMI 41 % + CEHR), un mauvais mode (rente à 62 ans sans réversion alors que l'espérance de vie dépasse 87 ans), un mauvais véhicule (PER bancaire sans clause bénéficiaire = succession classique)… et le gain fiscal à l'entrée est intégralement effacé, voire inversé.
Bien plier son parachute, c'est : (1) sécuriser les UC 3-5 ans avant la liquidation, (2) fractionner les rachats sur 5-7 ans pour ne jamais basculer en tranche supérieure, (3) coordonner PER + AV + PEA dans le bon ordre, (4) vérifier la clause bénéficiaire et le compartiment avant chaque retrait, (5) anticiper le régime matrimonial et la fiscalité du pays de résidence cible si expatriation. Et tout ça se prépare 12 à 24 mois avant le saut — pas en chute libre. C'est précisément le métier des CGP Hagnéré Patrimoine : vous guider avant le saut pour éviter 20 000 à 80 000 € d'erreurs évitables.
À la liquidation définitive après une période de retraite progressive, votre PER peut être débloqué en capital fractionné ou en rente complémentaire. Pour comprendre le passage progressif retraite → taux plein et articuler au mieux votre PER avec cette phase, voir : Retraite progressive 2026.
Capital, rente ou fractionné — on compare les scénarios pour vous
Un conseiller en architecture ouverte produit un scénario écrit comparant les 3 modes de sortie avec impact IR, CEHR, CDHR et succession pour votre situation exacte.
Sources officielles
- Article L.224-1 CMF — Plan d'épargne retraite
- Article L.224-4 CMF — Cas de déblocage anticipé
- Article 158 CGI — RVTG et RVTO
- Article 163 quatervicies CGI — Déduction versements PER
- BOFiP BOI-RSA-PENS-30-10-20 — Prestations retraite en capital (17/02/2026)
- BOFiP BOI-RSA-PENS-30-20 — Rentes viagères à titre onéreux
- Service-Public.fr — Plan d'épargne retraite
- Arrêté du 22 décembre 2025 — PASS 2026 fixé à 48 060 € (JORF n° 2025-1403)
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 — LFSS 2026 art. 12 (PS portés à 18,6 % sur les revenus du capital ; exceptions limitatives maintenues à 17,2 % : revenus fonciers, plus-values immobilières, assurance-vie, PEA, PEL/CEL, PEP ouverts avant 2018 — le PER ne figure pas dans cette liste)
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 — LF 2026 (suppression déduction PER >70 ans, report plafonds 3 ans)
- Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 — LF 2025 (création de la CDHR, art. 224 sexies CGI)
- Article 154 quinquies CGI — CSG déductible 6,8 % sur rentes RVTG
- Article L.137-16 CSS — Forfait social PERCOL (20 % / 16 % réduit / 0 % <50 salariés PACTE)
- Article L.132-14 Code des assurances — Insaisissabilité et incessibilité de la rente
- Article 182 A CGI — Retenue à la source pensions versées à des non-résidents
- BOFiP BOI-INT-DG-20-20-50 — Conventions fiscales internationales (modèle OCDE article 18)
- BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, § 155 et 197 — PER article 757 B : intégralité des primes et des produits taxables
- Décret du 17 juillet 2023 — Seuil de rachat forcé PER fixé à 110 €/mois
- Cassation Civ. 1re, 21 octobre 1969, n° 68-11544 — Âge d'entrée en jouissance figé (RVTO)
- Cassation Civ. 1ré, 13 novembre 2008 — Aléa conservé même à âge avancé (RVTO)
- BOFiP BOI-RSA-PENS-30-10-20, version du 10/08/2026, § 10, 100 et 160 — part versements déduits du capital PER éligible au quotient 163-0 A quel que soit son montant, sauf versement fractionné précédé d'un versement de même nature dans les trois ans
- RM Malhuret n° 02365 du 18/10/2018 + CE 24/10/2023 n° 465575 — PER assurantiel hors IFI en phase d'épargne
- Cass. 1re civ. 31/03/1992 n° 90-16.343 — Récompense sur primes assurance versées en communauté
- Cass. 2e civ. 14/06/2005 « Praslicka » — Évaluation rente viagère au divorce
- Cass. 3e civ. 19/09/2024 n° 22-18.687 et 22-18.733 — SCI démembrée, vente de la totalité des immeubles : dividende au nu-propriétaire, quasi-usufruit de l'usufruitier (arrêt civil, sans visa fiscal)
- Art. L.423-1 C. assurances — FGAP, plafond 70 000 € de provisions mathématiques par assuré
- Section 402(b) + 1291 IRC (Internal Revenue Code) — régime PFIC et foreign trust pour US persons
Avertissement
Article rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine. Publié le 14 avril 2026. Dernière mise à jour : 25 juin 2026.

