Optimisez votre assurance-vie avec un expert indépendant
Choix du contrat, clause bénéficiaire, fonds euros, unités de compte et fiscalité : nous vous aidons à structurer une assurance-vie cohérente avec vos objectifs.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en assurance-vie et structuration patrimoniale
Quentin Hagnéré accompagne les épargnants, familles et dirigeants sur la sélection de contrats d'assurance-vie, la rédaction des clauses bénéficiaires et l'articulation avec la transmission et la fiscalité.
Un contrat de capitalisation souscrit par une holding à l'IS fonctionne comme une enveloppe assurantielle capitalisante: la société y loge fonds euros et unités de compte, et n'est soumise qu'à l'impôt sur les sociétés — jamais aux prélèvements sociaux (CSS art. L. 136-6), via une taxation forfaitaire annuelle (CGI art. 238 septies E). Chez Hagnéré Patrimoine, c'est l'enveloppe de référence d'une trésorerie de holding diversifiée.
Vous avez cédé votre entreprise, ou votre holding a accumulé de la trésorerie au fil des remontées de dividendes. Plusieurs centaines de milliers d'euros dorment sur un compte courant, grignotés par l'inflation. Vous voulez les faire travailler — sur des fonds euros, des supports obligataires, des SCPI, des produits diversifiés — sans les matraquer à chaque arbitrage, et sans subir l'impôt annuel sur les plus-values latentesqui frappe les fonds détenus en compte-titres. C'est exactement le rôle du contrat de capitalisation : une enveloppe que votre société peut posséder, qui capitalise dans le temps, et dont la fiscalité se résume à un forfait annuel lisible (souvent < 1 % du capital, voir notre exemple chiffré) — sans aucun prélèvement social. Encore faut-il comprendre comment elle marche, brique par brique. C'est l'objet de ce guide.
Un point de cadrage, tout de suite. Cet article explique comment ça marche. Pour savoir si la capi ou le compte-titres (CTO) est le bon choixselon votre allocation et votre horizon, c'est notre article pilier qui tranche : CTO ou contrat de capitalisation en holding à l'IS : lequel choisir ? Et pour comparer la capi aux 7 autres enveloppes de trésorerie (compte à terme, OPCVM monétaire, SCPI, FCPR…), voir placer la trésorerie de votre SAS ou SARL.
À retenir en 60 secondes
- Une PM ne peut souscrire qu'un contrat de capitalisation, pas d'assurance-vie : l'AV exige une tête assurée personne physique (C. ass. art. L. 132-1), que la société n'a pas.
- 0 prélèvement social.Une holding à l'IS est hors du champ de la CSG / CRDS / prélèvements sociaux (CSS art. L. 136-6 et L. 136-7) : le seul impôt est l'IS. Jamais de PFU, de flat tax, ni de 17,2 % / 18,6 %.
- Pas de mark-to-market sur les supports.Contrairement aux OPCVM logés dans un CTO de société (art. 209-0 A), les unités de compte d'une capi ne sont pas réévaluées et imposées chaque année : l'enveloppe capitalise.
- Fiscalité = forfait annuel.Chaque année, la société est imposée à l'IS sur une assiette forfaitaire (≈ capital × 105 % × TME figé à la souscription, art. 238 septies E), régularisée au rachat sur les produits réels.
Avertissement — information générale, pas un conseil personnalisé
Ce guide a une vocation strictement informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement individualisé, ni une recommandation personnalisée au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tous les chiffres et exemples sont illustratifs et non garantis. Les fonds euros et les unités de compte comportent un risque de perte en capital ; les valeurs et rendements varient selon la conjoncture, le gestionnaire et le profil de risque. Aucune promesse de rendement. Hagnéré Patrimoine est CIF membre de la CNCEF Patrimoine (ORIAS 23002291), COA, COBSP.
Sommaire
- 1. Le contrat de capitalisation de holding en bref
- 2. Pourquoi une capitalisation et pas une assurance-vie ?
- 3. Qui peut souscrire et comment ?
- 4. Que peut-on loger ? Fonds euros, UC, gestion pilotée
- 5. L'atout : pas de mark-to-market sur les supports
- 6. Les rachats : récupérer tout ou partie du capital
- 7. La fiscalité : la taxation forfaitaire annuelle
- 8. La comptabilisation du contrat dans la holding
- 9. Quand le contrat de capitalisation a-t-il du sens ?
- 10. FAQ — questions fréquentes
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — CIF, COA, COBSP — ORIAS 23002291
Quentin Hagnéré dirige Hagnéré Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine et de fortune basé à Chambéry. CIF membre CNCEF Patrimoine, COA, COBSP inscrit à l'ORIAS sous le numéro 23002291.
1. Le contrat de capitalisation de holding en bref : l'enveloppe capitalisante de votre société
Le contrat de capitalisation est un contrat de type assurantielsouscrit auprès d'un assureur. Vous y versez un capital, que vous répartissez sur des supports (fonds en euros, unités de compte), et l'enveloppe capitalise: les produits restent investis, il n'y a pas de distribution forcée. La grande différence avec l'assurance-vie, c'est qu'il ne repose sur aucune tête assurée— il n'est donc pas lié à la durée de vie d'une personne physique. C'est précisément ce qui le rend accessible à une société.
Pour une holding patrimoniale, la capi est un actif inscrit au bilan, au même titre qu'un compte-titres, une SCPI ou un compte à terme. Elle se distingue par deux traits : une enveloppe qui capitalise sans imposer chaque arbitrage interne, et une fiscalité forfaitairepropre aux personnes morales (que nous détaillons aux sections 7 et 8). C'est l'une des huit enveloppes de trésorerie possibles ; notre page sœur les compare une à une.
Réponse directe — qu'est-ce qu'un contrat de capitalisation de holding ?
C'est la seule enveloppe de type assurantielqu'une holding à l'IS peut souscrire. Elle loge des fonds euros et des unités de compte, capitalise sans imposition des arbitrages internes, et n'est soumise qu'à l'impôt sur les sociétés via une taxation forfaitaire annuelle (CGI art. 238 septies E) — jamais aux prélèvements sociaux.
2. Pourquoi une capitalisation et pas une assurance-vie ? (une PM n'a pas d'assuré)
C'est la question de fondation. L'assurance-vie est un contrat qui assure la vie d'une personne : il suppose une tête assurée personne physique(Code des assurances art. L. 132-1). Le contrat se dénoue à son décès, au profit des bénéficiaires désignés. Une société, elle, n'a pas de durée de vie biologique : elle ne peut pas être l'assurée d'un contrat d'assurance-vie. L'assurance-vie est donc juridiquement fermée aux personnes morales.
Le contrat de capitalisationrépond exactement au même besoin financier — loger une épargne sur fonds euros et unités de compte, arbitrer, capitaliser — mais c'est une opération de capitalisation pure, sans tête assurée. Il n'est pas lié à la vie d'une personne. Voilà pourquoi il est ouvert à toute personne morale: holding, SAS, SARL, SCI à l'IS, association, fondation.
2.1. Ce que cela change concrètement
L'absence de tête assurée a trois conséquences très concrètes. D'abord, pas de clause bénéficiaire ni de dénouement par décès: le contrat ne s'éteint pas, il se transmet. Ensuite, pas d'abattements de type assurance-vie (les régimes 990 I, 757 B sont propres aux personnes physiques et ne concernent pas la capi de société). Enfin, le contrat est un actif de la société : il figure à son bilan et se transmet avec les titresde la holding, dans le cadre d'une cession ou d'une succession des parts.
Assurance-vie
Points forts
- Réservée aux personnes physiques
- Suppose une tête assurée (C. ass. L. 132-1)
- Clause bénéficiaire et dénouement par décès
- Fiscalité de personne physique
Points de vigilance
- Fermée aux personnes morales : une société n'a pas de tête assurée
Contrat de capitalisation
Points forts
- Ouvert aux personnes morales (holding, SAS, SARL, SCI IS…)
- Aucune tête assurée requise
- Actif de la société, transmissible avec les titres
- Fiscalité forfaitaire à l'IS (art. 238 septies E)
Points de vigilance
- Taxation forfaitaire annuelle (détaillée en section 7)
3. Qui peut souscrire et comment ? La souscription par la personne morale
Toute personne moralepeut souscrire un contrat de capitalisation : en premier lieu les holdings patrimoniales et animatrices, mais aussi les SAS, SARL et SCI soumises à l'IS, voire les associations et fondations. La souscription se fait au nom de la société, représentée par son dirigeant (président de SAS, gérant de SARL) agissant dans le cadre de l'objet social et de ses pouvoirs.
3.1. Gouvernance et formalités
En pratique, l'ouverture est une décision de gestion de trésorerie. Selon les statuts, il peut être pertinent de la formaliser par une décision du dirigeant ou un procès-verbal, surtout au-delà d'un certain montant. L'assureur applique les obligations habituelles de connaissance client (KYC, lutte contre le blanchiment) : identification de la société et de ses bénéficiaires effectifs, et justification de l'origine des fonds.
Côté versements, la souplesse est totale : un versement initial, des versements complémentaireslibres ensuite, et la possibilité de détenir un ou plusieurs contrats selon votre stratégie d'allocation. Il n'existe pas de plafond légal de versement pour une personne morale. Sur les frais, on reste factuel : les frais d'entrée et de gestion se négocient, et l'objectif est de retenir une enveloppe dont les frais sont parmi les plus compétitifs du marché.
Note de Quentin Hagnéré
J'invite toujours mes clients dirigeants à inscrire la décision dans une véritable politique de gestion de trésoreriede la holding : montants alloués par poche, enveloppes autorisées, horizon. Cela sécurise la décision au regard de l'intérêt social, donne de la traçabilité, et facilite le dialogue avec l'expert-comptable et le commissaire aux comptes. Une bonne capi mal documentée reste une fragilité évitable.
4. Que peut-on loger ? Fonds euros, unités de compte, gestion pilotée
Le contrat de capitalisation est une enveloppe multi-supports. À l'intérieur, vous combinez deux grandes familles de supports, selon votre profil de risque et votre horizon.
4.1. Le fonds en euros
Le fonds en eurosoffre une garantie du capital par l'assureur (hors frais) et une bonne liquidité. Son rendement est variable d'une année sur l'autre et n'est pas garanti pour l'avenir. C'est la poche de sécurité de l'allocation.
4.2. Les unités de compte (UC)
Les unités de comptedonnent accès à une large palette de classes d'actifs : OPCVM et ETF actions, supports obligataires, SCPI, produits structurés, immobilier papier, supports diversifiés. Leur valeur fluctue : elles comportent un risque de perte en capital. Selon le contrat, vous pouvez piloter vous-même l'allocation (gestion libre), la déléguer (gestion pilotée ou sous mandat), ou panacher.
Le mot juste — gestion libre, pilotée, sous mandat
- Gestion libre : vous (ou votre conseiller) choisissez et arbitrez vous-même les supports. Maîtrise totale, mais charge de suivi.
- Gestion pilotée (profilée) :vous choisissez un profil de risque (prudent, équilibré, dynamique) et la société de gestion ajuste l'allocation pour vous, selon une grille prédéfinie.
- Gestion sous mandat :vous déléguez les décisions à un gérant professionnel qui pilote au fil de l'eau, dans le cadre d'un mandat sur mesure. C'est la formule la plus déléguée.
Quelle que soit la formule, les unités de compte comportent un risque de perte en capital : aucun mode de gestion ne garantit la performance.
4.3. Multi-supports et arbitrages internes
Et c'est là que tout se joue : à l'intérieur de la capi, vous pouvez arbitrer librement entre supports— passer d'UC actions vers du fonds euros, réallouer vers de l'obligataire — sans que cela constitue une cession fiscalement taxable. L'arbitrage est un mouvement interneà l'enveloppe.
| Support | Nature | Capital | Liquidité |
|---|---|---|---|
| Fonds en euros | Garanti par l'assureur | Garanti hors frais | Élevée |
| UC actions (OPCVM / ETF) | Marchés actions | Risque de perte | Élevée |
| UC obligataires | Dette / taux | Risque de perte | Élevée |
| UC SCPI / immobilier papier | Immobilier | Risque de perte | Variable |
| UC produits structurés | Formule / sous-jacent | Risque selon formule | Selon échéance |
On raisonne toujours en classes d'actifs et enveloppes, jamais en fonds nommés : le choix précis des supports relève d'une étude personnalisée tenant compte de votre profil de risque, de votre horizon et de la conjoncture.
Structurer la poche de trésorerie de votre holding
Allocation, choix de l'enveloppe et architecture des supports : nos conseillers construisent une trésorerie de holding adaptée à votre horizon et votre profil de risque.
5. L'atout de l'enveloppe : pas de mark-to-market sur les supports
C'est ici que la capi se détache du compte-titres. Quand une société à l'IS détient des parts d'OPCVM (SICAV, FCP, ETF) en direct via un compte-titres (CTO), ces parts sont réévaluées à leur valeur liquidative à la clôture de chaque exercice, et l'écart latent — plus-value oumoins-value, même sans aucune vente — entre dans le résultat imposable à l'IS. C'est le mécanisme du mark-to-marketde l'article 209-0 A du CGI : la fameuse règle « qui taxe sans vendre ».
Or un contrat de capitalisation n'est pas une part d'OPCVM: c'est une enveloppe assurantielle. Les unités de compte qui s'y trouvent ne subissent pas le 209-0 A. Pas de réévaluation latente annuelle, pas d'imposition des plus-values latentes des supports. L'enveloppe est capitalisante: les gains s'accumulent dans le contrat, et la fiscalité ne mord qu'à travers le forfait propre à la capi (section 7).
Unités de compte en contrat de capitalisation
Points forts
- Pas de mark-to-market 209-0 A
- Arbitrages internes sans cession taxable
- Les plus-values latentes ne sont pas imposées chaque année
- Fiscalité = forfait annuel 238 septies E (à l'IS, sans PS)
OPCVM en compte-titres de société (IS)
Points forts
- Accès direct aux titres et ETF
Points de vigilance
- Mark-to-market annuel (art. 209-0 A) : PV latentes imposées à l'IS
- Sauf exception des fonds investis à 90 % au moins en actions éligibles
Pour aller plus loin côté CTO
Le détail du mark-to-market et de son champ d'application est traité dans notre guide fiscalité du compte-titres en société à l'IS (article 209-0 A). À retenir ici : il existe une exception pour les fonds investis en permanence à 90 % au moins en actions éligibles, qui échappent à cette taxation annuelle — c'est ce qui rend possible le buy & holdactions en CTO. Mais cela ne concerne pas la capi, dont l'enveloppe est capitalisante par nature.
6. Les rachats : récupérer tout ou partie du capital
La trésorerie placée en capi n'est pas bloquée. La holding peut récupérer ses fonds par un rachat, partiel ou total, selon les conditions du contrat.
6.1. Rachat partiel et rachat total
Le rachat partiel consiste à retirer une partie du capital tout en laissant le contrat se poursuivre — utile pour financer un projet, distribuer un dividende au niveau de la holding, ou réallouer vers une autre enveloppe. Le rachat total, lui, clôture le contrat. À la différence d'un compte à terme, la disponibilité est généralement bonne : la valeur de rachat correspond à la valeur des supports (fonds euros = capital plus intérêts acquis ; UC = valeur de marché, qui fluctue).
6.2. La régularisation au rachat
Beaucoup de dirigeants surinterprètent le forfait annuel comme un impôt définitif. Ce n'est pas le cas, et le rachat le démontre. Au moment du rachat, l'imposition se régularise sur les produits réels du contrat. Les sommes déjà taxées chaque année via le forfait 238 septies E s'imputent : il n'y a pas de double imposition. Si les forfaits déjà payés excèdent l'impôt dû sur les produits réellement constatés, le trop-perçu se régularise. Le détail chiffré de ce mécanisme est traité dans notre guide dédié au 238 septies E pour une personne morale.
L'idée à retenir
Le forfait annuel n'est qu'une avance d'impôtcalculée forfaitairement. C'est le rachat qui solde le compte, sur la base de la performance réellement constatée. Le système est conçu pour éviter toute double taxation.
7. Première approche de la fiscalité : la taxation forfaitaire annuelle
Garde-fou cardinal — une holding à l'IS ne paie pas de prélèvements sociaux
La CSG, la CRDS et les prélèvements sociaux (17,2 %, 18,6 %, prélèvement de solidarité) ne frappent que les personnes physiques(CSS art. L. 136-6 et L. 136-7). Une holding à l'IS est hors de ce champ. Son seul impôt sur les produits de placement est l'impôt sur les sociétés. On n'écrit jamais « PFU 30 % », « flat tax » ni « 17,2 % » à propos d'une capi de holding : ce sont des régimes de personne physique.
7.1. Le mécanisme du 238 septies E
La capi d'une personne morale relève de l'article 238 septies E du CGI. Le principe : chaque année, même sans aucun rachat, la société ajoute à son résultat imposable un produit forfaitaire(une prime de remboursement calculée forfaitairement), qui est imposé à l'IS. L'assiette annuelle correspond, schématiquement, à la valeur atteinte du contrat à la clôture multipliée par 105 % du TME en vigueur à la date de souscription (doctrine BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-10). La première année, cette assiette colle presque au capital versé ; les années suivantes elle suit la valeur capitalisée du contrat. Le TME, lui (et lui seul), reste figé à la date de souscription.
7.2. Le TME, figé à la souscription
Le TME (taux moyen des emprunts d'État) est un indice publié mensuellement par la Caisse des dépôts / Banque de France. Pour le calcul du forfait, on retient le TME de la date de souscription, et il reste figé pour toute la durée du contrat. Conséquence stratégique : souscrire quand le TME est basverrouille un frottement fiscal faible pour toute la vie du contrat. À l'inverse, signer en haut de cycle fige durablement un coût élevé. C'est l'enjeu détaillé dans notre guide sur le TME figé à la souscription.
Frottement fiscal annuel d'une capi de holding (illustratif)
Forfait imposable = Valeur atteinte du contrat x (105 % x TME a la souscription) IS du au titre de l'annee = Forfait imposable x taux IS
- Valeur du contrat :valeur atteinte a la cloture (≈ capital verse la 1re annee, puis valeur capitalisee)
- TME :≈ 3,58 % (janv. 2026, illustratif — à vérifier auprès de la Banque de France / Caisse des dépôts) ; figé à la souscription
- Taux IS :25 % (ou 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles)
Seul le TME est figé à la souscription ; l'assiette suit la valeur atteinte du contrat (≈ le capital la 1re année). Exemple chiffré ci-dessous : chiffres illustratifs et non garantis, à actualiser au moment de souscrire.
7.3. Exemple chiffré (illustratif, IS uniquement)
Prenons une holding à l'IS qui souscrit une capi de 500 000 €, avec un TME à la souscription de 3,58 %(janvier 2026, hypothèse à confirmer) et un taux d'IS de 25 %. Pour rester lisible, on raisonne sur la première année, où la valeur atteinte du contrat est encore proche du capital versé (les années suivantes, l'assiette suit la valeur capitalisée du contrat).
- Assiette forfaitaire (1re année, valeur ≈ capital) = 500 000 × (105 % × 3,58 %) = 500 000 × 3,759 % = 18 795 €.
- IS dû sur le forfait = 18 795 × 25 % = 4 698,75 € par an.
- Soit un frottement annuel d'environ 0,94 % du capital — et zéro prélèvement social.
Comparez deux dates de souscription à capital égal, et l'écart devient flagrant. Avec un TME de 1,50 % au lieu de 3,58 %, l'assiette tomberait à 500 000 × (105 % × 1,50 %) = 7 875 €, soit un IS de 1 968,75 € par an (≈ 0,39 %). À capital identique, souscrire quand le TME est bas verrouille un frottement annuel environ 2,4 fois plus faible, pour toute la vie du contrat.
Le détail complet du calcul est dans notre guide la taxation forfaitaire 105 % × TME expliquée.
Note de méthode — comment lire ce cas chiffré
Ces montants sont purement illustratifs et non garantis. Nous modélisons ici le seul frottement fiscal du forfait 238 septies E (l'impôt sur les sociétés appelé chaque année) ; la performance réelle des supports n'est pas simuléeet n'est pas garantie. Les fonds euros et unités de compte comportent un risque de perte en capital. Le TME retenu (3,58 %, janvier 2026) est une hypothèse à vérifier à la source(Banque de France / Caisse des dépôts) au moment de souscrire, car c'est ce TME-là qui sera figé pour toute la vie de votre contrat.
8. La comptabilisation du contrat dans les comptes de la holding
Côté bilan, le contrat de capitalisation est inscrit à l'actif de la holding pour sa valeur de souscription(son coût d'acquisition). C'est une immobilisation financière, conservée à ce coût.
Côté résultat, le produit forfaitaire annuel du 238 septies E est constaté en produit imposable et vient augmenter le résultat fiscal de la société chaque exercice ; au rachat, on procède à la régularisation sur les produits réels (cf. section 6). Point cohérent avec la section 5 : les unités de compte sous-jacentes ne sont pas réévaluées comptablement à chaque clôture, contrairement aux OPCVM logés en CTO.
8.1. La capi est exclue de la taxe sur les holdings patrimoniales (LF 2026 art. 7)
Un point souvent redouté à tort par les dirigeants depuis la LF 2026. La taxe sur les holdings patrimonialesinstaurée par la loi de finances 2026 (art. 7, codifiée à l'article 235 ter C du CGI) vise certains actifs somptuaires. Or la trésorerie, les OPCVM, les contrats de capitalisation, les SCPI et les FCPR sont exclus de l'assiette : un contrat de capi de holding n'est donc pas visé par cette taxe. Le périmètre exact est détaillé dans notre guide dédié à la taxe sur les holdings patrimoniales (LF 2026 art. 7).
À confier à votre expert-comptable
Le traitement comptable précis (écritures, valeur de souscription, régularisation au rachat, documentation du forfait 238 septies E) relève de votre expert-comptable. Cet article pose le principe ; l'application aux comptes de votre holding doit être validée par votre conseil habituel.
9. Quand le contrat de capitalisation a-t-il du sens pour une holding ?
La capi est particulièrement pertinente quand votre allocation est diversifiée ou non-actions : poche obligataire, fonds euros, produits structurés, SCPI. Elle prend tout son sens quand vous voulez arbitrer sans frottement et capitalisersans imposition à chaque mouvement, sur un horizon moyen ou long. Et l'atout devient maximal lorsque le TME est basà la souscription, puisqu'il fige durablement un frottement fiscal faible.
À l'inverse, pour une poche 100 % actions de long terme, le compte-titrespeut l'emporter : un ETF actions investi à 90 % au moins en actions éligibles, conservé en buy & hold, échappe au mark-to-market et ne supporte quasiment aucun frottement annuel ; s'y ajoute la possibilité du régime mère-fillesur certains dividendes (le mécanisme qui exonère à 95 % les dividendes reçus d'une participation d'au moins 5 % conservée 2 ans, art. 145 et 216 du CGI). Le bon arbitrage dépend donc de votre allocation et de votre horizon.
Capi vs compte-titres : deux logiques fiscales opposées
- Capi = frottement régulier mais lissé.Vous payez un petit forfait chaque année (≈ capital × 105 % × TME × IS), mais vous arbitrez et capitalisez sans jamais déclencher l'impôt sur les plus-values latentes des supports.
- Compte-titres = frottement nul ou brutal selon le support. Un ETF actions éligible en buy & holdéchappe à l'impôt annuel ; mais un fonds obligataire ou diversifié subit le mark-to-market (art. 209-0 A), donc l'IS sur ses plus-values latentes chaque année.
Concrètement : une poche d'actions de long terme penche vers le CTO ; une poche diversifiée ou non-actions, vers la capi. L'arbitrage complet, chiffres à l'appui, est dans notre article pilier.
Le choix lui-même se tranche dans notre article pilier CTO ou contrat de capitalisation en holding à l'IS : lequel choisir ? Pour replacer la capi parmi l'ensemble des solutions de trésorerie, voir placer la trésorerie de votre SAS ou SARL. Et si vous visez une architecture haut de gamme, multi-devises, à triangle de sécurité(vos actifs sont déposés chez une banque dépositaire séparée de l'assureur, sous contrôle du régulateur luxembourgeois) avec accès, selon les seuils investis, à des fonds dédiés et personnalisés (FAS, fonds d'assurance spécialisé ; FID/FIC, fonds internes dédiés ou collectifs), regardez le contrat de capitalisation luxembourgeois pour holding (soumis, côté France, à la même taxation forfaitaire 238 septies E).
Un contrat de capitalisation pour votre holding ?
Hagnéré Patrimoine sélectionne l'enveloppe, structure les supports et cale la gestion sur votre horizon. Demandez un entretien avec un conseiller.
10. FAQ — questions fréquentes
Les réponses synthétiques aux questions les plus posées par les dirigeants sur le fonctionnement d'un contrat de capitalisation en holding figurent ci-dessous. Pour tout cas particulier, un entretien personnalisé reste la meilleure réponse.

