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Actualité PLF 2027Texte officiel citéProjet non votéMis à jour le 2 octobre 2026

PLF 2027 : l'amortissement en LMNP plafonné à 2,5 % et 7 000 € par foyer, ce que dit vraiment le texte

Le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre, s'attaque une nouvelle fois à la location meublée. Son article 7 limite l'amortissement des locaux à 2,5 % par an et à 7 000 € par foyer, y compris pour les biens déjà achetés, et supprime le report des amortissements qui ne passent pas. Nous avons lu le texte en entier : voici ce qu'il dit vraiment, ce que la presse a mal compris, ce que la mesure coûte sur trois cas concrets et ce qui peut encore bouger au Parlement.

TAUX MAXIMAL PAR AN SUR LES LOCAUX

2,5 %

PLAFOND ANNUEL PAR FOYER FISCAL

7 000 €

TAUX EN MEUBLÉ DE TOURISME (PLAFOND 5 000 €)

1,5 %

AMORTISSEMENT NON DÉDUIT DÈS 2027

Perdu

STOCK REPORTÉ AVANT 2027 UTILISABLE JUSQU'EN

2036

STATUT DU TEXTE AU 2 OCTOBRE 2026

Projet

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

Réponse directe : le projet de loi de finances pour 2027 ne supprime pas l'amortissement en location meublée non professionnelle, il le plafonne. Les locaux ne pourraient plus être amortis qu'au taux de 2,5 % par an, dans la limite de 7 000 € par an pour tout le foyer fiscal (1,5 % et 5 000 € pour un meublé de tourisme). Les biens déjà achetés sont visés, et l'amortissement qui ne peut pas être déduit cesserait d'être reportable. Le texte n'est pas voté : il sera débattu jusqu'en décembre.

Publié le 2 octobre 2026 par Quentin Hagnéré, fondateur du cabinet Hagnéré Patrimoine, à partir du texte du projet de loi n° 3210 déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026.

L'essentiel en 30 secondes

  • Double plafond : 2,5 % par an des locaux, et 7 000 € par an et par foyer fiscal, tous biens meublés additionnés. En meublé de tourisme : 1,5 % et 5 000 €.
  • Pas « 2,5 % de la valeur du bien » : le terrain ne s'amortit pas, la base est le prix de revient des locaux.
  • Aucune clause pour les biens déjà détenus : un appartement acheté en 2018 serait plafonné comme un achat de 2027.
  • Fin du report : dès les exercices clos en 2027, l'amortissement que le résultat ne permet pas d'absorber serait perdu. Le stock d'avant 2027 resterait utilisable jusqu'au 31 décembre 2036, à hauteur de la moitié du résultat chaque année.
  • Hors plafond : les loueurs professionnels (LMP), ainsi que les résidences étudiantes et seniors, les EHPAD et les résidences services ; ces résidences restent toutefois visées par la fin du report, à la lettre du texte.
  • Sur nos trois cas, l'impôt supplémentaire va d'environ 600 € à 2 700 € par an, et un stock de 15 000 € d'amortissements en report perdrait 8 750 € en 2036.

Si vous découvrez le régime, commencez par notre guide le statut LMNP en 2026 : il explique l'amortissement au régime réel, que ce projet vient raboter.

§ 1LE TEXTE·3 MIN

Ce que dit l'article 7 du PLF 2027, mot pour mot

Le projet de loi de finances pour 2027 a été enregistré à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026 sous le n° 3210. Son article 7, intitulé « Réorienter les soutiens publics vers le logement familial et de longue durée », réécrit l'article 39 C du Code général des impôts, celui qui encadre l'amortissement des biens donnés en location. Voici la phrase qui concerne les loueurs en meublé non professionnels :

Article 7 du PLF 2027, alinéa 11 (nouveau 2 du I de l'article 39 C du CGI)

« Par dérogation au 1 du présent I, lorsque l'activité de location directe ou indirecte de locaux d'habitation meublés ou destinés à être loués meublés n'est pas exercée à titre professionnel au sens du 2 du IV de l'article 155, l'amortissement de ces locaux est admis en déduction dans la limite du taux de 2,5 %, sans pouvoir excéder 7 000 euros par an et par foyer fiscal. Lorsque le local est un meublé de tourisme au sens du I de l'article L. 324-1-1 du code du tourisme, ce taux est abaissé à 1,5 %, sans pouvoir excéder 5 000 euros par an et par foyer fiscal. »

Trois mots comptent. « Pas exercée à titre professionnel » : c'est le LMNP, au sens de l'article 155, IV du CGI ; le loueur professionnel n'est pas visé. « Dans la limite du taux de 2,5 %, sans pouvoir excéder 7 000 euros » : deux plafonds cumulés, le plus bas l'emporte. « Par foyer fiscal » : le plafond en euros ne se compte pas bien par bien. Le texte intégral est publié par l'Assemblée nationale : projet de loi de finances pour 2027 (PDF, article 7 pages 45 et 46).

Le régime de l'amortissement en LMNP, aujourd'hui et selon le projet
PointAujourd'huiSelon le PLF 2027
Taux d'amortissement des locauxSelon la durée d'usage de chaque composant (gros œuvre, toiture, installations, agencements)2,5 % par an au plus (1,5 % en meublé de tourisme)
Plafond en eurosAucun7 000 € par an et par foyer fiscal (5 000 € en meublé de tourisme)
Amortissement supérieur au résultatReporté sur les exercices suivants, sans limite de duréePerdu pour les exercices clos à partir du 1er janvier 2027
Stock reporté avant 2027Utilisable sans limite de duréeUtilisable jusqu'au 31/12/2036, dans la limite de la moitié du résultat
Biens déjà achetés—Concernés : aucune clause de maintien
Loueur professionnel (LMP)Régime de droit communInchangé
Résidences étudiantes, seniors, EHPAD, résidences servicesRégime de droit communHors plafond, mais fin du report (lettre du texte)
§ 2LE VRAI CALCUL·3 MIN

« 2,5 % de la valeur du bien » : pourquoi la formule est fausse

Depuis le dépôt du projet, une formule tourne en boucle : l'amortissement serait limité à « 2,5 % de la valeur du bien ». Le texte ne dit pas cela. Il limite l'amortissement de ces locaux à un taux de 2,5 %. Or le terrain ne s'amortit jamais : le taux s'applique au prix de revient des locaux, frais d'acquisition compris, terrain exclu.

L'écart n'est pas un détail. Pour un appartement acheté 250 000 €, l'exemple qui circule annonce 6 250 € déductibles chaque année. Avec une quote-part de terrain de 15 %, la base amortissable n'est que de 212 500 € et la déduction maximale de 5 312 € ; avec 20 % de terrain, 5 000 €. Près de 1 000 € de déduction en moins chaque année par rapport à ce qu'on lit, soit environ 500 € d'impôt et de prélèvements sociaux pour un foyer imposé dans la tranche à 30 %.

L'amortissement des locaux déductible selon le PLF 2027

Déduction = le plus petit de : 2,5 % × prix de revient des locaux hors terrain ; 7 000 € pour tous les biens du foyer ; résultat restant après les autres charges

Le troisième plafond existe déjà (art. 39 C, II) : l'amortissement ne peut ni créer ni aggraver un déficit. Le projet ajoute les deux premiers.

Un taux de 2,5 % revient à amortir les locaux sur 40 ans. Aujourd'hui, la méthode par composants permet d'aller plus vite sur les éléments à durée d'usage courte (installations techniques, agencements, toiture) et donc de déduire davantage les premières années : c'est cette accélération que le plafond supprime. Notre guide l'amortissement par composant en LMNP détaille la méthode actuelle.

Et le mobilier ?

Le texte vise « l'amortissement de ces locaux ». Le mobilier n'est pas un local : la lecture la plus logique est que son amortissement reste hors du plafond, alors que les travaux immobilisés sur les locaux entrent dans la base plafonnée. Ces deux lectures n'ont pas encore été commentées par l'administration : elles restent à confirmer.

§ 3LES 7 000 €·2 MIN

Le plafond de 7 000 € : par foyer, tous biens additionnés

Le second verrou est en euros : 7 000 € par an et par foyer fiscal. Il ne joue qu'au-delà de 280 000 € de base amortissable des locaux (7 000 € divisés par 2,5 %), mais cette base s'additionne entre tous vos biens meublés. Deux ou trois petites surfaces suffisent à la dépasser. Un couple marié ou pacsé forme un seul foyer fiscal et partage donc un seul plafond.

Déduction annuelle maximale des locaux selon leur base amortissable (hors meublé de tourisme)
Base amortissable des locaux du foyer2,5 % de la baseDéduction maximale selon le PLF 2027
100 000 €2 500 €2 500 €
150 000 €3 750 €3 750 €
200 000 €5 000 €5 000 €
280 000 €7 000 €7 000 € (seuil)
400 000 €10 000 €7 000 €
600 000 €15 000 €7 000 €

En meublé de tourisme, au sens du code du tourisme (le logement loué à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile), les deux verrous descendent à 1,5 % et 5 000 € : le plafond en euros mord dès 333 000 € de base. Le texte ne précise pas comment les deux plafonds se combinent pour un foyer qui loue à la fois un meublé de tourisme et un meublé à l'année.

§ 4FIN DU REPORT·3 MIN

Le vrai choc : les amortissements non déduits seront perdus

Aujourd'hui, l'amortissement ne peut pas créer de déficit : la part qui dépasse le résultat (loyers moins autres charges) n'est pas déduite tout de suite, mais elle se reporte sur les exercices suivants sans limite de durée. Beaucoup de loueurs ont ainsi accumulé un stock d'amortissements en attente, surtout après des travaux ou pendant les années où les intérêts d'emprunt pèsent lourd. Ce stock, ce sont des déductions futures déjà acquises.

Le projet change la règle dans les deux sens. Pour l'avenir, le b) de l'alinéa 23 est sans ambiguïté :

Article 7 du PLF 2027, alinéa 23

« b) Pour les exercices clos à compter du 1er janvier 2027, lorsque l'activité n'est pas exercée à titre professionnel au sens du 2 du IV de l'article 155, les amortissements qui n'ont pu être déduits du résultat d'un exercice en application du 2 du I et du 2 du présent II ne sont pas déductibles du résultat des exercices suivants. »

Pour le passé, l'alinéa 22 laisse une porte entrouverte : le stock accumulé au titre des exercices clos avant le 1er janvier 2027 pourrait encore être déduit, mais seulement jusqu'au 31 décembre 2036 et chaque année dans la limite de la moitié du résultat imposable, calculé après application du nouveau plafond. Ce qui n'aura pas été consommé fin 2036 serait perdu.

Une confusion fréquente

On lit parfois que tous les amortissements non consommés resteront reportables à 50 % pendant dix ans. C'est vrai du stock constitué avant 2027, pas des amortissements qui naîtront ensuite : ceux-là ne se reporteraient plus du tout.

Il y a une contrepartie, rarement relevée. Depuis la loi de finances pour 2025, les amortissements déduits sont retranchés du prix d'acquisition lors de la revente, ce qui augmente la plus-value imposable (art. 150 VB, III du CGI). La part d'amortissement que le plafond empêche de déduire ne devrait donc pas être réintégrée à la revente. C'est la lecture logique des deux textes, que l'administration n'a pas encore commentée. Le mécanisme de réintégration est détaillé dans notre guide LMNP : faut-il encore investir après les réformes ?

§ 5EXCEPTIONS·2 MIN

Qui échappe au plafond, et les zones grises du texte

Échappent au plafond, selon le texte :

  • Les loueurs en meublé professionnels, c'est-à-dire les foyers dont les recettes de location meublée dépassent 23 000 € par an et excèdent les autres revenus d'activité (art. 155, IV du CGI). Voir notre comparatif LMNP ou LMP.
  • Les biens situés dans une résidence destinée exclusivement aux étudiants, aux moins de 30 ans en formation ou en stage, aux apprentis et titulaires d'un contrat de professionnalisation, ou aux plus de 65 ans (art. L. 631-12 et L. 631-13 du code de la construction et de l'habitation).
  • Les EHPAD et établissements pour personnes âgées ou handicapées, les résidences services pour personnes âgées ou handicapées agréées ou autorisées pour leur service d'aide à domicile, et les établissements de soins de longue durée.

La liste reprend, à peu de chose près, celle des biens qui échappent déjà à la réintégration des amortissements à la revente. Notre guide les résidences services en LMNP présente ces résidences. Un bien ne s'achète pas pour autant pour une exception fiscale, qui peut elle aussi évoluer.

Hors plafond ne veut pas dire hors réforme

L'exception ne vise que le plafond de 2,5 % et 7 000 €. La fin du report (alinéa 23, b) s'applique, elle, à toute location meublée non professionnelle, sans réserver ces résidences : à la lettre du texte, l'amortissement qu'un bien en EHPAD ou en résidence étudiante ne peut pas déduire faute de résultat suffisant ne serait plus reportable non plus. Lecture à confirmer pendant les débats.

Ce que le texte ne tranche pas

  • Les résidences de tourisme classées ne sont pas des « meublés de tourisme » au sens du code du tourisme et ne figurent pas dans les exceptions : elles relèveraient a priori du taux de 2,5 %. À confirmer.
  • Les sociétés à l'impôt sur les sociétés (SCI ou SAS à l'IS) : le plafond est exprimé « par foyer fiscal », une notion d'impôt sur le revenu. Son application à une société à l'IS est incertaine. Une SARL de famille restée à l'impôt sur le revenu est, elle, dans le champ.
  • La date d'application : l'article ne fixe pas de date d'entrée en vigueur explicite pour le plafond (voir la partie 8).
§ 6CAS CHIFFRÉS·4 MIN

Trois cas chiffrés : ce que le plafond coûte vraiment

Hypothèses communes : foyer imposé dans la tranche à 30 %, prélèvements sociaux de 18,6 %, soit un taux marginal approché de 48,6 % (avant effet de la CSG déductible) ; amortissement actuel des locaux par composants de 3,5 % par an (le taux réel dépend de la ventilation retenue par votre expert-comptable) ; mobilier hors plafond, selon la lecture exposée plus haut. Ce sont des ordres de grandeur, pas une simulation de votre situation.

Cas 1 : un T2 acheté 200 000 €

Prix de revient de 200 000 €, dont 15 % de terrain : 170 000 € de locaux. Mobilier de 7 000 € amorti sur 7 ans. Loyer de 850 € par mois.

Cas 1 : résultat fiscal annuel, aujourd'hui et selon le PLF 2027
PosteAujourd'huiSelon le PLF 2027
Loyers10 200 €10 200 €
Charges hors amortissement (intérêts, taxe foncière, copropriété, assurance, comptabilité)3 700 €3 700 €
Résultat avant amortissement6 500 €6 500 €
Amortissement des locaux5 950 € (3,5 %)4 250 € (2,5 %)
Amortissement du mobilier1 000 €1 000 €
Amortissement déduit6 500 € (450 € reportés)5 250 €
Résultat imposable0 €1 250 €
Impôt et prélèvements sociaux0 €≈ 610 €

Le loueur passe d'un résultat nul à environ 610 € d'impôt par an, et 1 700 € d'amortissement des locaux ne seraient plus jamais déductibles chaque année. Sur dix ans, l'ordre de grandeur avoisine 6 000 €.

Cas 2 : trois studios, 360 000 € de locaux

Un couple salarié loue trois studios meublés à 600 € par mois chacun : 21 600 € de recettes, sous le seuil de 23 000 € du loueur professionnel. Locaux : 360 000 € au total. Mobilier : 2 400 € d'amortissement par an. Charges hors amortissement : 5 400 €.

Cas 2 : résultat fiscal annuel des trois studios
PosteAujourd'huiSelon le PLF 2027
Résultat avant amortissement16 200 €16 200 €
Amortissement des locaux12 600 € (3,5 %)7 000 € (2,5 % = 9 000 €, ramenés au plafond)
Amortissement du mobilier2 400 €2 400 €
Résultat imposable1 200 €6 800 €
Impôt et prélèvements sociaux≈ 580 €≈ 3 300 €

Environ 2 700 € d'impôt en plus chaque année. Le plafond en euros pèse à lui seul près de 1 000 € de ce surcoût : avec le seul taux de 2,5 %, le résultat imposable aurait été de 4 800 €. C'est le profil le plus exposé : plusieurs biens, une base amortissable élevée, un même foyer.

Cas 3 : 15 000 € d'amortissements en report

Reprenons le loueur du cas 1, avec 15 000 € d'amortissements en report fin 2026 après des travaux. Aujourd'hui, ce stock attend sans date limite : il servira quand les loyers augmenteront ou quand les composants à durée courte seront amortis. Selon le projet, il s'imputerait au plus sur la moitié du résultat de 1 250 €, soit 625 € par an, et 6 250 € en dix ans si le résultat restait stable. Les 8 750 € restants seraient perdus le 31 décembre 2036.

Vos biens, vos chiffres

Combien le plafond vous coûterait-il ?

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Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7LE POURQUOI·2 MIN

Pourquoi le gouvernement fait ça : le Jeanbrun en ligne de mire

L'exposé des motifs le dit sans détour : il s'agit de « poursuivre le rapprochement des caractéristiques des régimes de la location nue et de la location meublée non professionnelle » et de rendre plus attractif le dispositif Jeanbrun, créé par la loi de finances pour 2026 pour la location nue. Selon ce même exposé, le Jeanbrun « permet, sous condition de loyer abordable notamment, de déduire, au titre de l'amortissement des biens donnés en location nue, un montant compris entre 3 et 5,5 % du prix d'acquisition du logement, dans la limite maximale de 12 000 € par an et par foyer fiscal ».

Amortissement déductible : LMNP selon le projet et dispositif Jeanbrun
LMNP selon le PLF 2027Jeanbrun (location nue)
Taux2,5 % des locaux (1,5 % en meublé de tourisme)3 à 5,5 % du prix d'acquisition
Plafond annuel par foyer7 000 € (5 000 €)12 000 €
Conditions de loyerAucuneLoyer abordable, notamment

Le message est clair : l'État veut orienter l'investissement locatif vers la location nue de longue durée à loyer abordable. C'est la troisième loi financière d'affilée qui touche le meublé, après la réintégration des amortissements dans la plus-value (loi de finances pour 2025) et la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % (loi de financement de la sécurité sociale pour 2026). Pour comparer les deux voies sur votre tranche, voir Jeanbrun ou LMNP et location nue ou meublée : la rentabilité nette.

Selon les chiffres de Bercy repris par la presse, la mesure rapporterait environ 200 millions d'euros par an et concernerait 1,37 million de loueurs ; ces montants ne figurent pas dans le texte du projet.

§ 8CALENDRIER·2 MIN

Calendrier : ce qui peut encore changer d'ici décembre

Le projet est examiné d'abord par la commission des finances de l'Assemblée nationale, puis en séance, puis au Sénat. Le Parlement dispose de 70 jours pour se prononcer (article 47 de la Constitution) ; la loi de finances est en principe publiée fin décembre. D'ici là, tout peut être amendé : les taux, le plafond, le sort des biens déjà détenus, le régime du report.

Quatre points du texte prêtent particulièrement à discussion. L'absence de clause pour les biens achetés sous l'ancienne règle. Le montant de 7 000 €, commun à tout le foyer. La perte définitive de l'amortissement non déduit. Et la date d'application : le plafond lui-même n'est assorti d'aucune date explicite, alors que le régime transitoire est bâti sur les exercices clos à partir du 1er janvier 2027. D'où la lecture répandue « revenus 2027, déclarés en 2028 », la plus probable. Mais une loi publiée avant le 31 décembre 2026 pourrait, faute de précision, être lue comme visant déjà l'exercice clos à cette date : un point à surveiller pendant les débats.

Notre suivi

Cet article sera mis à jour à chaque étape : vote en commission, vote de l'Assemblée, Sénat, texte final. La date de mise à jour figure en haut de page.

§ 9QUE FAIRE·3 MIN

Propriétaire d'un meublé : que faire dès maintenant ?

  1. Ne rien vendre dans l'urgence. Le texte n'est pas voté, et une vente déclenche aujourd'hui la réintégration des amortissements déduits dans la plus-value. Vendre pour fuir un plafond qui peut encore changer coûte souvent plus cher que le plafond lui-même.
  2. Connaître deux chiffres. La base amortissable des locaux de chaque bien (prix de revient hors terrain) et le montant de vos amortissements en report à la clôture de l'exercice 2026. Votre expert-comptable les a : ce sont eux qui disent si le plafond vous touche, et combien.
  3. Recalculer le rendement net après impôt avec un amortissement des locaux à 2,5 %, plafonné à 7 000 € pour le foyer, sur plusieurs années.
  4. Comparer à nouveau micro-BIC et réel. Avec un amortissement plafonné, l'abattement forfaitaire de 50 % du micro-BIC (jusqu'à 83 600 € de recettes pour un meublé à l'année) peut redevenir compétitif pour un bien sans crédit et avec peu de charges.
  5. Ne pas changer de statut par réflexe. Passer loueur professionnel entraîne des cotisations sociales et un autre régime de plus-value ; loger les biens dans une société à l'IS pose d'autres questions (imposition à la sortie, incertitude du texte). Chaque option se chiffre avec votre expert-comptable ou votre avocat.
  6. Pour un projet d'achat, intégrer le plafond dès maintenant dans le calcul de rentabilité, comme si le texte était voté : une bonne affaire au régime actuel peut ne plus l'être.

Pour la vue d'ensemble des règles actuelles, notre guide le statut LMNP en 2026 reste la référence, en attendant le texte définitif.

PLF 2027 ET LOCATION MEUBLÉE

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Sources et références légales

  • Projet de loi de finances pour 2027, article 7

    Projet de loi n° 3210, enregistré à la présidence de l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026, article 7 « Réorienter les soutiens publics vers le logement familial et de longue durée » (pages 45 et 46 du document publié par l'Assemblée nationale). Il insère un 2 au I de l'article 39 C du CGI (plafond de 2,5 % et 7 000 €, 1,5 % et 5 000 € en meublé de tourisme, exceptions) et complète le 3 du II du même article (régime du report). Texte en cours d'examen, susceptible d'être amendé.

  • Amortissement des biens loués (CGI)

    Article 39 C du CGI : l'amortissement d'un bien loué en meublé ne peut être déduit que dans la limite du loyer diminué des autres charges ; aujourd'hui, la part non déduite se reporte sur les exercices suivants sans limite de durée. Article 155, IV : définition du loueur en meublé professionnel (recettes supérieures à 23 000 € et aux autres revenus d'activité du foyer).

  • Plus-value de cession (CGI)

    Article 150 VB, III du CGI, issu de l'article 84 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 : pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025, le prix d'acquisition est minoré des amortissements déduits en location meublée non professionnelle, hors résidences étudiantes, seniors et établissements médico-sociaux.

  • Prélèvements sociaux

    Les bénéfices de location meublée supportent 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 ; les cas chiffrés de cet article retiennent un taux marginal approché de 48,6 % (tranche de 30 % plus 18,6 %), avant effet de la CSG déductible.

  • Chiffres de rendement

    Le rendement d'environ 200 millions d'euros par an et le nombre de 1,37 million de loueurs concernés sont des chiffres attribués au ministère par la presse ; ils ne figurent pas dans le texte du projet de loi.

Avertissement

Information sur un projet de loi, pas un conseil personnalisé.

Cet article décrit un projet de loi de finances déposé le 1er octobre 2026, qui n'est ni voté ni publié et peut être modifié. Il est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP). Il ne constitue ni un conseil personnalisé ni une consultation juridique ou fiscale. Les cas chiffrés reposent sur des hypothèses illustratives (taux d'amortissement actuel, part du terrain, tranche d'imposition) à recalculer sur votre situation avec votre expert-comptable. Le cabinet n'exerce aucune activité immobilière réglementée et ne présente aucun bien.

Foire aux questions

Tout sur le plafonnement de l'amortissement LMNP prévu par le PLF 2027.

Biens déjà achetés, plafond par foyer, mobilier, amortissements en report, LMP, résidences exclues, date d'application : les questions que posent les loueurs depuis le dépôt du projet.

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Poser ma question
  • Non, il le plafonne. L'article 7 du projet de loi de finances pour 2027 limite l'amortissement déductible des locaux loués meublés à titre non professionnel à un taux de 2,5 % par an, sans pouvoir dépasser 7 000 € par an et par foyer fiscal (1,5 % et 5 000 € pour un meublé de tourisme). Le régime réel reste ouvert, les autres charges restent déductibles.