Faites le point sur votre patrimoine avec un CGP indépendant
Fiscalité, placements, immobilier, retraite et transmission : nous analysons votre situation et vous proposons une feuille de route patrimoniale claire, sans engagement.
Le relevé annuel arrive en février. Une ligne, un pourcentage : +6,2 %. Et, quelques lignes plus bas, un gain en euros qui ne ressemble à 6,2 % de rien de connu. Vous reprenez vos opérations de l'année : 30 000 € versés en mars, 10 000 € repris en septembre. Vous divisez le gain par le capital de départ, vous obtenez un chiffre ; vous le divisez par ce que vous avez réellement mis, vous en obtenez un deuxième. Aucun de ces chiffres n'est manifestement faux, et aucun ne répond à la question que vous vous posez vraiment : mon argent, lui, a-t-il rapporté 6,2 % ?Ces montants sont ceux d'une configuration fictive, recalculée de bout en bout au paragraphe 4.
L'écart ne vient pas d'une erreur de l'établissement. Le pourcentage de votre relevé mesure une chose que vous ne lui demandiez pas. Aucun des textes qui organisent l'information de l'épargnant — code des assurances, code monétaire et financier, règlement délégué (UE) 2017/565 — n'impose de vous communiquer le rendement de votre argent, à vosdates. Ce que ces textes imposent de vous remettre est toujours un indicateur de produit ou de portefeuille : le taux servi par un support, la performance d'une unité de compte, la performance d'un portefeuille entre deux dates. Jamais un taux construit sur vos versements et vos rachats.
Il existe deux façons de calculer ce chiffre, et elles ne répondent pas à la même question. Les deux formules sont écrites plus bas, l'exemple est recalculable ligne à ligne, et une section porte sur le cas, fréquent, où refaire le calcul ne vous apprendra rien du tout.
Sommaire
- 1. Deux chiffres exacts, et une seule question qui est la vôtre
- 2. Pourquoi votre relevé ne répond pas à votre question
- 3. Deux méthodes, deux formules : laquelle répond à votre question
- 4. Un exemple recalculable : 6,20 % affichés, 5,43 % réels
- 5. Sans les valorisations intermédiaires : le calcul à la main
- 6. L'écart joue dans les deux sens — et souvent il ne joue pas
- 7. Les pièges qui faussent le calcul avant même la formule
- 8. Obtenir ses flux datés, et savoir renoncer
- 9. Ce que cette page ne fait pas, et où le lire
- 10. FAQ — questions fréquentes
1. Deux chiffres exacts, et une seule question qui est la vôtre
La réponse courte
Les deux chiffres sont exacts et ne mesurent pas la même chose. Le pourcentage du relevé est un taux pondéré par le temps : il neutralise vos versements et vos retraits pour mesurer le support. Le vôtre est un taux pondéré par les flux, ou taux de rendement interne : il compte combien d'argent travaillait à chaque instant. C'est celui-là que vous cherchez.Sur l'illustration fictive de cette page, 6,20 % affichés deviennent 5,43 % réels, pour 12 000 € de gain.
Ce que le guide pilier fait, et ce qu'il ne fait pas
Le guide pilier du bilan patrimonial diagnostique un patrimoine au moyen de quinze ratios : endettement, épargne, liquidité, poids de l'immobilier, exposition actions, transmission. Son ratio n° 14 s'appelle « rendement net patrimoine » et rapporte des revenus nets de prélèvements à un actif net. Ce ratio mesure un rendement courant, pas une performance : il ignore la variation de valeur de vos actifs. Ni date, ni flux n'entrent dans son calcul. Vous y trouverez donc une cible chiffrée et le calcul d'un revenu, et rien qui vous dise ce que votre argent a produit sur l'année. Cette page comble ce manque, et elle s'arrête là : pour tout le reste du diagnostic, retournez au pilier.
Ne comparez pas votre résultat à la cible du ratio 14
La cible que le pilier associe à son ratio n° 14 est exprimée en réel, c'est-à-dire nette de prélèvements etnette d'inflation. Le taux que cette page vous fait obtenir est, lui, nominal et brut d'impôt. Les deux ne se comparent pas directement : les rapprocher fait conclure à un dépassement de cible que personne n'a mesuré. Le passage de l'un à l'autre — frais facturés à part, fiscalité, inflation — relève de la page consacrée à l'érosion d'un rendement, et n'est pas traité ici.
Un mot brouille tout le reste, et mieux vaut le trancher ici : « rendement » désigne deux grandeurs. Quand une page parle du taux de distributiond'un placement, elle parle du revenu courant qu'il verse. Ici, « performance » désigne le rendement total : revenus encaissés et variation de valeur réunis, flux compris. Ce ne sont pas des synonymes. La plupart des malentendus commencent là.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en gestion de patrimoine · fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré dirige Hagnéré Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine et de fortune basé à Chambéry. Les habilitations réglementaires affichées concernent le cabinet.
2. Pourquoi votre relevé ne répond pas à votre question
Ce n'est pas un choix commercial : la contrainte est dans la structure de la réglementation. Les textes qui obligent un établissement à vous informer visent tous un produit, un support ou un portefeuille — jamais une personne avec son calendrier.
| Ce que vous recevez | Fondement | Ce que le chiffre mesure | Vos flux ? |
|---|---|---|---|
| Relevé annuel d'assurance-vie | C. assur. art. L. 132-22 | Le taux servi par le support et « le taux moyen de rendement des actifs détenus en représentation des engagements au titre des contrats de même catégorie » : une moyenne de portefeuille collectif | Non |
| Information annuelle d'un PER | CMF art. L. 224-7 | La performance brute de frais et nette de frais « pour chaque actif du plan » — le texte attache la performance à l'actif, pas au titulaire | Non |
| Relevé périodique de gestion sous mandat | Règl. délégué (UE) 2017/565, art. 60, § 2, c) | Un relevé qui doit comporter « [...] les performances du portefeuille durant la période couverte ». Le texte exige que la performance figure ; il ne prescrit aucune méthode | Non prescrit |
| Relevé de compte-titres | Règl. délégué (UE) 2017/565, art. 63 | Un inventaire valorisé. Aucun taux de performance n'y figure | Sans objet |
| Plaquette, page produit, document d'information | Règl. délégué (UE) 2017/565, art. 44, § 4 ; AMF DOC-2011-24 | La performance passée du produit, sur « des tranches complètes de douze mois » | Non |
Il en découle deux choses. Parce que la performance publiée est calée sur des tranches complètes de douze mois, un épargnant entré le 15 mars ne peut structurellement pas se reconnaître dans un chiffre construit du 1er janvier au 31 décembre. Et l'article 60 du règlement délégué exige qu'une performance figure au relevé, mais ne dit pas comment la calculer. Le même portefeuille, la même année, peut donc porter deux pourcentages différents chez deux établissements, tous deux légaux. C'est un vide de méthode, pas une infraction.
Ce qu'il faut demander à son interlocuteur
« Le pourcentage affiché sur mon relevé est-il pondéré par le temps ou par mes flux ? » Un interlocuteur professionnel connaît la réponse, et elle change l'interprétation du chiffre. C'est la seule chose à demander avant de sortir un tableur.
3. Deux méthodes, deux formules : laquelle répond à votre question
Le partage entre les deux méthodes ne relève d'aucune préférence : il tient à une seule question, qui décide de la date des mouvements ?Si c'est le gérant, on mesure avec un taux pondéré par les flux, puisque le calendrier fait partie de son travail. Si c'est vous, on neutralise vos mouvements pour ne juger que la gestion. C'est le critère retenu par les normes GIPS — standard professionnel privé et volontaire du CFA Institute, auquel des sociétés de gestion choisissent de se déclarer conformes, et qui n'est ni du droit français ni une norme européenne — et c'est aussi, sans qu'elle le nomme, le critère appliqué par l'AMF dans son étude de janvier 2025 sur les fonds d'actifs non cotés.
Le taux pondéré par le temps — celui de votre relevé
Il découpe la période à chaque date de flux, calcule le rendement de chaque tronçon, et multiplie les facteurs. Le glossaire des GIPS le définit ainsi : « A method of calculating period-by-period returns that reflects the change in value and negates the effects of external cash flows. » Une méthode, donc, qui annule volontairement l'effet des flux. Il répond à : qu'a produit ce support, ce gérant, cette allocation ? C'est le seul des deux qui se compare à un indice, parce qu'un indice n'a pas de flux.
Le taux pondéré par les flux — le vôtre
C'est le taux de rendement interne, que l'AMF définit dans son étude de janvier 2025 comme « le taux d'actualisation qui annule la somme des flux financiers actualisés du fonds » ; la transposition d'un fonds à votre propre portefeuille est de notre fait, la méthode étant identique. Il tient compte du montant réellement investi à chaque instant. Il répond à : qu'a fait mon argent pendant qu'il était là ? Il ne se compare à rien d'extérieur : il vous est propre, et il intègre vos décisions de calendrier.
Ce sont les flux, et seulement eux, qui séparent les deux chiffres
L'AMF l'écrit dans la même étude : « Dans le cas particulier d'un appel de capital unique en début d'investissement et d'une distribution unique en fin de période, le TRI et la performance annualisés sont égaux. »
Traduit sur votre situation : si vous n'avez ni versé ni retiré en cours d'année, les deux méthodes donnent exactement le même chiffre — vérifié par calcul sur une illustration fictive : 200 000 € devenus 212 400 € sans aucun mouvement donnent 6,2000 % par les deux voies. La question de cette page ne se pose alors pas, et vous pouvez vous arrêter ici.
Formule 1 — le taux pondéré par le temps (chaînage géométrique)
On coupe la periode a CHAQUE date de flux, puis on multiplie les facteurs : r(k) = V(k)- / V(k-1)+ - 1 pour chaque sous-periode k Taux pondere par le temps = (1 + r1) x (1 + r2) x ... x (1 + rn) - 1
- V(k)- :valeur du portefeuille JUSTE AVANT le k-ième flux
- V(k)+ :valeur JUSTE APRÈS ce flux, soit V(k)- augmentée du flux
- r(k) :rendement de la sous-période k, calculée entre deux flux
- n :nombre de sous-périodes, soit le nombre de flux plus un
Sa difficulté n'est pas la formule, c'est la donnée : elle exige une valorisation du portefeuille à la date de chaque flux. Aucun texte n'oblige un établissement à vous la fournir, et un relevé annuel ne la contient pas. C'est précisément pour cela que ce taux est celui que l'établissement publie — il est le seul à disposer des valorisations quotidiennes — et celui que, le plus souvent, vous ne pouvez pas recalculer.
Formule 2 — le taux pondéré par les flux (taux de rendement interne)
On cherche le taux i, ANNUEL, qui verifie : Somme sur k de [ F(k) x (1 + i) ^ ( - d(k) / 365 ) ] = 0 Convention de signe : ce qui SORT de votre poche est negatif, ce qui y ENTRE est positif. Le capital de depart compte comme un versement (negatif) a la date d'ouverture de la periode, et la valeur finale du portefeuille comme un retrait (positif) a la date d'arret.
- F(k) :montant du k-ième flux, signé selon la convention ci-dessus
- d(k) :nombre de jours réels entre le début de la période et ce flux
- i :le taux cherché, exprimé en base annuelle
- 365 :la convention de décompte retenue ici, dite ACT/365 : jours réels, base 365
Cette équation n'a pas de solution en forme fermée au-delà de deux flux : c'est une racine, que l'on obtient par approximations successives. En pratique on la confie à une fonction de tableur calculant un taux de rendement interne à dates réelles, qui résout la même équation numériquement. Annoncez toujours votre convention de décompte : passer de 365 à 360 jours déplace le résultat de l'illustration ci-dessous de 0,076 point, ce qui est plus que l'erreur commise en arrondissant les dates au mois près.
Cette méthode d'équivalence, vous l'avez déjà rencontrée sous un autre nom : c'est celle du taux annuel effectif global, en annexe à l'article R. 314-3 du code de la consommation, dans sa rédaction en vigueur au jour de la publication de cette page ; elle y « exprime sur base annuelle l'égalité entre, d'une part, la somme des valeurs actualisées des utilisations du crédit et, d'autre part, la somme des valeurs actualisées des montants des remboursements et paiements des frais ». Le crédit inverse simplement les rôles : ce que la banque appelle utilisation, vous l'appelez versement. Ce sont deux applications de la même méthode, pas le même objet — un taux annuel effectif global n'est pas le taux de rendement de votre portefeuille.
4. Un exemple recalculable : 6,20 % affichés, 5,43 % réels
Hypothèses explicitement fictives
Configuration type construite pour la démonstration. Toutes les valeurs ci-dessous sont fictives : elles ne décrivent aucun contrat, aucun support, aucune performance réelle, passée ou attendue, et ne constituent ni un ordre de grandeur de marché ni une projection. Elles n'ont qu'un objet : permettre de refaire chaque opération.
| Date | Événement | Montant | Valeur du portefeuille |
|---|---|---|---|
| 31/12/2025 | Valeur de départ | — | 200 000 € |
| 16/03/2026 | Valeur avant versement | — | 209 000 € |
| 16/03/2026 | Versement | + 30 000 € | 239 000 € |
| 16/09/2026 | Valeur avant retrait | — | 223 000 € |
| 16/09/2026 | Retrait | − 10 000 € | 213 000 € |
| 31/12/2026 | Valeur de fin | — | 232 000 € |
Étape 1 — le taux pondéré par le temps : 6,20 %
On calcule le rendement de chaque tronçon sur la valeur d'avant le flux, puis on multiplie.
| Sous-période | Jours | Calcul | Rendement |
|---|---|---|---|
| 31/12/2025 → 16/03/2026 | 75 | 209 000 / 200 000 | + 4,500000 % |
| 16/03/2026 → 16/09/2026 | 184 | 223 000 / 239 000 | − 6,694561 % |
| 16/09/2026 → 31/12/2026 | 106 | 232 000 / 213 000 | + 8,920188 % |
| Chaînage | 365 | 1,045 × 0,93305439 × 1,08920188 | + 6,201740 % |
Étape 2 — le taux pondéré par les flux : 5,43 %
La série de flux, signée selon la convention posée plus haut, est : − 200 000 € au jour 0, − 30 000 € au jour 75, + 10 000 € au jour 259, + 232 000 € au jour 365. Le taux qui annule la somme de ces quatre montants actualisés vaut 5,433415 %, soit 5,43 %. Résolu par trois méthodes indépendantes — dichotomie, Newton, sécante — qui concordent à six décimales, avec une valeur actuelle nette résiduelle de l'ordre de 3 × 10−11. La série ne change qu'une fois de signe : la racine positive est unique.
Refaire ce calcul chez vous, en deux colonnes
La mise en œuvre tient dans deux colonnes, et il n'est pas nécessaire de savoir résoudre l'équation soi-même. Dans la première, la date de chaque mouvement, la plus ancienne en tête ; dans la seconde, le montant signé. La première ligne porte la valeur de départ en négatif, la dernière la valeur d'arrêté en positif, et entre les deux vos versements en négatif et vos retraits en positif. Il ne reste qu'à appeler la fonction de taux de rendement interne à dates réelles — celle qui prend une plage de montants et une plage de dates, non celle qui suppose des périodes régulières.
Le chiffre obtenu se vérifie de deux manières avant qu'on lui fasse confiance. La somme algébrique de la colonne des montants doit redonner votre gain en euros — ici − 200 000 − 30 000 + 10 000 + 232 000, soit 12 000 € ; si elle ne le redonne pas, une ligne manque ou un signe est inversé. Et le résultat doit rester plausible : un taux à trois chiffres signale presque toujours une date aberrante ou une valeur terminale oubliée, jamais une performance exceptionnelle.
Étape 3 — pourquoi l'écart, et dans quel sens
0,77 point d'écart, et le mécanisme se lit dans une seule colonne : le capital réellement exposé pendant chaque tronçon.
| Sous-période | Rendement du support | Capital exposé | Effet sur votre poche |
|---|---|---|---|
| 31/12 → 16/03 | + 4,50 % | 200 000 € | Favorable, sur le capital initial seul |
| 16/03 → 16/09 | − 6,69 % | 239 000 € | Le versement de mars subit intégralement la baisse |
| 16/09 → 31/12 | + 8,92 % | 213 000 € | Le retrait de septembre a réduit ce qui profite de la reprise |
Les six chiffres que le même dossier peut produire
Un seul jeu de données, un montant en euros et cinq pourcentages différents — et un seul de ces pourcentages répond à la question posée :
- Gain réel : 12 000 € (232 000 − 200 000 − 30 000 + 10 000). La seule grandeur indiscutable.
- Taux pondéré par le temps : 6,20 %— ce qu'a fait le support.
- Taux pondéré par les flux : 5,43 % — le chiffre que vous cherchiez.
- Gain rapporté au capital de départ : 6,00 %— c'est le « 6 % » du titre, et il ne mesure rien.
- Gain rapporté au capital net investi, versements moins retraits (220 000 €) : 5,45 % — ignore la durée de détention.
- Variation brute de valeur, (232 000 − 200 000) / 200 000 : 16,00 % — absurde, elle compte le versement comme un gain.
Rappel : toutes ces valeurs sont fictives et construites pour la démonstration.
Mettre un chiffre sur ce que votre patrimoine a produit
Reconstituer une série de flux datée et dire ce que le chiffre obtenu prouve — et ce qu'il ne prouve pas. Un premier échange sert à cela, y compris pour conclure qu'il n'y a rien à changer.
5. Sans les valorisations intermédiaires : le calcul à la main
Le taux pondéré par le temps exige une valorisation à la date de chaque flux. Vous ne l'avez presque jamais. Il existe une approximation classique, qui ne demande que les deux valeurs de bornes, le montant de chaque flux et sa date. Le CFA Institute la classe expressément parmi les méthodes d'approximation ; on la connaît sous le nom de Dietz modifié.
Formule 3 — Dietz modifié : l'approximation faisable sans solveur
V(fin) - V(debut) - somme des flux
r = ---------------------------------------------------------
V(debut) + somme de [ flux x ( D - d(k) ) / D ]
Chaque flux est pondere par la FRACTION DE PERIODE QU'IL LUI RESTE
a courir : un versement de janvier compte presque pour son montant
entier, un versement de decembre ne compte presque pour rien.
ATTENTION - CONVENTION DE SIGNE INVERSE DE CELLE DE LA FORMULE 2 :
ici les flux se comptent du point de vue DU PORTEFEUILLE, et non de
votre poche. Un versement est POSITIF, un retrait est NEGATIF.
Reporter ici la convention de la formule 2 donne, sur l'illustration
ci-dessous, 29,04 pourcent au lieu de 5,43 pourcent.- V(debut), V(fin) :valeurs du portefeuille aux deux bornes de la période
- flux :montant du flux vu du portefeuille : versement positif, retrait négatif — l'inverse de la convention de la formule 2
- D :nombre total de jours calendaires de la période
- d(k) :nombre de jours entre le début de la période et le k-ième flux
- Dénominateur :le capital moyen réellement investi sur la période
Le bon compromis quand on n'a pas de solveur — à condition de la présenter pour ce qu'elle est : une approximation du taux pondéré par les flux, et non un troisième taux à mettre à côté des deux autres.
Sur l'illustration fictive ci-dessus, le versement de mars pèse 290 / 365 = 0,794521, soit 23 835,62 €, et le retrait de septembre pèse 106 / 365 = 0,290411, soit − 2 904,11 €. Le capital moyen investi ressort à 220 931,51 €, et 12 000 € rapportés à ce capital donnent 5,431548 %. Le taux exact valait 5,433415 % : l'approximation est à deux millièmes de point, sans qu'aucune valorisation intermédiaire ait été nécessaire.
Ne descendez pas sous la précision de vos données
Les six décimales ci-dessus servent à prouver la concordance des méthodes, pas à être publiées. Vos valorisations sont arrondies à l'euro, vos dates parfois au mois près : un taux annoncé avec trois décimales sur des données de cette qualité est une fausse précision. Deux décimales suffisent. Souvent une.
Sur l'illustration fictive ci-dessus, arrondir les dates de flux au mois près coûte environ 0,02 point, tandis que se tromper de convention de décompte, en passant de 365 à 360 jours, en coûte 0,076 point. Ces deux valeurs sont propres à cette série : elles dépendent du poids des flux et de la dispersion des rendements, et rien ne garantit qu'on les retrouve à l'identique sur la vôtre. Ne cherchez pas le jour exact ; dites plutôt quelle base vous utilisez, et gardez-la d'une année sur l'autre.
6. L'écart joue dans les deux sens — et souvent il ne joue pas
Le calendrier vous avantage aussi souvent qu'il vous pénalise, et dans les mêmes proportions.
| Illustration fictive | Taux pondéré par le temps | Taux pondéré par les flux | Écart | Gain réel |
|---|---|---|---|---|
| Versement de mars juste avant une baisse | 6,20 % | 5,43 % | − 0,77 point | 12 000 € |
| Versement de mars juste avant une hausse | 6,20 % | 6,79 % | + 0,59 point | 15 000 € |
L'AMFen publie une illustration dans son étude de janvier 2025 sur les fonds d'actifs non cotés. Elle y construit un fonds de huit ans dont les capitaux sont appelés progressivement : il affiche un taux de rendement interne de 14,2 %. Le même fonds, toutes choses égales par ailleurs, avec un appel de capital unique au départ, affiche 9,8 %. 4,4 points d'écart, produits par le seul calendrier des flux. Ce sont des chiffres construits par le régulateur pour la démonstration, sur des fonds et non sur un patrimoine personnel : ils n'ont aucune valeur de moyenne de marché ni de prévision.
Ce calcul vaut-il la peine d'être fait ? Deux paramètres le déterminent, et vous pouvez vérifier les deux sur vos propres relevés. L'écart entre les deux méthodes croît avec la taille de vos flux rapportée à votre portefeuille, et avec la dispersion des rendements entre les tronçons. Quand les flux sont petits et le marché régulier, les deux chiffres se confondent.
| Versements mensuels | Total versé sur l'année | Taux pondéré par le temps | Taux pondéré par les flux | Écart |
|---|---|---|---|---|
| 500 € par mois | 6 000 € | 6,2017 % | 6,2496 % | + 0,05 point |
| 5 000 € par mois | 60 000 € | 6,2017 % | 6,6209 % | + 0,42 point |
| 20 000 € par mois | 240 000 € | 6,2017 % | 7,3895 % | + 1,19 point |
Le cas où la bonne conclusion est : ne faites rien
Le second facteur se vérifie aussi. Sur un marché qui progresse régulièrement, l'écart entre les deux méthodes est nul, et il l'est par construction : quand tous les tronçons rapportent le même taux, le calendrier des flux n'a plus rien à déplacer, quelle que soit la taille des versements. Le même portefeuille de 200 000 €, alimenté de 500 € puis de 20 000 € par mois sur un marché qui progresse régulièrement à 6,20 % sur l'année, donne 6,2000 % par les deux méthodes dans les deux cas — illustration fictive, vérifiée par calcul.
Tout se joue donc sur le premier facteur, celui du tableau ci-dessus. À 500 € par mois sur une année pourtant heurtée, l'écart reste sous 0,05 point — c'est la situation de beaucoup d'épargnants en versements programmés : des montants réguliers et modestes, pas de mouvement massif au mauvais moment. Dans ce cas, refaire le calcul ne vous apprendra rien, et le temps passé serait mieux employé ailleurs. Le calcul se justifie quand un mouvement pèse lourd par rapport au portefeuille et que l'année a été heurtée — les deux à la fois, pas l'un des deux.
7. Les pièges qui faussent le calcul avant même la formule
La plupart des erreurs se produisent avant la formule, au moment de décider ce qu'on saisit et à quelle date.
| Situation | Est-ce un flux ? | Pourquoi |
|---|---|---|
| Arbitrage entre deux supports du même contrat | Non | Aucun euro n'entre ni ne sort de l'enveloppe |
| Frais prélevés en parts d'unité de compte | Non | Ils réduisent le nombre d'unités : ils sont déjà dans la valorisation |
| Prélèvement opéré à la source dans l'enveloppe | Non | Déjà intégré à la valeur de rachat ; le saisir double la sortie |
| Dividende laissé sur le compte espèces de l'enveloppe | Non | Le montant reste dans le périmètre mesuré |
| Dividende viré vers un compte externe | Oui | Il quitte le périmètre : c'est une sortie datée |
| Frais facturés à part, hors enveloppe | Oui | Ils ne sont dans aucune valorisation : à ajouter à la série |
| Rachat partiel encaissé | Oui | Le montant effectivement sorti, en une seule ligne, sans ventilation fiscale |
Quelques décisions de méthode ne sont pas des détails de saisie : chacune doit être tranchée une fois pour toutes, puis tenue sur toute la série, faute de quoi le taux obtenu mesurera en partie autre chose que ce que vous croyez. La date, d'abord : date d'opération, de valeur ou de règlement — peu importe laquelle, prenez celle que porte votre relevé et gardez la même d'une année sur l'autre. Le brut ou le net: des montants avant impôt donnent un rendement comparable d'un support à l'autre, des montants nets encaissés collent à votre trésorerie réelle ; les deux se défendent, il faut seulement ne pas les mélanger sur une même série.
Les devises, si vous en détenez : chaque flux se convertit au cours du jour du flux, jamais au cours de clôture, sinon vous mesurez un effet de change en croyant mesurer une gestion.
Le périmètreest la décision la plus lourde des quatre. Plusieurs enveloppes ne s'additionnent pas : on ne fait pas la moyenne d'un taux d'assurance-vie et d'un taux de compte-titres, pas même pondérée par les encours. La seule opération correcte consiste à fusionner tous les flux en une seule série datée, avec une seule valeur terminale à une seule date d'arrêté — un seul calcul, un seul chiffre.
Avant de croire son résultat
Pour un actif illiquide, la valeur terminale que vous inscrivez est une estimation, et elle conditionne tout le résultat. Sans valeur finale, pas de taux. Pour un bien immobilier détenu en direct, aucune valorisation officielle n'existe ; les deux sources publiques et gratuites sont le fichier des demandes de valeurs foncières de la DGFiP — cinq ans de mutations, mise à jour en avril et en octobre, dernière version affichée au 5 avril 2026, sans couverture de l'Alsace, de la Moselle ni de Mayotte — et le service « Rechercher des transactions immobilières » que la DGFiP ouvre dans l'espace particulier d'impots.gouv.fr, sur les mêmes cinq années et avec les mêmes exclusions territoriales. La bonne pratique est de calculer deux fois, borne basse et borne haute, puis d'annoncer la fourchette plutôt qu'une décimale.
Le taux de rendement interne n'est pas toujours unique.Tant que la série ne change qu'une fois de signe, il n'y a qu'une racine positive. Dès que versements et retraits alternent plusieurs fois, plusieurs taux peuvent annuler la même somme : des flux annuels construits pour la démonstration — − 100 000 €, + 230 000 € puis − 132 000 € — s'annulent exactement à 10 % et exactement à 20 %. Dans ce cas, le Dietz modifié est plus sûr.
Une performance cumulée ne se divise pas par le nombre d'années. 30 % sur cinq ans font 5,3874 % par an, pas 6 %. Et une année à + 50 % suivie d'une année à − 50 % donne une moyenne arithmétique de 0 % alors que 100 € sont devenus 75 €, soit − 13,3975 % par an. Attention aussi au sens inverse : un taux de rendement interne calculé sur un trimestre ressort annualisé. Un gain de 2 % en 90 jours s'affiche 8,3624 % — et vous n'avez gagné que 2 %.
8. Obtenir ses flux datés, et savoir renoncer
Le blocage est rarement mathématique : il tient à l'obtention d'un historique daté et exploitable. Première question, le calendrier. Le 31 décembreest votre date d'arrêté naturelle : c'est celle sur laquelle toutes vos enveloppes sont arrêtées ensemble, et celle que porteront vos relevés annuels. Ce n'est pas la seule date valorisée — le code des assurances impose une mise à disposition au moins trimestrielle pour les contrats en unités de compte, et le règlement délégué (UE) 2017/565 un relevé d'instruments financiers au moins trimestriel — mais c'est la seule qui vous évitera de chercher trois valorisations à trois endroits. Et vous ne pouvez pas faire ce calcul en janvier : il vous manque encore des pièces qui n'arrivent qu'en février, voire, pour la publication annuelle que l'assureur met en ligne, dans les quatre-vingt-dix jours ouvrables suivant le 31 décembre (C. assur., art. L. 132-22), c'est-à-dire jusqu'au printemps. En pratique, mars ou avril, une fois les pièces reçues ; si elles tardent, rien n'empêche d'attendre mai.
Un piège de dates, ensuite, qui déplace le résultat sans qu'on le voie : du 1er janvier au 31 décembre, il y a 364 jours, pas 365. Prenez le 31 décembre de l'année précédentecomme point de départ, sinon votre « année » n'en est pas une, et le taux annualisé s'en ressent.
Les démarches, dans l'ordre
- L'espace client.Cherchez un export de l'historique des opérations au format tableur — souvent présent, souvent limité à douze ou vingt-quatre mois.
- Une demande écrite au service client, en nommant précisément ce que vous voulez : date, nature et montant de chaque mouvement, sur la période, dans un format exploitable.
- À défaut de réponse, le droit d'accèsde l'article 15 du règlement général sur la protection des données, adressé au délégué à la protection des données de l'établissement. Il résulte de l'article 12, paragraphe 3, du même règlement que la réponse est due dans les meilleurs délais et en tout état de cause dans un délai d'un mois à compter de la réception de la demande, prolongeable de deux mois compte tenu de la complexité et du nombre de demandes, la personne devant être informée de la prolongation et de ses motifs dans le mois de sa demande.
- Le levier de format.L'article 20 du même règlement vise un format « structuré, couramment utilisé et lisible par une machine » ; la doctrine publiée de la CNIL cite le CSV et le JSON et écarte les formats difficiles à traiter. C'est l'argument à opposer à un envoi en PDF non exploitable.
Si le blocage persiste, la médiation est gratuite — mais elle n'est pas la même selon l'enveloppe : le médiateur de l'AMFpour un compte-titres, un PEA, un plan d'épargne salariale ou un service d'investissement ; le médiateur compétent en assurancepour un contrat d'assurance-vie ou un plan d'épargne retraite assurantiel, l'AMF n'étant pas compétente en matière d'assurance.
Ce que ce droit ne couvre pas
La portabilité a des bornes précises, qu'il vaut mieux avoir en tête avant de s'en réclamer : elle ne joue que pour des traitements automatisés, suppose une base légale de consentement ou d'exécution d'un contrat, et exclut les données dérivées, calculées ou inférées.
La conséquence pratique tient en une ligne : l'historique de vos opérations, vous pouvez l'exiger. Le taux que l'établissement a calculé pour vous, non — c'est une donnée dérivée, et ce fondement ne la couvre pas. Aucune décision publiée appliquant ce texte à un intermédiaire financier n'a été trouvée : ne comptez pas sur une automaticité.
Le point où il faut s'arrêter
Il arrive que ce soit trop tard. Les sources publiques de valorisation immobilière ne remontent qu'à cinq ans et chaque mise à jour écrase la précédente ; les publications annuelles des assureurs ne sont tenues de rester en ligne que cinq ans — le code des assurances fixe une durée minimalede cinq ans, et rien n'oblige à les maintenir au-delà ; et un historique d'opérations très ancien n'est pas toujours récupérable. Un taux calculé sur des flux reconstitués de mémoire n'a aucune valeur. Dans ce cas, ne fabriquez pas de chiffre. Renoncez au passé et ouvrez une série propre au 1er janvier suivant, en notant chaque mouvement à sa date. Dans douze mois, vous aurez un chiffre que vous pourrez défendre.
9. Ce que cette page ne fait pas, et où le lire
Cette page ne traite que la mesure. Le taux qu'elle vous fait obtenir est nominal et brut d'impôt: il est net des frais déjà prélevés à l'intérieur de vos enveloppes, puisque ceux-là sont déjà dans les valorisations, mais il ne dit pas ce qu'il vous reste. L'érosion d'un rendement par les frais facturés à part, la fiscalité et l'inflation fait l'objet d'une page distincte de ce guide, et aucun taux d'imposition ni aucune donnée d'inflation ne figure ici volontairement. Un taux net d'impôt et d'inflation ne se compare plus à celui d'un autre support calculé autrement : c'est pourquoi les deux calculs restent séparés.
Quelques pages publiées sont proches, et aucune ne se recoupe avec celle-ci. TRI, MOIC, DPI et TVPI dans le non coté traite le taux de rendement interne au niveau d'un fonds, avec ses indicateurs voisins, ses biais et son calendrier d'appels — c'est là qu'il faut aller pour comprendre pourquoi un taux de fonds se pilote. Le TRI d'une SCPI l'applique à un produit, selon une convention de place, avec des flux que vous ne choisissez pas. Et « +8 % ne veut rien dire tout seul » se place à l'étage d'après : une fois le pourcentage obtenu, contre quoi le comparer, à quel niveau de risque, net de quels frais. Une dernière, l'évolution d'une performance sur cinq ans, pose la question — elle nomme « l'effet des flux, c'est-à-dire vous » et constate qu'un chiffre publié ne restitue pas votre calendrier réel — sans donner la méthode qui y répond. Si vous cherchez les deux méthodes appliquées à la même série de flux, et à un patrimoine entier plutôt qu'à un produit, c'est ici et nulle part ailleurs sur le site.
Pour la suite : le guide pilier du bilan patrimonial pour le reste du diagnostic ; quels chiffres publiés regarder et qui en fixe la définition pour comprendre comment se fabrique un indicateur affiché ; du taux affiché à ce qu'il vous reste pour la marche suivante ; calculer une rentabilité locative avant d'acheter pour le calcul symétrique fait avantl'investissement plutôt qu'après ; et la calculatrice des intérêts composés pour manipuler la capitalisation. Si vous approchez de la retraite, la gestion de patrimoine à la retraite explique pourquoi la mesure d'un rendement cesse d'être la bonne question quand on entre en phase de retraits réguliers.
Portée de cette page
Toutes les valeurs chiffrées de cette page relèvent de trois catégories : des hypothèses fictivesannoncées comme telles avant et après le calcul ; l'illustration construite et publiée par l'AMF au paragraphe 6, présentée comme telle ; et les délais et durées lus dans les textes cités — code des assurances pour la publication annuelle des assureurs, règlement général sur la protection des données pour les délais de réponse. Aucune n'est une donnée de marché, une moyenne, une prévision ou une promesse, et une performance passée n'est jamais un indicateur des résultats futurs. Les calculs de cette page ont été vérifiés par trois méthodes de résolution concordantes, au 18 août 2026.
Le taux de rendement interne n'est défini par aucun texte réglementaire français destiné au grand public : c'est une notion de calcul, que l'AMF emploie dans ses études en la définissant elle-même. Les normes GIPS sont un standard professionnel privé et volontaire du CFA Institute : un établissement qui ne les applique pas ne viole rien.
Cette page est informative. Elle ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal. Toute situation individuelle relève d'un professionnel. Hagnéré Patrimoine est conseiller en investissements financiers, courtier en assurance et courtier en opérations de banque et services de paiement, immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291, établi à Chambéry, adhérent CNCEF Patrimoine.
10. FAQ — questions fréquentes
Les points ci-dessous se posent en général au moment de faire le calcul.

