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Fiscalité du compte-titres en société à l'IS : tout comprendre à l'article 209-0 A (2026)

Une société à l'IS qui détient un compte-titres ne relève ni du PFU ni des prélèvements sociaux : son seul impôt est l'IS. Mais l'article 209-0 A du CGI impose chaque année les plus-values latentes de ses OPCVM, sauf exception. Voici la carte complète de la fiscalité d'un CTO de société en 2026, expliquée simplement.

209-0 AMark-to-market annuel
90 %L'exception décisive
0 %Zéro prélèvement social
5 % / 12 %Dividendes et plus-values
Hagnéré Patrimoine

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Un cas que je vois revenir chaque année. Votre holding a logé 500 000 € sur un compte-titres, les marchés ont monté de 8 % dans l'année, et au moment de la liasse fiscale votre expert-comptable vous annonce 10 000 € d'IS à payer— alors que vous n'avez rien vendu et pas touché un centime. C'est l'effet de surprise le plus fréquent chez les dirigeants de société à l'IS, et il porte un nom : l'article 209-0 A du CGI.

Première bonne nouvelle malgré tout : pour une société à l'IS, oubliez le PFU à 31,4 % et les prélèvements sociaux à 18,6 % — ils ne concernent que les particuliers. Mauvaise surprise en revanche, cette règle bien particulière du 209-0 A peut vous faire payer de l'IS sur une plus-value que vous n'avez pas encore encaissée. La maîtriser, c'est éviter l'appel de trésorerie imprévu — et surtout choisir les bons supports pour ne (presque) jamais le subir.

Le piège le plus fréquent : un dirigeant croit, à tort, que son compte-titres de holding fonctionne comme son compte-titres ordinaire de particulier. Or la fiscalité est radicalement différente. Pour un CTO de société, il existe trois univers fiscaux distincts: les OPCVM « ordinaires » (taxés chaque année sur leurs plus-values latentes), les fonds actions à 90 % (qui y échappent) et les titres vifs détenus en direct (hors champ). Comprendre cette carte, c'est comprendre toute la fiscalité du CTO de société.

Chez Hagnéré Patrimoine (ORIAS 23002291, CIF membre CNCEF Patrimoine, COA, COBSP), nous modélisons et optimisons l'allocation des comptes-titres de holdings au regard du 209-0 A. Ce guide est l'explication de référence de cet article et de la fiscalité d'ensemble d'un CTO de société en 2026. Pour l'arbitrage global entre le compte-titres et le contrat de capitalisation, voyez notre pilier CTO ou contrat de capitalisation en holding : lequel choisir ? ; pour le panorama des enveloppes de trésorerie, les 8 enveloppes pour placer la trésorerie d'une société.

À retenir en 60 secondes

  • Une holding à l'IS ne paie ni CSG ni PS ni PFU. La CSG/CRDS et les prélèvements sociaux (17,2 %, 18,6 %) ne frappent que les personnes physiques (art. L. 136-6 et L. 136-7 du CSS). Le seul impôt sur ses placements est l'IS: 25 %, ou 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour une PME éligible.
  • L'article 209-0 A taxe les plus-values latentes des OPCVM. Les parts de SICAV, FCP et ETF sont évaluées à leur valeur liquidative de clôture, et l'écart est ajouté au résultat IS chaque exercice, même sans vente (le mark-to-market annuel).
  • Deux échappatoires. Les fonds investis à 90 % au moins en actions de l'UE échappent à cette taxation annuelle, et les titres vifs en direct (actions, obligations) sont hors champ : ils ne sont imposés qu'à la cession.

Avertissement — information pédagogique, prudence CIF

Ce guide a une vocation strictement informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement individualisé, ni une recommandation personnalisée au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tous les chiffres des cas pratiques sont illustratifs et non garantis : un compte-titres comporte un risque de perte en capital. La fiscalité dépend de votre situation et est susceptible d'évoluer. Chaque décision doit faire l'objet d'une étude personnalisée par un conseiller en investissements financiers (CIF) enregistré à l'ORIAS. Hagnéré Patrimoine est CIF membre de la CNCEF Patrimoine (ORIAS 23002291), COA, COBSP.

Le vocabulaire en 30 secondes (avant de commencer)

  • OPCVM (organisme de placement collectif en valeurs mobilières) : un fonds dans lequel votre argent est mutualisé avec celui d'autres investisseurs. SICAV, FCP et ETF (les « trackers ») en sont les formes les plus courantes.
  • Valeur liquidative (VL): le prix d'une part de fonds à un instant donné — l'équivalent du cours de Bourse pour un OPCVM.
  • Mark-to-market: « valorisation au prix du marché ». On fait comme si vous aviez vendu vos parts à la clôture, on mesure le gain (ou la perte) sur le papier, et on le taxe — même sans vente réelle.
  • Régime mère-fille: régime qui exonère 95 % des dividendes qu'une société reçoit d'une filiale qu'elle détient durablement.
  • QPFC (quote-part de frais et charges) : la petite fraction (5 % ou 12 %) qui reste imposable malgré une exonération — une « franchise » fiscale, en somme.
QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291

1. L'article 209-0 A en une phrase : la société est taxée sur ce qu'elle n'a pas encore vendu

L'article 209-0 A du CGI impose une société à l'IS sur les plus-values latentes de ses parts d'OPCVM (SICAV, FCP, ETF) : elles sont évaluées à leur valeur liquidative de clôture et l'écart est ajouté au résultat imposable à l'IS chaque exercice, même sans vente. Exception : les fonds investis à 90 % au moins en actions y échappent. Hagnéré Patrimoine vous en livre la carte fiscale complète.

1.1. Le CTO de société n'est pas le CTO du particulier

C'est la confusion la plus coûteuse. Un particulier qui détient un compte-titres ordinaire subit le PFU à 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux) sur ses dividendes et ses plus-values réalisées, et peut loger une poche d'actions dans un PEA. Une société à l'IS, elle, vit dans un tout autre monde fiscal : aucun PFU, aucun prélèvement social. La CSG/CRDS et les PS sont réservés aux personnes physiques (art. L. 136-6 et L. 136-7 du CSS). Son seul impôt sur les revenus de son compte-titres est l'impôt sur les sociétés, articulé avec la mécanique particulière du 209-0 A. Pour la fiscalité du compte-titres ordinaire du particulier, à ne pas confondre, voyez notre guide dédié.

Le seul impôt de la holding = l'IS

En 2026, l'impôt sur les sociétés est de 25 % au taux normal. Les PME éligibles bénéficient du taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (chiffre d'affaires < 10 M€, capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques). Ce seuil de 42 500 € est maintenu en 2026: l'amendement qui aurait porté ce plafond à 100 000 € a été rejeté en loi de finances pour 2026. Aucun prélèvement social ne vient s'ajouter : pour une holding, le débat « PFU ou barème » n'existe tout simplement pas.

Reste donc à comprendre comment l'IS s'applique aux différents revenus d'un compte-titres. Et le traitement change radicalement selon ce que vous détenez : OPCVM ordinaire, fonds actions à 90 % ou titres vifs. Nous allons dérouler la carte des trois univers fiscaux (OPCVM ordinaire / fonds actions 90 % / titres vifs), puis détailler les dividendes, les coupons et les plus-values de cession.

2. Le mécanisme du mark-to-market : évaluation à la valeur liquidative de clôture

Le cœur du 209-0 A tient en un principe simple, emprunté à la comptabilité de marché : le mark-to-market. À chaque clôture d'exercice, les parts d'OPCVM détenues par la société sont évaluées à leur valeur liquidative de clôture. L'écart entre cette valeur et la valeur d'ouverture (ou le prix d'acquisition la première année) constitue une plus ou moins-value latente, qui est comprise dans le résultat imposable à l'IS — même si aucune part n'a été vendue.

La mécanique est symétrique. Si la valeur liquidative monte, l'écart positif est une plus-value latente réintégrée au résultat (la société paie de l'IS). Si elle baisse, l'écart négatif est une moins-value latente déduite du résultat (la société économise de l'IS). D'une année sur l'autre, les hausses et les baisses se neutralisent dans le temps.

Écart d'évaluation 209-0 A (par OPCVM)

Écart imposable = VL de clôture − VL d'ouverture
(ou prix d'acquisition la 1re année)

Écart positif → réintégré au résultat IS. Écart négatif → déduit. À la cession, le prix de revient fiscal est corrigé des écarts déjà taxés (ou déduits) : il n'y a pas de double imposition.

Ce dernier point est essentiel : pas de double imposition. Au moment de la cession des parts, le prix de revient fiscal a été majoré des plus-values déjà taxées chaque année (et minoré des moins-values déjà déduites). La plus-value de cession ne porte donc que sur ce qui n'a pas encore été imposé. Le 209-0 A n'ajoute pas d'impôt : il en avance le paiement.

L'angle trésorerie — payer l'IS sans avoir vendu

C'est la vraie contrainte du 209-0 A. Le mark-to-market peut créer une charge d'IS sur une plus-value non encaissée: votre société doit sortir du cash pour payer l'impôt alors qu'elle n'a rien vendu. Sur une année de forte hausse des marchés, l'addition peut surprendre. C'est l'argument central en faveur des fonds actions à 90 % (qui échappent au MtM). Pour le calcul détaillé et l'impact trésorerie chiffré, voyez le calcul détaillé des plus-values latentes sur ETF et OPCVM.

3. Quels titres sont visés ? OPCVM, SICAV, FCP, ETF… et ceux qui échappent

Le 209-0 A ne s'applique pas à tout votre compte-titres. Il vise un périmètre précis : les parts ou actions d'OPCVM (français ou étrangers) détenues par une entreprise à l'IS — SICAV, FCP, ETF/trackers, fonds de placement. À l'inverse, les titres vifs détenus en direct (une action ou une obligation que vous détenez vous-même, sans passer par un fonds) sont hors du champ du 209-0 A : ils ne sont imposés qu'à la cession, sans aucune évaluation annuelle.

La carte des 3 univers fiscaux d'un CTO de société à l'IS
Nature du titreTraitement fiscal annuelArticle / régime
Parts d'OPCVM < 90 % actions (monétaire, obligataire, diversifié)Mark-to-market annuel : PV/MV latente au résultat IS chaque exerciceCGI art. 209-0 A
Parts d'OPCVM/ETF ≥ 90 % actions UEExonérés du MtM annuel : seule la PV réalisée à la cession est imposéeCGI art. 209-0 A 3 (exception)
Actions en direct (titres vifs)Aucune imposition annuelle : imposées à la cession seulementHors champ 209-0 A
Obligations en direct (titres vifs)Aucun MtM ; les coupons sont imposés à l’IS plein chaque annéeHors champ 209-0 A (coupons : IS plein)

Un cas n'apparaît pas dans ce tableau et revient pourtant souvent : les parts de FCPR souscrites par une société. Elles ne se comportent comme aucune des lignes ci-dessus, parce que la société ne verse pas son capital le premier jour et ne peut pas revendre ses parts quand elle le souhaite. Ce que la société signe réellement — engagement ferme, appels de fonds étalés, réserve à immobiliser, traitement à la clôture — est détaillé dans le FCPR détenu par une société à l'IS.

3.1. Pourquoi cette distinction OPCVM / titre vif est-elle décisive ?

Parce qu'elle conditionne toute votre stratégie. Un dirigeant qui veut faire du buy & hold (acheter et conserver longtemps) doit savoir que c'est l'enveloppe-fonds qui déclenche le mark-to-market, pas l'action en direct. Une ligne d'actions détenue en direct peut prendre 50 % de valeur en cinq ans sans générer le moindre IS tant qu'elle n'est pas vendue. La même performance via un OPCVM diversifié « ordinaire » aurait été taxée chaque année. Reste qu'investir en direct sur des dizaines de lignes est lourd à gérer — d'où l'intérêt de l'exception des fonds actions à 90 %, qui combine le confort du fonds et l'absence de MtM. Le détail des ETF éligibles est traité dans quels ETF échappent à la taxation annuelle.

Hagnéré Patrimoine

Votre allocation est-elle calée sur le 209-0 A ?

Selon que votre poche est en OPCVM « ordinaire », en fonds actions à 90 % ou en titres vifs, le frottement annuel d'IS peut varier du simple au quintuple. Hagnéré Patrimoine modélise votre compte-titres de société.

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4. L'exception décisive : les fonds investis à 90 % au moins en actions

C'est la disposition qui rend l'investissement actions de long terme viable en société. Le 3 de l'article 209-0 A écarte du mark-to-market les OPCVM dont l'actif est représenté de façon constante pour 90 % au moins par des actions, des certificats d'investissement (CI) et des certificats coopératifs d'investissement (CCI) émis par des sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne et soumises à l'IS de droit commun (ou un impôt équivalent).

L'effet est puissant : ces OPCVM et ETF échappent à la taxation annuelle des plus-values latentes. Seule la plus-value réalisée à la cession est imposée, à l'IS (en plus-value à court terme). Concrètement, un ETF actions UE éligible peut capitaliser année après année sans générer le moindre IS sur ses gains latents : l'impôt n'arrive qu'au jour de la vente. C'est ce qui rend le buy & hold quasi sans frottement annuel possible au sein d'une holding.

4.1. La règle des 90 % en pratique

Deux points de vigilance. D'abord, la règle de transparence: pour un fonds de fonds, on regarde par transparence les OPCVM qu'il détient afin d'apprécier le quota d'actions. Ensuite, la constance: le quota de 90 % doit être respecté en permanence. Si l'OPCVM cesse de tenir ce quota sur un semestre, il retombe sous le régime du mark-to-market (209-0 A) pour l'exercice. D'où l'importance de sélectionner des fonds dont la documentation engage clairement le respect du quota — un point que votre conseiller vérifie en amont.

Ce que ça change pour une poche actions de long terme

Une allocation 100 % ETF actions UE éligibles peut capitaliser sans IS annuel sur ses plus-values latentes : l'impôt ne frappe qu'à la vente. C'est précisément ce qui rend le buy & hold viable en société pour une poche actions longue. Pour le détail des fonds qui remplissent réellement la condition, voyez quels ETF échappent à la taxation annuelle, et pour le chiffrage de l'écart avec un fonds taxé au MtM, le calcul détaillé des plus-values latentes.

Le périmètre exact du quota se vérifie fonds par fonds

Le texte vise les actions et titres assimilés émis par des sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne et soumises à l'IS de droit commun (ou un impôt équivalent). Le périmètre fin des marchés et des titres assimilés éligibles s'apprécie pour chaque fonds au regard de sa documentation et de la doctrine applicable (BOFiP BOI-IS-BASE-10-20-10). Notre cabinet sécurise cette analyse en amont de toute souscription.

5. Comment le résultat imposable est-il calculé à la clôture ?

À la clôture de l'exercice, l'opération se fait OPCVM par OPCVM : on compare la valeur liquidative de clôture à celle d'ouverture. Les écarts positifs et négatifs se compensent par catégorie d'OPCVM détenue, et le montant net est rattaché au résultat. Cet écart net n'est pas une écriture comptable de produit ou de charge classique : il est traité extra-comptablement, via un retraitement fiscal sur le tableau 2058-A de la liasse.

Prenons un exemple concret pour fixer les idées (chiffres illustratifs, holding à l'IS à 25 %, aucun prélèvement social).

Cas n°1 (illustratif) — mark-to-market sur une poche d'OPCVM diversifié (< 90 % actions, donc dans le champ du MtM)
ÉtapeCalculRésultat
VL au 1er janvier—500 000 €
VL au 31 décembre—540 000 €
Écart latent (PV)540 000 − 500 000+40 000 €
Réintégration au résultat IS (case XR)—40 000 €
IS dû sur cet écart40 000 × 25 %10 000 €

La holding paie donc 10 000 € d'IS sur une plus-value qu'elle n'a pas encaissée (c'est l'angle trésorerie du chapitre 2). La symétrie joue l'année suivante : si la valeur liquidative retombe à 500 000 €, la moins-value latente de −40 000 € est déduite (case XS), soit une économie d'IS de 10 000 €. Et le prix de revient fiscal, porté à 540 000 € après l'année 1, fait qu'une cession ultérieure à 540 000 € dégage une plus-value imposable de zéro : pas de double imposition.

Compensation par catégorie, pas titre par titre

La compensation des écarts joue par catégorie d'OPCVM, et non ligne par ligne de façon isolée. Pour une démonstration approfondie sur un portefeuille comportant plusieurs poches (et le contraste chiffré avec un ETF actions à 90 % qui aurait généré zéro IS en année 1), voyez le calcul détaillé des plus-values latentes sur ETF et OPCVM.

Note de méthode — comment lire nos cas chiffrés

Tous les exemples de ce guide sont volontairement simplifiés pour isoler un mécanisme : nous retenons un IS à 25 %, aucun prélèvement social (la société est à l'IS), et nous faisons abstraction des frais de gestion, des arbitrages et des autres produits de l'exercice. Ce sont des illustrations pédagogiques, non des projections garanties : une performance de marché peut être négative et un compte-titres comporte un risque de perte en capital. Votre chiffrage réel dépend de votre allocation, de votre taux d'IS effectif et de votre situation propre.

6. Et les dividendes ? Le régime mère-fille et les titres de portefeuille

Le mark-to-market concerne les plus-values latentes. Les dividendes encaissés, eux, suivent un régime à part. Deux situations. Si la société détient une participation d'au moins 5 % du capital de la société distributrice et conserve ses titres au moins 2 ans, le régime mère-fille (art. 145 et 216 du CGI) s'applique : les dividendes sont exonérés à 95 %, et seule une quote-part de frais et charges (QPFC) de 5 % reste imposée à l'IS. Le frottement effectif tombe alors à environ 1,25 % du dividende.

Frottement mère-fille (IS 25 %)

Frottement = dividende × 5 % (QPFC) × 25 % (IS)
             = 1,25 % du dividende

95 % du dividende est exonéré ; seule la quote-part de frais et charges de 5 % est taxée à l'IS. Exemple : sur 50 000 € de dividende, QPFC = 2 500 €, IS = 625 €, soit 1,25 %.

En dessous de 5 % de participation — ce qui est le cas le plus fréquent sur un compte-titres diversifié, où les lignes pèsent chacune une fraction du portefeuille, comme un ETF distribuant ou des actions cotées détenues en petite quantité — le régime mère-fille ne s'applique pas : les dividendes sont imposés à l'IS plein (25 %).

6.1. Quand le régime mère-fille s'applique-t-il à un CTO de société ?

Rarement sur un compte-titres purement diversifié, où aucune ligne n'atteint les 5 %. Beaucoup plus souvent quand la holding loge des participations stratégiques (parts de sociétés opérationnelles du groupe, par exemple). En pratique, un même CTO de holding peut donc cumuler des dividendes à l'IS plein (poche diversifiée) et des dividendes en mère-fille (participations significatives). Pour la mécanique complète du régime et sa comparaison avec l'intégration fiscale, voyez le régime mère-fille et l'intégration fiscale en détail; pour le traitement des flux distribués sur un compte-titres (fonds distribuants vs capitalisants), dividendes et coupons d'un CTO de société : l'imposition en détail.

Les dividendes étant traités, restent deux flux qui complètent le tableau fiscal du compte-titres : les coupons d'obligations que vous encaissez chaque année, et les plus-values que vous réalisez le jour où vous vendez. Là encore, tout dépend de la nature exacte du titre.

7. Et les coupons d'obligations et les plus-values de cession ?

Commençons par les coupons. Les coupons d'obligations (les intérêts périodiques que vous verse une obligation) sont imposés à l'IS plein (25 %), sans aucun régime de faveur : le régime mère-fille ne vise que les dividendes de participations, jamais les intérêts ni les coupons. Si vous détenez des obligations en direct (hors OPCVM), ces coupons sont taxés chaque année à l'IS, mais l'obligation elle-même reste hors du champ du mark-to-market. Pour un panorama de l'obligataire en société, voyez notre guide investir en obligations.

Les plus-values de cession, elles, dépendent de la nature des titres vendus :

  • Titres de participation détenus au moins 2 ans → régime des plus-values à long terme (art. 219 I a quinquies du CGI) : exonération, sauf une quote-part de frais et charges de 12 % de la plus-value brute, réintégrée à l'IS — soit un taux effectif d'environ 3 %.
  • Titres de placement et parts d'OPCVM → plus-value à court terme, imposée à l'IS plein. Pour les OPCVM déjà soumis au mark-to-market, le prix de revient a été corrigé des écarts déjà taxés : pas de double imposition.
Dividendes, coupons, plus-values : qui paie quoi à l'IS ?
FluxRégime ISFrottement effectif (IS 25 %)
Dividendes, participation ≥ 5 % conservée ≥ 2 ansMère-fille : exonération 95 %, QPFC 5 %~1,25 %
Dividendes < 5 % / ETF distribuantsIS plein25 %
Coupons d'obligationsIS plein (pas de mère-fille)25 %
PV cession titres de participation ≥ 2 ansRégime LT : exonération sauf QPFC 12 %~3 %
PV cession OPCVM / titres de placementPV court terme à l’IS plein25 %
Cas n°2 (illustratif) — cession de titres de participation à long terme (holding à l'IS 25 %, participation 8 % détenue 4 ans)
ÉtapeCalculRésultat
Prix d'acquisition—200 000 €
Prix de cession—500 000 €
Plus-value brute500 000 − 200 000+300 000 €
QPFC de 12 % réintégrée300 000 × 12 %36 000 €
IS sur la QPFC36 000 × 25 %9 000 € (taux effectif 3 %)

Concrètement, l'écart se chiffre vite : si ces mêmes titres avaient été des parts d'OPCVM (titres de placement), la plus-value de 300 000 € aurait été imposée à l'IS plein, soit 75 000 € (300 000 × 25 %), contre 9 000 € en régime long terme. Même plus-value, même montant — mais 9 000 € d'IS d'un côté et 75 000 € de l'autre, selon la seule qualification comptable des titres.

Ne pas confondre titres de participation et titres de placement

Seuls les titres de participation (détenus au moins 2 ans, avec un rôle stratégique et durable pour la société) ouvrent le régime des plus-values à long terme et sa QPFC de 12 %. Les parts d'OPCVM et les titres détenus dans une logique de placement diversifié relèvent de la plus-value à court terme, taxée à l'IS plein. La distinction repose sur l'intention et la comptabilisation, pas sur le seul pourcentage détenu — un point à sécuriser avec votre expert-comptable.

8. Vos obligations déclaratives et comptables

Reste à traduire tout cela dans la liasse fiscale. La fiscalité du 209-0 A ne tombe pas du ciel à la clôture — elle suppose un suivi rigoureux tout au long de l'exercice. Trois obligations structurent la gestion d'un compte-titres de société :

  • Un état détaillé des parts d'OPCVM: suivi des valeurs liquidatives d'ouverture et de clôture, et du prix de revient fiscal corrigé année après année.
  • Le retraitement extra-comptable: l'écart net d'évaluation est porté au tableau 2058-A de la liasse fiscale — en case XR pour une réintégration (écart net positif) et en case XS pour une déduction (écart net négatif).
  • Le suivi du prix de revient corrigé : indispensable pour éviter la double imposition au moment de la cession des parts.

En pratique : qui fait quoi ?

Le retraitement fiscal est porté par votre expert-comptable lors de l'établissement de la liasse. Le rôle du conseiller en gestion de patrimoine, lui, est en amont : caler l'allocation pour minimiser le frottement annuel — arbitrer entre une poche actions à 90 % (hors MtM) et une poche taxée au mark-to-market, selon votre horizon et votre besoin de liquidité. Les références de cases (XR pour les réintégrations, XS pour les déductions) s'entendent du millésime de liasse en vigueur pour l'exercice concerné : votre expert-comptable s'assure de leur actualisation chaque année.

9. Synthèse : la fiscalité du CTO de société en un coup d'œil

En une page, voici ce que paie réellement un compte-titres de société à l'IS en 2026. Le fil conducteur reste le même : aucun prélèvement social, aucun PFU — uniquement l'IS, modulé selon la nature du titre et du flux.

Synthèse — fiscalité d'un compte-titres de société à l'IS (2026)
ÉlémentTraitement fiscal
Prélèvements sociaux (CSG/CRDS/PS)Aucun — réservés aux personnes physiques (L. 136-6/L. 136-7 CSS)
PFU / flat tax 31,4 %Ne s’applique pas à une société à l’IS
Impôt de référenceIS : 25 % (15 % jusqu’à 42 500 € pour une PME éligible)
OPCVM < 90 % actionsMark-to-market annuel des PV/MV latentes (209-0 A)
OPCVM/ETF ≥ 90 % actions UEExonérés du MtM ; imposition à la cession seulement
Actions en direct (titres vifs)Imposition à la cession seulement (hors champ 209-0 A)
Dividendes en mère-fille (≥ 5 %, ≥ 2 ans)Exonération 95 %, QPFC 5 % (~1,25 %)
Coupons d’obligationsIS plein (25 %)
PV cession titres de participation ≥ 2 ansRégime LT : QPFC 12 % (~3 %)
PV cession OPCVM / titres de placementPV court terme à l’IS plein (25 %)
Taxe holdings LF 2026 art. 7CTO non visé (trésorerie, OPCVM, capi, SCPI, FCPR exclus)

Bonne nouvelle : le CTO n'est PAS visé par la taxe holdings (LF 2026 art. 7)

La taxe de 20 % instaurée par la loi de finances pour 2026 (nouvel art. 235 ter C du CGI) vise certains actifs somptuaires (yachts et bateaux de plaisance, véhicules de plaisance, jets, métaux précieux, vins et spiritueux). La trésorerie, les actifs financiers (actions, obligations, OPCVM), les contrats de capitalisation, les SCPI et les FCPR sont exclus de l'assiette. Un compte-titres de holding n'est donc pas concerné. Le périmètre exact de l'assiette s'apprécie au regard du texte de l'art. 235 ter C du CGI et de sa doctrine d'application ; voyez notre guide la taxe sur le patrimoine des holdings (LF 2026 art. 7).

9.1. CTO ou contrat de capitalisation : où loger quelle poche ?

Le compte-titres n'est pas la seule enveloppe ouverte à une société à l'IS. Le contrat de capitalisation personne morale obéit, lui, à une logique différente : une taxation forfaitaire annuelle (art. 238 septies E du CGI) assise sur un pourcentage du TME (taux moyen des emprunts d'État) figé à la date de souscription, et non sur les plus-values latentes. Selon les niveaux de TME observés (de l'ordre de 3,4 à 3,8 % en ce début 2026, à confirmer au jour de la souscription — ce chiffre est purement indicatif et ne doit pas servir de base à un calcul), ce frottement forfaitaire peut être plus ou moins favorable que le mark-to-market du CTO. Le compte-titres brille pour une poche actions de long terme (via l'exception 90 %) ; le contrat de capitalisation pour une allocation diversifiée ou obligataire dans une enveloppe capitalisante. L'arbitrage dépend de votre allocation et de votre horizon : il est détaillé dans notre pilier CTO ou contrat de capitalisation en holding : lequel choisir ?

Pour replacer le compte-titres dans l'ensemble des solutions d'une société (du compte à terme à la SCPI en passant par le contrat de capitalisation luxembourgeois), voyez le panorama des 8 enveloppes pour placer la trésorerie d'une société, et pour la vue d'ensemble des montages, notre hub holding patrimoniale.

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Étude personnaliséeCIF ORIAS 23002291Sans engagement
Questions fréquentes

Fiscalité du compte-titres en société à l'IS — questions fréquentes

Non. La CSG/CRDS et les prélèvements sociaux (17,2 %, 18,6 %, prélèvement de solidarité 7,5 %) ne frappent que les personnes physiques (art. L. 136-6 et L. 136-7 du CSS). Le seul impôt d'une société à l'IS sur ses revenus de placement est l'impôt sur les sociétés : 25 %, ou 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour une PME éligible.

Les parts d'OPCVM (SICAV, FCP, ETF) détenues par une société à l'IS sont évaluées à leur valeur liquidative de clôture chaque exercice, et l'écart latent (plus ou moins-value) est compris dans le résultat imposable à l'IS, même sans vente.

Non. Les titres vifs en direct sont hors du champ du 209-0 A, qui ne vise que les parts d'OPCVM. Une action ou une obligation détenue en direct n'est imposée qu'à la cession ; les coupons d'obligations restent, eux, imposés à l'IS plein chaque année.

Les OPCVM et ETF investis de façon constante à 90 % au moins en actions et titres assimilés émis par des sociétés de l'UE (art. 209-0 A 3 du CGI). Pour eux, seule la plus-value réalisée à la cession est imposée : c'est ce qui rend le buy & hold possible.

L'actif de l'OPCVM doit être représenté de façon constante à 90 % minimum par des actions, certificats d'investissement et certificats coopératifs d'investissement. Une règle de transparence permet de regarder les fonds détenus par l'OPCVM. Si le quota n'est plus respecté sur un semestre, l'OPCVM retombe sous l'évaluation à la valeur liquidative de clôture.

On compare la valeur liquidative de clôture à celle d'ouverture pour chaque OPCVM concerné. Les écarts positifs et négatifs se compensent par catégorie d'OPCVM ; l'écart net est réintégré ou déduit du résultat imposable à l'IS.

Sur le tableau 2058-A de la liasse : case XR pour une réintégration (écart net positif), case XS pour une déduction (écart net négatif). Le prix de revient fiscal des parts est corrigé des écarts déjà taxés pour éviter toute double imposition à la cession.

Si la société détient au moins 5 % du capital et conserve les titres au moins 2 ans, le régime mère-fille (art. 145 et 216 du CGI) exonère 95 % des dividendes : seule une quote-part de frais et charges de 5 % est taxée à l'IS (frottement effectif d'environ 1,25 %). En dessous de 5 % (ETF distribuants, portefeuille diversifié), les dividendes sont imposés à l'IS plein.

Ils sont imposés à l'IS plein. Le régime mère-fille ne s'applique qu'aux dividendes de participations, jamais aux intérêts ni aux coupons d'obligations.

Non. Les titres de participation détenus au moins 2 ans relèvent du régime des plus-values à long terme (art. 219 I a quinquies du CGI) : exonération sauf une quote-part de frais et charges de 12 % de la plus-value brute (taux effectif d'environ 3 %). Les titres de placement et parts d'OPCVM relèvent de la plus-value à court terme, imposée à l'IS plein.

Non, elle est totalement différente. Le particulier subit le PFU de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux). La société à l'IS ne paie ni PFU ni prélèvements sociaux : uniquement l'IS, avec le mark-to-market annuel du 209-0 A sur ses OPCVM.

Il n'est pas concerné. La taxe de 20 % vise certains actifs somptuaires ; la trésorerie, les actifs financiers (actions, obligations, OPCVM), les contrats de capitalisation, les SCPI et les FCPR sont exclus de l'assiette (nouvel art. 235 ter C du CGI). Un compte-titres de holding échappe donc à cette taxe.