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Le détail qui change tout : le TME de votre contrat est figé à la souscription
Oui : le TME retenu pour la taxation forfaitaire annuelle d'un contrat de capitalisation détenu par une personne morale à l'IS (article 238 septies E du CGI) est celui de la date de souscription, et il reste figé pour toute la durée du contrat. La date d'ouverture verrouille donc votre frottement fiscal. Chez Hagnéré Patrimoine (ORIAS 23002291), nous en faisons un paramètre de décision à part entière.
Imaginez deux dirigeants. Le premier ouvre le contrat de capitalisation de sa holding en période de taux bas ; le second signe le sien, pour exactement le même capital, deux ans plus tard, au plus haut d'un cycle de taux. Ils ont choisi le même type d'enveloppe, la même allocation, le même assureur. Et pourtant, le second paiera chaque année un impôt forfaitaire bien plus lourd — non pas une fois, mais sur toute la durée de son contrat. La seule variable qui les sépare : le mois de souscription.
C'est un détail technique que presque personne ne regarde au moment de signer — et pourtant, le mois où vous ouvrez votre contrat de capitalisation vous suit toute sa vie. Le TME(Taux Moyen des Emprunts d'État — l'indicateur, publié chaque mois, qui résume le rendement des dettes longues de l'État français) photographié à l'entrée ne sera jamais ré-actualisé. Deux holdings qui placent la même somme, sur le même type de contrat, mais à deux dates différentes, ne supporteront pas le même impôt forfaitaire — pendant des années. C'est, on va le voir, un écart qui dépasse 2 600 € dès le premier exercice sur 500 000 €, et qui s'élargit ensuite d'année en année : plus de 33 000 € cumulés sur dix ans.
Pour éviter toute redite, cet article ne réexplique ni le mécanisme du forfait (détaillé dans notre guide sur la fiscalité du contrat de capitalisation pour une personne morale), ni le calcul pas-à-pas du 105 % × TME (traité dans la taxation forfaitaire 105 % × TME), ni l'arbitrage global CTO vs capi (notre guide pilier CTO ou contrat de capitalisation), ni le panorama des enveloppes de trésorerie (voir placer la trésorerie d'une SAS/SARL). Il traite uniquement de la conséquence stratégique du figement du TME : quand ouvrir, quand ne pas ouvrir, et quand surtout ne pas remplacer un contrat existant.
Sommaire — 8 chapitres
- 1. Le détail qui change tout : le TME est figé à la souscription
- 2. Pourquoi le taux du forfait ne se recalcule pas chaque année
- 3. Souscrire quand le TME est bas : un frottement verrouillé à vie
- 4. Le revers : et si vous ouvrez un contrat en période de taux élevés ?
- 5. Cas chiffré : deux holdings, même capital, deux dates
- 6. Faut-il attendre, ou arbitrer un ancien contrat ?
- 7. Quel rapport entre le TME figé et le rendement réel ?
- 8. FAQ — TME figé et timing de souscription
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en gestion de patrimoine · fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré dirige Hagnéré Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine et de fortune basé à Chambéry. Les habilitations réglementaires affichées concernent le cabinet.
L'essentiel en une phrase
Le TME de votre contrat de capitalisation est fixé une seule fois, à l'entrée, et ne bouge plus : votre date de souscriptionest une donnée fiscale permanente, au même titre que le choix de l'enveloppe ou de l'allocation.
Avant d'aller plus loin, un rappel de cadre indispensable : une holding ou une société soumise à l'impôt sur les sociétés est hors du champ des prélèvements sociaux(art. L. 136-6 et L. 136-7 du Code de la sécurité sociale, qui ne visent que les personnes physiques). Sur le forfait du contrat de capitalisation, il n'y a donc ni CSG, ni prélèvements sociaux, ni PFU: le seul impôt est l'IS, à 25 % (ou 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles). Tous les calculs de cet article sont menés à l'IS, jamais en fiscalité de particulier.
Trois mots à connaître avant de lire la suite
- TME(Taux Moyen des Emprunts d'État) : indicateur publié chaque mois qui mesure le rendement moyen des dettes longues de l'État français. C'est lui qui sert de référence au forfait fiscal de votre contrat.
- Forfait 238 septies E: l'impôt annuel « à l'estime » que paie une holding sur son contrat de capitalisation. Au lieu de taxer le gain réel chaque année, l'administration applique une assiette calculée d'avance — égale à 105 % × TME × la base retenue, laquelle s'accroît chaque année des produits déjà rattachés aux exercices précédents (CGI art. 238 septies E, II-2 ; BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20 § 80).
- Frottement fiscal: le coût d'impôt récurrent qui « grignote » le rendement, ici l'IS appliqué à ce forfait. C'est ce frottement que le TME figé verrouille, à la hausse comme à la baisse.
Pourquoi le taux du forfait ne se recalcule pas chaque année
La logique de l'article 238 septies E du CGI surprend souvent les dirigeants. On imagine spontanément que l'administration applique, chaque année, le TME du moment. Ce n'est pas le cas. Le TME n'est pas un paramètre annuel: il est arrêté une fois pour toutes au moment de l'entrée dans le contrat, puis figé. La doctrine fiscale (BOI-BIC-PDSTK-10-20-60) confirme ce figement du taux à la souscription.
Base croissante, taux figé : la distinction qui clarifie tout
Pour bien comprendre, il faut séparer deux choses qui n'évoluent pas de la même façon. D'un côté, le tauxdu forfait (105 % du TME) : il est gravé à la souscription et ne varie plus. De l'autre, la baseà laquelle ce taux s'applique : elle, elle augmente mécaniquement chaque année. La loi le dit expressément — le II-3 de l'article 238 septies E, qui institue le taux forfaitaire de 105 % du TME, précise que « les dispositions du 2 s'appliquent », et ce 2 prévoit que le prix d'acquisition est « majoré de la fraction de la prime et des intérêts capitalisés ». La doctrine le confirme sans ambiguïté : « les annuités imposables jusqu'à l'échéance sont progressives, dès lors que leur base de calcul est accrue à la clôture de chaque exercice de la fraction de la prime et des intérêts capitalisés » (BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20, § 80, auquel le § 230 renvoie expressément pour le cas du 105 % du TME).
C'est la nuance décisive, et celle qu'on oublie le plus facilement : figer le taux n'est pas figer la base. Le marché peut traverser dix cycles de taux, le pourcentageappliqué à votre contrat reste celui de votre mois d'ouverture ; mais le montant sur lequel il s'applique, lui, grossit d'exercice en exercice.
La mécanique légale : un taux figé, une base qui se capitalise
i = 105 % × TME du mois de souscription (figé à vie) Base(1) = capital de souscription Assiette(n) = Base(n) × i Base(n+1) = Base(n) + Assiette(n) Forme fermée : Assiette(n) = C0 × i × (1 + i)^(n-1) Cumul(N) = C0 × [(1 + i)^N - 1]
- i :taux du forfait = 105 % × TME du mois de souscription, figé pour toute la durée du contrat (CGI art. 238 septies E, II-3)
- Base(n) :base du forfait de l'exercice n : capital de souscription la 1re année, puis majorée des produits forfaitaires déjà rattachés (CGI art. 238 septies E, II-2)
- Assiette(n) :fraction de produit rattachée au résultat imposable de l'exercice n
- C0 :capital de souscription du contrat
Le taux est un forfait ; l'assiette n'en est pas un. Les annuités sont progressives parce que la base est accrue à la clôture de chaque exercice (BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20, § 80 et § 230). Une base maintenue constante ne reconstituerait jamais la prime totale à rattacher, ce qui serait incompatible avec le caractère actuariel du taux.
Base croissante, taux figé
- Le taux du forfait(105 % × TME) est figé au mois de souscription et ne bouge plus, quelle que soit l'évolution ultérieure des taux d'État.
- La basen'est pas figée : elle part du capital de souscription puis est majorée, à la clôture de chaque exercice, des produits forfaitaires déjà rattachés. L'assiette de l'année 2 est donc supérieure à celle de l'année 1, et ainsi de suite.
- Conséquence pratique: on ne calcule jamais un frottement pluriannuel en multipliant l'assiette de la première année par le nombre d'années. C'est l'erreur la plus répandue sur ce sujet.
L'image qui aide à retenir
Pensez au TME figé comme à une photo prise le jour de la signature. Le marché des taux continue de vivre, monte, redescend — mais votre contrat, lui, garde la photo de son mois d'ouverture, encadrée pour toute sa durée. C'est exactement la même logique que le taux d'un compte à terme, verrouillé à l'ouverture : ce qui compte n'est pas où sont les taux aujourd'hui, mais où ils étaient le jour où vous avez signé.
Et au rachat ? Une régularisation, pas une double peine
Beaucoup craignent que ce forfait « payé à l'aveugle » chaque année ne se cumule avec une taxation des produits réels au dénouement. Ce n'est pas le cas : au rachat, une régularisation est opérée sur la base des produits réellement constatés, et les forfaits déjà taxés au fil des ans s'imputentsur cette régularisation : au dénouement, l'impôt porte sur le produit réel diminué des fractions déjà imposées(BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20, § 310 et 311). Il n'y a donc pas de double imposition : le forfait est une avance de trésorerie fiscale, pas une sur-imposition définitive. C'est la contrepartie honnête des montants d'IS annoncés plus loin dans cet article : ils sont plus élevés que ne le laisserait croire un calcul à base constante, mais ils restent une avance, régularisée à la sortie. Le détail de cette mécanique de régularisation est traité dans notre guide sur la fiscalité du contrat de capitalisation (article 238 septies E) ; ici, l'important est de retenir que le tauxde cette avance dépend uniquement de votre date d'entrée. Pour la décomposition arithmétique du 105 % × TME, voyez le guide dédié.
Souscrire quand le TME est bas : un frottement verrouillé pour la vie du contrat
Si le taux du forfait est figé à l'entrée, alors souscrire dans une fenêtre où le TME est bas revient à verrouiller un pourcentage de forfait faible, appliqué ensuite à chaque exercice. Le frottement IS reste durablement modéré, indépendamment de la remontée éventuelle des taux d'État. C'est tout l'intérêt du levier de timing : il agit non pas une fois, mais sur chaque exercice de la vie du contrat — et d'autant plus fortement que la base, elle, grossit.
Frottement IS d'un contrat de capitalisation en holding, exercice par exercice
Frottement IS de l'année n = Base(n) × (105 % × TME figé) × taux IS
avec Base(1) = capital de souscription
Base(n+1) = Base(n) + Assiette(n)
Assiette(n) = Base(n) × (105 % × TME figé)- Base(n) :base du forfait de l'exercice n : capital de souscription la 1re année, puis majorée à la clôture de chaque exercice des produits forfaitaires déjà rattachés (CGI art. 238 septies E, II-2 ; BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20 § 80)
- 105 % :majoration légale appliquée au TME (art. 238 septies E, II-3)
- TME figé :TME du mois de souscription — arrêté une fois pour toutes
- taux IS :25 % (ou 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles)
Le TME figé pilote le pourcentage de l'assiette ; il est arrêté au mois de souscription et ne change plus. La base, elle, n'est jamais figée : elle croît d'elle-même, par l'effet de la loi, du montant des produits déjà rattachés — ce n'est pas une évolution de marché mais une mécanique légale. Le frottement de l'exercice n est donc supérieur à celui de l'exercice n-1, à taux d'IS constant.
On voit immédiatement la conséquence : à capital de souscription et taux d'IS identiques, c'est le TME figé qui fait toute la différence d'une holding à l'autre. Un point de TME en moins à l'entrée, c'est un pourcentage d'assiette plus faible reconduit sur chaque exercice — et, comme ce pourcentage s'applique à une base qui se capitalise, un écart qui se creuseavec le temps au lieu de rester stable. C'est aussi pourquoi la date d'ouverture mérite d'être traitée comme un paramètre d'optimisation, au même titre que le choix de l'enveloppe ou de l'allocation.
La notion de seuil au-delà duquel le forfait devient avantageux
Le forfait est d'autant plus intéressant que le rendement réel du contrat dépasse le niveau du forfait (105 % × TME). Au-dessus de ce seuil, le forfait diffère une partie de l'impôt (vous êtes taxé sur une assiette forfaitaire inférieure au gain réel) ; en dessous, il peut surtaxer un contrat peu performant. Un TME figé bas abaisse durablement ce seuil, ce qui élargit la zone où le contrat travaille en votre faveur. La décomposition complète de ce seuil de bascule est détaillée dans le guide sur le calcul 105 % × TME.
Le levier sous-estimé
La plupart des dirigeants choisissent leur contrat de capitalisation sur les frais et la gamme de supports — rarement sur le mois de souscription. C'est dommage : sur un contrat conservé dix ou quinze ans, le TME figépèse sur chaque exercice — et de plus en plus lourdement, puisque la base du forfait se capitalise d'année en année. La fenêtre d'entrée est un paramètre d'optimisation à part entière, à condition de ne pas la confondre avec une promesse de rendement (voir le chapitre 7).
Le revers : que se passe-t-il si vous ouvrez un contrat en période de taux élevés ?
Le mécanisme joue dans les deux sens. Si souscrire en TME bas verrouille un frottement faible à vie, alors souscrire en TME élevé verrouille un frottement élevé à vie. Et contrairement à ce que l'on espère parfois, une baisse ultérieure des taux ne vient pas« réparer » le contrat : le forfait reste calé sur le TME figé à l'entrée.
Prenez un dirigeant qui ouvre son contrat de capitalisation au plus haut d'un cycle de taux. Deux ans plus tard, les taux d'État reculent nettement. Son forfait, lui, ne baisse pas d'un euro : il continue d'être calculé sur le TME élevé de sa date de souscription. Il subit donc, exercice après exercice, un pourcentage d'assiette plus lourd qu'un dirigeant ayant attendu la détente des taux. Pire : comme ce pourcentage plus élevé s'applique à une base qui se capitalise plus vite, l'écart en euros entre les deux dirigeants ne se contente pas de se répéter — il grandit à chaque exercice.
L'erreur durable
Signer un contrat de capitalisation dans la précipitation, en haut de cycle de taux, sans mesurer l'effet pérenne du figement, c'est s'exposer à un frottement élevé reconduit à chaque exercice — et croissant, puisque le taux figé s'applique à une base qui se capitalise. Ce n'est pas une erreur ponctuelle : c'est une erreur qui se répète, et s'alourdit, tant que le contrat vit. D'où l'intérêt d'en discuter avec un conseiller avant de signer.
Ce mécanisme de « taux figé à l'entrée » n'est pas propre au contrat de capitalisation. On le retrouve, sous une autre forme, sur le compte à terme, où le taux est lui aussi bloqué à l'ouverture. Pour comprendre comment évolue le TME — qui dérive du rendement des emprunts d'État —, notre guide investir en obligations en 2026 resitue ce taux dans le contexte plus large des taux longs.
Cas chiffré : deux holdings, même capital, deux dates de souscription
Un exemple chiffré rend l'effet du figement concret. Prenons deux holdings, A et B, qui placent exactement le même capital de 500 000 €sur un contrat de capitalisation, à l'IS de 25 %. Seule différence : leur mois de souscription, et donc leur TME figé.
| Contrat | TME figé (hypothèse) | Taux du forfait (105 % × TME) | Assiette année 1 | IS année 1 | IS année 10 | IS cumulé sur 10 ans | Drag an 1 → an 10 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| A — fenêtre TME bas | 1,5 % | 1,575 % | 7 875 € | 1 969 € | 2 266 € | 21 143 € | 0,39 % → 0,45 % |
| B — fenêtre TME haut | 3,5 % | 3,675 % | 18 375 € | 4 594 € | 6 357 € | 54 329 € | 0,92 % → 1,27 % |
| Écart A vs B | +2 points de TME | +2,10 pts | +10 500 € | +2 625 € | +4 091 € | +33 186 € | +0,53 pt → +0,82 pt |
Déroulons le calcul étape par étape, pour que vous puissiez le refaire sur votre propre contrat. Année 1, la base est le capital de souscription. Contrat A : 500 000 € × 1,575 % = 7 875 € d'assiette, soit 1 969 €d'IS (à 25 %). Contrat B : 500 000 € × 3,675 % = 18 375 € d'assiette, soit 4 594 € d'IS. L'écart de la première année ressort à 2 625 €.
Et c'est ici que le raisonnement intuitif dérape: il serait faux de multiplier cet écart par dix. La base n'est pas figée — seul le taux l'est. Année 2, le contrat B est taxé sur 518 375 € (les 500 000 € de départ plus les 18 375 € déjà rattachés), soit 19 050 € d'assiette et 4 763 € d'IS. Année après année, l'écart se creuse : en année 10, l'assiette du contrat A atteint 9 064 € (2 266 € d'IS) contre 25 427 € pour le contrat B (6 357 € d'IS) — l'écart annuel est passé de 2 625 € à 4 091 €.
Sur dix exercices, l'IS cumulé ressort à 21 143 € pour le contrat A et à 54 329 € pour le contrat B, soit un écart de 33 186 €— et non 26 250 €, chiffre auquel conduirait à tort un calcul à base constante. Le seul fait d'avoir signé dans une fenêtre de TME bas plutôt qu'élevé. Rappelons toutefois ce qu'on a vu au chapitre 2 : ces montants sont une avance de trésorerie fiscale, régularisée au dénouement sur le produit réellement constaté, et non une taxation définitivement perdue.
Note de méthode — comment lire ce cas chiffré
Ce tableau isole volontairement une seule variable, le TME figé, pour en montrer l'effet pur : le capital de souscription (500 000 €) et le taux d'IS (25 %) sont identiques entre A et B. Les assiettes et l'IS sont calculés selon la méthode légale des annuités progressives— base de l'année 1 égale au capital de souscription, puis majorée chaque année des produits déjà rattachés (CGI art. 238 septies E, II-2 et II-3 ; BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20, § 80 et § 230). Hypothèses arrêtées au 28 juillet 2026, sans versement ni rachat partiel sur la période, et sans changement de taux d'IS. Dans la réalité, un versement complémentaire, un rachat partiel ou une évolution du barème de l'IS modifieraient la trajectoire. Ces chiffres sont donc strictement illustratifs et non garantis : ils mesurent un écart de frottement fiscal, pas une performance. Tout placement en contrat de capitalisation comporte un risque de perte en capital.
Hypothèses, pas valeurs de marché
Les TME de 1,5 % et 3,5 % retenus ci-dessus sont des hypothèses illustratives destinées à matérialiser un écart, pas des valeurs de marché affirmées. Un TME proche de 1,5 % évoque le point bas type 2019-2021 ; 3,5 % est plus proche du contexte récent. Ces scénarios sont fournis à titre pédagogique : ils ne constituent ni une prévision, ni une promesse, et le placement comporte un risque de perte en capital.
Ordre de grandeur réel pour une souscription au premier semestre 2026
À titre d'ancrage, un contrat souscrit au premier semestre 2026 figerait un TME de l'ordre de 3,5 à 3,8 % (le TME ressort à 3,58 % en janvier 2026, source série Banque de France / Caisse des dépôts). Sur 500 000 € à l'IS 25 %, le taux du forfait s'établit à 105 % × 3,58 % = 3,759 %. La première année, l'assiette ressort donc à 18 795 €, soit 4 699 € d'IS et un drag de 0,94 %du capital de souscription. Mais la base se capitalisant, l'assiette atteint 21 784 € en année 5 (5 446 € d'IS) et 26 198 €en année 10 (6 550 € d'IS, soit un drag de 1,31 %) : l'IS cumulé sur dix exercices s'élève à 55 787 €, contre 46 988 € si l'on multipliait — à tort — la première annuité par dix. Le TME variant chaque mois, cette valeur est à vérifier au mois exact de votre souscription auprès de la Banque de France ou de la Caisse des dépôts.
Est-ce le bon moment pour ouvrir votre contrat de capitalisation ?
Vous vous demandez si le TME du moment justifie de signer maintenant, d'attendre, ou de conserver un contrat existant ? Hagnéré Patrimoine analyse le TME, votre allocation et le timing de souscription. Parlons-en.
Faut-il attendre, ou arbitrer un ancien contrat ?
C'est la question pratique qui découle de tout ce qui précède. Si la date d'ouverture fige le frottement, faut-il temporiser jusqu'à une fenêtre de TME bas — et que faire d'un contrat déjà ouvert ? Deux situations très différentes.
Attendre une baisse des taux pour souscrire ?
Attendre une fenêtre de TME bas peut abaisser le forfait, mais ce n'est pas un free lunch: un TME bas s'accompagne généralement d'un environnement de rendements eux aussi bas (nous y revenons au chapitre suivant). Reporter une souscription pour « gagner » sur le forfait peut donc se traduire par un manque-à-gagner sur le rendement pendant l'attente. La fenêtre de timing n'a de sens que si elle s'inscrit dans une décision d'allocation cohérente — c'est précisément l'objet de notre guide pilier sur l'arbitrage CTO vs contrat de capitalisation.
Arbitrer ou transférer un ancien contrat ?
C'est là que je vois passer le plus d'erreurs : racheter un contrat puis en re-souscrire un nouveau revient à figer le TME courant. Vous perdez le TME ancien — qui peut être bien plus favorable que celui du jour. Un contrat ouvert dans une période de taux bas, dont le forfait est verrouillé à un niveau modeste, peut donc valoir mieux qu'un contrat neuf aujourd'hui, même si ce dernier affiche une gamme de supports plus moderne.
Attention à la nuance : un arbitrage interneau sein du même contrat (vous changez d'unités de compte sans racheter le contrat) ne touche pasau TME figé — c'est le contrat lui-même, identifié par sa date de souscription, qui porte le taux. En revanche, un rachat suivi d'une nouvelle souscription, ou un transfert vers un nouveau contrat, constitue bien une nouvelle entrée et fige le TME du moment.
Le piège du transfert
Avant de remplacer un contrat de capitalisation existant, vérifiez le TME figé qu'il porte. Si ce TME est bas, le conserver peut représenter une économie de frottement reconduite à chaque exercice — et qui s'amplifie avec le temps, puisque l'écart de taux s'applique à une base qui se capitalise. Un avantage que vous perdriez en re-souscrivant aujourd'hui. Le « contrat plus récent » n'est pas toujours le plus efficient fiscalement.
Le même raisonnement s'applique si vous envisagez de basculer vers un contrat de capitalisation luxembourgeois pour holding : côté France, le 238 septies E s'applique de la même manière, et la souscription luxembourgeoise fige elle aussi le TME courant. L'intérêt d'un tel contrat (architecture ouverte, multi-devises, triangle de sécurité) se juge sur d'autres critères — pas sur un avantage de TME, qui dépend uniquement de la date.
Ce qu'il faut retenir avant de signer ou de remplacer
- Avant d'ouvrir : le TME du mois de souscription se figera à vie. Intégrez-le au choix, sans pour autant transformer le timing en pari de marché.
- Avant de remplacer: vérifiez le TME figé de votre contrat actuel. S'il est bas, le racheter pour re-souscrire reviendrait à figer le TME — plus élevé — d'aujourd'hui.
- Sans risque : un simple arbitrage interne(changer d'unités de compte dans le même contrat) ne touche pas au TME figé. Seule une nouvelle entrée le réinitialise.
Quel rapport entre le TME figé et le rendement réel de votre contrat ?
La nuance est décisive : c'est elle qui sépare la lecture du dirigeant pressé de celle de son conseiller. Oui, un TME figé bas est favorable au forfait. Mais un TME bas signale en général un environnement de rendements bas: les emprunts d'État rapportent peu, et c'est précisément de leur rendement que dérive le TME. L'avantage du figement est donc un avantage fiscal (un frottement réduit), pas un avantage de rendement.
Autrement dit, on ne « choisit » jamais un TME bas dans le vide. Le frottement faible ne crée aucune performance : il réduit seulement le coût fiscal d'un placement dont le rendement, lui, dépend de l'allocation, du gestionnaire et du risque accepté. Présenter le timing du TME comme une martingale, ce serait vous tromper. Il faut l'intégrer comme unecomposante du coût global, parmi d'autres.
TME figé bas ≠ bon placement
Un contrat dont le TME figé est bas supporte un forfait réduit — c'est un avantage fiscal réel. Mais cela ne dit riende sa performance : un contrat à frottement faible peut très bien sous-performer, et un contrat à frottement plus élevé surperformer. La qualité d'un placement se mesure à l'ensemble enveloppe + allocation + horizon + coût fiscal— le TME figé n'en est qu'un maillon. Les chiffres de cet article sont illustratifs et comportent un risque de perte en capital.
C'est aussi pourquoi la décision d'ouvrir (ou non) un contrat de capitalisation en holding ne se tranche jamais sur le seul TME. Elle dépend de votre allocation cible — poche actions de long terme, diversification obligataire, supports structurés — et de la comparaison avec les autres enveloppes accessibles à une personne morale. C'est tout l'objet de notre guide pilier (CTO ou contrat de capitalisation) et du panorama des huit enveloppes pour placer la trésorerie d'une SAS ou SARL. Le TME figé est un argument de timing utile — jamais un argument suffisant.
Bonne nouvelle pour finir de rassurer : le contrat de capitalisation d'une holding, comme la trésorerie, les OPCVM, les SCPI et les FCPR, est exclu de l'assiette de la taxe sur le patrimoine des holdings (LF 2026 art. 7, art. 235 ter C du CGI). Ce n'est pas un actif somptuaire : votre enveloppe de capitalisation n'est pas visée par cette taxe.
Avertissement et mentions Hagnéré Patrimoine
Ce guide a une vocation strictement informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement individualisé, ni une recommandation personnalisée. Tous les chiffres présentés (notamment les TME de 1,5 % et 3,5 % du cas chiffré) sont illustratifs et non garantis; le TME réel varie chaque mois et doit être vérifié au mois de souscription auprès de la Banque de France ou de la Caisse des dépôts. Les assiettes et montants d'IS sont calculés selon la méthode légale des annuités progressives à base capitalisée(CGI art. 238 septies E, II-2 et II-3 ; BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20, § 80, 90, 230 et 310-311), hypothèses arrêtées au 28 juillet 2026, hors versement complémentaire et hors rachat partiel sur la période, à taux d'IS inchangé. Les placements évoqués comportent un risque de perte en capital. Une holding soumise à l'IS est hors du champ des prélèvements sociaux (art. L. 136-6 et L. 136-7 du CSS) : le seul impôt est l'IS. Hagnéré Patrimoine est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine et de fortune — Conseiller en Investissements Financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, Courtier en Assurance (COA), Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement (COBSP), ORIAS n° 23002291, cabinet à Chambéry (73000). Article rédigé par Quentin Hagnéré. Dernière mise à jour : 28 juillet 2026. Loi de finances 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026) et LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) prises en compte.
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