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Fiscalité 202612 minMis à jour 15 juillet 2026Résident fiscal français

Fiscalité des SCPI étrangères : le crédit d'impôt (et le taux effectif)

Vos loyers de source européenne ont déjà été taxés à l'étranger : vont-ils l'être une seconde fois en France ? Non — la convention fiscale élimine cette double imposition, par le taux effectif ou par un crédit d'impôt. Conséquence souvent décisive à tranche marginale élevée : sur la part de source étrangère, le plus souvent pas de 17,2 % de prélèvements sociaux. Mais ce n'est ni automatique, ni « zéro impôt » : on vous explique la mécanique, avec un cas chiffré.

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PS FONCIER 2026

17,2 %

MÉTHODES CONVENTION

2

PART ÉTRANGÈRE

~0 % PS

ACQUIS. SCPI HORS FR

~75 %

Équipe Hagnéré Patrimoine·Cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur

CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine

§ 1LE PROBLÈME·3 MIN

Le problème : un loyer étranger imposé deux fois ?

Publié le 15 juillet 2026 · Par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine — CIF/COA/COBSP. En 2026, les prélèvements sociaux (PS) sur les revenus fonciers restent à 17,2 % (CSG 9,2 + CRDS 0,5 + prélèvement de solidarité 7,5) — la hausse à 18,6 % de la LFSS 2026 ne vise que le capital mobilier. Le PFU / flat tax ne s'applique pas aux revenus fonciers d'une SCPI détenue en direct.

Vous ouvrez le relevé fiscal (IFU) que votre société de gestion vous adresse chaque printemps et, au milieu des montants, une ligne intrigante apparaît : « revenus de source étrangère ». Trois questions reviennent, toujours les mêmes en rendez-vous : combien l'impôt va-t-il réellement vous coûter dessus ? Faut-il les déclarer alors qu'un impôt a déjà été prélevé à l'étranger ? Et cette rumeur tenace — les SCPI européennes échapperaient aux 17,2 % de prélèvements sociaux — est-elle vraie ? Pour un contribuable à tranche marginale élevée, la réponse ne relève pas du détail : d'une SCPI à l'autre, elle peut représenter chaque année plusieurs centaines d'euros de rendement net. On déroule la mécanique, cas chiffré à l'appui.

La réponse courte, avant la mécanique

Une SCPI investie hors de France distribue des loyers déjà taxés à l'étranger. Pour éviter qu'ils le soient une seconde fois en France, la convention fiscale bilatérale applique l'une de deux méthodes : le taux effectif (le revenu étranger est exonéré d'IR mais relève votre taux moyen) ou le crédit d'impôt égal à l'impôt français (le revenu est imposé, puis un crédit l'annule). Vous ne choisissez pas : c'est le pays des immeubles qui décide. Conséquence la plus utile : sur la part de source étrangère, un résident français ne supporte le plus souvent pas les 17,2 % de prélèvements sociaux, d'où un rendement net supérieur à celui d'une SCPI 100 % française, surtout à TMI élevée. Ce n'est ni automatique, ni « zéro impôt » : on détaille pourquoi ci-dessous.

1.1 Deux principes fiscaux qui se télescopent

En droit français, le résident fiscal est imposé sur ses revenus mondiaux (art. 4 A du CGI). Une SCPI étant fiscalement transparente (art. 8 du CGI), les sommes distribuées conservent leur nature de revenus fonciers : par défaut, elles relèveraient donc du barème de l'impôt sur le revenu (à votre tranche marginale) plus 17,2 % de prélèvements sociaux, exactement comme une SCPI française.

Mais un revenu immobilier est aussi imposable dans l'État de situation de l'immeuble : c'est le principe posé par l'article 6 du modèle de convention de l'OCDE. Avant même de vous verser quoi que ce soit, la SCPI a déjà réglé un impôt local (le plus souvent un impôt sur les sociétés, parfois un impôt sur les revenus fonciers des non-résidents, selon le pays) sur son résultat foncier : vous percevez donc un revenu déjà amputé de l'impôt étranger. Sans correctif, la France viendrait taxer une seconde fois : double imposition.

1.2 La solution : la convention fiscale bilatérale

Ce n'est pas un article du Code général des impôts qui règle le problème, mais la convention fiscale bilatérale signée entre la France et le pays concerné. Chaque convention désigne une méthode d'élimination de la double imposition. La doctrine administrative française décrit ces méthodes (BOI-INT-DG-20-20-100). Il n'existe pas de « crédit d'impôt SCPI » autonome dans le CGI : tout part de la convention.

À retenir : vous ne choisissez pas la méthode

Taux effectif ou crédit d'impôt : ce n'est pas une option que vous cochez. C'est la convention (donc le pays où se situent les immeubles) qui impose la méthode. Le pays dominant d'une SCPI détermine ainsi une large part de votre fiscalité. Le détail pays par pays fait l'objet d'un guide dédié pays par pays.

§ 2MÉTHODES·2 MIN

Les deux méthodes d'élimination de la double imposition

Les conventions retiennent l'une de deux techniques (BOI-INT-DG-20-20-100) : l'exemption avec progressivité, dite « taux effectif », ou l'imputation, dont la variante clé pour les SCPI est le crédit d'impôt égal à l'impôt français. Les deux aboutissent au même objectif — ne pas payer deux fois — par des chemins différents, mais avec un effet net, pour un même foyer, essentiellement équivalent.

Méthode 1 — Le taux effectif (exemption)

Les revenus de source étrangère sont exonérés d'IR en France : ils restent hors de la base imposable. Ils sont seulement retenus pour calculer le taux moyen d'imposition appliqué à vos autres revenus. Résultat : aucun IR direct sur la part étrangère, mais votre taux moyen monte légèrement. Exemples fréquemment cités : Pays-Bas, Irlande, Portugal — l'attribution d'un pays à une méthode dépend toutefois de la convention en vigueur en 2026 et peut évoluer (voir le détail par pays).

Méthode 2 — Le crédit d'impôt (imputation)

Les revenus étrangers sont intégrés au barème de l'IR, puis un crédit d'impôt égal au taux moyen multiplié par ces revenus vient s'imputer sur l'impôt dû. Résultat : il peut rester un frottement d'IR égal à (TMI − taux moyen). Exemples fréquemment cités : Allemagne, Espagne, Italie — l'attribution d'un pays à une méthode dépend de la convention en vigueur en 2026 (certaines conventions récentes, comme la France-Belgique, ont basculé vers le crédit d'impôt) et doit être vérifiée pays par pays.

Un point commun décisif dans les deux cas : pas de PS sur la part étrangère

Que la convention retienne le taux effectif ou le crédit d'impôt, le résident français ne supporte, le plus souvent, pas les 17,2 % de prélèvements sociaux sur la fraction de source étrangère (nous voyons plus bas pourquoi, et pourquoi « le plus souvent » n'est pas « toujours »). Comme la méthode dépend du pays, reportez-vous au détail pays par pays.

§ 3TAUX EFFECTIF·2 MIN

Méthode 1 : le taux effectif (exemption avec progressivité)

Le taux effectif consiste à sortir les revenus étrangers de votre base imposable en France, tout en les gardant « en vue » pour ne pas fausser la progressivité du barème. Le mécanisme se lit en trois temps (BOI-IR-LIQ-20-30-30).

3.1 Le mécanisme, raconté simplement

L'administration traite vos revenus étrangers en coulisses. Elle les écarte de votre base imposable — ils sont exonérés d'IR — puis les rappelle le temps d'un calcul, juste pour fixer votre taux moyen d'imposition : comme si elle voulait mesurer votre niveau de revenus réel avant d'arrêter le tarif. Ce taux, relevé d'un cran, ne frappe ensuite que vos autres revenus français (salaires, pensions, loyers français…). La part étrangère, elle, n'est jamais réimposée : elle a servi de simple révélateur de votre niveau d'imposition.

Aller plus loin : d'où vient ce « surcoût de progressivité »

Le seul coût du taux effectif tient à un détail : en réintégrant vos revenus étrangers pour le calcul du taux moyen, le barème vous « voit » légèrement plus aisé que s'il ne comptait que vos revenus français. Votre taux moyen monte donc d'un cran, et ce taux un peu supérieur s'applique à vos autres revenus. L'effet reste modéré et — on le vérifiera plus bas — il est identique à celui du crédit d'impôt pour un même foyer, de l'ordre de (TMI − taux moyen). Le cas chiffré de Camille le traduit en euros.

Regle du taux effectif (formule officielle)

  Impot exigible = [ impot au bareme sur le revenu MONDIAL ]
                   x ( revenu imposable en France / revenu mondial )

  Effet net :
  - AUCUN impot sur le revenu direct sur la part etrangere
  - seul un leger surcout de progressivite sur les AUTRES revenus
  - prelevements sociaux 17,2 % = 0  (assiette francaise nulle)

Autrement dit, vous ne payez aucun IR sur les revenus étrangers eux-mêmes. Le seul coût est un surcoût de progressivité sur le reste de vos revenus, car votre taux moyen a monté d'un cran. Et comme les prélèvements sociaux sur revenus fonciers suivent la même assiette que l'IR foncier, une assiette française nulle signifie 0 € de prélèvements sociaux sur cette part.

§ 4CRÉDIT D'IMPÔT·2 MIN

Méthode 2 : le crédit d'impôt égal à l'impôt français

C'est la méthode qui donne son titre à cet article. Ici, à l'inverse du taux effectif, le revenu étranger entre bien dans votre base imposable — mais un crédit vient annuler l'impôt correspondant. Ici, quatre étapes s'enchaînent.

4.1 Le crédit d'impôt, étape par étape

Le crédit d'impôt raisonne à l'envers du taux effectif. Ici, vos revenus étrangers entrent bel et bien dans la base imposable et passent au barème de l'IR (via la déclaration 2047). Puis la convention vous accorde un crédit d'impôt calculé sur votre propre fiscalité française — crédit = revenus étrangers × taux moyen du foyer — qui vient s'imputer sur l'IR total. Le barème étant progressif, il peut rester un léger « frottement » égal à (TMI − taux moyen) sur la part étrangère. Les 17,2 % de prélèvements sociaux, en revanche, sont neutralisés par le crédit dès lors que la convention couvre la CSG et la CRDS.

Credit d'impot egal a l'impot francais

  Credit d'impot   = revenus de source etrangere x taux moyen du foyer
  IR net residuel  = (TMI - taux moyen) x revenus etrangers
  PS 17,2 %        = 0  (neutralises par le credit si la convention
                        couvre la CSG et la CRDS)

  Point cle : le credit est "égal a l'impôt français", il ne depend
  PAS du montant reellement paye a l'etranger. Le revenu doit seulement
  avoir ete imposable dans le pays de source.

Pourquoi « égal à l'impôt français » et pas « égal à l'impôt étranger » ?

Dans cette variante conventionnelle, le crédit est calculé sur votre fiscalité française (taux moyen × revenus), et non sur l'impôt réellement acquitté à l'étranger. Le revenu doit avoir été imposable dans le pays de source, mais le crédit efface l'impôt français quel que soit le montant payé localement. C'est ce qui rend la méthode simple à appliquer — et explique la neutralisation des prélèvements sociaux, qui sont un taux proportionnel effacé intégralement par le crédit, là où l'IR progressif peut laisser un reliquat.

§ 5CHIFFRES·3 MIN

Une méthode est-elle plus avantageuse que l'autre ? Le cas chiffré

On lit partout — sur les forums, chez les courtiers en ligne — que le taux effectif serait « plus favorable » que le crédit d'impôt quand on est à 41 %. C'est faux. Pour un même foyer, les deux méthodes tombent, à l'euro près, sur la même addition : dans les deux cas, la part de source étrangère échappe aux prélèvements sociaux (nuls) et ne laisse subsister que le même frottement d'IR résiduel lié à la progressivité — de l'ordre de (TMI − taux moyen). Ce qui change vraiment votre fiscalité, ce n'est pas le choix entre les deux méthodes (que vous ne choisissez pas), mais le fait que la part étrangère supporte, le plus souvent, 0 % de PS au lieu des 17,2 % d'une SCPI 100 % française.

Ordres de grandeur illustratifs : à foyer donné, le crédit d'impôt et le taux effectif laissent le MÊME frottement d'IR résiduel (lié à la progressivité, de l'ordre de TMI − taux moyen) et, dans les deux cas, 0 % de prélèvements sociaux sur la part étrangère. Le taux moyen dépend de la composition exacte du foyer : ne pas ériger ces pourcentages en règle.
TMI du foyerFrottement d'IR résiduel (crédit d'impôt = taux effectif)Prélèvements sociaux (2 méthodes)
11 %~3 %0 %
30 %~10 %0 %
41 %~16 %0 %
45 %~18 %0 %

5.1 Cas chiffré : Camille, TMI 41 %

Camille arbitre entre une SCPI 100 % française et une SCPI investie en Europe (relevant, dans son cas, de la méthode du crédit d'impôt). Dans les deux cas, elle perçoit 10 000 € de revenus distribués. Son taux moyen d'imposition est d'environ 25 % (illustratif — un taux moyen sensiblement inférieur serait incohérent avec une TMI de 41 %).

CAS A - Part de source ETRANGERE, TMI 41 %, taux moyen 25 %
  (methode CREDIT D'IMPOT ; le TAUX EFFECTIF donne le meme resultat net)
  IR theorique au bareme sur 10 000 EUR   : 41 % x 10 000 = 4 100 EUR
  Credit d'impot (taux moyen 25 %)         : 25 % x 10 000 = 2 500 EUR
  IR net residuel (frottement ~16 %)       : 4 100 - 2 500 = 1 600 EUR
  Prelevements sociaux 17,2 %              : 0 EUR (neutralises)
  --------------------------------------------------------------
  Cout total en France                     : ~1 600 EUR  (~16 %)

CAS B - Memes 10 000 EUR, SCPI 100 % FRANCE (revenus fonciers), TMI 41 %
  IR au bareme (41 %)                      : 4 100 EUR
  Prelevements sociaux 17,2 %              : 1 720 EUR
  --------------------------------------------------------------
  Cout total en France                     : ~5 820 EUR  (~58,2 %)

  ECART en faveur de la part de source ETRANGERE : ~4 220 EUR

Et si la même part étrangère relevait du taux effectif (au lieu du crédit d'impôt) ? Les 10 000 € seraient alors exonérés d'IR, mais relèveraient votre taux moyen appliqué au reste de vos revenus. Ce que la plupart des simulateurs en ligne oublient : pour Camille, ce surcoût de progressivité tombe exactement sur les mêmes ~1 600 € que le frottement du crédit d'impôt — mathématiquement, les deux méthodes laissent subsister (TMI − taux moyen) × revenus étrangers. À TMI 41 %, le taux effectif n'est donc pas « plus favorable » que le crédit d'impôt : le résultat net est identique, et les PS restent nuls dans les deux cas.

Nuance : à foyer identique, l'écart entre les deux méthodes est nul

Contrairement à une idée répandue, le taux effectif n'est pas structurellement « plus favorable » que le crédit d'impôt : pour un même foyer, les deux techniques laissent subsister le même frottement d'IR (de l'ordre de TMI − taux moyen) et, dans les deux cas, 0 % de prélèvements sociaux sur la part étrangère. Ce qui compte vraiment n'est donc pas la méthode (que vous ne choisissez pas), mais l'écart avec une SCPI 100 % française, qui subit, elle, les 17,2 % de PS en plein. Chiffres illustratifs et non garantis : le taux moyen dépend de votre foyer, et la méthode dépend de la convention du pays. (Le frottement de l'exemple est volontairement à ~16 %, distinct de 17,2 %, pour ne pas le confondre avec le taux de PS.)

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§ 6PS 0 %·3 MIN

La conséquence clé : souvent pas de 17,2 % de prélèvements sociaux

C'est l'argument que tout vendeur de SCPI européenne met en avant : sur la part de revenus de source étrangère, un résident français ne supporte le plus souvent pas les 17,2 % de prélèvements sociaux. Or sur une SCPI 100 % française, ces 17,2 % s'appliquent en plein, en sus du barème. D'où un rendement net supérieur, surtout à TMI élevée.

6.1 Deux mécaniques différentes, mais le même 0 € de PS au bout

Le résultat est le même, mais il s'obtient différemment selon la méthode. Sous le taux effectif, le revenu étranger est purement et simplement hors base imposable française : or les prélèvements sociaux fonciers partagent la même assiette que l'IR foncier, si bien qu'une assiette nulle produit mécaniquement 0 € de prélèvements sociaux. Sous le crédit d'impôt, le revenu figure bien dans la base, mais le crédit égal à l'impôt français neutralise à la fois l'IR et les prélèvements sociaux lorsque la convention couvre la CSG et la CRDS : comme ces prélèvements sont un taux proportionnel (et non progressif), le crédit les efface intégralement, sans reliquat.

À ne pas confondre : ce n'est PAS l'arrêt de Ruyter

Pour un résident fiscal français, ce « 0 % de PS » vient de la mécanique conventionnelle d'élimination — pas de l'arrêt de Ruyter. L'arrêt de Ruyter (CJUE 26/02/2015, C-623/13) n'exonère de CSG/CRDS que les personnes affiliées à un régime de sécurité sociale d'un autre État UE/EEE/Suisse (typiquement expatriés et frontaliers). Pour ces derniers, le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû (CGI, art. 235 ter ; voir aussi CJUE 14/03/2019, C-372/18 Dreyer). Ce cas particulier est traité dans le guide SCPI et non-résidents.

6.2 « Le plus souvent » n'est pas « toujours », et « 0 % PS » n'est pas « zéro impôt »

Deux garde-fous avant de généraliser. Premier cas : une convention dont la rédaction exclut la CSG/CRDS (Monaco, Inde, Bahreïn : BOI-INT-DG-20-20-100 § 110) laisse les prélèvements sociaux dus : d'où « le plus souvent ». De même, les immeubles détenus par la SCPI via des sociétés étrangères produisent des dividendes, imposés comme revenus de capitaux mobiliers, prélèvements sociaux dus. Second point : 0 % de PS ne signifie pas 0 impôt : l'impôt sur les sociétés local a déjà été payé en amont par la SCPI (le dividende est net d'impôt étranger), et un frottement d'IR peut subsister selon la méthode. L'avantage réel se mesure toujours net de tout : c'est l'objet du panorama de la fiscalité des SCPI.

§ 7DÉCLARER·2 MIN

Déclarer ses revenus de SCPI étrangère (en survol)

Concrètement, vous ne recalculez rien vous-même : c'est la société de gestion qui a fait le travail. Son relevé fiscal (IFU) ventile la part de source étrangère, indique la méthode (taux effectif ou crédit d'impôt) et précise les cases à recopier. En pratique, vous reportez les montants case par case, sans refaire le moindre calcul.

Note de méthode : repérer la méthode sur votre relevé fiscal (IFU)

Nul besoin d'être fiscaliste pour savoir laquelle des deux méthodes s'applique : votre relevé fiscal (IFU) le précise. Repérez la ventilation « revenus de source française » vs « revenus de source étrangère », puis la mention de la méthode — souvent libellée « revenus ouvrant droit à un crédit d'impôt égal à l'impôt français » (méthode crédit) ou « revenus exonérés retenus pour le taux effectif » (méthode taux effectif). Le relevé indique alors les cases exactes du millésime à reporter. En cas de doute sur une année, la marche à suivre déclarative détaille le pas-à-pas.

7.1 Le formulaire pivot 2047, puis report sur la 2042

Les revenus encaissés à l'étranger transitent par la déclaration 2047, puis se reportent sur la 2042 :

  • Méthode crédit d'impôt (Allemagne, Espagne, Italie…) : revenus fonciers de source étrangère en case 4BL, complétés de la case 8TK (revenus ouvrant droit à un crédit d'impôt égal à l'impôt français).
  • Méthode taux effectif (par exemple Pays-Bas, Irlande, Portugal — selon la convention) : revenus exonérés retenus pour le taux effectif en case 4EA.

Pourquoi déclarer en 4BL si ce n'est pas imposé aux PS ?

Parce que la déclaration identifie ces revenus comme ouvrant droit au crédit d'impôt et neutralise tout acompte ou prélèvement indu. Déclarer n'est pas être imposé deux fois : c'est précisément le mécanisme qui matérialise l'élimination. Attention : les numéros de cases changent chaque année — ceux cités ici sont indicatifs. Pour le pas-à-pas, voyez la déclaration 2044 / 2047 des SCPI et le guide déclarer ses revenus de SCPI.

§ 8PRUDENCE·2 MIN

Tout dépend de la convention — et l'avantage fiscal n'efface pas le risque

La méthode d'élimination, la couverture ou non de la CSG/CRDS, le sort du prélèvement de solidarité : tout cela varie pays par pays. Ne généralisez jamais « 0 % de PS partout ». Le marché s'est pourtant massivement internationalisé — environ 75 % des acquisitions de SCPI en 2025 ont été réalisées hors de France (analyses de marché reprenant l'ASPIM) —, ce qui rend la question de plus en plus fréquente. Pour le cas par cas, appuyez-vous sur le guide pays par pays et sur le panorama des SCPI européennes.

8.1 Et si je détiens via une société à l'IS ?

Attention : tout ce qui précède vaut pour une détention en direct par un particulier. Logés dans une SCI à l'IS ou une holding, les revenus de SCPI deviennent un résultat soumis à l'impôt sur les sociétés (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions, 25 % au-delà) : ce ne sont plus des revenus fonciers, il n'y a plus d'exonération de PS au niveau de l'associé, et le différentiel de source étrangère peut être perdu. C'est un régime distinct : reportez-vous au hub fiscalité des SCPI. De même, la plus-value de cession de parts obéit à ses propres règles (régime des plus-values immobilières), qui n'ont rien à voir avec la mécanique du crédit d'impôt sur les revenus.

Honnêteté : l'avantage fiscal ne supprime pas le risque

L'exonération fréquente de PS améliore le rendement net, mais elle ne transforme jamais un mauvais placement en bon. Une SCPI reste un placement de long terme (8-10 ans minimum), non garanti et illiquide, exposé à un risque de perte en capital et de baisse des revenus. Le contexte 2023-2026 le rappelle : baisse des valorisations sur une partie du marché, ~2,8 Md€ de parts en attente de retrait fin 2025 (3,1 % de la capitalisation, ASPIM). La qualité du sous-jacent prime sur la carotte fiscale — et la fiscalité, elle, peut changer à chaque loi de finances.

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Sources et références légales

  • Doctrine fiscale (BOFiP)

    BOI-INT-DG-20-20-100 — méthodes d'élimination de la double imposition (exemption avec progressivité et imputation / crédit d'impôt). BOI-IR-LIQ-20-30-30 — calcul de l'impôt selon la règle du taux effectif. Série BOI-RFPI-DECLA — déclaration des revenus fonciers.

  • Code général des impôts

    Art. 4 A (imposition du résident sur ses revenus mondiaux), art. 8 (transparence des sociétés de personnes — les distributions de SCPI restent des revenus fonciers en droit interne). L'élimination de la double imposition découle de la convention bilatérale, non d'un article du CGI dédié.

  • Conventions et modèle OCDE

    Modèle OCDE art. 6 — les revenus immobiliers sont imposables dans l'État de situation de l'immeuble. La méthode d'élimination (taux effectif ou crédit d'impôt égal à l'impôt français) et la couverture de la CSG/CRDS dépendent de chaque convention bilatérale. Liste des conventions sur impôts.gouv.fr.

  • Jurisprudence (cas expatrié — renvoi)

    CJUE 26/02/2015 C-623/13 de Ruyter (exonération de CSG/CRDS des affiliés à un régime social d'un autre État UE/EEE/Suisse). CJUE 14/03/2019 C-372/18 Dreyer (même solution pour la CSG/CRDS affectée à la CNSA). CGI art. 235 ter (le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû par ces affiliés). Ces décisions visent l'expatrié/frontalier, pas le résident fiscal français.

  • Prélèvements sociaux et barème

    service-public.gouv.fr F2329 (CSG/CRDS 17,2 % sur les revenus du patrimoine), F1419 (barème de l'IR), F34913 (PFU — contraste revenus mobiliers). LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) : PS maintenus à 17,2 % sur le foncier ; 18,6 % sur le capital mobilier. ASPIM — chiffres de marché 4e trimestre 2025.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La fiscalité internationale des SCPI est complexe et évolutive : la méthode d'élimination, la couverture de la CSG/CRDS et le sort du prélèvement de solidarité dépendent de chaque convention et changent au gré des lois de finances. Les chiffres cités sont à jour au 15 juillet 2026 et illustratifs. Une SCPI est un placement de long terme, non garanti et illiquide, exposé à un risque de perte en capital et de baisse des revenus. Pour votre situation, consultez un CGP. Hagnéré Patrimoine — CGP immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine).

Foire aux questions

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Le principe, les deux méthodes, les prélèvements sociaux, la déclaration. Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous, classées par thème.

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Prendre rendez-vous
  • Non. La convention fiscale bilatérale entre la France et le pays de situation de l'immeuble élimine la double imposition. Un impôt local (le plus souvent un impôt sur les sociétés, selon le pays) est payé en amont par la SCPI sur ses résultats fonciers, puis la France applique l'une des deux méthodes prévues par la convention : le taux effectif ou le crédit d'impôt égal à l'impôt français. Vous n'êtes donc pas taxé deux fois sur le même loyer.