En 2026, la fiscalité des plus-values mobilières en France se joue autour d'un taux phare : le PFU — prélèvement forfaitaire unique, aussi appelé « flat tax » — à 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu au titre de l'art. 200 A CGI + 18,6 % de prélèvements sociaux après la hausse CSG décidée par la loi de financement de la Sécurité sociale 2026). L'optimisation dépend de vos leviers : option barème progressif (case 2OP, désormais révocable jusqu'à N+2), abattement pour durée de détention sur les titres acquis avant 2018 (art. 150-0 D, 1 ter et 1 quater CGI), abattement fixe de 500 000 €pour dirigeant partant à la retraite (art. 150-0 D ter CGI, prorogé par LF 2025 jusqu'au 31 décembre 2031), apport-cession (art. 150-0 B ter CGI, durci par LF 2026 : 70 % / 36 mois / conservation 5 ans), ou enveloppes défiscalisées comme le PEA et le PEA-PME. Chez Hagnéré Patrimoine, nous accompagnons dirigeants, actionnaires et salariés bénéficiaires de BSPCE ou AGA pour arbitrer entre ces leviers, anticiper la CDHR (art. 224 CGI) et l'exit tax (art. 167 bis CGI), et sécuriser chaque étape de la cession.
Imaginez. Vous êtes dirigeant depuis 15 ans, actionnaire d'une belle société que vous avez bâtie pierre par pierre. Un matin, une offre arrive. Sérieuse. Un chèque à sept chiffres à la clé. Vous sortez la calculette : combien restera-t-il vraiment une fois l'État passé ? 31,4 % ? Plus ? Moins ? Et ce PER que votre expert-comptable vous a parlé, ce fameux abattement de 500 000 € pour départ à la retraite, cette holding dont on vous a vaguement parlé autour d'un déjeuner — tout cela, concrètement, ça change quoi ? Parce qu'en 2026, entre la hausse de la CSG, le durcissement de l'apport-cession, la CDHR sur les hauts revenus, l'exit tax si vous pensez partir à l'étranger et les conditions strictes de l'abattement dirigeant, les règles ont bougé. Et la différence entre une cession optimisée et une cession subie, c'est souvent plusieurs centaines de milliers d'euros.
On va décortiquer tout ça ensemble, comme je le fais autour d'un café avec mes clients. Sans jargon inutile. Avec des chiffres, des exemples, et surtout la bonne décision à chaque étape de votre stratégie de cession.
En 60 secondes : ce qu'il faut retenir avant de céder
- Pour qui ? Tout cédant de titres en 2026 : actions cotées, OPCVM, parts de SAS / SARL, BSPCE, AGA — dirigeants, salariés actionnaires, investisseurs particuliers.
- Ce qui change en 2026 : hausse des prélèvements sociaux (PS) 17,2 % → 18,6 % via la LFSS 2026, et apport-cession durci par la LF 2026 art. 11 (réinvestissement 70 % / 36 mois / conservation 5 ans pour les cessions à compter du 21 février 2026). Le PFU passe de 30 % à 31,4 %.
- Taux clé : PFU 31,4 %par défaut (12,8 % IR + 18,6 % PS) — option barème progressif possible (case 2OP) si TMI ≤ 11 % ou si vous avez encore l'abattement durée de détention.
- Levier d'optimisation principal pour dirigeant qui cède : l'abattement fixe de 500 000 € (art. 150-0 D ter CGI, prorogé jusqu'au 31/12/2031 par la LF 2025) — il efface jusqu'à 157 000 € d'impôt sur une plus-value de 800 000 €. Cumulable avec une stratégie d'apport-cession 150-0 B ter.
- Action concrète : simulez votre cession 24 mois avant la signature. Les fenêtres de 48 mois (départ retraite ↔ cession) et de 36 mois (réinvestissement holding) ne se rattrapent pas.

Rédigé par Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine indépendant — CIF, COA, COBSP, Carte T, immatriculé ORIAS, membre de la CNCEF Patrimoine. Spécialiste des cessions de titres : PFU vs barème, abattement dirigeant retraite (150-0 D ter), apport-cession en holding patrimoniale (150-0 B ter), pacte Dutreil, anticipation CDHR et exit tax.
Plus-value mobilière 2026 : les 3 chiffres à retenir avant toute décision
1. Plus-value mobilière 2026 : les 3 chiffres à retenir avant toute décision
Guide rédigé le 20 avril 2026 — mis à jour le 24 avril 2026 (Pass 2 audit factuel : PFU 31,4 % LFSS 2026 art. 12, apport-cession 150-0 B ter LF 2026 art. 11 cessions ≥ 21/02/2026 à 70 %/36 mois/5 ans, BSPCE LF 2026 seuil détention 25 → 15 %, art. 150-0 D ter prorogé 31/12/2031 par LF 2025 art. 70). Par Quentin Hagnéré, CGP (CIF, COA, COBSP, Carte T, adhérent CNCEF Patrimoine).
Vous vous apprêtez à céder vos titres. Le chèque est presque là. Avant de signer, gardez en tête trois chiffres : 31,4 % (le taux que la fiscalité prélève par défaut sur vos plus-values), 500 000 € (l'abattement réservé aux dirigeants qui partent à la retraite, art. 150-0 D ter CGI) et 5 ans (l'âge à partir duquel votre PEA cesse d'être taxé à l'IR). Chez Hagnéré Patrimoine, ces trois leviers transforment régulièrement 250 000 € d'impôt en moins de 95 000 €. Voilà ce qui se joue.
| Chiffre | Ce qu'il signifie | Base légale |
|---|---|---|
| 31,4 % | Taux global du PFU sur les PV mobilières en 2026 (12,8 % IR + 18,6 % PS) | Art. 200 A CGI + art. L. 136-8 CSS (LFSS 2026) |
| 500 000 € | Abattement fixe si dirigeant part à la retraite — prorogé jusqu'au 31/12/2031 | Art. 150-0 D ter CGI (LF 2025 art. 70) |
| 5 ans | Durée de détention PEA pour exonérer l'IR sur les PV (PS 18,6 % dus au dénouement) | Art. L. 221-30 et suivants CoMoFi |
Concrètement, si vous cédez en 2026 un portefeuille d'actions détenu sur un compte-titres ordinaire avec une plus-value de 100 000 €, vous conservez 68 600 €après PFU (100 000 × 0,686). Si vous êtes dirigeant de 62 ans partant à la retraite qui vend sa SAS avec 800 000 € de plus-value, l'abattement 500 000 € réduit la base imposable à 300 000 € : vous payez 94 200 € de PFU (300 000 × 0,314) au lieu de 251 200 € sans abattement. 157 000 € d'écart sur une seule ligne du Code général des impôts.
La hausse CSG 2026 en un coup d'œil
La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026, art. 12) a relevé la CSG sur les revenus du patrimoine mobilier de 9,2 % à 10,6 %. Combinée à la CRDS (0,5 %) et au prélèvement de solidarité (7,5 %), cela porte les prélèvements sociaux à 18,6 %pour les plus-values mobilières et dividendes en compte-titres, ainsi que pour le PEA depuis le 01/01/2026. L'assurance-vie, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et le PEL/CEL/PEP restent à 17,2 %. C'est un détail de 1,4 point, mais sur une plus-value de 1 million d'euros, cela représente 14 000 € d'écart. Pour la décomposition complète, voir notre guide CSG, CRDS et prélèvements sociaux 2026.
Ce guide est rédigé par Quentin Hagnéré, CGP certifié ORIAS (Organisme pour le Registre des Intermédiaires en Assurance ; CIF conseiller en investissements financiers, COA courtier en assurance, COBSP courtier en opérations de banque et services de paiement), à jour au 21 avril 2026. Toutes les références aux articles du Code général des impôts (CGI), du Code de la sécurité sociale (CSS), du Code monétaire et financier (CoMoFi) et à la doctrine BOFiP ont été vérifiées.
Qu'est-ce qu'une plus-value mobilière en 2026 ?
2. Qu'est-ce qu'une plus-value mobilière en 2026 ?
Commençons par le commencement. Une plus-value mobilière, c'est la différence entre le prix de cession d'un titre financier et son prix d'acquisition (ou de revient). Plus concrètement : vous avez acheté des actions 50 000 €, vous les revendez 80 000 €, la plus-value est de 30 000 €. C'est sur cette différence que l'État vient piocher. Les plus-values mobilières sont encadrées par les articles 150-0 A à 150-0 F du Code général des impôts.
Quels titres sont concernés ?
| Type de titre | Exemples | Fiscalité 2026 |
|---|---|---|
| Actions cotées | CAC 40, Euronext, titres étrangers sur CTO | PFU 31,4 % ou barème (option 2OP) |
| Actions non cotées | Parts de SAS, SA non cotées, start-up | PFU 31,4 % ou barème + abattements éventuels |
| Parts sociales | Parts de SARL, EURL | PFU 31,4 % ou barème (+ droits d'enregistrement 3 %) |
| OPCVM (FCP, SICAV) | OPCVM actions, monétaires, obligataires | PFU 31,4 % ou barème |
| ETF / Trackers | ETF européens UCITS, ETF US | PFU 31,4 % ou barème |
| Obligations et titres de créances | Obligations d'État, obligations corporate | PFU 31,4 % ou barème |
| Droits sociaux spéciaux | Parts bénéficiaires, bons de souscription | PFU 31,4 % ou barème |
Concrètement, que vous vendiez une action Total Energies détenue sur votre CTO (compte-titres ordinaire), des parts de la SARL familiale, ou un ETF iShares répliquant le S&P 500, c'est le même régime fiscal qui s'applique. La différence, c'est l'enveloppe (CTO vs PEA, assurance-vie ou contrat de capitalisation), pas la nature du titre.
Plus-value mobilière vs plus-value immobilière : deux mondes
Plus-value mobilière (art. 150-0 A CGI)
PFU 31,4 % ou barème + abattement durée détention (titres < 2018). Moins-values imputables sur PV de même nature 10 ans. Abattement dirigeant retraite 500 000 €. Formulaire 2074.
Plus-value immobilière (art. 150 U CGI)
Taux fixe 19 % IR + 17,2 % PS = 36,2 % + surtaxe. Abattements durée détention linéaires (IR 22 ans / PS 30 ans). Moins-values non imputables (sauf cas particuliers). Formulaire 2048-IMM.
Concrètement, si vous vendez à la fois vos actions Pfizer et votre résidence secondaire en 2026, vous ferez deux déclarations complètement indépendantes. Impossible de compenser une plus-value mobilière par une moins-value immobilière, ou inversement. Et les enveloppes défiscalisées (PEA, assurance-vie) ne concernent que le mobilier.
Cryptoactifs : un régime distinct (art. 150 VH bis CGI)
Les plus-values de cession de cryptoactifs fongibles (Bitcoin, Ethereum, stablecoins) ne relèvent pasde l'article 150-0 A. Elles sont imposées à l'article 150 VH bis CGI: PFU 31,4 % (ou option barème depuis LF 2022), seuil d'exonération de 305 € par an, règle du prorata sur l'ensemble du portefeuille cédé dans l'année.
Les NFT(jetons non fongibles) basculent depuis le 1er juillet 2026 vers le régime fiscal du sous-jacent qu'ils représentent : œuvre d'art, immobilier tokenisé, ou titre financier tokenisé. Dans ce dernier cas, ils relèvent alors de l'article 150-0 A et rejoignent le périmètre de ce guide. Les « security tokens » adossés à des droits sociaux suivent d'emblée l'article 150-0 A.
Earn-out et complément de prix : traitement fiscal
Une vente d'actions peut prévoir un complément de prix (earn-out) indexé sur les résultats futurs de la société. Ce complément constitue un fait générateur distinctde la cession initiale : il est imposé l'année de sa perception au PFU 31,4 % (ou option barème), sans nouveau paiement au vendeur du prix principal (art. 150-0 A, I, 2° CGI).
Condition impérative : le complément doit être incertain à la date de la cession(indexation sur performance, clause d'aléa réel). Si le montant est déterminé ou déterminable dès la cession, l'administration requalifie en fraction du prix initial, imposée immédiatement. Concrètement, une clause « 10 % du CA 2027 si CA supérieur à 5 M€ » est un earn-out valable. Une clause « 200 000 € versés en 2027 » est une fraction du prix, imposable en 2026.
Abattement durée de détention et earn-out
Si les titres cédés étaient acquis avant le 1er janvier 2018 et que vous avez opté pour le barème (2OP), l'abattement pour durée de détention s'applique aussi au complément de prix (BOI-RPPM-PVBMI-20-10-10-20). Une question prioritaire de constitutionnalité pendante en 2026 pourrait durcir ou étendre cette règle — vérifier la position administrative au moment de la déclaration.
Ce qui est exonéré d'office
- Cession avec prix global inférieur à 0 €: pas de plus-value, pas d'imposition.
- Titres détenus en PEAaprès 5 ans d'ancienneté : exonération totale d'IR, seuls les PS 18,6 % sont dus.
- Titres détenus en assurance-vie (UC actions): fiscalité de l'assurance-vie, pas des plus-values mobilières.
- Titres successoraux vendus au prix déclaré en succession : la plus-value latente est purgée.
Attention : la cession gratuite peut générer des droits
Donner des titres à ses enfants ne génère pas de plus-value imposable (art. 150-0 B du CGI — sursis d'imposition), mais des droits de donation. Si le donataire revend immédiatement, il bénéficie d'un nouveau prix de revient (valeur de la donation) qui purge la plus-value latente. Mais attention à l'abus de droit si la séquence est trop serrée (voir section 15).
PFU 31,4 % : comment fonctionne le prélèvement forfaitaire unique sur les plus-values ?
3. PFU 31,4 % : comment fonctionne le prélèvement forfaitaire unique sur les plus-values ?
Depuis la loi de finances 2018, le PFU (surnommé « flat tax ») est le régime par défaut de toutes les plus-values mobilières. Son principe est simple : un taux unique, forfaitaire, qui s'applique sans progressivité, quel que soit le montant de la plus-value réalisée.
PFU 2026 sur plus-values mobilières
PFU global = 12,8 % IR + 18,6 % PS = 31,4 %
Les 18,6 % de prélèvements sociaux (PS) se décomposent en : 10,6 % de CSG (contribution sociale généralisée, art. L. 136-8 CSS modifié par LFSS 2026) + 0,5 % de CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) + 7,5 % de prélèvement de solidarité (art. 235 ter CGI). La hausse CSG s'applique aux plus-values mobilières réalisées à compter du 1er janvier 2026.
Concrètement, si vous réalisez une plus-value nette de 50 000 € sur votre portefeuille d'actions en 2026, vous payez 15 700 €d'impôts (50 000 × 0,314) et vous conservez 34 300 €. Le PFU s'applique uniformément : que vous gagniez 10 000 € ou 10 millions d'euros de plus-value, le taux reste le même.
Pas d'acompte à la source sur les plus-values
Différence majeure avec les dividendes : les plus-values mobilières ne sont pasprélevées à la source au moment de la cession. Votre courtier encaisse le produit de vente complet. C'est à la déclaration de revenus l'année suivante que l'impôt est calculé et payé. Vous recevez un IFU (Imprimé Fiscal Unique) récapitulant toutes vos opérations, directement reporté par l'administration dans la 2042 pré-remplie.
L'IFU, votre meilleur ami fiscal
Chaque établissement financier (courtier, banque, assureur) émet chaque année un IFU détaillant vos plus-values, dividendes et intérêts. Vérifiez-le minutieusement : les erreurs d'IFU (mauvais prix de revient, oubli de moins-value reportée) sont la première source de rectification fiscale sur les plus-values mobilières. Gardez vos relevés d'opérations au moins 10 ans.
Mécanique de calcul du PFU
Le PFU s'applique sur la plus-value nette :
Calcul de la plus-value nette imposable
Plus-value brute = Prix de cession − Prix de revient Plus-value nette = Plus-value brute − Moins-values de l'année − Moins-values antérieures (10 ans) Impôt PFU = Plus-value nette × 31,4 %
Le prix de revient intègre le prix d'acquisition ET les frais (courtage, droits d'enregistrement, honoraires d'acte). Pour les titres acquis à des dates différentes, méthode du prix moyen pondéré par défaut.
Concrètement, si vous avez acheté 100 actions Amazon à 100 $ (valeur 10 000 €) et que vous les revendez 15 000 €, la plus-value brute est de 5 000 €. Si vous avez aussi réalisé une moins-value de 1 500 € sur une autre ligne la même année, la plus-value nette tombe à 3 500 €. L'impôt PFU : 3 500 × 0,314 = 1 099 €.
Pourquoi le PFU n'est pas toujours le meilleur choix ?
Le PFU à 31,4 % est rapide et lisible, mais pas toujours le moins cher. Deux profils gagnent à passer au barème : le contribuable peu imposé (TMI à 0 ou 11 %, où le barème écrase le PFU) et le détenteur de titres antérieurs à 2018 qui peut activer un abattement pour durée de détention. Ces deux leviers ne s'ouvrent qu'en cochant la case 2OP — voir notre comparateur flat tax vs barème 2026 pour trancher.
Votre cession avant signature — simulons tous les régimes
PFU, barème, abattements durée de détention, apport-cession 150-0 B ter, exit tax : un CGP Hagnéré Patrimoine simule chaque régime applicable à votre cession avant signature du protocole.
Faut-il opter pour le barème progressif en 2026 ?
4. Faut-il opter pour le barème progressif en 2026 ?
C'est la question que se posent quasi tous mes clients avant une cession. La réponse mérite de la nuance. L'option pour le barème progressif, cochée via la case 2OP de la 2042, permet de soumettre vos plus-values mobilières au barème de l'IR (0 / 11 / 30 / 41 / 45 %) au lieu du PFU à 12,8 % d'IR. Elle ouvre aussi deux avantages clés : l'abattement pour durée de détention (titres avant 2018) et la CSG déductible à hauteur de 6,8 % (art. 154 quinquies, II CGI).
Règle simple : comparer son TMI au taux effectif PFU
| Votre TMI 2026 | Taux effectif IR au barème (après CSG déductible) | Verdict |
|---|---|---|
| 0 % (non imposable) | 0 % | Barème gagnant (PFU IR 12,8 %) |
| 11 % | Environ 6 % (effet CSG déductible) | Barème gagnant |
| 30 % | Environ 25 % | PFU gagnant (12,8 %) |
| 41 % | Environ 34 % | PFU gagnant largement |
| 45 % | Environ 38 % | PFU gagnant largement |
Concrètement, si vous êtes non imposable ou à TMI 11 %, le barème est presque toujours gagnant — d'autant plus si vous avez des titres acquis avant 2018 éligibles à l'abattement durée de détention. Au-delà de TMI 30 %, le PFU reprend la main. Mais attention, il faut raisonner sur l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values : la case 2OP est globale et annuelle.
Le piège du cumul RCM + PV
Si vous touchez 50 000 € de dividendes et réalisez 100 000 € de plus-value la même année, cocher 2OP met TOUT au barème. Cela peut être favorable pour les dividendes (abattement 40 %) mais défavorable pour les plus-values (pas d'abattement si titres post-2018). Simulez dans les deux cas avec votre CGP avant de valider.
Nouveauté 2026 : la révocabilité de l'option 2OP
Jusqu'à la loi de finances 2025, l'option barème était irrévocable une fois cochée : si vous aviez coché 2OP par erreur, impossible de revenir au PFU. La LF 2026 (art. 126, I-3° modifiant l'art. 200 A CGI)a changé cela : l'option est désormais révocable jusqu'au délai de réclamation de droit commun, soit le 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement de l'imposition. Pour une cession 2026 (déclaration printemps 2027, mise en recouvrement été 2027), vous avez jusqu'au 31 décembre 2029 pour revenir dessus par déclaration rectificative en ligne ou réclamation contentieuse. C'est un vrai filet de sécurité.
Trois effets collatéraux à anticiper avant de cocher 2OP
- Augmentation du RFR (revenu fiscal de référence) : le barème intègre la plus-value dans le RFR, ce qui peut faire perdre des aides sociales (bourse, APL, exonération taxe d'habitation résidence secondaire dans certains cas).
- Déclenchement potentiel de la CDHR : le RFR élevé peut franchir les seuils 250 / 500 k€ et activer la contribution 20 % (voir section 16).
- Intérêts et dividendes soumis au barème: les autres RCM de l'année basculent automatiquement au barème, ce qui peut être défavorable si vous avez beaucoup de dividendes à TMI 41 %.
Concrètement, chez un dirigeant TMI 45 % qui touche 150 000 € de dividendes et réalise 300 000 € de plus-value mobilière (titres post-2018), cocher 2OP est clairement contre-productif : l'abattement 40 % sur les dividendes ne compense pas l'envolée du barème à 45 % sur l'ensemble des 450 000 €.
Abattement pour durée de détention : qui peut encore en bénéficier ?
5. Abattement pour durée de détention : qui peut encore en bénéficier ?
Question fréquente en rendez-vous : « J'ai des actions depuis 12 ans, j'ai bien le droit à l'abattement ? ». Réponse : cela dépend de la date d'acquisition. Depuis la loi de finances 2018 qui a instauré le PFU, l'abattement pour durée de détention a été supprimé pour les titres acquis à compter du 1er janvier 2018. Il subsiste uniquement pour les titres acquis avant cette date, et uniquement si vous optez pour le barème progressif (case 2OP).
Abattement de droit commun (art. 150-0 D, 1 ter CGI)
| Durée de détention | Abattement applicable | Base légale |
|---|---|---|
| Moins de 2 ans | 0 % | Art. 150-0 D, 1 ter CGI |
| De 2 ans à moins de 8 ans | 50 % | Art. 150-0 D, 1 ter CGI |
| 8 ans et plus | 65 % | Art. 150-0 D, 1 ter CGI |
Abattement renforcé PME (art. 150-0 D, 1 quater CGI)
Bien plus puissant, mais encadré : il concerne les PME européennes de moins de 10 ans à la date de souscription, souscrites avant le 1er janvier 2018, dans des sociétés opérationnelles (exclusion des sociétés patrimoniales ou holdings non animatrices).
| Durée de détention | Abattement renforcé PME | Plus-value résiduelle imposable |
|---|---|---|
| Moins de 1 an | 0 % | 100 % |
| De 1 an à moins de 4 ans | 50 % | 50 % |
| De 4 ans à moins de 8 ans | 65 % | 35 % |
| 8 ans et plus | 85 % | 15 % |
Concrètement, un actionnaire fondateur d'une start-up souscrite en 2013 qui cède en 2026 avec une plus-value de 500 000 € bénéficie de l'abattement renforcé 85 % (plus de 8 ans). Plus-value imposable : 500 000 × (1 − 0,85) = 75 000 €. Au barème à TMI 41 % : environ 30 750 € d'IR + 18,6 % de PS sur 500 000 € (car les PS ignorent l'abattement) = 93 000 €. Total 123 750 €, contre 157 000 € au PFU. Économie de 33 250 €.
Attention : les PS ignorent l'abattement durée détention
Erreur fréquente : croire que l'abattement réduit aussi les prélèvements sociaux. Non.L'abattement durée détention ne vaut que pour l'IR au barème. Les PS s'appliquent toujours sur la plus-value brute (taux 18,6 % pour les cessions 2026, contre 17,2 % pour les cessions 2025 du fait de la hausse CSG LFSS 2026). C'est une règle qu'on oublie souvent quand on fait des simulations « au doigt mouillé ».
Pourquoi l'abattement a été supprimé pour les titres post-2018 ?
Le législateur de 2018 a voulu simplifier drastiquement la fiscalité du capital : un taux unique, lisible, compétitif (31,4 % en 2026, 30,5 % auparavant). En contrepartie, l'abattement durée de détention, trop complexe à gérer et peu incitatif, a été supprimé. Seule exception : les titres acquis avant cette réforme, qui conservent leur régime historique.
Vos titres sont-ils éligibles à l'abattement renforcé ?
Date d'acquisition, qualification PME, durée de détention : un CGP Hagnéré Patrimoine analyse votre portefeuille pour identifier chaque titre éligible à l'abattement 50 %, 65 % ou 85 %.
Comment bénéficier de l'abattement dirigeant de 500 000 € pour départ à la retraite ?
6. Comment bénéficier de l'abattement dirigeant de 500 000 € pour départ à la retraite ?
Si vous êtes dirigeant et que la retraite approche, lisez cette section deux fois. C'est le levier le plus rentable de toute la fiscalité des plus-values mobilières — sans concurrence. Un abattement fixe de 500 000 € s'applique sur votre plus-value avant de calculer l'impôt (PFU ou barème). Sur une cession à un million d'euros, cela peut représenter 157 000 € d'économie en une signature. Bonne nouvelle : le dispositif (art. 150-0 D ter CGI) est prorogé jusqu'au 31 décembre 2031 par la loi de finances 2025.
Économie fiscale de l'abattement 150-0 D ter
PV brute = 1 000 000 € Abattement 500 000 € → PV nette = 500 000 € PFU 31,4 % sur 500 000 € = 157 000 € Économie vs PFU sans abattement (314 000 €) = 157 000 €
L'abattement fixe de 500 000 € s'applique APRÈS calcul de la plus-value brute et AVANT PFU ou barème. Sur les PS 18,6 %, il s'applique également (contrairement à l'abattement durée détention).
Les 5 conditions cumulatives à respecter
| Condition | Détail |
|---|---|
| Âge minimum | 60 ans au moment de la cession OU dans les 24 mois suivants |
| Fonctions de direction | Exercice continu de fonctions de direction (gérant, président, DG) pendant les 5 années précédant la cession |
| Seuil de détention | Détention directe ou par groupe familial d'au moins 25 % des droits de vote ou des droits financiers |
| Cessation totale | Cessation de toutes fonctions (direction ET salariées) dans la société cédée, et départ effectif en retraite |
| Fenêtre 48 mois | Cessation et retraite dans une fenêtre de 48 mois : 24 mois avant la cession OU 24 mois après |
Concrètement, un gérant majoritaire de 63 ans qui cède sa SARL en juin 2026 doit faire valoir ses droits à la retraite au plus tard en juin 2028 (24 mois après), ET avoir cessé ses fonctions dans la société. S'il reste consultant externe, dirigeant d'une autre société du même groupe, ou simple salarié, le dispositif tombe et la plus-value redevient intégralement taxable.
La société cédée doit être une PME européenne
La société objet de la cession doit répondre à la définition européenne de la PME (recommandation 2003/361/CE) : moins de 250 salariés, chiffre d'affaires inférieur à 50 millions d'euros ou total de bilan inférieur à 43 millions d'euros, sans être détenue à plus de 25 % par une grande entreprise. Elle doit avoir exercé de manière continue pendant 5 ans avant la cession une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole (les activités de gestion de patrimoine, location meublée, immobilier passif sont exclues).
Un seul usage dans une vie, un abattement GLOBAL de 500 000 €
L'abattement 500 000 € est global et unique: un contribuable ne peut l'utiliser qu'une seule fois dans sa vie, toutes cessions confondues. Si vous cédez deux sociétés à 18 mois d'intervalle, le plafond reste à 500 000 € total, pas 500 000 € par opération. C'est pourquoi il faut bien choisir la cession qui bénéficiera de ce levier, en général celle qui génère la plus-value la plus élevée.
Non-cumul avec l'abattement renforcé PME
Point d'attention : l'abattement 500 000 € (150-0 D ter) et l'abattement renforcé PME (150-0 D, 1 quater) ne sont pas cumulables. Vous devez choisir. En général, pour une plus-value inférieure à 800 000 €, l'abattement fixe 500 000 € est plus favorable. Au-delà, la comparaison devient plus fine, surtout si les titres sont détenus depuis plus de 8 ans (abattement renforcé 85 %).
Comparaison abattement fixe vs renforcé PME (cas 1 000 000 € PV)
Option A - Abattement 500 000 € (150-0 D ter) + PFU 31,4 % : PV imposable = 500 000 € Impôt = 500 000 × 0,314 = 157 000 € Option B - Abattement renforcé 85 % (150-0 D, 1 quater, titres > 8 ans) + barème TMI 41 % : PV imposable barème = 1 000 000 × (1 − 0,85) = 150 000 € IR barème = 150 000 × 0,41 = 61 500 € PS 18,6 % sur 1 000 000 € = 186 000 € Total Option B = 247 500 €
Dans ce cas précis, l'abattement fixe 500 000 € est plus favorable (157 000 € vs 247 500 €). La comparaison dépend fortement du TMI et du montant de la PV.
Piège fatal : la désynchronisation des 48 mois
La fenêtre de 48 mois (24 mois avant + 24 mois après) s'apprécie par rapport à chacundes deux événements — cessation de fonctions ET liquidation de retraite — indépendamment l'un de l'autre. Si vos deux événements sont espacés de plus de 24 mois entre eux, seules les cessions réalisées à moins de 24 mois de chacun des deux restent éligibles.
Concrètement, synchronisez cessation, cession et liquidation de retraite dans une fenêtre de 24 mois maximum. En cas d'écart supérieur à 48 mois entre cessation et retraite, l'abattement est définitivement perdu. En cabinet, c'est l'erreur la plus coûteuse que nous voyons : un dirigeant qui prend sa retraite « plus tard » pour arrondir un dernier trimestre et perd 157 000 € d'impôt potentiel.
Nouveauté LF 2025 : 600 000 € pour cession à un jeune agriculteur
La loi de finances 2025 (art. 70) a introduit un abattement majoré de 600 000 € (au lieu de 500 000 €) lorsque le dirigeant cède les titres de sa société agricole à un repreneur ayant la qualité de jeune agriculteurau sens de l'article D. 343-4 du Code rural et de la pêche maritime (installation depuis moins de 5 ans, âge inférieur à 40 ans, formation agricole reconnue). L'objectif : faciliter la transmission des exploitations agricoles dans un contexte de vieillissement des chefs d'exploitation. Toutes les autres conditions du 150-0 D ter restent applicables (fenêtre, détention 25 %, cessation, PME, etc.).
Incompatibilité absolue : abattement 500 000 € et apport-cession préalable
Point essentiel que la majorité des sites oublient : si vous avez apporté vos titres à une holdingavant la cession sous sursis ou report (art. 150-0 B ou 150-0 B ter), l'abattement 500 000 € (ou 600 000 € agricole) ne s'applique PASà la plus-value ultérieurement réalisée par la holding. L'abattement 150-0 D ter ne bénéficie qu'aux personnes physiques dirigeantes cédant directement leurs titres. Les holdings IS ne sont pas éligibles.
Arbitrage clé en amont : un dirigeant partant à la retraite avec une plus-value inférieure à 500 000 € a intérêt à céder directement(abattement = 0 € d'impôt). Au-delà, la comparaison entre abattement direct et apport-cession en holding avec report (mais fiscalité différée in fine à la sortie de la holding) se joue sur la fiscalité complète et le projet de vie post-cession. Simulation obligatoire.
Dirigeant partant à la retraite — sécurisons l'abattement 500 000 €
Cession de SARL, SAS, SASU : un CGP Hagnéré Patrimoine planifie la fenêtre cessation-cession-liquidation retraite, vérifie les 5 conditions et sécurise l'abattement 500 000 €.
PEA et PEA-PME : l'enveloppe qui supprime l'IR sur vos plus-values après 5 ans
7. PEA et PEA-PME : l'enveloppe qui supprime l'IR sur vos plus-values après 5 ans
Parlons maintenant du levier le plus accessible pour un épargnant particulier : le PEA(Plan d'Épargne en Actions). Il permet de loger des actions européennes et d'y réaliser des plus-values exonérées d'IR après 5 ans. Seuls les prélèvements sociaux 18,6 % restent dus au dénouement. Même régime pour les dividendes réinvestis dans l'enveloppe. C'est une machine à capitaliser sans friction fiscale.
PEA classique vs PEA-PME vs PEA Jeune
| Enveloppe | Plafond versements | Titres éligibles |
|---|---|---|
| PEA classique | 150 000 € | Actions UE / EEE, ETF éligibles (75 % actifs UE) |
| PEA-PME | 225 000 € (cumul PEA + PEA-PME) | PME et ETI européennes, obligations convertibles PME, titres non cotés |
| PEA Jeune (18-25 ans rattachés) | 20 000 € | Mêmes que PEA classique |
Mécanique fiscale du PEA par ancienneté
| Durée PEA | Fiscalité des plus-values | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Avant 5 ans (retrait ou clôture) | IR 12,8 % + PS 18,6 % = 31,4 % | 18,6 % (2026) |
| 5 ans et plus (retrait partiel ou total) | Exonération totale d'IR | 18,6 % sur la part des gains (taux en vigueur à la date du fait générateur) |
| PEA Jeune transformé en PEA classique à 25 ans | Continuité du compteur 5 ans | Idem PEA classique |
Concrètement, si vous versez 150 000 € dans un PEA en 2021 et que votre portefeuille vaut 300 000 € en 2027 (6 ans), vous pouvez retirer les 150 000 € de plus-value exonérés d'IR. Seuls 18,6 % de PS s'appliquent : 27 900 € de PS. Taux effectif de taxation : 9,3 % vs 31,4 % en CTO. Économie de 22,1 points soit 33 150 € sur cette seule opération.
BSPCE éligibles au PEA depuis 2023
Le Conseil d'État a tranché par l'arrêt CE n° 482922 du 8 décembre 2023: l'administration ne peut pas interdire l'inscription en PEA des titres souscrits par exercice de BSPCE, contre l'ancienne doctrine BOFiP. Désormais, un salarié de start-up qui exerce ses BSPCE peut loger les actions résultantes dans son PEA et bénéficier de l'exonération d'IR après 5 ans. Une opportunité massive pour les salariés de tech.
Le piège du retrait avant 5 ans
Tout retrait avant 5 ans entraîne la clôture du PEA et la taxation au PFU 31,4 % sur les gains. Exceptions : licenciement, mise en retraite anticipée, invalidité, décès. Le PEA perd alors son avantage fiscal. Important : après 5 ans, un retrait partiel ne ferme pas le plan (règle post-loi PACTE 2019) et les versements restent possibles.
PEA, PEA-PME, PEA Jeune — structurons votre capitalisation défiscalisée
Un CGP Hagnéré Patrimoine structure votre stratégie actions européennes pour maximiser la capitalisation défiscalisée après 5 ans et arbitrer entre PEA, PEA-PME et PEA Jeune.
Apport-cession 150-0 B ter : comment reporter l'imposition d'une grosse plus-value ?
8. Apport-cession 150-0 B ter : comment reporter l'imposition d'une grosse plus-value ?
Si vous êtes dirigeant et envisagez la cession d'une société opérationnelle de valeur significative (typiquement au-delà de 1 million d'euros), l'apport-cession est probablement le dispositif le plus puissant de votre arsenal fiscal. Principe : vous apportez vos titres à une holding patrimoniale soumise à l'ISque vous contrôlez, la holding les cède, et l'imposition de la plus-value est reportée — pas annulée — dans la holding (art. 150-0 B ter CGI). Tant que la holding ne vous redistribue pas les fonds en dividendes, vous n'avez aucun impôt à payer sur la cession.
Ce que change la loi de finances 2026 (article 11)
La LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a durci le régime pour les cessions réalisées par la holding bénéficiaire à compter du 21 février 2026. Trois paramètres clés ont évolué :
| Paramètre | Avant LF 2026 | Depuis LF 2026 (cessions ≥ 20/02/2026) |
|---|---|---|
| Taux de réinvestissement obligatoire | 60 % du produit de cession | 70 % du produit de cession |
| Délai pour réinvestir | 24 mois | 36 mois |
| Durée de conservation des nouveaux titres | 12 mois | 5 ans |
| Activités éligibles | Opérationnelles + FCPR / FCPI / FPCI éligibles | Inchangé |
Concrètement, le durcissement vise à s'assurer que le dispositif bénéficie bien au réinvestissement dans l'économie réelle et pas à l'évaporation fiscale vers des actifs patrimoniaux. Le délai allongé à 36 mois est en revanche une bonne nouvelle pour sécuriser l'exécution de stratégies d'investissement complexes (acquisitions, reprises d'entreprises, cap inv).
Jurisprudence fondatrice : la notion de réinvestissement économique
Le piège classique, c'est de croire qu'on peut « réinvestir » dans n'importe quoi. Le Conseil d'État a tranché par deux fois (arrêts Vélocité de 2018 et de juillet 2019) : il faut un vrai investissement économiquedans une activité opérationnelle. Acheter des parts de SCPI, prendre une ligne d'actions cotées sur votre CTO ou racheter des titres que vous déteniez déjà avant l'apport ? Tout cela est disqualifié. L'esprit du texte est clair : irriguer l'économie réelle, pas habiller un placement patrimonial classique en dispositif de faveur. Fondement : CE Plén. 12 octobre 2018 n° 412551, CE 10 juillet 2019 n° 411474.
Pourquoi l'apport-cession est-il un game changer ?
Sans apport-cession, un dirigeant cédant sa société pour 5 M€ paie 31,4 % de PFU sur 4,5 M€ de plus-value, soit 1,413 million d'eurosd'impôt. Avec apport-cession, l'imposition est reportée : il conserve 100 % du produit dans sa holding et peut réinvestir dans une nouvelle activité, des SCPI, des fonds de capital-investissement. Tant que la holding ne redistribue pas les fonds à titre personnel, l'imposition reste en sommeil.
Les activités éligibles au réinvestissement 70 %
- Acquisition d'une société opérationnelle (IS, activité commerciale / industrielle / artisanale, avec prise de contrôle effective).
- Souscription au capital d'une PME nouvelle ou en croissance(sous conditions d'activité).
- Souscription de parts de FCPR, FCPI, FPCIéligibles (fonds de capital-investissement avec quotas d'investissement en PME respectés).
- Développement de l'activité de la holding elle-même (à condition que celle-ci soit animatrice).
Sont exclus: immobilier locatif pur, SCPI de rendement, résidences meublées touristiques, portefeuille d'actions cotées sur CTO classique, LMNP. En gros, tout ce qui relève de la gestion patrimoniale passive.
Apport-cession 150-0 B ter — on structure votre opération
Création de holding, choix du réinvestissement éligible, respect du délai 36 mois et de l'engagement 5 ans : un CGP Hagnéré Patrimoine structure l'opération avec votre avocat fiscaliste.
BSPCE, stock-options, actions gratuites : quelle fiscalité pour les salariés de start-up ?
9. BSPCE, stock-options, actions gratuites : quelle fiscalité pour les salariés de start-up ?
Bons de souscription de parts de créateur d'entreprise (BSPCE), stock-options (SO), actions gratuites (AGA, Attributions Gratuites d'Actions) : ces trois dispositifs permettent aux salariés et mandataires sociaux d'accéder au capital de leur société à conditions préférentielles. Leur fiscalité a ses subtilités, et peut transformer un gain de plusieurs centaines de milliers d'euros en piège fiscal si vous ne connaissez pas les règles.
BSPCE (art. 163 bis G CGI) : le régime des start-up
| Ancienneté dans la société | IR sur gain de cession | PS | Total |
|---|---|---|---|
| Moins de 3 ans | 30 % | 18,6 % | 48,6 % |
| 3 ans et plus | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
Concrètement, un développeur qui a rejoint une start-up en 2024 et reçoit des BSPCE, s'il exerce et cède en 2026 (avant 3 ans), paye 48,6 % sur le gain. S'il attend 2027 (3 ans d'ancienneté atteints), il passe à 31,4 %. Écart de 17,2 points, soit 172 000 € sur un gain de 1 million d'euros. La patience fiscale paye.
Jurisprudence CE : BSPCE éligibles au PEA et au sursis 150-0 B
Deux arrêts du Conseil d'État structurent la fiscalité des BSPCE depuis 2023. CE n° 482922 du 8 décembre 2023 a annulé la doctrine administrative qui excluait les titres issus de BSPCE du PEA (BOI-RPPM-RCM-40-50-20-20 §540 et §585) : les actions souscrites par exercice de BSPCE sont désormais éligibles au PEA, ouvrant ainsi la voie à une exonération d'IR après 5 ans de détention. CE n° 476309 du 5 février 2024a par ailleurs confirmé que ces mêmes titres bénéficient du sursis d'imposition de l'article 150-0 B CGI en cas d'apport-échange — élément clé pour les opérations de recomposition capitalistique (fusion, réorganisation) dans les scale-ups.
Loi de finances 2025 (art. 92) : attention à l'apport de BSPCE à une holding IS
Depuis le 16 février 2025, l'apport par un salarié ou dirigeant de titres issus de BSPCE à une holding contrôlée à l'IS entraîne l'imposition immédiate du gain d'exercice(différence entre prix d'exercice et valeur d'apport), sans sursis ni report. Le régime de faveur 163 bis G CGI est donc perdu sur cette fraction. La plus-value d'apport ultérieure suit le régime de droit commun 150-0 B ter (report d'imposition).
Conséquence pratique : un fondateur qui voulait loger ses BSPCE dans une holding personnelle avant cession doit désormais arbitrer entre exercer-céder en direct (taux 12,8 % ou 30 % selon ancienneté) ou apporter (taux plein barème + cotisations sociales sur le gain d'exercice, jusqu'à 55-59 % en cumulant 45 % IR + 9,7 % PS + contribution salariale 10 %). Simulation obligatoire avec fiscaliste avant toute structuration holding.
Actions gratuites (AGA) : abattement 50 % sur le gain d'acquisition
Les AGA attribuées depuis le 1er janvier 2018 bénéficient d'une fiscalité en deux temps :
- Gain d'acquisition(différence entre valeur à l'attribution définitive et prix payé par le salarié, souvent 0) : soumis au barème IR + PS + contribution salariale 10 %. Abattement de 50 % jusqu'à 300 000 € (art. 80 quaterdecies CGI).
- Gain de cession(différence entre prix de vente et valeur à l'attribution) : PFU 31,4 % ou barème (régime plus-value mobilière classique).
Stock-options (SO) : le régime décroissant
Les SO attribuées depuis 2012 suivent un régime complexe. La plus-value d'acquisition (rabais au moment de la levée) est imposée comme un salaire (barème IR + CSG + CRDS + cotisations patronales contribution spéciale). La plus-value de cession classique au PFU 31,4 %. C'est de plus en plus marginal : les sociétés préfèrent les BSPCE (pour les start-up) ou les AGA (pour les grandes entreprises).
Management packages : BOFiP BOI-RSA-ES-20-60 (MAJ 23/07/2025)
L'article 163 bis H CGI (issu de la LF 2025) a encadré les « management packages » pour les dirigeants et cadres clés bénéficiant de valorisations capitalistiques préférentielles. Le BOFiP a été mis à jour le 23 juillet 2025 pour préciser la ligne de partage entre revenu d'activité (barème + cotisations) et plus-value mobilière (PFU). L'enjeu : éviter que l'administration ne requalifie en salaire un gain présenté comme plus-value. À cadrer avec un avocat fiscaliste avant toute opération.
BSPCE, stock-options, AGA, management package — sécurisons votre fiscalité
Calendrier d'exercice, fenêtre PEA, arbitrage barème vs PFU, risque de requalification en salaire : un CGP Hagnéré Patrimoine sécurise la fiscalité de vos actions de dirigeant ou salarié start-up.
FCPR, FPCI, FCPI et carried interest : régimes spéciaux
10. FCPR, FPCI, FCPI et carried interest : régimes spéciaux
Les fonds de capital-investissement (FCPR, FPCI, FCPI) et le carried interest sont des véhicules spécifiques qui intéressent les épargnants avertis et les professionnels du private equity. Leur fiscalité, souvent favorable, suit des règles distinctes.
FCPR / FPCI / FCPI : exonération d'IR sous conditions
| Fonds | Avantage fiscal | Condition principale |
|---|---|---|
| FCPR fiscal (art. 163 quinquies B CGI) | Exonération IR sur PV, PS 18,6 % dus | Conservation 5 ans + quota 50 % PME non cotées |
| FPCI fiscal | Idem FCPR | Quota 50 % PME + investisseurs qualifiés |
| FCPI (Fonds commun placement innovation) | Réduction IR 18 % sur versement (max 12 000 / 24 000 €) | Conservation 5 ans |
Concrètement, un investisseur qui souscrit 100 000 € dans un FCPR fiscal en 2020, et sort avec 150 000 € en 2026 (7 ans), paie uniquement 18,6 % de PS sur les 50 000 € de plus-value : 9 300 € au lieu de 15 700 € en PFU. Économie de 6 400 €. Pour un FPCI en gestion du haut du bilan, les montants sont souvent multipliés par 10 ou 100.
Carried interest : art. 80 quindecies CGI et 4 conditions cumulatives
Le carried interest, c'est la rémunération variable des gérants et analystes de fonds de capital-investissement, basée sur la performance. Il peut bénéficier du PFU 31,4 % (plutôt que du barème salarial) si et seulement si quatre conditions cumulatives sont remplies :
- Les parts de carried sont logées dans une catégorie statutaire dédiée du fonds.
- Le gérant a souscrit à hauteur d'au moins 1 % de l'actif netdu fonds (c'est la skin in the game).
- Conservation des parts pendant au moins 5 ans.
- Le gérant perçoit une rémunération normale par ailleurs (cohérente avec son activité, pas un salaire fictif pour contourner le régime).
Si une seule condition manque, le carried interest est requalifié en salaire et imposé au barème progressif + cotisations sociales. La différence peut atteindre 20 à 25 points d'imposition effective. C'est un sujet lourd pour les professionnels du secteur.
Moins-values mobilières : comment les imputer sur 10 ans ?
11. Moins-values mobilières : comment les imputer sur 10 ans ?
Vous avez vendu des titres à perte ? Bonne nouvelle : la moins-value n'est jamais perdue immédiatement. L'article 150-0 D, 11° CGIpermet d'imputer vos moins-values sur les plus-values de même nature réalisées au cours des 10 années suivantes. C'est un mécanisme simple mais trop souvent mal utilisé.
Règle d'imputation : seulement sur PV mobilières
Contrairement aux déficits fonciers ou BIC, les moins-values mobilières ne s'imputent jamais sur le revenu global. Elles ne compensent que les plus-values mobilières de même nature. Vous ne pouvez pas réduire votre salaire ou vos revenus fonciers avec une moins-value mobilière.
Imputation des moins-values mobilières
Année N - Moins-value = 10 000 € Année N+1 - Plus-value = 5 000 € → PV nette imposable = 0, reste 5 000 € à imputer Année N+2 - Plus-value = 8 000 € → PV nette imposable = 3 000 €, solde épuisé
L'imputation se fait par ordre chronologique : les plus anciennes moins-values sont utilisées en premier. Report maximal sur 10 ans.
Concrètement, si vous avez subi 15 000 € de moins-value en 2022 sur la débâcle crypto, et réalisez 20 000 € de plus-value en 2026 sur vos actions tech, la plus-value imposable tombe à 5 000 €. Impôt PFU : 1 570 € au lieu de 6 280 €. Économie de 4 710 €. Sans cette imputation, vous auriez payé l'impôt plein.
Attention : moins-values périmées après 10 ans
Une moins-value de 2015 expire en 2025 : si vous ne l'avez pas imputée entre 2015 et 2025, elle est définitivement perdue. D'où l'importance de tenir un tableau de suivi de vos moins-values reportées (case 3VH de la 2042). Votre IFU ne le fait pas automatiquement sur 10 ans : c'est à vous (ou à votre CGP) de piloter.
La moins-value latente ne compte pas
Seule une moins-value effectivement réalisée (vente à perte effective) est imputable. Si votre portefeuille est en moins-value latente (valeur baisse en dessous du prix d'achat) mais que vous n'avez pas vendu, aucune imputation possible. C'est pourquoi, en fin d'année, il peut être utile de « cristalliser » certaines moins-values en vendant puis rachetant immédiatement (sous réserve d'éviter la qualification d'abus si l'opération est trop systématique).
Moins-values et régime PFU : aucune différence
L'imputation des moins-values fonctionne à l'identique que vous soyez au PFU ou au barème. C'est une mécanique d'assiette, appliquée avant le choix du taux. Déclarez-les systématiquement en case 3VH (moins-value reportable).
Piège fréquent : le report annuel obligatoire
La moins-value mobilière reportable s'éteint si elle n'est pas mentionnée chaque annéedans le cadre 12 du formulaire 2074-CMV, même en l'absence de plus-value à imputer. Un oubli sur une déclaration suffit à perdre définitivement le droit au report.
L'ordre d'imputation est imposé : les moins-values de l'année en cours s'imputent d'abord, puis les moins-values antérieures des plus anciennes aux plus récentes. Stratégie : si vous avez une moins-value de 9 ou 10 ans qui va bientôt expirer, matérialisez une plus-value programmée avant l'expiration — sinon le droit au report disparaît sans compensation possible.
Cession de parts de SARL : spécificités (droits 3 %, abattement 23 000 €)
12. Cession de parts de SARL : spécificités (droits 3 %, abattement 23 000 €)
La cession de parts de SARL obéit aux mêmes règles de plus-value que les cessions d'actions (PFU 31,4 %, option barème, abattements éventuels). Mais elle comporte deux spécificités liées à la forme juridique: les droits d'enregistrement de 3 % et l'abattement de 23 000 €.
Droits d'enregistrement 3 % (art. 726 CGI)
Droits d'enregistrement SARL
Abattement 23 000 € × (parts cédées / parts totales) Assiette = Prix de cession − Abattement prorata Droits = Assiette × 3 %
Les droits d'enregistrement sont à la charge de l'acquéreur (sauf clause contraire). Ils s'ajoutent au prix, pas à la fiscalité du cédant.
Concrètement, un acquéreur qui reprend 40 % des parts d'une SARL valorisée 500 000 € (soit 200 000 €) bénéficie d'un abattement de 23 000 × 0,40 = 9 200 €. Droits calculés sur 200 000 − 9 200 = 190 800 € × 3 % = 5 724 €à payer dans le mois suivant l'acte.
Droits de 5 % pour les sociétés à prépondérance immobilière
Si la SARL est à prépondérance immobilière (actif principalement composé d'immeubles non affectés à l'exploitation), le taux passe à 5 %(art. 726, 2° CGI) sans abattement. C'est une mauvaise surprise fréquente pour les cessions de SARL détenant des locaux commerciaux ou bureaux.
Plus-value cédant : régime classique
Côté cédant, la plus-value = prix de cession − prix de revient des parts. Même régime que pour les actions : PFU 31,4 % ou barème (case 2OP). Abattement durée détention si parts acquises avant 2018. Abattement 500 000 € dirigeant retraite si conditions 150-0 D ter remplies.
Formalités : signification à la société et publicité
La cession de parts de SARL requiert une signification par exploit d'huissier (art. 1690 C. civ.) OU un dépôt au greffe d'un acte de cession accepté par le gérant (forme plus courante). L'enregistrement au SIE (Service des impôts des entreprises) doit intervenir dans le mois. Sans ces formalités, la cession est inopposable à la société.
Dividendes vs plus-values mobilières : deux régimes, une même fiscalité ?
13. Dividendes vs plus-values mobilières : deux régimes, une même fiscalité ?
À première vue, dividendes et plus-values mobilières se ressemblent fiscalement : même PFU 31,4 %, même option barème (case 2OP), mêmes prélèvements sociaux 18,6 %. Mais les subtilités font la différence. Passage en revue pour ne plus les confondre.
| Critère | Dividendes | Plus-values mobilières |
|---|---|---|
| Taux PFU | 31,4 % (12,8 + 18,6) | 31,4 % (12,8 + 18,6) |
| Abattement barème | 40 % sur dividendes éligibles (art. 158-3 CGI) | 0 % si titres post-2018 ; 50 à 85 % si titres pré-2018 |
| Acompte à la source | Oui (PFNL 12,8 % case 2CK) | Non (paiement annuel à la déclaration) |
| Report moins-values | Sans objet (pas de moins-value sur dividendes) | 10 ans sur PV de même nature |
| CSG déductible (option barème) | 6,8 % | 6,8 % |
| Seuil 10 % TNS (SARL majoritaire) | Oui — sur dividendes | Non |
| Abattement 500 000 € dirigeant retraite | Non | Oui (150-0 D ter) |
| Apport-cession (150-0 B ter) | Non | Oui |
Concrètement, un dirigeant a souvent le choix : se verser un dividende courant (imposé PFU 31,4 %) ou capitaliser dans la société puis céder avec plus-value (même PFU, mais avec option abattement dirigeant 500 000 € si conditions retraite remplies). Pour les gros patrimoines, la cession est presque toujours plus favorable que les distributions successives.
La combinaison gagnante : capitaliser puis céder
Stratégie courante en patrimonial : un dirigeant de 55 ans capitalise les bénéfices de sa société plutôt que de les distribuer (évite le PFU annuel), puis cède à 65 ans avec abattement 500 000 € dirigeant retraite. Sur un excédent annuel de 100 000 € capitalisé 10 ans, cela fait 1 million d'euros de plus-value, dont 500 000 € exonérés. Économie fiscale massive par rapport à 10 ans de dividendes taxés 31,4 %.
Dividendes et plus-values en démembrement de titres : qui paie ?
14. Dividendes et plus-values en démembrement de titres : qui paie ?
Le démembrement de propriété (usufruit / nue-propriété) est un outil classique de transmission et d'optimisation patrimoniale. Mais la fiscalité des flux et cessions issus de titres démembrés recèle des pièges. Je vois régulièrement des clients pris en défaut par des conventions rédigées trop rapidement.
Dividendes sur titres démembrés
Principe (art. 582 C. civ.) : l'usufruitier perçoit les fruits civils, donc les dividendes courants, et paie l'impôt correspondant (PFU 31,4 % ou barème). Le nu-propriétaire ne perçoit rien et ne déclare rien sur les dividendes ordinaires.
Jurisprudence clé : Cass. com. 27 mai 2015 n° 14-16.246
La Cour de cassation a clarifié la distinction entre dividendes courants (fruits revenant à l'usufruitier) et distributions prélevées sur les réserves antérieures au démembrement. Ces dernières sont assimilées à du capital et soumises au quasi-usufruit (art. 587 C. civ.), générant une dette de restitution au nu-propriétaire au décès de l'usufruitier. Toujours formaliser par acte notarié et cohérence de trésorerie.
Cession de titres démembrés : qui paie la plus-value ?
Trois scénarios possibles selon la convention :
- Cession conjointe avec répartition du prix (par défaut, art. 621 C. civ.) : le démembrement s'éteint, chacun reçoit sa quote-part selon la valorisation économique (ou barème fiscal art. 669 CGI). Chacun déclare sa plus-value.
- Report du démembrement sur le prix: les parties conviennent que l'usufruit et la nue-propriété se reportent sur le prix de vente (converti en créance pour le nu-propriétaire ou réinvesti dans de nouveaux titres démembrés). Aucune taxation immédiate pour le nu-propriétaire.
- Quasi-usufruit (art. 587 C. civ.): l'usufruitier perçoit l'intégralité du prix avec obligation de restitution au décès. Fiscalement, c'est plus complexe : le nu-propriétaire supporte l'imposition de la plus-value s'il était propriétaire indivis au moment de la vente.
Nouveauté LF 2024 : art. 774 bis CGI — fin de la dette de restitution déductible
L'article 774 bis CGI, introduit par la loi de finances 2024 (art. 26), a changé la donne pour les successions ouvertes depuis le 29 décembre 2023 : la dette de restitution née d'un quasi-usufruit portant sur une somme d'argent (issue d'une cession de titres démembrés ou d'une distribution de réserves par exemple) n'est plus déductible de l'actif successoral pour la liquidation des droits de mutation à titre gratuit.
Concrètement, cela invalide en partie l'intérêt fiscal des montages « cession + quasi-usufruit sur le prix » qui étaient très utilisés depuis l'arrêt Cass. com. 27 mai 2015 n° 14-16.246. Pour les successions post-29/12/2023, la dette de restitution réintégrée génère des droits de succession pour le nu-propriétaire. Deux parades légales : formaliser un remploi effectifdu prix en nouveaux titres démembrés (donc pas de somme d'argent), ou sécuriser la convention de quasi-usufruit avant la cession par acte notarié avec clauses de sûreté (caution, hypothèque).
Concrètement, si vous démembrez le portefeuille d'actions de vos parents de leur vivant pour optimiser la future succession, formalisez absolument la convention avec un notaire et un CGP. Le « fait maison » génère des litiges familiaux et fiscaux majeurs à la cession ou au décès.
Cas des titres démembrés issus de succession
Si le démembrement résulte d'une succession (souvent les enfants récupèrent la nue-propriété, le conjoint survivant l'usufruit), le prix de revient fiscal des titres est la valeur successorale. La plus-value latente accumulée avant le décès est purgée (art. 150-0 D, 8° CGI). Si vous vendez peu après, la plus-value imposable sera nulle ou très réduite.
Donation avant cession : comment purger la plus-value sans tomber dans l'abus de droit ?
15. Donation avant cession : comment purger la plus-value sans tomber dans l'abus de droit ?
La donation avant cession est une stratégie parfaitement légale qui combine deux avantages en un coup : transmettre une partie de votre patrimoine à vos enfants ou petits-enfants, et purger au passage la plus-value latente accumulée sur vos titres. Le mécanisme tient en trois temps : vous donnez les titres (droits de donation calculés après les abattements donation 2026— 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans), le donataire « repart » fiscalement avec un nouveau prix de revient égal à la valeur de la donation, puis il revend au même prix sans plus-value imposable. Sur le papier, l'économie est massive. Le piège, c'est l'abus de droit — et nous y arrivons tout de suite.
Le piège : la réappropriation économique
L'abus de droit (art. L. 64 LPF) frappe les montages dont le seul but est d'éluder l'impôt, sans substance économique réelle. Dans la donation avant cession, le signal d'alarme, c'est la réappropriation immédiatedes fonds par le donateur : versement sur son compte, compte courant d'associé, remboursement de prêt au donateur...
Jurisprudence CADF 14 novembre 2024 — affaire 2024-10
Le Comité de l'abus de droit fiscal (CADF) a validé l'abus de droit dans un dossier où les parents avaient donné 60 % des titres de leur société à leurs enfants, qui les avaient cédés le lendemain à un acquéreur déjà identifié. Les fonds sont allés sur un compte des enfants, mais ces derniers ont immédiatement prêté 90 % des sommes à leurs parents via comptes courants. L'administration a requalifié, appliqué la majoration de 80 % pour manœuvre frauduleuse (art. 1729 CGI) et réimposé la plus-value en tête des parents. Des centaines de milliers d'euros de pénalités.
Les conditions de sécurité
- Délai significatif entre la donation et la cession. Pas de règle stricte, mais les praticiens recommandent au moins plusieurs mois, idéalement pas de cession à un acquéreur déjà identifié au moment de la donation.
- Absence totale de réappropriation: pas de versement, prêt, CCA, donation en retour, rachat d'actifs entre donateur et donataire pendant plusieurs années.
- Réelle volonté de transmettre : le donataire gère réellement les fonds (placements, projet, études, acquisition immobilière personnelle).
- Accompagnement notarial et fiscal systématique : acte authentique, déclaration aux impôts, évaluation rigoureuse des titres.
Concrètement, chez Hagnéré Patrimoine, nous ne recommandons jamais une donation avant cession sans un délai minimum de 6 à 12 mois entre la donation et la cession, sans un notaire rompu aux opérations de transmission, et sans une analyse préalable du montage par un avocat fiscaliste. Trop souvent, l'économie promise se transforme en redressement massif avec majoration 80 %.
Cession à prix symbolique ou vil prix : attention à la donation déguisée
Céder des titres à 1 € ou à un prix très inférieur à leur valeur vénale entre membres d'une même famille expose à une requalification en donation déguisée. La Cour de cassation (Cass. com., 7 juillet 2021, n° 18-22.502) a confirmé cette position dans une affaire où des parts valant 760 000 € avaient été cédées à 1 €.
Les deux conditions cumulatives retenues par l'administration : appauvrissement du cédant (prix inférieur à la valeur réelle) et intention libérale(volonté de gratifier le cessionnaire). Si ces conditions sont réunies, l'administration engage la procédure d'abus de droit (art. L. 64 LPF) et réintègre la différence entre la valeur vénale et le prix payé dans l'assiette des droits de mutation à titre gratuit, avec majoration de 80 %.
Quand un prix bas est-il justifié ?
Un prix de cession inférieur à la valeur comptable peut se justifier : société en difficulté documentée (dépôt de bilan, plan de redressement), passif caché révélé par audit, clauses de garantie de passif spécifiques, décote de minorité avérée. Documentez toujours la méthode de valorisation (patrimoniale, DCF, multiples comparables) par un rapport d'expert-comptable ou un commissaire aux apports.
Donation avant cession — purger la plus-value en sécurité
Un CGP Hagnéré Patrimoine coordonne l'opération avec votre notaire et votre avocat fiscaliste pour purger la plus-value en sécurité juridique et éviter la requalification en abus de droit.
CDHR 2026 : votre cession vous expose-t-elle à la contribution 20 % ?
16. CDHR 2026 : votre cession vous expose-t-elle à la contribution 20 % ?
La CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus, art. 224 CGI) est une nouveauté de la loi de finances 2025, prorogée par la LF 2026. Elle garantit une imposition globale minimum de 20 % du RFR pour les foyers dépassant certains seuils. Une cession de titres peut faire exploser le RFR sur une seule année et faire entrer dans la zone CDHR pour la première fois — à ne pas confondre avec la CEHR (3 / 4 %, art. 223 sexies CGI) qui se cumule.
Seuils de déclenchement 2026
| Situation familiale | Seuil RFR déclencheur CDHR |
|---|---|
| Célibataire, divorcé, veuf | 250 000 € |
| Couple marié ou pacsé | 500 000 € |
Règle de calcul spécifique pour les plus-values
Point critique : dans le calcul du RFR pour la CDHR, les plus-values sont retenues à leur valeur brute avant abattement pour durée de détention. En revanche, l'abattement 500 000 € dirigeant retraite (art. 150-0 D ter) est bien pris en compte, ce qui permet à un dirigeant éligible de réduire fortement son exposition CDHR.
Cas pratique CDHR sur cession
Dirigeant célibataire - Cession société 2 M€ - PV 1,8 M€ Après abattement 500 000 € (150-0 D ter) : PV imposable 1,3 M€ Autres revenus : 100 000 € (salaire + dividendes) RFR ≈ 1,4 M€ → dépasse 250 000 € → CDHR applicable Impôt effectif (PFU + barème + CEHR) ≈ 18 % du RFR CDHR = (20 % × 1 400 000) − 252 000 = 28 000 €
La CDHR est calculée sur le RFR total. L'abattement 500 000 € réduit la PV imposable mais la base RFR reste élevée. La règle du quart exceptionnel peut adoucir le calcul.
La règle du quart pour cessions exceptionnelles
Mécanisme clé : une plus-value qualifiée d'exceptionnelle(cession unique d'une société par un dirigeant, boni de liquidation, distribution massive non récurrente) n'est retenue qu'à 25 %dans le calcul CDHR. Et l'impôt correspondant est lui aussi retenu au quart. Cela évite qu'un événement unique ne déclenche une contribution punitive. Attention : la qualification « exceptionnelle » est contrôlée et ne s'applique qu'aux flux manifestement non réitérables.
Point d'attention : l'abattement 500 000 € ne réduit pas le RFR
Contrairement aux abattements pour durée de détention (50 %, 65 %, 85 %), l'abattement fixe de 500 000 € pour dirigeant partant à la retraite (art. 150-0 D ter) n'est pas déduit du revenu fiscal de référence utilisé pour déclencher la CDHR. Un dirigeant cédant 3 M€ avec abattement 500 k€ réduit bien son IR, mais son RFR reste à 3 M€ : il entre mécaniquement dans le champ de la CDHR.
Anticipez avec le lissage par quart pour revenus exceptionnels, ou fractionnez la cession sur plusieurs exercices si la structure juridique le permet.
Pour maîtriser en détail la composition du RFR et du RFR retraité (art. 1417-IV CGI, 10 réintégrations, ligne 25), voir notre guide complet du Revenu Fiscal de Référence 2026.
Acompte CDHR : 95 % en décembre 2026
La CDHR 2026 fait l'objet d'un acompte de 95 % à verser entre le 1er et le 15 décembre 2026, sur la base d'une estimation de votre RFR. Le solde est régularisé au printemps 2027. Si l'acompte est sous-évalué de plus de 20 %, une majoration de 20 % s'applique (art. 1729 CGI). Mieux vaut surestimer raisonnablement.
Votre cession vous expose-t-elle à la CDHR — anticipons l'acompte
Un CGP Hagnéré Patrimoine modélise votre CDHR, arbitre avec l'abattement 500 000 €, propose un lissage intertemporel et dimensionne l'acompte de décembre avant la cession.
Non-résidents et exit tax : les règles 2026 pour ceux qui vendent depuis l'étranger ou partent à l'étranger
17. Non-résidents et exit tax : les règles 2026 pour ceux qui vendent depuis l'étranger ou partent à l'étranger
Deux situations symétriques à distinguer : vous êtes déjà non-résident fiscal français et vous cédez des titres de sociétés françaises (art. 244 bis B CGI), ou vous êtes résident fiscal français et vous envisagez de partir à l'étranger avec un patrimoine significatif (exit tax, art. 167 bis CGI).
Non-résidents : retenue 12,8 % ou 25 % selon profil
| Profil | Taux 2026 | Base légale |
|---|---|---|
| Personne physique UE/EEE, détention > 25 % | 12,8 % + CSG/CRDS si applicable | Art. 244 bis B CGI |
| Personne physique hors UE (convention) | 12,8 % ou taux conventionnel | Convention fiscale bilatérale |
| Résident ETNC (liste art. 238-0 A CGI) | 75 % | Art. 244 bis B CGI |
| Détention ≤ 25 % sur 5 ans | Exonération en France (taxation État résidence) | Art. 244 bis B a contrario |
Jurisprudence CE 31 mai 2024 : art. 244 bis B contraire au droit UE
L'arrêt CE 8e-3e ch. n° 489370 du 31 mai 2024a jugé l'article 244 bis B CGI contraire à la libre circulation des capitaux (art. 63 TFUE) pour les résidents hors UE bénéficiant d'une convention fiscale avec clause de non-discrimination. Les administrations doivent désormais accorder un traitement non moins favorable qu'aux résidents UE / EEE, y compris la possibilité de choisir le régime le plus avantageux entre retenue forfaitaire 12,8 % et imposition au barème.
Conventions fiscales et choix de pays de résidence
La fiscalité effective d'un non-résident dépend beaucoup plus de la convention fiscale entre la France et son État de résidence que du seul article 244 bis B. Les principaux cas rencontrés chez nos clients expatriés :
| Pays de résidence | Régime cession titres français | Points d'attention 2026 |
|---|---|---|
| Portugal (IFICI, ex-NHR) | Conv. France-Portugal 14/01/1971 : imposition dans l'État de résidence (Portugal) si détention ≤ 25 % | NHR supprimé pour les nouveaux arrivants depuis 01/01/2024. Nouveau régime IFICI (ex-NHR 2.0) depuis LdF portugaise 2024/2025 : exonération / 20 % sur certains revenus qualifiés de R&D, innovation. Moins large que l'ancien NHR |
| Suisse (frontalier ou résident) | Conv. France-Suisse 09/09/1966 art. 15 : taxation Suisse sauf cession à un résident français | Frontaliers : attention à la règle des 45 nuits et au statut fiscal spécifique. Impatriation en Suisse : purge exit tax si conservation ≥ 2 ou 5 ans |
| Royaume-Uni (UK) | Conv. France-UK 19/06/2008 art. 13 : taxation UK si détention < 25 % capital français | Régime non-dom réformé (Finance Act 2024-2025) : remplacé par le Foreign Income and Gains régime à partir d'avril 2025. Vigilance |
| EAU / Dubaï | Conv. France-EAU 19/07/1989 : pas d'impôt sur les PV aux EAU | Exit tax obligatoire au départ (sursis avec garantie). Liste ETNC à surveiller — EAU retiré en 2024 |
| USA | Conv. France-USA 31/08/1994 art. 13 : taxation résidence | Attention double imposition CSG/CRDS — crédit d'impôt partiel côté US. Pour US persons : FATCA, PFIC, déclaration PFIC obligatoire si fonds français |
Attention : résidence fiscale et faisceau d'indices
Le transfert de résidence fiscale (art. 4 B CGI) ne se décrète pas : il se caractérise par un faisceau d'indices (foyer familial, lieu de séjour principal > 183 jours, centre des intérêts économiques, nationalité secondairement). L'administration française remonte régulièrement des « faux départs » chez des entrepreneurs qui conservent un lien fort avec la France (conjoint resté, enfants scolarisés, logement disponible, comptes bancaires actifs, mandats sociaux). En cas de requalification, l'ensemble des revenus mondiaux redevient imposable en France, majorations comprises (40 % ou 80 %).
Exit tax : art. 167 bis CGI
Si vous êtes résident fiscal français, que vous détenez plus de 800 000 € de titres OU au moins 50 % du capitald'une société, et que vous transférez votre domicile fiscal hors de France, l'exit tax (art. 167 bis CGI)s'applique sur la plus-value latente. Taux : 31,4 % (PFU) ou barème. Mécanique du sursis de paiement :
| Destination | Sursis de paiement | Dégrèvement |
|---|---|---|
| UE / EEE (sauf Liechtenstein) | Automatique, sans garantie | 2 ans (< 2,57 M€) / 5 ans (> 2,57 M€) après conservation |
| Autres pays (USA, Suisse, UK, EAU...) | Sur demande, avec garantie financière | Idem : 2 ou 5 ans |
| ETNC | Paiement immédiat obligatoire | Pas de dégrèvement |
Concrètement, un dirigeant qui vend sa société en 2025 avec 10 M€ de plus-value, puis s'expatrie aux Émirats en 2026, doit calculer et déclarer l'exit tax (formulaire 2074-ET) dans les 90 jours de son départ. Sursis de paiement sous garantie. S'il conserve ses titres 5 ans et ne cède pas, dégrèvement total. S'il revend dans ce délai, paiement effectif au taux 31,4 %. S'il donne ses titres à un résident français, annulation. Anticipation obligatoireavant tout projet d'expatriation.
Obligation déclarative pendant 5 ans
L'expatrié sous exit tax doit déposer chaque année un formulaire 2074-ETS rappelant sa situation (conservation, cession, retour), pendant 5 ans. Oubli ou retard : 5 % d'amendesur le montant de l'exit tax due (art. 1840 K CGI). Erreur fréquente chez les entrepreneurs mal conseillés qui pensent qu'une fois partis, le sujet est clos. Ce n'est pas le cas.
Exit tax et expatriation — pilotons votre projet patrimonial
Déclaration 2074-ET, sursis automatique UE, garanties hors UE, suivi 5 ans : un CGP Hagnéré Patrimoine pilote votre expatriation en coordination avec votre fiscaliste international.
Déclaration 2026 : cases 2042 (3VG, 3VH, 3UA, 3VN, 3VA, 3VT, 2OP) et formulaires 2074
18. Déclaration 2026 : cases 2042 (3VG, 3VH, 3UA, 3VN, 3VA, 3VT, 2OP) et formulaires 2074
Arrivé à la déclaration de revenus du printemps 2027 pour les cessions 2026, il faut savoir remplir correctement la déclaration pour activer les bons régimes et éviter les erreurs. Les cases principales de la 2042 :
| Case 2042 | Usage | Origine |
|---|---|---|
| 3VG | Plus-value nette imposable au PFU (après imputation moins-values) | IFU / formulaire 2074 |
| 3VH | Moins-value nette globale à reporter sur 10 ans | Calcul 2074 |
| 3UA | Plus-value soumise au barème si option 2OP | Transfert de 3VG si 2OP cochée |
| 3VN | Abattement durée détention droit commun (50 / 65 %) | Formulaire 2074 |
| 3VA | Abattement dirigeant 500 000 € (art. 150-0 D ter) | Formulaire 2074-DIR |
| 3VT | Plus-value en report d'imposition (150-0 B ter, 150-0 B) | Formulaire 2074-I |
| 2OP | Option barème globale RCM + PV mobilières | Case à cocher (globale) |
Formulaire 2074 : obligatoire pour les cas complexes
Le formulaire 2074(et ses déclinaisons 2074-DIR pour dirigeant retraite, 2074-I pour reports 150-0 B ter, 2074-NR pour non-résidents, 2074-ET pour exit tax) détaille chaque ligne de cession, le calcul de plus-value, les abattements appliqués. Il est obligatoire dès qu'il y a :
- Cession de titres non cotés (parts SARL, actions SAS non cotées).
- Abattement pour durée de détention ou abattement dirigeant 500 000 €.
- Plus-value en report d'imposition.
- Moins-values reportables à gérer sur 10 ans.
- Cession par non-résident ou sous exit tax.
Pour les cessions simples d'actions cotées sur CTO avec IFU, le formulaire est déjà pré-rempli par l'administration via les données de votre courtier. Il suffit de vérifier.
La révocabilité 2OP : votre filet de sécurité
Rappel : depuis la LF 2026, la case 2OP est révocable jusqu'au 31 décembre N+2 (31 décembre 2029 pour les cessions 2026). Si après simulation a posteriori vous réalisez que le barème était plus favorable (ou inversement), déposez une déclaration rectificative en ligne. L'administration recalcule et régularise.
Déclaration 2042 et 2074 — sécurisons chaque case avant envoi
Un CGP Hagnéré Patrimoine prépare votre déclaration optimale, vérifie chaque case (3VG, 3VH, 3UA, 3VN, 3VA, 2OP) et simule a posteriori la révocation 2OP si nécessaire. Cessions complexes bienvenues.
7 cas pratiques chiffrés selon votre profil
19. 7 cas pratiques chiffrés selon votre profil
Assez de théorie. Voici sept histoires vraies (anonymisées) qui illustrent comment la fiscalité des plus-values mobilières se vit concrètement, et comment nous optimisons chaque situation : du salarié start-up au dirigeant apport-cession, de l'expatrié Portugal au retraité héritier démembré.
Cas 1 — Julien, 28 ans, développeur chez une start-up à Paris
Julien a rejoint une start-up tech parisienne il y a 18 mois. Il reçoit 500 BSPCE avec un prix d'exercice de 5 € et une valorisation actuelle de 300 € par action. La société est rachetée, il va pouvoir exercer et céder. Gain potentiel : 500 × (300 − 5) = 147 500 €.
| Scénario | Taux IR | Taux PS | Total | Net |
|---|---|---|---|---|
| Exercice aujourd'hui (18 mois < 3 ans) | 30 % | 18,6 % | 48,6 % | 147 500 − 71 685 = 75 815 € |
| Exercice dans 18 mois (3 ans atteints) | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % | 147 500 − 46 315 = 101 185 € |
Écart : 25 370 €. Ma recommandation : si le pacte d'actionnaires le permet, négocier avec l'acquéreur un report d'exercice de 18 mois (via earn-out ou clause de liquidité différée) pour basculer au régime 31,4 %. Cela suppose que l'acquéreur accepte le portage, ce qui est souvent négociable dans un deal de taille moyenne.
Cas 2 — Marc, 62 ans, dirigeant PME à Lyon
Marc dirige sa SARL depuis 1985. Il a 62 ans, souhaite céder pour prendre sa retraite. Prix de vente 1 200 000 €, prix de revient (capital initial + apports) 200 000 €, plus-value 1 000 000 €. Il coche toutes les conditions 150-0 D ter (exercice 40 ans, détention 100 %, cessation et retraite dans la fenêtre).
Optimisation Marc — abattement 500 000 €
Sans optimisation (PFU brut) : PV imposable = 1 000 000 € PFU 31,4 % = 314 000 € Net Marc = 1 200 000 − 314 000 = 886 000 € Avec abattement 150-0 D ter : Abattement 500 000 € → PV imposable 500 000 € PFU 31,4 % × 500 000 = 157 000 € Net Marc = 1 200 000 − 157 000 = 1 043 000 € Économie = 157 000 €
L'abattement 500 000 € (art. 150-0 D ter CGI) permet à Marc d'économiser 157 000 € d'impôts. Conditions à vérifier : retraite effective dans 24 mois, cessation totale fonctions.
Ma recommandation : finaliser le calendrier de cessation et de départ en retraite avec l'URSSAF avant signature du protocole, pour sécuriser l'abattement. Et vérifier absence de CDHR (RFR risque d'exploser avec 500 k€ PV imposable + revenus 2026). Dossier type Hagnéré Patrimoine.
Cas 3 — Claire, 45 ans, cadre à Bordeaux, TMI 41 %
Claire a un compte-titres ordinaire de 300 000 € (actions françaises et ETF US). Elle réalise 15 000 € de plus-value en 2026 sur la vente d'une ligne, et a des moins-values 2022 reportées à hauteur de 4 500 € (débâcle tech post-COVID).
| Étape | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Plus-value brute 2026 | Vente action − prix revient | 15 000 € |
| Imputation moins-value 2022 | 15 000 − 4 500 | 10 500 € |
| PV nette imposable | Case 3VG | 10 500 € |
| PFU 31,4 % | 10 500 × 0,314 | 3 297 € |
| Net Claire | 15 000 − 3 297 | 11 703 € |
Barème avec option 2OP ? Claire est TMI 41 %. IR au barème sur 10 500 € = 4 305 € + PS 18,6 % sur 10 500 € = 1 953 € − CSG déductible année suivante. Total environ 6 258 € − effet CSG différé. Moins favorable que PFU. Claire doit rester au PFU.
Cas 4 — Ahmed, 38 ans, expatrié à Dubaï depuis 3 ans
Ahmed a vendu sa société de conseil il y a 5 ans et a émigré à Dubaï en 2023. Il détient encore 30 %des titres d'une SAS française dans laquelle il est actionnaire historique. Il envisage de céder en 2026 pour 500 000 € (prix de revient 100 000 €, PV 400 000 €).
L'article 244 bis B CGI s'applique (seuil 25 % dépassé dans les 5 ans). Taux 12,8 % + CSG/CRDS non dues (expatrié non affilié sécu française). La convention France-EAU (signée 1989) attribue l'imposition des PV sur titres sociétés françaises à la France (art. 13). Ahmed paie donc 400 000 × 12,8 % = 51 200 €en France, et 0 € à Dubaï (pas d'IRPP EAU).
Point important : l'exit tax ne s'applique plus à Ahmed car il est parti en 2023 avec un patrimoine sous les seuils de l'époque. S'il avait franchi 800 000 € à ce moment, l'exit tax se serait déclenchée. Ma recommandation : déclaration via formulaire 2074-NRet attestation de résidence EAU pour sécuriser l'opération.
Cas 5 — Martine, 68 ans, veuve, héritière à Nantes
Martine hérite en 2026 d'un compte-titres ordinaire de 400 000 €de son défunt mari, en indivision avec ses 2 enfants adultes (ils récupèrent la nue-propriété, Martine l'usufruit). Prix de revient fiscal au décès : 400 000 € (valeur successorale). Plus-value latente antérieure du défunt : purgée.
6 mois plus tard, les bourses ayant légèrement progressé, le CTO vaut 420 000 €. La famille décide de céder pour répartir le patrimoine. Plus-value imposable : 420 000 − 400 000 = 20 000 €.
| Option de répartition | Imposition | Qui paie ? |
|---|---|---|
| Cession conjointe avec répartition prix | 20 000 × 31,4 % = 6 280 € | Usufruitier + nus-propriétaires (quote-part selon art. 669 CGI) |
| Report démembrement sur prix (créance) | Même montant, même calcul | Idem |
| Quasi-usufruit (art. 587 C. civ.) | À analyser selon convention | Nu-propriétaire (avec créance de restitution) |
Ma recommandation : acte notarié formalisant le démembrement, option pour cession conjointe avec répartition du prix selon le barème art. 669 CGI (Martine 68 ans = 40 % usufruit, enfants 60 % nue-propriété). Aucun litige familial potentiel, imposition minimale.
Cas 6 — Sophie et Paul, 50 ans, expatriation Portugal IFICI
Sophie et Paul, cadres tech, détiennent 1,2 M€ de titres de société française (PV latente 900 000 €) et envisagent de s'installer au Portugal en 2026 pour bénéficier du nouveau régime IFICI (ex-NHR 2.0). Au-dessus du seuil exit tax 800 000 €.
| Étape | Traitement fiscal | Montant estimé |
|---|---|---|
| Déclaration exit tax au départ | Formulaire 2074-ET dans les 90 jours | PV latente 900 000 € |
| Calcul exit tax (PFU 31,4 %) | 900 000 × 0,314 | 282 600 € |
| Sursis automatique (UE) | Sans garantie, destination Portugal | 0 € à payer immédiatement |
| Conservation 5 ans (patrimoine > 2,57 M€ non atteint) | Dégrèvement après 2 ans si conservation | 0 € in fine |
| Cession depuis Portugal après 3 ans | Conv. France-Portugal art. 14 : imposition Portugal | Taxation portugaise selon statut IFICI |
Point clé : le Portugal n'impose pas les plus-values sur titres étrangers pour les résidents IFICI sur certaines activités qualifiées (le dispositif est plus restrictif que l'ancien NHR). Après 2 ans de résidence effective au Portugal sans cession, l'exit tax française est dégrevée. Cession ensuite depuis le Portugal : imposition portugaise selon le régime choisi. Économie potentielle vs cession en France : jusqu'à 282 600 €. Encadrement obligatoire par fiscaliste international et avocat portugais — risque de requalification en faux départ si liens français conservés.
Cas 7 — Thomas, 45 ans, dirigeant cédant via apport-cession durci
Thomas cède sa SAS opérationnelle en avril 2026 pour 4 M€ (PV 3,6 M€). Il a apporté ses titres à une holding personnelle HoldThomas SAS en mars 2026. La cession par la holding relève du nouveau régime durci 150-0 B ter.
| Obligation LF 2026 | Seuil | Application Thomas |
|---|---|---|
| Taux de réinvestissement | 70 % du produit | 4 M€ × 70 % = 2,8 M€ à réinvestir |
| Délai de réinvestissement | 36 mois | Jusqu'à avril 2029 |
| Conservation des nouveaux titres | 5 ans | Jusqu'à avril 2034 minimum |
| Activités éligibles | PME opérationnelles, FCPR/FPCI éligibles | SCPI et immobilier locatif exclus |
Plan d'action Thomas : 2,8 M€ répartis en acquisition majoritaire d'une PME dans l'industrie (1,5 M€) + souscription à un FPCI labellisé apport-cession (0,8 M€) + complément de trésorerie dans une société opérationnelle du groupe (0,5 M€). Les 1,2 M€ restants peuvent être librement investis en SCPI, obligations ou capitalisation. Plus-value d'apport 3,6 M€ restera en report tant que la holding conserve son activité ; aucune imposition IR immédiate. Économie de trésorerie vs cession directe : 1,13 M€ (3,6 M€ × 31,4 %), mobilisable pour les réinvestissements.
Jurisprudence complémentaire 2021-2024
- CE, 13 juillet 2021, n° 435452, 437498 et 428506 — Management packages : les gains de cession de titres dont la performance tient essentiellement aux fonctions exercées par le cédant dans l'entreprise, sans prise de risque propre, sont requalifiés en traitements et salaires. Arrêts fondateurs du nouveau régime de l'article 163 bis H introduit par la LF 2025.
- Cass. com., 27 novembre 2024, n° 23-12.151 (publié F-B) — Quasi-usufruit conventionnel sur somme d'argent et portefeuille de valeurs mobilières : la créance de restitution du nu-propriétaire doit être documentée par un acte de quasi-usufruit formalisé (notarié ou ayant date certaine) pour être opposable à l'administration fiscale, en lien avec l'article 774 bis CGI issu de la LF 2024. La seule déclaration de succession ne suffit pas à établir la certitude de la créance.
Votre cas n'est pas dans la liste — construisons votre simulation
Chaque cession est unique. Un CGP Hagnéré Patrimoine construit avec vous une simulation sur mesure (régime, abattements, apport-cession, CDHR, exit tax) avant signature du protocole.
IFI post-cession : le piège du cash transformé en patrimoine taxable
20. IFI post-cession : le piège du cash transformé en patrimoine taxable
C'est l'erreur la plus traîtresse. Tant que vous êtes dirigeant avec des titres de votre société opérationnelle, ceux-ci sont exonérés d'IFI(impôt sur la fortune immobilière) au titre des « biens professionnels » (art. 975 CGI) ou parce qu'ils ne figurent pas dans l'assiette IFI limitée à l'immobilier (art. 965 CGI). Vous cédez. Le cash arrive sur votre compte. Et l'année suivante, votre IFI explose.
Pourquoi le cash issu de la cession alourdit-il l'IFI ?
Parce que l'IFI s'applique dès que la valeur nette du patrimoine immobilierdu foyer dépasse 1,3 M€ au 1er janvier. Or le cash ne pèse pas directement dans l'assiette IFI — l'immobilier oui. Le piège, c'est que beaucoup de dirigeants réinvestissenttout ou partie du produit de cession dans de l'immobilier locatif (SCPI, SCI, résidence secondaire, immeuble de rapport), faisant basculer leur foyer dans l'assiette IFI pour la première fois.
| Avant cession | Après cession + réinvestissement immo | Impact IFI |
|---|---|---|
| Titres SAS opérationnelle 3 M€ | Cash 2,2 M€ + SCPI 500 k€ + SCI locative 300 k€ | IFI passe de 0 à ~6 000 € / an (sur 800 k€ immo net) |
| Immeuble pro loué à sa société | Immeuble sans locataire pro + cash cession | Plus de déduction bien pro → IFI sur 100 % de la valeur |
| Résidence principale + titres | Résidence principale + portefeuille 100 % financier | IFI nul (abattement 30 % résidence principale) |
Barème IFI 2026 (inchangé)
0 € à 800 000 € : 0 % 800 001 € à 1 300 000 € : 0,50 % 1 300 001 € à 2 570 000 € : 0,70 % 2 570 001 € à 5 000 000 € : 1,00 % 5 000 001 € à 10 000 000 € : 1,25 % Au-delà de 10 000 000 € : 1,50 %
L'IFI ne se déclenche qu'au-delà de 1,3 M€ de patrimoine immobilier net, mais le calcul redescend à 800 000 € pour les contribuables redevables. Abattement 30 % sur la résidence principale (art. 973 CGI). Plafonnement global à 70 % des revenus (art. 979 CGI).
Trois stratégies concrètes pour neutraliser la bascule IFI
- Allocation financière pure post-cession: conserver le produit de cession en actifs purement financiers (CTO, PEA, assurance-vie UC, contrat de capitalisation, FCPR, obligations). Aucun de ces supports n'entre dans l'assiette IFI. Idéal pour un dirigeant qui voulait « se mettre au repos » après cession.
- Réinvestir en immobilier via holding IS: via une SC à l'IS ou une SCI à l'IS, l'impact IFI est réduit car les titres détenus sont évalués selon l'actif net social minoré des dettes réelles (effet de levier). Attention, ne dispense pas l'IFI mais le minimise sensiblement.
- Donation avec réserve d'usufruit à ses enfants: transmettre la nue-propriété d'une partie du cash ou des biens immobiliers acquis permet de sortir la nue-propriété de l'assiette IFI du donateur (art. 968 CGI). L'usufruit reste en assiette, mais valorisé selon barème art. 669 CGI (40 % pour un usufruitier de 61-70 ans).
Cas concret : Michel, 63 ans, après cession 2,5 M€
Michel vient de céder sa SAS pour 2,5 M€. Il envisage deux SCPI européennes de 400 k€ chacune + une résidence secondaire à Annecy de 600 k€. Son IFI prévisionnel : 1,4 M€ × 0,70 % ≈ 9 800 € / andès janvier 2027. Sur 15 ans de retraite, c'est ~ 147 000 € d'IFIqu'il n'avait pas anticipés.
Notre recommandation : garder les SCPI (rendement) mais loger la résidence secondaire dans une SCI à l'IS familiale (les enfants prennent la nue-propriété), et arbitrer 200 k€ vers un contrat de capitalisation luxembourgeois pour retirer de l'assiette IFI tout en conservant liquidité et rendement. IFI résultant : ~ 3 500 € / an. Économie : 94 500 € sur 15 ans.
Cash post-cession — modélisons votre IFI à 5, 10, 20 ans
Avant de signer le protocole, un CGP Hagnéré Patrimoine modélise votre IFI à horizon 5, 10 et 20 ans selon les allocations envisagées : cash, SCPI, immobilier direct, contrat de capitalisation luxembourgeois.
Timeline cession : planifier sa vente sur 24 mois (J-24 → J+36)
21. Timeline cession : planifier sa vente sur 24 mois (J-24 → J+36)
Une cession optimisée se prépare 2 ans avant la signature du protocole, pas 2 mois. Voici la chronologie exhaustive que nous pilotons pour nos clients dirigeants, étape par étape. Cette timeline est directement issue de nos dossiers réels 2022-2026.
| Horizon | Action | Acteur pilote |
|---|---|---|
| J-24 mois | Diagnostic patrimonial global + simulation fiscale cession (PFU / barème / abattements / CDHR / IFI post-cession) | CGP + avocat fiscaliste |
| J-18 mois | Structuration juridique : création holding apport-cession, pacte Dutreil si FBO, convention de démembrement si donation envisagée | Avocat M&A + notaire + CGP |
| J-12 mois | Valorisation de la société (DCF, multiples, patrimoniale), VDD ou data room préparatoire, recherche d'acquéreurs | Banque d'affaires + expert-comptable |
| J-6 mois | LOI / NBO reçues, due diligence, négociation du protocole, clauses GAP, earn-out, non-concurrence | Avocat M&A + CGP |
| J-3 mois | Anticipation liquidation retraite (demande auprès de la caisse), cessation effective des fonctions si abattement 500 k€ | URSSAF + cabinet social |
| J-0 (cession) | Signature SPA, versement du prix, IFU de l'année N, virement sur compte holding si apport-cession préalable | Avocat M&A + banque |
| J+30 jours | Début du délai 36 mois réinvestissement apport-cession LF 2026 | Holding + CGP |
| J+90 jours | Déclaration exit tax 2074-ET si transfert domicile fiscal hors France | Fiscaliste international |
| J+6 mois | Liquidation des droits retraite au plus tard si fenêtre 150-0 D ter (24 mois post-cession) | Cabinet social |
| Décembre N | Acompte CDHR 95 % (entre 1er et 15 décembre) si RFR > 250/500 k€ | CGP + cabinet comptable |
| Mai N+1 | Déclaration 2042 + 2074-DIR (abattement 500 k€) + 2074-I (reports) + 2074-NR si non-résident | Expert-comptable + CGP |
| J+36 mois | Deadline réinvestissement 70 % du produit (apport-cession durci LF 2026) | Holding + CGP |
Le piège des calendriers tordus
Dans 4 dossiers sur 10, un décalage de calendrier non anticipé fait perdre l'abattement 500 000 € : cession signée en janvier, mais liquidation retraite repoussée à mars N+3 (26 mois après cession) → hors fenêtre 24 mois → abattement perdu → 157 000 € d'impôt en plus. Toujours mettre par écrit les trois dates (cessation, cession, liquidation retraite) dans le protocole, avec clause suspensive si besoin.
Family Buy-Out (FBO) et Pacte Dutreil : transmettre la société à ses enfants en douceur
22. Family Buy-Out (FBO) et Pacte Dutreil : transmettre la société à ses enfants en douceur
Vos enfants veulent reprendre l'entreprise ? Le Family Buy-Out (FBO)combine donation, pacte Dutreil (art. 787 B CGI) et holding d'acquisition pour transmettre la société dans la familleavec une fiscalité très réduite. C'est la stratégie reine pour les dirigeants qui ne veulent ni vendre à un tiers ni subir la plus-value mobilière classique.
Le mécanisme FBO en 4 étapes
- Donation des titres aux enfants sous pacte Dutreil (art. 787 B CGI) : abattement de 75 % sur la valeur des titres avant calcul des droits de mutation à titre gratuit. Engagement collectif 2 ans + engagement individuel porté à 6 ans par la LF 2026 (art. 3 quater).
- Création d'une holding d'acquisition par les enfants donataires. Cette holding emprunte pour racheter les titres donnés à leurs parents via un prix symbolique ou effectif selon le montage retenu.
- Apport des titres à la holding par les enfants, bénéficiant du sursis ou du report 150-0 B ter (selon structure). Les parents peuvent recevoir un prix de rachat ou rester créanciers.
- Remboursement du prêt par les dividendes versés par la société cible à la holding, en régime mère-fille (exonération à 95 %, art. 145 et 216 CGI).
Cumul FBO + abattement 500 k€ dirigeant : attention à l'articulation
L'abattement 500 000 € (150-0 D ter) ne s'applique qu'en cas de cession effective des titres contre un prix, par le dirigeant personne physique partant à la retraite. Dans un FBO pur (donation Dutreil), il n'y a pas de cession donc pas d'abattement 500 000 € applicable : la fiscalité avantageuse vient uniquement du Dutreil (75 %) et des droits de donation.
En revanche, un FBO hybride « donation Dutreil partielle + cession du solde » permet de cumuler les deux avantages : 50 % des titres donnés sous Dutreil (75 % d'abattement), 50 % cédés à la holding d'acquisition avec application de l'abattement 500 000 € sur la plus-value réalisée. Montage complexe à cadrer impérativement avec avocat fiscaliste et notaire.
Chiffrage FBO vs cession classique à un tiers
| Scénario (valeur société 5 M€) | Impôts dus | Net transmis |
|---|---|---|
| A. Cession tiers 5 M€ → PFU 31,4 % sur PV 4,8 M€ (prix revient 200 k€) | 1 507 200 € IR+PS + CDHR éventuelle + IFI futur sur le cash | ~ 3,2 M€ net au dirigeant, à transmettre ensuite |
| B. Donation Dutreil pure (6 ans) aux 2 enfants | Droits MTG sur (5 M€ × 25 %) = 1,25 M€ après abattement 75 %. Moins abattements 100 k€/enfant × 2. Droits ~ 225 000 € | Enfants reçoivent 100 % des titres, parents gardent usufruit éventuel |
| C. FBO hybride : 60 % donation Dutreil + 40 % cession à holding avec abattement 500 k€ | Donation : ~ 135 000 € / Cession : PFU sur 1,92 M€ − 500 k€ abattement = ~ 445 000 €. Total ~ 580 000 € | Liquidité 2 M€ aux parents + 60 % des titres aux enfants |
Concrètement, le FBO hybride permet de diviser par 2,5 la fiscalité globale vs une cession classique à tiers, tout en gardant la société dans la famille. C'est la raison pour laquelle tant de dirigeants PME s'orientent vers ce dispositif depuis la prorogation de Dutreil par la LF 2025 et son durcissement par la LF 2026 (engagement individuel 4 → 6 ans).
Family Buy-Out et pacte Dutreil — construisons votre transmission
Holding d'acquisition, pacte Dutreil, remboursement par dividendes régime mère-fille, cumul abattement 500 000 € : un CGP Hagnéré Patrimoine coordonne l'opération avec notaire et avocat fiscaliste spécialisé.
Les 10 erreurs à éviter + matrice de décision + glossaire express
23. Les 10 erreurs à éviter + matrice de décision + glossaire express
Pour conclure, voici les dix erreurs que je vois régulièrement chez les clients qui viennent nous voir après une cession — et qu'il aurait suffi de repérer en amont pour économiser des dizaines ou des centaines de milliers d'euros.
Les 10 erreurs qui coûtent cher
- Céder avant 60 ans en étant dirigeant: perte automatique de l'abattement 500 000 € (art. 150-0 D ter CGI). Si vous avez 58 ans et un acquéreur, négociez un earn-out sur 2 ans pour franchir le cap.
- Oublier la fenêtre cessation / cession / liquidation retraite: céder puis repousser le départ en retraite au-delà de 24 mois = perte rétroactive de l'abattement et redressement. Calendrier à caler avec l'URSSAF avant signature.
- Cocher 2OP sans simuler: la case barème est globale et annuelle. À TMI 41 %, c'est presque toujours une erreur. Simulez d'abord. Bonne nouvelle : LF 2026 la rend révocable jusqu'à N+2.
- Ignorer les moins-values reportées: une moins-value 2016 qui expire en 2026 et n'a pas été imputée = cash perdu. Suivi rigoureux obligatoire.
- Donation avant cession sans délai : la réappropriation immédiate des fonds = abus de droit, majoration 80 % (CADF 14/11/2024). Respectez le temps et la substance.
- Partir à l'étranger sans déclarer l'exit tax: 5 % d'amende sur la 2074-ET oubliée (art. 1840 K CGI). Anticiper 6 mois avant le départ.
- Céder une SAS de plus de 800 000 € juste avant d'émigrer: l'exit tax s'applique même si vous cédez avant. Toujours vérifier la valorisation au jour du départ avec un fiscaliste international.
- Apporter ses BSPCE à une holding depuis le 16/02/2025 : gain d'exercice imposé immédiatement au barème + cotisations sociales (jusqu'à 55 %). L'art. 92 LF 2025 a fermé cette stratégie de structuration patrimoniale. Arbitrer avant exercice.
- Négliger l'IFI post-cession: réinvestir le cash en immobilier fait basculer le foyer dans l'assiette IFI. Un dirigeant cédant 2,5 M€ peut déclencher ~10 000 € d'IFI annuel inattendu. Allouer financier (CTO, PEA, AV, cap) pour éviter.
- Ne pas tester le Family Buy-Out avant de vendre à un tiers : si vos enfants pourraient reprendre, le FBO Dutreil (abattement 75 %) divise par 2,5 la fiscalité globale vs cession tiers. Trop de dirigeants vendent à un fonds sans avoir étudié cette option avec leur CGP et leur notaire.
Matrice de décision PFU vs barème selon TMI et plus-value
Cette matrice vous donne un verdict rapide — à affiner par simulation complète qui intègre les autres RCM, la CSG déductible différée, les abattements éventuels, et la CDHR.
| Votre TMI | PV < 50 k€ (titres post-2018) | PV 50-500 k€ (titres post-2018) | PV > 500 k€ (titres post-2018) | Titres pré-2018 + dur. > 8 ans |
|---|---|---|---|---|
| 0 % | Barème (0 % IR + 18,6 % PS) | Barème | Barème | Barème + abattement 65 / 85 % |
| 11 % | Barème (≈ 24 % total) | Barème si peu de RCM par ailleurs | Arbitrage selon RCM | Barème + abattement (optimal) |
| 30 % | PFU (31,4 %) | PFU | PFU si PV > 150 k€ | Barème + abattement 85 % (potentiellement gagnant) |
| 41 % | PFU (large avantage) | PFU | PFU (sauf abattement dirigeant) | PFU sauf PME éligible 85 % |
| 45 % | PFU (large avantage) | PFU | PFU + 150-0 D ter si éligible | Barème + abattement 85 % peut rester gagnant si PV modérée |
Pourquoi le verdict change à partir de TMI 30 % ?
Parce que le PFU IR est à 12,8 %, alors que le barème commence à 30 % dès la tranche éponyme. Même avec la CSG déductible à 6,8 % (option barème uniquement), le taux effectif barème à TMI 30 % reste autour de 25 % d'IR : PFU reste plus avantageux. Exception : si les titres sont éligibles à l'abattement renforcé PME 85 % (titres pré-2018 détenus plus de 8 ans), la fraction imposable tombe à 15 %, ce qui renverse la comparaison y compris à TMI élevée.
Glossaire express
| Terme | Définition |
|---|---|
| PFU | Prélèvement forfaitaire unique, aussi appelé flat tax : 31,4 % en 2026 (12,8 IR + 18,6 PS). |
| TMI | Tranche marginale d'imposition : taux le plus élevé appliqué au dernier euro de revenu. |
| RFR | Revenu fiscal de référence : indicateur global utilisé pour seuils aides, CDHR, CEHR. |
| CSG / CRDS | Contribution sociale généralisée et contribution au remboursement de la dette sociale, dans les PS 18,6 %. |
| PS | Prélèvements sociaux : 18,6 % en 2026 sur revenus mobiliers (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5). |
| CTO | Compte-titres ordinaire : enveloppe fiscale classique, PFU 31,4 % ou barème. |
| PEA / PEA-PME | Plan d'épargne en actions : exonération IR après 5 ans, PS 18,6 % dus au dénouement. |
| OPCVM | Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (SICAV, FCP). |
| BSPCE | Bons de souscription de parts de créateur d'entreprise : régime start-up art. 163 bis G. |
| AGA | Actions gratuites attribuées par l'entreprise aux salariés / dirigeants. |
| FCPR / FPCI / FCPI | Fonds de capital-investissement : régimes fiscaux favorables sous conditions. |
| CDHR | Contribution différentielle sur les hauts revenus : 20 % minimum du RFR au-delà 250 / 500 k€. |
| CEHR | Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus : 3 % au-delà 250 / 500 k€, 4 % au-delà 500 k / 1 M€. |
| ETNC | États et territoires non coopératifs : liste art. 238-0 A CGI, taux majorés 75 % en matière de retenue 244 bis B. |
| QPC | Question prioritaire de constitutionnalité : mécanisme de contrôle a posteriori devant Cons. const. |
| Holding animatrice | Holding qui participe activement à la conduite de la politique du groupe et au contrôle des filiales, au-delà du simple exercice des droits d'actionnaire (CE 13 juin 2018 n° 395495). Condition pour bénéficier de Dutreil, 150-0 D ter, réinvestissement 150-0 B ter. |
| FBO | Family Buy-Out : rachat d'une société familiale par les enfants via une holding d'acquisition, combiné avec donation Dutreil (art. 787 B). |
| GAP | Garantie d'actif et de passif : clause du protocole de cession par laquelle le vendeur garantit à l'acquéreur l'exactitude des comptes et l'absence de passifs cachés pendant une durée déterminée. |
| Earn-out | Complément de prix conditionnel, indexé sur la performance future de la société cédée. Imposé l'année de sa perception si réellement aléatoire (art. 150-0 A, I, 2° CGI). |
| Sursis d'imposition | Mécanisme de l'art. 150-0 B CGI : en cas d'apport de titres à une société non contrôlée par l'apporteur, la plus-value n'est pas calculée ni imposée immédiatement. Neutre fiscalement tant qu'aucun événement ne survient. |
| Report d'imposition | Mécanisme de l'art. 150-0 B ter CGI : en cas d'apport à une holding contrôlée, la plus-value est calculée et figée mais son imposition est reportée tant que la holding conserve les titres ou respecte les conditions de réinvestissement. |
| IFICI | Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação : nouveau régime fiscal portugais (ex-NHR 2.0) depuis 2024, plus restrictif que l'ancien NHR, réservé aux activités de R&D, innovation, recherche universitaire. |
| Quasi-usufruit | Usufruit portant sur un bien consomptible (somme d'argent, denrées) : l'usufruitier dispose du bien mais doit restitution équivalente au décès. Art. 587 C. civ. ; traitement fiscal modifié par art. 774 bis CGI (LF 2024). |
Pour aller plus loin
Cet article balaie l'essentiel, mais chaque situation de cession mérite un regard personnalisé. Les interactions entre abattements, CDHR, apport-cession, exit tax, démembrement, donation, non-résidence, régimes BSPCE / AGA sont complexes. Une erreur à ce stade, et ce sont des milliers voire des centaines de milliers d'euros de fiscalité en trop.
Pour compléter, consultez nos guides Flat tax ou barème 2026, TMI 2026, Fiscalité des dividendes 2026, CDHR 2026, Apport-cession 150-0 B ter et PEA exonération après 5 ans.
Ce qu'il faut retenir
En 2026, la fiscalité des plus-values mobilières repose sur un PFU à 31,4 %, tempéré par une option barème révocable (2OP) et trois leviers majeurs : l'abattement durée détention pour les titres pré-2018, l'abattement fixe 500 000 € dirigeant retraite (prorogé 2031), et l'apport-cession 150-0 B ter (durci LF 2026 : 70 % / 36 mois / 5 ans). Les enveloppes défiscalisées (PEA, PEA-PME, assurance-vie) restent incontournables. Et pour les hauts revenus, ne pas oublier la CDHR 2026, l'exit tax, et la retenue non-résidents. Chaque cession mérite une simulation personnalisée avant signature du protocole, pas après.
Mise à jour : 21 avril 2026. Sources principales: Code général des impôts (art. 150-0 A, 150-0 B, 150-0 B ter, 150-0 D, 150-0 D ter, 163 bis G, 163 bis H, 167 bis, 200 A, 224, 238-0 A, 244 bis B, 726, 774 bis, 787 B) ; Code monétaire et financier (L. 221-30 et suivants PEA) ; Code de la sécurité sociale (L. 136-8 CSG) ; Bulletin officiel des finances publiques BOFiP (BOI-RPPM-PVBMI-30-20 du 18/08/2025, BOI-RPPM-PVBMI-20-20-10 du 18/08/2025, BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-10 du 18/08/2025, BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-30 du 05/07/2022, BOI-RPPM-PVBMI-20-10-40 du 10/04/2025, BOI-RSA-ES-20-40 du 23/06/2021, BOI-RSA-ES-20-60 du 23/07/2025, BOI-INT-DG-20-20-20-30 du 16/03/2026) ; jurisprudence CE Plén. n° 412551 du 12/10/2018 (apport-cession), CE n° 411474 du 10/07/2019 (réinvestissement économique), CE n° 482922 du 08/12/2023 (BSPCE éligibles au PEA), CE n° 476309 du 05/02/2024 (BSPCE sursis 150-0 B), CE n° 489370 du 31/05/2024 (244 bis B et libre circulation), CADF séance du 14/11/2024 affaire 2024-10 (donation avant cession et abus de droit), Cass. com. n° 23-12.151 F-B du 27/11/2024 (quasi-usufruit), Cass. com. n° 18-22.502 du 07/07/2021 (donation déguisée), Cons. const. 2025-874 DC du 13/02/2025 (validation LF 2025 dont CDHR art. 224 CGI), Cons. const. 2025-899 DC du 30/12/2025 (validation LFSS 2026) ; loi n° 2025-127 du 14/02/2025 (LF 2025), loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026), loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026) ; Légifrance. Les performances passées ne garantissent pas l'avenir.
Cette publication a vocation informative ; elle ne constitue pas un conseil personnalisé. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié pour une recommandation adaptée à votre situation.

