Structurez votre patrimoine de dirigeant avec un expert indépendant
Rémunération, holding, prévoyance, PER, protection du foyer et transmission : nous mettons à plat votre situation de dirigeant avant toute décision.
Votre holding s'apprête à loger 500 000 € sur un contrat de capitalisation, et la seule question qui vous reste est celle que personne n'a su chiffrer : combien l'État va-t-il prélever chaque année, même sans rachat ? Vous voulez le chiffre exact — pas un principe, pas une nuance juridique, le montant que votre société paiera réellement. Cette page déroule le calcul de la taxation forfaitaire annuelle (article 238 septies E du CGI) ligne par ligne : assiette de l'année = base retenue × (105 % × TME à la souscription), puis impôt = assiette × taux d'IS (25 %, ou 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice). Réponse immédiate sur notre cas type : pour 500 000 € et un TME supposé de 3,58 %, c'est 4 698,75 € d'IS la première année (≈ 0,94 % du capital), puis un montant qui croît chaque année parce que la base s'accroît des produits déjà rattachés — 42 925,34 € cumulés sur huit ans. Et zéro prélèvement social. Chez Hagnéré Patrimoine, nous le posons à l'euro près.
La plupart des dirigeants connaissent l'idée générale — « le contrat de capi en société est taxé forfaitairement chaque année » — sans avoir jamais vu le calcul tourner. Or c'est précisément ce calcul qui décide si l'enveloppe est efficiente ou non pour votre trésorerie. Pour le cadre juridique complet (qualification, régularisation au rachat, base légale), nous renvoyons vers notre guide article 238 septies E. Pour l'arbitrage global entre CTO et contrat de capitalisation, le pilier du cluster est CTO ou contrat de capitalisation : lequel choisir ? Ici, on ne traite que d'une chose : le combien.
Hagnéré Patrimoine (ORIAS 23002291, CIF membre CNCEF Patrimoine, COA, COBSP) structure la trésorerie de holdings patrimoniales, de SAS et de SELARL à l'IS. Tous les chiffres ci-dessous sont illustratifs et non garantis, fondés sur un TME présenté comme hypothèse explicite (à vérifier au mois de votre souscription auprès de la Caisse des dépôts) : nous n'inventons jamais un taux. Le récap en 60 secondes ci-dessous.
À retenir en 60 secondes
- La formule. Assiette de l'année n = base(n) × (105 % × TME à la souscription), avec base(1) = capital de souscription et base(n+1) = base(n) + assiette(n). Impôt = assiette × taux d'IS. Aucun autre prélèvement.
- Le taux est figé, pas la base. 105 % du TME est un forfait de taux, jamais un forfait d'assiette : la base s'accroît à la clôture de chaque exercice des produits déjà rattachés, si bien que les annuités imposables sont progressives (CGI art. 238 septies E, II-2 et II-3 ; BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20, § 80).
- Le chiffre. Pour 500 000 € de capital et un TME supposé de 3,58 %, l'assiette de la première année ressort à 18 795 € ; à l'IS de 25 %, l'impôt est de 4 698,75 €, soit ≈ 0,94 % du capital. La huitième année, l'assiette atteint 24 334,52 € et l'IS 6 083,63 € : sur huit ans, 42 925,34 € d'IS cumulés (illustratif).
- Une avance, pas une surtaxe. Le forfait est une avance de trésorerie fiscale : au dénouement, l'imposition porte sur le produit réel diminué des fractions déjà imposées (BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20, § 310 et 311).
- Le garde-fou cardinal. Une holding à l'IS est hors champ des prélèvements sociaux. Pas de CSG, pas de PS, pas de flat tax : le seul impôt est l'IS (art. L. 136-6 et L. 136-7 du Code de la sécurité sociale réservent la CSG aux personnes physiques).
Avertissement — Conformité CMF L. 533-13
Ce guide a une vocation strictement informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement individualisé, ni une recommandation personnalisée au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tous les montants présentés sont des exemples chiffrés illustratifs, non garantis, comportant un risque de perte en capital. Le TME utilisé est une hypothèse explicite à vérifier à la source (Caisse des dépôts / Banque de France) au mois de votre souscription : nous n'inventons aucun taux. Chaque décision doit faire l'objet d'une étude personnalisée par un conseiller en investissements financiers (CIF) enregistré à l'ORIAS. Hagnéré Patrimoine est CIF membre de la CNCEF Patrimoine (ORIAS 23002291), COA, COBSP.
Sommaire — 9 chapitres
- 1. À quoi sert le calcul 105 % × TME ?
- 2. Le TME : définition et où le trouver
- 3. La formule étape par étape : base, 105 %, TME, puis IS
- 4. Exemple chiffré complet sur un contrat de holding
- 5. Le frottement réel après impôt sur les sociétés
- 6. Projection sur huit ans : combien la holding paie-t-elle vraiment ?
- 7. Quand le forfait est-il plus avantageux que le rendement réel ?
- 8. Ce que cela change pour la trésorerie de votre société
- 9. FAQ — 9 questions sur le calcul du forfait
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en gestion de patrimoine · fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré dirige Hagnéré Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine et de fortune basé à Chambéry. Les habilitations réglementaires affichées concernent le cabinet.
1. La taxation forfaitaire annuelle : à quoi sert le calcul 105 % × TME ?
Le calcul 105 % × TME sert à déterminer, chaque année et sans attendre le rachat, la base imposable du contrat de capitalisation détenu par une personne morale à l'IS (art. 238 septies E du CGI). En pratique, l'administration considère que votre contrat produit forfaitairement 105 % du TME sur la base retenue : la valeur de souscription la première année, puis cette valeur majorée des produits forfaitaires déjà rattachés aux exercices précédents. Ce produit théorique est ajouté au résultat imposable et taxé à l'IS. Aucun prélèvement social ne s'applique.
Pourquoi un forfait plutôt que le rendement réel ? Parce que, contrairement à une personne physique qui n'est imposée qu'au rachat, une société à l'IS doit rattacher un produit à chaque exercice. Le législateur a donc retenu une prime de remboursement forfaitaire calculée mécaniquement, plutôt que de demander une valorisation annuelle des unités de compte. Le détail du mécanisme (qualification, régularisation au rachat sur les produits réels, base BOFiP) est traité dans le guide fiscalité du contrat de capitalisation pour une personne morale. Ici, nous prenons ce cadre comme acquis et nous le faisons parler en euros.
1.1. Ce que le calcul vous dit — et ce qu'il ne dit pas
Le forfait vous donne le frottement fiscal de l'enveloppe, année par année. Il ne vous dit rien de la performance de vos supports : un contrat peut très bien rapporter 5 % et n'être taxé que sur 105 % du TME. C'est même tout l'intérêt de l'enveloppe quand le TME est modéré. Le calcul sert à deux choses : budgéter précisément l'impôt de chaque exercice, et le comparer au rendement réel attendu pour savoir si l'enveloppe travaille pour vous (chapitre 7).
À quoi sert le calcul 105 % × TME, en une phrase ?
Il fixe la base imposable de chaque exercice de votre contrat de capitalisation en holding — base retenue × 105 % × TME à la souscription, la base étant le capital la première année puis cette base majorée des produits déjà rattachés — que vous ajoutez au résultat et taxez à l'IS (25 % ou 15 %). C'est le seul impôt : une holding à l'IS ne paie aucun prélèvement social.
Le lexique express — 5 mots à connaître avant le calcul
- TME : Taux Moyen des Emprunts d'État, le rendement moyen de la dette publique française de long terme. C'est le seul paramètre variable de votre forfait (chapitre 2).
- Base retenue : le montant auquel on applique 105 % × TME. Elle vaut la valeur de souscription la première année, puis elle est majorée chaque année des produits forfaitaires déjà rattachés (CGI art. 238 septies E, II-2).
- Assiette : le montant sur lequel on applique l'impôt de l'exercice. Ici, ce n'est pas votre gain réel mais un forfait : base retenue × 105 % × TME.
- IS : impôt sur les sociétés, 25 % au taux normal (15 % sur une première tranche pour les PME éligibles). C'est l'unique impôt de votre holding sur ce contrat.
- Frottement fiscal : l'impôt d'un exercice exprimé en pourcentage du capital initial — l'indicateur « combien ça me coûte cette année-là » (chapitre 5).
2. Le TME, taux moyen des emprunts d'État : définition et où le trouver
Le TME (Taux Moyen des Emprunts d'État) est le taux de rendement moyen, sur le marché secondaire, des emprunts d'État français à taux fixe de durée supérieure à 7 ans. Il est publié chaque mois par la Caisse des dépôts, en coordination avec la Banque de France, et exprimé avec deux décimales. C'est ce taux, et lui seul, qui sert d'assiette à la taxation forfaitaire de votre contrat de capitalisation.
2.1. Où trouver le TME du mois
Le TME mensuel est consultable gratuitement sur le portail Webstat de la Banque de France (série « Taux des emprunts d'État ayant une échéance de plus de 7 ans — TME »), ainsi que sur les publications de la Caisse des dépôts. La valeur retenue pour votre calcul est le dernier TME connu lors de l'acquisition — en pratique celui du mois de souscription ou celui du mois précédent, selon la date de publication : faites confirmer par écrit le taux retenu au moment de signer. Avant toute souscription, relevez vous-même le TME du mois en cours : c'est un réflexe simple qui conditionne tout le frottement fiscal à venir.
Garde-fou — le TME est une donnée à vérifier, jamais à inventer
Dans tout ce guide, nous travaillons avec un TME supposé de 3,58 % (ordre de grandeur observé sur une publication mensuelle récente). C'est une hypothèse de travail, pas une valeur officielle figée : le TME varie chaque mois. Vérifiez systématiquement le TME du mois exact de votre souscription sur Webstat ou auprès de votre assureur avant tout calcul définitif.
2.2. Le point décisif : le TME est figé à la souscription
Le TME retenu n'est pas réévalué chaque année : c'est celui de la date de souscription, et il reste figé pour toute la durée du contrat. Souscrire quand le TME est bas verrouille un frottement faible à vie ; souscrire quand il est haut le verrouille à un niveau élevé. Cette mécanique — et la stratégie de timing qu'elle ouvre — est développée dans notre guide TME figé à la souscription : pourquoi la date d'ouverture change tout. Pour la suite, retenez simplement que le taux que vous figez aujourd'hui vous accompagnera des années.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Nature | Rendement moyen des emprunts d'État français > 7 ans |
| Publié par | Caisse des dépôts (avec la Banque de France) |
| Fréquence | Mensuelle, deux décimales |
| Où le trouver | Webstat Banque de France, publications Caisse des dépôts |
| Valeur retenue | Le dernier TME connu lors de l’acquisition — en pratique celui du mois de souscription ou du mois précédent, selon la date de publication |
| Évolution dans le temps | Figé pour toute la durée du contrat (le taux, pas la base) |
| Rôle dans le calcul | Assiette de l’année n = base(n) × (105 % × TME) |
Vous avez le taux et vous savez où le trouver. Il ne reste plus qu'à le faire entrer dans la formule — et à dérouler le calcul, étape par étape.
3. La formule étape par étape : base, 105 %, TME, puis IS
Le calcul se déroule en deux temps : d'abord l'assiette (la base imposable de l'exercice), ensuite l'impôt (en appliquant le taux d'IS de la holding). Un point est décisif et se joue dès la première ligne : le taux est figé, la base ne l'est pas. L'article 238 septies E, II-2 du CGI prévoit que « le prix d'acquisition est majoré de la fraction de la prime et des intérêts capitalisés à la date anniversaire », et le II-3 — celui qui institue le taux forfaitaire de 105 % du TME — précise que « les dispositions du 2 s'appliquent », en n'y substituant que le taux. La formule complète, posée proprement :
Taxation forfaitaire annuelle — article 238 septies E CGI (annuités progressives)
Le taux, figé une fois pour toutes i = 105 % × TME du mois de souscription Étape 1 — Assiette imposable de l'exercice n Base(1) = capital de souscription Assiette(n) = Base(n) × i Base(n+1) = Base(n) + Assiette(n) Étape 2 — Impôt de l'exercice n à l'IS Impôt(n) = Assiette(n) × Taux d'IS Forme fermée (contrôle) Assiette(n) = C0 × i × (1 + i)^(n−1) Cumul(N) = C0 × [(1 + i)^N − 1]
- Base :valeur de souscription la 1re année, puis majorée chaque année des produits forfaitaires déjà rattachés (CGI art. 238 septies E, II-2 ; BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20, § 80)
- C0 :capital de souscription du contrat (versement initial)
- 105 % :coefficient légal appliqué au TME (art. 238 septies E, II-3)
- TME :taux moyen des emprunts d'État du mois de souscription, figé (hypothèse à vérifier)
- Taux d'IS :25 % au taux normal, ou 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice (PME éligible)
Le forfait de 105 % du TME est un forfait de TAUX, jamais un forfait d'assiette : la base s'accroît à la clôture de chaque exercice, si bien que les annuités imposables sont progressives. Aucun prélèvement social n'entre dans ce calcul : une holding à l'IS est hors champ CSG/PS. L'assiette s'ajoute au résultat imposable de l'exercice.
3.1. Étape 1 — l'assiette : base retenue × 105 % × TME
La première année, on part du capital de souscription (le versement initial). On lui applique 105 % du TME figé. Avec un TME supposé de 3,58 %, le coefficient d'assiette est donc 105 % × 3,58 % = 3,759 %. Pour 500 000 € de capital, l'assiette de la première année ressort à 500 000 × 3,759 % = 18 795 €. C'est ce montant qui s'ajoute au résultat imposable de la holding — pas le rendement réel du contrat.
À partir de la deuxième année, la base n'est plus le capital de souscription : elle est majorée des produits forfaitaires déjà rattachés. L'année 2 part donc de 500 000 + 18 795 = 518 795 €, ce qui donne une assiette de 518 795 × 3,759 % = 19 501,50 €, et ainsi de suite. Le taux, lui, ne bouge jamais. Cette progression n'est pas une hypothèse de notre part : elle résulte du II-2 de l'article 238 septies E, que le II-3 applique expressément, et la doctrine l'énonce mot pour mot — « les annuités imposables jusqu'à l'échéance sont progressives, dès lors que leur base de calcul est accrue à la clôture de chaque exercice de la fraction de la prime et des intérêts capitalisés » (BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20, § 80, auquel le § 230 renvoie expressément pour le cas des 105 % du TME).
3.2. Étape 2 — l'impôt : assiette × taux d'IS
On applique ensuite le taux d'IS de la holding à cette assiette. Au taux normal de 25 %, l'impôt de la première année est de 18 795 × 25 % = 4 698,75 € ; celui de la deuxième, de 19 501,50 × 25 % = 4 875,38 €. Si la holding bénéficie du taux réduit PME de 15 % sur la fraction jusqu'à 42 500 € de bénéfice (CA < 10 M€, capital détenu à ≥ 75 % par des personnes physiques — seuil maintenu en 2026), la fraction concernée n'est taxée qu'à 15 %, soit 2 819,25 € sur l'assiette de la première année.
Le détail qui compte — figer le taux n'est pas figer la base
Beaucoup de présentations réduisent le forfait à « capital × 105 % × TME », comme si l'assiette était identique chaque année. Ce n'est pas la règle : 105 % du TME est un forfait de taux, jamais un forfait d'assiette. Le II-3 de l'article 238 septies E se borne à substituer ce taux au taux actuariel du II-2, lequel prévoit que le prix d'acquisition est majoré de la fraction de prime et des intérêts capitalisés. Un taux actuariel est par construction un taux à intérêts composés : une base figée ne reconstituerait jamais la prime légale. Pour le mécanisme précis et la régularisation au dénouement, voyez le guide article 238 septies E.
4. Exemple chiffré complet sur un contrat de holding
Passons aux chiffres sur un cas réel, déroulé de bout en bout. Hypothèses (illustratives, non garanties) : une holding patrimoniale à l'IS souscrit un contrat de capitalisation de 500 000 €. Le TME supposé du mois de souscription est de 3,58 % (à vérifier à la source). La holding est à l'IS de droit commun (25 %).
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Capital de souscription | — | 500 000 € |
| Coefficient d’assiette (figé) | 105 % × 3,58 % | 3,759 % |
| Base retenue — année 1 | Capital de souscription | 500 000 € |
| Assiette imposable — année 1 | 500 000 € × 3,759 % | 18 795,00 € |
| Impôt à l’IS — année 1 | 18 795,00 € × 25 % | 4 698,75 € |
| Frottement année 1 (% du capital) | 4 698,75 € ÷ 500 000 € | ≈ 0,94 % |
| Base retenue — année 2 | 500 000 € + 18 795,00 € | 518 795,00 € |
| Assiette imposable — année 2 | 518 795,00 € × 3,759 % | 19 501,50 € |
| Impôt à l’IS — année 2 | 19 501,50 € × 25 % | 4 875,38 € |
| Prélèvements sociaux | Holding à l’IS = hors champ | 0 € |
Votre holding budgète donc 4 698,75 € d'IS la première année au titre du forfait, soit un frottement de 0,94 % du capital, puis 4 875,38 € la deuxième — et ainsi de suite, la base s'accroissant de 3,759 % chaque exercice. C'est le coût fiscal de l'enveloppe, indépendamment de ce que rapportent réellement vos supports. Et c'est tout : pas de CSG, pas de prélèvement de solidarité, pas de flat tax — ces prélèvements ne visent que les personnes physiques. La projection complète sur huit ans est au chapitre 6.
Note de méthode : le CAS A est un exemple illustratif et non garanti, construit sur des hypothèses explicites. Il montre la mécanique du calcul, pas un résultat promis : votre frottement réel dépendra du TME exact du mois de souscription et de votre taux d'IS effectif, et la performance de vos supports comporte un risque de perte en capital.
4.1. Variante avec un TME arrondi à 3,5 %
Pour montrer la sensibilité dès maintenant : avec un TME supposé de 3,5 %, le coefficient d'assiette devient 105 % × 3,5 % = 3,675 %. L'assiette de la première année ressort à 500 000 × 3,675 % = 18 375 € ; à l'IS de 25 %, l'impôt est de 4 593,75 €, soit un frottement de ≈ 0,92 % cette année-là. Un écart de TME de 0,08 point déplace le frottement de la première année de 0,02 point — et, l'écart se composant d'année en année, il se creuse ensuite : le niveau du TME compte, et c'est précisément pourquoi le figer bas est un avantage durable.
Vous voulez le chiffre exact pour votre contrat ?
Hagnéré Patrimoine calcule votre 105 % × TME au mois exact de souscription et le projette dans le temps, en intégrant votre taux d'IS réel (25 % ou 15 %).
5. Le frottement réel après impôt sur les sociétés
Le frottement réel est le coût fiscal d'un exercice exprimé en pourcentage du capital. Pour la première année, il se résume à une formule courte : 105 % × TME × taux d'IS. Les années suivantes, cette même formule s'applique à une base plus élevée : rapporté au capital initial, le frottement croît donc au rythme de 105 % × TME par an. C'est l'indicateur à retenir pour comparer l'enveloppe à une autre, ou pour mesurer ce que la fiscalité vous prélève, avant même de parler de performance.
5.1. La sensibilité au niveau du TME
Comme le TME est le seul paramètre variable de l'équation (le coefficient 105 % et le taux d'IS étant fixes pour une holding donnée), le frottement dépend entièrement de lui. La grille de sensibilité pour la première année, à l'IS de 25 %, avec plusieurs niveaux de TME pour encadrer la réalité :
| TME (hypothèse) | Coefficient d'assiette (105 % × TME) | Frottement année 1 (IS 25 %) | IS année 1 sur 500 000 € |
|---|---|---|---|
| 2,00 % | 2,10 % | 0,525 % | 2 625,00 € |
| 3,00 % | 3,15 % | 0,7875 % | 3 937,50 € |
| 3,58 % (hypothèse centrale) | 3,759 % | 0,9398 % | 4 698,75 € |
| 4,00 % | 4,20 % | 1,05 % | 5 250,00 € |
Lecture : entre un TME de 2 % et un TME de 4 %, le frottement double, passant de 0,525 % à 1,05 % du capital dès la première année. Sur 500 000 €, c'est un écart de 2 625 € contre 5 250 € sur ce seul exercice — pour la même enveloppe et le même capital. Et comme la base se capitalise à ce rythme, l'écart s'amplifie d'année en année. La date de souscription, qui fige le TME, n'est donc pas un détail.
5.2. L'effet du taux réduit d'IS à 15 %
Si la fraction de bénéfice concernée bénéficie du taux réduit PME de 15 %, le frottement chute mécaniquement. Sur le CAS A (assiette de la première année 18 795 €), l'impôt passe de 4 698,75 € à 2 819,25 €, soit un frottement de ≈ 0,56 % au lieu de 0,94 % cette année-là. Attention toutefois : le forfait s'ajoute au résultat imposable global, et le taux réduit ne s'applique qu'à la fraction de bénéfice jusqu'à 42 500 € (CA < 10 M€, capital détenu à ≥ 75 % par des personnes physiques). Au-delà, c'est le taux normal de 25 % qui s'applique.
Ne pas confondre avec le CTO (article 209-0 A)
Le forfait du contrat de capitalisation est une règle d'assiette propre (238 septies E). Elle n'a rien à voir avec la taxation des OPCVM logés dans un compte-titres de société (article 209-0 A), qui repose sur une réévaluation annuelle (mark-to-market) des plus-values latentes. Deux enveloppes, deux logiques fiscales : le contrat de capitalisation taxe un forfait sur une base capitalisée, indépendante de la valeur réelle du contrat ; le CTO réévalue les supports OPCVM chaque clôture, à leur valeur de marché (sauf exception des fonds investis à ≥ 90 % en actions).
6. Projection sur huit ans : combien la holding paie-t-elle vraiment ?
Le forfait frappant chaque exercice, son coût se cumule — et il augmente, puisque la base s'accroît chaque année des produits déjà rattachés. Projetons le CAS A (capital 500 000 €, TME supposé 3,58 %, coefficient figé i = 105 % × 3,58 % = 3,759 %, IS 25 %) sur huit ans pour visualiser le coût fiscal total de l'enveloppe, hors performance des supports. La colonne « base à l'ouverture » n'est pas décorative : c'est elle qui porte toute la mécanique.
| Année | Base à l’ouverture | Assiette (base × 3,759 %) | IS de l’exercice (25 %) | Base à la clôture | IS cumulé |
|---|---|---|---|---|---|
| Année 1 | 500 000,00 € | 18 795,00 € | 4 698,75 € | 518 795,00 € | 4 698,75 € |
| Année 2 | 518 795,00 € | 19 501,50 € | 4 875,38 € | 538 296,50 € | 9 574,13 € |
| Année 3 | 538 296,50 € | 20 234,57 € | 5 058,64 € | 558 531,07 € | 14 632,77 € |
| Année 4 | 558 531,07 € | 20 995,18 € | 5 248,80 € | 579 526,25 € | 19 881,56 € |
| Année 5 | 579 526,25 € | 21 784,39 € | 5 446,10 € | 601 310,64 € | 25 327,66 € |
| Année 6 | 601 310,64 € | 22 603,27 € | 5 650,82 € | 623 913,91 € | 30 978,48 € |
| Année 7 | 623 913,91 € | 23 452,92 € | 5 863,23 € | 647 366,84 € | 36 841,71 € |
| Année 8 | 647 366,84 € | 24 334,52 € | 6 083,63 € | 671 701,35 € | 42 925,34 € |
Sur huit ans, votre holding aura acquitté 42 925,34 € d'IS au titre du forfait, soit 8,59 % du capital initial sur la période. L'annuité imposable, elle, passe de 18 795,00 € la première année à 24 334,52 € la huitième, soit +29,47 %. À mettre en face de ce que vos supports auront rapporté sur la même durée.
Le contrôle qui prouve la méthode — le tableau doit boucler
La somme des huit assiettes vaut 171 701,35 €, ce qui est exactement la différence entre la base de clôture de l'année 8 (671 701,35 €) et le capital de souscription (500 000 €). C'est aussi, au centime près, ce que donne la forme fermée : C₀ × [(1 + i)8 − 1] = 500 000 × [(1,03759)8 − 1] = 171 701,35 €. Un calcul à base figée donnerait 18 795 × 8 = 150 360 € et ne bouclerait pas : il laisserait 21 341,35 € de prime jamais rattachés à aucun exercice, ce qui est incompatible avec l'obligation de répartir la totalité de la prime jusqu'au remboursement. Le même contrôle sur l'exemple chiffré officiel du BOFiP (1 000 €, taux actuariel 9 %, 4 exercices) redonne bien 90,00 / 98,10 / 106,93 / 116,55 €, soit 411,58 € et une valeur finale de 1 411,58 € (BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20, § 140 à 160).
Pourquoi le frottement n'est pas constant — le § 80, en toutes lettres
On lit souvent une projection à assiette identique chaque année. Elle est non conforme, et l'écart n'a rien de marginal : la doctrine énonce que « les annuités imposables jusqu'à l'échéance sont progressives, dès lors que leur base de calcul est accrue à la clôture de chaque exercice de la fraction de la prime et des intérêts capitalisés » (BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20, § 80 — auquel le § 230, propre au cas du taux forfaitaire de 105 % du TME, renvoie expressément). Sur nos hypothèses, une projection à base figée annoncerait 37 590 € d'IS sur huit ans quand la règle en produit 42 925,34 € : +5 335,34 €, soit +14,19 %. L'écart relatif vaut [(1 + i)N− 1] ÷ (N × i) − 1 : il est indépendant du capital et du taux d'IS, et il croît avec l'horizon. Tous les montants sont illustratifs et fondés sur un TME supposé.
Une avance de trésorerie fiscale, pas une sur-imposition définitive
Ces 42 925,34 € ne sont pas un impôt perdu. Le forfait est une avance de trésorerie fiscale : au dénouement du contrat, l'imposition porte sur le produit réel diminué des fractions déjà imposées au titre des exercices antérieurs (BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20, § 310 et 311). Si le contrat a rapporté moins que le forfait, la régularisation joue en votre faveur ; s'il a rapporté davantage, le complément est imposé à ce moment-là. Le vrai coût du forfait n'est donc pas l'impôt lui-même, c'est le fait de le payer avant d'avoir encaissé le gain — et l'écart entre forfait et rendement réel, objet du chapitre suivant.
Le coût fiscal face au gain potentiel — mettre les 8,59 % en perspective
Ces 42 925,34 € cumulés sur 8 ans ne se lisent jamais seuls. Si, sur la même période, votre allocation produit en moyenne nettement plus que les ≈ 3,76 % du point de bascule (chapitre 7), le forfait vous a coûté moins que ce qu'une taxation au réel aurait prélevé : l'enveloppe a travaillé pour vous. À l'inverse, si vos supports stagnent sous ce seuil, le forfait pèse davantage — d'où l'importance de figer un TME bas et de viser une allocation cohérente avec l'horizon. Aucun rendement n'est garanti : ce raisonnement compare des scénarios illustratifs, pas des promesses.
7. Quand le forfait est-il plus avantageux que le rendement réel ?
Le forfait est avantageux dès lors que votre contrat rapporte plus que ce sur quoi vous êtes taxé. Vous êtes taxé sur 105 % du TME ; si le rendement brut réel du contrat dépasse ce niveau, vous êtes imposé sur moins que votre gain effectif — le forfait joue en votre faveur. Avec un TME supposé de 3,58 %, le point de bascule se situe donc à un rendement brut de 105 % × 3,58 % = 3,759 %, que l'on peut retenir comme ≈ 3,76 %.
7.1. CAS B — la holding au-dessus et en dessous du point de bascule
Reprenons le CAS A sur sa première année (capital 500 000 €, assiette forfaitaire 18 795 €) et faisons varier le rendement réel du contrat. On compare le produit réellement généré au montant sur lequel la holding est taxée. Un point de méthode : le forfait et le rendement réel se capitalisent tous deux, mais chacun sur sa propre base — le forfait sur la base fiscale, le rendement sur la valeur réelle du contrat. La comparaison ci-dessous vaut donc pour la première année ; le sens du verdict, lui, ne change pas avec le temps, puisque c'est le rapport entre les deux taux qui le détermine.
| Rendement réel brut | Produit réel — année 1 | Base taxée (forfait) — année 1 | Verdict |
|---|---|---|---|
| 2,00 % | 10 000 € | 18 795 € | Défavorable — taxé sur plus que le gain |
| 3,759 % (bascule) | 18 795 € | 18 795 € | Neutre — forfait = gain réel |
| 5,00 % | 25 000 € | 18 795 € | Favorable — taxé sur moins que le gain |
| 7,00 % | 35 000 € | 18 795 € | Très favorable |
Ce que dit le tableau : si votre contrat rapporte 2 %, vous êtes taxé sur 18 795 € alors que vous n'avez gagné que 10 000 € — le forfait constitue une avance d'impôt défavorable, que la régularisation au dénouement viendra corriger sur les produits réels. À l'inverse, à 5 % ou 7 %, vous gagnez bien plus que la base taxée : le forfait devient un atout. En clair : plus vos supports battent le point de bascule, plus l'enveloppe joue pour vous.
La règle en une phrase
Le forfait est avantageux quand le rendement réel dépasse 105 % du TME (≈ 3,76 % dans notre hypothèse), et défavorable en dessous. Un TME figé bas verrouille ce seuil pour des années : tant que votre allocation vise au-dessus, l'avantage tient dans la durée. L'arbitrage global entre cette enveloppe et le CTO est traité dans le guide pilier du cluster.
8. Ce que cela change pour la trésorerie de votre société
Pour la trésorerie de votre holding, le calcul 105 % × TME change deux choses très concrètes : il rend le coût fiscal prévisible (vous budgétez l'IS du forfait à l'avance, à l'euro près), et il rend l'enveloppe capitalisante (le contrat n'est pas réévalué chaque clôture comme un CTO sur OPCVM). Deux différences que n'offrent ni le compte à terme ni le compte-titres sur OPCVM.
8.1. Un coût fiscal connu d'avance
Contrairement à un placement dont l'impôt dépend des plus-values réalisées ou latentes, le forfait du contrat de capitalisation est connu dès la souscription : vous figez le TME, vous connaissez votre taux d'IS, vous obtenez la trajectoire complète du frottement, exercice par exercice, pour toute la durée. Prévisible ne veut pas dire constant : le montant croît chaque année de 105 % × TME, mais il se calcule d'avance à l'euro près. Le directeur financier inscrit un échéancier, pas une ligne unique — et aucune surprise au bilan de clôture. Pour replacer cette enveloppe parmi toutes les options de trésorerie d'une société, voyez notre guide placer la trésorerie de sa SAS ou SARL (8 enveloppes comparées), et pour le fonctionnement de l'enveloppe elle-même, le guide comment fonctionne un contrat de capitalisation en holding.
8.2. Le forfait n'est pas un prélèvement social — et pas la taxe holdings
Deux confusions fréquentes à écarter. D'abord, aucun prélèvement social ne frappe votre holding : CSG, CRDS et prélèvements sociaux (17,2 %, 18,6 %, prélèvement de solidarité) sont réservés aux personnes physiques (art. L. 136-6 et L. 136-7 du Code de la sécurité sociale). Le seul impôt est l'IS. Ensuite, votre contrat de capitalisation n'entre pas dans l'assiette de la taxe sur les holdings de l'article 7 de la loi de finances 2026.
Taxe holdings LF 2026 art. 7 — le contrat de capi est exclu
La taxe de l'article 7 de la LF 2026 vise certains actifs somptuaires. La trésorerie, les OPCVM, les contrats de capitalisation, les SCPI et les FCPR sont expressément exclus de son assiette. Votre contrat de capitalisation de holding n'est donc pas concerné. Détails dans le guide dédié à la taxe sur les holdings patrimoniales (LF 2026 art. 7).
8.3. Le récap actionnable
En quatre gestes : (1) relevez le TME du mois envisagé pour la souscription (Webstat / Caisse des dépôts) et figez i = 105 % × TME ; (2) appliquez i × taux d'IS au capital pour obtenir le frottement de la première année ; (3) déroulez les exercices suivants en ajoutant chaque année l'assiette à la base — ou, plus vite, avec la forme fermée C₀ × [(1 + i)N− 1] × taux d'IS pour l'IS cumulé sur N ans ; (4) comparez ce frottement au rendement réel attendu de votre allocation pour vérifier que vous êtes au-dessus du point de bascule (≈ 3,76 % dans notre hypothèse). Si vous voulez ce calcul fait à l'euro près, avec le TME du bon mois et votre taux d'IS réel, nous le posons avec vous.
Calcul du frottement de votre contrat de capitalisation
Vous voulez le chiffre exact du frottement fiscal de votre contrat de capitalisation en holding ? Hagnéré Patrimoine calcule votre 105 % × TME au mois exact, intègre votre IS (25 % ou 15 %) et le projette dans le temps.
9. FAQ — 9 questions sur le calcul du forfait
Les 9 questions qui reviennent le plus en rendez-vous sur le calcul de la taxation forfaitaire du contrat de capitalisation en holding ; réponses détaillées juste en dessous. Pour le cadre juridique, voyez le guide article 238 septies E ; pour l'arbitrage CTO vs capi, le pilier du cluster.
Mentions Hagnéré Patrimoine
Hagnéré Patrimoine est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine et de fortune basé à Chambéry (73000). Conseiller en Investissements Financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, Courtier en Assurance (COA), Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement (COBSP) — ORIAS n° 23002291. Article rédigé par Quentin Hagnéré, CGP CIF. Dernière mise à jour : 28 juillet 2026. Tous les montants chiffrés sont illustratifs et non garantis ; le TME est une hypothèse explicite à vérifier au mois de souscription auprès de la Caisse des dépôts. Les projections sont établies selon la méthode des annuités progressives à base capitalisée (CGI art. 238 septies E, II-2 et II-3 ; BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20, § 80 et § 230). Une holding à l'IS est hors du champ des prélèvements sociaux : le seul impôt sur ses revenus de placement est l'impôt sur les sociétés. Sources : CGI art. 238 septies E et 219 ; BOFiP BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-10 et BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20 (§ 80, 140 à 160, 230, 310 et 311) ; CSS art. L. 136-6 et L. 136-7 ; Caisse des dépôts / Banque de France (TME).

