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Guide expert régimes matrimoniaux 202622 minMis à jour 10 mai 20264 régimes · 6 cas chiffrés

Régime matrimonial et succession en 2026 : impact réel sur le conjoint et les enfants

Communauté légale, séparation, participation aux acquêts, communauté universelle : chaque régime a un impact chiffré sur la succession. 0 € de droits pour le conjoint marié (loi TEPA art. 796-0 bis CGI), mais la part civile dépend du régime. Clause de préciput hors droit de partage 2,5 % depuis Cass. 21/05/2025 + Cass. com. 05/11/2025, action en retranchement art. 1527 CC en famille recomposée, changement de régime simplifié loi 2019-222, mariage international Règlement UE 2016/1103, 6 cas pratiques chiffrés (couple 60 ans 1 M€, dirigeant SAS 3 M€, frontalier franco-suisse, etc.). 20 FAQ structurées en 4 thématiques. Vigilance : droit de partage successoral 2,5 % art. 746 al. 2 CGI ≠ 1,1 % divorce/PACS art. 748. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet ORIAS (CIF · COA · COBSP).

STRATÉGIE RÉGIME MATRIMONIAL 2026

Auditer votre régime matrimonial et sécuriser la transmission au conjoint et aux enfants

Dans le cadre d'une lettre de mission : analyse de votre régime actuel, simulation des deux ordres de décès, calibrage des clauses (préciput, attribution intégrale, DDV), arbitrage chiffré CU+AI vs séparation+DDV, anticipation famille recomposée (RAAR, QDSE), changement de régime art. 1397 CC. Premier rendez-vous offert, sans recommandation personnalisée. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur, coordination avec votre notaire.

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RÉGIMES

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3 OPTIONS

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

Mis à jour le 10 mai 2026 · Conforme à la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025), au CGI (art. 746 al. 2 partage 2,5 %, 777, 779, 796-0 bis TEPA, 990 I), au Code civil (art. 1397 changement, 1515 préciput, 1524 attribution intégrale, 1527 retranchement, 1094-1 DDV, 757 droits conjoint, 1469 récompenses), au Code des assurances (L. 132-12 et L. 132-13) et à la jurisprudence Cass. 21/05/2025 + Cass. com. 05/11/2025.

§ 1FONDAMENTAUX·5 MIN

Pourquoi votre régime matrimonial change tout au décès

Votre femme hérite-t-elle vraiment de tout votre patrimoine, ou seulement d'une moitié partagée avec vos enfants ? La réponse tient en un mot : votre régime matrimonial. Côté fiscal, le conjoint marié paie 0 € de droits (loi TEPA, art. 796-0 bis CGI). Côté civil, tout dépend du régime. Hagnéré Patrimoine décrypte les 4 régimes, leurs pièges et les 3 clauses qui protègent vraiment.

Publié le 21 avril 2026 · Mis à jour le 10 mai 2026 · Par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (CIF, COA, COBSP, CNCEF Patrimoine)

En 60 secondes — l'essentiel à retenir

  • Pour qui : couples mariés, familles recomposées, dirigeants SAS/SARL et veufs/veuves qui veulent vérifier la protection réelle du conjoint survivant.
  • Ce que vous y gagnez : savoir, en chiffres, ce que votre conjoint touche au décès selon votre régime — et quelles 3 clauses (préciput, attribution intégrale, donation entre époux) le protègent vraiment.
  • Point clé : le conjoint marié est exonéré à 100 % de droits de succession (art. 796-0 bis CGI), mais civilement il peut se retrouver en indivision avec les enfants si rien n'est anticipé.
  • Risque famille recomposée : l'action en retranchement (art. 1527 C. civ.) permet aux enfants d'un premier lit d'attaquer toute clause d'attribution intégrale.
  • Durée de lecture : 22 minutes — 18 sections, 6 cas pratiques chiffrés, sources Légifrance et BOFiP.

Vous êtes marié depuis 15, 25, 40 ans et vous découvrez que votre régime par défaut ne vous protège pas autant que vous le pensiez. Peut-être êtes-vous veuf ou veuve, et vos enfants contestent un avantage. Ou vous envisagez un remariage, ou le passage à la communauté universelle, et vous cherchez à comprendre ce que cela implique réellement.

Ce guide vous donne les outils pour éviter le pire scénario : un conjoint survivant en indivision avec ses enfants, obligé de vendre la résidence familiale. Les 4 régimes, leurs pièges, les 3 clauses qui protègent vraiment (préciput, attribution intégrale, donation entre époux). Les coûts précis d'un changement de régime. Les interactions avec l'assurance-vie et le Pacte Dutreil. Le tout avec 6 cas pratiques chiffrés.

Les 4 chiffres essentiels à retenir

0 € de droits de succession pour le conjoint marié ou pacsé, quel que soit le montant transmis (art. 796-0 bis CGI, TEPA 2007). 2,50 % de droit de partage calculés sur l'actif net partagé lors de la liquidation (art. 746 CGI ; 1,10 % réservé aux partages consécutifs à divorce ou rupture de PACS). 100 000 € d'abattement sur la part taxable de chaque enfant, et ce par parent donateur, renouvelable tous les 15 ans (art. 779 CGI). Clause d'attribution intégrale soumise à l'action en retranchement en famille recomposée (art. 1527 C. civ.).

Lexique express : les 8 mots à connaître avant de lire

  • TEPA — loi de 2007 qui exonère le conjoint de droits de succession.
  • DMTG — droits de mutation à titre gratuit (succession ou donation).
  • Usufruit — droit d'utiliser un bien et d'en encaisser les revenus, sans en être propriétaire.
  • Nue-propriété — propriété "nue" sans jouissance ; complémentaire de l'usufruit.
  • Récompense — somme que se doivent la communauté et un patrimoine propre après un mouvement de fonds.
  • Préciput — droit du conjoint survivant de prélever certains biens communs avant tout partage.
  • QDSE — quotité disponible spéciale entre époux, plafond des donations entre mariés.
  • Contrat dénoué — assurance-vie qui prend fin au décès de l'assuré (par opposition au contrat "non dénoué" tant que le souscripteur est vivant).

Pour comprendre ce qui se joue réellement le jour du décès, il faut d'abord savoir dans quel régime vous êtes. Place aux 4 modèles qui couvrent 100 % des couples français — du plus fusionnel au plus séparatiste.

§ 2LES 4 RÉGIMES·6 MIN

Quels sont les 4 régimes matrimoniaux en France en 2026 ?

Le Code civil consacre la liberté des conventions matrimoniales (art. 1387 C. civ.) : les époux peuvent choisir le régime qui leur convient avant le mariage, par contrat notarié. À défaut de contrat, c'est le régime légal qui s'applique automatiquement — et c'est le cas de 80 % des couples français.

Voici les 4 régimes qui couvrent la quasi-totalité des situations, du plus fusionnel au plus séparatiste.

2.1 — Communauté réduite aux acquêts (régime légal depuis 1966)

Le régime par défaut. Les biens acquis pendant le mariage (salaires, épargne, immobilier) tombent en communauté. Les biens reçus par héritage ou donation, ainsi que ceux détenus avant le mariage, restent propres (art. 1401 et 1405 C. civ.). Au décès ou au divorce, la communauté se partage à 50/50.

2.2 — Séparation de biens

Chaque époux conserve l'entière propriété de son patrimoine, présent et futur. Pas de communauté, pas de partage. Les créanciers d'un époux ne peuvent saisir que ses biens propres. C'est le régime préféré des dirigeants et professions libérales.

2.3 — Participation aux acquêts

Régime hybride : pendant le mariage, fonctionnement comme une séparation de biens (indépendance totale). À la dissolution, calcul d'une créance de participation : l'époux qui s'est le plus enrichi verse à l'autre la moitié de l'écart d'enrichissement (art. 1569 C. civ.).

2.4 — Communauté universelle

Tous les biens des époux, y compris ceux hérités ou détenus avant le mariage, forment une seule masse commune. Souvent assortie d'une clause d'attribution intégrale (art. 1524 C. civ.) qui permet au survivant de récupérer la totalité du patrimoine au décès, sans succession.

Tableau comparatif : Régime — Principe — Au décès — Idéal pour — Prévalence — Premier cas : Communauté légale
RégimePrincipeAu décèsIdéal pourPrévalence
Communauté légaleBiens acquis pendant mariage = communs (50/50)Partage + succession sur la moitié du défuntCouples standards≈ 80 %
Séparation de biensPatrimoines totalement indépendantsSuccession uniquement sur biens propres du défuntDirigeants, inégalité de revenus≈ 12 %
Participation aux acquêtsSéparation pendant / créance à la dissolutionCréance de participation + successionCouples évolutifs≈ 2 %
Communauté universelleTous les biens en communAttribution intégrale possible au survivantCouples sans enfants d'un autre lit≈ 6 %

Concrètement, si vous êtes marié sans contrat, vous êtes en communauté réduite aux acquêts, le régime légal (art. 1400 C. civ.). Votre maison achetée après le mariage est commune (même si l'acte ne comporte qu'un seul nom). Votre salaire et votre épargne placée sont communs. En revanche, la maison héritée de vos parents reste votre bien propre, et un compte bancaire alimenté uniquement par cet héritage aussi.

Le piège de la présomption de communauté

L'article 1402 du Code civil pose une présomption simple — c'est-à-dire qu'elle peut être renversée si vous apportez la preuve du caractère propre du bien. À défaut de preuve, tout bien est réputé commun. Cette règle est l'une des plus traîtresses en pratique : un héritage placé sur un compte joint, un apport personnel non tracé, une donation reçue sans acte notarié clair — tout peut basculer en communauté. D'où l'importance de conserver les documents d'origine (actes, relevés) pendant toute la durée du mariage.

Maintenant que les 4 régimes sont posés, voyons comment le décès active leurs différences.

§ 3MÉCANISME·5 MIN

Comment se passe la succession selon votre régime matrimonial ?

Au décès d'un époux marié, le notaire ne passe pas directement à la succession. Il exécute d'abord une liquidation du régime matrimonial, puis ouvre la succession sur la part du défunt. Cet enchaînement en 3 étapes détermine qui touche quoi.

3.1 — Étape 1 : liquidation du régime

Le notaire identifie les biens propres de chaque époux et les biens communs. Il calcule les éventuelles récompenses — les sommes dues entre la communauté et un patrimoine propre pour rétablir l'équilibre après un mouvement de fonds (art. 1433 et 1469 C. civ., voir §15 pour le calcul détaillé). Il applique les clauses particulières du contrat de mariage : préciput, partage inégal, attribution intégrale.

3.2 — Étape 2 : reprises et partage

Chaque époux reprend ses biens propres. La communauté (ou la créance de participation) se partage. À ce stade, le conjoint survivant récupère déjà la moitié de la communauté — ce n'est pas un héritage, c'est sa part propre.

3.3 — Étape 3 : ouverture de la succession

La succession ne porte que sur la part du défunt après liquidation. Le conjoint survivant y ajoute ses droits légaux (art. 757 C. civ.) : en présence d'enfants tous communs, il choisit entre 1/4 en pleine propriété ou l'usufruit total. En présence d'un seul enfant non commun, le conjoint est limité à 1/4 en pleine propriété (plus de choix de l'usufruit).

Formule de la masse successorale

Masse succession = Biens propres du défunt
                  + Part du défunt dans la communauté
                  (après reprises et récompenses)
                  − Dettes du défunt
                  − Préciput éventuel
                  − Legs particuliers

En communauté universelle avec attribution intégrale, la masse successorale peut être nulle : tout passe au conjoint survivant en dehors de la succession.

Concrètement, sur un patrimoine commun de 1 million d'euros avec 2 enfants communs et une donation entre époux, le notaire calcule : 500 000 € de communauté au conjoint survivant (sa part propre), 500 000 € de succession pour le défunt, dont le conjoint peut prendre l'usufruit total. Les enfants héritent de la nue-propriété. Au second décès, ils récupèrent la pleine propriété gratuitement (art. 1133 CGI).

Rentrons maintenant dans le détail de chaque régime.

§ 4COMMUNAUTÉ LÉGALE·6 MIN

Communauté réduite aux acquêts : comment ça se passe au décès ?

C'est le régime de 80 % des couples français. Son fonctionnement au décès mérite d'être détaillé, car il recèle plusieurs subtilités rarement déroulées en consultation de notaire.

Masse commune : les revenus, l'épargne et les biens acquis pendant le mariage, même au nom d'un seul époux. La résidence principale achetée après le mariage est presque toujours commune, même si elle est inscrite au nom de l'un des deux.

Biens propres : les biens antérieurs au mariage, les héritages reçus pendant le mariage (art. 1405 C. civ.), les vêtements personnels, les instruments de travail (art. 1404 C. civ.), les dommages-intérêts à caractère personnel.

4.1 — Répartition type au décès

Tableau comparatif : Composante — Affectation — Premier cas : Moitié de la communauté
ComposanteAffectation
Moitié de la communautéAu conjoint survivant (part propre, pas un héritage)
Autre moitié de la communautéEntre dans la succession du défunt
Biens propres du défuntEntrent en totalité dans la succession
Biens propres du conjoint survivantRestent à son nom, aucun partage

Concrètement, le conjoint survivant ne « hérite » pas de sa moitié de communauté — elle lui appartient déjà, c'est sa part propre. La succession ne porte que sur l'autre moitié, celle du défunt. C'est la clé pour comprendre pourquoi le régime matrimonial fait autant de différence : il détermine la taille même de la masse successorale avant que les règles d'héritage ne s'appliquent.

4.2 — Droits du conjoint survivant

L'article 757 C. civ. offre au conjoint marié, en présence d'enfants tous issus du couple, le choix entre l'usufruit de la totalité de la succession et le quart en pleine propriété. Le choix doit être exercé dans les 3 mois d'une sommation faite par un héritier (art. 758-3 C. civ.).

Concrètement, prenons un couple avec 800 000 € de patrimoine commun et 2 enfants. Au décès du mari, le patrimoine se décompose ainsi : 400 000 € restent à l'épouse (sa moitié de communauté) ; 400 000 € entrent dans la succession du mari ; l'épouse choisit l'usufruit total sur ces 400 000 € ; les 2 enfants reçoivent la nue-propriété (200 000 € chacun). L'épouse ne paie aucun droit (exonération TEPA). Chaque enfant reçoit une nue-propriété taxable selon le barème 669 CGI, avec abattement de 100 000 €.

Règle souvent oubliée : les donations antérieures restent propres en mariage

Un enfant qui a reçu une donation de ses parents avant leur mariage — ou d'un grand-parent pendant le mariage — conserve ce bien comme propre. Il ne rentre ni dans la communauté, ni dans la succession. C'est un levier structurant pour anticiper la transmission aux petits-enfants via le saut de génération.

Hagnéré Patrimoine

Votre régime matrimonial protège-t-il vraiment votre conjoint ?

Communauté, séparation, participation : chaque régime produit des effets différents au décès. Hagnéré Patrimoine simule les deux ordres possibles de disparition et révèle les zones de fragilité que nous sécurisons avec votre notaire.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Place maintenant au régime qui inquiète le plus en pratique : la séparation de biens et ses effets sur le conjoint survivant.

§ 5SÉPARATION·5 MIN

En séparation de biens, le conjoint hérite-t-il vraiment ?

C'est la fausse idée n°1 des couples français : croire qu'en séparation de biens, le conjoint survivant n'hérite pas. Faux. Le régime matrimonial concerne la vie du couple. La succession, elle, obéit aux règles du Code civil — et le conjoint est toujours héritier.

5.1 — Ce que reçoit le conjoint en séparation de biens

Au décès, il n'y a pas de liquidation de communauté : chaque époux a son patrimoine depuis toujours. Seuls les biens du défunt entrent dans la succession. Le conjoint survivant y exerce ses droits légaux (art. 757 C. civ.) : 1/4 en pleine propriété ou usufruit total, selon les mêmes règles qu'en communauté légale.

Concrètement, Marie et Jean, mariés en séparation de biens depuis 30 ans, avec 2 enfants. Jean décède, propriétaire à titre personnel de la maison familiale (400 000 €) et d'une assurance-vie (200 000 €). Marie n'a que ses propres comptes et son petit studio. La succession de Jean = 600 000 €. Marie y prend l'usufruit total (valeur 669 CGI à 65 ans = 40 % = 240 000 €). Elle ne paie aucun droit (TEPA). Les 2 enfants reçoivent la nue-propriété (360 000 € à partager). Au second décès de Marie, les enfants récupèrent la pleine propriété sans droits.

5.2 — Le piège du conjoint sans patrimoine propre

En séparation de biens, si un époux a sacrifié sa carrière pour élever les enfants et n'a construit aucun patrimoine, le décès du conjoint fortuné peut laisser le survivant démuni. La succession n'offre que 1/4 en PP ou l'usufruit : insuffisant si le patrimoine du défunt était modeste.

Solution 1 : Préciput sur RP

Ajouter une société d'acquêts à la séparation, comportant uniquement la résidence principale. Associer une clause de préciput (art. 1515 C. civ.) : le conjoint prélève la RP avant tout partage, hors droit de partage depuis Cass. com. 05/11/2025.

Solution 2 : Donation entre époux

Art. 1094-1 C. civ. : donation au dernier vivant permettant au conjoint de choisir entre la quotité disponible ordinaire, 1/4 PP + 3/4 US, ou l'usufruit total. Coût chez le notaire : 250 à 400 € par époux. Révocable jusqu'au décès.

Solution 3 : AV à clause démembrée

Conjoint usufruitier, enfants nus-propriétaires sur un contrat d'assurance-vie. Hors succession civile et fiscale (art. 990 I CGI, abattement 152 500 € par bénéficiaire). Protège le conjoint sans priver les enfants.

La séparation de biens reste excellente pour protéger contre les créanciers professionnels et en cas de divorce. Mais seule, elle peut fragiliser le conjoint survivant — d'où l'intérêt de la compléter par l'une des 3 solutions ci-dessus.

Entre la communauté pure et la séparation pure, il existe un troisième modèle hybride, rarement choisi en France mais particulièrement équilibré dans son fonctionnement : la participation aux acquêts.

§ 6PARTICIPATION·5 MIN

Participation aux acquêts : comment se calcule la créance ?

La participation aux acquêts est le régime le moins choisi de France — à peine 2 % des couples — alors qu'il combine les meilleurs aspects des deux mondes : indépendance totale pendant le mariage (comme la séparation), et compensation équitable à la dissolution (comme la communauté).

6.1 — Mécanisme en 2 temps

Pendant le mariage, chaque époux gère ses biens librement, acquiert et vend sans consulter l'autre. Aucune masse commune n'existe. À la dissolution du régime (divorce ou décès), on compare ce que chaque époux a accumulé.

6.2 — Calcul de la créance de participation

Formule officielle (art. 1569 et suivants C. civ.)

Enrichissement de chaque époux = Patrimoine final − Patrimoine originaire
Créance de participation = (Enrichissement A − Enrichissement B) ÷ 2
L'époux le plus enrichi verse la créance à l'autre.

Le patrimoine originaire = biens détenus au début du régime + biens reçus par donation ou succession pendant. Le patrimoine final = biens détenus à la dissolution, réévalués à leur valeur actuelle.

Concrètement, Paul et Sophie, mariés en participation aux acquêts. Au décès de Paul, son patrimoine final est de 800 000 €, son patrimoine originaire de 200 000 € : enrichissement = 600 000 €. Sophie : patrimoine final 400 000 €, originaire 100 000 € : enrichissement = 300 000 €. Écart = 300 000 €. La moitié (150 000 €) est due à Sophie par la succession de Paul. Cette créance n'est pas un héritage : elle vient avant la succession, comme une part propre. Sophie la conserve hors droits de succession. Sur les 800 000 €, 150 000 € reviennent à Sophie, 650 000 € forment la masse successorale.

6.3 — Avantages et limites

Avantage : parfaitement équilibré pour les couples où les carrières évoluent différemment (l'un se met à mi-temps, l'autre continue à plein). Limite : la créance est imposable si elle est versée avec des biens propres imposés au titre des plus-values. Et le calcul est technique : il faut conserver la preuve du patrimoine originaire pendant toute la durée du mariage.

Loi du 31 mai 2024 : simplifications attendues

La loi 2024-494 du 31 mai 2024 a encadré plus précisément les règles de calcul du patrimoine final et originaire, notamment pour les biens professionnels et les dettes professionnelles. Un conseil notarial s'impose avant de choisir ce régime, en particulier pour les professions libérales et dirigeants dont le patrimoine évolue fortement.

Nous avons parcouru les trois régimes qui préservent une forme d'indépendance entre les époux. Cap maintenant sur l'extrême inverse : la communauté universelle, où tout est fusionné et où un seul survivant peut tout récupérer.

§ 7CU + AI·6 MIN

Communauté universelle avec attribution intégrale : piège ou solution ?

C'est la combinaison que les notaires vendent souvent comme « la protection absolue du conjoint ». Premier décès : pas de succession, pas de partage, le survivant garde tout. Deuxième décès en revanche : les enfants paient la totalité des droits sur la masse cumulée, sans avoir pu utiliser leurs deux abattements de 100 000 € au premier décès. Sur un patrimoine à 600 000 €, ça représente facilement 30 000 à 60 000 € de droits qui auraient pu être effacés.

7.1 — Mécanisme

Le contrat de mariage prévoit que tous les biens des époux — acquêts, biens propres, héritages — forment une seule masse commune (art. 1526 C. civ.). La clause d'attribution intégrale (art. 1524 C. civ.) stipule qu'au décès du premier époux, la totalité de cette masse revient au survivant. Pas de succession, pas de partage, pas de droits : le conjoint survivant devient propriétaire de tout.

7.2 — Avantage au premier décès

Le conjoint survivant évite l'indivision avec les enfants, conserve son cadre de vie, a accès à tous les comptes sans formalité. Zéro droit de succession (TEPA). Idéal pour un couple âgé avec patrimoine modeste, sans enfant d'un autre lit, souhaitant se protéger mutuellement sans complication.

7.3 — Piège au second décès

Mais au second décès, les enfants héritent d'un coup de la totalité du patrimoine réuni. Ils n'utilisent l'abattement de 100 000 € qu'une seule fois, et franchissent plus vite les tranches élevées du barème DMTG.

Exemple chiffré : patrimoine commun 1 M€, 2 enfants
ScénarioDroits au 1er décèsDroits au 2e décèsTotal famille
CU + attribution intégrale0 €156 388 €156 388 €
Communauté légale + DDV (usufruit)16 388 €56 388 €72 776 €
Économie DDV vs CU+AI——−83 612 €

Concrètement, la communauté universelle avec attribution intégrale coûte près de 83 600 € de plus que la solution combinant communauté légale et donation entre époux avec usufruit, sur un patrimoine de 1 million d'euros. La différence tient à deux leviers : l'abattement de 100 000 € utilisé deux fois (au premier puis au second décès), et la décote d'usufruit (art. 669 CGI) qui réduit la base taxable à la nue-propriété des enfants.

Quand la communauté universelle reste pertinente

Elle conserve un intérêt clair dans 3 situations : (1) couples âgés sans enfants, pour simplifier la transmission au conjoint puis aux collatéraux ; (2) patrimoines modestes (moins de 500 000 € à deux), où le surcoût au second décès reste faible ; (3) couples dont tous les enfants sont communs et qui veulent éviter tout conflit d'indivision. En revanche, elle est fortement déconseillée en famille recomposée — la section 11 explique pourquoi.

Si la communauté universelle vous semble trop radicale mais que vous souhaitez tout de même protéger votre conjoint, il existe un outil intermédiaire discret et particulièrement efficace : la clause de préciput.

§ 8PRÉCIPUT·6 MIN

Clause de préciput (art. 1515) : le levier patrimonial absent de 90 % des contrats de mariage

Demandez à un notaire quelle clause de régime matrimonial il conseille le plus en 2026 : la clause de préciput arrive en tête. Pourtant, moins de 10 % des contrats de mariage français en contiennent une. C'est un gisement d'optimisation majeur, encore plus depuis la jurisprudence 2025.

8.1 — Fonctionnement

L'article 1515 du Code civil autorise les époux à stipuler, dans le contrat de mariage, que le survivant pourra prélever certains biens communs avant tout partage. Le préciput peut porter sur : la résidence principale, une assurance-vie, un portefeuille financier, un véhicule, ou simplement une somme forfaitaire.

8.2 — Avantage fiscal majeur (nouveauté 2025)

L'avis Cass. 1ré civ. 21 mai 2025, n° 23-19.780 (saisine pour avis, art. L. 441-1 COJ), confirmé par l'arrêt Cass. com. 5 novembre 2025, a tranché une question longtemps débattue : le préciput est un droit personnel du conjoint survivant, pas une opération de partage au sens fiscal. Il échappe donc au droit de partage de 2,50 % prévu à l'article 746 CGI. Pour une résidence principale de 500 000 € prélevée en préciput, cela représente 12 500 € d'économie immédiate.

8.3 — Famille recomposée : prudence

Attention cependant : en famille recomposée, un préciput disproportionné peut être remis en cause par les enfants non communs via l'action en retranchement (art. 1527 C. civ.). Il faut calibrer le montant pour qu'il n'excède pas la quotité disponible spéciale entre époux (QDSE) — concrètement, en présence de 2 enfants : 1/3 en pleine propriété, ou 1/4 PP + 3/4 en usufruit, ou l'usufruit total (art. 1094-1 C. civ.). Au-delà, l'avantage est rabotable par les enfants non communs.

Concrètement, Sébastien et Isabelle, mariés depuis 25 ans, sont en communauté légale avec une résidence principale valorisée 600 000 €. Ils ajoutent par acte notarié une clause de préciput sur la RP (coût : environ 1 200 €). Au décès de Sébastien, Isabelle prélève la maison entière avant partage. Sa part de communauté se calcule sur le reste du patrimoine commun. Économie fiscale : 600 000 € × 2,50 % = 15 000 € de droit de partage évité. Sur la durée, c'est un levier rapidement amorti.

8.4 — La clause de prélèvement moyennant indemnité : la sœur discrète du préciput

L'article 1511 du Code civil autorise une variante subtile : le conjoint survivant peut prélever certains biens communs contre versement d'une indemnité à la communauté. Contrairement au préciput (gratuit), c'est une opération équilibrée. Intérêt stratégique majeur : la présence d'une contrepartie réduit le caractère d'avantage matrimonial excessif, ce qui limite le risque d'action en retranchement en famille recomposée. Coût d'insertion : 800 à 1 500 € chez le notaire.

8.5 — La clause de partage inégal (art. 1520 C. civ.)

Par dérogation au partage 50/50, le contrat peut stipuler que le conjoint survivant recevra une fraction supérieure de la communauté : 2/3, 3/4 ou la totalité (auquel cas on retombe sur l'attribution intégrale). Avantage par rapport à la CU+AI : modulation fine (60/40, 70/30) qui laisse une part aux enfants au premier décès — préservation partielle de l'abattement de 100 000 €. Comme tout avantage matrimonial, elle est exposée à l'action en retranchement en famille recomposée.

Jusqu'ici, nous avons parlé d'outils inscrits directement dans le contrat de mariage. Il existe un autre levier, complémentaire et de nature juridique différente : la donation entre époux. Comprendre sa logique par rapport à l'avantage matrimonial est essentiel pour bâtir une stratégie solide.

§ 9DDV·5 MIN

Donation entre époux vs avantage matrimonial : que choisir ?

Ces deux outils semblent concurrents, mais ils répondent à des besoins différents et sont souvent cumulés. Comprendre leur différence juridique est essentiel pour bâtir une stratégie de protection.

9.1 — Les 3 options de la donation entre époux (art. 1094-1 C. civ.)

La donation au dernier vivant offre au conjoint survivant, au moment de l'ouverture de la succession, le choix entre 3 quotités :

  • Quotité disponible ordinaire : 1/2 en présence d'1 enfant, 1/3 avec 2 enfants, 1/4 avec 3 enfants ou plus
  • 1/4 en pleine propriété + 3/4 en usufruit sur le reste
  • Usufruit total sur l'ensemble de la succession

9.2 — Différences avec l'avantage matrimonial

Tableau comparatif : Critère — Donation entre époux (DDV) — Avantage matrimonial — Premier cas : Fondement juridique
CritèreDonation entre époux (DDV)Avantage matrimonial
Fondement juridiqueLibéralité (art. 1094-1)Régime matrimonial (art. 1524, 1515)
Quand prend-elle effet ?Succession, choix du conjointLiquidation du régime, avant succession
RévocabilitéOui (sauf stipulation 2024)Non (sauf divorce, art. 265)
Réserve héréditaireLimitée à la QDSE art. 1094-1Action en retranchement art. 1527 seulement en famille recomposée
FiscalitéExonération TEPAExonération TEPA
Coût de mise en place250-400 €/époux1 000-3 000 € (modif contrat)
Cumul avec l'autre ?OuiOui

Concrètement, un couple en communauté légale avec 2 enfants communs peut cumuler : (1) une clause de préciput sur la résidence principale (avantage matrimonial), (2) une donation entre époux donnant le choix des 3 quotités de l'art. 1094-1. Au décès, le conjoint prélève la maison en préciput, puis exerce son option sur le reste de la succession. C'est la stratégie de protection la plus efficace en 2026.

Le cantonnement : la meilleure pratique des notaires

L'article 1094-1 al. 2 C. civ. permet au conjoint survivant de cantonner la donation sur une partie seulement des biens. Exemple : il garde l'usufruit sur la résidence principale et renonce à ses droits sur le portefeuille boursier, que les enfants reçoivent immédiatement en pleine propriété. Ce n'est pas une renonciation taxable : les droits des enfants se calculent directement. Outil très ajustable pour calibrer la transmission au moment opportun, en fonction de la situation familiale concrète au décès.

Et si votre régime matrimonial actuel ne vous convient plus ? Parce que votre patrimoine a évolué, parce que la famille s'est agrandie, ou parce qu'un remariage a redistribué les priorités. On peut en changer — voici la procédure exacte, les coûts réels, et les pièges à éviter en 2026.

§ 10CHANGEMENT·6 MIN

Changer de régime matrimonial en 2026 : procédure, coûts, pièges

Vous êtes mariés depuis 20 ans sans contrat, vos enfants ont quitté la maison, vous voulez vous protéger mutuellement : le passage de la communauté légale à la communauté universelle est envisageable. Mais combien ça coûte ? Qui peut s'y opposer ? Voici les règles issues de la loi 2019-222.

10.1 — Loi 2019-222 : la fin du parcours du combattant

Depuis le 25 mars 2019, l'article 1397 du Code civil a été réformé. Exit le délai minimum de 2 ans entre le mariage (ou le changement précédent) et le changement suivant. Exit l'homologation systématique par le juge aux affaires familiales. Conséquence concrète sur le terrain : environ 18 500 changements de régime ont été enregistrés en 2024 selon les Notaires de Paris (+ 27 % vs 2020), dont 76 % vers la séparation de biens ou la communauté universelle. La procédure est désormais :

  1. Consultation d'un notaire et rédaction du projet d'acte
  2. Information des enfants majeurs et des créanciers par lettre recommandée
  3. Délai d'opposition de 3 mois : enfants majeurs, créanciers, parties intéressées
  4. Sans opposition : le notaire reçoit l'acte et publie au fichier central des dispositions de dernières volontés
  5. Avec opposition : homologation obligatoire par le JAF

10.2 — Coût réel d'un changement de régime

Tableau comparatif : Poste — Montant 2026 — Premier cas : Acte notarié (liquidation ancien régime)
PosteMontant 2026
Acte notarié (liquidation ancien régime)1 000 à 3 000 €
Droit de partage (art. 746 CGI)2,50 % en cas de vrai partage (ex : CU → séparation). Non applicable à un apport en communauté universelle.
Droit fixe d'enregistrement125 €
Information des enfants (LRAR)≈ 50 € par enfant
Publicité foncière (si immeuble)0,715 % de la valeur transmise (souvent 50 % en apport CU)
Contribution de sécurité immobilière (CSI)0,10 % de la valeur
Homologation JAF (si opposition)1 500 à 4 000 €

Concrètement, pour un patrimoine de 2 millions d'euros incluant une résidence principale propre à l'un des époux d'une valeur de 600 000 €, la bascule en communauté universelle est un apport, pas un partage : pas de droit de partage. Coût type : publicité foncière ≈ 0,715 % × 300 000 € (moitié transmise à l'autre époux) = 2 145 € + CSI ≈ 300 € + droit fixe 125 € + honoraires notaire 3 000 à 5 000 €, soit environ 5 500 à 7 500 € tout compris. En revanche, un passage inverse (CU → séparation) déclenche un vrai partage : 2,50 % × 2 M€ = 50 000 € de droit de partage, à arbitrer sérieusement.

10.3 — Piège : l'abus de droit fiscal

L'administration surveille de près les changements de régime motivés exclusivement par la fiscalité. Si vous passez en communauté universelle uniquement pour échapper aux droits de succession, sans motif familial réel, vous vous exposez à une requalification en abus de droit (art. L. 64 LPF) : rehaussement plus une majoration de 40 % calculée sur le supplément d'impôt redressé, portée à 80 % du supplément si vous êtes l'instigateur ou le bénéficiaire principal du montage (art. 1729 b CGI). La motivation familiale (protection du conjoint, âge avancé, absence d'enfant d'un autre lit) doit être clairement documentée dans l'acte notarié. Pour éviter cette requalification, Hagnéré Patrimoine documente avec vous la motivation familiale dans une note d'ingénierie patrimoniale annexée à l'acte notarié.

10.4 — Devoir de conseil du notaire : la « clause alsacienne »

Lors d'un passage en communauté universelle, la jurisprudence engage la responsabilité civile du notaire qui omet de proposer la clause alsacienne (art. 265 al. 3 C. civ.) : cette clause permet à chaque époux, en cas de divorce, de reprendre les biens qu'il avait apportés à la communauté. Sans elle, l'époux le mieux doté avant mariage peut tout perdre en cas de séparation. Vérifiez systématiquement que votre notaire a abordé ce point ; à défaut, conservez la trace écrite de la consultation.

Le changement de régime devient particulièrement délicat quand la famille n'est plus "classique". Entre dans la danse l'enfant non commun — et avec lui, une règle qui peut tout casser : l'action en retranchement.

§ 11RECOMPOSÉE·6 MIN

Famille recomposée : l’action en retranchement (art. 1527)

Si vous avez des enfants d'une précédente union, les règles changent radicalement. Ce que la loi considère comme « protection du conjoint » dans un couple classique devient « avantage excessif » dès qu'un enfant non commun entre en scène. Selon l'INSEE, environ 1,5 million d'enfants vivent en famille recomposée en France — et la majorité de ces couples remariés optent pour la séparation de biens, précisément pour anticiper ce risque.

Important : qui est « enfant non commun » dans VOTRE succession ?

La règle est mécanique et souvent mal comprise. Quand vous décédez, c'est votre succession qui s'ouvre — vos seuls héritiers réservataires sont vos enfants biologiques ou adoptifs, pas les enfants de votre conjoint que vous avez élevés (sauf adoption simple ou plénière). À l'inverse, quand votre conjoint décède, ses enfants — y compris ceux d'une précédente union — peuvent attaquer un avantage matrimonial qui vous profiterait au-delà de la QDSE.

Cas typique : Thomas, marié, a un fils Tom (commun) et une belle-fille Léa (fille de sa femme, élevée depuis ses 8 ans). Au décès de Thomas, seul Tom est son héritier — donc aucun enfant non commun à sa succession, pas de retranchement à craindre. Au décès de sa femme, Léa et Tom sont héritiers — Léa est l'enfant non commun pour Thomas, qui doit donc calibrer prudemment tout avantage matrimonial reçu (préciput, attribution intégrale).

Hagnéré Patrimoine simule systématiquement les deux ordres de décès en bilan patrimonial pour identifier les zones de fragilité spécifiques aux familles recomposées mixtes.

11.1 — Le principe du retranchement

L'article 1527 alinéa 2 du Code civil protège les enfants non communs : ils peuvent demander la réduction de tout avantage matrimonial qui excède la quotité disponible spéciale entre époux (QDSE) définie à l'article 1094-1 C. civ. En clair, la clause d'attribution intégrale ou un préciput excessif peuvent être rabotés au profit des enfants d'un premier lit.

Quotité disponible spéciale entre époux (QDSE) — art. 1094-1 C. civ.
Nombre d'enfantsOption 1 (pleine propriété)Option 2 (mixte)Option 3 (usufruit)
1 enfant1/2 PP1/4 PP + 3/4 USUsufruit total
2 enfants1/3 PP1/4 PP + 3/4 USUsufruit total
3 enfants et plus1/4 PP1/4 PP + 3/4 USUsufruit total

Concrètement, en famille recomposée, l'avantage matrimonial (attribution intégrale, préciput, partage inégal) ne peut excéder la QDSE applicable. Tout ce qui la dépasse est « rabotable » par les enfants non communs via l'action en retranchement. Calibrer précisément l'avantage à la QDSE applicable à la configuration familiale est le travail central du notaire en régime matrimonial.

11.2 — Qui peut agir et dans quel délai ?

Seuls les enfants non communs ont qualité pour agir. Ils disposent de 5 ans à compter du décès pour engager l'action (prescription de droit commun, art. 2224 C. civ.). L'action s'exerce devant le tribunal judiciaire.

11.3 — La RAAR : solution négociée

L'article 1527 alinéa 3 renvoie aux articles 929 à 930-1 du Code civil : les enfants non communs peuvent renoncer par avance à exercer l'action en retranchement. C'est la RAAR — renonciation anticipée à l'action en réduction. Concrètement, l'enfant non commun signe, du vivant du parent, un acte notarié par lequel il s'engage à ne pas attaquer l'avantage matrimonial après le décès. Pour garantir un consentement éclairé, l'acte doit être reçu par deux notaires distincts, dont l'un désigné par le président de la chambre des notaires (art. 930 C. civ.), et accepté par les enfants majeurs concernés. Coût : environ 1 500 à 3 000 € au total.

Cas de figure fréquent

Arnaud, 58 ans, divorcé, deux enfants de son premier mariage. Il se remarie avec Claire et ils souhaitent passer en communauté universelle avec attribution intégrale pour protéger Claire. Problème : les enfants d'Arnaud pourront exercer l'action en retranchement à son décès. Solution : négocier une RAAR avec les enfants majeurs (acte notarié) en contrepartie d'une donation immédiate, ou limiter l'avantage matrimonial à la QDSE. La succession en famille recomposée détaille 10 cas similaires.

Hagnéré Patrimoine

Famille recomposée : équilibrer protection du conjoint et droits des enfants

Action en retranchement, QDSE, RAAR : Hagnéré Patrimoine identifie les risques de votre régime actuel et propose une stratégie pour sécuriser le second conjoint sans léser les enfants du premier lit.

Premier échangeSans engagementCadre documenté

Du remariage, passons au cas du chef d'entreprise : pour lui, le régime matrimonial n'est pas qu'un outil de transmission, c'est aussi un bouclier patrimonial face aux risques de l'activité.

§ 12DIRIGEANT·5 MIN

Dirigeant ou entrepreneur : quel régime choisir en 2026 ?

Si vous dirigez une entreprise ou exercez une profession libérale, votre régime matrimonial est un outil de protection du patrimoine personnel autant qu'une clé de la transmission. Les enjeux diffèrent selon votre structure juridique.

12.1 — Séparation de biens : le choix par défaut

Elle isole totalement le patrimoine personnel du conjoint de l'activité professionnelle. En cas de redressement, de liquidation ou de cautionnement excessif, les créanciers ne peuvent saisir que les biens propres du dirigeant. Le conjoint conserve sa résidence, son épargne, son patrimoine.

12.2 — Séparation de biens avec société d'acquêts

Variante peu déployée en pratique mais d'une rentabilité concrète : on adjoint à la séparation de biens une « société d'acquêts » limitée à certains biens (souvent la résidence principale). Ces biens désignés forment une mini-communauté, tandis que le reste du patrimoine reste séparé. Avantage : le conjoint sans revenus professionnels n'est pas pénalisé, la RP bénéficie d'une protection commune, et l'activité pro reste à l'abri.

12.3 — Pacte Dutreil + régime matrimonial

Pour les dirigeants de PME, la combinaison gagnante est souvent : séparation de biens + engagement Dutreil + donation-partage aux enfants. Le pacte Dutreil (art. 787 B CGI) est un engagement par lequel les héritiers s'engagent à conserver les titres de l'entreprise familiale pendant 6 ans (engagement individuel post-LF 2026), en échange d'un abattement de 75 % sur la valeur taxable des titres transmis — autrement dit, les droits de mutation se calculent sur seulement 25 % de la valeur réelle de l'entreprise. Détails complets dans notre guide Pacte Dutreil 2026.

Concrètement, David dirige une SAS valorisée 3 millions d'euros, réside avec Hélène et leurs 3 enfants dans une maison de 800 000 €. Séparation de biens (titres David), société d'acquêts sur la RP (commune), assurance-vie commune. Au décès : Hélène conserve la moitié de la RP en tant que co-propriétaire + droits du conjoint survivant sur l'autre moitié. Les titres Dutreil transmis aux enfants bénéficient de l'abattement 75 % + donation-partage. Économie fiscale totale : environ 800 000 € sur un scénario classique.

Dernier cas particulier : vous vous êtes marié à l'étranger, votre conjoint est d'une autre nationalité, ou vous avez déménagé pendant le mariage. Là, les règles françaises ne suffisent plus — il faut comprendre la logique du droit international privé.

§ 13INTERNATIONAL·5 MIN

Mariage international : quelle loi s’applique à votre régime ?

Vous vous êtes marié à l'étranger, votre conjoint est d'une autre nationalité, ou vous avez déménagé pendant le mariage ? Votre régime matrimonial obéit à des règles de droit international privé qui peuvent réserver des surprises — y compris pour les couples 100 % français installés à l'étranger.

13.1 — Règlement UE 2016/1103 (mariages depuis 29/01/2019)

Le Règlement UE 2016/1103 du 24 juin 2016 s'applique à tous les mariages célébrés à partir du 29 janvier 2019 dans les 18 États participants (France incluse). Il détermine la loi applicable au régime matrimonial selon cet ordre :

  1. Choix exprès des époux par convention notariée (loi de la nationalité ou de la résidence d'un époux)
  2. À défaut : loi de la première résidence habituelle commune après mariage
  3. À défaut : loi de la nationalité commune des époux
  4. En dernier recours : loi présentant le lien le plus étroit avec la situation

13.2 — Mariages antérieurs à 2019 : Convention de La Haye 1978

Pour les couples mariés entre 1992 et le 28 janvier 2019, c'est la Convention de La Haye du 14 mars 1978 qui s'applique. Elle prévoit une mutabilité automatique du régime après 10 ans de résidence dans un nouveau pays — d'où des surprises pour les expatriés installés depuis longtemps à l'étranger.

13.3 — Cas des frontaliers franco-suisses

Pour les couples résidant en France mais travaillant en Suisse (Genève, Lausanne, Bâle), la loi française s'applique généralement au régime matrimonial. Mais si le couple s'installe en Suisse, la loi suisse peut prendre le relais — avec un régime de « participation aux acquêts » qui fonctionne différemment du régime français homonyme. Un choix de loi exprès au moment du mariage évite ces incertitudes.

Concrètement, François et Gabriela se marient à Genève en 2022 (lui Français, elle Espagnole). Ils vivent leur première année à Lyon, puis déménagent à Madrid. Sans choix de loi : le Règl. UE 2016/1103 retient la loi française (première résidence habituelle commune à Lyon). Leur régime matrimonial reste gouverné par la communauté légale française, même après l'installation en Espagne. Si au contraire ils avaient signé un choix de loi pour le droit espagnol : leur régime serait la séparation de biens du Code civil espagnol.

Aller plus loin : couples expatriés ou internationaux

Le régime matrimonial n'est qu'un volet : la succession internationale active aussi le Règlement UE 650/2012 (loi successorale, distinct du Règl. 2016/1103 régime matrimonial). Pour les patrimoines expatriés, l'assurance-vie luxembourgeoise offre une portabilité supérieure et neutralise plusieurs frictions juridiques. Hagnéré Patrimoine intervient sur ces architectures multi-juridictionnelles.

Quel que soit votre régime — français, espagnol, fusionnel ou séparatiste — un actif transversal mérite une vigilance particulière : votre assurance-vie. Sa nature, en couple marié, est plus ambiguë qu'on ne le croit.

§ 14AV ET RÉGIME·6 MIN

Votre assurance-vie est-elle vraiment à vous ou à votre couple ?

Vous avez souscrit une assurance-vie, votre conjoint aussi, vous pensez que chacun gère la sienne ? Pas toujours, quand vous êtes marié en communauté. L'argent qui a alimenté le contrat vient souvent du pot commun — et cela change tout. Trois décisions que les notaires surnomment Praslicka, Bacquet et Ciot ont progressivement tracé les règles. Voici ce qu'elles changent pour vous.

14.1 — Arrêt Praslicka (1992) : le point de départ

Dans l'arrêt Cass. 1re civ. 31 mars 1992 n° 90-16.343 (Praslicka), la Cour de cassation juge que la valeur de rachat d'un contrat d'assurance-vie non dénoué, souscrit par un époux commun en biens avec des fonds communs, entre dans l'actif de la communauté lors de sa liquidation. Conséquence : en cas de divorce, le conjoint non souscripteur a droit à la moitié de la valeur de rachat.

14.2 — Réponse ministérielle Bacquet (2010)

La RM Bacquet (JO AN 29/06/2010 n° 26231) étend le raisonnement au décès du conjoint non souscripteur. La valeur de rachat doit être intégrée pour moitié à l'actif de la succession du conjoint non souscripteur, même si le contrat ne se dénoue pas (puisque le souscripteur est encore vivant). Cette position a provoqué une onde de choc : double taxation potentielle.

14.3 — Réponse ministérielle Ciot (2016) : neutralité fiscale

La RM Ciot (JO AN 23/02/2016 n° 78192) a neutralisé fiscalement la position Bacquet pour les successions ouvertes à compter du 1er janvier 2016. Au décès du conjoint non souscripteur, la valeur de rachat du contrat non dénoué n'est plus intégrée à l'actif successoral pour le calcul des droits de succession. Mais attention : civilement, la récompense due à la communauté demeure.

Calcul de la récompense due à la communauté (art. 1469 C. civ.)

Si primes payées avec fonds communs :
  Récompense = MIN(dépense faite, profit subsistant)
  = MIN(primes versées, valeur de rachat actuelle)

Si primes manifestement exagérées (L. 132-13 C. assur.) :
  → Réintégration à l'actif successoral des primes excessives
  → Droits de succession dus sur cette part

Critères d'appréciation (Cass. ch. mixte 23/11/2004, 4 arrêts) : âge de l'assuré, situation patrimoniale et familiale, utilité du contrat.

Concrètement, Michèle et Daniel, mariés en communauté légale. Daniel a souscrit un contrat d'assurance-vie avec les revenus du couple (fonds communs), valeur de rachat 500 000 €. Michèle décède. Fiscalement (post-Ciot) : rien à intégrer dans la succession de Michèle. Civilement : la moitié de la valeur de rachat (250 000 €) entre dans la masse commune, et revient à la succession de Michèle. Sur cette masse successorale, les enfants de Michèle peuvent prétendre à leur réserve — d'où un partage qui modifie les droits effectifs.

Stratégies pour sécuriser l'AV en communauté

1. Alimenter le contrat avec des fonds propres clairement identifiés (héritage, donation) — pas de récompense due. 2. Co-souscription avec dénouement au second décès — le contrat se dénoue uniquement au décès du dernier époux. 3. Clause bénéficiaire démembrée — voir notre guide clause bénéficiaire. À noter : l'article 774 bis CGI (LF 2024) qui restreint la dette de restitution sur les donations de sommes d'argent avec usufruit réservé ne touche pas le démembrement de la clause bénéficiaire d'assurance-vie, qui reste pleinement opérant en 2026. 4. Contrôler le montant des primes pour éviter la requalification en primes manifestement exagérées (L. 132-13).

L'histoire de l'assurance-vie en communauté nous ramène à un mot utilisé depuis le début de ce guide : les récompenses. Il est temps de détailler leur mécanisme de calcul — c'est le chiffrage le plus technique de la liquidation, et celui qui peut faire varier la masse partageable de plusieurs dizaines de milliers d'euros.

§ 15RÉCOMPENSES·5 MIN

Récompenses et reprises : le calcul qui change tout

Chaque fois qu'un mouvement de fonds se produit entre la communauté et un patrimoine propre d'un époux, une récompense peut être due. C'est l'un des calculs les plus techniques — et les plus coûteux quand il est oublié — de la liquidation d'un régime.

15.1 — Principe de l'article 1469 C. civ.

La récompense est égale à la plus faible des deux sommes entre :

  • La dépense faite (montant des fonds propres investis dans la communauté, ou l'inverse)
  • Le profit subsistant (valeur actuelle du bien acquis ou amélioré grâce à ces fonds)

Exception : quand les fonds ont servi à acquérir, conserver ou améliorer un bien qui existe encore, la récompense ne peut pas être inférieure au profit subsistant. Autrement dit, la plus-value suit les fonds.

15.2 — Exemple chiffré

En 2005, Clotilde hérite de 100 000 € (fonds propres). Elle les investit dans l'achat d'une maison commune avec son mari, financée pour le reste par un crédit remboursé sur les salaires communs. En 2026, la maison vaut 600 000 €. L'apport propre de Clotilde représente 25 % du prix d'achat initial (400 000 € en 2005).

Tableau comparatif : Calcul — Montant — Premier cas : Dépense faite (fonds propres investis)
CalculMontant
Dépense faite (fonds propres investis)100 000 €
Profit subsistant (25 % × 600 000 € valeur actuelle)150 000 €
Récompense due à Clotilde (max des deux, car bien acquis)150 000 €

Concrètement, si Clotilde décède sans avoir tracé son apport propre, la maison est présumée commune à 100 % (art. 1402 C. civ.) et la récompense n'est pas récupérée. En cas de succession, ses héritiers perdent 150 000 € de patrimoine propre. Conservez toujours les actes d'héritage, bordereaux de donation et relevés bancaires qui tracent l'origine des fonds.

Le droit des régimes matrimoniaux évolue régulièrement. Trois nouveautés majeures des 24 derniers mois modifient la stratégie de protection du conjoint : la loi du 31 mai 2024, l'avis préciput du 21 mai 2025 (confirmé le 5 novembre 2025) et la loi de finances 2026.

§ 16NOUVEAUTÉS·6 MIN

Nouveautés 2024-2026 : ce qui change vraiment

Le droit des régimes matrimoniaux a été enrichi par plusieurs évolutions législatives et jurisprudentielles récentes qui ne figurent dans presque aucun guide concurrent. Voici ce qu'il faut retenir en 2026.

16.1 — Loi 2024-494 du 31 mai 2024 : avantage matrimonial irrévocable

Avant cette loi, l'article 265 du Code civil imposait que tout avantage matrimonial ne prenant effet qu'au décès était automatiquement révoqué en cas de divorce. Depuis le 2 juin 2024 (lendemain de la publication au JO du 1er juin), les époux peuvent stipuler expressément dans le contrat que l'avantage résiste au divorce. Cette nouveauté sécurise les transmissions planifiées et change la stratégie en famille recomposée, surtout pour les clauses d'exclusion des biens professionnels en participation aux acquêts.

16.2 — Avis Cass. 1ré civ. 21 mai 2025 + arrêt Cass. com. 5 novembre 2025 : préciput hors droit de partage

L'avis Cass. 1ré civ. 21 mai 2025 n° 23-19.780 (procédure de saisine pour avis, art. L. 441-1 COJ), suivi de l'arrêt confirmatif Cass. com. 5 novembre 2025, tranche une question longtemps débattue : l'exercice de la clause de préciput (art. 1515) n'est pas soumis au droit de partage de 2,50 % (taux de droit commun, art. 746 CGI). Le préciput est qualifié de droit personnel du conjoint, non d'opération de partage. Conséquence : la clause de préciput devient le levier fiscal le plus efficace du contrat de mariage, d'autant plus que le préciput n'est pas non plus taxé au titre des droits de succession (exonération TEPA).

16.3 — Règlement UE 2016/1103 en plein effet

Plus de 7 ans après son entrée en vigueur le 29 janvier 2019, le Règlement commence à produire pleinement ses effets : les premiers divorces et successions de couples mariés sous son empire arrivent devant les juges. La jurisprudence se construit, en particulier sur le choix de loi et la première résidence habituelle.

16.4 — Panorama jurisprudentiel 2020-2025

  • Cass. 1ré civ. 15/01/2020 n° 18-25.030 — la clause d'attribution intégrale exclut la reprise par les héritiers des apports du défunt à la communauté.
  • Cass. 1ré civ. 09/06/2022 n° 20-21.277 — en séparation de biens, l'apport de fonds propres pour acquérir un bien indivis ne relève pas de l'obligation de contribuer aux charges : créance récupérable à la liquidation.
  • CA Toulouse 07/11/2023 — valide les clauses de non-divorce dans les donations entre époux : révocation dès l'introduction de la procédure, indépendamment de son aboutissement.
  • Cass. 1ré civ. 17/01/2024 n° 21-20.520 — donation entre époux : les libéralités s'imputent sur les droits légaux du conjoint, elles ne s'y ajoutent pas.
  • Cass. 1ré civ. 02/05/2024 n° 22-15.238 — règles de reprise des sommes d'argent en communauté : exigence de traçabilité jusqu'à la dissolution.
  • Cass. 1ré civ. 23/05/2024 n° 22-18.911 — récompense due pour un bien amélioré par l'industrie personnelle d'un époux avec des matériaux communautaires.
  • Cass. 1ré civ. 05/03/2025 n° 23-11.430 — confirme qu'en présence d'un enfant non commun, le conjoint ne peut opter pour l'usufruit total : il est plafonné au 1/4 PP (art. 757 C. civ.).
  • Cass. 1ré civ. 12/06/2025 n° 24-12.552 — récompense art. 1469 : le profit subsistant se calcule à la date de vente du bien propre ; point de départ des intérêts précisé.

16.5 — PLF 2026 : gel du barème DMTG jusqu'en 2028

La loi de finances pour 2026 gèle les tranches du barème de l'article 777 CGI et les abattements jusqu'en 2028. Concrètement, avec une inflation de 2 % par an, cette mesure génère une hausse silencieuse des droits de succession effectivement payés, estimée entre 3 et 6 % cumulés sur 2026-2028 (effet du non-relèvement des tranches face à l'inflation). Impact direct sur les stratégies de transmission : anticiper les donations sous réserve d'usufruit devient encore plus pertinent pour figer la valeur au barème actuel. Parallèlement, le Pacte Dutreil est réformé (engagement individuel porté à 6 ans, exclusion des biens somptuaires — yachts, jets, œuvres d'art et autres actifs non affectés à l'exploitation, désormais sortis du périmètre de l'abattement 75 %) : vérifier la coordination avec le régime matrimonial avant toute transmission d'entreprise.

Récapitulatif des 3 nouveautés 2024-2026

(1) Loi 2024-494 : avantage matrimonial irrévocable possible sur stipulation expresse, y compris exclusion des biens professionnels en participation aux acquêts. (2) Avis Cass. 1re civ. 21/05/2025 n° 23-19.780 + arrêt Cass. com. 05/11/2025 : préciput hors droit de partage (2,50 %) — gain fiscal direct sur les gros patrimoines. (3) Règlement UE 2016/1103 : loi applicable stabilisée pour les mariages depuis 2019.

Hagnéré Patrimoine intègre ces évolutions dans chaque bilan patrimonial dès leur publication officielle.

Place maintenant aux 6 cas pratiques chiffrés qui illustrent tout ce que nous avons vu. Chaque cas reprend un profil réel de client Hagnéré Patrimoine (prénoms modifiés) et montre les arbitrages concrets avec les montants exacts.

§ 17CAS PRATIQUES·10 MIN

Six cas pratiques chiffrés : quel régime pour quel profil ?

Pour passer de la théorie à la pratique, voici 6 situations types avec arbitrage chiffré. Chaque cas s'appuie sur un profil réel de client Hagnéré Patrimoine (prénoms modifiés).

17.1 — Cas 1 : Couple 60 ans, 1 M€, 2 enfants communs

Situation : Jean-Pierre (63 ans, ex-cadre) et Brigitte (61 ans, infirmière retraitée), mariés depuis 35 ans sans contrat. Patrimoine commun : RP 500 000 €, assurance-vie 300 000 €, PEA 200 000 €. Deux enfants communs majeurs. Ils hésitent entre passer en communauté universelle + attribution intégrale ou garder la communauté légale avec donation entre époux.

Tableau comparatif : Option — Droits 1er décès — Droits 2e décès — Total — Premier cas : CU + attribution intégrale
OptionDroits 1er décèsDroits 2e décèsTotal
CU + attribution intégrale0 €156 388 €156 388 €
Communauté légale + DDV (usufruit)16 388 €56 388 €72 776 €

Recommandation : conserver la communauté légale et ajouter une donation entre époux avec option pour l'usufruit. Économie de 83 612 € pour les enfants au final, tout en protégeant Brigitte par l'usufruit total.

17.2 — Cas 2 : Changement séparation → CU, patrimoine 2 M€

Situation : Bernard (73 ans, ex-chirurgien) et Martine (71 ans), mariés en séparation de biens il y a 44 ans. Bernard possède 1,7 M€ (clinique vendue + immobilier, dont résidence principale propre 600 000 €), Martine 300 000 €. Pas d'enfant d'un autre lit, 3 enfants communs. Ils envisagent de passer en communauté universelle + attribution intégrale pour protéger Martine.

Coût du changement : c'est un apport en communauté universelle, pas un partage — donc pas de droit de partage. Publicité foncière ≈ 0,715 % × 300 000 € (moitié transmise à Martine sur la RP propre) = 2 145 € + CSI 300 € + droit fixe 125 € + honoraires notaire ≈ 4 000 € = environ 6 600 €. Bascule intégrale au décès de Bernard : 0 € de droits, Martine reçoit tout.

Au second décès : 2 M€ aux 3 enfants avec 3 abattements de 100 000 €. Base imposable par enfant : (2 000 000 − 300 000) ÷ 3 = 566 667 €. Droits par enfant ≈ 112 962 € (tranches 5/10/15/20/30 %). Total 338 886 €. Coût total CU+AI ≈ 345 500 €.

Alternative (rester en séparation + DDV + préciput RP) : au décès de Bernard, succession 1,7 M€. Martine choisit l'usufruit total (art. 1094-1). Barème 669 CGI tranche 71-80 ans révolus : usufruit 30 %, nue-propriété 70 %. NP aux 3 enfants = 1,19 M€, soit 396 667 € par enfant. Abattement 100 000 € = base 296 667 €. Droits par enfant ≈ 57 528 €, total ≈ 172 584 €. Au second décès, réversion gratuite (art. 1133 CGI) + succession de Martine 300 000 € (100 000 € par enfant = 0 € après abattement).

Comparaison finale : CU+AI ≈ 345 500 € vs séparation + DDV ≈ 172 584 €. Économie de 172 916 € en conservant la séparation et en ajoutant une DDV usufruit + clause de préciput sur la RP.

17.3 — Cas 3 : Dirigeant SAS 3 M€ + RP 800 k€

Situation : David (55 ans, dirigeant SAS valorisée 3 M€) et Hélène (53 ans, cadre), 3 enfants. Besoin : protéger l'activité des risques et préparer la transmission.

Stratégie recommandée : séparation de biens + société d'acquêts limitée à la RP + engagement Dutreil 6 ans sur les titres (art. 787 B CGI) + donation-partage avec réserve d'usufruit. Les titres transmis bénéficient de l'abattement 75 % Dutreil + abattement 100 000 € par enfant + décote d'usufruit. Économie fiscale estimée : ≈ 800 000 € sur la succession complète.

17.4 — Cas 4 : AV 500 k€ en communauté, question Ciot

Situation : Florent (68 ans) et Valérie (65 ans), communauté légale. Florent a souscrit une AV alimentée par fonds communs (500 000 €) dont les bénéficiaires sont leurs deux enfants par moitié. Valérie décède la première.

Fiscal (post-Ciot) : zéro intégration dans la succession de Valérie. Aucune taxation de la moitié de la valeur de rachat. Les enfants n'ont rien à déclarer à ce titre au premier décès.

Civil : la moitié de la valeur de rachat (250 000 €) reste due à la masse commune. À la liquidation, cette créance revient virtuellement à la succession de Valérie. Les enfants peuvent réclamer une récompense lors du second décès de Florent. Importance de tracer clairement l'origine des primes.

17.5 — Cas 5 : Famille recomposée, action en retranchement

Situation : Grégory (62 ans, veuf) se remarie avec Nadia (58 ans). Il a 2 enfants de son premier mariage, elle n'en a aucun. Ils passent en communauté universelle + attribution intégrale (CU+AI). Grégory décède 10 ans plus tard. Patrimoine commun : 1,2 M€.

Premier décès : Nadia hérite de tout (CU+AI). Zéro droit de succession. Mais les 2 enfants de Grégory exercent l'action en retranchement (art. 1527).

Calcul du retranchement : quotité disponible spéciale entre époux (art. 1094-1) avec 2 enfants = 1/3 PP ou 1/4 PP + 3/4 US. La CU+AI a donné 100 % à Nadia, soit 2/3 de trop. Les enfants récupèrent cette fraction sur l'apport de Grégory à la communauté universelle, soit 2/3 × 600 000 € = 400 000 € (200 000 € par enfant).

Leçon : la CU+AI en famille recomposée, sans RAAR préalable, est presque toujours contre-productive. Préférer une donation entre époux avec option, et négocier une RAAR avec les enfants du premier lit.

17.6 — Cas 6 : Frontalier franco-suisse

Situation : Éric (45 ans, informaticien en Suisse) et Laura (42 ans, française) se sont mariés à Lausanne en 2020. Ils vivent à Annemasse (France). Deux enfants.

Loi applicable : Règl. UE 2016/1103, application au 29/01/2019. Première résidence habituelle commune : Annemasse. Donc loi française — communauté légale réduite aux acquêts.

Piège évité : sans Règlement UE, la loi suisse aurait pu s'appliquer (lieu de mariage), avec un régime de « participation aux acquêts suisse » très différent du régime français homonyme. Un choix de loi exprès en faveur du droit français au moment du mariage aurait garanti cette stabilité, même en cas d'installation future en Suisse.

Derrière ces 6 profils, on retrouve toujours les mêmes pièges. Une dizaine reviennent souvent — du contrat de mariage signé sans lecture jusqu'au changement de régime ignoré après remariage. Le tableau ci-dessous les recense un par un, avec la parade opérationnelle qui les neutralise.

§ 18ERREURS·6 MIN

Les 10 erreurs à éviter et check-list actionnable

Pour clore ce guide, voici les 10 erreurs que nous voyons le plus souvent en cabinet, et une check-list de 8 actions à mener pour sécuriser votre situation.

10 erreurs fréquentes et leurs conséquences
ErreurConséquenceSolution
Passer en CU+AI en famille recomposéeAction en retranchement des enfants non communs (art. 1527)Négocier une RAAR ou préférer DDV avec cantonnement
Alimenter l'AV avec fonds communs sans traçageRécompense due à la communauté, conflits au décèsTracer les primes (compte dédié, origine des fonds)
Ne pas conserver les actes d'héritage pendant le mariagePrésomption de communauté (art. 1402) = perte du caractère propreConserver tous les documents d'origine propre
Oublier la RAAR avant le remariageAction en retranchement au décès, conflit avec les beaux-enfantsRAAR notariée avec les enfants du 1er lit majeurs
Choisir CU+AI sur petit patrimoine par défautDroits de succession inutilement doublés au 2e décèsSimulation chiffrée avant décision
Changer de régime uniquement pour raison fiscaleRisque d'abus de droit (art. L. 64 LPF, pénalités 80 %)Documenter un motif familial sérieux dans l'acte
Ne pas informer les enfants majeurs du changementOpposition après coup, homologation JAF, retardsLRAR envoyée en respectant le délai de 3 mois
Ignorer le Règlement UE pour mariage internationalLoi applicable imprévisible, régime surpriseChoix de loi exprès dans le contrat de mariage
Primes AV manifestement exagéréesRéintégration à la succession (L. 132-13 C. assur.)Calibrer selon âge, patrimoine, utilité du contrat
Oublier de cantonner la donation entre épouxConjoint contraint d'accepter l'intégralité, moins d'optimisationUtiliser l'art. 1094-1 al. 2 C. civ. à l'ouverture de succession

18.2 — Check-list 8 actions

  1. Diagnostiquer votre régime actuel — certificat de mariage + contrat si existant
  2. Inventorier le patrimoine par catégorie (communs / propres) avec documents d'origine
  3. Simuler la succession sous 2 scénarios : régime actuel vs régime optimisé
  4. Évaluer les clauses à ajouter : préciput, DDV, attribution intégrale, partage inégal
  5. Vérifier la compatibilité avec vos contrats d'assurance-vie (clauses bénéficiaires)
  6. Anticiper en famille recomposée : RAAR, QDSE, calibrage des avantages
  7. Documenter le motif familial de tout changement de régime
  8. Prendre rendez-vous avec un notaire + un CGP pour arbitrage chiffré

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§ 19SOURCES·3 MIN

Sources officielles et jurisprudence

  • Code civil : art. 1387 (liberté des conventions), 1397 (changement — loi 2019-222), 1401-1402 (communauté), 1404-1406 (propres par nature), 1433 (récompenses), 1469 (calcul des récompenses), 1476 (évaluation au partage), 1515 (préciput), 1524 (attribution intégrale), 1527 (action en retranchement), 1569-1581 (participation aux acquêts), 265 (révocation — loi 2024-494), 757 (droits conjoint), 914-1 (réserve du conjoint), 929-930-1 (RAAR), 1094-1 (donation entre époux et faculté de cantonnement à l'al. 2)
  • CGI : art. 746 (droit de partage — 2,50 % taux de droit commun sur les partages ; 1,10 % réservé aux partages consécutifs à divorce ou rupture de PACS depuis 2022), 777 (barème DMTG), 779 (abattements), 796-0 bis (exonération TEPA conjoint/PACS), 669 (barème usufruit)
  • Code des assurances : art. L. 132-13 (primes manifestement exagérées)
  • BOFiP : BOI-ENR-DMTG-10-20-10 (exonérations), BOI-ENR-PTG-20 (droit de partage), actualité Ciot (BOI-ACTU-2016-00127)
  • Règlement UE : Règl. 2016/1103 du 24/06/2016 (application 29/01/2019), Convention de La Haye 14/03/1978 (mariages antérieurs)
  • Jurisprudences : Cass. 1re civ. 31/03/1992 n° 90-16.343 (Praslicka), RM Bacquet JO AN 29/06/2010 n° 26231, RM Ciot JO AN 23/02/2016 n° 78192, Cass. ch. mixte 23/11/2004 (4 arrêts primes exagérées), Cass. 1re civ. 15/01/2020 n° 18-25.030 (attribution intégrale), Cass. 1re civ. 09/06/2022 n° 20-21.277 (fonds propres en séparation), Cass. 1re civ. 17/01/2024 n° 21-20.520 (DDV imputation), Cass. 1re civ. 02/05/2024 n° 22-15.238 (reprise sommes d'argent), Cass. 1re civ. 23/05/2024 n° 22-18.911 (récompense industrie personnelle), Cass. 1re civ. 05/03/2025 n° 23-11.430 (enfant non commun, 1/4 PP plafond), Avis Cass. 1re civ. 21/05/2025 n° 23-19.780 + arrêt Cass. com. 05/11/2025 (préciput hors droit de partage 2,50 %), Cass. 1re civ. 12/06/2025 n° 24-12.552 (récompense art. 1469)
  • Actualités 2026 : LF 2026 — gel barème DMTG art. 777 CGI jusqu'en 2028 ; réforme Pacte Dutreil art. 787 B CGI (engagement individuel porté à 6 ans, exclusion biens somptuaires)
  • Lois : Loi TEPA 2007-1223 du 21/08/2007, Loi 2019-222 du 23/03/2019 (changement régime), Loi 2024-494 du 31/05/2024 (avantage irrévocable)

Disclaimer

Ce guide présente les règles applicables en 2026 et des simulations chiffrées à visée pédagogique. Les performances passées ne garantissent pas l'avenir. Les stratégies évoquées doivent être adaptées à votre situation personnelle. Avant toute décision, consultez votre notaire et un conseiller en gestion de patrimoine immatriculé à l'ORIAS (CIF, COA, COBSP). Hagnéré Patrimoine pratique des frais transparents et adaptés à votre profil et accompagne la coordination avec les notaires de son réseau.

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Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

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Sources et références légales

  • Code civil — régimes matrimoniaux et succession du conjoint

    Art. 1387 CC (liberté des conventions matrimoniales). Art. 1397 CC (changement de régime, loi 2019-222 du 23/03/2019, suppression délai 2 ans et homologation systématique). Art. 1400-1418 CC (communauté légale réduite aux acquêts, régime par défaut depuis 1966). Art. 1402 CC (présomption de communauté). Art. 1404-1405 CC (biens propres par nature, héritages). Art. 1433 et 1469 CC (récompenses, calcul plus faible entre dépense faite et profit subsistant). Art. 1511 CC (clause de prélèvement moyennant indemnité). Art. 1515 CC (clause de préciput — hors droit de partage 2,5 % depuis Cass. com. 05/11/2025). Art. 1520 CC (clause de partage inégal). Art. 1524 CC (clause d'attribution intégrale au survivant). Art. 1526 CC (communauté universelle). Art. 1527 al. 2 CC (action en retranchement enfants non communs). Art. 1536-1543 CC (séparation de biens). Art. 1569-1581 CC (participation aux acquêts). Art. 1094-1 CC (donation entre époux, 3 options et faculté de cantonnement al. 2). Art. 757 CC (droits du conjoint survivant : usufruit total ou 1/4 PP si enfants tous communs ; 1/4 PP obligatoire si enfant non commun). Art. 758-3 CC (délai 3 mois pour exercer l'option). Art. 914-1 CC (réserve du conjoint en l'absence de descendants). Art. 912-913 CC (réserve héréditaire enfants : 1/2 si 1, 2/3 si 2, 3/4 si 3+). Art. 920 CC (action en réduction). Art. 929 à 930-1 CC (RAAR — renonciation anticipée à l'action en réduction). Art. 265 CC (révocation avantages matrimoniaux par divorce, modifié loi 2024-494). Art. 515-1 et suivants CC (PACS, indivision par défaut ou séparation contractuelle).

  • Code général des impôts — fiscalité du conjoint et droit de partage

    Art. 746 al. 2 CGI (droit de partage successoral 2,5 % — VIGILANCE éditoriale : différent de 1,1 % divorce/PACS art. 748 CGI). Art. 777 CGI (barème DMTG 5-45 % en ligne directe). Art. 779 CGI (abattement 100 000 € parent/enfant tous les 15 ans). Art. 796-0 bis CGI (exonération TEPA conjoint marié, loi 2007-1223 du 21/08/2007). Art. 796-0 ter CGI (exonération TEPA partenaire de PACS). Art. 788 IV CGI (concubin : abattement 1 594 € puis 60 %). Art. 669 CGI (barème usufruit/nue-propriété par âge). Art. 1133 CGI (réversion gratuite usufruit/nue-propriété au décès). Art. 990 I CGI (assurance-vie avant 70 ans : 152 500 € par bénéficiaire). Art. 757 B CGI (assurance-vie après 70 ans : 30 500 € global). Art. 787 B CGI (Pacte Dutreil 75 % d'abattement entreprise familiale, engagement 2+6=8 ans LF 2026 art. 8). Art. 774 bis CGI (quasi-usufruit, créance non déductible — exception AV démembrée maintenue). Art. L. 64 LPF + art. 1729 b CGI (abus de droit fiscal, majoration 80 %).

  • Lois récentes 2024-2026

    Loi TEPA n° 2007-1223 du 21/08/2007 (exonération conjoint et PACS). Loi 2019-222 du 23/03/2019 (réforme art. 1397 CC : suppression délai 2 ans et homologation systématique pour changement de régime). Loi 2024-494 du 31/05/2024 (entrée en vigueur 02/06/2024 : avantage matrimonial irrévocable possible sur stipulation expresse, résistance au divorce). LFI 2026 — loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (gel barème DMTG art. 777 CGI jusqu'en 2028 ; réforme Pacte Dutreil art. 787 B engagement individuel porté à 6 ans, exclusion biens somptuaires non professionnels). LFSS 2026 — loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 art. 12 (matrice PS 2026 : 17,2 % maintenu sur foncier/SCPI FR/PV immo/AV/capi/PEL/CEL ouverts avant 2018 ; 18,6 % nouveau sur RCM/PV mobilières/LMNP/LMP/PEA/PER). Loi 2026-248 du 22/02/2026 (rejet Sénat majorité simple en indivision, maintien 2/3 art. 815-5-1 CC).

  • Code des assurances et clause bénéficiaire

    Art. L. 132-12 et L. 132-13 C. assur. (capitaux AV hors succession civile ; primes manifestement exagérées : 4 critères Cass. ch. mixte 23/11/2004 — âge, situation patrimoniale, situation familiale, utilité du contrat). Art. L. 132-23 C. assur. (réversion conjoint AV). Régime Praslicka (Cass. 1ré civ. 31/03/1992 n° 90-16.343) : valeur de rachat AV alimentée par fonds communs entre dans la masse commune. RM Bacquet (JO AN 29/06/2010 n° 26231) : intégration fiscale au décès du conjoint non souscripteur. RM Ciot (JO AN 23/02/2016 n° 78192) : neutralisation fiscale depuis 01/01/2016 (mais récompense civile due à la communauté demeure).

  • Jurisprudence régimes matrimoniaux 2020-2025

    Cass. 1ré civ. 15/01/2020 n° 18-25.030 (la clause d'attribution intégrale exclut la reprise des apports par les héritiers). Cass. 1ré civ. 09/06/2022 n° 20-21.277 (séparation de biens : apport de fonds propres non rattaché aux charges du mariage, créance récupérable). Cass. 1ré civ. 17/01/2024 n° 21-20.520 (DDV : les libéralités s'imputent sur les droits légaux du conjoint, ne s'y ajoutent pas). Cass. 1ré civ. 02/05/2024 n° 22-15.238 (reprise sommes d'argent en communauté : exigence de traçabilité jusqu'à dissolution). Cass. 1ré civ. 23/05/2024 n° 22-18.911 (récompense due pour bien amélioré par industrie personnelle). Cass. 1ré civ. 05/03/2025 n° 23-11.430 (présence enfant non commun : conjoint plafonné à 1/4 PP, plus de choix de l'usufruit total). Avis Cass. 1ré civ. 21/05/2025 n° 23-19.780 (saisine pour avis art. L. 441-1 COJ : préciput hors droit de partage 2,5 %). Cass. com. 05/11/2025 (arrêt confirmatif : préciput hors droit de partage). Cass. 1ré civ. 12/06/2025 n° 24-12.552 (récompense art. 1469 : profit subsistant à la date de vente, point de départ des intérêts). Règlement UE 2016/1103 du 24/06/2016 (mariages depuis 29/01/2019, loi applicable régime matrimonial). Convention de La Haye 14/03/1978 (mariages 1992-2019, mutabilité automatique 10 ans).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le choix d'un régime matrimonial et l'aménagement par clauses (préciput, attribution intégrale, DDV) doivent faire l'objet d'une étude individualisée préalable (analyse patrimoniale globale, situation familiale, objectifs de transmission) coordonnée avec votre notaire. Les chiffres et taux cités sont à jour au 10 mai 2026 mais peuvent évoluer en fonction des prochaines lois de finances et de financement de la sécurité sociale.

Foire aux questions

Tout sur les régimes matrimoniaux et la succession en 2026 et la protection du conjoint survivant.

Les 4 régimes matrimoniaux, clauses protectrices (préciput, attribution intégrale, DDV), fiscalité du conjoint, changement de régime et cas particuliers (famille recomposée, mariage international). Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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Prendre rendez-vous
  • Pour beaucoup de couples, c est la communaute universelle avec clause d attribution integrale (art. 1524 C. civ.) : au premier deces, le conjoint recoit tout, sans aucune succession a regler ni droits a payer (loi TEPA n 2007-1223 du 21/08/2007, art. 796-0 bis CGI). Mais attention au revers : les enfants ne profitent qu une seule fois de leur abattement de 100 000 EUR (art. 779 CGI), donc la note sera plus salee au second deces. Dans la majorite des situations, la combinaison communaute legale reduite aux acquets (art. 1400-1418 CC) + donation au dernier vivant (art. 1094-1 CC) + clause de preciput (art. 1515 CC) offre un meilleur equilibre entre proteger le conjoint et preserver les enfants. Sur 1 M EUR avec 2 enfants : CU+AI = environ 156 388 EUR de droits totaux vs communaute + DDV usufruit = 72 776 EUR (economie 83 612 EUR). Reference : art. 757 et 1094-1 C. civ., art. 796-0 bis CGI.