Structurez votre assurance-vie luxembourgeoise avec un expert
Triangle de sécurité, fonds dédiés, fiscalité internationale, architecture ouverte : nous vous aidons à choisir le bon cadre luxembourgeois selon votre patrimoine et votre mobilité.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise
Quentin Hagnéré accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.
Sommaire
- 1. Ce que le Luxembourg change (et ne change pas)
- 2. 152 500 € par enfant : le levier qui se démultiplie
- 3. Cas chiffré : Catherine, 900 000 € sur 3 enfants
- 4. Un seul contrat ou un contrat par enfant ?
- 5. Souscription croisée : 305 000 € par enfant
- 6. Cumuler avec l'abattement de 100 000 €
- 7. Rédiger la clause pour servir les enfants
- 8. Et après 70 ans ? Le régime 757 B
- 9. Avantager ou léser un enfant : les limites
- 10. Enfants expatriés, territorialité, déclaration
- FAQ — 10 questions fréquentes
Quand un parent me parle de sa transmission, la question revient toujours sous la même forme : « combien puis-je laisser à chacun de mes enfants sans qu'ils paient de droits ? ». Et l'assurance vie y répond mieux qu'aucun autre outil — et que la réponse repose sur un chiffre que beaucoup connaissent mal : 152 500 € par enfant, pas par contrat, et pas une fois pour tous.
Le levier tient en deux enveloppes distinctes. D'un côté, l'assurance vie et son abattement de 152 500 € par bénéficiaire(article 990 I) pour les primes versées avant 70 ans. De l'autre, le reste du patrimoine et son abattement successoral de 100 000 € par enfant (article 779), toujours disponible parce que le capital d'assurance vie est hors succession(art. L. 132-12 du Code des assurances). Deux abattements qui se cumulent, et se démultiplient si les deux parents souscrivent.
Un point d'honnêteté, tout de suite : le Luxembourg n'apporte ici aucun avantage fiscal de transmission. Pour un résident fiscal français, un contrat luxembourgeois se transmet exactement comme un contrat français. Ce qu'il apporte est ailleurs — sécurité, multidevises, architecture ouverte — et j'y reviens en détail. Je suis Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine, CIF ORIAS 23002291, dirigeant du cabinet Hagnéré Patrimoine.
À retenir en 30 secondes
- 152 500 € par enfant (art. 990 I, primes avant 70 ans) : l'abattement suit le bénéficiaire, il se démultiplie par le nombre d'enfants désignés.
- Multiplier les contrats d'un même assuré ne sert à rien ; multiplier les bénéficiaires, oui. Un seul contrat à plusieurs enfants suffit.
- Souscription croisée : chaque parent son contrat = 305 000 € transmis hors taxation par enfant (un abattement par assuré).
- Le contrat luxembourgeoissuit la fiscalité française (neutralité ≠ avantage) ; son vrai plus est la sécurité(super-privilège de l'art. 118).
Avertissement
Ce que le Luxembourg change (et ne change pas) pour vos enfants
Le malentendu le plus coûteux, d'abord : beaucoup souscrivent au Luxembourg « pour payer moins de droits » — ce n'est pas ce qu'on y trouve. Pour un résident fiscal français, la transmission d'un contrat luxembourgeois obéit mot pour motaux mêmes règles qu'un contrat français.
Dans le détail : mêmes articles 990 I (primes avant 70 ans) et 757 B (primes après 70 ans), même abattement de 152 500 € par bénéficiaire, mêmes prélèvements sociaux de 17,2 %sur les produits des unités de compte (CSS art. L. 136-7). Aucun abattement différent, aucune exonération spécifique luxembourgeoise. Le Luxembourg ne prélève, lui, aucun impôt de transmission : c'est la neutralité fiscale, et c'est bien la fiscalité du pays de résidence — la France — qui gouverne.
Neutralité n'est pas exonération
La neutralité fiscale luxembourgeoisesignifie que le Luxembourg s'efface derrière la fiscalité française — pas que la transmission est allégée. Elle est rassurante(aucune double couche d'impôt, aucun risque de requalification pour un contrat conforme), mais elle n'est pas un avantage de barème. Fuyez tout discours qui vous vend un « abattement luxembourgeois » ou une « transmission détaxée ».
Alors, pourquoi le Luxembourg pour ses enfants ?
Parce que l'enveloppe qui portera le capital de vos enfants est, elle, nettement plus solide. Le contrat luxembourgeois repose sur le triangle de sécurité(compagnie d'assurance, banque dépositaire qui cantonne les actifs, Commissariat aux Assurances régulateur) et sur le super-privilège de l'article 118 de la loi du 7 décembre 2015 : souscripteur et bénéficiaire sont créanciers de premier rang, avec une protection illimitée, là où le fonds de garantie français (FGAP) plafonne à 70 000 € par assuré. Ajoutez le multidevises (EUR, USD, GBP, CHF) et l'architecture ouverte(FID, FAS, FIC, titres vifs) : pour un patrimoine conséquent que l'on veut transmettre, ce sont ces atouts-là qui font la différence, pas un mirage fiscal.
Le décor est planté. Reste le chiffre qui fait tout le travail : 152 500 €, et sa façon de se démultiplier d'un enfant à l'autre.
152 500 € par enfant : le levier qui se démultiplie
La règle que je répète à chaque rendez-vous : l'abattement de 152 500 € de l'article 990 I s'applique par bénéficiaire et par assuré, tous contrats confondus. Il ne se démultiplie donc pas avec le nombre de contrats, mais avec le nombre de bénéficiaires désignés. Désigner ses trois enfants, c'est ouvrir 3 × 152 500 = 457 500 €d'abattement.
Au-delà de l'abattement, la fraction taxable subit un prélèvement de 20 %jusqu'à 700 000 € (par bénéficiaire), puis 31,25 % au-delà. L'assiette du 990 I porte sur le capital transmis (primes et produits), et non sur les seules primes. Le seuil où le taux passe à 31,25 % correspond à 852 500 € reçuspar un même bénéficiaire (152 500 € + 700 000 €) : répartir sur plusieurs enfants maintient chaque part sous ce seuil, donc à 20 %.
Prélèvement de l'article 990 I (par enfant bénéficiaire)
Prélèvement = 20 % × min(T ; 700 000) + 31,25 % × max(0 ; T − 700 000)
- T :capital reçu par l'enfant − 152 500 € (fraction taxable)
- 152 500 € :abattement par bénéficiaire et par assuré, tous contrats confondus
- 852 500 € :seuil de reçu par bénéficiaire au-delà duquel s'applique le taux de 31,25 %
Répartir le capital entre plusieurs enfants maintient chaque part dans la tranche à 20 % et multiplie l'abattement : c'est le levier n°1 de la transmission par assurance vie.
| Capital reçu par l'enfant | Fraction taxable (après 152 500 €) | Prélèvement 990 I |
|---|---|---|
| 150 000 € | 0 € (sous l'abattement) | 0 € |
| 300 000 € | 147 500 € | 29 500 € |
| 450 000 € | 297 500 € | 59 500 € |
| 852 500 € | 700 000 € | 140 000 € |
| 1 000 000 € | 847 500 € | ≈ 186 094 € |
La règle à retenir
On ne multiplie pas l'abattement en ouvrant plusieurs contrats : on le multiplie en désignant plusieurs bénéficiaires (et, on le verra, plusieurs assurés). La mécanique complète du prélèvement, tranche par tranche, est détaillée dans notre guide dédié à l'article 990 I.
Passons du principe au réel, avec un cas que je vois revenir souvent : un parent, un capital important, plusieurs enfants.
Cas chiffré : Catherine, 900 000 € sur 3 enfants
Catherine, 62 ans, veuve, détient un contrat d'assurance vie luxembourgeois de 900 000 €, alimenté avant 70 ans (donc régime 990 I). Sa clause désigne ses trois enfants à parts égales. Chacun recevra donc 300 000 €. Regardons le détail, ligne par ligne.
| Étape | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Capital transmis | Contrat luxembourgeois (primes avant 70 ans) | 900 000 € |
| Part par enfant | 900 000 € ÷ 3 | 300 000 € / enfant |
| Abattement 990 I | 152 500 € par bénéficiaire | − 152 500 € / enfant |
| Fraction taxable | 300 000 − 152 500 | 147 500 € / enfant |
| Prélèvement (20 %) | 147 500 × 20 % (part < 700 000 € → jamais 31,25 %) | 29 500 € / enfant |
| Total 3 enfants | 3 × 29 500 € | 88 500 € (taux effectif 9,8 %) |
Au final, les trois enfants de Catherine se partagent 900 000 € pour 88 500 € de droits, soit un taux effectif de 9,8 %. Maintenant, l'enseignement qui fait toute la valeur de la clause : si Catherine avait désigné un seul bénéficiaire (900 000 € à une seule personne), la fraction taxable serait de 747 500 €, taxée à 20 % jusqu'à 700 000 € (140 000 €) puis à 31,25 % sur 47 500 € (14 844 €), soit 154 844 € — un taux de 17,2 %.
Répartir sur 3 enfants économise ≈ 66 344 €
Même capital, même contrat, même patrimoine : seule la clause bénéficiairechange. Passer d'un bénéficiaire unique à trois enfants fait tomber la facture de 154 844 € à 88 500 €. La rédaction de la clause vaut, ici, 66 344 €. C'est gratuit, et c'est trop souvent négligé.
Pour dérouler la même situation avec des versements étalés, un contrat mixte et des âges différents, voyez notre cas pratique complet « transmettre à 3 enfants », simulé pas à pas.
Combien reviendrait à chacun de vos enfants sans droits ?
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Un seul contrat ou un contrat par enfant ?
C'est une question qu'on me pose systématiquement, avec l'intuition — fausse — qu'un contrat par enfant multiplierait les abattements. Un seul contrat multi-bénéficiaires suffit. L'abattement de 152 500 € suit le bénéficiaire, pas le contrat : ouvrir trois contrats pour trois enfants ne crée aucun abattement supplémentaire par rapport à une clause unique désignant les trois.
Contrats vs bénéficiaires : ne pas confondre
La seule chose qui multiplie l'abattement de 152 500 €, c'est le nombre de bénéficiaires désignés et le nombre d'assurés(un parent, puis l'autre : voir la souscription croisée). Le nombre de contrats d'un même assuré n'y change rien : tous ses contrats se globalisent pour l'abattement.
Quand un second contrat est utile côté enfants
Un deuxième contrat n'augmente pas l'abattement, mais il peut apporter du confort de pilotage : (a) isoler les versements après 70 anspour clarifier la ventilation 990 I / 757 B ; (b) prévoir des clauses différenciées (un enfant aux besoins spécifiques, un enfant mineur avec clause aménagée) ; (c) dédier une poche multidevises à un enfant expatrié. Sur le sujet, notre guide « peut-on avoir plusieurs contrats luxembourgeois ? » fait le tour de la question.
La vraie façon de doublerl'abattement de chaque enfant existe, en revanche : elle passe par les deux parents.
Souscription croisée des deux parents : 305 000 € par enfant
L'abattement de 152 500 € étant accordé par assuré, un couple dispose d'un levier évident : que chaque parent ouvre son propre contrat. Le père souscrit le sien, la mère le sien, et chacun désigne les enfants bénéficiaires. Chaque enfant cumule alors 2 × 152 500 = 305 000 € transmis hors taxation — un abattement au titre de chaque parent.
Cas chiffré — Marc & Sophie, mariés, 2 enfants
Marc ouvre son contrat luxembourgeois de 305 000 €, Sophie le sien, de 305 000 € également (primes avant 70 ans). Chacun désigne les deux enfants à parts égales.
| Source | Reçu par enfant | Abattement 990 I | Taxable | Droits |
|---|---|---|---|---|
| Contrat de Marc | 152 500 € | − 152 500 € | 0 € | 0 € |
| Contrat de Sophie | 152 500 € | − 152 500 € | 0 € | 0 € |
| Total par enfant | 305 000 € | − 305 000 € | 0 € | 0 € |
Résultat : 610 000 € transmis aux deux enfants, 0 € de droits. À l'inverse, si ces 610 000 € avaient été logés sur le seul contrat de Marc, chaque enfant aurait reçu 305 000 €, soit 152 500 € taxables à 20 % = 30 500 € par enfant, 61 000 € au total. Deux contrats au lieu d'un, et la facture disparaît.
Le réflexe de couple : deux contrats, un par parent
Ne concentrez pas tout le capital transmissible sur un seul contrat d'un seul parent. Pour un couple marié ou pacsé, répartir les avoirs sur deux contrats(un par assuré) est le moyen le plus simple de doubler l'abattement de chaque enfant. Et si vous voulez encore franchir un cran de génération, un grand-parent assuré ouvre un abattement supplémentaire : voyez transmettre à ses petits-enfants.
L'assurance vie n'est cependant qu'une des deux enveloppes en jeu. La seconde, le reste du patrimoine, dispose de son propre abattement — et il reste intact.
Cumuler avec l'abattement de 100 000 € (droit commun)
Rappelons le principe civil, décisif ici : le capital d'assurance vie est hors succession (art. L. 132-12 du Code des assurances). Il forme une enveloppe distincte. Conséquence directe : l'abattement successoral de 100 000 € par enfant et par parent (article 779 du CGI) n'est pasentamé par l'assurance vie — il reste entièrement disponible sur le reste du patrimoine (immobilier, comptes, portefeuilles titres, parts de société).
Deux enveloppes, deux abattements : le double levier
Pour un enfant et un parent : 152 500 €via l'assurance vie (990 I) + 100 000 € sur le reste (art. 779) = 252 500 € transmis hors droits. Avec les deux parents(souscription croisée sur l'AV et double abattement successoral) : ≈ 505 000 € par enfantpeuvent passer sans droits. En rendez-vous, je peux compter sur les doigts d'une main les couples qui arrivent en connaissant déjà ce chiffre.
Deux garde-fous, tout de même. D'abord, si vous avez gratifié vos enfants par donation il y a moins de 15 ans, l'abattement de 100 000 € de l'article 779 n'est pas revenu à plein : il se reconstitue tous les 15 ans (art. 784). Ensuite, au-delà des abattements, le barème des droits de succession en ligne directe (art. 777) s'échelonne de 5 % à 45 %. Pour articuler donations et assurance vie dans le temps, notre guide anticipation successorale détaille la séquence optimale.
Encore faut-il que la clause désigne bien les enfants : j'ai vu un dossier où les 152 500 € par enfant partaient en fumée à cause d'une clause « à mon conjoint » recopiée telle quelle de l'ancien contrat.
Rédiger la clause bénéficiaire pour servir les enfants
La clause bénéficiaireest le document qui décide de tout : qui reçoit, dans quelle proportion, avec quel abattement (art. L. 132-8 du Code des assurances). Une clause bâclée peut réduire à néant le levier des 152 500 € par enfant. Avant de valider une clause, je vérifie toujours trois choses : à qui, dans quelle proportion, et si le mot « représentés » y figure.
L'erreur n°1 : tout donner au conjoint
Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont déjà totalement exonérésde droits (art. 796-0 bis du CGI, loi TEPA du 21 août 2007), en 990 I comme en 757 B. Les désigner seuls bénéficiaires ne fait donc économiser aucun impôt — et cela gaspilleles abattements de 152 500 € des enfants, qui ne se déclencheront qu'au second décès, sur un capital souvent réduit. Pour arbitrer conjoint et enfants, voyez notre guide transmettre à son conjoint.
Le modèle-type pour les enfants
La formulation de référence est : « mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales, à défaut mes héritiers ». La mention « représentés » est cruciale : elle fait remonter la part d'un enfant prédécédé à ses propres enfants (vos petits-enfants), au lieu de la répartir sur les autres. La rédaction complète de la clausemérite d'être passée au crible.
La clause démembrée : protéger le conjoint sans léser les enfants
Pour concilier protection du conjoint et transmission aux enfants, la clause démembréeest l'outil de référence : usufruit au conjoint survivant (qui perçoit et gère les capitaux, exonéré) et nue-propriété aux enfants. Usufruitier et nus-propriétaires sont réputés bénéficiaires au prorata de leurs droits, calculés selon le barème de l'article 669 du CGI(en fonction de l'âge de l'usufruitier) ; l'abattement de 152 500 € se répartit entre eux. La mécanique complète est dans notre guide démembrement de clause bénéficiaire.
Une vigilance pour finir : tant qu'aucun bénéficiaire n'a acceptéla clause (art. L. 132-9), vous pouvez la modifier librement. L'acceptation la fige ; avant toute signature d'un enfant majeur, mesurez-en la portée (voir acceptation et renonciation).
Et après 70 ans ? Le régime 757 B côté enfants
À partir de votre 70ᵉ anniversaire, les nouvelles primesne relèvent plus du 990 I mais de l'article 757 B. Le régime change, mais votre contrat ne perd pas son intérêt pour vos enfants — à condition d'en comprendre la logique.
Le piège classique : ne pas confondre 990 I et 757 B
Ce ne sont pas deux régimes « au choix », mais deux régimes déclenchés par votre âge au moment du versement. Les primes versées avant 70 ans relèvent du 990 I (152 500 € par enfant, primes etproduits dans l'assiette). Celles versées après 70 ans relèvent du 757 B (abattement global de 30 500 €, seules les primes taxées, produits exonérés). Un même contrat peut donc porter les deux régimes à la fois, prime par prime : ne dites jamais « mon contrat est en 990 I », mais « telle prime l'est ». D'où l'intérêt de tracer la date de chaque versement.
Sous le 757 B : abattement global de 30 500 € (un seul, partagé entre les bénéficiaires taxables au prorata, tous contrats confondus), seules les primes versées après 70 ans sont taxées — les produits (intérêts, plus-values) sont exonérés, sans plafond— puis application du barème des droits de succession (art. 777). Bonne nouvelle : cet abattement de 30 500 € se cumuleavec les 100 000 € par enfant de l'article 779.
| Critère | Article 990 I (avant 70 ans) | Article 757 B (après 70 ans) |
|---|---|---|
| Abattement | 152 500 € par enfant bénéficiaire | 30 500 € global (partagé entre taxables) |
| Assiette taxable | Capital transmis (primes + produits) | Primes seules (produits exonérés) |
| Taux | 20 % puis 31,25 % | Barème ligne directe (art. 777), 5 % à 45 % |
| Cumul avec les 100 000 € (art. 779) | Oui (enveloppe distincte) | Oui |
Cas chiffré — Robert, 73 ans, 2 enfants
Robert a versé 300 000 € de primes après 70 ans sur son contrat luxembourgeois, qui vaut 380 000 € au décès (soit 80 000 € de produits). Ses deux enfants sont bénéficiaires.
| Étape | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Produits exonérés | Hors assiette 757 B | − 80 000 € |
| Assiette 757 B | Primes après 70 ans | 300 000 € |
| Abattement global | Article 757 B | − 30 500 € |
| Base (2 enfants) | 269 500 € ÷ 2 | 134 750 € / enfant |
| Abattement personnel | Art. 779 (100 000 € / enfant, si disponible) | − 100 000 € |
| Base taxable / enfant | Barème ligne directe (art. 777) | 34 750 € |
| Droits / enfant | 34 750 × 20 % − 1 806 | ≈ 5 144 € |
| Total 2 enfants | 2 × 5 144 € | ≈ 10 288 € (taux effectif 2,7 %) |
Pour Robert, la note tombe à 10 288 €, soit un taux effectif de 2,7 % : le 757 B reste efficace, produits exonérés et double abattement à l'appui. Le principe demeure toutefois : verser avant 70 ansouvre 152 500 € par enfant, contre 30 500 € global à partager après 70 ans — et sur des capitaux plus élevés, l'écart devient sans commune mesure. Le calcul suppose ici que l'abattement de 100 000 € n'a pas déjà été consommé par le reste de la succession. Tout le régime des primes après 70 ans est détaillé dans notre guide sur l'article 757 B.
Avantager ou léser un enfant : les limites à connaître
L'assurance vie permet de gratifier davantage un enfant, mais elle ne permet pas de déshériter un réservataire. Deux garde-fous encadrent la liberté du souscripteur.
D'abord, la loi applicable : pour un résident fiscal français, c'est la loi de la résidence habituelle du défunt qui régit la succession (Règlement européen 650/2012, art. 21), soit la loi française — et donc la réserve héréditaire, qui garantit à chaque enfant une part minimale. Le contrat luxembourgeois n'y échappe pas plus qu'un contrat français.
Primes manifestement exagérées : le second garde-fou
Le capital d'assurance vie échappe en principe au rapport et à la réduction (art. L. 132-13 du Code des assurances). Mais si les primes sont « manifestement exagérées »eu égard à l'âge, à la situation patrimoniale et familiale et à l'utilité du contrat (appréciées au jour du versement — Cass. ch. mixte, 23 novembre 2004), elles peuvent être réintégréesà la succession à la demande des héritiers réservataires. Seules les primes jugées excessives sont reprises, jamais l'intégralité du capital.
En pratique, je déconseille de placer au bénéfice d'un seul enfant plus que ce que le reste du patrimoine permettra de rééquilibrer entre les autres : un père qui loge 600 000 € sur la tête d'un seul de ses trois enfants s'expose à une action des deux autres. L'assurance vie sert à répartir et anticiper, pas à écarter un enfant. Le sujet, sensible, est traité à fond dans notre guide réserve héréditaire et assurance vie luxembourgeoise.
Enfants expatriés, territorialité et déclaration
De plus en plus de familles ont un enfant installé à l'étranger. Le contrat luxembourgeois est un atout dans ce cas — mais deux points appellent de la vigilance.
La territorialité (art. 750 ter du CGI).Le prélèvement du 990 I s'applique lorsque l'assuré-défunt est domicilié en France (patrimoine mondial) ou lorsque le bénéficiaire est résident français et l'a été au moins 6 ans sur les 10 dernières années. Un enfant parti récemment reste donc, le plus souvent, dans le champ français.
Enfant non-résident : attention à la double imposition
Le prélèvement de l'article 990 I est un prélèvement sui generis, non couvert par les conventions fiscales en matière de successions. Un même capital transmis à un enfant expatrié peut donc être taxé deux fois : en France (990 I) et dans son pays de résidence. À anticiper impérativement ; voyez nos guides succession internationale et AVL pour expatriés.
L'atout luxembourgeois pour une famille internationale : le multidevises(l'enfant peut être servi en USD, GBP ou CHF), la portabilité du contrat et une neutralité fiscale reconnue dans de nombreux pays d'accueil. Enfin, un rappel de transparence : l'assurance vie luxembourgeoise n'est pas anonyme. Le souscripteur résident la déclare chaque année (formulaire 3916 / 3916 bis, art. 1649 AA du CGI), et l'échange automatique d'informations (CRS) la transmet au fisc français. Au décès, les produits des unités de compte supportent les prélèvements sociaux de 17,2 %(CSS art. L. 136-7). Autrement dit : le contrat reste discret vis-à-vis des tiers, jamais invisible pour l'administration fiscale.
Mentions légales et conformité
Hagnéré Patrimoine — SAS immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291, en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF, membre de la CNCEF Patrimoine), courtier d'assurance (COA) et courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP). Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La fiscalité présentée est celle en vigueur en 2026 (LF 2026, LFSS 2026) et peut évoluer. Les contrats en unités de compte comportent un risque de perte en capital. Pour une stratégie adaptée à votre famille, réservez un bilan patrimonial au cabinet. Dernière mise à jour : 6 juillet 2026.
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