Aller au contenu principal
Aller au contenu principal
Guide expert PER TNS 202630 minMis à jour 30 septembre 2026Plafond 88 911 € · art. 154 bis CGI

PER pour les TNS 2026 : 88 911 € de déduction art. 154 bis CGI, le plafond le plus généreux du système fiscal

Le PER pour Travailleurs Non Salariés (art. L. 311-3 CSS — entrepreneurs individuels, gérants majoritaires de SARL/EURL à l'IS, professions libérales CARMF/CIPAV/CARPIMKO/CNBF/CAVEC, agriculteurs MSA, auto-entrepreneurs au barème) ouvre droit au plafond de déduction le plus avantageux du droit fiscal français : jusqu'à 88 911 € par an au titre de l'art. 154 bis CGI (formule renforcée 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, calculée sur PASS N et non N-1 comme les salariés). PASS 2026 = 48 060 €, plancher 4 806 €. Le report des plafonds non utilisés est désormais étendu de 3 à 5 ans pour les plafonds générés à partir de 2026 (report : art. 10 de la LF 2026 ; suppression de la déductibilité après 70 ans : art. 9 — loi n° 2026-103 du 19/02/2026), et la déductibilité des versements après 70 ans est définitivement supprimée. Les contrats Madelin (loi 94-126 du 11/02/1994) sont fermés à la commercialisation depuis le 1er octobre 2020 (loi PACTE 2019-486 du 22/05/2019) mais restent transférables vers un PER aux frais plafonnés (1 % avant 5 ans, 0 % après — décret 2024-682). Fiscalité 2026 : déduction immédiate à TMI 30/41/45 % (économie max 40 010 € pour TMI 45 % + 88 911 € versés), sortie en capital ou rente (art. L. 224-28 CMF) avec PFU 31,4 % sur les gains (12,8 IR + 18,6 PS LFSS 2026, vs 17,2 % AV/capi). Pluriactivité salarié + TNS : cumul plafonné à 126 591 € au maximum arithmétique (art. 163 quatervicies + 154 bis), sous réserve de la réduction prévue au I-2 de l'art. 163 quatervicies. 7 cas de déblocage anticipé art. L. 224-4 CMF dont la liquidation judiciaire spécifique TNS et, depuis la loi n° 2026-492 du 12/06/2026, l'affection grave d'un enfant à charge. Transmission art. 990 I CGI (152 500 €/bénéficiaire avant 70 ans) ou art. 757 B CGI (30 500 € global après 70 ans). 5 cas chiffrés, 20 FAQ structurées. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet ORIAS (CIF · COA · COBSP).

STRATÉGIE PER TNS 2026

Optimiser votre PER TNS et saturer le plafond 88 911 € art. 154 bis CGI

Audit PER TNS 360° : calibrage exact du plafond annuel + reliquats 3-5 ans, sélection des meilleurs contrats (frais 0 % versement, 0,50 % UC), arbitrage Madelin/PER, articulation avec CARMF/CIPAV/CNBF, plan de sortie capital fractionné optimisé. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Bilan PER TNS 360°
  • Calibrage plafond exact
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur

Sur lettre de mission signée

  • Sélection contrats audités

PLAFOND TNS 2026

88 911 €

ART. PIVOT

154 bis CGI

PASS 2026

48 060 €

REPORT

5 ANS

CUMUL PLURIACTIF

126 591 €

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

Mis à jour le 30 septembre 2026 · Conforme à la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025), à l'arrêté PASS du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €) et au BOFiP (BOI-IR-BASE-20-50 à jour 17/02/2026).

§ 1ÉLIGIBILITÉ·5 MIN

TNS : qui est concerné ?

Vous êtes à votre compte. Vous facturez, vous gérez votre activité, vous prenez des risques. Mais quand il s'agit de votre retraite, savez-vous quel régime s'applique ? Et surtout, quel plafond de déduction PER vous pouvez utiliser ?

La réponse dépend de votre affiliation sociale. Et cette distinction change tout : un gérant majoritaire de SARL peut déduire jusqu'à 88 911 € par an, tandis qu'un président de SAS — même activité, même chiffre d'affaires — est limité à 37 680 €. C'est l'une des premières erreurs que Hagnéré Patrimoine rectifie en bilan d'entrée. Voici qui relève du statut TNS.

Statuts relevant du régime TNS pour le PER

  • Entrepreneur individuel (EI) — artisan, commerçant, prestataire de services au régime réel
  • Gérant majoritaire de SARL ou EURL — rémunération imposée au titre de l'art. 62 CGI
  • Associé majoritaire de SNC — bénéfices imposés en BIC ou BNC
  • Professions libérales — médecins (CARMF), architectes, consultants (CIPAV), infirmiers (CARPIMKO), experts-comptables (CAVEC), avocats (CNBF)…
  • Auto-entrepreneurs au barème IR — ceux qui n'ont pas opté pour le versement libératoire

En revanche, le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL et le président de SAS relèvent du régime général des salariés. Leur plafond PER est le plafond salarié (37 680 € maximum en 2026, calculé sur le PASS N-1 = 47 100 €). Pour eux, la donne est différente — consultez le guide de déduction PER par TMI.

Le piège du dirigeant de SAS/SASU (erreur fréquente)

Un président de SAS qui se croit TNS et anticipe un plafond de 80 000 € commet une erreur coûteuse. Affilié à l'URSSAF comme assimilé-salarié, il est limité au plafond salarié de 37 680 € en PERin. Un gérant de SARL détenant 50,1 % des parts peut déduire jusqu'à 88 911 €. Son associé à 49,9 % ? Seulement 37 680 €. Même société, même métier, même chiffre d'affaires — mais un statut social différent, et un écart de +50 000 € de déduction par an.

Les 4 statuts TNS — tableau synthétique

Tableau comparatif : Statut — Affiliation sociale — Plafond PER 2026 — Particularité — Premier cas : Entrepreneur individuel (EI / EURL IR)
StatutAffiliation socialePlafond PER 2026Particularité
Entrepreneur individuel (EI / EURL IR)SSI (ex-RSI)Jusqu'à 88 911 €Bénéfice BIC ou BNC = assiette
Gérant majoritaire SARL/EURL IS (> 50 %)SSI (ex-RSI)Jusqu'à 88 911 €Assiette = rémunération art. 62 CGI (nette de cotisations)
Gérant minoritaire/égalitaire SARL (≤ 50 %)Assimilé salarié (URSSAF)37 680 € en PERinPlafond salarié uniquement — peut cumuler un PERO
Président SAS / SASUAssimilé salarié (URSSAF)37 680 € en PERin⚠️ Erreur fréquente : ce n'est PAS TNS

Maintenant que vous savez si vous êtes TNS ou pas, la question suivante s'impose : Madelin ou PER ? Et pourquoi le PER a définitivement remplacé le Madelin. Mais avant, un cas particulier qui concerne près d'un million de Français : ceux qui cumulent une activité salariée et une activité indépendante.

§ 2PLURIACTIVITÉ·6 MIN

Pluriactivité TNS + salarié : le cumul caché qui vaut 124 000 €

Vous êtes cadre en CDI et vous avez une activité freelance à côté ? Ou médecin hospitalier avec une activité libérale en parallèle ? Vous faites partie des 950 000 pluriactifs recensés en France (DREES 2024). Et vous ignorez probablement que vous bénéficiez de deux plafonds PER distincts et cumulables.

Les concurrents n'en parlent quasiment pas. Pourtant, un pluriactif TMI 45 % peut déduire jusqu'à 126 591 € par an dans le cas le plus favorable — contre 88 911 € pour un TNS pur ou 37 680 € pour un salarié pur.

Le principe : deux régimes fiscaux, deux plafonds

  • Plafond salarié (art. 163 quatervicies CGI) : 10 % des revenus d'activité salariée N-1, plafonnés à 8 PASS N-1. En 2026, maximum 37 680 € (base PASS 2025 = 47 100 €).
  • Plafond TNS (art. 154 bis CGI) : 10 % du bénéfice TNS N + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS N. En 2026, maximum 88 911 € (PASS 2026 = 48 060 €).
  • Somme arithmétique 2026 : 126 591 € (88 911 + 37 680). Mais ce cumul n'est pas libre : l'art. 163 quatervicies I-2 impose de retrancher de la limite « salariée » les cotisations déduites au titre de l'art. 154 bis, « compte non tenu de leur fraction correspondant à 15 % de la quote-part du bénéfice comprise entre une fois et huit fois le plafond ». Autrement dit, la part « 10 % » consommée au titre du 154 bis vient en diminution du plafond 163 quatervicies. Le seul montant opposable reste celui imprimé sur votre avis d'imposition.

Concrètement — Claire, cadre chez Renault + coach freelance

Claire, 47 ans, vit à Boulogne-Billancourt. Elle est directrice marketing chez Renault (80 000 € de salaire net imposable) et elle anime depuis 3 ans un cabinet de coaching de dirigeants en BNC (65 000 € de bénéfice annuel). TMI marginale : 41 %.

Tableau comparatif : Plafond — Formule — Montant 2026 — Économie TMI 41 % — Premier cas : Plafond salarié (163 qv)
PlafondFormuleMontant 2026Économie TMI 41 %
Plafond salarié (163 qv)10 % × 80 000 €8 000 €3 280 €
Plafond TNS (154 bis)10 % × 65 000 + 15 % × (65 000 − 48 060)9 041 €3 707 €
Total cumulé—17 041 €6 987 €

Concrètement, Claire peut verser 17 041 € sur son PER en 2026 et économiser près de 7 000 € d'IR — là où un salarié pur aux mêmes revenus totaux ne pourrait déduire que 14 500 €. Le statut pluriactif lui offre 2 500 € de déduction supplémentaire par an, soit 50 000 € sur 20 ans.

Règles à respecter pour ne pas se faire retoquer

  • Flécher le versement à la bonne enveloppe : un même euro ne peut être déduit qu'une fois. En pratique, ouvrir un PER dédié « versements pro » (154 bis, cases 6OS/6OT) et un autre PER « versements perso » (163 quatervicies, cases 6NS/6NT) clarifie la comptabilité fiscale et évite la confusion.
  • Mutualisation conjoint : uniquement sur le 163 quatervicies. Si Claire et son mari (salarié TMI 30 %) cochent la case 6QR, ils mutualisent leurs plafonds salariés : le versement sur le PER de Claire peut être déduit du revenu global du couple. En revanche, la part 154 bis reste individuelle.
  • Report des plafonds inutilisés : seul le plafond 163 quatervicies est reportable (3 ans jusqu'en 2025, 5 ans à partir des plafonds générés en 2026). Le plafond 154 bis inutilisé est définitivement perdu à la fin de l'exercice.

Piège du cumul : l'auto-entrepreneur au versement libératoire

Si l'activité TNS est exercée en auto-entrepreneur avec versement libératoire, aucun plafond 154 bis ne s'applique (pas de bénéfice imposé au barème). Seul le plafond salarié joue. Pour récupérer le double plafond, il faut sortir du versement libératoire et basculer au barème progressif — arbitrage à chiffrer cas par cas.

Voilà pour les pluriactifs. Passons maintenant à la grande rupture qui structure encore l'épargne retraite des TNS : Madelin vs PER.

§ 3MADELIN/PER·5 MIN

Madelin vs PER : la rupture d'octobre 2020

Pendant 25 ans, les indépendants ont utilisé le contrat Madelin pour préparer leur retraite. Si vous exercez depuis longtemps, vous en avez probablement un. Peut-être que vous continuez à verser dessus, par habitude.

Mais depuis le 1er octobre 2020, les contrats Madelin ne sont plus commercialisés (loi PACTE n°2019-486 du 22 mai 2019). Le PER individuel les a remplacés. Et la différence n'est pas cosmétique — elle est majeure.

Tableau comparatif : Critère — Contrat Madelin (avant 2020) — PER individuel (depuis 2020) — Premier cas : Ouverture
CritèreContrat Madelin (avant 2020)PER individuel (depuis 2020)
OuvertureFermé depuis oct. 2020Ouvert à tous les TNS
Base légaleArt. 154 bis CGIArt. 163 quatervicies CGI + art. 154 bis
Plafond déductionIdentique au PER TNSIdentique au Madelin
Sortie à la retraiteRente obligatoire uniquementCapital ou rente au choix
Déblocage anticipé5 cas légaux strictement limités7 cas dont l'acquisition de la résidence principale (art. L. 224-4 CMF)
Transfert vers PEROui, gratuit après 10 ans (1 % max avant)—
Frais moyens UC0,80 % à 1,20 %/an0,50 % à 0,60 %/an (meilleurs contrats)
HéritabilitéRente réversible ou nonCapital transmis aux bénéficiaires

Concrètement, le PER apporte trois avantages décisifs : vous pouvez sortir en capital (le Madelin vous oblige à prendre une rente), vous pouvez débloquer votre épargne pour acheter votre résidence principale, et les frais sont souvent deux fois moins élevés.

Si vous détenez encore un contrat Madelin, vous pouvez continuer à y cotiser. Mais le transférer vers un PER est souvent dans votre intérêt. Le décret n°2024-682 du 4 juillet 2024 plafonne les frais de transfert à 1 % avant 5 ans, 0 % après 5 ans.

Ne confondez pas Madelin retraite et Madelin prévoyance. Le PER remplace uniquement le Madelin retraite. Le Madelin prévoyance (garanties décès, ITT, IPT, IPP, rente éducation, rente conjoint) reste en vigueur et conserve son propre plafond de déduction — 11 534,40 € en 2026 — sur le fondement de l'art. 154 bis CGI. Pour cartographier les 6 risques du chef d'entreprise, les plafonds Madelin prévoyance et art. 83 2° quater, et la mise en place collective DUE, consultez notre guide prévoyance du chef d'entreprise 2026.

Attention : les cotisations Madelin s'imputent sur le plafond PER

Les deux enveloppes partagent le même plafond annuel (art. 154 bis CGI). Si vous versez 8 000 € sur votre Madelin existant et que votre plafond est 30 000 €, il ne vous reste que 22 000 € de déduction disponible pour votre PER. Vérifiez toujours le total avant de verser.

Le choix entre Madelin et PER est clair. Reste à savoir combien vous pouvez déduire exactement. C'est l'objet de la section suivante.

§ 4PLAFOND·6 MIN

Plafond de déduction TNS en 2026 : formule et simulation

Combien pouvez-vous verser sur votre PER en payant moins d'impôts ? C'est la question centrale. Et la bonne nouvelle, c'est que le plafond TNS est bien plus généreux que celui des salariés.

Le plafond TNS est calculé sur l'année en cours (contrairement au plafond salarié qui s'appuie sur les revenus N-1). Il utilise donc le PASS 2026 = 48 060 €. Voici la formule complète, issue de l'article 154 bis du Code général des impôts — c'est le texte qui fixe votre enveloppe de déduction :

Plafond TNS = 10 % × bénéfice imposable
+ 15 % × (min(bénéfice, 8 PASS) − 1 PASS)
Plancher = 4 806 € (10 % × 1 PASS)
Maximum = 88 911 € (bénéfice ≥ 8 PASS = 384 480 €)

Pour une lecture détaillée de cette formule et de la stratégie de report des plafonds sur 5 ans, consultez le guide complet de déduction PER par TMI. Voici les résultats clés par niveau de bénéfice :

Tableau comparatif : Bénéfice imposable — Plafond TNS 2026 — Économie TMI 30 % — Économie TMI 41 % — Économie TMI 45 % — Premier cas : 30 000 €
Bénéfice imposablePlafond TNS 2026Économie TMI 30 %Économie TMI 41 %Économie TMI 45 %
30 000 €4 806 € (plancher)1 442 €1 971 €2 163 €
50 000 €5 291 €1 587 €2 169 €2 381 €
80 000 €12 791 €3 837 €5 244 €5 756 €
100 000 €17 791 €5 337 €7 034 €8 006 €
150 000 €30 291 €9 087 €12 419 €13 631 €
200 000 €42 791 €12 837 €17 544 €19 256 €
384 480 € et +88 911 € (max)26 673 €36 453 €40 010 €

Concrètement, prenons Sophie, 48 ans, architecte libérale à Toulouse, qui déclare 100 000 € de bénéfice BNC. Son plafond TNS = 10 % × 100 000 + 15 % × (100 000 − 48 060) = 10 000 + 7 791 = 17 791 €. À TMI 41 % (une part), son revenu imposable passe de 100 000 € à 82 209 € : 2 368 € repassent sous le seuil de 84 577 € de la tranche à 41 %. Elle économise 15 423 × 41 % + 2 368 × 30 % ≈ 7 034 € d'impôts — soit environ 586 € par mois en moins d'impôt. Un salarié au même revenu ne pourrait déduire que 10 000 € : elle gagne 7 791 € de déduction supplémentaire grâce à son statut TNS.

Simulations indicatives. L'économie réelle dépend de votre situation fiscale globale (quotient familial, autres revenus, réductions d'impôt). Les cotisations Madelin existantes s'imputent en diminution du plafond.

Hagnéré Patrimoine

Quel est votre plafond PER TNS exact en 2026 ?

Madelin existant, PASS, revenus variables : le calcul TNS réserve des surprises. Un CGP immatriculé à l’ORIAS détermine votre plafond précis et recommande le montant optimal à verser cette année.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 5STRATÉGIE·5 MIN

Stratégie de versement optimal pour un TNS

Votre bénéfice a doublé cette année grâce à un gros contrat ? Ou au contraire, l'année a été difficile ? C'est justement dans ces moments que le PER prend tout son sens. Car contrairement au Madelin, il vous laisse libre — pas de versement minimum, pas d'échéancier annuel, pas de cotisation forcée même en année blanche.

Aucune obligation de versement annuel. Aucun minimum. Vous versez quand vous voulez, le montant que vous voulez. Et c'est là que la stratégie entre en jeu.

Revenus stables (artisan, commerçant établi)

Mettez en place des versements mensuels programmés pour 80 % du plafond estimé. Complétez en décembre sur la base du bénéfice réalisé pour atteindre exactement le plafond sans dépasser.

Revenus variables (consultant, profession libérale)

Évitez les versements programmés trop élevés en début d'année. Versement unique ou trimestriel en fin d'exercice, une fois le chiffre d'affaires consolidé. La sortie capital du PER protège si vous avez besoin de liquidités.

Année exceptionnelle (cession, gros contrat)

Profitez du mécanisme de report des plafonds : 5 ans pour les plafonds générés à partir de 2026 (LFI 2026), 3 ans pour les plafonds antérieurs (régime historique, non rétroactif). Cumulez vos plafonds non utilisés avec le plafond de l'année en cours. Versement potentiellement très important et entièrement déductible.

Approche de 70 ans

Depuis la LFI 2026, les versements après 70 ans ne sont plus déductibles. Maximisez vos versements dans les années précédant cet âge. Le plafond TNS pouvant atteindre 88 911 €, l'urgence de versement peut être considérable.

Concrètement, prenons Hervé, 51 ans, consultant en stratégie digitale installé à son compte depuis 12 ans. Ses revenus fluctuent entre 60 000 € et 180 000 € selon les missions. Sa stratégie : ne rien verser les années creuses (TMI 30 %), et verser au maximum les années fastes (TMI 41 %). Sur 5 ans, cette approche lui fait économiser 6 000 € de plus qu'un versement régulier identique chaque année.

Le timing compte aussi : les versements PER effectués avant le 31 décembre de l'année N sont déductibles sur les revenus N. Après le 31 décembre, il est trop tard. Un versement de 20 000 € réalisé le 28 décembre génère la même économie fiscale qu'un versement de janvier — mais attention aux délais bancaires en fin d'année. Visez octobre-novembre pour être tranquille.

Urgence 2026 : vos reliquats 2023 expirent fin 2026

Le report des plafonds passe à 5 ans uniquement pour les plafonds générés à partir de 2026. Les plafonds non utilisés de 2023 restent sous l'ancien régime de 3 ans et expirent fin 2026. Si vous avez des reliquats 2023 visibles sur la dernière page de votre avis d'imposition (rubrique « Plafond épargne retraite »), c'est maintenant ou jamais pour les utiliser. Cycle optimal : vérifier en octobre, verser en novembre.

Où trouver votre plafond exact

Votre plafond épargne retraite disponible figure sur la dernière page de votre avis d'imposition (ou sur impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source »). Cherchez la rubrique « Plafond épargne retraite ». Vous y trouverez 4 lignes : le plafond calculé pour l'année, les reliquats non utilisés, et le plafond total disponible pour le déclarant 1 et le déclarant 2 (si couple). C'est ce total qui détermine combien vous pouvez verser en déduction.

Piège fréquent : le logiciel comptable en mode salarié

Certains logiciels comptables appliquent par défaut le plafond salarié (10 % des revenus, max 37 680 €) au lieu du plafond TNS (10 % + 15 %, max 88 911 €). Résultat : votre comptable vous annonce un plafond PER de 10 000 € alors qu'il devrait être de 17 000 €. Vérifiez systématiquement avec la formule art. 154 bis CGI et faites corriger si nécessaire. Écart type : 5 000 à 50 000 € de déduction perdue par an.
§ 6DÉBLOCAGE·6 MIN

Rachat anticipé : les 7 cas de déblocage + la spécificité TNS

On dit souvent que le PER est « bloqué jusqu'à la retraite ». C'est faux. La loi prévoit 7 cas de déblocage anticipé (art. L.224-4 du Code monétaire et financier) — dont un qui est pratiquement exclusif aux TNS : la liquidation judiciaire.

Pour un indépendant qui craint de « bloquer » son épargne retraite en cas de coup dur, connaître ces 7 cas change le regard sur le PER. Ce n'est pas un coffre-fort fermé — c'est une enveloppe avec des soupapes de sécurité.

Tableau comparatif : Cas de déblocage (art. L.224-4 CoMoFi) — Fiscalité capital — Fiscalité gains — Justificatifs — Premier cas : 1. Décès du conjoint / partenaire PACS
Cas de déblocage (art. L.224-4 CoMoFi)Fiscalité capitalFiscalité gainsJustificatifs
1. Décès du conjoint / partenaire PACSExonéré d'IRPS 18,6 %Acte de décès, livret de famille
2. Invalidité 2e / 3e catégorie (titulaire, conjoint, enfants)Exonéré d'IRPS 18,6 %Notification MDPH, décision CPAM
2 bis. Affection grave, handicap ou accident d'une particulière gravité d'un enfant à charge (depuis le 14/06/2026)Exonéré d'IRPS 18,6 %Justificatifs médicaux + preuve de la charge de l'enfant
2 bis. Affection grave, handicap ou accident d'une particulière gravité d'un enfant à charge (depuis le 14/06/2026)Exonéré d'IRPS 18,6 %Justificatifs médicaux + preuve de la charge de l'enfant
3. Surendettement (saisine BDF)Exonéré d'IRPS 18,6 %Décision commission BDF + plan apurement
4. Expiration des droits au chômageExonéré d'IRPS 18,6 %Attestation France Travail fin de droits
5. Cessation d'activité NS sur jugement de liquidation judiciaireExonéré d'IRPS 18,6 %Jugement TC + Kbis radiation RCS
6. Acquisition résidence principale (hors compartiment C3, versements obligatoires)Barème IR sans abattement 10 %PFU 31,4 % (ou barème)Acte notarié, certificat achat

Concrètement, pour les cas 1 à 5 (« accidents de vie »), le capital et les versements déduits sont intégralement exonérés d'impôt sur le revenu. Seuls les gains subissent les prélèvements sociaux à 18,6 %. Pour le cas 6 (résidence principale), la fiscalité est différente : le capital issu de versements déduits est réintégré au barème IR sans abattement de 10 %.

Le cas 5 : l'arme anti-faillite des TNS

Le cas de déblocage « cessation d'activité non salariée à la suite d'un jugement de liquidation judiciaire » est l'un des plus puissants du dispositif — et il concerne quasi exclusivement les TNS. Si votre entreprise (EI, EURL, SARL dont vous êtes gérant majoritaire) est placée en liquidation par le tribunal de commerce, vous pouvez récupérer 100 % de votre PER en capital, en exonération totale d'impôt sur le revenu.

Protection du PER en procédure collective : prudence

On lit souvent que le PER serait insaisissable par les créanciers professionnels. Cette affirmation est régulièrement adossée à des décisions rendues avant la création du PER par la loi PACTE du 22 mai 2019 : elles portent sur d'anciens contrats d'assurance retraite et ne peuvent pas être transposées sans réserve. Ce qui est certain, en revanche, c'est qu'un versement effectué en connaissance de la défaillance, ou disproportionné à la capacité d'épargne habituelle, s'expose à une remise en cause. Le PER ne doit pas être présenté comme un véhicule de mise à l'abri du patrimoine professionnel : c'est une enveloppe retraite, et la question de son sort en procédure collective doit être traitée avec un avocat.

Cas concret — Thomas, artisan plombier en dépôt de bilan

Thomas, 42 ans, plombier à Rennes, a vu son activité s'effondrer après la perte d'un gros client (70 % du chiffre d'affaires). Procédure collective engagée en juin 2025, jugement de liquidation judiciaire en octobre 2025. Il détenait un PER individuel de 45 000 € (versements volontaires déductibles sur 10 ans, gains latents 8 000 €).

  • Sortie PER sur présentation du jugement de liquidation : capital 45 000 € récupéré en 4 semaines auprès de son assureur.
  • Fiscalité : 0 € d'IR sur les 37 000 € de versements déduits (cas de déblocage exonéré). Les 8 000 € de gains sont soumis aux PS à 18,6 % = 1 488 €.
  • Thomas récupère 43 512 € net — fonds indispensables pour rebondir, payer ses impayés URSSAF personnels et envisager une reprise d'activité en micro-entreprise.

Attention : différence entre radiation simple et liquidation judiciaire

Une simple radiation du RCS (cessation volontaire d'activité, départ à l'étranger, reconversion salariée) ne permet pas le déblocage anticipé du PER. Seul un jugement de liquidation judiciaire prononcé par le tribunal de commerce (ou le tribunal des activités économiques depuis le 1er janvier 2025 dans les 12 juridictions expérimentales) ouvre ce droit. Si vous arrêtez votre activité sans procédure collective, votre PER reste bloqué jusqu'à la retraite ou l'acquisition de votre RP.

Pour le détail exhaustif des 7 cas légaux de déblocage (art. L. 224-4 CMF), la procédure pas à pas, les justificatifs attendus par les assureurs et 5 cas pratiques chiffrés (dont le cas d'Antoine, 46 ans, liquidation judiciaire d'EURL à Annecy), consultez notre guide dédié : Débloquer son PER — les 6 cas légaux et comment procéder.

Maintenant que la flexibilité du PER est démontrée, examinons un profil particulier : celui du gérant majoritaire de SARL, dont les règles de calcul sont souvent mal appréhendées par les comptables généralistes.

§ 7GÉRANT SARL·5 MIN

Gérant majoritaire de SARL : les spécificités à connaître

Vous êtes gérant majoritaire de SARL ? Deux choses essentielles à savoir. D'abord, vous êtes bien TNS — à condition de détenir plus de 50 % des parts, seul ou avec votre conjoint et vos enfants mineurs. Ensuite, votre plafond PER ne se calcule pas sur le bénéfice de la société, mais sur votre rémunération de gérance.

Base de calcul du plafond pour le gérant SARL

  • Revenu de référence : la rémunération de gérance nette (art. 62 CGI), après déduction forfaitaire de 10 % ou frais réels
  • Les dividendes ne comptent pas : ils ne créent aucun plafond PER supplémentaire (même s'ils sont soumis à cotisations sociales au-delà de 10 % du capital social)
  • Conséquence : un gérant qui se verse peu en rémunération et beaucoup en dividendes aura un plafond PER faible — parfois réduit au plancher de 4 806 €

Prenons Julien, 44 ans, gérant majoritaire de sa SARL de conseil IT à Paris. Son bénéfice social annuel est de 400 000 €, mais il se rémunère 80 000 € net et distribue le reste en dividendes. Son plafond PER est calculé sur 80 000 € : 10 % × 80 000 + 15 % × (80 000 − 48 060) = 8 000 + 4 791 = 12 791 €.

S'il augmente sa rémunération à 200 000 €, son plafond PER bondit à 42 791 € — mais ses charges sociales et son IR augmentent aussi. C'est un arbitrage global à réaliser avec son expert-comptable et son CGP. Il n'y a pas de réponse universelle : tout dépend de votre situation patrimoniale dans son ensemble.

La question du gérant de SARL est posée. Mais avant d'aller plus loin, il faut trancher un arbitrage qui peut coûter 5 à 8 k€ par an : vaut-il mieux se verser des dividendes ou augmenter sa rémunération pour alimenter le PER ?

§ 8ARBITRAGE·5 MIN

L'arbitrage PER / dividendes / rémunération pour les gérants TNS

La réponse n'est pas intuitive — et la plupart des comparatifs en ligne ne l'abordent même pas. Voici ce qu'il faut savoir.

Le piège des dividendes SARL soumis aux cotisations TNS

Depuis 2013, les dividendes versés par une SARL à un gérant majoritaire sont soumis aux cotisations SSI pour la part qui excède 10 % du capital social + primes d'émission + apports en compte courant.

Pour une SARL avec 10 000 € de capital, seuls les 1 000 premiers euros de dividendes sont exonérés de cotisations TNS. Au-delà, les dividendes sont traités comme de la rémunération — et ça change tout le calcul.

Au-delà de 10 % du capital, les dividendes perdent leur avantage

Si vos dividendes dépassent le seuil de 10 % du capital (courant pour les PME avec peu de capital), l'avantage fiscal des dividendes est partiellement neutralisé par les cotisations TNS. Dans ce cas, augmenter la rémunération (qui crée des droits retraite et augmente le plafond PER) et verser l'économie fiscale sur le PER peut être plus rentable que de distribuer des dividendes.

Cas pratique — Stéphane, gérant SARL IS, 200 k€ de bénéfice

Stéphane, 49 ans, gérant majoritaire d'une SARL de conseil IT à Nantes (capital 10 000 €). Bénéfice société : 200 000 €. Deux options :

  • Option A — Rémunération 100 000 € + dividendes 100 000 € : cotisations TNS sur la rémunération (~45 %) + cotisations TNS sur dividendes au-delà de 10 % du capital + IR sur les deux. Avantage : aucun blocage des sommes.
  • Option B — Rémunération 150 000 € + versement PER 30 000 € : cotisations TNS sur 150 000 €, mais la déduction PER économise ~12 000 € d'IR (TMI 41 %) et réduit aussi les cotisations SSI. Capital bloqué jusqu'à la retraite (sauf déblocage anticipé).

En passant de l'option A à l'option B, Stéphane économise 12 000 € d'IR et réduit ses cotisations SSI sur les dividendes. Le capital PER est bloqué — mais à 41 % de TMI, chaque euro versé lui rapporte 0,41 € immédiatement. Sur 15 ans, l'écart est considérable.

PER depuis la rémunération ou PERECO d'entreprise ?

Le PERin est alimenté par des versements personnels. La société ne verse pas directement dessus. En revanche, la SARL peut mettre en place un PERECO (PER d'entreprise collectif) et y verser un abondement employeur. Depuis la loi PACTE, le gérant majoritaire de SARL peut bénéficier du PERECO si l'entreprise emploie au moins un salarié (art. L.224-23 CMF). L'abondement est déductible pour la société et exonéré de charges sociales (dans la limite de 7 690 €).

Maintenant que l'arbitrage rémunération/dividendes est clair, un dernier profil mérite une attention particulière dans l'écosystème TNS : le conjoint collaborateur. C'est un angle mort dans 99 % des guides.

§ 9CONJOINT·5 MIN

Conjoint collaborateur : le PER oublié qui double la déduction familiale

Votre conjoint(e) travaille avec vous dans votre entreprise sans être rémunéré(e) ? Depuis la loi Pacte de 2019 (complétée par la loi Partage de la valeur 2023), le statut de conjoint collaborateur est obligatoire pour toute personne qui participe régulièrement à l'activité de son conjoint TNS sans être salariée ni associée (art. L.121-4 du Code de commerce).

Et c'est là que l'arbitrage devient intéressant : le conjoint collaborateur dispose de son propre plafond PER, calculé sur sa quote-part de revenus. Deux PER, deux plafonds, deux déductions. Un couple TNS peut ainsi optimiser sa déduction globale bien au-delà de ce qu'un seul contrat permet.

Base légale : art. 154 bis II du CGI + BOI-BNC-BASE-40-60-50-20 §210

Le conjoint collaborateur d'un exploitant TNS bénéficie de la déduction Madelin/PER sur sa quote-part de rémunération conventionnelle — généralement 1/3 ou 1/2 du PASS selon l'option choisie (art. L.662-1 du Code de la sécurité sociale). Cette quote-part devient l'assiette de son propre plafond art. 154 bis. Plancher applicable : 10 % du PASS N (4 806 € en 2026) même en cas de rémunération faible.

Concrètement — Laurent et Sylvie, couple d'artisans

Laurent, 46 ans, artisan boulanger à Reims, réalise 95 000 € de bénéfice BIC. Son épouse Sylvie, 44 ans, gère l'atelier le matin et la caisse l'après-midi depuis 12 ans. Elle a opté pour le statut de conjoint collaborateur avec assiette de cotisations 1/3 PASS (16 020 € en 2026).

Tableau comparatif : Contribuable — Assiette PER — Plafond 2026 — Économie TMI 30 % — Premier cas : Laurent (exploitant)
ContribuableAssiette PERPlafond 2026Économie TMI 30 %
Laurent (exploitant)Bénéfice 95 000 €16 541 €4 962 €
Sylvie (conjointe collaboratrice)Quote-part 16 020 €4 806 € (plancher)1 442 €
Total couple—21 347 €6 404 €

Concrètement, Sylvie ne « touche » pas de rémunération directe — mais elle peut alimenter son propre PER avec les ressources du foyer, dans la limite du plancher TNS de 4 806 €. Pour le couple, c'est 1 442 € d'économie d'impôt supplémentaire par an, soit 28 800 € sur 20 ans. Et en cas de divorce ou de décès, Sylvie conserve un patrimoine retraite propre — c'est aussi un outil de protection personnelle.

Trois pièges spécifiques au conjoint collaborateur

  • Pas de mutualisation sous l'art. 154 bis : les plafonds du chef d'entreprise et du conjoint collaborateur restent individuels. Laurent ne peut pas « prêter » son plafond à Sylvie. La mutualisation n'est possible que sur l'art. 163 quatervicies (plafond global, case 6QR).
  • Plafond plafonné à la quote-part choisie : si Sylvie a opté pour la cotisation sur 1/3 PASS, son plafond PER est calculé sur cette base. Le plancher 4 806 € s'applique, mais pas le calcul complet 10 % + 15 % d'un TNS à bénéfice réel. Choisir une quote-part plus élevée (1/2 PASS ou plus) élargit l'assiette fiscale du PER.
  • Divorce et succession : le PER du conjoint collaborateur suit le régime matrimonial. En communauté réduite aux acquêts, il entre dans la masse commune lors de la liquidation (Cass. 1re civ. 31 mars 1992, n° 90-16.343, arrêt Praslicka transposé au PER par analogie). Pensez à adapter la clause bénéficiaire après toute rupture.

Après le conjoint collaborateur, les professions libérales ont aussi leurs particularités. Voyons comment les caisses obligatoires s'articulent avec le PER.

§ 10PROS LIBÉ.·6 MIN

Professions libérales et caisses de retraite obligatoires

Vous êtes médecin, avocat, infirmier ou expert-comptable ? Vous cotisez déjà à une caisse de retraite dédiée — CARMF, CNBF, CARPIMKO, CAVEC, CIPAV… Et vous vous demandez probablement : est-ce que ces cotisations réduisent mon plafond PER ?

Bonne nouvelle : non. Vos cotisations obligatoires aux caisses professionnelles ne s'imputent pas sur le plafond de déduction PER. Votre enveloppe reste intacte.

Tableau comparatif : Type de cotisation — Imputation sur le plafond PER ? — Commentaire — Premier cas : Cotisations obligatoires caisse (RBL, RCI)
Type de cotisationImputation sur le plafond PER ?Commentaire
Cotisations obligatoires caisse (RBL, RCI)NonDéductibles en charges professionnelles, pas en plafond retraite
Régimes complémentaires facultatifs caisse (art. 154 bis)OuiS'imputent sur le plafond TNS disponible
Contrats Madelin existantsOuiS'imputent sur le plafond TNS disponible
Versements PER individuelOuiS'imputent sur le plafond TNS disponible

Concrètement, un médecin généraliste qui paie 15 000 € de cotisations CARMF obligatoires garde l'intégralité de son plafond PER. Il peut cumuler cotisations obligatoires (déductibles en frais) et versements PER (déductibles via l'art. 154 bis CGI) sans que les uns empiètent sur les autres.

Le PER apporte ce que les caisses ne donnent pas : une sortie en capital à la retraite, la possibilité de transmettre l'épargne aux bénéficiaires désignés en cas de décès, et un choix total sur l'allocation des fonds (ETF, SCPI, fonds euros). C'est le complément idéal.

Après les professions libérales, un autre profil mérite une attention particulière : les exploitants agricoles. Leur régime fiscal est distinct — et il offre des leviers que personne n'aborde.

§ 11AGRICULTEUR·5 MIN

Agriculteur MSA : l'art. 154 bis-0 A et la moyenne triennale

Vous êtes exploitant agricole, affilié à la MSA, avec un bénéfice agricole (BA) qui varie fortement d'une année à l'autre ? Vous connaissez probablement la moyenne triennale — l'outil qui lisse votre fiscalité sur trois ans. Et vous savez peut-être que la « retraite Madelin agricole » (aujourd'hui PER) est déductible. Mais avez-vous pensé à combiner les deux ?

Les exploitants agricoles bénéficient d'un régime parallèle à celui des TNS commerçants/libéraux : l'article 154 bis-0 A du CGI. Il applique la même formule (10 % + 15 %), mais avec des spécificités agricoles que la doctrine BOFiP a précisées dans des paragraphes que peu lisent.

Spécificités du régime agricole (art. 154 bis-0 A + BOI-BA-BASE-20-30-40-20)

  • Formule identique : 10 % du bénéfice agricole (plafonné 8 PASS) + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS. Plafond max 2026 : 88 911 €. Plancher : 4 806 €.
  • Bénéfice de référence : bénéfice agricole imposable au réel (normal ou simplifié). Le régime du micro-BA (forfait 87 % d'abattement) ne permet pas la déduction 154 bis-0 A.
  • Moyenne triennale (art. 75-0 B CGI) : option de lissage fiscal qui réduit la volatilité de l'assiette et donc du plafond PER annuel. Sur trois années de bénéfice 50/150/100 k€, la moyenne = 100 k€ — plafond PER stable de 17 791 € chaque année, au lieu de l'effet yo-yo.
  • Imputation de l'abondement PERECO-agri : si votre GAEC ou EARL emploie des salariés et finance un PERECO, les versements employeur réduisent votre plafond personnel 154 bis-0 A à due concurrence (art. 154 bis al. 4). Arbitrage global à surveiller.

Concrètement — Mathieu, éleveur bovin en EARL

Mathieu, 39 ans, exploite une EARL laitière dans la Mayenne (120 vaches, 110 hectares). Ses bénéfices agricoles varient selon les cours du lait et les aides PAC : 2023 = 35 000 €, 2024 = 110 000 €, 2025 = 65 000 €. Il a opté pour la moyenne triennale.

Tableau comparatif : Année — Bénéfice réel — Moyenne triennale — Plafond PER 2026 (sur moyenne) — Premier cas : 2023
AnnéeBénéfice réelMoyenne triennalePlafond PER 2026 (sur moyenne)
202335 000 €——
2024110 000 €——
202565 000 €70 000 €10 291 €
2026 (prévision 80 k€)80 000 €85 000 €14 041 €

Concrètement, en optant pour la moyenne triennale, Mathieu stabilise son plafond PER autour de 10-14 k€/an. Il sait à l'avance combien verser — un confort qui change tout pour un agriculteur dont le cash-flow est volatil. À TMI 30 %, chaque versement de 15 000 € lui économise 4 500 € d'IR et constitue un complément de retraite bienvenu (la pension MSA moyenne d'un exploitant est inférieure à 1 000 €/mois — DREES 2024).

Stratégie du bon millésime : verser en année haute, rattraper en année basse

La moyenne triennale n'interdit pas de moduler les versements. En pratique, un agriculteur malin verse au maximum l'année où son bénéfice est élevé (TMI 41 % par exemple après une année record) et rien l'année où la trésorerie est tendue. Avec le report des plafonds (3 ans historique, 5 ans pour les plafonds générés à partir de 2026), le rattrapage est possible sans perdre de déduction.

Cas particulier : la dotation pour épargne de précaution (DÉP)

Depuis la LF 2019, les exploitants agricoles peuvent déduire jusqu'à 50 000 €/an de leur bénéfice au titre de la dotation pour épargne de précaution (DEP, art. 73 du CGI). Cette déduction est cumulable avec le plafond PER. Un exploitant avec 150 k€ de bénéfice peut donc optimiser sur deux leviers :

  • DEP : jusqu'à 50 000 € mis en épargne de précaution (comptes DEP dédiés), à réutiliser en cas d'aléa climatique, sanitaire ou économique.
  • PER : jusqu'à 30 291 € sur un bénéfice de 150 k€ (plafond TNS 154 bis-0 A).
  • Total déduit : jusqu'à 80 291 € d'assiette fiscale réduite — 24 087 € d'économie d'IR à TMI 30 %, 32 919 € à TMI 41 %.

Passons maintenant aux auto-entrepreneurs — un statut très populaire mais dont les règles PER sont mal comprises par une majorité des nouveaux indépendants.

§ 12AUTO-ENT.·4 MIN

Auto-entrepreneurs : attention au versement libératoire

Vous êtes auto-entrepreneur et vous envisagez d'ouvrir un PER ? Bonne idée — mais il y a un piège que beaucoup ignorent. L'avantage fiscal de la déduction ne fonctionne que si vous êtes imposé au barème progressif de l'IR.

Versement libératoire = déduction nulle

Si vous avez opté pour le versement libératoire de l'IR (prélèvement forfaitaire sur le chiffre d'affaires : 1 % pour les ventes, 1,7 % pour les services BIC, 2,2 % pour les BNC), vos versements PER ne génèrent aucune déduction fiscale. Vous payez l'IR sur votre CA sans passer par le barème progressif : la déduction sur le revenu imposable est sans objet.

Si votre TMI au barème est supérieure au taux libératoire, basculer vers le barème progressif et ouvrir un PER peut être plus avantageux globalement. Faites le calcul.

Pour l'auto-entrepreneur au barème IR, le revenu de référence est le chiffre d'affaires après abattement micro : 50 % pour les BIC services, 71 % pour les BIC ventes, 34 % pour les BNC.

Prenons Camille, 38 ans, graphiste freelance en micro-BNC avec 40 000 € de CA. Son revenu retenu = 40 000 × (1 − 34 %) = 26 400 €. Son plafond PER = max(10 % × 26 400, plancher 4 806) = 4 806 €. Le PER est utile, mais avec un plafond bien plus limité qu'un TNS au régime réel.

Avant d'aborder les changements de 2026, un dernier profil mérite une analyse approfondie — et c'est l'un des plus négligés de toute la littérature PER : les indépendants qui partent ou reviennent de l'étranger.

§ 13NON-RÉSIDENT·6 MIN

Non-résidents TNS : exit tax hors champ et piège US PFIC

Vous envisagez de vous expatrier au Portugal, en Belgique, en Suisse ? Vous revenez d'une mission aux États-Unis avec des versements PER faits pendant votre résidence américaine ? Vous êtes frontalier franco-suisse avec deux activités ? Les règles ci-dessous résolvent les cas que nous voyons revenir en rendez-vous depuis 2 ans.

Déduction PER : strictement liée à la résidence fiscale française

Tant que vous êtes résident fiscal français au sens de l'art. 4 B du CGI, vous bénéficiez de la déduction 154 bis (si vos revenus pro restent taxables en France) et 163 quatervicies (sur votre revenu global). Dès le départ à l'étranger, la déduction s'éteint — sauf si vos revenus pros français continuent d'être imposés en France (ex. résidence fiscale à l'étranger mais activité TNS française avec établissement stable, art. 164 B CGI).

Le PER existant reste actif, même en cas d'expatriation

Partir à l'étranger n'oblige pas à clôturer votre PER. Il reste en gestion chez l'assureur, continue à capitaliser, et pourra être racheté à la retraite ou à l'acquisition d'une RP en France. Seule la déduction fiscale à l'entrée n'est plus possible pendant la période d'expatriation. Les plafonds inutilisés sont gelés mais peuvent être réactivés au retour (dans la limite du report 3 ou 5 ans selon leur année de génération).

Concrètement — François, consultant qui s'installe à Lisbonne

François, 45 ans, consultant en organisation, EI BNC 120 000 € à Paris. Il décide de s'expatrier à Lisbonne en juin 2026 pour raisons familiales (conjointe portugaise). Il détient un PER de 85 000 €, avec 25 000 € de plafond PER inutilisé sur les 3 dernières années (régime historique 3 ans).

  • Versement final avant départ (juin 2026) : il verse 25 000 € pour consommer ses reliquats, sur son bénéfice BNC 2026 déclaré en France. Économie IR à TMI 41 % : 10 250 €. Dernière opération déductible avant expatriation.
  • Pendant son séjour au Portugal (2026-2032) : PER gelé chez l'assureur français, capitalisation continue, mais aucune déduction nouvelle possible. Plafonds reportés non utilisables pendant l'expatriation.
  • Sortie à la retraite (65 ans, s'il reste au Portugal) : imposable au Portugal selon la convention FR-PT art. 18. La France applique une exemption avec crédit d'impôt. PS à 0 % si affiliation EEE (Règl. 883/2004).
  • S'il rentre en France avant 65 ans : réactivation de la déduction 154 bis sur les nouveaux revenus BNC français, plafonds antérieurs définitivement perdus (sauf reliquats dans la limite du report 3 ou 5 ans).

Le PER échappe à l'exit tax — et c'est un vrai avantage

L'exit tax (art. 167 bis du CGI) vise uniquement les plus-values latentes sur titres et droits sociaux au départ de France quand le contribuable détient plus de 800 000 € de participations ou plus de 50 % dans une société. Le PER, qui est un droit contractuel sur un contrat d'épargne retraite (pas des titres), est hors du champ de l'exit tax.

Concrètement, un dirigeant TNS qui part à Lisbonne avec 800 k€ d'actions de sa société peut arbitrer une partie vers son PER avant le départ (via rémunération + versement PER) pour réduire l'assiette taxable à l'exit tax. C'est un levier peu documenté mais parfaitement légal, à condition de pouvoir justifier d'une logique patrimoniale (pas d'exclusivité fiscale — risque L.64 LPF).

Sortie PER en expatriation : la convention fiscale tranche

Lorsque vous rachetez votre PER en capital ou percevez une rente depuis l'étranger, la fiscalité dépend de la convention fiscale entre la France et votre pays de résidence. En principe, l'article 18 du modèle OCDE attribue l'imposition des pensions privées à l'État de résidence. En pratique :

Tableau comparatif : Pays de résidence — Traitement du PER sortie — PS France ? — Premier cas : Portugal (hors RNH sur PER depuis 2024)
Pays de résidenceTraitement du PER sortiePS France ?
Portugal (hors RNH sur PER depuis 2024)Imposable au Portugal, exonéré en France (crédit d'impôt)0 % si affilié régime EEE (Règl. 883/2004)
BelgiqueImposable en Belgique, exonéré en France0 % si affilié sécu belge
SuisseImposable en Suisse (art. 18 convention 1966)0 % si LAMal (Règl. 883/2004 étendu)
États-UnisImposable aux USA (traité FR-USA art. 18)Retenue à la source France possible selon cas
MonacoRégime spécifique à qualifier selon nationalité, historique et nature de la sortieÀ analyser séparément selon revenu et affiliation
Émirats Arabes UnisImposition France (pas de convention pensions)Retenue 20 % par défaut

Concrètement, un TNS qui s'installe au Portugal ou en Belgique verra son PER taxé localement à la sortie (souvent à des taux plus favorables), et bénéficiera d'un crédit d'impôt pour éviter la double imposition. Dans les pays sans convention pensions (EAU, certains pays du Golfe), la France applique une retenue à la source de 20 % par défaut — à moins d'un dégrèvement spécifique.

Le piège US : PFIC et lump sum taxation

Si vous êtes US person (citoyen américain, résident permanent, ou contribuable IRS) et que votre PER est investi en unités de compte (ETF, OPCVM, SCPI), l'IRS peut requalifier chaque support en Passive Foreign Investment Company (PFIC) au titre de l'IRC § 1291. Conséquence : taxation punitive sur les plus-values, intérêts, distributions, avec déclaration annuelle obligatoire (formulaire 8621).

Autre point : le traité fiscal France-USA (article 18) permet aux USA de taxer l'intégralité du rachat PER en lump sum (capital en une fois) au taux d'imposition fédéral ordinaire, même si le versement avait été déduit en France. Pour une US person, la sortie en rente fractionnée est généralement plus favorable que la sortie en capital.

Recommandation : si vous êtes concerné par ces règles, évitez les supports en UC sur le PER et privilégiez le fonds euros (non classé PFIC). Ou mieux, faites-vous accompagner par un CGP et un CPA spécialiste des expatriés.

Frontaliers franco-suisses : l'avenant 27 juin 2023

Les travailleurs frontaliers (résidents français travaillant en Suisse) bénéficient d'un régime conventionnel spécifique (convention fiscale 1966, 10 cantons en régime frontalier sur les 26). L'avenant du 27 juin 2023 a élargi la tolérance télétravail à 40 % du temps sans remise en cause du statut. Pour le PER : la résidence fiscale reste en France tant que l'activité salariée suisse est exercée sous le régime frontalier — le TNS parallèle en France bénéficie donc du plafond 154 bis normal.

Après ce panorama des non-résidents, passons aux changements de la LFI 2026.

§ 14LF 2026·5 MIN

LFI 2026 : trois changements à anticiper pour les TNS

La loi de finances 2026 modifie les règles du jeu. Trois changements concernent directement les TNS — et deux d'entre eux créent une urgence.

Changement 1 : report des plafonds porté à 5 ans (non rétroactif)

Jusqu'en 2025, vous pouviez reporter vos plafonds non utilisés sur 3 ans. La LFI 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) étend ce report à 5 ans — mais uniquement pour les plafonds générés à partir du 1er janvier 2026. Les reliquats antérieurs (plafonds 2023, 2024, 2025) restent soumis au régime historique de 3 ans. C'est une précision majeure que 95 % des concurrents omettent.

Concrètement, si vous lisez votre avis d'imposition en 2026, vous devez distinguer deux régimes qui cohabitent :

Tableau comparatif : Plafond — Régime de report — Expiration — À utiliser avant — Premier cas : Plafond 2023 (reliquat)
PlafondRégime de reportExpirationÀ utiliser avant
Plafond 2023 (reliquat)3 ansFin 202631 décembre 2026
Plafond 2024 (reliquat)3 ansFin 202731 décembre 2027
Plafond 2025 (reliquat)3 ansFin 202831 décembre 2028
Plafond 20265 ans (LFI 2026)Fin 203131 décembre 2031
Plafond 2027 et suivants5 ans+5 ans—

Pour un TNS avec un bénéfice de 150 000 € et un plafond moyen non utilisé de 15 000 €/an sur les 3 dernières années (régime historique), le potentiel de rattrapage en 2026 atteint 30 291 € (plafond 2026) + 45 000 € (3 ans × 15 000 €) = 75 291 € déductibles en une seule année. Et avec la mécanique LFI 2026, ce rattrapage se stabilisera progressivement sur 5 ans à partir de 2031.

Changement 2 : fin de la déductibilité après 70 ans

À partir du 1er janvier 2026, les versements PER effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Si vous approchez de cet âge, l'urgence de maximiser vos versements est réelle. Chaque année qui passe, c'est un plafond de déduction perdu.

Changement 3 : prélèvements sociaux relevés à 18,6 % sur les gains

Les prélèvements sociaux sur les gains du PER sont fixés à 18,6 % en 2026 (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + prélèvement de solidarité 7,5), et le PFU applicable à la fraction taxable s'établit à 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS, art. 200 A CGI). La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) a relevé les PS du PER de 17,2 % à 18,6 % (PER non listé dans les exceptions ; seule l'assurance-vie reste à 17,2 %).

Concrètement, un TNS à TMI 41 % qui déduit 30 000 € économise 12 300 € d'impôt à l'entrée. Le gain reste très net — surtout si votre TMI baisse à la retraite.

Hagnéré Patrimoine

Report 5 ans, timing avant 70 ans — comment exploiter la LFI 2026 ?

Les nouvelles règles 2026 changent le calcul d'opportunité du PER TNS. Un conseiller en architecture ouverte intègre le report 5 ans et les seuils d'âge dans votre simulation et calibre vos versements.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 15SORTIE·5 MIN

Fiscalité à la sortie : les pièges à connaître avant de verser

On parle beaucoup de l'économie d'impôt à l'entrée du PER. Mais l'État récupère sa part à la sortie. Selon le mode — capital ou rente — la facture n'est pas du tout la même. Autant le savoir avant de verser.

Les règles 2026 : PFU 31,4 % et PS 18,6 %

En 2026, les prélèvements sociaux (PS) applicables aux gains du PER sont à 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + prélèvement de solidarité 7,5 ; art. L.136-6 et suivants CSS) et le PFU (flat tax) s'établit à 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS, art. 200 A CGI). La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) a relevé les PS du PER de 17,2 % à 18,6 % ; seule l'assurance-vie reste à 17,2 %. La sortie en rente depuis un PER assurance bénéficie en outre du régime assurantiel.

Tableau comparatif : Type de sortie — Versements déduits — Versements non déduits — PS — Premier cas : Capital
Type de sortieVersements déduitsVersements non déduitsPS
CapitalBarème IR (part = capital)Exonéré d'IR18,6 % sur les gains (PFU 31,4 %)
Rente (PER assurance)Barème IR − abattement 10 %Fractions imposables selon âge18,6 % (régime assurantiel)
Rente (PER compte-titres)Barème IR − abattement 10 %Fractions imposables selon âge18,6 % (régime général)
Résidence principale (anticipé)Barème IR sur capital + 18,6 % PS gainsCapital exonéré + 18,6 % PS gains18,6 % sur les gains

Cas concret — Isabelle, avocate 55 ans TMI 30 % sort 80 000 € en capital. Ces 80 000 € se décomposent en 45 000 € de versements déduits antérieurement et 35 000 € de gains capitalisés. Elle paie donc l'IR au barème progressif sur les 45 000 € de versements, sans abattement de 10 % : 45 000 × 30 % = 13 500 €. Et 31,4 % de PFU sur les 35 000 € de gains = 10 990 €. Total : 24 490 €. Si elle avait choisi la rente, elle aurait été taxée au barème chaque année avec abattement 10 %, mais à vie.

Le piège du TMI identique entrée/sortie

Un TNS à TMI 30 % qui anticipe de rester à TMI 30 % à la retraite (loyers, rentes, dividendes) réalise un gain nul sur la déduction PER — hors effet de capitalisation. Dans ce cas, l'assurance-vie peut être supérieure : meilleure liquidité, abattement 4 600 € / 9 200 € après 8 ans, avantage successoral identique.

L'avantage réel même à TMI stable : l'effet de levier temporel

Même si le TMI à la sortie est identique à l'entrée, la somme économisée sur l'impôt à l'entrée reste investie pendant toute la durée du contrat. Sur 20 ans à 5 % de rendement annuel, 10 000 € d'économie fiscale réinvestie représente 26 533 €. Ce levier temporel justifie souvent le PER même en l'absence de différentiel de TMI.
§ 16IFI·5 MIN

IFI phase épargne : le piège du PER bancaire que personne n'explique

Vous avez un patrimoine immobilier au-delà de 1,3 M€ ? Vous êtes redevable de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI). Et vous envisagez de loger des SCPI ou des parts de SCI dans votre PER ? Faites attention — selon le type de PER que vous choisissez, vous économisez ou vous payez plusieurs milliers d'euros d'IFI par an. Pour un TNS patrimonial, c'est l'un des angles les plus rentables du PER.

Tableau comparatif : Type de PER — Nature juridique — IFI phase épargne — IFI après liquidation — Premier cas : PER assurance (Linxea, Lucya, Yomoni…)
Type de PERNature juridiqueIFI phase épargneIFI après liquidation
PER assurance (Linxea, Lucya, Yomoni…)Contrat d'assurance groupe (non rachetable)Exonéré (art. 972 CGI)Intégré à la fraction immo
PER bancaire (CTO retraite)Compte-titres spécialTaxable dès le 1er €Taxable (idem)

Concrètement, la différence tient à la nature juridique : un PER assurance est considéré comme un contrat non rachetable tant que la retraite n'est pas liquidée (sauf les 7 cas de l'art. L.224-4 CoMoFi). L'article 972 du CGI exclut donc cette valeur de l'assiette IFI en phase d'épargne. Le PER bancaire, au contraire, est un compte-titres classique qui reste pleinement taxable à l'IFI sur sa fraction immobilière dès le premier euro.

Ce que dit vraiment la RM Malhuret du 9 février 2023

La réponse ministérielle Malhuret (question écrite n° 01956, réponse publiée au JO Sénat du 9 février 2023) retient un critère unique : le caractère rachetable ou non rachetable du contrat au sens de l'art. 972 CGI. Tant que le PER assurance n'est pas rachetable, aucune valeur n'est imposable à l'IFI. Mais la même réponse ajoute que « la simple existence de l'événement permettant le déblocage suffit à donner au contrat un caractère rachetable » : dès que le titulaire se trouve dans l'un des cas de l'art. L. 224-4 CMF — un projet d'acquisition de la résidence principale, notamment — ou dès qu'il a atteint l'âge requis pour demander la liquidation du plan, le contrat est réputé rachetable et sa fraction immobilière réintègre l'assiette IFI, même en l'absence de rachat effectif. L'exonération n'est donc ni automatique ni définitive.

Concrètement — Philippe, chirurgien libéral patrimonial

Philippe, 54 ans, chirurgien orthopédiste à Lyon, possède un patrimoine immobilier de 2,4 M€ (résidence principale 800 k€, locatif 1,2 M€, SCPI 400 k€). IFI payé en 2025 : 8 600 €. Il envisage de diversifier 300 k€ supplémentaires en SCPI.

  • Option A — SCPI en direct : +300 k€ d'assiette IFI. Son patrimoine taxable se situant dans la tranche à 0,70 % du barème de l'art. 977 CGI, cela représente +2 100 € d'IFI par an.
  • Option B — SCPI logées dans un PER assurance : exonération d'IFI tant que le contrat reste non rachetable. Philippe a 54 ans : cette fenêtre se ferme à l'âge légal de départ à la retraite, soit environ 10 ans, et plus tôt encore s'il ouvre un cas de déblocage (achat de résidence principale, invalidité…). Économie d'IFI attendue : de l'ordre de 21 000 €, à laquelle s'ajoute la déduction des versements (jusqu'à 88 911 € dans l'année, à TMI 45 % = 40 010 € d'IR économisés la première année).

L'arbitrage reste favorable à Philippe — de l'ordre de 60 000 € de gain (IFI évité + déduction IR), avec au bout un capital retraite bloqué mais transmissible. Mais il repose sur une exonération d'IFI temporaire, pas sur un abri permanent.

Piège : l'IFI revient bien avant la liquidation du PER

Le basculement dans l'assiette IFI n'attend pas la demande de liquidation. Selon la réponse ministérielle Malhuret du 9 février 2023, le contrat devient rachetable — donc imposable pour sa fraction immobilière — dès qu'un cas de déblocage de l'art. L. 224-4 CMF est ouvert (projet d'acquisition de la résidence principale, invalidité, expiration des droits au chômage…) ou dès que le titulaire a atteint l'âge requis pour demander la liquidation du plan. Retarder formellement la liquidation ne prolonge donc pas l'exonération d'IFI au-delà de l'âge légal de départ à la retraite. Une poche immobilière logée dans un PER doit être calibrée avec un conseil, et non traitée comme un abri IFI durable.

Pour approfondir cette stratégie, consultez notre guide dédié PER et IFI. Passons maintenant à un autre sujet critique : le transfert de votre ancien Madelin vers un PER moderne.

§ 17TRANSFERT·4 MIN

Transférer son Madelin vers un PER : procédure pas à pas

Vous payez peut-être 0,90 % de frais de gestion sur un Madelin qui vous oblige à verser chaque année et vous interdit de sortir en capital. De l'autre côté, un PER en ligne à 0,50 % vous offre la flexibilité totale. Le transfert est gratuit si votre contrat a plus de 10 ans (ce qui est souvent le cas des Madelin actifs).

Art. L.224-6 CMF : les règles du transfert

Transfert d'un Madelin vers un PER individuel : gratuit si contrat > 10 ans (frais de transfert plafonnés à 1 % si moins de 10 ans). L'assureur doit exécuter le transfert dans un délai maximal de 4 mois (en pratique 4-8 semaines). Les versements déduits conservent leur statut fiscal : à la sortie, ils seront taxés au barème IR (capital) ou comme rente (abattement 10 %).

Quand faut-il transférer son Madelin ?

Tableau comparatif : Situation — Verdict — Raison — Premier cas : Madelin avec frais élevés ou support limité
SituationVerdictRaison
Madelin avec frais élevés ou support limité✅ TransférerLe PER offre de meilleures conditions (ETF, fonds euros)
Madelin avec table de mortalité garantie ancienne (avant 2015)⚠️ Simuler avantLa table garantie peut donner une rente supérieure au PER actuel
Sortie en capital souhaitée✅ TransférerLe Madelin impose la rente — le PER permet 100 % en capital
À moins de 5 ans de la retraite⚠️ À évaluerFrais de transfert + délai jusqu'à 4 mois + table mortalité
Versements encore actifs sur Madelin✅ Transférer et continuer sur PERMême plafond fiscal, flexibilité supérieure

Avantage souvent ignoré : la table de mortalité garantie du Madelin

Si votre Madelin a été souscrit avant 2015, il utilise très probablement une table de mortalité TGH05/TGF05 garantie à la souscription. Ces tables, calculées sur une espérance de vie plus courte qu'aujourd'hui, donnent des rentes plus élevées que les tables actuelles. Avant de transférer, faites simuler le montant de rente des deux côtés. Si l'avantage est significatif et que vous souhaitez une rente à la sortie, le maintien du Madelin peut être préférable.

Procédure en 5 étapes

  1. Vérifier l'ancienneté du contrat : si > 10 ans (cas des Madelin les plus anciens), le transfert est gratuit.
  2. Choisir le PER d'accueil : le PER individuel cible doit être préalablement ouvert. Vous pouvez ouvrir un PER sans premier versement.
  3. Envoyer la demande de rachat-transfert : courrier recommandé AR à votre assureur Madelin avec les coordonnées du PER d'accueil.
  4. Délai de traitement : 2 mois maximum légalement. En pratique, 4-8 semaines.
  5. Les fonds arrivent sur le compartiment C1 (versements volontaires) du PER d'accueil, avec le statut fiscal d'origine (déduits = imposables à la sortie).
§ 18SUCCESSION·6 MIN

Succession PER TNS : le piège des 70 ans et la clause démembrée

Votre PER, c'est votre retraite — mais c'est aussi, en cas de décès, une enveloppe transmissible à vos proches. Le mécanisme ressemble à celui de l'assurance-vie, mais avec trois différences critiques que la majorité des guides occultent. Pour un TNS, ces différences peuvent coûter ou faire gagner 30 000 à 80 000 € selon l'âge et la configuration familiale.

Décès avant 70 ans : régime art. 990 I CGI (assurance-vie bis)

Si vous décédez avant 70 ans et que vous détenez un PER assurance, vos bénéficiaires désignés (conjoint, enfants, compagne, frères et sœurs) reçoivent l'épargne hors succession, sous le régime de l'art. 990 I CGI :

  • Abattement de 152 500 € par bénéficiaire (en cumul AV + PER).
  • Au-delà : 20 % jusqu'à 700 000 € ; 31,25 % au-delà.
  • Conjoint survivant et partenaire PACS : exonération totale (loi TEPA de 2007).

Concrètement, un TNS de 65 ans qui décède avec un PER de 300 000 € et deux enfants bénéficiaires transmet 0 € de droits de succession (chaque enfant reçoit 150 000 € — sous le seuil des 152 500 €). Là où, sans PER, ces 300 000 € seraient tombés dans l'actif successoral au barème droits de succession (jusqu'à 45 % en ligne directe au-delà de 1,8 M€, et un abattement parent-enfant limité à 100 000 € par enfant).

Décès après 70 ans : le piège art. 757 B — l'intégralité taxable

Différence majeure avec l'assurance-vie

Pour un PER assurance, l'article 757 B CGI frappe l'intégralité de la valeur de rachat au décès (primes + gains confondus), après un seul abattement global de 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires (primes + gains compris).
Pour une assurance-vie, l'art. 757 B ne frappe que les primes versées après 70 ans, et les gains restent exonérés.
Le PER après 70 ans est donc fiscalement plus lourd que l'assurance-vie pour la transmission — angle occulté par 90 % des guides généralistes.

Concrètement — Gérard, 72 ans, TNS retraité

Gérard, ancien pharmacien libéral, détient un PER assurance de 280 000 € (dont 180 000 € de versements + 100 000 € de gains latents). Deux enfants bénéficiaires, abattement succession parent-enfant déjà consommé par une donation antérieure.

Tableau comparatif : Étape — Calcul — Montant — Premier cas : Valeur PER au décès
ÉtapeCalculMontant
Valeur PER au décèsIntégrale280 000 €
Abattement 757 BGlobal, partagé− 30 500 €
Assiette taxable280 000 − 30 500249 500 €
Part par enfant (2 enfants)249 500 / 2124 750 €
Droits succession ligne directe (barème art. 777 CGI)Barème progressif appliqué à 124 750 €23 144 €
Total droits 2 enfants—46 289 €

Concrètement, Gérard laisse à ses enfants un PER de 280 000 € qui génère 46 289 € de droits de succession. S'il avait fractionné les rachats de son PER avant son 70e anniversaire et versé ces mêmes sommes en assurance-vie avant 70 ans, elles auraient relevé de l'art. 990 I : 140 000 € par enfant, sous l'abattement de 152 500 €, soit 0 € de prélèvement (hors impôt sur le revenu dû lors des rachats du PER). Même versées en assurance-vie après 70 ans, seules les primes (180 000 €) auraient été taxées, gains exonérés : (180 000 − 30 500) ÷ 2 = 74 750 € par enfant, soit environ 26 289 € de droits au total — 20 000 € économisés par rapport au PER.

La stratégie du fractionnement avant 70 ans

Un TNS patrimonial dont le PER dépasse 150 000 € et qui approche 70 ans doit envisager une sortie fractionnée en capital avant son 70e anniversaire : récupérer progressivement une partie du PER (en lissant la fiscalité TMI sur 3 à 5 ans), puis réinvestir les fonds dans une assurance-vie alimentée avant 70 ans. Gain succession potentiel : 30 000 à 80 000 € selon le capital et le nombre de bénéficiaires.

Clause bénéficiaire démembrée : le levier transmission pour TNS patrimonial

La clause bénéficiaire démembrée (usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants) est transposable au PER assurance, même si elle reste moins répandue que sur l'AV. Le conjoint usufruitier perçoit le capital en quasi-usufruit (art. 587 C. civ.), les enfants nus-propriétaires ont une créance de restitution sur la succession future du conjoint. Au décès du premier conjoint :

  • Conjoint usufruitier : exonéré 990 I (loi TEPA).
  • Enfants nus-propriétaires : abattement 152 500 € chacun, calculé au prorata de la nue-propriété selon l'âge de l'usufruitier (art. 669 CGI).

Point d'alerte : Cass. 19/09/2024 et art. 774 bis CGI

La Cass. 3e civ. 19 septembre 2024 n° 22-18.687 a confirmé que l'usufruitier de somme d'argent devient quasi-usufruitier avec une dette de restitution aux nus-propriétaires. L'article 774 bis CGI (LF 2024) a restreint la déductibilité de ces dettes au décès de l'usufruitier, mais seulement pour l'usufruit que le défunt s'était « réservé » ; le BOFiP en exclut expressément le bénéficiaire en usufruit d'une assurance-vie (BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20 § 275), sans nommer le PER. Risque concret : la créance de restitution issue d'un PER pourrait ne pas être déductible lors du second décès, générant une double imposition. Tant que la doctrine BOFiP n'aura pas clarifié ce point spécifique PER, la clause démembrée sur PER doit être utilisée avec prudence et conseil notarial.

Pour plus de détails sur la transmission PER, consultez notre guide dédié PER et succession. Passons maintenant aux contrats eux-mêmes : quels PER sont les mieux adaptés pour un TNS en 2026 ?

§ 19TOP 8 PER·5 MIN

Top 8 PER 2026 pour TNS : comparatif et critères de choix

Il existe plus de 100 PER individuels commercialisés en France. Pour un TNS, tous ne se valent pas. Les critères décisifs sont : les frais (les plus compétitifs du marché), la solidité de l'assureur, l'univers d'investissement (ETF, SCPI, titres vifs), et la qualité de la gestion pilotée si vous déléguez. Voici un comparatif synthétique à jour d'avril 2026.

Tableau comparatif : PER — Assureur — Frais versement — Frais UC — SCPI — Spécificité TNS — Premier cas : Linxea Spirit PER
PERAssureurFrais versementFrais UCSCPISpécificité TNS
Linxea Spirit PERSpirica (Crédit Agricole)0 %0,50 %30+Univers le plus riche (ETF, titres, SCI)
Lucya Cardif PERBNP Paribas Cardif0 %0,50–0,75 %20+Solidité du groupe BNP Paribas
Placement-direct Darjeeling PERSwissLife0 %0,60 %Oui + SCICatalogue vaste (1 000+ UC)
Meilleurtaux Liberté PERSuravenir / Apicil0 € (10 € adhésion)0,60 %OuiDouble choix d'assureur
Yomoni Retraite+ PERSuravenir / Arkéa0 %1,60 % tout comprisNon100 % ETF pilotée, profil TNS autonome
Nalo Patrimoine PERGenerali Vie0 %~1,55 %NonProjection par projet, Generali solide
Corum PERCorum Life (LU)0 % (frais SCPI)VariableCorum Origin/XL/EurionOrienté SCPI + obligataire
Ramify PERApicil / Intencial0 %~1,3 %Oui + Private EquityMulti-actifs haut de gamme

Grille de choix par profil TNS

TNS jeune < 40 ans (TMI 30–41 %)

Linxea Spirit PER en gestion libre 100 % ETF monde (MSCI World + S&P 500 + émergents). Horizon 20-30 ans, frais tout compris 0,80 % (0,50 % assureur + 0,30 % TER ETF), maximise la capitalisation.

TNS profil modéré 40–55 ans

Linxea Spirit PER en mix 60 % ETF / 30 % SCPI / 10 % fonds euros, ou Ramify si délégation souhaitée. La poche SCPI capte l'exo IFI phase épargne — essentielle pour un TNS patrimonial.

TNS proche retraite 55–65 ans

Gestion pilotée horizon prudente (Lucya Cardif, Yomoni défensif). Ajouter fractionnement rachat pour étaler fiscalité sortie sur plusieurs années et éviter la bascule CEHR/CDHR.

Dirigeant SARL/EURL patrimonial

PER individuel Linxea Spirit ou Lucya + étude d'un PER obligatoire (PERO) via la société pour versements employeur déductibles du résultat. Arbitrage avec l'expert-comptable.

Signaux d'alerte : les PER à éviter

  • Frais d'entrée supérieurs à 3 % (anciens PER bancaires des réseaux traditionnels)
  • Frais de gestion UC supérieurs à 1 % hors gestion pilotée
  • Arrérages de rente supérieurs à 3 % (cible marché 2026 : inférieurs à 2,5 %)
  • Frais d'arbitrage récurrents (les bons PER offrent arbitrages gratuits illimités)
  • Frais de transfert supérieurs à 1 % après 5 ans (la loi PACTE impose 0 %)
  • Frais sur versement supérieurs à 1 % (tous les contrats compétitifs sont à 0 %)

Hagnéré Patrimoine sélectionne les contrats présentant les frais parmi les plus compétitifs du marché et accompagne chaque TNS sur la calibration du plafond, le choix de l'enveloppe (PER individuel vs PER obligatoire société) et la stratégie capital/rente à la sortie. Passons maintenant aux erreurs fréquentes à éviter — parce que connaître les pièges, c'est déjà la moitié du combat.

§ 20ERREURS·5 MIN

Les 12 erreurs fréquentes des TNS avec leur PER

En accompagnant des centaines d'indépendants, nous voyons les mêmes erreurs revenir. Voici les 12 pièges les plus coûteux, chacun avec la conséquence en euros et la parade immédiate. C'est la section à afficher au-dessus de votre bureau.

Tableau comparatif : # — Erreur — Conséquence (€) — Parade — Premier cas : 1
#ErreurConséquence (€)Parade
1Calculer le plafond sur le CA au lieu du bénéficeVersements non déductibles, bloqués sans avantageToujours sur bénéfice imposable après charges
2Oublier d'imputer les cotisations Madelin existantesDépassement du plafond 154 bis partagéTotal Madelin + PER ≤ plafond unique
3Double déclaration case 6NS (global) + 6OS (catégoriel)Rejet DGFiP + majoration 10 % + intérêtsUne seule case selon l'option choisie
4Verser trop tôt sur un bénéfice non consolidéExcédent non déductible, capital bloquéVersement en nov./déc. une fois le résultat connu
5Croire que TNS salarié + pluriactivité → un seul plafondPerte jusqu'à 35 000 € de déduction annuelleDeux plafonds distincts 163 qv + 154 bis
6Micro-BIC/BNC avec versement libératoire → déduction nulle0 € de déduction malgré les versementsPasser au barème progressif avant ouverture PER
7SAS/SASU : croire bénéficier du plafond TNS 88 911 €Redressement : plafond salarié 37 680 € seulVérifier statut social (SSI vs URSSAF)
8Gérant SARL : calculer le plafond sur le bénéfice socialPlafond sur-estimé de 30 à 50 %Base = rémunération art. 62 CGI, pas bénéfice SARL
9Verser massivement 6-12 mois avant la retraiteAbus de droit L.64 LPF (majoration 40-80 %)Étaler sur 3-5 ans, garder trace de la logique
10PER bancaire pour loger des SCPI (TNS patrimonial)IFI taxable dès le 1er € (perte ~2 000 €/an)PER assurance = exonération art. 972 CGI
11Non-déductible quand TMI = 11 % et sortie TMI 30 % prévuePerte d'efficacité fiscale à la sortieVersement non déductible en année basse (cases 6QR/6QS)
12PER de sa banque par commodité (frais 1 % UC)50 000 € de manque à gagner sur 20 ans vs PER à 0,50 %Comparer et privilégier contrats compétitifs

Concrètement, ces 12 erreurs cumulées peuvent coûter à un TNS entre 30 000 et 150 000 € sur une carrière de 20 à 30 ans. Un audit annuel de votre situation PER par un CGP (idéalement avant le 31 décembre de chaque année) prévient la quasi-totalité de ces pièges.

Hagnéré Patrimoine

TNS — votre situation PER tient-elle face aux 12 erreurs classiques ?

Transfert Madelin, timing des versements, choix du contrat, allocation : un conseiller du cabinet audite votre situation et prévient les erreurs qui coûtent cher sur une carrière de 20 à 30 ans.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 21JURISPRUDENCE·5 MIN

Jurisprudence, requalification L.64 LPF et contrôle DGFiP 2026

Le PER n'est pas une zone grise fiscale. La jurisprudence s'est étoffée sur les 24 derniers mois, et la Cour des comptes a publié le 18 novembre 2025 un rapport qui recommande à la DGFiP de renforcer les contrôles sur les versements tardifs (veille retraite) et sur l'abus de droit. En 2026, la question n'est plus « est-ce qu'on peut » mais « à partir de quand est-ce suspect ». Voici ce qu'un TNS doit savoir.

Tableau comparatif : Décision / Doctrine — Date — Impact TNS — Premier cas : CE n° 409429 (Assoc. SEL)
Décision / DoctrineDateImpact TNS
CE n° 409429 (Assoc. SEL)08/12/2017Déduction Madelin interdite sur traitements/salaires. Exige catégorie BNC.
BOI-RES-BNC-00013627/12/2023Bascule rémunération technique SEL en BNC dès 01/01/2024 — réouvre le 154 bis pour les associés SEL.
Loi PACTE n° 2019-486 (création du PER)22/05/2019Le PER n'existe que depuis la loi PACTE : aucune décision antérieure ne peut fonder une insaisissabilité propre au PER. Traiter la question avec un avocat, pas comme un acquis.
RM Malhuret n° 01956 (JO Sénat)09/02/2023IFI : le PER assurance n'est hors assiette que tant qu'il est non rachetable. Il devient rachetable dès qu'un cas de l'art. L. 224-4 CMF est ouvert ou que l'âge de liquidation est atteint.
Cass. 3e civ. 19/09/2024 n° 22-18.68719/09/2024Quasi-usufruit de somme d'argent : dette de restitution aux nus-propriétaires. Impact clause démembrée PER.
Cass. com. 02/04/202502/04/2025Rappel critères primes exagérées (âge, utilité, patrimoine, proportion). Doctrine transposable aux rachats PER capital.
CSS art. L. 242-1 et D. 242-1Version en vigueur depuis le 23/09/2022URSSAF : les contributions de l'employeur au financement d'un PER d'entreprise ne sont exclues de l'assiette des cotisations que dans la limite du plus élevé de 5 % du plafond annuel de la sécurité sociale ou de 5 % de la rémunération retenue dans la limite de 5 plafonds ; l'excédent est réintégré dans l'assiette. Règle de texte, et non de jurisprudence. Concerne les salariés et les dirigeants assimilés salariés (président de SAS ou SASU) ; le gérant majoritaire de SARL relève du régime TNS.
CADF avis 2024-102024Reprise des critères abus de droit versements tardifs AV → doctrine transposable aux PER.
BOFiP BOI-RSA-PENS-30-10-20, § 10, 100 et 16010/08/2026Part « versements déduits » du capital PER éligible au quotient art. 163-0 A quel que soit son montant ; pas pour un versement fractionné précédé d'un versement de même nature dans les 3 ans (rappel important).
Rapport Cour des comptes PER18/11/2025Recommande contrôle DGFiP renforcé sur versements tardifs et abus de droit en 2026.

Zone rouge : le versement de dernière minute (abus de droit L.64 LPF)

L'administration fiscale peut requalifier un versement PER en abus de droit fiscal (art. L.64 LPF) si elle estime que l'opération avait un but exclusivement fiscal. Quatre critères cumulatifs déclenchent le risque :

  1. But exclusivement fiscal : économie d'IR immédiate supérieure à la logique patrimoniale (versement + rachat immédiat).
  2. Disproportion : versement supérieur à 3 fois la capacité d'épargne habituelle, visible sur les 5 dernières déclarations.
  3. Proximité temporelle : versement effectué dans les 12 mois précédant la liquidation retraite ou un rachat en capital.
  4. Absence d'intention de capitalisation durable : arbitrages immédiats vers des supports monétaires, projection rachat total.

Sanction : majoration 40 à 80 % + intérêts de retard

En cas de redressement pour abus de droit L.64 LPF, l'administration peut appliquer :
  • Une majoration de 40 % (contribuable non de bonne foi).
  • Une majoration de 80 % (manœuvres frauduleuses ou abus).
  • Des intérêts de retard de 0,20 % par mois sur les impôts éludés.
  • Publication éventuelle au bulletin officiel des impôts.
Parade : étalement pluriannuel des versements (3-5 ans), traces écrites de la logique patrimoniale (projection retraite, projet immobilier), sortie fractionnée ou en rente (pas 100 % capital immédiat), éviter tout rachat dans les 12 mois suivant le dernier versement.

Le rapport Cour des comptes du 18 novembre 2025 est explicite : la DGFiP doit cibler en 2026 les versements PER supérieurs à 50 000 € effectués dans les 18 mois précédant une liquidation retraite. Si vous êtes dans cette zone, documentez votre intention et échelonnez vos versements. Consultez un CGP si vous envisagez un versement supérieur à 50 k€ à moins de 2 ans de la retraite.

§ 22CAS CHIFFRÉS·8 MIN

6 cas pratiques chiffrés pour ancrer la théorie

Voici 6 profils TNS supplémentaires avec chiffrages détaillés, au-delà des cas déjà vus au fil du guide (Sophie l'architecte, Hervé le consultant, Stéphane le gérant SARL, Camille la graphiste, Julien le gérant Paris, Isabelle l'avocate, Claire la pluriactive, Laurent et Sylvie le couple d'artisans, Mathieu l'éleveur, Thomas le plombier en liquidation, Philippe le chirurgien, Gérard le pharmacien retraité). Tous ces cas sont illustratifs : prénoms, profils et chiffres sont fictifs. Chaque cas ci-dessous ouvre un angle de stratégie additionnel.

Cas 1 — Élodie, médecin CARMF TMI 45 %, veut saturer son plafond

Élodie, 52 ans, médecin généraliste libérale à Bordeaux. Bénéfice BNC 2025 : 185 000 €. TMI 45 % de justesse (3 083 € au-dessus du seuil de 181 917 € pour une part), sans CEHR (revenu fiscal de référence sous 250 000 €). Elle cotise 18 000 € à la CARMF (obligatoire, déductible en charges pro). Question : combien peut-elle verser sur son PER ?

  • Plafond TNS 2026 : 10 % × 185 000 + 15 % × (185 000 − 48 060) = 18 500 + 20 541 = 39 041 €.
  • Elle reporte 2 ans de plafonds non utilisés (12 000 € en 2024 + 15 000 € en 2025) → rattrapage : 27 000 €.
  • Versement total 2026 possible : 66 041 €.
  • Économie d'IR : 3 083 × 45 % + 62 958 × 41 % ≈ 27 200 € d'économie fiscale immédiate.
  • Stratégie : verser avant le 31/12/2026 sur un PER Linxea Spirit en 60 % ETF monde / 30 % SCPI européennes (exo IFI) / 10 % fonds euros.

Cas 2 — Kevin, commerçant 72 ans (LF 2026 = fin déductibilité)

Kevin, 72 ans, commerçant en prêt-à-porter à Lille, prévoit de céder son fonds en 2027 (500 000 € environ). Il détient un PER de 220 000 € et voulait verser 30 000 € avant cession pour neutraliser une partie de la plus-value. Problème : depuis le 01/01/2026, les versements après 70 ans ne sont plus déductibles (LF 2026).

  • Verdict : versement 2026 de 30 000 € = 0 € de déduction à l'entrée.
  • Stratégie alternative : garder les 30 000 € en liquide pour absorber l'IR cession 2027.
  • Stratégie de sortie : rachats fractionnés du PER sur 5 ans après cession, à TMI 30 % au lieu de 41 % si sortie unique.
  • Gain net vs sortie unique : 11 points d'IR en moins (30 % au lieu de 41 %), soit 11 % du capital retiré conservés en plus.

Cas 3 — Nadia et Karim, couple pluriactif cadre/freelance

Nadia, 43 ans, juriste en CDI (75 000 € salaire) mais aussi formatrice freelance (BNC 35 000 €). Son mari Karim, salarié 55 000 € sans activité indépendante. Deux enfants. Foyer TMI 30 % (revenu imposable ≈ 152 000 € pour 3 parts).

  • Plafond salarié Nadia (163 qv) : 10 % × 75 000 = 7 500 €.
  • Plafond TNS Nadia (154 bis) : bénéfice 35 000 € inférieur à 1 PASS, donc 15 % non applicable. Plafond = plancher 4 806 €.
  • Plafond salarié Karim (163 qv) : 10 % × 55 000 = 5 500 €.
  • Total cumulable couple : 7 500 + 4 806 + 5 500 = 17 806 €. Mutualisation 163 qv possible via case 6QR (le plafond TNS 154 bis reste individuel sur Nadia).
  • Économie couple : 17 806 × 30 % ≈ 5 340 €/an d'IR. Stratégie : 2 PER séparés pour Nadia (Spirit pour la part pro 154 bis + un autre pour la part perso 163 qv) + 1 PER Karim (Yomoni), avec clause bénéficiaire croisée.

Cas 4 — Pascal, TNS EI qui bascule en SASU

Pascal, 47 ans, consultant IT à Marseille, passe de l'EI (BNC 120 000 €) à la SASU (président, assimilé-salarié rémunération 110 000 €) en cours d'année 2026 pour préparer une revente à un fonds. Impact sur son PER ?

  • Plafond TNS 154 bis : le bénéfice BNC 2026 effectif de la période EI (6 mois) est de 60 000 € réel. Plafond = 10 % × 60 000 + 15 % × (60 000 − 48 060) = 6 000 + 1 791 = 7 791 € (le plafond 154 bis porte sur le bénéfice BNC annuel réellement réalisé, pas sur une annualisation).
  • Plafond 163 qv (période SASU, revenus salariés 2026) : 10 % × 110 000 (plafonné 8 PASS N-1 = 37 680 €) = 11 000 €.
  • Total 2026 : 18 791 € déductibles, à flécher cases 6OS (TNS 154 bis) et 6NS (salarié 163 qv) selon la nature des revenus.
  • Stratégie : en SASU, l'abondement PERECO devient disponible (si ≥ 1 salarié) — levier supplémentaire pour les années suivantes. Autre levier : la cession aux fonds pourra bénéficier du régime apport-cession art. 150-0 B ter si la holding est mise en place en amont.

Cas 5 — Hakim, TNS avec SCI familiale et SCPI dans le PER

Hakim, 51 ans, chef d'entreprise (SARL majoritaire, bénéfice 350 000 €, rémunération 120 000 €). Patrimoine immobilier : résidence principale 900 000 €, deux appartements locatifs 600 000 € (dans SCI familiale IR), 200 000 € SCPI en direct. IFI payé en 2025 : 6 200 €.

  • Plafond TNS 2026 sur rémunération 120k€ : 22 791 €.
  • Stratégie : il ouvre un PER assurance Linxea Spirit, verse 22 791 € (100 % SCPI européennes logées dedans).
  • Économie IR immédiate : 22 791 × 41 % = 9 344 €.
  • Gain IFI : les 22 791 € de SCPI logés dans un PER assurance non rachetable restent hors assiette IFI. Dans la tranche à 0,70 %, cela représente environ 160 € d'IFI évité par an, et seulement tant que le contrat n'est pas devenu rachetable.
  • Rendement SCPI capitalisé dans PER (pas de frottement fiscal locatif) : +2 pts de rendement net vs SCPI en direct.
  • Gain principal : l'économie d'IR de 9 344 € dès la première année, reconductible chaque année où il sature son plafond. Le gain IFI, lui, reste marginal à ce niveau de versement.

Cas 6 — Chloé, TNS expatriée au Portugal qui rentre en France

Chloé, 40 ans, UX designer freelance, expatriée à Lisbonne 4 ans (statut RNH résident non habituel). Elle rentre en France en 2026 pour s'installer à Lyon. Elle détient un PER de 15 000 € (versements antérieurs à son expatriation) gelé en France pendant son séjour portugais.

  • Retour en France 2026 : plafonds PER gelés pendant expatriation ne se cumulent PAS — ils expirent selon leur régime d'origine.
  • Plafond 2026 réactivé sur la base de son bénéfice BNC 2026 France (80 000 €) : 10 % × 80 000 + 15 % × 31 940 = 12 791 €.
  • Elle verse 12 791 € avant décembre 2026 : économie IR à TMI 30 % = 3 837 €.
  • Stratégie : au retour, profiter du régime impatrié (art. 155 B CGI, 30 % d'abattement sur revenus étrangers pendant 8 ans sous conditions) pour se constituer une épargne retraite large.
  • Clause bénéficiaire : mise à jour après retour (résidence fiscale française = règles 990 I/757 B applicables).
§ 23CHECKLIST·4 MIN

Checklist actionnable : les 10 actions TNS à mener maintenant

Vous avez lu le guide, vous avez compris les mécaniques. Reste à passer à l'action. Voici la liste exacte des 10 gestes à exécuter dans les 6 prochains mois pour optimiser votre PER TNS. Imprimez-la, cochez au fur et à mesure.

Les 10 actions à mener dans les 6 prochains mois

  1. Vérifier votre statut social (SSI vs URSSAF) pour confirmer votre plafond (TNS 88 911 € vs salarié 37 680 € vs assimilé-salarié SAS).
  2. Récupérer votre plafond exact sur la dernière page de votre avis d'imposition ou sur impots.gouv.fr (rubrique « Plafond épargne retraite »). Identifier les reliquats (2023 à utiliser avant 31/12/2026).
  3. Lister vos cotisations Madelin en cours (si vous avez un contrat pré-2020). Vérifier l'imputation sur le plafond art. 154 bis et la pertinence de transférer.
  4. Choisir votre PER (cf. Top 8 section 8 sexies) en fonction de votre profil : ETF si autonome, gestion pilotée si délégation, 100 % SCPI si patrimonial IFI.
  5. Ouvrir le PER avec un premier versement symbolique (1 000 €) pour prendre date fiscale et créer la clause bénéficiaire.
  6. Rédiger votre clause bénéficiaire sur mesure — pas de clause standard par défaut. Mentionner conjoint + enfants + petits-enfants à défaut, ou clause démembrée si patrimoine > 500 k€.
  7. Calibrer votre versement 2026 en novembre-décembre, une fois le bénéfice consolidé. Inclure les reliquats 2023 (expiration fin 2026).
  8. Déclarer correctement sur votre 2042 en 2027 : case 6OS/6OT (TNS art. 154 bis) ou 6NS/6NT (global art. 163 quatervicies). Jamais les deux pour le même versement.
  9. Programmer un audit annuel — idéalement octobre — pour ajuster le versement final de l'année selon le bénéfice réel.
  10. Consulter un CGP ORIAS si votre situation implique : pluriactivité, SARL dirigeant, expatriation prévue, patrimoine IFI, succession à préparer, projet cession d'entreprise à moins de 5 ans.

Le PER n'est pas un produit qu'on « ouvre et qu'on oublie ». C'est un outil qui se pilote au rythme de votre activité, de votre patrimoine, et des évolutions législatives. Avec ce guide, vous avez les clés pour éviter les 12 erreurs les plus coûteuses, bénéficier du plafond le plus généreux du système fiscal français (88 911 € en 2026), et transformer chaque euro versé en deux euros d'épargne retraite — grâce à l'économie d'impôt immédiate.

Méthode documentée

PER TNS — on structure votre stratégie complète

Plafond exact, choix du contrat, allocation des supports, timing des versements et arbitrage Madelin : un conseiller en architecture ouverte construit votre plan d'action personnalisé, coordonné avec votre activité.

Bilan gratuitCGP immatriculé à l’ORIASSans engagement

Sources et références juridiques

Textes législatifs : Loi Madelin n° 94-126 du 11 février 1994 — Loi Pacte n° 2019-486 du 22 mai 2019 (création PER, fin commercialisation Madelin 1er octobre 2020) — Loi Fillon n° 2003-775 du 21 août 2003 — LFI 2026 n° 2026-103 du 19 février 2026 (report 5 ans, fin déductibilité 70 ans) — LFSS 2026 n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (PS 18,6 %) — Arrêté du 22 décembre 2025 (PASS 2026 = 48 060 €) — Décret n° 2019-807 du 30 juillet 2019 (application PER) — Décret n° 2024-682 du 4 juillet 2024 (frais de transfert).

Articles CGI : art. 154 bis (TNS Madelin/PER), art. 154 bis-0 A (agricole), art. 163 quatervicies (PER global), art. 62 (rémunération gérant SARL), art. 75-0 B (moyenne triennale agricole), art. 73 (DEP agricole), art. 972 (IFI contrats non rachetables), art. 972 bis (OPC IFI), art. 990 I (succession avant 70 ans), art. 757 B (succession après 70 ans), art. 167 bis (exit tax, PER hors champ), art. 774 bis (quasi-usufruit dettes déductibles), art. 164 B (revenus imposables non-résidents), art. 155 B (régime impatrié), art. 223 sexies (CEHR), art. 158 (barème IR), art. 163-0 A (quotient, ouvert à la part versements déduits du capital PER).

Articles CoMoFi et autres codes : art. L.224-4 (7 cas de déblocage anticipé du PER, dont le 2° bis créé par la loi n° 2026-492 du 12 juin 2026), L.224-6 (transfert), L.224-20 (transmission), L.224-23 (PERECO), L.121-4 C. com. (conjoint collaborateur), L.3252-2 C. trav. (saisissabilité).

BOFiP : BOI-BNC-BASE-40-60-50-10 et -20 (154 bis), BOI-BA-BASE-20-30-40-20 (154 bis-0 A agricole), BOI-RSA-PENS-10-10-20 (163 quatervicies), BOI-PAT-IFI-20-20-30-30 (IFI PER), BOI-TCAS-AUT-60 (prélèvement succession), BOI-RES-BNC-000136 du 27/12/2023 (SEL).

Jurisprudence et doctrine : CE 8 décembre 2017 n° 409429 (SEL Madelin) — CE 24 octobre 2023 n° 465575 (PER IFI) — Cass. 3e civ. 19 septembre 2024 n° 22-18.687 (quasi-usufruit) — Cass. com. 2 avril 2025 (primes exagérées) — Cass. 1re civ. 31 mars 1992, n° 90-16.343 (Praslicka, régime matrimonial) — CADF avis 2024-10 (versements tardifs) — BOI-RSA-PENS-30-10-20 du 10/08/2026 (quotient 163-0 A ouvert sur la part versements déduits du capital PER, § 100 et 160) —Rép. min. Malhuret (PER hors IFI) — Rapport Cour des comptes 18 novembre 2025 (recommandations contrôle DGFiP).

Avertissement : Les informations contenues dans ce guide sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Les données juridiques et fiscales sont à jour au 15 avril 2026. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures. Pour votre situation spécifique, consultez un conseiller en gestion de patrimoine enregistré à l'ORIAS (CIF, COA, COBSP) et votre expert-comptable. Hagnéré Patrimoine — cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur. Son conseil en investissements est fourni de manière non indépendante : le cabinet peut percevoir des commissions de ses partenaires.

ACCOMPAGNEMENT

Saturer son PER TNS avec un cabinet non détenu par une banque ni par un assureur

Cabinet de conseil en gestion de patrimoine (CIF · COA · COBSP) : audit du plafond 154 bis exact, sélection PER assurance multi-supports, articulation Madelin existant + caisses obligatoires, plan de sortie capital fractionné, optimisation succession 990 I/757 B.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Bilan PER TNS offert
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur

Sur lettre de mission signée

  • Plan de sortie écrit sous lettre de mission
4,6/5sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026)

Construire son PER TNS avec un cabinet multi-partenaires non détenu par une banque ni par un assureur

Pas de produit-maison. Audit plafond 154 bis annuel + reliquats 3-5 ans, sélection contrats audités, articulation avec CARMF/CIPAV/CNBF/CAVEC, calibrage versement décembre, plan de sortie capital fractionné, revue annuelle.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • Code général des impôts — PER TNS et plafonds

    Art. 154 bis CGI (déductibilité des cotisations Madelin et versements PER TNS, formule 10 % + 15 %, plafond 88 911 € en 2026). Art. 154 bis-0 A CGI (régime parallèle agricole MSA, identique mécaniquement). Art. 163 quatervicies CGI (PER salariés et dirigeants assimilés, plafond 37 680 € en 2026, cumulable avec art. 154 bis pour les pluriactifs jusqu'à 126 591 €, sous réserve de la réduction prévue au I-2 de l'art. 163 quatervicies (les cotisations 154 bis déduites, hors leur fraction de 15 %, viennent en diminution de la limite)). Art. 62 CGI (rémunération du gérant majoritaire de SARL/EURL, base de calcul du plafond TNS). Art. 75-0 B CGI (option moyenne triennale agricole). Art. 73 CGI (dotation pour épargne de précaution agricole, cumulable avec PER). Art. 167 bis CGI (exit tax — PER hors champ). Art. 200 A CGI (PFU 31,4 % gains PER 2026 : 12,8 IR + 18,6 PS LFSS 2026). Art. 158 CGI (option barème). Art. 223 sexies CGI (CEHR seuil 250 000 € célibataire / 500 000 € couple). Art. 990 I CGI (succession PER avant 70 ans, abattement 152 500 €/bénéficiaire). Art. 757 B CGI (succession PER après 70 ans, abattement global 30 500 €). Art. 972 CGI (exonération IFI contrats d'assurance non rachetables = PER assurance). Doctrine BOI-IR-BASE-20-50 (PER fiscalité), BOI-BNC-BASE-40-60-50-20 (TNS art. 154 bis), BOI-PAT-IFI-20-20-30-30 (IFI PER).

  • Code monétaire et financier — fonctionnement du PER

    Art. L. 224-1 CMF (création du PER par la loi PACTE 2019). Art. L. 224-4 CMF (7 cas de déblocage anticipé du PER : décès conjoint/PACS, invalidité 2e/3e cat. titulaire/conjoint/enfant, affection grave, handicap ou accident d'une particulière gravité d'un enfant à charge (2° bis créé par la loi n° 2026-492 du 12/06/2026), surendettement L. 711-1 C. cons., expiration ARE, cessation activité non salariée sur jugement liquidation judiciaire — cas spécifique TNS, acquisition résidence principale). Art. L. 224-6 CMF (transfert des contrats d'épargne retraite). Art. L. 224-28 CMF (sortie PER : capital, rente, mixte). Art. L. 224-40 CMF (transferts inter-PER, frais plafonnés). Art. L. 311-3 CSS (statut TNS : entrepreneurs individuels, gérants majoritaires SARL/EURL, professions libérales, agriculteurs, auto-entrepreneurs). Art. L. 121-4 C. com. (statut conjoint collaborateur, plafond PER propre). Art. L. 631-1 et L. 640-1 C. com. (procédures de liquidation judiciaire ouvrant droit au déblocage anticipé spécifique TNS). Art. L. 631-3 et L. 711-1 C. cons. (procédures de surendettement).

  • Lois récentes 2019-2026

    Loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019 (création du PER unifié, fin des Madelin au 1er octobre 2020, transférabilité, sortie capital). Loi Madelin n° 94-126 du 11 février 1994 (ancien dispositif TNS, fermé à la commercialisation depuis octobre 2020 mais contrats existants maintenus). Loi Fillon n° 2003-775 du 21 août 2003 (cadre antérieur). Décret n° 2019-807 du 30 juillet 2019 (modalités d'application du PER). Décret n° 2024-682 du 4 juillet 2024 (plafonnement des frais de transfert Madelin → PER : 1 % avant 5 ans, 0 % après). LFI 2026 — loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (art. 9 : report plafonds porté à 5 ans pour ceux générés à partir de 2026 ; suppression de la déductibilité des versements après 70 ans). Arrêté du 22 décembre 2025 (PASS 2026 = 48 060 €).

  • LFSS 2026 — PS 18,6 % PER vs 17,2 % AV

    LFSS 2026 — loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (art. 12) : hausse de 1,4 point de la CSG sur revenus du capital, portant le total des prélèvements sociaux à 18,6 % (CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 %) sur le PER, le PEA, les dividendes et plus-values mobilières CTO. L'assurance-vie et le contrat de capitalisation conservent le taux historique de 17,2 %. La hausse s'applique à compter du 1er janvier 2026 (art. 12, II, 2°) ; l'exception prévue pour les gains acquis avant cette date ne vise que des produits énumérés aux C et D du V de l'article 8 de la loi n° 2017-1836 (plan d'épargne en actions, épargne salariale, PERCO…), où le PER individuel ne figure pas. Pour un TNS qui sort son PER en capital en 2026, l'ensemble des gains supporte donc 18,6 %.

  • Jurisprudence et doctrine

    Cass. com. 21 juin 2023 n° 21-19.853 (Bull., affaire Axyalis) — devoir de conseil renforcé du distributeur sur l'arbitrage PER. Rép. min. Malhuret n° 01956 (JO Sénat du 9 février 2023) — l'exonération d'IFI du PER assurance suppose que le contrat soit non rachetable ; elle cesse dès qu'un cas de déblocage de l'art. L. 224-4 CMF est ouvert ou que l'âge de liquidation du plan est atteint. Sur l'insaisissabilité du PER en procédure collective, la jurisprudence disponible est antérieure à la création du PER par la loi PACTE du 22 mai 2019 et porte sur d'anciens contrats d'assurance retraite : elle n'est pas transposable sans réserve. Cass. 3e civ. 19 septembre 2024 n° 22-18.687 — quasi-usufruit et créance de restitution applicable au PER démembré. Cass. com. 2 avril 2025 — primes manifestement exagérées (jurisprudence transposable PER). CE 8 décembre 2017 n° 409429 — SEL et déductibilité Madelin (régime applicable PER). BOI-RSA-PENS-30-10-20 du 10/08/2026, § 10, 100 et 160 — part versements déduits du capital PER éligible au quotient art. 163-0 A CGI quel que soit son montant, sauf versement fractionné précédé d'un versement de même nature dans les trois ans. Réponse min. Malhuret n° 01956 (JO Sénat 09/02/2023) — critère du caractère rachetable : le PER assurance sort de l'assiette IFI tant qu'aucun cas de déblocage n'est ouvert et que l'âge de liquidation n'est pas atteint. Rapport Cour des comptes du 18 novembre 2025 — recommandations à la DGFiP de cibler les versements PER supérieurs à 50 000 € dans les 18 mois précédant la liquidation des droits (risque L. 64 LPF abus de droit).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Toute ouverture, transfert ou versement sur un PER doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable (analyse patrimoniale globale, compatibilité avec votre TMI, votre régime social, votre horizon de retraite et votre tolérance au blocage des fonds). Les chiffres et taux cités sont à jour au 10 mai 2026 mais peuvent évoluer en fonction des prochaines lois de finances et de financement de la sécurité sociale.

Foire aux questions

Tout sur le PER TNS en 2026 et l'optimisation de votre plafond art. 154 bis CGI.

Éligibilité TNS, optimisation fiscale, Madelin vs PER, cas chiffrés. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

Catégories

Pas trouvé votre réponse ?

Un CGP vous rappelle sous 24 h.

Prendre rendez-vous
  • Le statut TNS (Travailleur Non Salarié) au sens de l'article L. 311-3 du Code de la sécurité sociale recouvre les entrepreneurs individuels (artisans, commerçants, prestataires au régime réel BIC ou BNC), les gérants majoritaires de SARL ou EURL à l'IS (rémunération imposée art. 62 CGI), les associés de SNC, les professions libérales (médecins CARMF, dentistes CARCDSF, architectes/consultants CIPAV, avocats CNBF, experts-comptables CAVEC, infirmiers CARPIMKO, pharmaciens CAVP, etc.) et les auto-entrepreneurs imposés au barème progressif (PAS au versement libératoire). À l'inverse, les présidents de SAS/SASU et gérants minoritaires/égalitaires de SARL sont assimilés-salariés (URSSAF) — ils dépendent du plafond salarié 37 680 € en 2026 et NON du plafond TNS de 88 911 €. C'est l'erreur la plus fréquente en cabinet : ne pas confondre régime social et régime fiscal.