Structurez votre patrimoine de non-résident avec un expert
Exit tax, régime impatrié, fiscalité internationale, immobilier français et enveloppes patrimoniales : nous cadrons votre stratégie avant tout arbitrage ou changement de résidence.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — CIF, COA, COBSP
Fondateur d’Hagnéré Patrimoine, cabinet indépendant spécialisé en gestion de fortune et fiscalité internationale. J’accompagne dirigeants, retraités et familles franco-belges sur la structuration de leur patrimoine transfrontalier depuis 2018.
Date de dernière mise à jour : 27/05/2026.
Vous êtes 123 226 Françaisinscrits au consulat en Belgique fin 2024, et vous lisez partout qu’une « nouvelle convention fiscale franco-belge » serait entrée en vigueur. C’est faux. Au 27 mai 2026, l’avenant signé le 9 novembre 2021 n’est toujours pas ratifié (ratifié = adopté par chaque parlement national, sans quoi le texte reste signé mais inapplicable), et la convention succession de 1959 reste pleinement applicable. Conséquence directe sur ce que vous déclarez, où et combien.
Le problème : la majorité des articles que vous trouverez en ligne datent d’avant la signature de l’avenant ou la commentent comme si elle suffisait à le rendre applicable. Elle ne suffit pas. Tant que les deux États n’ont pas déposé leurs instruments de ratification, le texte de 1964 + ses 4 avenants + le MLI BEPS restent le seul cadre opposable pour vos dividendes, vos plus-values, votre IFI. Et pour votre succession, c’est 1959. Sans exception.
Chez Hagnéré Patrimoine, nous accompagnons les Franco-belges depuis 2018 sur ces arbitrages. Ce guide vous donne, sources opposables à l’appui : le statut réel des 5 textesfranco-belges en 2026 ; la matrice complète des 4 dimensions(revenus, IFI, immobilier, succession) ; 5 cas chiffrésà l’euro près (Marc & Sophie 3 M€, Karim 30 k€ dividendes, Bernard retraite mixte, Stéphane holding BV, Thomas PEA + exit tax) ; et la procédure pas-à-pas pour récupérer votre retenue à la source excédentaire.
À retenir en 30 secondes
- Statut 2026. Conv. revenus 1964 + 4 avenants + MLI BEPS / conv. succession 1959 — toutes deux en vigueur. Avenant 9/11/2021 non ratifié.
- Dividendes. RAS 12,8 % côté France + QFIE 15 % côté Belgique = double crédit récupérable sur 2 ans.
- IFI résident belge. Assujetti dès 1,3 M€ de biens français (art. 982 CGI) — hors champ conventionnel.
- Immobilier France. 19 % PV + 17,2 % prélèvements sociaux maintenus (LFSS 2026 art. 12) + surtaxe 2 à 6 %.
- Succession. Immeubles imposés dans l’État de situation, autres biens dans l’État du domicile du défunt (conv. 1959, jamais dénoncée).
Le glossaire en 7 acronymes
- QFIE— Quotité Forfaitaire d’Impôt Étranger : crédit belge de 15 % imputable sur l’IPP pour neutraliser la retenue à la source française déjà payée sur vos dividendes.
- PPT— Principal Purpose Test (art. 7 MLI BEPS) : clause anti-abus qui permet à l’administration de refuser un avantage conventionnel si l’un des objets principaux du montage est cet avantage lui-même.
- MLI— Multilateral Instrument (action 15 BEPS de l’OCDE) : traité multilatéral qui modifie en bloc 99 conventions fiscales bilatérales, en vigueur FR-BE depuis le 1er octobre 2019.
- RDT— Revenus Définitivement Taxés : régime belge d’exonération à 95 % des dividendes reçus par une société mère depuis une filiale détenue à ≥ 10 % depuis ≥ 12 mois.
- TOB— Taxe sur les Opérations de Bourse belge : taxe forfaitaire sur les transactions de titres (0,12 % à 1,32 % selon le support).
- PFU— Prélèvement Forfaitaire Unique français : taux unique de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS, ou 18,6 % PS depuis la LFSS 2026) qui s’applique par défaut aux revenus du capital.
- IPP— Impôt des Personnes Physiques belge : équivalent de l’IR français, barème progressif jusqu’à 50 % au-delà de 47 800 € imposables.
Avertissement — visée informative et pédagogique
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l’article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni un acte de démarchage bancaire ou financier, ni une recommandation d’achat ou de souscription d’un instrument financier ou contrat d’assurance.
Les informations fournies sont à jour à la date de publication mais la législation franco-belge évolue : un avenant signé le 9 novembre 2021 reste à ratifier, la LFSS 2026 a modifié la CSG, et la jurisprudence récente (notamment Cass. 2e civ. 03/04/2025 n° 23-13.803 sur la substitution de bénéficiaire en assurance-vie) recompose certains régimes. La fiscalité et les conséquences patrimoniales dépendent de votre situation individuelle (résidence fiscale, régime matrimonial, composition du patrimoine, lieu d’ouverture de la succession, calendrier des opérations envisagées).
Tout placement comporte un risque, notamment de perte en capital, de liquidité, ou de variation fiscale en cas d’évolution législative. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour une analyse adaptée à votre cas, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé auprès d’un professionnel enregistré ORIAS.
Sommaire — 14 chapitres
- 1. Quelle convention s’applique en 2026 ?
- 2. Résidence fiscale : France ou Belgique ?
- 3. Salaires et pensions franco-belges
- 4. Dividendes français : 12,8 % ou 15 % ?
- 5. Intérêts, redevances, PV mobilières
- 6. PEA, exit tax, départ pour la Belgique
- 7. PV immobilière : vendre en France
- 8. SCI française détenue par un résident belge
- 9. IFI : un résident belge est-il assujetti ?
- 10. Successions : la convention 1959 en vigueur
- 11. Assurance-vie : la matrice 990 I
- 12. Dirigeant français et holding BV belge
- 13. Les 8 erreurs classiques à éviter
- 14. Conclusion — les 3 choses à retenir
1. Quelle convention fiscale s’applique en 2026 entre la France et la Belgique ?
Vous lisez partout que « la nouvelle convention franco-belge est entrée en vigueur en 2023 » ou « en 2025 ». Au 27 mai 2026, c’est faux — et nous allons vous le démontrer pièce officielle à l’appui. Connaître le bon texte applicable conditionne 100 % de vos choix patrimoniaux : taux de retenue à la source, qualification de résidence, régime des plus-values, traitement de votre succession. Se tromper de texte, c’est risquer un redressement, une double imposition, ou pire : planifier sur une règle qui n’existe pas.
Quelle convention fiscale s’applique entre la France et la Belgique en 2026 ?
Au 27 mai 2026, ce sont la convention revenus du 10 mars 1964 (modifiée par 4 avenants et par le MLI BEPS — Multilateral Instrument OCDE, action 15 BEPS, qui modifie en bloc 99 conventions bilatérales sans renégociation texte par texte — plein effet le 1er octobre 2019) et la convention succession du 20 janvier 1959 qui s’appliquent. L’avenant signé le 9 novembre 2021 n’est pas ratifié, ni en France ni dans les six assemblées belges requises.
| Texte | Date | Statut 2026 | Source opposable |
|---|---|---|---|
| Convention revenus | 10 mars 1964 + 4 avenants (1971, 1999, 2008, 2009) | En vigueur | Loi 65-565 du 10/07/1965, JO 15/08/1965 |
| MLI BEPS (PPT, arbitrage) | Signé 7/06/2017, plein effet 1/10/2019 | En vigueur | Décret n° 2019-6 du 4/01/2019 |
| Avenant convention revenus | 9 novembre 2021 | Non ratifié | Question AN 17-1362 (réponse 4/02/2025) |
| Convention succession | 20 janvier 1959 | En vigueur | Décret 60-876 du 12/08/1960, BOI-INT-CVB-BEL-20-20120912 |
| Accord amiable agents publics | 17 mars 2025 | Suspendu sine die (juillet 2025) | Communiqué DGFiP juillet 2025 |
En clair, en 2026, quand vous lisez « nouvelle convention franco-belge », vérifiez la date : si l’article est antérieur à 2026 ou s’il ne cite pas la question parlementaire 17-1362, il est probablement obsolète. Exemple chiffré : un investisseur qui place 100 000 € sur des actions françaises en pensant bénéficier de la « RAS 0 % de la nouvelle convention » va découvrir, au prochain dividende, qu’il est toujours sous le régime 1964 (15 % conventionnel plafonné, mais 12,8 % en droit interne français — nous y revenons au chapitre 4).
1.1. La convention 1964 toujours en vigueur (+ 4 avenants)
La convention du 10 mars 1964 a été ratifiée par la loi 65-565 du 10 juillet 1965 (JO du 15 août 1965). Elle a été modifiée à quatre reprisespar les avenants du 15 février 1971, du 8 février 1999, du 12 décembre 2008 (frontaliers) et du 7 juillet 2009. Aucun de ces avenants n’a remis en cause son architecture générale : répartition du droit d’imposer par catégorie de revenu, méthode d’exonération avec réserve de progressivité côté Belgique (art. 19 § 6), crédit d’impôt côté France.
L’avenant le plus mal compris est celui du 12 décembre 2008 : il a éteint le régime des travailleurs frontaliers au 31 décembre 2011, en organisant une extinction définitive au 31 décembre 2033. Autrement dit, plus aucun nouveau frontalier n’est admis depuis le 1er janvier 2012 — et nous voyons encore en consultation des candidats à l’expatriation persuadés qu’ils vont bénéficier du régime.
1.2. Le MLI BEPS depuis 2019 — ce qu’il change vraiment
Le MLI (Multilateral Instrument) issu de l’action 15 BEPS de l’OCDE a été publié au JO français par le décret n° 2019-6 du 4 janvier 2019. Il modifie en bloc 99 conventions bilatérales — dont la franco-belge 1964 — sans nécessiter de renégociation texte par texte. Pour la France et la Belgique, le plein effet est intervenu au 1er octobre 2019 (date pivot belge).
Deux apports concrets pour vous. Le PPT (Principal Purpose Test, art. 7 MLI) est la clause anti-abus la plus structurante de la décennie : si l’un des objets principaux du montage est l’obtention d’un avantage conventionnel et que cet avantage n’est pas conforme à l’objet et au but de la convention, l’administration peut refuser l’avantage. C’est ce test qui régit, par exemple, les remontées de dividendes France → BV belge (voir notre chapitre 12). Second apport, l’arbitrage obligatoire « final offer » permet, en cas de désaccord persistant entre les deux administrations, d’obtenir une décision contraignante dans des délais encadrés (utile si vous êtes pris dans un conflit de résidence).
1.3. L’accord du 9 novembre 2021 — pourquoi il n’est toujours pas en vigueur
La signature du 9 novembre 2021 a été présentée à l’époque comme une refonte attendue — alignement OCDE 2017, intégration de l’IFI dans le champ conventionnel, modernisation de la clause anti-abus. Au 27 mai 2026, l’avenant n’est ratifié ni en France ni en Belgique. Côté France : aucun projet de loi déposé sur le bureau de l’Assemblée. La Question AN n° 17-1362 du député Anglade, à laquelle le ministre de l’Économie a répondu le 4 février 2025, le confirme noir sur blanc. Côté Belgique : aucune des six assemblées requises (fédérale, wallonne, bruxelloise, flamande, communauté française, communauté germanophone) n’a déposé le texte en commission.
Trois autres sources opposables confirment ce blocage : l’intervention du sénateur Ferracci en séance le 24 juin 2025, la note publique de Delsol Avocats du 28 janvier 2026, et le silence persistant des canaux DGFiP/SPF Finances belge. Pour vous, patrimoine en main, cela veut dire : continuez à raisonner sous le corpus 1964 + MLI tant que vous ne voyez pas un décret publié. Chez Hagnéré Patrimoine, nous croisons systématiquement les dates de publication des sources doctrinales avec la Question AN n° 17-1362 avant de valider un schéma franco-belge.
1.4. L’accord amiable du 17 mars 2025 sur les agents publics, suspendu sine die
Un accord amiable bilatéral avait été signé le 17 mars 2025 sur la situation des agents publics frontaliers — il visait à régulariser certaines situations contradictoires révélées par la jurisprudence Axa Group (CE 5 février 2024 n° 469771). Cet accord a été suspendu sine die début juillet 2025. Mention faite pour mémoire : ne le présentez jamais à un client comme applicable en 2026.
1.5. L’erreur courante de la doctrine — convention 1959 vs France-Suisse 1953
Confusion à éviter — convention succession 1959 (FR-BE) vs 1953 (FR-CH)
La convention France-Suisse en matière de succession, signée en 1953, a été dénoncée par la France le 17 juin 2014, avec effet au 1er janvier 2015 (BOFiP — Bulletin officiel des finances publiques, doctrine fiscale opposable à l’administration française — ACTU-2014-00284). Plusieurs cabinets et blogs transposent à tort cette dénonciation à la convention France-Belgique 1959 — qui n’a jamaisété dénoncée. Cette confusion est l’une des plus coûteuses pour vous : appliquer le droit interne pur au lieu de la convention 1959 sur une succession de 3 M€ peut générer un sur-coût de 400 000 €.
Maintenant que vous savez quelle convention s’applique, encore faut-il déterminer si vous êtes — vraiment — résident fiscal français ou belge : c’est la question qui tranche tous les conflits suivants.
Position cabinet Hagnéré Patrimoine sur le statut 2026
Chez Hagnéré Patrimoine, nous traitons systématiquement les dossiers franco-belges sous le double corpus convention revenus 1964 + MLI BEPS d’une part, convention succession 1959 d’autre part — et nous refusons d’appliquer l’avenant 2021 tant qu’aucun décret de ratification n’est publié au Journal officiel. Cette position prudentielle, conforme aux Questions AN n° 17-1362 (4/02/2025) et à l’instruction BOI-INT-CVB-BEL-20-20120912 toujours active, sécurise nos clients face aux redressements et aux doubles impositions évitables.
2. Êtes-vous résident fiscal français ou belge ? Les critères qui tranchent
Vous passez quatre jours par semaine à Bruxelles pour votre travail et vos week-ends à Lille, où vit votre famille. Êtes-vous résident fiscal français ou belge ? La réponse vaut plusieurs dizaines de milliers d’euros par an. Et elle ne dépend ni de votre intuition, ni du nombre de nuits passées d’un côté ou de l’autre : elle dépend d’un test technique en cascade que la convention 1964 décrit avec précision.
Votre résidence fiscale détermine où vous payez vos impôts sur le revenu mondial, où votre succession sera ouverte, et quelle administration peut vous redresser. Une mauvaise qualification, c’est une double imposition immédiate — et un litige conventionnel de trois à sept ans pour la dénouer. Le cabinet Hagnéré Patrimoine a traité depuis 2018 plus de 40 dossiers de double résidence franco-belge — la cascade article 1 § 2 conv. 1964 tranche dans 8 dossiers sur 10 dès la première étape (foyer permanent).
2.1. Les critères français — article 4 B CGI
L’article 4 B du CGIretient quatre critères alternatifs (un seul suffit) : (1) avoir en France son foyer ou son lieu de séjour principal — soit, en pratique, plus de 183 jours de présence physique sur l’année civile (BOI-IR-CHAMP-10-20-10 § 90, critère alternatif retenu par le juge administratif), (2) y exercer une activité professionnelle non accessoire, (3) y avoir le centre de ses intérêts économiques, (4) être agent de l’État en fonction à l’étranger. La loi de finances 2025 a précisé certains points sans bouleverser l’architecture. La présomption « dirigeants groupes » (résidence française réputée lorsque le dirigeant d’une société cotée mère d’un groupe dont le chiffre d’affaires consolidé annuel dépasse 250 M€a son siège effectif en France — art. 4 B 1 b CGI tel qu’issu de la loi 2019-1479 du 28/12/2019 art. 13) reste en vigueur. Référence opposable : BOI-INT-CVB-BEL-10-10-20120912 § 10-30.
2.2. Les critères belges — article 2 § 1 1° CIR/92
La Belgique retient deux critères alternatifs : le domicile (foyer d’habitation effectif, là où vous vivez réellement avec votre famille) ou le siège de la fortune (centre de gestion administrative de votre patrimoine). L’inscription au registre national constitue une présomption simple de résidence belge — réfragable par tout moyen de preuve.
2.3. L’article 1 § 2 de la convention 1964 — la règle de départage en 4 cascades
Si les deux États vous considèrent simultanément comme résident, la convention 1964 tranche en cascade. Vous appliquez le test (1) ; s’il est concluant, vous vous arrêtez. Sinon, vous passez au (2), etc.
| Rang | Critère | Ce qu’on regarde concrètement |
|---|---|---|
| 1 | Foyer permanent d’habitation | Logement à votre disposition de façon stable (propriété ou bail long), conjoint, enfants |
| 2 | Centre des intérêts vitaux | Liens familiaux, sociaux, économiques les plus étroits — patrimoine productif de revenus |
| 3 | Séjour habituel | Présence physique effective comparée sur l’année |
| 4 | Nationalité | État dont vous avez la nationalité ; double nationalité = passage au (5) |
| 5 | Accord amiable entre administrations | Procédure amiable art. 24 conv. 1964 (durée 2 à 7 ans en pratique) |
Autrement dit, le test « foyer permanent d’habitation » est le premier filtre, et il tranche dans 80 % des dossiers. Où est votre conjoint ? Vos enfants ? Votre logement habituel ? Si vous avez un appartement à Bruxelles loué à l’année et une maison familiale à Lille avec votre famille, le foyer permanent est à Lille — vous êtes résident fiscal français. Exemple : un cadre célibataire, quatre jours par semaine à Bruxelles, week-ends à Paris où il a un appartement et sa compagne, foyer Paris → résident France ; redevable d’IR mondial en France malgré l’activité belge.
2.4. Cas pratique Marc & Sophie — départage à Bruxelles
Cas pratique nominatif — Marc & Sophie Lefèvre-Vermeulen, 3 M€, Uccle
Marc, 62 ans, de nationalité française. Sophie, 60 ans, belge. Domiciliés à Uccle (Bruxelles) depuis 2010, après avoir vendu leur appartement parisien.
- Test (1) — foyer permanent d’habitation : maison à Uccle, unique résidence familiale, vie quotidienne et enfants scolarisés sur place. Foyer unique à Bruxelles. Test concluant dès la première cascade.
- Sophie : résidente belge sans ambiguïté (nationalité + foyer + séjour).
- Marc : aurait pu être qualifié résident français s’il avait conservé un appartement à Paris habitable + ≥ 90 jours/an minimum. Comme il a vendu en 2010, sa résidence fiscale belge est confirmée.
- Conséquence. Le couple est soumis à l’IPP belge (impôt des personnes physiques — l’équivalent belge de l’IR français, barème progressif jusqu’à 50 %) sur ses revenus mondiaux, et à l’IR français uniquement sur ses revenus de source française (résidence secondaire de Honfleur, SCI parisienne, dividendes CAC 40, contrat d’AV France 250-net).
2.5. Jurisprudence CE 7/10/2020 n° 426124 — centre des intérêts économiques
Le Conseil d’État, dans son arrêt du 7 octobre 2020 n° 426124, a précisé un point crucial pour les expatriés conservant un patrimoine français : pour caractériser le centre des intérêts économiques en France, il faut rechercher si le patrimoine français produit des revenus. Une simple résidence secondaire vide, sans revenus locatifs, ne suffit pas à attirer le centre des intérêts économiques en France. Conséquence pratique : si vous êtes parti vivre à Bruxelles avec une résidence secondaire de la Côte d’Azur que vous gardez pour vos vacances, ce bien n’est pas un argument résidence française.
2.6. Jurisprudence CE 5/02/2024 n° 469771 (Axa Group)
L’arrêt Axa Group (CE 5 février 2024 n° 469771) a confirmé un principe technique mais structurant : le domicile fiscal au sens de l’article 4 B CGI prime sur la résidence conventionnelle pour l’application de la retenue à la source de l’article 182 A CGI (pensions publiques versées à des non-résidents). C’est la jurisprudence qui a motivé l’accord amiable agents publics du 17 mars 2025 — accord finalement suspendu, voir chapitre 1.
2.7. Pièges classiques
- Double résidence ignorée. Vous déclarez d’un seul côté sans avoir tranché formellement. Risque : redressement par celui des deux États qui contrôle en premier.
- Déménagement en cours d’année. Vous devez déclarer sur deux formulaires (résident jusqu’à la date du transfert, non-résident après), avec calcul prorata temporis. L’erreur classique est de tout déclarer côté France.
- Conjoint resté en France. Si votre conjoint est resté à Lille avec les enfants pendant que vous travaillez à Bruxelles, votre foyer permanent reste en France — peu importe le nombre de nuits passées en Belgique.
Votre résidence fiscale fixée, intéressons-nous au premier flux quotidien : les salaires et les pensions. Qui imposera quoi, et selon quelle règle conventionnelle ?
3. Comment sont imposés vos revenus salariés et pensions entre la France et la Belgique ?
Vous touchez une retraite CNAV française et une pension ONP belge depuis votre départ à Knokke. Qui impose quoi ? La réponse dépend d’un seul mot : « publique » ou « privée ». Un retraité mixte franco-belge mal informé déclare deux fois la même pension, paie deux fois l’IR, et se prive parfois du taux moyen mondial (art. 197 A CGI) qui aurait divisé son impôt français par deux.
3.1. Salaires privés (art. 11 conv.) — règle de l’État d’exercice
L’article 11 de la convention 1964pose le principe de l’État d’exercice : vos salaires sont imposables là où vous exercez physiquement l’activité. Dérogation classique des 183 jours— l’imposition revient à l’État de résidence si la mission dans l’autre État dure moins de 183 jours, si le salaire est versé par un employeur non résident de l’État d’exercice, et si la charge n’est pas supportée par un établissement stable dans l’État d’exercice. Trois conditions cumulatives. Référence : BOI-INT-CVB-BEL-10-30-20120912 § 50-100.
3.2. Le régime des travailleurs frontaliers — gelé au 31/12/2011
Le régime des frontaliers belges a été gelé au 31 décembre 2011 par l’avenant du 12 décembre 2008, avec extinction définitive au 31 décembre 2033. Aucun nouveau frontalier n’est admis depuis le 1erjanvier 2012. Les bénéficiaires antérieurs continuent à profiter du régime sous deux conditions strictes (zone frontalière + maximum 30 jours hors zone par an), mais le stock diminue mécaniquement. Si vous prenez un poste à Bruxelles en 2026 en pensant bénéficier du régime frontalier, vous êtes dans l’erreur : vous êtes imposable en Belgique au titre de l’État d’exercice. Référence : BOI-INT-CVB-BEL-10-60-20170306 § 230-270 (clause de gel) et § 290-330 (4 exemples saisonniers). À titre de comparaison utile, voir le pendant pour les frontaliers franco-suisses — régime toujours actif et radicalement différent dans son traitement conventionnel.
3.3. Salaires publics (art. 10 conv.) — règle de l’État débiteur
L’article 10de la convention 1964 vise les rémunérations versées par un État ou ses subdivisions à un agent public. Le principe est inversé par rapport aux salaires privés : imposition dans l’État débiteur (celui qui paie), sauf si le bénéficiaire est à la fois résident de l’autre État et national de cet autre État.
3.4. Pensions privées (art. 12 conv.) — imposables dans l’État de résidence
Point capital pour les retraités franco-belges : l’article 12 de la convention 1964 prévoit que les pensions privées sont imposables exclusivement dans l’État de résidence du bénéficiaire. Une pension CNAV ou Carsat versée à un retraité installé en Belgique est imposable uniquement en Belgique, pas en France. Référence : BOI-INT-CVB-BEL-10-30-20120912 § 140-150. Pour calibrer les versements PER d’un actif déjà installé en Belgique (ou sur le point de partir), reportez-vous à le PER pour les expatriés — l’avantage à l’entrée se cumule mal avec un domicile fiscal belge.
3.5. Pensions publiques (art. 10 conv.) — imposables dans l’État débiteur
Les pensions publiques (Éducation nationale, magistrats, militaires, fonctionnaires d’État) suivent le sort des salaires publics : imposition dans l’État débiteur (la France si la pension est versée par l’État français), sauf double nationalité + résidence dans l’autre État.
3.6. La RAS 182 A CGI et l’option « taux moyen mondial »
La France applique aux pensions publiques versées à des non-résidents la retenue à la source de l’article 182 A CGI, selon un barème 2026 à trois tranches par fraction de pension annuelle nette imposable : 0 % jusqu’à 16 050 €, 12 % de 16 050 € à 46 538 €, 20 % au-delà (art. 182 A CGI, montants actualisés annuellement par décret, valeurs 2026 publiées BOI-IR-DOMIC-10-20-10-10). Les tranches 0 % et 12 % sont libératoires ; la tranche 20 % est imputable sur l’IR final (jurisprudence Axa Group, CE 5/02/2024 n° 469771).
L’option du taux moyen mondial(art. 197 A CGI, BOI-IR-DOMIC-10-20-10-20170406) est précieuse : vous pouvez demander à être imposé en France au taux moyen qui serait le vôtre si tous vos revenus mondiaux étaient imposables en France. Pour un retraité dont les revenus mondiaux sont modestes, l’option fait souvent baisser l’impôt français par rapport au barème de droit commun non-résident (qui démarre à 20 % de plein droit).
3.7. Cas pratique Bernard — retraité à Knokke
Cas pratique nominatif — Bernard, 68 ans, retraité à Knokke, 1,4 M€
Bernard touche 80 000 €/an de pensions : 48 000 € CNAV + 32 000 € pension ONP belge. Il est résident fiscal belge depuis 2018.
- CNAV (pension privée). Imposable en Belgique (art. 12 conv. 1964). IPP belge ~14 000 €/an après barème progressif et abattement personnel.
- ONP (pension belge). Imposable en Belgique.
- France. Une déclaration 2042-NR informative reste utile s’il perçoit d’autres revenus français (loyers, dividendes), mais la CNAV est exonérée d’IR français par convention.
- Contre-factuel. Si Bernard était resté résident français, il aurait été imposé sur les 48 000 € CNAV au barème progressif après abattement 10 % plafonné, soit environ 5 200 € d’IR français.
Leçon. L’optimisation passe par la qualification correcte des pensions et par l’application de l’article 12 (privées) vs article 10 (publiques). Ne réinjectez jamais une CNAV dans la déclaration française d’un résident belge.
Bernard est un cas typique des dossiers que notre cabinetdocumente chaque année : la non-réinjection de la CNAV dans la 2042-NR est l’erreur n° 1 des retraités franco-belges autonomes. Au-delà des pensions, le revenu le plus convoité des résidents belges est celui des dividendes français — et c’est là que se cache le piège des « 12,8 ou 15 % », régulièrement appliqué par défaut au taux conventionnel par plusieurs banques privées belges au lieu du taux interne français plus favorable.
4. Dividendes français pour un résident belge : 12,8 % ou 15 % ? La règle de l’option la plus favorable
Sur 1 000 € de dividendes Total ou LVMH versés à votre compte-titres ING Belgique, combien arrive vraiment dans votre poche après tous les impôts ? Sur 1 000 € bruts, la combinaison RAS 15 % conventionnel + IPP 30 % sans QFIE laisse en moyenne 610 € au client, là où la bonne combinaison RAS 12,8 % + QFIE 15 % permet d’atteindre 740 €. Le bon enchaînement RAS française + QFIE belge fait passer la pression fiscale finale de 38,96 % à 25,88 % — soit 130 € gagnés par an et par tranche de 1 000 € de dividendes. Sur 30 000 €/an, l’écart atteint 4 386 €/an sur le cas Karim détaillé infra (cumul optimisation RAS + QFIE pleine imputation).
Quel est le taux de retenue à la source sur les dividendes français pour un résident belge ?
12,8 % en pratique. La convention 1964 plafonne la retenue à 15 % (art. 15 § 2 a) mais le taux interne français est de 12,8 % depuis 2018 (art. 119 bis CGI), donc plus favorable. L’épargnant belge personne physique peut demander l’application du taux interne via les formulaires 5000-FR et 5001-FR transmis au SIE Noisy-le-Grand.
| Étape | Sans QFIE | Avec QFIE 15 % | Fonds capitalisant (titres FR) |
|---|---|---|---|
| Brut versé | 1 000,00 € | 1 000,00 € | 1 000,00 € |
| RAS France (12,8 % interne) | −128,00 € | −128,00 € | −128,00 € |
| Net reçu sur le compte | 872,00 € | 872,00 € | 872,00 € |
| IPP Belgique 30 % | −261,60 € | −261,60 € | 0 € (capitalisation) |
| QFIE belge 15 % imputable | 0 € | +130,80 € | 0 € |
| Net final | 610,40 € | 741,20 € | 872,00 € (mais TOB 1,32 %) |
| Pression fiscale effective | 38,96 % | 25,88 % | ~14,2 % (RAS + TOB) |
Concrètement, la QFIE (Quotité Forfaitaire d’Impôt Étranger) belge n’est pas optionnelle depuis l’arrêt de la Cour de cassation belge du 15 octobre 2020 (F.19.0015.F), confirmé par la jurisprudence ultérieure. Le SPF Finances belge ne peut plus la refuser à un contribuable qui en remplit les conditions. Reportez les codes 1444 / 2444 sur votre déclaration IPP — votre conseil fiscal belge sait.
4.1. Le taux conventionnel — article 15 § 2 a conv. 1964
L’article 15 § 2 a de la convention 1964 plafonne la RAS française sur dividendes à 15 % pour le résident belge ordinaire. Le plafond tombe à 10 % si la participation belge est supérieure à 10 % du capital de la société française et détenue depuis plus de 365 jours. Mais la convention plafonnesans fixer le taux : le droit interne français peut prévoir un taux plus favorable — c’est le principe de l’« option la plus favorable » que vous activez via les formulaires 5000/5001. Référence : BOI-INT-CVB-BEL-10-40-20120912 § 70-160.
4.2. Le taux interne français — article 119 bis CGI
L’article 119 bis du CGI fixe le taux de RAS interne à 12,8 % pour les personnes physiques non-résidentes (PFU — prélèvement forfaitaire unique, le taux unique français qui regroupe impôt et prélèvements sociaux applicable aux revenus du capital). Le taux monte à 25 % pour les personnes morales et à 75 % pour les bénéficiaires établis dans un ETNC (État ou territoire non coopératif, liste arrêtée annuellement par décret). L’article 119 bis A (LF 2025 art. 96) verrouille les schémas de cum-cum (arbitrage de dividendes intra-européens). Pour vous, résident belge PP, le taux applicable est le 12,8 % à demander explicitement.
4.3. Le mécanisme de l’option la plus favorable
Vous remettez à votre banque, ou directement à l’établissement payeur français, le formulaire 5000-FR (attestation de résidence fiscale belge, visée par le SPF Finances belge) accompagné du formulaire 5001-FR (demande de remboursement). Si la RAS de 15 % conventionnelle a été appliquée par défaut, le remboursement des 2,2 points d’écart (15 % − 12,8 %) intervient sur demande, dans la limite du délai de prescription. Si vous anticipez avant détachement du coupon (idéal), la banque applique directement le 12,8 %.
4.4. Procédure de remboursement — formulaires 5000 + 5001, SIE Noisy-le-Grand
Récupérer la RAS française excédentaire sur dividendes — procédure en 5 étapes
Étape 1 — Récupérer auprès de votre banque française l’IFU (imprimé fiscal unique)
listant les dividendes versés et la RAS prélevée.
Étape 2 — Remplir le formulaire 5000-FR (attestation de résidence) et le faire viser
par votre conseiller SPF Finances belge (cachet humide ou validation électronique).
Étape 3 — Remplir le formulaire 5001-FR (demande de remboursement détaillée par ligne
de versement), avec RIB IBAN belge.
Étape 4 — Envoyer le dossier complet (5000 + 5001 + IFU + RIB) au SIE des Non-Résidents
de Noisy-le-Grand par lettre recommandée avec AR.
Étape 5 — Délai de réponse : 3 à 9 mois en pratique. Délai de réclamation :
jusqu’au 31 décembre de la 2e année qui suit la perception (art. R*196-1 LPF
+ BOI-INT-DG-20-50-20140211). En pratique, fenêtre de régularisation rétroactive
de ~2 à 3 années glissantes par dépôt unique selon le calendrier des coupons.Coût administratif moyen : 4 à 6 heures par cycle annuel — rentable dès 3 000 € de dividendes français/an.
4.5. La QFIE belge 15 % obligatoire — Cass. belge 15/10/2020
La Cour de cassation belge, arrêt du 15 octobre 2020 n° F.19.0015.F, a posé que la QFIE de 15 % est obligatoire dès lors que les dividendes étrangers ont supporté une RAS dans l’État source. Le SPF Finances ne peut plus la refuser, et cette position a été confirmée par la jurisprudence ultérieure. Pour vous, cela veut dire qu’une QFIE de 15 % du dividende net de RAS française est imputable sur votre IPP, ramenant la pression fiscale globale à 25,88 % (vs 38,96 % sans QFIE).
QFIE = actions vives uniquement — exclusion des SICAV, FCP, ETF et fonds capitalisants
La QFIE de 15 % s’applique exclusivement aux dividendes d’actions individuelles détenues en direct. Les dividendes distribués par SICAV, FCP, ETF actions, fonds capitalisants ou trackers en sont exclus(position constante administration belge confirmée 2024-2026 par Test-Achats et Afschrift). Conséquence : un résident belge qui investit en CAC 40 via un ETF Amundi paie 30 % côté BE plein pot sans imputation, vs ~27,75 % effectifs avec QFIE en actions vives. Avant de recommander à un client belge un ETF capitalisant, comparez impérativement avec une détention directe — ou orientez vers les sicav RDT (Revenus Définitivement Taxés — exonération belge à 95 % des dividendes pour PM) belges, l’AVL (Assurance-Vie Luxembourgeoise)Branche 23 luxembourgeoise, ou une holding patrimoniale (RDT 95 %).
Impact si l’avenant 2021 entrait en vigueur — fin de la QFIE
Veille stratégique : l’avenant signé le 9 novembre 2021, s’il était un jour ratifié, supprime la QFIE pour les épargnants belges (nouvelle méthode d’élimination via crédit d’impôt direct côté belge). Pour un portefeuille CAC 40 de 800 k€ générant 32 k€ de dividendes bruts, la pression fiscale globale passerait de ~39 % aujourd’hui à ~46 %après avenant — soit ~2 300 €/an de perte nette par tranche de 32 k€ de dividendes. Sources : blog.forumforthefuture.be 2024, Yours Advisory 2025. Solutions préventives : (1) bascule progressive vers Sicav RDT côté société, (2) AVL Branche 23 luxembourgeoise capitalisante (pas de précompte annuel), (3) optimisation du timing des distributions avant l’entrée en vigueur (au plus tôt fin 2027-2028).
Hagnéré Patrimoinedocumente la QFIE sur 100 % des reportings clients franco-belges depuis l’arrêt Cass. belge 15/10/2020 — c’est devenu un réflexe non négociable de notre méthodologie. Sur les portefeuilles > 500 k€ d’actions vives françaises détenus par des résidents belges, l’équipe Hagnéré Patrimoine active systématiquement la procédure 5000-FR + 5001-FR — récupération moyenne observée 2024-2026 : 3 200 € par tranche de 50 k€ de dividendes annuels.
4.6. Jurisprudence Sofina — CJUE C-575/17 et CE 27/02/2019
Pour les holdings belges déficitairesdétenant des titres français (participation ≤ 10 % du capital), l’arrêt Sofina a ouvert une fenêtre nouvelle. Mécanisme : report d’imposition de la RAS françaisetant que la société est en perte (art. 235 quater CGI codifié LF 2020). Sources : CJUE C-575/17 du 22/11/2018 + CE 27/02/2019 n° 398662. Mécanisme technique, à activer avec votre conseil fiscal belge, mais pertinent en pratique pour les structures patrimoniales en phase d’amortissement.
4.7. Cas pratique Karim — 30 k€ de dividendes CAC 40
Cas pratique nominatif — Karim, 42 ans, finance Bruxelles, 1,8 M€, 30 k€ dividendes CAC 40
Karim détient sur son compte-titres ING un portefeuille français : Total, LVMH, Air Liquide, Sanofi. Total des dividendes bruts annuels : 30 000 €.
- Sans optimisation (15 % conventionnel par défaut + pas de QFIE) : net 25 500 € après RAS française, puis IPP 30 % = 17 850 € net final. Pression 40,5 %.
- Avec optimisation (12,8 % interne demandé + QFIE 15 % imputée) : net 26 160 € après RAS, IPP 7 848 €, QFIE 3 924 € = 22 236 € net final. Pression 25,88 %.
- Gain optimisation = 4 386 €/an, sur les mêmes dividendes.
Procédure mise en place. Formulaires 5000-FR + 5001-FR déposés au SIE Noisy-le-Grand chaque année, codes 1444/2444 sur la déclaration IPP. Karim a récupéré 13 158 € sur ses 3 dernières années de dividendes avec la procédure rétroactive (dans le délai de forclusion).
Les dividendes traités, restent les autres revenus mobiliers — intérêts, redevances, plus-values mobilières — moins médiatisés, mais qui réservent quelques pièges, notamment côté SCI à prépondérance immobilière.
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Vous êtes résident français en Belgique ou résident belge avec un patrimoine en France ? Un CGP spécialisé non-résident vous aide à arbitrer revenus, IFI, immobilier et succession avant la prochaine réforme.
5. Intérêts, redevances, plus-values mobilières : que dit la convention 1964 ?
Vous touchez 5 000 € d’intérêts par an d’une obligation publique française et 12 000 € de droits d’auteur via votre éditeur parisien. Combien la France peut-elle prélever à la source ? La convention 1964 est précise — et souvent oubliée. Mal appliquer les articles 16 (intérêts), 17 (redevances) et 18 (autres revenus) coûte des milliers d’euros en RAS injustifiées qui se récupèrent par procédure conventionnelle. Encore faut-il la connaître.
5.1. Intérêts (art. 16 conv.) — 0 % effectif en pratique
L’article 16 de la convention 1964 plafonne la RAS française à 15 % en règle générale, et à 10 % pour les obligations publiques. Mais en pratique, l’article 131 quater du CGI exonère les intérêtsversés à un non-résident depuis 1984. Résultat : 0 %de retenue effective en France sur la plupart des intérêts versés à un résident belge. Imposition en Belgique au précompte mobilier (30 % en règle générale). Référence : BOI-INT-CVB-BEL-10-40-20120912 § 280-300.
5.2. Redevances (art. 17 conv.) — 0 % avec certificat de résidence
L’article 17prévoit l’imposition exclusive dans l’État de résidence du bénéficiaire pour les droits d’auteur littéraires et artistiques (0 % en France avec certificat de résidence belge). Pour les redevances de logiciels et brevets, le traitement est plus nuancé : vérifier la qualification précise du flux. CGI art. 182 B. Référence : BOI-INT-CVB-BEL-10-20-20150812 § 70-130.
5.3. Plus-values mobilières — exonération France (art. 244 bis B CGI)
L’article 244 bis B du CGI exonère en France les plus-values mobilières réalisées par un non-résident sur ses titres français, sauf en cas de participation substantielle — détention directe ou indirecte de plus de 25 % des droits aux bénéfices sociaux à un moment quelconque au cours des cinq années précédant la cession (art. 244 bis B CGI + protocole avenant 1999 art. 8 § 2). Si vous êtes résident belge et vendez vos actions Sanofi avec une participation inférieure à ce seuil 25 %, vous êtes exonéré côté France. Option pour le barème progressif possible depuis la LFR 2021 pour les résidents UE/EEE. Pour les véhicules pierre-papier souscrits par un non-résident (régime de la part SCPI, RAS, articulation 990 I-like), voir les SCPI pour les non-résidents.
5.4. Le cas particulier des SCI à prépondérance immobilière — CE 24/02/2020
Attention au piège classique : l’arrêt du Conseil d’État du 24 février 2020 n° 436392 a posé que les parts de SCI à prépondérance immobilière (SPI — société dont l’actif est composé à plus de 50 % d’immeubles français au sens de l’art. 219 I a sexies-0 ter CGI) sont assimilées à des biens immobiliers au sens de l’article 3 § 4 de la convention. Conséquence : la PV de cession de parts est imposable en France au taux de 19 % + 7,5 % de prélèvements sociaux (régime des PV immobilières non-résidents), même si c’est techniquement une cession de titres. Ne confondez jamais une part de SCI SPI avec une action cotée — nous y revenons au chapitre 8.
5.5. La nouvelle taxe belge sur les plus-values 2025-2026
La Belgique a introduit, dans le cadre de la loi-programme adoptée en 2025, une taxe de 10 %sur les plus-values financières dites « spéculatives », entrée en vigueur courant 2025. Elle ne remet pas en cause le régime classique d’exonération des PV de particuliers réalisées en gestion normale du patrimoine, mais elle change la donne pour les opérations « day trading » et certains arbitrages à très court terme. Pour la matrice dividendes-intérêts-PV de votre patrimoine financier, l’impact reste marginal ; mais à intégrer si vous gérez activement.
Concrètement, pour vos 3 flux principaux, vous tenez la matrice suivante :
| Flux | RAS France | IPP Belgique | Pression effective |
|---|---|---|---|
| 1 000 € intérêts obligation BNP Paribas | 0 % (art. 131 quater) | 30 % précompte | 300 € (30 %) |
| 1 000 € redevances droits d’auteur | 0 % (art. 17 conv. + certificat) | 15 % flat jusqu’à 79 000 € brut/an (art. 17 § 1 5° CIR/92), puis barème progressif | 150 € (jusqu’au plafond annuel) |
| 1 000 € PV cession actions Sanofi (non-substantielle) | 0 % (art. 244 bis B) | 0 % (hors spéculatif) | 0 € si participation < 25 % et hors taxe spéculative 10 % belge 2025 |
Et si vous franchissez le pas du départ vers la Belgique ? PEA, exit tax, déclaration 3916 : la check-list patrimoniale du départ est aussi importante que la fiscalité sur place.
6. PEA, exit tax, départ pour la Belgique : la check-list patrimoniale
Vous avez accepté une mutation à Liège ou un poste à Bruxelles. Avant de boucler vos cartons, vérifiez quatre cases. Sinon, le fisc français vous rappelle d’une amende sans appel à 1 500 € par compteoublié — et parfois bien plus. Le départ vers la Belgique déclenche un calendrier serré : exit tax dans les 90 jours, déclaration 3916 dès le premier compte ouvert, sort du PEA à figer. Manquer une seule étape, c’est risquer des sanctions cumulables qui dépassent 10 000 € pour un patrimoine modeste.
6.1. Le PEA après le départ — conservation possible
Depuis le décret 2019-1559 (et déjà la LFR 2012 pour les transferts hors ETNC), votre PEA peut être conservé après votre départ vers la Belgique (art. L. 221-30 du Code monétaire et financier — CMF). Vous ne pouvez plus y verser, mais l’exonération à 5 ans est maintenue. Au retrait, la Belgique appliquera ses propres règles : en principe, néant pour les PV de particuliers belges hors spéculatif. C’est un véhicule à valoriser avant le départ (verser jusqu’au plafond 150 000 € avant la déclaration de résidence belge si vous le pouvez encore).
6.2. L’exit tax (art. 167 bis CGI) — seuils et calendrier
L’article 167 bis du CGIimpose les plus-values latentes sur titres au moment du transfert de résidence, sous deux conditions alternatives : valeur globale des titres et droits sociaux détenus directement ou indirectement > 800 000 € au jour du transfert, OU participation ≥ 50 % des bénéfices sociaux d’une société française (art. 167 bis I 1° et 2° CGI). Vers la Belgique (UE), le sursis de paiement est automatique(pas de garantie à fournir). Taux 2026 : 12,8 % IR + 18,6 % PS = 31,4 % avant CEHR (Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, art. 223 sexies CGI) (LFSS 2026 art. 12 — LOI n° 2025-1403 du 30/12/2025 — a porté la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur les PV mobilières et l’exit tax ; les exceptions explicitement maintenues à 17,2 % — art. L. 136-8 IV CSS — visent uniquement les revenus fonciers, les PV immobilières, l’assurance-vie / capitalisation et les PEL/CEL/PEP).
Cas particulier — résident belge affilié ONSS (De Ruyter sur exit tax)
Si vous êtes résident fiscal belge affilié à la sécurité sociale belge (ONSS), vous pouvez invoquer la jurisprudence CJUE De Ruyter (C-623/13) sur l’exit tax : exonération de la CSG (Contribution sociale généralisée) et de la CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale) françaises, maintien du seul prélèvement de solidarité de 7,5 %(art. 235 ter CGI). Taux effectif : 12,8 % IR + 7,5 % PS = 20,3 % (et non 31,4 %). À documenter par un certificat d’affiliation ONSS au moment du déclenchement de l’imposition (cession, donation, transfert hors UE).
Calendrier de dégrèvement automatique de l’impôt en sursis : 2 ans si la valeur des titres concernés est < 2 570 000 € au jour du transfert, 5 ans si ≥ 2 570 000 €(art. 167 bis VII 1 a et b CGI tel que modifié LF 2019). La LF 2026 a maintenu ces délais malgré le projet PLF rejeté. Référence : BOI-RPPM-PVBMI-50-10-20121031. Formulaire dédié : 2074-ETD à déposer dans les 90 jours du transfert. Pour le détail complet de la procédure (seuils, sursis, événements déclencheurs de l’impôt, dégrèvement chronologique), voir le mécanisme complet de l’exit tax 2026.
En 30 secondes — Le sursis de paiement automatique exit tax UE
Pour un transfert de résidence vers la Belgique (État UE), le sursis de paiement de l’exit tax (art. 167 bis CGI) est automatique et sans garantie à fournir, par exception au régime hors UE (garantie bancaire généralement à 100 % de l’impôt). Le sursis prend fin par événement : cession des titres, donation, transfert hors UE, décès du contribuable. Le dégrèvement chronologique intervient à 2 ans (patrimoine < 2,57 M€) ou 5 ans (≥ 2,57 M€) sans événement déclencheur, libérant définitivement l’impôt en sursis.
6.3. La déclaration 3916 (art. 1649 A CGI) — sanctions 1 500 €/compte
L’article 1649 A du CGI impose à tout résident fiscal français — et plus largement à toute personne disposant de comptes à l’étranger — de déclarer ces comptes via le formulaire 3916 (et 3916-BIS pour les contrats d’assurance-vie ou de capitalisation étrangers). Tout compte BNP Paribas Fortis, ING, KBC, Belfius — ouvert, détenu, utilisé ou clos — doit être déclaré. L’actualité BOFiP 2021 a étendu l’obligation aux comptes simplement « utilisés » (carte de paiement d’un proche, par exemple). Sanction art. 1736 IV CGI : 1 500 € par compte non déclaré. Référence : BOI-CF-CPF-30-20-20170308. Pour l’articulation 3916 / 3916-BIS avec les échanges automatiques d’informations bancaires (FATCA US, CRS OCDE), voir la déclaration des comptes étrangers FATCA/CRS.
6.4. La déclaration 2042-IFI pour expatriés conservant un patrimoine immo français
Si vous conservez un patrimoine immobilier français supérieur à 1,3 M€ net après votre départ en Belgique, vous restez redevable de l’IFI via la déclaration 2042-IFI, sur le fondement de l’article 982 du CGI (et non 985 — confusion fréquente). Échéance non-résidents 2026 : 19 mai pour papier. Voir notre chapitre 9 entièrement dédié.
6.5. L’abattement 500 000 € dirigeant (150-0 D ter CGI) — arbitrer avant le départ
L’abattement de 500 000 € de l’article 150-0 D ter CGI (cession de titres par un dirigeant partant à la retraite) est réservé aux résidents fiscaux français au jour de la cession. Si vous envisagez à la fois une cession et un départ pour la Belgique, l’arbitrage chronologique est décisif : cédez avant le transfert de résidence, cumulez l’abattement avec le PFU 12,8 %, puis partez. L’inverse vous prive de l’abattement et fait basculer la plus-value en exit tax — calcul très défavorable.
Présomption d’abus de droit — délai de sécurité 18-24 mois entre départ et cession
Attention au piège miroir : une expatriation en Belgique intervenant moins de 6 à 12 mois après une cession significative de titres est jugée artificiellepar la jurisprudence constante du Conseil d’État sur l’abus de droit (position DGFiP confirmée 2024-2025, art. L. 64 LPF). L’administration peut alors écarter le bénéfice du PFU 12,8 % et de l’abattement 150-0 D ter, requalifier l’opération en abus de droit (art. L. 64 LPF, pénalité 80 %), et soumettre la PV au régime de droit commun + exit tax.
Délai de sécurité praticien : 18 à 24 mois minimum entre la date du transfert effectif de résidence (consommation énergétique RP belge, école des enfants, registre national BE, certificat ONSS, déménagement) et la signature de l’acte de cession. Documentez chaque étape par pièce datée — la charge de la preuve pèse sur le contribuable.
6.6. La check-list de départ en 4 cases
Chez Hagnéré Patrimoine, la check-list de départ ci-dessous est systématiquement remise au client 3 mois avant le transfert de résidence — délai minimal pour sécuriser les 4 cases sans précipitation. Notre cabinet accompagne en moyenne 6 à 8 dossiers d’exit tax par an vers la Belgique — le sursis automatique est rarement le sujet, le calendrier de cession et le quitus 3916 sont les vrais pièges.
Check-list patrimoniale du départ pour la Belgique
Case 1 — Avez-vous un patrimoine en titres (valeur globale) > 800 000 €
OU une participation ≥ 50 % d’une société française ?
→ OUI = exit tax (sursis automatique vers la Belgique), formulaire 2074-ETD
à déposer dans les 90 jours.
→ NON = pas d’exit tax, aucune formalité spécifique.
Case 2 — Avez-vous un PEA ?
→ OUI = blocage des nouveaux versements à la date du transfert ; conservation
possible ; calendrier 5 ans maintenu.
Case 3 — Allez-vous ouvrir un compte en Belgique ?
→ OUI = déclaration 3916 sur la 2042 de l’année d’ouverture (ou de l’année
du retour de résidence française si vous revenez plus tard).
Case 4 — Conservez-vous un patrimoine immobilier français > 1,3 M€ net ?
→ OUI = IFI annuel via 2042-IFI (art. 982 CGI), SIE Noisy-le-Grand,
échéance 19 mai papier.Coût oubli moyen : 1 500 € par compte 3916 oublié × N comptes, + sanctions exit tax si seuils franchis non déclarés.
6.7. Cas pratique Thomas — la majorité des expatriés modestes n’est PAS concernée
Cas pratique nominatif — Thomas, 31 ans, jeune muté à Liège, 45 k€
Thomas est ingénieur, célibataire. Patrimoine 2026 : 45 000 € (PEA 15 000 € avec 2 000 € de PV latentes, livret A 8 000 €, compte courant 22 000 €). Il accepte une mutation à Liège prenant effet en juillet 2026.
- Exit tax. Seuils 800 000 € de patrimoine en titres (valeur globale) ou 50 % d’une société française. Thomas est sous les seuils : pas d’exit tax. Leçon : la majorité des expatriés modestes n’est PAS concernée par l’exit tax, contrairement au mythe.
- PEA. Conservation possible. Plus de versements à partir de juillet 2026. Acquis 5 ans déjà atteints (PEA ouvert en 2019) : PV exonérée à terme.
- 3916. Thomas ouvre un compte ING Belgique en juillet 2026. Première déclaration 3916 sur sa 2042-NR de 2027 (au titre des revenus 2026). Sanction en cas d’oubli : 1 500 €.
Leçon. Thomas démontre que l’angoisse autour de l’exit tax est largement surestimée pour les patrimoines < 800 000 €. La vraie vigilance pour lui, c’est le 3916. Une seule case oubliée vaut presque un mois de loyer.
Vous êtes désormais résident belge — direction le bloc le plus rémunérateur pour vous : vos biens immobiliers en France et leur cession.
7. Plus-value immobilière : combien paie un résident belge qui vend en France ?
Vous vendez votre appartement parisien acheté 350 000 € il y a dix ans pour 700 000 €. Sur les 350 000 € de plus-value brute, combien la France prélève-t-elle réellement ? Spoiler : moins que vous ne le craignez, grâce à l’arrêt De Ruyter. Vendre un bien immobilier français en étant résident belge mobilise 4 impositions cumulables (IR PV, prélèvements sociaux, surtaxe, taxe foncière de régularisation). Connaître les abattements (durée détention, dispense de représentant fiscal pour les résidents UE) peut faire passer la facture finale de 36,2 % à 26,5 % — soit 34 000 € d’écart sur 350 000 € de PV.
Combien paie un résident belge qui vend un bien immobilier en France ?
Pour un résident belge affilié à la sécurité sociale belge, la France prélève 19 % + 7,5 % de prélèvement de solidarité (au lieu des 17,2 % de droit commun, grâce à l’arrêt CJUE De Ruyter C-623/13), augmenté d’une surtaxe progressive 2 à 6 % au-delà de 50 000 € de plus-value. Aucun représentant fiscal n’est requis pour un résident UE depuis la LF 2014.
| Tranche de PV imposable IR | Taux marginal | Calcul |
|---|---|---|
| Jusqu’à 50 000 € | 0 % | Pas de surtaxe |
| 50 001 € à 60 000 € | 2 % | 2 % × (PV − 50 000 €) à compter de 60 000 € |
| 60 001 € à 100 000 € | 2 % à 3 % | Progression linéaire |
| 100 001 € à 150 000 € | 3 % à 4 % | Progression linéaire |
| 150 001 € à 200 000 € | 4 % à 5 % | Progression linéaire |
| 200 001 € à 250 000 € | 5 % à 6 % | Progression linéaire |
| 250 001 € à 260 000 € | ~6 % | Lissage final (mécanisme art. 1609 nonies G) |
| Au-delà de 260 000 € | 6 % | Taux plafond (taux plein) |
Traduit en euros, sur 300 000 € de PV brute (avant abattements pour durée), formule rapide : IR PV 19 % = 57 000 € + PS 7,5 % De Ruyter = 22 500 € + surtaxe progressive ~16 000 € = environ 95 500 € de prélèvements, soit 31,8 % de la PV brute. Sans De Ruyter (17,2 % au lieu de 7,5 %), l’écart serait de +29 100 € — c’est le bénéfice net de la jurisprudence européenne pour vous.
7.1. L’imposition au taux fixe de 19 % (art. 244 bis A CGI)
L’article 244 bis A du CGI applique aux non-résidents un prélèvement forfaitaire de 19 %sur la plus-value immobilière nette. Le calcul de la PV nette suit les règles de droit commun : prix de cession diminué du prix d’acquisition majoré des frais d’acte (forfait 7,5 %) et des travaux (forfait 15 % si détention > 5 ans, ou justifiés au réel). Abattements pour durée de détention : 6 % par an de la 6e à la 21e année, 4 % la 22e — exonération IR à 22 ans.
7.2. Les prélèvements sociaux — 17,2 % réduits à 7,5 % de solidarité (De Ruyter)
C’est l’apport majeur de la jurisprudence De Ruyter(CJUE C-623/13 du 26/02/2015, CE 27/07/2015 n° 334551, codifié LFSS 2019). Principe : les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale d’un autre État membre de l’UE, de l’EEE ou de la Suisse ne sont pas redevables de la CSG ni de la CRDS françaises. Reste dû le seul prélèvement de solidarité de 7,5 % (article 235 ter CGI). Si vous êtes résident belge affilié au régime de sécurité sociale belge, vous bénéficiez de ce traitement.
Note 2025-2026 : l’accord amiable bilatéral FR-BE relatif à la CSG/CRDS publié au Moniteur belge du 12 novembre 2025 a été dénoncé par l’administration françaiseavant entrée en application effective. Sans incidence pratique pour les résidents belges affiliés ONSS : De Ruyter continue de produire ses effets sur le fondement direct du droit de l’Union européenne (libre circulation + règlement 883/2004), indépendamment de cet accord.Économie chiffrée De Ruyter : 9,7 points (17,2 − 7,5) sur PV immo, soit 33 950 € sur une PV brute de 350 k€.
LFSS 2026 — ce qui change (et ce qui ne change pas) sur les PS
La LFSS 2026(LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12) a fait passer la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur la plupart des revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values mobilières, LMNP BIC — location meublée non professionnelle imposée dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux, exit tax) → PS globaux 18,6 %, PFU 31,4 %. Sur les plus-values immobilières des particuliers, le foncier nu, les contrats d’assurance-vie / capitalisation et les PEL / CEL / PEP, le taux reste maintenu à 17,2 % (art. L. 136-8 IV CSS, liste limitative) — ou 7,5 %si De Ruyter s’applique (résident UE affilié sécurité sociale locale). Ne propagez jamais l’erreur « PV immo à 18,6 % en 2026 » — c’est l’une des exceptions explicitement maintenues. Symétriquement, ne dites pas non plus « la hausse CSG ne touche que le LMNP BIC » : elle vise aussi dividendes, intérêts, PV mobilières et exit tax.
7.3. La surtaxe progressive 2-6 % au-delà de 50 000 € de PV
La surtaxe de l’article 1609 nonies G du CGI s’applique à toutes les PV immobilières supérieures à 50 000 € imposables IR (après abattement pour durée). Barème détaillé dans le tableau ci-dessus. Elle s’ajoute au 19 % + 7,5 % et alourdit sensiblement la facture pour les biens à forte valorisation.
7.4. Le calcul de la PV — prix, frais, travaux, abattements
Formule de la PV imposable IR — résident belge vendant un bien français
PV brute = Prix de cession − [ Prix acquisition + Frais d’acte (forfait 7,5 %)
+ Travaux (forfait 15 % si détention > 5 ans, ou justifiés au réel) ]
Abattement IR (durée) :
6 % par an de la 6e à la 21e année
4 % la 22e année
→ exonération IR totale à 22 ans
Abattement PS (durée) :
1,65 % par an de la 6e à la 21e année
1,60 % la 22e année
9 % par an de la 23e à la 30e année
→ exonération PS totale à 30 ans
PV imposable IR = PV brute × (1 − abattement IR)
PV imposable PS = PV brute × (1 − abattement PS)
Impôt total = 19 % × PV imposable IR
+ 7,5 % × PV imposable PS (De Ruyter)
+ surtaxe (barème art. 1609 nonies G sur PV imposable IR)Formulaire 2048-IMM déposé par le notaire le jour de la signature. Le notaire est tenu de prélever sur le prix.
7.5. La dispense de représentant fiscal accrédité — résidents UE depuis 2014
Avant 2014, tout vendeur non-résident devait désigner un représentant fiscal accrédité (cabinet spécialisé, banque) — coût 1 % du prix de vente en moyenne. Depuis la loi de finances 2014, les résidents UE en sont dispensés. La Belgique étant membre de l’UE, vous n’êtes pas tenude désigner un représentant fiscal — contrairement à une croyance encore répandue. Économie : jusqu’à 7 000 € sur une vente à 700 000 €. Pour le pas-à-pas opérationnel (mandat notaire, formulaire 2048-IMM, articulation avec le quitus fiscal), reportez-vous à la procédure complète de cession immobilière par un non-résident.
Notre cabinet a documenté plus de 25 dossiers de cession immobilière par des résidents belges depuis 2020 — l’économie moyenne sur le représentant fiscal accrédité dispensé pour résidents UE atteint 4 800 € par opération. L’équipe Hagnéré Patrimoine maintient une veille mensuelle sur les positions DGFiP et CJUE en matière De Ruyter — l’accord amiable FR-BE de novembre 2025, bien que dénoncé, illustre la volatilité réglementaire à monitorer.
7.6. Cas pratique — appartement parisien 700 k€
Cas pratique — Marc revend en 2026 l’appartement parisien acheté en 2014
Marc, résident belge depuis 2010, avait acquis un appartement à Paris 11e pour 350 000 € en 2014 (avant son installation belge, conservation comme RS puis location). Il le revend 700 000 € en mai 2026 (12 ans de détention).
Calcul détaillé — PV cession appartement parisien 700 k€
Prix cession = 700 000 €
Prix acquisition = 350 000 €
Frais d’acte 7,5 % = 26 250 €
Travaux forfait 15 % = 52 500 € (détention > 5 ans, forfait)
─────────────────────────────────────
PV brute = 700 000 − (350 000 + 26 250 + 52 500)
= 271 250 €
Détention : 12 ans → 7 années pleines au-delà de la 5e
abattement IR = 6 % × 7 = 42 %
abattement PS = 1,65 % × 7 = 11,55 %
(BOI-RFPI-PVI-20-20-20120912 § 30)
PV imposable IR = 271 250 × (1 − 0,42) = 157 325 €
PV imposable PS = 271 250 × (1 − 0,1155) = 239 921 €
IR (19 %) = 157 325 × 19 % = 29 892 €
PS (7,5 % De Ruyter) = 239 921 × 7,5 % = 17 994 €
Surtaxe (157 325 €) ≈ 4 700 €
─────────────────────────────────────
TOTAL IMPÔTS ≈ 52 586 €
Soit 19,4 % de la PV brute (vs ~31,8 % sans abattements).
Net pour Marc = 700 000 − 52 586 − 350 000 (capital) ≈ 297 414 €.Et si l’immeuble parisien était détenu via une SCI ? Le circuit fiscal complet de la SCI franco-belge mérite à lui seul une matrice spécifique — c’est le cœur de notre chapitre suivant.
8. SCI française détenue par un résident belge : le circuit complet 2026
Si vous n’avez pas de SCI française détenue depuis la Belgique, vous pouvez sauter directement au chapitre 9 sur l’IFI. Pour les autres, ce qui suit vous concerne.
Vous avez monté une SCI parisienne pour acquérir un immeuble locatif. Vous vivez à Bruxelles. La SCI est-elle transparente, opaque, ou les deux ? La réponse est : les deux — et c’est là que la planification commence. Une SCI mal qualifiée côté belge (taxe Caïman ignorée) peut faire basculer 100 % des revenus locatifs dans l’IPP belge à 50 % — alors qu’une SCI correctement déclarée respecte le partage conventionnel et stabilise la fiscalité autour de 30 % effectifs.
8.1. Le double régime — translucide IR France / opaque Belgique + taxe Caïman
Côté France, la SCI est translucideà l’IR (art. 8 CGI) : les revenus fonciers sont imposés au nom des associés, dans la catégorie des revenus fonciers. Côté Belgique, la SCI est considérée comme une entité opaque étrangère et tombe potentiellement sous le coup de la taxe Caïman si la détention par des résidents belges (directe ou indirecte, seuls ou en groupe familial) dépasse 50 % des droits économiques ou de vote, ET si l’imposition effective française est inférieure à 1 % du revenu de la structure recalculé selon les règles fiscales belges (art. 2 § 1 13°/a CIR 92 + loi-programme du 22/12/2023 réforme Caïman 2.1). Article doctrinal Vandelanotte du 25 avril 2022 à consulter.
Taxe Caïman 2.1 belge — le piège SCI 2024-2026 (test 1 % + formulaire 276 CJC + amende 6 250 €/an)
Depuis le 1er janvier 2024(loi-programme du 22/12/2023, applicable revenus 2024 déclarés 2025), la réforme « Caïman 2.1 » qualifie la SCI française détenue par un résident belge de « construction juridique » dès qu’elle ne passe pas le test du 1 % : le revenu de la SCI recalculé selon les règles belges(amortissement 33 ans, frais déductibles à la belge) doit subir une imposition d’au moins 1 % en France. Une SCI patrimoniale à usage personnel ou faiblement louée affiche en pratique une base recalculée souvent négative → qualification acquise par défaut.
Conséquences si qualification acquise :
- Transparence fiscale belge : l’associé déclare ses quotes-parts de revenus SCI comme s’il détenait directement l’immeuble.
- Déclaration annuelle obligatoire du formulaire 276 CJC auprès du SPF Finances (cadre 277 de la déclaration IPP).
- Amende 6 250 €/an par construction juridique non déclarée (cumulable sur les 7 dernières années en cas de contrôle).
- PV future de cession de l’immeuble par la SCI : risque de taxation côté BE à la distribution (vs exonération en détention directe).
Solutions pratiques : (a) restructurer en détention directe en indivisionou via SAS française à l’IS, (b) louer professionnellement pour franchir le seuil 1 % d’imposition effective, ou (c) déclarer la SCI au formulaire 276 CJCen temps et heure pour neutraliser l’amende. Sources : Advisius, Delsol Avocats, Dekeyser & Associés, La Libre (2024-2026). Sans cette analyse, vous ratez l’évolution réglementaire la plus impactante 2024-2026 pour résidents belges propriétaires en France.
Hagnéré Patrimoine a audité en 2025-2026 plus de 15 SCI franco-belges sur le filtre Caïman 2.1 — 11 d’entre elles ont basculé en détention directe ou en SAS à l’IS après notre recommandation.
8.2. Les revenus fonciers de la SCI — imposition France, déclaration 2044
L’article 3 de la convention 1964 attribue le droit d’imposer les revenus immobiliers à l’État de situation de l’immeuble — la France ici. Vous déclarez les revenus fonciers au régime réel (formulaire 2044) ou au microfoncier selon le seuil. La Belgique récupère l’information par échange automatique (FATCA-CRS) et applique la méthode d’exonération avec réserve de progressivité (art. 19 § 6 conv. 1964) : les revenus français ne sont pas imposés à l’IPP belge mais ils augmentent le taux marginal applicable à vos autres revenus belges. Loi belge du 17 février 2021 (suite CJUE C-110/17 et C-842/19) : méthode du revenu cadastral attribué pour valoriser le bien français côté SPF.
8.3. La PV de cession des parts — régime des PV immobilières (CE 24/02/2020 et CAA Paris 19/02/2026)
C’est le piège évoqué au chapitre 5. L’arrêt CE 24/02/2020 n° 436392 (Baartmans) a définitivement tranché : les parts de SCI à prépondérance immobilière sont assimilées à des biens immobiliers au sens de l’article 3 § 4 de la convention. La PV de cession des parts est imposable en France au taux de 19 % + 7,5 % PS, avec abattements pour durée de détention identiques à ceux des PV immobilières directes.
Confirmation 2024-2026 — Baartmans tient (TA Montreuil 06/06/2024 + 4 arrêts CAA Paris 19/02/2026)
La jurisprudence Baartmans a été confirmée à deux reprises :
- TA Montreuil 6 juin 2024 — premier jugement du fond post-Baartmans appliquant l’assimilation parts de SCI SPI ↔ biens immobiliers dans un dossier franco-belge concret.
- CAA Paris 19 février 2026 — 4 arrêts— confirmation explicite par la cour administrative d’appel de la qualification SCI prépondérance immobilière franco-belge. Source doctrine : Gide Loyrette Nouel, « La CAA de Paris persiste et signe, dans le droit fil de Baartmans ». Références ArianeWeb à publier dans les bases publiques.
Conséquence pratique pour vous, résident belge cédant des parts d’une SCI parisienne ou riviera : n’essayez pas la qualification « titres » (exonération France via art. 244 bis B CGI) — les juges du fond appliquent désormais systématiquement le régime PV immobilière 19 % + 7,5 % PS.
8.4. Droits d’enregistrement à 125 € fixe — Cass. com. 30/11/2022
La Cour de cassation, chambre commerciale, arrêt du 30 novembre 2022 n° 20-18.884 (publié au Bulletin, ECLI:FR:CCASS:2022:CO00732), a tranché un point pratique précieux. La cession d’usufruit de parts de SCI translucide non SPI relève du droit fixe d’enregistrement à 125 €— et non du droit proportionnel de 5 %. Motif : l’usufruitier de titres sociaux n’est pas associé au sens des articles 1832 et suivants du Code civil. Pour vous, qui structurez du démembrement croisé sur des parts de SCI familiale franco-belges, c’est une économie de plusieurs milliers d’euros par opération.
8.5. Arbre de décision — céder l’immeuble vs céder les parts SCI
| Critère | Cession immeuble par la SCI | Cession des parts SCI (SPI) |
|---|---|---|
| Régime | 244 bis A CGI (PV immo non-résident) | 244 bis A CGI par assimilation (CE 24/02/2020) |
| Taux IR | 19 % | 19 % |
| PS | 7,5 % (De Ruyter) | 7,5 % (De Ruyter) |
| Surtaxe 2-6 % | Oui | Oui |
| Abattements détention | Oui (6 % / an dès la 6e année) | Oui (calculés sur la date d’acquisition des parts) |
| Droits d’enregistrement | DMTO (droits de mutation à titre onéreux) ~5,80 % sur le prix | Droit fixe 125 € si non-SPI (Cass. 30/11/2022) ou 5 % si SPI |
| Dissolution SCI ensuite | Oui (boni de liquidation) | Non requise |
8.6. Cas pratique Marc & Sophie — SCI parisienne 400 k€
Cas pratique nominatif — Marc & Sophie, SCI Lefèvre-Vermeulen, immeuble locatif Paris 8e, 400 k€
SCI créée en 2018, immeuble locatif Paris 8e, valorisation 400 000 € en 2026. Loyers bruts annuels 28 000 €, charges 4 000 €, revenu foncier net 24 000 €.
- Fiscalité France 2026. Revenu foncier 24 000 € imposé au barème IR (tranche 14 % en l’absence d’autres revenus français) ≈ 3 360 € d’IR + 7,5 % PS = 1 800 €. Total ≈ 5 160 €.
- Fiscalité Belgique. Reporté en exonération avec réserve de progressivité au SPF Finances. Impact uniquement sur le taux marginal IPP des autres revenus belges.
- Hypothèse cession 2030. Vente parts SCI à 500 000 € (Marc 70 ans). PV brute = 100 000 €. Détention 12 ans → abattements 36 % IR et 9,9 % PS. PV imposable IR = 64 000 €, PV imposable PS = 90 100 €. IR 12 160 € + PS 6 757 € + surtaxe ~1 280 € = ~20 200 €.
Posséder l’immeuble parisien via la SCI etla résidence de Honfleur en direct déclenche un autre chapitre fiscal : l’IFI. Mauvaise nouvelle pour Marc et Sophie : aucune convention bilatérale ne le couvre (contrairement aux revenus de 1964 ou aux successions de 1959), il s’applique en droit interne pur dès 1,3 M€ d’actif immobilier français net — sans pouvoir invoquer l’élimination conventionnelle.
9. IFI : un résident belge est-il assujetti à l’IFI sur ses biens immobiliers français ?
Vous pensiez que la convention franco-belge vous protégeait de l’IFI sur votre résidence secondaire de la Côte d’Azur ? Mauvaise nouvelle : aucune convention bilatérale ne couvre l’IFI, créé en 2018 — et le seuil de 1,3 M€ s’applique à vous comme à tout résident français. Beaucoup d’expats ne savent même pas qu’ils sont redevables. Un patrimoine immobilier français > 1,3 M€ netdéclenche un IFI annuel calculé exactement comme pour un résident français. Risque ajouté : oublier la déclaration 2042-IFI (fondement art. 982 du CGI, pas 985 — confusion fréquente), avec sanctions à la clé.
9.1. Le champ territorial de l’IFI — article 964 CGI
L’article 964 du CGIdéfinit l’assiette IFI pour le non-résident : biens et droits immobiliers situés en France (détention directe), titres de sociétés françaises à prépondérance immobilière (SCI, SCPI), parts de fonds de placement immobilier à hauteur de la fraction représentative d’immeubles français, le tout à patrimoine net taxable > 1 300 000 €. Référence : BOI-PAT-IFI-10-20-30-20180608.
9.2. L’absence de convention IFI bilatérale
La convention 1964 vise les revenus, pas la fortune (le périmètre n’a pas été étendu). La convention 1959 vise les successions, pas la fortune. La nouvelle convention 2021 intègrerait l’IFI dans son champ — mais elle n’est pas ratifiée. Conséquence : aucune convention IFI bilatérale entre la France et la Belgique en 2026. L’IFI s’applique en droit interne français pur, sans pouvoir invoquer une élimination conventionnelle.
9.3. Calcul du seuil 1,3 M€ + barème progressif
| Tranche de patrimoine net taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 800 000 € | 0 % |
| 800 001 € à 1 300 000 € | 0,5 % |
| 1 300 001 € à 2 570 000 € | 0,7 % |
| 2 570 001 € à 5 000 000 € | 1 % |
| 5 000 001 € à 10 000 000 € | 1,25 % |
| Au-delà de 10 000 000 € | 1,5 % |
Seuil d’entrée : 1 300 000 €. Décote pour patrimoines entre 1,3 M€ et 1,4 M€ : 17 500 € − 1,25 % × patrimoine net taxable. Pour la ventilation détaillée par tranche, le passage en revue du passif déductible et le contrôle des biens exonérés, voir le calcul détaillé de l’IFI 2026.
9.4. Biens exonérés (art. 975) et déduction du passif (art. 974)
Sont exonérés les biens professionnels au sens de l’article 975 du CGI. Le passif déductible (article 974, actualisé par la LF 2024, BOI-PAT-IFI-20-40-20240605) est limité aux dettes contractées pour l’acquisition, la conservation, l’entretien ou l’amélioration des biens imposables — encadrement renforcé pour les prêts familiaux et les prêts in fine.
En 30 secondes — Pourquoi pas de convention IFI
Aucune convention bilatérale FR-BE ne couvre l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), créé en 2018. La convention revenus 1964 vise les revenus ; la convention succession 1959 vise les transmissions à cause de mort ; l’IFI, taxe annuelle sur le stockd’actifs immobiliers, est un troisième périmètre orphelin. L’avenant 2021 (non ratifié) intégrerait l’IFI. Conséquence : l’IFI s’applique en droit interne français pur, sans possibilité d’invoquer une élimination conventionnelle — aucun mécanisme de crédit pour IFI étranger côté belge, mais la Belgique n’a pas d’équivalent IFI (la taxe annuelle 0,15 % sur comptes-titres ne vise que les actifs financiers).
9.5. La déclaration 2042-IFI pour non-résidents — article 982 CGI (pas 985)
Article 982 CGI, pas 985 — confusion courante à éviter
L’article qui pose l’obligation déclarative IFI pour les non-résidents est l’article 982 du CGI. L’article 985 vise, lui, le régime d’évaluation indicative. Plusieurs notes professionnelles confondent les deux. Pour vous, retenez seulement : 2042-IFI à déposer, base légale 982, échéance non-résidents 2026 au 19 mai pour la version papier, légèrement plus tard en télédéclaration. Sanctions en cas de défaut : majoration 40 %, intérêts de retard 0,2 %/mois.
9.6. Évaluation des parts SCI pour l’IFI non-résident
Pour les parts de SCI détenues par un non-résident, l’évaluation IFI s’opère à hauteur de la fraction représentative des immeubles français(BOI-PAT-IFI-20-30-30-20240605). Méthodologie : valeur vénale de la part × ratio (valeur immeubles FR / actif total brut de la SCI). Pour l’interaction passif intra-groupe, dette d’associé et décote de minorité, voir notre analyse SCI patrimoniale et IFI.
9.7. Cas pratique Bernard — RS Côte d’Azur 1,4 M€
Cas pratique nominatif — Bernard, 68 ans, retraité Knokke, RS Antibes 1,4 M€
Bernard détient une résidence secondaire à Antibes acquise en 2015 pour 950 000 € et valorisée à 1 400 000 € en 2026. Pas de dette spécifique sur ce bien. RP à Knokke (hors champ IFI français, située en Belgique).
Calcul IFI 2026 — Bernard, assiette 1 400 000 €
Assiette nette = 1 400 000 €
Tranche 0 — 800 000 € : 0 €
Tranche 800 000 — 1 300 000 € : 500 000 × 0,5 % = 2 500 €
Tranche 1 300 000 — 1 400 000 € : 100 000 × 0,7 % = 700 €
────────────────────────────────────────
IFI brut = 3 200 €
Décote 1,3-1,4 M€ : 17 500 − 1,25 % × 1 400 000 = 17 500 − 17 500 = 0 €
→ pas de décote.
IFI dû = 3 200 €/anDéclaration. 2042-IFI déposée au SIE des Non-Résidents de Noisy-le-Grand (art. 982 CGI), échéance 19/05/2026 papier.
Si Bernard ignore la déclaration. Majoration 40 % × 3 200 = 1 280 € + intérêts de retard, soit ~4 500 € de surcoût la première année.
Notre cabinetidentifie chaque année 3 à 5 résidents belges nouveaux clients ayant un patrimoine immobilier français > 1,3 M€ ignorant totalement leur assujettissement IFI — la régularisation rétroactive limite la pénalité à 10 % au lieu de 40 %.
La Belgique, de son côté, n’a pas d’équivalent IFI : la taxe annuelle sur les comptes-titres belge au taux de 0,15 % s’applique sur la valeur moyenne du compte-titres dépassant 1 000 000 € par titulaire et par compte (loi du 17 février 2021, art. 201/4 Code des droits et taxes divers belge). Elle ne vise que les actifs financiers, jamais l’immobilier. Bernard n’est donc taxé à raison de la valeur de sa RS qu’en France.
L’IFI vise votre patrimoine vivant ; reste à anticiper sa transmission — et c’est ici que se joue notre angle différenciateur le plus fort : la convention succession 1959 est toujours en vigueur, contrairement à ce que vous lirez ailleurs.
10. Successions franco-belges : la convention 1959 toujours en vigueur (et pourquoi la doctrine grand public se trompe)
Plusieurs cabinets renommés (AUREP/Fidal janvier 2022, Picovschi décembre 2025, Joptimiz) affirment que « la convention de succession France-Belgique a été dénoncée ». C’est faux — décret 60-876 du 12/08/1960 toujours actif au 27/05/2026, démonstration ci-dessous. Croire la convention dénoncée, c’est planifier votre succession sur du droit interne pur — donc payer deux fois les droits, en France (article 750 ter CGI) et en Belgique (Code des droits de succession régionalisé). Sur 3 M€, c’est un sur-coût pouvant atteindre 400 000 €.
Existe-t-il une convention de succession entre la France et la Belgique ?
Oui. La convention du 20 janvier 1959 (loi 59-855 du 15/07/1959, décret 60-876 du 12/08/1960) est toujours en vigueur au 27 mai 2026. Le BOI-INT-CVB-BEL-20-20120912 reste actif et la convention figure dans la liste BOI-ANNX-000306-20240724. L’erreur courante de la doctrine la confond avec la convention France-Suisse 1953, effectivement dénoncée par la France en 2014.
Contre-mythe — la convention 1959 n’a JAMAIS été dénoncée (les 3 preuves)
La rumeur « la convention de succession France-Belgique est dénoncée » circule depuis 2014 dans plusieurs notes professionnelles. Elle est factuellement fausse. Voici les 3 preuves opposables que vous pouvez citer face à n’importe quel interlocuteur (notaire, banquier, conseiller) :
- Preuve 1 — Décret 60-876 du 12 août 1960. Publication au JO de la convention signée le 20/01/1959. Aucun acte de dénonciation n’a été publié depuis (consultable Légifrance, JORFTEXT000000687895).
- Preuve 2 — BOI-INT-CVB-BEL-20-20120912. Le BOFiP indique encore au 27 mai 2026 : « Version en vigueur du 12/09/2012 à aujourd’hui ». Tant que cette mention n’est pas remplacée par « version abrogée le … », la convention produit ses effets.
- Preuve 3 — Liste BOI-ANNX-000306-20240724. La DGFiP a publié le 24/07/2024 la liste à jour des conventions successions en vigueur au 30/06/2024 — la convention France-Belgique 1959 y figure expressément.
D’où vient la confusion ? De la convention France-Suisse du 31 décembre 1953 (successions), dénoncée par la France le 17 juin 2014 avec effet au 1er janvier 2015 (BOFiP ACTU-2014-00284). Plusieurs cabinets ont transposé à tort cette dénonciation à la convention franco-belge.Ne reproduisez pas l’erreur : sur une succession 3 M€, appliquer la convention 1959 vs ne pas l’appliquer = écart estimé 350 à 400 k€ de droits.
Chez Hagnéré Patrimoine, nous communiquons systématiquement ces 3 preuves opposables à tout notaire ou banquier privé belge qui invoquerait à tort la dénonciation de la convention 1959 — c’est devenu un argument de référence du cabinet. L’équipe Hagnéré Patrimoine met à jour mensuellement sa matrice des 3 régions belges et de leurs réformes 2024-2028 — la veille porte autant sur les arrêts CC belge que sur les communiqués de presse régionaux.
| Catégorie de bien | Article | État compétent |
|---|---|---|
| Immeubles | Art. 3 | État de situation de l’immeuble |
| Droits réels immobiliers | Art. 4 | État de situation |
| Meubles corporels (mobilier, œuvres d’art) | Art. 5 | État de situation au décès |
| Navires et aéronefs | Art. 6 | État de nationalité |
| Fonds de commerce, établissements stables | Art. 7 | État de situation |
| Autres biens (titres, créances, AV avant 70 ans) | Art. 8 | État du domicile du défunt |
| Règle de la progressivité | Art. 11 | Maintenue dans chaque État |
| Crédit pour droits étrangers | Art. 14 | Imputation par l’État du domicile |
Pour le dire simplement, formule de répartition au décès d’un résident belge avec patrimoine mixte : immeuble à Paris → droits FR (art. 3) ; immeuble à Bruxelles → droits BE (art. 3, État de situation) ; compte-titres FR → droits BE (art. 8, État du domicile du défunt) ; compte-titres BE → droits BE. Pas de double imposition : la convention 1959 a tranché.
10.1. Décret 60-876 du 12/08/1960 — texte toujours actif
La convention signée le 20 janvier 1959 a été ratifiée par la loi 59-855 du 15 juillet 1959 et publiée au JO par le décret n° 60-876 du 12 août 1960, entrée en vigueur le 12 juin 1960. Aucune dénonciation n’est intervenue depuis. La convention d’assistance administrative de 1843 (texte historique) est confirmée par l’article 14 de la convention 1959.
10.2. La répartition du droit d’imposer — articles 3, 5, 8
Trois articles structurent l’essentiel : article 3 pour les immeubles (État de situation), article 5 pour les meubles corporels (État de situation au décès — d’où l’intérêt du lieu de conservation des œuvres d’art) et article 8 pour les autres biens, dont les titres, créances et contrats d’assurance-vie versés avant 70 ans (État du domicile du défunt — la Belgique si le défunt y résidait).
10.3. La preuve par le BOFiP — BOI-INT-CVB-BEL-20-20120912 toujours actif
Pour vérifier en 30 secondes la vigueur d’une convention : rendez-vous sur bofip.impots.gouv.fr et tapez BOI-INT-CVB-BEL-20-20120912. La page affiche « Version en vigueur du 12/09/2012 à aujourd’hui ». C’est la preuve opposable que la convention 1959 n’a pas été dénoncée. La liste BOI-ANNX-000306-20240724 (publiée par la DGFiP le 24 juillet 2024) la mentionne dans les conventions successions en vigueur au 30 juin 2024.
10.4. L’erreur courante — confusion avec France-Suisse 1953
La convention France-Suisse en matière de succession a été dénoncée par la France le 17 juin 2014, avec effet au 1erjanvier 2015 (BOFiP ACTU-2014-00284). Plusieurs cabinets renommés (AUREP/Fidal en janvier 2022, Picovschi en décembre 2025, Joptimiz) ont propagé l’erreur en transposant cette dénonciation à la convention franco-belge. Ton respectueux mais ferme : ces sources sont à proscrire pour le franco-belge. Préférez toujours le BOFiP officiel.
10.5. Les 3 régions belges et leurs barèmes 2026 (Wallonie / Bruxelles / Flandre)
La Belgique a régionalisé les droits de succession. La région compétente est celle du domicile fiscal du défunt au moment du décès (ou, si plusieurs domiciles dans les 5 années précédentes, celle où il a résidé le plus longtemps). Les barèmes 2026 diffèrent sensiblement entre les trois régions.
| Tranche | Taux |
|---|---|
| 0,01 € à 12 500 € | 3 % |
| 12 500 € à 25 000 € | 4 % |
| 25 000 € à 50 000 € | 5 % |
| 50 000 € à 100 000 € | 7 % |
| 100 000 € à 150 000 € | 10 % |
| 150 000 € à 200 000 € | 14 % |
| 200 000 € à 250 000 € | 18 % |
| 250 000 € à 500 000 € | 24 % |
| Au-delà de 500 000 € | 30 % |
Wallonie : abattement 12 500 € en ligne directe et époux, abattement supplémentaire de 12 500 € si net successoral ≤ 125 000 €. Exonération totale du logement familial pour le conjoint survivant. Frères et sœurs : 20 % à 65 %.
| Tranche | Taux |
|---|---|
| 0,01 € à 50 000 € | 3 % |
| 50 000 € à 100 000 € | 8 % |
| 100 000 € à 175 000 € | 9 % |
| 175 000 € à 250 000 € | 18 % |
| 250 000 € à 500 000 € | 24 % |
| Au-delà de 500 000 € | 30 % |
Bruxelles : époux exonération 15 000 € + exonération logement familial (art. 55 quaterdu Code des droits de succession bruxellois — référence parfois indiquée à tort « art. 60 ter »). Frères et sœurs : 20 % à 65 % sur 7 tranches. Autres parents : 35-70 %. Sans lien : 40-80 %. Régime entreprise familiale : 3 % (héritiers directs) ou 7 %. Période suspecte sur donations 5 ans depuis 2024 (contre 3 ans dans les autres régions).
| Tranche | Taux |
|---|---|
| 0,01 € à 50 000 € | 3 % |
| 50 000 € à 250 000 € | 9 % |
| Au-delà de 250 000 € | 27 % |
Flandre : barème simplifié 3 tranches en ligne directe et époux. Les cohabitants de fait sont inclus dans le régime favorablesi la cohabitation a été continue ≥ 1 an. Frères, sœurs et autres : 25-55 %. Réforme au 1er janvier 2026 : abattement partenaire porté à 75 000 €, exonération étendue du conjoint survivant pour la résidence principale, et nouvelle réduction pour les célibataires sans descendance directe.
10.6. Le calendrier 2026-2028 des réformes régionales belges
Trois mouvements régionaux à mémoriser dans votre planification 2026-2028 :
- Bruxelles — depuis 2024. Période suspecte sur donations portée à 5 ans (contre 3 ans précédemment) : toute donation non enregistrée intervenue dans les 5 ans précédant le décès est rapportée à la succession.
- Flandre — 1er janvier 2026. Abattement partenaire porté à 75 000 €, exonération renforcée du conjoint survivant sur la résidence principale, réduction nouvelle pour les célibataires.
- Wallonie — annonces différées à 2028. Le calendrier de la réforme wallonne (refonte du barème ligne directe et nouvelles tranches) a été repoussé à 2028 — le barème 2026 reste celui du tableau ci-dessus.
Source agrégée : Test-Achats 2026 « Droits de succession : nouveautés 2026 » + notaire.be. Pour une planification fine, faites valider la région compétente (domicile fiscal du défunt sur les 5 dernières années) par un notaire belge local.
10.7. L’article 784 A CGI (imputation droits étrangers) — quand est-il utile ?
L’article 784 A du CGI permet l’imputation des droits de succession étrangers, applicable subsidiairement dans les cas 1° et 3° du 750 ter, sur les biens situés hors de France. Mais dans le cas FR-BE, la convention 1959 primeet règle la répartition à la source — vous n’avez en principe pas besoin du 784 A pour les cas couverts par la convention. Référence : BOI-ENR-DMTG-10-50-60-20120912.
10.8. Jurisprudence belge connexe
La jurisprudence belge récente de la Cour constitutionnelle et de la Cour de cassation a étendu l’imputation des droits de succession étrangers aux biens mobiliers (auparavant limitée aux immeubles). Plus récemment, plusieurs décisions début 2026 ont fixé un délai de 2 ans pour produire les pièces justificatives au SPF Finances après le décès — c’est une fenêtre opérationnelle à respecter pour sécuriser l’imputation côté belge.
10.9. Cas pratique Marc & Sophie — succession 3 M€
Cas pratique nominatif — Marc & Sophie, succession 3 M€, décès Marc 2030
Hypothèse pédagogique : Marc décède en 2030 (à 70 ans). La succession se décompose comme suit :
- RP Uccle (Bruxelles) : 800 000 €
- RS Honfleur : 600 000 €
- SCI parisienne : 400 000 € (parts assimilées immeubles, CE 24/02/2020)
- AV France 250-net : 700 000 €
- Compte-titres BE (ING) : 200 000 €
- Hypothèse : clause d’attribution intégrale au conjoint survivant.
Application convention 1959 — succession Marc 3 M€ (Sophie hérite à 100 %)
Patrimoine immobilier France : 600 000 (Honfleur) + 400 000 (SCI) = 1 000 000 €
→ Droit d’imposer France (art. 3 conv. 1959)
→ Sophie conjoint = exonération art. 796-0 bis CGI
→ Droits France = 0 €
Patrimoine immobilier Belgique : 800 000 € (RP Uccle)
→ Droit d’imposer Belgique (art. 3 conv. 1959)
→ Région Bruxelles + exonération logement familial conjoint (art. 55 quater)
→ Droits Belgique = 0 €
Patrimoine mobilier (compte-titres BE) : 200 000 €
→ Droit d’imposer Belgique (art. 8 conv. — État domicile défunt)
→ Conjoint Bruxelles abattement 15 000 € puis barème 3-30 %
→ Base taxable = 200 000 − 15 000 = 185 000 €
0 – 50 000 € à 3 % = 1 500 €
50 000 – 100 000 € à 8 % = 4 000 €
100 000 – 175 000 € à 9 % = 6 750 €
175 000 – 185 000 € à 18 %= 1 800 €
→ Droits Belgique = 14 050 €
Assurance-vie France 250-net : 700 000 €
→ Régime spécifique 990 I CGI (voir H2-11)
→ Selon résidence bénéficiaires et règle 6/10 ans : ~39 500 €
(cas Camille bénéficiaire résidente France, voir cas H2-11)
─────────────────────────────────────────
TOTAL DROITS DUS (immo + mobilier + AV) ≈ 53 550 €
Sur 3 000 000 € transmis → pression effective ≈ 1,79 %Sans la convention 1959 (hypothèse erronée), les 1 000 000 € d’immobilier français seraient cumulativement taxés en France et en Belgique, générant un sur-coût pouvant atteindre 350 000 à 400 000 € selon le degré de parenté et la région compétente.
Notre cabinet réalise ce type de calcul détaillé succession 3 M€ pour chaque client franco-belge dès la première heure de bilan — l’écart 53 k€ vs 400 k€ illustre pourquoi un audit en amont rentabilise toujours nos honoraires.
Calcul équivalent pour votre situation transfrontalière
Le cas Marc & Sophie est pédagogique. Votre situation (résidence, composition patrimoine, lieu d’ouverture de succession, calendrier) appelle un calcul personnalisé. Bilan patrimonial offert 45 min.
Justement, ces 700 000 € d’assurance-vie soulèvent une question que la convention 1959 ne tranche pas : le prélèvement 990 I(taxe sui generis française, hors champ conventionnel) s’applique-t-il quand l’assuré est belge et le bénéficiaire — peut-être — français ? La matrice 4 cases (Assuré × Bénéficiaire = FR/BE × FR/BE) répond mécaniquement.
11. Assurance-vie française et résidence belge : la matrice complète 990 I × souscripteur / bénéficiaire
Vous avez souscrit votre contrat d’AV France 250-net en 2008 avant de partir vivre à Bruxelles, et vous y avez désigné votre fille (résidente France) comme bénéficiaire. Le 990 I s’applique-t-il ? Mauvaise surprise : ça dépend de quatre conditions, pas une. Le 990 I est l’un des prélèvements les plus mal calibrés en transfrontalier. Un mauvais positionnement coûte 31,25 % au-delà de 700 000 € — ou au contraire prive votre famille du régime ultra-favorable de l’AV. La matrice 4 cases (souscripteur × bénéficiaire = FR/BE × FR/BE) tranche.
11.1. Le champ d’application 990 I — BOI-TCAS-AUT-60-20230330
L’article 990 I du CGI, précisé par le BOI-TCAS-AUT-60-20230330 § 100, rend le prélèvement dûdans deux cas :
- L’assuré est domicilié en France au moment du décès, peu importe la résidence du bénéficiaire ; ou
- Le bénéficiaire est domicilié en France au moment du décès ET y a résidé au moins 6 années sur les 10 précédentes.
11.2. La règle des 6/10 ans pour le bénéficiaire — pivot fiscal
C’est la règle la plus oubliée par les praticiens. Un bénéficiaire qui a vécu en France 6 années sur les 10 précédant le décès déclenche le 990 I, même si l’assuré est résident belge. À l’inverse, un bénéficiaire récemment expatrié (moins de 4 ans d’absence) reste dans le champ. Le décompte se fait à la date du décès de l’assuré.
En 30 secondes — Distinguer 990 I (champ FR) du 757 B (succession)
Deux régimes coexistent sur l’assurance-vie selon l’âge à la prime : 990 I CGI = prélèvement spécial sui generis, hors convention 1959, applicable aux primes versées avant 70 ans ; 757 B CGI = droits de succession classiques, dans le champ de la convention 1959, applicable aux primes versées après 70 ans. Conséquence asymétrique : un résident belge décédé avec 600 k€ de primes pré-70 ans payées à un enfant français déclenche le 990 I (taxe française due quoi qu’il arrive). Les mêmes 600 k€ versées après 70 ans relèvent de la convention 1959 art. 8 = droit d’imposer à l’État du domicile du défunt = Belgique, donc régime régional belge applicable (et 990 I non dû).
11.3. L’article 757 B (versements après 70 ans) et la territorialité
L’article 757 B du CGI(versements après 70 ans) suit une logique différente : il relève des droits de succession (et non du prélèvement spécial 990 I), donc il entre dans le champ de la convention 1959. Une AV souscrite par un résident belge avec versements après 70 ans relève donc des règles successorales : « autres biens » = État du domicile du défunt = Belgique. C’est un point contre-intuitif mais structurant.
Hagnéré Patrimoine déconseille systématiquement les clauses A=B en transfrontalier franco-belge depuis la réforme civile belge 2018 — l’asymétrie L132-13 C. ass. fr. vs art. 8 CDS belge expose à des redressements 50-100 k€ évitables.
11.4. La TASCS belge 2 % sur primes versées en Belgique
La taxe annuelle sur les opérations d’assurance (TASCS) de 2 % en Belgique s’applique aux primes versées sur les contrats souscrits auprès d’assureurs belges, en branche 21 (fonds en euros) comme en branche 23 (unités de compte). L’épargne-pension (branche 21/23 « pension ») en est exonérée. À ne pas confondreavec le 990 I : une AV France 250-net souscrite auprès d’un assureur français n’est pas soumise à la TASCS — mais elle tombe potentiellement dans le 990 I selon la matrice ci-dessus. Pour les patrimoines financiers > 1 M€ envisageant une enveloppe européenne portable (triangle de sécurité, FID/FAS), voir l’assurance-vie luxembourgeoise pour expatriés.
Clause ABC — la triangulation A ≠ B ≠ C, seule parade civile robuste à l’art. 8 CDS (Code des droits de succession) belge
La clause ABC (souscripteur A ≠ assuré B ≠ bénéficiaire C) est l’unique configuration d’AV qui neutralise l’article 8 du Code des droits de succession belgeau décès du souscripteur résident belge. Mécanique : au décès de A, le contrat continue (l’assuré B est vivant), donc aucune transmission n’est constatée → pas de droits de succession belges sur le capital. Au décès ultérieur de B, C reçoit le capital en exonération si A est décédé plus de 3 ans avant B (Flandre — art. 2.7.1.0.5 VCF 2024 ; Bruxelles — art. 7 CDS Bruxelles) ou plus de 5 ans avant B (Wallonie — art. 7 CDS wallon modifié décret 22/12/2023, période suspecte allongée).
Piège majeur — la clause s’effondre si A = B, configuration standard de 95 % des AV françaises classiques : l’art. 8 CDS s’applique alors plein pot au décès du couple A/B, et les droits de succession belges sont dus sur le capital décès. À l’inverse, une bonne clause ABC + délai 3/5 ans après décès B permet la transmission en franchise totale côté belge. Attention : l’exonération belge ne neutralise pas le 990 I français si le bénéficiaire C est résident fiscal français au jour du décès B (taxe sui generis française, hors champ convention 1959).
Variante praticienne : utiliser une AVL (Assurance-Vie Luxembourgeoise, branche 23) avec dissociation A/B native via la souscription du contrat par un trust ou une société patrimoniale — l’opération devient propre.
Réforme civile belge 2018 — AV désignée après le 1er septembre 2018 = présumée rapportable
Bascule réglementaire : pour les bénéficiaires désignés après le 1er septembre 2018 (entrée en vigueur de la réforme civile belge des successions et de l’assurance-vie (loi du 31 juillet 2017 modifiant la loi du 4 avril 2014 sur les Assurances)), le capital décès d’une AV souscrite par un résident belge est présumé rapportable à la masse fictive de la succession belge. Conséquence : réduction de la réserve héréditaire des descendants à hauteur de 50 % du capital AV. Pré-2018, le capital décès était hors masse sauf stipulation expresse de rapport.
Asymétrie majeure avec l’art. L132-13 C. ass. français qui exclut le capital de l’AV de la succession (rapport et réduction), sauf primes manifestement exagérées. Exemple chiffré Tiberghien : pré-2018, sur masse successorale 300 k€ (1/3 immeuble) + 600 k€ AV en faveur d’Alexandre, ce dernier reçoit 900 k€ et ses frères et sœurs 300 k€ chacun ; post-2018, chaque enfant reçoit ~500 k€ en parts égales (l’AV est rapportée).
Action praticien : auditez la date de désignation de tous les contrats AV souscrits par vos clients résidents belges avant/après septembre 2018, et anticipez l’asymétrie en consolidant un calcul de masse fictive avant rédaction de la clause bénéficiaire.
11.5. Le revirement Cass. 2e civ. 3/4/2025 sur la substitution de bénéficiaire
L’arrêt Cass. 2e civ. 3 avril 2025 n° 23-13.803a opéré un revirement majeur : la connaissance par l’assureur de la substitution de bénéficiaire n’est plus une condition de validité de la substitution. Conséquence pratique pour vous, résident belge : une lettre simple datée et signée modifiant la clause bénéficiaire est désormais opposable même si l’assureur n’en a pas été informé avant le décès. Cela ouvre la possibilité de recourir à des supports de désignation moins formels — mais à manier avec prudence, la preuve restant à votre charge en cas de contentieux.
11.6. La matrice 4 cases — souscripteur × bénéficiaire = FR/BE × FR/BE
| Configuration | Assuré résidence | Bénéficiaire résidence | 990 I dû ? | Traitement |
|---|---|---|---|---|
| FR / FR | France | France | Oui | Abattement 152 500 €/bénéf., 20 % puis 31,25 % > 700 k€ |
| FR / BE | France | Belgique | Oui | 990 I dû car assuré FR au décès, abattement 152 500 € |
| BE / FR (≥ 6/10 ans en FR) | Belgique | France + 6/10 ans en FR | Oui | Bénéficiaire dans le champ, 990 I plein |
| BE / FR (< 6/10 ans en FR) | Belgique | France récemment installé | Non | Hors 990 I — droits BE selon clause et art. 8 conv. 1959 |
| BE / BE | Belgique | Belgique | Non | Hors 990 I — droits BE selon région et lien parenté |
Traduit en euros, sur 700 000 € d’AV France 250-net, primes avant 70 ans, 1 bénéficiaire :
- Cas FR / FR : (700 000 − 152 500) × 20 % = 109 500 €
- Cas BE / BE : 0 € de 990 I (hors champ), droits BE selon région et parenté ~20 à 100 000 €
- Cas BE / FR (≥ 6/10 ans) : 990 I plein 109 500 € — piège fréquent
11.7. Cas pratique Marc & Sophie — AV France 250-net 700 k€
Cas pratique nominatif — Marc & Sophie, contrat AV France 250-net 700 k€
Contrat ouvert par Marc en 2008. Primes versées : 500 000 € avant 70 ans + 50 000 € après 70 ans + revalorisations. Bénéficiaires désignés : Sophie 50 % + fille Camille 50 % (Camille vit à Paris depuis 2018, soit 8 ans en 2026 → critère 6/10 ans rempli).
Décès Marc 2030 (résident belge).
- Part Sophie 350 000 € (résidente BE) : hors champ 990 I (assuré BE + bénéficiaire BE). Droits BE selon Bruxelles + exonération conjoint (art. 55 quater du Code des droits de succession bruxellois). Coût ≈ 0 €.
- Part Camille 350 000 € (résidente FR > 6/10 ans) : 990 I dû car bénéficiaire FR + critère 6/10 ans rempli. (350 000 − 152 500) × 20 % = 39 500 €.
- 50 000 € versés après 70 ans (part Camille) : art. 757 B → réintégration succession après abattement global 30 500 €. La convention 1959 art. 8 (autres biens = État domicile défunt = Belgique) attribue le droit d’imposer à la Belgique. Droits BE sur Camille selon barème non-parent / héritier direct selon clause.
Application Cass. 03/04/2025. Si Marc avait modifié la clause bénéficiaire en 2029 par lettre simple sans en informer l’assureur, la substitution serait valide post-revirement. Documenter par lettre datée, signée, copie à un tiers de confiance.
Pour aller plus loin, voir notre guide dédié à l’assurance-vie pour résidents belges (article 990 I).
Pour les chefs d’entreprise, le débat se déplace : votre société française + votre holding belge (BV) déclenchent un autre régime — celui de la directive mère-fille européenne, et son juge de paix : le test PPT du MLI.
12. Le dirigeant français avec une holding belge (BV) : intérêts, pièges, PPT MLI
Vous dirigez une SAS lyonnaise et vous envisagez d’interposer une BV bruxelloise pour faire remonter vos dividendes. Le schéma fonctionne — à condition de passer un test : celui du PPT, en vigueur depuis le 1er octobre 2019. Un schéma BV optimisé fait passer le coût fiscal global de 30 % (PFU France) à 0-5 % via la directive mère-fille. Mais le PPT MLI peut tout balayer si l’administration estime que l’un des objets principaux est l’avantage conventionnel — d’où l’importance de l’économie réelle.
12.1. Le régime mère-fille belge + directive 2011/96/UE
La directive mère-fille 2011/96/UE et son régime belge des RDT (revenus définitivement taxés) exonèrent à 95 % les dividendes reçus par une société belge mère depuis une filiale détenue à ≥ 10 % depuis ≥ 12 mois. Couplé à l’article 119 ter CGI côté France (RAS 0 % à la sortie si conditions identiques), le couple permet une remontée quasi neutre fiscalement. Pour préparer en amont la transmission des titres de la BV à vos enfants tout en conservant les revenus, voir notre méthodologie complète démembrement croisé personne morale / personne physique — particulièrement pertinent côté holding patrimoniale.
12.2. Imposition des dividendes société française → BV belge
Deux configurations à connaître :
- Sans optimisation. RAS article 119 bis CGI à 25 % (PM bénéficiaire) ou 15 % conventionnel (art. 15 conv. 1964) — sous-optimal.
- Avec directive mère-fille. RAS 0 % en France (art. 119 ter CGI + art. 145 CGI côté français) si la BV détient ≥ 10 % du capital depuis ≥ 24 mois et remplit les conditions de substance. Côté Belgique : exonération RDT 95 % → IS effectif ~1,25 % seulement.
12.3. Le test PPT (Principal Purpose Test) — MLI article 7
En 30 secondes — Le PPT MLI
Le Principal Purpose Test (PPT)introduit par l’article 7 du MLI BEPS (en vigueur FR-BE depuis 1/10/2019) est une clause anti-abus généralisée : si l’administration démontre que l’un des objets principaux d’un montage est l’obtention d’un avantage conventionnel (taux réduit, exonération), elle peut refuser cet avantagesauf si le contribuable prouve que l’avantage est conforme à l’objet et au but du traité. Contrairement à l’abus de droit français (art. L. 64 LPF, critère « exclusivement fiscal » durci à « principalement » en 2018), le PPT a une portée internationale uniforme sur 99 conventions bilatérales modifiées par le MLI.
Le test PPT est l’épée de Damoclès du montage. Critère : si l’un des objets principaux du montage est l’obtention d’un avantage conventionnel, et si l’octroi de cet avantage n’est pas conforme à l’objet et au but de la disposition conventionnelle, l’administration peut refuser l’avantage. Plein effet depuis le 1er octobre 2019. L’arrêt Sofina (CE 27/02/2019 n° 398662, CJUE C-575/17) a posé les premières balises.
12.4. Abus de droit L. 64 LPF — schémas typiques visés par CADF
L’article L. 64 du LPF (livre des procédures fiscales) — étendu en 2018 au critère « principal » (et non plus seulement « exclusivement ») — vise les montages fictifs ou ayant pour but principal d’éluder l’impôt. Saisine du CADF (Comité de l’abus de droit fiscal — organe consultatif DGFiP, saisissable par le contribuable depuis 2009), pénalités 80 %. En matière BV / dividendes, le CADF a censuré en 2024 plusieurs schémas où la BV n’avait ni bureau, ni salarié, ni activité économique propre — juste une boîte aux lettres.
12.5. Article 209 B CGI — sociétés étrangères contrôlées
L’article 209 B du CGIvise les sociétés étrangères contrôlées (CFC). Applicable si la BV est détenue > 50 % par des résidents français etsi l’imposition belge est < la moitié de l’IS français. La Belgique, IS à 25 %, est en règle générale hors du champ 209 B (vérifier au cas par cas pour les régimes RDT et innovation income deduction).
12.6. Cas pratique Stéphane — SAS Lyon + BV Bruxelles
Cas pratique nominatif — Stéphane, 52 ans, SAS Lyon + BV Bruxelles, 2,5 M€
SAS Lyon : capital 1 M€, résultat distribuable 200 k€/an. BV Bruxelles : holding patrimoniale, détient 100 % SAS Lyon depuis 2019 (> 24 mois). Substance économique réelle : bureau physique à Bruxelles, dirigeant Stéphane résident belge depuis 2020, comptes annuels déposés à la BCE belge (Banque Carrefour des Entreprises, registre des sociétés), IS belge acquitté, AG tenues.
Schéma viable — substance + ancienneté + finalités multiples
Distribution 200 k€ SAS → BV : RAS 0 % (art. 119 ter CGI + directive mère-fille). IS BE sur 5 % imposable (RDT 95 %) = 10 000 × 25 % = 2 500 €. Cash dans BV après IS = 197 500 €. PPT validé car (i) BV existe avant 2019, (ii) finance aussi des participations belges, (iii) avantage conventionnel mineur vs gain d’organisation patrimoniale.
Schéma à risque — BV créée en mars 2026 sans substance
BV créée en mars 2026 sans bureau ni salarié, juste pour capter les dividendes de l’année. PPT activable : avantage 119 ter refusé → RAS 15 % rétablie + pénalités 80 %. Coût additionnel ~70 000 €/an + redressement rétroactif et solidarité fiscale du dirigeant.
Note. Remonter le cash de la BV vers Stéphane en tant que personne physique belge déclenchera un nouvel impôt (IPP belge 30 % sur distribution). Le BV est un outil d’accumulation et de réinvestissement, pas un tunnel direct vers le portefeuille personnel.
Vous avez maintenant la matrice complète sur les 4 dimensions (revenus, IFI, immobilier, succession) et les schémas avancés (BV + PPT). Avant la conclusion, dernier filet de sécurité : les 8 erreurs classiques rencontrées en consultation transfrontalière Hagnéré Patrimoine 2024-2026 — chacune corrigée à temps économise de 1 500 € à 400 000 €.
13. 8 erreurs classiques à éviter (et comment les corriger)
Sur 12 articles concurrents lus en profondeur pour préparer ce guide, 8 contiennent au moins une erreur factuelle. Une seule de ces erreurs peut coûter de 1 500 € (oubli 3916) à 400 000 € (succession 3 M€ traitée comme si la convention 1959 était dénoncée). Vérifier votre situation contre cette check-list, c’est protéger votre patrimoine d’un sur-coût évitable.
1. Ce qu’on lit partout : « La convention succession 1959 est dénoncée »
FAUX. Décret 60-876 du 12/08/1960 toujours actif, BOI-INT-CVB-BEL-20-20120912 en vigueur au 27/05/2026. Confusion avec FR-Suisse 1953 (dénoncée 17/06/2014).
La réalité 2026
Convention 1959 pleinement applicable. Sur 3 M€ Marc & Sophie, ne pas l’appliquer coûte 350 à 400 k€ de droits supplémentaires.
2. Ce qu’on lit partout : « L’avenant 2021 est applicable en 2026 »
FAUX. Non ratifié ni en France ni en Belgique. Sources : Question AN 17-1362 (réponse 04/02/2025), Ferracci Sénat 24/06/2025, Delsol Avocats 28/01/2026.
La réalité 2026
Le corpus applicable reste : convention revenus 1964 + 4 avenants + MLI BEPS (PPT, arbitrage), plein effet 1/10/2019.
3. Ce qu’on lit partout : « CSG = prélèvement de solidarité »
FAUX. CSG et CRDS exonérées pour affiliés sécu UE (jurisprudence De Ruyter CJUE C-623/13). Seul le prélèvement de solidarité 7,5 % reste dû.
La réalité 2026
Article 235 ter CGI. Économie ≈ 9,7 points (17,2 − 7,5) sur toute PV immo de résident belge affilié sécu BE.
4. Ce qu’on lit partout : « PV immobilières à 18,6 % en 2026 »
FAUX. La hausse CSG 9,2 → 10,6 % (LFSS 2026 art. 12) ne touche PAS les PV immo des particuliers, maintenues à 17,2 % (art. L. 136-8 IV CSS).
La réalité 2026
PV immo des particuliers = 17,2 % maintenus, ou 7,5 % pour un résident belge affilié ONSS (De Ruyter). La hausse 18,6 % vise les dividendes, intérêts, PV mobilières, LMNP BIC, exit tax — pas l’immo.
5. Ce qu’on lit partout : « Régime frontalier toujours en vigueur »
FAUX. Avenant 12/12/2008 : gel 31/12/2011, extinction définitive 31/12/2033. Aucun nouveau frontalier admis depuis 2012.
La réalité 2026
Nouveau salarié franco-belge 2026 = imposition État d’exercice (art. 11 conv.). Bénéficiaires antérieurs au gel seuls maintenus sous conditions.
6. Ce qu’on lit partout : « 990 I s’applique si bénéficiaire FR »
INEXACT. Règle 6/10 ans à respecter (BOI-TCAS-AUT-60-20230330 § 100). Un bénéficiaire FR < 6/10 ans en France échappe au 990 I quand l’assuré est BE.
La réalité 2026
Matrice 4 cases (Assuré × Bénéficiaire) à appliquer systématiquement. Versements > 70 ans : régime 757 B sous convention 1959.
7. Ce qu’on lit partout : « RAS dividendes 15 % conventionnel »
SOUS-OPTIMAL. Le taux interne français à 12,8 % (art. 119 bis CGI) est plus favorable. QFIE 15 % belge obligatoire depuis Cass. BE 15/10/2020 F.19.0015.F.
La réalité 2026
Formulaires 5000-FR + 5001-FR, SIE Noisy-le-Grand. Pression fiscale 25,88 % au lieu de 38,96 % — gain 4 386 €/an sur 30 k€ de dividendes.
8. Ce qu’on lit partout : « Pas besoin de 3916 pour comptes Belgique »
FAUX. Obligation art. 1649 A CGI, sanction 1 500 €/compte (art. 1736 IV CGI). Extension 2021 aux comptes simplement « utilisés ».
La réalité 2026
Tout compte BNP Paribas Fortis, ING, KBC, Belfius : ouvert, détenu, utilisé ou clos = 3916 obligatoire. AV étrangère = 3916-BIS.
Bilan chiffré : chacune de ces erreurs corrigée à temps économise entre 1 500 € (oubli 3916) et 400 000 € (mauvaise structuration succession 3 M€). Mini-exemple : un retraité qui aurait taxé sa succession de 3 M€ sans appliquer la convention 1959 = +400 000 € de droits.
Vous avez désormais les 8 réflexes critiques. L’équipe Hagnéré Patrimoine identifie en moyenne 4 à 6 erreurs cumulées par dossier franco-belge audité — la facture évitée dépasse 50 k€ dans 1 dossier sur 3. Concluons sur les 3 choses à retenir pour 2026 — et la prochaine étape concrète pour sécuriser votre stratégie franco-belge.
14. Conclusion — les 3 choses à retenir pour 2026
Vous avez parcouru 14 chapitres, 5 cas chiffrés, 4 dimensions et plus de 30 sources officielles. Voici ce que vous devez absolument garder en tête au moment de boucler votre dossier patrimonial. Une stratégie franco-belge se joue à la marge : quelques arbitrages bien posés font la différence entre une transmission optimisée et un redressement à sept chiffres.
- Le bon corpus 2026. Convention revenus 1964 + 4 avenants + MLI BEPS (PPT, arbitrage) ; convention succession 1959 toujours en vigueur (décret 60-876) ; avenant 2021 non ratifié ; LFSS 2026 ciblée LMNP BIC uniquement ; LF 2026 maintient exit tax 2 / 5 ans.
- Les 4 dimensions à arbitrer simultanément. Revenus (RAS 12,8 % + QFIE 15 %) ; IFI (droit interne pur, art. 982 CGI) ; immobilier (19 % + 7,5 % De Ruyter) ; succession (convention 1959 + 3 régions belges).
- Les outils déclaratifs à ne JAMAIS oublier. 2042-NR + 2047, 2042-IFI (art. 982), 3916 + 3916-BIS, 2074-ETD pour exit tax, 5000-FR + 5001-FR pour récupérer la RAS excédentaire.
Concrètement, sur un patrimoine type Marc & Sophie 3 M€, une stratégie franco-belge optimisée fait économiser environ 350 000 € sur 20 ans par rapport à une gestion non coordonnée (cumul gain QFIE 25,88 % vs 38,96 %, optimisation 990 I via clause bénéficiaire, application correcte conv. 1959, choix du calendrier de cession SCI). C'est exactement le type d'arbitrages transfrontaliers que le cabinet Hagnéré Patrimoinesécurise au quotidien pour ses clients franco-belges, en s'appuyant sur les textes opposables 1964 + 1959 + MLI BEPS et sur une veille active (avenant 2021, LFSS 2026, jurisprudence Cass. 3/4/2025). Si votre horizon de vie inclut un retour en France à terme (départ à la retraite, succession, regroupement familial), anticipez dès maintenant la bascule de domiciliation avec notre guide retour France après expatriation.
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Cabinet enregistré ORIAS 14004526 (CIF/CNCGP, COBSP, COA), basé à Chambéry et habitué aux dossiers transfrontaliers FR-BE. Audit personnalisé sous 7 jours ouvrés.
FAQ — Convention fiscale France-Belgique 2026
Les 14 questions qui reviennent le plus souvent en rendez-vous patrimonial franco-belge, organisées en 4 thèmes (cadre juridique, revenus, patrimoine, succession). Réponses synthétiques arrêtées au 27 mai 2026 (sources opposables citées inline).
01Cadre juridique 2026
La convention fiscale France-Belgique de 1964 est-elle toujours en vigueur en 2026 ?▼
Quand la nouvelle convention signée le 9 novembre 2021 entrera-t-elle en application ?▼
Le statut de travailleur frontalier France-Belgique existe-t-il encore en 2026 ?▼
Existe-t-il une convention fiscale France-Belgique en matière de succession ?▼
02Revenus et dividendes
Comment éviter la double imposition entre la France et la Belgique ?▼
Qui paie l'impôt en cas de double résidence France-Belgique ?▼
Faut-il déclarer ses revenus belges en France (cases 1AG, 1BG, formulaire 2047) ?▼
Quel est le taux de retenue à la source sur les dividendes français pour un résident belge (12,8 %, 15 %) ?▼
Comment récupérer la retenue à la source française excédentaire et obtenir la QFIE belge ?▼
03Patrimoine et immobilier
Un résident belge doit-il payer l'IFI sur ses biens immobiliers français au-dessus de 1,3 M€ ?▼
Un résident belge qui vend un appartement à Paris paie-t-il l'impôt en France ou en Belgique (19 % + 7,5 %) ?▼
Comment fonctionne la SCI française pour un résident belge (transparente FR / opaque BE + taxe Caïman) ?▼
04Succession et assurance-vie
Quelles sont les différences de droits de succession entre la Wallonie, Bruxelles et la Flandre ?▼
L'article 990 I CGI s'applique-t-il quand le souscripteur ou le bénéficiaire vit en Belgique ?▼
La Belgique est-elle vraiment un avantage fiscal pour un Français expatrié (au-delà du mythe) ?▼
Dernière mise à jour : 27 mai 2026. Article rédigé selon la convention franco-belge du 10 mars 1964 modifiée par avenants (15/02/1971, 8/02/1999, 12/12/2008, 7/07/2009) et l’instrument multilatéral OCDE en vigueur au 1/10/2019, la convention France-Belgique sur les successions du 20 janvier 1959, la loi de finances 2026, la LFSS 2026 (LOI n° 2025-1403 du 30/12/2025), et la jurisprudence française et belge connue à cette date.
Hagnéré Patrimoine — SAS, siège social 7 Rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry, immatriculée au RCS de Chambéry, immatriculée à l’ORIAS sous le numéro 14004526 (vérifiable sur orias.fr) en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCGP, courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP) et courtier d’assurance (COA).
Conformément à l’article L. 533-13 du Code monétaire et financier, cet article ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les informations relatives à la fiscalité, à la convention 1964/1959, aux barèmes des trois régions belges et aux jurisprudences citées sont susceptibles d’évoluer postérieurement à la date de publication. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour une analyse adaptée à votre cas franco-belge, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.
Contact : contact@hagnere-patrimoine.fr — +33 3 74 47 20 18 — www.hagnere-patrimoine.fr

