En 2026, la fiscalité des plus-values mobilières en France se joue autour d'un taux phare : le PFU — prélèvement forfaitaire unique, aussi appelé « flat tax » — à 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu au titre de l'art. 200 A CGI + 18,6 % de prélèvements sociaux après la hausse CSG décidée par la loi de financement de la Sécurité sociale 2026). L'optimisation dépend de vos leviers : option barème progressif (case 2OP, désormais révocable jusqu'à N+2), abattement pour durée de détention sur les titres acquis avant 2018 (art. 150-0 D, 1 ter et 1 quater CGI), abattement fixe de 500 000 € pour dirigeant partant à la retraite (art. 150-0 D ter CGI, prorogé par LF 2025 jusqu'au 31 décembre 2031), apport-cession (art. 150-0 B ter CGI, durci par LF 2026 : 70 % / 36 mois / conservation 5 ans), ou enveloppes défiscalisées comme le PEA et le PEA-PME. Chez Hagnéré Patrimoine, nous accompagnons dirigeants, actionnaires et salariés bénéficiaires de BSPCE ou AGA pour arbitrer entre ces leviers, anticiper la CDHR (art. 224 CGI) et l'exit tax (art. 167 bis CGI), et sécuriser chaque étape de la cession.
Imaginez. Vous êtes dirigeant depuis 15 ans, actionnaire d'une belle société que vous avez bâtie pierre par pierre. Un matin, une offre arrive. Sérieuse. Un chèque à sept chiffres à la clé. Vous sortez la calculette : combien restera-t-il vraiment une fois l'État passé ? 31,4 % ? Plus ? Moins ? Et ce PER que votre expert-comptable vous a parlé, ce fameux abattement de 500 000 € pour départ à la retraite, cette holding dont on vous a vaguement parlé autour d'un déjeuner — tout cela, concrètement, ça change quoi ? Parce qu'en 2026, entre la hausse de la CSG, le durcissement de l'apport-cession, la CDHR sur les hauts revenus, l'exit tax si vous pensez partir à l'étranger et les conditions strictes de l'abattement dirigeant, les règles ont bougé. Et la différence entre une cession optimisée et une cession subie, c'est souvent plusieurs centaines de milliers d'euros.
On va décortiquer tout ça ensemble, comme je le fais autour d'un café avec mes clients. Sans jargon inutile. Avec des chiffres, des exemples, et surtout la bonne décision à chaque étape de votre stratégie de cession.
Sommaire
- 1. Plus-value mobilière 2026 : les 3 chiffres à retenir
- 2. Qu'est-ce qu'une plus-value mobilière en 2026 ?
- 3. PFU 31,4 % : comment fonctionne le prélèvement forfaitaire unique sur les PV ?
- 4. Faut-il opter pour le barème progressif en 2026 ?
- 5. Abattement pour durée de détention : qui peut encore en bénéficier ?
- 6. Comment bénéficier de l'abattement dirigeant de 500 000 € pour départ à la retraite ?
- 7. PEA et PEA-PME : l'enveloppe qui supprime l'IR sur vos plus-values
- 8. Apport-cession 150-0 B ter : comment reporter l'imposition ?
- 9. BSPCE, stock-options, AGA : quelle fiscalité pour les salariés de start-up ?
- 10. FCPR, FPCI, FCPI et carried interest : régimes spéciaux
- 11. Moins-values mobilières : comment les imputer sur 10 ans ?
- 12. Cession de parts de SARL : abattement 23 000 €, droits 3 %
- 13. Dividendes vs plus-values : deux régimes, une même fiscalité ?
- 14. Dividendes et plus-values en démembrement : qui paie ?
- 15. Donation avant cession : comment purger la plus-value sans abus de droit ?
- 16. CDHR 2026 : votre cession vous expose-t-elle à la contribution 20 % ?
- 17. Non-résidents et exit tax : les règles 2026
- 18. Déclaration 2026 : cases 3VG, 3VH, 3UA, 3VN, 3VA, 3VT, 2OP
- 19. 5 cas pratiques chiffrés selon votre profil
- 20. Les 7 erreurs à éviter + glossaire express
1. Plus-value mobilière 2026 : les 3 chiffres à retenir avant toute décision
Avant de plonger dans le détail, arrêtons-nous sur trois chiffres. Trois seulement. Si vous les gardez en tête, vous avez déjà 80 % des réflexes fiscaux justes avant toute cession en 2026. Chez Hagnéré Patrimoine, nous accompagnons chaque année des dirigeants, actionnaires et investisseurs particuliers confrontés au PFU 31,4 %, à l'abattement 500 000 € dirigeant retraite (art. 150-0 D ter CGI) et à l'apport-cession (art. 150-0 B ter CGI) durci par la LF 2026.
| Chiffre | Ce qu'il signifie | Base légale |
|---|---|---|
| 31,4 % | Taux global du PFU sur les PV mobilières en 2026 (12,8 % IR + 18,6 % PS) | Art. 200 A CGI + art. L. 136-8 CSS (LFSS 2026) |
| 500 000 € | Abattement fixe si dirigeant part à la retraite — prorogé jusqu'au 31/12/2031 | Art. 150-0 D ter CGI (LF 2025 art. 70) |
| 5 ans | Durée de détention PEA pour exonérer l'IR sur les PV (PS 18,6 % dus au dénouement) | Art. L. 221-30 et suivants CoMoFi |
Concrètement, si vous cédez en 2026 un portefeuille d'actions détenu sur un compte-titres ordinaire avec une plus-value de 100 000 €, vous conservez 68 600 € après PFU (100 000 × 0,686). Si vous êtes dirigeant de 62 ans partant à la retraite qui vend sa SAS avec 800 000 € de plus-value, l'abattement 500 000 € réduit la base imposable à 300 000 € : vous payez 94 200 € de PFU (300 000 × 0,314) au lieu de 251 200 € sans abattement. 157 000 € d'écart sur une seule ligne du Code général des impôts.
La hausse CSG 2026 en un coup d'œil
La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026, art. 12) a relevé la CSG sur les revenus du patrimoine mobilier de 9,2 % à 10,6 %. Combinée à la CRDS (0,5 %) et au prélèvement de solidarité (7,5 %), cela porte les prélèvements sociaux à 18,6 % pour les plus-values mobilières et dividendes en compte-titres. Les revenus fonciers, l'assurance-vie et le PEA restent à 17,2 %. C'est un détail de 1,4 point, mais sur une plus-value de 1 million d'euros, cela représente 14 000 € d'écart. Pour la décomposition complète, voir notre guide CSG, CRDS et prélèvements sociaux 2026.
Ce guide est rédigé par Quentin Hagnéré, CGP certifié ORIAS (Organisme pour le Registre des Intermédiaires en Assurance ; CIF conseiller en investissements financiers, COA courtier en assurance, COBSP courtier en opérations de banque et services de paiement), à jour au 20 avril 2026. Toutes les références aux articles du Code général des impôts (CGI), du Code de la sécurité sociale (CSS), du Code monétaire et financier (CoMoFi) et à la doctrine BOFiP ont été vérifiées.
2. Qu'est-ce qu'une plus-value mobilière en 2026 ?
Commençons par le commencement. Une plus-value mobilière, c'est la différence entre le prix de cession d'un titre financier et son prix d'acquisition (ou de revient). Plus concrètement : vous avez acheté des actions 50 000 €, vous les revendez 80 000 €, la plus-value est de 30 000 €. C'est sur cette différence que l'État vient piocher. Les plus-values mobilières sont encadrées par les articles 150-0 A à 150-0 F du Code général des impôts.
Quels titres sont concernés ?
| Type de titre | Exemples | Fiscalité 2026 |
|---|---|---|
| Actions cotées | CAC 40, Euronext, titres étrangers sur CTO | PFU 31,4 % ou barème (option 2OP) |
| Actions non cotées | Parts de SAS, SA non cotées, start-up | PFU 31,4 % ou barème + abattements éventuels |
| Parts sociales | Parts de SARL, EURL | PFU 31,4 % ou barème (+ droits d'enregistrement 3 %) |
| OPCVM (FCP, SICAV) | OPCVM actions, monétaires, obligataires | PFU 31,4 % ou barème |
| ETF / Trackers | ETF européens UCITS, ETF US | PFU 31,4 % ou barème |
| Obligations et titres de créances | Obligations d'État, obligations corporate | PFU 31,4 % ou barème |
| Droits sociaux spéciaux | Parts bénéficiaires, bons de souscription | PFU 31,4 % ou barème |
Concrètement, que vous vendiez une action Total Energies détenue sur votre CTO (compte-titres ordinaire), des parts de la SARL familiale, ou un ETF iShares répliquant le S&P 500, c'est le même régime fiscal qui s'applique. La différence, c'est l'enveloppe (CTO vs PEA, assurance-vie ou contrat de capitalisation), pas la nature du titre.
Plus-value mobilière vs plus-value immobilière : deux mondes
Plus-value mobilière (art. 150-0 A CGI)
PFU 31,4 % ou barème + abattement durée détention (titres < 2018). Moins-values imputables sur PV de même nature 10 ans. Abattement dirigeant retraite 500 000 €. Formulaire 2074.
Plus-value immobilière (art. 150 U CGI)
Taux fixe 19 % IR + 17,2 % PS = 36,2 % + surtaxe. Abattements durée détention linéaires (IR 22 ans / PS 30 ans). Moins-values non imputables (sauf cas particuliers). Formulaire 2048-IMM.
Concrètement, si vous vendez à la fois vos actions Pfizer et votre résidence secondaire en 2026, vous ferez deux déclarations complètement indépendantes. Impossible de compenser une plus-value mobilière par une moins-value immobilière, ou inversement. Et les enveloppes défiscalisées (PEA, assurance-vie) ne concernent que le mobilier.
Cryptoactifs : un régime distinct (art. 150 VH bis CGI)
Les plus-values de cession de cryptoactifs fongibles (Bitcoin, Ethereum, stablecoins) ne relèvent pas de l'article 150-0 A. Elles sont imposées à l'article 150 VH bis CGI : PFU 31,4 % (ou option barème depuis LF 2022), seuil d'exonération de 305 € par an, règle du prorata sur l'ensemble du portefeuille cédé dans l'année.
Les NFT (jetons non fongibles) basculent depuis le 1er juillet 2026 vers le régime fiscal du sous-jacent qu'ils représentent : œuvre d'art, immobilier tokenisé, ou titre financier tokenisé. Dans ce dernier cas, ils relèvent alors de l'article 150-0 A et rejoignent le périmètre de ce guide. Les « security tokens » adossés à des droits sociaux suivent d'emblée l'article 150-0 A.
Earn-out et complément de prix : traitement fiscal
Une vente d'actions peut prévoir un complément de prix (earn-out) indexé sur les résultats futurs de la société. Ce complément constitue un fait générateur distinct de la cession initiale : il est imposé l'année de sa perception au PFU 31,4 % (ou option barème), sans nouveau paiement au vendeur du prix principal (art. 150-0 A, I, 2° CGI).
Condition impérative : le complément doit être incertain à la date de la cession (indexation sur performance, clause d'aléa réel). Si le montant est déterminé ou déterminable dès la cession, l'administration requalifie en fraction du prix initial, imposée immédiatement. Concrètement, une clause « 10 % du CA 2027 si CA supérieur à 5 M€ » est un earn-out valable. Une clause « 200 000 € versés en 2027 » est une fraction du prix, imposable en 2026.
Abattement durée de détention et earn-out
Si les titres cédés étaient acquis avant le 1er janvier 2018 et que vous avez opté pour le barème (2OP), l'abattement pour durée de détention s'applique aussi au complément de prix (BOI-RPPM-PVBMI-20-10-10-20). Une question prioritaire de constitutionnalité pendante en 2026 pourrait durcir ou étendre cette règle — vérifier la position administrative au moment de la déclaration.
Ce qui est exonéré d'office
- Cession avec prix global inférieur à 0 € : pas de plus-value, pas d'imposition.
- Titres détenus en PEA après 5 ans d'ancienneté : exonération totale d'IR, seuls les PS 18,6 % sont dus.
- Titres détenus en assurance-vie (UC actions) : fiscalité de l'assurance-vie, pas des plus-values mobilières.
- Titres successoraux vendus au prix déclaré en succession : la plus-value latente est purgée.
Attention : la cession gratuite peut générer des droits
Donner des titres à ses enfants ne génère pas de plus-value imposable (art. 150-0 B du CGI — sursis d'imposition), mais des droits de donation. Si le donataire revend immédiatement, il bénéficie d'un nouveau prix de revient (valeur de la donation) qui purge la plus-value latente. Mais attention à l'abus de droit si la séquence est trop serrée (voir section 15).
3. PFU 31,4 % : comment fonctionne le prélèvement forfaitaire unique sur les plus-values ?
Depuis la loi de finances 2018, le PFU (surnommé « flat tax ») est le régime par défaut de toutes les plus-values mobilières. Son principe est simple : un taux unique, forfaitaire, qui s'applique sans progressivité, quel que soit le montant de la plus-value réalisée.
PFU 2026 sur plus-values mobilières
PFU global = 12,8 % IR + 18,6 % PS = 31,4 %
Les 18,6 % de prélèvements sociaux (PS) se décomposent en : 10,6 % de CSG (contribution sociale généralisée, art. L. 136-8 CSS modifié par LFSS 2026) + 0,5 % de CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) + 7,5 % de prélèvement de solidarité (art. 235 ter CGI). La hausse CSG s'applique aux plus-values mobilières réalisées à compter du 1er janvier 2026.
Concrètement, si vous réalisez une plus-value nette de 50 000 € sur votre portefeuille d'actions en 2026, vous payez 15 700 € d'impôts (50 000 × 0,314) et vous conservez 34 300 €. Le PFU s'applique uniformément : que vous gagniez 10 000 € ou 10 millions d'euros de plus-value, le taux reste le même.
Pas d'acompte à la source sur les plus-values
Différence majeure avec les dividendes : les plus-values mobilières ne sont pas prélevées à la source au moment de la cession. Votre courtier encaisse le produit de vente complet. C'est à la déclaration de revenus l'année suivante que l'impôt est calculé et payé. Vous recevez un IFU (Imprimé Fiscal Unique) récapitulant toutes vos opérations, directement reporté par l'administration dans la 2042 pré-remplie.
L'IFU, votre meilleur ami fiscal
Chaque établissement financier (courtier, banque, assureur) émet chaque année un IFU détaillant vos plus-values, dividendes et intérêts. Vérifiez-le minutieusement : les erreurs d'IFU (mauvais prix de revient, oubli de moins-value reportée) sont la première source de rectification fiscale sur les plus-values mobilières. Gardez vos relevés d'opérations au moins 10 ans.
Mécanique de calcul du PFU
Le PFU s'applique sur la plus-value nette :
Calcul de la plus-value nette imposable
Plus-value brute = Prix de cession − Prix de revient Plus-value nette = Plus-value brute − Moins-values de l'année − Moins-values antérieures (10 ans) Impôt PFU = Plus-value nette × 31,4 %
Le prix de revient intègre le prix d'acquisition ET les frais (courtage, droits d'enregistrement, honoraires d'acte). Pour les titres acquis à des dates différentes, méthode du prix moyen pondéré par défaut.
Concrètement, si vous avez acheté 100 actions Amazon à 100 $ (valeur 10 000 €) et que vous les revendez 15 000 €, la plus-value brute est de 5 000 €. Si vous avez aussi réalisé une moins-value de 1 500 € sur une autre ligne la même année, la plus-value nette tombe à 3 500 €. L'impôt PFU : 3 500 × 0,314 = 1 099 €.
Pourquoi le PFU n'est pas toujours le meilleur choix ?
Si vous êtes peu imposé (TMI 0 ou 11 %), le barème progressif peut donner un résultat plus favorable. C'est aussi le cas si vos titres ont été acquis avant 2018 et sont éligibles à l'abattement pour durée de détention. Ces deux leviers ne s'activent qu'en optant pour le barème (case 2OP). Nous y revenons sections 4 et 5.
Simuler votre fiscalité de cession
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4. Faut-il opter pour le barème progressif en 2026 ?
C'est la question que se posent quasi tous mes clients avant une cession. La réponse mérite de la nuance. L'option pour le barème progressif, cochée via la case 2OP de la 2042, permet de soumettre vos plus-values mobilières au barème de l'IR (0 / 11 / 30 / 41 / 45 %) au lieu du PFU à 12,8 % d'IR. Elle ouvre aussi deux avantages clés : l'abattement pour durée de détention (titres avant 2018) et la CSG déductible à hauteur de 6,8 % (art. 154 quinquies, II CGI).
Règle simple : comparer son TMI au taux effectif PFU
| Votre TMI 2026 | Taux effectif IR au barème (après CSG déductible) | Verdict |
|---|---|---|
| 0 % (non imposable) | 0 % | Barème gagnant (PFU IR 12,8 %) |
| 11 % | Environ 6 % (effet CSG déductible) | Barème gagnant |
| 30 % | Environ 25 % | PFU gagnant (12,8 %) |
| 41 % | Environ 34 % | PFU gagnant largement |
| 45 % | Environ 38 % | PFU gagnant largement |
Concrètement, si vous êtes non imposable ou à TMI 11 %, le barème est presque toujours gagnant — d'autant plus si vous avez des titres acquis avant 2018 éligibles à l'abattement durée de détention. Au-delà de TMI 30 %, le PFU reprend la main. Mais attention, il faut raisonner sur l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values : la case 2OP est globale et annuelle.
Le piège du cumul RCM + PV
Si vous touchez 50 000 € de dividendes et réalisez 100 000 € de plus-value la même année, cocher 2OP met TOUT au barème. Cela peut être favorable pour les dividendes (abattement 40 %) mais défavorable pour les plus-values (pas d'abattement si titres post-2018). Simulez dans les deux cas avec votre CGP avant de valider.
Nouveauté 2026 : la révocabilité de l'option 2OP
Jusqu'à la loi de finances 2025, l'option barème était irrévocable une fois cochée : si vous aviez coché 2OP par erreur, impossible de revenir au PFU. La LF 2026 (art. 9) a changé cela : l'option est désormais révocable jusqu'au délai de réclamation de droit commun, soit le 31 décembre N+2 suivant la mise en recouvrement. Pour les cessions 2026, vous avez jusqu'au 31 décembre 2029 pour revenir dessus par réclamation fiscale. C'est un vrai filet de sécurité.
Trois effets collatéraux à anticiper avant de cocher 2OP
- Augmentation du RFR (revenu fiscal de référence) : le barème intègre la plus-value dans le RFR, ce qui peut faire perdre des aides sociales (bourse, APL, exonération taxe d'habitation résidence secondaire dans certains cas).
- Déclenchement potentiel de la CDHR : le RFR élevé peut franchir les seuils 250 / 500 k€ et activer la contribution 20 % (voir section 16).
- Intérêts et dividendes soumis au barème : les autres RCM de l'année basculent automatiquement au barème, ce qui peut être défavorable si vous avez beaucoup de dividendes à TMI 41 %.
Concrètement, chez un dirigeant TMI 45 % qui touche 150 000 € de dividendes et réalise 300 000 € de plus-value mobilière (titres post-2018), cocher 2OP est clairement contre-productif : l'abattement 40 % sur les dividendes ne compense pas l'envolée du barème à 45 % sur l'ensemble des 450 000 €.
5. Abattement pour durée de détention : qui peut encore en bénéficier ?
Question fréquente en rendez-vous : « J'ai des actions depuis 12 ans, j'ai bien le droit à l'abattement ? ». Réponse : cela dépend de la date d'acquisition. Depuis la loi de finances 2018 qui a instauré le PFU, l'abattement pour durée de détention a été supprimé pour les titres acquis à compter du 1er janvier 2018. Il subsiste uniquement pour les titres acquis avant cette date, et uniquement si vous optez pour le barème progressif (case 2OP).
Abattement de droit commun (art. 150-0 D, 1 ter CGI)
| Durée de détention | Abattement applicable | Base légale |
|---|---|---|
| Moins de 2 ans | 0 % | Art. 150-0 D, 1 ter CGI |
| De 2 ans à moins de 8 ans | 50 % | Art. 150-0 D, 1 ter CGI |
| 8 ans et plus | 65 % | Art. 150-0 D, 1 ter CGI |
Abattement renforcé PME (art. 150-0 D, 1 quater CGI)
Bien plus puissant, mais encadré : il concerne les PME européennes de moins de 10 ans à la date de souscription, souscrites avant le 1er janvier 2018, dans des sociétés opérationnelles (exclusion des sociétés patrimoniales ou holdings non animatrices).
| Durée de détention | Abattement renforcé PME | Plus-value résiduelle imposable |
|---|---|---|
| Moins de 1 an | 0 % | 100 % |
| De 1 an à moins de 4 ans | 50 % | 50 % |
| De 4 ans à moins de 8 ans | 65 % | 35 % |
| 8 ans et plus | 85 % | 15 % |
Concrètement, un actionnaire fondateur d'une start-up souscrite en 2013 qui cède en 2026 avec une plus-value de 500 000 € bénéficie de l'abattement renforcé 85 % (plus de 8 ans). Plus-value imposable : 500 000 × (1 − 0,85) = 75 000 €. Au barème à TMI 41 % : environ 30 750 € d'IR + 18,6 % de PS sur 500 000 € (car les PS ignorent l'abattement) = 93 000 €. Total 123 750 €, contre 157 000 € au PFU. Économie de 33 250 €.
Attention : les PS ignorent l'abattement durée détention
Erreur fréquente : croire que l'abattement réduit aussi les prélèvements sociaux. Non. L'abattement durée détention ne vaut que pour l'IR au barème. Les PS 18,6 % (ou 17,2 % pour titres pré-2018 éligibles au régime historique) s'appliquent toujours sur la plus-value brute. C'est une règle qu'on oublie souvent quand on fait des simulations « au doigt mouillé ».
Pourquoi l'abattement a été supprimé pour les titres post-2018 ?
Le législateur de 2018 a voulu simplifier drastiquement la fiscalité du capital : un taux unique, lisible, compétitif (31,4 % en 2026, 30,5 % auparavant). En contrepartie, l'abattement durée de détention, trop complexe à gérer et peu incitatif, a été supprimé. Seule exception : les titres acquis avant cette réforme, qui conservent leur régime historique.
Vérifier l'éligibilité de vos titres à l'abattement
Date d'acquisition, type de PME, durée : nos équipes analysent votre portefeuille pour identifier chaque titre éligible à l'abattement 50 / 65 / 85 %.
6. Comment bénéficier de l'abattement dirigeant de 500 000 € pour départ à la retraite ?
C'est probablement le levier le plus puissant de toute la fiscalité des plus-values mobilières. Un abattement fixe de 500 000 € (art. 150-0 D ter CGI), avant application du PFU ou du barème, pour les dirigeants de PME qui partent à la retraite. Bonne nouvelle : la loi de finances 2025 (article 70) l'a prorogé jusqu'au 31 décembre 2031, sans modification majeure des conditions.
Économie fiscale de l'abattement 150-0 D ter
PV brute = 1 000 000 € Abattement 500 000 € → PV nette = 500 000 € PFU 31,4 % sur 500 000 € = 157 000 € Économie vs PFU sans abattement (314 000 €) = 157 000 €
L'abattement fixe de 500 000 € s'applique APRÈS calcul de la plus-value brute et AVANT PFU ou barème. Sur les PS 18,6 %, il s'applique également (contrairement à l'abattement durée détention).
Les 5 conditions cumulatives à respecter
| Condition | Détail |
|---|---|
| Âge minimum | 60 ans au moment de la cession OU dans les 24 mois suivants |
| Fonctions de direction | Exercice continu de fonctions de direction (gérant, président, DG) pendant les 5 années précédant la cession |
| Seuil de détention | Détention directe ou par groupe familial d'au moins 25 % des droits de vote ou des droits financiers |
| Cessation totale | Cessation de toutes fonctions (direction ET salariées) dans la société cédée, et départ effectif en retraite |
| Fenêtre 48 mois | Cessation et retraite dans une fenêtre de 48 mois : 24 mois avant la cession OU 24 mois après |
Concrètement, un gérant majoritaire de 63 ans qui cède sa SARL en juin 2026 doit faire valoir ses droits à la retraite au plus tard en juin 2028 (24 mois après), ET avoir cessé ses fonctions dans la société. S'il reste consultant externe, dirigeant d'une autre société du même groupe, ou simple salarié, le dispositif tombe et la plus-value redevient intégralement taxable.
La société cédée doit être une PME européenne
La société objet de la cession doit répondre à la définition européenne de la PME (recommandation 2003/361/CE) : moins de 250 salariés, chiffre d'affaires inférieur à 50 millions d'euros ou total de bilan inférieur à 43 millions d'euros, sans être détenue à plus de 25 % par une grande entreprise. Elle doit avoir exercé de manière continue pendant 5 ans avant la cession une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole (les activités de gestion de patrimoine, location meublée, immobilier passif sont exclues).
Un seul usage dans une vie, un abattement GLOBAL de 500 000 €
L'abattement 500 000 € est global et unique : un contribuable ne peut l'utiliser qu'une seule fois dans sa vie, toutes cessions confondues. Si vous cédez deux sociétés à 18 mois d'intervalle, le plafond reste à 500 000 € total, pas 500 000 € par opération. C'est pourquoi il faut bien choisir la cession qui bénéficiera de ce levier, en général celle qui génère la plus-value la plus élevée.
Non-cumul avec l'abattement renforcé PME
Point d'attention : l'abattement 500 000 € (150-0 D ter) et l'abattement renforcé PME (150-0 D, 1 quater) ne sont pas cumulables. Vous devez choisir. En général, pour une plus-value inférieure à 800 000 €, l'abattement fixe 500 000 € est plus favorable. Au-delà, la comparaison devient plus fine, surtout si les titres sont détenus depuis plus de 8 ans (abattement renforcé 85 %).
Comparaison abattement fixe vs renforcé PME (cas 1 000 000 € PV)
Option A - Abattement 500 000 € (150-0 D ter) + PFU 31,4 % : PV imposable = 500 000 € Impôt = 500 000 × 0,314 = 157 000 € Option B - Abattement renforcé 85 % (150-0 D, 1 quater, titres > 8 ans) + barème TMI 41 % : PV imposable barème = 1 000 000 × (1 − 0,85) = 150 000 € IR barème = 150 000 × 0,41 = 61 500 € PS 18,6 % sur 1 000 000 € = 186 000 € Total Option B = 247 500 €
Dans ce cas précis, l'abattement fixe 500 000 € est plus favorable (157 000 € vs 247 500 €). La comparaison dépend fortement du TMI et du montant de la PV.
Piège fatal : la désynchronisation des 48 mois
La fenêtre de 48 mois (24 mois avant + 24 mois après) s'apprécie par rapport à chacun des deux événements — cessation de fonctions ET liquidation de retraite — indépendamment l'un de l'autre. Si vos deux événements sont espacés de plus de 24 mois entre eux, seules les cessions réalisées à moins de 24 mois de chacun des deux restent éligibles.
Concrètement, synchronisez cessation, cession et liquidation de retraite dans une fenêtre de 24 mois maximum. En cas d'écart supérieur à 48 mois entre cessation et retraite, l'abattement est définitivement perdu. En cabinet, c'est l'erreur la plus coûteuse que nous voyons : un dirigeant qui prend sa retraite « plus tard » pour arrondir un dernier trimestre et perd 157 000 € d'impôt potentiel.
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7. PEA et PEA-PME : l'enveloppe qui supprime l'IR sur vos plus-values après 5 ans
Parlons maintenant du levier le plus accessible pour un épargnant particulier : le PEA (Plan d'Épargne en Actions). Il permet de loger des actions européennes et d'y réaliser des plus-values exonérées d'IR après 5 ans. Seuls les prélèvements sociaux 18,6 % restent dus au dénouement. Même régime pour les dividendes réinvestis dans l'enveloppe. C'est une machine à capitaliser sans friction fiscale.
PEA classique vs PEA-PME vs PEA Jeune
| Enveloppe | Plafond versements | Titres éligibles |
|---|---|---|
| PEA classique | 150 000 € | Actions UE / EEE, ETF éligibles (75 % actifs UE) |
| PEA-PME | 225 000 € (cumul PEA + PEA-PME) | PME et ETI européennes, obligations convertibles PME, titres non cotés |
| PEA Jeune (18-25 ans rattachés) | 20 000 € | Mêmes que PEA classique |
Mécanique fiscale du PEA par ancienneté
| Durée PEA | Fiscalité des plus-values | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Avant 5 ans (retrait ou clôture) | IR 12,8 % + PS 18,6 % = 31,4 % | 18,6 % (2026) |
| 5 ans et plus (retrait partiel ou total) | Exonération totale d'IR | 18,6 % sur la part des gains (taux en vigueur à la date du fait générateur) |
| PEA Jeune transformé en PEA classique à 25 ans | Continuité du compteur 5 ans | Idem PEA classique |
Concrètement, si vous versez 150 000 € dans un PEA en 2021 et que votre portefeuille vaut 300 000 € en 2027 (6 ans), vous pouvez retirer les 150 000 € de plus-value exonérés d'IR. Seuls 18,6 % de PS s'appliquent : 27 900 € de PS. Taux effectif de taxation : 9,3 % vs 31,4 % en CTO. Économie de 22,1 points soit 33 150 € sur cette seule opération.
BSPCE éligibles au PEA depuis 2023
Le Conseil d'État a tranché par l'arrêt CE n° 482922 du 8 décembre 2023 : l'administration ne peut pas interdire l'inscription en PEA des titres souscrits par exercice de BSPCE, contre l'ancienne doctrine BOFiP. Désormais, un salarié de start-up qui exerce ses BSPCE peut loger les actions résultantes dans son PEA et bénéficier de l'exonération d'IR après 5 ans. Une opportunité massive pour les salariés de tech.
Le piège du retrait avant 5 ans
Tout retrait avant 5 ans entraîne la clôture du PEA et la taxation au PFU 31,4 % sur les gains. Exceptions : licenciement, mise en retraite anticipée, invalidité, décès. Le PEA perd alors son avantage fiscal. Important : après 5 ans, un retrait partiel ne ferme pas le plan (règle post-loi PACTE 2019) et les versements restent possibles.
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8. Apport-cession 150-0 B ter : comment reporter l'imposition d'une grosse plus-value ?
Si vous êtes dirigeant et envisagez la cession d'une société opérationnelle de valeur significative (typiquement au-delà de 1 million d'euros), l'apport-cession est probablement le dispositif le plus puissant de votre arsenal fiscal. Principe : vous apportez vos titres à une holding soumise à l'IS que vous contrôlez, la holding les cède, et l'imposition de la plus-value est reportée — pas annulée — dans la holding (art. 150-0 B ter CGI).
Ce que change la loi de finances 2026 (article 27)
La LF 2026 a durci le régime pour les cessions réalisées à compter du 21 février 2026 (date de promulgation). Trois paramètres clés ont évolué :
| Paramètre | Avant LF 2026 | Depuis LF 2026 (cessions ≥ 21/02/2026) |
|---|---|---|
| Taux de réinvestissement obligatoire | 60 % du produit de cession | 70 % du produit de cession |
| Délai pour réinvestir | 24 mois | 36 mois |
| Durée de conservation des nouveaux titres | 12 mois | 5 ans |
| Activités éligibles | Opérationnelles + FCPR / FCPI / FPCI éligibles | Inchangé |
Concrètement, le durcissement vise à s'assurer que le dispositif bénéficie bien au réinvestissement dans l'économie réelle et pas à l'évaporation fiscale vers des actifs patrimoniaux. Le délai allongé à 36 mois est en revanche une bonne nouvelle pour sécuriser l'exécution de stratégies d'investissement complexes (acquisitions, reprises d'entreprises, cap inv).
Jurisprudence clé : la condition de contrôle s'apprécie à la date du réinvestissement
L'arrêt CE n° 470324 du 16 février 2024 apporte une clarification majeure : la condition de contrôle de la société cible du réinvestissement s'apprécie à la date du réinvestissement et non plus à celle de l'apport initial. Cela sécurise nombre de schémas où le dirigeant ne prend le contrôle effectif qu'après l'acquisition.
Pourquoi l'apport-cession est-il un game changer ?
Sans apport-cession, un dirigeant cédant sa société pour 5 M€ paie 31,4 % de PFU sur 4,5 M€ de plus-value, soit 1,413 million d'euros d'impôt. Avec apport-cession, l'imposition est reportée : il conserve 100 % du produit dans sa holding et peut réinvestir dans une nouvelle activité, des SCPI, des fonds de capital-investissement. Tant que la holding ne redistribue pas les fonds à titre personnel, l'imposition reste en sommeil.
Les activités éligibles au réinvestissement 70 %
- Acquisition d'une société opérationnelle (IS, activité commerciale / industrielle / artisanale, avec prise de contrôle effective).
- Souscription au capital d'une PME nouvelle ou en croissance (sous conditions d'activité).
- Souscription de parts de FCPR, FCPI, FPCI éligibles (quotas d'investissement en PME respectés).
- Développement de l'activité de la holding elle-même (à condition que celle-ci soit animatrice).
Sont exclus : immobilier locatif pur, SCPI de rendement, résidences meublées touristiques, portefeuille d'actions cotées sur CTO classique, LMNP. En gros, tout ce qui relève de la gestion patrimoniale passive.
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9. BSPCE, stock-options, actions gratuites : quelle fiscalité pour les salariés de start-up ?
Bons de souscription de parts de créateur d'entreprise (BSPCE), stock-options (SO), actions gratuites (AGA, Attributions Gratuites d'Actions) : ces trois dispositifs permettent aux salariés et mandataires sociaux d'accéder au capital de leur société à conditions préférentielles. Leur fiscalité a ses subtilités, et peut transformer un gain de plusieurs centaines de milliers d'euros en piège fiscal si vous ne connaissez pas les règles.
BSPCE (art. 163 bis G CGI) : le régime des start-up
| Ancienneté dans la société | IR sur gain de cession | PS | Total |
|---|---|---|---|
| Moins de 3 ans | 30 % | 18,6 % | 48,6 % |
| 3 ans et plus | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
Concrètement, un développeur qui a rejoint une start-up en 2024 et reçoit des BSPCE, s'il exerce et cède en 2026 (avant 3 ans), paye 48,6 % sur le gain. S'il attend 2027 (3 ans d'ancienneté atteints), il passe à 31,4 %. Écart de 17,2 points, soit 172 000 € sur un gain de 1 million d'euros. La patience fiscale paye.
Jurisprudence CE février 2024 : BSPCE et sursis 150-0 B
L'arrêt CE n° 476309 du 5 février 2024 a confirmé que les titres souscrits par exercice de BSPCE bénéficient du sursis d'imposition de l'article 150-0 B CGI en cas d'apport-échange de titres. C'est un élément clé pour les opérations de recomposition capitalistique (fusion, réorganisation) dans les scale-ups.
Actions gratuites (AGA) : abattement 50 % sur le gain d'acquisition
Les AGA attribuées depuis le 1er janvier 2018 bénéficient d'une fiscalité en deux temps :
- Gain d'acquisition (différence entre valeur à l'attribution définitive et prix payé par le salarié, souvent 0) : soumis au barème IR + PS + contribution salariale 10 %. Abattement de 50 % jusqu'à 300 000 € (art. 80 quaterdecies CGI).
- Gain de cession (différence entre prix de vente et valeur à l'attribution) : PFU 31,4 % ou barème (régime plus-value mobilière classique).
Stock-options (SO) : le régime décroissant
Les SO attribuées depuis 2012 suivent un régime complexe. La plus-value d'acquisition (rabais au moment de la levée) est imposée comme un salaire (barème IR + CSG + CRDS + cotisations patronales contribution spéciale). La plus-value de cession classique au PFU 31,4 %. C'est de plus en plus marginal : les sociétés préfèrent les BSPCE (pour les start-up) ou les AGA (pour les grandes entreprises).
Management packages : BOFiP BOI-RSA-ES-20-60 (MAJ 23/07/2025)
L'article 163 bis H CGI (issu de la LF 2025) a encadré les « management packages » pour les dirigeants et cadres clés bénéficiant de valorisations capitalistiques préférentielles. Le BOFiP a été mis à jour le 23 juillet 2025 pour préciser la ligne de partage entre revenu d'activité (barème + cotisations) et plus-value mobilière (PFU). L'enjeu : éviter que l'administration ne requalifie en salaire un gain présenté comme plus-value. À cadrer avec un avocat fiscaliste avant toute opération.
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10. FCPR, FPCI, FCPI et carried interest : régimes spéciaux
Les fonds de capital-investissement (FCPR, FPCI, FCPI) et le carried interest sont des véhicules spécifiques qui intéressent les épargnants avertis et les professionnels du private equity. Leur fiscalité, souvent favorable, suit des règles distinctes.
FCPR / FPCI / FCPI : exonération d'IR sous conditions
| Fonds | Avantage fiscal | Condition principale |
|---|---|---|
| FCPR fiscal (art. 163 quinquies B CGI) | Exonération IR sur PV, PS 18,6 % dus | Conservation 5 ans + quota 50 % PME non cotées |
| FPCI fiscal | Idem FCPR | Quota 50 % PME + investisseurs qualifiés |
| FCPI (Fonds commun placement innovation) | Réduction IR 18 % sur versement (max 12 000 / 24 000 €) | Conservation 5 ans |
Concrètement, un investisseur qui souscrit 100 000 € dans un FCPR fiscal en 2020, et sort avec 150 000 € en 2026 (7 ans), paie uniquement 18,6 % de PS sur les 50 000 € de plus-value : 9 300 € au lieu de 15 700 € en PFU. Économie de 6 400 €. Pour un FPCI en gestion du haut du bilan, les montants sont souvent multipliés par 10 ou 100.
Carried interest : art. 80 quindecies CGI et 4 conditions cumulatives
Le carried interest, c'est la rémunération variable des gérants et analystes de fonds de capital-investissement, basée sur la performance. Il peut bénéficier du PFU 31,4 % (plutôt que du barème salarial) si et seulement si quatre conditions cumulatives sont remplies :
- Les parts de carried sont logées dans une catégorie statutaire dédiée du fonds.
- Le gérant a souscrit à hauteur d'au moins 1 % de l'actif net du fonds (c'est la skin in the game).
- Conservation des parts pendant au moins 5 ans.
- Le gérant perçoit une rémunération normale par ailleurs (cohérente avec son activité, pas un salaire fictif pour contourner le régime).
Si une seule condition manque, le carried interest est requalifié en salaire et imposé au barème progressif + cotisations sociales. La différence peut atteindre 20 à 25 points d'imposition effective. C'est un sujet lourd pour les professionnels du secteur.
11. Moins-values mobilières : comment les imputer sur 10 ans ?
Vous avez vendu des titres à perte ? Bonne nouvelle : la moins-value n'est jamais perdue immédiatement. L'article 150-0 D, 11° CGI permet d'imputer vos moins-values sur les plus-values de même nature réalisées au cours des 10 années suivantes. C'est un mécanisme simple mais trop souvent mal utilisé.
Règle d'imputation : seulement sur PV mobilières
Contrairement aux déficits fonciers ou BIC, les moins-values mobilières ne s'imputent jamais sur le revenu global. Elles ne compensent que les plus-values mobilières de même nature. Vous ne pouvez pas réduire votre salaire ou vos revenus fonciers avec une moins-value mobilière.
Imputation des moins-values mobilières
Année N - Moins-value = 10 000 € Année N+1 - Plus-value = 5 000 € → PV nette imposable = 0, reste 5 000 € à imputer Année N+2 - Plus-value = 8 000 € → PV nette imposable = 3 000 €, solde épuisé
L'imputation se fait par ordre chronologique : les plus anciennes moins-values sont utilisées en premier. Report maximal sur 10 ans.
Concrètement, si vous avez subi 15 000 € de moins-value en 2022 sur la débâcle crypto, et réalisez 20 000 € de plus-value en 2026 sur vos actions tech, la plus-value imposable tombe à 5 000 €. Impôt PFU : 1 570 € au lieu de 6 280 €. Économie de 4 710 €. Sans cette imputation, vous auriez payé l'impôt plein.
Attention : moins-values périmées après 10 ans
Une moins-value de 2015 expire en 2025 : si vous ne l'avez pas imputée entre 2015 et 2025, elle est définitivement perdue. D'où l'importance de tenir un tableau de suivi de vos moins-values reportées (case 3VH de la 2042). Votre IFU ne le fait pas automatiquement sur 10 ans : c'est à vous (ou à votre CGP) de piloter.
La moins-value latente ne compte pas
Seule une moins-value effectivement réalisée (vente à perte effective) est imputable. Si votre portefeuille est en moins-value latente (valeur baisse en dessous du prix d'achat) mais que vous n'avez pas vendu, aucune imputation possible. C'est pourquoi, en fin d'année, il peut être utile de « cristalliser » certaines moins-values en vendant puis rachetant immédiatement (sous réserve d'éviter la qualification d'abus si l'opération est trop systématique).
Moins-values et régime PFU : aucune différence
L'imputation des moins-values fonctionne à l'identique que vous soyez au PFU ou au barème. C'est une mécanique d'assiette, appliquée avant le choix du taux. Déclarez-les systématiquement en case 3VH (moins-value reportable).
Piège fréquent : le report annuel obligatoire
La moins-value mobilière reportable s'éteint si elle n'est pas mentionnée chaque année dans le cadre 12 du formulaire 2074-CMV, même en l'absence de plus-value à imputer. Un oubli sur une déclaration suffit à perdre définitivement le droit au report.
L'ordre d'imputation est imposé : les moins-values de l'année en cours s'imputent d'abord, puis les moins-values antérieures des plus anciennes aux plus récentes. Stratégie : si vous avez une moins-value de 9 ou 10 ans qui va bientôt expirer, matérialisez une plus-value programmée avant l'expiration — sinon le droit au report disparaît sans compensation possible.
12. Cession de parts de SARL : spécificités (droits 3 %, abattement 23 000 €)
La cession de parts de SARL obéit aux mêmes règles de plus-value que les cessions d'actions (PFU 31,4 %, option barème, abattements éventuels). Mais elle comporte deux spécificités liées à la forme juridique : les droits d'enregistrement de 3 % et l'abattement de 23 000 €.
Droits d'enregistrement 3 % (art. 726 CGI)
Droits d'enregistrement SARL
Abattement 23 000 € × (parts cédées / parts totales) Assiette = Prix de cession − Abattement prorata Droits = Assiette × 3 %
Les droits d'enregistrement sont à la charge de l'acquéreur (sauf clause contraire). Ils s'ajoutent au prix, pas à la fiscalité du cédant.
Concrètement, un acquéreur qui reprend 40 % des parts d'une SARL valorisée 500 000 € (soit 200 000 €) bénéficie d'un abattement de 23 000 × 0,40 = 9 200 €. Droits calculés sur 200 000 − 9 200 = 190 800 € × 3 % = 5 724 € à payer dans le mois suivant l'acte.
Droits de 5 % pour les sociétés à prépondérance immobilière
Si la SARL est à prépondérance immobilière (actif principalement composé d'immeubles non affectés à l'exploitation), le taux passe à 5 % (art. 726, 2° CGI) sans abattement. C'est une mauvaise surprise fréquente pour les cessions de SARL détenant des locaux commerciaux ou bureaux.
Plus-value cédant : régime classique
Côté cédant, la plus-value = prix de cession − prix de revient des parts. Même régime que pour les actions : PFU 31,4 % ou barème (case 2OP). Abattement durée détention si parts acquises avant 2018. Abattement 500 000 € dirigeant retraite si conditions 150-0 D ter remplies.
Formalités : signification à la société et publicité
La cession de parts de SARL requiert une signification par exploit d'huissier (art. 1690 C. civ.) OU un dépôt au greffe d'un acte de cession accepté par le gérant (forme plus courante). L'enregistrement au SIE (Service des impôts des entreprises) doit intervenir dans le mois. Sans ces formalités, la cession est inopposable à la société.
13. Dividendes vs plus-values mobilières : deux régimes, une même fiscalité ?
À première vue, dividendes et plus-values mobilières se ressemblent fiscalement : même PFU 31,4 %, même option barème (case 2OP), mêmes prélèvements sociaux 18,6 %. Mais les subtilités font la différence. Passage en revue pour ne plus les confondre.
| Critère | Dividendes | Plus-values mobilières |
|---|---|---|
| Taux PFU | 31,4 % (12,8 + 18,6) | 31,4 % (12,8 + 18,6) |
| Abattement barème | 40 % sur dividendes éligibles (art. 158-3 CGI) | 0 % si titres post-2018 ; 50 à 85 % si titres pré-2018 |
| Acompte à la source | Oui (PFNL 12,8 % case 2CK) | Non (paiement annuel à la déclaration) |
| Report moins-values | Sans objet (pas de moins-value sur dividendes) | 10 ans sur PV de même nature |
| CSG déductible (option barème) | 6,8 % | 6,8 % |
| Seuil 10 % TNS (SARL majoritaire) | Oui — sur dividendes | Non |
| Abattement 500 000 € dirigeant retraite | Non | Oui (150-0 D ter) |
| Apport-cession (150-0 B ter) | Non | Oui |
Concrètement, un dirigeant a souvent le choix : se verser un dividende courant (imposé PFU 31,4 %) ou capitaliser dans la société puis céder avec plus-value (même PFU, mais avec option abattement dirigeant 500 000 € si conditions retraite remplies). Pour les gros patrimoines, la cession est presque toujours plus favorable que les distributions successives.
La combinaison gagnante : capitaliser puis céder
Stratégie courante en patrimonial : un dirigeant de 55 ans capitalise les bénéfices de sa société plutôt que de les distribuer (évite le PFU annuel), puis cède à 65 ans avec abattement 500 000 € dirigeant retraite. Sur un excédent annuel de 100 000 € capitalisé 10 ans, cela fait 1 million d'euros de plus-value, dont 500 000 € exonérés. Économie fiscale massive par rapport à 10 ans de dividendes taxés 31,4 %.
14. Dividendes et plus-values en démembrement de titres : qui paie ?
Le démembrement de propriété (usufruit / nue-propriété) est un outil classique de transmission et d'optimisation patrimoniale. Mais la fiscalité des flux et cessions issus de titres démembrés recèle des pièges. Je vois régulièrement des clients pris en défaut par des conventions rédigées trop rapidement.
Dividendes sur titres démembrés
Principe (art. 582 C. civ.) : l'usufruitier perçoit les fruits civils, donc les dividendes courants, et paie l'impôt correspondant (PFU 31,4 % ou barème). Le nu-propriétaire ne perçoit rien et ne déclare rien sur les dividendes ordinaires.
Jurisprudence clé : Cass. com. 27 mai 2015 n° 14-16.246
La Cour de cassation a clarifié la distinction entre dividendes courants (fruits revenant à l'usufruitier) et distributions prélevées sur les réserves antérieures au démembrement. Ces dernières sont assimilées à du capital et soumises au quasi-usufruit (art. 587 C. civ.), générant une dette de restitution au nu-propriétaire au décès de l'usufruitier. Toujours formaliser par acte notarié et cohérence de trésorerie.
Cession de titres démembrés : qui paie la plus-value ?
Trois scénarios possibles selon la convention :
- Cession conjointe avec répartition du prix (par défaut, art. 621 C. civ.) : le démembrement s'éteint, chacun reçoit sa quote-part selon la valorisation économique (ou barème fiscal art. 669 CGI). Chacun déclare sa plus-value.
- Report du démembrement sur le prix : les parties conviennent que l'usufruit et la nue-propriété se reportent sur le prix de vente (converti en créance pour le nu-propriétaire ou réinvesti dans de nouveaux titres démembrés). Aucune taxation immédiate pour le nu-propriétaire.
- Quasi-usufruit (art. 587 C. civ.) : l'usufruitier perçoit l'intégralité du prix avec obligation de restitution au décès. Fiscalement, c'est plus complexe : le nu-propriétaire supporte l'imposition de la plus-value s'il était propriétaire indivis au moment de la vente.
Concrètement, si vous démembrez le portefeuille d'actions de vos parents de leur vivant pour optimiser la future succession, formalisez absolument la convention avec un notaire et un CGP. Le « fait maison » génère des litiges familiaux et fiscaux majeurs à la cession ou au décès.
Cas des titres démembrés issus de succession
Si le démembrement résulte d'une succession (souvent les enfants récupèrent la nue-propriété, le conjoint survivant l'usufruit), le prix de revient fiscal des titres est la valeur successorale. La plus-value latente accumulée avant le décès est purgée (art. 150-0 D, 8° CGI). Si vous vendez peu après, la plus-value imposable sera nulle ou très réduite.
15. Donation avant cession : comment purger la plus-value sans tomber dans l'abus de droit ?
La donation avant cession est une stratégie légale et extrêmement efficace pour transmettre des titres à ses enfants ou petits-enfants tout en purgeant la plus-value latente. Le mécanisme : vous donnez les titres (droits de donation calculés selon les abattements — 100 000 € par parent / enfant tous les 15 ans), le donataire reçoit les titres au prix de la donation qui devient son nouveau prix de revient. Si le donataire vend au même prix, plus-value nulle. Magique. Sauf si l'administration y voit un abus de droit.
Le piège : la réappropriation économique
L'abus de droit (art. L. 64 LPF) frappe les montages dont le seul but est d'éluder l'impôt, sans substance économique réelle. Dans la donation avant cession, le signal d'alarme, c'est la réappropriation immédiate des fonds par le donateur : versement sur son compte, compte courant d'associé, remboursement de prêt au donateur...
Jurisprudence CADF 14 novembre 2024 — affaire 2024-10
Le Comité de l'abus de droit fiscal (CADF) a validé l'abus de droit dans un dossier où les parents avaient donné 60 % des titres de leur société à leurs enfants, qui les avaient cédés le lendemain à un acquéreur déjà identifié. Les fonds sont allés sur un compte des enfants, mais ces derniers ont immédiatement prêté 90 % des sommes à leurs parents via comptes courants. L'administration a requalifié, appliqué la majoration de 80 % pour manœuvre frauduleuse (art. 1729 CGI) et réimposé la plus-value en tête des parents. Des centaines de milliers d'euros de pénalités.
Les conditions de sécurité
- Délai significatif entre la donation et la cession. Pas de règle stricte, mais les praticiens recommandent au moins plusieurs mois, idéalement pas de cession à un acquéreur déjà identifié au moment de la donation.
- Absence totale de réappropriation : pas de versement, prêt, CCA, donation en retour, rachat d'actifs entre donateur et donataire pendant plusieurs années.
- Réelle volonté de transmettre : le donataire gère réellement les fonds (placements, projet, études, acquisition immobilière personnelle).
- Accompagnement notarial et fiscal systématique : acte authentique, déclaration aux impôts, évaluation rigoureuse des titres.
Concrètement, chez Hagnéré Patrimoine, nous ne recommandons jamais une donation avant cession sans un délai minimum de 6 à 12 mois entre la donation et la cession, sans un notaire rompu aux opérations de transmission, et sans une analyse préalable du montage par un avocat fiscaliste. Trop souvent, l'économie promise se transforme en redressement massif avec majoration 80 %.
Cession à prix symbolique ou vil prix : attention à la donation déguisée
Céder des titres à 1 € ou à un prix très inférieur à leur valeur vénale entre membres d'une même famille expose à une requalification en donation déguisée. La Cour de cassation (Cass. com., 7 juillet 2021, n° 18-22.502) a confirmé cette position dans une affaire où des parts valant 760 000 € avaient été cédées à 1 €.
Les deux conditions cumulatives retenues par l'administration : appauvrissement du cédant (prix inférieur à la valeur réelle) et intention libérale (volonté de gratifier le cessionnaire). Si ces conditions sont réunies, l'administration engage la procédure d'abus de droit (art. L. 64 LPF) et réintègre la différence entre la valeur vénale et le prix payé dans l'assiette des droits de mutation à titre gratuit, avec majoration de 80 %.
Quand un prix bas est-il justifié ?
Un prix de cession inférieur à la valeur comptable peut se justifier : société en difficulté documentée (dépôt de bilan, plan de redressement), passif caché révélé par audit, clauses de garantie de passif spécifiques, décote de minorité avérée. Documentez toujours la méthode de valorisation (patrimoniale, DCF, multiples comparables) par un rapport d'expert-comptable ou un commissaire aux apports.
Sécuriser votre donation avant cession
Notaire, avocat fiscaliste, CGP : nous coordonnons l'opération pour purger la plus-value en toute sécurité juridique et éviter l'abus de droit.
16. CDHR 2026 : votre cession vous expose-t-elle à la contribution 20 % ?
La CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus, art. 224 CGI) est une nouveauté de la loi de finances 2025, prorogée par la LF 2026. Elle garantit une imposition globale minimum de 20 % du RFR pour les foyers dépassant certains seuils. Une cession de titres peut faire exploser le RFR et déclencher la CDHR.
Seuils de déclenchement 2026
| Situation familiale | Seuil RFR déclencheur CDHR |
|---|---|
| Célibataire, divorcé, veuf | 250 000 € |
| Couple marié ou pacsé | 500 000 € |
Règle de calcul spécifique pour les plus-values
Point critique : dans le calcul du RFR pour la CDHR, les plus-values sont retenues à leur valeur brute avant abattement pour durée de détention. En revanche, l'abattement 500 000 € dirigeant retraite (art. 150-0 D ter) est bien pris en compte, ce qui permet à un dirigeant éligible de réduire fortement son exposition CDHR.
Cas pratique CDHR sur cession
Dirigeant célibataire - Cession société 2 M€ - PV 1,8 M€ Après abattement 500 000 € (150-0 D ter) : PV imposable 1,3 M€ Autres revenus : 100 000 € (salaire + dividendes) RFR ≈ 1,4 M€ → dépasse 250 000 € → CDHR applicable Impôt effectif (PFU + barème + CEHR) ≈ 18 % du RFR CDHR = (20 % × 1 400 000) − 252 000 = 28 000 €
La CDHR est calculée sur le RFR total. L'abattement 500 000 € réduit la PV imposable mais la base RFR reste élevée. La règle du quart exceptionnel peut adoucir le calcul.
La règle du quart pour cessions exceptionnelles
Mécanisme clé : une plus-value qualifiée d'exceptionnelle (cession unique d'une société par un dirigeant, boni de liquidation, distribution massive non récurrente) n'est retenue qu'à 25 % dans le calcul CDHR. Et l'impôt correspondant est lui aussi retenu au quart. Cela évite qu'un événement unique ne déclenche une contribution punitive. Attention : la qualification « exceptionnelle » est contrôlée et ne s'applique qu'aux flux manifestement non réitérables.
Point d'attention : l'abattement 500 000 € ne réduit pas le RFR
Contrairement aux abattements pour durée de détention (50 %, 65 %, 85 %), l'abattement fixe de 500 000 € pour dirigeant partant à la retraite (art. 150-0 D ter) n'est pas déduit du revenu fiscal de référence utilisé pour déclencher la CDHR. Un dirigeant cédant 3 M€ avec abattement 500 k€ réduit bien son IR, mais son RFR reste à 3 M€ : il entre mécaniquement dans le champ de la CDHR.
Anticipez avec le lissage par quart pour revenus exceptionnels, ou fractionnez la cession sur plusieurs exercices si la structure juridique le permet.
Pour maîtriser en détail la composition du RFR et du RFR retraité (art. 1417-IV CGI, 10 réintégrations, ligne 25), voir notre guide complet du Revenu Fiscal de Référence 2026.
Acompte CDHR : 95 % en décembre 2026
La CDHR 2026 fait l'objet d'un acompte de 95 % à verser entre le 1er et le 15 décembre 2026, sur la base d'une estimation de votre RFR. Le solde est régularisé au printemps 2027. Si l'acompte est sous-évalué de plus de 20 %, une majoration de 20 % s'applique (art. 1729 CGI). Mieux vaut surestimer raisonnablement.
Anticiper l'impact CDHR de votre cession
Simulation CDHR, arbitrage abattement 500 000 €, lissage intertemporel : nous modélisons l'impact fiscal total avant la cession.
17. Non-résidents et exit tax : les règles 2026 pour ceux qui vendent depuis l'étranger ou partent à l'étranger
Deux situations symétriques à distinguer : vous êtes déjà non-résident fiscal français et vous cédez des titres de sociétés françaises (art. 244 bis B CGI), ou vous êtes résident fiscal français et vous envisagez de partir à l'étranger avec un patrimoine significatif (exit tax, art. 167 bis CGI).
Non-résidents : retenue 12,8 % ou 25 % selon profil
| Profil | Taux 2026 | Base légale |
|---|---|---|
| Personne physique UE/EEE, détention > 25 % | 12,8 % + CSG/CRDS si applicable | Art. 244 bis B CGI |
| Personne physique hors UE (convention) | 12,8 % ou taux conventionnel | Convention fiscale bilatérale |
| Résident ETNC (liste art. 238-0 A CGI) | 75 % | Art. 244 bis B CGI |
| Détention ≤ 25 % sur 5 ans | Exonération en France (taxation État résidence) | Art. 244 bis B a contrario |
Jurisprudence CE 31 mai 2024 : art. 244 bis B contraire au droit UE
L'arrêt CE 8e-3e ch. n° 489370 du 31 mai 2024 a jugé l'article 244 bis B CGI contraire à la libre circulation des capitaux (art. 63 TFUE) pour les résidents hors UE bénéficiant d'une convention fiscale avec clause de non-discrimination. Également, la CJUE C-420/22 du 29 juillet 2024 a étendu la protection. Les administrations doivent désormais accorder un traitement non moins favorable qu'aux résidents UE / EEE.
Exit tax : art. 167 bis CGI
Si vous êtes résident fiscal français, que vous détenez plus de 800 000 € de titres OU au moins 50 % du capital d'une société, et que vous transférez votre domicile fiscal hors de France, l'exit tax s'applique sur la plus-value latente. Taux : 31,4 % (PFU) ou barème. Mécanique du sursis de paiement :
| Destination | Sursis de paiement | Dégrèvement |
|---|---|---|
| UE / EEE (sauf Liechtenstein) | Automatique, sans garantie | 2 ans (< 2,57 M€) / 5 ans (> 2,57 M€) après conservation |
| Autres pays (USA, Suisse, UK, EAU...) | Sur demande, avec garantie financière | Idem : 2 ou 5 ans |
| ETNC | Paiement immédiat obligatoire | Pas de dégrèvement |
Concrètement, un dirigeant qui vend sa société en 2025 avec 10 M€ de plus-value, puis s'expatrie aux Émirats en 2026, doit calculer et déclarer l'exit tax (formulaire 2074-ET) dans les 90 jours de son départ. Sursis de paiement sous garantie. S'il conserve ses titres 5 ans et ne cède pas, dégrèvement total. S'il revend dans ce délai, paiement effectif au taux 31,4 %. S'il donne ses titres à un résident français, annulation. Anticipation obligatoire avant tout projet d'expatriation.
Obligation déclarative pendant 5 ans
L'expatrié sous exit tax doit déposer chaque année un formulaire 2074-ETS rappelant sa situation (conservation, cession, retour), pendant 5 ans. Oubli ou retard : 5 % d'amende sur le montant de l'exit tax due (art. 1840 K CGI). Erreur fréquente chez les entrepreneurs mal conseillés qui pensent qu'une fois partis, le sujet est clos. Ce n'est pas le cas.
Expatriation et exit tax : sécurisez votre projet
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18. Déclaration 2026 : cases 2042 (3VG, 3VH, 3UA, 3VN, 3VA, 3VT, 2OP) et formulaires 2074
Arrivé à la déclaration de revenus du printemps 2027 pour les cessions 2026, il faut savoir remplir correctement la déclaration pour activer les bons régimes et éviter les erreurs. Les cases principales de la 2042 :
| Case 2042 | Usage | Origine |
|---|---|---|
| 3VG | Plus-value nette imposable au PFU (après imputation moins-values) | IFU / formulaire 2074 |
| 3VH | Moins-value nette globale à reporter sur 10 ans | Calcul 2074 |
| 3UA | Plus-value soumise au barème si option 2OP | Transfert de 3VG si 2OP cochée |
| 3VN | Abattement durée détention droit commun (50 / 65 %) | Formulaire 2074 |
| 3VA | Abattement dirigeant 500 000 € (art. 150-0 D ter) | Formulaire 2074-DIR |
| 3VT | Plus-value en report d'imposition (150-0 B ter, 150-0 B) | Formulaire 2074-I |
| 2OP | Option barème globale RCM + PV mobilières | Case à cocher (globale) |
Formulaire 2074 : obligatoire pour les cas complexes
Le formulaire 2074 (et ses déclinaisons 2074-DIR pour dirigeant retraite, 2074-I pour reports 150-0 B ter, 2074-NR pour non-résidents, 2074-ET pour exit tax) détaille chaque ligne de cession, le calcul de plus-value, les abattements appliqués. Il est obligatoire dès qu'il y a :
- Cession de titres non cotés (parts SARL, actions SAS non cotées).
- Abattement pour durée de détention ou abattement dirigeant 500 000 €.
- Plus-value en report d'imposition.
- Moins-values reportables à gérer sur 10 ans.
- Cession par non-résident ou sous exit tax.
Pour les cessions simples d'actions cotées sur CTO avec IFU, le formulaire est déjà pré-rempli par l'administration via les données de votre courtier. Il suffit de vérifier.
La révocabilité 2OP : votre filet de sécurité
Rappel : depuis la LF 2026, la case 2OP est révocable jusqu'au 31 décembre N+2 (31 décembre 2029 pour les cessions 2026). Si après simulation a posteriori vous réalisez que le barème était plus favorable (ou inversement), déposez une déclaration rectificative en ligne. L'administration recalcule et régularise.
Sécuriser votre déclaration 2042 + 2074
Notre équipe prépare avec vous la déclaration optimale et simule a posteriori la révocation 2OP si nécessaire. Cessions complexes bienvenues.
19. 5 cas pratiques chiffrés selon votre profil
Assez de théorie. Voici cinq histoires vraies (anonymisées) qui illustrent comment la fiscalité des plus-values mobilières se vit concrètement, et comment nous optimisons chaque situation.
Cas 1 — Julien, 28 ans, développeur chez une start-up à Paris
Julien a rejoint une start-up tech parisienne il y a 18 mois. Il reçoit 500 BSPCE avec un prix d'exercice de 5 € et une valorisation actuelle de 300 € par action. La société est rachetée, il va pouvoir exercer et céder. Gain potentiel : 500 × (300 − 5) = 147 500 €.
| Scénario | Taux IR | Taux PS | Total | Net |
|---|---|---|---|---|
| Exercice aujourd'hui (18 mois < 3 ans) | 30 % | 18,6 % | 48,6 % | 147 500 − 71 685 = 75 815 € |
| Exercice dans 18 mois (3 ans atteints) | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % | 147 500 − 46 315 = 101 185 € |
Écart : 25 370 €. Ma recommandation : si le pacte d'actionnaires le permet, négocier avec l'acquéreur un report d'exercice de 18 mois (via earn-out ou clause de liquidité différée) pour basculer au régime 31,4 %. Cela suppose que l'acquéreur accepte le portage, ce qui est souvent négociable dans un deal de taille moyenne.
Cas 2 — Marc, 62 ans, dirigeant PME à Lyon
Marc dirige sa SARL depuis 1985. Il a 62 ans, souhaite céder pour prendre sa retraite. Prix de vente 1 200 000 €, prix de revient (capital initial + apports) 200 000 €, plus-value 1 000 000 €. Il coche toutes les conditions 150-0 D ter (exercice 40 ans, détention 100 %, cessation et retraite dans la fenêtre).
Optimisation Marc — abattement 500 000 €
Sans optimisation (PFU brut) : PV imposable = 1 000 000 € PFU 31,4 % = 314 000 € Net Marc = 1 200 000 − 314 000 = 886 000 € Avec abattement 150-0 D ter : Abattement 500 000 € → PV imposable 500 000 € PFU 31,4 % × 500 000 = 157 000 € Net Marc = 1 200 000 − 157 000 = 1 043 000 € Économie = 157 000 €
L'abattement 500 000 € (art. 150-0 D ter CGI) permet à Marc d'économiser 157 000 € d'impôts. Conditions à vérifier : retraite effective dans 24 mois, cessation totale fonctions.
Ma recommandation : finaliser le calendrier de cessation et de départ en retraite avec l'URSSAF avant signature du protocole, pour sécuriser l'abattement. Et vérifier absence de CDHR (RFR risque d'exploser avec 500 k€ PV imposable + revenus 2026). Dossier type Hagnéré Patrimoine.
Cas 3 — Claire, 45 ans, cadre à Bordeaux, TMI 41 %
Claire a un compte-titres ordinaire de 300 000 € (actions françaises et ETF US). Elle réalise 15 000 € de plus-value en 2026 sur la vente d'une ligne, et a des moins-values 2022 reportées à hauteur de 4 500 € (débâcle tech post-COVID).
| Étape | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Plus-value brute 2026 | Vente action − prix revient | 15 000 € |
| Imputation moins-value 2022 | 15 000 − 4 500 | 10 500 € |
| PV nette imposable | Case 3VG | 10 500 € |
| PFU 31,4 % | 10 500 × 0,314 | 3 297 € |
| Net Claire | 15 000 − 3 297 | 11 703 € |
Barème avec option 2OP ? Claire est TMI 41 %. IR au barème sur 10 500 € = 4 305 € + PS 18,6 % sur 10 500 € = 1 953 € − CSG déductible année suivante. Total environ 6 258 € − effet CSG différé. Moins favorable que PFU. Claire doit rester au PFU.
Cas 4 — Ahmed, 38 ans, expatrié à Dubaï depuis 3 ans
Ahmed a vendu sa société de conseil il y a 5 ans et a émigré à Dubaï en 2023. Il détient encore 30 % des titres d'une SAS française dans laquelle il est actionnaire historique. Il envisage de céder en 2026 pour 500 000 € (prix de revient 100 000 €, PV 400 000 €).
L'article 244 bis B CGI s'applique (seuil 25 % dépassé dans les 5 ans). Taux 12,8 % + CSG/CRDS non dues (expatrié non affilié sécu française). La convention France-EAU (signée 1989) attribue l'imposition des PV sur titres sociétés françaises à la France (art. 13). Ahmed paie donc 400 000 × 12,8 % = 51 200 € en France, et 0 € à Dubaï (pas d'IRPP EAU).
Point important : l'exit tax ne s'applique plus à Ahmed car il est parti en 2023 avec un patrimoine sous les seuils de l'époque. S'il avait franchi 800 000 € à ce moment, l'exit tax se serait déclenchée. Ma recommandation : déclaration via formulaire 2074-NR et attestation de résidence EAU pour sécuriser l'opération.
Cas 5 — Martine, 68 ans, veuve, héritière à Nantes
Martine hérite en 2026 d'un compte-titres ordinaire de 400 000 € de son défunt mari, en indivision avec ses 2 enfants adultes (ils récupèrent la nue-propriété, Martine l'usufruit). Prix de revient fiscal au décès : 400 000 € (valeur successorale). Plus-value latente antérieure du défunt : purgée.
6 mois plus tard, les bourses ayant légèrement progressé, le CTO vaut 420 000 €. La famille décide de céder pour répartir le patrimoine. Plus-value imposable : 420 000 − 400 000 = 20 000 €.
| Option de répartition | Imposition | Qui paie ? |
|---|---|---|
| Cession conjointe avec répartition prix | 20 000 × 31,4 % = 6 280 € | Usufruitier + nus-propriétaires (quote-part selon art. 669 CGI) |
| Report démembrement sur prix (créance) | Même montant, même calcul | Idem |
| Quasi-usufruit (art. 587 C. civ.) | À analyser selon convention | Nu-propriétaire (avec créance de restitution) |
Ma recommandation : acte notarié formalisant le démembrement, option pour cession conjointe avec répartition du prix selon le barème art. 669 CGI (Martine 68 ans = 40 % usufruit, enfants 60 % nue-propriété). Aucun litige familial potentiel, imposition minimale.
Jurisprudence complémentaire 2021-2024
- CE, 13 juillet 2021, n° 435452, 437498 et 428506 — Management packages : les gains de cession de titres dont la performance tient essentiellement aux fonctions exercées par le cédant dans l'entreprise, sans prise de risque propre, sont requalifiés en traitements et salaires. Arrêts fondateurs du nouveau régime de l'article 163 bis H introduit par la LF 2025.
- Cass. com., 27 novembre 2024, n° 23-12.151 (publié F-B) — Quasi-usufruit conventionnel sur somme d'argent et portefeuille de valeurs mobilières : la créance de restitution du nu-propriétaire doit être documentée par un acte de quasi-usufruit formalisé (notarié ou ayant date certaine) pour être opposable à l'administration fiscale, en lien avec l'article 774 bis CGI issu de la LF 2024. La seule déclaration de succession ne suffit pas à établir la certitude de la créance.
Votre cas n'est pas dans la liste ?
Chaque cession est unique. Nous construisons avec vous une simulation sur-mesure avant signature de tout protocole.
20. Les 7 erreurs à éviter + glossaire express
Pour conclure, voici les sept erreurs que je vois régulièrement chez les clients qui viennent nous voir après une cession — et qu'il aurait suffi de repérer en amont pour économiser des dizaines ou des centaines de milliers d'euros.
Les 7 erreurs qui coûtent cher
- Céder avant 60 ans en étant dirigeant : perte automatique de l'abattement 500 000 € (art. 150-0 D ter CGI). Si vous avez 58 ans et un acquéreur, négociez un earn-out sur 2 ans pour franchir le cap.
- Oublier la fenêtre 48 mois : céder puis repousser le départ en retraite au-delà de 24 mois = perte rétroactive de l'abattement et redressement. Calendrier à caler avec l'URSSAF avant signature.
- Cocher 2OP sans simuler : la case barème est globale et annuelle. À TMI 41 %, c'est presque toujours une erreur. Simulez d'abord.
- Ignorer les moins-values reportées : une moins-value 2016 qui expire en 2026 et n'a pas été imputée = cash perdu. Suivi rigoureux obligatoire.
- Donation avant cession sans délai : la réappropriation immédiate des fonds = abus de droit, majoration 80 % (CADF 14/11/2024). Respectez le temps et la substance.
- Partir à l'étranger sans déclarer l'exit tax : 5 % d'amende sur la 2074-ET oubliée (art. 1840 K CGI). Anticiper 6 mois avant le départ.
- Céder une SAS de plus de 800 000 € juste avant d'émigrer : l'exit tax s'applique même si vous cédez avant. Toujours vérifier la valorisation au jour du départ avec un fiscaliste international.
Glossaire express
| Terme | Définition |
|---|---|
| PFU | Prélèvement forfaitaire unique, aussi appelé flat tax : 31,4 % en 2026 (12,8 IR + 18,6 PS). |
| TMI | Tranche marginale d'imposition : taux le plus élevé appliqué au dernier euro de revenu. |
| RFR | Revenu fiscal de référence : indicateur global utilisé pour seuils aides, CDHR, CEHR. |
| CSG / CRDS | Contribution sociale généralisée et contribution au remboursement de la dette sociale, dans les PS 18,6 %. |
| PS | Prélèvements sociaux : 18,6 % en 2026 sur revenus mobiliers (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5). |
| CTO | Compte-titres ordinaire : enveloppe fiscale classique, PFU 31,4 % ou barème. |
| PEA / PEA-PME | Plan d'épargne en actions : exonération IR après 5 ans, PS 18,6 % dus au dénouement. |
| OPCVM | Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (SICAV, FCP). |
| BSPCE | Bons de souscription de parts de créateur d'entreprise : régime start-up art. 163 bis G. |
| AGA | Actions gratuites attribuées par l'entreprise aux salariés / dirigeants. |
| FCPR / FPCI / FCPI | Fonds de capital-investissement : régimes fiscaux favorables sous conditions. |
| CDHR | Contribution différentielle sur les hauts revenus : 20 % minimum du RFR au-delà 250 / 500 k€. |
| CEHR | Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus : 3 % au-delà 250 / 500 k€, 4 % au-delà 500 k / 1 M€. |
| ETNC | États et territoires non coopératifs : liste art. 238-0 A CGI, taux majorés. |
| QPC | Question prioritaire de constitutionnalité : mécanisme de contrôle a posteriori devant Cons. const. |
Pour aller plus loin
Cet article balaie l'essentiel, mais chaque situation de cession mérite un regard personnalisé. Les interactions entre abattements, CDHR, apport-cession, exit tax, démembrement, donation, non-résidence, régimes BSPCE / AGA sont complexes. Une erreur à ce stade, et ce sont des milliers voire des centaines de milliers d'euros de fiscalité en trop.
Pour compléter, consultez nos guides Flat tax ou barème 2026, TMI 2026, Fiscalité des dividendes 2026, CDHR 2026, Apport-cession 150-0 B ter et PEA exonération après 5 ans.
Ce qu'il faut retenir
En 2026, la fiscalité des plus-values mobilières repose sur un PFU à 31,4 %, tempéré par une option barème révocable (2OP) et trois leviers majeurs : l'abattement durée détention pour les titres pré-2018, l'abattement fixe 500 000 € dirigeant retraite (prorogé 2031), et l'apport-cession 150-0 B ter (durci LF 2026 : 70 % / 36 mois / 5 ans). Les enveloppes défiscalisées (PEA, PEA-PME, assurance-vie) restent incontournables. Et pour les hauts revenus, ne pas oublier la CDHR 2026, l'exit tax, et la retenue non-résidents. Chaque cession mérite une simulation personnalisée avant signature du protocole, pas après.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré accompagne depuis plus de 10 ans des dirigeants, actionnaires et particuliers dans l'optimisation fiscale de leurs cessions de titres et la structuration de leur patrimoine financier. Spécialiste de l'apport-cession (150-0 B ter), du départ à la retraite dirigeant (150-0 D ter), des BSPCE et de l'exit tax, il coordonne chaque dossier avec avocats fiscalistes, notaires et experts-comptables partenaires.
Mise à jour : 20 avril 2026. Sources principales : Code général des impôts (art. 150-0 A, 150-0 B, 150-0 B ter, 150-0 D, 150-0 D ter, 163 bis G, 167 bis, 200 A, 224, 244 bis B, 726) ; Code monétaire et financier (L. 221-30 et suivants PEA) ; Code de la sécurité sociale (L. 136-8 CSG) ; Bulletin officiel des finances publiques BOFiP (BOI-RPPM-PVBMI-30-20 du 18/08/2025, BOI-RPPM-PVBMI-20-20-10 du 18/08/2025, BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-10 du 18/08/2025, BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-30 du 05/07/2022, BOI-RPPM-PVBMI-20-10-40 du 10/04/2025, BOI-RSA-ES-20-40 du 23/06/2021, BOI-RSA-ES-20-60 du 23/07/2025, BOI-INT-DG-20-20-20-30 du 16/03/2026) ; jurisprudence CE 482922 du 08/12/2023, CE 476309 du 05/02/2024, CE 470324 du 16/02/2024, CE 489370 du 31/05/2024, CADF séance du 14/11/2024 affaire 2024-10, Cons. const. 2025-874 DC du 13/02/2025 (validation LF 2025 dont CDHR art. 224 CGI), Cons. const. 2025-899 DC du 30/12/2025 (LFSS 2026), CJUE C-420/22 du 29/07/2024, Cass. com. 27/05/2015 n° 14-16.246, Cass. com. 27/11/2024 n° 23-12.151 (F-B, quasi-usufruit) ; lois de finances 2025 et 2026, LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) ; Légifrance. Les performances passées ne garantissent pas l'avenir.
Cette publication a vocation informative ; elle ne constitue pas un conseil personnalisé. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié pour une recommandation adaptée à votre situation.