Sommaire
- 1. PER et AV : deux piliers complémentaires
- 2. Tableau comparatif sur 12 critères
- 3. Déduction fiscale et impact sur le RFR
- 4. Liquidité : l'avantage décisif de l'AV
- 5. Fiscalité à la sortie
- 6. PS 2026 : AV 17,2 % vs PER 18,6 %
- 7. Succession : AV supérieure après 70 ans
- 8. IFI : avantage PER sur les supports immobiliers
- 9. Frais comparés
- 10. Simulation nette sur 20 ans par TMI
- 11. CDHR : le piège méconnu pour hauts revenus
- 12. Matrice de décision par profil
- 13. Cas pratiques chiffrés
- 14. Erreurs fréquentes à éviter
- Sources et références
1. PER et AV : deux piliers complémentaires
Avec 2 119 milliards d'euros d'encours pour l'assurance-vie et 141 milliards pour le PER (T3 2025), ces deux enveloppes dominent l'épargne patrimoniale en France. Plutôt que de les opposer, ce guide vous aide à comprendre quand privilégier l'un ou l'autre — et surtout comment les combiner pour maximiser votre rendement net d'impôt.
PER : l'arme fiscale
Déduction jusqu'à 38 448 € (salariés) ou 88 911 € (TNS). Bloqué jusqu'à la retraite (sauf 7 cas). Sortie taxée au barème IR. Idéal si TMI ≥ 30 %.
AV : la liberté patrimoniale
Aucune déduction à l'entrée. Rachat libre à tout moment. Abattement 4 600/9 200 € après 8 ans. Succession 152 500 €/bénéficiaire. Idéal pour liquidité et transmission.
Les réformes 2026 ont creusé l'écart sur certains critères : la LFSS 2026 a augmenté les PS (prélèvements sociaux) à 18,6 % sur tous les PER(la DGFiP a tranché en janvier 2026 : aucun PER n'échappe à la hausse), tandis que l'AV reste à 17,2 %. La LF 2026 a supprimé la déductibilité PER après 70 ans tout en renforçant le report des plafonds à 5 ans. Ce guide intègre l'ensemble de ces changements.
Les deux enveloppes s'intègrent dans une stratégie patrimoniale globale qui peut aussi inclure l'investissement immobilier (SCPI, immobilier locatif), la défiscalisation (Pinel, Denormandie, FCPI), et — pour les patrimoines supérieurs à 1,3 M€ — l'optimisation de l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière).
La règle d'or
TMI (taux marginal d'imposition) ≥ 30 % : PER en priorité (déduction massive), puis AV en complément. TMI < 30 % : AV en priorité (liquidité + succession), PER uniquement si TMI augmentera. Dans tous les cas : les deux enveloppes se combinent. Pour approfondir le PER, consultez notre guide complet du PER 2026.
2. Tableau comparatif sur 12 critères
| Critère | PER | Assurance-vie |
|---|---|---|
| Déduction à l'entrée | ✅ Économie 11-45 % selon TMI (art. 163 quatervicies) | ❌ Aucune |
| Disponibilité | ❌ Bloqué (sauf 7 cas de déblocage) | ✅ Rachat libre à tout moment |
| Fiscalité sortie (capital) | Barème IR sans abattement 10 % (déduit) / exonéré (non déduit) | PFU 30 % ou 7,5 % + abattement 4 600/9 200 € (> 8 ans) |
| PS sur les gains (2026) | 18,6 % (tous PER, DGFiP 01/2026) | 17,2 % (exclue de la hausse LFSS 2026) |
| Succession < 70 ans | Art. 990 I : 152 500 €/bénéficiaire (PER assurance) | Art. 990 I : 152 500 €/bénéficiaire |
| Succession ≥ 70 ans | Art. 757 B : primes + gains taxés aux droits de succession | Art. 757 B : gains exonérés ✅ |
| IFI (supports immo) | Exonéré phase épargne (PER assurance) ✅ | Imposable (art. 972) |
| Supports | Fonds euros + UC (ou titres en PER bancaire) | Fonds euros + UC |
| Plafond versements | Aucun (déduction plafonnée) | Aucun |
| Frais meilleurs contrats | 0 % entrée, 0,50 %/an gestion | 0 % entrée, 0,50 %/an gestion |
| Rente viagère | ✅ Capital et/ou rente | ✅ Capital et/ou rente |
| Transfert | Max 1 % (gratuit après 5 ans) | Rachat + nouveau contrat |
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3. Déduction fiscale : l'avantage décisif du PER
L'atout majeur du PER : chaque euro versé est déductible du revenu imposable(art. 163 quatervicies CGI — Code général des impôts). L'assurance-vie ne bénéficie d'aucune déduction à l'entrée. L'économie d'impôt du PER est directement proportionnelle à votre TMI (taux marginal d'imposition) :
| TMI | Versement PER 10 000 € | Économie d'impôt | Effort réel | AV : effort réel |
|---|---|---|---|---|
| 11 % | 10 000 € | 1 100 € | 8 900 € | 10 000 € |
| 30 % | 10 000 € | 3 000 € | 7 000 € | 10 000 € |
| 41 % | 10 000 € | 4 100 € | 5 900 € | 10 000 € |
| 45 % | 10 000 € | 4 500 € | 5 500 € | 10 000 € |
3.1. Le concept de « racler sa tranche »
La stratégie optimale consiste à verser en PER juste assez pour épuiser votre tranche haute d'imposition, sans aller au-delà. Exemple : si vos revenus vous placent 20 000 € au-dessus du seuil de la tranche à 41 %, versez 20 000 € en PER pour capter 41 % d'économie. Le surplus ira en assurance-vie.
Versement PER optimal = montant de revenus situé dans la tranche marginale la plus élevée (plafonné au plafond de déduction PER)
3.1bis. Exemple chiffré : quand le versement PER chevauche deux tranches
Profil : Laurent, célibataire, revenu net imposable 95 000 € (1 part), TMI 41 %. Il envisage un versement PER de 15 000 €. Le barème IR 2026 place le seuil entre la tranche à 30 % et la tranche à 41 % à 84 578 € (pour 1 part). Son revenu se situe donc dans la tranche à 41 % pour ses derniers euros(95 000 − 84 578 = 10 422 €), le reste étant dans la tranche à 30 %. Un versement PER de 15 000 € va « racler » les deux tranches :
| Tranche raclée | Montant déduit | Taux marginal | Économie d'impôt |
|---|---|---|---|
| Tranche 41 % (95 000 → 84 578) | 10 422 € | 41 % | 4 273 € |
| Tranche 30 % (84 578 → 80 000) | 4 578 € | 30 % | 1 373 € |
| Total versé : 15 000 € | 15 000 € | Taux moyen pondéré : 37,6 % | 5 646 € |
L'économie réelle est de 5 646 € — et non 15 000 × 41 % = 6 150 € comme le croient ceux qui appliquent simplement « TMI × versement ». Le taux moyen réel de déduction n'est que de 37,6 %. Seule la part qui « racle » la tranche haute (10 422 €) génère 41 % d'économie ; le reste tombe dans la tranche à 30 %.
Erreur classique : TMI × versement surestime l'économie
La plupart des simulateurs en ligne calculent l'économie PER en multipliant le versement par la TMI. C'est faux dès que le versement chevauche deux tranches. Pour un calcul exact, il faut détailler tranche par tranche. Dans l'exemple ci-dessus, l'erreur est de 504 € (6 150 − 5 646). Pour une approche globale de la déduction fiscale, consultez notre guide de la défiscalisation 2026.
3.2. L'effet levier temporel
L'économie d'impôt du PER n'est pas un simple « report ». L'argent récupéré du fisc travaille pendant toute la phase d'épargne. Si vous réinvestissez cette économie (idéalement en AV), elle génère des intérêts composés pendant 20-30 ans. C'est l'avantage structurel du PER que les simulations simples ignorent.
Stratégie combinée PER + AV
Année 1 : versement 10 000 € en PER à TMI 41 % → économie 4 100 €. Année 1 : réinvestissement des 4 100 € en AV. Sur 20 ans à 5 %/an : les 4 100 € réinvestis chaque année en AV génèrent ≈ 135 000 € de capital supplémentaire (intérêts composés). C'est l'effet levier que le PER seul ne produit pas.
3.3. PER et revenu fiscal de référence : un effet collatéral souvent ignoré
Le versement PER déductible réduit votre revenu fiscal de référence (RFR), ce qui peut avoir des conséquences positives ou négatives sur les dispositifs indexés sur le RFR :
| Dispositif indexé sur le RFR | Effet d'un versement PER déductible | Impact concret |
|---|---|---|
| APL / aides au logement | ✅ RFR diminue → droits potentiellement augmentés | Pertinent pour les jeunes actifs TMI 30 % avec APL résiduelle |
| Bourse étudiante (enfant) | ✅ RFR diminue → échelon potentiellement supérieur | Gain possible de 500 à 2 000 €/an si proche d'un seuil |
| Exonération taxe foncière | ✅ RFR diminue → seuils d'exonération plus faciles à atteindre | Concerne surtout les retraités proches du seuil |
| Taux PAS (prélèvement à la source) | ✅ RFR diminue → taux PAS recalculé à la baisse | Effet trésorerie positif dès l'année N+1 |
| CDHR (taux min. 20 %) | ✅ RFR diminue → risque moindre de dépasser 250/500 k€ | Stratégie défensive pour hauts revenus |
| Quotient familial (plafond) | ⚠️ RFR diminue → le plafonnement du QF peut ne plus s'appliquer | Effet marginal, pertinent uniquement si le versement PER fait passer sous le seuil de plafonnement |
Le PER comme outil de gestion du RFR
Pour les foyers proches d'un seuil de prestation sociale (bourse, APL, exonération taxe foncière), un versement PER calibré peut faire basculer le RFR en dessous du seuil et débloquer un avantage supplémentaire qui s'ajoute à l'économie d'impôt. Inversement, à la sortie du PER, le retrait en capital augmente le RFR et peut faire perdre ces mêmes avantages l'année du retrait : c'est un argument de plus pour la sortie fractionnée (cf. section 5.5).
4. Liquidité : l'avantage décisif de l'AV
L'assurance-vie est rachetable à tout moment (art. L132-22 du Code des assurances), sans condition ni justificatif. Le PER, en revanche, est bloqué jusqu'à la retraite(art. L224-1 du Code monétaire et financier), sauf 7 cas de déblocage anticipé.
| Cas de déblocage PER | Périmètre | Fiscalité |
|---|---|---|
| Achat résidence principale | Versements volontaires + épargne salariale (pas cotisations obligatoires) | Comme sortie retraite (barème IR) |
| Décès conjoint/PACS | Totalité du PER | Exonéré IR + PS |
| Invalidité cat. 2/3 | Totalité du PER | Exonéré IR + PS |
| Surendettement | Totalité du PER | Exonéré IR + PS |
| Fin droits chômage | Totalité du PER | Exonéré IR + PS |
| Liquidation judiciaire (TNS) | Totalité du PER | Exonéré IR + PS |
| PER mineur (LF 2024) | Versements volontaires | Comme sortie retraite |
Déblocage résidence principale : pas exonéré
Le déblocage pour l'achat de la résidence principale est le seul cas qui n'est pas un accident de vie. Le capital déduit est imposé au barème IR, les gains au PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique). Avant de débloquer votre PER pour acheter, comparez avec un emprunt classique — souvent plus avantageux fiscalement.
5. Fiscalité à la sortie
5.1. PER en capital (versements déduits) vs AV rachat après 8 ans
C'est le scénario central du comparatif. Le PER déduit refiscalise le capital au barème IR (sans abattement de 10 %). L'AV après 8 ans bénéficie d'un taux réduit de 7,5 % (pour les versements inférieurs à 150 000 €) + un abattement de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) sur les gains.
| PER (déduit) | AV (> 8 ans, < 150k€ versés) | |
|---|---|---|
| Sur le capital versé | Barème IR (11-45 %) | Exonéré (c'est votre argent) |
| Sur les gains | PFU 12,8 % IR + PS | 7,5 % IR + PS (après abat.) |
| Abattement | Aucun | 4 600 € (célib.) / 9 200 € (couple) |
| PS | 18,6 % (tous PER) | 17,2 % |
5.2. PER non déduit vs AV
Si vous avez choisi de ne pas déduire vos versements PER, la sortie en capital est exonérée d'IR (seuls les gains sont taxés au PFU). C'est quasi-identique à l'AV, mais sans l'abattement de 4 600/9 200 €après 8 ans. En pratique, l'AV reste préférable dans ce cas.
5.3. Sortie en rente : deux régimes fiscaux distincts
En rente, la fiscalité dépend du type de rente : la RVTG (rente viagère à titre gratuit, car issue de versements déduits) est imposée comme une pension, tandis que la RVTO (rente viagère à titre onéreux) n'est taxée que sur une fraction qui diminue avec l'âge.
| Enveloppe | Régime de la rente | Imposition |
|---|---|---|
| PER (déduit) | RVTG (Rente Viagère à Titre Gratuit) | Barème IR + abattement 10 % (pension) |
| PER (non déduit) | RVTO (Rente Viagère à Titre Onéreux) | Fraction imposable selon l'âge (30-70 %) |
| AV | RVTO | Fraction imposable selon l'âge (30-70 %) |
Fraction imposable de la RVTO selon l'âge
En RVTO, seule une fraction de la rente est soumise à l'IR (art. 158, 6 CGI) : 70 % si la rente démarre avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans. Concrètement, une rente de 1 000 €/mois liquidée à 65 ans n'est imposée que sur 400 €/mois.
Taux de conversion en rente : ordre de grandeur
En 2026, les taux de conversion moyens sont d'environ 3,5 à 4,5 % du capital selon l'âge de liquidation : un capital de 100 000 € produit environ 290 à 375 €/moisà 65 ans (rente viagère sans réversion). Avec réversion à 60 %, le montant baisse de 15 à 20 %. Ces taux dépendent des tables de mortalité utilisées par l'assureur et de son taux technique.
5.4. Sortie mixte capital + rente : la stratégie que personne n'explique
Le PER permet une sortie mixte : une partie en capital, le reste en rente viagère (art. L224-1 CoMoFi). C'est souvent la meilleure option, mais elle est rarement présentée car elle demande un calcul fin.
Principe : vous sortez en capital la part qui reste dans les tranches basses du barème IR (11-30 %), et vous convertissez le solde en rente viagère (RVTG ou RVTO selon le compartiment déduit ou non déduit). La rente bénéficie de l'abattement de 10 % (RVTG) ou de la fraction par âge (RVTO), ce qui réduit l'assiette imposable.
Exemple chiffré : PER de 400 000 € (intégralement déduit), retraite à 64 ans, TMI cible 30 %.
| Option | Détail | IR estimé | Revenu net annuel |
|---|---|---|---|
| 100 % capital (sortie unique) | 400 000 € imposés au barème | ≈ 102 000 € | 298 000 € (one shot) |
| 100 % rente | RVTG ≈ 1 300 €/mois, imposée après abat. 10 % | ≈ 2 800 €/an | ≈ 12 800 €/an à vie |
| Mixte : 150 000 € capital + rente sur 250 000 € | Capital : TMI 30 % ; rente ≈ 810 €/mois (RVTG) | Capital ≈ 32 000 € ; rente ≈ 1 750 €/an | 118 000 € + 7 970 €/an |
La sortie mixte est optimale quand : (1) le capital total dépasse le seuil de la tranche à 41 % en sortie unique, (2) vous avez besoin d'un complément de revenus régulier, et (3) vous êtes en bonne santé (espérance de vie favorable pour la rente). En revanche, si votre espérance de vie est réduite ou si vous souhaitez transmettre, la sortie 100 % capital fractionnée est préférable (le capital rente est perdu au décès, sauf réversion).
Astuce : la rente progressive
Certains PER permettent une rente progressive : montant faible les premières années (quand vous avez encore des revenus d'activité), puis montant plus élevé ensuite. Cette option réduit l'imposition pendant la période de transition activité/retraite. Pour les dirigeants en phase de cession, cette stratégie est particulièrement pertinente — consultez notre guide de la gestion de fortune pour les stratégies post-cession.
5.5. Sortie fractionnée du PER : stratégie d'optimisation
Le fractionnement de la sortie PER en capital sur 3 à 5 années fiscales est la clé pour réduire la facture. Chaque retrait partiel est imposé séparément au barème IR. En étalant, vous restez dans une tranche inférieure :
| Stratégie | Retrait/an | TMI applicable | IR total estimé | Économie vs sortie unique |
|---|---|---|---|---|
| Sortie unique 300 000 € | 300 000 € | Tranche 41-45 % | ≈ 68 000 € | — |
| 3 ans × 100 000 € | 100 000 € | Tranche 30 % | ≈ 53 000 € | ≈ 15 000 € |
| 5 ans × 60 000 € | 60 000 € | Tranche 30 % | ≈ 45 000 € | ≈ 23 000 € |
6. PS 2026 : AV 17,2 % vs PER 18,6 %
La LFSS 2026 (n°2025-1403) a augmenté la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus du capital, portant les PS totaux à 18,6 %. L'assurance-vie bénéficie d'une exclusion et reste à 17,2 %. En revanche, la DGFiP a tranché en janvier 2026 : tous les PER sans exception (assurance et bancaire) sont soumis à la hausse. Le PFU effectif est donc de 31,4 % pour tous les PER contre 30 % pour l'AV.
| Enveloppe | PS 2026 | PFU effectif |
|---|---|---|
| Assurance-vie | 17,2 % | 30,0 % |
| PER (tous — assurance et bancaire) | 18,6 % | 31,4 % |
| CTO | 18,6 % | 31,4 % |
| PEA (après 5 ans) | 17,2 % | Exonéré IR |
Impact concret : 1,4 point d'écart AV vs PER
Sur 100 000 € de gains, la différence PER (18,6 %) vs AV (17,2 %) représente 1 400 €. Sur 500 000 € de gains après 30 ans : 7 000 € d'écart en faveur de l'AV. C'est un nouvel argument pour l'assurance-vie depuis la LFSS 2026 — et un critère supplémentaire dans le choix PER vs AV.
6.1. L'impact du PAS (prélèvement à la source) sur le PER
Le versement PER réduit votre revenu imposable, ce qui impacte votre taux de PAS (Prélèvement À la Source) l'année suivante. En pratique : si vous versez 15 000 € en PER en année N, votre taux de PAS recalculé en septembre N+1 sera plus bas (car votre revenu imposable N est réduit de 15 000 €). Vous récupérez donc l'économie d'impôt progressivement sous forme de baisse de prélèvement mensuel.
Pour obtenir l'économie immédiatement, vous pouvez moduler votre taux de PAS à la baisse sur impots.gouv.fr (rubrique « Gérer mon prélèvement à la source »). Attention : si la modulation est excessive (surestimation du versement PER), une pénalité de 10 % s'applique sur la différence (art. 1729 G CGI).
6.2. Fonds euros : PS au fil de l'eau vs à la sortie
En AV, les PS sur le fonds euros sont prélevés chaque année (« au fil de l'eau ») au taux en vigueur. En PER assurance, les PS ne sont prélevés qu'à la sortie. Conséquence : en PER, vous bénéficiez d'intérêts composés sur la part qui aurait été prélevée en PS chaque année en AV. Sur 20 ans avec un fonds euros à 3 %, cet effet représente environ 0,5 à 0,8 % de capital supplémentaire en PER. Cet avantage compense partiellement l'écart de taux PS (18,6 % vs 17,2 %).
7. Succession : AV supérieure après 70 ans
7.1. Avant 70 ans : match nul (art. 990 I)
En cas de décès avant 70 ans, l'AV et le PER assurance bénéficient du même régime : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà (art. 990 I CGI). Aucune différence.
7.2. Après 70 ans : avantage net à l'AV (art. 757 B)
C'est ici que l'AV prend l'avantage. L'art. 757 B prévoit un abattement global de 30 500 € (tous contrats, tous bénéficiaires), mais :
| Assurance-vie | PER assurance | |
|---|---|---|
| Abattement | 30 500 € global | 30 500 € global |
| Assiette taxable | Primes versées après 70 ans uniquement | Primes + gains (intégralité) |
| Gains | ✅ Exonérés | ❌ Taxés aux DMTG (Droits de Mutation à Titre Gratuit) |
Piège succession PER après 70 ans
En AV, les gains sont exonérés de droits de succession après 70 ans. En PER assurance, primes ET gains sont taxés aux DMTG (droits de mutation). Sur un PER de 200 000 € dont 80 000 € de gains, la différence est considérable : en AV, seuls 120 000 € de primes sont taxables (− 30 500 €) ; en PER, 200 000 € sont taxables (− 30 500 €).
7.3. PER bancaire : zéro avantage
Le PER bancaire (compte-titres) ne bénéficie ni de l'art. 990 I ni de l'art. 757 B. En cas de décès, le capital est intégré à la succession classique(abattement 100 000 € par enfant, barème DMTG progressif). Pour la transmission, le PER bancaire est le plus défavorable des trois enveloppes.
7.4. Abattement 152 500 € : commun et non cumulable
L'abattement de 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I) est partagéentre tous vos contrats AV et PER assurance. Si vos AV couvrent déjà cet abattement pour chaque bénéficiaire, un PER assurance supplémentaire n'apporte rien en succession. Pour approfondir, consultez notre guide de la succession en assurance-vie.
7.5. Le contrat de capitalisation : la 3e enveloppe à ne pas oublier
Ni le PER ni l'assurance-vie ne permettent de donner le contrat de son vivantsans le dénouer. Le contrat de capitalisation comble cette lacune : il est cessible par donation (art. 125-0 A CGI, BOFiP 20/12/2019), avec purge de la plus-value latente au jour de la donation. Le donataire reprend le contrat avec une valeur d'acquisition égale à la valeur au jour de la donation : les gains antérieurs sont définitivement exonérés d'IR.
Comparaison rapide : en AV, le rachat avant donation génère une imposition sur les gains (PFU 30 % ou barème). En contrat de capitalisation, la donation purge les gains sans aucun impôt. L'antériorité fiscale du contrat (abattement après 8 ans) est conservée par le donataire. Le contrat de capitalisation est aussi soumis à l'IFI (art. 972 CGI) contrairement au PER assurance.
La stratégie patrimoniale optimale pour la transmission active combine donc trois enveloppes : le PER pour défiscaliser, l'AV pour la transmission au décès (152 500 € par bénéficiaire), et le contrat de capitalisationpour la donation de son vivant avec purge des plus-values. Pour une analyse complète des stratégies de transmission pour les patrimoines importants, consultez notre guide de la gestion de fortune.
Piège : donation démembrée du contrat de capitalisation
La purge de la plus-value latente ne fonctionne qu'en donation en pleine propriété. En cas de donation de la nue-propriété avec réserve d'usufruit, la plus-value n'est pas purgée : le nu-propriétaire sera imposé sur l'intégralité des gains lors d'un rachat ultérieur (question sénatoriale n°07190, Sénat 2026). Cette distinction est cruciale pour les stratégies de transmission anticipée.
Optimiser PER + AV pour la transmission
La répartition entre PER et AV dépend de votre âge, de vos bénéficiaires et de votre patrimoine global. Hagnéré Patrimoine vous aide à structurer vos enveloppes pour maximiser la transmission nette. Frais parmi les plus compétitifs du marché.
8. IFI : avantage PER sur les supports immobiliers
C'est un angle rarement traité dans les comparatifs PER vs AV, pourtant crucial pour les patrimoines supérieurs à 1,3 M€.
| Enveloppe | SCPI en UC : IFI ? | Référence |
|---|---|---|
| PER assurance (phase épargne) | ❌ Exonéré (contrat non rachetable) | Art. 972 CGI |
| AV avec SCPI en UC | ✅ Imposable sur la fraction immobilière | Art. 972 CGI |
| PER bancaire | ✅ Imposable | Pas de clause non rachetable |
8.1. PER phase épargne : le triple avantage immobilier
Le PER assurance en phase d'épargne cumule trois avantages sur les supports immobiliers (SCPI, SCI, OPCI en UC) :
- Déduction fiscale à l'entrée (11-45 % selon TMI)
- Exonération IFI tant que le contrat est non rachetable (art. 972 CGI)
- Pas de revenus fonciers imposables : les loyers SCPI sont capitalisés dans le contrat, pas de déclaration 2044
En AV, les SCPI en UC sont imposables à l'IFI (art. 972 CGI) sur leur fraction représentative de biens immobiliers. Pour un contribuable IFI avec 200 000 € de SCPI, l'écart peut atteindre 1 000 à 3 000 €/and'IFI économisé en PER vs AV. Sur 15 ans, c'est 15 000 à 45 000 € de gain.
8.2. Attention : IFI en phase de rente
L'exonération IFI du PER assurance cesse à la liquidation. Si vous transformez le PER en rente viagère, la valeur de capitalisation de la rente entre dans l'assiette IFI (si les supports sous-jacents sont immobiliers). La sortie en capital élimine ce risque.
Stratégie IFI : SCPI en PER + actions en AV
Pour un contribuable IFI, la stratégie optimale est de placer les SCPI en PER assurance (exonérées IFI pendant la phase d'épargne) et les actions/ETF en AV (pas d'impact IFI de toute façon). Vous bénéficiez de la déduction PER sur les SCPI ET de l'exonération IFI. Pour approfondir, consultez notre guide du calcul IFI 2026 et notre guide SCPI en assurance-vie.
9. Frais comparés : le facteur qui change tout
Les frais sont le premier critère de performance à long terme — avant même la fiscalité. Un écart de 1 % de frais annuels représente 20 à 25 % de capital en moins sur 30 ans.
| Type de frais | Meilleur PER | Meilleure AV | Banque traditionnelle |
|---|---|---|---|
| Frais d'entrée | 0 % | 0 % | 2-5 % |
| Frais gestion UC | 0,50 %/an | 0,50 %/an | 0,60-1,00 % |
| Frais arbitrage | 0 % | 0 % | 0,50-1,00 % |
| Frais fonds euros | ≈ 0,60 % | ≈ 0,60 % | 0,75-1,00 % |
| Frais gestion pilotée | 0-0,20 % | 0-0,20 % | 0,30-0,50 % |
Le PER bancaire : 0 % de frais d'enveloppe
Le PER bancaire (compte-titres) n'a aucun frais d'enveloppe(pas de frais de gestion UC). Seuls les frais des supports (ETF 0,10-0,30 %) s'appliquent. Sur 30 ans, cette absence de frais peut représenter un gain de 20 000 à 50 000 €vs un PER assurance. La contrepartie : pas de fonds euros, pas d'avantage successoral, PS à 18,6 %.
9.1. Frais de transfert : avantage PER
Le PER bénéficie d'un droit de transfert encadré par la loi PACTE (art. L224-6 CoMoFi) : maximum 1 % des encours avant 5 ans, gratuit après 5 ans. Vous pouvez transférer votre PER d'un assureur à un autre (ou vers un PER bancaire) sans racheter ni payer d'impôt. C'est un avantage considérable si votre PER actuel a des frais élevés.
En AV, il n'existe aucun droit de transfert. Pour changer de contrat, vous devez racheter (fiscalisé) puis reverser sur un nouveau contrat, en perdant l'antériorité fiscale. Le transfert Fourgous (d'un contrat mono-support vers un multi-support chez le même assureur) est la seule exception, mais il est rarement avantageux et ne change pas d'assureur. C'est un argument supplémentaire pour bien choisir son contrat AV dès le départ.
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10. Simulation nette sur 20 ans par TMI
Hypothèses : versement annuel de 10 000 € d'effort réel (après économie d'impôt PER), rendement brut 5 %/an, frais de gestion 0,60 %/an, sortie en capital. TMI à la retraite supposé 30 % sauf mention contraire.
| TMI entrée | Capital PER net (sortie TMI 30 %) | Capital AV net (> 8 ans) | Écart PER vs AV | Verdict |
|---|---|---|---|---|
| 11 % | ≈ 275 000 € | ≈ 310 000 € | −11 % | ❌ AV nettement préférable |
| 30 % | ≈ 355 000 € | ≈ 310 000 € | +15 % | ✅ PER gagnant |
| 30 % → 11 % retraite | ≈ 395 000 € | ≈ 310 000 € | +28 % | ✅ PER très gagnant |
| 41 % | ≈ 415 000 € | ≈ 310 000 € | +34 % | ✅ PER largement gagnant |
| 45 % | ≈ 440 000 € | ≈ 310 000 € | +42 % | ✅ PER massif |
Pourquoi le PER gagne à TMI 30 % même si TMI identique ?
Même à TMI 30 % entrée ET sortie, le PER gagne de ≈ 15 % car l'économie d'impôt (3 000 €/an) est réinvestie et capitalise pendant 20 ans. Le PER verse 14 286 € bruts pour un effort de 10 000 € vs l'AV qui verse 10 000 € bruts. Les 4 286 € supplémentaires travaillent pendant 20 ans à 5 % → environ 45 000 € de capital additionnel. La refiscalisation à la sortie ne compense pas cet effet levier.
10.1. Scénario inverse : TMI qui monte à la retraite
Si votre TMI augmente à la retraite (revenus fonciers SCPI, cumul emploi-retraite, pensions élevées), le PER déduit devient perdant : vous avez déduit à 30 % et êtes refiscalisé à 41 %. Perte nette : 11 points sur chaque euro de capital retiré. Dans ce cas, l'option PER non déductibleou l'assurance-vie est clairement préférable.
Simulation TMI 30 % entrée → TMI qui monte à la sortie (effort réel 10 000 €/an, 20 ans, rendement 5 %) :
| TMI sortie | Capital PER net | Capital AV net | Écart PER vs AV | Verdict |
|---|---|---|---|---|
| 30 % (stable) | ≈ 355 000 € | ≈ 310 000 € | +15 % | ✅ PER gagnant |
| 41 % (+11 pts) | ≈ 305 000 € | ≈ 310 000 € | −2 % | ❌ PER légèrement perdant |
| 45 % (+15 pts) | ≈ 285 000 € | ≈ 310 000 € | −8 % | ❌ PER perdant |
| 45 % + CDHR | ≈ 265 000 € | ≈ 310 000 € | −15 % | ❌ PER nettement perdant |
À TMI 41 % sortie, le PER perd 2 % par rapport à l'AV malgré l'effet levier temporel. Si la CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus) se déclenche en plus, la perte atteint 15 %. C'est le scénario typique du cadre qui accumule des SCPI en direct et se retrouve à 41 % à la retraite à cause des revenus fonciers. Pour comprendre l'impact des SCPI sur votre TMI à la retraite, consultez notre guide de l'investissement immobilier.
Comment estimer sa TMI à la retraite ?
Additionnez vos pensions de retraite (base + complémentaire + réversion), vos revenus fonciers (SCPI, immobilier locatif), vos retraits PER programmés, et vos revenus financiers soumis au barème. Retirez l'abattement de 10 % sur les pensions (plafonné à 4 321 €). Comparez le résultat au barème IR pour estimer votre TMI. Les revenus fonciers SCPI sont la première cause de hausse de TMI imprévue à la retraite.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ces simulations sont des illustrations basées sur des hypothèses de rendement et de fiscalité qui peuvent évoluer.
10.2. Stratégie avancée : racheter l'AV pour alimenter le PER
Un rachat partiel d'assurance-vie après 8 ans bénéficie d'un abattement de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) sur les gains, et d'un taux réduit de 7,5 % au-delà (pour les versements inférieurs à 150 000 €). En réinjectant le produit du rachat en PER déductible, vous créez un double avantage fiscal : faible imposition à la sortie de l'AV + déduction à l'entrée du PER.
| Étape | Détail | Fiscalité |
|---|---|---|
| 1. Rachat AV (> 8 ans) | Rachat 20 000 € dont 6 000 € de gains | Gains exonérés (< abattement 9 200 €) → IR = 0 €, PS 17,2 % sur gains = 1 032 € |
| 2. Versement PER | 20 000 € versés en PER déductible (TMI 41 %) | Économie IR : 20 000 × 41 % = 8 200 € |
| Bilan net année 1 | Économie 8 200 € − PS 1 032 € | Gain net immédiat : +7 168 € |
Conditions pour que la stratégie soit gagnante
Cette stratégie n'est rentable que si : (1) l'AV a plus de 8 ans (abattement), (2) les gains rachetés restent dans l'abattement ou sont faibles, (3) votre TMI est de 30 % ou plus (déduction PER significative), et (4) vous n'avez pas besoin de la liquidité rachetée. Attention : le rachat AV augmente le RFR de l'année en cours — vérifiez que cela ne déclenche pas la CDHR (cf. section 11). Par ailleurs, l'ancien dispositif de transfert AV vers PER avec double abattementa expiré le 31/12/2022 et n'est plus applicable.
10.3. Rendements comparés : fonds euros, UC et gestion pilotée
Les supports disponibles en PER et en AV sont quasi-identiques (fonds euros, UC, ETF, SCPI, gestion pilotée). Cependant, les rendements nets diffèrent en raison de la structure de frais et de la fiscalité :
| Support | Rendement brut 2025 | Net en AV (PS 17,2 %, frais 0,60 %) | Net en PER (PS 18,6 %, frais 0,60 %) |
|---|---|---|---|
| Fonds euros | 3,0-3,5 % | ≈ 1,9-2,3 % | ≈ 2,4-2,9 % (PS à la sortie, effet intérêts composés) |
| UC actions monde (ETF) | 8-10 % historique | ≈ 5,5-7,0 % (après frais UC) | ≈ 5,5-7,0 % (idem, PS à la sortie) |
| Gestion pilotée horizon retraite | 5-7 % estimé | ≈ 3,5-5,0 % (frais gestion pilotée 0,20 %) | ≈ 3,5-5,0 % (+ effet levier déduction) |
| SCPI en UC | 4,5-5,5 % (TD) | ≈ 3,0-4,0 % | ≈ 3,0-4,0 % (+ exo IFI phase épargne) |
Gestion pilotée horizon retraite : l'atout du PER
La gestion pilotée « à horizon » est obligatoire par défaut dans les PER (art. L224-3 CoMoFi) : l'allocation bascule automatiquement des UC vers le fonds euros à mesure que la retraite approche. Cette désensibilisation progressive est un avantage structurel du PER pour les épargnants qui ne souhaitent pas gérer activement leur allocation. En AV, la gestion pilotée existe mais n'est pas le défaut — il faut l'activer. À rendement brut identique, le PER gagne grâce à l'effet levier de la déduction : vous investissez plus (le brut avant impôt) et la capitalisation travaille sur un montant supérieur.
11. CDHR : le piège méconnu pour hauts revenus
La CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus, LF 2025-2026, art. 224 CGI) impose un taux minimum d'imposition de 20 %si votre RFR (revenu fiscal de référence) dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple).
Le piège : rachats AV et sorties PER qui déclenchent la CDHR
Un rachat AV important ou une sortie PER en capital peut faire dépasser le seuil de 250 000 / 500 000 € de RFR et déclencher une surcharge fiscale considérable. Exemple : célibataire, RFR habituel 180 000 €, rachat AV 120 000 € → RFR 300 000 €. La CDHR s'applique sur l'excédent : (300 000 − 250 000) × différentiel ≈ +10 000 à 12 000 € d'impôt supplémentaire. Ce surcoût annule une partie de l'avantage fiscal de l'enveloppe.
Stratégie : fractionner les rachats AV et les sorties PER en capital sur plusieurs années pour rester sous le seuil de la CDHR. C'est un argument supplémentaire pour la sortie fractionnée du PER.
12. Matrice de décision par profil
| Profil | PER | AV | Stratégie recommandée |
|---|---|---|---|
| Jeune actif 25-35 ans, TMI 11-30 % | ⭐ | ⭐⭐⭐ | AV prioritaire (liquidité, prendre date). PER dès TMI 30 % stable. |
| Cadre 35-50 ans, TMI 30-41 % | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐ | PER pour racler la tranche haute, AV pour le surplus + liquidité. |
| TNS / dirigeant, TMI 41-45 % | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐ | PER max (plafond 88 911 €), AV en complément. CDHR à surveiller. |
| Couple TMI différentes | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐⭐ | PER pour conjoint TMI fort + mutualisation 6QR, AV pour conjoint TMI faible. |
| Retraité / 55-65 ans, TMI 30 % | ⭐⭐ | ⭐⭐⭐ | AV prioritaire (succession). PER si TMI encore élevé et sortie fractionnée prévue. |
| Senior > 70 ans | ⭐ | ⭐⭐⭐ | AV uniquement (PER non déductible après 70 ans, gains taxés en succession). |
| Expatrié / non-résident | ⭐⭐ | ⭐⭐⭐ | AV alimentable à l'étranger. PER : 0 % PS à la sortie NR, plafond ×3 au retour. |
| Contribuable IFI + SCPI | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐ | SCPI en PER assurance (exo IFI), actions en AV. Double optimisation. |
| Fonctionnaire cat. A, TMI 30 % | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐ | PER individuel (cumulable RAFP/Préfon). Plafond = 10 % traitement net. Transférer le Préfon si frais élevés. AV en complément liquidité. |
| Dirigeant pré-cession (TMI 45 %) | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐⭐ | PER max avant cession (déduction 45 %). AV pour le produit de cession (liquidité + succession). Contrat de capitalisation pour donation avec purge PV. Attention CDHR si RFR > 250 k€ l'année de cession. |
12.1. Focus fonctionnaire : les spécificités PER
Le fonctionnaire de catégorie A (attaché, ingénieur, enseignant agrégé) dispose d'un plafond PER calculé sur le traitement net imposable (hors primes si elles sont déjà couvertes par le RAFP). Le PER individuel est ouvert à tous les fonctionnaires et se cumule avec le RAFP (Retraite Additionnelle de la Fonction Publique) et l'ancien Préfon (transférable vers un PER PACTE, ce qui est recommandé si les frais Préfon dépassent 1 % par an).
Attention : le plafond PER du fonctionnaire est souvent plus faible que celui du salarié à revenus équivalents, car le traitement indiciaire ne représente qu'une partie de la rémunération totale (primes non incluses dans le calcul 10 %). Le cumul des reliquats sur 3 ans (5 ans depuis 2026) est essentiel pour maximiser la déduction.
12.2. Focus dirigeant pré-cession : la fenêtre de tir
Le dirigeant qui prépare la cession de son entreprise dispose d'une fenêtre de tir fiscale unique : les 1 à 3 années avant la cession, pendant lesquelles ses revenus (rémunération + dividendes) sont au plus haut et sa TMI est à 41-45 %. C'est le moment idéal pour maximiser les versements PER (plafond salarié ou article 154 bis si TNS) et accumuler les reliquats.
L'année de la cession, le produit de cession est généralement soumis au PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) 30 % (ou abattement 500 000 € dirigeant art. 150-0 D ter CGI) et ne passe pas par le barème IR. Le versement PER l'année de la cession ne réduit donc pas l'impôt sur la plus-value de cession. En revanche, il réduit l'IR sur les autres revenus (rémunération, dividendes antérieurs). L'année suivant la cession, la TMI chute souvent brutalement : c'est le moment d'arbitrer vers l'AV et le contrat de capitalisation pour la liquidité et la transmission.
Stratégie dirigeant pré-cession en 3 temps
Avant la cession : PER au plafond (déduction 41-45 %) + cumul reliquats. Année de cession : PER sur les revenus hors plus-value + AV avec le produit net. Après la cession : AV + contrat de capitalisation (donation, liquidité). Surveiller le RFR (revenu fiscal de référence) pour éviter le déclenchement de la CDHR. Consultez notre guide de la gestion de fortune pour les stratégies patrimoniales post-cession.
Quelle répartition PER / AV pour votre profil ?
La stratégie optimale dépend de votre TMI, votre âge, vos objectifs (retraite, transmission, liquidité) et votre patrimoine global. Hagnéré Patrimoine vous accompagne dans le choix des meilleures enveloppes avec une tarification parmi les plus compétitives du marché.
13. Cas pratiques chiffrés
13.1. Couple cadres TMI 41 % → 30 % retraite
Profil : Thomas et Claire, cadres supérieurs, revenus imposables 180 000 €/an, TMI 41 %, retraite dans 20 ans (TMI estimé 30 %).
- Plafond PER Thomas : 10 % × 100 000 = 10 000 €
- Plafond PER Claire : 10 % × 80 000 = 8 000 €
- Versement PER total : 18 000 €/an → économie : 18 000 × 41 % = 7 380 €
- Réinvestissement économie en AV : 7 380 €/an
- Après 20 ans à 5 %/an : PER ≈ 595 000 € brut, AV ≈ 244 000 €
- PER net (sortie fractionnée 5 ans, TMI 30 %) : ≈ 470 000 €
- AV nette (rachat après 8 ans) : ≈ 228 000 €
- Total net PER + AV : ≈ 698 000 € vs AV seule (18 000 €/an) : ≈ 595 000 €
- Gain de la stratégie combinée : +103 000 €
13.2. TNS médecin TMI 45 %
Profil : Sophie, médecin libéral, BNC 200 000 €, TMI 45 %, retraite dans 15 ans.
- Plafond PER TNS : 10 % × 200 000 + 15 % × (200 000 − 48 060) = 20 000 + 22 791 = 42 791 €
- Cotisations retraite déjà déduites : −10 000 €
- Plafond net PER : 32 791 €/an
- Économie d'impôt : 32 791 × 45 % = 14 756 €
- Réinvestissement en AV : 14 756 €/an
- Après 15 ans à 5 % : PER ≈ 710 000 € brut, AV ≈ 318 000 €
- PER net (sortie fractionnée, TMI 30 %) : ≈ 560 000 €
- AV nette : ≈ 298 000 €
- Total net : ≈ 858 000 € vs AV seule : ≈ 710 000 €. Gain : +148 000 €
13.3. Jeune cadre TMI 11 % → pourquoi l'AV d'abord
Profil : Julien, 28 ans, développeur, revenus 35 000 €/an, TMI 11 %.
- Économie PER : 5 000 × 11 % = 550 € seulement
- Refiscalisation sortie (TMI 30 % estimé retraite) : 5 000 × 30 % = 1 500 €
- Bilan PER : perte nette de 950 €
- En AV : 5 000 €/an, abattement 4 600 € après 8 ans → quasi 0 % d'impôt sur les premiers gains
- Verdict : AV uniquement. PER non pertinent tant que TMI < 30 %.
13.4. Couple TMI différentes : stratégie croisée
Profil : Marc (TMI 41 %, cadre dirigeant) et Léa (TMI 11 %, temps partiel), mariés.
- Marc verse en PER : plafond 10 % × 120 000 = 12 000 €
- Mutualisation plafond Léa (case 6QR) : + 4 806 € (plancher)
- Total PER Marc : 16 806 € → économie : 16 806 × 41 % = 6 890 €
- Léa verse en AV : 6 890 €/an (l'économie du PER de Marc)
- Résultat : déduction maximale pour Marc (TMI fort) + capitalisation AV pour Léa (liquidité + transmission)
13.5. Fonctionnaire catégorie A : PER + Préfon
Profil : Nathalie, attachée d'administration, traitement net imposable 52 000 €, TMI 30 %, retraite dans 18 ans.
- Plafond PER : 10 % × 52 000 = 5 200 €
- Reliquat Préfon transféré : 8 000 € (cumul 3 ans non utilisés)
- Versement PER année 1 : 13 200 € → économie : 13 200 × 30 % = 3 960 €
- Année 2+ : versement 5 200 €/an → économie : 1 560 €/an
- Réinvestissement économie en AV chaque année
- Après 18 ans à 5 % : PER ≈ 145 000 €, AV (économie réinvestie) ≈ 44 000 €
- Total net PER + AV : ≈ 157 000 € vs AV seule : ≈ 137 000 €. Gain : +20 000 €
13.6. Dirigeant pré-cession : maximiser avant la vente
Profil : Éric, 58 ans, président SAS, rémunération 180 000 €, TMI 45 %, cession dans 2 ans, produit estimé 2 M€.
- Plafond PER salarié : 10 % × 180 000 = 18 000 €
- Reliquats cumulés (3 ans non utilisés) : + 36 000 €
- Versement PER année 1 : 54 000 € → économie : 54 000 × 45 % = 24 300 €
- Versement PER année 2 : 18 000 € → économie : 18 000 × 45 % = 8 100 €
- Total déduction sur 2 ans : 72 000 €, économie : 32 400 €
- Post-cession : produit net ≈ 1,4 M€ → 500 000 € en AV (succession) + 300 000 € contrat capitalisation (donation enfants avec purge PV)
- Sortie PER fractionnée sur 5 ans (TMI 11-30 % post-cession) : économie vs sortie unique ≈ 15 000 €
- Gain total stratégie combinée : ≈ 47 000 €
13.7. Senior 72 ans : pourquoi l'AV gagne après 70 ans
Profil : Gérard, 72 ans, TMI 30 %, patrimoine 2 M€, souhaite transmettre.
- PER : versements non déductibles depuis la LF 2026 (après 70 ans)
- PER décès : art. 757 B, primes + gains taxés aux DMTG
- AV : versements libres, décès art. 757 B mais gains exonérés
- Pour 200 000 € versés dont 50 000 € de gains :
- PER : 200 000 − 30 500 = 169 500 € taxables
- AV : 150 000 − 30 500 = 119 500 € taxables (gains exonérés)
- Économie AV vs PER : ≈ 10 000 € de droits en moins
- Verdict : AV uniquement après 70 ans.
14. Erreurs fréquentes à éviter
| # | Erreur | Conséquence | Solution |
|---|---|---|---|
| 1 | Verser en PER à TMI 11 % | Refiscalisation > économie entrée | AV prioritaire. PER si TMI ≥ 30 % |
| 2 | Tout mettre en PER sans liquidité | Argent bloqué, pas d'épargne de précaution | 60-70 % PER, 30-40 % AV minimum |
| 3 | Sortir le PER en capital d'un coup | Saut de tranche IR (41-45 %) | Fractionner sur 3-5 ans |
| 4 | Croire l'abattement 152 500 € cumulable | Même enveloppe AV + PER partagée | Planifier globalement AV + PER |
| 5 | Ignorer les frais du PER | 1 % de frais = −25 % sur 30 ans | Choisir un PER à 0 % d'entrée, ≤ 0,60 % |
| 6 | PER assurance après 70 ans | Non déductible + gains taxés en succession | AV uniquement après 70 ans |
| 7 | Oublier la CDHR sur les gros rachats | Surcharge +12 000 € si RFR > 250k | Fractionner les rachats AV et sorties PER |
| 8 | PER bancaire pour la succession | Zéro avantage (succession classique) | PER assurance si enjeu successoral |
| 9 | Ignorer le PER bancaire pour les frais | 0 % de frais enveloppe vs 0,50-1 % | PER bancaire si long terme + pas d'enjeu succession |
| 10 | Ne pas mettre à jour la clause bénéficiaire | Ex-conjoint reste bénéficiaire après divorce | Mettre à jour après chaque changement |
| 11 | Multiplier TMI × versement pour estimer l'économie PER | Surestimation si le versement chevauche 2 tranches | Calculer tranche par tranche (cf. §3.1bis) |
| 12 | Oublier la LFSS 2026 sur les PS du PER | PS à 18,6 % au lieu de 17,2 % (tous PER) | Intégrer 31,4 % de PFU dans les simulations PER |
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Sources et références
Textes de loi
- Art. 163 quatervicies CGI — déduction versements PER
- Art. 154 bis CGI — déduction TNS
- Art. 125-0 A CGI — fiscalité rachats assurance-vie
- Art. 990 I CGI — prélèvement sui generis décès (< 70 ans)
- Art. 757 B CGI — DMTG décès (≥ 70 ans)
- Art. 972 / 972 bis CGI — IFI et contrats non rachetables
- Art. 158, 5-b quinquies CGI — sortie capital PER
- Art. 224 CGI — CDHR (taux minimum 20 %)
- Art. 125-0 A CGI + BOFiP BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50 (20/12/2019) — purge PV par donation du contrat de capitalisation
- Art. 150-0 D ter CGI — abattement dirigeant 500 000 € sur cession
- Art. 1729 G CGI — pénalité modulation PAS excessive
- Art. L224-1 à L224-40 CoMoFi — régime du PER
- Art. L224-3 CoMoFi — gestion pilotée à horizon (défaut PER)
- Art. L132-22 Code des assurances — rachat assurance-vie
Lois récentes
- LF 2026 n°2026-103 (19/02/2026) — report 5 ans, fin déduction PER > 70 ans
- LFSS 2026 n°2025-1403 (30/12/2025) — hausse CSG 10,6 %, PS 18,6 % (exclusion AV)
- Loi PACTE n°2019-486 (22/05/2019) — création du PER
Sources institutionnelles
- BOFiP — BOI-IR-BASE-20-50 (épargne retraite)
- BOFiP — BOI-ANNX-000513 (tableau de synthèse fiscal PER)
- France Assureurs — Bilan AV 2 119 Md€ (janvier 2026), PER 141 Md€ (T3 2025)
- Service-public.fr — Fiches PER et assurance-vie
Avertissement : Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'investissement en unités de compte comporte un risque de perte en capital. Chaque situation patrimoniale étant unique, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine pour une analyse adaptée à votre profil. Hagnéré Patrimoine est enregistré auprès de l'ORIAS en qualité de CIF, COA et COBSP.