Structurez votre assurance-vie luxembourgeoise avec un expert
Triangle de sécurité, fonds dédiés, fiscalité internationale, architecture ouverte : nous vous aidons à choisir le bon cadre luxembourgeois selon votre patrimoine et votre mobilité.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise
Quentin Hagnéré accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.
Sommaire
- 1. Le préalable : la neutralité fiscale (garde-fou n°1)
- 2. Pourquoi anticiper : le pré-mortem, une affaire de temps
- 3. La boîte à outils : les 7 leviers en un tableau
- 4. Levier 1 : verser avant 70 ans (990 I)
- 5. Levier 2 : rédiger finement la clause
- 6. Levier 3 : démembrer la clause
- 7. Levier 4 : donner avant de verser
- 8. Levier 5 : coordonner donation-partage, Dutreil, holding
- 9. Leviers 6 et 7 : loger les bons actifs et étaler
- 10. Cas chiffré : un patrimoine de 3 M€ sur 15 ans
- 11. Les 7 erreurs à éviter
- FAQ — 9 questions fréquentes
Vous avez entendu qu'une assurance vie luxembourgeoisetransmettait « mieux » ? C'est l'idée reçue la plus tenace — et la plus fausse. Pour un résident fiscal français, votre contrat luxembourgeois se transmet exactement comme un contrat français : mêmes articles 990 I et 757 B, mêmes prélèvements sociaux de 17,2 %, aucun abattement supplémentaire, aucune exonération cachée. Le vrai levier de la transmission ne se trouve pas dans le pays du contrat, mais dans les outils juridiques que vous activez de votre vivant — et leur effet se mesure : dans le cas fil rouge de ce guide, ils font passer la facture de 156 388 € à 83 400 € sur 1 M€ transmis à deux enfants, soit 47 % d'économie, sans qu'un seul euro de ce gain ne provienne du Grand-Duché.
C'est tout l'objet de cette page-mère : elle ne re-développe pas chaque outil (nous avons des guides dédiés à la clause, au démembrement, au 990 I et au 757 B) — elle les orchestre. Comment les combiner, dans quel ordre, sur quel calendrier, pour transmettre un patrimoine conséquent au moindre coût et en pleine sécurité. Nous mettrons le tout en scène sur un cas fil rouge : un couple, 3 M€ de patrimoine, un plan d'anticipation sur 15 ans.
Je suis Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine, CIF ORIAS 23002291, dirigeant du cabinet Hagnéré Patrimoine. C'est cette boîte à outils que nous ouvrons avec nos clients avant chaque grande décision de transmission.
À retenir en 30 secondes
- Neutralité fiscale: le contrat lux se transmet comme un contrat français (990 I, 757 B, PS 17,2 %). L'avantage est organisationnel et sécuritaire, pas fiscal.
- L'anticipation est pré-mortem : tout se joue du vivant, en jouant sur le temps (abattements renouvelables tous les 15 ans) et sur l'âge (70 ans).
- 7 leviers : verser avant 70 ans, rédiger la clause, la démembrer, donner avant de verser, coordonner (donation-partage / Dutreil / holding), loger les bons actifs, étaler dans le temps.
- Sécurité du super-privilège(art. 118, protection illimitée) et de l'architecture ouverte : de vraies raisons de loger un patrimoine à transmettre au Luxembourg.
Avertissement
Le préalable : la neutralité fiscale (garde-fou n°1)
Avant d'ouvrir la boîte à outils, posons la règle qui conditionne tout le reste. La neutralité fiscale luxembourgeoise signifie que le Grand-Duché ne prélève aucunimpôt de transmission : c'est la fiscalité du pays de résidence qui s'applique. Pour vous, résident français, ce sont donc les mêmes règles qu'un contrat souscrit à Paris.
Dans le détail : les primes versées avant 70 ans relèvent de l'article 990 I (abattement de 152 500 € par bénéficiaire) ; celles versées après 70 ans relèvent de l'article 757 B (abattement global de 30 500 €, produits exonérés). Les prélèvements sociaux de 17,2 % sont dus au décès sur les produits latents des unités de compte (CSS art. L. 136-7), contrat luxembourgeois compris. Rien de spécifique au Luxembourg dans tout cela.
Ne confondez jamais 990 I et 757 B (garde-fou n°2)
C'est l'erreur la plus fréquente en matière de transmission. La ligne de partage est l'âge de l'assuré au jour de chaque versement, pas la date d'ouverture du contrat :
- Primes versées avant 70 ans → art. 990 I : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable et 31,25 % au-delà. Le capital transmis comprend primes et produits.
- Primes versées après 70 ans → art. 757 B : abattement global de 30 500 € (un seul, partagé entre tous les bénéficiaires taxables), et seules les primes sont taxées — les produits sont exonérés — au barème des droits de succession (art. 777).
Dans les deux régimes, le conjoint survivant et le partenaire de PACS bénéficiaires sont totalement exonérés(art. 796-0 bis, loi TEPA). Un même contrat peut relever des deux régimes s'il a été alimenté avant et après 70 ans.
Neutralité n'est pas exonération
Ne survendez jamais un « avantage fiscal luxembourgeois » à la succession : il n'existe pas. À situation identique, un contrat OneLife, Wealins ou Lombard transmet au même coût qu'un contrat français. Le vrai atout est ailleurs : le super-privilège de l'article 118 de la loi du 7 décembre 2015 (vous êtes créancier de 1er rang, protection illimitéecontre 70 000 € pour le fonds de garantie français), le multidevises (EUR/USD/GBP/CHF) et l'architecture ouverte.
Dernier point du garde-fou : l'AVL n'est pas anonyme. Un résident français déclare son contrat chaque année (formulaire 3916), et l'échange automatique d'informations (CRS) transmet les données au fisc. Confidentialité (RGPD) ne veut pas dire opacité fiscale. L'anticipation successorale se construit au grand jour, jamais dans la dissimulation.
Pourquoi anticiper : le pré-mortem, une affaire de temps
Si l'avantage n'est pas fiscal, pourquoi tant s'organiser ? Parce que la transmission efficace est un travail de durée, pas un geste de dernière minute. Le temps, l'âge et la souplesse de la clause jouent en votre faveur — à condition de s'y prendre tôt.
Le premier ressort, c'est le temps. Les abattements de donation de l'art. 779 (100 000 € par enfant) se renouvellent tous les 15 ans: commencer à 55 ans plutôt qu'à 70 ans vous offre un cycle de plus, parfois deux — des centaines de milliers d'euros transmis en franchise. Vient l'âge : à 70 ans, le régime bascule du 990 I vers le 757 B pour tout nouveau versement, si bien qu'alimenter le contrat avantcette date verrouille l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Reste le pilotage : tant que le bénéficiaire n'a pas acceptésa désignation (art. L. 132-9 du Code des assurances), vous gardez la main sur la clause — libre de l'ajuster au fil de la vie de famille, sans rien figer prématurément.
Ne figez pas la clause trop tôt
L'acceptation par le bénéficiaire rend la désignation irrévocable(art. L. 132-9) : vous ne pouvez plus racheter librement ni changer de bénéficiaire sans son accord. Anticiper ne veut donc pas dire tout verrouiller à 55 ans, mais garder une clause souple et révisable aussi longtemps que possible.
Un garde-fou, toutefois : anticiper n'autorise pas à déshériter. Des primes manifestement exagérées(art. L. 132-13 ; Cass. ch. mixte du 23 novembre 2004) peuvent être réintégrées, et la réserve héréditaire des enfants s'impose, y compris pour un contrat international. On anticipe dans les règles, pas contre elles.
La boîte à outils : les 7 leviers en un tableau
Commençons par la vue d'ensemble. Chaque levier a sa base légale, son effet et son moment d'emploi. Les sections suivantes les détaillent un à un — sans jamais refaire le travail des guides dédiés à la clause ou au démembrement, vers lesquels je vous renverrai.
| Levier | Action | Base légale | Effet |
|---|---|---|---|
| 1. Verser avant 70 ans | Alimenter le contrat avant l'anniversaire de l'assuré | CGI art. 990 I | 152 500 € / bénéficiaire, puis 20 % / 31,25 % |
| 2. Rédiger la clause | Nominative, à options ou démembrée | C. assur. L. 132-8 | Décide qui reçoit et sous quel régime |
| 3. Démembrer la clause | Usufruit au conjoint / nue-propriété aux enfants | C. civ art. 587 ; CGI art. 669 | Une base transmise deux fois |
| 4. Donner avant de verser | Donation puis souscription par le donataire | CGI art. 779 & 790 G | 100 000 € + 31 865 € en franchise |
| 5. Coordonner | Donation-partage, Dutreil, holding | C. civ art. 1075 ; CGI art. 787 B | Fige les valeurs, transmet à 75 % d'abattement |
| 6. Loger les bons actifs | Titres vifs, non-coté, multidevises | Architecture ouverte (FID/FAS/FIC) | Transmet un portefeuille, pas des liquidités |
| 7. Étaler dans le temps | Renouveler les abattements | CGI art. 779 (15 ans) | Multiplie les franchises sur un horizon long |
Ces sept leviers ne s'emploient pas isolément : c'est leur enchaînement, dans le bon ordre, qui paie. Attaquons par le socle de tout : l'âge de 70 ans.
Levier 1 : verser avant 70 ans (article 990 I)
C'est le réflexe fondateur. Tant que l'assuré n'a pas 70 ans, chaque prime versée place le capital correspondant sous l'article 990 I : un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable, et 31,25 % au-delà. Le capital transmis (primes etproduits) reste hors succession civile (art. L. 132-12).
La force de ce levier tient dans le mot « par bénéficiaire ». Avec trois enfants désignés, ce sont 3 × 152 500 € = 457 500 €qui échappent à toute taxation. Après 70 ans, le régime 757 B ne vous offrira plus qu'un abattement globalde 30 500 € — d'où l'urgence calendaire : verser avantplutôt qu'après.
Un abattement à ne pas gaspiller
Attention à un piège du 990 I : la fraction d'abattement d'un bénéficiaire exonéré (conjoint, PACS) n'est pas transféréeaux autres bénéficiaires — elle est perdue (BOFiP BOI-TCAS-AUT-60). Désigner uniquement son conjoint, c'est donc « brûler » les abattements des enfants. La rédaction de la clause devient ici décisive, comme nous le verrons.
Ce levier gouverne aussi le choix du nombre de contrats : ouvrir un second contratne double pas l'abattement (il reste plafonné à 152 500 € par bénéficiaire, tous contrats confondus), mais il facilite le pilotage des clauses. Et il rappelle l'intérêt de verser tôt et régulièrement, avant le seuil des 70 ans.
Levier 2 : rédiger finement la clause bénéficiaire
La clause bénéficiaire est la pièce maîtressede toute l'anticipation : c'est elle qui décide de qui reçoit, dans quel ordre, et sous quel régime. Une clause standard « mon conjoint, à défaut mes enfants » convient rarement à un patrimoine structuré.
Le Code des assurances (art. L. 132-8) vous laisse une grande liberté de rédaction : clause nominative, clause à options(le conjoint choisit, au décès, la quotité qu'il souhaite recevoir), clause démembrée. Chaque forme répond à un objectif : protéger le conjoint, équilibrer entre enfants, gratifier un tiers ou une association.
Renvoi — le guide dédié à la rédaction
La rédaction de la clause mérite un traitement à part entière : formulations types, pièges à éviter, clause à options, représentation. Nous y consacrons un guide complet — rédiger sa clause bénéficiaire d'assurance vie luxembourgeoise— que je vous invite à lire avant toute décision. Retenez ici l'essentiel : une clause acceptée (art. L. 132-9) devient irrévocable.
Un cas mérite une section à lui seul, tant il est puissant pour protéger le conjoint et transmettre aux enfants : le démembrement de la clause.
Levier 3 : démembrer la clause (l'outil « 2-en-1 »)
Démembrer la clause, c'est attribuer l'usufruit du capital au conjoint survivant et la nue-propriété aux enfants. Le conjoint dispose alors d'un quasi-usufruit sur les sommes (art. 587 du Code civil) : il peut les utiliser, à charge de restitution. Les enfants, eux, détiennent une créance de restitutionexigible au décès de l'usufruitier.
Le démembrement travaille sur deux tableaux à la fois. Une même base économique sert deux fois — le conjoint est protégé sans que le capital échappe aux enfants — et la créance de restitution que détiennent ces derniers vient, en principe, en déductionde l'actif successoral de l'usufruitier à son décès, allégeant d'autant la seconde succession. La répartition fiscale entre usufruit et nue-propriété suit le barème de l'art. 669du CGI, selon l'âge de l'usufruitier.
Un point technique récent : l'article 774 bis
La loi de finances 2024 a créé l'article 774 bisdu CGI, qui limite la déductibilité de certaines dettes de restitution portant sur des sommes d'argent dont le défunt s'était réservé l'usufruit. Le quasi-usufruit né d'une clause bénéficiaire démembrée relève d'une logique distincte, précisée par la doctrine (BOFiP mis à jour le 26 septembre 2024). C'est précisément le genre de subtilité que nous détaillons dans le guide démembrement de la clause bénéficiaire luxembourgeoise— et qu'il faut valider au cas par cas.
Le démembrement se combine idéalement avec la transmission au conjoint et aux enfants. Nous le chiffrerons dans le cas fil rouge : c'est lui qui fait tomber la facture de moitié.
Levier 4 : donner avant de verser
Voici l'outil qui transmet sans jamais passer par la succession : la donation, en amont du versement. Le mécanisme tient en une phrase : vous ne donnez pas le contrat, vous donnez les fonds en amont. Plutôt que de verser vous-même sur votre contrat puis d'en faire bénéficier vos enfants au décès, vous leur donnez d'abord les fonds, et ce sont eux qui souscrivent et capitalisent leur propre contrat luxembourgeois.
Le cumul de deux abattements de donation, renouvelables tous les 15 ans, fait le gros du travail : l'abattement de 100 000 € par enfant et par parent (art. 779) et le don familial de sommes d'argent de 31 865 € (art. 790 G, donateur de moins de 80 ans, donataire majeur). Un couple transmet ainsi 263 730 € à chaque enfant sans un euro de droits — le chiffre exact du calcul ci-dessous — et le capital fructifie ensuite hors de son patrimoine.
Ce qu'un couple peut donner à un enfant en franchise, par cycle de 15 ans
Par enfant = 2 × 100 000 € (art. 779) + 2 × 31 865 € (art. 790 G) = 263 730 €
- 100 000 € :abattement par parent et par enfant (art. 779), renouvelable tous les 15 ans
- 31 865 € :don familial de sommes d'argent par parent (art. 790 G), donateur < 80 ans
- × 2 :chaque parent donne : les abattements se comptent par donateur
Le donataire souscrit ensuite son propre contrat : l'abattement est purgé sur deux générations, et la performance future échappe à la succession du donateur.
Garde-fou : la donation doit être réelle (abus de droit)
La donation doit être effective et antérieureau versement, sans réappropriation par le donateur : c'est le donataire qui souscrit, alimente et pilote son contrat. Une donation fictive, ou suivie d'une reprise de contrôle des fonds, expose à la procédure d'abus de droit fiscal (art. L. 64 du LPF). Un pacte adjointpeut encadrer l'usage des sommes (emploi, remploi, inaliénabilité temporaire) sans dénaturer la donation. Pour les couples mariés sous communauté, la réponse ministérielle Ciot (n° 78192 du 23 février 2016) sécurise par ailleurs le premier décès.
Votre plan d'anticipation mérite un chiffrage à l'euro près
Verser avant 70 ans, démembrer, donner, coordonner : l'ordre et le calendrier changent tout. Nous bâtissons votre stratégie de transmission sur mesure, contrat et clause en main. Bilan patrimonial offert, 30 minutes avec un CGP.
Levier 5 : coordonner donation-partage, Dutreil et holding
Un contrat luxembourgeois isolé transmet mal. Il donne son plein rendement quand on le branche sur trois outils civils : la donation-partage, le pacte Dutreil et la holding.
La donation-partage (art. 1075 à 1078 du Code civil) permet de répartir des biens entre ses enfants de son vivant, en figeant les valeursau jour de l'acte : les plus-values ultérieures ne sont pas rapportées, ce qui évite les conflits au décès. On peut y intégrer des liquidités que les enfants placeront sur leur propre contrat. Le pacte Dutreil (art. 787 B) offre, lui, une exonération de 75 %de la valeur des titres d'entreprise transmis, sous engagements de conservation — un levier majeur pour un chef d'entreprise, que le contrat luxembourgeois vient compléter pour la part financière du patrimoine.
La holding et le contrat lux : complémentaires
Pour un dirigeant, la holding patrimonialeorganise la détention et la transmission de l'entreprise (Dutreil, remontée de dividendes), tandis que le contrat luxembourgeois loge la poche financièrediversifiée et multidevise. Les deux ne s'opposent pas : ils se répartissent les rôles. Nous coordonnons cet assemblage — souvent avec un avocat fiscaliste partenaire — dans le cadre d'un accompagnement de gestion de fortune.
Retenez-le : chez Bernard et Catherine, que nous retrouverons plus bas, le contrat lux ne fait pas tout — il prend sa place à côté de la donation-partage et du portefeuille de titres. C'est l'assemblage, pas la pièce isolée, qui abaisse la facture.
Leviers 6 et 7 : loger les bons actifs et étaler dans le temps
Levier 6 — loger les bons actifs.Sur ce levier — et sur celui-ci seulement — le Luxembourg fait vraiment la différence. Grâce à l'architecture ouverte (fonds dédiés FID, FAS, FIC), vous pouvez loger dans l'enveloppe des titres vifs, du non-coté, des obligations en devises (EUR, USD, GBP, CHF). Vous ne transmettez plus de simples liquidités, mais un portefeuille structuré et diversifié, avec toute la sécurité du super-privilège. Pour un patrimoine international ou concentré sur certaines devises, c'est un atout décisif.
Levier 7 — étaler dans le temps.C'est le levier qu'on oublie le plus souvent. Les abattements de donation (art. 779 et 790 G) se rechargent tous les 15 ans: un plan bien mené n'est pas un acte unique, mais une séquence— donner aujourd'hui, verser avant 70 ans, redonner quinze ans plus tard. Commencer quinze ans plus tôt, c'est offrir à ses enfants un cycle de donation entier de plus, soit 200 000 € (2 × 100 000 €) transmis en franchise qu'ils n'auraient jamais purgés en s'y prenant tard.
La sécurité comme argument de transmission
Vos enfants n'héritent pas que d'un capital : ils héritent d'une enveloppe dont les actifs sont cantonnéset protégés au premier rang (art. 118), même si l'assureur fait défaut. En France, le fonds de garantie s'arrête à 70 000 € par assuré ; au Luxembourg, la protection est illimitée. La solidité des compagnies luxembourgeoises (Solvabilité II) complète le tableau.
Cas chiffré : un patrimoine de 3 M€ transmis en 15 ans
Prenons un couple réel. Bernard, 62 ans, et Catherine, 60 ans, mariés sous le régime de la communauté, ont deux enfants, Julie et Marc. Leur patrimoine de 3 M€se compose d'une résidence principale (900 000 €), d'un contrat luxembourgeois (1 000 000 €) et d'un portefeuille de titres (1 100 000 €). Ils veulent transmettre au moindre coût, tout en protégeant le survivant. Horizon : 15 ans.
Concentrons-nous d'abord sur le contrat luxembourgeois de 1 000 000 €, destiné aux deux enfants (soit 500 000 € chacun), et comparons trois façons de le transmettre.
| Scénario | Base taxable / enfant | Droits / enfant | Total (taux effectif) |
|---|---|---|---|
| Succession directe (sans assurance vie) | 500 000 − 100 000 = 400 000 € | ≈ 78 194 € | 156 388 € (15,6 %) |
| AVL 990 I, clause simple | 500 000 − 152 500 = 347 500 € | 69 500 € (20 %) | 139 000 € (13,9 %) |
| AVL clause démembrée (Catherine usufruit à 68 ans) | 300 000 − 91 500 = 208 500 € | 41 700 € (20 %) | 83 400 € (8,3 %) |
Les trois lignes se lisent d'elles-mêmes. En transmission directe, les enfants supportent le barème (art. 777) après l'abattement de 100 000 € : 156 388 €. Le contrat 990 I, avec son abattement de 152 500 € par bénéficiaire, ramène la facture à 139 000 €. Enfin, la clause démembrée (Catherine usufruitière ; à 68 ans, la nue-propriété vaut 60 % au barème de l'art. 669) réduit la base des enfants à la seule nue-propriété : la facture tombe à 83 400 €. Soit, de 156 388 € à 83 400 €, environ 47 % d'économie — et ce, avant même les donations. Ces montants sont arrondis et illustratifs : ils supposent des primes versées avant 70 ans et une situation de famille donnée. Votre calcul réel dépend des abattements déjà consommés, de l'âge de l'usufruitier au jour du décès (barème de l'art. 669) et de la composition exacte de votre patrimoine — d'où l'intérêt d'un chiffrage personnalisé.
Garde-fou : l'écart vient des outils, pas du Luxembourg
La ligne « AVL 990 I, clause simple » (139 000 €) serait identique pour un contrat français. L'économie ne provient donc pas du Luxembourg, mais des outils juridiques (assurance vie, puis démembrement) que l'on peut aussi bien loger dans un contrat français. Le contrat lux apporte la sécurité, le multidevises et l'architecture ouverte — pas l'économie fiscale, qui tient à la structure.
Le calendrier : un plan d'anticipation sur 15 ans
Le démembrement n'est qu'un levier parmi sept. En les séquençant dans le temps, Bernard et Catherine peuvent aller bien plus loin. Voici leur feuille de route.
| Étape | Action | Levier / base légale | Effet |
|---|---|---|---|
| An 0 | Donation-partage de 200 000 € (100 000 € / enfant) | Art. 779 + art. 1075 C. civ | 0 € de droits, valeurs figées |
| An 0 → 8 | Alimenter le contrat lux (1 M€) avant les 70 ans de Bernard | Art. 990 I | Abattement de 152 500 € / bénéficiaire acquis |
| An 0 | Rédiger une clause démembrée (Catherine usufruit / enfants NP) | L. 132-8 C. assur. ; art. 669 | Protège le conjoint, transmet la nue-propriété |
| An 8 | Don familial de 31 865 € / enfant / parent | Art. 790 G | Franchise, purge d'abattement supplémentaire |
| An 15 | Renouveler la donation (nouveau cycle) | Art. 779 | Nouvel abattement de 100 000 € / enfant |
Au bout du compte, en combinant donation-partage, alimentation avant 70 ans, clause démembrée et dons familiaux, puis en renouvelant les abattements à 15 ans, le couple transmet la quasi-totalité de son patrimoine financier à un coût réduit — tout en gardant, jusqu'au bout, une clause révisable et un conjoint protégé. C'est exactement le type de plan que nous détaillons dans nos cas pratiques, comme transmettre à 3 enfants ou la retraite avec 1,5 M€ à transmettre.
Combien votre famille peut-elle économiser ?
Nous modélisons votre transmission scénario par scénario — direct, 990 I, clause démembrée, donations — et bâtissons votre calendrier sur 15 ans. Bilan patrimonial offert, 30 minutes avec un CGP, avocat fiscaliste partenaire si besoin.
Les 7 erreurs à éviter dans l'anticipation successorale
- Croire à un avantage fiscal luxembourgeois.Le contrat lux se transmet comme un contrat français (990 I, 757 B, PS 17,2 %). L'avantage est la sécurité et la structure, pas le barème.
- Attendre 70 ans pour verser.Après cet âge, l'abattement passe de 152 500 € par bénéficiaire (990 I) à 30 500 € global (757 B). Verser avant est le premier réflexe.
- Désigner le conjoint comme seul bénéficiaire.Zéro droit au premier décès, mais l'abattement des enfants est gaspillé et le capital retombe dans la succession du survivant.
- Rédiger une clause standard. « Mon conjoint, à défaut mes enfants » ignore le démembrement, les options et la représentation. La clause est la pièce maîtresse.
- Confondre donation et versement.Donner puis se réapproprier les fonds, ou verser soi-même en croyant « donner », expose à l'abus de droit (art. L. 64 du LPF).
- Franchir la réserve héréditaire.Des primes manifestement exagérées (art. L. 132-13) sont réintégrées ; on anticipe dans les limites de la réserve des enfants.
- Oublier la territorialité en cas de départ.L'art. 750 ter rattache la transmission à la France selon le domicile du défunt ou la résidence du bénéficiaire — à anticiper avant toute expatriation.
Territorialité (art. 750 ter) : anticiper aussi la mobilité
Si vous ou vos enfants envisagez de vivre à l'étranger, intégrez la territorialité dès la conception du plan. L'article 750 ter du CGI rend la transmission taxable en France lorsque le défunt y est domicilié (patrimoine mondial) ou lorsque le bénéficiaire y réside depuis au moins 6 ans sur les 10 dernières années. La portabilité du contrat luxembourgeois est un atout, mais la double imposition se prépare : voir nos guides AVL pour expatriés et succession internationale.
Les 3 choses à retenir
- L'anticipation est organisationnelle, pas fiscale : le contrat luxembourgeois se transmet comme un contrat français. On agit sur les outils (990 I, clause, démembrement, donations), pas sur un barème.
- Tout se joue du vivant et dans le temps : verser avant 70 ans, rédiger et démembrer la clause, donner et renouveler tous les 15 ans. Notre cas fil rouge fait tomber la facture de 47 % avant même les donations.
- Le Luxembourg apporte la sécurité (super-privilège illimité, art. 118), le multidevises et l'architecture ouverte — de vraies raisons de loger un patrimoine à transmettre, dans le respect de la réserve héréditaire et des obligations déclaratives.
Répétons-le une dernière fois : le Grand-Duché n'ajoute aucun abattement, aucun taux réduit. Ce qui a fait passer la facture de Bernard et Catherine de 156 388 € à 83 400 €, ce sont les leviers activés au bon moment — le démembrement, les 152 500 € du 990 I, les donations tous les 15 ans — pas le drapeau sur le contrat. C'est ce plan sur mesure que nous construisons avec nos clients au cabinet Hagnéré Patrimoine — et qui commence toujours par le hub de nos guides sur l'assurance vie luxembourgeoise et notre pilier succession.
Anticipez votre succession avec un plan sur mesure
Verser avant 70 ans, clause démembrée, donations, donation-partage, Dutreil : nous orchestrons vos outils et votre calendrier, à l'euro près. Bilan patrimonial offert, 30 minutes avec un CGP.
Hagnéré Patrimoine— SAS immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291, en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, courtier d'assurance (COA) et courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP). Cabinet situé 7 Rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry. Article rédigé selon la législation en vigueur au 6 juillet 2026 (loi de finances 2026, LFSS 2026). Dernière mise à jour : 6 juillet 2026.

