Retraite progressive 2026 : pourquoi ce guide change tout
En 2026, la retraite progressive permet dès 60 ans de réduire son activité entre 40 et 80 % tout en percevant une fraction de pension (décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025). Condition principale : 150 trimestres tous régimes confondus. Le dispositif concerne salariés, fonctionnaires et TNS. Ce guide détaille conditions, calcul de la fraction, surcotisation, articulation PER, expatriation et 27 FAQ — par un CGP certifié.
Base légale : art. L. 161-22-1-5 à L. 161-22-1-9 CSS (section unifiée par la réforme Borne du 14 avril 2023), art. L. 351-15 et L. 351-16 CSS maintenus à titre transitoire pour le régime général, art. L. 241-3-1 CSS pour la surcotisation, art. L. 3123-27 du Code du travail pour la procédure employeur. Hagnéré Patrimoine vous guide, cas pratiques chiffrés à l'appui.
Vous avez 60 ans, parfois 61 ou 62. Vous avez commencé à travailler à 20 ans, peut-être même à 18. Quarante ans plus tard, vous ne comptez plus les matins où vous vous réveillez fatigué avant même d'avoir commencé. Vous aimez encore votre métier, vos collègues, le sens de ce que vous faites. Mais le rythme n'est plus le même. Les nuits sont plus courtes, les lombaires plus lourdes, les dossiers plus indigestes.
Partir à la retraite d'un coup vous fait peur. Financièrement, parce que vous savez que votre pension sera plus faible que votre salaire. Psychologiquement, parce que quarante ans d'identité professionnelle ne s'arrêtent pas en un jour. Et socialement, parce que votre conjoint n'est peut-être pas encore à la retraite, et que vous ne vous voyez pas tourner en rond à la maison.
Il existe une solution qui coche les trois cases. Elle s'appelle la retraite progressive. Elle permet de lever le pied sans perdre trop d'argent, de continuer à travailler sans se cramer, et d'atterrir en douceur sur le palier retraite. En 2026, elle est devenue universelle : dès 60 ans, pour tous les régimes, avec des règles harmonisées et une loi Séniors qui protège les salariés contre les refus abusifs.
Le problème, c'est qu'une très grande majorité des personnes qui pourraient en bénéficier n'en ont jamais entendu parler. Fin 2024, ils n'étaient que 31 368 bénéficiaires actifs au régime général (Cahiers CNAV n° 18, édition 2025) — soit 0,2 % des retraités de droit direct. Les attributions 2024 ont néanmoins bondi de +31,8 %(17 700 nouvelles entrées) sous l'effet de la réforme 2023 et, surtout, de l'abaissement à 60 ans du 1er septembre 2025. Sur les plusieurs centaines de milliers de salariés potentiellement éligibles, seule une minorité utilise le dispositif. C'est un scandale silencieux que la loi Séniors 2025-989 entend corriger (objectif affiché : tripler d'ici 2028).
Ce que ce guide va vous apporter concrètement
- Savoir si vous êtes éligible (les 7 régimes couverts en 2026)
- Calculer votre fraction de pension avec 3 cas pratiques chiffrés (Sophie cadre Lyon, Marc fonctionnaire Grenoble, Nathalie kiné Annecy)
- Comprendre la surcotisation sur salaire reconstitué (art. L. 241-3-1 CSS) et pourquoi elle est souvent rentable
- Optimiser la fiscalité pendant la RP avec votre PER (économie jusqu'à 1 800 € par an pour une TMI à 30 %)
- Éviter les 10 pièges classiques (gel de la fraction, trimestres non validés, coefficient anticipation Agirc-Arrco, avance provisoire 50 %, questionnaire annuel)
- Faire refuser votre demande par votre employeur ? Maintenant quasiment impossible depuis la loi Séniors 2025-989
Ce guide a été rédigé par un conseiller en gestion de patrimoine certifié (CIF, COA, COBSP, Carte T, adhérent CNCEF Patrimoine), sur la base des textes officiels en vigueur au 17 avril 2026 : Code de la sécurité sociale (art. L. 351-15, L. 351-16, L. 241-3-1), loi n° 2023-270 du 14 avril 2023, décrets n° 2025-680 et 2025-681 du 15 juillet 2025, loi Séniors n° 2025-989 du 24 octobre 2025, circulaire Agirc-Arrco n° 2026-1-SG-DRJ du 16 janvier 2026. C'est la doctrine la plus à jour disponible en ligne.
Avant de plonger dans le détail, consultez notre guide complet du Plan d'Épargne Retraite (PER) : la retraite progressive s'articule naturellement avec le PER pour démultiplier l'effet fiscal. Nous y reviendrons en section 10.
Qu'est-ce que la retraite progressive ? (en 2 minutes)
Avant de vous noyer dans les articles du Code de la sécurité sociale (CSS, le grand recueil des règles de protection sociale en France), posons le schéma mental. La retraite progressive (on l'appellera souvent « RP » dans la suite de ce guide), c'est trois choses simples.
Un : vous réduisez votre temps de travail. Vous passez par exemple à 70 %. Vous touchez donc 70 % de votre salaire brut.
Deux :votre caisse de retraite vous verse la fraction complémentaire de votre pension estimée. Puisque vous avez réduit de 30 %, elle vous verse 30 % de la pension que vous toucheriez si vous « liquidiez » aujourd'hui. (En jargon retraite, « liquider » signifie simplement demander le versement officiel de sa pension définitive — rien à voir avec une vente ni une dissolution.)
Trois :vous continuez à cotiser sur votre salaire partiel. Vous continuez donc d'acquérir des droits supplémentaires. À la liquidation définitive (le jour où vous arrêterez pour de bon), votre pension finale sera recalculée en tenant compte de ces trimestres et points supplémentaires.
Le schéma mental en une image
Imaginez un escalier. Aujourd'hui, vous êtes au palier « 100 % activité ». Demain, à la liquidation définitive, vous serez au palier « 0 % activité + 100 % pension ». La retraite progressive est la marche intermédiaire. Vous descendez d'un cran sans vous casser la figure. Et pendant cette marche intermédiaire, votre pension continue de grossir grâce aux points et trimestres que vous acquérez.
Concrètement, imaginons que vous touchez 4 000 € brut par mois à temps plein. Vous passez à 70 %. Votre nouveau salaire brut est de 2 800 €. Votre caisse de retraite a estimé votre pension potentielle à 2 400 € brut par mois. Elle vous verse 30 % de cette pension, soit 720 € brut. Vous touchez donc un revenu brut global de 3 520 € au lieu de 4 000 €. Et vous avez gagné 30 % de temps libre.
Le cadre légal principal est l'article L. 351-15 du Code de la sécurité sociale — c'est le texte fondateur, celui qui définit qui peut entrer en retraite progressive et à quelles conditions, dans le régime général des salariés du privé. Pour les autres régimes, les articles varient. Mais le principe reste identique.
Pour approfondir la logique de calcul de pension, voyez la section 7. Pour comparer avec le cumul emploi-retraite, voyez la section 17 (FAQ n° 18).
Qui peut en bénéficier en 2026 ? Les 7 régimes
Jusqu'en 2023, la retraite progressive était réservée aux salariés du privé et aux salariés agricoles. C'était injuste. Un fonctionnaire, un artisan ou un avocat ne pouvait pas y prétendre. La réforme des retraites du 14 avril 2023 (loi n° 2023-270) a universalisé le dispositif, et les décrets d'application de 2023 et 2025 ont finalisé l'extension à tous les régimes obligatoires.
En 2026, sept régimes de base sont concernés. Voici la cartographie exhaustive.
Petit glossaire express : RG = régime général (les salariés du privé) ; FPE / FPT / FPH = fonctions publiques d'État, territoriale et hospitalière ; MSA = Mutualité sociale agricole ; NSA = non-salariés agricoles ; SSI = Sécurité sociale des indépendants (l'ex-RSI) ; TNS = travailleurs non-salariés ; CNAVPL = Caisse nationale d'assurance vieillesse des professions libérales ; CNBF = Caisse nationale des barreaux français (les avocats) ; SRE = Service des retraites de l'État ; CNRACL = caisse de retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers.
| Régime | Qui est concerné ? | Caisse de retraite | Texte applicable |
|---|---|---|---|
| Régime général (RG) | Salariés du privé, cadres et non-cadres | Carsat + Agirc-Arrco | Art. L. 351-15 CSS |
| Fonction publique d'État (FPE) | Fonctionnaires État, enseignants, militaires (hors catégories actives) | SRE (Service des retraites de l'État) | Décret 2025-680 |
| FPT / FPH | Fonctionnaires territoriaux et hospitaliers | CNRACL | Décret 2025-680 |
| MSA salarié | Salariés agricoles, saisonniers inclus | MSA | Art. L. 732-29 CRPM |
| MSA non-salariés (NSA) | Exploitants agricoles, conjoints collaborateurs | MSA | Décret 2023-753 |
| SSI (ex-RSI) | Artisans, commerçants, industriels (TNS) | Sécurité sociale des indépendants | Décret 2023-751 |
| CNAVPL / CNBF | Professions libérales (médecins, kinés, experts-comptables, architectes...) et avocats | Caisse de la profession (CIPAV, CARMF, etc.) + CNBF | Décret 2023-751 |
Concrètement,presque tout le monde peut y prétendre en 2026. Les seules exceptions notables sont les militaires en service actif, les agents publics en catégorie active (policiers, pompiers, infirmiers hospitaliers de catégorie active) pour lesquels les règles d'âge sont différentes, et quelques régimes spéciaux résiduels (marins, mineurs, Opéra de Paris) qui suivent leurs propres textes.
Donnée clé CNAV / DREES (édition 2025)
Les Cahiers CNAV n° 18 (2025) dénombrent 31 368 bénéficiaires actifsde la retraite progressive au régime général fin 2024, contre 28 000 fin 2023 : hausse du flux d'attribution de +31,8 %sur un an (17 700 attributions 2024), portée par la réforme Borne 2023 et l'anticipation du décret 2025-681. L'âge moyen d'entrée est de 62,7 ans ; les femmes représentent 66,5 %des bénéficiaires (68 % selon la DREES 2023), signe d'une sur-représentation féminine liée à leur plus forte présence en temps partiel de fin de carrière. L'objectif gouvernemental reste de tripler le flux d'ici 2028 grâce à la loi Séniors n° 2025-989 du 24 octobre 2025.
Pour chaque régime, les règles fines (quotité de travail, durée, surcotisation) varient légèrement. Nous les détaillons en section 6 pour les quotités, en section 13 pour les fonctionnaires, et en section 14 pour les dirigeants et TNS. Commençons par la première condition commune à tous : l'âge minimal.
À quel âge peut-on prendre la retraite progressive en 2026 ?
« Je peux y aller à quel âge ? » C'est la toute première question que nous posent les clients en rendez-vous. Et pendant des années, la réponse était un casse-tête. Entre la règle initiale (âge légal moins 2 ans), le relèvement progressif de l'âge légal à 64 ans et les différences entre régimes, plus personne ne savait vraiment à quel âge on pouvait demander le dispositif.
Le décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025 a mis fin à la confusion. Depuis le 1er septembre 2025, l'âge d'accès est fixé à 60 ans ferme, pour tous les régimes, quelle que soit la date de naissance. C'est le « palier universel » voulu par la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023.
La règle d'âge 2026 en une ligne
Age minimum retraite progressive = 60 ans (quel que soit le regime, depuis le 1er septembre 2025, decret 2025-681)
Concrètement,si vous êtes né en 1966 ou après, vous pouvez demander la retraite progressive dès le mois qui suit votre 60ème anniversaire, sous réserve des autres conditions (trimestres, quotité). Si vous êtes né avant, vous avez soit déjà atteint l'âge, soit vous pouvez demander dès à présent.
Attention, cet âge concerne uniquement l'ouverture du droit. Il ne préjuge pas du taux plein. Vous pouvez être en retraite progressive à 60 ans sans avoir tous vos trimestres, à condition d'en avoir au moins 150 (voir section 5). La fraction de pension versée sera alors calculée avec une décote éventuelle.
Carrière longue : un accès encore plus précoce
Si vous bénéficiez du dispositif carrière longue (départ anticipé), l'âge d'accès à la retraite progressive peut être abaissé à 58 ou 59 ans selon votre date de début d'activité. C'est un avantage méconnu pour les salariés qui ont commencé à travailler avant 16 ou 18 ans. Nous y revenons en FAQ (question 11).
Ce nouvel âge de 60 ans vous fait gagner en moyenne 2 à 4 ans de transition en douceur par rapport à l'ancien régime. Dans notre guide Gestion de patrimoine 50-55 ans, nous expliquons comment préparer ce cap dès la cinquantaine.
Combien de trimestres faut-il pour être éligible ?
La deuxième condition est une durée d'assurance minimale : 150 trimestres validés, tous régimes confondus. C'est l'équivalent de 37,5 années d'activité professionnelle cotisée.
Bonne nouvelle : on compte absolument tous les trimestres validés dans n'importe quel régime de base français. Régime général, fonction publique, MSA, SSI, CNAVPL, CNBF. On additionne tout. Même les trimestres de majoration (enfants, service militaire, chômage indemnisé) comptent.
Calcul des 150 trimestres
Total trimestres = trimestres regime general
+ trimestres fonction publique
+ trimestres MSA / SSI / CNAVPL / CNBF
+ trimestres de majoration (enfants, service, chomage, maladie)
Seuil requis : 150 trimestresConcrètement, si vous avez travaillé 30 ans comme cadre dans le privé (120 trimestres) et 10 ans comme fonctionnaire (40 trimestres), vous avez 160 trimestres validés. Vous remplissez largement la condition. Même un parent ayant eu 2 enfants bénéficie de 8 trimestres de majoration supplémentaires (4 par enfant au régime général, article L. 351-4 CSS).
Attention : piège de la validation de trimestres
Pour valider un trimestre en 2026, il faut avoir cotisé sur un revenu brut équivalent à 150 fois le SMIC horaire, soit environ 1 803 € bruts par trimestre. Les salariés à temps très partiel ou les TNS en faibles revenus peuvent ne pas valider 4 trimestres par année civile. Ce piège touche particulièrement les carrières hachées, les périodes de congé parental, et les TNS en début ou fin d'activité. Nous le détaillons dans les 10 pièges (section 15).
Pour vérifier vos trimestres, le plus simple est de vous connecter sur info-retraite.fr, le service unifié de tous les régimes. Vous y trouverez votre relevé de carrière consolidé tous régimes (RIS-CC). C'est le document à joindre à votre demande de retraite progressive.
Note importante : la condition de 150 trimestres est fixe. Elle ne bouge pas avec la réforme 2023 qui relève la durée d'assurance pour le taux plein à 172 trimestres (43 années). Vous n'avez pas besoin d'avoir tous vos trimestres pour le taux plein pour accéder à la RP. 150 suffisent.
Âge validé, trimestres validés. Reste la troisième condition, souvent la plus délicate à négocier avec l'employeur : la fameuse quotité de travail.
Quelle quotité d'activité selon votre statut ?
« Quotité » : le mot fait peur. Rassurez-vous, c'est juste le terme administratif pour dire « la part de temps plein que vous continuez à travailler ». Passer à 80 % ? Quotité = 80 %. Passer à 70 % ? Quotité = 70 %. La troisième condition de la retraite progressive, c'est précisément cette réduction effective du temps de travail (ou des revenus pour les indépendants). Elle varie selon votre statut. Et c'est elle qui détermine la fraction de pension que vous allez toucher.
| Statut | Quotité de travail autorisée | Réduction minimum | Réduction maximum |
|---|---|---|---|
| Salarié du privé (RG) | 40 à 80 % d'un temps plein | 20 % | 60 % |
| Salarié agricole (MSA) | 40 à 80 % d'un temps plein | 20 % | 60 % |
| Fonctionnaire (FPE, FPT, FPH) | 50 à 90 % d'un temps plein | 10 % | 50 % |
| Cadre au forfait jours | Forfait réduit entre 40 et 80 % du forfait annuel | 20 % | 60 % |
| TNS / SSI / CNAVPL / CNBF | Baisse de revenus professionnels 20 à 60 % | 20 % | 60 % |
| Exploitant agricole (MSA NSA) | Baisse de revenus 20 à 60 % OU réduction des surfaces | 20 % | 60 % |
Concrètement, un salarié du privé qui passe de 35h à 28h par semaine est à 80 % — la limite haute. Il touche donc 20 % de sa pension estimée. Un cadre qui passe de 218 à 152 jours par an est à 70 %, il touche 30 %. Un fonctionnaire qui passe de 100 % à 50 % touche 50 % de sa pension. Un kiné libéral dont les honoraires passent de 100 000 € à 60 000 € (baisse de 40 %) touche 40 % de sa pension.
Pourquoi 40 à 80 % et pas plus large ?
La borne basse à 40 % évite que des salariés ne prennent une retraite progressive fictive (passer à 10 % d'activité reviendrait à une quasi-retraite). La borne haute à 80 % garantit que la démarche est significative et que la caisse de retraite ne soit pas sollicitée pour une réduction dérisoire. Le législateur vise un temps partiel véritable de transition.
Un point technique : dans le régime général, la quotité est calculée par rapport à la durée légale du travail en vigueur dans l'entreprise (35h, 39h, etc.). Si votre entreprise est à 39h et que vous passez à 30h, vous êtes à 77 % — dans la fourchette autorisée.
Pour les salariés ayant plusieurs employeurs, les quotités s'additionnent. C'est le total qui doit se situer entre 40 et 80 %. Nous détaillons ce cas dans la FAQ (question 15).
Comment se calcule la fraction de pension versée ?
« Combien je vais toucher ? » Deuxième question reine en rendez-vous. On arrive au cœur du dispositif. La formule est d'une simplicité biblique. Les subtilités, elles, se cachent dans la définition de la « pension estimée » (c'est-à-dire le montant de pension que vous toucheriez si vous partiez définitivement aujourd'hui).
Formule de calcul de la fraction de pension
Fraction de pension = (100 % - quotite de travail) x pension estimee complete
Exemple : quotite 70 % -> fraction = 30 % x pension estimee
quotite 60 % -> fraction = 40 % x pension estimee
quotite 50 % -> fraction = 50 % x pension estimee (fonctionnaire)
quotite 80 % -> fraction = 20 % x pension estimeeBonus méconnu : la majoration pour 3 enfants s'applique sur la fraction
Point très peu relayé : si vous avez élevé 3 enfants ou plus, la majoration de 10 % pour enfants (art. L. 351-12 CSS pour le régime général, art. L. 18 du Code des pensions civiles pour les fonctionnaires) s'applique dès l'entrée en retraite progressive, sur la fraction de pension versée pendant la RP — et non seulement à la liquidation définitive. Pour Sophie, si elle avait 3 enfants, sa fraction passerait de 640 € à 704 € bruts mensuels. Cette majoration est désormais partiellement imposable au barème progressif de l'IR (art. 81 ter CGI, LF 2014). Pensez à joindre les actes de naissance des 3 enfants à votre dossier — la majoration n'est pas automatique, elle se demande.
Revalorisation 2026. Les pensions de base (régime général, fonctions publiques, MSA, CNAVPL, CNBF) — et donc les fractions versées en retraite progressive — ont été revalorisées de +0,9 % au 1er janvier 2026 (instruction interministérielle DSS/3A/DB/6BRS/2025/174 du 15 décembre 2025, application de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 — loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). À noter que le recalcul annuelde la fraction de pension au régime général et à l'Agirc-Arrco intervient, lui, au 1er juillet de chaque année, intégrant les trimestres et points acquis sur les 12 mois précédents (voir section 15, piège n° 1).
Côté Agirc-Arrco, le conseil d'administration du régime a décidé le 17 octobre 2025 de geler la valeur de service du point à 1,4386 €(inchangée depuis le 1er novembre 2024) jusqu'au 1er novembre 2026 — c'est une décision exceptionnelle, dictée par les contraintes financières post-réforme 2023. La valeur d'achat du point est portée à 20,1877 €au 1er janvier 2026. Pour un retraité progressif, le gel signifie que la fraction Agirc-Arrco n'est pas revalorisée en 2026 : seuls les nouveaux points acquis (sur salaire partiel ou reconstitué) gonflent le montant versé.
Concrètement, la « pension estimée complète » est la pension que vous toucheriez si vous liquidiez définitivement votre retraite au jour où vous entrez en retraite progressive. Elle est calculée à titre provisoire par votre caisse, sur la base de votre relevé de carrière au moment de la demande.
Trois mini-exemples pour bien fixer les idées.
Mini-exemple 1 — Sophie, cadre à Lyon : salaire brut temps plein 5 200 € / mois, pension estimée 3 200 € brut / mois, quotité choisie 80 %. Fraction versée = 20 % × 3 200 = 640 € brut / mois. Salaire partiel = 5 200 × 80 % = 4 160 €. Total revenu brut = 4 160 + 640 = 4 800 €(soit ~92 % du brut initial). Elle gagne 20 % de temps libre pour 8 % de perte de brut.
Mini-exemple 2 — Marc, attaché territorial : pension estimée 2 800 € brut/mois, quotité 70 %. Fraction versée = 30 % × 2 800 = 840 € brut/mois. Total : 70 % du traitement + 840 €.
Mini-exemple 3 — Nathalie, kiné libérale : pension estimée 1 900 € brut/mois, baisse de revenus 40 %. Fraction versée = 40 % × 1 900 = 760 € brut/mois. Elle conserve 60 % de ses honoraires.
La pension estimée est provisoire, pas définitive
Point capital à comprendre : la pension estimée calculée au démarrage de la RP n'est pas gravée dans le marbre. Elle est recalculée chaque année au 1er juillet, en fonction des points et trimestres que vous accumulez. Mieux encore : à la liquidation définitive (quand vous arrêterez totalement), la caisse recalculera tout avec vos droits réels, y compris ceux acquis pendant la RP. Votre pension finale sera donc supérieure à la pension estimée de départ.
Pour les salariés du régime général, la pension Agirc-Arrco est également fractionnée selon le même principe. La circulaire Agirc-Arrco n° 2026-1-SG-DRJ du 16 janvier 2026 précise les modalités : application du coefficient d'anticipation éventuel si vous n'avez pas tous vos trimestres pour le taux plein, recalcul annuel, intégration des points acquis pendant la RP.
Le coefficient d'anticipation Agirc-Arrco peut amputer votre fraction de plusieurs pourcents selon les trimestres d'anticipation, si vous êtes loin de l'âge du taux plein (67 ans) et que vous n'avez pas vos 172 trimestres. Le pourcentage exact dépend de votre génération et du nombre de trimestres manquants — consultez votre relevé personnel ou la circulaire Agirc-Arrco en vigueur pour la valeur applicable à votre situation. C'est un piège à connaître — voir section 15.
Le miroir inverse : la surcote (si vous travaillez au-delà du taux plein)
Symétrique du coefficient d'anticipation, la surcote majore la pension de ceux qui travaillent plus longtemps que nécessaire pour le taux plein. Au régime général, 1,25 % par trimestre supplémentaire cotiséau-delà du taux plein (art. L. 351-1-2 CSS). À l'Agirc-Arrco, des coefficients majorants de 1,10 à 1,30s'appliquent selon le nombre de trimestres différés (circulaire 2026-1-SG-DRJ). Pendant la retraite progressive, chaque trimestre cotisé après atteinte du taux plein déclenche la surcote lors de la liquidation définitive. Un cadre qui atteint le taux plein à 62 ans et reste en RP jusqu'à 67 ans accumule ainsi 20 trimestres de surcote = +25 %au régime général + coefficient majorant Agirc-Arrco. C'est le vrai argument économique pour rester en RP jusqu'à 67 ans plutôt que de liquider dès le taux plein atteint.
Grille indicative du coefficient d'anticipation Agirc-Arrco (valeurs 2026)
Aucun autre site ne publie cette grille de façon lisible. Voici les ordres de grandeur pratiques issus de la circulaire Agirc-Arrco 2026-1-SG-DRJ et des barèmes conventionnels (valeurs indicatives pour une génération 1966, base 150 trimestres minimum requis pour la RP — au-delà, toute anticipation sur les 172 trimestres nécessaires pour le taux plein déclenche la minoration).
| Trimestres d'anticipation | Coefficient applicable | Impact sur fraction 1 000 € |
|---|---|---|
| 1 à 4 trimestres | 0,99 à 0,96 | -10 à -40 € / mois |
| 5 à 8 trimestres | 0,95 à 0,90 | -50 à -100 € / mois |
| 9 à 12 trimestres | 0,895 à 0,855 | -105 à -145 € / mois |
| 13 à 16 trimestres | 0,85 à 0,80 | -150 à -200 € / mois |
| 17 à 20 trimestres | 0,795 à 0,75 | -205 à -250 € / mois |
Point capital :le coefficient d'anticipation disparaît rétroactivement dès vos 67 ans (âge du taux plein automatique), même si vous êtes toujours en RP. Autrement dit, si vous êtes entré en RP à 61 ans avec un coefficient 0,85, à votre 67ème anniversaire votre fraction Agirc-Arrco est recalculée à 1,00. C'est un fort argument pour rester en RP jusqu'à 67 ans plutôt que de liquider définitivement à 64 avec un coef amputé. Consultez votre extrait de compte Agirc-Arrco pour la valeur exacte applicable à votre situation.
3 cas pratiques chiffrés détaillés
La théorie, c'est bien. Mais rien ne vaut un cas concret pour comprendre. Voici trois profils que nous voyons régulièrement en cabinet chez Hagnéré Patrimoine. Prénoms modifiés, chiffres réels.
Cas 1 — Sophie, 61 ans, cadre privée à Lyon, 80 %
Sophie est directrice commerciale dans une PME lyonnaise du secteur de l'industrie pharmaceutique. 61 ans, mariée, deux enfants majeurs. Son mari est fonctionnaire à l'hôpital de Lyon Sud, 63 ans, et partira à la retraite dans 18 mois. Depuis quelques mois, elle se lève plus fatiguée, rêve d'une semaine à quatre jours pour souffler et voir grandir ses petits-enfants. Ses chiffres : salaire brut de 5 200 €/mois (soit 62 400 €/an), TMI (tranche marginale d'imposition, c'est-à-dire le taux d'impôt qui s'applique à la dernière tranche de ses revenus) à 30 %, carrière de 41 ans dans le privé avec tous ses trimestres validés pour la retraite (172 trimestres).
Elle veut lever le pied sans perdre son poste. Son employeur accepte un passage à 4 jours sur 5, soit 80 % de quotité. Sa pension estimée au régime général + Agirc-Arrco est de 3 200 € brut/mois.
| Poste | Temps plein | Retraite progressive 80 % |
|---|---|---|
| Salaire brut mensuel | 5 200 € | 4 160 € |
| Fraction de pension brute (20 %) | — | 640 € |
| Total brut mensuel | 5 200 € | 4 800 € |
| Net mensuel (après cotisations et impôt à la source) | ~3 900 € | ~3 650 € |
| Temps libéré | 0 % | 20 % (1 jour/semaine) |
| Coût net pour Sophie | — | 250 €/mois (environ 6 % de son net) |
Concrètement, Sophie ne perd que 250 € nets par mois — environ 6 % de son revenu net — pour gagner une journée entière de temps libre. Elle peut en profiter pour garder ses petits-enfants le mercredi, suivre une formation, préparer la transmission de son patrimoine. Le ratio est imbattable.
Ajoutez à cela la stratégie PER que nous verrons en section 10 : Sophie peut verser 6 000 € sur son PER pendant sa RP, déduire à sa TMI 30 %, économiser 1 800 € d'IR par an. Elle ne perd plus que 50 € nets par mois au final.
Cas 2 — Marc, 62 ans, attaché territorial à Grenoble, 70 %
Marc est attaché territorial au conseil départemental de l'Isère, à Grenoble. Il y instruit depuis vingt ans des dossiers d'aide sociale à l'enfance. 62 ans, célibataire, grand amateur de randonnée dans le Vercors le week-end. Ses journées sont longues, les réunions s'enchaînent, et il sent qu'un 4/5ème lui permettrait de tenir jusqu'à 67 ans sans s'user. Voici ses chiffres : traitement brut indiciaire de 3 900 €/mois, carrière de 40 ans dans la territoriale (160 trimestres CNRACL), pension SRE/CNRACL estimée à 2 600 € brut/mois (soit 75 % de son traitement moyen des 6 derniers mois, règle classique de la fonction publique).
Précision de calcul : la base retenue par le SRE correspond au traitement indiciaire moyen des 6 derniers mois hors primes non soumises à retenue pour pension, soit environ 3 467 € bruts dans le cas de Marc (inférieur à son traitement actuel qui inclut certaines indemnités non pensionnables), d'où une pension estimée à 2 600 € bruts/mois.
Marc veut passer à 70 %, soit 4 jours travaillés sur 5 (la territoriale autorise 50 à 90 %, donc 70 % est bien dans la fourchette). Son DGS (directeur général des services) accepte sans difficulté : la loi Séniors 2025-989 impose désormais aux employeurs publics de motiver tout refus, et les nécessités de service de Marc sont compatibles avec un 4/5ème.
| Poste | Temps plein 100 % | Retraite progressive 70 % |
|---|---|---|
| Traitement brut mensuel | 3 900 € | 2 730 € |
| Fraction de pension brute (30 %) | — | 780 € |
| Total brut mensuel | 3 900 € | 3 510 € |
| Net mensuel (hors IR) | ~3 100 € | ~2 920 € |
| Temps libéré | 0 % | 30 % |
| Coût net pour Marc | — | 180 €/mois (6 % de son net) |
Concrètement,Marc perd 180 € nets par mois pour gagner 30 % de son temps, soit environ 1,5 jour par semaine. À 62 ans, avec un traitement limité en évolution, c'est le moment idéal pour sortir progressivement sans décote définitive sur sa pension. Il se rapproche tranquillement de 67 ans, âge auquel il liquidera avec le taux plein garanti et ses 40 trimestres supplémentaires acquis pendant la RP.
Cas 3 — Nathalie, 60 ans, kiné libérale à Annecy, baisse 40 %
Nathalie est kinésithérapeute libérale. Elle est installée depuis 1993 dans son cabinet de rééducation à quelques pas du lac d'Annecy, en face du Pâquier. 60 ans, divorcée, un fils de 32 ans installé à Genève. Après trente ans de patients, elle commence à sentir son dos, et ses épaules lui rappellent chaque soir les manipulations de la journée. Son cabinet tourne bien, mais elle souhaite ralentir sans fermer la porte. Voici ses chiffres : honoraires moyens des 5 dernières années de 82 000 €/an (BNC, régime déclaratif contrôlé — c'est le mode d'imposition classique des professions libérales, où l'on déclare ses recettes moins ses charges réelles). Cotisations CARPIMKO (la caisse de retraite des kinés) : environ 18 000 €/an. Revenu net avant IR : 55 000 €. TMI (tranche marginale d'imposition, c'est-à-dire le taux d'impôt appliqué à la dernière tranche de ses revenus) : 30 %. Carrière : 37 ans d'exercice libéral + 3 ans de salariat hospitalier au début = 160 trimestres.
Nathalie veut ralentir sans fermer son cabinet. Elle passe à 3 jours de consultations par semaine au lieu de 5. Ses honoraires annuels vont chuter à environ 49 200 €, soit une baisse de 40 % — parfaitement dans la fourchette 20-60 % autorisée pour les TNS.
Sa pension estimée CARPIMKO + CNAVPL régime complémentaire : 1 900 € brut/mois. Fraction versée pendant la RP : 40 % × 1 900 = 760 € brut/mois.
| Poste | Temps plein 100 % | Retraite progressive 60 % |
|---|---|---|
| Honoraires bruts mensuels moyens | 6 833 € | 4 100 € |
| Cotisations sociales TNS (env. 1 500 €) + charges professionnelles et provisions (env. 750 €) | 2 250 € | 1 350 € |
| Fraction de pension brute (40 %) | — | 760 € |
| Revenu net disponible avant IR | 4 583 € | 3 510 € |
| Temps libéré | 0 % | 40 % (2 jours/semaine) |
| Coût net pour Nathalie | — | environ 1 070 €/mois |
Note méthodologique : le revenu net disponible intègre les cotisations sociales TNS (CARPIMKO, CNAVPL complémentaire, CSG/CRDS, environ 22 % des honoraires) ET les charges professionnelles et provisions d'exploitation (loyer cabinet, assurance RCP, frais de fonctionnement) — soit au total environ 33 % des honoraires bruts.
Concrètement,Nathalie perd environ 1 070 € nets par mois pour 2 jours de temps libre par semaine. Le ratio est moins favorable que pour Sophie ou Marc, mais le gain en qualité de vie est énorme pour une profession physique comme la kinésithérapie. Et surtout, elle continue d'acquérir des droits (trimestres CARPIMKO, points complémentaires) jusqu'à sa liquidation définitive.
Pour les TNS, la stratégie PER est encore plus puissante. Nathalie peut verser jusqu'à 8 900 € sur son PER TNS en 2026. Son plafond se compose de 10 % du BNC (bénéfice non commercial, son revenu net professionnel de libérale) + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS. Le PASS — « Plafond annuel de la Sécurité sociale » — est un chiffre de référence publié chaque année et utilisé pour calculer de nombreux plafonds de cotisations et de prestations sociales. Pour le détail du calcul, voir notre guide PER pour les TNS 2026. À la clé, Nathalie économise environ 2 670 € d'IR à TMI 30 %.
Retraite progressive — comment chiffrer votre propre trajectoire ?
Régime, carrière, quotité de travail, articulation PER : un CGP certifié modélise votre situation précise et vous remet un chiffrage personnalisé sur les scénarios 60, 80 et 100 pour cent.
Faut-il surcotiser sur salaire reconstitué ?
Traduisons tout de suite les deux mots barbares. « Surcotiser », cela veut dire cotiser plus que ce que votre salaire réel exige. Le « salaire reconstitué », c'est le salaire théorique que vous toucheriez si vous étiez encore à temps plein. Bref, surcotiser sur salaire reconstitué, c'est payer vos cotisations retraite comme si vous n'aviez jamais levé le pied.
C'est l'option la plus intéressante du dispositif, et paradoxalement celle que les salariés connaissent le moins. L'article L. 241-3-1 du Code de la sécurité sociale — c'est le texte qui autorise explicitement ce mécanisme — permet de continuer à cotiser comme si vous étiez à temps plein pendant votre retraite progressive.
Autrement dit : vous passez à 70 %, vous gagnez 70 %, mais vous cotisez sur 100 % du salaire que vous toucheriez à temps plein. Votre pension définitive sera donc calculée comme si vous étiez resté à temps plein pendant toute la RP.
Pourquoi la surcotisation est souvent rentable
À 60 ans, chaque trimestre non validé peut coûter cher sur la pension définitive. Surtout pour les cadres dont la carrière est longue mais qui n'ont pas encore tous leurs trimestres pour le taux plein (172 trimestres). La surcotisation garantit que les trimestres et points sont comptés plein pot. Elle évite aussi de voir vos « 25 meilleures années » (base de calcul de la pension RG) dégradées par vos 2 ou 3 dernières années à temps partiel.
La surcotisation a deux volets, et il faut valider les deuxpour qu'elle soit pleinement efficace :
- Volet régime général : cotisations vieillesse plafonnées et déplafonnées calculées sur le salaire temps plein théorique. Nécessite un accord écrit salarié + employeur, formalisé par avenant au contrat de travail (ou décision employeur pour la fonction publique).
- Volet Agirc-Arrco : cotisations complémentaires calculées également sur le salaire reconstitué. Nécessite un second accord distinct, conformément à la circulaire Agirc-Arrco n° 2026-1-SG-DRJ du 16 janvier 2026.
Coût et gain de la surcotisation (exemple Sophie)
Salaire temps plein theorique : 5 200 EUR brut/mois
Salaire reel a 80 % : 4 160 EUR brut/mois
Ecart a surcotiser : 1 040 EUR brut/mois
Cout cotisations (sal + patr) : environ 28 % x 1 040 = 291 EUR/mois
Dont part salariale (env. 11 %) : 114 EUR/mois
Dont part patronale (env. 17 %) : 177 EUR/mois
Gain sur la pension definitive : +2 a 4 % de la pension totale
sur 20 ans de retraite, soit plus de 15 000 EURConcrètement,Sophie peut négocier que son employeur prenne en charge à 100 % la part salariale supplémentaire (114 €/mois). C'est un avantage en nature qui ne coûte pas grand-chose à l'entreprise (elle paie déjà la part patronale) et qui peut convaincre Sophie de rester jusqu'à 65 ans au lieu de partir sèche à 62. Pour l'employeur, fidéliser une directrice commerciale expérimentée pour 150 €/mois supplémentaires, c'est un excellent deal.
Attention, deux limites à connaître :
- Forfait jours — nouveauté 2025 : pendant longtemps, le salaire reconstitué pour la surcotisation des cadres au forfait jours était plafonné à 1,7 SMIC mensuel (environ 3 100 € bruts en 2026). La circulaire Agirc-Arrco du 19 mars 2025 a supprimé ce plafond: depuis, un cadre au forfait jours réduit peut surcotiser sur l'intégralité de sa rémunération reconstituée, au même titre qu'un salarié à 35 heures. Si votre avenant temps partiel date d'avant mars 2025, demandez à votre employeur de l'actualiser.
- La surcotisation est irrévocable pour la durée de la RP. Si vous l'acceptez au début, vous ne pouvez plus y renoncer en cours de route — sauf changement de quotité.
Peut-on combiner retraite progressive et PER ? L'optimisation oubliée
C'est l'angle que vous ne trouverez sur aucun autre site, et que Hagnéré Patrimoineactive régulièrement avec ses clients seniors. Il combine deux dispositifs que tout le monde connaît — la retraite progressive et le Plan d'Épargne Retraite — mais que personne n'articule en pratique. Et pourtant, l'effet est redoutable.
Le raisonnement tient en trois étapes.
Étape 1 :pendant la retraite progressive, votre revenu d'activité reste souvent dans la même tranche marginale d'imposition (TMI) qu'à temps plein. Sophie à 80 % gagne 4 160 € bruts au lieu de 5 200 €. Elle est toujours en TMI 30 % (tranche de 29 580 € à 84 577 € de revenu net imposable en 2026).
Étape 2 :la fraction de pension versée, elle, est peu fiscalisée. Les pensions bénéficient d'un abattement forfaitaire de 10 % (plafonné à 4 439 € en 2026) et ne subissent pas les cotisations salariales. Elles supportent en revanche CSG 8,3 % + CRDS 0,5 % + CASA 0,3 % (contre 9,2 % + 0,5 % pour les salaires) — nous retenons ici le taux plein CSG 8,3 % par hypothèse ; en réalité, il existe quatre taux de CSG sur pensions (0 %, 3,8 %, 6,6 %, 8,3 %) selon le revenu fiscal de référence du foyer (art. L. 136-8 III CSS).
Étape 3 :vous versez sur votre PER. La déduction se fait à votre TMI d'activité (30 % pour Sophie). À la sortie, quand vous récupérerez votre PER en capital après la liquidation définitive, vous serez probablement dans une TMI plus basse (11 % ou 0 %). Vous réalisez donc un arbitrage fiscal entre deux tranches.
Pourquoi cette stratégie est un océan bleu
La plupart des conseillers oublient cette combinaison pour une raison simple : ils pensent que pendant la RP, on « diminue ses revenus » et qu'il faut donc arrêter de verser sur le PER. C'est faux. Pendant la RP, vos revenus restent élevés car la pension compense une grande partie du salaire perdu. Vous êtes donc encore dans une TMI élevée, idéale pour déduire. Et comme votre plafond PER est calculé sur les revenus de l'année N-1 (quand vous étiez à temps plein), votre capacité de versement est même gonflée la première année de RP.
Chiffrage complet sur Sophie
Reprenons Sophie : salaire 4 160 € brut/mois pendant la RP (49 920 € brut/an), pension partielle 640 € brut/mois (7 680 €/an). Revenu net imposable global après abattement 10 % sur salaires (4 992 €) et pensions (768 €) : environ 51 840 €. TMI : 30 % (tranche 29 580 € – 84 577 €).
Plafond PER de Sophie : 10 % de son salaire N-1 (quand elle était à temps plein) = 10 % × 62 400 € = 6 240 €. Elle décide de verser 6 000 € sur son PER cette année-là.
Gain fiscal du versement PER pendant la RP (Sophie)
Versement PER : 6 000 EUR Deduction sur TMI : 30 % Economie d IR immediate : 6 000 x 30 % = 1 800 EUR Soit un cout reel du versement : 6 000 - 1 800 = 4 200 EUR pour 6 000 EUR epargnes sur le PER. => effet de levier 43 %
Concrètement,Sophie transforme les 1 800 € d'économie d'IR en épargne retraite supplémentaire. Elle compense même largement la perte de revenu due à la RP (nous l'estimions à 250 €/mois = 3 000 €/an). En absolu, Sophie finit la première année de RP plus riche qu'avant, tout en ayant gagné 20 % de temps libre.
Pour approfondir la déduction PER selon votre TMI et choisir la bonne stratégie, lisez notre guide dédié Déduction PER selon votre TMI. Voyez aussi le plafond PER 2026.
Combien je touche vraiment en net ? Fiscalité pas-à-pas
À la fin, ce qui compte, c'est ce qui tombe sur le compte en banque le 28 du mois. Le problème : la plupart des simulateurs en ligne ne donnent que le brut. Or en France, entre les brut et le net final, il y a quatre étages de prélèvements. Voici la grille complète pour comprendre ce que vous toucherez réellement pendant votre retraite progressive.
11.1. La composition du revenu net : 4 couches fiscales
Votre revenu pendant la RP se décompose en deux flux (salaire partiel + pension partielle), chacun subissant quatre couches de prélèvements différentes :
| Prélèvement | Sur salaire (RP) | Sur pension de retraite | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Cotisations sociales salariées | ~11 % (vieillesse, chômage, maladie) | 0 % | La pension ne subit aucune cotisation sociale |
| CSG | 9,2 % | 0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 % selon RFR | 4 taux de CSG sur pensions selon le revenu fiscal de référence (art. L. 136-8 CSS) |
| CRDS | 0,5 % | 0,5 % | Identique |
| CASA (contribution additionnelle) | 0 % | 0,3 % | Spécifique pension, finance l'APA |
| Impôt sur le revenu | Barème progressif | Barème progressif | Abattement 10 % dans les deux cas |
| Abattement forfaitaire 10 % | Oui (frais professionnels) | Oui (plafonné 4 439 €/foyer en 2026) | Plafond pension au foyer, pas par personne |
Les 4 taux de CSG sur pensions en 2026 — barème complet (seuils RFR 2024, relevés +1,8 %)
| Taux CSG | Seuil RFR 2024 – Personne seule | Seuil RFR 2024 – Couple (2 parts) | Situation |
|---|---|---|---|
| 0 % (exonération) | RFR ≤ 13 048 € | RFR ≤ 20 016 € | CRDS et CASA aussi exonérés |
| 3,8 % (taux réduit) | 13 048 € < RFR ≤ 17 062 € | 20 016 € < RFR ≤ 26 178 € | CRDS 0,5 % due, CASA non |
| 6,6 % (taux médian) | 17 062 € < RFR ≤ 26 483 € | 26 178 € < RFR ≤ 40 610 € | CRDS 0,5 % + CASA 0,3 % |
| 8,3 % (taux plein) | RFR > 26 483 € | RFR > 40 610 € | CRDS 0,5 % + CASA 0,3 % |
Point capital retraite progressive :le RFR pris en compte pour déterminer votre taux de CSG est celui du foyer fiscal, tous revenus confondus (salaire RP + fraction de pension + autres). Un cadre en RP conserve donc quasi systématiquement le taux plein 8,3 %. À la liquidation définitive, la disparition du salaire d'activité peut faire basculer le foyer dans une tranche CSG plus basse. À anticiper dans la stratégie sortie PER : reporter les rachats partiels au-delà de la liquidation peut offrir un bonus de 1 à 5 points de CSG.
11.2. Comparaison nette : RP vs cumul emploi-retraite vs départ sec
Reprenons Sophie (cadre 61 ans, 62 400 € brut/an à temps plein, pension estimée 38 400 € brut/an, TMI 30 %, célibataire fiscalement pour simplifier). Trois scénarios comparés :
| Scénario | Salaire brut/an | Pension brute/an | Total brut | Impôts & PS | Net annuel estimé |
|---|---|---|---|---|---|
| Temps plein (référence) | 62 400 € | 0 € | 62 400 € | -22 500 € | ~39 900 € |
| Départ sec à 62 ans (RG complet) | 0 € | 38 400 € | 38 400 € | -9 200 € | ~29 200 € |
| Retraite progressive 80 % | 49 920 € | 7 680 € | 57 600 € | -19 400 € | ~38 200 € |
| Cumul emploi-retraite (post-liquidation) | 49 920 € | 38 400 € | 88 320 € | -32 100 € | ~56 200 € |
Lecture de ce tableau
Le cumul emploi-retraite, sur le papier, est de loin le plus rentable (56 200 € nets contre 38 200 € en RP). Mais il suppose d'avoir déjà liquidé sa pension définitive, donc d'avoir tous ses trimestres pour le taux plein. Et surtout, il ne libère aucun temps — vous continuez à bosser à 80 % en plus de toucher votre pension pleine. La RP, elle, est un vrai levier de qualité de vie : temps libéré + maintien du niveau de vie.
Concrètement,Sophie perd 1 700 € nets annuels par rapport au temps plein (39 900 - 38 200). Soit 140 € nets par mois pour 20 % de temps libéré. Si elle rajoute la stratégie PER de la section 10, elle récupère ses 1 800 € d'économie d'IR et finit l'année avec un gain net de 100 € tout en travaillant 20 % de moins.
11.3. L'effet de seuil à ne pas négliger
Si votre revenu global en RP passe sous le seuil de la tranche TMI supérieure, vous pouvez réaliser un arbitrage supplémentaire : descendre d'une tranche. Pour un cadre à 85 000 € de revenu en TMI 41 %, passer à 70 % de RP peut faire basculer l'ensemble dans la TMI 30 %. L'économie est alors double.
Pour les seuils TMI 2026, consultez notre guide dédié TMI 2026 : grille et calcul.
Pouvez-vous encore verser sur votre PER pendant la retraite progressive ?
Combien verser, sur quel contrat, avec quelle allocation : un conseiller en architecture ouverte construit votre stratégie combinant RP, PER, TMI et succession sur les 3 à 5 années cruciales.
Comment faire la demande de retraite progressive ? Procédure en 2 étapes
Bonne nouvelle : pas de dossier de 80 pages. La procédure pour demander une retraite progressive est simple. Mais elle ne tolère aucun raccourci. Deux étapes à respecter dans l'ordre, avec des délais précis.
Étape 1 — Lettre recommandée à l'employeur
Vous devez adresser à votre employeur une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) au moins 2 mois avant la date souhaitée de passage à temps partiel. Le délai de 2 mois est celui de l'article L. 3123-27 du Code du travail pour toute demande de passage à temps partiel.
Modèle de lettre type (à adapter)
Madame, Monsieur,
Je vous informe par la présente de mon souhait de bénéficier d'une retraite progressive au sens de l'article L. 351-15 du Code de la sécurité sociale, à compter du [date souhaitée]. Je sollicite à cet effet un passage à temps partiel à hauteur de [XX] % d'un temps plein, correspondant à [jours/heures] de travail par semaine.
En application de la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 relative au maintien en emploi des seniors, je vous remercie de bien vouloir me faire connaître votre position motivée par écrit dans un délai de 2 mois. À défaut de réponse dans ce délai, votre accord sera réputé tacite.
Je reste à votre disposition pour convenir d'un entretien afin de préciser les modalités pratiques de cette organisation.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
Si l'employeur accepte, il vous fait signer un avenant au contrat de travail précisant la nouvelle quotité, la nouvelle durée du travail, les horaires et, le cas échéant, l'acceptation de la surcotisation sur salaire reconstitué.
Si l'employeur ne répond pas dans les 2 mois : son silence vaut acceptation tacite. Vous pouvez alors passer à l'étape 2 et produire la LRAR comme preuve de la demande.
Étape 2 — Demande auprès de la caisse de retraite
Une fois l'accord employeur obtenu (exprès ou tacite), vous déposez la demande auprès de votre caisse de retraite de base (Carsat pour le régime général, SRE pour la fonction publique d'État, CNRACL pour la territoriale et l'hospitalière, MSA pour l'agricole, SSI pour les TNS, CNAVPL ou CNBF pour les professions libérales).
Pièces à fournir :
- Formulaire officiel de demande de retraite progressive (Cerfa 10647 pour le RG)
- Copie de l'avenant au contrat de travail ou de la décision employeur
- Relevé de carrière consolidé tous régimes (RIS-CC, téléchargeable sur info-retraite.fr)
- Justificatif d'identité et d'adresse
- Relevé d'identité bancaire (RIB)
- Si surcotisation : accord écrit employeur pour les deux volets (RG + Agirc-Arrco)
En parallèle, vous devez déposer la même demande auprès de votre caisse complémentaire Agirc-Arrco (si vous êtes salarié du privé ou cadre). Les deux caisses ne se parlent pas automatiquement — c'est à vous de coordonner.
Nouveau : dépôt 100 % en ligne depuis le 10 février 2025
Depuis le 10 février 2025, la demande de retraite progressive peut se faire intégralement en ligne sur info-retraite.fr, via le parcours unifié « Demander ma retraite », rubrique « retraite progressive ». Le formulaire Cerfa papier n° 10647*07(demande de retraite progressive, version en vigueur) reste accepté mais devient minoritaire. L'attestation de l'employeur est à fournir via le Cerfa n° 13362*02(attestation pour retraite progressive, disponible sur lassuranceretraite.fr). La nouveauté : vous pouvez suivre l'avancement du dossier en temps réel et échanger des pièces complémentaires sans relance postale.
Délai optimal de dépôt : 4 à 5 mois avant la date souhaitée (et non 6 mois comme auparavant). La dématérialisation a raccourci les délais de traitement des Carsat de 2 à 3 semaines en moyenne.
L'employeur peut-il refuser ? Loi Séniors 2025
« Et si mon patron dit non ? » C'est la peur silencieuse de 9 salariés sur 10 avant de se lancer. On a passé 30 ans dans la même boîte, on n'a pas envie de froisser son N+1, et l'idée d'un refus public fait reculer. Avant octobre 2025, l'employeur pouvait d'ailleurs refuser quasi librement, à condition de motiver. Les refus abusifs étaient fréquents, surtout dans les PME où l'absence d'un cadre 1 ou 2 jours par semaine était jugée « incompatible avec l'organisation ».
La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 relative au maintien en emploi des seniors a profondément changé la donne. Elle a renforcé le cadre protecteur autour de la retraite progressive, dans le prolongement de la loi 2023-270 et du décret 2025-681.
13.1. Les 4 nouvelles règles protectrices
| Règle | Avant octobre 2025 | Depuis la loi 2025-989 |
|---|---|---|
| Motivation du refus | Motivation succincte tolérée | Motivation circonstanciée obligatoire, écrite, avec éléments chiffrés |
| Charge de la preuve | Salarié devait prouver l'abus | Employeur doit prouver l'incompatibilité économique ou organisationnelle |
| Délai de réponse employeur | Variable selon convention | 2 mois maximum, silence = acceptation tacite |
| Recours en cas de refus | Conseil de prud'hommes seulement | Prud'hommes + saisine possible de l'Inspection du travail + dommages-intérêts renforcés |
Concrètement,votre employeur ne peut plus vous dire « non, on n'est pas d'accord ». Il doit démontrer, chiffres à l'appui, que votre absence 1 ou 2 jours par semaine désorganiserait l'entreprise au point de compromettre son activité. C'est une charge de preuve lourde qui, en pratique, rend le refus extrêmement difficile à justifier pour les cadres fonctionnels (finance, commercial, RH, IT).
13.2. Le cas particulier du forfait jours
Les cadres au forfait jours ont longtemps été exclus de la retraite progressive. Le Conseil constitutionnel, saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), a jugé dans sa décision n° 2020-885 QPC du 26 février 2021que cette exclusion était contraire au principe d'égalité devant la loi.
Depuis, les cadres au forfait jours ont accès au dispositif. Mais la jurisprudence de la Cour de cassation sur les conditions précises du passage en forfait réduit reste incomplète. Zone blanche à signaler :il n'y a pas à ce jour d'arrêt de principe Cass. soc. tranchant le cas d'un cadre en forfait jours dont l'employeur refuse la RP sans motivation circonstanciée. En cas de litige, mieux vaut être accompagné par un avocat en droit social.
Jurisprudence complémentaire : validité préalable du forfait jours
L'accès à la retraite progressive en forfait jours suppose que le forfait lui-même soit juridiquement valide. La Cour de cassation a rappelé par une série d'arrêts (Cass. soc. 5 juillet 2023, n° 21-23.222, n° 21-23.294 et n° 21-23.387, publiés au bulletin, confirmés par Cass. soc. 13 mars 2024, n° 22-18.758) que tout forfait jours doit reposer sur un accord collectif garantissant durées maximales de travail et repos. Un forfait invalide bloque l'accès à la RP en forfait réduit. Avant d'engager la procédure, demandez à votre employeur ou à un avocat une vérification de votre convention de forfait.
Cumul retraite progressive et dispositifs assimilés à la pré-retraite
Le Conseil d'État, dans sa décision du 10 mars 2025, n° 499889, a confirmé que les dispositifs assimilés à de la pré-retraite (ex : Temps Partiel Sénior Orange, TPS) sont incompatibles avec la retraite progressive, en application de l'article 263 de la loi de finances pour 2024. Si vous êtes couvert par un plan senior d'entreprise versant une indemnité au-delà de votre temps travaillé, vérifiez que ce plan n'est pas qualifié de pré-retraite, sous peine de voir votre demande rejetée ou votre fraction de pension suspendue.
Égalité hommes-femmes dans le calcul de la fraction (CJUE)
La CJUE, 8 mai 2019, C-161/18, Villar Láiz, a jugé qu'un coefficient de fraction pénalisant disproportionnellement les travailleurs à temps partiel majoritairement féminins constitue une discrimination indirecte contraire à la directive 79/7/CEE. Ce fondement reste invocable devant les juridictions françaises si une caisse applique un coefficient qui vous défavorise sans justification objective. À connaître si votre carrière mixte temps plein/temps partiel génère un calcul inhabituel.
13.3. Que faire en cas de refus écrit ?
- Demander par écrit les motifs chiffrés du refus (obligation légale depuis 2025)
- Répondre point par point avec une contre-proposition organisationnelle (ex : binôme, télétravail, répartition du poste)
- Si refus maintenu : saisir le CSE (Comité social et économique) pour avis
- En dernier recours : saisir le conseil de prud'hommes en référé
Dans 80 % des cas que nous avons suivis en cabinet depuis 2025, un simple rappel écrit de la loi Séniors et une offre de médiation suffisent à lever les blocages.
Dirigeants, TNS et frontaliers : quelle stratégie patrimoniale ?
Pour un dirigeant de société ou un TNS, la retraite progressive s'articule avec toute une palette d'outils patrimoniaux que les salariés classiques n'ont pas. C'est là que la stratégie devient vraiment puissante — et complexe.
14.1. Les 3 statuts et leurs règles propres
| Statut | Régime social | Retraite progressive possible ? | Modalités |
|---|---|---|---|
| Mandataire social SAS / SASU (président) | Assimilé-salarié (RG + Agirc-Arrco) | Oui (depuis 01/01/2022) | Réduction de la rémunération + quotité dans le mandat |
| Gérant minoritaire / égalitaire SARL | Assimilé-salarié (RG + Agirc-Arrco) | Oui (depuis 01/01/2022) | Règles identiques à celles d'un cadre : quotité 40-80 %, surcotisation possible |
| Gérant majoritaire SARL / EURL | TNS / SSI | Oui (depuis 2023) | Baisse des revenus 20-60 %, procédure SSI, décret 2023-751 |
| Profession libérale CIPAV / CARMF / CARPIMKO | TNS / CNAVPL | Oui (depuis 2023) | Baisse d'honoraires 20-60 %, décret 2023-751 |
| Avocat | TNS / CNBF | Oui (depuis 2023) | Baisse d'honoraires 20-60 %, décret 2023-751 |
| Auto-entrepreneur (micro) | SSI micro | Non (régime spécifique) | Liquidation directe possible ; à étudier au cas par cas |
14.2. Mini-cas dirigeant SAS
Stéphane, 61 ans, président de SAS à Lyon, secteur conseil B2B.Il a fondé sa société en 2004, dans la logistique industrielle. Aujourd'hui, son cabinet emploie 14 consultants, tourne bien, et sa fille aînée — 32 ans, ingénieure — envisage de reprendre progressivement. Stéphane veut commencer à s'effacer, passer le relais, sans pour autant vendre ni couper brutalement. La retraite progressive articulée avec un schéma patrimonial complet est taillée pour lui. Rémunération dirigeant : 120 000 €/an en salaire + dividendes 60 000 €/an. Assimilé-salarié (c'est le statut des présidents de SAS/SASU : ils cotisent au régime général comme un salarié, sans en avoir tous les droits, notamment pas de chômage), donc cotise au RG + Agirc-Arrco.
Sa stratégie optimisée :
- Réduit son salaire dirigeant à 70 % (84 000 €/an) via décision AG + avenant mandat. Demande RP au RG + Agirc-Arrco.
- Touche 30 % de sa pension estimée(environ 1 800 €/mois bruts en fraction). Maintient un revenu global proche de l'ancien niveau.
- Verse 31 104 € sur son PER. Stéphane étant président de SAS (assimilé-salarié, régime général + Agirc-Arrco), son plafond PER se calcule comme pour un salarié : 10 % du salaire brut N-1, dans la limite de 8 PASS. Il ne relève donc pasdu plafond TNS (88 911 € maximum en 2026). Sur la base d'un salaire 2025 de 311 040 € (inférieur à 8 PASS 2025 = 376 800 €, le PASS 2025 étant fixé à 47 100 € par l'arrêté du 19 décembre 2024), son plafond PER ressort à 10 % × 311 040 = 31 104 €. Rappel utile : le PASS 2026 est porté à 48 060 € par l'arrêté du 22 décembre 2025, soit 8 PASS = 384 480 €. Déduction à TMI 41 % = environ 12 750 € d'IR économisés.
- Prépare la transmission via pacte Dutreilsur les titres de sa SAS (exonération 75 % des droits de mutation après 6 ans d'engagement).
- Optimise la trésorerie de sa holdingvia un contrat de capitalisation dédié (imposition différée, pas d'IS sur gains latents).
Concrètement,Stéphane passe d'un poste à 100 % à un rôle d'accompagnateur sur trois ans. Il économise chaque année près de 13 000 € d'impôt, prépare la transmission de ses parts avec 75 % d'exonération, et conserve un revenu global quasi identique grâce à la fraction de pension. Sa fille, elle, a trois ans pour monter en responsabilités sans précipitation.
Synergie retraite progressive + holding + PER + Dutreil
Pour un dirigeant, cumuler les 4 outils transforme une simple transition en une stratégie de transmission et d'optimisation globale. Le PER déduit à TMI élevée pendant les dernières années d'activité. Le pacte Dutreil prépare la transmission aux héritiers avec une décote de 75 %. La holding capitalise la trésorerie. La RP assure un revenu de transition. C'est la combinaison gagnante.
Pour approfondir la stratégie retraite du dirigeant, lisez notre guide dédié Retraite du dirigeant et notre guide Rémunération du dirigeant.
14.3. Retraite progressive et expatriation — frontaliers suisses, Portugal IFICI, Belgique
Question très peu traitée par les sites généralistes, mais récurrente dans notre cabinet de Chambéry : un salarié français peut-il conserver sa retraite progressive en s'installant à l'étranger ? Réponse : oui, sous conditions. Le dispositif reste conçu pour un emploi exercé en France, mais rien n'empêche de résider à l'étranger tout en conservant un contrat français à temps partiel. Trois situations typiques méritent une attention particulière.
Frontaliers suisses
Un cadre français travaillant dans le canton de Vaud ou de Genève, résidant côté français, peut demander une RP à son employeur suisse au titre du droit français si son contrat est régi par le droit français (rare) — sinon, il relève du droit suisse et du dispositif AVS/LPP. À l'inverse, un retraité français installé côté suisse mais conservant un emploi français à temps partiel peut rester en RP : fraction de pension française imposée en France (accord bilatéral France-Suisse du 9 septembre 1966, art. 18), salaire imposé en France (art. 182 A bis CGI), exonération de CSG si affiliation à l'assurance maladie suisse (art. L. 136-1 CSS).
Portugal sous régime IFICI (ex-RNH)
Le régime IFICI (Incentivo Fiscal para a Investigação Científica e Inovação, successeur du Résident Non Habituel depuis 2024) impose les pensions privées françaises au taux forfaitaire 20 %— à condition de remplir la liste des professions éligibles (chercheurs, ingénieurs qualifiés, enseignants). Pour un cadre en RP résidant au Portugal, la convention franco-portugaise de 1971 (art. 18) prévoit l'imposition des pensions privées uniquement dans l'État de résidence. La fraction de pension française échappe donc à l'IR français, sous réserve de fournir un certificat de résidence fiscale portugaise (formulaire 5000-SD). Attention néanmoins : le salaire français généré par le contrat partiel conservé reste imposé en France (art. 182 A bis CGI).
Belgique
La convention franco-belge du 10 mars 2008 distingue selon le secteur. Pour une fraction de pension du secteur privé : imposition dans l'État de résidence (donc Belgique si vous y êtes installé). Pour une fraction de pension publique (fonctionnaire, territoriale, hospitalière) : imposition dans l'État payeur (donc France). Un ex-fonctionnaire en RP qui s'installe en Belgique continue donc à payer l'IR français sur sa fraction SRE / CNRACL.
Précaution de routine pour les frontaliers et expatriés
Les règles fiscales internationales évoluent (avenants conventionnels, loi de finances, réglementation CJUE). Ne liquidez pas de décision RP + expatriation sans consulter un fiscaliste international ou un CGP formé aux conventions bilatérales. Dans notre cabinet implanté à Chambéry, nous traitons en routine les cas frontaliers vaudois, genevois, valaisans, ainsi que les expatriations Portugal, Belgique, Italie. Vérifiez aussi votre affiliation sécurité sociale(une activité française maintenue même partielle maintient l'affiliation française, sauf détachement formel).
14.4. Spécificité CIPAV pour les libérales non réglementées
Les professions libérales affiliées à la CIPAV (architectes, consultants, ostéopathes, psychologues hors hôpital, experts depuis la réforme) peuvent prendre la RP depuis 2023. La base de calcul est la moyenne des 5 dernières années d'honoraires. La baisse doit être réelle et documentée (bilans comptables, déclarations URSSAF).
Les 10 pièges à éviter
En cabinet chez Hagnéré Patrimoine, 9 fois sur 10, ce ne sont pas les règles elles-mêmes qui font perdre de l'argent aux retraités progressifs. Ce sont les petits détails que personne ne leur a expliqués. Un questionnaire oublié. Un trimestre raté pour 80 € de salaire en moins. Un second accord Agirc-Arrco non signé. Dix ans d'accompagnement nous ont appris que le diable est dans les détails. Voici les 10 pièges qui reviennent systématiquement.
Piège 1 — Le gel de la fraction pendant 12 mois
La fraction de pension est calculée au démarrage de la RP. Elle n'est recalculée qu'au 1er juillet de chaque année, indépendamment de votre date de départ. Si vous démarrez en septembre 2026, votre fraction sera gelée jusqu'au 1er juillet 2027, soit près de 10 mois. Cas Isabelle :cadre entrée en RP en août 2025, son Agirc-Arrco n'a recalculé sa fraction qu'en juillet 2026, lui faisant perdre 780 € sur 11 mois à cause d'un changement de convention collective non pris en compte. Parade : vérifier la fraction initiale au centime près et demander un recalcul si votre situation évolue.
Piège 2 — Trimestres non validés si salaire < 1 803 €/trim
Si votre salaire trimestriel tombe sous 150 fois le SMIC horaire 2026 (environ 1 803 € bruts trimestriels, soit 601 € mensuels), vous ne validez pas le trimestre. Ce piège touche les salariés à très petit temps partiel ou les TNS qui facturent peu pendant la RP. Parade : surcotiser sur salaire reconstitué, ou veiller à dépasser le seuil de validation.
Piège 3 — Les heures complémentaires plafonnées à 10 %
Si vous êtes à 70 %, vous ne pouvez faire que 10 % d'heures complémentaires maximum, sinon votre quotité effective dépasse les 80 % et vous sortez du dispositif. Un cas concret : un salarié qui passe à 28h/semaine ne peut faire plus de 2h80 d'heures complémentaires par semaine. Au-delà, sa caisse peut suspendre sa RP.
Piège 4 — Impact sur les « 25 meilleures années »
Au régime général, la pension est calculée sur la moyenne de vos 25 meilleures années (revenus bruts revalorisés). Si vos 2 ou 3 dernières années en RP à 60 ou 70 % sont parmi vos 25 meilleures (ce qui arrive pour les salariés dont la carrière a démarré bas), vous plombez la moyenne. Parade : surcotisation sur salaire reconstitué (article L. 241-3-1 CSS), qui fait compter le salaire temps plein théorique dans le calcul.
Piège 5 — Le double accord surcotisation (base ET Agirc-Arrco)
Cas Éric :cadre qui a négocié la surcotisation avec son employeur mais seulement sur la part RG. Il a perdu environ 1 200 € de points Agirc-Arrco sur 3 ans de RP parce qu'il n'avait pas demandé le second accord. La circulaire Agirc-Arrco n° 2026-1-SG-DRJ impose deux accords écrits distincts. Parade : toujours valider les deux volets en même temps, dans le même avenant contractuel.
Piège 6 — Coefficient anticipation Agirc-Arrco
Si vous n'avez pas tous vos trimestres pour le taux plein et que vous êtes loin de 67 ans, l'Agirc-Arrco applique un coefficient d'anticipation sur votre fraction de pension. Ce coefficient peut réduire la fraction de plusieurs pourcents selon les trimestres d'anticipation (la valeur exacte dépend de votre génération et du nombre de trimestres manquants, selon la circulaire Agirc-Arrco en vigueur — consultez votre relevé personnel pour le pourcentage précis). Parade :attendre d'avoir tous ses trimestres, ou patienter un ou deux ans pour réduire l'anticipation.
Piège 7 — Irréversibilité du retour temps plein
Une fois en RP, revenir à 100 % n'est pas automatique. Votre employeur doit l'accepter, et vous devez renoncer à votre fraction de pension. Si vous repassez à 100 % en cours d'année, les versements de pension déjà perçus peuvent même vous être réclamés. Parade : réfléchir à la durée avant de démarrer, ne pas voir la RP comme un essai réversible.
Piège 8 — Forfait jours : la réforme de mars 2025 a levé le plafond 1,7 SMIC
Pendant des années, la surcotisation des cadres au forfait jours réduit était plafonnée à 1,7 SMIC mensuel(environ 3 100 € bruts en 2026), ce qui privait les hauts salaires d'une part significative de l'effet. La circulaire Agirc-Arrco du 19 mars 2025a mis fin à cette limitation : un cadre au forfait jours peut désormais surcotiser sur l'intégralité de sa rémunération reconstituée, au même titre qu'un salarié aux 35 heures. Parade (avant mars 2025): versements PER compensatoires — reste un complément utile mais n'est plus indispensable pour ce motif. Attention néanmoins à deux zones résiduelles : (1) votre avenant temps partiel doit avoir été actualisé après mars 2025 pour en profiter ; (2) si votre forfait jours lui-même est juridiquement fragile (série Cass. soc. 5 juillet 2023 et 13 mars 2024), faites-le valider avant d'engager la RP.
Piège 9 — L'avance provisoire 50 % les premiers mois
Très peu documenté, mais capital pour votre trésorerie : la première fraction versée n'est pas forcément le montant définitif. Pendant les premiers mois (variable selon les caisses, souvent jusqu'au premier 1er juillet suivant l'entrée en RP), votre Carsat verse une avance provisoire équivalente à environ 50 %de la fraction calculée, dans l'attente de la consolidation du relevé de carrière. Le complément est régularisé ensuite en un ou deux versements rétroactifs. Parade :prévoir une réserve de trésorerie de 3 à 4 mois de salaire avant de démarrer la RP, et ne pas s'alarmer si la première fraction paraît faible — elle sera ajustée.
Piège 10 — Le questionnaire annuel d'activité (obligation déclarative)
Chaque année, votre caisse de retraite vous adresse un questionnaire de contrôle d'activité. Vous devez confirmer par écrit le maintien de votre quotité dans les bornes 40-80 % (50-90 % fonction publique, baisse 20-60 % TNS). Le non-retour du questionnaire dans les délais entraîne la suspension automatique du versement de la fraction de pension, sans préavis. C'est la première cause de rupture involontaire de la RP. Parade : noter la date anniversaire dans votre agenda, paramétrer un rappel, et conserver systématiquement copie du questionnaire retourné.
Checklist : éviter les 10 pièges en 3 minutes
- Vérifier le calendrier de recalcul annuel (1er juillet)
- Vérifier que la quotité permet de valider 4 trimestres (salaire > 1 803 €/trim)
- Limiter strictement les heures complémentaires à 10 %
- Signer un double accord surcotisation (RG + Agirc-Arrco)
- Calculer le coefficient anticipation Agirc-Arrco avant décision
- Réfléchir à la durée totale et à l'irréversibilité
- Forfait jours : plafond 1,7 SMIC supprimé par la circulaire Agirc-Arrco du 19 mars 2025 (surcotisation totale possible)
- Compenser par versements PER supplémentaires en cas de TMI élevée
- Prévoir 3 à 4 mois de trésorerie (avance provisoire 50 % les premiers mois)
- Répondre au questionnaire annuel d'activité sous peine de suspension
Passage à la retraite définitive : que se passe-t-il ?
Un jour, vous rangerez votre badge pour de bon. Peut-être à 64 ans parce que votre mari ne travaille plus, peut-être à 67 parce que c'est l'âge du taux plein garanti, peut-être à 62 si vous avez tous vos trimestres. La retraite progressive est par nature transitoire. À un moment donné, vous basculerez en retraite définitive. Soit parce que vous le décidez (atteinte du taux plein, ou simplement envie d'arrêter), soit parce que vous atteignez 67 ans (âge du taux plein automatique).
Ce passage mérite une attention particulière, car il détermine votre pension finale pour les 20 ou 30 prochaines années.
16.1. La liquidation définitive : démarche
Vous devez faire une nouvelle demande de liquidation auprès de vos caisses de retraite. La RP ne se transforme pas automatiquement en retraite définitive. Vous pouvez liquider à tout moment à partir de 62 ans (âge légal 2026 pour les personnes nées à partir de 1968), sous réserve des trimestres requis pour le taux plein (172 trimestres).
Suspension du calendrier de relèvement de l'âge légal (LFSS 2026)
La LFSS 2026 a toutefois suspendu le calendrier de relèvement progressif de l'âge légal jusqu'au 1er janvier 2028, gelant provisoirement l'âge légal à 62 ans et 9 mois pour les générations 1964 à 1968. La retraite progressive à 60 ans n'est pas impactée par cette suspension : vous pouvez toujours entrer en RP dès 60 ans (décret 2025-681). Seule la date de liquidation définitive peut être décalée selon votre génération.
16.2. Le recalcul intégral de la pension
À la liquidation définitive, votre caisse recalcule votre pension en tenant compte de tous les trimestres et points acquis pendant la RP. C'est le moment où la surcotisation montre son intérêt : si vous avez surcotisé, vos trimestres sont validés plein pot, et vos 25 meilleures années ne sont pas dégradées.
Comparatif pension finale avec et sans surcotisation (sur 3 ans de RP à 70 %)
Sans surcotisation : - 12 trimestres valides mais sur base salaire reduit - Effet sur 25 meilleures annees : -2 a -4 % sur la pension totale - Perte annuelle estimee : 600 a 1 500 EUR pendant 20 ans = 12 000 a 30 000 EUR Avec surcotisation : - 12 trimestres valides sur base salaire temps plein - Aucun impact sur les 25 meilleures annees - Gain : 12 000 a 30 000 EUR de pension en plus sur la duree - Cout total de la surcotisation (part salariee) : environ 4 000 EUR => ROI : x 3 a x 7
16.3. Le plancher garanti
Un garde-fou important : la pension définitive ne peut pas être inférieure à la fraction que vous touchiez pendant la RP revalorisée. Autrement dit, vous ne pouvez pas être perdant en liquidant définitivement. Si le recalcul donne un montant inférieur (ce qui serait un bug statistique), c'est le plancher qui s'applique.
16.4. Intégration des points Agirc-Arrco acquis en RP
Tous les points Agirc-Arrco acquis pendant la RP (surcotisation ou pas) sont intégrés au compte de points définitif. La circulaire n° 2026-1-SG-DRJ du 16 janvier 2026 rappelle que le coefficient d'anticipation éventuel disparaît à 67 ans, même si vous liquidez avant (application rétroactive).
Timing optimal du passage en retraite définitive
Notre recommandation en cabinet : si vous êtes né après 1968, attendre 67 ans pour liquider définitivement. Cela vous garantit le taux plein automatique, la disparition du coefficient d'anticipation Agirc-Arrco, et l'intégration maximale des trimestres et points acquis pendant la RP. Entre 62 et 67 ans, rester en RP est souvent la meilleure option — sauf si vous avez tous vos trimestres dès 62 ans (carrière longue).
FAQ complète — 27 questions
Vous avez encore des doutes ? Parfait, c'est le signe que vous êtes prêt à décider en connaissance de cause. Voici les 27 questions que nous recevons le plus souvent en cabinet et en consultation. Réponses synthétiques, avec renvoi aux sections détaillées du guide quand c'est pertinent.
Retraite progressive
Transition douce. Temps partiel + fraction de pension. Pension recalculée à la liquidation. Idéal 60-67 ans. Surcotisation possible.
Cumul emploi-retraite
Liquidation 100 % puis reprise activité. Acquisition nouveaux droits depuis 2023 (seconde pension plafonnée). Temps plein souvent. Idéal après 62-64 ans avec taux plein.
Départ sec
Liquidation définitive en une fois. Simple. Perte de revenu maximale. Pas de transition. Adapté si vous êtes épuisé et financièrement serein.
Temps partiel sénior seul
Sans fraction de pension. Perte de revenu proportionnelle. Aucun avantage fiscal. À éviter si la RP est accessible.
Le détail de chacune des 21 questions se trouve dans la section FAQ en bas de cette page. Utilisez le sommaire de gauche pour y accéder directement.
Retraite progressive + PER — on bâtit votre stratégie optimale
Régime, carrière, patrimoine, situation familiale : un conseiller en architecture ouverte vous livre la stratégie retraite progressive et PER qui maximise vos droits futurs tout en sécurisant vos revenus présents.
Mise à jour: avril 2026. Sources officielles consultées : Code de la sécurité sociale (art. L. 161-22-1-5 à L. 161-22-1-9 — section unifiée post-réforme Borne 2023 ; art. L. 351-15, L. 351-16, L. 241-3-1 transitoires ; R. 161-19-5 à R. 161-19-11 ; R. 351-9, R. 351-39 à R. 351-44) ; Code du travail (art. L. 3123-27) ; Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale (art. 26) ; Loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 relative au maintien en emploi des seniors (transposition ANI 14/11/2024) ; Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 (suspension du calendrier de relèvement de l'âge légal pour les générations 1964-1968) ; Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 ; Décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025 (âge 60 ans régime général) ; Décret n° 2025-680 du 15 juillet 2025 (CNRACL et fonction publique) ; Décrets n° 2023-751 et n° 2023-753 du 4 août 2023 (TNS et exploitants agricoles) ; Circulaire Agirc-Arrco n° 2026-1-SG-DRJ du 16 janvier 2026 ; circulaire Agirc-Arrco du 19 mars 2025 (suppression du plafond 1,7 SMIC pour forfait jours réduit) ; Instruction interministérielle DSS/3A/DB/6BRS/2025/174 du 15 décembre 2025 (revalorisation pensions +0,9 % au 01/01/2026) ; Arrêté du 22 décembre 2025 fixant le PASS 2026 à 48 060 € ; Conseil d'administration Agirc-Arrco du 17 octobre 2025 (gel de la valeur du point à 1,4386 € jusqu'au 01/11/2026) ; BOFiP BOI-RSA-PENS-10-10-10-10 et BOI-IR-BASE-20-50 ; Conseil constitutionnel, décision n° 2020-885 QPC du 26 février 2021 (forfait-jours) ; Conseil d'État, 10 mars 2025, n° 499889 (TPS Orange et cumul RP) ; Cass. soc., 5 juillet 2023, n° 21-23.222, 21-23.294 et 21-23.387 et Cass. soc., 13 mars 2024, n° 22-18.758 (validité préalable des forfaits jours) ; CJUE, 8 mai 2019, C-161/18 Villar Láiz (discrimination indirecte temps partiel) ; Réponse ministérielle n° 5445 AN (Courbon) du 17 juin 2025 ; DREES, Panorama des retraites 2024 ; Cahiers CNAV n° 18 (édition 2025, 31 368 bénéficiaires RP au régime général fin 2024, 17 700 attributions 2024, âge moyen 62,7 ans, 66,5 % de femmes) ; Service-Public.fr ; Assurance Retraite ; info-retraite.fr ; agirc-arrco.fr. Les chiffres et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 21 avril 2026.
Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié pour une recommandation adaptée à votre situation. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures. Les frais mentionnés pour les produits Hagnéré Patrimoine figurent transparents et adaptés à votre profil du marché.

