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Rémunération, holding, prévoyance, PER, protection du foyer et transmission : nous mettons à plat votre situation de dirigeant avant toute décision.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en stratégies patrimoniales du dirigeant
Quentin Hagnéré accompagne les dirigeants, associés et professions libérales sur la rémunération, la prévoyance, les holdings, le PER et la structuration globale entre patrimoine privé et outil professionnel.
« Je suis taxé tous les ans alors que je n’ai rien retiré ? » C’est la première phrase qu’un dirigeant prononce quand il découvre la fiscalité du contrat de capitalisation de sa holding. La réponse est oui — mais d’une manière bien précise, prévisible (de l’ordre de 0,9 % du capital par an dans nos hypothèses), et qui n’aboutit jamais à une double imposition. Tout tient dans un article : le 238 septies E du Code général des impôts. Et il y a une bonne nouvelle au passage : une holding à l’IS ne paie aucun prélèvement social sur ce contrat.
La confusion vient presque toujours du même réflexe : transposer ce qu’on connaît du contrat de capitalisation du particulier (imposé au rachat, avec prélèvements sociaux) à celui détenu par une personne morale à l’IS. Or les deux régimes n’ont rien à voir. Pour l’arbitrage global entre les deux grandes enveloppes de holding, voyez le guide pilier CTO ou contrat de capitalisation en holding ; pour le fonctionnement général (souscription, supports, rachats), le guide comment fonctionne un contrat de capitalisation en holding ; et pour comparer les huit enveloppes de trésorerie d’entreprise, la page placer la trésorerie de sa SAS ou SARL. Ici, on couvre toute la fiscalité capi d’une personne morale et le mécanisme du 238 septies E.
Chez Hagnéré Patrimoine (ORIAS 23002291, CIF membre CNCEF Patrimoine, COA, COBSP), nous modélisons depuis 2018 le frottement fiscal de la capi de holding sur la durée, et nous le comparons systématiquement au compte-titres. Ce guide déroule le mécanisme de bout en bout, chiffres à l’appui, à jour de la loi de finances 2026.
À retenir en 60 secondes
- Un forfait annuel, pas une taxe sur la performance. Chaque exercice, la personne morale réintègre à son résultat imposable une prime de remboursement forfaitaire = capital × (105 % × TME figé à la souscription), taxée à l’IS. C’est l’article 238 septies E du CGI.
- Zéro prélèvement social. Une PM à l’IS est hors du champ de la CSG/CRDS/PS (art. L. 136-6 et L. 136-7 du CSS, réservés aux personnes physiques). Son seul impôt sur les produits de placement est l’IS : ni flat tax, ni 17,2 %, ni 18,6 %.
- Pas de double imposition. Au rachat, on régularise sur les produits réellement encaissés ; les forfaits déjà taxés s’imputent. La même richesse n’est jamais taxée deux fois.
- Forfait figé vs mark-to-market. Le 238 septies E (capi) est un forfait prédéterminé ; le 209-0 A (compte-titres) suit la valeur liquidative et taxe une plus-value latente variable. Et la capi est exclue de la taxe sur les holdings patrimoniales (LF 2026 art. 7).
Avertissement — conformité CMF L. 533-13
Ce guide a une vocation strictement informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement individualisé, ni une recommandation personnalisée au sens de l’article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les valeurs de TME utilisées dans les exemples sont illustratives : le TME réel doit être vérifié à sa source officielle (Caisse des dépôts / Banque de France) à la date de souscription. Les contrats de capitalisation comportent un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Aucune promesse de rendement n’est faite. Chaque décision doit faire l’objet d’une étude personnalisée. Hagnéré Patrimoine est CIF membre de la CNCEF Patrimoine (ORIAS 23002291), COA, COBSP.
Sommaire
- 1. L'article 238 septies E en clair
- 2. Pourquoi taxé même sans rachat ?
- 3. L'assiette : 105 % × TME à la souscription
- 4. Comment ce montant s’intègre au résultat IS
- 5. Le rachat : régularisation sur les produits réels
- 6. Pourquoi pas de double imposition ?
- 7. Capi (238 septies E) vs CTO (209-0 A)
- 8. Vos obligations comptables et de suivi
- 9. FAQ
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — CIF, COA, COBSP — ORIAS 23002291
Quentin Hagnéré dirige Hagnéré Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine et de fortune basé à Chambéry. CIF membre CNCEF Patrimoine, COA, COBSP inscrit à l'ORIAS sous le numéro 23002291.
1. L’article 238 septies E en clair : une prime de remboursement taxée chaque année
Une personne morale soumise à l’IS qui détient un contrat de capitalisation est imposée chaque année, sans rachat, sur une prime de remboursement forfaitaire : l’assiette annuelle vaut le capital × (105 % × TME à la souscription), réintégrée au résultat et taxée à l’IS (25 %). C’est l’article 238 septies E du CGI. Aucun prélèvement social ne s’applique. Hagnéré Patrimoine vous l’explique de bout en bout.
Le jargon traduit en français (à lire une fois)
- TME = taux moyen des emprunts d’État. La moyenne mensuelle du rendement des obligations de l’État français de plus de 7 ans, publiée par la Caisse des dépôts. C’est le paramètre de référence du forfait.
- Prime de remboursement forfaitaire = un rendement présumé par la loi, taxé d’office chaque année — qu’il ait été réellement gagné ou non.
- Unités de compte (UC) = les supports d’investissement du contrat (fonds, OPCVM, supports diversifiés), dont la valeur fluctue avec les marchés.
- Régularisation au rachat = le moment où l’on recalcule l’impôt sur le gain réel, en déduisant les forfaits déjà payés.
1.1. Qu’est-ce qu’une prime de remboursement forfaitaire ?
L’article 238 septies E s’applique aux titres et contrats dont la valeur de remboursement est incertaine à l’émission — ce qui est précisément le cas d’un contrat de capitalisation en unités de compte, dont la valeur finale dépend des marchés. Pour ces contrats, le législateur ne peut pas attendre une « prime de remboursement » connue d’avance. Il en présume donc une, calculée forfaitairement : un rendement actuariel théorique fixé à 105 % du dernier taux mensuel des emprunts d’État à long terme connu lors de la souscription. Ce produit présumé est rattaché à chaque exercice et imposé à l’IS (BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-10).
1.2. Ce que dit (et ne dit pas) le texte
Le point clé à intégrer : la capi détenue par une personne morale n’est pas imposée au seul rachat, contrairement au contrat du particulier. Elle est imposée annuellement et forfaitairement, que vous ayez ou non racheté, que le contrat ait performé ou non. Le texte ne taxe pas votre rendement réel année après année : il taxe un forfait, puis régularise une seule fois au rachat. Pour le détail du fonctionnement (ouverture, choix des supports, rachats partiels), reportez-vous au guide comment fonctionne un contrat de capitalisation en holding.
Le 238 septies E en une phrase
Chaque exercice, la personne morale ajoute à son résultat imposable un produit forfaitaire = capital × 105 % × TME figé ; au rachat, on régularise sur le gain réel, en imputant les forfaits déjà taxés.
2. Pourquoi votre holding est-elle imposée même sans avoir effectué de rachat ?
Parce que le 238 septies E repose sur une présomption légale de rendement. Le législateur considère qu’un contrat de capitalisation génère, a minima, un produit financier théorique. Il choisit de le taxer au fil de l’eau, exercice après exercice, plutôt que d’attendre le dénouement. C’est une logique d’anticipation de l’impôt : l’État perçoit chaque année un IS sur un produit présumé, indépendamment de tout encaissement réel par la société.
2.1. La logique du forfait : prévisible et déconnecté de la valeur réelle
La conséquence pratique est qu’il n’y a aucune surprise. Le forfait est prédéterminé dès la souscription (puisque le TME est figé, voir section 3) et reste identique chaque année tant que le capital ne bouge pas. Il ne suit pas la valeur liquidative réelle du contrat : que vos unités de compte gagnent 12 % ou perdent 5 % sur l’exercice, le produit imposable forfaitaire de l’année reste le même. C’est exactement le point qui oppose la capi au compte-titres, dont la fiscalité « colle » à la valeur de marché (voir section 7).
Ne confondez pas avec la fiscalité du particulier
Un particulier détenant un contrat de capitalisation n’est imposé qu’au rachat, au prélèvement forfaitaire (PFU) majoré des prélèvements sociaux de 17,2 %, avec des abattements après 8 ans. Rien de tout cela ne s’applique à une personne morale à l’IS. La PM paie un forfait annuel à l’IS, et aucun prélèvement social (art. L. 136-7 du CSS, réservé aux personnes physiques). Si vous raisonnez en tant que particulier, voyez plutôt la page contrat de capitalisation vs OPCVM monétaire ; les deux logiques ne se mélangent jamais.
3. L’assiette annuelle : 105 % du taux moyen des emprunts d’État à la souscription
L’assiette du forfait annuel repose sur le TME — taux moyen des emprunts d’État (emprunts de durée supérieure à 7 ans), une moyenne mensuelle publiée par la Caisse des dépôts et reprise par la Banque de France. Le 238 septies E majore ce TME de 5 % (d’où le « 105 % ») et l’applique au capital. Le résultat est le produit forfaitaire réintégré chaque année.
Assiette forfaitaire annuelle (art. 238 septies E du CGI)
Assiette annuelle = Capital × (105 % × TME à la souscription)
- Capital :la valeur de souscription du contrat de capitalisation
- TME :taux moyen des emprunts d'État, figé au mois de souscription
- 105 % :majoration légale forfaitaire (+5 % sur le TME)
Le TME retenu est celui connu à la souscription et reste FIGÉ pour toute la durée du contrat — il ne se recalcule pas chaque année.
3.1. Le TME est figé à la souscription
C’est le paramètre le plus important — et le plus mal compris. Le TME utilisé pour le calcul n’est pas le TME courant de chaque année : c’est celui du mois de souscription, et il est verrouillé à vie. Souscrire quand le TME est bas fige un frottement annuel faible pour toute la durée du contrat ; souscrire quand il est haut le fige à un niveau élevé. Cette mécanique mérite à elle seule un guide : voyez TME figé à la souscription : pourquoi la date d’ouverture change tout.
3.2. Quelle valeur de TME en 2026 ?
À titre purement illustratif, le TME évoluait dans une zone de l’ordre de 3,5 à 3,8 % sur le premier semestre 2026, sous réserve de vérification. Ne figez jamais une valeur sans la vérifier à sa source officielle (Caisse des dépôts / Banque de France Webstat), car elle évolue chaque mois et le TME pertinent est celui de votre mois de souscription. Pour le déroulé complet du calcul, avec exemples chiffrés pas à pas, reportez-vous au guide la taxation forfaitaire : le calcul 105 % × TME expliqué.
Où lire le TME officiel ?
Le TME est publié mensuellement par la Caisse des dépôts et consultable sur la base Webstat de la Banque de France. Pour un contrat souscrit en mars, c’est le TME de mars qui sera figé et appliqué chaque année. Demandez-le toujours par écrit à votre assureur ou conseiller au moment de la souscription : c’est lui qui détermine votre frottement fiscal à vie.
4. Comment ce montant s’intègre au résultat imposable à l’IS
Le produit forfaitaire calculé à la section 3 est réintégré au résultat imposable de l’exercice, comme un produit financier, puis soumis à l’impôt sur les sociétés. Il vient s’ajouter aux autres produits de la société (chiffre d’affaires, autres produits financiers) et participe à la formation du résultat fiscal. Il est indépendant de tout rachat et de la performance réelle du contrat.
4.1. Quel taux d’IS appliquer ?
Le forfait est taxé au taux d’IS applicable à la société : 25 % en taux normal, ou 15 % sur la fraction de bénéfice jusqu’à 42 500 € pour les PME éligibles (chiffre d’affaires inférieur à 10 M€ et capital détenu à au moins 75 % par des personnes physiques). Ce seuil de 42 500 € est maintenu en 2026 : l’amendement qui visait à le porter à 100 000 € n’a pas été retenu dans la loi de finances 2026.
4.2. Cas chiffré : le frottement annuel (illustratif)
Prenons une holding à l’IS détenant un contrat de capitalisation de 500 000 €, souscrit à un TME (illustratif) de 3,5 %, IS à 25 %. Le calcul se déroule ainsi :
Cas illustratif — frottement forfaitaire annuel (TME 3,5 %, IS 25 %)
Assiette = 500 000 € × (105 % × 3,5 %)
= 500 000 € × 3,675 %
= 18 375 € de produit forfaitaire
IS dû = 18 375 € × 25 % = 4 593,75 € / an
Frottement annuel = 4 593,75 € / 500 000 € ≈ 0,92 % du capital / anChiffres illustratifs (TME hypothétique à vérifier à la source). Aucun prélèvement social : une PM à l'IS est hors champ CSG/CRDS/PS.
Soit un frottement annuel de l’ordre de 0,92 % du capital dans cette hypothèse. À comparer : la même opération chez un particulier supporterait, au rachat, le prélèvement forfaitaire plus des prélèvements sociaux de 17,2 % — ce qui n’existe pas ici. Pour la holding, le seul impôt est l’IS.
Note de méthode — comment lire nos cas chiffrés
Tous les exemples de ce guide reposent sur un TME hypothétique de 3,5 % et un IS à 25 %, retenus pour la clarté de la démonstration. Ce sont des chiffres illustratifs, non garantis : votre frottement réel dépend du TME effectif de votre mois de souscription (à vérifier à la source) et de votre taux d’IS effectif. Un contrat de capitalisation comporte un risque de perte en capital et aucune promesse de rendement n’est faite. Chez Hagnéré Patrimoine, nous modélisons ces paramètres au cas par cas, sur la durée réelle de détention envisagée.
| Capital placé | Assiette annuelle (× 3,675 %) | IS dû (25 %) | Frottement / an |
|---|---|---|---|
| 100 000 € | 3 675 € | 918,75 € | ≈ 0,92 % |
| 250 000 € | 9 187,50 € | 2 296,88 € | ≈ 0,92 % |
| 500 000 € | 18 375 € | 4 593,75 € | ≈ 0,92 % |
| 1 000 000 € | 36 750 € | 9 187,50 € | ≈ 0,92 % |
Modélisez le frottement de votre capi sur 10 ans
Le TME figé à votre date de souscription détermine votre coût fiscal annuel à vie. Nous le calculons précisément et le comparons au compte-titres, scénario par scénario.
5. Le rachat : la régularisation sur les produits réellement encaissés
Tant que le contrat vit, vous payez des forfaits annuels. Au moment du rachat (partiel ou total), on bascule sur les produits réels : la base imposable réelle correspond au gain effectivement constaté (valeur de rachat moins capital investi), duquel on retranche le cumul des forfaits déjà taxés. C’est l’étape de régularisation qui réconcilie le forfait avec la réalité.
5.1. Si le gain réel est supérieur aux forfaits cumulés
C’est le cas le plus fréquent quand le contrat performe bien. On a déjà taxé une partie du gain (les forfaits) ; au rachat, on taxe simplement le supplément : gain réel − forfaits cumulés. Une régularisation à la hausse, donc.
5.2. Si le gain réel est inférieur aux forfaits cumulés
Si le contrat a moins performé que ce que les forfaits avaient anticipé, l’imputation des forfaits déjà taxés évite la sur-imposition : la base de régularisation au rachat est nulle ou négative, il n’y a pas d’IS complémentaire à payer. Formulé prudemment : la régularisation se fait sur le produit réel, et il n’y a pas de remboursement d’IS au-delà du cadre légal — mais la mécanique d’imputation garantit que vous n’êtes jamais taxé au-delà de votre gain réel.
Illustrons avec un contrat de 100 000 €, TME (illustratif) de 3,5 %, IS 25 %, sur 5 ans. Le forfait annuel est de 100 000 € × 3,675 % = 3 675 € ; les forfaits cumulés sur 5 ans atteignent 18 375 €, soit un IS déjà payé de 4 593,75 €.
| Scénario au rachat | Gain réel | Forfaits cumulés | Régularisation | IS total sur la vie du contrat |
|---|---|---|---|---|
| A — gain réel > forfaits (rachat 125 000 €) | 25 000 € | 18 375 € | +6 625 € → IS 1 656,25 € | 6 250 € = 25 000 € × 25 % |
| B — gain réel < forfaits (rachat 115 000 €) | 15 000 € | 18 375 € | base nulle → 0 € d’IS de plus | pas d’IS complémentaire au rachat |
Dans le scénario A, l’IS total sur toute la vie du contrat (4 593,75 € de forfaits + 1 656,25 € de régularisation) ressort à 6 250 €, soit exactement 25 000 € × 25 % : le gain réel n’a été taxé qu’une seule fois. Dans le scénario B, l’imputation des forfaits déjà payés empêche toute sur-imposition au rachat.
La bonne image : les forfaits sont des acomptes d’impôt
Pensez aux forfaits annuels comme à des acomptes d’IS : chaque année, la holding verse une avance sur un gain présumé, et le rachat vient solder le compte sur le gain réellement encaissé. La section suivante détaille pourquoi ce mécanisme exclut, par construction, toute double imposition.
6. Pourquoi n’y a-t-il pas de double imposition ?
C’est la crainte la plus répandue chez les dirigeants, et elle ne tient pas. Le mécanisme repose sur une imputation : chaque année, on taxe un forfait ; au rachat, la base imposable réelle est diminuée du cumul des forfaits déjà imposés. La même fraction de richesse n’est donc jamais soumise à l’IS deux fois. Reprenons l’image de l’acompte évoquée plus haut : les forfaits sont des avances sur l’impôt final, qui se solde au rachat.
La preuve par l’imputation
Reprenez le scénario A ci-dessus : 4 593,75 € d’IS payés via les forfaits + 1 656,25 € de régularisation = 6 250 €, soit précisément 25 % du gain réel de 25 000 €. Si les forfaits ne s’imputaient pas, vous paieriez 4 593,75 € + 6 250 € = bien plus. L’imputation est exactement le mécanisme qui interdit la double imposition.
Pour voir le calcul du forfait décomposé étape par étape, et comprendre comment l’imputation s’opère arithmétiquement, reportez-vous au guide la taxation forfaitaire : le calcul 105 % × TME expliqué.
7. Capi ou compte-titres en holding : 238 septies E ou 209-0 A ?
Les deux enveloppes phares d’une holding à l’IS ne se taxent pas du tout de la même manière. La capi est taxée sur un forfait prédéterminé et figé ; le compte-titres est taxé en mark-to-market, c’est-à-dire sur la variation de valeur liquidative de ses OPCVM à la clôture — y compris sur une plus-value latente, non encaissée.
Trois mots à connaître avant de comparer
- OPCVM = organisme de placement collectif en valeurs mobilières : les fonds, SICAV, FCP et ETF qui mutualisent l’épargne de plusieurs investisseurs.
- Mark-to-market = évaluation à la valeur de marché : à chaque clôture d’exercice, on revalorise les OPCVM à leur cours du jour, et l’écart (plus ou moins-value latente) entre dans le résultat imposable — même sans vente.
- Régime mère-fille = dispositif (art. 145 et 216 du CGI) qui exonère 95 % des dividendes reçus d’une participation détenue à au moins 5 % depuis 2 ans ; seule une quote-part de frais et charges (QPFC) de 5 % reste taxée. Il joue côté compte-titres, pas dans la capi.
Contrat de capitalisation — art. 238 septies E
Points forts
- Forfait prédéterminé et figé (105 % × TME à la souscription) : coût fiscal prévisible à vie
- Déconnecté de la valeur réelle : pas de surprise en cas de forte hausse des marchés
- Régularisation unique au rachat, sans double imposition
- Adapté à une allocation diversifiée / obligataire / pilotée capitalisante
Points de vigilance
- Frottement annuel dû même sans performance réelle (forfait présumé)
- Pas de régime mère-fille interne au contrat
- Le TME figé peut être élevé si on souscrit en haut de cycle
Compte-titres (CTO) — art. 209-0 A
Points forts
- Accès direct aux titres vifs (actions, obligations) hors mark-to-market
- Exception décisive : OPCVM/ETF investis à ≥ 90 % en actions exonérés du MtM annuel
- Dividendes éligibles au régime mère-fille (95 % exonérés) selon les seuils
- Pas de frais d’enveloppe
Points de vigilance
- Mark-to-market annuel des OPCVM : taxe une plus-value latente non encaissée
- Coût fiscal variable, qui suit la valeur de marché (imprévisible)
- Plus-value latente positive imposée même sans cession
7.1. Le point commun : zéro prélèvement social
Que vous choisissiez la capi ou le compte-titres, le garde-fou est identique : une personne morale à l’IS est hors du champ des prélèvements sociaux (art. L. 136-7 du CSS). Dans les deux cas, le seul impôt sur les produits de placement est l’IS — jamais de CSG, jamais de 17,2 % ni 18,6 %.
7.2. Lequel choisir ?
Le choix dépend de votre allocation et de votre horizon. Pour une poche actions de très long terme en buy & hold, le compte-titres (via l’exception des fonds actions ≥ 90 %) peut être quasi sans frottement ; pour une allocation diversifiée, obligataire ou pilotée, la capi et son forfait figé sont souvent plus efficients. L’arbitrage complet est traité dans le guide pilier CTO ou contrat de capitalisation en holding ; et la fiscalité du compte-titres en profondeur (le 209-0 A, l’exception des 90 % d’actions) dans le guide fiscalité du compte-titres en société : l’article 209-0 A.
| Critère | Capi — 238 septies E | Compte-titres — 209-0 A |
|---|---|---|
| Base imposable annuelle | Forfait : capital × 105 % × TME figé | Mark-to-market : variation de VL des OPCVM |
| Prévisibilité | Totale (figée à la souscription) | Variable (suit le marché) |
| Plus-value latente | Non taxée comme telle (forfait) | Taxée même sans cession (sauf fonds actions ≥ 90 %) |
| Prélèvements sociaux | Aucun (IS seul) | Aucun (IS seul) |
| Régime mère-fille | Non applicable | Possible sur dividendes selon seuils |
8. Vos obligations comptables et de suivi
Sur le plan fiscal, l’essentiel se résume à une discipline : réintégrer le forfait au résultat imposable chaque exercice et le constater comme produit financier. Le contrat figure à l’actif du bilan en tant que placement ; la variation de valeur réelle des unités de compte n’est, elle, généralement pas comptabilisée chaque année — c’est le forfait du 238 septies E, et non la valeur de marché, qui pilote l’imposition annuelle. La plus-value réelle se solde au rachat, par la régularisation vue à la section 5.
8.1. Suivre le TME figé et les forfaits cumulés
La bonne pratique consiste à tenir, dès la souscription, un tableau de suivi : le TME figé retenu, le forfait annuel, et surtout le cumul des forfaits déjà imposés — donnée indispensable pour calculer la régularisation au rachat sans erreur. Pour le détail des écritures comptables et la mécanique d’exploitation au quotidien, reportez-vous au guide comment fonctionne un contrat de capitalisation en holding.
8.2. La capi de holding et la taxe sur les holdings patrimoniales (LF 2026 art. 7)
Une inquiétude fréquente depuis la loi de finances 2026 : la nouvelle taxe sur les holdings patrimoniales (20 % sur certains actifs somptuaires, codifiée à l’article 235 ter C du CGI) vise-t-elle mon contrat de capitalisation ? Non. Les contrats de capitalisation sont expressément exclus de l’assiette de cette taxe, au même titre que la trésorerie, les OPCVM, les SCPI et les FCPR. La capi de holding n’est donc pas concernée. Pour le périmètre exact de cette taxe, voyez le guide taxe sur les holdings patrimoniales (LF 2026 art. 7).
La fiscalité de la capi de votre holding vous semble technique ?
Hagnéré Patrimoine modélise le frottement du 238 septies E sur la durée, le compare au compte-titres, et structure l’enveloppe la mieux adaptée à votre allocation. Demandez une simulation.
En résumé : le 238 septies E impose chaque année un forfait prévisible (capital × 105 % × TME figé), réintégré au résultat IS, sans aucun prélèvement social ; au rachat, la régularisation sur les produits réels impute les forfaits déjà taxés, ce qui exclut toute double imposition. Le vrai levier reste la date de souscription, qui fige votre TME pour toute la vie du contrat : elle se choisit, elle ne se subit pas. Toutes les valeurs de TME utilisées ici sont illustratives et doivent être vérifiées à la source (Caisse des dépôts / Banque de France) à votre date de souscription.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — CIF, COA, COBSP — ORIAS 23002291
Quentin Hagnéré dirige Hagnéré Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine et de fortune basé à Chambéry. CIF membre CNCEF Patrimoine, COA, COBSP inscrit à l'ORIAS sous le numéro 23002291.

