PER et AV : deux piliers complémentaires
Vous gagnez bien votre vie, vous payez beaucoup d'impôts, et vous voulez préparer votre retraite sans sacrifier votre niveau de vie actuel. Deux enveloppes s'offrent à vous : le PER (Plan d'Épargne Retraite) et l'assurance-vie. Faut-il choisir l'un ou l'autre ? La plupart du temps, la bonne réponse — celle que nous donnons en cabinet chez Hagnéré Patrimoine — est : les deux.
Le PER, c'est l'arme anti-impôts. Vous versez, l'État vous rembourse une partie. L'assurance-vie, c'est la liberté : votre argent reste disponible à tout moment, et la transmission à vos proches est optimisée. Ensemble, ces deux piliers représentent plus de 2 260 milliards d'eurosd'encours en France (2 119 Md€ en AV + 141 Md€ en PER, T3 2025).
PER : l'arme fiscale
Déduction jusqu'à 38 448 € (salariés) ou 88 911 € (TNS). Bloqué jusqu'à la retraite (sauf 7 cas). Sortie taxée au barème IR. Idéal si TMI ≥ 30 %.
AV : la liberté patrimoniale
Aucune déduction à l'entrée. Rachat libre à tout moment. Abattement 4 600/9 200 € après 8 ans. Succession 152 500 €/bénéficiaire. Idéal pour liquidité et transmission.
Mise à jour du 28 avril 2026.La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12) a porté les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % sur les revenus du capital. Les enveloppes expressément maintenues à 17,2 % sont limitatives : assurance-vie, PEA, PEL/CEL/PEP, revenus fonciers et plus-values immobilières. Le PER n'y figure pas : ses gains sont donc soumis à 18,6 % de PS depuis le 1er janvier 2026 (PFU 31,4 %). Côté déductibilité, la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a supprimé la déduction IR des versements PER effectués après 70 ans (art. 163 quatervicies CGI modifié).
Ce guide intègre tous ces changements. Il vous aide à comprendre quand privilégier l'un ou l'autre, et comment les combiner avec d'autres placements : l'investissement immobilier (SCPI, immobilier locatif), la défiscalisation(Pinel, Denormandie, FCPI), et — pour les patrimoines au-dessus de 1,3 M€ — l'optimisation de l'IFI.
La règle d'or à retenir
Votre TMI (taux marginal d'imposition) est le juge de paix. TMI de 30 % ou plus : commencez par le PER, puis complétez avec l'AV. TMI en dessous de 30 %: commencez par l'AV pour la liquidité et la transmission, et gardez le PER pour plus tard. Dans tous les cas, les deux enveloppes se combinent. Pour approfondir le PER seul, consultez notre guide complet du PER 2026.
12 critères pour trancher entre PER et AV
Plutôt que de comparer vaguement, voici les 12 critères qui comptent vraiment. Ce tableau est votre fiche de synthèse : vous pouvez y revenir à chaque fois que vous hésitez.
| Critère | PER | Assurance-vie |
|---|---|---|
| Déduction à l'entrée | ✅ Économie 11-45 % selon TMI (art. 163 quatervicies) | ❌ Aucune |
| Disponibilité | ❌ Bloqué (sauf 6 cas de déblocage L224-4 CMF) | ✅ Rachat libre à tout moment |
| Fiscalité sortie (capital) | Barème IR sans abattement 10 % (déduit) / exonéré (non déduit) | PFU 30 % ou 7,5 % + abattement 4 600/9 200 € (> 8 ans) |
| PS sur les gains (2026) | 18,6 % (LFSS 2026 art. 12 — PER hors exceptions) | 17,2 % (AV dans la liste des exceptions LFSS 2026) |
| Succession < 70 ans | Art. 990 I : 152 500 €/bénéficiaire (PER assurance) | Art. 990 I : 152 500 €/bénéficiaire |
| Succession ≥ 70 ans | Art. 757 B : primes + gains taxés aux droits de succession | Art. 757 B : gains exonérés ✅ |
| IFI (supports immo) | Exonéré phase épargne (PER assurance) ✅ | Imposable (art. 972) |
| Supports | Fonds euros + UC (ou titres en PER bancaire) | Fonds euros + UC |
| Plafond versements | Aucun (déduction plafonnée) | Aucun |
| Frais meilleurs contrats | 0 % entrée, 0,50 %/an gestion | 0 % entrée, 0,50 %/an gestion |
| Rente viagère | ✅ Capital et/ou rente | ✅ Capital et/ou rente |
| Transfert | Max 1 % (gratuit après 5 ans) | Rachat + nouveau contrat |
Concrètement, le PER gagne sur la déduction, l'IFI et le transfert. L'AV gagne sur la liquidité, les PS (17,2 % vs 18,6 % PER depuis LFSS 2026), et la succession après 70 ans. Le match est serré, et c'est votre profil qui fait la différence. Voyons maintenant le critère le plus important : la déduction fiscale.
PER ou assurance-vie — comment trancher selon votre profil ?
Déduction IR, liquidité, transmission, IFI : chaque enveloppe a sa force. Un CGP certifié compare les PER et les AV référencés et cale votre choix sur votre TMI et votre horizon.
Pourquoi le PER fait économiser des milliers d'euros d'impôts
Vous payez 8 000 € d'impôt sur le revenu ? Avec un versement PER bien calibré, vous pourriez n'en payer que 4 000. C'est le principe de la déduction : chaque euro versé sur votre PER est retiré de votre revenu imposable (art. 163 quatervicies du Code général des impôts — c'est le texte qui autorise cette déduction). L'assurance-vie, elle, ne vous fait rien économiser à l'entrée.
Plus votre taux d'imposition est élevé, plus l'économie est importante. Voici ce que donne un versement de 10 000 € selon votre TMI :
| TMI | Versement PER 10 000 € | Économie d'impôt | Effort réel | AV : effort réel |
|---|---|---|---|---|
| 11 % | 10 000 € | 1 100 € | 8 900 € | 10 000 € |
| 30 % | 10 000 € | 3 000 € | 7 000 € | 10 000 € |
| 41 % | 10 000 € | 4 100 € | 5 900 € | 10 000 € |
| 45 % | 10 000 € | 4 500 € | 5 500 € | 10 000 € |
Concrètement, à TMI 41 %, vous versez 10 000 € mais ça ne vous coûte que 5 900 € de votre poche. L'État prend en charge les 4 100 € restants. En assurance-vie, les mêmes 10 000 € vous coûtent 10 000 €. La différence est massive.
3.1. Comment « racler sa tranche » pour maximiser l'économie
L'astuce que peu de gens connaissent : il faut verser en PER juste assez pour épuiser votre tranche hauted'imposition, sans aller au-delà. Le surplus, vous le placez en assurance-vie.
Pourquoi ? Parce que si vos revenus vous placent 20 000 € au-dessus du seuil de la tranche à 41 %, seuls ces 20 000 € génèrent 41 % d'économie. Tout ce que vous versez au-delà tombe dans la tranche à 30 % — moins intéressant.
Versement PER optimal = montant de revenus situé dans la tranche marginale la plus élevée (plafonné au plafond de déduction PER)
3.1bis. Un exemple pour bien comprendre
Prenons Laurent, 42 ans, célibataire, directeur financier dans une ETI. Son revenu net imposable est de 95 000 € (1 part), ce qui le place à TMI 41 %. Il envisage de verser 15 000 € sur son PER.
Le seuil entre la tranche à 30 % et celle à 41 % se situe à 84 578 € (barème IR 2026, pour 1 part). Les derniers euros de Laurent (95 000 − 84 578 = 10 422 €) sont dans la tranche à 41 %. Le reste est dans la tranche à 30 %. Que se passe-t-il avec un versement de 15 000 € ?
| Tranche raclée | Montant déduit | Taux marginal | Économie d'impôt |
|---|---|---|---|
| Tranche 41 % (95 000 → 84 578) | 10 422 € | 41 % | 4 273 € |
| Tranche 30 % (84 578 → 80 000) | 4 578 € | 30 % | 1 373 € |
| Total versé : 15 000 € | 15 000 € | Taux moyen pondéré : 37,6 % | 5 646 € |
Concrètement, Laurent économise 5 646 €— et non 6 150 € (15 000 × 41 %) comme le calculent la plupart des simulateurs en ligne. L'erreur est de 504 €. C'est parce que seuls 10 422 € raclent la tranche à 41 % ; les 4 578 € restants ne génèrent que 30 % d'économie.
Attention : la plupart des simulateurs se trompent
Multiplier votre TMI par le montant versé surestime systématiquement l'économie PER dès que le versement chevauche deux tranches. Pour un calcul exact, il faut détailler tranche par tranche. Dans l'exemple de Laurent, l'erreur atteint 504 €. Pour une approche globale de la déduction fiscale, consultez notre guide de la défiscalisation 2026.
3.2. L'argent récupéré du fisc travaille pour vous
L'économie d'impôt du PER n'est pas un simple report. C'est de l'argent que vous récupérez aujourd'hui et qui travaille pendant toute la phase d'épargne. Si vous réinvestissez cette économie en assurance-vie, elle génère des intérêts composés pendant 20 à 30 ans. C'est l'avantage structurel du PER que les simulations simples ignorent.
La stratégie combinée PER + AV en action
Chaque année, vous versez 10 000 € en PER à TMI 41 %. Vous récupérez 4 100 € d'économie d'impôt. Vous réinvestissez ces 4 100 € en assurance-vie. Résultat au bout de 20 ans à 5 %/an : les 4 100 € réinvestis chaque année en AV deviennent environ 135 000 € de capital supplémentairegrâce aux intérêts composés. C'est l'effet levier que le PER seul ne produit pas.
3.3. Un effet secondaire méconnu : votre RFR baisse
Saviez-vous que votre versement PER peut aussi vous faire gagner des aides sociales ? En réduisant votre revenu fiscal de référence (RFR), il peut vous faire passer sous certains seuils importants :
| Dispositif indexé sur le RFR | Effet d'un versement PER déductible | Impact concret |
|---|---|---|
| APL / aides au logement | ✅ RFR diminue → droits potentiellement augmentés | Pertinent pour les jeunes actifs TMI 30 % avec APL résiduelle |
| Bourse étudiante (enfant) | ✅ RFR diminue → échelon potentiellement supérieur | Gain possible de 500 à 2 000 €/an si proche d'un seuil |
| Exonération taxe foncière | ✅ RFR diminue → seuils d'exonération plus faciles à atteindre | Concerne surtout les retraités proches du seuil |
| Taux PAS (prélèvement à la source) | ✅ RFR diminue → taux PAS recalculé à la baisse | Effet trésorerie positif dès l'année N+1 |
| CDHR (taux min. 20 %) | ✅ RFR diminue → risque moindre de dépasser 250/500 k€ | Stratégie défensive pour hauts revenus |
| Quotient familial (plafond) | ⚠️ RFR diminue → le plafonnement du QF peut ne plus s'appliquer | Effet marginal, pertinent uniquement si le versement PER fait passer sous le seuil de plafonnement |
Le PER comme outil de gestion du RFR
Si votre foyer est proche d'un seuil de prestation sociale (bourse de votre enfant, APL, exonération de taxe foncière), un versement PER bien calibré peut faire basculer votre RFR en dessous du seuil. Vous décrochez alors un avantage supplémentairequi s'ajoute à l'économie d'impôt. Attention toutefois : à la sortie du PER, le retrait en capital augmente le RFR et peut vous faire perdre ces mêmes avantagesl'année du retrait. Un argument de plus pour la sortie fractionnée (cf. section 5.5).
Maintenant que vous comprenez le moteur fiscal du PER, une question se pose : et si vous avez besoin de votre argent avant la retraite ? C'est là que l'assurance-vie prend tout son sens.
Votre argent est-il vraiment bloqué dans un PER ?
Vous avez un projet immobilier dans 3 ans ? Vous voulez garder une réserve en cas de coup dur ? Alors ce point est crucial pour vous. L'assurance-vie vous permet de récupérer votre argent à tout moment, sans condition ni justificatif (art. L132-22 du Code des assurances). Le PER, lui, est verrouillé jusqu'à la retraite (art. L224-1 du Code monétaire et financier).
Il existe tout de même 6 situations limitativement prévues par l'article L. 224-4 CMF qui permettent de débloquer un PER avant la retraite. Cinq correspondent à des accidents de la vie :
| Cas de déblocage PER | Périmètre | Fiscalité |
|---|---|---|
| Décès conjoint/PACS | Totalité du PER | Capital exonéré IR+PS, gains PS 18,6 % |
| Invalidité cat. 2/3 | Totalité du PER | Capital exonéré IR+PS, gains PS 18,6 % |
| Surendettement | Totalité du PER | Capital exonéré IR+PS, gains PS 18,6 % |
| Fin droits chômage (ou mandataire social 2 ans) | Totalité du PER | Capital exonéré IR+PS, gains PS 18,6 % |
| Liquidation judiciaire (TNS) | Totalité du PER | Capital exonéré IR+PS, gains PS 18,6 % |
| Achat résidence principale (seul cas hors accident de vie) | Versements volontaires + épargne salariale (pas cotisations obligatoires C3) | Barème IR + PFU 31,4 % |
Concrètement, si vous avez besoin d'argent pour financer les études de vos enfants ou pour saisir une opportunité d'investissement, le PER ne vous sera d'aucune aide. L'assurance-vie, si.
Débloquer son PER pour acheter : pas toujours une bonne idée
Le déblocage pour l'achat de la résidence principale est le seul cas qui n'est pas un accident de vie. Mais attention : le capital déduit est imposé au barème IR, et les gains au PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) à 31,4 % depuis la LFSS 2026. Avant de casser votre PER pour acheter, comparez avec un emprunt classique — souvent plus avantageux fiscalement. Voir notre guide dédié : Débloquer son PER — les 6 cas légauxpour l'arbre de décision complet et 5 cas pratiques chiffrés.
Vous savez maintenant que le PER est puissant fiscalement mais rigide, et que l'AV est souple mais sans avantage à l'entrée. Reste la question clé : combien paierez-vous d'impôts quand vous récupérerez votre argent ?
Ce que le fisc reprend quand vous récupérez votre argent
Le PER vous a fait économiser des impôts à l'entrée. Mais il ne faut pas se voiler la face : à la sortie, le fisc passe à la caisse. Toute la question est de savoir si vous paierez moinsqu'à l'entrée — et c'est généralement le cas si votre TMI baisse à la retraite.
5.1. PER en capital (déduit) vs AV après 8 ans : le face-à-face
C'est le scénario central du comparatif. Le PER déduit refiscalise le capital au barème IR (sans abattement de 10 %). L'AV après 8 ans bénéficie d'un taux réduit de 7,5 % (pour les versements en dessous de 150 000 €) + un abattement de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) sur les gains.
| PER (déduit) | AV (> 8 ans, < 150k€ versés) | |
|---|---|---|
| Sur le capital versé | Barème IR (11-45 %) | Exonéré (c'est votre argent) |
| Sur les gains | PFU 12,8 % IR + PS | 7,5 % IR + PS (après abat.) |
| Abattement | Aucun | 4 600 € (célib.) / 9 200 € (couple) |
| PS | 18,6 % (LFSS 2026 art. 12 — PER hors exceptions) | 17,2 % (AV dans la liste des exceptions LFSS 2026) |
Concrètement, l'AV est plus douce à la sortie. Mais le PER a un atout que ce tableau ne montre pas : l'économie d'impôt à l'entrée a travaillé pendant des années. C'est ce qui fait pencher la balance en faveur du PER quand votre TMI est de 30 % ou plus.
5.2. PER non déduit : quasi-identique à l'AV, mais en moins bien
Si vous avez choisi de ne pas déduire vos versements PER, la sortie en capital est exonérée d'IR(seuls les gains sont taxés au PFU). C'est quasi-identique à l'AV, mais sans l'abattement de 4 600/9 200 €après 8 ans. En pratique, l'AV reste préférable dans ce cas.
5.3. Et si vous préférez une rente plutôt qu'un capital ?
Vous n'avez pas envie de gérer un gros capital à la retraite ? La rente viagère vous verse un revenu à vie. Mais la fiscalité dépend du type de rente. En langage simple : la rente issue de versements que vous avez déduits (RVTG, rente viagère à titre gratuit) est imposée comme une pension de retraite. La rente issue de versements non déduits (RVTO, rente viagère à titre onéreux) n'est taxée que sur une fraction qui diminue avec l'âge.
| Enveloppe | Régime de la rente | Imposition |
|---|---|---|
| PER (déduit) | RVTG (Rente Viagère à Titre Gratuit) | Barème IR + abattement 10 % (pension) |
| PER (non déduit) | RVTO (Rente Viagère à Titre Onéreux) | Fraction imposable selon l'âge (30-70 %) |
| AV | RVTO | Fraction imposable selon l'âge (30-70 %) |
Combien est réellement taxé en RVTO ?
En RVTO, seule une fraction de la rente est soumise à l'IR (art. 158, 6 du Code général des impôts) : 70 % si la rente démarre avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans. Concrètement, si vous touchez 1 000 €/mois de rente à 65 ans, seuls 400 €/mois sont imposés. Les 600 € restants sont exonérés.
Combien de rente pour 100 000 € de capital ?
En 2026, les taux de conversion moyens tournent autour de 3,5 à 4,5 %du capital selon l'âge : un capital de 100 000 € produit environ 290 à 375 €/moisà 65 ans (rente viagère sans réversion). Avec une réversion à 60 %, le montant baisse de 15 à 20 %. Ces taux dépendent des tables de mortalité de l'assureur et de son taux technique.
5.4. La sortie mixte capital + rente : la meilleure option que personne ne vous explique
Peu de gens le savent, mais le PER permet de sortir une partie en capital et le reste en rente(art. L224-1 du Code monétaire et financier). C'est souvent la meilleure option, mais elle est rarement présentée car elle demande un calcul fin.
Le principe est simple : vous sortez en capital la part qui reste dans les tranches basses du barème IR (11-30 %), et vous convertissez le solde en rente viagère. La rente bénéficie de l'abattement de 10 % (RVTG) ou de la fraction par âge (RVTO), ce qui réduit l'assiette imposable.
Prenons un exemple concret. Véronique, 64 ans, ancienne DRH, a accumulé 400 000 € sur son PER (intégralement déduit). Sa TMI cible à la retraite est de 30 %. Voici ses trois options :
| Option | Détail | IR estimé | Revenu net annuel |
|---|---|---|---|
| 100 % capital (sortie unique) | 400 000 € imposés au barème | ≈ 102 000 € | 298 000 € (one shot) |
| 100 % rente | RVTG ≈ 1 300 €/mois, imposée après abat. 10 % | ≈ 2 800 €/an | ≈ 12 800 €/an à vie |
| Mixte : 150 000 € capital + rente sur 250 000 € | Capital : TMI 30 % ; rente ≈ 810 €/mois (RVTG) | Capital ≈ 32 000 € ; rente ≈ 1 750 €/an | 118 000 € + 7 970 €/an |
La sortie mixte est optimale quand: (1) le capital total dépasse le seuil de la tranche à 41 % en sortie unique, (2) vous avez besoin d'un complément de revenus régulier, et (3) vous êtes en bonne santé. En revanche, si votre espérance de vie est réduite ou si vous souhaitez transmettre, la sortie 100 % capital fractionnée est préférable (le capital de la rente est perdu au décès, sauf réversion).
La comparaison chiffrée exhaustive entre sortie capital, rente viagère et mix capital+rente est détaillée dans notre guide dédié : Sortir en capital ou en rente de son PER (27 cas chiffrés, point mort longévité, stratégie successorale).
L'astuce de la rente progressive
Certains PER permettent une rente progressive: un montant faible les premières années (quand vous avez encore des revenus d'activité), puis un montant plus élevé ensuite. Vous payez moins d'impôts pendant la transition activité/retraite. Pour les dirigeants en phase de cession, cette stratégie est particulièrement pertinente — consultez notre guide de la gestion de fortune pour les stratégies post-cession.
5.5. Fractionner la sortie PER : l'astuce qui fait économiser 23 000 €
Sortir tout d'un coup, c'est la pire erreur. Pourquoi ? Parce qu'un retrait massif vous propulse dans les tranches hautes du barème. En étalant sur 3 à 5 ans, chaque retrait partiel reste dans une tranche plus basse. La différence est spectaculaire :
| Stratégie | Retrait/an | TMI applicable | IR total estimé | Économie vs sortie unique |
|---|---|---|---|---|
| Sortie unique 300 000 € | 300 000 € | Tranche 41-45 % | ≈ 68 000 € | — |
| 3 ans × 100 000 € | 100 000 € | Tranche 30 % | ≈ 53 000 € | ≈ 15 000 € |
| 5 ans × 60 000 € | 60 000 € | Tranche 30 % | ≈ 45 000 € | ≈ 23 000 € |
Concrètement, en étalant sur 5 ans au lieu de tout retirer d'un coup, vous économisez 23 000 €. C'est comme si on vous offrait une année entière de retraite complémentaire. Maintenant, parlons d'un changement majeur survenu en 2026 : les prélèvements sociaux.
LFSS 2026 : PER porté à 18,6 %, AV maintenue à 17,2 %
Point clé 2026 : la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12) a relevé les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % sur les revenus du capital (CSG portée de 9,2 % à 10,6 %, + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 %). La loi prévoit une liste limitative d'enveloppes maintenues à 17,2 % : assurance-vie, PEA, PEL/CEL/PEP, revenus fonciers et plus-values immobilières.
Le PER ne figure pas dans cette liste. Ses gains supportent donc le taux plein de 18,6 % depuis le 1er janvier 2026. Conséquence pratique : le PFU sortie capital PER passe à 31,4 %(12,8 % IR + 18,6 % PS), contre un régime inchangé pour l'AV qui conserve son PFU 30 % avant 8 ans et 24,7 % après 8 ans dans l'abattement (7,5 % + 17,2 % PS). C'est précisément l'une des raisons qui renforce l'AV comme support senior en 2026.
| Enveloppe | PS 2026 | PFU effectif gains |
|---|---|---|
| Assurance-vie (rachats avant 8 ans) | 17,2 % | 30,0 % (12,8 % IR + 17,2 % PS) |
| Assurance-vie (rachats après 8 ans, dans abattement) | 17,2 % | 24,7 % (7,5 % + 17,2 %) |
| PER assurance (sortie capital, gains) | 18,6 % | 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) |
| PER bancaire (sortie capital, gains) | 18,6 % | 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) |
| CTO (revenus mobiliers) | 18,6 % | 31,4 % (LFSS 2026) |
| PEA (après 5 ans) | 18,6 % (LFSS 2026) | Exonéré IR |
Pass 2 — correction factuelle : le PER est bien passé à 18,6 %
Mise à jour du 28 avril 2026.La rédaction initiale de ce guide affirmait que le PER était maintenu à 18,6 %. Après vérification Legifrance de l'art. 12 de la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) et cartographie croisée des autres articles de ce site, cette position a été revue : le PER n'est pas dans la liste limitative des exceptions (fonciers, PV immobilières, AV, PEL/CEL, PEP). Les gains PER supportent donc bien 18,6 % de PS depuis le 1er janvier 2026.
6.1. Votre taux de prélèvement à la source baisse grâce au PER
Un avantage concret que beaucoup ignorent : le versement PER réduit votre revenu imposable. Votre taux de PAS (prélèvement à la source) est recalculé à la baisse l'année suivante. Si vous versez 15 000 € en PER en année N, votre prélèvement mensuel diminue en N+1.
Pour obtenir l'économie immédiatement, vous pouvez moduler votre taux de PAS sur impots.gouv.fr (rubrique « Gérer mon prélèvement à la source »). Mais soyez prudent : si la modulation est excessive, une pénalité de 10 % s'applique sur la différence (art. 1729 G du Code général des impôts).
6.2. Fonds euros : un avantage caché du PER
En assurance-vie, les PS sur le fonds euros sont prélevés chaque année. En PER assurance, les PS ne sont prélevés qu'à la sortie. Ça veut dire que votre capital en PER bénéficie d'intérêts composés sur la part qui aurait été ponctionnée chaque année en AV.
Sur 20 ans avec un fonds euros à 3 %, cet effet représente environ 0,5 à 0,8 %de capital supplémentaire en PER. Un avantage discret qui compense partiellement l'écart de taux PS (18,6 % vs 17,2 %). Passons maintenant à un sujet que personne ne veut aborder mais qui finit par concerner tout le monde : la succession.
Pour comparer les rendements nets réels des meilleurs fonds euros 2025-2026 (Corum 4,10 %, Spirica 3,26 %, Ampli 3,75 %) accessibles en assurance-vie, voir notre guide Fonds euros 2026 : rendements, classement et perspectives.
Protéger vos proches : pourquoi l'AV gagne après 70 ans
Vous ne pensez peut-être pas encore à la succession. Mais vos proches vous remercieront si vous y pensez maintenant. Car le choix entre PER et AV a un impact direct sur ce que vos bénéficiaires recevront.
7.1. Avant 70 ans : match nul
En cas de décès avant 70 ans, l'AV et le PER assurance offrent exactement le même avantage : un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà (art. 990 I du Code général des impôts — c'est le texte qui crée ce régime fiscal dérogatoire en dehors du droit commun des successions). Aucune différence entre les deux.
7.2. Après 70 ans : l'AV prend clairement l'avantage
C'est ici que tout change. L'article 757 B du CGI prévoit un abattement global de 30 500 € (tous contrats, tous bénéficiaires). Mais la grande différence, c'est le traitement des gains :
| Assurance-vie | PER assurance | |
|---|---|---|
| Abattement | 30 500 € global | 30 500 € global |
| Assiette taxable | Primes versées après 70 ans uniquement | Primes + gains (intégralité) |
| Gains | ✅ Exonérés | ❌ Taxés aux DMTG (Droits de Mutation à Titre Gratuit) |
Concrètement, si vous avez 200 000 € dont 80 000 € de gains : en AV, seuls 120 000 € de primes sont taxables (moins 30 500 € d'abattement). En PER, les 200 000 € entiers sont taxables (moins 30 500 €). La différence peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'eurosde droits de succession.
Le piège du PER après 70 ans
En assurance-vie, les gains sont exonérés de droits de succession après 70 ans. En PER assurance, primes ET gainssont taxés aux DMTG. Plus votre PER a de gains, plus l'écart se creuse en faveur de l'AV.
7.3. PER bancaire : aucun avantage pour vos héritiers
Le PER bancaire (sous forme de compte-titres) ne bénéficie ni de l'art. 990 I ni de l'art. 757 B. En cas de décès, le capital est intégré à la succession classique(abattement 100 000 € par enfant, barème progressif des droits). Pour la transmission, c'est le plus défavorable des trois.
7.4. L'abattement 152 500 € n'est pas cumulable
Un point que beaucoup de gens ignorent : l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I) est partagé entre tous vos contrats AV et PER assurance. Ouvrir un PER assurance en plus de votre AV ne vous donne pas un deuxième abattement. Pour approfondir, consultez notre guide de la succession en assurance-vie.
7.5. Le contrat de capitalisation : la 3e enveloppe à connaître
Et si vous voulez transmettre de votre vivantsans tout perdre en impôts ? Ni le PER ni l'AV ne le permettent vraiment. C'est là qu'intervient le contrat de capitalisation.
Son atout unique : il est cessible par donation (art. 125-0 A CGI, BOFiP 20/12/2019), avec purge de la plus-value latente. En clair, tous les gains accumulés sont définitivement exonérés d'IR au moment de la donation. Le donataire reprend le contrat avec une valeur de départ remise à zéro.
En AV, vous devriez racheter avant de donner — et payer l'impôt sur les gains (PFU 30 % ou barème). Avec le contrat de capitalisation, la donation purge les gains. Et l'antériorité fiscale (abattement après 8 ans) est conservéepar le donataire. Seul bémol : le contrat de capitalisation est soumis à l'IFI (art. 972 CGI), contrairement au PER assurance.
La stratégie patrimoniale complète combine donc trois enveloppes : le PER pour défiscaliser, l'AV pour transmettre au décès, et le contrat de capitalisationpour donner de son vivant avec purge des plus-values. Pour les patrimoines importants, consultez notre guide de la gestion de fortune.
Attention à la donation démembrée du contrat de capitalisation
La purge de la plus-value latente ne fonctionne qu'en donation en pleine propriété. Si vous donnez la nue-propriété en gardant l'usufruit, la plus-value n'est pas purgée: le nu-propriétaire sera imposé sur l'intégralité des gains lors d'un rachat ultérieur (question sénatoriale n°07190, Sénat 2026). C'est une subtilité cruciale si vous envisagez une transmission anticipée.
Combien transmettre via le PER, combien via l'assurance-vie ?
Avant ou après 70 ans, 990 I contre 757 B, nue-propriété versus pleine propriété : la répartition optimale varie selon vos bénéficiaires. Un conseiller en architecture ouverte structure vos deux enveloppes.
Vous payez l'IFI ? Le PER peut vous faire économiser gros
Si votre patrimoine immobilier dépasse 1,3 M€, ce critère peut peser lourd dans la balance. Car le PER et l'AV ne sont pas du tout traités de la même manière face à l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière).
| Enveloppe | SCPI en UC : IFI ? | Référence |
|---|---|---|
| PER assurance (phase épargne) | ❌ Exonéré (contrat non rachetable) | Art. 972 CGI |
| AV avec SCPI en UC | ✅ Imposable sur la fraction immobilière | Art. 972 CGI |
| PER bancaire | ✅ Imposable | Pas de clause non rachetable |
8.1. Le triple avantage du PER sur les SCPI
En plaçant des SCPI dans un PER assurance (en phase d'épargne), vous cumulez trois avantages que l'AV ne peut pas offrir simultanément :
- Déduction fiscale à l'entrée (11-45 % selon votre TMI)
- Exonération IFI tant que le contrat est non rachetable (art. 972 CGI)
- Pas de revenus fonciers imposables : les loyers SCPI sont capitalisés dans le contrat, vous n'avez pas de déclaration 2044 à remplir
Concrètement, pour un contribuable IFI avec 200 000 € de SCPI, l'écart peut atteindre 1 000 à 3 000 €/and'IFI économisé en PER par rapport à l'AV. Sur 15 ans, c'est 15 000 à 45 000 € de gain.
8.2. L'exonération IFI s'arrête à la retraite
L'exonération IFI du PER assurance cesse à la liquidation. Si vous transformez le PER en rente viagère, la valeur de capitalisation de la rente entre dans l'assiette IFI (si les supports sous-jacents sont immobiliers). La sortie en capital élimine ce risque.
La stratégie gagnante : SCPI en PER, actions en AV
Si vous êtes assujetti à l'IFI, la stratégie optimale est de placer vos SCPI en PER assurance(exonérées IFI pendant l'épargne) et vos actions et ETF en AV(pas d'impact IFI de toute façon). Vous bénéficiez de la déduction PER sur les SCPI ET de l'exonération IFI. Pour approfondir, consultez notre guide du calcul IFI 2026 et notre guide SCPI en assurance-vie.
L'IFI est un sujet à ne pas négliger. Mais savez-vous quel est le critère qui impacte le plus votre performance sur le long terme ? Les frais.
Les frais : le tueur silencieux de votre performance
Vous pouvez avoir le meilleur TMI, la meilleure stratégie fiscale, et tout perdre à cause de frais excessifs. Un écart de 1 % de frais annuels représente 20 à 25 % de capital en moins sur 30 ans. C'est le premier critère de performance à long terme — avant même la fiscalité.
| Type de frais | Meilleur PER | Meilleure AV | Banque traditionnelle |
|---|---|---|---|
| Frais d'entrée | 0 % | 0 % | 2-5 % |
| Frais gestion UC | 0,50 %/an | 0,50 %/an | 0,60-1,00 % |
| Frais arbitrage | 0 % | 0 % | 0,50-1,00 % |
| Frais fonds euros | ≈ 0,60 % | ≈ 0,60 % | 0,75-1,00 % |
| Frais gestion pilotée | 0-0,20 % | 0-0,20 % | 0,30-0,50 % |
Concrètement, si votre banque vous prélève 2 % de frais d'entrée + 0,90 % de frais annuels, vous perdez l'équivalent de plusieurs dizaines de milliers d'eurossur la durée de votre épargne par rapport à un contrat en ligne à 0 % d'entrée et 0,50 % de gestion.
Le PER bancaire : 0 % de frais d'enveloppe
Le PER bancaire (sous forme de compte-titres) n'a aucun frais d'enveloppe. Seuls les frais des supports (ETF 0,10-0,30 %) s'appliquent. Sur 30 ans, cette absence de frais peut représenter un gain de 20 000 à 50 000 €par rapport à un PER assurance. La contrepartie : pas de fonds euros, pas d'avantage successoral, PS à 18,6 %.
9.1. Transférer un PER trop cher : c'est possible et gratuit après 5 ans
Bonne nouvelle : le PER bénéficie d'un droit de transfert encadrépar la loi PACTE (art. L224-6 du Code monétaire et financier). Vous pouvez changer de PER sans racheter ni payer d'impôt. Le coût ? Maximum 1 % avant 5 ans, gratuit après 5 ans. C'est un avantage considérable si votre PER actuel a des frais élevés.
En assurance-vie, ce n'est pas possible. Pour changer de contrat, vous devez racheter (et payer l'impôt sur les gains), puis reverser sur un nouveau contrat en perdant l'antériorité fiscale. Le transfert Fourgous (mono-support vers multi-support chez le même assureur) est la seule exception, mais il est rarement avantageux et ne permet pas de changer d'assureur. C'est un argument de plus pour bien choisir son contrat AV dès le départ.
Quel PER ou AV choisir pour minimiser vos frais sur 20 ans ?
Frais d'entrée, frais d'arbitrage, gestion UC : quelques dixièmes de point par an font des dizaines de milliers d'euros à l'échéance. Un CGP compare les contrats référencés et sécurise votre choix.
Combien aurez-vous dans 20 ans ? Les chiffres parlent
C'est la question que tout le monde se pose. Nous avons simulé un versement annuel de 10 000 € d'effort réel(après économie d'impôt PER), sur 20 ans, avec un rendement brut de 5 %/an, des frais de gestion de 0,60 %/an, et une sortie en capital. TMI à la retraite supposé 30 % sauf mention contraire.
| TMI entrée | Capital PER net (sortie TMI 30 %) | Capital AV net (> 8 ans) | Écart PER vs AV | Verdict |
|---|---|---|---|---|
| 11 % | ≈ 275 000 € | ≈ 310 000 € | −11 % | ❌ AV nettement préférable |
| 30 % | ≈ 355 000 € | ≈ 310 000 € | +15 % | ✅ PER gagnant |
| 30 % → 11 % retraite | ≈ 395 000 € | ≈ 310 000 € | +28 % | ✅ PER très gagnant |
| 41 % | ≈ 415 000 € | ≈ 310 000 € | +34 % | ✅ PER largement gagnant |
| 45 % | ≈ 440 000 € | ≈ 310 000 € | +42 % | ✅ PER massif |
Concrètement, à TMI 30 %, vous avez 45 000 € de plusavec le PER qu'avec l'AV au bout de 20 ans. À TMI 41 %, l'écart grimpe à 105 000 €. Ce sont des sommes qui changent une retraite.
Pourquoi le PER gagne même à TMI identique (30 % entrée et sortie) ?
L'explication est simple : l'économie d'impôt (3 000 €/an à TMI 30 %) est réinvestie et capitalise pendant 20 ans. Le PER verse 14 286 € bruts pour un effort de 10 000 € (vs 10 000 € bruts en AV). Ces 4 286 € supplémentaires travaillent pendant 20 ans à 5 % et génèrent environ 45 000 € de capital additionnel. La refiscalisation à la sortie ne compense pas cet effet levier.
10.1. Le scénario catastrophe : votre TMI augmente à la retraite
Et si votre TMI monteà la retraite au lieu de baisser ? C'est le cauchemar du PER. Ça arrive quand vous cumulez des revenus fonciers (SCPI en direct), un cumul emploi-retraite, ou des pensions élevées. Vous avez déduit à 30 % et êtes refiscalisé à 41 %. Perte nette : 11 points sur chaque euro retiré.
| TMI sortie | Capital PER net | Capital AV net | Écart PER vs AV | Verdict |
|---|---|---|---|---|
| 30 % (stable) | ≈ 355 000 € | ≈ 310 000 € | +15 % | ✅ PER gagnant |
| 41 % (+11 pts) | ≈ 305 000 € | ≈ 310 000 € | −2 % | ❌ PER légèrement perdant |
| 45 % (+15 pts) | ≈ 285 000 € | ≈ 310 000 € | −8 % | ❌ PER perdant |
| 45 % + CDHR | ≈ 265 000 € | ≈ 310 000 € | −15 % | ❌ PER nettement perdant |
Concrètement, si votre TMI passe de 30 % à 41 % à la retraite, le PER perd face à l'AV malgré l'effet levier. Et si la CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus) se déclenche en plus, la perte atteint 15 %. C'est le scénario typique du cadre qui accumule des SCPI en direct et se retrouve surpris par sa TMI à la retraite. Pour en savoir plus, consultez notre guide de l'investissement immobilier.
Comment estimer votre TMI à la retraite ?
Faites l'exercice maintenant. Additionnez vos futures pensions de retraite (base + complémentaire), vos revenus fonciers (SCPI, immobilier locatif), vos retraits PER programmés, et vos revenus financiersau barème. Retirez l'abattement de 10 % sur les pensions (plafonné à 4 321 €). Comparez le résultat au barème IR. Les revenus fonciers SCPI sont la première cause de hausse de TMI imprévue à la retraite.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ces simulations sont des illustrations basées sur des hypothèses de rendement et de fiscalité qui peuvent évoluer.
10.2. Une stratégie avancée : racheter l'AV pour alimenter le PER
Si vous avez une assurance-vie de plus de 8 ans avec peu de gains, voici une manoeuvre élégante. Un rachat partiel après 8 ans bénéficie d'un abattement de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) sur les gains, plus un taux réduit de 7,5 %. En réinjectant le produit en PER déductible, vous créez un double avantage fiscal.
| Étape | Détail | Fiscalité |
|---|---|---|
| 1. Rachat AV (> 8 ans) | Rachat 20 000 € dont 6 000 € de gains | Gains exonérés (< abattement 9 200 €) → IR = 0 €, PS 17,2 % sur gains = 1 032 € |
| 2. Versement PER | 20 000 € versés en PER déductible (TMI 41 %) | Économie IR : 20 000 × 41 % = 8 200 € |
| Bilan net année 1 | Économie 8 200 € − PS 1 032 € | Gain net immédiat : +7 168 € |
Cette stratégie n'est pas pour tout le monde
Elle n'est rentable que si : (1) l'AV a plus de 8 ans, (2) les gains rachetés restent dans l'abattement ou sont faibles, (3) votre TMI est de 30 % ou plus, et (4) vous n'avez pas besoin de la liquidité rachetée. Attention: le rachat AV augmente votre RFR de l'année en cours — vérifiez que cela ne déclenche pas la CDHR (cf. section 11). L'ancien dispositif de transfert AV vers PER avec double abattement a expiré le 31/12/2022.
10.3. Les rendements sont-ils les mêmes en PER et en AV ?
Les supports disponibles (fonds euros, UC, ETF, SCPI, gestion pilotée) sont quasi-identiques. Mais les rendements nets diffèrent à cause des frais et de la fiscalité :
| Support | Rendement brut 2025 | Net en AV (PS 17,2 %, frais 0,60 %) | Net en PER (sortie capital, PS 18,6 % depuis LFSS 2026, frais 0,60 %) |
|---|---|---|---|
| Fonds euros | 3,0-3,5 % | ≈ 1,9-2,3 % | ≈ 2,4-2,9 % (PS à la sortie, effet intérêts composés) |
| UC actions monde (ETF) | 8-10 % historique | ≈ 5,5-7,0 % (après frais UC) | ≈ 5,5-7,0 % (idem, PS à la sortie) |
| Gestion pilotée horizon retraite | 5-7 % estimé | ≈ 3,5-5,0 % (frais gestion pilotée 0,20 %) | ≈ 3,5-5,0 % (+ effet levier déduction) |
| SCPI en UC | 4,5-5,5 % (TD) | ≈ 3,0-4,0 % | ≈ 3,0-4,0 % (+ exo IFI phase épargne) |
La gestion pilotée par défaut : un atout méconnu du PER
Dans un PER, la gestion pilotée « à horizon » est activée par défaut(art. L224-3 du Code monétaire et financier). Votre allocation bascule automatiquement des actions vers le fonds euros à mesure que la retraite approche. C'est un filet de sécurité intégré. En AV, la gestion pilotée existe mais il faut l'activer soi-même. À rendement brut identique, le PER gagne grâce à l'effet levier de la déduction : vous investissez plus (le brut avant impôt) et la capitalisation travaille sur un montant supérieur.
Le piège que les hauts revenus ne voient pas venir
Vous gagnez bien votre vie ? Alors lisez attentivement. La CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus, LF 2025-2026, art. 224 CGI) impose un taux minimum d'imposition de 20 %si votre RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple).
Quel rapport avec le PER et l'AV ? Un rachat AV important ou une sortie PER en capital peut faire exploser votre RFR d'une année sur l'autre et déclencher cette surcharge.
Un exemple pour comprendre le piège
Prenons François, célibataire, RFR habituel de 180 000 €. Il décide de racheter 120 000 € de son assurance-vie. Son RFR passe à 300 000 €. La CDHR s'applique sur l'excédent au-dessus de 250 000 € : résultat, 10 000 à 12 000 € d'impôt supplémentairequ'il n'avait pas prévu. Ce surcoût annule une partie de l'avantage fiscal de son enveloppe.
La solution ? Fractionnerles rachats AV et les sorties PER en capital sur plusieurs années pour rester sous le seuil de la CDHR. C'est un argument supplémentaire pour la sortie fractionnée du PER. Voyons maintenant quel profil devrait privilégier le PER, lequel devrait privilégier l'AV — et lequel devrait combiner les deux.
Quel est votre profil ? Trouvez votre stratégie en un coup d'oeil
Vous n'avez pas envie de lire 14 sections ? Ce tableau, issu de la pratique quotidienne d'Hagnéré Patrimoine en cabinet, vous donne la réponse en 30 secondes. Trouvez votre profil, et vous saurez par quelle enveloppe commencer :
| Profil | PER | AV | Stratégie recommandée |
|---|---|---|---|
| Jeune actif 25-35 ans, TMI 11-30 % | ⭐ | ⭐⭐⭐ | AV prioritaire (liquidité, prendre date). PER dès TMI 30 % stable. |
| Cadre 35-50 ans, TMI 30-41 % | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐ | PER pour racler la tranche haute, AV pour le surplus + liquidité. |
| TNS / dirigeant, TMI 41-45 % | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐ | PER max (plafond 88 911 €), AV en complément. CDHR à surveiller. |
| Couple TMI différentes | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐⭐ | PER pour conjoint TMI fort + mutualisation 6QR, AV pour conjoint TMI faible. |
| Retraité / 55-65 ans, TMI 30 % | ⭐⭐ | ⭐⭐⭐ | AV prioritaire (succession). PER si TMI encore élevé et sortie fractionnée prévue. |
| Senior > 70 ans | ⭐ | ⭐⭐⭐ | AV uniquement (PER non déductible après 70 ans, gains taxés en succession). |
| Expatrié / non-résident | ⭐⭐ | ⭐⭐⭐ | AV alimentable à l'étranger. PER : 0 % PS à la sortie NR, plafond ×3 au retour. |
| Contribuable IFI + SCPI | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐ | SCPI en PER assurance (exo IFI), actions en AV. Double optimisation. |
| Fonctionnaire cat. A, TMI 30 % | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐ | PER individuel (cumulable RAFP/Préfon). Plafond = 10 % traitement net. Transférer le Préfon si frais élevés. AV en complément liquidité. |
| Dirigeant pré-cession (TMI 45 %) | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐⭐ | PER max avant cession (déduction 45 %). AV pour le produit de cession (liquidité + succession). Contrat de capitalisation pour donation avec purge PV. Attention CDHR si RFR > 250 k€ l'année de cession. |
12.1. Vous êtes fonctionnaire ? Voici ce qui change pour vous
Nathalie, 46 ans, attachée d'administration, se pose la même question que vous. Son plafond PER est calculé sur son traitement net imposable— pas sur sa rémunération totale. Comme ses primes ne sont pas incluses dans le calcul des 10 %, son plafond est souvent plus faible que celui d'un salarié du privé à revenu équivalent.
Le PER individuel est ouvert à tous les fonctionnaires et se cumule avec le RAFP (Retraite Additionnelle de la Fonction Publique) et l'ancien Préfon. Si votre Préfon dépasse 1 % de frais par an, transférez-le vers un PER PACTE — c'est gratuit après 5 ans. Le cumul des reliquats sur 5 ans (depuis la LF 2026) est essentiel pour maximiser la déduction.
12.2. Vous préparez la cession de votre entreprise ?
Les 1 à 3 années avant la cession sont une fenêtre de tir fiscale unique. Vos revenus (rémunération + dividendes) sont au plus haut, votre TMI est à 41-45 %. C'est le moment idéal pour maximiser les versements PER et accumuler les reliquats.
L'année de la cession, le produit est généralement soumis au PFU 31,4 % (LFSS 2026) (ou abattement 500 000 € dirigeant, art. 150-0 D ter CGI). Le versement PER ne réduit pas l'impôt sur la plus-value de cession, mais il réduit l'IR sur vos autres revenus(rémunération, dividendes). L'année suivante, votre TMI chute brutalement : c'est le moment d'arbitrer vers l'AV et le contrat de capitalisation.
La stratégie dirigeant pré-cession en 3 temps
Avant la cession : PER au plafond (déduction 41-45 %) + cumul reliquats. Année de cession : PER sur les revenus hors plus-value + AV avec le produit net. Après la cession : AV + contrat de capitalisation (donation, liquidité). Surveillez le RFR pour éviter la CDHR. Consultez notre guide de la gestion de fortune pour les stratégies patrimoniales post-cession.
La théorie, c'est bien. Mais rien ne vaut des exemples concrets. Passons aux cas pratiques.
Quelle répartition PER et assurance-vie pour votre patrimoine ?
Retraite, transmission, liquidité : les objectifs se hiérarchisent. Un conseiller en architecture ouverte construit votre répartition sur mesure et calibre les versements selon votre TMI et votre horizon.
7 situations réelles pour trouver la vôtre
Voici sept profils anonymisés que nous accompagnons chez Hagnéré Patrimoine. L'un d'eux ressemble probablement au vôtre — chiffres réels, stratégie réelle, gain réel.
13.1. Thomas et Claire, cadres supérieurs : 103 000 € de gain
Thomas, 45 ans, directeur commercial dans l'industrie pharmaceutique. Claire, 43 ans, responsable marketing dans un groupe hôtelier. Deux enfants de 12 et 15 ans. Revenus imposables du foyer : 180 000 €/an. TMI 41 %. Ils prévoient de partir à la retraite dans 20 ans, avec une TMI estimée à 30 % (pensions sans revenus fonciers).
- Plafond PER Thomas : 10 % × 100 000 = 10 000 €
- Plafond PER Claire : 10 % × 80 000 = 8 000 €
- Versement PER total : 18 000 €/an → économie : 18 000 × 41 % = 7 380 €
- Réinvestissement de l'économie en AV : 7 380 €/an
- Après 20 ans à 5 %/an : PER ≈ 595 000 € brut, AV ≈ 244 000 €
- PER net (sortie fractionnée 5 ans, TMI 30 %) : ≈ 470 000 €
- AV nette (rachat après 8 ans) : ≈ 228 000 €
- Total net PER + AV : ≈ 698 000 € vs AV seule (18 000 €/an) : ≈ 595 000 €
- Gain de la stratégie combinée : +103 000 €
13.2. Sophie, médecin libéral : 148 000 € de gain grâce au plafond TNS
Sophie, 50 ans, médecin spécialiste en dermatologie à Bordeaux. Divorcée, un fils de 22 ans en école de commerce. BNC de 200 000 €, TMI 45 %. Elle prévoit de réduire son activité dans 15 ans (TMI cible 30 %). Son plafond PER TNS est bien supérieur à celui d'un salarié :
- Plafond PER TNS : 10 % × 200 000 + 15 % × (200 000 − 48 060) = 20 000 + 22 791 = 42 791 €
- Cotisations retraite déjà déduites : −10 000 €
- Plafond net PER : 32 791 €/an
- Économie d'impôt : 32 791 × 45 % = 14 756 €
- Réinvestissement en AV : 14 756 €/an
- Après 15 ans à 5 % : PER ≈ 710 000 € brut, AV ≈ 318 000 €
- PER net (sortie fractionnée, TMI 30 %) : ≈ 560 000 €
- AV nette : ≈ 298 000 €
- Total net : ≈ 858 000 € vs AV seule : ≈ 710 000 €. Gain : +148 000 €
13.3. Julien, jeune développeur : pourquoi l'AV d'abord
Julien, 28 ans, développeur full-stack dans une startup à Lyon. Célibataire, locataire. Revenus de 35 000 €/an, TMI 11 %. Il peut épargner 5 000 €/an. Il hésite entre PER et AV. Faisons le calcul :
- Économie PER : 5 000 × 11 % = 550 € seulement
- Refiscalisation à la sortie (TMI 30 % estimé retraite) : 5 000 × 30 % = 1 500 €
- Bilan PER : perte nette de 950 €
- En AV : 5 000 €/an, abattement 4 600 € après 8 ans → quasi 0 % d'impôt sur les premiers gains
- Verdict : AV uniquement. Le PER n'est pas pertinent tant que la TMI reste en dessous de 30 %.
Pour Julien, l'AV a un double avantage : il prend date (l'abattement après 8 ans commencera à courir), et il garde sa liquidité pour ses projets de vie proches (achat immobilier, mariage, création d'entreprise).
13.4. Marc et Léa, le couple à TMI différentes
Marc, 48 ans, directeur général d'une PME industrielle, TMI 41 %. Léa, 46 ans, enseignante à temps partiel, TMI 11 %. Mariés sous le régime de la communauté, deux enfants. Voici comment optimiser :
- Marc verse en PER : plafond 10 % × 120 000 = 12 000 €
- Mutualisation du plafond de Léa (case 6QR de la déclaration) : + 4 806 € (plancher)
- Total PER Marc : 16 806 € → économie : 16 806 × 41 % = 6 890 €
- Léa verse en AV : 6 890 €/an (l'économie du PER de Marc)
- Résultat : déduction maximale pour Marc (TMI fort) + capitalisation AV pour Léa (liquidité + transmission)
La case 6QR permet à Marc d'utiliser les plafonds non consommés de Léa. C'est un levier méconnu qui peut ajouter plusieurs milliers d'euros de déduction par an.
13.5. Nathalie, fonctionnaire : PER + transfert Préfon
Nathalie, 47 ans, attachée d'administration à la Direction Générale des Finances Publiques. Mariée, un enfant. Traitement net imposable de 52 000 €, TMI 30 %. Retraite dans 18 ans. Elle a un ancien contrat Préfon avec 8 000 € de reliquats non utilisés.
- Plafond PER : 10 % × 52 000 = 5 200 €
- Reliquat Préfon transféré : 8 000 € (cumul 3 ans non utilisés)
- Versement PER année 1 : 13 200 € → économie : 13 200 × 30 % = 3 960 €
- Année 2+ : versement 5 200 €/an → économie : 1 560 €/an
- Réinvestissement de l'économie en AV chaque année
- Après 18 ans à 5 % : PER ≈ 145 000 €, AV (économie réinvestie) ≈ 44 000 €
- Total net PER + AV : ≈ 157 000 € vs AV seule : ≈ 137 000 €. Gain : +20 000 €
13.6. Éric, dirigeant pré-cession : 47 000 € de gain en 2 ans
Éric, 58 ans, président d'une SAS spécialisée dans le conseil IT. Marié, trois enfants adultes. Rémunération de 180 000 €, TMI 45 %. Il prépare la cession de son entreprise (valeur estimée 2 M€) dans 2 ans. Comment tirer le maximum de cette fenêtre fiscale ?
- Plafond PER salarié : 10 % × 180 000 = 18 000 €
- Reliquats cumulés (3 ans non utilisés) : + 36 000 €
- Versement PER année 1 : 54 000 € → économie : 54 000 × 45 % = 24 300 €
- Versement PER année 2 : 18 000 € → économie : 18 000 × 45 % = 8 100 €
- Total déduction sur 2 ans : 72 000 €, économie : 32 400 €
- Post-cession : produit net ≈ 1,4 M€ → 500 000 € en AV (succession) + 300 000 € contrat capitalisation (donation enfants avec purge PV)
- Sortie PER fractionnée sur 5 ans (TMI 11-30 % post-cession) : économie vs sortie unique ≈ 15 000 €
- Gain total de la stratégie combinée : ≈ 47 000 €
13.7. Gérard, 72 ans : pourquoi l'AV est la seule option après 70 ans
Gérard, 72 ans, ancien directeur industriel à la retraite. Marié, deux enfants, patrimoine de 2 M€. Il veut optimiser la transmission. À son âge, le choix est clair :
- PER : versements non déductibles depuis la LF 2026 (après 70 ans)
- PER en cas de décès : art. 757 B, primes + gains taxés aux DMTG
- AV : versements libres, décès art. 757 B mais gains exonérés
- Pour 200 000 € versés dont 50 000 € de gains :
- PER : 200 000 − 30 500 = 169 500 € taxables
- AV : 150 000 − 30 500 = 119 500 € taxables (gains exonérés)
- Économie AV vs PER : ≈ 10 000 € de droits en moins
- Verdict : après 70 ans, l'AV est la seule enveloppe qui a du sens.
Les 12 erreurs qui coûtent cher (et comment les éviter)
En 6 ans d'accompagnement complet, voici les erreurs que je vois le plus souvent. Certaines coûtent des milliers d'euros. Toutes sont évitables :
| # | Erreur | Conséquence | Solution |
|---|---|---|---|
| 1 | Verser en PER à TMI 11 % | Refiscalisation > économie entrée | AV prioritaire. PER si TMI ≥ 30 % |
| 2 | Tout mettre en PER sans liquidité | Argent bloqué, pas d'épargne de précaution | 60-70 % PER, 30-40 % AV minimum |
| 3 | Sortir le PER en capital d'un coup | Saut de tranche IR (41-45 %) | Fractionner sur 3-5 ans |
| 4 | Croire l'abattement 152 500 € cumulable | Même enveloppe AV + PER partagée | Planifier globalement AV + PER |
| 5 | Ignorer les frais du PER | 1 % de frais = −25 % sur 30 ans | Choisir un PER à 0 % d'entrée, ≤ 0,60 % |
| 6 | PER assurance après 70 ans | Non déductible + gains taxés en succession | AV uniquement après 70 ans |
| 7 | Oublier la CDHR sur les gros rachats | Surcharge +12 000 € si RFR > 250k | Fractionner les rachats AV et sorties PER |
| 8 | PER bancaire pour la succession | Zéro avantage (succession classique) | PER assurance si enjeu successoral |
| 9 | Ignorer le PER bancaire pour les frais | 0 % de frais enveloppe vs 0,50-1 % | PER bancaire si long terme + pas d'enjeu succession |
| 10 | Ne pas mettre à jour la clause bénéficiaire | Ex-conjoint reste bénéficiaire après divorce | Mettre à jour après chaque changement |
| 11 | Multiplier TMI × versement pour estimer l'économie PER | Surestimation si le versement chevauche 2 tranches | Calculer tranche par tranche (cf. §3.1bis) |
| 12 | Confondre PS PER, PS CTO/PEA et PS AV | PS PER sortie capital : 18,6 % depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 (LFSS 2026 art. 12, PER non listé dans les exceptions) — PS CTO : 18,6 % — PS PEA : 18,6 % (PEA non listé dans les exceptions) — PS AV / foncier / PEL-CEL / PEP / PV immo : 17,2 % maintenu (exceptions limitatives LFSS 2026) | Intégrer le bon taux dans les simulations — seules AV, fonciers, PEL/CEL/PEP et PV immo restent à 17,2 % |
Concrètement, si vous retenez trois choses de ce guide : (1) ne versez pas en PER si votre TMI est en dessous de 30 %, (2) ne sortez jamais tout d'un coup, et (3) choisissez un contrat à frais réduits. Ces trois principes seuls peuvent vous faire économiser des dizaines de milliers d'euros. C'est exactement ce que Hagnéré Patrimoine chiffre dans chaque bilan patrimonial — sans frais ni engagement.
Ouvrir votre PER et votre AV au meilleur rapport frais/performance
Analyse de votre TMI, choix des enveloppes, allocation des supports, optimisation fiscale : un CGP certifié vous accompagne pas à pas et sélectionne les contrats les plus adaptés à votre profil.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'investissement en unités de compte comporte un risque de perte en capital. Consultez un conseiller en gestion de patrimoine pour une analyse adaptée à votre situation.
Jurisprudence 2015-2026 et 10 angles experts absents du top 10
Audit concurrentiel sur les 10 comparatifs PER vs AV les plus lus (Linxea, Meilleurtaux-placement, Ramify, Climb, Capital, Boursorama, Finance pour Tous, Yomoni, Nalo, Dossier Familial) : aucun ne couvre simultanément ces 10 angles techniques. Plusieurs font même l'erreur sur la LFSS 2026.
15.1 Jurisprudence clé 2015-2026 : 12 décisions structurantes
| Décision | Date | Numéro | Impact comparatif |
|---|---|---|---|
| Cass. com. quasi-usufruit 774 bis | 19/09/2024 | n° 22-18.687 et 22-18.733 | AV reste exception (BOFiP 26/09/2024). Zone grise pour PER démembré. |
| BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20 | 26/09/2024 | §320 | Confirmation explicite exception AV du 774 bis — PER non visé |
| Cass. 1re civ. clause AV démembrée | 17/01/2025 | n° 23-21.105 | Sécurisation clause AV. Par analogie pour PER assurance (non jugé) |
| CE PER hors IFI phase épargne | 24/10/2023 | n° 465575 | PER gagnant IFI vs AV (UC immobilières) |
| RM Malhuret n° 6584 | JO Sénat 28/02/2019 | Sénat | Confirme PER hors IFI, y compris UC immo — angle décisif IFI |
| RM Colin-Oesterlé n° 38290 | JO AN 2023 | AN | Quotient 163-0 A NON applicable sortie capital PER — piège majeur |
| Cass. 2e civ. insaisissabilité | 13/12/2018 | n° 17-19.198 | Valeur de rachat AV insaisissable — s'étend au PER assurance |
| Cass. com. fraude paulienne limite | 03/06/2020 | n° 18-13.819 | Insaisissabilité tombe si fraude aux créanciers |
| Cass. soc. URSSAF abondement PER | 14/12/2023 | n° 22-12.278 | Sécurise exonération sociale PER collectif (pas d'équivalent AV) |
| Cass. 1re civ. Praslicka | 31/03/1992 | n° 90-16.343 | AV/PER souscrit pendant mariage = actif communauté à liquider |
| Cass. 1re civ. extension Praslicka | 30/04/2014 | n° 12-21.484 | Applicable PER individuel — piège divorce peu connu |
| CC QPC pénalité 5 % art. 1766 | 27/10/2017 | 2017-667 | Abrogation pénalité 5 % AV étrangère (sécurise AVL) |
15.2 Succession après 70 ans : l'angle mort à 111 000 €
C'est ledifférentiel majeur ignoré par tous les concurrents. L'article 757 B CGIs'applique aux versements effectués après 70 ans, avec un abattement global de 30 500 € (tous contrats AV + PER confondus). Mais l'assiette taxable n'est pas la même :
| Enveloppe | Abattement art. 757 B | Assiette taxable aux droits de succession |
|---|---|---|
| Assurance-vie | 30 500 € global | PRIMES versées après 70 ans uniquement — les GAINS SONT EXONÉRÉS |
| PER assurance | 30 500 € global | CAPITAL ENTIER (versements + gains) — RIEN N'EST EXONÉRÉ |
Exemple chiffré — Contrat 500 000 € à 85 ans, 1 bénéficiaire non-conjoint (TMI succession 20 % droits en ligne directe après abattement 100 000 € personnel). Primes versées après 70 ans : 100 000 €. Gains : 400 000 €.
- AV : assiette 757 B = 100 000 € − 30 500 € = 69 500 € → droits ≈ 13 900 €
- PER assurance : assiette 757 B = 500 000 € − 30 500 € = 469 500 € → droits ≈ 124 900 €
- Écart en faveur de l'AV : 111 000 €
15.3 Quotient 163-0 A NON applicable au capital PER : le piège
La RM Colin-Oesterlé n° 38290 (JO AN) a confirmé que le mécanisme du quotient(art. 163-0 A CGI) ne s'applique PAS à la sortie en capital d'un PER. Conséquence : une sortie 100 % en une fois est imposée au barème IR marginal plein (pas de lissage), ce qui fait basculer en TMI 41-45 % + CEHR 4 % + CDHR possible.
Stratégie imparable: fractionner les rachats PER sur 5 à 10 années civiles — la LF 2019 (Sapin 2) a supprimé toute limite de durée de fractionnement. L'AV offre en plus un abattement annuel de 4 600 €/9 200 € sur les gains (art. 125-0 A I-1°) que le PER n'a pas.
15.4 CEHR + CDHR : l'argument oublié des hauts revenus
CEHR (art. 223 sexies CGI) : 3 % entre 250 k€ et 500 k€ de RFR, 4 % au-delà. CDHR(art. 224 CGI, LF 2025 art. 10) : taux d'IR effectif minimum de 20 % au-dessus de 250 k€ (célibataire) ou 500 k€ (couple). La sortie capital PER dope mécaniquement le RFR et peut déclencher ces deux surtaxes. L'AV permet de rester sous les seuils grâce à l'abattement annuel et au fractionnement multi-contrats.
15.5 IFI : PER gagnant en phase d'épargne
Le CE 24/10/2023 n° 465575 et la RM Malhuret n° 6584 confirment que le PER est hors IFI en phase d'épargne, y compris pour les UC immobilières (SCPI, OPCI, SCI). L'AV est en revanche taxable à l'IFI sur la fraction immobilière des UC (art. 972 CGI), sauf tolérance 972 bis (moins de 20 % d'immobilier dans le véhicule). Sur un patrimoine IFI-sensible de 2 M€, le PER peut faire économiser 1 000 à 3 000 €/and'IFI en logeant des SCPI.
15.6 Liquidité : 6 cas de déblocage PER (pas 7)
Correction d'une erreur fréquente : l'art. L224-4 CMF énumère 6 cas limitativement prévus :
- Décès du conjoint ou partenaire PACS
- Invalidité 2e ou 3e catégorie
- Surendettement (art. L711-1 C. consommation)
- Expiration des droits au chômage
- Cessation d'activité non salariée suite à liquidation judiciaire
- Acquisition de la résidence principale (C1 et C2 uniquement — pas C3)
L'AV est librement rachetable à tout moment (art. L132-21 C. ass., délai de 2 mois avec intérêts au taux légal × 1,5 puis × 2 au-delà — Cass. 2e civ. 19/03/2020 n° 18-25.585).
15.7 Praslicka et PER : le piège divorce méconnu
La Cass. 1re civ. Praslicka (31/03/1992 n° 90-16.343), confirmée par la Cass. 1re civ. 30/04/2014 n° 12-21.484, a jugé que l'AV souscrite pendant le mariage avec des fonds communs constitue un actif de communauté à liquiderlors du divorce — même non dénouée. Par analogie (nature assurantielle identique), la même règle s'applique au PER souscrit pendant le mariage en communauté légale. Le PER n'est donc PAS une épargne personnelle sanctuarisée en cas de divorce.
15.8 Exit tax art. 167 bis : PER et AV tous deux EXCLUS
Avantage identique pour les expatriés : le PER et l'AV sont tous deux hors assiette de l'exit tax (art. 167 bis CGI). Aucune imposition latente au départ. Attention USA : le PER tombe sous le régime PFIC (IRC 26 USC § 1291) avec taxation punitive en sortie — parade : sortie avant départ ou rente viagère.
15.9 AV luxembourgeoise vs PER : l'arbitrage patrimonial
Pour les patrimoines ≥ 500 k€, l'AV luxembourgeoise(loi lux. 06/12/1991, Triangle de sécurité, super-privilège art. 39, FID/FAS) offre des avantages absents du PER français : apport libre de titres vifs, crédit Lombard structurant, aucun équivalent Sapin 2. L'AVL et le PER sont complémentaires: PER pour la déduction d'IR active, AVL pour la liquidité, l'apport titres et la protection en cas de crise systémique.
15.10 Matrice de décision finale
| Critère 2026 | PER | AV |
|---|---|---|
| TMI ≥ 30 % actif | +++ | + |
| Liquidité | − | +++ |
| Transmission avant 70 ans | = (PER assurance) | = |
| Transmission après 70 ans | − | +++ (gains exonérés) |
| IFI immobilier en phase épargne | +++ (hors IFI) | − (taxable) |
| Flexibilité sortie fiscale | − (barème imposé) | +++ (PFU ou barème au choix) |
| PS LFSS 2026 | = 17,2 % | = 17,2 % |
| Mutualisation conjoint | +++ (art. 163 quatervicies) | — |
| Report plafond 3 ans | +++ | — |
| Exit tax (art. 167 bis) | EXCLU | EXCLU |
La vérité sur PER vs AV en 2026 : ils sont complémentaires
PER et AV ne sont pas concurrents. Le PERoptimise la fiscalité pendant la vie active (déduction entrée + hors IFI phase épargne) et conserve son intérêt pour les TMI élevés. L'AV optimise la liquidité et la transmission après 70 ans (gains exonérés 757 B, exception 774 bis). La stratégie idéale pour la plupart des cadres et dirigeants : combiner les deux— PER pour la déduction maximale jusqu'à la retraite, AV pour la transmission et les besoins de liquidité à tout âge.
PER ou assurance-vie — on arbitre votre mix sur 20 ans
TMI actif, TMI retraite, IFI, succession et CDHR : un conseiller en architecture ouverte simule votre arbitrage PER contre AV sur 20 ans et calibre le mix optimal selon votre profil.
Sources et références
Textes de loi
- Art. 163 quatervicies CGI — déduction versements PER
- Art. 154 bis CGI — déduction TNS
- Art. 125-0 A CGI — fiscalité rachats assurance-vie
- Art. 990 I CGI — prélèvement sui generis décès (< 70 ans)
- Art. 757 B CGI — DMTG décès (≥ 70 ans)
- Art. 972 / 972 bis CGI — IFI et contrats non rachetables
- Art. 158, 5-b quinquies CGI — sortie capital PER
- Art. 224 CGI — CDHR (taux minimum 20 %)
- Art. 125-0 A CGI + BOFiP BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50 (20/12/2019) — purge PV par donation du contrat de capitalisation
- Art. 150-0 D ter CGI — abattement dirigeant 500 000 € sur cession
- Art. 1729 G CGI — pénalité modulation PAS excessive
- Art. L224-1 à L224-40 CoMoFi — régime du PER
- Art. L224-3 CoMoFi — gestion pilotée à horizon (défaut PER)
- Art. L132-22 Code des assurances — rachat assurance-vie
Lois récentes
- LF 2026 n°2026-103 (19/02/2026) — report 5 ans, fin déduction PER > 70 ans
- LFSS 2026 n°2025-1403 (30/12/2025) — hausse CSG 10,6 %, PS 18,6 % (exclusion AV)
- Loi PACTE n°2019-486 (22/05/2019) — création du PER
Sources institutionnelles
- BOFiP — BOI-IR-BASE-20-50 (épargne retraite)
- BOFiP — BOI-ANNX-000513 (tableau de synthèse fiscal PER)
- France Assureurs — Bilan AV 2 119 Md€ (janvier 2026), PER 141 Md€ (T3 2025)
- Service-public.fr — Fiches PER et assurance-vie
Avertissement :Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'investissement en unités de compte comporte un risque de perte en capital. Chaque situation patrimoniale étant unique, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine pour une analyse adaptée à votre profil. Hagnéré Patrimoine est enregistré auprès de l'ORIAS en qualité de CIF, COA, COBSP et Carte T.

