Sommaire
- 1. L'essentiel en 60 secondes
- 2. Avant de commencer : les 5 prérequis
- 3. PEA, CTO ou AV : quelle enveloppe ouvrir en premier ?
- 4. Votre premier ETF : pourquoi le MSCI World est la bonne réponse
- 5. Combien investir pour débuter en 2026 ?
- 6. La méthode DCA : la seule qui marche à coup sûr
- 7. Gestion passive vs active : qui gagne vraiment ?
- 8. Quel courtier choisir pour un PEA débutant en 2026 ?
- 9. Comprendre les frais (TER, courtage, spread, PFOF)
- 10. Les 10 erreurs à éviter — avec leur coût chiffré
- 11. Vais-je perdre tout mon argent ?
- 12. Dois-je attendre une baisse des marchés ?
- 13. Rembourser mon prêt ou investir en Bourse ?
- 14. 6 cas pratiques chiffrés
- 15. Votre premier achat pas à pas
- 16. FAQ
- 17. Sources et disclaimer
1. L'essentiel en 60 secondes
Publié le 21 avril 2026 · Mis à jour le 21 avril 2026 · Par Quentin Hagnéré (CIF, COA, COBSP)
Pour débuter en Bourse en 2026, la méthode Hagnéré Patrimoine tient en trois étapes : ouvrez un PEA avec 100 € pour lancer l'horloge fiscale des 5 ans, investissez chaque mois sur un ETF Monde (Amundi PEA MSCI World, TER 0,20 %), tenez la discipline 10 à 30 ans. Résultat attendu sur la base historique : 7 à 8 % par an, capital doublé tous les 10 ans environ.
Références légales et réglementaires mobilisées
- CoMoFi : art. L221-30 à L221-32-2 (PEA, PEA-PME, PEA Jeunes)
- CGI : art. 157 5° bis (exonération PEA > 5 ans), 200 A (PFU), 990 I / 757 B (AV succession)
- LFSS 2026 : loi 2025-1403 du 30/12/2025 art. 12 — PS 18,6 % sur revenus mobiliers
- Directive UCITS 2009/65/CE modifiée UCITS V — cadre des ETF européens
- Règlement PRIIPs (UE) 1286/2014 — KID obligatoire depuis le 01/01/2023
- Directive MIF II 2014/65/UE + CMF L533-13 — questionnaire connaissance/expérience
- Décret 2020-95 du 05/02/2020 — plafonnement des frais PEA
- Loi PACTE 2019-486 du 22/05/2019 — retrait libre après 5 ans
Soyons directs : la Bourse fait peur. Elle est entourée de mythes, de jargon, de chiffres incompréhensibles, de gourous qui promettent la fortune, d'histoires de gens qui ont tout perdu. Ce guide va déconstruire tout cela. Non pas en vous promettant la lune, mais en vous montrant que la bonne méthode est d'une simplicité presque décevante — tellement simple que vous vous demanderez pourquoi personne ne vous l'a expliquée plus tôt.
Les 4 vérités que personne ne vous dit franchement
| # | Vérité | Implication pratique |
|---|---|---|
| 1 | Personne ne peut prédire les marchés | Arrêtez de chercher le bon moment. Investissez maintenant. |
| 2 | Les ETF passifs battent 93 % des fonds actifs sur 10 ans | Payez 0,20 % de frais, pas 2 %. |
| 3 | Le temps compte plus que le montant | 50 €/mois dès 23 ans bat 200 €/mois dès 40 ans. |
| 4 | La Bourse sur 20 ans est moins risquée que le Livret A | L'inflation détruit le Livret A. Les actions la battent. |
Concrètement, si vous lisez cette page aujourd'hui, vous avez deux actions à mener dans les 7 jours : ouvrir un PEA en ligne (20 minutes chez Bourse Direct, Fortuneo ou Trade Republic) et mettre en place un virement automatique mensuel. Ces deux gestes, qui vous prendront moins d'une heure au total, valent entre 50 000 € et 300 000 € de capital final selon votre âge, votre versement et votre discipline. Presque rien d'autre ne mérite ce ratio effort/récompense.
Mini-glossaire des 14 sigles à connaître
- ETF — Exchange-Traded Fund : fonds indiciel coté en continu en Bourse (équivalent français : tracker)
- PEA — Plan d'Épargne en Actions (art. L221-30 et suivants du Code monétaire et financier)
- CTO — Compte-Titres Ordinaire : enveloppe boursière standard sans avantage fiscal
- AV — Assurance-Vie : enveloppe combinant fonds euros et unités de compte
- TER — Total Expense Ratio : frais annuels d'un ETF prélevés sur la valeur du fonds
- PFU — Prélèvement Forfaitaire Unique, « flat tax » : 31,4 % en 2026 (12,8 % IR + 18,6 % PS)
- PS — Prélèvements Sociaux : 18,6 % en 2026 sur les revenus mobiliers (LFSS 2026)
- TMI — Tranche Marginale d'Imposition (0, 11, 30, 41 ou 45 % selon les revenus)
- DCA — Dollar Cost Averaging : investir la même somme à intervalles réguliers
- ISIN — International Securities Identification Number : identifiant unique à 12 caractères d'un titre
- UCITS — Undertakings for Collective Investment in Transferable Securities : cadre européen des OPCVM (directive 2009/65/CE)
- Acc / Dist — Version capitalisante (Acc, réinvestit les dividendes) ou distribuante (Dist, verse les dividendes). Privilégiez Acc pour accumuler.
- Drawdown — Baisse maximale d'un indice depuis son plus-haut (ex. -54 % sur MSCI World en 2008-2009)
- MSCI World — Indice de Morgan Stanley suivant 1 500 grandes et moyennes capitalisations dans 23 pays développés
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2. Avant de commencer : les 5 prérequis
« La Bourse, c'est un casino ! » — vraiment ?
C'est l'objection numéro 1 des entourages. Elle est pourtant fausse mathématiquement. Au casino, l'espérance de gain est négativepour le joueur : la maison encaisse toujours un pourcentage sur chaque mise. En Bourse indicielle mondiale, l'espérance est positive : vous détenez des fragments de 1 500 entreprises qui produisent, vendent et versent des dividendes. La valeur créée par l'économie mondiale vous revient proportionnellement à votre détention. C'est l'inverse mathématique du casino. Ce qui ressemble à du casino — le trading journalier, les CFD, les options spéculatives — perd effectivement 89 % des clients selon l'étude AMF. Ce que nous allons faire ici (ETF Monde, DCA, 20-30 ans) n'a rien à voir.
Avant d'investir un seul euro en Bourse, cinq étapes doivent être validées. Elles peuvent paraître ennuyeuses, mais elles sont la différence entre un investisseur qui tient 30 ans et un débutant qui panique et vend au pire moment.
Prérequis 1 — Une épargne de précaution
Placez d'abord 3 à 6 mois de dépenses sur un Livret A (1,5 % net depuis le 01/02/2026), un LDDS ou un LEP si vous y avez droit. Cette épargne est votre filet de sécurité en cas de coup dur : perte d'emploi, panne de voiture, problème de santé. Sans elle, vous serez obligé de vendre vos actions au mauvais moment en cas d'imprévu.
Prérequis 2 — Pas de dettes coûteuses
Remboursez en priorité tout crédit à la consommation (taux 4 à 20 %). Rembourser un crédit conso à 8 %, c'est garantir 8 % de rendement net d'impôt — personne ne vous offre cela sur un ETF. En revanche, un prêt immobilier à 3 % ne justifie pas de reporter l'investissement (on y revient en section 13).
Prérequis 3 — Prévoyance de base
Si vous êtes salarié, votre employeur couvre probablement l'essentiel. Si vous êtes indépendant (TNS, profession libérale), vérifiez que vous avez une prévoyance décès et arrêt de travail. Sans filet de protection, une maladie ou un accident peut détruire des années d'épargne en quelques mois.
Prérequis 4 — Un horizon clair
Définissez à quel horizon vous voulez utiliser cet argent. Moins de 5 ans : pas de Bourse, restez sur les livrets ou le fonds euros. Entre 5 et 10 ans : la Bourse devient raisonnable avec une allocation prudente (50 % actions, 50 % fonds euros). Plus de 10 ans : vous pouvez vous permettre 80 à 100 % d'actions via des ETF.
Prérequis 5 — Connaître sa tolérance au risque
Posez-vous honnêtement cette question : si mon portefeuille perd 30 % en 6 mois, vais-je vendre ? Si la réponse est oui, réduisez votre exposition actions. Si c'est non, vous êtes prêt pour 80-100 % d'actions. Il n'y a pas de bonne ou mauvaise réponse — seulement une réponse qui correspond à votre tempérament.
Statistiques officielles AMF — les chiffres qui doivent vous alerter
L'AMF a publié plusieurs études marquantes qui justifient pourquoi la méthode compte autant que l'actif choisi :
- 89 % des clients trading CFD/Forex perdent de l'argent sur 4 ans (perte moyenne 10 900 €, étude AMF 2009-2012)
- 405 sites ajoutés à la liste noire AMF en 2025
- 3,2 % des Français déjà victimes d'arnaque placement (vs 1,2 % en 2021)
- 1,7 million d'investisseurs actifs en Bourse en 2024 (+21,5 % vs 2022 — le mouvement s'accélère)
- 2,3 millions de transactions sur ETF au T1 2025 (+130 % vs 2024)
3. PEA, CTO ou AV : quelle enveloppe ouvrir en premier ?
C'est la première décision, et la plus importante. La mauvaise enveloppe peut vous coûter 30 à 40 % de rendement cumulé sur 20 ans — à cause de l'impôt. Bonne nouvelle : le choix est simple pour 95 % des débutants.
Le PEA : la réponse par défaut
L'image mentale : le PEA est une enveloppe fiscale étanche. À l'intérieur, vous pouvez acheter, vendre, arbitrer autant de fois que vous voulez, rien n'est taxé tant que l'argent reste dedans. Vous ne payez l'impôt qu'au moment où vous ouvrez l'enveloppe pour en sortir les fonds. Et si vous attendez 5 ans, la sortie est presque gratuite : 0 % d'IR, seulement 18,6 % de prélèvements sociaux (LFSS 2026).
Contraintes : un seul PEA par personne, plafond 150 000 €, supports limités aux actions UE/EEE et aux ETF éligibles (dont les ETF synthétiques qui exposent au monde entier — plus de détails en section 4).
Le CTO : pour tout ce que le PEA ne peut pas loger
Le compte-titres ordinaire est un compte technique sans avantage fiscal. Chaque gain est taxé au PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS, LFSS 2026). En contrepartie : aucune règle d'éligibilité, aucun plafond, aucune durée minimale. Utile pour investir en actions américaines en direct, en obligations, en SCPI, en crypto-ETN. Pour un débutant pur, le CTO n'est pas prioritaire.
L'assurance-vie : pour le long terme et la succession
L'assurance-vie combine fonds euros (capital garanti, 2 à 3,5 % en 2026) et unités de compte (actions, ETF, SCPI). Après 8 ans, fiscalité avantageuse : PFU 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes + 17,2 % PS, avec abattement annuel 4 600 € célibataire ou 9 200 € couple (art. 125-0 A CGI). Surtout : succession très avantageuse (abattement 152 500 € par bénéficiaire, art. 990 I CGI). Pour un débutant qui vise la capitalisation pure, l'AV vient en second après le PEA.
| Enveloppe | Après maturité | Ancienneté | Plafond |
|---|---|---|---|
| PEA | 0 % IR + 18,6 % PS | 5 ans | 150 000 € |
| Assurance-vie | 7,5 % IR + 17,2 % PS (après 8 ans, avec abattement) | 8 ans | Aucun |
| CTO | PFU 31,4 % ou barème + 18,6 % PS | Aucune | Aucun |
Concrètement, pour un débutant de moins de 50 ans, l'ordre recommandé par Hagnéré Patrimoine est PEA d'abord (capitalisation fiscalement imbattable), assurance-vie ensuite (8 ans pour démarrer l'horloge fiscale, succession optimisée), CTO en dernier (supports exotiques uniquement). Pour approfondir, voir notre guide PEA vs CTO 2026.
L'horloge fiscale du PEA : le geste qui vaut 5 ans
Le délai de 5 ans du PEA commence à courir à partir de la date d'ouverture du plan, pas de la date du premier versement lourd. Ouvrir un PEA avec 100 € aujourd'hui, même si vous ne l'alimentez sérieusement que dans 2 ans, vous fait économiser 2 années de maturité fiscale. C'est probablement l'un des meilleurs arbitrages patrimoniaux possibles : coût symbolique, bénéfice potentiel de plusieurs milliers d'euros d'IR économisés.
4. Votre premier ETF : pourquoi le MSCI World est la bonne réponse
Un ETF (Exchange-Traded Fund) est un fonds indiciel coté en continu en Bourse. Il replique un indice (MSCI World, S&P 500, CAC 40…) à très faibles frais. Un seul ETF MSCI World vous expose à 1 500 grandes entreprises dans 23 pays développés — une diversification impossible à répliquer manuellement.
Image mentale : le panier prérempli du supermarché mondial
Imaginez un caddie de courses déjà rempli avec un peu de tous les produits essentiels du supermarché mondial : Apple, Microsoft, Nvidia, LVMH, Nestlé, Samsung, Toyota… L'ETF MSCI World, c'est ce caddie. Vous n'avez pas à choisir produit par produit — quelqu'un l'a fait pour vous, à prix coûtant (0,20 % par an), en suivant simplement la taille de chaque entreprise sur le marché mondial.
Sur PEA : Amundi PEA MSCI World (DCAM)
Le PEA exige que 75 % des actifs détenus soient des actions UE/EEE (art. L221-31 CoMoFi). Les émetteurs contournent cette règle avec des ETF synthétiques : le fonds détient physiquement des actions européennes, puis échange leur performance contre celle du MSCI World via un contrat de swap avec une contrepartie bancaire. Le résultat pour vous : une performance identique au MSCI World mondial, avec une enveloppe PEA parfaitement conforme.
Notre référence : Amundi PEA Monde (MSCI World) UCITS ETF Acc, ticker DCAM, ISIN FR001400U5Q4, TER 0,20 % par an. Lancé en mars 2025, il a franchi les 700 M€ d'encours en avril 2026. Pour approfondir, consultez notre sélection dans Meilleurs ETF PEA 2026.
Sur CTO : iShares Core MSCI World (IWDA)
Hors du PEA, pas de contrainte UE. L'iShares Core MSCI World UCITS ETF Acc (ticker IWDA ou EUNL, ISIN IE00B4L5Y983, TER 0,20 %) réplique physiquement l'indice en détenant réellement les 1 500 actions. Encours supérieur à 100 milliards d'euros début 2026 — c'est l'ETF Monde le plus liquide d'Europe. Sa domiciliation irlandaise (ISIN commençant par IE) offre un avantage fiscal invisible mais réel : convention fiscale avec les États-Unis qui réduit la retenue à la source sur dividendes US de 30 % à 15 % — soit environ 0,15 à 0,30 % de rendement supplémentaire par an par rapport à un ETF luxembourgeois ou français.
Pourquoi pas un ETF S&P 500 ou un ETF Europe ?
Un ETF S&P 500 expose uniquement aux 500 plus grandes entreprises américaines. Performance historique : excellente. Risque : concentration géographique. Un ETF Europe souffre du même biais inverse. Le MSCI World intègre déjà 70 % d'actions américaines (pondération par capitalisation). Vous bénéficiez donc du dynamisme US tout en diversifiant sur 22 autres pays. Pour un débutant, c'est le meilleur compromis.
L'effet des intérêts composés : la huitième merveille du monde
Einstein aurait dit que les intérêts composés sont « la plus grande force de l'univers ». Petit calcul concret pour 100 € par mois investis sur un ETF Monde à 7 % annualisés :
- Après 10 ans : ≈ 17 300 € (pour 12 000 € versés, soit +5 300 € de gains)
- Après 20 ans : ≈ 52 100 € (pour 24 000 € versés, soit +28 100 € de gains)
- Après 30 ans : ≈ 122 000 € (pour 36 000 € versés, soit +86 000 € de gains)
- Après 40 ans : ≈ 262 500 € (pour 48 000 € versés, soit +214 500 € de gains)
Remarquez : la différence entre 30 et 40 ans (+140 500 €) est supérieure à tout ce que vous aurez gagné dans les 30 premières années. La durée est le vrai moteur.
5. Combien investir pour débuter en 2026 ?
C'est la question que tout débutant se pose — et souvent celle qui paralyse le plus. La vérité : il n'y a pas de bon montant. Il y a le montant que vous pouvez tenir tous les mois sans y penser.
La règle des 10 % : la plus simple
Objectif raisonnable : investir 10 % de votre revenu net en Bourse dès que vos prérequis sont validés. Pour un salaire de 2 000 € net, cela fait 200 € par mois. Pour 3 500 € net, 350 € par mois. Pour 6 000 € net, 600 € par mois. Ce n'est pas un plafond — si vous pouvez faire plus et que vous le tenez, faites plus. Et si 10 % c'est trop, commencez à 5 %, ou même à 50 € fixes. Un petit montant régulier bat toujours un grand montant ponctuel irrégulier.
Simulations chiffrées — capital final à 7 % annualisés
| Versement mensuel | 10 ans | 20 ans | 30 ans | 40 ans |
|---|---|---|---|---|
| 50 € | 8 700 € | 26 200 € | 61 000 € | 131 200 € |
| 100 € | 17 400 € | 52 400 € | 122 000 € | 262 500 € |
| 300 € | 52 200 € | 157 200 € | 366 100 € | 787 400 € |
| 500 € | 87 000 € | 262 000 € | 610 200 € | 1 312 400 € |
| 800 € | 139 200 € | 419 200 € | 976 300 € | 2 099 900 € |
Concrètement, 100 € par mois pendant 30 ans vous donne 122 000 € net avant impôts, pour seulement 36 000 € versés. Si vous avez 30 ans aujourd'hui, vous aurez cette somme à 60 ans — soit de quoi financer 4 à 5 ans de complément de retraite. Et si vous poussez à 300 €/mois, c'est 366 000 €. La Bourse n'est pas réservée aux riches : elle crée des riches patients.
Un repère utile pour un débutant : 50 € par mois, c'est l'équivalent d'un abonnement à la salle de sport ou de deux dîners au restaurant. Renoncer à l'un des deux à 23 ans revient, à 63 ans, à 131 000 € de capital. 100 € par mois, c'est à peu près le coût d'un abonnement téléphonique premium + streaming vidéo + une sortie par mois. Transformer ce type d'habitude en versement automatique est probablement l'un des meilleurs arbitrages financiers possibles.
L'allocation actions selon votre âge
Au-delà du montant versé, votre répartition entre actions (ETF) et placements sans risque (Livret A, fonds euros) doit refléter votre horizon. Une règle ancienne mais robuste : « 100 moins votre âge » en actions. À 30 ans, 70 % actions. À 50 ans, 50 %. À 70 ans, 30 %. Cette règle donne un ordre de grandeur honnête, à ajuster selon votre tolérance réelle au risque et votre situation (revenus stables vs variables, famille, prévoyance).
| Tranche d'âge | Actions (ETF) | Sans risque (fonds euros, Livret A) | Logique |
|---|---|---|---|
| 20-30 ans | 90-100 % | 0-10 % | Horizon long (35-45 ans), volatilité absorbable |
| 30-40 ans | 80-90 % | 10-20 % | Début de charges familiales, coussin utile |
| 40-50 ans | 70-80 % | 20-30 % | Patrimoine significatif, protection progressive |
| 50-60 ans | 50-70 % | 30-50 % | Pré-retraite, séquence de rendements critique |
| 60 ans et plus | 30-50 % | 50-70 % | Retraits possibles, priorité à la stabilité |
Concrètement, pour un débutant de 30 ans, viser 80-90 % actions et 10-20 % Livret A/fonds euros est cohérent. La glisse vers plus de sécurité se fait progressivement, au rythme d'environ 1 point d'actions en moins par an à partir de 50 ans (« glide path »).
Que faire si vous avez 10 000 €, 50 000 €, 100 000 € d'un coup ?
Si vous recevez une somme ponctuelle (héritage, prime, vente), la question change. Vaut-il mieux tout investir en une fois (lump sum) ou étaler sur 12 à 24 mois ? Statistiquement, investir immédiatement bat le DCA dans environ 67 % des cas (étude Vanguard 2012), car les marchés montent plus souvent qu'ils ne baissent. Mais psychologiquement, le DCA est plus supportable pour un débutant. Notre recommandation : étaler sur 6 à 12 mois si le montant dépasse 10 000 €. Pour des montants précis, consultez nos guides dédiés : Investir 10 000 €, Investir 50 000 €, ou Placer 100 000 €.
6. La méthode DCA : la seule qui marche à coup sûr
Le DCA (Dollar Cost Averaging, qu'on traduit par « investissement programmé ») consiste à verser la même somme à la même fréquence, peu importe le niveau des marchés. Ce n'est pas une stratégie de spéculation, c'est une discipline. Et c'est précisément pour cela qu'elle fonctionne.
Image mentale : le rendez-vous mensuel
Le DCA, c'est comme un rendez-vous chez le dentiste tous les 6 mois : vous n'y pensez pas le reste du temps, mais vous y allez. Pas d'émotions. Pas de « je crois que le marché va baisser, j'attends ». Pas de « le marché est haut, j'arrête ». Le 5 du mois, 200 € partent automatiquement sur votre PEA. Point. Dans 20 ans, vous ouvrirez le relevé, et vous serez surpris du résultat.
Pourquoi le DCA fonctionne
Le DCA lisse mécaniquement votre prix d'achat. Quand les marchés baissent, votre versement achète plus de parts (moins chères). Quand ils montent, vous en achetez moins (plus chères). Sur 10 ou 20 ans, votre prix de revient moyen se rapproche du prix moyen historique. Vous ne gagnerez pas en timant parfaitement le marché — mais vous ne perdrez pas non plus en timant mal.
Surtout, le DCA vous protège de vous-même. La pire ennemie d'un investisseur débutant, ce ne sont pas les marchés : c'est son cerveau. Peur en période de baisse, euphorie en période de hausse. Un virement automatique élimine l'intervention émotionnelle.
Mettre en place un DCA en 10 minutes
- Sur votre compte courant, créez un virement permanent vers votre PEA, par exemple le 5 de chaque mois.
- Montant : ce que vous pouvez tenir sans stress (50, 100, 300 €…).
- Chez votre courtier, programmez un ordre d'achat automatique sur votre ETF MSCI World (fonction « plan d'épargne » disponible chez Trade Republic, BoursoBank, Fortuneo).
- Si votre courtier n'offre pas cette automatisation, passez votre ordre manuellement le 6 du mois (5 minutes).
- Ne regardez votre portefeuille que deux fois par an maximum. Pas plus.
Rééquilibrer une fois par an
Au fil du temps, la partie actions de votre portefeuille dérivera de sa cible. Si vous visiez 80 % actions / 20 % sans risque et qu'après 3 années haussières vous êtes à 88 % / 12 %, il faut rééquilibrer. La méthode optimale : rééquilibrer par les flux entrants — orienter les prochains versements vers le sous-jacent sous- pondéré, sans vendre quoi que ce soit. Cela évite de déclencher de la fiscalité et capture mécaniquement l'effet « vendre haut, acheter bas ». Une fois par an (janvier par exemple) suffit. Plus souvent devient contre-productif.
Optimiser votre allocation long terme
Nos conseillers (CIF, COA, COBSP) construisent une stratégie sur-mesure selon votre âge, votre TMI et votre horizon. Bilan patrimonial offert sans engagement.
7. Gestion passive vs active : qui gagne vraiment ?
Le débat est tranché depuis 30 ans par les études académiques. Il ne l'est pas toujours dans les discours commerciaux — pour une raison simple : la gestion active rapporte beaucoup aux gérants, la gestion passive presque rien. Mais cette section n'est pas un avis, c'est un constat chiffré.
Définitions
La gestion passive consiste à acheter un ETF qui réplique un indice (MSCI World, S&P 500) et à détenir longtemps. Frais typiques : 0,10 à 0,40 % par an. La gestion active consiste à payer un gérant humain pour sélectionner des titres qu'il pense capables de battre le marché. Frais typiques : 1,5 à 3 % par an.
Les études SPIVA : le verdict
Le rapport SPIVA (S&P Indices Versus Active), publié chaque semestre par S&P Dow Jones Indices, compare systématiquement les fonds actifs à leur indice de référence. Résultats 2024 :
- 93 % des fonds actions Europe ont sous-performé le S&P Europe 350 sur 10 ans
- Plus de 90 % des fonds actions US ont sous-performé le S&P 500 sur 15 ans
- 87 % des fonds actions France ont sous-performé le CAC All-Tradable sur 10 ans
Traduit en langage courant : 9 fonds actifs sur 10 perdent face à un simple ETF indiciel, sur 10 ans et plus. Et encore, ces statistiques ne tiennent pas compte des fonds qui ferment discrètement (biais de survie). La réalité est probablement pire.
Pourquoi la gestion active perd
Trois raisons mathématiques : les frais (2 % vs 0,20 %, c'est 1,8 point de pourcentage de retard par an à compenser), les coûts de transaction (le turnover— taux de rotation du portefeuille — d'un fonds actif est 5 à 10 fois supérieur à celui d'un ETF), et la loi des moyennes (statistiquement, battre le marché sur 30 ans est quasi impossible sans chance). Warren Buffett lui-même recommande les ETF indiciels à sa propre femme pour l'héritage qu'il lui laissera.
Impact des frais sur 25 ans Capital final = V0 × (1 + r - frais)^n Pour V0 = 50 000 €, r = 8 % brut, n = 25 ans : - Frais 0,30 % (ETF) -> 320 000 € - Frais 2,00 % (fonds actif) -> 215 000 € - Différence = 105 000 € perdus, simplement à cause des frais
8. Quel courtier choisir pour un PEA débutant en 2026 ?
En 2026, le choix est simple : éviter les banques traditionnelles (frais 5 à 10 fois plus élevés que les courtiers en ligne). Trois acteurs dominent pour un débutant qui veut un PEA simple et économique.
| Courtier | Frais ordre < 500 € | Frais garde | Spécificité débutant |
|---|---|---|---|
| Bourse Direct | 0,99 € | 0 € | Low-cost référence, interface dense |
| Fortuneo Starter | 0 € (1ᵉʳ ordre/mois < 500 €) | 0 € | Idéal DCA mensuel, premier ordre gratuit |
| Fortuneo Trader | 1,95 € | 0 € | Compte rémunéré possible |
| Trade Republic PEA | 1 € fixe | 0 € | Plans d'épargne auto dès 1 €, interface moderne, lancé 01/2025 |
| BoursoBank (Classic) | 1,99 € | 0 € | Banque + courtage, offre bancaire intégrée |
| Saxo Banque | 0,08 % min 2 € (CTO uniquement) | 0-0,12 %/an | Pour profils avancés, 22 000 valeurs |
Concrètement, pour un débutant qui veut mettre en place un DCA mensuel de 100 à 500 € : Fortuneo Starter est probablement le meilleur choix (premier ordre gratuit chaque mois). Alternative : Trade Republic PEA (plans d'épargne automatisés, interface smartphone-first) ou Bourse Direct (si vous voulez rester sur un courtier français historique à 0,99 €).
Les 3 critères qui comptent vraiment
- Frais de courtage : moins de 2 € par ordre en dessous de 500 €.
- Disponibilité de l'ETF MSCI World PEA (DCAM ou équivalent Amundi).
- Facilité du virement automatique et du plan d'épargne programmé.
L'ergonomie de l'interface compte aussi. Si vous vous sentez perdu, vous n'achèterez jamais. Trade Republic est probablement le plus accessible pour un débutant total. Bourse Direct demande un minimum d'habitude.
9. Comprendre les frais (TER, courtage, spread, PFOF)
Les frais sont le deuxième facteur de performance long terme, après la durée. Image mentale : les frais, c'est une petite fuite dans un seau. Imperceptible chaque jour, catastrophique sur 25 ans. Un point de frais annuel en moins, c'est 30 à 40 % de capital final en plus sur la même durée. Il existe plusieurs couches de frais — et certains sont cachés.
Le TER (Total Expense Ratio)
Le TER est le pourcentage annuel de frais prélevés directement sur la valeur de l'ETF par l'émetteur. Il couvre la gestion, l'administration, la distribution. Fourchette 2026 : 0,12 % (ETF S&P 500 synthétique PEA) à 0,40 % (ETF thématiques). Pour un ETF Monde PEA : 0,20 % est la norme. Vous ne le voyez jamais sur votre relevé — il est déjà déduit de la valeur quotidienne du fonds.
Les frais de courtage
Chaque ordre d'achat ou de vente coûte un montant facturé par le courtier. Depuis le décret 2020-95 du 5 février 2020, les frais du PEA sont plafonnés : 10 € à l'ouverture, 0,5 % par ordre en ligne maximum. Les courtiers en ligne facturent souvent bien en dessous (0,99 à 1,99 € par ordre).
Le spread : le frais caché
Le spread est la différence entre le prix d'achat (ask, prix demandé) et le prix de vente (bid, prix offert) d'un ETF à un instant donné. Si vous achetez à 100 € et que quelqu'un d'autre peut vendre au même moment à 99,95 €, vous payez 0,05 % de « frottement ». Sur un ETF liquide comme l'Amundi PEA MSCI World, le spread est de 0,02 à 0,10 %. Sur un ETF peu liquide (thématique, exotique), il peut monter à 0,30 %. Conseil : privilégier les ETF à fort encours (plus de 500 M€) pour limiter le spread.
Le PFOF : le coût caché du courtier « gratuit »
Certains courtiers (Trade Republic, XTB, Etoro en partie) affichent des frais « à partir de 1 € » ou « zéro commission ». Comment gagnent-ils de l'argent ? Principalement via le PFOF (Payment For Order Flow, littéralement « paiement pour flux d'ordres ») : ils vendent vos ordres à des market makers (teneurs de marché) qui, en échange, offrent un spread légèrement défavorable. Le coût est invisible pour le client mais réel : 0,05 à 0,15 % par ordre en moyenne.
Budget frais total annuel réaliste pour un débutant PEA
Pour un PEA de 10 000 € avec 100 €/mois de versements (12 ordres/an) chez un courtier en ligne :
- TER ETF Monde : 0,20 % × 10 000 € = 20 €/an
- Courtage : 12 ordres × 1 € = 12 €/an
- Tenue de compte PEA : 0 à 40 €/an (max selon décret 2020-95)
- Spread implicite : environ 10 €/an
- Total : 42 à 82 €/an, soit 0,42 à 0,82 % de l'encours
À comparer aux 2 à 3 % d'un contrat d'assurance-vie bancaire avec unités de compte en gestion active — soit 4 à 6 fois plus cher par an. Sur 25 ans, c'est 30 à 40 % de capital final en moins.
10. Les 10 erreurs à éviter — avec leur coût chiffré
Ces erreurs sont celles qu'on voit tous les jours en cabinet. Chacune a un coût réel que nous avons essayé de chiffrer. Le but : les rendre viscérales. Quand on sait qu'une erreur vaut 18 000 €, on ne la fait plus.
| # | Erreur | Coût moyen estimé (sur 20 ans) |
|---|---|---|
| 1 | Attendre « le bon moment » pour commencer | 30 000 à 80 000 € de manque à gagner |
| 2 | Vendre en panique après -30 % | 20 000 € perdus + 30 000 € de rebond raté |
| 3 | Investir sur des actions individuelles sans diversifier | Risque binaire 0 ou 100 % de perte |
| 4 | Choisir un fonds actif à 2 % de frais | 30 à 40 % de capital final en moins |
| 5 | Ouvrir un CTO avant un PEA | 12,8 % d'IR payés inutilement sur chaque gain |
| 6 | Arrêter le DCA pendant une baisse | Acheter des parts moins chères raté |
| 7 | Trader CFD / options / crypto spéculative | 89 % des clients perdent (AMF) |
| 8 | Ne pas lire le KID avant d'acheter | Risque de souscrire un produit mal compris |
| 9 | Suivre les réseaux sociaux (finfluenceurs) | Conflits d'intérêt cachés, conseils non réglementés |
| 10 | Regarder son portefeuille tous les jours | Stress, prises de décision émotionnelles, abandon |
Concrètement, l'erreur numéro 1 — attendre — est de loin la plus coûteuse. Si vous avez hésité pendant 5 ans avant d'ouvrir un PEA, à 300 € par mois, ce sont 18 000 € de versements qui n'ont pas généré d'intérêts composés. En capital final à 65 ans, cela peut représenter plus de 50 000 € de manque à gagner. Le coût de l'inaction est toujours supérieur au coût d'une erreur de gestion active.
11. Vais-je perdre tout mon argent ?
C'est la question que les débutants n'osent pas poser — et celle qui les paralyse le plus. Réponse directe : non, statistiquement non, vous ne perdrez pas tout sur un ETF Monde. Mais soyons honnêtes sur ce que vous allez vivre.
Les drawdowns historiques du MSCI World
Un drawdown est la baisse maximale subie par un indice depuis son plus-haut. Voici les principaux chocs que le MSCI World a traversés depuis 30 ans :
- 2000-2003 (bulle internet) : -49 % du MSCI World — récupération complète en 5 ans
- 2008-2009 (crise financière) : -54 % — récupération en 4 ans
- 2011 (crise de la dette européenne) : -20 % — récupération en 1 an
- 2020 (Covid) : -34 % sur 1 mois — récupération en 5 mois
- 2022 (inflation / guerre Ukraine) : -19 % — récupération en 2 ans
Dans tous les cas, l'indice a fini par battre son plus-haut précédent. Dans tous les cas, un investisseur en DCA qui a continué à verser pendant la baisse a récupéré bien au-delà de son capital initial.
Ce que vous allez vraiment ressentir lors du premier krach
Soyons concrets. Vous avez ouvert votre PEA il y a 18 mois. Vous avez versé 200 €/mois, soit 3 600 €. Votre portefeuille en vaut 3 900 € (un peu plus que les versements, grâce à la performance). Et là, krach. En 6 semaines, le MSCI World perd 35 %. Votre portefeuille tombe à 2 535 €. Vous venez de perdre 1 365 € — deux mois de salaire net pour beaucoup.
Votre cerveau va hurler : « vends tout avant que ça n'empire ». Les réseaux sociaux seront pleins de « je l'avais prédit ». Les journaux annonceront « la fin du système financier ». Votre entourage vous dira « je te l'avais dit que la Bourse c'est du casino ».
Ce que vous devez faire : absolument rien. Continuer votre DCA. Ne pas regarder votre portefeuille pendant 3 mois. En 3 à 5 ans, les marchés auront récupéré, votre DCA de la période baissière aura acheté des parts au rabais, et votre rendement final sera supérieur à celui d'un scénario sans krach. C'est contre-intuitif, mais c'est mathématique.
Règle d'or : ne jamais investir l'argent dont on pourrait avoir besoin à court terme
Le vrai danger n'est pas la volatilité. C'est de devoir vendre en bas de cycle. Si vous avez votre épargne de précaution en Livret A, vous n'avez jamais à toucher votre PEA en période de crise. Vous laissez le temps faire son œuvre. D'où l'importance critique du prérequis numéro 1 (épargne de précaution, voir §2).
12. Dois-je attendre une baisse des marchés ?
C'est la deuxième question la plus fréquente, et la plus coûteuse quand on s'y laisse prendre. Décomposons cet « attente du bon moment » avec trois scénarios historiques.
Scénario 1 — Je démarre juste avant la bulle internet (2000)
Vous commencez un DCA de 200 €/mois en janvier 2000, quelques semaines avant l'éclatement de la bulle internet. Le MSCI World perd 49 % sur 3 ans. Vous continuez votre DCA quoi qu'il arrive. Résultat en janvier 2020 (20 ans plus tard) : vous avez versé 48 000 €, votre portefeuille vaut environ 96 000 €. Vous avez doublé votre mise malgré le pire départ possible, parce que les années 2003-2007, 2010-2020 ont plus que compensé.
Scénario 2 — Je démarre juste avant la crise de 2008
DCA de 200 €/mois en octobre 2007, 1 an avant Lehman Brothers. Chute de -54 % du MSCI World. Vous ne vendez pas, vous continuez à verser 200 €/mois. Résultat en octobre 2025 (18 ans après) : 43 200 € versés, portefeuille à environ 108 000 €. Vous avez 2,5 fois votre capital versé.
Scénario 3 — Je démarre en 2020 juste avant le Covid
DCA de 200 €/mois en janvier 2020, 6 semaines avant le krach Covid (-34 % en 1 mois). Vous continuez. Résultat en avril 2026 : 15 000 € versés, portefeuille à environ 22 000 €. Performance annualisée : environ 9 %.
Scénario 4 — Celui qui a attendu le bon moment
Claire, en janvier 2020, est convaincue qu'un krach se prépare. Elle décide d'attendre « un meilleur point d'entrée » et laisse son argent dormir sur un Livret A. Elle a raison — le krach Covid arrive deux mois plus tard. Mais les marchés récupèrent en 5 mois, puis continuent à monter. Claire n'entre toujours pas : « trop haut maintenant, ça va redescendre ». Résultat en avril 2026 : le MSCI World a pris environ +73 % depuis janvier 2020, son cash a perdu près de 15 % de pouvoir d'achat à cause de l'inflation cumulée. Claire a raté 6 ans de performance pour éviter 5 mois de baisse. C'est l'erreur la plus coûteuse du débutant — et elle est invisible, car on ne compte jamais ce qu'on n'a pas gagné.
Conclusion des 4 scénarios : le timing d'entrée ne détermine pas le résultat à long terme
Dans les trois premiers scénarios, l'investisseur qui a démarré au pire moment possible (juste avant un krach majeur) a malgré tout fini avec un capital supérieur à ses versements, souvent largement au-delà. Dans le quatrième, celui qui a attendu a perdu mécaniquement du pouvoir d'achat. La seule condition pour gagner : ne pas vendre en panique et continuer le DCA. Le temps passé sur le marché bat toujours le temps à essayer de timer le marché. Cette phrase a été popularisée par Peter Lynch, légendaire gérant du Magellan Fund.
13. Rembourser mon prêt immobilier ou investir en Bourse ?
C'est une question centrale pour les 25-45 ans qui ont souvent les deux options : rembourser par anticipation leur prêt immobilier, ou investir l'équivalent en Bourse. Aucun des guides concurrents ne la traite sérieusement. Voici la règle d'arbitrage.
La règle mathématique
Comparez deux chiffres : le taux de votre prêt (net d'avantage fiscal s'il y en a) et le rendement attendu de votre portefeuille Bourse (net d'impôt). Si votre prêt est à 3 % et votre ETF Monde rapporte historiquement 7 % brut, soit environ 5,7 % net après PS 18,6 % en PEA, la Bourse gagne : vous gagnez 2,7 points par an sur chaque euro non-remboursé mais investi.
| Taux de votre prêt | Rendement Bourse attendu | Décision rationnelle |
|---|---|---|
| Moins de 2 % | 5-7 % net en PEA long terme | Investir en Bourse (PEA d'abord) |
| 2 à 3,5 % | 5-7 % net en PEA long terme | Investir en Bourse, sauf tolérance risque faible |
| 3,5 à 5 % | 5-7 % net en PEA long terme | Mixte : 50 % remboursement, 50 % Bourse |
| Plus de 5 % | 5-7 % net en PEA long terme | Rembourser en priorité (risque Bourse trop élevé vs rendement certain) |
Concrètement, la majorité des ménages ayant souscrit un prêt entre 2019 et 2022 ont des taux inférieurs à 2 %. Pour eux, rembourser par anticipation est mathématiquement sous-optimal : chaque euro remboursé par anticipation vaut 2 % de rendement ; chaque euro investi en PEA vaut historiquement 5 à 7 %. Sur 20 ans de mensualités, la différence se chiffre en dizaines de milliers d'euros.
Les 3 exceptions rationnelles
Rembourser plutôt qu'investir se justifie dans trois cas : (1) si votre prêt dépasse 5 % (rare en 2026 mais arrive pour certains prêts conso), (2) si votre tolérance au risque est nulle et que vous n'arriverez pas à tenir un DCA sans stress, (3) si vous êtes à moins de 5 ans de la retraite et voulez sécuriser votre situation. Pour tous les autres cas, le PEA gagne.
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14. 6 cas pratiques chiffrés
Pour rendre tangible tout ce qui précède, voici 6 profils très différents, avec des chiffres réels et des recommandations concrètes. Chaque cas peut ressembler au vôtre.
Cas 1 — Hugo, 23 ans, étudiant ingénieur à Rennes
Hugo est en alternance, 1 200 € net par mois. Il vient de lire un livre sur les ETF et a 50 € par mois à mettre de côté. Il hésite entre ouvrir un PEA maintenant ou attendre d'avoir un vrai salaire. Question : que faire ?
Recommandation Hagnéré : ouvrir un PEA chez Trade Republic ou Bourse Direct avec un versement initial de 100 €. DCA mensuel 50 € sur l'Amundi PEA MSCI World (DCAM). Sur 40 ans à 7 % annualisés, 50 €/mois = 131 000 € de capital final net PS 18,6 %, pour 24 000 € versés. Coût d'ouverture : 5 minutes. Hugo va ouvrir un PEA ce soir.
Cas 2 — Camille, 28 ans, institutrice à Montpellier, TMI 11 %
Camille gagne 1 900 € net. Elle a 5 000 € de Livret A et veut commencer à investir 200 € par mois. Elle se demande : PEA ou assurance-vie ?
Recommandation Hagnéré : PEA en priorité absolue. Avec sa TMI 11 %, elle peut aussi cocher la case 2OP pour l'option barème sur son CTO futur, mais pour l'instant, cela n'a pas d'impact. Ouvrir un PEA chez Fortuneo Starter, DCA 200 €/mois sur DCAM, et ouvrir en parallèle une assurance-vie à 50 €/moispour démarrer le délai de 8 ans (objectif transmission future). Sur 30 ans à 7 %, son PEA vaudra environ 240 000 €, et l'AV environ 60 000 €. Total : 300 000 € pour 72 000 € versés.
Cas 3 — Romain, 35 ans, cadre marketing à Paris, TMI 30 %
Romain gagne 4 200 € net. Il regrette de ne pas avoir commencé à 25 ans. Il a maintenant 500 €/mois à investir et veut rattraper. Question : comment structurer ?
Recommandation Hagnéré : PEA en priorité (50 % des versements, 250 €/mois sur DCAM), PER pour 200 €/mois (déduction fiscale 30 % × 2 400 € = 720 € d'IR économisés par an), et 50 €/mois sur AV multi-supports. Sur 30 ans : PEA à environ 305 000 €, PER à environ 245 000 € (avec gain fiscal réinvesti), AV à 60 000 €. Total ~610 000 € pour 180 000 € versés. Romain compense largement ses 10 ans de retard.
Cas 4 — Pauline, 42 ans, architecte à Strasbourg, TMI 30 %
Pauline gagne 3 800 € net, mariée, 2 enfants. Elle a 20 000 € sur son Livret A et veut commencer à investir 600 €/mois. Son mari a déjà un PEA mais pas elle.
Recommandation Hagnéré : ouvrir son propre PEA (possibilité pour chaque conjoint marié = 2 PEA de 150 000 € chacun, soit 300 000 € de capacité totale). DCA 400 €/mois PEA, 200 €/mois AV (objectif succession pour les enfants). Utiliser les 20 000 € Livret A comme réserve — ne pas les toucher. Sur 20 ans : PEA à environ 210 000 €, AV à environ 105 000 €. Total 315 000 € pour 144 000 € versés.
Cas 5 — Julien, 55 ans, dirigeant PME à Lyon, TMI 41 %
Julien est dirigeant d'une PME qu'il compte céder dans 8 ans. Il a 100 000 € de côté, n'a jamais investi en Bourse, et se demande s'il est trop tard.
Recommandation Hagnéré : non, ce n'est pas trop tard, mais l'horizon change la stratégie. Ouvrir un PEA avec 50 000 €, étalé sur 12 mois (DCA pour ne pas subir un mauvais timing). Allocation 70 % ETF Monde, 30 % ETF zone euro (volatilité légèrement réduite). Pour le reste : 40 000 € en AV multi-supports (combinaison fonds euros + UC), 10 000 € en Livret A. À 65 ans (retraite), son PEA vaudra environ 98 000 € (capital investi à 7 %), son AV environ 78 000 €. Il aura lancé l'horloge fiscale des 5 ans et des 8 ans.
Cas 6 — Emma et Arthur, couple 30 et 32 ans, Nantes
Emma (graphiste, 2 400 € net) et Arthur (prof, 2 200 € net) viennent de se marier. Ils ont 15 000 € sur un Livret A commun. Ils veulent commencer ensemble, 700 €/mois à deux.
Recommandation Hagnéré : ouvrir un PEA chacun (c'est individuel, pas de PEA joint). DCA 300 €/mois sur chaque PEA (600 €/mois total) + 100 €/mois sur une AV commune au nom de l'un des deux (objectif transmission aux futurs enfants). Sur 30 ans : 2 PEA à environ 366 000 € chacun = 732 000 €, AV à environ 120 000 €. Total potentiel 850 000 € pour le couple (252 000 € versés).
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15. Votre premier achat pas à pas
Le moment le plus émotionnel de votre vie d'investisseur sera votre tout premier clic « acheter ». Voici exactement ce qui va se passer, minute par minute, pour que vous ne soyez pas surpris.
Étape 1 — Ouvrir le compte (15-30 minutes)
- Allez sur le site de votre courtier (Fortuneo, Bourse Direct, Trade Republic).
- Cliquez « Ouvrir un PEA » ou équivalent.
- Remplissez vos informations : identité, adresse, profession, coordonnées bancaires.
- Répondez au questionnaire MIF II (connaissance/expérience des produits financiers). Soyez honnête : si vous êtes débutant, dites-le. Le courtier peut vous limiter certains produits complexes — c'est une protection, pas un frein pour les ETF.
- Téléversez pièce d'identité, justificatif de domicile, RIB.
- Validez. Délai d'ouverture : 1 à 5 jours ouvrés.
Étape 2 — Alimenter le compte (1-3 jours)
Faites un virement depuis votre compte courant vers votre PEA. Montant : 100 à 500 € pour commencer (l'essentiel est de passer à l'acte). Mentionnez le numéro de compte PEA fourni par le courtier dans la référence. Délai : 1 à 3 jours pour créditer.
Étape 3 — Passer votre premier ordre (5 minutes)
- Cherchez votre ETF : tapez « DCAM » ou « Amundi PEA MSCI World » dans la barre de recherche du courtier. L'ISIN officiel est FR001400U5Q4.
- Vérifiez que c'est bien le bon ETF (ligne TER 0,20 %, éligible PEA, émetteur Amundi).
- Cliquez « Acheter » ou « Ordre d'achat ».
- Saisissez le nombre de parts OU le montant en euros (« achat en montant » chez Trade Republic, Bourse Direct).
- Type d'ordre : sélectionnez « Au marché » (ordre simple, exécuté immédiatement au prix actuel). Pas d'ordre limite, pas d'ordre stop — ces options sont inutiles pour un débutant en ETF liquide.
- Confirmez. Vous recevez une confirmation en quelques secondes.
Félicitations, vous êtes officiellement investisseur en Bourse. Ce que vous ressentez à ce moment-là (fierté, trac, doute) est normal. Tout le monde le vit.
Étape 4 — Programmer le DCA automatique
Sur votre compte courant, créez un virement permanent mensuel vers votre PEA (ex. le 5 de chaque mois). Sur votre courtier, programmez un plan d'épargne automatique sur DCAM (disponible chez Trade Republic, BoursoBank, Fortuneo). Si votre courtier ne propose pas cette fonction, passez l'ordre manuellement chaque mois (5 minutes). C'est tout. Vous êtes lancé pour les 30 prochaines années.
16. FAQ
Nous avons regroupé ci-dessous les 17 questions que les débutants nous posent le plus souvent. Vous trouverez les réponses complètes dans la section FAQ dépliante en bas de page.
Si votre question spécifique n'y figure pas, n'hésitez pas à nous contacter : nos conseillers Hagnéré Patrimoine répondent gratuitement dans un premier temps, sans engagement.
17. Sources et disclaimer
Cet article a été rédigé par l'équipe de Hagnéré Patrimoine, sous la supervision de Quentin Hagnéré (CIF, COA, COBSP), en avril 2026. Sources principales consultées :
- Code monétaire et financier : articles L221-30 à L221-32-2 (PEA, PEA-PME, PEA Jeunes)
- Code général des impôts : articles 157 5° bis (exonération PEA), 200 A (PFU), 125-0 A (AV), 990 I et 757 B (AV succession)
- Code de la sécurité sociale : articles L136-6 à L136-8 (CSG/CRDS/PS)
- LFSS 2026, loi 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12 (PS 18,6 %)
- Loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019
- Décret n° 2020-95 du 5 février 2020 (plafonnement frais PEA)
- Directive UCITS 2009/65/CE modifiée UCITS V (2014/91/UE) — cadre des ETF européens
- Règlement PRIIPs (UE) n° 1286/2014 — KID obligatoire
- Directive MIF II 2014/65/UE — questionnaire connaissance/expérience
- BOFiP : BOI-RPPM-RCM-40-50-30 (régime fiscal PEA)
- AMF — Étude trading CFD/Forex 2009-2012 (89 % clients en perte), Tableau de bord investisseurs n°17 (janvier 2025)
- AMF — Liste noire et mises en garde 2025
- INSEE — Insee Focus n° 354 (détention de patrimoine 2024), comptes nationaux T4 2025
- Banque de France — Épargne des ménages T3 2025
- économie.gouv.fr — Taux Livret A 1,5 % au 01/02/2026
- S&P Dow Jones Indices — Rapports SPIVA Europe et US 2024
- Vanguard Research (2012) — « Dollar Cost Averaging Just Means Taking Risk Later »
Avertissement important
Cet article a un caractère informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil personnalisé en investissement ni une recommandation d'achat ou de vente de valeurs mobilières. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les marchés actions peuvent connaître des baisses significatives (-30 % à -50 %) sur courte période. Les tickers et ISIN cités sont indicatifs et peuvent évoluer. Vérifiez systématiquement le nom exact et l'éligibilité PEA auprès de votre courtier avant tout achat. Pour un conseil personnalisé adapté à votre situation, prenez rendez-vous avec un conseiller Hagnéré Patrimoine.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré accompagne depuis 10 ans des cadres, dirigeants et familles dans la structuration de leur épargne et de leurs placements boursiers. Il a piloté plus de 500 bilans patrimoniaux incluant l'optimisation PEA, PER, assurance-vie et CTO. Il enseigne la gestion de patrimoine aux professionnels du CGP et intervient régulièrement pour vulgariser les réformes fiscales auprès du grand public.
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