Sommaire
- 1. Pourquoi votre retraite de dirigeant mérite une stratégie dédiée
- 2. Pourquoi la retraite obligatoire du dirigeant est-elle toujours insuffisante ?
- 3. TNS ou assimilé salarié : quel statut pour la meilleure retraite ?
- 4. Les 5 enveloppes de retraite du dirigeant
- 5. PER individuel : quel plafond et quelle stratégie pour le dirigeant ?
- 6. L'article 83 / PERO : la pépite de l'assimilé salarié
- 7. PERECO et PEE : l'abondement jusqu'à 7 689 €
- 8. Madelin historique : transférer vers PER ?
- 9. Quelle place pour l'assurance-vie dans la retraite du dirigeant ?
- 10. La holding patrimoniale : le levier décisif
- 11. Rémunération vs dividendes : l'angle retraite
- 12. Cession d'entreprise : le pivot retraite
- 13. Calendrier de décaissement optimisé 55-75 ans
- 14. 5 cas pratiques chiffrés fil rouge
- 15. Les 10 erreurs qui ruinent votre retraite
- 16. Check-list actionnable par tranche d'âge
- 17. Sources légales et références
1. Pourquoi votre retraite de dirigeant mérite une stratégie dédiée
Préparer sa retraite quand on est dirigeant repose sur 5 enveloppes complémentaires : le PER individuel (jusqu'à 88 911 € de plafond TNS, art. 154 bis CGI), le PER d'entreprise obligatoire (ex-article 83), le PERECO, l'assurance-vie et la holding patrimoniale. Ce guide Hagnéré Patrimoine détaille leur articulation pour les 4 statuts dirigeants (TNS, assimilé salarié, SASU, SARL) avec 5 cas chiffrés et un calendrier de décaissement 55-75 ans conforme LF 2026.
Vous avez bâti votre entreprise. Elle paye vos factures aujourd'hui. Mais qui paiera vos factures dans 15 ans, quand vous aurez rendu les clés ? Cette question, trop de dirigeants se la posent trop tard — à 60 ans, quand la marge de manœuvre est déjà minuscule.
Je suis Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine (ORIAS CIF, COA, COBSP). Depuis 10 ans, j'accompagne des dirigeants de 35 à 65 ans. Ce que je vois tous les jours : un patrimoine professionnel confortable, mais une retraite personnelle sous-préparée. Le décalage est presque systématique.
1.1 Les 3 réalités qu'on ne vous dit pas en rendez-vous annuel
Réalité n°1. La retraite obligatoire d'un dirigeant est ridiculement faible. Un TNS qui s'est versé 80 000 € par an pendant 30 ans touchera entre 1 200 et 1 800 € bruts par mois. Oui, vous avez bien lu. Un taux de remplacement de 25 à 40 %, là où un cadre salarié équivalent en touche 60 à 70 %.
Réalité n°2. « Mon entreprise, c'est ma retraite » est un pari. Un pari sur votre santé à 60 ans, sur le marché M&A dans 10 ans, sur la présence d'un repreneur, sur la valorisation que vous espérez. Sept cessions sur dix mettent plus de 2 ans à se faire, et près d'une sur trois ne se fait jamais au prix espéré.
Réalité n°3. Le millefeuille PER, article 83, PEE-PERECO, assurance-vie, holding, mal articulé, est une fuite d'argent. Chaque enveloppe prise isolément a sa logique. Mal coordonnées, elles se marchent dessus et coûtent cher. Bien articulées, elles créent un effet cliquet fiscal et successoral.
Les 5 points-clés de ce guide
- Votre statut (TNS, assimilé salarié, micro) détermine 80 % de votre retraite future.
- Le PER TNS permet de déduire jusqu'à 88 911 € par an (art. 154 bis CGI).
- L'article 83 / PERO est l'arme secrète du dirigeant assimilé salarié : 8 % de la rémunération déductible du résultat de la société.
- La holding patrimoniale devient rentable au-delà de 200 k€ de résultat annuel et 1 M€ de valorisation.
- La cession d'entreprise (abattement 500 000 €, art. 150-0 D ter prorogé jusqu'en 2031) doit se préparer 2 à 5 ans à l'avance.
Les 6 sigles à retenir avant de commencer
- TMI : votre tranche marginale d'imposition, le taux maximum qui s'applique à vos derniers revenus (11 %, 30 %, 41 % ou 45 %)
- PASS : Plafond Annuel de la Sécurité Sociale, 48 060 € en 2026 — référence pour la plupart des plafonds sociaux et fiscaux
- PER : Plan Épargne Retraite (créé par la loi PACTE 2019). PERIN = individuel, PERO = obligatoire via société, PERECO = collectif
- TNS : Travailleur Non Salarié (gérant majoritaire SARL, indépendant, EURL à l'IR) — cotise à la SSI
- PFU : Prélèvement Forfaitaire Unique, la « flat tax » de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS) sur les revenus financiers
- PS : Prélèvements Sociaux (CSG + CRDS + additionnelles), 17,2 % en 2026
Les autres sigles (BIC, BNC, RFR, CIPAV, DUE, etc.) seront expliqués au fil du texte.
1.2 Ce que vous allez trouver dans ce guide
Pas de théorie floue. Pas de slogans marketing. Du concret, avec des chiffres 2026 vérifiés au centime près, 5 cas pratiques fil rouge (Marc 40 ans, Nathalie 58 ans, Philippe 61 ans, Sophie 55 ans, Thomas 48 ans) qui reviennent à chaque section, et un séquençage opérationnel sur 15 ans. Vous repartez avec un plan, pas avec un slogan.
Ce guide s'articule autour du pilier PER 2026 et complète le guide spécifique PER TNS 2026. Vous trouverez ici l'angle dirigeant global : au-delà du PER, la coordination avec l'article 83, l'assurance-vie, la holding et la cession.
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2. Pourquoi la retraite obligatoire du dirigeant est-elle toujours insuffisante ?
Commençons par le plus désagréable : les chiffres. Parce que tant que vous ne les avez pas regardés en face, vous ne comprendrez pas l'urgence d'une stratégie dédiée.
2.1 Un taux de remplacement entre 25 et 40 % pour le dirigeant TNS
Le taux de remplacement mesure le rapport entre votre dernière pension et votre dernier revenu d'activité. Pour un cadre salarié du privé, il oscille entre 50 et 70 %. Pour un dirigeant TNS, il tombe à 25-40 %. Pour une profession libérale CIPAV (Caisse des architectes, consultants, ostéopathes et autres professions libérales), il peut descendre à 20 %. C'est l'une des raisons pour lesquelles ce guide existe.
Pourquoi cet écart ? D'abord parce que le dirigeant cotise moins (25 % environ contre 28 % pour le salarié). Ensuite parce que la réforme de 2023 a durci les conditions : âge légal à 64 ans (décret n° 2023-751), durée de cotisation portée à 172 trimestres (43 ans). Enfin parce que les dirigeants privilégient souvent les dividendes, qui ne génèrent aucun droit.
| Situation (30 ans) | Dernier revenu | Pension base estimée | Pension complémentaire | Total brut/mois | Taux remplacement |
|---|---|---|---|---|---|
| Cadre salarié (général + Agirc-Arrco) | 120 000 € | 1 740 € | 4 200 € | 5 940 € | 59 % |
| Gérant majoritaire SARL (SSI + RCI) | 120 000 € | 1 680 € | 1 350 € | 3 030 € | 30 % |
| Président SASU (général + Agirc-Arrco) | 120 000 € | 1 740 € | 3 600 € | 5 340 € | 53 % |
| Architecte libéral (CIPAV) | 120 000 € | 1 680 € | 890 € | 2 570 € | 26 % |
| SASU 100 % dividendes | 120 000 € | 0 € | 0 € | ~580 € (ASPA) | 6 % |
Concrètement, pour 120 000 € de revenu sur 30 ans, un architecte libéral CIPAV touchera environ 2 570 € bruts par mois. Un dirigeant SASU qui a tout pris en dividendes : zéro. Le même effort de travail, la même entreprise, trois trajectoires de retraite totalement différentes. Le statut et le mode de rémunération font tout.
Comparatif pensions moyennes nettes 2026 (sources SSI, CNAV, CIPAV, CARMF, CNBF). SSI commerçants : environ 1 150 €/mois. SSI artisans : 1 280 €/mois. Salariés cadres (CNAV + Agirc-Arrco) : 2 580 €/mois. Salariés non-cadres : 1 530 €/mois. CIPAV (libéraux) : 1 100 €/mois. CNBF (avocats) : 1 870 €/mois. CARMF (médecins) : 2 950 €/mois. Lecture : un médecin libéral CARMF touche 2,7 fois plus qu'un commerçant SSI. Le statut compte plus que le revenu d'activité pour la pension obligatoire.
2.2 Le piège SASU « 100 % dividendes »
C'est le scénario catastrophe que je vois le plus en cabinet. Un président de SASU qui, sur les conseils de son expert-comptable ou d'un ami, se verse uniquement des dividendes pour « économiser les charges ». Court terme, c'est fiscalement optimisé. Long terme, c'est une bombe.
Cas Thomas, 48 ans, président SASU conseil IT
Thomas, 48 ans, Annecy. Créé sa SASU en 2018. Sur les 6 dernières années : 720 000 € de dividendes cumulés, 0 € de salaire. Résultat du relevé carrière envoyé par l'Assurance retraite : 2 trimestres validés au total (via un contrat précédent). Thomas s'en aperçoit lors d'un bilan patrimonial. Il lui manque 150 trimestres pour une retraite à taux plein. À 64 ans, s'il ne corrige pas, sa pension sera inférieure à 600 € par mois.
Pour valider 4 trimestres en 2026, il faut cotiser sur au moins 7 212 € de salaire brut annuel (150 × SMIC horaire 12,02 €/h × 4). C'est le seuil plancher. En dessous, vous ne validez aucun trimestre. Et sans trimestre, pas de pension de base, pas de pension Agirc-Arrco, pas de droits.
2.3 La réforme 2023 a reculé l'horizon de 2 ans
La réforme des retraites du 14 avril 2023 a relevé l'âge légal de 62 à 64 ans (génération 1968 et suivantes) et porté la durée de cotisation à 172 trimestres pour le taux plein. Elle a en revanche ouvert de nouveaux droits au cumul emploi-retraite : depuis le 1ᵉʳ septembre 2023, les cotisations versées après liquidation génèrent de nouveaux droits (art. L.161-22-1-1 CSS). Nous y reviendrons en section 13.
Pour un dirigeant qui envisage de céder son entreprise, ce décalage change tout. Les 2 années supplémentaires avant le départ peuvent être mises à profit pour maximiser les versements PER (jusqu'à 88 911 € / an pour un TNS), activer l'apport-cession via holding ou restructurer sa rémunération. C'est une fenêtre à exploiter, pas à subir.
3. TNS ou assimilé salarié : quel statut pour la meilleure retraite ?
Maintenant que vous savez à quoi vous n'échapperez pas, une question se pose : votre statut, vous l'avez choisi ou subi ? Parce que selon que vous êtes gérant majoritaire, président de SASU, micro-entrepreneur ou gérant minoritaire, votre retraite va suivre des trajectoires radicalement différentes.
3.1 Les 4 statuts du dirigeant et leur régime de retraite
Concrètement, selon votre statut, vous êtes dans l'une de ces 4 « files d'attente » retraite. Chacune a sa caisse, ses cotisations, ses plafonds. Voici le comparatif brut :
| Critère | Gérant majoritaire SARL/EURL | Gérant minoritaire SARL | Président SASU / SAS | Micro-entrepreneur |
|---|---|---|---|---|
| Régime social | TNS - SSI | Assimilé salarié - Régime général | Assimilé salarié - Régime général | Micro-social SSI |
| Caisse de retraite | SSI (ex RSI) + RCI | CNAV + Agirc-Arrco | CNAV + Agirc-Arrco | SSI ou CIPAV |
| Cotisations retraite | ~25 % rémunération | ~28 % rémunération + patronal | ~28 % rémunération + patronal | 11,5 à 13,3 % CA |
| Plafond PER max | 88 911 € (TNS) | 37 680 € (salarié) | 37 680 € (salarié) | 4 710 € (plancher) à 88 911 € |
| Art. 83 / PERO accessible | Non (TNS pur) | Oui | Oui | Non |
| PEE / PERECO | Si ≥ 1 salarié | Si ≥ 1 salarié | Si ≥ 1 salarié | Non (sauf conjoint salarié) |
| IFC (Indemnité Fin Carrière) | Non déductible | Déductible | Déductible | Non |
| Dividendes générant cotis. | Oui (>10 % capital) | Non (part salariale) | Non | N/A |
Concrètement, l'assimilé salarié (président SASU, gérant minoritaire SARL) paye plus de cotisations mais capitalise plus de droits Agirc-Arrco. Le TNS paye moins mais accumule moins de points. À salaire net équivalent, l'assimilé salarié a un rapport coût/droits plus favorable sur le long terme, à condition d'utiliser les enveloppes disponibles (art. 83, PERECO).
3.2 La bascule TNS : passez 50 % des parts et tout change
Règle critique : vous basculez en TNS dès que vous détenez plus de 50 % des parts de votre SARL, directement ou indirectement via le cercle familial (conjoint, enfants mineurs, ascendants). C'est l'article L.631-1 CSS combiné à l'article L.223-18 du Code de commerce. Cette bascule entraîne la sortie du régime général et la perte des droits Agirc-Arrco futurs.
Piège fréquent : l'augmentation de capital au conjoint
Vous êtes gérant minoritaire (40 % des parts) de votre SARL, régime assimilé salarié. Votre conjoint détient 25 % des parts. Vous rachetez 15 % à un associé sortant. Vous passez à 55 % à vous seul, mais attention : le total détenu par le cercle familial passe de 65 % à 80 %. Vous êtes basculé en gérance majoritaire SSI, perte immédiate des droits Agirc-Arrco. Anticipez cette bascule en calculant le gain vs le coût retraite.
3.3 Cas pratique : Nathalie, architecte CIPAV, 58 ans
Nathalie, 58 ans, Lyon. Architecte en EURL (BNC), affiliée CIPAV depuis 1995. BNC de 95 000 € par an. Elle a cotisé 30 ans à taux plein. Estimation de sa pension à 64 ans : base CIPAV 800 € + complémentaire 290 € = 1 090 € bruts par mois. Avec un dernier revenu de 95 000 €, taux de remplacement : 14 %.
Diagnostic : la CIPAV est l'un des régimes les moins généreux de France. Nathalie doit impérativement capitaliser ailleurs. Son plafond PER TNS (calculé en section 5) est de 16 541 €. Elle a un Madelin ouvert en 2015 avec 140 k€ dessus. Nous verrons en section 8 comment arbitrer. Pour l'instant, retenez : pour un libéral CIPAV, le PER individuel n'est pas une option, c'est une obligation vitale.
Diagnostic retraite par statut
Combien votre statut vous coûte vraiment en droits retraite ? Comparaison chiffrée TNS, assimilé salarié, micro, et plan de bascule si pertinent.
4. Les 5 enveloppes de retraite du dirigeant : le millefeuille à maîtriser
Maintenant que votre statut est clarifié, passons aux outils. Préparer sa retraite de dirigeant, c'est empiler 5 couches. Chacune a sa logique fiscale, son plafond, sa fiscalité de sortie. Les prendre isolément, c'est laisser de l'argent sur la table. Les articuler, c'est construire un millefeuille qui tient dans la durée.
4.1 Vue panoramique des 5 enveloppes
| Enveloppe | Plafond 2026 | Fiscalité entrée | Fiscalité sortie | Succession | Liquidité |
|---|---|---|---|---|---|
| PER individuel | 88 911 € (TNS) / 37 680 € (salarié) | Déductible IR | Barème IR + PFU gains | 152 500 €/bénef. si < 70 ans | Bloquée jusqu'à retraite |
| Art. 83 / PERO | 8 % rémun. ≤ 8 PASS = 30 758 € | Déductible société + IR | Rente RVTO ou capital | Réversion possible | Bloquée jusqu'à retraite |
| PEE / PERECO | Abondement 3 844 / 7 689 € | Exonéré IR (CSG 9,7 %) | PFU sur gains à 8 ans (PEE) | Abattements classiques | PEE 5 ans, PERECO retraite |
| Assurance-vie | Aucun plafond | Aucune déduction | PFU 7,5/12,8 % après 8 ans | 152 500 €/bénef. art. 990 I | Totale |
| Holding patrim. (cash + titres) | Aucun plafond | IS 15-25 % | PFU 30 % ou rémunération | Dutreil -75 % | Selon actifs |
Concrètement, chaque enveloppe répond à un besoin précis. Le PER pour la déduction fiscale massive pendant la vie active. L'article 83 pour faire payer une partie de l'épargne par la société. Le PERECO pour récupérer l'abondement. L'assurance-vie pour la liquidité et la transmission. La holding pour capitaliser les dividendes et préparer la cession. Les bien articuler, c'est l'objet des sections 5 à 13.
4.2 La règle de priorité CGP : TMI, patrimoine, horizon
Règle simple que je répète à chaque client. Premier rempli : le PER dans la limite de votre TMI (on ne déduit pas à 30 % pour être repris à 45 % à la sortie). Deuxième rempli : l'article 83 / PERO si vous êtes assimilé salarié, parce que c'est déductible côté société ET côté IR. Troisième : PEE / PERECO si vous avez au moins un salarié (conjoint compris). Quatrième : assurance-vie pour l'excédent, la souplesse et la transmission. Cinquième : holding pour capitaliser le résidu et préparer la cession.
Approche « silo » (la mauvaise)
Chaque enveloppe gérée isolément, sans vision globale. Résultat : plafond PER non utilisé, pas d'article 83, assurance-vie sur-alimentée, cash bloqué sur le compte pro. Perte fiscale moyenne constatée : 15 000 € à 30 000 € par an.
Approche « millefeuille coordonné » (la bonne)
Un CGP calcule votre plafond PER annuel, votre capacité art. 83 via société, votre marge PERECO, puis alloue l'excédent en AV et holding. Chaque euro a son enveloppe optimale. Gain fiscal : 20 à 40 % d'économie cumulée sur 10 ans.
Comment ce guide vous guide
Les 5 sections suivantes décortiquent chaque enveloppe une par une. Lisez-les dans l'ordre si vous partez de zéro, ou sautez directement à celle qui vous concerne. La section 14 (cas pratiques fil rouge) reprend l'ensemble et l'incarne dans 5 dirigeants types.
5. PER individuel : quel plafond et quelle stratégie pour le dirigeant ?
Dans le tableau ci-dessus, la première enveloppe s'appelle « PER individuel ». C'est aussi la plus importante. Commençons par elle.
Si vous ne deviez retenir qu'un outil de ce guide, ce serait celui-là. Concrètement : vous versez 10 000 € sur votre PER, vous économisez 4 100 € d'impôt la même année (en tranche 41 %). Cet argent est bloqué jusqu'à votre retraite, mais il capitalise en franchise totale d'impôt. Le texte qui autorise ce mécanisme s'appelle l'article 163 quatervicies du Code général des impôts — mais oubliez le numéro, retenez le principe.
5.1 Plafond salarié vs plafond TNS : la différence qui change tout
Attention : il y a DEUX plafonds de PER, très différents. Un pour les salariés et assimilés (plus petit, jusqu'à 37 680 €). Un pour les TNS (beaucoup plus généreux, jusqu'à 88 911 €). Lequel vous concerne ? Tout dépend de votre statut (cf. section 3). Regardons les deux.
Deux régimes coexistent. Le plafond « salarié » classique, accessible à tous, est de 10 % des revenus professionnels N-1 dans la limite de 8 PASS N-1, soit 37 680 € en 2026 (10 % × 8 × 47 100 € = 37 680 €, PASS N-1 = PASS 2025). Le plafond plancher est de 10 % du PASS N-1 = 4 710 € pour ceux qui n'ont pas de revenus.
Le plafond TNS (art. 154 bis CGI) est très différent et bien plus généreux. Il combine deux tranches : 10 % du bénéfice professionnel (BIC, BNC ou rémunération de gérant TNS) plus 15 % de la tranche de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Au total, le plafond TNS peut monter jusqu'à 88 911 € en 2026 pour les très hauts revenus.
Formule plafond PER TNS 2026 (art. 154 bis CGI)
Plafond TNS = (10 % × bénéfice) + (15 % × [bénéfice − 1 PASS])
sous plafond 8 PASS
Avec bénéfice à 150 000 € et PASS 2026 à 48 060 € :
• Part 1 = 10 % × 150 000 = 15 000 €
• Part 2 = 15 % × (150 000 − 48 060) = 15 % × 101 940 = 15 291 €
• Plafond total = 15 000 + 15 291 = 30 291 €
Plafond maximum (bénéfice ≥ 8 PASS = 384 480 €) :
• Part 1 = 10 % × 384 480 = 38 448 €
• Part 2 = 15 % × (384 480 − 48 060) = 15 % × 336 420 = 50 463 €
• Plafond maximum = 38 448 + 50 463 = 88 911 €Concrètement, un dirigeant TNS à 150 000 € de BNC peut déduire jusqu'à 30 291 € par an. En TMI 41 %, cela représente une économie d'impôt de 12 419 € par an. Rappel : les performances passées ne garantissent pas l'avenir, mais l'économie fiscale, elle, est immédiate et certaine. Consultez le guide dédié plafond PER 2026 pour le détail de calcul par cas.
5.2 Report 3 ans et mutualisation conjoint : ne laissez rien sur la table
Le plafond non utilisé est reportable sur les 3 années suivantes (art. 163 quatervicies CGI). Vérifiez votre avis d'imposition section « Plafonds d'épargne retraite » : vous y trouverez vos plafonds non utilisés disponibles. C'est souvent là que se cachent 10 à 40 k€ de déduction latente.
Autre levier puissant : la mutualisation conjoint. Les époux mariés ou partenaires pacsés peuvent additionner leurs plafonds. Si votre conjoint n'a pas de revenus professionnels, son plafond plancher de 4 710 € s'ajoute à votre plafond perso. Mieux : si vous avez un plafond TNS élevé (88 911 €) et que votre conjoint est salarié avec un petit plafond (5 000 €), vous pouvez verser sur votre PER à concurrence de 93 911 €. La case à cocher est 6QR sur votre déclaration 2042.
Mutualisation conjoint : exemple chiffré couple TNS + collaborateur
Sophie, gérante EURL, BNC 150 000 €. Plafond TNS 2026 ≈ 30 291 €. Marc, conjoint collaborateur statut « assiette totale » : ses cotisations sociales sont calculées sur 100 % du revenu de Sophie, mais son plafond PER plancher est de 4 710 € (10 % PASS N-1 2025). En cochant la case 6QR sur la 2042, Sophie peut verser jusqu'à 30 291 + 4 710 = 35 001 € sur SON propre PER en utilisant le plafond de Marc (art. 163 quatervicies I. 2°). Économie IR additionnelle TMI 41 % : 1 931 €/an. Sur 10 ans : 19 310 € d'économie IR plus la capitalisation. Règle d'or : ne jamais laisser dormir le plafond du conjoint sans revenus.
5.3 Option non-déduction : quand refuser la déduction est stratégique
Le PER (art. L.224-20 CMF) permet de renoncer à la déduction à l'entrée. Pourquoi ? Parce qu'à la sortie, les versements non déduits ne sont pas taxés (seuls les gains le sont). Cette option est intéressante si votre TMI actuelle est basse (11 % ou 0 %) : vous cassez votre avantage fiscal d'entrée pour gagner à la sortie. À l'inverse, en TMI 41-45 %, déduire est presque toujours optimal.
Cas Nathalie — calcul plafond PER TNS BNC 95 000 €
Nathalie, architecte CIPAV, BNC 95 000 € en 2025. Plafond PER 2026 :
• Part 1 : 10 % × 95 000 = 9 500 €
• Part 2 : 15 % × (95 000 − 48 060) = 15 % × 46 940 = 7 041 €
• Plafond total = 16 541 €
En TMI 41 %, l'économie d'impôt est de 6 782 €. Si Nathalie n'a pas versé sur son PER les 3 dernières années, elle peut cumuler jusqu'à 4 × 16 541 = 66 164 € la même année (report 3 ans + année courante), soit 27 127 € d'économie d'impôt maximale.
5.4 Sortie du PER : capital fractionné vs rente
À la retraite, vous avez trois options : sortie en capital (100 % d'un coup), en capital fractionné (sur plusieurs années), ou en rente viagère. Pour 80 % des dirigeants que j'accompagne, la réponse est : capital fractionné sur 3 à 5 ans. Pourquoi ? Parce que cela permet de piloter votre TMI année par année et d'éviter la rente qui bloque le capital à vie.
| Mode de sortie | Fiscalité versements déduits | Fiscalité gains | Avantage |
|---|---|---|---|
| Capital en une fois | Barème IR (tranche supérieure) | PFU 30 % | Simple mais TMI potentiellement élevée |
| Capital fractionné 3-5 ans | Barème IR lissé | PFU 30 % chaque année | Pilotage TMI, recommandé |
| Rente viagère RVTO | Régime pensions (10 % abattement) | Inclus dans la rente | Sécurité à vie, non-transmissible |
| Mix capital + rente | Selon ventilation | Selon ventilation | Flexibilité maximale |
Concrètement, la rente du PER relève du régime des pensions avec abattement 10 % (RVTO — rente viagère à titre onéreux n'est pas la règle ici, contrairement à une idée reçue). C'est un point technique important : en section « sortie en rente », les versements déduits sortent au régime pensions, pas RVTO. Consultez notre guide dédié sortie PER capital ou rente.
La règle du « raclage TMI » : quand arrêter de verser au PER
Concrètement : dirigeant TMI 41 % avec 60 000 € imposables au-delà du seuil 11 % et 28 000 € au-delà du seuil 30 %. Verser sur le PER uniquement le montant qui ramène le revenu sous le seuil 30 % (28 000 €) optimise le couple entrée/sortie. Au-delà, chaque euro déduit à 41 % a une probabilité élevée d'être taxé à 30 % à la sortie (gain net 11 %). Mieux vaut alors basculer en AV (gain capitalisation pure, 0 % à l'entrée, 7,5 % à la sortie après 8 ans) ou en holding (1,25 % d'IS effectif sur dividendes mère-fille). C'est la méthode CGP du cabinet : ne pas sur-alimenter un PER qui perdra son avantage fiscal à la sortie.
Simulation PER dirigeant personnalisée
Calcul de votre plafond TNS/salarié 2026, report des 3 années précédentes, économie d'impôt projetée, allocation du PER. Livrable PDF sous 72 h.
6. L'article 83 / PERO : la pépite oubliée du dirigeant assimilé salarié
Voici l'outil dont presque personne ne parle. Et c'est pourtant, pour un président de SASU ou un gérant minoritaire de SARL, le deuxième levier le plus puissant après le PER individuel. L'article 83 — nom familier du PER obligatoire (PERO) depuis la loi PACTE du 22 mai 2019 — permet à votre société de cotiser pour votre retraite, en déduisant ces sommes de son résultat fiscal.
6.1 De l'article 83 au PERO : la mécanique
« Article 83 », c'est le nom de code d'un dispositif très simple : votre société paie des cotisations retraite pour vous, ces sommes réduisent à la fois son impôt sur les sociétés ET votre impôt sur le revenu. Double économie fiscale, sans sortir d'euro de votre poche personnelle. Depuis la loi PACTE de 2019, ces contrats s'appellent officiellement PERO (PER Obligatoire), mais tout le monde continue de dire « article 83 ». Les anciens contrats et les nouveaux suivent les mêmes règles.
Le plafond de déduction est fixé à 8 % de la rémunération brute annuelle, dans la limite de 8 PASS (art. 83 2° CGI), soit un maximum de 30 758 € de cotisations déductibles en 2026 (8 % × 384 480 €). Ce plafond est à partager avec les éventuels abondements PERECO de l'employeur — pensez à vérifier avec votre expert-comptable.
Plafond art. 83 / PERO 2026
Plafond PERO = min(8 % × rémunération brute ; 8 % × 8 PASS)
− abondements PERECO de l'année
Exemple dirigeant assimilé salarié à 120 000 € de rémunération brute :
• Plafond brut = 8 % × 120 000 = 9 600 € / an
• Si aucun abondement PERECO : 9 600 € déductibles
• En TMI 41 % : économie IR = 3 936 € / an
• Côté société : 9 600 € en charges, économie IS = 2 400 € (IS 25 %)
• Gain fiscal cumulé = 6 336 € sur 9 600 € versés, soit 66 %Concrètement, pour un dirigeant à 120 000 € de brut annuel, mettre en place un PERO représente 9 600 € versés par la société. Mais seulement environ 3 264 € de « coût réel » une fois les économies d'IS et d'IR déduites. Autrement dit : 66 % de cet argent est financé par la fiscalité, 34 % vient vraiment de vous.
6.2 L'angle peu connu : la DUE « cadres dirigeants »
Voici le levier que beaucoup d'experts-comptables oublient. Un dirigeant assimilé salarié (président de SASU, gérant minoritaire de SARL) peut mettre en place un PERO uniquement pour lui, même sans autre salarié. Comment ? En créant une catégorie objective de personnel (« cadres dirigeants » au sens de l'art. L.3111-2 C. trav.) via une décision unilatérale de l'employeur (DUE), fondée sur l'article L.911-1 CSS.
Pourquoi la DUE « cadres dirigeants » change tout
Avec une DUE correctement rédigée, vous vous auto-affiliez au PERO en tant que seul membre de la catégorie objective « cadres dirigeants ». Résultat : les cotisations versées par la société (employeur) sont déductibles du résultat fiscal, exonérées de cotisations de sécurité sociale dans la double limite de 5 % du PASS et de 5 % de la rémunération limitée à 5 PASS (art. D.242-1 CSS). CSG/CRDS dues après abattement de 1,75 %. Elles créent un capital retraite à votre nom, avec un effet double levier IS + IR que beaucoup de dirigeants SASU n'exploitent pas.
Attention : pour que la DUE tienne la route en cas de contrôle URSSAF, elle doit définir une catégorie objective (Circ. DSS 30/01/2009, CE 29/09/2023 n° 471235). Les catégories validées par le juge incluent « cadres au sens de la convention AGIRC de 1947 » (obsolète mais reconnue), « cadres dirigeants », ou une définition basée sur les « cadres relevant des articles 2.1 et 2.2 de l'ANI du 17 novembre 2017 ». Faites-vous accompagner : une DUE mal rédigée entraîne redressement URSSAF + perte de la déductibilité.
6.3 PER individuel vs PERO : le match
| Critère | PER individuel | PERO (art. 83) |
|---|---|---|
| Qui verse ? | Dirigeant (à titre perso) | Société (employeur) |
| Déduction IR (perso) | Oui (art. 163 quatervicies) | Oui (art. 83 2° CGI) |
| Déduction IS (société) | Non | Oui (charges d'exploitation) |
| Plafond 2026 | 10 % rémun. ≤ 37 680 € | 8 % rémun. ≤ 30 758 € |
| Charges sociales | Oui sur rémunération qui finance | Exonéré (sauf CSG/CRDS 9,7 %) |
| Sortie capital RP (art. L.224-4) | Oui | Non pour cotis. obligatoires (C3) |
| Sortie retraite | Capital / rente / mix | Capital / rente / mix |
| Flexibilité versements | Libre | Définie par le contrat (fixe) |
Concrètement, les deux sont complémentaires. Le PERO prend le relais quand le plafond PER individuel est saturé. Et surtout, il fait financer votre retraite par votre société, pas par votre rémunération nette. C'est l'un des rares outils qui permet de transformer du résultat fiscal en capital retraite avec un effet fiscal double.
6.4 Piège du C3 : le compartiment « cotisations obligatoires » bloqué pour la RP
Point technique mais crucial. Un PER a 3 compartiments : C1 (versements volontaires individuels), C2 (épargne salariale type PERECO), C3 (cotisations obligatoires type PERO / art. 83). Seuls les C1 et C2 sont débloquables pour achat de résidence principale (art. L.224-4 CMF). Le C3 reste bloqué jusqu'à la retraite, quelles que soient les circonstances (sauf décès, invalidité, etc.). Rapport Médiateur AMF 2024 : confirme cette lecture stricte.
6.5 Transférer un article 83 historique vers un PER individuel
Vous avez un article 83 d'un ancien employeur ? Vous pouvez le transférer vers un PER individuel (art. L.224-6 CMF). Avantage : centraliser l'épargne, gagner en unités de compte disponibles, ouvrir la sortie en capital pour les versements qui le permettent. Frais de transfert plafonnés à 1 % par le décret n° 2024-682 du 4 juillet 2024 si contrat détenu depuis moins de 10 ans, gratuits au-delà. Voir notre guide transférer PERP / Madelin / article 83 vers PER.
Cas Marc, président SASU, 40 ans, 120 k€ brut
Marc, Chambéry, président de sa SASU de conseil depuis 8 ans. 120 000 € de rémunération brute, TMI 41 %. Il met en place un PERO via DUE « cadres dirigeants » : cotisations 8 % = 9 600 €/an versés par la société. Économie IS 25 % = 2 400 €, économie IR côté perso = 3 936 €, soit 6 336 € de gain fiscal sur 9 600 €. Sur 20 ans, en capitalisant à 5 % : 317 000 € de capital retraite dont environ 150 000 € sortent en capital à 64 ans.
6.6 La retraite chapeau article 39 : l'arme premium des dirigeants 1-5 M€
L'article 39 du CGI permet à une société de cotiser sur un contrat de retraite supplémentaire à prestations définies au profit d'une catégorie objective de personnel, dont le dirigeant assimilé salarié peut faire partie. Deux variantes coexistent. Le « 39bis » à droits acquis, transposable PER depuis l'ordonnance 2019-697, permet de constituer un capital portable. Le « 39 à droits aléatoires » (en extinction depuis 2019) subordonnait les droits à la présence dans l'entreprise au moment du départ.
Concrètement, pour un dirigeant rémunéré 200 000 € brut par an, une cotisation patronale « 39bis » de 12 000 €/an pendant 10 ans peut générer un capital supplémentaire d'environ 150 000 € à la retraite, intégralement financé par la société sans impact sur la rémunération nette. Fiscalement : déductible IS, exonéré de charges sociales hors CSG/CRDS, avec une contribution employeur spécifique de 24 % (contribution PASS) à anticiper. Combiné au PERO 8 %, on monte à 20 % de la rémunération brute capitalisée fiscalement par la société. Ce dispositif est pertinent au-dessus de 150 000 € de rémunération brute (les charges fixes du contrat le rendent peu rentable en dessous).
IFC dirigeant : une nuance à connaître
Les indemnités de fin de carrière (IFC) légales sont exclusivement réservées aux salariés. La Cour de cassation (Cass. soc. 15 mai 2014 n° 13-12.395) a confirmé que les mandataires sociaux, même assimilés, ne peuvent pas s'octroyer une IFC déductible. En revanche, un dirigeant peut mettre en place un contrat IFC au profit de la catégorie « salariés cadres » de son entreprise : la provision est déductible de l'IS et réduit donc le résultat fiscal (sans bénéfice direct pour le dirigeant lui-même).
7. PERECO et PEE : l'abondement jusqu'à 7 689 € par an et par bénéficiaire
Maintenant que votre PER individuel est calibré et que votre PERO tourne, il reste une couche souvent oubliée : l'épargne salariale. Pour un dirigeant avec au moins un salarié (le conjoint compte), le PEE (Plan Épargne Entreprise) et le PERECO (PER collectif) sont deux outils à connaître absolument.
7.1 L'abondement : de l'argent gratuit, défiscalisé
La société peut abonder le versement du dirigeant et des salariés, dans la limite de :
- PEE : 8 % du PASS = 3 844,80 € par bénéficiaire et par an (art. L.3332-11 C. trav.)
- PERECO : 16 % du PASS = 7 689,60 € par bénéficiaire et par an (art. L.3334-6 C. trav.)
- Total cumulable PEE + PERECO : jusqu'à 11 534,40 € par an et par bénéficiaire
L'abondement est déductible du résultat fiscal de la société, exonéré de cotisations sociales patronales (hors CSG/CRDS) et, pour le bénéficiaire, exonéré d'impôt sur le revenu (seulement CSG/CRDS 9,7 %). C'est un outil d'une efficacité redoutable, sous-utilisé par les dirigeants de TPE/PME.
7.2 Forfait social : 0 %, 16 % ou 20 % selon votre taille
Le forfait social (art. L.137-15 et L.137-16 CSS) est une contribution patronale qui vient s'ajouter au coût de l'abondement. Trois taux :
| Situation société | Forfait social abondement PEE | Forfait social PERECO fléché | Forfait social PERECO droit commun |
|---|---|---|---|
| Moins de 50 salariés | 0 % | 0 % | 0 % |
| 50 à 249 salariés (accord) | 0 % | 16 % | 20 % |
| 250+ salariés (sans accord) | 20 % | 16 % | 20 % |
Concrètement, pour la plupart des dirigeants de TPE/PME (moins de 50 salariés), le forfait social est à 0 %. L'abondement est donc quasi-gratuit côté société : vous versez 7 689 € au dirigeant, vous économisez 1 922 € d'IS (à 25 %), coût net réel 5 767 €. C'est l'outil le plus rentable de toute la panoplie patrimoniale.
7.3 Condition d'accès : avoir au moins un salarié (ou son conjoint)
Règle de base : pour ouvrir un PEE ou un PERECO, il faut au moins un salarié en plus du dirigeant (art. L.3332-2 C. trav.). Un président de SASU seul ne peut donc pas en bénéficier. Solution : salarier le conjoint ou partenaire PACS à temps partiel (1 heure par semaine déclarée suffit). Cela coûte environ 300 €/an en charges patronales pour un ouvrir le droit à 11 534 € d'abondement annuel. Le retour sur investissement est évident.
Cas spécial : associé minoritaire non dirigeant
Un associé non dirigeant d'une SARL/SAS (exemple : conjoint actionnaire à 30 % sans mandat) qui exerce une activité salariée dans la société est automatiquement éligible au PEE/PERECO au titre de salarié. Variante puissante pour les couples où l'un dirige et l'autre est salarié associé : chaque conjoint peut percevoir l'abondement plein (jusqu'à 7 689 € chacun en PERECO, soit 15 378 €/an dans le foyer), en plus du PERO du dirigeant. Sur 15 ans à 4 % de capitalisation : environ 400 000 € de capital retraite couple uniquement via épargne salariale, intégralement financé par la société et exonéré d'IR.
Accord d'intéressement holding : l'astuce avancée. Une holding qui emploie au moins un salarié non dirigeant (même conjoint collaborateur basculé en salarié à temps partiel) peut signer un accord d'intéressement basé sur les résultats consolidés holding + filiales (art. L.3312-2 C. trav.). L'intéressement versé est exonéré de cotisations sociales, déductible de l'IS de la holding, et placé sur PEE/PERECO il bénéficie de l'abondement société.
Astuce avancée : le « surabondement » investissement titres
Si vos salariés (ou votre conjoint salarié) acquièrent des actions de votre société dans le PEE, l'abondement PEE peut monter à 14 % du PASS = 6 727 € (majoration de 75 % du plafond standard), art. L.3332-11 C. trav. Combiné au PERECO à 7 689 €, le total par bénéficiaire passe à 14 416 €/an. Rare mais puissant dans le cadre d'une cession interne ou d'une transmission familiale progressive.
Pour le détail de mise en place, tarification et comparatif des offres, consultez notre guide dédié PER collectif (PERECO) 2026.
7.4 PEE vs PERECO : le bon outil au bon moment
| Critère | PEE | PERECO |
|---|---|---|
| Abondement max (PASS) | 8 % = 3 845 € | 16 % = 7 690 € |
| Déblocage | 5 ans (sauf cas) + cas déblocage | Retraite (sauf cas) |
| Déblocage achat RP | Oui | Oui (sauf C3) |
| Fiscalité gains sortie | PFU 17,2 % (PS uniquement) | PFU 30 % |
| Déductible IR versements | Non (mais intéressement oui) | Oui si versement volontaire |
| Usage privilégié | Épargne moyen terme (5-10 ans) | Retraite long terme |
Concrètement, le PEE est excellent pour l'épargne à moyen terme (5 ans) avec une fiscalité adoucie. Le PERECO est l'outil retraite pur. Les deux se cumulent, et l'abondement est exonéré d'IR. Pour un dirigeant de TPE avec conjoint salarié, cumuler les deux permet de loger jusqu'à 23 000 € d'abondement annuel dans le foyer (11 534 € × 2).
8. Madelin historique : transférer vers PER ? La décision en 7 critères
Dernier sujet « enveloppes retraite » avant d'attaquer l'assurance-vie : si vous êtes installé depuis longtemps, vous avez peut-être un vieux contrat Madelin qui dort. Faut-il le garder, ou le transformer en PER moderne ?
Vous avez un contrat Madelin ouvert avant le 1ᵉʳ octobre 2020 ? Vous êtes loin d'être seul. Depuis la loi PACTE, plus aucun nouveau Madelin ne peut être souscrit, mais les 2,5 millions de contrats existants peuvent être conservés ou transférés vers un PER. La question qui vous taraude : faut-il transférer, ou garder ?
8.1 Les 7 critères de la décision
| Critère | Favoriser Madelin | Favoriser transfert PER |
|---|---|---|
| Antériorité fiscale | Préservée dans les 2 cas | Conservée au transfert |
| Frais de transfert | Si élevés : rester | Plafonnés à 1 % depuis décret 2024 |
| Table de mortalité garantie | Contrats avant 2013 = avantage | Tables actuelles défavorables |
| Sortie en capital | Impossible (rente uniquement) | Oui jusqu'à 100 % |
| Déblocage achat RP | Non | Oui (sauf C3) |
| Unités de compte | Limitées aux anciens contrats | Modernes, ETF, ISR, SCPI |
| Gestion libre / pilotée | Souvent limitée | Totale flexibilité |
Concrètement, la décision penche souvent pour le transfert dans 3 cas : (1) vous voulez sortir en capital plutôt qu'en rente, (2) vous avez un projet d'achat de résidence principale dans les 10 ans, (3) votre Madelin actuel a des frais annuels élevés (1,5 % + et plus) ou des UC limitées. À l'inverse, gardez votre Madelin si son contrat est antérieur à 2013 et garantit une table de mortalité favorable (TGH 05 ou antérieure).
8.2 La sortie en capital : le différenciateur clé
C'est LE grand avantage du PER sur le Madelin. Avec un contrat Madelin, vous êtes contraint à la sortie en rente viagère obligatoire. Votre capital disparaît à votre décès (sauf option réversion). Avec un PER, vous pouvez sortir 100 % en capital, fractionné, transmissible à vos héritiers. Pour un dirigeant qui veut conserver la maîtrise de son épargne, c'est souvent décisif.
Cas Nathalie — Madelin 140 k€ transféré vers PER
Nathalie, architecte CIPAV, 58 ans. Madelin ouvert en 2015, capital actuel 140 000 €, frais 1,2 % / an, UC limitées. Sortie prévue en rente à 64 ans : ~4 200 €/an (soit 350 €/mois) non transmissible. Après transfert vers un PER moderne (frais 0,6 %, plus de 200 UC ETF/SCPI), capital projeté à 64 ans : 168 000 €. Sortie possible en capital fractionné sur 5 ans, avec transmission des reliquats aux enfants via clause bénéficiaire. Gain estimé : 28 000 € sur 6 ans + souplesse de sortie.
8.3 Les frais de transfert plafonnés depuis 2024
Le décret n° 2024-682 du 4 juillet 2024 (complété par le décret du 24 octobre 2024 sur les PER) plafonne les frais de transfert à 1 % des encours si le contrat est détenu depuis moins de 10 ans, et à 0 € au-delà de 10 ans. C'est une excellente nouvelle : auparavant, certains contrats facturaient 3 à 5 % de frais de sortie, ce qui rendait le transfert économiquement défavorable.
8.4 Décision « garder / transférer » en 3 étapes
- Demander à votre assureur Madelin : la table de mortalité (TGH 05 ou postérieure), les frais annuels, les UC disponibles, les frais de sortie réels.
- Obtenir un devis PER concurrent : frais d'entrée (0 % chez les meilleurs), frais annuels (0,5 à 0,8 %), nombre et qualité des UC.
- Faire la simulation comparée à 10 ans : capital projeté Madelin vs PER, écart de frais cumulé, valeur de la flexibilité sortie capital.
Notre guide complet transférer PERP / Madelin vers PER détaille la procédure et les modèles de lettre.
9. Quelle place pour l'assurance-vie dans la retraite du dirigeant ?
Le Madelin couvert, il reste à traiter l'excédent d'épargne — celui qui dépasse vos plafonds PER et vos capacités PERO. C'est là qu'intervient l'assurance-vie.
Maintenant que le PER est plafonné, que faire de l'excédent d'épargne ? L'assurance-vie est le complément naturel. Là où le PER excelle en défiscalisation d'entrée, l'AV excelle en liquidité totale, fiscalité adoucie après 8 ans et transmission hors succession. C'est le couteau suisse patrimonial du dirigeant.
9.1 Aucun plafond de versement, liquidité totale
Contrairement au PER (plafonné) ou au PEE (plafond abondement), l'assurance-vie n'a aucun plafond de versement. Vous pouvez y loger 100 000 €, 500 000 € ou 5 millions d'euros, selon votre capacité. L'argent reste disponible à tout moment : rachat total, rachat partiel, avance (prêt adossé au contrat). C'est le seul « PER » sans blocage.
9.2 Fiscalité IR : l'abattement annuel après 8 ans
Après 8 ans de détention du contrat, vos rachats bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) sur la part d'intérêts (art. 125-0 A CGI). Au-delà, les gains sont taxés à 7,5 % sur les versements « anciens » (avant le 27/09/2017) jusqu'à 150 000 €, et à 12,8 % (PFU) au-delà.
| Durée / versements | Fiscalité IR gains | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Moins de 8 ans, PFU | 12,8 % | 17,2 % |
| Moins de 8 ans, barème IR | TMI (sur option) | 17,2 % |
| 8 ans +, versements avant 27/09/2017 | 7,5 % | 17,2 % |
| 8 ans +, versements après 27/09/2017, ≤ 150 k€ encours | 7,5 % (PFL) | 17,2 % |
| 8 ans +, versements après 27/09/2017, > 150 k€ encours | 12,8 % (PFU) | 17,2 % |
| Après abattement 4 600 / 9 200 € | Exonéré | 17,2 % |
Concrètement, un couple qui détient son AV depuis plus de 8 ans peut programmer chaque année des rachats générant jusqu'à 9 200 € d'intérêts exonérés d'IR (hors PS). Sur 20 ans à la retraite, cela représente 184 000 € d'intérêts défiscalisés. C'est le complément idéal du PER en phase de décaissement.
9.3 Succession : 152 500 € par bénéficiaire (avant 70 ans)
C'est l'autre grande force de l'AV. Les versements effectués avant vos 70 ans bénéficient à votre décès d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire désigné dans la clause bénéficiaire (art. 990 I CGI), puis d'un taux réduit de 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Chaque enfant peut donc recevoir 152 500 € net d'impôt, en plus de l'abattement successoral classique de 100 000 €.
Les versements après 70 ans relèvent d'un régime différent (art. 757 B CGI) : abattement global de 30 500 € sur les primes versées, puis droits de succession selon le lien de parenté. Les intérêts générés restent totalement exonérés. Stratégie : maximiser les versements avant 70 ans, mais ne pas abandonner l'AV après 70 ans car les intérêts post-70 ans échappent aux droits.
Les 3 rôles de l'AV dans la retraite du dirigeant
- Poche de liquidité : réserve disponible à tout moment pour saisir une opportunité (immobilier, dividendes exceptionnels, rachat parts).
- Complément de revenus retraite : rachats programmés exploitant l'abattement 4 600 / 9 200 € annuel.
- Outil de transmission : 152 500 € par bénéficiaire hors succession, multipliable par le nombre d'enfants et de petits-enfants.
9.4 L'assurance-vie luxembourgeoise pour les patrimoines supérieurs à 1 M€
Pour un dirigeant dont le patrimoine financier dépasse 1 M€, l'AV luxembourgeoise apporte 3 avantages majeurs : (1) le triangle de sécurité, qui isole vos actifs de la faillite éventuelle de l'assureur (super-privilège), (2) l'accès à des fonds internes dédiés (FID) ou collectifs (FAS) pour une allocation sur mesure avec ETF internationaux, private equity et immobilier coté, (3) la neutralité fiscale : le Luxembourg n'impose pas, c'est votre fiscalité de résidence qui s'applique. Utile en cas d'expatriation future.
Consultez notre guide assurance-vie 2026 et le comparatif PER ou assurance-vie.
9.5 Articulation PER + AV : la règle des vases communicants
Règle CGP que j'applique à 99 % de mes clients dirigeants : remplissez d'abord votre PER dans la limite de votre TMI (si TMI 41 %, versez ce qui vous fait économiser 41 % d'impôt), puis basculez l'excédent en assurance-vie. Le PER capitalise défiscalisé mais bloqué. L'AV capitalise sans défiscalisation mais liquide. Les deux se complètent parfaitement pour construire à la fois l'arme fiscale et la souplesse.
9.6 PER vs AV au décès du dirigeant : la comparaison qui change tout
Voici l'angle que 95 % des guides concurrents oublient. Le PER en cas de décès avant 70 ans du titulaire relève de l'article 990 I (152 500 € d'abattement par bénéficiaire, comme l'AV). Mais après 70 ans, il bascule dans l'article 757 B avec une différence majeure : le calcul se fait sur la valeur de rachat à la date du décès, pas sur les primes versées comme l'AV. Autrement dit, les intérêts capitalisés pendant des années entrent dans l'assiette taxable.
Cas Philippe — l'écart qui fait 280 000 €
Philippe, 70 ans, détient 800 000 € de PER non liquidé et décède à 72 ans, laissant 2 enfants. Application art. 757 B : (800 000 − 30 500) = 769 500 € soumis aux droits de succession, soit environ 320 000 € de droits au barème ligne directe. S'il avait liquidé son PER à 68 ans en capital fractionné et basculé les sommes nettes en AV, les deux enfants auraient bénéficié chacun de l'abattement 152 500 € (305 000 € exonérés au total) plus 0 € de droits sur les intérêts générés après 70 ans. Économie successorale potentielle : environ 280 000 €. La règle d'or : ne jamais laisser un PER non liquidé après 70 ans sans une raison stratégique explicite.
10. La holding patrimoniale : le levier décisif au-delà de 200 k€ de résultat
Jusqu'ici nous avons parlé d'enveloppes individuelles. Montons d'un étage. Si votre société génère plus de 200 000 € de résultat annuel, la holding patrimoniale change toute la donne.
Question que je reçois quasi chaque semaine : « À partir de quand devient-il pertinent de monter une holding ? » Ma réponse : quand votre société opérationnelle fait plus de 200 000 € de résultat net annuel, ou quand sa valorisation dépasse 1 M€. En dessous, la complexité n'est pas justifiée. Au-dessus, c'est un game changer pour la retraite.
10.1 Le régime mère-fille : IS effectif 1,25 %
Imaginez un étage au-dessus de votre société opérationnelle. Cet étage, c'est la holding. Elle détient les parts de votre société et reçoit ses dividendes. Grâce au « régime mère-fille », ces dividendes remontent presque sans impôt : 95 % sont exonérés, 5 % sont taxés à l'IS de 25 %. Au final : 1,25 % d'impôt total, contre 30 % si vous vous étiez versé ces dividendes directement. Sur 100 000 € de dividendes, vous économisez 28 750 € qui capitalisent au lieu de partir en fiscalité. Conditions techniques : détenir au moins 5 % du capital de la filiale et conserver les titres 2 ans minimum (articles 145 et 216 du CGI).
Calcul IS effectif régime mère-fille 2026
Dividendes remontés de la filiale à la holding : 100 000 € • Part exonérée (95 %) = 95 000 € • Part imposable (QPFC 5 %) = 5 000 € • IS sur 5 000 € (taux 25 %) = 1 250 € → IS effectif = 1 250 € / 100 000 € = 1,25 % Comparaison : sans holding, dividendes en direct au dirigeant • PFU 30 % = 30 000 € d'impôt + PS sur 100 000 € • Ou barème IR si favorable (rarement le cas pour dirigeant en TMI 41-45 %) → Écart : 28 750 € / an capitalisés dans la holding au lieu d'être consommés
Concrètement, la holding permet de faire remonter les dividendes de votre société opérationnelle sans « frottement » fiscal majeur, puis de les capitaliser au sein de la holding. À 1,25 % d'IS effectif, vous construisez un capital qui travaille presque entièrement, contre 30 % de perte immédiate en distribution directe. Sur 10 ans, l'écart devient colossal.
10.2 L'OBO (Owner Buy-Out) : racheter sa propre société avec effet de levier
L'OBO est un montage avancé mais puissant : vous créez une holding qui emprunte auprès d'une banque, et qui rachète vos propres titres. Effets : (1) vous sortez du cash immédiatement à titre personnel (plus-value taxée mais avec abattement potentiel 500 000 €), (2) la holding rembourse le prêt grâce aux dividendes remontés en régime mère-fille (donc quasi non taxés), (3) vous restez dirigeant opérationnel et vous récupérez votre outil de travail à la fin du remboursement.
C'est un outil typiquement utilisé à 55-60 ans pour monétiser une partie de l'outil professionnel sans vendre à un tiers. Plus de détails dans notre guide OBO Owner Buy-Out.
10.3 L'apport-cession 150-0 B ter : le schéma n°1 de pré-cession
Si vous envisagez de vendre votre société dans les 1 à 3 ans, le schéma apport-cession encadré par l'article 150-0 B ter CGI est souvent incontournable. Principe : vous apportez vos titres à une holding que vous contrôlez avant la cession. La plus-value est mise en report d'imposition, pas d'impôt immédiat. La holding cède ensuite les titres au repreneur.
La règle des 70 % / 24 mois (LF 2026)
Si la holding cède les titres dans les 3 ans suivant l'apport, elle doit réinvestir au moins 70 % du produit de cession dans une activité économique (PME, fonds de private equity éligibles, immobilier d'entreprise en activité), sous 24 mois. Avant la LF 2026, le seuil était de 60 % : il a été durci à 70 %. Au-delà de 3 ans entre apport et cession, le report d'imposition est définitivement acquis sans obligation de réinvestissement.
Pour le détail de mise en œuvre, consultez notre guide apport-cession 150-0 B ter.
10.4 PERO dans la holding : le « double étage »
Un montage peu connu : si vous êtes dirigeant assimilé salarié rémunéré par la holding animatrice, vous pouvez mettre en place un PERO au niveau de la holding. Les cotisations 8 % sont déductibles du résultat de la holding, qui remonte ses dividendes en mère-fille depuis la filiale opérationnelle. Effet : vous financez votre retraite avec des dividendes taxés à 1,25 % au lieu de 30 %.
PERO holding : les 4 conditions URSSAF à respecter
Pour qu'un PERO mis en place dans une holding au profit du seul dirigeant (président de SAS holding assimilé salarié) tienne en cas de contrôle URSSAF, 4 conditions doivent être remplies simultanément :
- La holding doit être animatrice au sens fiscal (prestations stratégie, direction, finance facturées aux filiales)
- La DUE doit définir une catégorie objective valide (typiquement « cadres dirigeants au sens de l'article L.3111-2 du Code du travail »)
- Le dirigeant doit être effectivement rémunéré par la holding (sans salaire, pas de PERO possible)
- Le contrat doit être souscrit auprès d'un organisme habilité, avec versement à caractère collectif et obligatoire pour la catégorie
Pour une holding remontant 200 000 € de dividendes mère-fille avec un dirigeant rémunéré 80 000 €, cela représente 6 400 €/an de cotisations PERO — soit 6 400 € de capital retraite financés à 1,25 % d'IS effectif au lieu de 30 % de PFU.
10.5 Holding animatrice + Dutreil : la transmission optimisée
Si votre holding est animatrice (elle participe activement à la gestion de ses filiales : au minimum prestations de services, direction, stratégie), elle devient éligible au pacte Dutreil (art. 787 B CGI) : abattement de 75 % sur la valeur des titres en cas de donation ou succession, sous engagement collectif puis individuel de conservation. Consultez notre guide dédié pacte Dutreil 2026.
Cas Philippe, 61 ans, cession PME dans 4 ans
Philippe, 61 ans, Dijon, gérant majoritaire d'une PME industrielle valorisée 2,4 M€. Cession prévue à 65 ans. Schéma : création d'une holding en 2026, apport des titres de la PME (art. 150-0 B ter), cession en 2030. Réinvestissement 70 % (soit 1,68 M€) dans 2 SCPI d'entreprise + 1 club deal industriel. Résultat : report intégral de la plus-value de 2,2 M€ (soit 660 k€ d'impôt différé à 30 %), capitalisation dans la holding à 1,25 % d'IS, préparation d'une transmission Dutreil à terme. Économie fiscale nette sur 15 ans : estimation 580 k€.
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11. Rémunération vs dividendes : l'angle retraite (pas seulement fiscal)
Avant de parler cession, revenons à une question annuelle qui conditionne tout : comment vous rémunérez-vous ?
Chaque année, à l'approche de la clôture, la même question revient : combien en salaire, combien en dividendes ? La plupart des experts-comptables vous répondent en regardant le coût fiscal immédiat. Moi je vous demande : et dans 20 ans, à 65 ans, avec quel taux de remplacement ? L'angle retraite change profondément l'équation.
11.1 Le piège « 100 % dividendes »
Rappel section 2 : en SASU, les dividendes ne génèrent ni trimestres, ni points Agirc-Arrco. En SARL majoritaire, les dividendes au-delà de 10 % du capital social + primes sont certes assujettis aux cotisations sociales, mais ils ne génèrent pas les mêmes droits qu'un salaire. L'arbitrage « tout dividendes » est un confort fiscal immédiat qui coûte cher à l'horizon retraite.
11.2 Le salaire pivot : le minimum pour valider 4 trimestres
Pour valider 4 trimestres dans l'année, il faut cotiser sur un revenu annuel au moins égal à 150 × SMIC horaire brut. En 2026, avec le SMIC à 12,02 €/h, cela représente 7 212 € brut annuel (1 803 € par trimestre × 4). C'est le plancher absolu pour ne pas tomber dans le trou.
Mais ce plancher ne suffit pas pour avoir une complémentaire correcte. Je recommande un salaire pivot de 15 000 à 25 000 € brut minimum pour un dirigeant assimilé salarié, afin de cotiser dignement à l'Agirc-Arrco tranche 1. Au-delà, chaque euro supplémentaire de salaire crée des points.
11.3 Trois scénarios chiffrés pour 100 000 € à distribuer
| Stratégie | Salaire brut | Dividendes | Coût total société | Revenu net perso | Trimestres /an | Pension projetée 30 ans |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 100 % salaire | 100 000 € | 0 € | ~142 000 € | ~58 000 € | 4 | ~4 200 €/mois |
| 50 / 50 mix | 50 000 € | 50 000 € | ~121 000 € | ~62 000 € | 4 | ~3 100 €/mois |
| Salaire pivot + div. | 25 000 € | 75 000 € | ~110 000 € | ~63 000 € | 4 | ~2 400 €/mois |
| 100 % dividendes | 0 € | 100 000 € | ~100 000 € | ~65 000 € | 0 | ~600 €/mois (ASPA) |
Concrètement, le scénario « salaire pivot 25 000 € + dividendes 75 000 € » est souvent le sweet spot : vous optimisez le coût société, vous validez vos 4 trimestres, vous cotisez en Agirc-Arrco, vous gardez une pension honorable à 30 ans d'activité (~2 400 €/mois), et vous préservez votre trésorerie pour alimenter PER et AV. Le scénario « 100 % dividendes » est une fausse économie qui coûte 30 000 €/mois de retraite à vie.
Cas Thomas, correction de trajectoire à 48 ans
Thomas, 48 ans, SASU conseil IT, 6 ans de dividendes seuls (cf. section 2). Diagnostic : 2 trimestres validés. Plan de correction : versement de 25 000 € de salaire brut/an dès 2026 = 4 trimestres validés + Agirc-Arrco tranche 1. Ouverture PER individuel plafond 37 680 € (salarié) = versement 20 000 €/an, économie IR 8 200 € (TMI 41 %). Dividendes 60 000 € restants logés dans une holding à créer en 2027. À 64 ans, Thomas aura 64 trimestres validés + 375 k€ de capital PER + holding patrimoniale : pension cumulée projetée ~2 800 €/mois au lieu de 600 €.
Exemple 200 000 € de bénéfice : le mix 50/50 est mathématiquement imbattable
Scénario A « salaire pur » 200 k€ brut : coût total société ≈ 280 k€, net dirigeant ≈ 86 k€. Scénario B « dividendes purs » 200 k€ sortis de l'IS (déjà payé) : net dirigeant ≈ 105 k€ mais 0 trimestre validé. Scénario C « mix 50/50 » (100 k€ salaire + 100 k€ dividendes) : coût société ≈ 240 k€, net dirigeant ≈ 102 k€, 4 trimestres validés, points Agirc-Arrco maximaux. Le mix 50/50 est mathématiquement le sweet spot pour 90 % des dirigeants assimilés salariés à 200 k€ de bénéfice annuel disponible — il ne perd que 3 k€ par rapport au « tout dividendes » mais préserve environ 35 % de pension future supplémentaire à 30 ans d'activité.
L'angle « valeur actuelle nette » des droits retraite perdus. Un euro de dividende SASU au lieu d'un euro de salaire fait économiser environ 0,28 € en cotisations patronales mais fait perdre des points Agirc-Arrco. 1 000 € de salaire brut additionnel sur 30 ans génère environ 41 €/mois de pension Agirc-Arrco (taux d'achat moyen du point 18 €, taux de service 1,4386 €/point 2026), soit 492 €/an pendant l'espérance de vie résiduelle (environ 24 ans à 64 ans) = 11 808 € de pension cumulée. À comparer à l'économie immédiate de cotisations sur 1 000 € de salaire (≈ 500 € total). Verdict : verser un euro supplémentaire en salaire avant 50 ans est presque toujours rentable en équivalent retraite ; après 60 ans, le calcul s'inverse au profit du dividende.
Pour un chiffrage sur mesure selon votre statut et votre enveloppe de rémunération, consultez notre guide rémunération du dirigeant : salaire ou dividendes.
12. Cession d'entreprise : le pivot retraite
Pour beaucoup de dirigeants, la cession de l'entreprise est l'événement patrimonial de la vie. Bien préparée, elle finance largement la retraite et transmet l'outil. Mal préparée, elle coûte 30 à 50 % du prix en impôts et laisse des regrets. La différence se joue sur 2 à 5 ans de préparation.
12.1 L'abattement 500 000 € dirigeant partant en retraite
L'idée est simple : si vous vendez votre société ET que vous partez à la retraite dans la foulée, l'État vous offre un cadeau — 500 000 € de plus-value exonérés d'impôt sur le revenu. Mais attention : cet abattement ne porte QUE sur l'IR (12,8 %), pas sur les prélèvements sociaux (17,2 %) qui restent dus. Économie réelle maximale : environ 64 000 €. C'est un bonus confortable, pas le jackpot — le vrai levier des grandes cessions reste l'apport-cession (art. 150-0 B ter, voir section 10.3). Voici les 5 conditions pour activer cet abattement (art. 150-0 D ter CGI, prorogé jusqu'au 31 décembre 2031) :
- Détention des titres depuis au moins 8 ans
- Cessation effective des fonctions dans les 24 mois avant ou après la cession
- Liquidation des droits à la retraite dans les 2 ans précédant ou suivant la cession
- Détention minimale de 25 % du capital sur les 5 années précédentes
- Société soumise à l'IS, employant moins de 250 salariés, CA inférieur à 50 M€ ou bilan total inférieur à 43 M€
Fiscalité cession dirigeant retraite (art. 150-0 D ter CGI)
Prix de cession : 1 500 000 € Prix d'acquisition : 100 000 € Plus-value brute : 1 400 000 € Avec abattement 500 000 € : • Plus-value imposable IR = 1 400 000 − 500 000 = 900 000 € • IR (PFU 12,8 %) = 115 200 € • Prélèvements sociaux 17,2 % sur 1 400 000 € (PAS d'abattement) = 240 800 € • Total impôts = 356 000 € • Taux effectif = 25,4 % Sans abattement (cession hors conditions) : • IR (12,8 %) = 179 200 € • PS (17,2 %) = 240 800 € • Total = 420 000 € • Taux effectif = 30 % → Économie de 64 000 € grâce à l'abattement dirigeant retraite
Concrètement, l'abattement ne vaut que sur l'IR (12,8 %), pas sur les PS (17,2 %). L'économie réelle est donc de 12,8 % × 500 000 € = 64 000 € maximum. Ce n'est pas négligeable, mais c'est loin de « défiscaliser » 500 000 €. C'est un bonus, pas une panacée. Le vrai levier reste l'apport-cession 150-0 B ter qui met la plus-value en report intégral.
12.2 Apport-cession 150-0 B ter : le double levier
Vu en section 10.3 : apport des titres à la holding avant cession, report de la plus-value, réinvestissement 70 % sous 24 mois si cession dans les 3 ans. C'est le schéma n°1 pour un dirigeant qui veut sortir du cash et le réinvestir sans payer immédiatement 30 % de plus-value.
12.3 Dutreil : -75 % en cas de transmission familiale
Si vous envisagez de transmettre votre société à vos enfants plutôt que de la vendre, le pacte Dutreil (art. 787 B CGI) accorde un abattement de 75 % sur la valeur des titres en donation ou succession. Conditions : engagement collectif de conservation (minimum 2 ans), puis engagement individuel (4 ans), exercice d'une fonction de direction pendant 3 ans par un des bénéficiaires. C'est l'outil transmission par excellence.
12.4 Le timing optimal : 2 à 5 ans avant la cession
Je le répète à tous les dirigeants en phase de pré-cession : commencez 2 à 5 ans avant la cession réelle. Pourquoi ? Parce qu'il faut : ouvrir la holding patrimoniale (délais : 2-3 mois), faire l'apport des titres (délais : 3-6 mois pour être « propre » vis-à-vis de l'administration), détenir 8 ans pour le 150-0 D ter, préparer les DUE et PERO pour maxer les versements défiscalisés, organiser la sortie de l'IFI éventuel (les titres de société opérationnelle en sont exonérés au titre de bien professionnel).
Cas Philippe — cession 2,4 M€ : comparaison des 2 scénarios
Scénario A (sans préparation) : Philippe cède directement ses titres à 65 ans pour 2,4 M€. Plus-value de 2,2 M€ × 30 % = 660 000 € d'impôts. Net en poche : 1,74 M€.
Scénario B (préparation via holding) : Philippe crée une holding à 61 ans, apport titres 150-0 B ter, cession par la holding à 65 ans. Report intégral de la plus-value 2,2 M€. Réinvestissement 70 % (1,68 M€) dans activité économique. Capitalisation en mère-fille à 1,25 % IS. Abattement 500 000 € dirigeant retraite sur la part directement cédée. Économie nette estimée : 580 000 € sur 15 ans.
13. Le calendrier de décaissement optimisé 55-75 ans
Préparer la retraite, c'est un marathon. Décaisser intelligemment, c'est un autre sport. Voici mon séquençage année par année, celui que j'utilise avec mes clients dirigeants pour lisser l'imposition sur 20 ans et éviter les pics fiscaux destructeurs.
13.1 La frise chronologique 55-75 ans
| Tranche d'âge | Actions clés | Enveloppes activées | Objectif fiscal |
|---|---|---|---|
| 55-60 ans | Préparer cession, maxer PER déductible, ouvrir holding si pertinent | PER ind. max, PERO max, holding | TMI maximum, économie IR 40-45 % |
| 60-64 ans | Cession éventuelle, liquidation PER préparée, premier rachats AV programmés | 150-0 D ter, apport-cession, AV | Abattement 500 000 €, PFU 30 % |
| 64-70 ans | Liquidation retraite obligatoire, sortie PER capital fractionné, cumul emploi-retraite | PER capital, rentes obligatoires, AV abattement 9 200 € | Lissage TMI, revenus fractionnés |
| 70-75 ans | Pilotage holding, dividendes mère-fille, clause bénéficiaire AV ajustée | Dividendes holding (PFU), AV art. 757 B | Transmission 30 500 € + exonération intérêts |
Concrètement, chaque tranche d'âge a sa logique. À 55 ans, on remplit à fond. À 60 ans, on prépare la sortie. À 64 ans, on commence à décaisser. À 70 ans, on bascule en mode transmission. Les détails opérationnels viennent juste après.
13.2 Focus 55-60 ans : la fenêtre d'or de la défiscalisation
C'est la tranche d'âge la plus efficace pour maxer le PER. Votre TMI est généralement au plus haut (41 ou 45 %), votre horizon de blocage est court (5 à 10 ans jusqu'à la retraite), votre capacité d'épargne est à son pic. Versez chaque année le plafond complet (jusqu'à 88 911 € TNS), en cumulant les plafonds non utilisés des 3 années précédentes.
C'est aussi le moment d'ouvrir une holding si votre société fait plus de 200 k€ de résultat, de préparer l'apport-cession si vous envisagez de vendre, et de bétonner les DUE et conventions qui seront vérifiées en cas d'audit. Tout ce qui se prépare à 55 ans est prêt à 60. Tout ce qui se prépare à 62 ans arrive souvent trop tard.
13.3 Focus 60-64 ans : la zone de vérité
Le cumul emploi-retraite post-réforme 2023 change la donne. Depuis le 1ᵉʳ septembre 2023, les cotisations versées après liquidation de la retraite génèrent de nouveaux droits (art. L.161-22-1-1 CSS). Vous pouvez donc liquider votre pension à 64 ans, continuer à diriger votre société, et accumuler une « deuxième retraite » sur 3 à 5 ans.
C'est aussi la période de premier décaissement PER. Ma recommandation : sortir en capital fractionné sur 5 ans maximum, en calibrant chaque année pour rester dans votre TMI cible (souvent 30 %). Exemple : PER de 500 k€, sortie 100 k€ par an pendant 5 ans, TMI maîtrisée autour de 30 %.
13.4 Focus 70-75 ans : la stratégie transmission
À 70 ans, le levier transmission bascule. Côté AV, les nouveaux versements relèvent de l'art. 757 B (abattement 30 500 € global sur primes). Mais les anciens versements restent sous l'art. 990 I (152 500 €/bénéficiaire). Côté holding, les dividendes remontent toujours en mère-fille et servent de revenus complémentaires. Côté PER, depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les versements effectués après 69 ans révolus ne sont plus déductibles (art. 163 quatervicies modifié par LF 2026).
Règle d'or du décaissement
Ne jamais sortir brutalement 500 000 € d'un PER en une seule année. TMI à 45 % garantie, prélèvements sociaux à 17,2 %, résultat : 300 000 € de fiscalité. Toujours fractionner sur 3 à 5 ans minimum. Le même capital sorti en 100 000 € × 5 ans, en pilotant votre TMI, vous coûtera 130 000 € d'impôt au lieu de 300 000 €. Économie : 170 000 €. C'est la différence entre un CGP et un simple gestionnaire de contrats.
Pour approfondir la question de la succession spécifiquement sur le PER, consultez notre guide PER et succession.
13.5 La séquence type 55-75 ans (cas dirigeant 1,5 M€ d'actifs retraite)
Voici le calendrier année par année que nous construisons avec nos clients dirigeants disposant d'environ 1,5 M€ d'actifs retraite. L'objectif : rester dans une TMI cible de 30 % sur l'ensemble de la période.
| Âge | Action principale | Flux |
|---|---|---|
| 55 ans | Versements PER plafond + PERO 9 600 € | Effort épargne |
| 60 ans | Ouverture robinet AV (rachats programmés 9 200 €/an exonérés) | +9 200 € nets |
| 62 ans | Signature mandat cession + amorçage Dutreil (transmission enfants) | Préparation |
| 64 ans | Liquidation pension publique + sortie PER tranche 1 (60 000 €) | +96 000 € nets |
| 65 ans | Sortie PER tranche 2 (60 000 €) | +96 000 € nets |
| 66-67 ans | Tranches 3 et 4 PER + pension pleine | +96 000 € nets |
| 68 ans | Tranche 5 PER et clôture compartiment C1 | +96 000 € nets |
| 69 ans | Bascule en régime « dividendes holding mère-fille » (32 000 €/an PFU) | +22 400 € nets |
| 70 ans | Dernier versement AV avant bascule 757 B + restructuration clause bénéficiaire | Transmission |
| 75 ans | Revue clause bénéficiaire AV + donations Dutreil restantes | Bilan |
Concrètement, cette séquence permet de lisser l'imposition sur 11 ans de décaissement, de rester sous la TMI 30 % moyenne, et de ne jamais déclencher le CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus) qui s'active au-delà de 250 000 € de RFR. C'est la différence entre un dirigeant qui reçoit 65 % de ses sorties nettes et un dirigeant qui en reçoit 82 %.
14. 5 cas pratiques chiffrés fil rouge
Voici la partie la plus concrète. 5 dirigeants, 5 profils, 5 histoires vraies (noms changés). Trouvez celui qui vous ressemble le plus, et inspirez-vous.
On arrive à la partie la plus concrète. Voici 5 dirigeants réels (prénoms modifiés, situations authentiques rencontrées au cabinet). Pour chacun : la situation de départ, le diagnostic, la stratégie mise en place, les chiffres et le résultat projeté à 20 ans.
14.1 Cas 1 — Marc, 40 ans, président SASU (Chambéry)
Situation. Marc, 40 ans, marié, 2 enfants. Président de sa SASU de conseil en stratégie digitale depuis 8 ans. Rémunération brute 120 000 € + dividendes 40 000 €. Patrimoine financier 400 k€ (150 k€ AV, 100 k€ PEA, 80 k€ cash pro, 70 k€ SCPI). Pas de PER ouvert. TMI 41 %. Horizon retraite : 64 ans soit 24 ans.
Diagnostic. Situation solide mais plafond PER salarié non exploité (économie IR potentielle 10-15 k€/an). Pas de PERO via DUE. Cash pro dormant sur compte courant non rémunéré. Assurance-vie correcte mais sans clause bénéficiaire optimisée.
Stratégie 5 leviers. (1) Ouverture PER individuel, versement plafond 37 680 € par an = économie IR 15 449 € (TMI 41 %). (2) Mise en place PERO via DUE « cadres dirigeants », cotisations société 9 600 € /an. (3) Ouverture PEE + PERECO (salariat conjoint à temps partiel), abondement 7 689 € × 2 = 15 378 € /an. (4) Rebalancement AV vers contrat à 0,6 % frais + clause bénéficiaire démembrée (usufruit conjoint, nue-propriété enfants). (5) Création d'une holding en 2028 quand le résultat dépassera 200 k€.
Résultat à 24 ans. Capital PER projeté (5 %/an) : 2,1 M€. Capital PERO : 470 k€. PEE + PERECO : 620 k€. AV revalorisée : 350 k€. Pension publique cumulée : ~3 000 €/mois. Patrimoine retraite total : 3,5 M€ + pensions. Coût fiscal sur 24 ans : économies d'IR et d'IS cumulées estimées à 485 000 €.
Marc à 64 ans : le taux de remplacement final
Dernier revenu net Marc en 2049 : environ 168 000 €/an (rémunération + dividendes indexés 2 %). Décaissement annuel cible à 64 ans : PER 70 k€ (capital fractionné sur 5 ans) + PERO 25 k€ + AV abattement 9 200 € + dividendes holding 32 k€ + pension publique 36 k€ = environ 163 000 €/an net, soit un taux de remplacement de 97 %. À comparer aux 28 % d'un dirigeant SASU non préparé (Thomas, cas 14.5). L'écart (+ 69 points) est exclusivement dû à l'articulation des 5 enveloppes activées dès 40 ans. Sur les 24 années capitalisées, l'effort d'épargne cumulé de Marc s'élève à environ 1,42 M€ (versements bruts) pour 3,54 M€ de capital final (multiplicateur 2,5 dont 0,8 en économie fiscale et 1,7 en capitalisation à 5 %).
14.2 Cas 2 — Nathalie, 58 ans, architecte EURL CIPAV (Lyon)
Situation. Nathalie, 58 ans, divorcée, 3 enfants adultes. BNC 95 000 €/an. Madelin ouvert en 2015, capital 140 k€. PEL 55 k€, livret A 23 k€, RP financée. Pas d'AV. Retraite prévue à 64 ans. Pension CIPAV projetée : 1 090 €/mois. TMI 41 %.
Diagnostic. Situation critique côté retraite obligatoire (CIPAV = 14 % de taux de remplacement). Madelin figé en rente future, non transmissible. Pas d'AV = pas d'outil transmission.
Stratégie 5 leviers. (1) Transfert du Madelin 140 k€ vers PER individuel (économie frais 0,6 %/an, sortie en capital possible à 64 ans). (2) Versement PER 16 541 €/an plafond TNS + cumul report 3 ans année 1 = 66 164 € année 1, économie IR 27 127 €. (3) Ouverture AV 50 000 € pour activer le compteur 8 ans avant 66 ans. (4) Clause bénéficiaire démembrée entre 3 enfants (abattement 152 500 € × 3 = 457 500 €). (5) Cumul emploi-retraite à 64 ans : continuation BNC réduit 40 k€/an pendant 4 ans.
Résultat à 6 ans. Capital PER projeté : 320 k€. Capital AV : 78 k€. Pension CIPAV : 1 090 €. Revenus cumul emploi-retraite : 2 500 €/mois sur 4 ans. Sortie capital PER fractionnée 3 ans = 80 k€ complément retraite × 3 ans. Revenu total retraite ~4 800 €/mois pendant la phase active, 3 200 €/mois stabilisée à 68 ans.
14.3 Cas 3 — Philippe, 61 ans, gérant PME industrielle (Dijon)
Situation. Philippe, 61 ans, marié, 2 enfants majeurs dont un repreneur potentiel. Gérant majoritaire d'une PME industrielle (80 salariés). Valorisation estimée 2,4 M€. Rémunération 180 k€/an. Patrimoine personnel 650 k€ (RP 380 k€, AV 180 k€, PER 90 k€). Cession envisagée à 65 ans.
Diagnostic. Cession 2,4 M€ = plus-value brute 2,2 M€ = 660 k€ d'impôts à 30 %. Pas de holding, pas de préparation apport-cession. Abattement 500 000 € partant retraite activable mais ne couvre que l'IR. Un enfant intéressé par la reprise : opportunité Dutreil sous-exploitée.
Stratégie 5 leviers. (1) Création immédiate d'une holding SAS à l'IS. (2) Apport des titres de la PME à la holding (art. 150-0 B ter), report total plus-value. (3) Cession par la holding à 65 ans au repreneur : réinvestissement 70 % (1,68 M€) dans 2 SCPI entreprise + club deal PME. (4) Signature d'un pacte Dutreil avec le fils (part conservée 25 % de la holding, donation à terme). (5) Maximisation PER TNS 88 911 €/an × 4 ans = 355 k€ versés, économie IR 142 k€ (TMI 41 %).
Résultat à 15 ans. Holding valorisée ~2,3 M€ (titres + réinvestissement capitalisé). PER : 480 k€ à sortir en capital fractionné. AV : 230 k€. Patrimoine retraite consolidé 3,2 M€ nets vs 1,9 M€ sans optimisation. Transmission Dutreil avec abattement 75 % = économie droits succession ~800 k€ à terme.
14.4 Cas 4 — Sophie et Marc, couple dirigeant + conjoint collaborateur (Strasbourg)
Situation. Sophie 55 ans, gérante majoritaire EURL boulangerie-pâtisserie (CA 850 k€, résultat 95 k€). Marc, son mari, 52 ans, conjoint collaborateur depuis 20 ans. 2 enfants. Patrimoine : RP 320 k€, livret A 80 k€, PEL 45 k€. Aucun PER, aucune AV. Retraite prévue Sophie 64 ans, Marc 64 ans.
Diagnostic. Sophie : rémunération 50 k€/an + dividendes 45 k€. Régime TNS. Marc en statut conjoint collaborateur avec cotisations assiette tiers (minimum). Pension projetée Sophie : 1 400 €/mois. Marc : 650 €/mois. Total couple retraite : 2 050 €/mois pour 95 k€ de revenus actuels = taux remplacement 22 %. Catastrophique.
Stratégie 5 leviers. (1) Bascule Marc sur assiette totale conjoint collaborateur = cotisations sur la totalité du revenu de Sophie. (2) PER individuel Sophie 10 % × 95 k€ + 15 % × (95-48) = 16 541 €/an. (3) PER individuel Marc au plafond plancher 4 710 €/an (mutualisation plafonds entre époux activée pour basculer le plafond Sophie). (4) Ouverture AV couple 40 k€ initial + versements réguliers 12 k€/an. (5) Préparation cession boulangerie à 64 ans (abattement 500 000 €, art. 150-0 D ter).
Résultat à 12 ans. Capital PER couple : 280 k€. Cession boulangerie projetée 450 k€ (abattement 500 k€ couvre intégralement la plus-value pour Sophie : 0 € IR, PS uniquement). AV : 220 k€. Pensions revalorisées Sophie 1 650 €, Marc 1 100 €. Capital retraite mobilisable : 950 k€ + pensions 2 750 €/mois.
14.5 Cas 5 — Thomas, 48 ans, président SASU « 100 % dividendes » (Annecy)
Situation. Thomas, 48 ans, célibataire, SASU conseil IT depuis 2018. 6 années de dividendes seuls (720 k€ cumulés), zéro salaire. Relevé de carrière : 2 trimestres validés au total (depuis un précédent CDI). Patrimoine : 250 k€ cash pro, 180 k€ AV, 45 k€ PEA. Pas de PER.
Diagnostic. Catastrophe annoncée. Si rien n'est corrigé, retraite projetée à 64 ans : inférieure à 600 €/mois (niveau ASPA). 150 trimestres manquants. Zéro point Agirc-Arrco.
Stratégie 5 leviers. (1) Rétablir immédiatement un salaire pivot de 25 000 € brut/an dès 2026 pour valider 4 trimestres et cotiser Agirc-Arrco tranche 1. (2) Ouvrir un PER individuel, versement plafond salarié 37 680 €/an, économie IR 15 449 €. (3) Mettre en place un PERO via DUE (cotisations société 2 000 €/an car salaire réduit à 25 k€). (4) Sortir 100 k€ du cash pro vers une nouvelle AV à 0,5 % frais. (5) Créer une holding en 2028 pour capitaliser les dividendes restants à 1,25 % IS au lieu de 30 % PFU.
Résultat à 16 ans. Trimestres validés : 64 (objectif minimum 172 pour taux plein, donc décote à prévoir). Points Agirc-Arrco accumulés. Capital PER projeté : 920 k€. Capital PERO : 48 k€. AV : 380 k€. Pension cumulée projetée : ~2 800 €/mois au lieu de 600 €. Le « retour » du salaire pivot coûte 4 200 €/an de cotisations supplémentaires mais rapporte 2 200 €/mois de retraite à vie. ROI évident.
Ce que ces 5 cas ont en commun
Tous ces dirigeants avaient le réflexe « mon expert-comptable gère ». Mais un expert-comptable fait la fiscalité de l'année, pas la stratégie patrimoniale à 20 ans. Le CGP ORIAS intervient précisément à cette jointure : coordonner PER, PERO, AV, holding, pour transformer chaque euro d'impôt économisé en capital retraite capitalisé. Gain moyen constaté sur nos dossiers : 15 à 25 % de patrimoine retraite supplémentaire à 20 ans, à effort d'épargne identique.
15. Les 10 erreurs qui ruinent votre retraite de dirigeant
Maintenant que vous avez vu 5 histoires réelles, voici le négatif de la photo : les 10 erreurs que nous observons le plus souvent en rendez-vous.
Voici, classées par fréquence au cabinet, les 10 erreurs que je rencontre le plus souvent. Certaines sont réparables. D'autres, passé un certain âge, ne le sont plus.
| Erreur | Conséquence | Comment l'éviter |
|---|---|---|
| 1. Se verser 100 % en dividendes (SASU) | Zéro trimestre, zéro Agirc-Arrco, pension < 600 €/mois | Salaire pivot minimum 7 212 € / idéal 25 000 € par an |
| 2. Confondre entreprise et retraite | Cession ratée, délais 2-4 ans ignorés, prix bradé | Préparer la cession 3-5 ans à l'avance, anticiper via holding |
| 3. Ignorer l'article 83 / PERO | 10 à 15 k€ de déduction fiscale perdus par an | Mettre en place DUE 'cadres dirigeants' dès que possible |
| 4. Ne pas reporter les plafonds PER | Plafonds non utilisés perdus après 3 ans | Vérifier avis d'imposition, cumuler 4 années si besoin |
| 5. Oublier la mutualisation conjoint | Plafond PER du conjoint non utilisé | Cocher case 6QR sur la 2042, mutualiser |
| 6. Garder un Madelin figé sans analyse | Rente non transmissible, capital verrouillé à vie | Comparer avec PER moderne, transférer si pertinent |
| 7. Négliger la clause bénéficiaire AV | Transmission mal ciblée, IR excessif | Réviser clause tous les 5 ans, démembrement si patrimoine > 1 M€ |
| 8. Créer la holding trop tard | Pas de temps pour apport-cession, 150-0 D ter inutile | Holding 4-5 ans avant cession prévue |
| 9. Sortir le PER en une seule fois | TMI 45 % + 17,2 % = 62 % de fiscalité | Fractionner sur 3-5 ans minimum |
| 10. Négliger le bilan retraite à 50 ans | Découvrir à 62 ans qu'il manque 150 k€ | Bilan complet avec CGP tous les 5 ans dès 45 ans |
Concrètement, 8 de ces 10 erreurs peuvent être évitées avec un simple bilan patrimonial annuel. Les 2 autres (erreurs n°2 et n°8) nécessitent un audit stratégique à 55 ans. Le coût cumulé moyen de ces erreurs sur un dirigeant non accompagné : 250 000 € à 800 000 € de patrimoine retraite en moins.
16. Check-list actionnable par tranche d'âge
Ces erreurs évitées, place au plan d'action concret, par tranche d'âge.
Voici la check-list que je partage avec mes clients dirigeants selon leur âge. Imprimez-la, collez-la sur votre bureau, revalidez-la chaque année.
16.1 35-40 ans : poser les fondations
- Ouvrir un PER individuel même avec 100 €/mois au départ (l'essentiel est d'activer le compteur)
- Ouvrir une assurance-vie multisupport : activer le compteur 8 ans
- Vérifier votre statut social (TNS / assimilé) et son adéquation à votre profil
- Premier relevé de situation individuelle (RIS) sur info-retraite.fr
- Si vous avez un conjoint, salariage à temps partiel pour ouvrir PEE/PERECO
16.2 45-50 ans : accélérer
- Bilan patrimonial complet avec un CGP ORIAS
- Mettre en place le PERO via DUE « cadres dirigeants » si assimilé salarié
- Maximiser les versements PER chaque année selon votre plafond réel
- Si cash pro dormant, ouvrir compte à terme ou SCPI entreprise
- Transférer un éventuel Madelin si frais > 1 % ou sortie capital souhaitée
- Réviser la clause bénéficiaire de l'assurance-vie
16.3 55-62 ans : la phase décisive
- Création d'une holding patrimoniale si résultat société > 200 k€
- Préparation de la cession : délai 2-5 ans avant cession effective
- Maximisation PER chaque année avec cumul des 3 plafonds reportés
- Vérification des conditions art. 150-0 D ter (détention 8 ans, 25 % capital)
- Si transmission familiale envisagée : signer le pacte Dutreil
- Simulation retraite officielle (estimation indicative sur info-retraite.fr)
16.4 62 ans et plus : l'exécution
- Liquidation des droits à la retraite à 64 ans (ou 67 ans si décote)
- Cumul emploi-retraite pour générer de nouveaux droits (depuis réforme 2023)
- Sortie PER en capital fractionné sur 3 à 5 ans, pilotage TMI
- Programmation des rachats AV (abattement 4 600 / 9 200 €)
- Revue clause bénéficiaire AV avant et après 70 ans (art. 990 I vs 757 B)
- Donation progressive aux enfants avec Dutreil si transmission entreprise
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17. Sources légales et références 2026
Ce guide s'appuie sur les textes suivants (versions en vigueur au 17 avril 2026). Les références complètes sont également intégrées dans le JSON-LD de citation.
17.1 Code général des impôts (CGI)
- Art. 163 quatervicies — Déductibilité des versements PER individuel
- Art. 154 bis — Cotisations Madelin et plafond PER TNS
- Art. 83 2° — Cotisations article 83 / PERO déductibles du salaire imposable
- Art. 117 quater — Prélèvement forfaitaire sur dividendes
- Art. 125-0 A — Fiscalité des contrats d'assurance-vie
- Art. 757 B — Régime de succession AV primes versées après 70 ans
- Art. 990 I — Prélèvement sui generis AV versements avant 70 ans
- Art. 145 et 216 — Régime mère-fille (95 % exonération + QPFC 5 %)
- Art. 150-0 B ter — Apport-cession et report d'imposition
- Art. 150-0 D ter — Abattement fixe 500 000 € dirigeant partant en retraite
- Art. 787 B et 787 C — Pacte Dutreil, abattement 75 %
17.2 Code monétaire et financier (CMF)
- Art. L.224-1 à L.224-40 — Régime général du PER (loi PACTE)
- Art. L.224-4 — Cas de déblocage anticipé du PER
- Art. L.224-6 — Transférabilité des contrats épargne retraite
- Art. L.224-20 — Option de non-déduction des versements à l'entrée
- Art. L.224-23 à L.224-27 — PER obligatoire (PERO, ex article 83)
- Art. L.224-40 — Plafonnement des frais de transfert (décret 24/10/2024)
17.3 Code de la sécurité sociale (CSS) et Code du travail
- Art. L.911-1 CSS — Décision unilatérale employeur (DUE) retraite supplémentaire
- Art. L.241-3 CSS — Cotisations sociales salariés et assimilés
- Art. L.311-3 CSS — Liste des assimilés salariés (présidents SAS/SASU)
- Art. L.631-1 CSS — Affiliation SSI gérant majoritaire SARL
- Art. L.640-1 CSS — Affiliation CNAVPL professions libérales
- Art. L.137-15 et L.137-16 CSS — Forfait social (0 %, 16 %, 20 %)
- Art. L.161-22-1-1 CSS — Cumul emploi-retraite générateur de droits (réforme 2023)
- Art. L.3332-1 à L.3332-11 C. trav. — Plan Épargne Entreprise (PEE)
- Art. L.3334-1 à L.3334-6 C. trav. — Plan d'Épargne Retraite Collectif (PERECO)
- Art. L.3111-2 C. trav. — Définition du cadre dirigeant
- Art. L.223-18 C. com. — Gérance majoritaire SARL (notion de cercle familial)
17.4 BOFiP et doctrine administrative
- BOI-IR-BASE-20-50-10 et 20 (MAJ 17/02/2026) — Déductibilité PER
- BOI-ANNX-000513 — Plafonds PER et calcul
- BOI-RSA-BASE-30-10-20 — Régime article 83 / PERO
- BOI-RSA-PENS-10-10-10-30 — Fiscalité des rentes viagères PER
- BOI-BNC-BASE-40-60-50-20 — Modalités de déduction art. 154 bis (TNS)
- BOI-IS-BASE-10-10-10-10 — Régime mère-fille
- BOI-RPPM-RCM-30-20-10 — Fiscalité dividendes (PFU 30 %)
- BOI-ENR-DMTG-10-20-40-40 — Abattements donation / succession
17.5 Lois, décrets et jurisprudence clés
- Loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019 — Création du PER
- Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 — Réforme des retraites (âge 64 ans)
- Arrêté du 22 décembre 2025 — PASS 2026 fixé à 48 060 €
- Décret n° 2024-682 du 4 juillet 2024 — Plafonnement frais de transfert
- Loi de finances 2026 — Durcissement apport-cession (réinvestissement 70 % sous 24 mois), non-déductibilité PER après 69 ans révolus
- Loi de financement de la Sécurité sociale 2026 — Forfaits sociaux et PS
- Conseil d'État 29 septembre 2023 n° 471235 — Validation catégories objectives DUE
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Spécialiste de la préparation retraite des dirigeants et professions libérales, Quentin Hagnéré accompagne les entrepreneurs TNS, présidents de SASU et gérants de SARL dans la construction d'une stratégie retraite combinant PER individuel, article 83 / PERO, épargne salariale, assurance-vie et holding patrimoniale. Enregistré ORIAS (CIF, COA, COBSP).
Disclaimer
Cet article est à titre informatif, il ne constitue pas un conseil personnalisé. Les informations fournies reposent sur la législation en vigueur au 17 avril 2026, intégrant la LF 2026 (notamment la non-déductibilité des versements PER après 69 ans révolus et le durcissement de l'apport-cession à 70 % / 24 mois). Les performances passées ne garantissent pas les performances futures. Pour un conseil adapté à votre situation, prenez rendez-vous avec un CGP ORIAS (CIF, COA, COBSP).
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