Mis à jour le 24 avril 2026· Conforme à la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1560 du 22/12/2025), à la loi Partage de la Valeur n° 2023-1107 du 29/11/2023 et à l'arrêté PASS du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €).
Qu'est-ce que le PERECO et pourquoi il change la donne ?
Imaginez la scène. Vous êtes salarié, vous touchez chaque année une prime d'intéressement de 1 500 €. L'habitude veut que vous encaissiez ce chèque sur votre compte courant. Après prélèvements sociaux et impôts, il reste à peu près 900 € dans votre poche. Rien de mal à ça. Mais en face, votre collègue qui bascule la même prime sur son PER collectif déclenche un abondement employeur de 1 500 € supplémentaires. Il se retrouve avec 3 000 € placés pour sa retraite, sans un euro d'impôt sur cette somme. Même prime, même entreprise, deux résultats radicalement différents. Voilà l'effet PERECO.
Et pourtant, seuls 4 salariés sur 10 utilisent réellement leur PERECO quand ils en ont un. La raison principale : une méconnaissance totale de l'outil. C'est exactement ce que ce guide est là pour corriger. Nous allons passer en revue les règles 2026 dans le détail, chiffrer chaque levier, et surtout expliquer pourquoi — pas seulement comment— on décide de verser, d'arbitrer ou de transférer.
Un produit jeune, une histoire longue
Le PERECO (Plan d'Épargne Retraite d'Entreprise Collectif) est né de la loi PACTE (Plan d'Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises) du 22 mai 2019. Il est commercialisé depuis le 1eroctobre 2019 et a remplacé l'ancien PERCO (Plan d'Épargne pour la Retraite Collectif) à compter du 1eroctobre 2020. Les PERCO ouverts avant cette date continuent d'exister mais ne peuvent plus être créés.
Deux codes encadrent le PERECO. Le Code monétaire et financier fixe son fonctionnement (articles L224-2 et suivants). Le Code du travail encadre le volet épargne salariale (articles L3334-1 et suivants). Nous vous épargnons la lecture brute du texte. Retenez surtout trois innovations majeures apportées par PACTE.
- Sortie en capital libérée. L'ancien PERCO imposait une sortie majoritairement en rente viagère. Le PERECO autorise 100 % du capital, 100 % en rente, ou un mix libre.
- Portabilité généralisée. Vous pouvez transférer votre PERECO vers un PER individuel (PERIN) ou vers le PERECO d'un nouvel employeur, gratuitement après 5 ans.
- Trois compartiments fiscaux distincts. Versements volontaires (VV), épargne salariale (participation, intéressement, abondement, jours CET — Compte Épargne-Temps, un compte interne à l'entreprise qui stocke vos jours de congés non pris), versements obligatoires (si l'entreprise a aussi un PERO — Plan d'Épargne Retraite Obligatoire, réservé à une catégorie de salariés comme les cadres). Chaque compartiment a sa propre fiscalité de sortie.
À qui s'adresse le PERECO ?
Le PERECO s'adresse aux salariés d'une entreprise qui a décidé d'en proposer un. Il y a deux grands publics. Côté salarié, n'importe qui ayant au moins 3 mois d'ancienneté peut y adhérer. Côté DRH et dirigeant, la question stratégique est : faut-il en mettre un en place, sous quelle forme, avec quel abondement ? Nous répondons aux deux dans ce guide.
À retenir — le PERECO en 30 secondes
D'où vient l'argent de votre PERECO ? 3 sources officielles, 5 en réalité
Savoir d'où vient l'argent qui tombe sur votre PERECO change tout. Certains le remplissent sans le savoir via la participation. D'autres le gonflent en quelques mois grâce à l'abondement. Officiellement, on parle de 3 compartiments fiscaux. En pratique, votre PERECO a 5 robinets différents. Comprendre chacun est essentiel pour bâtir une vraie stratégie.
Robinet 1 : vos versements volontaires
Vous pouvez verser librement sur votre PERECO, quand vous voulez, le montant que vous voulez. Ces versements sont dits « VV » (versements volontaires) et alimentent le compartiment 1. Grande question : les déduire ou non de votre IR ? C'est l'objet de la section 4.
Robinet 2 : la participation
La participation est obligatoire dans les entreprises de 50 salariés et plus, dès qu'elles dégagent un bénéfice. Depuis la loi PACTE, si vous ne vous manifestez pas dans les 15 jours, votre participation est affectée par défaut à 50 % sur un PEE (Plan d'Épargne Entreprise, enveloppe d'épargne salariale bloquée 5 ans) et 50 % sur le PERECO quand les deux existent. Cette règle dite d'affectation par défaut explique l'essentiel de la croissance de l'épargne retraite collective depuis la loi PACTE.
Robinet 3 : l'intéressement
L'intéressement est facultatif, avec une formule de calcul libre (objectifs qualitatifs, performance, etc.). Il peut aussi être affecté au PERECO. Contrairement à la participation, il n'y a pas d'affectation par défaut : vous devez faire un choix actif au moment de la perception.
Robinet 4 : l'abondement employeur
C'est le vrai levier du PERECO. L'entreprise complète vos versements jusqu'à 3 fois leur montant, dans la limite de 16 % du PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale, soit 48 060 € en 2026), soit 7 689,60 € en 2026. Nous y consacrons la section 3entière tant l'enjeu est central.
Robinet 5 : les jours de repos non pris
Si votre entreprise a mis en place un compte épargne-temps (CET), vous pouvez y verser vos jours de repos non pris, dans la limite de 10 jours par an, et les transférer ensuite vers le PERECO. À défaut de CET, vous pouvez verser directement 10 jours de repos non pris par an. Ces jours sont valorisés au taux journalier de votre salaire, exonérés d'IR et de cotisations sociales (hors CSG-CRDS).
Astuce pratique — les jours CET comme pont monétaire
Cumul PEE et PERECO : deux plafonds indépendants
Un point souvent ignoré : si votre entreprise propose à la fois un PEE et un PERECO, les plafonds d'abondement sont indépendants. Vous pouvez donc cumuler les deux. Le PEE bénéficie d'un plafond d'abondement de 8 % du PASS (3 844,80 € en 2026) et le PERECO d'un plafond de 16 % du PASS (7 689,60 € en 2026).
Concrètement, un salarié peut capter jusqu'à 11 534 € d'abondement annuel si son employeur abonde au maximum sur les deux dispositifs. Le PEE est le réceptacle naturel d'une épargne à moyen terme (5 ans minimum, déblocables sur cas précis), le PERECO celui de l'épargne retraite (blocage jusqu'à la retraite, 6 cas de déblocage anticipé). Vérifiez dans le règlement intérieur ou auprès de la DRH si votre entreprise a mis en place les deux enveloppes.
Dirigeant TNS et conjoint collaborateur : les cas particuliers
Les dirigeants non-salariés (gérant majoritaire de SARL, président de SAS assimilé salarié, profession libérale en structure) se demandent souvent s'ils peuvent ouvrir un PERECO dans leur propre entreprise. La réponse est oui, à deux conditions cumulatives :
- L'entreprise emploie au moins 1 salarié autre que le dirigeant (le dirigeant seul ne suffit pas).
- L'effectif n'excède pas 250 salariés.
Dans ce cadre, le dirigeant peut bénéficier des mêmes avantages que ses salariés : versements volontaires déductibles, abondement employeur, fiscalité favorable à la sortie (voir notre guide PER pour les TNS 2026). Le dirigeant TNS peut surtout s'abonder lui-même, ce qui est en pratique l'arbitrage le plus rentable du dispositif pour un chef d'entreprise.
Concrètement. Un gérant majoritaire de SARL de 8 salariés verse 2 563 € de sa poche sur son PERECO. L'entreprise lui abonde 7 689 € (plafond 2026). Forfait social : 0 % car l'effectif est < 50 salariés. Après IS (Impôt sur les Sociétés) à 25 %, le coût net pour la société est d'environ 5 767 €. Pour le dirigeant, le versement de 2 563 € déduit à TMI (tranche marginale d'imposition, le taux qui frappe votre dernier euro de revenu) 41 % représente une économie d'impôt de 1 051 €, soit un coût net personnel d'environ 1 512 €. Total placé dans le PERECO : 10 252 €. Effet de levier net combiné : ×1,4 côté entreprise, ×4 côté dirigeant. Aucun autre dispositif n'offre une efficacité équivalente pour un TNS.
Cas du conjoint collaborateur. Le conjoint collaborateur d'un dirigeant peut également adhérer au PERECO de l'entreprise, avec un plafond de versement spécifique : 25 % du PASS, soit 12 015 € en 2026 (article L3332-2 du Code du travail). C'est un outil très efficace pour construire une retraite propre au conjoint collaborateur, qui ne cotise que faiblement aux régimes obligatoires.
Votre règlement PERECO est-il aligné avec votre plan de retraite ?
Abondement, supports éligibles, conjoint collaborateur : un CGP certifié audite votre règlement PERECO en 30 minutes et identifie les leviers d'optimisation adaptés à votre TMI.
Comment transformer l'abondement employeur en vrai levier (100 à 300 % immédiat) ?
Parlons franchement. Si votre PERECO offre un abondement, ne pas verser le montant nécessaire pour l'activer à 100 % est la pire erreur patrimoniale possible. C'est refuser de l'argent gratuit de votre employeur.
Chez Hagnéré Patrimoine, un audit PERECO identifie souvent 15 à 30 % d'abondement non déclenché par méconnaissance du mécanisme à deux plafonds. Sur 10 ans, c'est 40 à 60 k€ de capital retraite qui dorment.
Le mécanisme : deux plafonds cumulatifs
L'abondement est encadré par l'article L3334-6 du Code du travail — c'est le texte qui encadre l'abondement employeur — et le règlement interne du PERECO. Deux plafonds s'appliquent simultanément.
Plafond abondement PERECO 2026
────────────────────────────────
Limite 1 : 300 % des versements volontaires du salarié (x3)
Limite 2 : 16 % du PASS annuel
PASS 2026 = 48 060 €
16 % x 48 060 = 7 689,60 €
Plafond effectif = MINIMUM des deux limites
Exemple : pour obtenir le plafond maxi de 7 689 €,
le salarié doit verser au moins :
7 689 / 3 = 2 563 € par anConcrètement, cela veut dire que si votre entreprise abonde à 300 %, un versement de 2 563 € de votre part déclenche 7 689 € d'abondement. Vous placez 10 252 € sur votre PERECO en ayant sorti 2 563 € de votre poche. Tout le reste est financé par l'employeur.
Taux d'abondement en pratique : rarement 300 %
Le taux légal maximum est de 300 %. En pratique, les entreprises appliquent des taux variables selon leur politique RH. Voici une grille indicative observée sur le marché.
| Profil entreprise | Taux d'abondement courant | Exemple concret |
|---|---|---|
| TPE <50 salariés sans obligation | 50 % à 100 % | Vous versez 1 000 €, abondement = 500 à 1 000 € |
| PME avec accord intéressement | 100 % à 200 % | Vous versez 1 000 €, abondement = 1 000 à 2 000 € |
| Grande entreprise / CAC 40 | 200 % à 300 % | Vous versez 1 000 €, abondement = 2 000 à 3 000 € |
| Cabinet conseil / banque | 300 % jusqu'à un plafond | Ex : 300 % dans la limite de 5 000 €/an |
Concrètement, sur 100 entreprises qui proposent un PERECO, environ 60 abondent entre 100 % et 200 %. Vérifiez le règlement de votre PERECO ou demandez à votre DRH : la donnée est en général indiquée dans la notice annuelle du plan.
Abondement unilatéral : la nouveauté de la loi Partage de la Valeur
La loi du 29 novembre 2023, dite « Partage de la Valeur », a créé une vraie nouveauté. Depuis 2024, l'employeur peut verser un abondement unilatéral sans attendre un versement du salarié. Plafond : 3 000 € par an et par salarié, porté à 6 000 € si l'entreprise a un accord d'intéressement ou de participation dérogatoire.
L'objectif est clair : inciter les salariés peu ou pas épargnants (souvent les plus modestes) à démarrer une épargne retraite. Si votre entreprise met en place un abondement unilatéral, vous recevez jusqu'à 6 000 € par an sans avoir rien versé. Cet abondement s'impute sur le plafond global de 7 689 €.
1 000 € d'abondement vs 1 000 € de salaire brut : le vrai match
Un classique du DRH réveillé à 3 h du matin par son directeur financier. Comparons, pour un salarié cadre au TMI 30 %, le coût entreprise et le gain net d'un euro d'abondement vs un euro de salaire brut.
| Critère | 1 000 € de salaire brut | 1 000 € d'abondement PERECO |
|---|---|---|
| Coût chargé entreprise (charges ~42 %) | ≈ 1 420 € | 1 000 € + forfait social 0 à 20 % = 1 000 à 1 200 € |
| Cotisations salariales (~22 %) | - 220 € | 0 € (hors CSG-CRDS 9,7 %) |
| Revenu net avant IR | 780 € | 903 € (1 000 - 97 € CSG-CRDS) |
| IR à TMI 30 % | - 234 € | 0 € à l'entrée (imposable sur les gains à la sortie) |
| Net dans la poche / dans le PERECO | ≈ 546 € | ≈ 903 € |
| Ratio efficacité | Référence 100 % | + 65 % de capital utile |
Concrètement, un euro d'abondement crée environ 65 % de richesse nette supplémentaire par rapport à un euro de salaire brut équivalent, à coût entreprise comparable. C'est ce qui explique pourquoi les grandes entreprises ont toutes basculé une partie de leur politique de rémunération vers l'épargne salariale.
Le forfait social : 0 %, 16 % ou 20 %
Le forfait social est la contribution que paie l'employeur sur les sommes versées au PERECO (abondement, participation, intéressement). Il est à la charge exclusive de l'entreprise, pas du salarié. Trois taux existent.
| Taux forfait social | Conditions | Pour qui ? |
|---|---|---|
| 0 % | Entreprises de moins de 50 salariés (loi PACTE) | TPE et PME : épargne salariale quasi-gratuite pour l'employeur |
| 16 % | PERECO en gestion pilotée ET investi ≥ 10 % en titres PME/ETI (petites et moyennes entreprises / entreprises de taille intermédiaire) éligibles au PEA-PME (Plan d'Épargne en Actions dédié aux PME, régime fiscal favorable aux petites sociétés) | Taux intermédiaire, incitation à financer l'économie |
| 20 % | Taux de droit commun | Entreprises ≥ 50 salariés n'entrant pas dans les catégories ci-dessus |
Concrètement, une PME de 30 salariés qui abonde 5 000 € par salarié ne paie aucun forfait social : c'est un cadeau fiscal total. Une grande entreprise à 20 % de forfait social paie 1 000 € de contribution sur 5 000 € d'abondement — ce qui reste bien inférieur aux 42 % de charges sur un salaire équivalent.
Attention — la CSG-CRDS reste due
Frais pris en charge par l'employeur : l'économie qui passe sous le radar
Un élément régulièrement oublié dans la comparaison PERECO / PERIN : pendant toute la durée de présence du salarié dans l'entreprise,les frais de tenue de compte du PERECO sont pris en charge par l'employeur. C'est une obligation légale. Sur un PERIN individuel, ces frais (30 à 60 €/an selon les gestionnaires) sont à la charge du souscripteur. Sur 20 ou 30 ans, la différence représente plusieurs centaines d'euros.
Concrètement, cet avantage bascule le jour où vous quittez l'entreprise : les frais de tenue de compte passent alors à votre charge. D'où l'importance de vérifier les frais de votre PERECO au départ et d'envisager un transfert vers un PERIN moderne si votre ancien PERECO facture plus de 0,8 % par an de frais de gestion.
Gestion pilotée horizon retraite : les 4 profils officiels 2026
Depuis le 1er janvier 2026, la gestion pilotée horizon retraite — régime par défaut du PERECO — est harmonisée autour de 4 profils officiels: prudent, équilibré (profil par défaut), dynamique et offensif. Chaque profil obéit à une grille progressive de désensibilisation : plus vous approchez de la retraite, plus la part d'actifs risqués (actions) diminue au profit d'actifs sécurisés (fonds euros, obligations).
La loi Industrie Verte (promulguée en octobre 2023 pour orienter l'épargne vers la transition écologique) impose par ailleurs un fléchage de 6 à 15 % des versements vers l'économie réelle (non coté, FIA — Fonds d'Investissement Alternatifs, FCPR — Fonds Commun de Placement à Risques, qui finance les PME) dans la gestion pilotée par défaut. Pour les PERECO, l'application complète a été reportée au 31 décembre 2026. Objectif politique : orienter l'épargne retraite vers le financement des PME françaises.
Fiscalité à l'entrée : déduire ou pas ?
Voilà le vrai dilemme annuel du salarié qui verse sur son PERECO : faut-il déduire ces versements de son impôt maintenant, ou y renoncer pour alléger la fiscalité de sortie ? L'arbitrage figure parmi les stratégies les plus rentables pour réduire ses impôts — et il n'a rien d'automatique. Elle dépend surtout de votre TMI aujourd'hui et de celle que vous anticipez à la retraite. Attention : le choix ne se pose QUE pour les versements volontaires. L'abondement, la participation et l'intéressement sont déjà exonérés d'IR à l'entrée.
Option 1 : déduire à l'entrée (régime par défaut)
Votre versement vient en déduction de votre revenu imposable. Le plafond se calcule ainsi : 10 % de vos revenus professionnels de l'année précédente, avec un maximum absolu de 37 680 € en 2026. Ce maximum correspond à 10 % × 8 × PASS de l'année passée (PASS 2025 = 47 100 €, donc 8 × 47 100 × 10 % = 37 680 €). L'économie d'impôt immédiate est simple : TMI × versement (calculez votre TMI 2026).
Économie d'impôt à l'entrée = Versement x TMI TMI 11 % → Économie = 110 € pour 1 000 € versés TMI 30 % → Économie = 300 € pour 1 000 € versés TMI 41 % → Économie = 410 € pour 1 000 € versés TMI 45 % → Économie = 450 € pour 1 000 € versés
Concrètement, un cadre à TMI 41 % qui verse 5 000 € sur son PERECO récupère 2 050 € d'impôt en moins l'année suivante. Son effort réel n'est donc que de 2 950 € pour 5 000 € placés — soit une remise de 41 % sur son épargne retraite.
Option 2 : renoncer à la déduction
Vous pouvez explicitement renoncer à la déduction au moment du versement (formulaire auprès du gestionnaire). Dans ce cas, le capital versé sortira en exonération totale d'IR (Impôt sur le Revenu) à la retraite (seuls les gains seront taxés au PFU — Prélèvement Forfaitaire Unique, la « flat tax » qui remplace le barème sur les placements — de 30 %).
La règle décisive : comparer TMI entrée vs TMI sortie (détail dans notre guide déduction PER selon votre TMI)
Déduire est gagnant si...
Votre TMI à la retraite sera INFÉRIEURE à votre TMI actuelle. Typiquement : cadre en fin de carrière à TMI 41 % qui passera à TMI 30 % à la retraite.
Ne pas déduire est gagnant si...
Votre TMI à la retraite sera ÉGALE ou SUPÉRIEURE à votre TMI actuelle. Typiquement : jeune salarié à TMI 11 % avec carrière ascendante.
Concrètement, deux salariés versent chacun 5 000 €. Paul est à TMI 41 % aujourd'hui, partira à TMI 30 %. Il déduit : il économise 2 050 € immédiatement, paiera environ 1 500 € d'IR à la sortie sur ses versements. Gain net : 550 €. Léa est à TMI 11 % aujourd'hui, finira à TMI 30 %. Elle ne déduit pas : 0 € économisé aujourd'hui, 0 € d'IR sur ses versements à la sortie. Seuls ses gains seront taxés au PFU.
Pour la majorité des salariés à TMI 30 % ou plus, la déduction reste le choix par défaut pertinent. Pour une analyse chiffrée par tranche, consultez notre guide dédié sur la déduction PER par TMI. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs, et la TMI de sortie reste un paramètre estimé.
Matrice de décision TMI entrée vs TMI sortie
| TMI à l'entrée | TMI estimée à la sortie | Décision recommandée | Logique |
|---|---|---|---|
| 45 % | 30 % | DÉDUIRE | Différentiel net 15 pts + capitalisation de l'économie d'IR |
| 41 % | 30 % | DÉDUIRE | Différentiel 11 pts, gagnant |
| 30 % | 30 % | DÉDUIRE (léger) | Économie d'IR placée surcompense PFU 30 % sur PV |
| 30 % | 11 % | DÉDUIRE | Différentiel 19 pts — l'un des cas les plus favorables |
| 11 % | 11 % | NE PAS DÉDUIRE | Capital exonéré IR à la sortie compense l'absence d'économie d'entrée |
| 0 % | 0 ou 11 % | NE PAS DÉDUIRE | Aucune économie à l'entrée ; sortie capital exo IR |
Règle d'or empirique : la déduction est gagnante dès lors que TMI entrée ≥ TMI sortie + 5 points. Sinon, l'option non-déduction (sortie capital exonérée d'IR sur les versements, seuls les gains au PFU 30 %) devient préférable.
Nouveautés LF 2026 sur l'article 163 quatervicies
Deux changements majeurs adoptés par la LF 2026
1. Fin de la déduction des versements après 70 ans. À compter du 1er janvier 2026, les versements volontaires effectués après votre 70e anniversaire ne sont plus déductibles de votre revenu imposable. Lecture pessimiste : perte d'avantage fiscal à l'entrée. Lecture optimiste : ces versements sortiront en franchise d'IR sur le capital (seules les plus-values seront imposées au PFU 30 %). Pour un retraité à TMI 30 %+ qui veut continuer à alimenter son PER après 70 ans, c'est mathématiquement neutre voire favorable selon l'horizon.
2. Report du plafond non utilisé : maintenu à 3 ans. Si vous n'avez pas consommé tout votre plafond annuel (10 % revenus pro N-1, max ~37 680 €), le solde non utilisé reste reportable sur 3 années (art. 163 quatervicies CGI). Attention : l'amendement proposant l'extension à 5 ans n'a pas été adopté en LF 2026. Le report reste limité à 3 ans.
Plafonds 2026 — récapitulatif salarié et TNS
| Profil | Plafond annuel 2026 | Base de calcul |
|---|---|---|
| Salarié — plancher | 4 710 € | 10 % du PASS N-1 (PASS 2025 = 47 100 €) |
| Salarié — plafond | ≈ 37 680 € | 10 % × 8 PASS N-1 si revenus pro élevés |
| Conjoint collaborateur (L3332-2) | 12 015 € | 25 % du PASS 2026 (48 060 €) |
| TNS BIC/BNC (Bénéfices Industriels et Commerciaux / Bénéfices Non Commerciaux) — art. 154 bis | ≈ 89 000 € | 10 % bénéfice plafonné 8 PASS + 15 % fraction 1-8 PASS |
| Mutualisation conjoint (case 6QR) | Cumul des deux plafonds | Marié/Pacsé soumis à imposition commune |
Astuce de cabinet : les couples mariés à TMI asymétriques (l'un à 41 %, l'autre à 0 %) cochent la case 6QR de la déclaration 2042 pour mutualiser les plafonds. Le conjoint imposé peut alors « consommer » le plafond inutilisé du conjoint non imposable, doublant souvent la capacité de déduction. Très peu de salariés y pensent.
Capital, rente ou mix à la sortie : comment choisir pour payer moins d'impôt ?
Le jour de la retraite, une question majeure se pose : que faire de ce capital patiemment bâti pendant 25 ou 30 ans ? Sortir en une fois ? Transformer en rente à vie ? Mixer les deux ? Ce choix pèse lourd sur votre impôt — et le PERECO offre une liberté totale que l'ancien PERCO n'avait pas. Mais la fiscalité diffère selon le compartiment d'origine et le mode de sortie choisi. C'est un point technique à maîtriser absolument.
Tableau double entrée : compartiment × mode de sortie
| Compartiment | Sortie en capital | Sortie en rente |
|---|---|---|
| VV déduits (compartiment 1) | Versements : IR au barème (pas de PS). Gains : PFU 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS). | Pension taxée au barème IR (abattement 10 %) + PS 9,1 % sur une fraction. |
| VV non déduits | Versements : exonération totale. Gains : PFU 30 %. | RVTO (rente viagère à titre onéreux) : taxée sur une fraction selon âge. |
| Épargne salariale (abondement, participation, intéressement) | Versements : exonération totale d'IR. Gains : PS 17,2 % uniquement (PAS de PFU 12,8 %). | RVTO : taxée sur une fraction selon âge (30 à 70 %). |
| Versements obligatoires (si PERO lié) | Interdite (hors cas de déblocage) | Pension taxée au barème IR (abattement 10 %) + PS. |
Concrètement, le compartiment épargne salariale(abondement, participation, intéressement) est le plus avantageux fiscalement : à la sortie en capital, seuls les gainssont imposés (et uniquement aux prélèvements sociaux 17,2 %, pas à l'IR). C'est pour cela que maximiser l'abondement est stratégiquement très rentable — l'exonération se prolonge jusqu'à la sortie.
Focus RVTO (rente viagère à titre onéreux)
La RVTO applique un abattement fiscal selon l'âge du crédirentier au moment du premier versement.
| Âge du rentier au 1er versement | Fraction imposable de la rente | Fraction exonérée |
|---|---|---|
| Moins de 50 ans | 70 % | 30 % |
| De 50 à 59 ans | 50 % | 50 % |
| De 60 à 69 ans | 40 % | 60 % |
| 70 ans et plus | 30 % | 70 % |
Concrètement, une rente liquidée à 65 ans voit 60 % de son montant exonéré d'IR à vie. C'est un régime particulièrement favorable pour les retraités à TMI élevée.
Prélèvements sociaux 2026 sur les gains PER : 18,6 %
Lisser l'impôt en étalant les rachats : la vraie stratégie
À savoir : le quotient (art. 163-0 A) ne s'applique PAS au capital PER
L'ordre d'attaque optimal pour sortir son PERECO
À la liquidation de la retraite, vous n'êtes pas obligé de tout sortir d'un coup. Le PERECO autorise des rachats partiels, étalés dans le temps. La séquence idéale, du moins fiscalisé au plus fiscalisé, est la suivante :
- Compartiment 2 (épargne salariale) en premier : capital exonéré d'IR, seuls les PS 17,2 % sur les plus-values. Sortie indolore.
- Compartiment 1 — versements non déduits : capital exonéré d'IR, PFU 30 % sur PV uniquement.
- Compartiment 1 — versements déduits : à étaler sur 3 à 5 ans via rachats fractionnés annuels pour rester sous votre tranche marginale habituelle.
- Compartiment 3 (versements obligatoires) : sortie obligatoire en rente viagère — à conserver comme « plancher revenus » à vie.
Concrètement, un retraité avec 200 000 € sur son PERECO (dont 80 k€ compartiment 2, 40 k€ VV non déduits, 80 k€ VV déduits) gagne en moyenne 15 000 à 25 000 € d'impôt en suivant cette séquence sur 5 ans, plutôt qu'en sortant tout en une fois. C'est exactement ce que nous orchestrons en cabinet pour nos clients à l'approche de la retraite.
Quelle séquence de sortie entre vos 3 compartiments PERECO ?
L'ordre d'attaque des compartiments (abondement, versements déduits, versements obligatoires) et le fractionnement conditionnent votre fiscalité de sortie. Un conseiller en architecture ouverte cale votre plan avec vous.
Quand pouvez-vous débloquer votre PERECO avant la retraite ? (6 cas légaux)
Un PER est bloqué, c'est la règle. Mais la vie n'attend pas votre 65eanniversaire pour imposer ses accidents. Le législateur l'a compris : six situations permettent de débloquer votre PERECO avant l'âge légal de la retraite. Elles sont listées à l'article L224-4 du Code monétaire et financier — le texte-socle du PER, c'est l'article qui liste les six cas de déblocage anticipé — et sont limitatives : aucun autre motif ne marche.
- Invalidité 2e ou 3e catégorie du titulaire, du conjoint, du partenaire de PACS ou des enfants.
- Décès du conjoint ou du partenaire de PACS.
- Expiration des droits aux allocations chômage (France Travail, ex-Pôle emploi) ou absence de contrat de travail suite à révocation d'un mandataire social depuis 2 ans au moins.
- Surendettement du titulaire constaté par la commission de surendettement de la Banque de France.
- Cessation d'activité non salariée suite à une liquidation judiciaire.
- Acquisition de la résidence principale (applicable aux compartiments VV et épargne salariale, pas aux versements obligatoires).
Focus résidence principale : l'atout à manier avec soin
Le 6emotif est spécifique au PER (PERECO, PERIN et PERO pour sa partie VV). Il permet de mobiliser son épargne retraite pour financer l'achat de sa résidence principale — construction, achat neuf ou ancien, apport personnel.
Mais attention à la fiscalité. Le capital débloqué suit la fiscalité normale de sortie en capital : IR au barème sur les versements déduits, PFU 30 % sur les gains pour le compartiment VV. Pour un salarié à TMI 41 % qui débloque 100 000 € issus de versements déduits, l'impôt peut dépasser 41 000 €. Toujours simuler l'impact avant.
Conseil CGP — préférer parfois le prêt
La fiscalité des 6 cas — la dissymétrie qu'il faut connaître
Tous les déblocages anticipés ne se valent pas fiscalement. Une dissymétrie radicale sépare les 5 « accidents de la vie » du 6e motif (résidence principale). Et beaucoup de salariés tombent dans le piège.
| Motif de déblocage | Imposition du capital | Imposition des plus-values | Source |
|---|---|---|---|
| 1. Invalidité (titulaire/conjoint/enfants) | Exonéré IR | Exonéré PS et IR (art. 157-22° CGI) | Accident de la vie |
| 2. Décès conjoint/Pacs | Exonéré IR | Exonéré PS et IR | Accident de la vie |
| 3. Expiration droits chômage | Exonéré IR | Exonéré PS et IR | Accident de la vie |
| 4. Surendettement | Exonéré IR | Exonéré PS et IR | Accident de la vie |
| 5. Liquidation judiciaire (TNS) | Exonéré IR | Exonéré PS et IR | Accident de la vie |
| 6. Achat résidence principale | IR au barème sur VV déduits / exo VV non déduits / exo épargne salariale | PFU 30 % SUR LES PV | Pas un accident de la vie : fiscalité quasi-normale |
Le piège fiscal du déblocage RP — souvent ignoré
Que se passe-t-il si je quitte l'entreprise ?
C'est la question que tout le monde se pose, et elle reçoit la meilleure réponse possible : votre PERECO vous appartient, et vous le conservez intégralement. L'abondement déjà versé est acquis. Il n'existe aucune clause de restitution. Même si vous quittez l'entreprise 3 jours après avoir reçu un gros abondement, il reste à vous.
Trois options au départ
À votre départ (démission, licenciement, retraite, fin de CDD), vous avez 3 possibilités.
- Laisser le PERECO chez le gestionnaire actuel.L'argent continue de capitaliser. Vous ne pourrez plus être abondé, mais vous gardez l'accès aux supports d'investissement. Option à retenir si votre ancien PERECO a des frais faibles et de bonnes performances.
- Transférer vers un PER individuel (PERIN). Vous consolidez votre épargne retraite sur un seul contrat, souvent avec un plus large choix de supports (ETF — fonds indiciels cotés à frais bas, private equity — entreprises non cotées, SCPI — immobilier mutualisé en parts). Frais plafonnés : 1 % les 5 premières années, 0 % après.
- Transférer vers le PERECO de la nouvelle entreprisesi elle en propose un. Permet de continuer à bénéficier d'un abondement employeur. Mêmes frais de transfert.
Transfert vers un PERIN : quand c'est la bonne option
Le transfert vers un PERIN est souvent la meilleure option quand l'ancien PERECO cumule frais élevés (supérieur à 1 % par an) et gamme de supports limitée. Vous choisissez un PERIN moderne (généralement en ligne) avec des frais de gestion réduits, un large choix d'ETF et une gestion pilotée performante.
Cas chiffré : l'érosion silencieuse d'un PERECO dormant
Lucas quitte son employeur à 28 ans. Son PERECO contient 4 500 € d'encours. Il ne fait rien pendant 15 ans — le plan « dort » chez le gestionnaire de son ancien employeur. Les frais basculent à sa charge le jour de son départ : 60 €/an de frais fixes de tenue de compte, plus 1,2 %/an de frais de gestion sur supports. Rendement brut hypothétique des marchés : 5 %/an.
Concrètement, après 15 ans son encours atteint environ 5 900 €. S'il avait transféré son PERECO vers un PERIN moderne à 0,4 %/an de frais totaux, le même capital de départ aurait atteint 9 350 €. Manque à gagner : environ 3 450 €— soit 77 % de l'encours initial évaporé en frais cumulés. C'est l'exemple type du piège à éviter : auditez systématiquement votre PERECO après 5 ans de détention et envisagez un transfert si les frais totaux dépassent 0,8 %/an.
PERECO, PERIN ou PERO : quel PER choisir ? (comparatif 10 critères)
Quel PER choisir ? Beaucoup de salariés ouvrent un PERIN en pensant bien faire, alors qu'ils ont déjà un PERECO sous-utilisé à côté. D'autres subissent un PERO sans le savoir. Voici la grille de lecture complète pour arbitrer en connaissance de cause.
| Critère | PERECO (collectif) | PERIN (individuel) | PERO (obligatoire) |
|---|---|---|---|
| Ouverture | Via entreprise uniquement | Libre, tout particulier | Via entreprise, catégorie de salariés |
| Adhésion | Facultative | Libre | Obligatoire (cadres souvent) |
| Versements volontaires | Oui | Oui | Oui (exceptionnel) |
| Abondement employeur | Oui (jusqu'à 7 689 €/an) | Non | Indirect (cotisations obligatoires) |
| Cotisations obligatoires | Non | Non | Oui (salarié + employeur) |
| Déduction IR | Oui sur VV (plafond épargne retraite) | Oui (plafond épargne retraite) | Exonération entrée |
| Forfait social | 0 / 16 / 20 % | Non applicable | Non applicable |
| Sortie capital | Libre (100 %) | Libre (100 %) | Interdite sur compartiment obligatoire |
| Sortie rente | Libre | Libre | Obligatoire sur compartiment obligatoire |
| Déblocage résidence principale | Oui (VV + épargne salariale) | Oui (VV) | Non (compartiment obligatoire) |
| Transférable vers PERIN | Oui (1 % avant 5 ans, 0 % après) | N/A | Oui (compartiment obligatoire sous conditions) |
| Frais de gestion moyens | 0,5 % à 1,5 %/an | 0,5 % à 1 %/an (meilleurs) | 0,7 % à 1,2 %/an |
Concrètement, le PERECO se distingue par deux spécificités majeures : l'abondement employeur (levier unique) et les 3 compartiments fiscaux. Le PERIN garde l'avantage d'un large choix de gestionnaires et de supports. Le PERO est subi plus que choisi, mais sa fiscalité d'entrée est favorable pour les hauts revenus.
Faut-il cumuler PERECO et PERIN ? La stratégie des CGP
Question de fond. La réponse est oui dans la majorité des cas, à condition de respecter une règle de priorité simple.
Backtesting Hagnéré Patrimoine sur 100 dossiers : cumuler PERECO maximisé + PERIN compétitif génère en moyenne +116 k€ de capital retraite par rapport à un PERIN seul sur 25 ans.
La règle d'or : saturer le PERECO d'abord
Règle numéro un : versez d'abord le montant minimum nécessaire sur votre PERECO pour déclencher 100 % de l'abondementdisponible. Aucun autre placement en France n'offre un rendement immédiat de 100 à 300 %.
Règle numéro deux : une fois l'abondement maximisé, orientez le solde de votre plafond épargne retraite vers un PERIN modernechez un gestionnaire compétitif. Vous bénéficiez d'une plus large palette de supports (ETF internationaux, SCPI, private equity) et de frais transparents et adaptés à votre profil.
Cas chiffré : cadre TMI 41 %, 25 ans d'épargne
Julie, 40 ans, cadre supérieure, TMI 41 %. Son entreprise abonde à 200 % jusqu'à 5 000 € d'abondement maxi. Son plafond épargne retraite annuel est de 12 000 €. Comparons trois stratégies sur 25 ans (taux de rendement moyen hypothétique de 5 %/an, inflation neutralisée, performances passées ne garantissant pas les résultats futurs).
| Stratégie | Effort annuel salarié | Capital PERECO 25 ans | Capital PERIN 25 ans | Total capital |
|---|---|---|---|---|
| A. PERECO seul, pas d'abondement maxi | 2 000 € (VV) | ≈ 193 000 € | 0 € | 193 000 € |
| B. PERECO seul, abondement maxi | 2 500 € (VV) + 5 000 € abondement | ≈ 347 000 € | 0 € | 347 000 € |
| C. PERECO maxi + PERIN complémentaire | 2 500 € PERECO + 9 500 € PERIN | ≈ 347 000 € | ≈ 463 000 € | 810 000 € |
Concrètement, la stratégie C double le capital retraite par rapport à la stratégie B. L'effort financier est plus important (12 000 € vs 2 500 € par an), mais l'économie d'impôt immédiate à TMI 41 % est d'environ 4 900 € par an — ce qui ramène l'effort réel à 7 100 € par an pour 116 000 € de capital supplémentaire sur 25 ans. Ces chiffres sont des simulations : les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.
Que devient votre PERECO en cas de décès ?
Un angle souvent oublié mais essentiel (nous y consacrons un guide dédié : PER et succession au décès). Que devient votre PERECO si vous décédez avant la liquidation ? La réponse dépend de votre âge au décès et de la forme juridique du PERECO (plupart des PERECO sont assurantiels).
Point de succession souvent oublié : chez Hagnéré Patrimoine, nous vérifions systématiquement la clause bénéficiaire et proposons un démembrement (usufruit conjoint / nue-propriété enfants) — économie moyenne observée : 30 à 80 k€ selon la configuration familiale.
PERECO assurantiel : fiscalité proche de l'assurance-vie
La plupart des PERECO sont gérés sous forme de contrat d'assurance (groupe) par un assureur. En cas de décès avant 70 ans, les capitaux transmis au(x) bénéficiaire(s) désigné(s) bénéficient du régime de l'article 990 I du CGI — le texte qui fixe la fiscalité des capitaux d'assurance-vie transmis avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis taxation à 20 % sur la fraction taxable jusqu'à 700 000 € (soit un capital total de 852 500 €/bénéficiaire), puis 31,25 % au-delà. Après 70 ans, abattement global de 30 500 € sur l'ensemble des primes (article 757 B du CGI, qui régit la fiscalité des primes versées après 70 ans), puis droits de succession de droit commun sur les primes, les plus-values restant exonérées.
Concrètement, prenons un PERECO assurantiel de 200 000 € transmis à 2 enfants avant 70 ans. L'abattement de 152 500 € par bénéficiaire (soit 305 000 € au total) couvre la totalité : transmission exonérée. Après 70 ans en revanche, abattement global de 30 500 € uniquement, soit 169 500 € soumis aux droits de succession classiques (5 à 45 % selon le lien de parenté). La différence de régime se chiffre donc en dizaines de milliers d'euros.
Dernier point essentiel : ne laissez jamais la clause bénéficiaire par défaut. Une clause standard (« mes héritiers ») fait perdre la majorité de l'avantage fiscal du 990 I. Rédigez une clause nominative (conjoint, enfants, démembrement usufruit/nue-propriété) et pensez à la mettre à jour après tout événement familial (mariage, naissance, divorce).
PERECO compte-titres : droits de succession classiques
Si le PERECO est géré sous forme de compte-titres (minoritaire), il entre dans l'actif successoral et suit les droits de succession 2026 classiques, avec les abattements familiaux (100 000 € par enfant et par parent).
Comparaison avec l'assurance-vie
PER assurantiel vs PER compte-titres : tableau succession comparé
Le détail mérite un tableau précis tant l'écart de fiscalité au décès est radical entre les deux formes juridiques que peut prendre un PER (et donc un PERECO).
| Critère | PER assurantiel (90 % du marché) | PER compte-titres (Yomoni, Ramify, Inter Invest...) |
|---|---|---|
| Cadre juridique | Code des assurances | Code monétaire et financier (compte-titres) |
| Décès AVANT 70 ans | Art. 990 I CGI : abattement 152 500 €/bénéficiaire, puis 20 % / 31,25 % | Intégré à l'actif successoral — droits succession classiques (abattement 100 000 €/enfant) |
| Décès APRÈS 70 ans | Art. 757 B : abattement global 30 500 € sur les primes ; gains taxés (différent AV) | Idem succession classique |
| Conjoint/Pacs survivant | Exonération totale (art. 796-0 bis CGI) | Idem |
| Plus-values latentes | PURGÉES au décès — aucune taxation IR/PFU | PURGÉES également |
| Garantie capital | Oui (assureur, fonds euros) | Non (compte-titres pur) |
| Sapin 2 (blocage 6 mois renouvelable) | Applicable | Non applicable |
| Frais gestion UC | 0,6 % à 1,2 % | 0,2 % à 0,5 % (souvent ETF) |
EXEMPLE — PER 500 000 €, 2 enfants, décès AVANT 70 ans PER assurantiel : Abattement 152 500 € × 2 enfants = 305 000 € Solde imposable : 195 000 € → 20 % = 39 000 € Soit ~19 500 € par enfant PER compte-titres : Abattement 100 000 € × 2 enfants = 200 000 € Solde imposable : 300 000 € → droits succession ligne directe (20 %) Soit ~30 000 € par enfant Écart : ~21 000 € en faveur du PER assurantiel.
Le piège du PER après 70 ans (art. 757 B) que peu de banques signalent
Clauses bénéficiaires démembrées (usufruit / nue-propriété)
Pour les transmissions familiales sophistiquées, la clause démembrée (usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants) reste applicable au PER assurantiel — comme en assurance-vie. Bonne nouvelle du fisc : par une mise à jour BOFiP du 26 septembre 2024, Bercy a confirmé que l'article 774 bis CGI (issu de la LF 2024, qui limite la déductibilité des dettes de restitution nées d'un quasi-usufruit en numéraire) ne s'applique pas aux clauses démembrées d'AV et de PER assurantiel.
Autrement dit: si vous laissez l'usufruit à votre conjoint et la nue-propriété aux enfants, la « dette » que le conjoint devra un jour rendre aux enfants reste déductible de sa propre succession. La stratégie démembrée fonctionne donc pleinement. Les enfants bénéficient du double abattement au prorata (art. 990 I) plus la créance de restitution déductible au second décès. Économie observée en cabinet : souvent 30 000 € à 80 000 € selon le capital.
Comment mettre en place un PERECO dans votre entreprise ? (guide DRH)
Vous êtes dirigeant ou DRH d'une PME et vous vous demandez si mettre en place un PERECO vaut le coup. La réponse courte : oui, dans presque tous les cas, particulièrement depuis la loi Partage de la Valeur. Reste à savoir comment le mettre en place — et comment éviter les frais cachés qui plombent les dispositifs mal calibrés.
Les 4 voies de mise en place
- Accord collectif d'entreprise. Négociation avec les syndicats représentatifs. Solution classique en grande entreprise.
- Accord avec le CSE (Comité Social et Économique). Applicable dans les entreprises avec CSE mais sans délégué syndical.
- Ratification à la majorité des 2/3 des salariés.Dans les entreprises sans CSE ni délégué syndical.
- Décision unilatérale de l'employeur (DUE).Une simple décision écrite du dirigeant, sans négociation syndicale. Possible si les autres voies ont échoué ou sont impossibles. Formule la plus simple pour les TPE.
Contenu obligatoire du règlement
Le règlement du PERECO doit préciser plusieurs points obligatoires : conditions d'ancienneté (maximum 3 mois), modalités d'alimentation, taux et plafond d'abondement, supports d'investissement (incluant une gestion pilotée par défaut), frais à la charge de l'entreprise, modalités de sortie.
Coût réel vs retour RH
Un PERECO avec abondement 100 % plafonné à 3 000 € par salarié coûte à l'entreprise : 3 000 € × (1 + forfait social) par salarié actif dans le plan. Pour une PME de 30 salariés dont 20 utilisent le plan, avec forfait social 0 %, le budget annuel total est de 60 000 €.
Concrètement, comparons avec une PPV (Prime de Partage de la Valeur, ex-prime Macron ou prime de pouvoir d'achat) de 3 000 € par salarié : coût identique, mais le salarié reçoit ≈ 2 900 € net sur son compte. Avec le PERECO, il place 2 903 € dans une enveloppe fiscalement protégée et long terme. Impact RH : le PERECO est perçu comme un signal d'engagement employeur, générateur de fidélisation mesurable.
Articulation épargne et protection. Un PERECO bien conçu couvre la constructiond'un capital retraite ; il ne couvre pas les risques courts (décès prématuré, incapacité temporaire de travail, invalidité permanente). Pour une architecture complète dirigeant + salariés, le PERECO se combine avec un contrat de prévoyance collectif art. 83 2° quater CGI (plafond 7 689,60 € en 2026) mis en place par DUE et respectant les catégories objectives (Cass. 2e civ. 28/09/2023 n° 21-21.633 Bull.). Cartographie complète des 6 risques et plafonds 2026 : notre guide prévoyance du chef d'entreprise 2026.
Dirigeant — comment déployer un PERECO pour vos salariés et vous-même ?
Choix du gestionnaire, rédaction du règlement, abondement, communication aux salariés : un CGP indépendant vous accompagne de la conception à la mise en place, en respectant les catégories objectives.
Vos droits d'information en tant que salarié
Symétrique du volet DRH : le salarié dispose de droits d'information opposables, souvent ignorés. Les connaître évite les mauvaises surprises et aide à piloter son PERECO dans la durée. Trois documents clés s'imposent à l'employeur.
- Le livret d'épargne salariale. Remis à l'embauche (article L3341-6 du Code du travail), il récapitule tous les dispositifs d'épargne salariale de l'entreprise (PEE, PERECO, participation, intéressement). Si on ne vous l'a jamais donné, réclamez-le à la DRH — c'est votre droit.
- Le relevé annuel de situation. Envoyé chaque année par le teneur de compte. Il détaille les encours par compartiment, la valeur à la date de l'arrêté, les frais prélevés sur l'année et la performance. Lire ce relevé annuellement est la base de l'hygiène patrimoniale.
- L'état récapitulatif au départ. Remis à la sortie de l'entreprise (article L3341-7 du Code du travail). Il regroupe la totalité de vos droits acquis et mentionne les options de portabilité (transfert vers PERIN ou nouveau PERECO). Délai légal de transfert : 3 mois maximum (article R224-3 du Code monétaire et financier).
Concrètement, le réflexe à adopter avant de quitter votre employeur : mettez à jour vos coordonnées postales et bancaires auprès du teneur de compte du PERECO. Sans cette précaution, le PERECO « dort » chez un gestionnaire qui ne sait plus vous joindre, et les frais continuent de courir pendant des années. C'est l'une des principales causes de l'érosion silencieuse des épargnes retraite.
Quelles nouveautés PERECO 2026 devez-vous connaître absolument ?
Prudence : BOFiP en consultation publique
Les 6 BOFiP applicables au PER (BOI-IR-BASE-20-50, BOI-RSA-ES-10-40-10, BOI-ANNX-000513…) ont été mis à jour le 17 février 2026 suite à la loi de finances 2026. Ils sont en consultation publique jusqu'au 17 avril 2026. Leur contenu est susceptible de modifications avant publication définitive.
Trois textes récents redessinent en profondeur l'écosystème PER (synthèse dans notre guide loi de finances 2026) : la loi Industrie Verte (octobre 2023), la loi Partage de la Valeur (novembre 2023) et leurs décrets d'application 2024-2025. Beaucoup d'entreprises ont déjà mis à jour leur règlement PERECO en conséquence ; les autres sont en train de le faire (mise en conformité grilles obligatoire au 30 juin 2026). Voici ce qui change concrètement pour vous.
Le fléchage non coté obligatoire — décret n° 2024-713 du 5 juillet 2024
La loi Industrie Verte n° 2023-973 du 23 octobre 2023, déclinée par le décret n° 2024-713 du 5 juillet 2024, impose désormais à tous les PERECO en gestion pilotée par défaut d'intégrer une part d'actifs non cotés (FCPR, FCPI, FPCI, FIA non cotés, ELTIF 2.0, infrastructures). Objectif politique : flécher 30 milliards d'épargne retraite vers le financement des PME/ETI françaises et de la transition écologique. Mise en conformité de tous les PERECO existants au plus tard le 30 juin 2026.
| Profil de gestion pilotée | % non coté minimum à >20 ans | % à 15 ans | % à 10 ans | % à 5 ans |
|---|---|---|---|---|
| Prudent horizon retraite | 6 % | 4 % | 2 % | 0 % |
| Équilibré (par défaut) | 8 % | 6 % | 5 % | 3 % |
| Dynamique | 12 % | 8 % | 5 % | 3 % |
Concrètement, dans votre PERECO 2026 en gestion pilotée par défaut, jusqu'à 15 % de votre allocation peut être investie en non coté si vous êtes jeune avec un long horizon. Avantages : espérance de rendement supérieure (+200 à 400 bps vs obligataire), diversification réelle. Inconvénients : frais de gestion plus élevés (+0,3 à +0,8 %), liquidité partielle (valorisation trimestrielle), volatilité différée. Ce n'est plus optionnel — c'est imposé.
Le PEAC — Plan d'Épargne Avenir Climat (jeunes < 21 ans)
Créé par la loi Industrie Verte (art. 34) et la LF 2024 (art. 3), le PEAC est commercialisé depuis le 1er juillet 2024. Réservé aux moins de 21 ans, plafond 22 950 € (équivalent Livret A), blocage 5 ans + majorité, clôture automatique à 30 ans. Supports obligatoirement labellisés ISR ou France Finance Verte, gestion pilotée horizon majorité. Fiscalité : 0 % IR, 0 % PS sur gains et plus-values — l'une des enveloppes les plus généreuses du marché.
Stratégie « jeune épargnant »: ouvrir un PEAC à la naissance (parent souscripteur), le saturer à 22 950 € via versements échelonnés sur 18 ans, puis basculer la nouvelle épargne sur PER individuel à l'entrée dans la vie active (TMI ≥ 30 %). C'est exactement le kit patrimonial que nous montons pour les familles que nous accompagnons.
Le PPVE — Plan de Partage de la Valorisation de l'Entreprise (à ne pas confondre avec la PPV)
Issu de la loi Partage de la Valeur n° 2023-1107 du 29 novembre 2023 (art. 10) et de son décret d'application n° 2024-644 du 29 juin 2024, le PPVE récompense les salariés lorsque la valeur de l'entreprise progresse sur une période de 3 ans. À ne pas confondre avec la PPV (Prime de Partage de la Valeur, ex-prime Macron) qui est un dispositif différent.
- Plafond : 75 % du PASS = 36 045 € par salarié et par exercice (PASS 2026 = 48 060 €).
- Mécanisme : prime calculée sur (valorisation entreprise fin – début) × % défini × salaire de référence.
- Affectation possible PERECO : exonération IR si versement dans les 15 jours, exonération de cotisations sociales (sauf CSG/CRDS 9,7 %), contribution patronale 20 % au profit du FSV (régime jusqu'au 31/12/2026).
- Maturité : premiers versements effectifs prévus 2025-2027 (période de référence 2024-2026).
L'intéressement de projet (art. L.3312-6 C. trav.)
Modifié par la loi Partage de la Valeur, l'intéressement de projet est un accord distinct de l'intéressement général, ciblé sur un projet caractérisé et coordonné (durée 1 à 3 ans). Il peut concerner tout ou partie des salariés impliqués, y compris dans plusieurs entreprises d'un même groupe. Plafond global inchangé : 75 % du PASS / bénéficiaire, 20 % de la masse salariale brute. Affectable au PERECO (exonération IR + abondement possible jusqu'à 7 689,60 €). Outil RH efficace et sous-utilisé pour récompenser une équipe R&D, transformation digitale ou transition carbone.
Le PEPP — Plan d'Épargne Pension Paneuropéen (anecdotique en France)
Créé par le règlement UE 2019/1238 du 20 juin 2019, transposé en France par la loi DDADUE du 9 mars 2023, le PEPP est un produit retraite portable entre les États membres de l'UE. Frais plafonnés 1 %/an pour le « PEPP de base ». Bilan 2026 : échec commercial en France— quasi aucun grand assureur français ne le commercialise (offre dominante au Liechtenstein et en République tchèque). Pour l'immense majorité des résidents fiscaux français stables, le PER est largement supérieur. Le PEPP n'a de sens que pour un expatrié intra-UE à carrière mobile.
Divorce, chômage, IFI, saisie : votre PERECO est-il vraiment protégé ?
Les guides PERECO s'arrêtent en général à la fiscalité et à l'abondement. Mais la vie est plus riche. Divorce, chômage, créanciers, IFI, expatriation, mineurs, PERCO oubliés : voici 7 zones grises qui reviennent chaque semaine en cabinet et que presque aucune source grand public ne couvre correctement.
Divorce : le PERECO est-il partageable ?
Si vous êtes mariés sous le régime de la communauté légale (le régime par défaut sans contrat), votre PERECO constitué pendant le mariage avec des fonds communs entre dans la masse à partager. C'est la transposition de la jurisprudence Praslicka (Cass. 1re civ. 31 mars 1992) et de l'arrêt Madelin (Cass. 1re civ. 30 avril 2014 n° 12-21.484). En séparation de biens, le PERECO reste propre du titulaire — avec éventuellement une créance entre époux si l'autre a contribué.
Piège majeur : le divorce n'est PAS un cas de déblocage
Chômage : peut-on continuer à verser ? Et débloquer ?
Oui, les versements volontaires sur votre PERECO restent possibles même pendant une période de chômage. Petit bémol : les allocations chômage ne sont pas considérées comme des revenus professionnels au sens de l'article 163 quatervicies CGI. Votre plafond de déduction se limitera donc au plancher de 4 710 € (2026), sauf plafonds N-1/N-2/N-3 non utilisés reportables. Côté abondement : il est gelé (pas de contrat de travail, pas d'abondement).
Bonne nouvelle : si vos allocations chômage arrivent à expiration, vous pouvez activer le cas de déblocage n° 3 (art. L224-4, 3° CMF). Attestation France Travail + demande au gestionnaire, délai pratique 4 à 8 semaines. Régime fiscal favorable : capital exonéré d'IR, seuls les PS 17,2 % sur les plus-values.
PERECO et créanciers : insaisissable (sauf…)
Bonne nouvelle supplémentaire pour les dirigeants et indépendants. Tant que votre PERECO est en phase d'épargne (non dénoué), les créanciers chirographaires ne peuvent pas le saisir. La jurisprudence est stable : Cass. 2e civ. 13 décembre 2018 n° 17-19.198 (pour les contrats retraite supplémentaire à adhésion obligatoire), transposée au PER par la doctrine constante. Exceptions : créances fiscales privilégiées, créances alimentaires, et dès qu'un cas de déblocage est ouvert pour vous (invalidité, fin de droits chômage…), le créancier peut saisir à hauteur des droits devenus disponibles (Cass. 2e civ. 5 novembre 2020 n° 19-11.008). Le surendettement permet au juge d'ordonner un déblocage (art. L224-4, 4° CMF).
IFI : le PERECO est-il dans l'assiette ?
Excellente nouvelle pour les patrimoines immobiliers importants (détail complet dans notre guide PER et IFI). En phase d'épargne, les unités de compte de votre PERECO investies dans de l'immobilier (SCPI, OPCI, SCI) sont hors assiette IFI. La position est tranchée par la Réponse ministérielle Malhuret (JO Sénat 21/11/2019 n° 09529) et la doctrine BOFiP BOI-PAT-IFI-20-20-30-10 §100 : le PER n'est pas un contrat rachetable au sens de l'IFI puisque les cas de rachat sont limitatifs. Confirmé par le Conseil d'État le 24 octobre 2023 n° 465575. Résultat : un patrimoine immobilier de 2 M€ dont 400 000 € basculés en SCPI via PERECO voit son assiette IFI retomber à 1,6 M€, soit 4 000 € d'IFI économisés chaque année en tranche 1 % (voir aussi nos stratégies pour réduire son IFI). Attention : à la liquidation en capital, si les fonds sont réinvestis en immobilier, le régime IFI classique reprend.
Expatriation : le PER n'est PAS concerné par l'exit tax
L'exit tax de l'article 167 bis CGI vise uniquement les titres et droits sociaux dépassant 800 000 € ou 50 % d'une société. Le PER n'est pas un titre au sens de ce texte: il échappe donc totalement à l'exit tax, même pour les dirigeants partant avec un PER bien rempli. À retenir aussi : votre PERECO vous suit à l'étranger (les droits acquis restent à vous), mais les versements volontaires perdent leur avantage fiscal français si vous n'êtes plus imposable en France.
Piège FR-USA : le rachat en capital d'un PER reste imposable en France
URSSAF : le risque de requalification de l'abondement en salaire
Dirigeants, attention. L'abondement employeur bénéficie d'un régime social très favorable (exonération de cotisations, uniquement forfait social + CSG/CRDS). Mais ce régime est conditionné au caractère collectif du dispositif et à la règle de non-substitution au salaire dans les 12 mois (art. L3332-27 C. trav.). Un arrêt clé : Cass. soc. 14 décembre 2023 n° 22-12.278 a requalifié en salaire un abondement ciblé sur les seuls dirigeants sans justification collective objective, entraînant un redressement URSSAF sur 3 ans + majorations 25 %. La modulation par tranches de versement (par exemple 300 % jusqu'à 500 €, puis 100 % au-delà) reste autorisée ; la modulation par catégorie pro non justifiée est requalifiable.
PERCO non convertis : un stock qui dort encore
Petit héritage de la loi PACTE. Environ 1,3 million de Français détiennent encore un ancien PERCO non transformé en PERECO (source AFG 2024, ~8 Md€ d'encours). Ces plans sont maintenus mais fermés à de nouvelles adhésions depuis le 1er octobre 2020. Conséquence fiscale majeure : pas de compartiment « versements volontaires déduits » dans un PERCO, donc pas de déduction IR à l'entrée. Si vous êtes dans ce cas : deux options. Option 1 : demander la transformation PERCO → PERECO auprès de votre employeur (accord collectif requis). Option 2 : transférer vers un PERIN moderne (transfert sans frais + sans fiscalité, art. L224-40 CMF) pour piloter vous-même. Le régime fiscal C2 (exonération IR sur capital) est préservé dans les deux cas.
Quels sont les 9 pièges qui ruinent un PERECO ?
Voici les erreurs les plus fréquentes observées en cabinet depuis 5 ans. Évitez-les, et votre PERECO tiendra ses promesses sur 20 à 30 ans — au lieu de devenir une coquille qui rapporte 80 % de moins que prévu.
| # | Erreur courante | Impact | Solution |
|---|---|---|---|
| 1 | Ne pas verser alors que l'abondement est actif | 100 à 300 % de gain immédiat perdu | Verser au moins le minimum pour déclencher l'abondement max |
| 2 | Saturer son PERIN avant son PERECO | Abondement employeur non utilisé | PERECO abondé d'abord, PERIN ensuite |
| 3 | Oublier de déclarer ses VV (case 6NS/6NT de la 2042) | Pas de déduction IR | Vérifier l'avis d'imposition chaque année |
| 4 | Choisir la gestion libre sans compétence | Sous-performance chronique | Rester en gestion pilotée par défaut (80 % des salariés) |
| 5 | Ne pas vérifier les frais de gestion | > 100 000 € perdus sur 25 ans si > 1,5 %/an | Vérifier la notice, transférer vers un PERIN moins cher après 5 ans |
| 6 | Débloquer pour la résidence principale sans simuler | Jusqu'à 40 % d'impôt sur le capital débloqué | Toujours comparer vs un emprunt bancaire classique |
| 7 | Oublier son PERECO en quittant l'entreprise | Frais qui courent, dérive de performance | Envisager le transfert vers un PERIN après 5 ans |
| 8 | La CSG-CRDS prélevée sur l'intéressement AVANT l'abondement | Abondement calculé sur base nette (1 806 €) au lieu de brute (2 000 €) | Anticiper le décalage dans vos calculs (prime 2 000 € → abondement sur 1 806 €) |
| 9 | Confondre plafond d'abondement et plafond de déduction IR | Architecture d'épargne mal calibrée | Plafond abondement 7 689 € ≠ plafond déduction 10 % des revenus (deux règles indépendantes) |
Pour vous : sur les 9 pièges ci-dessus, les pièges n°1 (ne pas verser pour l'abondement), n°5 (frais de gestion) et n°7 (oublier un PERECO après départ) sont les plus coûteux. Chez Hagnéré Patrimoine, nous corrigeons ces trois erreurs dans près d'un dossier sur deux — économies moyennes : 15 à 30 k€ sur 10 ans.
Êtes-vous dans l'un de ces 7 profils ? Cas pratiques chiffrés
Cas 1 — Julie, cadre de 32 ans qui démarre
Julie vient d'être embauchée dans un grand groupe industriel à 50 000 € brut annuels. Son entreprise propose un PERECO avec abondement 200 % plafonné à 3 000 €. Son premier réflexe : ignorer le mail de présentation du plan. Nous lui conseillons l'inverse.
Avec un versement de 1 500 € par an (125 € par mois par prélèvement), Julie déclenche 3 000 € d'abondement. Elle place donc 4 500 € par an dans son PERECO pour un effort de 1 500 €. À TMI 30 %, ses versements volontaires lui économisent 450 € d'IR, ramenant son effort net à 1 050 €.
Sur 35 ans (jusqu'à 67 ans), à un rendement moyen hypothétique de 5 % par an, Julie accumule environ 425 000 € sur son PERECO, pour un effort net cumulé de 36 750 €. Effet de levier : ×11. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.
Cas 2 — Marc, dirigeant de 55 ans en fin de carrière
Marc dirige sa PME depuis 15 ans. À 55 ans, il sent le moment où il lèvera le pied approcher. Il se verse 120 000 € bruts au titre de ses fonctions de gérant majoritaire assimilé salarié et se demande comment sécuriser sa propre retraite sans alourdir les charges de sa boîte. Son expert-comptable lui glisse un mot qu'il ne connaît pas : PERECO. TMI 41 %. Abondement 100 % plafonné à 3 000 € qu'il vient de mettre en place. Il peut en bénéficier lui-même — et là, tout change.
Stratégie : Marc verse 3 000 € par an sur son PERECO (plafond abondement). Il reçoit 3 000 € d'abondement, soit 6 000 € capitalisés. Il utilise le reste de son plafond épargne retraite (environ 11 000 €) pour alimenter un PERIN individuel. Économie d'impôt annuelle : 5 740 € (14 000 € × 41 %). Sur 10 ans jusqu'à la retraite : capital total ≈ 220 000 €, économie d'IR cumulée ≈ 57 400 €.
À la retraite à 65 ans, Marc peut sortir en capital fractionné sur plusieurs années pour lisser l'IR sur une TMI plus basse (30 %). Gain fiscal d'arbitrage estimé : environ 15 000 €.
Cas 3 — Sophie, DRH d'une PME de 40 salariés
Sophie dirige les RH d'une entreprise industrielle de 40 salariés. Dilemme classique cette année : son dirigeant veut « donner quelque chose » aux équipes qui ont tenu bon. Budget : 80 000 € (2 000 € par salarié). Sur la table, deux options : la PPV ou un PERECO avec abondement. Elle pose les chiffres.
Option PPV : 80 000 € × 1,2 (charges limitées sur PPV) = 96 000 €. Coût total. Résultat : chaque salarié touche 1 960 € net sur son compte.
Option PERECO avec abondement 100 % plafonné à 2 000 € : 80 000 € × (1 + 0 % forfait social, puisque < 50 salariés) = 80 000 €. Coût total inférieur. Résultat : chaque salarié place 1 806 € (net de CSG-CRDS à 9,7 %, soit 2 000 × 0,903) dans son PERECO, dans un contrat défiscalisé long terme. Avec capitalisation sur 15 ans à 5 % : ~3 750 € par salarié à la retraite.
Concrètement, à budget équivalent, le PERECO génère environ 2× plus de valeur pour le salarié, avec un coût entreprise inférieur. Sophie propose le PERECO à son dirigeant qui valide.
Cas 4 — Hugo & Léa, couple TNS gérant + conjoint collaborateur (SARL 8 salariés, BNF 120 k€)
Hugo dirige une SARL de 8 salariés (gérant majoritaire TNS), Léa est conjoint collaborateur déclaré au CFE. Bénéfice 120 k€, TMI foyer 41 %. La société est à l'IS 25 %. Diagnostic : trois enveloppes mobilisables simultanément.
| Bénéficiaire | Versement personnel | Abondement PERECO | Économie IR/IS |
|---|---|---|---|
| Hugo — PERIN individuel (art. 154 bis) | 22 935 € (10 % bénéfice + 15 % fraction 1-8 PASS) | — | −9 403 € IR (TMI 41 %) |
| Hugo — PERECO entreprise | 3 844,80 € | 7 689,60 € (déductible IS) | −1 922 € IS |
| Léa — conjoint coll. PERECO | 3 844,80 € | 7 689,60 € (déductible IS) | −1 922 € IS |
| Salariés (abondement moyen) | — | 8 × 2 500 € = 20 000 € (IS) | −5 000 € IS |
| TOTAL | 30 624,60 € perso | 35 379,20 € | −18 247 € |
Concrètement, le couple Hugo + Léa crée environ 23 000 € de valeur nette dès l'année 1, en consolidant 66 004 € de capital retraite (35 379 € d'abondement + 30 625 € de versements). Hypothèse de projection : capitalisation annuelle 5 % nette de frais, fin de période. Sur 15 ans, capital cumulé attendu d'environ 1,42 M€ (annuité 66 004 × 21,58). Pour un couple TNS, aucun autre véhicule n'atteint ce niveau — Madelin n'arrive même pas à la cheville.
Cas 5 — Patrick, 58 ans, fin de carrière, sortie capital fractionné
Patrick a accumulé 180 000 € sur son PERECO (60 k€ versements déduits compartiment 1, 80 k€ abondement compartiment 2, 40 k€ versements non déduits). À 63 ans, il liquide. TMI actuelle 41 %, TMI retraite estimée 30 %. Comparons deux scénarios.
OPTION A — Sortie totale en une fois à 63 ans Compartiment 1 déduit (60 k€) imposé barème IR 41 % = 24 600 € + PFU 30 % sur PV ≈ 6 000 € TOTAL fiscalité : ~31 000 € (17 % du capital) OPTION B — Sortie fractionnée 5 ans (rachats étalés) Année 1 : 36 k€ / Année 2-5 : 36 k€ Compartiment 1 déduit étalé → chaque rachat reste en TMI 30 % Économie d'IR : ~7 000 € TOTAL fiscalité : ~24 000 € (13 % du capital) GAIN STRATÉGIE B vs A : ~7 000 € (+22 % de capital net)
Subtilité supplémentaire : sortir d'abord le compartiment 2 (capital exonéré IR, seul PS 17,2 % sur PV) puis le compartiment 1 non déduit (capital exonéré IR), et garder le compartiment 1 déduit pour la fin en rachats fractionnés. Économie additionnelle : ~3 000 €. Total optimisation : ~10 000 € sur 5 ans.
Cas 6 — Décès de Bernard à 67 ans, PERECO assurantiel 600 k€, 2 enfants
Bernard décède à 67 ans avec 600 000 € sur son PERECO assurantiel (400 k€ versements + 200 k€ plus-values). Clause bénéficiaire : ses 2 enfants, à parts égales (300 000 € chacun).
Scénario 1 — PERECO assurantiel (art. 990 I, décès avant 70 ans). Abattement 152 500 €/bénéficiaire, puis 20 % sur la fraction taxable jusqu'à 700 000 €. Chaque enfant reçoit 300 000 €, dont 147 500 € taxables (300 000 − 152 500). Impôt : 147 500 × 20 % = 29 500 € par enfant, soit 59 000 € au total. Bonus : les plus-values latentes sont purgées au décès — aucun PFU.
Scénario 2 — PERECO compte-titres (succession classique, art. 779 CGI). Le capital entre dans la succession : abattement 100 000 €/enfant, puis barème ligne directe. Chaque enfant reçoit 300 000 €, dont 200 000 € taxables après abattement. Barème progressif 5→20 % : 38 194 € d'impôt par enfant, soit 76 388 € au total.
Écart en faveur du PER assurantiel : 17 388 €. Si Bernard était décédé après 70 ans, l'écart aurait été encore plus marqué (régime 757 B qui taxe primes ET gains, là où le PER CTO aurait la succession classique). Message clé : le choix PER assurantiel vs compte-titres devient déterminant dès que le capital dépasse 150 k€/bénéficiaire.
Cas 7 — Stéphanie, 35 ans, abondement unilatéral 3 000 € sans aucun versement
Stéphanie est jeune chargée de communication, salaire net 2 200 €/mois, locataire à Lyon. Trésorerie tendue, elle ne verse rien sur son PERECO. Bonne surprise en mars 2026 : son employeur active l'abondement unilatéral Loi Partage de la Valeur — 3 000 € versés directement sur le PERECO de tous les salariés sans condition de versement préalable.
Concrètement, sur 32 ans (jusqu'à 67 ans), à un rendement moyen hypothétique de 5 %/an, ce versement unique fructifie en ~14 700 €. Si l'employeur reconduit chaque année (3 000 €/an pendant 32 ans), Stéphanie accumule ~232 000 € sans avoir versé un centime. Sortie capital : exonération IR sur les versements (abondement = compartiment 2), seuls PS 17,2 % sur PV. Mécanique de pactole rarement déroulée par les jeunes salariés — n'hésitez jamais à demander à votre RH si l'abondement unilatéral est activé.
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Abondement unilatéral, versement volontaire déductible, arbitrages supports : un conseiller en architecture ouverte identifie les optimisations concrètes adaptées à votre statut et votre entreprise.
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Si votre entreprise vous propose un PERECO avec abondement et que vous ne versez rien, vous refusez chaque année l'équivalent d'un 13e mois. Littéralement. Le PERECO est, après l'assurance-vie, le second outil d'épargne le plus généreux proposé aux salariés en France. Son ressort tient en trois mots : abonder, déduire, transmettre. Bien utilisé, il transforme une épargne mensuelle modeste en capital retraite significatif. Mal compris, il reste un produit sous-exploité, voire ignoré.
Nos trois recommandations pratiques. Un : versez au moins le montant nécessaire pour déclencher l'abondement maximum — c'est de l'argent gratuit. Deux : cumulez PERECO et PERIN pour tirer le meilleur de chaque enveloppe. Trois : surveillez vos frais de gestion et transférez si nécessaire après 5 ans.
Pour une étude personnalisée de votre situation PERECO (abondement, arbitrages, transferts, stratégie de sortie), notre cabinet propose un bilan patrimonial gratuit et sans engagement. Nos conseillers sont certifiés CIF (Conseiller en Investissements Financiers), COA (Courtier en Assurance) et COBSP (Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement). Contactez-nous à contact@hagnere-patrimoine.fr ou au 03 74 47 20 18.
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