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Guide expert PER vs AV 202630 minMis à jour 30 septembre 2026AV PS 17,2 % · PER PS 18,6 %

PER ou assurance-vie 2026 : lequel vous rapporte le plus ?

Le grand duel des deux placements préférés des Français : PER (art. 163 quatervicies CGI, déduction immédiate jusqu'à 88 911 €/an TNS / 37 680 €/an salariés, économie 11-45 % à TMI) vs assurance-vie (art. 125-0 A CGI, abattement annuel 4 600/9 200 € après 8 ans, PFU 24,7 % maintenu PS 17,2 % LFSS 2026). 12 critères comparés (déduction, liquidité, sortie, succession, IFI, frais, PS, supports, rente, CDHR, transfert, divorce). Simulation nette sur 20 ans pour chaque tranche TMI (11, 30, 41, 45 %). Transmission décès : art. 990 I CGI 152 500 €/bénéficiaire avant 70 ans (commun AV+PER assurantiel) ; art. 757 B CGI 30 500 € global après 70 ans (AV gagne : gains exonérés vs PER taxe primes ET gains). LF 2026 art. 9 supprime déductibilité PER après 70 ans + report 5 ans plafonds. LFSS 2026 art. 12 porte PS PER à 18,6 % vs AV maintenue 17,2 %. 7 cas pratiques chiffrés, jurisprudence Cass. com. 21/06/2023 n° 21-19.853 (Bull., Axyalis) devoir conseil CGP. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet ORIAS (CIF · COA · COBSP).

STRATÉGIE PER vs AV 2026

Arbitrer PER et assurance-vie selon votre TMI, votre horizon et votre transmission

Audit PER + AV 360° : simulation nette 20 ans par TMI, calibrage du mix optimal, clause bénéficiaire 990 I/757 B, sortie capital fractionné, AV-Lux Type C ≥ 250 k€ pour HNW. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur en architecture ouverte. Le choix d'une forme de société ou d'un régime fiscal et la rédaction des actes reviennent à votre avocat, votre notaire ou votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Bilan PER + AV 360°
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur

Sur lettre de mission signée

  • Simulation chiffrée sous lettre de mission
  • Plan d'arbitrage écrit sous lettre de mission

ABATTEMENT 990 I

152 500 €

ABATTEMENT 757 B

30 500 €

PS PER 2026

18,6 %

PS AV 2026

17,2 %

PLAFOND PER TNS

88 911 €

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine, non détenu par une banque ni par un assureur

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

§ 1INTRO·5 MIN

PER et AV : deux piliers complémentaires

Vous gagnez bien votre vie, vous payez beaucoup d'impôts, et vous voulez préparer votre retraite sans sacrifier votre niveau de vie actuel. Deux enveloppes s'offrent à vous : le PER (Plan d'Épargne Retraite) et l'assurance-vie. Faut-il choisir l'un ou l'autre ? La plupart du temps, la bonne réponse — celle que nous donnons en cabinet chez Hagnéré Patrimoine — est : les deux.

Le PER, c'est l'arme anti-impôts. Vous versez, l'État vous rembourse une partie. L'assurance-vie, c'est la liberté : votre argent reste disponible à tout moment, et la transmission à vos proches est optimisée. Ensemble, ces deux piliers représentent plus de 2 260 milliards d'euros d'encours en France (2 119 Md€ en AV + 141 Md€ en PER, T3 2025).

PER : l'arme fiscale

Déduction jusqu'à 37 680 € (salariés) ou 88 911 € (TNS). Bloqué jusqu'à la retraite (sauf 7 cas). Sortie taxée au barème IR. Idéal si TMI ≥ 30 %.

AV : la liberté patrimoniale

Aucune déduction à l'entrée. Rachat libre à tout moment. Abattement 4 600/9 200 € après 8 ans. Succession 152 500 €/bénéficiaire. Idéal pour liquidité et transmission.

Mise à jour du 28 avril 2026. La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12) a porté les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % sur les revenus du capital. Les enveloppes expressément maintenues à 17,2 % sont limitatives : assurance-vie, contrat de capitalisation, PEL/CEL/PEP ouverts avant 2018, revenus fonciers et plus-values immobilières. Le PER n'y figure pas : ses gains sont donc soumis à 18,6 % de PS depuis le 1er janvier 2026 (PFU 31,4 %). Côté déductibilité, la LF 2026 (loi n°  2026-103 du 19 février 2026) a supprimé la déduction IR des versements PER effectués après 70 ans (art. 163 quatervicies CGI modifié).

Ce guide intègre tous ces changements. Il vous aide à comprendre quand privilégier l'un ou l'autre, et comment les combiner avec d'autres placements : l'investissement immobilier (SCPI, immobilier locatif), la défiscalisation (Pinel, Denormandie, FCPI), et — pour les patrimoines au-dessus de 1,3 M€ — l'optimisation de l'IFI.

La règle d'or à retenir

Votre TMI (taux marginal d'imposition) est le juge de paix. TMI de 30 % ou plus : commencez par le PER, puis complétez avec l'AV. TMI en dessous de 30 % : commencez par l'AV pour la liquidité et la transmission, et gardez le PER pour plus tard. Dans tous les cas, les deux enveloppes se combinent. Pour approfondir le PER seul, consultez notre guide complet du PER 2026.

§ 2COMPARATIF·5 MIN

12 critères pour trancher entre PER et AV

Plutôt que de comparer vaguement, voici les 12 critères qui comptent vraiment. Ce tableau est votre fiche de synthèse : vous pouvez y revenir à chaque fois que vous hésitez.

Tableau comparatif : Critère — PER — Assurance-vie — Premier cas : Déduction à l'entrée
CritèrePERAssurance-vie
Déduction à l'entrée✅ Économie 11-45 % selon TMI (art. 163 quatervicies)❌ Aucune
Disponibilité❌ Bloqué (sauf 6 cas de déblocage L224-4 CMF)✅ Rachat libre à tout moment
Fiscalité sortie (capital)Barème IR sans abattement 10 % (déduit) / exonéré (non déduit)PFU 30 % ou 7,5 % + abattement 4 600/9 200 € (> 8 ans)
PS sur les gains (2026)18,6 % (LFSS 2026 art. 12 — PER hors exceptions)17,2 % (AV dans la liste des exceptions LFSS 2026)
Succession < 70 ansArt. 990 I : 152 500 €/bénéficiaire (PER assurance)Art. 990 I : 152 500 €/bénéficiaire
Succession ≥ 70 ansArt. 757 B : primes + gains taxés aux droits de successionArt. 757 B : gains exonérés ✅
IFI (supports immo)Exonéré phase épargne (PER assurance) ✅Imposable (art. 972)
SupportsFonds euros + UC (ou titres en PER bancaire)Fonds euros + UC
Plafond versementsAucun (déduction plafonnée)Aucun
Frais meilleurs contrats0 % entrée, 0,50 %/an gestion0 % entrée, 0,50 %/an gestion
Rente viagère✅ Capital et/ou rente✅ Capital et/ou rente
TransfertMax 1 % (gratuit après 5 ans)Rachat + nouveau contrat

Concrètement, le PER gagne sur la déduction, l'IFI et le transfert. L'AV gagne sur la liquidité, les PS (17,2 % vs 18,6 % PER depuis LFSS 2026), et la succession après 70 ans. Le match est serré, et c'est votre profil qui fait la différence — à commencer par le seul critère où l'écart peut atteindre 45 % du versement dès l'année N : la déduction fiscale.

Hagnéré Patrimoine

PER ou assurance-vie — comment trancher selon votre profil ?

Déduction IR, liquidité, transmission, IFI : chaque enveloppe a sa force. Un conseiller du cabinet compare les PER et les AV référencés et cale votre choix sur votre TMI et votre horizon.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 3DÉDUCTION·6 MIN

Pourquoi le PER fait économiser des milliers d'euros d'impôts

Vous payez 8 000 € d'impôt sur le revenu ? Avec un versement PER bien calibré, vous pourriez n'en payer que 4 000. C'est le principe de la déduction : chaque euro versé sur votre PER est retiré de votre revenu imposable (art. 163 quatervicies du Code général des impôts — c'est le texte qui autorise cette déduction). L'assurance-vie, elle, ne vous fait rien économiser à l'entrée.

Plus votre taux d'imposition est élevé, plus l'économie est importante. Voici ce que donne un versement de 10 000 € selon votre TMI :

Tableau comparatif : TMI — Versement PER 10 000 € — Économie d'impôt — Effort réel — AV : effort réel — Premier cas : 11 %
TMIVersement PER 10 000 €Économie d'impôtEffort réelAV : effort réel
11 %10 000 €1 100 €8 900 €10 000 €
30 %10 000 €3 000 €7 000 €10 000 €
41 %10 000 €4 100 €5 900 €10 000 €
45 %10 000 €4 500 €5 500 €10 000 €

Concrètement, à TMI 41 %, vous versez 10 000 € mais ça ne vous coûte que 5 900 € de votre poche. L'État prend en charge les 4 100 € restants. En assurance-vie, les mêmes 10 000 € vous coûtent 10 000 €. La différence est massive.

3.1. Comment « racler sa tranche » pour maximiser l'économie

L'astuce que peu de gens connaissent : il faut verser en PER juste assez pour épuiser votre tranche haute d'imposition, sans aller au-delà. Le surplus, vous le placez en assurance-vie.

Pourquoi ? Parce que si vos revenus vous placent 20 000 € au-dessus du seuil de la tranche à 41 %, seuls ces 20 000 € génèrent 41 % d'économie. Tout ce que vous versez au-delà tombe dans la tranche à 30 % — moins intéressant.

Versement PER optimal = montant de revenus situé dans la tranche marginale la plus élevée (plafonné au plafond de déduction PER)

3.1bis. Un exemple pour bien comprendre

Prenons Laurent, 42 ans, célibataire, directeur financier dans une ETI. Son revenu net imposable est de 95 000 € (1 part), ce qui le place à TMI 41 %. Il envisage de verser 15 000 € sur son PER.

Le seuil entre la tranche à 30 % et celle à 41 % se situe à 84 578 € (barème IR 2026, pour 1 part). Les derniers euros de Laurent (95 000 − 84 578 = 10 422 €) sont dans la tranche à 41 %. Le reste est dans la tranche à 30 %. Que se passe-t-il avec un versement de 15 000 € ?

Tableau comparatif : Tranche raclée — Montant déduit — Taux marginal — Économie d'impôt — Premier cas : Tranche 41 % (95 000 → 84 578)
Tranche racléeMontant déduitTaux marginalÉconomie d'impôt
Tranche 41 % (95 000 → 84 578)10 422 €41 %4 273 €
Tranche 30 % (84 578 → 80 000)4 578 €30 %1 373 €
Total versé : 15 000 €15 000 €Taux moyen pondéré : 37,6 %5 646 €

Concrètement, Laurent économise 5 646 € — et non 6 150 € (15 000 × 41 %) comme le calculent la plupart des simulateurs en ligne. L'erreur est de 504 €. C'est parce que seuls 10 422 € raclent la tranche à 41 % ; les 4 578 € restants ne génèrent que 30 % d'économie.

Attention : la plupart des simulateurs se trompent

Multiplier votre TMI par le montant versé surestime systématiquement l'économie PER dès que le versement chevauche deux tranches. Pour un calcul exact, il faut détailler tranche par tranche. Dans l'exemple de Laurent, l'erreur atteint 504 €. Pour une approche globale de la déduction fiscale, consultez notre guide de la défiscalisation 2026.

3.2. L'argent récupéré du fisc travaille pour vous

L'économie d'impôt du PER n'est pas un simple report. C'est de l'argent que vous récupérez aujourd'hui et qui travaille pendant toute la phase d'épargne. Si vous réinvestissez cette économie en assurance-vie, elle génère des intérêts composés pendant 20 à 30 ans. C'est l'avantage structurel du PER que les simulations simples ignorent.

La stratégie combinée PER + AV en action

Chaque année, vous versez 10 000 € en PER à TMI 41 %. Vous récupérez 4 100 € d'économie d'impôt. Vous réinvestissez ces 4 100 € en assurance-vie. Résultat au bout de 20 ans à 5 %/an : les 4 100 € réinvestis chaque année en AV deviennent environ 135 000 € de capital supplémentaire grâce aux intérêts composés. C'est l'effet levier que le PER seul ne produit pas.

3.3. Un effet méconnu : votre RFR ne baisse pas toujours

On lit souvent qu'un versement PER fait baisser le revenu fiscal de référence (RFR) et ouvre donc des aides sociales. C'est faux pour la plupart des épargnants : un versement déduit du revenu global (art. 163 quatervicies du CGI : salarié, dirigeant assimilé salarié, retraité) baisse le revenu imposable et l'impôt, mais il est réintégré dans le RFR (art. 1417, IV, 1°, a du CGI). Seul le travailleur non salarié qui déduit ses versements de son bénéfice professionnel (art. 154 bis) voit son RFR baisser :

Tableau comparatif : Dispositif indexé sur le RFR — Versement déduit du revenu global (163 quatervicies) — Versement déduit du bénéfice (154 bis, TNS) — Premier cas : APL / aides au logement
Dispositif indexé sur le RFRVersement déduit du revenu global (163 quatervicies)Versement déduit du bénéfice (154 bis, TNS)
APL / aides au logementSans effet (RFR inchangé)✅ RFR diminue → droits potentiellement augmentés
Bourse étudiante (enfant)Sans effet (RFR inchangé)✅ RFR diminue → échelon potentiellement supérieur
Exonération taxe foncièreSans effet (RFR inchangé)✅ RFR diminue → seuils d'exonération plus faciles à atteindre
Taux PAS (prélèvement à la source)✅ Impôt en baisse → taux PAS recalculé à la baisse✅ Impôt en baisse → taux PAS recalculé à la baisse
CEHR et CDHR (seuils 250/500 k€)Sans effet (RFR inchangé)✅ RFR diminue → risque moindre de dépasser 250/500 k€
Quotient familial (plafond)⚠️ Effet marginal, lié à l'impôt et non au RFR⚠️ Effet marginal, lié à l'impôt et non au RFR

Le PER comme outil de gestion du RFR, pour les indépendants

Si vous êtes travailleur non salarié et que votre foyer est proche d'un seuil de prestation sociale (bourse de votre enfant, APL, exonération de taxe foncière), un versement PER déduit de votre bénéfice et bien calibré peut faire basculer votre RFR en dessous du seuil. Vous décrochez alors un avantage supplémentaire qui s'ajoute à l'économie d'impôt. Pour un salarié, le versement est réintégré dans le RFR : il n'a pas cet effet. Attention toutefois : à la sortie du PER, le retrait en capital augmente le RFR et peut vous faire perdre ces mêmes avantages l'année du retrait. Un argument de plus pour la sortie fractionnée (cf. section 5.5).

Le moteur fiscal du PER est puissant à condition d'accepter le blocage jusqu'à la retraite — environ 25-30 ans pour un trentenaire, 10-15 ans pour un quinquagénaire. Si vous prévoyez un achat de RP, un changement de vie ou un coup dur dans cette fenêtre, c'est mécaniquement le critère liquidité qui prend la main — et c'est précisément là où l'assurance-vie surclasse le PER de plusieurs longueurs.

§ 4LIQUIDITÉ·4 MIN

Votre argent est-il vraiment bloqué dans un PER ?

Vous avez un projet immobilier dans 3 ans ? Vous voulez garder une réserve en cas de coup dur ? Alors ce point est crucial pour vous. L'assurance-vie vous permet de récupérer votre argent à tout moment, sans condition ni justificatif (art. L132-22 du Code des assurances). Le PER, lui, est verrouillé jusqu'à la retraite (art. L224-1 du Code monétaire et financier).

Il existe tout de même 6 situations limitativement prévues par l'article L. 224-4 CMF qui permettent de débloquer un PER avant la retraite. Cinq correspondent à des accidents de la vie :

Tableau comparatif : Cas de déblocage PER — Périmètre — Fiscalité — Premier cas : Décès conjoint/PACS
Cas de déblocage PERPérimètreFiscalité
Décès conjoint/PACSTotalité du PERCapital exonéré IR+PS, gains PS 18,6 %
Invalidité cat. 2/3Totalité du PERCapital exonéré IR+PS, gains PS 18,6 %
SurendettementTotalité du PERCapital exonéré IR+PS, gains PS 18,6 %
Fin droits chômage (ou mandataire social 2 ans)Totalité du PERCapital exonéré IR+PS, gains PS 18,6 %
Liquidation judiciaire (TNS)Totalité du PERCapital exonéré IR+PS, gains PS 18,6 %
Achat résidence principale (seul cas hors accident de vie)Versements volontaires + épargne salariale (pas cotisations obligatoires C3)Barème IR + PFU 31,4 %

Concrètement, si vous avez besoin d'argent pour financer les études de vos enfants ou pour saisir une opportunité d'investissement, le PER ne vous sera d'aucune aide. L'assurance-vie, si.

Débloquer son PER pour acheter : pas toujours une bonne idée

Le déblocage pour l'achat de la résidence principale est le seul cas qui n'est pas un accident de vie. Mais attention : le capital déduit est imposé au barème IR, et les gains au PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) à 31,4 % depuis la LFSS 2026. Avant de casser votre PER pour acheter, comparez avec un emprunt classique — souvent plus avantageux fiscalement. Voir notre guide dédié : Débloquer son PER — les 6 cas légaux pour l'arbre de décision complet et 5 cas pratiques chiffrés.

Vous savez maintenant que le PER est puissant fiscalement mais rigide, et que l'AV est souple mais sans avantage à l'entrée. Reste la question clé : combien paierez-vous d'impôts quand vous récupérerez votre argent ?

§ 5FISCALITÉ SORTIE·6 MIN

Ce que le fisc reprend quand vous récupérez votre argent

Le PER vous a fait économiser des impôts à l'entrée. Mais il ne faut pas se voiler la face : à la sortie, le fisc passe à la caisse. Toute la question est de savoir si vous paierez moins qu'à l'entrée — et c'est généralement le cas si votre TMI baisse à la retraite.

5.1. PER en capital (déduit) vs AV après 8 ans : le face-à-face

C'est le scénario central du comparatif. Le PER déduit refiscalise le capital au barème IR (sans abattement de 10 %). L'AV après 8 ans bénéficie d'un taux réduit de 7,5 % (pour les versements en dessous de 150 000 €) + un abattement de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) sur les gains.

Tableau comparatif : — PER (déduit) — AV (> 8 ans, < 150k€ versés) — Premier cas : Sur le capital versé
PER (déduit)AV (> 8 ans, < 150k€ versés)
Sur le capital verséBarème IR (11-45 %)Exonéré (c'est votre argent)
Sur les gainsPFU 12,8 % IR + PS7,5 % IR + PS (après abat.)
AbattementAucun4 600 € (célib.) / 9 200 € (couple)
PS18,6 % (LFSS 2026 art. 12 — PER hors exceptions)17,2 % (AV dans la liste des exceptions LFSS 2026)

Concrètement, l'AV est plus douce à la sortie. Mais le PER a un atout que ce tableau ne montre pas : l'économie d'impôt à l'entrée a travaillé pendant des années. C'est ce qui fait pencher la balance en faveur du PER quand votre TMI est de 30 % ou plus.

5.2. PER non déduit : quasi-identique à l'AV, mais en moins bien

Si vous avez choisi de ne pas déduire vos versements PER, la sortie en capital est exonérée d'IR (seuls les gains sont taxés au PFU). C'est quasi-identique à l'AV, mais sans l'abattement de 4 600/9 200 € après 8 ans. En pratique, l'AV reste préférable dans ce cas.

5.3. Et si vous préférez une rente plutôt qu'un capital ?

Vous n'avez pas envie de gérer un gros capital à la retraite ? La rente viagère vous verse un revenu à vie. Mais la fiscalité dépend du type de rente. En langage simple : la rente issue de versements que vous avez déduits (RVTG, rente viagère à titre gratuit) est imposée comme une pension de retraite. La rente issue de versements non déduits (RVTO, rente viagère à titre onéreux) n'est taxée que sur une fraction qui diminue avec l'âge.

Tableau comparatif : Enveloppe — Régime de la rente — Imposition — Premier cas : PER (déduit)
EnveloppeRégime de la renteImposition
PER (déduit)RVTG (Rente Viagère à Titre Gratuit)Barème IR + abattement 10 % (pension)
PER (non déduit)RVTO (Rente Viagère à Titre Onéreux)Fraction imposable selon l'âge (30-70 %)
AVRVTOFraction imposable selon l'âge (30-70 %)

Combien est réellement taxé en RVTO ?

En RVTO, seule une fraction de la rente est soumise à l'IR (art. 158, 6 du Code général des impôts) : 70 % si la rente démarre avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans. Concrètement, si vous touchez 1 000 €/mois de rente à 65 ans, seuls 400 €/mois sont imposés. Les 600 € restants sont exonérés.

Combien de rente pour 100 000 € de capital ?

En 2026, les taux de conversion moyens tournent autour de 3,5 à 4,5 % du capital selon l'âge : un capital de 100 000 € produit environ 290 à 375 €/mois à 65 ans (rente viagère sans réversion). Avec une réversion à 60 %, le montant baisse de 15 à 20 %. Ces taux dépendent des tables de mortalité de l'assureur et de son taux technique.

5.4. La sortie mixte capital + rente : la meilleure option que personne ne vous explique

Peu de gens le savent, mais le PER permet de sortir une partie en capital et le reste en rente (art. L224-1 du Code monétaire et financier). C'est souvent la meilleure option, mais elle est rarement présentée car elle demande un calcul fin.

Le principe est simple : vous sortez en capital la part qui reste dans les tranches basses du barème IR (11-30 %), et vous convertissez le solde en rente viagère. La rente bénéficie de l'abattement de 10 % (RVTG) ou de la fraction par âge (RVTO), ce qui réduit l'assiette imposable.

Prenons un exemple concret. Véronique, 64 ans, ancienne DRH, a accumulé 400 000 € sur son PER (intégralement déduit). Sa TMI cible à la retraite est de 30 %. Voici ses trois options :

Tableau comparatif : Option — Détail — IR estimé — Revenu net annuel — Premier cas : 100 % capital (sortie unique)
OptionDétailIR estiméRevenu net annuel
100 % capital (sortie unique)400 000 € imposés au barème≈ 102 000 €298 000 € (one shot)
100 % renteRVTG ≈ 1 300 €/mois, imposée après abat. 10 %≈ 2 800 €/an≈ 12 800 €/an à vie
Mixte : 150 000 € capital + rente sur 250 000 €Capital : TMI 30 % ; rente ≈ 810 €/mois (RVTG)Capital ≈ 32 000 € ; rente ≈ 1 750 €/an118 000 € + 7 970 €/an

La sortie mixte est optimale quand : (1) le capital total dépasse le seuil de la tranche à 41 % en sortie unique, (2) vous avez besoin d'un complément de revenus régulier, et (3) vous êtes en bonne santé. En revanche, si votre espérance de vie est réduite ou si vous souhaitez transmettre, la sortie 100 % capital fractionnée est préférable (le capital de la rente est perdu au décès, sauf réversion).

La comparaison chiffrée exhaustive entre sortie capital, rente viagère et mix capital+rente est détaillée dans notre guide dédié : Sortir en capital ou en rente de son PER (27 cas chiffrés, point mort longévité, stratégie successorale).

L'astuce de la rente progressive

Certains PER permettent une rente progressive : un montant faible les premières années (quand vous avez encore des revenus d'activité), puis un montant plus élevé ensuite. Vous payez moins d'impôts pendant la transition activité/retraite. Pour les dirigeants en phase de cession, cette stratégie est particulièrement pertinente — consultez notre guide de la gestion de fortune pour les stratégies post-cession.

5.5. Fractionner la sortie PER : l'astuce qui fait économiser 23 000 €

Sortir tout d'un coup, c'est la pire erreur. Pourquoi ? Parce qu'un retrait massif vous propulse dans les tranches hautes du barème. En étalant sur 3 à 5 ans, chaque retrait partiel reste dans une tranche plus basse. La différence est spectaculaire :

Tableau comparatif : Stratégie — Retrait/an — TMI applicable — IR total estimé — Économie vs sortie unique — Premier cas : Sortie unique 300 000 €
StratégieRetrait/anTMI applicableIR total estiméÉconomie vs sortie unique
Sortie unique 300 000 €300 000 €Tranche 41-45 %≈ 68 000 €—
3 ans × 100 000 €100 000 €Tranche 30 %≈ 53 000 €≈ 15 000 €
5 ans × 60 000 €60 000 €Tranche 30 %≈ 45 000 €≈ 23 000 €

Concrètement, en étalant sur 5 ans au lieu de tout retirer d'un coup, vous économisez 23 000 €. C'est comme si on vous offrait une année entière de retraite complémentaire. Maintenant, parlons d'un changement majeur survenu en 2026 : les prélèvements sociaux.

§ 6PS 2026·4 MIN

LFSS 2026 : PER porté à 18,6 %, AV maintenue à 17,2 %

Point clé 2026 : la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12) a relevé les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % sur les revenus du capital (CSG portée de 9,2 % à 10,6 %, + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 %). La loi prévoit une liste limitative d'enveloppes maintenues à 17,2 % : assurance-vie, contrat de capitalisation, PEL/CEL/PEP ouverts avant 2018, revenus fonciers et plus-values immobilières.

Le PER ne figure pas dans cette liste. Ses gains supportent donc le taux plein de 18,6 % depuis le 1er janvier 2026. Conséquence pratique : le PFU sortie capital PER passe à 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS), contre un régime inchangé pour l'AV qui conserve son PFU 30 % avant 8 ans et 24,7 % après 8 ans dans l'abattement (7,5 % + 17,2 % PS). C'est précisément l'une des raisons qui renforce l'AV comme support senior en 2026.

Tableau comparatif : Enveloppe — PS 2026 — PFU effectif gains — Premier cas : Assurance-vie (rachats avant 8 ans)
EnveloppePS 2026PFU effectif gains
Assurance-vie (rachats avant 8 ans)17,2 %30,0 % (12,8 % IR + 17,2 % PS)
Assurance-vie (rachats après 8 ans, dans abattement)17,2 %24,7 % (7,5 % + 17,2 %)
PER assurance (sortie capital, gains)18,6 %31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS)
PER bancaire (sortie capital, gains)18,6 %31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS)
CTO (revenus mobiliers)18,6 %31,4 % (LFSS 2026)
PEA (après 5 ans)18,6 % (LFSS 2026)Exonéré IR

Le PER est bien passé à 18,6 %

Mise à jour du 28 avril 2026. La rédaction initiale de ce guide affirmait que le PER était maintenu à 17,2 % (comme l'assurance-vie). Après vérification Legifrance de l'art. 12 de la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) et cartographie croisée des autres articles de ce site, cette position a été revue : le PER n'est pas dans la liste limitative des exceptions (fonciers, PV immobilières, AV, PEL/CEL, PEP). Les gains PER supportent donc bien 18,6 % de PS depuis le 1er janvier 2026.

6.1. Votre taux de prélèvement à la source baisse grâce au PER

Un avantage concret que beaucoup ignorent : le versement PER réduit votre revenu imposable. Votre taux de PAS (prélèvement à la source) est recalculé à la baisse l'année suivante. Si vous versez 15 000 € en PER en année N, votre prélèvement mensuel diminue en N+1.

Pour obtenir l'économie immédiatement, vous pouvez moduler votre taux de PAS sur impots.gouv.fr (rubrique « Gérer mon prélèvement à la source »). Mais soyez prudent : si la modulation est excessive, une pénalité de 10 % s'applique sur la différence (art. 1729 G du Code général des impôts).

6.2. Fonds euros : un avantage caché du PER

En assurance-vie, les PS sur le fonds euros sont prélevés chaque année. En PER assurance, les PS ne sont prélevés qu'à la sortie. Ça veut dire que votre capital en PER bénéficie d'intérêts composés sur la part qui aurait été ponctionnée chaque année en AV.

Sur 20 ans avec un fonds euros à 3 %, cet effet représente environ 0,5 à 0,8 % de capital supplémentaire en PER. Un avantage discret qui compense partiellement l'écart de taux PS (18,6 % vs 17,2 %). Passons maintenant à un sujet que personne ne veut aborder mais qui finit par concerner tout le monde : la succession.

Pour comparer les rendements nets réels des meilleurs fonds euros 2025-2026 (Corum 4,10 %, Spirica 3,26 %, Ampli 3,75 %) accessibles en assurance-vie, voir notre guide Fonds euros 2026 : rendements, classement et perspectives.

§ 7SUCCESSION·6 MIN

Protéger vos proches : pourquoi l'AV gagne après 70 ans

Vous ne pensez peut-être pas encore à la succession. Mais vos proches vous remercieront si vous y pensez maintenant. Car le choix entre PER et AV a un impact direct sur ce que vos bénéficiaires recevront.

7.1. Avant 70 ans : match nul

En cas de décès avant 70 ans, l'AV et le PER assurance offrent exactement le même avantage : un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà (art. 990 I du Code général des impôts — c'est le texte qui crée ce régime fiscal dérogatoire en dehors du droit commun des successions). Aucune différence entre les deux.

7.2. Après 70 ans : l'AV prend clairement l'avantage

C'est ici que tout change. L'article 757 B du CGI prévoit un abattement global de 30 500 € (tous contrats, tous bénéficiaires). Mais la grande différence, c'est le traitement des gains :

Tableau comparatif : — Assurance-vie — PER assurance — Premier cas : Abattement
Assurance-viePER assurance
Abattement30 500 € global30 500 € global
Assiette taxablePrimes versées après 70 ans uniquementPrimes + gains (intégralité)
Gains✅ Exonérés❌ Taxés aux DMTG (Droits de Mutation à Titre Gratuit)

Concrètement, si vous avez 200 000 € dont 80 000 € de gains : en AV, seuls 120 000 € de primes sont taxables (moins 30 500 € d'abattement). En PER, les 200 000 € entiers sont taxables (moins 30 500 €). La différence peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros de droits de succession.

Le piège du PER après 70 ans

En assurance-vie, les gains sont exonérés de droits de succession après 70 ans. En PER assurance, primes ET gains sont taxés aux DMTG. Plus votre PER a de gains, plus l'écart se creuse en faveur de l'AV.

7.3. PER bancaire : aucun avantage pour vos héritiers

Le PER bancaire (sous forme de compte-titres) ne bénéficie ni de l'art. 990 I ni de l'art. 757 B. En cas de décès, le capital est intégré à la succession classique (abattement 100 000 € par enfant, barème progressif des droits). Pour la transmission, c'est le plus défavorable des trois.

7.4. L'abattement 152 500 € n'est pas cumulable

Un point que beaucoup de gens ignorent : l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I) est partagé entre tous vos contrats AV et PER assurance. Ouvrir un PER assurance en plus de votre AV ne vous donne pas un deuxième abattement. Pour approfondir, consultez notre guide de la succession en assurance-vie.

7.5. Le contrat de capitalisation : la 3e enveloppe à connaître

Et si vous voulez transmettre de votre vivant sans tout perdre en impôts ? Ni le PER ni l'AV ne le permettent vraiment. C'est là qu'intervient le contrat de capitalisation.

Son atout unique : il est cessible par donation (art. 125-0 A CGI, BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50 § 225, remarque, version du 30/06/2022), avec purge de la plus-value latente en cas de donation en pleine propriété. En clair, les gains accumulés jusqu'à la donation ne sont plus imposables à l'IR : selon la doctrine administrative, le prix d'acquisition du donataire « s'entend de la valeur vénale retenue pour le calcul des droits de mutation à titre gratuit ». Le donataire calcule donc ses gains à partir de la valeur du contrat au jour de la donation, et non des primes versées par le donateur.

En AV, vous devriez racheter avant de donner — et payer l'impôt sur les gains (PFU 30 % ou barème). Avec le contrat de capitalisation, la donation en pleine propriété purge les gains. Et l'antériorité fiscale (abattement après 8 ans) est conservée par le donataire : le contrat garde sa date de souscription pour le calcul de la durée (BOI-RPPM-RCM-30-10-20-20 § 70 et § 120). Seul bémol : le contrat de capitalisation est soumis à l'IFI (art. 972 CGI), contrairement au PER assurance.

La stratégie patrimoniale complète combine donc trois enveloppes : le PER pour défiscaliser, l'AV pour transmettre au décès, et le contrat de capitalisation pour donner de son vivant, en pleine propriété, avec purge des plus-values. Pour les patrimoines importants, consultez notre guide de la gestion de fortune.

Attention à la donation démembrée du contrat de capitalisation

La purge décrite ci-dessus vaut pour une donation en pleine propriété. Si vous donnez la nue-propriété en gardant l'usufruit, le calcul des gains lors d'un rachat par l'ancien nu-propriétaire, une fois l'usufruit éteint à votre décès, est incertain. La question écrite n° 07190 de M. Marc-Philippe Daubresse (JO Sénat du 01/01/2026, p. 12) signale au ministre une « incertitude quant à l'assiette de taxation » et pose trois bases possibles : la valeur de la nue-propriété à la donation, la valeur en pleine propriété à la donation, ou la valeur en pleine propriété au décès de l'usufruitier. Elle fait état de « méthodes de calcul variées » chez les assureurs et reste sans réponse au 30/09/2026.

La lecture la plus directe de la doctrine (BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50 § 225) conduit à retenir comme base la valeur de la nue-propriété déclarée (barème de l'art. 669 CGI). C'est une déduction, que l'administration n'a pas confirmée : ce BOI ne mentionne ni le démembrement ni la réunion de l'usufruit. En sens contraire, la question demande elle-même de confirmer qu'une base inférieure à la valeur au décès « n'est pas assimilable à de la taxation indirecte de la valeur de l'usufruit retenu », et aucun texte ne dit si la réunion de l'usufruit vaut seconde acquisition du contrat. Si la valeur de la nue-propriété est retenue, elle remplace les primes du donateur comme base de calcul, ce qui peut réduire ou augmenter l'impôt au rachat selon l'âge du donateur et le montant des primes. Exemple d'école : 100 000 € de primes, contrat valant 120 000 € à la donation, donateur de 75 ans (nue-propriété à 70 %, soit 84 000 €), rachat à 150 000 € après la réunion. Les gains imposables sont de 66 000 € avec la valeur de la nue-propriété (150 000 − 84 000), contre 50 000 € sans donation (150 000 − 100 000) et 30 000 € avec la pleine propriété à la donation (150 000 − 120 000). La réunion de l'usufruit au décès « ne donne ouverture à aucun impôt ou taxe » (art. 1133 CGI), et le contrat conserve sa date de souscription pour la durée de 8 ans, ce qui joue sur l'abattement et le taux, pas sur l'assiette. C'est une subtilité cruciale si vous envisagez une transmission anticipée.

Hagnéré Patrimoine

Combien transmettre via le PER, combien via l'assurance-vie ?

Avant ou après 70 ans, 990 I contre 757 B, nue-propriété versus pleine propriété : la répartition optimale varie selon vos bénéficiaires. Un conseiller en architecture ouverte structure vos deux enveloppes.

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§ 8IFI·4 MIN

Vous payez l'IFI ? Le PER peut vous faire économiser gros

Si votre patrimoine immobilier dépasse 1,3 M€, ce critère peut peser lourd dans la balance. Car le PER et l'AV ne sont pas du tout traités de la même manière face à l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière).

Tableau comparatif : Enveloppe — SCPI en UC : IFI ? — Référence — Premier cas : PER assurance (phase épargne)
EnveloppeSCPI en UC : IFI ?Référence
PER assurance (phase épargne)❌ Exonéré (contrat non rachetable)Art. 972 CGI
AV avec SCPI en UC✅ Imposable sur la fraction immobilièreArt. 972 CGI
PER bancaire✅ ImposablePas de clause non rachetable

8.1. Le triple avantage du PER sur les SCPI

En plaçant des SCPI dans un PER assurance (en phase d'épargne), vous cumulez trois avantages que l'AV ne peut pas offrir simultanément :

  • Déduction fiscale à l'entrée (11-45 % selon votre TMI)
  • Exonération IFI tant que le contrat est non rachetable (art. 972 CGI)
  • Pas de revenus fonciers imposables : les loyers SCPI sont capitalisés dans le contrat, vous n'avez pas de déclaration 2044 à remplir

Concrètement, pour un contribuable IFI avec 200 000 € de SCPI, l'écart peut atteindre 1 000 à 3 000 €/an d'IFI économisé en PER par rapport à l'AV. Sur 15 ans, c'est 15 000 à 45 000 € de gain.

8.2. L'exonération IFI s'arrête à la retraite

L'exonération IFI du PER assurance cesse à la liquidation. Si vous transformez le PER en rente viagère, la valeur de capitalisation de la rente entre dans l'assiette IFI (si les supports sous-jacents sont immobiliers). La sortie en capital élimine ce risque.

La stratégie gagnante : SCPI en PER, actions en AV

Si vous êtes assujetti à l'IFI, l'arbitrage par défaut consiste à loger les SCPI dans le PER assurance (exonérées d'IFI pendant toute la phase d'épargne, art. 972 bis CGI) et les actions et ETF dans l'AV (sans impact IFI de toute façon). Double effet : déduction PER sur les SCPI ET exonération IFI sur la même poche, soit typiquement 600 à 1 500 € d'IFI économisés par an pour 100 000 € de SCPI. Pour approfondir, consultez notre guide du calcul IFI 2026 et notre guide SCPI en assurance-vie.

L'IFI est un sujet à ne pas négliger. Mais savez-vous quel est le critère qui impacte le plus votre performance sur le long terme ? Les frais.

§ 9FRAIS·4 MIN

Les frais : le tueur silencieux de votre performance

Vous pouvez être à TMI 45 % avec un mix PER + AV parfaitement calibré : si vos frais annuels dépassent ceux du marché de 1 point, vous reperdez 20 à 25 % de capital sur 30 ans. À l'échelle d'un PER à 200 000 € arrivés à terme, c'est 40 000 à 50 000 € évaporés en silence — sur le long terme, le poste frais pèse plus lourd que le poste fiscalité.

Tableau comparatif : Type de frais — Meilleur PER — Meilleure AV — Banque traditionnelle — Premier cas : Frais d'entrée
Type de fraisMeilleur PERMeilleure AVBanque traditionnelle
Frais d'entrée0 %0 %2-5 %
Frais gestion UC0,50 %/an0,50 %/an0,60-1,00 %
Frais arbitrage0 %0 %0,50-1,00 %
Frais fonds euros≈ 0,60 %≈ 0,60 %0,75-1,00 %
Frais gestion pilotée0-0,20 %0-0,20 %0,30-0,50 %

Concrètement, si votre banque vous prélève 2 % de frais d'entrée + 0,90 % de frais annuels, vous perdez l'équivalent de plusieurs dizaines de milliers d'euros sur la durée de votre épargne par rapport à un contrat en ligne à 0 % d'entrée et 0,50 % de gestion.

Le PER bancaire : peu ou pas de frais d'enveloppe

Le PER bancaire (sous forme de compte-titres) n'a, hors éventuels frais de tenue de compte, aucun frais d'enveloppe. Seuls les frais des supports (ETF 0,10-0,30 %) s'appliquent. Sur 30 ans, cette absence de frais peut représenter un gain de 20 000 à 50 000 € par rapport à un PER assurance. La contrepartie : pas de fonds euros, pas d'avantage successoral, PS à 18,6 %.

9.1. Transférer un PER trop cher : c'est possible et gratuit après 5 ans

Bonne nouvelle : le PER bénéficie d'un droit de transfert encadré par la loi PACTE (art. L224-6 du Code monétaire et financier). Vous pouvez changer de PER sans racheter ni payer d'impôt. Le coût ? Maximum 1 % avant 5 ans, gratuit après 5 ans — soit, sur un PER bancaire à 1,5 % de frais qu'on transfère vers un PER en ligne à 0,6 %, environ 30 000 € récupérés sur 25 ans pour 100 000 € de capital.

En assurance-vie, ce n'est pas possible. Pour changer de contrat, vous devez racheter (et payer l'impôt sur les gains), puis reverser sur un nouveau contrat en perdant l'antériorité fiscale. Le transfert Fourgous (mono-support vers multi-support chez le même assureur) est la seule exception, mais il est rarement avantageux et ne permet pas de changer d'assureur. C'est un argument de plus pour bien choisir son contrat AV dès le départ.

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Quel PER ou AV choisir pour minimiser vos frais sur 20 ans ?

Frais d'entrée, frais d'arbitrage, gestion UC : quelques dixièmes de point par an font des dizaines de milliers d'euros à l'échéance. Un CGP compare les contrats référencés et sécurise votre choix.

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§ 10SIMULATION·8 MIN

Combien aurez-vous dans 20 ans ? Les chiffres parlent

C'est la question que tout le monde se pose. Nous avons simulé un versement annuel de 10 000 € d'effort réel (après économie d'impôt PER), sur 20 ans, avec un rendement brut de 5 %/an, des frais de gestion de 0,60 %/an, et une sortie en capital. TMI à la retraite supposé 30 % sauf mention contraire.

Tableau comparatif : TMI entrée — Capital PER net (sortie TMI 30 %) — Capital AV net (> 8 ans) — Écart PER vs AV — Verdict — Premier cas : 11 %
TMI entréeCapital PER net (sortie TMI 30 %)Capital AV net (> 8 ans)Écart PER vs AVVerdict
11 %≈ 275 000 €≈ 310 000 €−11 %❌ AV nettement préférable
30 %≈ 355 000 €≈ 310 000 €+15 %✅ PER gagnant
30 % → 11 % retraite≈ 395 000 €≈ 310 000 €+28 %✅ PER très gagnant
41 %≈ 415 000 €≈ 310 000 €+34 %✅ PER largement gagnant
45 %≈ 440 000 €≈ 310 000 €+42 %✅ PER massif

Concrètement, à TMI 30 %, vous avez 45 000 € de plus avec le PER qu'avec l'AV au bout de 20 ans. À TMI 41 %, l'écart grimpe à 105 000 €. Ce sont des sommes qui changent une retraite.

Pourquoi le PER gagne même à TMI identique (30 % entrée et sortie) ?

L'explication est simple : l'économie d'impôt (3 000 €/an à TMI 30 %) est réinvestie et capitalise pendant 20 ans. Le PER verse 14 286 € bruts pour un effort de 10 000 € (vs 10 000 € bruts en AV). Ces 4 286 € supplémentaires travaillent pendant 20 ans à 5 % et génèrent environ 45 000 € de capital additionnel. La refiscalisation à la sortie ne compense pas cet effet levier.

10.1. Le scénario catastrophe : votre TMI augmente à la retraite

Et si votre TMI monte à la retraite au lieu de baisser ? C'est le cauchemar du PER. Ça arrive quand vous cumulez des revenus fonciers (SCPI en direct), un cumul emploi-retraite, ou des pensions élevées. Vous avez déduit à 30 % et êtes refiscalisé à 41 %. Perte nette : 11 points sur chaque euro retiré.

Tableau comparatif : TMI sortie — Capital PER net — Capital AV net — Écart PER vs AV — Verdict — Premier cas : 30 % (stable)
TMI sortieCapital PER netCapital AV netÉcart PER vs AVVerdict
30 % (stable)≈ 355 000 €≈ 310 000 €+15 %✅ PER gagnant
41 % (+11 pts)≈ 305 000 €≈ 310 000 €−2 %❌ PER légèrement perdant
45 % (+15 pts)≈ 285 000 €≈ 310 000 €−8 %❌ PER perdant
45 % + CDHR≈ 265 000 €≈ 310 000 €−15 %❌ PER nettement perdant

Concrètement, si votre TMI passe de 30 % à 41 % à la retraite, le PER perd face à l'AV malgré l'effet levier. Et si la CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus) se déclenche en plus, la perte atteint 15 %. C'est le scénario typique du cadre qui accumule des SCPI en direct et se retrouve surpris par sa TMI à la retraite. Pour en savoir plus, consultez notre guide de l'investissement immobilier.

Comment estimer votre TMI à la retraite ?

Faites l'exercice maintenant. Additionnez vos futures pensions de retraite (base + complémentaire), vos revenus fonciers (SCPI, immobilier locatif), vos retraits PER programmés, et vos revenus financiers au barème. Retirez l'abattement de 10 % sur les pensions (plafonné à 4 439 € par foyer sur les revenus 2025, art. 158, 5, a CGI). Comparez le résultat au barème IR. Les revenus fonciers SCPI sont la première cause de hausse de TMI imprévue à la retraite.

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ces simulations sont des illustrations basées sur des hypothèses de rendement et de fiscalité qui peuvent évoluer.

10.2. Une stratégie avancée : racheter l'AV pour alimenter le PER

Si vous avez une assurance-vie de plus de 8 ans avec peu de gains, voici une manoeuvre élégante. Un rachat partiel après 8 ans bénéficie d'un abattement de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) sur les gains, plus un taux réduit de 7,5 %. En réinjectant le produit en PER déductible, vous créez un double avantage fiscal.

Tableau comparatif : Étape — Détail — Fiscalité — Premier cas : 1. Rachat AV (> 8 ans)
ÉtapeDétailFiscalité
1. Rachat AV (> 8 ans)Rachat 20 000 € dont 6 000 € de gainsGains exonérés (< abattement 9 200 €) → IR = 0 €, PS 17,2 % sur gains = 1 032 €
2. Versement PER20 000 € versés en PER déductible (TMI 41 %)Économie IR : 20 000 × 41 % = 8 200 €
Bilan net année 1Économie 8 200 € − PS 1 032 €Gain net immédiat : +7 168 €

Cette stratégie n'est pas pour tout le monde

Elle n'est rentable que si : (1) l'AV a plus de 8 ans, (2) les gains rachetés restent dans l'abattement ou sont faibles, (3) votre TMI est de 30 % ou plus, et (4) vous n'avez pas besoin de la liquidité rachetée. Attention : le rachat AV augmente votre RFR de l'année en cours — vérifiez que cela ne déclenche pas la CDHR (cf. section 11). L'ancien dispositif de transfert AV vers PER avec double abattement a expiré le 31/12/2022.

10.3. Les rendements sont-ils les mêmes en PER et en AV ?

Les supports disponibles (fonds euros, UC, ETF, SCPI, gestion pilotée) sont quasi-identiques. Mais les rendements nets diffèrent à cause des frais et de la fiscalité :

Tableau comparatif : Support — Rendement brut 2025 — Net en AV (PS 17,2 %, frais 0,60 %) — Net en PER (sortie capital, PS 18,6 % depuis LFSS 2026, frais 0,60 %) — Premier cas : Fonds euros
SupportRendement brut 2025Net en AV (PS 17,2 %, frais 0,60 %)Net en PER (sortie capital, PS 18,6 % depuis LFSS 2026, frais 0,60 %)
Fonds euros3,0-3,5 %≈ 1,9-2,3 %≈ 2,4-2,9 % (PS à la sortie, effet intérêts composés)
UC actions monde (ETF)8-10 % historique≈ 5,5-7,0 % (après frais UC)≈ 5,5-7,0 % (idem, PS à la sortie)
Gestion pilotée horizon retraite5-7 % estimé≈ 3,5-5,0 % (frais gestion pilotée 0,20 %)≈ 3,5-5,0 % (+ effet levier déduction)
SCPI en UC4,5-5,5 % (TD)≈ 3,0-4,0 %≈ 3,0-4,0 % (+ exo IFI phase épargne)

La gestion pilotée par défaut : un atout méconnu du PER

Dans un PER, la gestion pilotée « à horizon » est activée par défaut (art. L224-3 du Code monétaire et financier). Votre allocation bascule automatiquement des actions vers le fonds euros à mesure que la retraite approche. C'est un filet de sécurité intégré. En AV, la gestion pilotée existe mais il faut l'activer soi-même. À rendement brut identique, le PER gagne grâce à l'effet levier de la déduction : vous investissez plus (le brut avant impôt) et la capitalisation travaille sur un montant supérieur.

§ 11CDHR·4 MIN

Le piège que les hauts revenus ne voient pas venir

Vous gagnez bien votre vie ? Alors lisez attentivement. La CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus, LF 2025-2026, art. 224 CGI) impose un taux minimum d'imposition de 20 % si votre RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple).

Quel rapport avec le PER et l'AV ? Un rachat AV important ou une sortie PER en capital peut faire exploser votre RFR d'une année sur l'autre et déclencher cette surcharge.

Un exemple pour comprendre le piège

Prenons François, célibataire, RFR habituel de 180 000 €. Il fait un rachat sur son assurance-vie qui lui fait constater 120 000 € de gains, lesquels entrent dans son RFR : celui-ci passe à 300 000 €. Il entre dans le champ de la CEHR (3 % × 50 000 = 1 500 €) et de la CDHR. Mais à 300 000 €, il est en zone de décote : son plancher CDHR est limité à 41 250 € (82,5 % × 50 000), alors que son impôt sur le revenu (environ 57 600 € sur ses 180 000 € imposés au barème, plus l'impôt sur les gains du rachat) le dépasse largement : la CDHR est nulle. Le vrai surcoût, ici, c'est la CEHR. La CDHR ne mord que si l'essentiel du revenu est faiblement taxé (gros rachats, dividendes au PFU).

La solution ? Fractionner les rachats AV et les sorties PER en capital sur plusieurs années pour rester sous le seuil de la CEHR et de la CDHR. C'est un argument supplémentaire pour la sortie fractionnée du PER. Tous ces paramètres (TMI, IFI, transmission, CDHR) convergent vers une matrice de décision à 3 cases — détaillée dans la section qui suit.

§ 12MATRICE·4 MIN

Quel est votre profil ? Trouvez votre stratégie en un coup d'oeil

Vous n'avez pas envie de lire 14 sections ? Ce tableau, issu de la pratique quotidienne d'Hagnéré Patrimoine en cabinet, vous donne la réponse en 30 secondes. Trouvez votre profil, et vous saurez par quelle enveloppe commencer :

Tableau comparatif : Profil — PER — AV — Stratégie recommandée — Premier cas : Jeune actif 25-35 ans, TMI 11-30 %
ProfilPERAVStratégie recommandée
Jeune actif 25-35 ans, TMI 11-30 %⭐⭐⭐⭐AV prioritaire (liquidité, prendre date). PER dès TMI 30 % stable.
Cadre 35-50 ans, TMI 30-41 %⭐⭐⭐⭐⭐PER pour racler la tranche haute, AV pour le surplus + liquidité.
TNS / dirigeant, TMI 41-45 %⭐⭐⭐⭐⭐PER max (plafond 88 911 €), AV en complément. CDHR à surveiller.
Couple TMI différentes⭐⭐⭐⭐⭐⭐PER pour conjoint TMI fort + mutualisation 6QR, AV pour conjoint TMI faible.
Retraité / 55-65 ans, TMI 30 %⭐⭐⭐⭐⭐AV prioritaire (succession). PER si TMI encore élevé et sortie fractionnée prévue.
Senior > 70 ans⭐⭐⭐⭐AV uniquement (PER non déductible après 70 ans, gains taxés en succession).
Expatrié / non-résident⭐⭐⭐⭐⭐AV alimentable à l'étranger. PER : 0 % PS à la sortie NR, plafond ×3 au retour.
Contribuable IFI + SCPI⭐⭐⭐⭐⭐SCPI en PER assurance (exo IFI), actions en AV. Double optimisation.
Fonctionnaire cat. A, TMI 30 %⭐⭐⭐⭐⭐PER individuel (cumulable RAFP/Préfon). Plafond = 10 % traitement net. Transférer le Préfon si frais élevés. AV en complément liquidité.
Dirigeant pré-cession (TMI 45 %)⭐⭐⭐⭐⭐⭐PER max avant cession (déduction 45 %). AV pour le produit de cession (liquidité + succession). Contrat de capitalisation pour donation avec purge PV. Attention CDHR si RFR > 250 k€ l'année de cession.

12.1. Vous êtes fonctionnaire ? Voici ce qui change pour vous

Nathalie, 46 ans, attachée d'administration, se pose la même question que vous. Son plafond PER est calculé sur son traitement net imposable — pas sur sa rémunération totale. Comme ses primes ne sont pas incluses dans le calcul des 10 %, son plafond est souvent plus faible que celui d'un salarié du privé à revenu équivalent.

Le PER individuel est ouvert à tous les fonctionnaires et se cumule avec le RAFP (Retraite Additionnelle de la Fonction Publique) et l'ancien Préfon. Si votre Préfon dépasse 1 % de frais par an, transférez-le vers un PER PACTE — c'est gratuit après 5 ans. Le cumul des reliquats sur 5 ans (depuis la LF 2026) est essentiel pour maximiser la déduction.

12.2. Vous préparez la cession de votre entreprise ?

Les 1 à 3 années avant la cession sont une fenêtre de tir fiscale unique. Vos revenus (rémunération + dividendes) sont au plus haut, votre TMI est à 41-45 %. C'est le moment idéal pour maximiser les versements PER et accumuler les reliquats.

L'année de la cession, le produit est généralement soumis au PFU 31,4 % (LFSS 2026) (ou abattement 500 000 € dirigeant, art. 150-0 D ter CGI). Le versement PER ne réduit pas l'impôt sur la plus-value de cession, mais il réduit l'IR sur vos autres revenus (rémunération, dividendes). L'année suivante, votre TMI chute brutalement : c'est le moment d'arbitrer vers l'AV et le contrat de capitalisation.

La stratégie dirigeant pré-cession en 3 temps

Avant la cession : PER au plafond (déduction 41-45 %) + cumul reliquats. Année de cession : PER sur les revenus hors plus-value + AV avec le produit net. Après la cession : AV + contrat de capitalisation (donation, liquidité). Surveillez le RFR pour éviter la CDHR. Consultez notre guide de la gestion de fortune pour les stratégies patrimoniales post-cession.

La théorie, c'est bien. Mais rien ne vaut des exemples concrets. Passons aux cas pratiques.

Hagnéré Patrimoine

Quelle répartition PER et assurance-vie pour votre patrimoine ?

Retraite, transmission, liquidité : les objectifs se hiérarchisent. Un conseiller en architecture ouverte construit votre répartition sur mesure et calibre les versements selon votre TMI et votre horizon.

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§ 13CAS CHIFFRÉS·10 MIN

7 cas illustratifs pour trouver le vôtre

Voici sept cas illustratifs (prénoms, profils et chiffres fictifs). L'un d'eux ressemble probablement au vôtre. Hypothèses communes : rendement de 5 %/an, sortie du PER fractionnée avec versements déduits imposés à la TMI de retraite et gains au PFU de 31,4 % (12,8 % + 18,6 %) ; rachats d'assurance-vie étalés sur 5 ans après 8 ans, avec abattement annuel, 7,5 % d'IR et 17,2 % de prélèvements sociaux sur les gains.

13.1. Thomas et Claire, cadres supérieurs : 96 000 € de gain

Thomas, 45 ans, directeur commercial dans l'industrie pharmaceutique. Claire, 43 ans, responsable marketing dans un groupe hôtelier. Deux enfants de 12 et 15 ans. Revenus imposables du foyer : 180 000 €/an. TMI 41 %. Ils prévoient de partir à la retraite dans 20 ans, avec une TMI estimée à 30 % (pensions sans revenus fonciers).

  • Plafond PER Thomas : 10 % × 100 000 = 10 000 €
  • Plafond PER Claire : 10 % × 80 000 = 8 000 €
  • Versement PER total : 18 000 €/an → économie : 18 000 × 41 % = 7 380 €
  • Réinvestissement de l'économie en AV : 7 380 €/an
  • Après 20 ans à 5 %/an : PER ≈ 595 000 € brut, AV ≈ 244 000 €
  • PER net (sortie fractionnée 5 ans, TMI 30 %) : 595 000 € − 360 000 € × 30 % − 235 000 € de gains × 31,4 % ≈ 413 000 €
  • AV nette (rachats étalés après 8 ans) : ≈ 224 000 €
  • Total net PER + AV : ≈ 637 000 € vs AV seule (18 000 €/an, nette d'impôt) : ≈ 541 000 €
  • Gain de la stratégie combinée : ≈ +96 000 €

13.2. Sophie, médecin libéral : 132 000 € de gain grâce au plafond TNS

Sophie, 50 ans, médecin spécialiste en dermatologie à Bordeaux. Divorcée, un fils de 22 ans en école de commerce. BNC de 200 000 €, TMI 45 %. Elle prévoit de réduire son activité dans 15 ans (TMI cible 30 %). Son plafond PER TNS est bien supérieur à celui d'un salarié :

  • Plafond PER TNS : 10 % × 200 000 + 15 % × (200 000 − 48 060) = 20 000 + 22 791 = 42 791 €
  • Cotisations retraite déjà déduites : −10 000 €
  • Plafond net PER : 32 791 €/an
  • Économie d'impôt : 32 791 × 45 % = 14 756 €
  • Réinvestissement en AV : 14 756 €/an
  • Après 15 ans à 5 % : PER ≈ 710 000 € brut, AV ≈ 318 000 €
  • PER net (sortie fractionnée, TMI 30 %) : 708 000 € − 492 000 € × 30 % − 216 000 € de gains × 31,4 % ≈ 492 000 €
  • AV nette : ≈ 296 000 €
  • Total net : ≈ 788 000 € vs AV seule (nette d'impôt) : ≈ 656 000 €. Gain : ≈ +132 000 €

13.3. Julien, jeune développeur : pourquoi l'AV d'abord

Julien, 28 ans, développeur full-stack dans une startup à Lyon. Célibataire, locataire. Revenus de 35 000 €/an, TMI 11 %. Il peut épargner 5 000 €/an. Il hésite entre PER et AV. Faisons le calcul :

  • Économie PER : 5 000 × 11 % = 550 € seulement
  • Refiscalisation à la sortie (TMI 30 % estimé retraite) : 5 000 × 30 % = 1 500 €
  • Bilan PER : perte nette de 950 €
  • En AV : 5 000 €/an, abattement 4 600 € après 8 ans → quasi 0 % d'impôt sur les premiers gains
  • Verdict : AV uniquement. Le PER n'est pas pertinent tant que la TMI reste en dessous de 30 %.

Pour Julien, l'AV a un double avantage : il prend date (l'abattement après 8 ans commencera à courir), et il garde sa liquidité pour ses projets de vie proches (achat immobilier, mariage, création d'entreprise).

13.4. Marc et Léa, le couple à TMI différentes

Marc, 48 ans, directeur général d'une PME industrielle, TMI 41 %. Léa, 46 ans, enseignante à temps partiel, TMI 11 %. Mariés sous le régime de la communauté, deux enfants. L'arbitrage tient en cinq lignes :

  • Marc verse en PER : plafond 10 % × 120 000 = 12 000 €
  • Mutualisation du plafond de Léa (case 6QR de la déclaration) : + 4 710 € (plancher)
  • Total PER Marc : 16 710 € → économie : 16 710 × 41 % = 6 851 €
  • Léa verse en AV : 6 851 €/an (l'économie du PER de Marc)
  • Résultat : déduction maximale pour Marc (TMI fort) + capitalisation AV pour Léa (liquidité + transmission)

La case 6QR permet à Marc d'utiliser les plafonds non consommés de Léa. C'est un levier méconnu qui peut ajouter plusieurs milliers d'euros de déduction par an.

13.5. Nathalie, fonctionnaire : PER + transfert Préfon

Nathalie, 47 ans, attachée d'administration à la Direction Générale des Finances Publiques. Mariée, un enfant. Traitement net imposable de 52 000 €, TMI 30 %. Retraite dans 18 ans. Elle a un ancien contrat Préfon avec 8 000 € de reliquats non utilisés.

  • Plafond PER : 10 % × 52 000 = 5 200 €
  • Reliquat Préfon transféré : 8 000 € (cumul 3 ans non utilisés)
  • Versement PER année 1 : 13 200 € → économie : 13 200 × 30 % = 3 960 €
  • Année 2+ : versement 5 200 €/an → économie : 1 560 €/an
  • Réinvestissement de l'économie en AV chaque année
  • Après 18 ans à 5 % : PER ≈ 165 000 € (101 600 € versés), AV (économie réinvestie) ≈ 49 000 €
  • PER net ≈ 114 000 € (versements imposés à 30 %, gains au PFU de 31,4 %), AV nette ≈ 46 000 €
  • Total net PER + AV : ≈ 160 000 € vs AV seule (mêmes versements, nette d'impôt) : ≈ 153 000 €. Gain : ≈ +8 000 € — à TMI 30 %, l'avantage du PER reste mince.

13.6. Éric, dirigeant pré-cession : 47 000 € de gain en 2 ans

Éric, 58 ans, président d'une SAS spécialisée dans le conseil IT. Marié, trois enfants adultes. Rémunération de 180 000 €, TMI 45 %. Il prépare la cession de son entreprise (valeur estimée 2 M€) dans 2 ans. Comment tirer le maximum de cette fenêtre fiscale ?

  • Plafond PER salarié : 10 % × 180 000 = 18 000 €
  • Reliquats cumulés (3 ans non utilisés) : + 36 000 €
  • Versement PER année 1 : 54 000 € → économie : 54 000 × 45 % = 24 300 €
  • Versement PER année 2 : 18 000 € → économie : 18 000 × 45 % = 8 100 €
  • Total déduction sur 2 ans : 72 000 €, économie : 32 400 €
  • Post-cession : produit net ≈ 1,4 M€ → 500 000 € en AV (succession) + 300 000 € contrat capitalisation (donation enfants avec purge PV)
  • Sortie PER fractionnée sur 5 ans (TMI 11-30 % post-cession) : économie vs sortie unique ≈ 15 000 €
  • Gain total de la stratégie combinée : ≈ 47 000 €

13.7. Gérard, 72 ans : pourquoi l'AV est la seule option après 70 ans

Gérard, 72 ans, ancien directeur industriel à la retraite. Marié, deux enfants, patrimoine de 2 M€. Il veut optimiser la transmission. À son âge, le choix est clair :

  • PER : versements non déductibles depuis la LF 2026 (après 70 ans)
  • PER en cas de décès : art. 757 B, primes + gains taxés aux DMTG
  • AV : versements libres, décès art. 757 B mais gains exonérés
  • Pour 200 000 € versés dont 50 000 € de gains :
  • PER : 200 000 − 30 500 = 169 500 € taxables
  • AV : 150 000 − 30 500 = 119 500 € taxables (gains exonérés)
  • Économie AV vs PER : ≈ 10 000 € de droits en moins
  • Verdict : après 70 ans, l'AV est la seule enveloppe qui a du sens.
§ 14ERREURS·5 MIN

Les 12 erreurs qui coûtent cher (et comment les éviter)

Voici les erreurs les plus fréquentes. Certaines coûtent des milliers d'euros. Toutes sont évitables :

Tableau comparatif : # — Erreur — Conséquence — Solution — Premier cas : 1
#ErreurConséquenceSolution
1Verser en PER à TMI 11 %Refiscalisation > économie entréeAV prioritaire. PER si TMI ≥ 30 %
2Tout mettre en PER sans liquiditéArgent bloqué, pas d'épargne de précaution60-70 % PER, 30-40 % AV minimum
3Sortir le PER en capital d'un coupSaut de tranche IR (41-45 %)Fractionner sur 3-5 ans
4Croire l'abattement 152 500 € cumulableMême enveloppe AV + PER partagéePlanifier globalement AV + PER
5Ignorer les frais du PER1 % de frais = −25 % sur 30 ansChoisir un PER à 0 % d'entrée, ≤ 0,60 %
6PER assurance après 70 ansNon déductible + gains taxés en successionAV uniquement après 70 ans
7Oublier la CEHR et la CDHR sur les gros rachatsCEHR dès 250 k€ de RFR ; CDHR si l'impôt reste sous 20 % du RFRFractionner les rachats AV et sorties PER
8PER bancaire pour la successionZéro avantage (succession classique)PER assurance si enjeu successoral
9Ignorer le PER bancaire pour les fraisFrais d'enveloppe faibles ou nuls vs 0,50-1 %PER bancaire si long terme + pas d'enjeu succession
10Ne pas mettre à jour la clause bénéficiaireEx-conjoint reste bénéficiaire après divorceMettre à jour après chaque changement
11Multiplier TMI × versement pour estimer l'économie PERSurestimation si le versement chevauche 2 tranchesCalculer tranche par tranche (cf. §3.1bis)
12Confondre PS PER, PS CTO/PEA et PS AVPS PER sortie capital : 18,6 % depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 (LFSS 2026 art. 12, PER non listé dans les exceptions) — PS CTO : 18,6 % — PS PEA : 18,6 % (PEA non listé dans les exceptions) — PS AV / foncier / PEL-CEL / PEP ouverts avant 2018 / PV immo : 17,2 % maintenu (exceptions limitatives LFSS 2026)Intégrer le bon taux dans les simulations — seules AV, fonciers, PEL/CEL/PEP ouverts avant 2018 et PV immo restent à 17,2 %

Concrètement, si vous retenez trois choses de ce guide : (1) ne versez pas en PER si votre TMI est en dessous de 30 %, (2) ne sortez jamais tout d'un coup, et (3) choisissez un contrat à frais réduits. Ces trois principes seuls peuvent vous faire économiser des dizaines de milliers d'euros. C'est exactement ce que Hagnéré Patrimoine chiffre dans le cadre d'une lettre de mission. Premier rendez-vous offert, sans recommandation personnalisée.

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§ 15JURISPRUDENCE·8 MIN

Jurisprudence 2015-2026 et 10 angles experts absents du top 10

Audit concurrentiel sur les 10 comparatifs PER vs AV les plus lus (Linxea, Meilleurtaux-placement, Ramify, Climb, Capital, Boursorama, Finance pour Tous, Yomoni, Nalo, Dossier Familial) : aucun ne couvre simultanément ces 10 angles techniques. Plusieurs font même l'erreur sur la LFSS 2026.

15.1 Jurisprudence clé : 9 décisions structurantes

Tableau comparatif : Décision — Date — Numéro — Impact comparatif — Premier cas : Cass. 3e civ. quasi-usufruit SCI démembrée
DécisionDateNuméroImpact comparatif
Cass. 3e civ. quasi-usufruit SCI démembrée19/09/2024n° 22-18.687 et 22-18.733Vente de la totalité des immeubles d'une SCI démembrée : dividende au nu-propriétaire sauf convention contraire, quasi-usufruit de l'usufruitier. Arrêt civil, sans portée fiscale propre.
BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-40-20-2026/09/2024§ 275L'art. 774 bis ne vise pas l'usufruit que le défunt ne s'était pas « réservé », par exemple comme bénéficiaire en usufruit d'une assurance-vie — le PER n'est pas nommé
CE PER hors IFI phase épargne24/10/2023n° 465575PER gagnant IFI vs AV (UC immobilières)
RM Malhuret n° 6584JO Sénat 28/02/2019SénatConfirme PER hors IFI, y compris UC immo — angle décisif IFI
BOFiP BOI-RSA-PENS-30-10-2010/08/2026§ 10, 100 et 160Part « versements déduits » du capital PER éligible au quotient 163-0 A quel que soit son montant ; pas pour un versement fractionné précédé d'un versement de même nature dans les 3 ans
Cass. 1re civ. insaisissabilité valeur de rachat02/07/2002n° 99-14.819Les créanciers du souscripteur ne peuvent se faire attribuer la valeur de rachat d'un contrat non dénoué. Réserves : saisie administrative à tiers détenteur (art. L. 262 II LPF) et action paulienne (art. 1341-2 C. civ.). Transposition au PER assurance non tranchée
Cass. 1re civ. Praslicka31/03/1992n° 90-16.343AV souscrite pendant le mariage avec des fonds communs = actif de communauté à liquider (solution posée pour l'assurance-vie)
Cass. 1re civ. contrat de retraite complémentaire30/04/2014n° 12-21.484Contrat dont le bénéfice est différé à la cessation d'activité = propre par nature : l'extension de Praslicka au PER n'est pas acquise
CC QPC pénalité 5 % art. 176627/10/20172017-667Abrogation pénalité 5 % AV étrangère (sécurise AVL)

15.2 Succession après 70 ans : l'angle mort à 80 000 €

C'est le différentiel majeur ignoré par tous les concurrents. L'article 757 B CGI s'applique, en assurance-vie, aux primes versées après 70 ans et, pour le PER, à tout le plan en cas de décès après 70 ans, avec un abattement global de 30 500 € (tous contrats AV + PER confondus). Mais l'assiette taxable n'est pas la même :

Tableau comparatif : Enveloppe — Abattement art. 757 B — Assiette taxable aux droits de succession — Premier cas : Assurance-vie
EnveloppeAbattement art. 757 BAssiette taxable aux droits de succession
Assurance-vie30 500 € globalPRIMES versées après 70 ans uniquement — les GAINS SONT EXONÉRÉS
PER assurance30 500 € globalCAPITAL ENTIER (versements + gains) — RIEN N'EST EXONÉRÉ

Exemple chiffré — Contrat 500 000 € à 85 ans, 1 bénéficiaire non-conjoint (TMI succession 20 % droits en ligne directe après abattement 100 000 € personnel). Primes versées après 70 ans : 100 000 €. Gains : 400 000 €.

  • AV : assiette 757 B = 100 000 € − 30 500 € = 69 500 € → droits ≈ 13 900 €
  • PER assurance : assiette 757 B = 500 000 € − 30 500 € = 469 500 € → droits ≈ 93 900 € (469 500 × 20 % ; la tranche à 30 % ne commence qu'au-delà de 552 324 €)
  • Écart en faveur de l'AV : 80 000 € (400 000 € de gains × 20 %)

15.3 Quotient 163-0 A et capital PER : ouvert, mais pas pour chaque retrait fractionné

Le BOFiP BOI-RSA-PENS-30-10-20 (version du 10/08/2026, § 10 et § 100) est explicite : la part du capital PER correspondant aux versements déduits, imposée au barème sans abattement de 10 %, est un revenu exceptionnel éligible au mécanisme du quotient (art. 163-0 A CGI), « par exception, quel que soit leur montant ». Sur demande dans la déclaration, on ajoute le quart du capital au revenu net global et on multiplie par quatre l'impôt supplémentaire. La part « gains », au PFU de 12,8 %, n'y a droit qu'en cas d'option globale pour le barème. Limite : en sortie fractionnée, un versement ne peut plus en bénéficier si un versement de même nature a été perçu au cours des trois années précédentes (§ 160). Le quotient atténue l'impôt sur le revenu, mais la sortie reste à vérifier au regard de la CEHR et de la CDHR.

Stratégie : comparer une sortie unique avec quotient et des rachats PER fractionnés sur 5 à 10 années civiles — la LF 2019 (Sapin 2) a supprimé toute limite de durée de fractionnement. L'AV offre en plus un abattement annuel de 4 600 €/9 200 € sur les gains (art. 125-0 A I-1°) que le PER n'a pas.

15.4 CEHR + CDHR : l'argument oublié des hauts revenus

CEHR (art. 223 sexies CGI) : 3 % entre 250 k€ et 500 k€ de RFR, 4 % au-delà. CDHR (art. 224 CGI, LF 2025 art. 10) : taux d'IR effectif minimum de 20 % au-dessus de 250 k€ (célibataire) ou 500 k€ (couple). La sortie capital PER dope mécaniquement le RFR et peut déclencher ces deux surtaxes. L'AV permet de rester sous les seuils grâce à l'abattement annuel et au fractionnement multi-contrats.

15.5 IFI : PER gagnant en phase d'épargne

Le CE 24/10/2023 n° 465575 et la RM Malhuret n° 6584 confirment que le PER est hors IFI en phase d'épargne, y compris pour les UC immobilières (SCPI, OPCI, SCI). L'AV est en revanche taxable à l'IFI sur la fraction immobilière des UC (art. 972 CGI), sauf tolérance 972 bis (moins de 20 % d'immobilier dans le véhicule). Sur un patrimoine IFI-sensible de 2 M€, le PER peut faire économiser 1 000 à 3 000 €/an d'IFI en logeant des SCPI.

15.6 Liquidité : 6 cas de déblocage PER (pas 7)

Correction d'une erreur fréquente : l'art. L224-4 CMF énumère 6 cas limitativement prévus :

  1. Décès du conjoint ou partenaire PACS
  2. Invalidité 2e ou 3e catégorie
  3. Surendettement (art. L711-1 C. consommation)
  4. Expiration des droits au chômage
  5. Cessation d'activité non salariée suite à liquidation judiciaire
  6. Acquisition de la résidence principale (C1 et C2 uniquement — pas C3)

L'AV est librement rachetable à tout moment (art. L132-21 C. ass., délai de 2 mois avec intérêts au taux légal × 1,5 puis × 2 au-delà).

15.7 Praslicka et PER : une extension qui n'est pas acquise

La Cass. 1re civ. Praslicka (31/03/1992 n° 90-16.343) a jugé que l'AV souscrite pendant le mariage avec des fonds communs constitue un actif de communauté à liquider lors du divorce — même non dénouée. L'extension au PER n'est en revanche pas acquise : saisie d'un contrat de retraite complémentaire dont le bénéfice ne s'ouvre qu'à la cessation de l'activité professionnelle, la Cour de cassation l'a qualifié de propre par nature et a refusé de l'intégrer à l'actif de communauté (Cass. 1re civ. 30/04/2014 n° 12-21.484). La qualification du PER individuel au divorce n'est donc pas tranchée : elle doit être discutée dans la convention de liquidation, sans postuler qu'elle suivra la solution Praslicka.

15.8 Exit tax art. 167 bis : PER et AV tous deux EXCLUS

Avantage identique pour les expatriés : le PER et l'AV sont tous deux hors assiette de l'exit tax (art. 167 bis CGI). Aucune imposition latente au départ. Attention USA : le PER tombe sous le régime PFIC (IRC 26 USC § 1291) avec taxation punitive en sortie — parade : sortie avant départ ou rente viagère.

15.9 AV luxembourgeoise vs PER : l'arbitrage patrimonial

Pour les patrimoines ≥ 500 k€, l'AV luxembourgeoise (loi lux. 06/12/1991, Triangle de sécurité, super-privilège art. 39, FID/FAS) offre des avantages absents du PER français : apport libre de titres vifs, crédit Lombard structurant, aucun équivalent Sapin 2. L'AVL et le PER sont complémentaires : PER pour la déduction d'IR active, AVL pour la liquidité, l'apport titres et la protection en cas de crise systémique.

15.10 Matrice de décision finale

Tableau comparatif : Critère 2026 — PER — AV — Premier cas : TMI ≥ 30 % actif
Critère 2026PERAV
TMI ≥ 30 % actif++++
Liquidité−+++
Transmission avant 70 ans= (PER assurance)=
Transmission après 70 ans−+++ (gains exonérés)
IFI immobilier en phase épargne+++ (hors IFI)− (taxable)
Flexibilité sortie fiscale− (barème imposé)+++ (PFU ou barème au choix)
PS LFSS 2026= 17,2 %= 17,2 %
Mutualisation conjoint+++ (art. 163 quatervicies)—
Report plafond 3 ans+++—
Exit tax (art. 167 bis)EXCLUEXCLU

La vérité sur PER vs AV en 2026 : ils sont complémentaires

PER et AV ne sont pas concurrents. Le PER optimise la fiscalité pendant la vie active (déduction entrée + hors IFI phase épargne) et conserve son intérêt pour les TMI élevés. L'AV optimise la liquidité et la transmission après 70 ans (gains exonérés 757 B). La stratégie idéale pour la plupart des cadres et dirigeants : combiner les deux — PER pour la déduction maximale jusqu'à la retraite, AV pour la transmission et les besoins de liquidité à tout âge.

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§ 16SOURCES·3 MIN

Sources et références

Textes de loi

  • Art. 163 quatervicies CGI — déduction versements PER
  • Art. 154 bis CGI — déduction TNS
  • Art. 125-0 A CGI — fiscalité rachats assurance-vie
  • Art. 990 I CGI — prélèvement sui generis décès (< 70 ans)
  • Art. 757 B CGI — DMTG décès (≥ 70 ans)
  • Art. 972 / 972 bis CGI — IFI et contrats non rachetables
  • Art. 158, 5-b quinquies CGI — sortie capital PER
  • Art. 224 CGI — CDHR (taux minimum 20 %)
  • Art. 125-0 A CGI + BOFiP BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50 § 225 (version du 30/06/2022) — purge PV par donation en pleine propriété du contrat de capitalisation
  • Question écrite Sénat n° 07190 (JO Sénat du 01/01/2026) — donation d'un contrat de capitalisation démembré, sans réponse au 30/09/2026
  • Art. 150-0 D ter CGI — abattement dirigeant 500 000 € sur cession
  • Art. 1729 G CGI — pénalité modulation PAS excessive
  • Art. L224-1 à L224-40 CoMoFi — régime du PER
  • Art. L224-3 CoMoFi — gestion pilotée à horizon (défaut PER)
  • Art. L132-22 Code des assurances — rachat assurance-vie

Lois récentes

  • LF 2026 n°2026-103 (19/02/2026) — report 5 ans, fin déduction PER > 70 ans
  • LFSS 2026 n°2025-1403 (30/12/2025) — hausse CSG 10,6 %, PS 18,6 % (exclusion AV)
  • Loi PACTE n°2019-486 (22/05/2019) — création du PER

Sources institutionnelles

  • BOFiP — BOI-IR-BASE-20-50 (épargne retraite)
  • BOFiP — BOI-ANNX-000513 (tableau de synthèse fiscal PER)
  • France Assureurs — Bilan AV 2 119 Md€ (janvier 2026), PER 141 Md€ (T3 2025)
  • Service-public.fr — Fiches PER et assurance-vie

Avertissement : Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'investissement en unités de compte comporte un risque de perte en capital. Chaque situation patrimoniale étant unique, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine pour une analyse adaptée à votre profil. Hagnéré Patrimoine est enregistré auprès de l'ORIAS en qualité de CIF, COA, COBSP.

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Sources et références légales

  • Code général des impôts — PER déduction et AV fiscalité

    Art. 163 quatervicies CGI (déduction PER jusqu'à 37 680 € salariés / 88 911 € TNS, modifié LF 2026 art. 9 : suppression déductibilité après 70 ans à compter du 01/01/2026, report plafonds non utilisés porté à 5 ans). Art. 154 bis CGI (déduction TNS Madelin/PER, plafond 88 911 €). Art. 125-0 A CGI (fiscalité rachats AV : abattement annuel 4 600/9 200 € après 8 ans, PFU 7,5 % IR + 17,2 % PS sous 150 k€ primes). Art. 200 A CGI (PFU 31,4 % PER en 2026, 24,7 % AV après 8 ans). Art. 990 I CGI (transmission AV/PER avant 70 ans : 152 500 €/bénéficiaire, prélèvement 20 % puis 31,25 %). Art. 757 B CGI (transmission AV/PER après 70 ans : abattement global 30 500 € — gains AV exonérés, gains PER taxables). Art. 796-0 bis CGI (exonération conjoint/PACS).

  • Code monétaire et financier et Code des assurances

    Loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019 (création du PER, articles L. 224-1 à L. 224-40 CMF). Art. L. 224-1 CMF (3 compartiments PER, aucune limite d'âge légale). Art. L. 224-4 CMF (6 cas de déblocage anticipé : invalidité, décès conjoint, expiration droits chômage, surendettement, cessation activité non salariée, acquisition résidence principale). Art. L. 224-28 CMF (sortie PER : capital, capital fractionné, rente viagère, mixte). Art. L. 132-9 et L. 132-12 C. ass. (clause bénéficiaire AV/PER, stipulation pour autrui, hors actif successoral). Art. L. 132-10 C. ass. (nantissement AV pour crédit Lombard — non applicable PER). Art. L. 132-13 C. ass. (primes manifestement exagérées). Art. L. 132-21 C. ass. (rachat AV : délai 2 mois + intérêts retard).

  • LFSS 2026 et LF 2026 — évolutions PER et AV

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12) — hausse de 1,4 point de la CSG sur revenus du capital (9,2 % → 10,6 %), portant le total des PS à 18,6 % (CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 %) sur le PEA, PER, dividendes et plus-values mobilières en CTO. L'assurance-vie, le contrat de capitalisation, le PEL/CEL/PEP ouverts avant 2018, les revenus fonciers et les plus-values immobilières privées CONSERVENT le taux 17,2 %. Application (art. 12, II) : à compter du 1er janvier 2026 pour les produits soumis au prélèvement à la source (art. L. 136-7 CSS), hors produits acquis ou constatés avant cette date, et dès l'imposition des revenus de 2025 pour les revenus du patrimoine déclarés (art. L. 136-6 CSS). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 9) — suppression de la déductibilité IR des versements PER après 70 ans (à compter du 01/01/2026) + allongement du report des plafonds non utilisés de 3 à 5 ans (art. 163 quatervicies I-2°, al. 2 modifié).

  • Doctrine BOFiP et institutionnels

    BOFiP BOI-IR-BASE-20-50 (déductibilité cotisations épargne retraite). BOFiP BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50 (rachats AV, abattement 8 ans, purge PV par donation en pleine propriété du contrat capi : § 225, remarque, version du 30/06/2022 ; le démembrement n'y est pas traité). Question écrite Sénat n° 07190 (M. Daubresse, JO Sénat du 01/01/2026, p. 12 : prix de revient au rachat d'un contrat de capitalisation reçu en nue-propriété, sans réponse au 30/09/2026). BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 (régime 757 B et contrats d'assurance-vie + PER assurantiel). BOFiP BOI-TCAS-AUT-60 (régime 990 I). BOFiP BOI-PAT-IFI-20-20-30-30 § 140 (PER assurantiel hors IFI phase épargne, bascule en rente rachetable). RM Malhuret n° 6584 JO Sénat 28/02/2019 (PER hors IFI phase épargne). BOI-RSA-PENS-30-10-20 du 10/08/2026, § 10, 100 et 160 (part versements déduits du capital PER éligible au quotient art. 163-0 A quel que soit son montant, sauf versement fractionné précédé d'un versement de même nature dans les trois ans). France Assureurs — bilan AV 2 119 Md€ (janvier 2026) + PER 141 Md€ (T3 2025).

  • Jurisprudence AV/PER 2002-2024

    Cass. com. 21/06/2023 n° 21-19.853 (Bull., affaire Axyalis : devoir de conseil renforcé du CGP en matière de PER, obligation d'écrit et de simulation chiffrée). Cass. 2e civ. 19/12/2024 n° 23-19.110 (Bull. : critères primes manifestement exagérées art. L. 132-13 C. ass.). Cass. ch. mixte 23/11/2004 n° 01-13.592 (Bull. : le caractère manifestement exagéré des primes s'apprécie au moment du versement, au regard de l'âge et des situations patrimoniale et familiale du souscripteur). Cass. 1re civ. 02/07/2002 n° 99-14.819 (Bull. : tant que le contrat n'est pas dénoué, aucun créancier du souscripteur ne peut se faire attribuer la valeur de rachat — réserve de la saisie administrative à tiers détenteur, art. L. 262 II LPF, qui entraîne le rachat forcé du contrat). Cass. 1re civ. 30/04/2014 n° 12-21.484 (contrat de retraite complémentaire dont le bénéfice est différé à la cessation d'activité : propre par nature, exclu de l'actif de communauté). CE 24/10/2023 n° 465575 (PER hors IFI phase épargne). CC QPC 2017-667 du 27/10/2017 (pénalité 5 % art. 1766 CGI abrogée).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Toute stratégie PER ou AV doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable (audit TMI active/retraite, simulation chiffrée bascule 990 I/757 B, calibrage clause bénéficiaire, comparaison avec donation 779 CGI et démembrement 669 CGI, plan de transmission notarié). Les chiffres et taux cités sont à jour au 10 mai 2026 mais peuvent évoluer.

Foire aux questions

Tout sur le PER ou l'assurance-vie en 2026 et l'arbitrage entre les deux enveloppes selon votre profil.

Mécanique fiscale, transmission décès 990 I/757 B, arbitrage par profil (jeune/cadre/TNS/HNW/couple), impacts LF 2026 et LFSS 2026. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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  • Le PER (art. 163 quatervicies CGI) ouvre une déduction immédiate des versements volontaires sur le revenu net global, dans la limite des plafonds annuels (37 680 € salariés / 88 911 € TNS en 2026, mutualisable entre conjoints case 6QR et reportable 5 ans depuis la LF 2026). Concrètement, un versement de 10 000 € à TMI 41 % génère 4 100 € d'économie immédiate. À la sortie en capital, la part 'capital versé déduit' est imposée au barème IR (sans abattement 10 % depuis BOI-RSA-PENS-30 § 50 du 22/01/2020) et la part 'gains' au PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS — la LFSS 2026 loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 a porté les PS du PER de 17,2 % à 18,6 %). L'assurance-vie (art. 125-0 A CGI) ne génère aucune déduction à l'entrée mais offre après 8 ans de détention un abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) sur les gains, puis taxation des gains résiduels au PFU 24,7 % (7,5 % IR + 17,2 % PS — l'AV est expressément maintenue à 17,2 % par la LFSS 2026 dans la liste limitative). La durée optimale d'AV est 8 ans pour matérialiser l'abattement annuel ; le PER reste bloqué jusqu'à la liquidation des droits à la retraite (sauf 6 cas L. 224-4 CMF).