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Rendement réel : ce qui reste après frais, impôt et inflation

Votre relevé affiche un pourcentage. Il est nominal, et il est brut. Entre ce chiffre et ce que vous pourrez réellement acheter en fin d'année, trois érosions se succèdent, et pas sur la même base : les frais et l'impôt frappent le rendement, l'inflation ronge le capital. Cette page donne la formule, puis le seuil de rendement nominal à atteindre pour ne rien perdre à chaque niveau de fiscalité. Elle dit aussi à quel moment le placement cesse de préserver votre pouvoir d'achat, et pourquoi changer de produit n'y changera qu'une fraction de point.

Trois érosions, trois assiettes
Le seuil : inflation / (1 − taux)
L'impôt frappe le nominal
Un rendement positif peut être négatif
Hagnéré Patrimoine

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Bilan patrimonialStratégie sur mesureSans engagement

Sur le relevé annuel, une ligne : +2,6 %. Le document s'arrête là. Il ne dit pas si, avec ce capital, vous achetez aujourd'hui plus ou moins de choses qu'il y a douze mois : ce n'est pas son objet.

Le placement, vous l'avez déjà. La question n'est donc pas de savoir s'il est bon, mais ce qu'il vous a laissé cette année.

Car le chiffre affiché est nominal et il est brut. Nominal, parce qu'il compte des euros sans se demander ce qu'ils achètent. Brut, parce qu'il ignore l'impôt, et parfois une partie des frais. Entre lui et votre pouvoir d'achat, trois ponctions se succèdent, et elles ne portent pas sur la même assiette. C'est de là que vient l'écart entre le pourcentage affiché et ce qui vous reste.

1. La réponse en un calcul, et ce que la page ne fait pas

Les deux chiffres qui suivent n'ont pas le même statut, et il faut le dire avant tout calcul. Le 2,6 % de rendement est une hypothèse de travail: ce n'est ni un rendement de produit, ni une moyenne de marché, et il vient de la question la plus fréquemment posée sur ce sujet. Le 1,8 % d'inflation, lui, est une donnée constatée— le glissement annuel de l'indice des prix à la consommation de juin 2026 publié par l'INSEE (ensemble des ménages, France).

La réponse, en un calcul

Un rendement de 2,6 % imposé à 30 %, face à l'inflation constatée de juin 2026 (1,8 %), ne laisse pas 0,8 % de pouvoir d'achat : il en laisse 0,020 %. La raison tient à l'asymétrie des assiettes — l'impôt frappe le rendement nominal, l'inflation ronge la totalité du capital —, si bien que l'impôt absorbe ici 97,50 % du gain réel. Le seuil pour ne rien perdre s'écrit : rendement nominal = inflation / (1 − taux d'imposition), soit 2,57 %.

Le 2,6 % reste une hypothèse. Et le « 30 % » ci-dessus doit être qualifié immédiatement : il s'agit de 12,8 % de prélèvement forfaitaire et de 17,2 % de prélèvements sociaux, soit le taux d'un rachat sur un contrat d'assurance-vie français de moins de huit ans, pour les produits attachés aux primes versées à compter du 27 septembre 2017 (CGI art. 200 A, 1, B, 2°). Sur des intérêts, des dividendes ou des plus-values mobilières, le total est de 31,4 % (12,8 + 18,6), et le même placement, avec les mêmes chiffres, bascule en territoire négatif : −0,016 % contre +0,020 %. Un point quatre de prélèvements sociaux suffit à changer le signe du résultat, sans rien changer à son ordre de grandeur. C'est tout le sujet.

L'ordre, et pourquoi il n'est pas commutatif

On retire d'abord les frais, prélevés sur l'encours. On applique ensuite l'impôt, assis sur le rendement nominal net de frais. On déflate enfin de l'inflation, qui s'applique à l'ensemble du capital et pas au seul gain. Inverser les deux dernières étapes — déflater, puis imposer un résultat déjà réel — donne un chiffre faussement favorable, pour une raison simple : le fisc ne connaît pas votre pouvoir d'achat, il ne connaît que vos euros.

Ce que cette page ne traite pas, et qui s'en charge

Cette page ne mesure pas ce que votre patrimoine a produit : c'est l'objet de notre guide sur le calcul de la performance d'un patrimoine, qui vous donne un taux nominal et brut d'impôt. Cette page-ci prend le relais à partir de là. Elle ne traite pas non plus le rendement du fonds euros, détenu par notre guide sur les fonds euros en 2026, ni les prélèvements sociaux eux-mêmes, détenus par notre guide sur la CSG, la CRDS et les prélèvements sociaux 2026 : ici, ces taux ne sont qu'un paramètre de la formule. Et si votre placement est logé dans une société soumise à l'impôt sur les sociétés, le même seuil est déjà calculé, avec un taux unique, par notre guide sur l'optimisation d'une trésorerie excédentaire : cette page-ci traite la personne physique, dont le taux n'est jamais unique.

Un mot sur un faux ami, parce que les deux guides sont voisins et emploient le même adjectif. Notre guide sur le calcul de la performance parle de performance réelle au sens de véritable: le taux exact qu'a produit votre patrimoine, qui reste nominal et brut d'impôt. Sur cette page, « réel » a son sens économique strict : corrigé de l'inflation. Les deux chiffres portent le même mot et ne mesurent pas la même chose — l'un mesure ce qui a été produit, l'autre ce qu'il en reste.

QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291

2. L'impôt frappe le rendement, l'inflation ronge le capital

L'impôt regarde le gain, l'inflation regarde le tout

L'impôt est assis sur le rendement nominal: il regarde le gain comptable de l'année, en euros courants. L'inflation, elle, est assise sur la totalité du capital : elle ne dévalorise pas le seul gain, elle dévalorise aussi la somme de départ. Conséquence directe : ils ne s'additionnent pas, ils se composent. Et le fisc taxe donc aussi la fraction du gain qui ne fait que compenser la hausse des prix.

L'identité exacte, plutôt qu'un ordre de grandeur

Part du gain réel absorbée par l'impôt

part de l'impot dans le gain reel  =  r x t / (r - i)
  • r :rendement nominal brut
  • t :taux global de prélèvement sur le rendement
  • i :inflation sur la même période

Expression exacte, et non approchée : le facteur (1 + i) se simplifie entre le gain réel avant impôt, égal à (r − i) / (1 + i), et l'impôt ramené en euros constants, égal à r x t / (1 + i).

Rendement nominal de 2,6 % : hypothèse de calcul, ni barème ni moyenne de marché. Inflation de 1,8 % : donnée constatée (INSEE, indice des prix à la consommation, ensemble des ménages, France, glissement annuel de juin 2026).
Taux global sur le rendementPart du gain réel absorbée par l'impôt
17,2 %55,90 %
30,0 %97,50 %
31,4 %102,05 %

À 31,4 %, l'impôt prélève plus que la totalité du gain réel: le contribuable paie sur un gain nominal qui, en pouvoir d'achat, n'existe déjà plus entièrement. C'est de l'arithmétique, pas de la polémique, et cela reste vrai quel que soit le placement. Rappel : le 2,6 % est une hypothèse ; le 1,8 % est l'inflation constatée de juin 2026.

La même chose, en euros, sur 10 000 €

Illustration construite, aux hypothèses de la page : 10 000 € placés à 2,6 %, imposés à 31,4 %, face à l'inflation de 1,8 %. Le gain nominal est de 260 €, l'impôt de 81,64 €, le net encaissé de 178,36 €. Le relevé affichera donc 10 178,36 € en fin d'année, et il aura raison.

Seulement, pour acheter en fin d'année ce que 10 000 € achetaient au début, il en aurait fallu 10 180 €. Il manque 1,64 €, soit un rendement réel de −0,016 %. L'asymétrie tient alors dans une seule comparaison : ramené en euros constants, l'impôt pèse 80,20 € quand le gain réel avant impôt n'en vaut que 78,59 €. C'est la ligne « 102,05 % » du tableau ci-dessus, écrite en euros.

Le barème est indexé, l'assiette ne l'est pas

Le barème de l'impôt sur le revenu est indexé. Le Bulletin officiel des finances publiques (actualité ACTU-2026-00022, publiée le 7 avril 2026) mentionne « l'indexation, au taux de 0,9 %, des limites des tranches du barème de l'impôt sur le revenu », en vertu de l'article 4 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 : les quatre bornes applicables aux revenus de 2025 s'établissent à 11 600, 29 579, 84 577 et 181 917 € (CGI art. 197, I, 1). Chaque borne est bien la borne de l'année précédente multipliée par 1,009 puis arrondie à l'euro. Le détail du barème est exposé dans notre guide sur le barème de l'impôt sur le revenu 2026. Et le même chiffre de 0,9 % se retrouve, pour l'année 2025, dans l'inflation en moyenne annuelle publiée par l'INSEE (indice d'ensemble, ensemble des ménages, France, Informations rapides n° 8 du 15 janvier 2026), alors même que l'indexation légale se calcule sur l'indice hors tabac : deux périmètres distincts, qui coïncident cette année-là.

Deux régimes dans la même loi de finances

L'assiette des revenus du capital, elle, n'est pas indexée. Le gain net d'une cession de titres est « la différence entre le prix effectif de cession des titres ou droits, net des frais et taxes acquittés par le cédant, et leur prix effectif d'acquisition » (CGI art. 150-0 D, 1). En immobilier, « le prix d'acquisition est le prix effectivement acquitté par le cédant, tel qu'il est stipulé dans l'acte » (CGI art. 150 VB), avec des correctifs forfaitaires seulement. Aucune revalorisation sur un indice des prix.

L'exception confirme le périmètre : pour un seul type de cession — les terrains nus devenus constructibles, frappés par les taxes des articles 1529 et 1605 nonies du CGI — le prix d'acquisition est « actualisé en fonction du dernier indice des prix à la consommation hors tabac publié par l'Institut national de la statistique et des études économiques », et la DGFiP publie à cet effet des coefficients d'érosion monétaire (BOI-ANNX-000097, version du 11 février 2026 : 1,529 pour 1998, 1,228 pour 2012, 1,168 pour 2020). Ces coefficients sont établis pour cette taxe: les lire comme une mesure d'inflation cumulée est une analogie, et rien de plus.

La CSG monte, la fraction déductible ne bouge pas

Une part de la CSG est déductible du revenu global « à hauteur de 6,8 points » (CGI art. 154 quinquies, II, version en vigueur depuis le 27 juin 2026), pour les seuls revenus « imposés dans les conditions prévues à l'article 197 », c'est-à-dire au barème. Trois conséquences : la part définitivement perdue passe de 2,4 à 3,8 points depuis que la CSG de droit commun est à 10,6 ; la déduction n'existe pas sous prélèvement forfaitaire ; et elle joue l'année suivante, à un taux marginal d'imposition que vous ne connaissez pas encore. Et une quatrième : parmi les produits de placement, elle ne concerne que ceux du premier alinéa et du 1° du I de l'article L. 136-7 du code de la sécurité sociale — les intérêts et les dividendes. Les produits d'assurance-vie, de PEA ou de PEL, qui relèvent du II du même article, en sont hors champ : sur ceux-là, aucune fraction de CSG n'est déductible.

Convention tenue sur toute la page

Les taux combinés du paragraphe 4 sont des taux marginaux bruts, somme d'un taux d'imposition et d'un taux de prélèvements sociaux. Ils ne tiennent pas compte de la fraction de CSG déductible, qui allège légèrement la charge réelle des seules lignes « barème ». Les seuils de ces lignes sont donc, de ce fait, très légèrement surestimés. Nous préférons une convention unique et déclarée à un chiffre « effectif » dont personne ne saurait dire ce qu'il inclut.

3. Les trois formules du rendement réel, terme par terme

Les trois formules

rendement net d'impot   rn = (r - f) x (1 - t)
rendement reel net      R  = (1 + rn) / (1 + i) - 1
seuil de preservation   r* = f + i / (1 - t)
  • r :rendement nominal brut de frais et brut d'impôt — si votre taux vient d'un relevé, les frais internes y sont déjà, et f ne compte alors que les frais facturés à part
  • f :frais annuels prélevés sur l'encours
  • t :taux global de prélèvement sur le rendement (impôt + prélèvements sociaux)
  • i :inflation sur la même période, mesurée par un indice nommé
  • rn :rendement net d'impôt, encore nominal
  • R :rendement réel net : la variation de votre pouvoir d'achat
  • r* :rendement brut à atteindre pour que R soit nul

Toute l'asymétrie tient dans le dénominateur : (1 − t) porte sur le rendement seul, (1 + i) porte sur la totalité du capital. L'impôt n'ampute donc pas le rendement réel de son taux — il relève le seuil de survie d'un facteur 1 / (1 − t).

Pourquoi le seuil ne s'écrit ni i + t, ni i / t

La démonstration tient en une ligne, frais mis à zéro pour isoler l'effet de l'impôt : R = 0 équivaut à rn = i, donc à r × (1 − t) = i, donc à r = i / (1 − t). Ce n'est pas une approximation : à ce rendement, le rendement réel vaut exactement zéro — nous l'avons vérifié par calcul pour chacun des taux du tableau qui suit. Les frais se rajoutent ensuite terme à terme, et pas de la même façon selon l'endroit où ils sont prélevés : c'est l'objet du paragraphe 5.

L'approximation par soustraction : ce qu'elle coûte, honnêtement

Écart entre la soustraction et la formule exacte, exprimé en points, sur des couples de valeurs construits pour la démonstration — aucune donnée de marché. La soustraction majore le résultat lorsque le rendement net dépasse l'inflation, et le minore dans le cas inverse (troisième et cinquième lignes).
Rendement netInflationFormule exacteSoustractionÉcart (en points)
2,60 %1,80 %+0,7859 %+0,8000 %0,0141
2,60 %2,10 %+0,4897 %+0,5000 %0,0103
1,70 %2,10 %−0,3918 %−0,4000 %−0,0082
5,00 %2,10 %+2,8404 %+2,9000 %0,0596
2,00 %10,00 %−7,2727 %−8,0000 %−0,7273

Autant le dire : aux niveaux d'inflation de 2026, la soustraction suffit en pratique. L'erreur qui compte n'est pas là : passer d'une fiscalité nulle à 31,4 % déplace le seuil de 0,82 point à 1,8 % d'inflation, quand l'approximation, elle, ne coûte que 0,014 point. Nous n'allons donc pas transformer une commodité de calcul en scandale. Une seule règle : ne jamais mélanger les deux méthodes dans un même tableau ni dans un même exemple. Partout ailleurs sur cette page, c'est la formule exacte qui est employée.

Appliquer la formule à votre propre cas

Trois nombres suffisent, et un seul demande vraiment du travail. Le rendement r figure sur votre relevé : vérifiez seulement s'il est déjà net des frais internes, auquel cas f ne comptera que ce qui vous est facturé à part. L'inflation i se lit dans les publications de l'INSEE, sur la même période que le rendement — ce qui n'est pas un détail, et le paragraphe 8 explique pourquoi.

Reste t, votre taux de prélèvement. Le tableau du paragraphe 4 en donne onze valeurs de référence ; si vos revenus relèvent du barème, notre guide sur la tranche marginale d'imposition vous aidera à situer la vôtre. Et si aucune ligne ne correspond à votre enveloppe, c'est peut-être qu'elle figure parmi celles qu'il est impossible de chiffrer en un taux unique : elles sont listées, avec leur motif, juste après ce tableau.

4. Quel rendement faut-il pour ne rien perdre ? Le seuil, enveloppe par enveloppe

Les taux ci-dessous sont des taux marginaux bruts: ils ne tiennent pas compte de la fraction de CSG déductible évoquée plus haut. L'inflation de 2,1 % retenue en dernière colonne est le glissement annuel de l'indice des prix à la consommation de juillet 2026 publié par l'INSEE (ensemble des ménages, France) — une donnée constatée, jamais une prévision. Celle de 1,8 % est le même indice au titre de juin 2026.

Seuil de rendement nominal brut à atteindre pour que le pouvoir d'achat ne recule pas : r* = i / (1 − t). Taux marginaux bruts, hors fraction de CSG déductible. Inflation : indice des prix à la consommation INSEE, ensemble des ménages, France, glissement annuel de juin 2026 (1,8 %) et de juillet 2026 (2,1 %).
SituationTaux total sur le rendementSeuil si i = 1,8 %Seuil si i = 2,1 %
Livret A, LDDS, LEP — ni impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux0 %1,80 %2,10 %
Assurance-vie française > 8 ans, produits dans l'abattement annuel de 4 600 ou 9 200 € — prélèvements sociaux seuls (CGI art. 125-0 A, I)17,2 %2,17 %2,54 %
Prélèvements sociaux de droit commun, sans impôt sur le revenu18,6 %2,21 %2,58 %
Assurance-vie française > 8 ans, hors abattement, primes ≤ 150 000 € (7,5 + 17,2 ; CGI art. 125-0 A, II et 200 A, 1, B, 2°)24,7 %2,39 %2,79 %
Assurance-vie française < 8 ans (12,8 + 17,2)30,0 %2,57 %3,00 %
Intérêts, dividendes, plus-values mobilières au prélèvement forfaitaire (12,8 + 18,6)31,4 %2,62 %3,06 %
Revenus fonciers de location nue, tranche marginale 30 % (30 + 17,2)47,2 %3,41 %3,98 %
Location meublée non professionnelle au réel, tranche marginale 30 % (30 + 18,6)48,6 %3,50 %4,09 %
Revenus fonciers de location nue, tranche marginale 41 % (41 + 17,2)58,2 %4,31 %5,02 %
Location meublée non professionnelle au réel, tranche marginale 41 % (41 + 18,6)59,6 %4,46 %5,20 %
Location meublée non professionnelle au réel, tranche marginale 45 % (45 + 18,6)63,6 %4,95 %5,77 %

Le fondement des deux taux de prélèvements sociaux, en une phrase : depuis la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 (article 12), la CSG de droit commun sur les revenus du patrimoine et de placement est de 10,6 points, et le IV de l'article L. 136-8 du code de la sécurité sociale, rétabli par le même article, maintient 9,2 points pour cinq catégories seulement— revenus fonciers, plus-values immobilières, intérêts et primes de CEL et de PEL anciens, produits d'assurance-vie et de capitalisation, produits et rentes des PEP. Avec la CRDS (0,5 point, ordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996, art. 19) et le prélèvement de solidarité (7,5 points, CGI art. 235 ter, III), on obtient 18,6 % et 17,2 %. Le régime complet est exposé par notre guide sur la CSG, la CRDS et les prélèvements sociaux 2026, et le choix entre prélèvement forfaitaire et barème par l'arbitrage entre flat tax et barème, sur la base de votre tranche marginale d'imposition.

Les lignes qu'on ne peut pas chiffrer

Quatre enveloppes pour lesquelles aucun taux unique ne peut être publié honnêtement, et le motif textuel de chacune.
EnveloppeCe qui bloqueCe que cette page en dit
PEA et PEA-PMELe gain net de PEA est visé au 5° du II de l'article L. 136-7 du code de la sécurité sociale, alinéa que la liste limitative du IV de l'article L. 136-8 ne reprend pas. Un retrait effectué en 2026 supporte un taux mixte : 18,6 % sur la fraction acquise ou constatée à compter du 1er janvier 2026, 17,2 % sur la fraction antérieure, taux historiques avant 2018Pas de seuil unique. Les modalités de calcul de ces fractions n'ont fait l'objet d'aucun commentaire administratif publié à ce jour
Assurance-vie et contrat de capitalisation luxembourgeoisLe I de l'article 125-0 A du CGI vise les contrats « souscrits auprès d'entreprises d'assurance établies en France »Le taux applicable n'est pas tranché. Aucun chiffrage ici : le point relève d'un examen individuel
PER individuel alimenté par versements volontaires, sortie en capital ; PER en renteLe fondement textuel du taux applicable n'est pas établiAucun taux publié, donc aucun seuil
PEL et CEL17,2 % pour les plans ouverts jusqu'au 31 décembre 2017 et, pour le PEL, dans la limite des douze premières années ; 18,6 % au-delàDeux lignes, jamais une seule

Trois choses à en retirer. D'abord, le seuil ne dépend pas de la qualité du support: il ne dépend que de votre fiscalité et de l'inflation. Ensuite, il faut distinguer un niveau d'une variation, sous peine de dire le contraire de ce que les chiffres établissent. Le niveau de fiscalité pèse lourd : entre une fiscalité nulle et 31,4 %, l'écart de seuil atteint 0,82 point à 1,8 % d'inflation. La variation récente, elle, ne pèse presque rien : la hausse de 1,4 point de CSG entrée en vigueur en 2026 ne déplace le seuil que de 0,052 point pour un contribuable au prélèvement forfaitaire (de 30 % à 31,4 %, à 1,8 % d'inflation), quand trois dixièmes de point d'inflation en déplacent 0,44 pour le même contribuable. Pour des revenus soumis aux seuls prélèvements sociaux, passés de 17,2 % à 18,6 %, le déplacement n'est que de 0,037 point. Écrire que la fiscalité pèse est juste. Croire que c'est le changement fiscal de 2026 qui pèse est faux. Enfin, ce seuil n'est pas un objectif de rendement : c'est un instrument de mesure d'écart, et viser un seuil en prenant plus de risque est une décision d'une tout autre nature.

5. Les frais : où ils sont prélevés change ce qu'ils coûtent

Payer ses frais avec de l'argent déjà imposé

Des frais prélevés à l'intérieur de l'enveloppe réduisent le rendement avant l'impôt : ils diminuent donc aussi la base imposable. Un point de frais coûte un point de rendement brut. Des frais facturés à part— par prélèvement sur un compte courant, par exemple — sont payés avec de l'argent déjà imposé : le même point coûte alors 1 / (1 − t) point de rendement brut.

Le facteur d'amplification

frais dans l'enveloppe   r* = i / (1 - t) + f
frais factures a part    r* = (i + f) / (1 - t)
facteur d'amplification  1 / (1 - t)
  • f :frais annuels, exprimés en pourcentage de l'encours
  • t :taux global de prélèvement sur le rendement
  • i :inflation sur la même période

Hypothèse fictive annoncée : t = 31,4 %, i = 2,1 %, f = 1 %. Le seuil passe de 3,061 % à 4,061 % si les frais sont prélevés dans l'enveloppe, et à 4,519 % s'ils sont facturés à part. Le même point de frais coûte donc 1,000 point ou 1,458 point selon l'endroit du prélèvement. Ces trois valeurs sont des hypothèses de calcul.

Attention au double comptage : les frais prélevés dans l'enveloppe sont déjà dans le rendement qu'affiche votre relevé. Le détail du raisonnement sur un produit à frais empilés est traité par notre guide sur les frais et le rendement net d'un produit structuré.

Aucun chiffre de frais n'est publié ici, et pourquoi

Dans les formules ci-dessus, f est une variable, pas une donnée: nous ne publions aucune moyenne de frais, faute de statistique publique dont nous puissions nommer le périmètre. En revanche, l'information vous est due, et gratuitement — à condition de savoir quel texte la fonde, car ce n'est pas le même selon le contrat. Le code des assurances impose, avant la souscription ou l'adhésion, une information détaillée précisant, pour chaque unité de compte, « la performance brute de frais, la performance nette de frais et les frais prélevés » (art. L. 522-5) ; il impose par ailleurs une information annuelle de l'assuré et la publication, dans un délai de quatre-vingt-dix jours ouvrables à compter du 31 décembre, du rendement garanti moyen, du taux moyen des frais prélevés, du rendement net moyen servi à l'assuré et du taux des taxes et prélèvements sociaux (art. L. 132-22) — des moyennes publiées par l'assureur, pas vos chiffres. Côté services d'investissement, le droit européen impose au prestataire de fournir au client une illustration de l'effet cumulé des coûts sur le rendement, avant l'investissement comme après (règlement délégué (UE) 2017/565, art. 50) ; l'AMF le rappelle dans son guide MIF 2 pour les conseillers en investissements financiers.

D'où un déséquilibre : le seul mécanisme d'érosion réellement normalisé est celui des frais. Aucun texte n'impose de présenter un rendement déjà net d'impôt — l'assureur publie le taux des prélèvements, jamais le résultat de la soustraction —, encore moins un rendement net d'inflation. Le document d'informations clés européen le dit d'ailleurs lui-même : « Ces chiffres ne tiennent pas compte de votre situation fiscale personnelle, qui peut également influer sur les montants que vous recevrez. » Ce n'est pas une faute des établissements : c'est l'état du droit. Il faut simplement savoir que le « rendement net servi » que publie un assureur signifie net de ses frais de gestion, et rien d'autre : il reste brut de prélèvements sociaux et brut d'inflation.

Hagnéré Patrimoine

Mettre un chiffre sur ce que vous détenez déjà

Il faut trois chiffres : le rendement réellement servi, les frais effectivement prélevés, et le taux auquel vos revenus sont imposés. Un premier échange sert à les rassembler et à mesurer l'écart, y compris lorsque la conclusion est qu'il n'y a rien à changer.

Premier échangeSans engagement

6. Un livret défiscalisé peut faire perdre du pouvoir d'achat

Deux propriétés des livrets réglementés servent ici : leur taux est fixé par arrêté, et leurs intérêts sont exonérés d'impôt sur le revenu (CGI art. 157, 7°, 7° ter et 9° quater). Ils ne figurent pas davantage dans les énumérations de l'article L. 136-7 du code de la sécurité sociale, d'où l'absence de prélèvements sociaux. Le raisonnement tient ici à l'absence de mention, non à une exonération expresse. Autrement dit : t = 0, le seul cas où le seuil est exactement égal à l'inflation.

Rendement réel de deux taux fixés par arrêté (arrêtés des 28 et 29 juillet 2026, applicables du 1er août 2026 au 31 janvier 2027), confrontés à l'indice des prix à la consommation publié par l'INSEE, ensemble des ménages, France, glissement annuel. Les taux sont ceux des arrêtés, l'indice est celui publié par l'INSEE ; la seule hypothèse est que le taux d'arrêté, fixé jusqu'au 31 janvier 2027, soit rapporté à douze mois pour être comparé à un glissement annuel.
Produit (taux d'arrêté, t = 0)Contre IPC juin 2026 (+1,8 %)Contre IPC juillet 2026 (+2,1 %)
Livret A et LDDS, 1,70 %−0,098 %−0,392 %
Livret d'épargne populaire, 2,50 %+0,688 %+0,392 %

Un produit totalement défiscalisé peut faire perdre du pouvoir d'achat. Personne ne prélève rien, et le résultat est négatif malgré tout. Autre comparaison : ce livret A à −0,392 % se compare à un placement fiscalisé rapportant 2,6 % brut — en reprenant l'hypothèse de rendement posée au paragraphe 1 —, imposé au taux forfaitaire de 31,4 %. Hors tout frais, ce placement ressort à −0,310 %, soit huit centièmes de point de mieux: 8,19 € par an pour 10 000 €, en échange d'un risque et d'une immobilisation. Et il suffit de réintroduire les frais pour que l'écart change de sens : avec 0,60 % de frais annuels — hypothèse de calcul, celle que retient le paragraphe 7 —, le même placement tombe à −0,713 %, soit trois dixièmes de point de moins que le livret. À cet écart-là, laisser la somme où elle est se défend.

Deux réserves sur ce tableau

Le livret d'épargne populaire, seule ligne positive du tableau, est soumis à une condition de ressources et il est plafonné ; le livret A l'est également. Aucun des deux n'est une solution patrimoniale : ce sont des poches de liquidité, et leur rendement réel mesure le prix d'une disponibilité immédiate. Leur régime détaillé relève de nos guides sur le livret A et sur le livret d'épargne populaire.

7. Ce que dix ans en font : le relevé et le pouvoir d'achat divergent

Les deux tableaux qui suivent reposent sur des configurations types entièrement construites pour la démonstration, et elles ne sont pas les mêmes. Le premier fait courir dix ans un capital de 100 000 € à un rendement nominal constant de 2,6 %, face à une inflation maintenue constante à 1,8 % — le glissement annuel constaté de juin 2026, ici prolongé par pure commodité de calcul. Le second n'observe qu'une seule année, ajoute une hypothèse de 0,60 % de frais prélevés dans l'enveloppe, et retient l'inflation de 2,1 % (juillet 2026). Aucun de ces chiffres n'est un barème, une moyenne de marché ou une prévision, et aucun placement ne délivre un rendement constant.

Configuration type construite : 100 000 €, rendement nominal constant de 2,6 % — hypothèse de calcul —, inflation maintenue constante à 1,8 % — le glissement annuel constaté de juin 2026 (INSEE), prolongé par commodité —, dix ans, impôt prélevé chaque année. Ni barème, ni moyenne de marché, ni prévision.
Taux total sur le rendementCapital nominal à 10 ansPouvoir d'achat équivalentÉcart réel
0 %129 263 €108 142 €+8 142 €
17,2 %123 738 €103 520 €+3 520 €
24,7 %121 396 €101 561 €+1 561 €
30,0 %119 765 €100 197 €+197 €
31,4 %119 338 €99 839 €−161 €
47,2 %114 608 €95 882 €−4 118 €
59,6 %111 015 €92 876 €−7 124 €

La ligne 31,4 % : le relevé affichera +19 338 €, et le pouvoir d'achat aura reculé de 161 €. Les deux chiffres sont exacts, et ils décrivent la même opération. Le relevé compte en euros courants, le pouvoir d'achat en euros constants.

Configuration type construite : 100 000 €, rendement brut 2,6 %, frais 0,60 % de l'encours prélevés dans l'enveloppe, un an, inflation 2,1 % (indice des prix à la consommation de juillet 2026, INSEE). Pour faire jeu égal, le capital devrait progresser de 2 100 € en euros courants ; aucune des quatre lignes n'y parvient. La colonne « Gain réel » est l'écart à ce seuil, ramené en euros constants — soit (net encaissé − 2 100) / 1,021, l'érosion du pouvoir d'achat valant, elle, 2 056,81 €. Le rendement et le taux de frais sont des hypothèses fictives.
FiscalitéRendement brutFraisImpôtNet encaisséGain réel
17,2 %2 600 €600 €344 €1 656 €−434,87 €
24,7 %2 600 €600 €494 €1 506 €−581,78 €
31,4 %2 600 €600 €628 €1 372 €−713,03 €
47,2 %2 600 €600 €944 €1 056 €−1 022,53 €

Le rendement de 2,6 % et les frais de 0,60 % sont des hypothèses de calcul. Les deux taux d'inflation employés — 1,8 % pour juin 2026, 2,1 % pour juillet 2026 — sont, eux, des données constatées (INSEE, indice des prix à la consommation, ensemble des ménages, France, glissement annuel) ; c'est leur maintien sur dix ans, dans le premier tableau, qui relève de la commodité de calcul.

Ce que devient 100 €

Pouvoir d'achat de 100 €, à inflation constante

À 1,8 %: 91,47 € après 5 ans, 83,66 € après 10 ans, 69,99 € après 20 ans. Le pouvoir d'achat est divisé par deux en 38,9 ans.

À 2,1 % : 90,13 € après 5 ans, 81,23 € après 10 ans, 65,99 € après 20 ans. Divisé par deux en 33,4 ans. Trois dixièmes de point d'inflation retirent cinq années et demie à cette demi-vie, l'inflation étant ici supposée constante, ce qu'elle n'est pas.

8. Où trouver vos trois chiffres, et à quelle date

i, l'inflation

L'INSEE publie chaque mois ses Informations rapides. Les résultats définitifs de juillet 2026, publiés le 14 août 2026, donnent un indice des prix à la consommation en hausse de 2,1 % sur un an (ensemble des ménages, France), après 1,8 % en juin 2026; l'inflation en moyenne annuelle 2025 s'était établie à 0,9 %. Deux précautions. D'abord, quatre grandeurs coexistent: l'indice d'ensemble (2,1 %), la mesure sous-jacente (1,3 %), l'indice harmonisé (2,4 %) et l'indice hors tabac, qui sert aux indexations légales. Dire « l'inflation est de X % » sans dire laquelle est un abus de langage. Ensuite, moyenne annuelle et glissement annuel ne sont pas la même grandeur : un rendement annuel se compare à une inflation mesurée sur la même période. Nous ne publions ici aucune prévision d'inflation, d'aucune source.

Un mois d'écart suffit à retourner la réponse

La question de départ de cette page — 2,6 % contre 1,8 % — le montre bien : ses deux chiffres sont vrais, mais ils sont décalés d'un mois. En reprenant l'inflation de juillet 2026 au lieu de celle de juin, la même situation passe de +0,020 % à −0,274 % à 30 % d'imposition. Trois dixièmes de point d'indice suffisent à faire changer le résultat de signe. Avant de comparer un rendement à une inflation, vérifiez donc qu'ils couvrent bien la même période.

f, les frais

Ils se demandent, et ils sont dus : les textes qui les rendent exigibles sont donnés au paragraphe 5. Pour de l'immobilier locatif, les frais réels sont déductibles de la base imposable et figurent dans votre déclaration 2044 — la mécanique n'est pas la même, et la déduction change le taux effectif. La marche à suivre si l'établissement ne répond pas — demande écrite, droit d'accès, médiateur compétent — est détaillée par notre guide sur le calcul de la performance d'un patrimoine et n'est pas reprise ici.

t, l'impôt effectivement payé

La pièce à ouvrir est l'imprimé fiscal unique (formulaire 2561) que vous adresse chaque établissement : il donne le t constaté, pas le t supposé. Trois difficultés subsistent. Le taux marginal de l'année suivante n'est pas connu au moment où vous calculez. L'assiette d'un rachat partiel d'assurance-vie n'est pas le rendement, mais une fraction proportionnelle de produits : appliquer un t de 24,7 % au rendement est déjà une simplification. Et le PEA relève d'un taux mixte non commenté, comme indiqué plus haut. Enfin, l'option pour le barème est globale et s'exerce chaque année au dépôt de la déclaration (CGI art. 200 A, 2) ; l'article 126, I, 3° de la loi de finances pour 2026 y a supprimé les mots « et irrévocable », sans prévoir de disposition transitoire propre à cette suppression.

La chronologie du prélèvement change le résultat

Reste un paramètre : la date à laquelle l'impôt est prélevé. Sur les contrats exprimés en euros, la contribution est due « lors de leur inscription au bon ou contrat » (CSS art. L. 136-7), le III bis du même article prévoyant qu'« un excédent est reversé au contrat, correspondant à la contribution calculée sur la base de ce montant ». Arithmétiquement, un prélèvement annuel ampute la base qui capitalise. Ordre de grandeur, sur une hypothèse fictive (100 000 €, 2,5 % l'an, dix ans, 17,2 %) : 452 €, soit 0,37 % du capital final. L'effet est réel et faible : il ne change pas l'ordre de grandeur. La notion voisine de point mort d'inflation, propre aux obligations indexées, est traitée par notre guide sur investir en obligations en 2026.

9. Ce que ce calcul ne dit pas, et quand il ne sert à rien

Les six limites de ce calcul

Ce calcul ne dit rien du risque pris: le seuil est une mesure d'écart, pas un objectif d'allocation, et deux placements qui l'atteignent peuvent n'avoir rien en commun. Il ne prédit aucun rendement futur, une performance passée n'étant pas un indicateur fiable des résultats à venir. Et il ne remplace pas la mesure de ce que vous avez réellement gagné, qui relève de notre page sur le calcul de la performance d'un patrimoine.

Il ignore volontairement la fraction de CSG déductible au barème, si bien que les lignes « barème » du paragraphe 4 sont légèrement surestimées. Il suppose des taux constants, ce qu'aucun placement ne fait et qu'aucune inflation ne fait davantage. Enfin, il ne dit pas ce qu'il faut faire : il mesure un écart, il n'arbitre pas.

Quatre situations où la bonne réponse est de ne rien faire

Pour une partie des lecteurs, ce calcul ne débouchera sur aucune action. C'est un résultat en soi. Les quatre situations qui suivent sont celles où le bon usage du chiffre consiste à le noter, puis à refermer le dossier.

Une poche de liquidité en rendement réel négatif n'est pas une erreur de gestion. C'est le prix de la disponibilité. Nous l'avons chiffré plus haut : la basculer sur un placement fiscalisé à 2,6 % — toujours l'hypothèse de départ — rapporterait huit centièmes de point de plus hors frais, et lui ferait perdre trois dixièmes de point dès qu'on en réintroduit 0,60 %, avec du risque et de l'immobilisation en échange. Ne rien faire est ici la bonne réponse.

Changer d'enveloppe pour gagner 0,3 point coûte souvent plus que 0,3 point. Frais d'entrée, fiscalité de sortie de l'enveloppe quittée, perte d'antériorité : l'addition dépasse fréquemment le gain espéré. Et rappelons ce que dit le tableau du paragraphe 4 : le seuil dépend d'abord de votre taux d'imposition, pas de la qualité du support — changer de produit peut ne rien changer.

Sur un rendement passé, il n'y a rien à rattraper. Cette page est écrite au passé : le calcul sert à comprendre l'exercice écoulé, pas à réparer une année révolue.

Un rendement réel légèrement négatif peut être un choix assumé: sécurité, disponibilité, horizon court, aversion au risque. Encore faut-il l'avoir chiffré avant de l'accepter.

Une demande plus simple que toutes les optimisations

Avant d'envisager quoi que ce soit, réclamez ce que le droit vous doit — en sachant que la source n'est pas la même selon le contrat, et qu'invoquer le mauvais texte est le plus sûr moyen de se voir opposer un refus. Pour un service d'investissement: l'illustration de l'effet cumulé des coûts sur le rendement, due avant l'investissement comme après (règlement délégué (UE) 2017/565, art. 50). Pour un contrat d'assurance-vie: l'information annuelle sur les frais prélevés (code des assurances, art. L. 132-22) et, avant la souscription ou l'adhésion, le détail par unité de compte de la performance brute de frais, de la performance nette de frais et des frais prélevés (art. L. 522-5). La raison est arithmétique : un point de frais est certain, un point de performance ne l'est pas.

Hagnéré Patrimoine — Chambéry

Refaire ce calcul sur ce que vous détenez, une ligne à la fois

Le seuil du paragraphe 4 se pose sur chaque enveloppe que vous possédez déjà : le taux réellement servi, les frais effectivement prélevés, le taux auquel ces revenus sont imposés. L'exercice se mène ligne par ligne, et il se termine parfois par le constat qu'aucun arbitrage ne se justifie.

Cabinet CIF, COA, COBSPORIAS 23002291

Portée de cette page

Cette page est informative. Elle ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal. Les taux, textes et indices cités sont ceux publiés aux dates indiquées et sont susceptibles d'évoluer ; les calculs reposent sur des hypothèses annoncées comme fictives et ne préjugent d'aucun résultat. Votre situation individuelle relève d'un examen par un professionnel.

Hagnéré Patrimoine est un cabinet de conseil en investissements financiers, courtier en assurance et courtier en opérations de banque et services de paiement, immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23002291, établi à Bassens et adhérent de la CNCEF Patrimoine ; il n'est ni avocat, ni notaire, ni expert-comptable. Le point de départ de tout examen est un bilan patrimonial.

10. FAQ — questions fréquentes

Douze questions sur la lecture du chiffre. Aucune ne porte sur le choix d'un produit.

Questions fréquentes

Rendement réel, impôt et inflation — questions fréquentes

En trois temps, dans cet ordre : on retire les frais, on applique l'impôt au rendement nominal net de frais, puis on déflate le résultat de l'inflation. La formule exacte est : rendement réel = (1 + rendement net) / (1 + inflation) - 1. Retirer l'inflation avant l'impôt donne un résultat faussement favorable, parce que l'impôt est assis sur le rendement nominal et non sur le gain réel.

Le seuil s'écrit : rendement nominal = inflation / (1 - taux d'imposition). Il est exact : à ce rendement, le rendement réel vaut exactement zéro. À 2,1 % d'inflation, cela donne 2,10 % sans aucun impôt, 2,54 % à 17,2 % de prélèvements sociaux, 3,06 % au prélèvement forfaitaire de 31,4 %, et 5,02 % pour un bailleur en location nue dont la tranche marginale est de 41 %.

La soustraction majore le résultat quand le rendement net dépasse l'inflation, et elle le minore dans le cas inverse ; dans les deux cas l'écart est faible aux niveaux actuels : 0,014 point à 2,6 % net et 1,8 % d'inflation. L'erreur qui compte n'est pas là : elle est d'oublier l'impôt, lequel déplace le seuil de 0,82 point entre une fiscalité nulle et 31,4 % — près de soixante fois plus.

Oui, et cela ne demande pas une inflation élevée. Hypothèse de rendement : 2,6 % ; inflation constatée de juin 2026 : 1,8 %. Imposé à 30 %, le rendement réel est de +0,020 % ; imposé à 31,4 %, il est de -0,016 %. Le seul passage d'un taux de prélèvements sociaux à l'autre suffit à faire changer le signe du résultat. L'ordre de grandeur, lui, ne bouge pas.

Parce qu'ils ne frappent pas la même chose. L'impôt est assis sur le rendement nominal ; l'inflation s'applique à la totalité du capital. Ils se composent au lieu de s'ajouter, et c'est pour cela que l'impôt ne réduit pas le rendement réel de son taux : il relève le seuil de préservation d'un facteur 1 / (1 - taux).

Oui. La part du gain réel absorbée par l'impôt vaut exactement rendement x taux / (rendement - inflation). À 2,6 % de rendement, 1,8 % d'inflation et 30 % d'imposition, elle atteint 97,50 % ; à 31,4 %, elle atteint 102,05 %. Le taux affiché et le taux supporté par le pouvoir d'achat sont deux choses différentes.

Non. Le niveau de fiscalité, lui, pèse lourd : passer d'une fiscalité nulle à 31,4 % déplace le seuil de préservation de 0,82 point, à 1,8 % d'inflation. Mais ce niveau se joue au moment d'ouvrir une enveloppe, rarement après. Ce sur quoi vous gardez une prise immédiate est plutôt contractuel : les frais, dont un point coûte 1,46 point de rendement brut à 31,4 % d'imposition lorsqu'ils sont facturés hors de l'enveloppe. Le changement fiscal de 2026, lui, ne déplace le seuil que de 0,052 point pour un contribuable au prélèvement forfaitaire (de 30 % à 31,4 %), et de 0,037 point pour des revenus soumis aux seuls prélèvements sociaux, passés de 17,2 % à 18,6 %, quand trois dixièmes de point d'inflation en déplacent 0,44 pour le premier.

Pas nécessairement. Le livret A et le LDDS sont à 1,70 % du 1er août 2026 au 31 janvier 2027 (arrêté du 28 juillet 2026) et leurs intérêts ne supportent ni impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux : face à l'indice des prix à la consommation de juillet 2026 publié par l'INSEE (+2,1 % sur un an, ensemble des ménages, France), le rendement réel ressort à -0,39 %. Le livret d'épargne populaire, à 2,50 % (arrêté du 29 juillet 2026), ressort à +0,39 % - mais il est soumis à une condition de ressources et il est plafonné.

Non : l'endroit du prélèvement change le coût. Le facteur est 1 / (1 - taux) pour des frais facturés hors de l'enveloppe, soit 1,46 point de rendement brut par point de frais à 31,4 % d'imposition, contre 1 point s'ils sont prélevés à l'intérieur ; le paragraphe 5 en donne le détail. Dans les deux cas, attention au double comptage : les frais prélevés dans l'enveloppe sont déjà déduits du rendement qu'affiche votre relevé.

Non. Le rendement net servi qu'un assureur publie est net de ses frais de gestion, et rien de plus. Prenez-le comme un point de départ, pas comme un résultat : il reste à lui retirer les prélèvements dus à la sortie de l'enveloppe, puis à le rapporter à l'inflation de la même période. Ces deux opérations sont à votre charge, aucun texte n'imposant de publier un rendement déjà net d'impôt, encore moins net d'inflation.

Non, pas en un taux unique. Un retrait de PEA effectué en 2026 supporte un taux mixte - 18,6 % sur la fraction de gain acquise ou constatée à compter du 1er janvier 2026, 17,2 % sur la fraction antérieure, taux historiques avant 2018 - et les modalités de calcul de ces fractions n'ont fait l'objet d'aucun commentaire administratif publié à ce jour. Pour un contrat luxembourgeois comme pour le PER, le taux applicable n'est pas tranché : cette page ne le chiffre pas.

Oui, le barème de l'impôt sur le revenu : ses quatre bornes ont été relevées de 0,9 % pour l'imposition des revenus de 2025 (loi de finances pour 2026 du 19 février 2026, article 4). Mais l'assiette des revenus du capital n'est pas actualisée : une plus-value se calcule sur des prix historiques. La seule exception est la taxe sur les cessions de terrains nus devenus constructibles, pour laquelle la DGFiP publie des coefficients d'érosion monétaire.