Sommaire
- TL;DR — En 60 secondes
- 1. Qu'est-ce qu'une succession sans testament ?
- 2. Qui hérite via les 4 ordres (art. 734 CC) ?
- 3. Comment fonctionnent représentation et fente ?
- 4. Que reçoit le conjoint survivant ?
- 5. PACS sans testament : 0 €
- 6. Concubinage : la catastrophe
- 7. Célibataire sans enfant
- 8. Famille recomposée : le piège 1/4 PP
- 9. Quelle option héréditaire choisir ?
- 10. ACAN : se protéger des dettes
- 11. Chronologie J+0 → J+12 mois
- 12. Notaire obligatoire : seuil 5 965 €
- 13. Indivision automatique + loi 2026-248
- 14. Comment sortir de l'indivision ?
- 15. Vacance successorale
- 16. Déshérence : l'État hérite
- 16 bis. Généalogiste successoral
- 17. Assurance-vie : la parade
- 17 bis. Actifs numériques et cryptos
- 18. Succession internationale
- 19. Fiscalité 2026 : barèmes
- 20. Sans vs avec testament
- 21. 10 cas pratiques nominatifs
- 22. Jurisprudence 2024-2026
- 23. 10 pièges à éviter
- 24. Checklist ante mortem
- 25. Sources et références
TL;DR — Succession sans testament en 60 secondes
Sans testament, c'est la loi qui hérite à votre place. Le Code civil prévoit une dévolution légale automatique (art. 734 CC) qui désigne les héritiers selon un système de 4 ordres : descendants, père/mère + frères/sœurs, ascendants ordinaires, collatéraux ordinaires. Le conjoint marié hérite en parallèle. Le PACS et le concubin ne reçoivent rien : 0 €, quelle que soit la durée du couple. En 2026, chez Hagnéré Patrimoine, nous constatons que plus de 85 % des Français n'ont jamais rédigé de testament — et découvrent trop tard les conséquences.
Vous venez de perdre un proche qui n'avait laissé aucune disposition écrite ? Vous vous demandez ce que vous allez recevoir, combien vous allez payer en droits, comment sortir d'une indivision imposée ? Ou vous anticipez votre propre succession et hésitez encore à rédiger un testament ? Ce guide vous explique, section par section, ce que la loi prévoit en 2026, ce qu'elle ne prévoit pas, les pièges à éviter et les 4 grandes stratégies pour reprendre le contrôle avant qu'il ne soit trop tard.
Les 6 repères à retenir
- 4 ordres d'héritiers (art. 734 CC) — un ordre présent exclut le suivant.
- Conjoint marié : 1/4 PP ou 100 % US si tous enfants communs (art. 757 CC). 1/4 PP obligatoire dès 1 enfant non commun (Cass. 1re civ. 05/03/2025 n° 23-11.430).
- PACS / concubin sans testament = 0 €.
- Indivision automatique post-décès (art. 815 CC) — sortie facilitée par la loi 2026-248 du 07/04/2026.
- Délai fiscal : 6 mois France / 12 mois étranger (art. 641 CGI). Option héréditaire : 4 mois + sommation 2 mois (art. 771 CC).
- Abattements 2026 : 100 000 € par enfant, 15 932 € par frère/sœur, 7 967 € neveu/nièce, 1 594 € tiers. Nouveau LF 2026 : 15 932 € beaux-enfants élevés (art. 788 III bis CGI).
Guide rédigé le 20 avril 2026 par Quentin Hagnéré — Conseiller en Gestion de Patrimoine (CIF, COA, COBSP), fondateur de Hagnéré Patrimoine. Mis à jour avec la loi de finances 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026), la loi 2026-248 du 07/04/2026 sur l'indivision, et la jurisprudence 2024-2026.
1. Qu'est-ce qu'une succession sans testament ?
Une succession sans testament, aussi appelée succession ab intestat (du latin ab = sans, testatus = testament), est une succession réglée exclusivement par la loi, sans qu'aucun document écrit du défunt n'ait défini ses volontés. En France, elle concerne encore la majorité des successions : le Conseil supérieur du notariat estime que moins de 15 % des Français ont rédigé un testament de leur vivant, et le fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV) n'enregistre qu'environ 180 000 nouveaux testaments par an, pour 643 168 décès en France en 2024 (INSEE Focus n° 364).
Concrètement, l'absence de testament déclenche trois conséquences immédiates, quelle que soit la taille du patrimoine :
- La loi désigne les héritiers automatiquement selon la dévolution légale prévue par les articles 733 à 767 du Code civil.
- L'indivision s'installe de plein droit sur tous les biens jusqu'à un partage amiable ou judiciaire (art. 815 CC).
- Les héritiers sont saisis (art. 724 CC) : ils deviennent immédiatement propriétaires indivis et responsables, mais doivent trancher dans les 4 mois entre acceptation, ACAN ou renonciation.
Le paradoxe majeur : la dévolution légale a été conçue à partir de l'idée de la famille « classique » (couple marié, enfants communs, parents vivants). Dès que la configuration s'éloigne de ce schéma — PACS, concubinage, famille recomposée, enfants non communs, couple sans enfant, expatriation — la loi devient rigide, souvent contre-productive, et les écarts fiscaux peuvent dépasser 600 000 € sur un patrimoine de 1 M€.
Chiffre clé 2026
Sur les ~643 000 décès annuels en France, la DGFiP estime que 47 % donnent lieu à paiement de droits de succession (Cour des comptes, Les droits de succession, septembre 2024). Les recettes DMTG (succession + donation) atteignent 21,2 Md€ en 2025, dont environ 75 % au titre des successions. 87 % des héritages transmis sont inférieurs à 100 000 € et donc exonérés grâce à l'abattement ligne directe — mais les successions supérieures à 500 000 € représentent 60 % des droits collectés.
2. Qui sont les 4 ordres d'héritiers de la dévolution légale (art. 734 CC) ?
Depuis la loi n° 2001-1135 du 3 décembre 2001, le Code civil organise la succession ab intestat autour de 4 ordres d'héritiers (art. 734 CC), classés par priorité. La règle cardinale, souvent oubliée : un ordre présent exclut tous les ordres suivants. Vos frères et sœurs n'héritent donc que si vous n'avez ni enfants ni parents vivants. Vos oncles ne voient la succession que si ordres 1, 2 et 3 sont tous « éteints ».
| Ordre | Héritiers appelés | Article Code civil | Exemple concret |
|---|---|---|---|
| 1er ordre | Enfants et descendants (sans distinction d'âge, de sexe, de filiation biologique, adultérine, naturelle, adoptive plénière) | art. 735 CC | 2 enfants → 1/2 chacun. 1 enfant + 2 petits-enfants d'un enfant prédécédé → 1/2 à l'enfant vivant, 1/4 à chaque petit-enfant (représentation) |
| 2e ordre | Père et mère (ascendants privilégiés) + frères et sœurs + leurs descendants (collatéraux privilégiés) | art. 736 à 740 CC | Pas d'enfant. Père + mère + 2 frères : 1/4 père + 1/4 mère + 1/4 à chaque frère. 1 seul parent + 2 frères : 1/4 parent + 3/8 chaque frère. |
| 3e ordre | Ascendants ordinaires (grands-parents, arrière-grands-parents) — fente successorale applicable | art. 739-740 CC | Pas d'enfant ni père/mère ni frère. 1 grand-mère maternelle + 1 grand-père paternel : 1/2 chacun par fente (art. 746). |
| 4e ordre | Collatéraux ordinaires (oncles, tantes, cousins, cousines, neveux à la mode de Bretagne) jusqu'au 6e degré | art. 740 CC + limite art. 745 CC | Aucun héritier des ordres 1 à 3. 2 tantes maternelles + 3 oncles paternels : fente 1/2 côté chacun, puis partage par tête dans chaque branche. |
| Au-delà du 6e degré | Aucun héritier — succession en déshérence → État (art. 811 CC) | art. 745 + art. 811 CC | < 0,5 % des successions. Gestion par la DNID (Direction nationale d'interventions domaniales). |
Le conjoint n'est pas dans les 4 ordres — il hérite en parallèle
Depuis la loi 2001-1135 du 03/12/2001, le conjoint survivant marié n'est plus classé dans un ordre : il hérite en concours avec les ordres 1, 2 et 3 (art. 756 CC). Ses droits varient selon qui est présent : plus d'informations en section 4. Le PACS et le concubin, eux, ne figurent dans aucun ordre et ne bénéficient d'aucun droit successoral légal — voir sections 5 et 6.
2.1 La règle du degré le plus proche (art. 741 CC)
À l'intérieur d'un même ordre, l'héritier le plus proche en degré exclut les plus éloignés. Le degré se calcule en remontant d'abord vers l'ancêtre commun, puis en redescendant. Exemples : votre fils est au 1er degré ; votre petit-fils au 2e degré ; votre frère au 2e degré (1 degré pour remonter au père commun, 1 degré pour redescendre) ; votre neveu au 3e degré ; votre cousin germain au 4e degré. La limite absolue pour les collatéraux ordinaires est fixée au 6e degré (art. 745 CC, modifié par la loi 2015-177 du 16/02/2015, qui a abaissé la limite de 12 à 6 degrés).
Concrètement, si vous êtes célibataire sans descendant, sans parents, sans frères ni sœurs, et que vos seuls parents vivants sont un cousin au 4e degré et un cousin au 5e degré : seul le cousin au 4e degré hérite. Le cousin au 5e degré n'a droit à rien — sauf si l'article 752-2 CC (représentation en ligne collatérale) vient changer la donne.
3. Comment fonctionnent la représentation et la fente successorale ?
3.1 La représentation (art. 751 à 755 CC)
La représentation est une fiction juridique : les descendants d'un héritier prédécédé (ou qui a renoncé, ou qui est indigne) « représentent » leur auteur et viennent prendre sa place dans la succession. Depuis la loi 2006-728 du 23/06/2006, la représentation joue dans trois cas :
- Représentation du prédécédé (art. 751 CC) : votre père est mort avant votre grand-père ; vous héritez à la place de votre père.
- Représentation du renonçant (art. 754 CC, innovation de la loi 2006-728) : votre père renonce à la succession de votre grand-père ; vous héritez à sa place si vous acceptez.
- Représentation de l'indigne (art. 755 CC) : votre père est déclaré indigne (condamnation meurtre, violences graves) ; vous héritez à sa place car ses descendants ne sont pas punis de sa faute.
Le partage par souche (art. 753 CC)
En cas de représentation, le partage se fait par souche et non par tête. Les représentants se partagent entre eux la part qui aurait dû revenir à leur auteur. Exemple : défunt avec 2 enfants, Alice et Marc. Marc est prédécédé en laissant 3 enfants. Alice reçoit 1/2, et les 3 enfants de Marc se partagent l'autre 1/2 par souche, soit 1/6 chacun. Si le partage était par tête, les 3 petits-enfants recevraient chacun 1/4 et Alice seulement 1/4 — ce n'est pas le cas.
3.2 La fente successorale (art. 746 à 749 CC)
La fente est un héritage du Code Napoléon, inchangé depuis 1804. Elle divise la succession en deux moitiés égales : l'une pour la branche paternelle, l'autre pour la branche maternelle. Elle ne s'applique qu'aux ordres 3 et 4 (ascendants ordinaires et collatéraux ordinaires), jamais aux ordres 1 et 2.
Cas pratique : Claude, célibataire sans enfant, décède à 68 ans. Ses parents et ses 2 grands-parents paternels sont décédés ; sa grand-mère maternelle (90 ans) et son oncle paternel (côté défunt, frère du père décédé) sont vivants. Sans fente, la règle du degré le plus proche donnerait tout à la grand-mère (2e degré contre 3e pour l'oncle). Avec fente, la moitié maternelle revient à la grand-mère ; la moitié paternelle revient à l'oncle paternel au 3e degré. Chacun hérite de la moitié du patrimoine.
Cas particulier des demi-frères et demi-sœurs : ils n'héritent que dans la branche commune. Si vous avez un demi-frère « utérin » (même mère, pères différents), il n'hérite que de la moitié maternelle de la succession ; la moitié paternelle revient à vos autres ayants droit paternels. Cette règle, méconnue, cause régulièrement des conflits dans les fratries recomposées.
4. Que reçoit vraiment le conjoint survivant sans testament ?
C'est l'idée reçue la plus dévastatrice : « si je meurs sans testament, ma femme / mon mari hérite de tout ». Faux dans 95 % des cas. Depuis la loi 2001-1135, le conjoint survivant marié dispose certes de droits automatiques, mais ces droits sont strictement encadrés et varient selon la configuration familiale.
| Configuration familiale | Part légale du conjoint | Article Code civil | Observation |
|---|---|---|---|
| Tous enfants communs au couple | OPTION : 1/4 en PP OU 100 % en usufruit | art. 757 CC | L'option se manifeste dans les 3 mois de la sommation (art. 758-3 CC). Silence = usufruit. |
| 1 enfant (ou +) non commun au couple | 1/4 en PP obligatoire (pas d'option) | art. 757 al. 2 CC + Cass. 1re civ. 05/03/2025 n° 23-11.430 | Un seul enfant non commun suffit à fermer l'option usufruit. |
| Pas d'enfant, père + mère du défunt vivants | 1/2 en PP (les parents se partagent 1/2) | art. 757-1 CC | Chaque parent reçoit 1/4 PP. |
| Pas d'enfant, 1 seul parent vivant | 3/4 en PP (le parent reçoit 1/4) | art. 757-1 al. 2 CC | Le parent survivant est héritier réservataire en ligne ascendante. |
| Pas d'enfant, pas de parent (frères/sœurs vivants) | Totalité en PP (sauf droit de retour 1/2 biens de famille art. 757-3) | art. 757-2 + 757-3 CC | Frères et sœurs exclus SAUF biens reçus des parents en donation ou succession : 1/2 retour. |
| Pas d'enfant, pas de parent, pas de frère/sœur | Totalité en PP sans restriction | art. 757-2 CC | Le conjoint est le seul héritier. |
À ces droits successoraux s'ajoutent deux protections d'ordre public sur le logement du couple :
- Droit temporaire au logement (art. 763 CC) — 1 an gratuit automatique. Le conjoint marié jouit gratuitement du logement occupé à titre de résidence principale à la date du décès et du mobilier qui le garnit, pendant 12 mois. C'est un effet direct du mariage, d'ordre public et non imputable sur la part successorale. Aucune démarche n'est nécessaire.
- Droit viager au logement (art. 764 CC) — à demander dans 1 an. Le conjoint peut, sur manifestation expresse dans les 12 mois (Cass. 1re civ. 25/10/2023 n° 21-23.999 : le simple maintien dans les lieux ne suffit pas), obtenir un droit d'habitation et d'usage viager sur le logement et le mobilier. Sa valeur (souvent 60 % de l'usufruit fiscal art. 669 CGI) s'impute sur la part successorale. Il est écartable par testament.
Le piège de la présomption d'usufruit (art. 758-3 CC)
Quand le conjoint a l'option entre 1/4 PP et 100 % US (cas enfants tous communs), il doit l'exercer expressément. Un héritier peut le sommer d'opter ; le conjoint dispose alors de 3 mois pour répondre. S'il ne répond pas, il est réputé avoir choisi l'usufruit total. Cette présomption est souvent défavorable : l'usufruit empêche la vente sans accord des nus-propriétaires et complique le remploi des liquidités. Chez Hagnéré Patrimoine, nous conseillons systématiquement au conjoint de procéder à un calcul comparatif chiffré 1/4 PP vs 100 % US en fonction de son âge, de son espérance de vie, de ses besoins de revenus et de la liquidité du patrimoine.
Pour aller plus loin sur les options du conjoint (conversion en rente, cantonnement, donation au dernier vivant), consultez notre guide dédié Succession conjoint survivant : droits et options.
5. PACS sans testament : zéro euro au partenaire survivant
C'est l'erreur la plus dévastatrice que nous rencontrons en cabinet. Contrairement à une croyance tenace, le PACS n'ouvre aucun droit successoral automatique. Les articles 515-1 à 515-8 du Code civil organisent les effets civils et fiscaux du PACS, mais ne donnent au partenaire survivant que deux protections limitées :
- Droit au logement temporaire 12 mois (art. 515-6 CC qui renvoie à art. 763 CC) — jouissance gratuite du logement et du mobilier pendant un an.
- Exonération fiscale (art. 796-0 bis CGI issu de la loi TEPA 2007-1223 du 21/08/2007) — 0 % de droits de succession et de donation si une libéralité est faite au partenaire pacsé par testament.
Voilà pour les bonnes nouvelles. La mauvaise, c'est que ces deux avantages ne s'activent qu'avec un testament. Sans testament, le partenaire pacsé reçoit zéro euro de la succession. Les biens propres du défunt reviennent intégralement aux héritiers légaux (enfants, parents, frères/sœurs), qui peuvent exiger la vente du logement une fois le droit temporaire écoulé.
Le paradoxe fiscal du PACS sans testament
Le PACS exonère de droits de succession ce qui est transmis par testament, mais n'attribue rien d'office. Résultat concret : un couple pacsé depuis 25 ans, sans testament, patrimoine 800 k€ appartenant au défunt, 0 enfant commun, 2 enfants du défunt d'une union précédente. Les 2 enfants héritent chacun 400 k€, le partenaire pacsé 0 €. Avec un simple testament olographe (gratuit) donnant la quotité disponible (1/3 pour 2 enfants) au partenaire pacsé, celui-ci reçoit 267 k€ en exonération totale (art. 796-0 bis CGI). Coût du testament : 0 € (olographe) ou 122,90 € HT (authentique). Économie : 267 000 €.
Chez Hagnéré Patrimoine, nous recommandons systématiquement à nos clients pacsés de rédiger un testament le jour même de la signature du PACS, ou au plus tard dans les 30 jours qui suivent. Idéalement un testament authentique reçu par notaire (122,90 € HT, décret 2016-230), qui sécurise la validité et l'archivage au FCDDV, et se révèle imbattable en cas de contestation.
6. Concubinage sans testament : la catastrophe patrimoniale
Si le PACS est un piège, le concubinage est une catastrophe. L'article 515-8 du Code civil définit le concubinage comme « une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple ». Pour la loi, le concubinage n'est pas un lien juridique. Deux conséquences majeures en succession :
- Sans testament : 0 € au concubin. Pas même de droit temporaire au logement (art. 763 réservé au mariage). Le concubin peut être expulsé du logement s'il n'en est pas propriétaire.
- Avec testament : 60 % de droits après un abattement dérisoire de 1 594 € (art. 788 IV + 777 CGI). Le concubin est traité fiscalement comme un « étranger », sans aucun lien préférentiel.
Coût fiscal de transmettre à son concubin (vs à son conjoint)
Pour un patrimoine transmis de 500 000 € : • Conjoint marié ou PACS (avec testament) → 0 € de droits (art. 796-0 bis CGI, loi TEPA 2007) • Enfant ligne directe → ~78 194 € de droits (abattement 100 k€ + barème 5-45 %) • Concubin (avec testament) → (500 000 - 1 594) × 60 % = 299 044 € de droits Différence conjoint vs concubin sur 500 k€ transmis : 299 044 €. Sur un patrimoine de 1 M€, la différence dépasse 599 000 €.
Le concubinage sans mariage ni PACS est juridiquement et fiscalement l'une des situations les plus pénalisantes du droit successoral français.
Les 4 parades de Hagnéré Patrimoine pour un couple non marié
- Mariage ou PACS + testament authentique dès que possible — bascule immédiate vers l'exonération TEPA.
- Assurance-vie avec clause bénéficiaire nominative — hors succession, abattement 152 500 € par bénéficiaire sur les versements avant 70 ans (art. 990 I CGI).
- SCI avec démembrement croisé — chacun est usufruitier de la part de l'autre ; au décès, reconstitution de la pleine propriété sans droits de succession.
- Achat en tontine — mécanisme juridique particulier (art. 1964 CC) où le survivant est réputé avoir été seul propriétaire depuis l'acquisition. Fiscalité lourde (droits selon lien, 60 % si concubin) mais contourne la dévolution légale.
7. Célibataire sans enfant : qui hérite vraiment ?
Le célibataire sans enfant représente une part croissante des successions françaises — près de 18 % des décès en 2024 selon l'INSEE — et c'est l'une des configurations où la dévolution légale produit les résultats les plus surprenants. Sans testament, le patrimoine suit strictement la hiérarchie des ordres, avec souvent un coût fiscal élevé car les héritiers appelés (frères, sœurs, neveux, oncles) sont taxés à des taux très supérieurs à la ligne directe.
| Configuration | Qui hérite | Fiscalité | Ordre |
|---|---|---|---|
| 2 parents vivants, pas de frère/sœur | Père 1/2 + mère 1/2 | Abattement 100 k€/parent, barème 5-45 % (art. 779 + 777 CGI) | Ordre 2 partiel (art. 738 CC) |
| 2 parents vivants + 2 frères/sœurs | Père 1/4 + mère 1/4 + 1/4 par frère/sœur | Parents : ligne directe. Frères : abattement 15 932 €, taux 35 % puis 45 % | Ordre 2 complet |
| Mère seule vivante + 1 sœur | Mère 1/4 + sœur 3/4 | Mère : ligne directe. Sœur : 35 % puis 45 % art. 777 tableau III | Ordre 2 partiel |
| Pas de parent, 3 frères/sœurs dont 1 décédé avec 2 enfants | 2 frères vivants : 1/3 chacun. Les 2 neveux : 1/6 chacun (représentation art. 752-2) | Frères : abattement 15 932 €. Neveux : abattement 7 967 €, taux 55 % | Ordre 2, représentation |
| Pas d'ordres 1 ni 2, 1 grand-mère + 1 oncle paternel | Grand-mère 1/2 (fente maternelle) + oncle 1/2 (fente paternelle) | Grand-mère : ligne directe (ascendant). Oncle : 55 % | Ordre 3 avec fente (art. 746 CC) |
| Aucun parent jusqu'au 6e degré | État (déshérence, art. 811 CC) | Pas de droits — biens acquis par l'État | Hors ordres |
Cas pratique : Gilbert, 72 ans, Perpignan
Gilbert, célibataire sans enfant, parents décédés, frère Alain prédécédé laissant 2 enfants (Lucas et Emma). Patrimoine 300 000 € (maison Perpignan 240 k€ + livrets 60 k€). Pas de testament. Dévolution : ordre 2 éteint côté parents, seuls Lucas et Emma héritent par représentation (art. 752-2 CC). Partage par souche (art. 753 CC) : 150 000 € chacun. Fiscalité : abattement 7 967 € par neveu (art. 779 V CGI), taux 55 % sur (150 000 - 7 967) = 78 118 € de droits par neveu. Sans testament, Lucas et Emma paient 156 236 € de droits. Avec un testament léguant la quotité disponible à Lucas et Emma mais pour moitié à une association reconnue d'utilité publique (exonérée), Gilbert aurait pu économiser jusqu'à 80 k€. Coût d'un testament olographe : 0 €.
8. Famille recomposée sans testament : le piège du 1/4 PP obligatoire
La loi 2001-1135, combinée à la Cass. 1re civ. 05/03/2025 n° 23-11.430, a durci le régime applicable aux familles recomposées. Dès qu'un seul enfant du défunt n'est pas commun au couple (enfant issu d'une précédente union), le conjoint survivant perd son option : il est limité à 1/4 en pleine propriété obligatoire (art. 757 al. 2 CC), sans possibilité d'opter pour 100 % en usufruit.
Cette règle vise à protéger les enfants non communs du risque de voir leur héritage différé jusqu'au décès du second conjoint — qui pourrait durer 20 ou 30 ans. Mais elle produit souvent l'effet inverse quand le conjoint survivant est le parent biologique de TOUS les enfants hors un : un seul enfant « non commun » ferme l'option pour tous les autres. L'arrêt du 5 mars 2025 a confirmé cette lecture stricte.
Cas pratique : Thierry, 56 ans, père de Michel décédé à Mulhouse
Michel, 82 ans, remarié en 2016 avec Josiane (68 ans), décède sans testament. Son patrimoine propre : maison Mulhouse 380 k€ (bien propre), CTO 120 k€, AV 150 k€ avec clause standard « mon conjoint à défaut mes enfants ». Thierry est le fils unique de Michel (issu d'un premier mariage, non commun avec Josiane). Conséquence : Josiane est limitée à 1/4 PP (pas d'option 100 % US) sur les biens propres de Michel (500 k€ cash + immo). Thierry reçoit 375 k€ en PP. L'AV 150 k€ va en totalité à Josiane, hors succession et exonérée (art. 796-0 bis). Si Michel avait souhaité favoriser Josiane, il aurait dû : soit rédiger un testament lui léguant la QD (1/2 avec un seul enfant) ; soit signer une DDV (art. 1094-1 CC, 135 € chez notaire) ; soit modifier la clause AV en la désignant nommément. Économie potentielle : 150 000 €. Coût d'une DDV chez notaire : environ 250-400 € tout compris (émolument 135 € HT + FCDDV + formalités).
Pour un traitement complet de la famille recomposée (donation-partage conjonctive, adoption simple, RAAR, abattement beaux-enfants LF 2026), consultez notre guide Succession en famille recomposée.
9. Quelle option héréditaire choisir : accepter, ACAN ou renoncer (art. 771 CC) ?
Sans testament, l'héritier est juridiquement placé devant un choix qu'il ne peut éviter : accepter, accepter à concurrence de l'actif net, ou renoncer. L'article 768 du Code civil énonce cette triade, et l'article 771 fixe les délais — particulièrement stricts en 2026.
Acceptation pure et simple (art. 782)
L'héritier reçoit l'actif net et répond des dettes sur son propre patrimoine. Option tacite possible par acte d'héritier (vente, paiement dette). Risque : dettes cachées qui excèdent l'actif.
ACAN — Actif net (art. 787-803)
Protège le patrimoine personnel. Déclaration au greffe TJ + inventaire 2 mois, publication BODACC, créanciers déclarent dans 15 mois. L'héritier ne paie qu'à concurrence de l'actif reçu.
Renonciation (art. 804)
L'héritier est réputé n'avoir jamais été héritier. Il ne reçoit rien, ne doit rien. Ses propres enfants peuvent représenter (art. 754 CC) — utile pour un saut de génération.
Délais critiques (art. 771 CC)
- 4 mois incompressibles à compter du décès — personne ne peut forcer l'héritier à opter pendant cette période.
- Après 4 mois : un créancier, un cohéritier ou l'État peut délivrer une sommation d'opter (acte extrajudiciaire par commissaire de justice).
- 2 mois pour répondre à la sommation. Silence = acceptation pure et simple de plein droit (art. 771 al. 2 CC).
- 10 ans de prescription maximale (art. 775 CC) : passé ce délai, l'héritier qui n'a pas opté est réputé renonçant.
9.1 ACAN : quand l'utiliser
L'acceptation à concurrence de l'actif net (art. 787 à 803 CC) est la meilleure protection quand l'héritier soupçonne un passif successoral important. Procédure en 5 étapes : (1) déclaration via Cerfa 15455*03 (notice 52035*01) au greffe du tribunal judiciaire du dernier domicile du défunt ; (2) publication au BODACC ; (3) inventaire par commissaire de justice ou notaire dans les 2 mois (art. 790 CC) ; (4) dépôt de l'inventaire au greffe ; (5) paiement des créanciers dans l'ordre de privilège, à concurrence de l'actif reçu. Coût : 1 500 à 5 000 € (honoraires inventaire + formalités).
9.2 La renonciation : levier de saut de génération
La renonciation n'est pas seulement un refus : c'est un outil d'optimisation depuis la loi 2006-728 qui a admis la représentation du renonçant (art. 754 CC). Un parent de 55 ans qui n'a pas besoin de l'héritage peut renoncer au profit de ses propres enfants, qui utiliseront leurs abattements de 100 000 € chacun (art. 779 CGI). Sur une succession reçue d'un grand-parent à hauteur de 300 000 €, la renonciation au profit de 3 enfants bénéficiaires fait passer la taxation de 38 194 € (accepté par le parent) à 0 € (réparti sur 3 abattements de 100 k€). Économie immédiate : 38 194 €.
Vous devez trancher dans les 4 mois ? Nous vous aidons à choisir.
Entre accepter, ACAN et renoncer, chaque option a des conséquences fiscales et patrimoniales durables. Nos CGP analysent votre situation en 45 minutes.
10. Chronologie complète : du décès à J+12 mois
L'un des angles morts des guides concurrents est la timeline précise d'une succession ab intestat. Voici le parcours complet, jour après jour, avec les articles applicables à chaque étape.
| Jalon | Action / obligation | Article / texte | Acteur |
|---|---|---|---|
| J+0 à J+24 h | Constat de décès et certificat médical | Art. 78 C. civ. | Médecin |
| J+1 à J+6 jours | Déclaration de décès à l'état civil (obligatoire) | Art. 78 et 79 C. civ. | Mairie du lieu de décès |
| J+1 à J+7 jours | Obsèques (délai maximum 6 jours ouvrables après le décès, hors DROM) | Art. R2213-33 CGCT | Entreprise pompes funèbres |
| J+0 à J+30 jours | Blocage automatique des comptes bancaires individuels (sauf solde < 5 965 € avec attestation héritiers) | Art. L. 312-1-4 CMF (gratuité) + L. 312-1-4-1 CMF (plafond 857 €, loi 2025-415) | Banque |
| J+30 jours | Consultation FCDDV (fichier testaments) et FICOVIE (AV) par le notaire | Art. 1007 CC + loi Eckert 2014-617 | Notaire |
| J+1 mois à J+4 mois | Acte de notoriété (si succession > 5 965 € ou bien immo) — 57,69 € HT (69,23 € TTC) + 0,439 % si > 30 800 € | Art. 730-1 CC + arrêté 25/02/2026 ECOC2604872A | Notaire |
| J+0 à J+4 mois | Délai incompressible d'option — aucun cohéritier ne peut forcer une décision | Art. 771 al. 1 CC | Héritier |
| J+3 mois | Délai du conjoint pour opter entre 1/4 PP et 100 % US sur sommation | Art. 758-3 CC | Conjoint survivant |
| J+4 mois à J+6 mois | Évaluation du patrimoine, inventaire éventuel, rapport des libéralités antérieures < 15 ans | Art. 843 CC | Notaire / héritiers |
| J+6 mois (délai strict) | Dépôt de la déclaration de succession (Cerfa 11277*11 pour 2705-SD, Cerfa 12322*06 pour 2705-A-SD sur AV 757 B ; dématérialisation e-Enregistrement Notaires 2e sem. 2026, art. 126 LF 2026) | Art. 641 CGI | Héritiers ou notaire |
| J+6 mois | Paiement fractionné ou différé possible — taux 2026 : 2,0 % fractionné, 0,6 % différé Dutreil | Art. 1717 CGI + avis ECOT2536351V JORF 24/12/2025 | Trésor public |
| J+12 mois | Délai maximum pour manifester le droit viager au logement (art. 764 CC) | Art. 765-1 CC + Cass. 1re civ. 25/10/2023 n° 21-23.999 | Conjoint survivant |
| J+12 mois à J+36 mois | Partage amiable (2,5 % droit de partage art. 746 al. 2 CGI) ou judiciaire (art. 840 CC) | Art. 815 et s. CC | Héritiers / tribunal |
| J+24 mois | Prescription réduction 2 ans depuis connaissance d'une atteinte à la réserve | Art. 921 CC | Héritier réservataire |
| J+60 mois (5 ans) | Prescription action en réduction (décès) et action recel successoral (découverte) | Art. 921 CC + Cass. 05/03/2025 n° 23-10.360 | Héritier |
| J+120 mois (10 ans) | Prescription option héréditaire (art. 775) et pétition d'hérédité (art. 730) | Art. 775 + 730 CC | Héritier |
11. Le notaire est-il obligatoire sans testament ? Le seuil 5 965 €
Non, pas systématiquement. Pour les petites successions sans immeuble, l'attestation des héritiers sur papier libre suffit. Depuis la loi n° 2025-415 du 13 mai 2025, le seuil bancaire de gratuité a été revalorisé à 5 965 € au 1er janvier 2026 (contre 5 910 € en 2025). En dessous, les banques doivent débloquer les fonds gratuitement sur présentation d'une attestation signée par tous les héritiers (art. L312-1-4 CMF). Au-delà, frais bancaires plafonnés à 1 % avec maximum 857 €.
| Situation | Notaire obligatoire ? | Pourquoi |
|---|---|---|
| Succession < 5 965 € à la banque, pas d'immeuble | NON | Attestation héritiers papier libre (loi 2025-415) |
| Présence d'un bien immobilier, quel que soit le montant | OUI | Attestation notariée obligatoire pour mutation cadastrale (art. 710-1 CC) |
| Succession > 5 965 € à la banque | OUI en pratique | Acte de notoriété exigé par la banque (57,69 € HT (69,23 € TTC)) |
| Présence d'un testament (même olographe) | OUI | Ouverture du testament devant notaire art. 1007 CC |
| Contrat de mariage (communauté universelle, séparation de biens) | OUI | Liquidation régime matrimonial préalable à la succession |
| Donation antérieure < 15 ans | OUI | Rapport des libéralités (art. 843 CC) |
| Un héritier mineur ou majeur protégé | OUI | Représentation légale, juge des tutelles, inventaire |
| Au moins un héritier à l'étranger ou à l'étranger | OUI | Règlement UE 650/2012, certificat successoral européen |
12. L'indivision automatique et la nouvelle loi 2026-248
Conséquence directe du décès sans testament : l'indivision. Tous les héritiers deviennent co-propriétaires indivis de tous les biens du défunt dès la seconde où la succession s'ouvre (art. 724 CC, saisine de plein droit). Cette situation est encadrée par les articles 815 à 815-18 du Code civil — et la loi n° 2026-248 du 7 avril 2026 (dite « Morel-Turquois ») vient modifier substantiellement les règles de sortie.
« Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision » (art. 815 CC)
Ce principe d'ordre public, inchangé depuis 1804, signifie qu'un seul indivisaire peut à tout moment demander le partage. Aucun cohéritier ne peut s'y opposer définitivement. Il peut toutefois demander un sursis à partage pour 2 ans maximum si un partage immédiat provoquerait une perte manifeste (art. 820 CC).
12.1 La gouvernance de l'indivision
- Actes conservatoires (réparations urgentes, paiement de dettes) : un seul indivisaire peut agir (art. 815-2 CC).
- Actes d'administration (bail, travaux d'entretien) : majorité des 2/3 des droits indivis (art. 815-3 CC).
- Actes de disposition (vente, hypothèque) : unanimité historique. La loi 2026-248 du 07/04/2026 a élargi la possibilité d'aliénation à la majorité des 2/3 devant notaire, avec contrôle judiciaire en cas d'opposition (art. 815-5-1 CC modifié).
12.2 Ce que change la loi 2026-248 du 7 avril 2026
Cette loi, publiée au JORF du 8 avril 2026, vise à fluidifier les sorties d'indivision bloquées. Elle ne crée pas le seuil des 2/3 (déjà posé par l'ordonnance 2009-526 du 12/05/2009 et la loi 2010-1609), mais simplifie et accélère la procédure préexistante. Principales mesures :
- Art. 815-5-1 CC simplifié : la vente d'un bien indivis à la majorité des 2/3 des droits est maintenue, mais la procédure notariée est accélérée et le juge bénéficie de pouvoirs élargis pour trancher les oppositions minoritaires non justifiées.
- Nouveau curateur DNID 10 ans : en cas de successions vacantes, les pouvoirs du curateur sont élargis pour accélérer la conservation et la liquidation des biens abandonnés.
- Compétence du juge commis au partage : étendue pour homologuer des partages partiels ou des attributions préférentielles sans passer par le tribunal plénier.
- Procédure simplifiée pour les indivisions de petite valeur ou sans bien immobilier.
Impact concret 2026
Avant la loi, une sortie d'indivision bloquée par un indivisaire majoritaire minoritaire prenait en moyenne 3 à 5 ans de procédure et 25 000 à 75 000 € d'honoraires d'avocats. Avec la loi 2026-248, la majorité des 2/3 peut débloquer la vente en 8 à 12 mois, avec un coût divisé par 3. Chez Hagnéré Patrimoine, nous anticipons que 20 à 30 % des indivisions successorales actuellement bloquées pourraient être résolues dans les 18 mois qui suivent l'entrée en vigueur.
13. Comment sortir de l'indivision successorale : amiable ou judiciaire ?
Partage amiable (art. 835 CC)
Consentement unanime, acte notarié obligatoire si bien immobilier. Droit de partage 2,5 % (art. 746 al. 2 CGI). Honoraires notaire 1 % à 0,4 % dégressif. Délai 3-6 mois. Solution privilégiée.
Partage judiciaire (art. 840 CC)
Demande devant le tribunal judiciaire par un seul indivisaire. Nomination d'un juge commis, expertises, tirage au sort des lots. Délai 12 à 36 mois. Honoraires avocats 15 à 40 k€. Licitation si partage impossible.
Convention d'indivision (art. 1873 CC)
Maintien volontaire de l'indivision pour 5 ans renouvelables, avec gouvernance contractuelle (gérant désigné, régime des décisions). Utile en attendant maturité d'un mineur ou liquidité du patrimoine.
Jurisprudence 2025 majeure : Cass. 1re civ. 15/01/2025 n° 22-24.672 a confirmé qu'un nu-propriétaire indivis peut demander le partage même en présence de l'usufruit d'un conjoint survivant. Cette décision débloque de nombreuses situations où l'usufruit du conjoint était utilisé comme argument pour empêcher la vente par les enfants.
14. La vacance successorale (art. 809 CC)
La succession est déclarée vacante dans trois cas prévus à l'article 809 CC : (1) aucun héritier n'est connu ; (2) tous les héritiers connus ont renoncé ; (3) aucun héritier n'a accepté, tacitement ou expressément, dans les 6 mois suivant l'ouverture. La situation diffère de la déshérence : la vacance est un état transitoire de gestion, la déshérence est le stade final après 10 ans d'absence de tout héritier.
14.1 Procédure de vacance
- Saisine du tribunal judiciaire du dernier domicile du défunt par un créancier, un cohéritier, la commune, ou le procureur de la République.
- Désignation d'un curateur — généralement la DNID (Direction nationale d'interventions domaniales) — qui prend possession des biens.
- Inventaire obligatoire dans les 6 mois de la désignation du curateur (art. 810 CC), publication au BODACC, appel aux créanciers.
- Gestion provisoire : conservation des biens, paiement des dettes urgentes, recouvrement des créances, exploitation ou location.
- Liquidation après 6 mois : vente des biens, paiement des créanciers dans l'ordre de privilège, consignation du solde.
- Durée : jusqu'à apparition d'un héritier ou passage en déshérence après 10 ans.
| Critère | Succession vacante (art. 809 CC) | Succession en déshérence (art. 811 CC) |
|---|---|---|
| Déclenchement | Aucun héritier connu OU tous ont renoncé OU aucun n'a accepté dans les 6 mois | Aucun héritier jusqu'au 6e degré après 10 ans de vacance |
| Nature | Gestion transitoire conservatoire | Transfert définitif à l'État |
| Curateur | DNID — Direction nationale d'interventions domaniales | État devient propriétaire direct |
| Durée | Jusqu'à l'apparition d'un héritier (max 10 ans) | Irrévocable (envoi en possession par TJ) |
| Réversibilité | Oui, si un héritier se manifeste dans les 10 ans | Non sauf action en nullité |
| Publication | BODACC + Journal d'annonces légales | Décret d'envoi en possession du tribunal |
| Fréquence en France | ~20 000 ouvertures / an (DGFiP) | ~10 000 dossiers / an, 200 M€ d'actifs |
15. La déshérence : quand l'État hérite (art. 811 CC)
Après 10 ans de vacance sans que personne ne se soit manifesté, la succession passe en déshérence : l'État devient propriétaire définitif des biens en vertu de l'article 811 CC (envoi en possession par le tribunal judiciaire). Selon les données internes de la DGFiP, la France enregistre environ 10 000 dossiers de déshérence par an pour un total estimé de 200 M€ d'actifs. Cela représente moins de 0,5 % des successions.
Les trois mécanismes contre la perte en déshérence
- FICOVIE (Fichier des contrats de capitalisation et d'assurance-vie) — consultation obligatoire par le notaire pour retrouver les contrats non réclamés. Environ 5,4 Md€ d'AV en déshérence fin 2024 (Rapport CDC).
- Ciclade.fr (loi Eckert du 13/06/2014) — service public de la Caisse des dépôts où sont consignés les avoirs bancaires et AV inactifs. Transfert automatique après 10 ans d'inactivité.
- AGIRA — centre de recherche des bénéficiaires d'AV après décès. Saisine gratuite via Internet.
Pour un célibataire sans descendance et sans collatéraux au 6e degré, la rédaction d'un simple testament olographe léguant son patrimoine à une association reconnue d'utilité publique (exonérée d'impôt art. 795 CGI) est la solution la plus simple et économique pour éviter la déshérence.
15.1 Que fait concrètement la DNID ?
La Direction nationale d'interventions domaniales, service à compétence nationale de la DGFiP basé à Saint-Maurice (94), gère l'ensemble des successions vacantes et en déshérence pour la France entière. Ses missions cumulent trois rôles : curateur de successions vacantes (art. 809-1 CC), séquestre judiciaire sur désignation du tribunal judiciaire, et receveur des biens vacants et sans maître (art. 713 CC).
Chiffres clés 2024 — activité DNID (Cour des comptes, sept. 2024)
- ~20 000 ouvertures de curatelle de succession vacante par an.
- ~10 000 successions passant en déshérence par an.
- 200 M€ d'actifs bruts annuellement absorbés par l'État en déshérence.
- 5,4 Md€ d'avoirs bancaires et AV en Ciclade fin 2024 (loi Eckert 2014-617).
- Durée moyenne d'une curatelle vacante : 3 à 7 ans avant apurement.
- ~15 % des successions vacantes retrouvent finalement un héritier grâce à un généalogiste successoral.
15 bis. Le généalogiste successoral : qui est-il, combien prend-il ?
Quand les héritiers sont introuvables ou que la filiation est complexe, le notaire peut mandater un généalogiste successoral. Son intervention est encadrée par l'article 36 de la loi n° 2006-728 du 23 juin 2006, qui impose un contrat de révélation de succession écrit entre le généalogiste et l'héritier. Sans ce contrat, l'héritier identifié par d'autres moyens n'est pas redevable d'une rémunération.
| Élément | Règle | Texte / référence |
|---|---|---|
| Mandat | Par le notaire, l'héritier identifié, le curateur DNID ou le juge du tribunal judiciaire | Art. 36 loi 2006-728 |
| Forme | Contrat écrit obligatoire dès la première rémunération envisagée | Art. 36 + jurisprudence Cass. |
| Rémunération | Pourcentage sur l'actif net recueilli (usage : 15 à 40 % selon complexité) | Libre mais usage professionnel, charte Chambre des généalogistes |
| Plafond jurisprudentiel | L'honoraire manifestement excessif peut être réduit par le juge | Jurisprudence Cour de cassation |
| Information de l'héritier | Le généalogiste doit transmettre la totalité des pièces et le décompte final | Art. 36 al. 2 loi 2006-728 |
| Droit de refus | L'héritier contacté peut refuser le contrat et chercher lui-même les preuves de sa filiation | Liberté contractuelle, art. 1103 CC |
Les 3 pièges du contrat de révélation
- Ne jamais signer dans l'urgence. Le généalogiste qui vous contacte doit vous remettre un contrat écrit. Prenez 48 h pour relire et négocier le pourcentage (souvent négociable de 40 % vers 20-25 %).
- Vérifier que vous n'êtes pas déjà connu du notaire. Si votre nom figure dans un acte, livret de famille ou testament, vous êtes héritier de droit — pas de rémunération due au généalogiste.
- Faire réduire un honoraire excessif. La Cour de cassation admet la réduction judiciaire d'un honoraire disproportionné par rapport au travail effectivement fourni.
Cas pratique : Florence (Bayonne), nièce « révélée »
Florence ignorait qu'elle avait un oncle maternel décédé à Lille en 2024. Un généalogiste la contacte en mars 2025 et propose un contrat à 38 %. Patrimoine de l'oncle : 180 000 €. Florence signe sans négocier. Elle touche 180 000 × (1 - 0,38) = 111 600 € brut, diminués des droits neveu (55 % après abattement 7 967 €) ≈ 56 978 € de droits. Florence reçoit 54 622 € net. Si elle avait négocié à 20 %, elle aurait reçu 144 000 € brut − 74 818 € droits = 69 182 € net. Différence : 14 560 € pour une simple négociation.
16. L'assurance-vie hors succession : la parade naturelle
Même sans testament, l'assurance-vie reste un levier puissant. Les capitaux transmis sont hors succession (art. L132-12 du Code des assurances) et suivent la clause bénéficiaire inscrite au contrat, indépendamment de la dévolution légale. Fiscalement, deux régimes selon l'âge des versements :
| Versements | Régime | Abattement | Taux au-delà |
|---|---|---|---|
| Avant 70 ans | Art. 990 I CGI | 152 500 € par bénéficiaire | 20 % jusqu'à 852 500 € puis 31,25 % |
| Après 70 ans | Art. 757 B CGI | 30 500 € global (partagé entre bénéficiaires) | Barème DMTG classique sur primes seules (intérêts exonérés) |
| Conjoint ou PACS bénéficiaire | Art. 796-0 bis CGI (TEPA) | Exonération totale | 0 % |
| Frère/sœur > 50 ans, vie commune 5 ans, célibataire/veuf | Art. 796-0 ter CGI | Exonération totale | 0 % |
Piège des primes manifestement exagérées (Cass. 2e civ. 19/12/2024 n° 23-19.110)
Les primes peuvent être réintégrées à la succession sur demande des héritiers réservataires s'il est démontré qu'elles sont « manifestement exagérées ». La Cour de cassation, dans son arrêt du 19 décembre 2024 (publié au Bulletin), a précisé que les 4 critères sont cumulatifs ET limitatifs : (1) âge du souscripteur ; (2) situation patrimoniale ; (3) situation familiale ; (4) utilité économique de l'AV pour le souscripteur. L'atteinte à la réserve héréditaire n'est pas un critère. En pratique, une AV dotée de 50 % du patrimoine à 75 ans alors que le souscripteur n'a plus de besoin de revenus complémentaires sera plus facilement requalifiée.
Pour une clause bénéficiaire sur mesure (démembrée, avec représentation, transgénérationnelle), consultez notre guide Clause bénéficiaire assurance-vie.
16 bis. Actifs numériques, cryptos et comptes en ligne : le nouvel angle mort
En 2026, le patrimoine numérique représente en moyenne 8 à 15 % du patrimoine des moins de 45 ans selon le Baromètre du patrimoine numérique (ADAN, mars 2025) : cryptomonnaies, NFT, comptes PayPal/Revolut, comptes Amazon avec solde, portefeuilles Steam, abonnements. Pourtant, le Code civil français ne prévoit aucun régime spécifique : c'est le droit commun de la dévolution (art. 734 et s. CC) qui s'applique.
| Catégorie | Exemples | Transmission sans testament | Piège |
|---|---|---|---|
| Cryptos sur exchange (Binance, Coinbase) | BTC, ETH, USDC | Héritiers fournissent acte notoriété + passeport. Déblocage 2-6 mois | Si clés privées non communiquées : perte totale irréversible |
| Cryptos sur wallet personnel (Ledger, Metamask) | BTC, ETH sur hardware wallet | Inaccessibles sans seed phrase. Perte définitive si non transmise | Déposer la seed chez notaire en acte de dépôt (art. 1915 CC) |
| NFT | OpenSea, Rarible | Idem wallet : clés privées indispensables | Marché illiquide, évaluation difficile pour la 2705 |
| Comptes en ligne avec solde (PayPal, Revolut, N26) | Solde cash, fidélité | Loi Eckert si inactivité 10 ans → Ciclade | Intègrent la succession ; déclaration 2705 obligatoire |
| Comptes sans solde (Instagram, Gmail, Steam, Netflix) | Profils sociaux, emails, jeux | Art. 40-1 loi 1978 modifiée : héritiers exercent les droits du défunt | Difficile d'accéder sans coopération GAFAM ; prévoir testament numérique |
Fiscalité des cryptos dans une succession
Les cryptomonnaies sont intégrées dans l'assiette fiscale à leur valeur de marché au jour du décès. Taxation au barème DMTG ligne directe (5-45 %). La plus-value latente est « effacée » par le décès. En cas de cession ultérieure, la PV est calculée depuis la valeur déclarée dans la 2705 (art. 150 VH bis CGI). Piège : oublier de déclarer les comptes crypto étrangers via le formulaire 3916-bis expose à une amende (1 500 € par compte, 750 € si valeur < 50 k€).
Le testament numérique : un chapitre à ne plus oublier
Chez Hagnéré Patrimoine, nous recommandons à tous nos clients détenteurs de cryptos de rédiger une annexe « testament numérique » comportant : (1) la liste exhaustive des plateformes avec identifiants ; (2) les instructions pour récupérer les seed phrases déposées chez notaire ; (3) un mandataire technique désigné pour assister les héritiers non initiés ; (4) les intentions de cession ou de conservation. Ce testament peut être olographe (gratuit) ou intégré à un testament authentique.
17. Succession internationale sans testament : le Règlement UE 650/2012
Si le défunt résidait à l'étranger, détenait des biens dans plusieurs pays, ou était binational, le Règlement (UE) n° 650/2012 du 4 juillet 2012 s'applique (pour les décès postérieurs au 17 août 2015). Il harmonise les règles de conflit de lois dans 25 États membres (tous sauf le Danemark et l'Irlande ; Malte participe).
- Loi applicable par défaut : loi de la dernière résidence habituelle du défunt (art. 21 UE 650/2012). Résidence = centre des intérêts, pas simple adresse administrative.
- Professio juris (art. 22) : le défunt peut par testament choisir la loi de sa nationalité. Sans testament, cette option n'est pas exercée — d'où un risque majeur pour les expatriés.
- Certificat successoral européen (art. 62 à 73) : document unique reconnu dans tous les États membres, qui prouve la qualité d'héritier.
- Convention fiscale bilatérale : la France a signé plus de 35 conventions avec d'autres pays pour éviter la double imposition successorale (BOFiP BOI-INT-CVB).
Cas pratique : Dominique décédé à Londres (UK)
Dominique, 71 ans, résident britannique depuis 2019, français de nationalité, décède sans testament. Biens : appartement Londres 520 k£ (~600 k€), RP familiale Lyon 350 k€, AV française 200 k€. Loi applicable : anglaise (dernière résidence habituelle, art. 21). Les Intestacy Rules britanniques désignent l'enfant unique comme seul héritier ; l'Inheritance Tax s'applique au taux de 40 % au-delà du nil-rate band de 325 k£ (sur 195 k£ × 40 % = 78 k£ ≈ 90 k€). Les biens français restent soumis à la fiscalité française selon l'art. 750 ter CGI. Sans professio juris (art. 22 UE 650/2012), la liberté testamentaire anglaise aurait pu déshériter l'enfant — d'où l'intérêt de la précaution testamentaire pour tout expatrié français. L'AV française reste régie par la loi française (art. L132-8 C. assur., art. 990 I CGI).
Prélèvement compensatoire art. 913 al. 3 CC (créé par la loi 2021-1109 du 24/08/2021) : si la loi étrangère déshérite un enfant français résidant dans un État membre de l'UE ou ayant la nationalité française, celui-ci peut prélever sur les biens situés en France l'équivalent de sa réserve française. La CEDH 15/02/2024 Jarre et Colombier c/ France a validé la compatibilité de ce mécanisme avec la Convention européenne des droits de l'homme en jugeant que la réserve héréditaire n'est pas un droit de l'homme au sens de la CESDH.
18. Fiscalité 2026 d'une succession sans testament : barèmes et abattements
18.1 Barème en ligne directe (art. 777 tableau I CGI)
| Tranche (net taxable) | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 073 à 12 109 € | 10 % |
| De 12 110 à 15 932 € | 15 % |
| De 15 933 à 552 324 € | 20 % |
| De 552 325 à 902 838 € | 30 % |
| De 902 839 à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
18.2 Abattements personnels 2026 (art. 779 CGI)
| Héritier | Abattement 2026 | Article CGI |
|---|---|---|
| Enfant (ligne directe) | 100 000 € | art. 779 I |
| Conjoint marié ou partenaire PACS (avec testament) | Exonération totale | art. 796-0 bis (TEPA 2007) |
| Personne handicapée (cumulable) | + 159 325 € | art. 779 II |
| Frère ou sœur | 15 932 € | art. 779 IV |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | art. 779 V |
| Beau-enfant élevé (NOUVEAU LF 2026) | 15 932 € | art. 788 III bis (loi 2026-103) |
| Autre (concubin, ami, étranger) | 1 594 € | art. 788 IV |
18.3 Barème autres catégories (art. 777 CGI)
| Héritier | Tranche | Taux |
|---|---|---|
| Frère ou sœur | Jusqu'à 24 430 € | 35 % |
| Frère ou sœur | Au-delà | 45 % |
| Neveux, nièces, oncles, tantes (jusqu'au 4e degré) | Quel que soit le montant | 55 % |
| Autres (5e-6e degré, non-parents) | Quel que soit le montant | 60 % |
Le LF 2026 et l'article 788 III bis CGI
La loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a créé l'article 788 III bis CGI. Il crée un abattement spécifique de 15 932 € pour les beaux-enfants qui ont été élevés par le défunt pendant au moins 5 ans durant leur minorité OU 10 ans en cumul minorité + majorité. C'est un gain significatif par rapport à l'abattement générique de 1 594 € (art. 788 IV). Économie nette par beau-enfant : 8 603 € (différentiel × 60 % tarif tiers). Hagnéré Patrimoine exploite systématiquement ce levier en audit famille recomposée.
19. Sans testament vs avec testament : le tableau chiffré qui change tout
Le meilleur argument pour convaincre de rédiger un testament n'est pas juridique : il est chiffré. Voici, sur un patrimoine identique de 500 000 €, l'écart produit par la seule rédaction d'un testament selon 6 configurations familiales.
| Configuration | Sans testament | Avec testament optimisé | Économie |
|---|---|---|---|
| Couple marié, 2 enfants communs | Conjoint : 1/4 PP (125 k€, exo TEPA). Enfants : 187,5 k€ chacun, droits ~17 194 € | DDV + testament : conjoint 100 % US + cantonnement. Transmission optimisée. | Souplesse succession + évite futures contestations |
| Couple PACS, 0 enfant, parents du défunt vivants | Partenaire : 0 €. Parents : 500 k€ (ligne directe, abattement 100 k/parent, droits ~30 k) | Testament QD (100 % à PACS) : 0 € droits (TEPA) | ~500 000 € au partenaire |
| Couple PACS, 2 enfants du défunt | Partenaire : 0 €. Enfants : 250 k€ chacun | Testament QD 1/3 = 166 k€ au PACS exo TEPA. Enfants 166 k€ chacun. | 166 k€ au partenaire + éviter conflit |
| Concubin 25 ans, 0 enfant, parents vivants | Concubin : 0 €. Parents : 500 k€ | Testament QD = 500 k€ × 60 % - 1 594 = ~299 k€ de droits | Concubin reçoit quelque chose mais reste lourdement taxé |
| Célibataire sans enfant, 3 frères/sœurs | Chaque frère : 167 k€ - 15,9 k€ abatt. = droits ~67 k€ chacun (tot. 201 k€) | Testament associant 1 héritier + 1 asso RUP (exo 795 CGI) : 200 k€ exonérés | ~80 000 € économisés |
| Famille recomposée : 1 enfant commun + 1 enfant non commun, conjoint | Conjoint : 1/4 PP obligatoire (125 k€). Enfants 187,5 k€ chacun | Testament + DDV + AV démembrée : conjoint 50 % US + 25 % PP, enfants 50 % NP | Meilleure protection mutuelle |
Le ROI d'un testament authentique
Coût d'un testament authentique en 2026 : 122,90 € HT (147,48 € TTC) selon le décret 2016-230 du 26 février 2016 tarifant les actes des notaires (art. A.444-87 C. com.). Chez Hagnéré Patrimoine, nous constatons sur 10 ans d'audits que l'économie moyenne d'un testament bien rédigé s'élève à 120 000 € par dossier. Le ROI est donc de l'ordre de 1 000 fois la mise. Aucun autre placement patrimonial n'offre ce rapport.
Rédigeons ensemble votre testament sur mesure
Hagnéré Patrimoine coordonne avec votre notaire la rédaction de votre testament + DDV + clause bénéficiaire AV, en tenant compte de toute votre situation patrimoniale et familiale.
20. 10 cas pratiques nominatifs chiffrés
Cas 1 — Thierry, 56 ans (Strasbourg) : père remarié décédé sans testament
Michel, 82 ans, habitant Mulhouse, remarié en 2016 avec Josiane (68 ans). Décède sans testament. Patrimoine propre : maison Mulhouse 380 k€, CTO 120 k€, AV 150 k€ avec clause standard. Thierry, fils unique du premier mariage, est enfant non commun.
Dévolution sans testament : Josiane limitée à 1/4 PP obligatoire (Cass. 05/03/2025 n° 23-11.430) sur 500 k€ propres = 125 k€ (exonération TEPA). Thierry : 375 k€. AV 150 k€ à Josiane hors succession. Ce que Michel aurait dû faire : testament léguant la QD 1/2 à Josiane (250 k€) + DDV permettant 100 % US sur le reste → protection viagère totale de Josiane sans léser Thierry.
Cas 2 — Sylvaine, 49 ans (Angers) : succession maternelle simple
Colette, 78 ans, veuve depuis 2019, décède à Angers. Fille unique Sylvaine. Patrimoine : RP 290 k€, livrets 40 k€, obsèques 5 k€. Pas de testament.
Dévolution : Sylvaine reçoit 100 % (325 k€ net d'obsèques). Abattement 100 000 €. Base taxable 225 000 €. Barème art. 777 → droits ~43 194 €. Déclaration 2705 e-Enregistrement à déposer dans 6 mois (art. 641 CGI). Paiement fractionné possible (2,0 %). Succession apparemment simple mais RP 290 k€ à vendre : indivision potentielle avec d'éventuels usufruits oubliés.
Cas 3 — Gilbert, 72 ans (Perpignan) : célibataire sans enfant
Gilbert, célibataire, parents décédés, frère Alain prédécédé laissant 2 enfants (Lucas 28 ans, Emma 25 ans). Patrimoine 300 k€ (maison 240 k€ + livrets 60 k€). Pas de testament.
Dévolution : Ordre 2 éteint côté parents, seuls Lucas et Emma héritent par représentation de leur père (art. 752-2 CC). Partage par souche : 150 k€ chacun. Abattement 7 967 € (art. 779 V CGI). Taxe 55 % sur (150 000 - 7 967) = 78 118 € de droits par neveu. Total 156 236 €. Testament au profit d'une association RUP aurait économisé 80 k€.
Cas 4 — Marie-Christine et Jean-Luc (Caen) : concubins 25 ans
Concubins notoires depuis 2001, pas de PACS, pas de mariage, pas de testament. Maison 420 k€ achetée 2008 en indivision 50/50. AV Jean-Luc 200 k€ avec clause nominative. Jean-Luc a 2 enfants (Léa 32, Hugo 28) d'un premier lit.
Si Jean-Luc décède : sa moitié indivise (210 k€) revient intégralement à Léa et Hugo. Marie-Christine se retrouve en indivision forcée avec eux sur le bien. Les enfants peuvent provoquer la vente (loi 2026-248, majorité 2/3). Sans testament : Marie-Christine = 0 € sur succession. AV 200 k€ va à elle hors succession, exonérée jusqu'à 152 500 €, 20 % sur 47 500 € = 9 500 € de droits. Solution : mariage ou PACS + testament → exonération totale + sécurisation du logement.
Cas 5 — Céline et Fabrice (Montpellier) : PACS 7 ans, sans testament
Pacsés en 2018 sous séparation des biens. Fabrice, 45 ans, décède sans testament. Appartement 280 k€ (propre à Fabrice), 90 k€ cash, AV 80 k€ bénéficiaire "partenaire Céline".
Dévolution : Céline hérite 0 € sur succession. Droit au logement temporaire 12 mois (art. 515-6 + 763 CC). Les 370 k€ reviennent aux parents de Fabrice (ordre 2). AV 80 k€ à Céline exonérée TEPA. Passé 12 mois, Céline doit quitter le logement. Leçon : un testament olographe de 5 minutes aurait donné à Céline la QD (100 % avec parents, 1/2 si enfants à naître).
Cas 6 — Aurélien et Camille (Nantes) : 2 enfants, mère décédée
Pascal décède en 2023, Brigitte en 2026, tous deux sans testament. 2 enfants : Aurélien 38, Camille 35. Succession Brigitte : RP 380 k€, AV 180 k€ (bénéficiaires : enfants à parts égales), LV 50 k€, Livrets A 50 k€. Actif successoral hors AV : 480 k€ (RP + LV + Livrets).
Dévolution : Aurélien et Camille 50/50 sur succession = 240 k€ chacun ; AV 90 k€ chacun hors succession. Abattement 100 k€/enfant (art. 779 CGI). Base taxable successorale 140 k€/enfant → barème art. 777 CGI ≈ 26 194 €/enfant. AV 90 k€/enfant exonérés (< 152 500 € art. 990 I). Indivision jusqu'au partage amiable (droit 2,5 % art. 746 al. 2 CGI).
Cas 7 — Matthieu (27 ans), oncle Éric décédé à Lyon
Éric, 52 ans, célibataire sans enfant, mère Jeanine (81 ans) vivante, sœur Florence (54 ans, mère de Matthieu). Décès sans testament. Patrimoine 210 k€.
Dévolution ordre 2 mixte : Jeanine (1 parent survivant) reçoit 1/4 = 52 500 € (art. 738 al. 2 CC). Florence reçoit 3/4 = 157 500 €. Matthieu n'hérite de rien : sa mère Florence vivante fait écran. Leçon : représentation = prédécès ou renonciation. Si Florence avait renoncé, Matthieu aurait hérité à sa place.
Cas 8 — Alexandre, père Dominique décédé à Londres
Dominique, 71 ans, nationalité française, résident britannique depuis 2019 (London). Décès sans testament. Biens : appartement Londres 520 k£ (~600 k€), RP Lyon 350 k€, AV France 200 k€. Alexandre, fils unique.
Loi applicable : anglaise (art. 21 UE 650/2012, dernière résidence habituelle). Les règles anglaises « Intestacy Rules » désignent Alexandre comme seul héritier. Fiscalité britannique : Inheritance Tax à 40 % au-delà du nil-rate band de 325 000 £, soit sur (520 - 325) = 195 k£ × 40 % = 78 k£ (~90 k€) de droits au Royaume-Uni sur l'appartement londonien. Pas de convention bilatérale FR/UK moderne : les biens français (RP Lyon + AV) restent imposés en France selon la loi française (art. 750 ter CGI, résidence de l'héritier). Si Dominique avait rédigé un testament avec professio juris française (art. 22 UE 650/2012), la loi française aurait régi l'ensemble : abattement 100 k€ + barème 5-45 %, droits ~180 k€ globaux vs estimation ~220 k€ sans testament en combinant les deux fiscalités. L'AV française reste soumise à l'art. L132-8 C. assur. + art. 990 I CGI (exo 152 500 € par bénéficiaire). Certificat successoral européen à demander.
Cas 9 — Nadine (52 ans) renonce, saut de génération
Henri, 79 ans (Reims), décède sans testament. 2 enfants : Nadine et Christophe (48 ans). Nadine a 3 enfants : Lucas 20, Manon 18, Noé 15. Patrimoine Henri 500 k€.
Scénario 1 : Nadine accepte. Elle et Christophe reçoivent 250 k€ chacun. Après abattement 100 k€, droits Nadine ~28 194 €, idem Christophe. Total 56 388 €. Nadine donnera ensuite à ses 3 enfants.
Scénario 2 : Nadine renonce (art. 805 CC). Ses 3 enfants viennent par représentation (art. 754 CC). Christophe reçoit toujours 250 k€. Les 3 enfants de Nadine se partagent l'autre moitié par souche = 83 333 € chacun. Chacun profite de son propre abattement 100 000 € : base taxable 0 €. Économie : ~28 194 € pour Nadine/ses enfants.
Cas 10 — Amandine (32 ans, Toulouse) : enceinte, mari Adrien décédé
Adrien, 34 ans, décédé dans un accident. Amandine enceinte de 6 mois, 1 fils Noa 4 ans. RP 320 k€ acquise sous communauté légale réduite aux acquêts, AV Adrien 100 k€ bénéficiaire Amandine.
Application de l'infans conceptus (art. 725 al. 2 CC) : l'enfant à naître est héritier au même titre que Noa, à condition de naître viable. Liquidation du régime d'abord : moitié de la communauté à Amandine (160 k€) qui est en dehors de la succession. Masse successorale d'Adrien : 160 k€ (sa moitié de RP). Amandine opte 1/4 PP sur cette masse = 40 k€ PP. Noa + bébé à naître : 60 k€ chacun (120 k€ au total sur les 3/4 restants) en indivision, administration légale par Amandine jusqu'à majorité. AV 100 k€ à Amandine hors succession, exonérée totalement (art. 796-0 bis CGI, TEPA). DLT 1 an automatique (art. 763 CC) + option DLV à manifester dans 12 mois (art. 764 CC). Déclaration à déposer après la naissance pour figer les parts.
21. Jurisprudence pivot 2024-2026
| Date | Numéro | Portée |
|---|---|---|
| Cass. 1re civ. 05/03/2025 | n° 23-11.430 (Inédit) | Famille recomposée : un seul enfant non commun suffit à imposer 1/4 PP au conjoint (art. 757 al. 2 CC) |
| Cass. 1re civ. 05/03/2025 | n° 23-10.360 (Bull.) | Recel successoral : prescription 5 ans à compter de la découverte (art. 778 CC + 2224) |
| Cass. 1re civ. 11/12/2024 | n° 23-12.102 (Vasarely) | Le conjoint survivant peut être poursuivi pour recel successoral (art. 778 CC) dès qu'il détient des droits en nue-propriété ou en indivision post-communautaire |
| Cass. 1re civ. 05/02/2025 | n° 22-22.618 | Action interrogatoire (art. 771-772 CC) : après sommation + 2 mois de silence, l'héritier est réputé acceptant pur et simple de plein droit ; renonciation tardive sans effet |
| CJUE 23/01/2025 | C-187/23 Albausy | Certificat successoral européen (art. 67 Règl. 650/2012) : en cas de contestation, l'autorité française doit refuser la délivrance (recours art. 72) |
| Cass. 1re civ. 10/12/2025 | n° 23-19.975 (Bull.) | Indignité successorale (art. 727 CC) ≠ caducité de la donation au dernier vivant (art. 1094-1 CC) ; la DDV subsiste malgré l'indignité |
| Cass. 1re civ. 15/01/2025 | n° 22-24.672 | Nu-propriétaire indivis peut demander le partage même en présence d'un usufruit du conjoint survivant (art. 815 CC) |
| Loi n° 2021-1109 du 24/08/2021 | art. 913 al. 3 CC | Prélèvement compensatoire : enfant français évincé par loi étrangère peut prélever sur biens situés en France l'équivalent de sa réserve |
| Cass. 2e civ. 19/12/2024 | n° 23-19.110 (Bull.) | Primes AV exagérées (art. L132-13 C. assur.) : 4 critères cumulatifs ET limitatifs (âge, patrimoine, situation familiale, utilité), la réserve n'est pas un critère |
| Cass. 1re civ. 17/01/2024 | n° 21-20.520 (Bull.) | Imputation de la DDV sur les droits légaux du conjoint : méthodologie de comparaison 1/4 PP vs libéralité reçue |
| Cass. 1re civ. 25/10/2023 | n° 21-23.999 | Droit viager au logement (art. 764 CC) : exige une manifestation expresse dans les 12 mois ; maintien dans les lieux, attestation d'assurance, entretien ne suffisent pas |
| CEDH 15/02/2024 | Jarre et Colombier c/ France | La réserve héréditaire n'est pas un droit de l'homme ; validation du prélèvement compensatoire art. 913 al. 3 CC |
| CA Paris 18/06/2024 | n° 21/05776 | Devoir de conseil du notaire : condamnation à 685 085 € pour défaut d'information sur option de renonciation avec saut de génération (succession 17,4 M€) |
22. Les 10 pièges les plus fréquents
- Croire que le concubin hérite automatiquement. Faux : 0 € sans testament, 60 % avec testament. L'erreur la plus dévastatrice en pratique.
- Penser que le PACS remplace le testament. Faux : le PACS exonère fiscalement mais n'ouvre aucun droit légal.
- Laisser la présomption d'usufruit jouer par défaut (art. 758-3 CC). En l'absence de réponse à la sommation d'opter, le conjoint est réputé avoir choisi l'usufruit — souvent défavorable à 50-65 ans.
- Rater le délai 6 mois de déclaration (art. 641 CGI) : intérêts 0,20 %/mois + majoration 10 % puis 40 % après mise en demeure (art. 1727 CGI).
- Accepter purement et simplement sans inventaire. Risque : découvrir après 1 an une dette fiscale ou bancaire qui engloutit le patrimoine personnel (art. 782 CC).
- Omettre une donation antérieure de moins de 15 ans (art. 843 CC) : le rapport est obligatoire, la rectification fiscale peut atteindre 40 %.
- Ne pas manifester le droit viager dans les 12 mois (Cass. 25/10/2023 n° 21-23.999) : le simple maintien ne suffit pas, l'option est forclose.
- Ignorer l'action en retranchement si communauté universelle + enfants non communs (art. 1527 al. 2 CC). 15 à 35 % du patrimoine peut être récupéré par les enfants d'un premier lit.
- Ne pas consulter le FCDDV et FICOVIE. Un testament oublié ou une AV en déshérence peuvent changer radicalement la dévolution.
- Ne pas réclamer la créance de salaire différé d'exploitation agricole (art. L321-13 Code rural) : jusqu'à 230 000 € ponctionnés avant partage pour l'enfant ayant travaillé sans être salarié.
23. Checklist ante mortem : 10 actions avant qu'il ne soit trop tard
Les 10 actions pour reprendre le contrôle de votre succession
- Rédiger un testament (olographe gratuit ou authentique 122,90 € HT). Le déposer au FCDDV via notaire (27 € HT).
- Signer une donation au dernier vivant si marié (art. 1094-1 CC, émolument réglementé ~135 € HT + frais FCDDV et formalités = 250-400 € tout compris) pour élargir l'option du conjoint.
- Activer le don exceptionnel LF 2025 art. 71 (art. 790 A bis CGI) avant le 31/12/2026 : jusqu'à 100 000 € par donateur (plafond cumulé 300 000 € par donataire) affecté à la résidence principale neuve/VEFA ou à la rénovation énergétique, exonéré de droits. Fenêtre ouverte depuis le 15/02/2025 (loi 2025-127 du 14/02/2025).
- Vérifier les clauses bénéficiaires de toutes vos assurances-vie — elles déterminent 10-30 % de votre transmission.
- Auditer votre régime matrimonial (communauté universelle = piège en recomposée). Basculer vers séparation de biens + préciput si nécessaire (art. 1397 CC).
- Documenter les donations antérieures des 15 dernières années pour éviter les rectifications fiscales.
- Si couple PACS ou concubin : rédiger un testament LE JOUR MÊME de la signature du PACS.
- Organiser le logement : achat en indivision avec tontine, SCI démembrée, ou clause de préciput selon configuration.
- Anticiper l'adoption simple des beaux-enfants élevés si volonté de transmettre — preuves matérielles à archiver dès la minorité (art. 786 CGI).
- Envisager un mandat à effet posthume (art. 812 à 812-7 CC, acte notarié obligatoire) si héritiers mineurs, vulnérables ou avec entreprise à gérer. Durée 2 ans renouvelable, 5 ans si héritier protégé. Un CGP ou notaire désigné peut administrer tout ou partie de la succession pour le compte des héritiers.
- Consulter un CGP pour simulations chiffrées testament vs sans testament sur votre patrimoine réel.
- Réviser votre dispositif tous les 5 ans ou à chaque événement majeur : naissance, PACS, mariage, divorce, expatriation, vente d'entreprise.
Audit succession Hagnéré Patrimoine — 1 h offerte
Nos conseillers certifiés auditent votre configuration patrimoniale et familiale, chiffrent l'impact d'une succession sans testament sur votre famille, et vous proposent une stratégie sur mesure coordonnée avec votre notaire.
24. Sources et références juridiques mobilisées
Code civil
Art. 720, 724, 725, 726-727, 730-1, 733, 734, 735, 738, 738-2, 741, 745, 746-749, 751-755, 756, 757, 757-1, 757-2, 757-3, 758-3, 763, 764, 765-1, 766, 768, 771, 775, 778, 782, 787-803, 804, 805, 809, 810, 811, 815, 815-3, 815-5-1, 820, 835, 840, 843, 887, 912, 913, 914-1, 921, 929-930-5, 955, 970, 1094-1, 1397, 1527 al. 2, 515-1 à 515-8, 1873, 1964 (tontine), 2224 (prescription), 887.
Code général des impôts
Art. 641, 669, 750 ter, 757 B, 777 (tableaux I à III), 779 (abattements), 788 (III bis issu LF 2026, IV), 790 G, 791, 796-0 bis (exo TEPA), 796-0 ter (frères/sœurs vie commune), 990 I, 1717 (paiement fractionné), 1727 (intérêts retard), 1728 (majoration).
Autres codes
Code des assurances : art. L132-8, L132-12, L132-13, L132-23-1. Code monétaire et financier : art. L312-1-4. Code rural : art. L321-13 (créance salaire différé). Code de procédure civile : art. 1377 (licitation).
Lois et règlements
- Règlement (UE) n° 650/2012 du 4 juillet 2012 — successions internationales
- Loi n° 2001-1135 du 3 décembre 2001 — droits du conjoint survivant
- Loi n° 2006-728 du 23 juin 2006 — réforme des successions, RAAR, réduction en valeur
- Loi n° 2007-1223 du 21 août 2007 (TEPA) — exonération conjoint/PACS (art. 796-0 bis CGI)
- Loi n° 2009-526 du 12 mai 2009 — simplification du droit, indivision
- Loi n° 2014-617 du 13 juin 2014 (Eckert) — FICOVIE, Ciclade
- Loi n° 2015-177 du 16 février 2015 — limite 6e degré collatéraux ordinaires
- Loi n° 2020-936 du 30 juillet 2020 — indignité violences conjugales
- Loi n° 2021-1109 du 24 août 2021 — prélèvement compensatoire art. 913 al. 3 CC
- Loi n° 2024-494 du 31 mai 2024 — justice patrimoniale violences conjugales
- Loi n° 2025-415 du 13 mai 2025 — frais bancaires succession plafond 857 €
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (LF 2026) — abattement 15 932 € beaux-enfants (art. 788 III bis CGI)
- Loi n° 2026-248 du 7 avril 2026 — simplification indivision successorale
- Décret n° 2016-230 du 26 février 2016 — tarifs des notaires
- Arrêté du 25 février 2026 ECOC2604872A — nouveaux émoluments notariaux
- Avis ECOT2536351V du 24/12/2025 — taux d'intérêt paiement fractionné 2,0 %
BOFiP et doctrine administrative
BOI-ENR-DMTG-10-20-10, BOI-ENR-DMTG-10-30-20, BOI-ENR-DMTG-10-40-10-20, BOI-ENR-DMTG-10-50-20 (version 24/5/2023, abattements), BOI-ENR-DMTG-10-50-30 (tarifs), BOI-ENR-DMTG-10-60-50 (délais), BOI-TCAS-AUT-60 (prélèvement 990 I), BOI-INT-CVB (conventions bilatérales, ANNX-000306 au 30/6/2024), RM Ciot n° 78192 du 23/02/2016.
Jurisprudence (arrêts cités)
Cass. 1re civ. 05/03/2025 n° 23-11.430 ; Cass. 1re civ. 05/03/2025 n° 23-10.360 ; Cass. 1re civ. 10/12/2025 n° 23-19.975 (Bull.) ; Cass. 1re civ. 15/01/2025 n° 22-24.672 ; Cass. 2e civ. 19/12/2024 n° 23-19.110 (Bull.) ; Cass. 1re civ. 17/01/2024 n° 21-20.520 (Bull.) ; Cass. 1re civ. 25/10/2023 n° 21-23.999 ; Cass. 1re civ. 11/02/2009 n° 07-21.421 ; CEDH 15/02/2024 Jarre et Colombier c/ France ; CEDH 01/02/2000 Mazurek c/ France n° 34406/97 ; CA Paris 18/06/2024 n° 21/05776.
Statistiques institutionnelles
INSEE Focus n° 364, Les décès en 2024 (643 168 décès, âge moyen 79,4 ans) ; Cour des comptes, Les droits de succession, septembre 2024 ; Rapport Caisse des dépôts, Avoirs en déshérence (5,4 Md€ Ciclade fin 2024) ; Conseil supérieur du notariat, Testaments déposés au FCDDV ; DGFiP, Recettes DMTG 2024-2025.
Avertissement éditorial
Ce guide présente les règles générales applicables en 2026. Chaque situation familiale et patrimoniale est unique : les conséquences chiffrées peuvent varier selon le régime matrimonial, les donations antérieures, la situation des héritiers et l'existence de biens à l'étranger. Les performances passées ne garantissent pas l'avenir. Avant toute décision, nous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine certifié et votre notaire. Hagnéré Patrimoine — CIF enregistré ORIAS n° 22008190 (CNCGP), COA, COBSP.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré accompagne particuliers, dirigeants et expatriés dans la préparation et l'optimisation de leur succession. Spécialiste des configurations complexes (familles recomposées, couples PACS, célibataires, expatriés UE), il coordonne les stratégies testament, DDV, AV, donation-partage et SCI avec les notaires partenaires du cabinet.