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Frais d'un FID luxembourgeois en 2026 : la décomposition complète des 5 couches de coûts

Enveloppe assurance, gestion financière (mandat + TER des supports), banque dépositaire, arbitrage, commission de performance : un FID empile cinq couches de frais, dont trois sont invisibles sur le relevé. Ce guide les décortique ligne par ligne, chiffre leur impact sur 10 ans, oppose les clean shares aux parts retail et vous donne la méthode pour additionner le TFE all-in avant de signer.

Couches de frais empilées
Postes invisibles au relevé
0,80 ptÉcart clean shares vs retail
≈ 98 500 €Écart sur 10 ans (1 M€)
Hagnéré Patrimoine

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Clément Chatelain

CGP indépendant spécialisé en assurance-vie luxembourgeoise

Clément Chatelain accompagne les épargnants mobiles, dirigeants et familles patrimoniales sur la mise en place de contrats luxembourgeois adaptés à leurs objectifs fiscaux, successoraux et financiers.

Expert AVLCIFCabinet indépendant

Publié le 1er juillet 2026 · Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (CIF, COA, COBSP) · Temps de lecture : 13 min

Vous avez signé un FID il y a deux ans. Sur votre relevé, une seule ligne de frais saute aux yeux : le frais de mandat, 1 % par an. Vous vous dites que c'est le prix de la gestion privée. Puis un confrère vous glisse que son propre FID, à performance équivalente, lui coûte « tout compris » nettement moins cher. Vous ressortez le relevé, et là, impossible de retrouver le vrai total. C'est normal : dans un FID, l'essentiel des frais ne figure pas sur le relevé.

Le FID (Fonds Interne Dédié) est le véhicule haut de gamme du contrat luxembourgeois — un mandat de gestion privée logé dans une enveloppe d'assurance vie. Sa force, la délégation à un gérant agréé, est aussi la source de sa complexité tarifaire. Là où un contrat classique affiche trois lignes, le FID en empile cinq, dont trois invisibles au premier regard. Ce guide les décortique une à une, les chiffre, puis les additionne.

En bref : un FID empile cinq couches de frais (enveloppe, mandat, TER des supports, dépositaire, commission de performance), dont trois n'apparaissent pas sur le relevé. Le seul chiffre qui compte est le TFE all-in (Total Frais sur Encours), la somme réelle de ces couches. Chez Hagnéré Patrimoine, nous le reconstituons systématiquement avant toute décision : sur 1 M€, l'écart entre un FID en clean shares et un FID chargé en parts retail atteint ≈ 98 500 € sur 10 ans. Ce guide vous montre, chiffres à l'appui, pourquoi deux FID affichant le même 1 % de mandat peuvent coûter du simple au double.

En 60 secondes

  • Un FID empile 5 couches : enveloppe assureur, gestion financière (mandat + TER des supports), dépositaire, arbitrage, commission de performance.
  • 3 couches sont invisibles sur le relevé : le TER des supports, la custody dépositaire et les frais de transaction pèsent pourtant sur votre rendement net.
  • Le vrai levier n'est pas le barème de mandat mais l'accès aux clean shares (TER 0,15-0,80 %) plutôt qu'aux parts retail (0,80-1,60 %).
  • Sur 1 M€ à 5 % brut, l'écart entre un FID à 1,55 % et à 2,30 % all-in atteint ≈ 98 500 € en 10 ans.
  • La fiscalité est identique à une AV française (CGI art. 125-0 A, PS 17,2 %) : aucun frais n'est déductible.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les fourchettes de frais citées sont des ordres de grandeur de marché 2026 et varient selon la compagnie, le gérant et le courtier. La fiscalité d'un contrat luxembourgeois, pour un résident fiscal français, est identique à celle d'un contrat français— il n'existe aucun avantage fiscal lié au pays de souscription. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. Pour une analyse adaptée à votre situation, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.

1. Pourquoi un FID empile-t-il 5 couches de frais ?

Tout part de la structure du FID. Dans un FAS (Fonds d'Assurance Spécialisé), vous pilotez vous-même. Le FID, lui, confie la gestion à un gérant délégataire agréé par le Commissariat aux Assurances (CAA, le régulateur luxembourgeois du secteur). Vous gagnez une expertise, mais vous héritez d'une couche de coût que le FAS ignore — et ce n'est que la première d'une série de cinq, chaque intervenant de la chaîne prenant sa part au passage.

Tableau comparatif : Couche — Qui prélève — Fourchette 2026 — Visible au relevé ? — Premier cas : 1. Enveloppe
CoucheQui prélèveFourchette 2026Visible au relevé ?
1. EnveloppeL'assureur (gestion administrative)0,30 - 0,60 %/anOui
2a. MandatLe gérant délégataire0,50 - 1,20 %/anOui
2b. TER des supportsLes sociétés de gestion0,15 - 0,80 %/an (clean) · 0,80 - 1,60 % (retail)Non
3. Dépositaire (custody)La banque dépositaire0,05 - 0,20 %/anPartiellement
4. Arbitrage / transactionLa banque dépositaireSouvent inclus + courtageNon
5. Commission de performanceLe gérant délégataire0 à 20 % de la surperformanceOui, si applicable

Regardez bien : trois lignes sur six seulement s'affichent clairement sur votre relevé. Le TER des supports, lui, se cache dans la valeur liquidative des fonds. Il vous ampute sans jamais apparaître. C'est là que se joue l'écart entre un bon FID et un mauvais. D'où le réflexe à garder : additionnez toujours tout, jusqu'au TFE all-in, le seul chiffre qui dit votre coût réel.

Reprenons chaque couche au crible, de la plus lisible à la plus opaque.

2. Couche 1 : les frais d'enveloppe de l'assureur

C'est ce que touche la compagnie d'assurance pour la gestion administrative du contrat : tenue de compte, reporting réglementaire, suivi de la clause bénéficiaire, contrôle de conformité. Comptez 0,30 % à 0,60 % par an de l'encours, prélevés trimestriellement.

Cette couche ne paie aucune gestion financière. L'assureur ne choisit pas les actifs : il porte le contrat et garantit le cadre juridique. C'est lui aussi qui organise le triangle de sécurité avec la banque dépositaire. Sur les gros encours, ce frais devient souvent dégressif et, au-delà de 2 M€, peut passer sous 0,30 %.

Ne cherchez pas à supprimer ce frais. Comparez-le d'une compagnie à l'autre. Sur 1 M€, 0,20 point d'écart d'enveloppe, c'est déjà 2 000 € par an qui filent. Attention toutefois à l'enveloppe « low-cost » adossée à une compagnie fragile : notre guide sur la compagnie à choisir le rappelle, quelques points de base économisés ne valent pas une signature bancale.

3. Couche 2 : la gestion financière, où se cache le double coût

C'est la couche la plus lourde, et la plus mal comprise. Elle mélange deux postes distincts qu'on confond presque toujours : le frais de mandat du gérant d'un côté, le TER des supports qu'il détient de l'autre. Les additionner change tout.

3.1 Le frais de mandat (société de gestion / gérant délégataire)

C'est ce que vous versez au gérant délégataire — Pictet, Rothschild & Co, Edmond de Rothschild, Indosuez, Lombard Odier — pour piloter votre allocation. Entre 0,50 % et 1,20 % par an, visible sur le relevé, et dégressif selon l'encours : un mandat facturé 1 % à 500 000 € peut tomber à 0,70 % au-delà de 2 M€. C'est votre premier levier de négociation, que détaille notre guide pour choisir le gestionnaire de son FID.

3.2 Le TER des supports : le coût invisible

Le gérant n'investit pas en direct. Il achète des OPCVM, des ETF, parfois des fonds de private equity. Chacun porte son propre TER (Total Expense Ratio), déjà fondu dans la valeur liquidative, donc invisible sur le relevé. Selon France Assureurs (étude du 6 mai 2026), le TER moyen des supports en France tourne autour de 1,60 %/an. En clean shares, il tombe à 0,15-0,80 %.

Le piège du double coût de gestion

Un gérant qui facture 1 % de mandat et vous loge sur des parts retail à 1,40 % de TER vous fait payer de la gestion deux fois : une fois pour son mandat, une fois pour la rétrocommission incluse dans les parts. La gestion financière réelle grimpe alors à 2,40 %/an, contre 1,45 % avec le même mandat en clean shares (0,45 % de TER). Le mandat affiché est identique ; le coût réel de gestion varie de près du simple au double.

La bonne question au gérant n'est donc pas « combien coûte le mandat ? » mais « mandat + TER des supports, ça fait combien au total, et sur quelles parts ? ». C'est cette somme-là qui grignote votre rendement net, comme le détaille notre guide sur le rendement d'une AVL après frais.

4. Couche 3 : à quoi servent les frais de banque dépositaire (custody) ?

La banque dépositaire — Pictet, Indosuez, BIL, Edmond de Rothschild, BNP Paribas Securities Services — conserve les actifs cantonnés du FID et exécute les ordres du gérant. Ses frais de custody se situent entre 0,05 % et 0,20 % par an, parfois complétés de frais de transaction (courtage) sur les mouvements.

Ne prenez surtout pas cette couche pour un coût parasite. La banque dépositaire est le pilier concret du triangle de sécurité. Vos actifs sont logés chez elle, pas dans le bilan de l'assureur, sous convention de dépôt bipartite approuvée par le Commissariat aux Assurances. Si l'assureur venait à faire défaut, cette séparation active votre super-privilège: vous devenez créancier de premier rang, sans plafond, au titre de l'article 118 de la loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015.

Ce que le frais de custody vous achète

À l'inverse du Fonds de garantie français, plafonné à 70 000 € par assuré, la protection luxembourgeoise est sans plafond sur les actifs cantonnés. Les 0,05 à 0,20 % de custody sont, littéralement, le prix de cette séparation patrimoniale réelle. C'est un coût de sécurité, pas une ligne à raboter.

Avant de signer, vérifiez le nom de la banque dépositaire. Un établissement de premier plan (Pictet, Indosuez, BNP Paribas) vaut mieux qu'un dépositaire de second rang, même si la custody y est un peu plus salée. La sécurité de vos actifs pèse plus lourd que 0,05 point. Reste alors le sujet des mouvements dans le portefeuille : arbitrage et performance.

5. Couches 4 et 5 : les frais d'arbitrage et la commission de performance

5.1 Les frais d'arbitrage : souvent inclus

Sur ce point, vous respirez. Dans un FID, les arbitrages relèvent du gérant, dans le cadre de son mandat. Ils ne vous sont pas facturés comme les arbitrages d'un contrat classique en unités de compte. Il ne reste que les frais de transaction (courtage) côté banque dépositaire, déjà fondus dans le coût global. Et surtout, ces arbitrages internes sont fiscalement neutres : ils ne déclenchent aucune imposition tant que vous ne faites pas de rachat.

5.2 La commission de performance : le garde-fou à exiger

Certains mandats ajoutent une commission de surperformance: le gérant prélève 10 à 20 % de ce qu'il fait gagner au-delà d'un indice de référence. Le principe se défend, puisqu'il aligne son intérêt sur le vôtre. Tout se joue dans la façon dont on le structure.

Les 2 garde-fous ESMA à vérifier

Les orientations de l'ESMA du 5 novembre 2020 (ESMA34-39-992) encadrent les commissions de performance des OPCVM. Deux exigences à réclamer noir sur blanc :

  • High water mark : le gérant n'est payé que si un nouveau plus haut historique est franchi. Sans lui, vous risquez de payer une performance qui ne fait que rattraper une baisse antérieure.
  • Période de référence d'au moins 5 ans : la surperformance se mesure sur la durée, pas année civile par année civile. Une commission « remise à zéro » chaque 31 décembre peut vous facturer deux fois la même hausse.

À performance brute égale, une commission de 15 % sans high water mark ampute votre rendement net de 0,20 à 0,30 point par an de plus qu'une structure conforme ESMA. Sur les gros encours, l'écart se compte en dizaines de milliers d'euros. Le cas de Bertrand, plus bas, le montre noir sur blanc. Reste une énigme : pourquoi deux FID au barème identique peuvent-ils autant diverger ? Réponse dans les clean shares.

6. Clean shares ou parts retail : où se cache le vrai levier ?

C'est le facteur le plus déterminant, et paradoxalement le moins visible. Deux FID peuvent afficher le même frais de mandat, la même enveloppe, et pourtant s'écarter de 0,80 point par an sur le coût réel. La seule raison ? L'un loge ses supports en clean shares, l'autre en parts retail.

Les parts retail intègrent une rétrocommission versée au distributeur, qui gonfle leur TER à 0,80-1,60 %. Les clean shares (parts institutionnelles) en sont dépourvues : leur TER tombe à 0,15-0,80 %. La directive MiFID II (Markets in Financial Instruments Directive, cadre européen des marchés financiers) a interdit la rétention de rétrocommissions en gestion sous mandat et en conseil indépendant, ce qui a fait des clean shares la norme dans un FID correctement bâti — encore faut-il vérifier qu'elles sont réellement utilisées.

Tableau comparatif : Support 1 M€, gestion déléguée — Parts retail — Clean shares — Écart annuel — Premier cas : Frais d'enveloppe
Support 1 M€, gestion déléguéeParts retailClean sharesÉcart annuel
Frais d'enveloppe0,45 %0,45 %—
Frais de mandat1,00 %1,00 %—
TER des supports1,40 %0,45 %0,95 pt
Dépositaire0,10 %0,10 %—
TFE all-in2,95 %2,00 %0,95 pt / an

À mandat, enveloppe et dépositaire identiques, le seul basculement des parts retail vers les clean shares fait fondre le TFE all-in de près d'un point par an. Sur 1 M€, vous gardez environ 9 500 € dès la première année, puis vous les capitalisez. C'est le point à contrôler avant même de discuter le barème de mandat. Encore faut-il y avoir accès : les clean shares dépendent de votre catégorie CAA, un sujet que développe notre guide sur l'architecture ouverte.

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Vos supports sont-ils en clean shares ou en parts retail ?

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7. Combien coûtent vraiment ces frais sur 10 ans ?

Un point de frais par an, ça semble anodin. Mais composez-le sur dix ans, et l'entaille dans le capital saute aux yeux. Prenons un encours de 1 M€ à 5 % de rendement brut annuel, et comparons un FID clean shares (TFE 1,55 %) à un FID chargé en parts retail (TFE 2,30 %).

Tableau comparatif : Hypothèse (1 M€, 5 % brut, 10 ans) — FID clean shares — FID parts retail — Premier cas : TFE all-in
Hypothèse (1 M€, 5 % brut, 10 ans)FID clean sharesFID parts retail
TFE all-in1,55 %/an2,30 %/an
Rendement net annuel3,45 %2,70 %
Capital à 10 ans≈ 1 404 000 €≈ 1 305 000 €
Écart de capital—≈ 98 500 €

À performance de gestion identique, le seul écart de frais efface près de 98 500 € en dix ans, soit 9,85 % du capital de départ, envolés en frais évitables. Et ça ne s'arrête pas là : sur vingt ans, le trou dépasse 250 000 €. Voilà pourquoi, dans toute décision, le TFE all-in doit passer avant le barème de mandat affiché.

Ce raisonnement rejoint la comparaison plus large entre gestion déléguée et gestion libre que nous menons dans le guide FID vs FAS vs FIC, et dans notre décomposition générale des frais d'une AVL. Passons maintenant à trois situations concrètes.

8. Trois cas chiffrés à l'euro près

8.1 Sylvie, 58 ans, 500 000 € : le choix des parts

Cas pratique — Sylvie, cadre dirigeante Bordeaux

Sylvie loge 500 000 € en FID chez un gérant délégataire. Deux devis, même mandat (1 %), même enveloppe (0,45 %), même dépositaire (0,10 %). Le premier propose des parts retail (TER 1,25 %) → TFE 2,80 %. Le second des clean shares (TER 0,50 %) → TFE 2,05 %.

Sur 10 ans à 5 % brut, le devis clean shares lui laisse ≈ 668 700 €, le devis retail ≈ 621 500 €. Écart : ≈ 47 100 €, pour un mandat rigoureusement identique. Le seul choix des parts a coûté près de 50 000 € à Sylvie.

8.2 Marc et Fabienne, post-cession, 1 M€ : la décomposition ligne par ligne

Cas pratique — Marc et Fabienne, couple post-cession 61 et 59 ans

Après la vente de leur société, Marc et Fabienne placent 1 M€ en FID, allocation équilibrée en clean shares. Décomposition all-in négociée :

  • Enveloppe assureur : 0,40 % (4 000 €/an à ce stade)
  • Frais de mandat (dégressif) : 0,70 %
  • TER des supports (clean shares) : 0,35 %
  • Dépositaire : 0,10 %
  • Commission de performance : 0 % (mandat sans surperformance)

TFE all-in : 1,55 % → capital à 10 ans (5 % brut) ≈ 1 404 000 €.

Leur relevé, lui, n'affiche que 1,10 % (enveloppe + mandat). Les 0,45 % restants — TER des supports pour 0,35 %, dépositaire pour 0,10 % — passent sous le radar. Sans l'addition all-in, ils se seraient crus à 1,10 % alors qu'ils paient bien 1,55 %. Rien d'anecdotique là-dedans : c'est toute leur projection de rendement qui bascule.

8.3 Bertrand, 3 M€ : la commission de performance mal structurée

Cas pratique — Bertrand, entrepreneur 64 ans, 3 M€

Bertrand a un FID à 3 M€, TFE hors performance de 1,40 %, avec une commission de performance de 15 % sans high water mark et remise à zéro annuelle. Sur une décennie volatile, cette structure lui coûte en moyenne 0,25 point de plus par an qu'une commission conforme ESMA (high water mark + référence 5 ans).

Sur 10 ans à 6 % brut : structure conforme (net 4,60 %) ≈ 4 704 000 € ; structure défaillante (net 4,35 %) ≈ 4 592 000 €. Écart : ≈ 111 000 €, uniquement dû à l'absence de high water mark.

Ces trois profils disent la même chose. Le chiffre à surveiller n'est jamais celui qu'on met en avant sur la plaquette, mais la somme réelle de toutes les couches. Reste à savoir comment la reconstituer et la négocier.

9. Comment auditer et négocier le TFE all-in de votre FID

Reconstituer le coût réel d'un FID tient en trois documents et trois leviers. Côté documents : le relevé annuel (obligatoire au titre de l'article L. 132-22 du Code des assurances), le KID PRIIPs de chaque support (règlement UE 2017/653 modifié, qui affiche les coûts cumulés), et le TFE all-in, que vous réclamerez sans détour à votre conseiller.

Tableau comparatif : Levier de négociation — Gain potentiel/an — Comment l'activer — Premier cas : Passage clean shares
Levier de négociationGain potentiel/anComment l'activer
Passage clean sharesjusqu'à 0,80 ptExiger des parts institutionnelles sur tous les supports
Dégressivité du mandat0,20 - 0,40 ptAu-delà de 1-2 M€, renégocier le barème du gérant
Enveloppe dégressive0,10 - 0,20 ptComparer les compagnies à solidité équivalente
Commission de performance0,20 - 0,30 ptImposer high water mark + référence 5 ans (ESMA)

Attaquez ces leviers dans l'ordre de leur puissance. Le passage aux clean shares reste de loin le plus rentable, bien avant la négociation du mandat. Trop de souscripteurs s'acharnent sur 0,10 point d'enveloppe en laissant filer 0,80 point de TER retail. C'est l'erreur qui coûte le plus cher. Pour creuser la mécanique du mandat, voyez notre guide complet du FID et celui consacré au décryptage des frais de gestion, d'entrée et d'arbitrage.

Un dernier point, et il compte : quel que soit le niveau de frais, la fiscalité reste celle de l'assurance vie française. Rachat imposé au titre de l'article 125-0 A du CGI (PFU, le prélèvement forfaitaire unique de 30 %, ou barème de l'impôt sur le revenu, avec abattement de 4 600 € / 9 200 € après 8 ans), prélèvements sociaux (PS) à 17,2 %, transmission via l'article 990 I (abattement de 152 500 € par bénéficiaire) ou 757 B selon l'âge des versements. Aucune couche de frais n'est déductible : le seul levier reste la maîtrise du TFE all-in. Voyez notre guide fiscalité de l'AVL pour le détail.

Les 3 choses à retenir

  1. Additionnez les 5 couches, ne regardez pas une ligne. Enveloppe + mandat + TER + dépositaire + performance = le TFE all-in. Trois de ces couches sont invisibles sur le relevé, à commencer par le TER des supports.
  2. Les clean shares priment sur le barème de mandat. Passer des parts retail aux parts institutionnelles peut faire économiser jusqu'à 0,80 point par an — davantage que toute négociation de mandat. C'est le premier réflexe.
  3. Le frais composé est le vrai adversaire. Sur 1 M€, 0,75 point de frais en trop efface près de 98 500 € en 10 ans, plus de 250 000 € en 20 ans. Et une commission de performance sans high water mark aggrave encore la facture.

Bien construit — clean shares, mandat dégressif, dépositaire solide, commission de performance conforme ESMA — un FID reste un excellent véhicule de gestion privée, abrité dans une enveloppe protectrice. Mal cadré, il vous coûte le double pour la même performance. Entre les deux, un seul chiffre fait la frontière : le TFE all-in que vous aurez pris le temps de reconstituer avant de signer.

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Mentions Hagnéré Patrimoine

Hagnéré Patrimoine — SAS, siège social 82 Impasse de Bellevue, 73000 Bassens, immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, courtier en opérations de banque et services de paiement (COBSP) et courtier d'assurance (COA). Article rédigé selon la loi de finances 2026 (loi 2026-103 du 19 février 2026), la Lettre Circulaire CAA 26/1 du 28 janvier 2026 et les orientations ESMA34-39-992 du 5 novembre 2020. Les fourchettes de frais sont des ordres de grandeur de marché 2026. Publié le 1er juillet 2026.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur les frais d'un FID luxembourgeois

Un FID (Fonds Interne Dédié) empile cinq couches. Un : les frais d'enveloppe prélevés par l'assureur (gestion administrative, souvent 0,30 à 0,60 %/an). Deux : les frais de gestion financière, qui réunissent le frais de mandat du gérant délégataire (0,50 à 1,20 %/an) et le TER des supports détenus (0,15 à 0,80 % en parts institutionnelles). Trois : les frais de banque dépositaire ou custody (0,05 à 0,20 %/an). Quatre : les frais d'arbitrage. Cinq : la commission de performance éventuelle. C'est la somme de ces couches, le TFE all-in, qui compte, pas une ligne isolée.

Les frais de gestion financière réunissent deux postes distincts, souvent confondus. Le premier est le frais de mandat : la rémunération du gérant délégataire agréé qui pilote le portefeuille, en général 0,50 à 1,20 %/an, facturé visiblement sur le relevé. Le second est le TER (Total Expense Ratio) des supports détenus dans le mandat : il est déjà intégré à la valeur liquidative des fonds, donc invisible sur le relevé, mais il pèse réellement sur votre rendement. Cumuler un mandat sur des parts retail chargées revient à payer deux fois de la gestion.

La banque dépositaire (Pictet, Indosuez, BIL, Edmond de Rothschild, BNP Paribas Securities Services) conserve les actifs cantonnés du FID et exécute les ordres. Ses frais de custody se situent généralement entre 0,05 et 0,20 %/an de l'encours, parfois augmentés de frais de transaction. Cette banque n'est pas un coût parasite : c'est elle qui matérialise le triangle de sécurité luxembourgeois et le super-privilège de l'article 118 de la loi du 7 décembre 2015. Vous payez la séparation réelle de vos actifs.

Certains mandats FID ajoutent une commission de surperformance, souvent 10 à 20 % de la performance réalisée au-delà d'un indice de référence. Les orientations ESMA du 5 novembre 2020 (ESMA34-39-992) encadrent ce mécanisme pour les OPCVM : high water mark obligatoire (le gérant n'est payé que si un nouveau plus haut est franchi) et période de référence d'au moins cinq ans. Exigez toujours ces deux garde-fous. Une commission de performance sans high water mark, ou réinitialisée chaque année, peut vous faire payer deux fois la même performance.

Les parts retail intègrent une rétrocommission versée au distributeur, ce qui gonfle leur TER à 0,80 à 1,60 %/an. Les clean shares, ou parts institutionnelles, sont dépourvues de cette rétrocommission : leur TER tombe à 0,15 à 0,80 %/an. La directive MiFID II a interdit la rétention de rétrocommissions en gestion sous mandat, ce qui rend les clean shares la norme dans un FID bien construit. À support identique, un FID en clean shares peut coûter 0,80 point de moins par an qu'un contrat chargé en parts retail.

Sur 1 M€ à 5 %/an de rendement brut, un FID all-in à 1,55 % (clean shares) laisse environ 1 404 000 € au bout de 10 ans, contre environ 1 305 000 € pour un FID all-in à 2,30 % chargé en parts retail. L'écart atteint environ 98 500 €, soit près de 10 % du capital initial, uniquement lié au différentiel de frais. C'est la meilleure illustration de l'effet du frais composé : ce n'est pas la ligne annuelle qui fait mal, c'est son cumul sur la durée.

Oui en frais bruts, car le FID ajoute un frais de mandat que le FAS n'a pas : dans un FAS, vous pilotez vous-même, il n'y a pas de gérant délégataire rémunéré. Mais le vrai calcul est net de performance. Un FID ne se justifie que si le gérant délivre une surperformance nette au moins égale à son frais de mandat, soit environ 0,70 à 1 point par an. Or 84,5 % des fonds actions France sous-performent leur indice (SPIVA France 2024). Le FID a du sens pour accéder à une expertise ou une classe d'actifs précise, moins comme pari de battre un ETF.

Trois documents. Le relevé annuel, obligatoire au titre de l'article L. 132-22 du Code des assurances, détaille les frais prélevés. Le KID PRIIPs de chaque support (règlement UE 2017/653 modifié) présente les coûts cumulés et l'impact sur le rendement. Enfin, demandez à votre conseiller le TFE (Total Frais sur Encours) all-in, qui agrège enveloppe, mandat, TER, dépositaire et arbitrage en un seul chiffre. C'est ce TFE, et non le seul frais de mandat affiché, qu'il faut comparer entre deux offres.

Non. Pour un résident fiscal français, le contrat luxembourgeois applique exactement la fiscalité française de l'assurance vie : article 125-0 A du CGI pour les rachats (PFU 30 % ou barème, abattement après 8 ans), 990 I avant 70 ans, 757 B après 70 ans. Les prélèvements sociaux restent à 17,2 %. Aucune couche de frais n'est déductible fiscalement. L'intérêt du FID est la sophistication de gestion et l'accès aux clean shares, pas un traitement fiscal favorable.

Non, ils sont généralement faibles voire inclus. Dans un FID, les arbitrages sont pilotés par le gérant délégataire dans le cadre de son mandat : ils n'entraînent pas de frais d'arbitrage facturés au souscripteur comme dans un contrat classique en unités de compte. En revanche, les opérations génèrent des frais de transaction côté banque dépositaire (courtage), intégrés au coût global. Point clé : ces arbitrages internes sont fiscalement neutres, ils ne déclenchent aucune imposition tant que vous ne procédez pas à un rachat.

Trois leviers, dans cet ordre. D'abord la dégressivité du frais de mandat selon l'encours : au-delà de 1 à 2 M€, un mandat peut passer de 1 %/an à 0,60 ou 0,70 %/an. Ensuite l'accès aux clean shares plutôt qu'aux parts retail : c'est le levier le plus puissant, jusqu'à 0,80 point par an. Enfin la rétrocession de conseil du courtier, négociable à la marge. La commission de performance se négocie aussi : exigez un high water mark et une période de référence de cinq ans conformes aux orientations ESMA.

La banque dépositaire est le pilier du triangle de sécurité luxembourgeois : les actifs du FID y sont cantonnés, séparés du bilan de l'assureur, sous convention de dépôt approuvée par le Commissariat aux Assurances. En cas de défaillance de l'assureur, le super-privilège de l'article 118 de la loi du 7 décembre 2015 fait de vous un créancier de premier rang, sans plafond. C'est un niveau de protection supérieur aux 70 000 € du Fonds de garantie français. Les frais de custody rémunèrent ce dispositif : ce n'est pas une ligne à supprimer, mais un coût de sécurité.