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Trésorerie de SELARL : que faire du cash de votre société d'exercice

Une trésorerie de SELARL qui dort sur le compte courant ne rapporte rien et perd de la valeur avec l'inflation. La clé : séparer le cash d'exploitation, intouchable, du surplus durable que l'on met au travail à l'IS — contrat de capitalisation et compte-titres société. Méthode des 4 poches, 3 profils chiffrés et un exemple sur 2 M €. Guide d'un CGP ORIAS (CIF/COA/COBSP).

2 pochesExploitation vs surplus
4 pochesSécurité · Revenu · Croissance · Illiquide
3 profilsPrudent 3 % · Équilibré 5 % · Dynamique 7 %+
IS + capiCapitaliser à l'IS
Hagnéré Patrimoine

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Clément Chatelain

Conseiller en Gestion de Patrimoine indépendant

Clément Chatelain accompagne les particuliers, familles et dirigeants sur la structuration globale du patrimoine : fiscalité, placements, immobilier, retraite et transmission.

Gestion de patrimoineCIFCabinet indépendant

Publié le 22 juin 2026 · Temps de lecture : 18 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291.

En 60 secondes

  • Pour qui ? Médecin, dentiste ou avocat en SELARL avec 1 à 2 M€ de trésorerie qui dort sur le compte courant.
  • Le principe : couper le cash d'exploitation (intouchable) du surplus durable AVANT d'allouer quoi que ce soit.
  • L'outil : contrat de capitalisation à l'IS et compte-titres société, avec une holding pour remonter les excédents.
  • Chiffre choc 2026 : 2 M€ à 0 % vs ~70 000 €/an visés à 5 % net sur 1,4 M€ réellement placés (illustratif).
  • Garde-fou : 0 PS dans la société, mais IS dû ; à la distribution, dividende = PFU 31,4 %.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les chiffres, rendements et allocations présentés sont illustratifs et non garantis : tout investissement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et la cohérence avec l'objet social de votre SELARL doit être validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, votre Ordre professionnel.

QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291

1. Introduction

Vous exercez en SELARL — médecin, dentiste, avocat, profession libérale réglementée — et votre société a accumulé une trésorerie confortable. Un, parfois deux millions d'euros sont posés sur le compte courant de la société, à 0 %, pendant que l'inflation grignote chaque année leur pouvoir d'achat. La question revient à chaque rendez-vous : que faire de la trésorerie de sa SELARL? Faut-il la sortir en dividendes, ou la garder dans la société pour l'investir ? Et sur quels supports ?

Ce guide répond à cette question avec une méthode simple et réplicable : la méthode des 4 poches, déclinée en 3 profils chiffrés, appliquée au cash d'une société d'exercice. Le fil rouge, c'est une distinction que trop de dirigeants négligent : séparer le cash d'exploitation, intouchable, du surplus durable que l'on peut réellement mettre au travail — à l'IS, via contrat de capitalisation et compte-titres société.

Vous cherchez le comparatif des enveloppes ?

Si vous voulez le comparatif détaillé des enveloppes (compte à terme, contrat de capitalisation, compte-titres, compte courant d'associé) pour la trésorerie d'une SAS ou SARL, notre guide placer la trésorerie d'entreprise SAS/SARL en 2026 le traite ligne à ligne. Ici, on se concentre sur la SELARL et surtout sur l'allocation du surplus en 4 poches.

2. La trésorerie de SELARL : un actif qui dort, un coût d'opportunité réel

Un compte courant de société ne rémunère pas la trésorerie. Posé là, le cash ne rapporte rien — et il perd même de la valeur : avec une inflation de l'ordre de 2 % par an, le pouvoir d'achat de votre trésorerie s'érode mécaniquement. Le solde affiché ne bouge pas, mais ce qu'il permet d'acheter, lui, diminue chaque année. C'est une perte réelle, silencieuse, qui se cumule sans jamais apparaître sur un relevé bancaire.

Le second coût est un coût d'opportunité. Une trésorerie excédentaire de 1,4 M€ laissée à 0 %, c'est, à 5 % net visé (profil Équilibré, illustratif), de l'ordre de 70 000 € par an « laissés sur la table ». Sur cinq ans, l'écart entre un cash dormant et un surplus mis au travail se compte en centaines de milliers d'euros. Le rendement n'est jamais garanti et le capital reste exposé à un risque de perte, mais l'ordre de grandeur du manque à gagner, lui, est structurel.

Pourquoi cette trésorerie s'accumule-t-elle en SELARL ? Parce que le dirigeant arbitre en permanence entre rémunération et dividende, et qu'une partie du bénéfice n'est ni distribuée ni réinvestie : elle s'empile sur le compte courant. Très vite, le solde dépasse le besoin réel d'exploitation. C'est ce surplus-là qu'on isole, puis qu'on met au travail. La même logique de mise au travail du capital s'applique aux revenus personnels : voir notre guide médecin libéral : défiscaliser et placer 1 M€.

3. Comprendre le statut du cash : trésorerie d'exploitation vs trésorerie excédentaire

Avant de placer quoi que ce soit, il faut segmenter. Toute la méthode repose sur la séparation de deux poches de cash aux statuts radicalement différents :

  • La trésorerie d'exploitation : besoin en fonds de roulement (BFR), charges fixes, salaires, cotisations, échéances fiscales et sociales. En pratique, 3 à 6 mois de charges. Elle est intouchable et reste sur supports liquides, même à 0 % : son rôle n'est pas de rapporter, mais d'être disponible.
  • La trésorerie excédentaire, ou surplus durable : tout ce qui n'a pas vocation à financer l'exploitation à court terme. C'est la seule part investissable, celle qui part en allocation 4 poches.

Calcul du surplus investissable

Surplus durable = Trésorerie totale − Cash d'exploitation (BFR + 3 à 6 mois de charges)
  • Trésorerie totale :ex. 2 000 000 €
  • Cash d'exploitation :ex. 600 000 € (BFR + 3 à 6 mois de charges)
  • Surplus durable :ex. 1 400 000 € (la part investissable)

Seul le surplus durable part en allocation. Le coussin d'exploitation reste sur supports liquides, mobilisable à tout moment.

Cette segmentation n'est pas un détail : elle commande le profil de risque. Plus la part de trésorerie potentiellement rappelable pour l'exploitation est forte, plus l'allocation doit rester prudente. Une SELARL dont le cash peut être mobilisé d'un trimestre à l'autre ne raisonne pas comme une société tirelire au surplus structurel.

Pourquoi laisser 2 M€ sur un compte courant détruit de la valeur

Prenons l'exemple chiffré (illustratif). Deux millions d'euros sur un compte courant à 0 %, face à une inflation de 2 %, c'est environ 40 000 € de pouvoir d'achat perdu chaque année, soit de l'ordre de 200 000 € sur cinq ans. En face, 1,4 M€ de surplus placé en profil Équilibré, à 5 % net visé, vise environ 70 000 €/an. L'écart d'opportunité entre les deux situations est massif.

La nuance réglementaire est essentielle : ce rendement de 5 % n'est ni promis ni garanti, et le capital placé reste exposé à un risque de perte. À l'inverse, le cash d'exploitation, lui, doit rester liquide même à 0 % — c'est le prix de la sécurité opérationnelle. La bonne décision n'est jamais « tout placer », mais « placer le bon montant ».

À retenir : la règle de la segmentation

  • Cash d'exploitation = BFR + 3 à 6 mois de charges. Intouchable, liquide, même à 0 %.
  • Surplus durable= trésorerie totale − cash d'exploitation. C'est la seule part qui part en allocation 4 poches.
  • Plus la part rappelable est forte, plus l'allocation reste prudente : la segmentation commande le profil de risque.

4. L'objet social et la prudence : ce qu'une SELARL peut placer

Une SELARL peut placer sa trésorerie excédentaire : il n'existe pas d'interdiction de principe. La gestion de trésorerie doit toutefois rester cohérente avec l'objet social et relever d'une gestion prudente du dirigeant — autrement dit, ne pas constituer un acte anormal de gestion. Placer le surplus dans des classes d'actifs diversifiées, pour le valoriser, entre dans ce cadre.

Un point de vigilance mérite d'être signalé. Lorsqu'une société d'exercice gère une trésorerie patrimoniale, il faut veiller à ce que les montages ne soient pas perçus comme ayant un but principalement fiscal. Typiquement, démembrer la même SCPI entre la société et le dirigeant peut tomber sous le mini-abus de droit (majoration de 40 %) ; on privilégie alors un démembrement croisé ou avec un tiers. Ces sujets se traitent au cas par cas — voir notre guide contrat de capitalisation démembré en société.

Enfin, attention à la confusion fréquente entre SPFPL et holding. La société de participations financières de professions libérales (SPFPL) a un objet restreint, centré sur la détention et le financement liés à l'activité libérale. Pour de la gestion patrimoniale pure du surplus, une holding patrimoniale est généralement plus adaptée. Le détail de l'objet de la SPFPL est traité dans notre guide SPFPL 2026.

Objet social : à valider avec votre expert-comptable

Le caractère plaçable de la trésorerie et la conformité des montages à l'objet social de votre SELARL doivent être validés au cas par cas avec votre expert-comptable et, le cas échéant, votre Ordre professionnel. Nous ne nous substituons pas à ces professionnels : nous construisons l'allocation, ils sécurisent le cadre.

5. Le contrat de capitalisation à l'IS, brique centrale de la trésorerie société

Pour une société à l'IS, le contrat de capitalisation est la brique centrale de l'allocation : il permet de capitaliser en différant le frottement fiscal, là où d'autres supports (les OPCVM logés en compte-titres, par exemple) déclenchent une imposition annuelle sur les plus-values latentes.

Sa fiscalité est spécifique. Le contrat de capitalisation détenu par une personne morale soumise à l'IS supporte une imposition forfaitaire annuelle : la base imposable est calculée en appliquant à la valeur de souscription un taux égal à 105 % du dernier TME (taux mensuel des emprunts d'État) connu à la souscription, conformément à l'article 238 septies E du CGI. Cette base théorique est ensuite régularisée au rachat sur la plus-value réellement constatée. Le forfait n'est donc qu'une avance fiscale: on diffère et on lisse, on n'efface pas.

Le mécanisme 105 % TME en une phrase

La société paie chaque année un IS forfaitaire calculé sur 105 % du TME à la souscription appliqué à la valeur du contrat — sans aucun prélèvement social au niveau de la société — puis l'ensemble est régularisé au rachat sur la plus-value réelle. Le calcul fin du frottement effectif est détaillé dans notre guide trésorerie d'entreprise.

Le point à retenir, et qui revient souvent comme une erreur : il n'y a pas de prélèvements sociaux au niveau de la société. Les 17,2 % ne frappent qu'un particulier détenteur d'un contrat. Dans la société, c'est de l'IS, point. C'est cette mécanique qui fait du contrat de capitalisation l'enveloppe naturelle pour loger une grande partie des 4 poches.

Pourquoi la capitalisation est la brique centrale

  • Elle diffère le frottement : la société paie un IS forfaitaire annuel (105 % du TME à la souscription), régularisé au rachat sur la plus-value réelle.
  • 0 prélèvement social dans la société : on n'applique jamais 17,2 % à une personne morale.
  • Elle loge sans frottement annuel des ETF actions monde qui, eux, seraient imposés chaque année en compte-titres (art. 209-0 A).

6. La poche Sécurité : fonds euros et fonds obligataires datés

La poche Sécurité est le socle de rendement contractuel et le coussin de liquidité de l'allocation. Elle se loge naturellement dans le contrat de capitalisation à l'IS souscrit par la société. Elle combine deux briques : des fonds euros (de l'ordre de 2,6 % net, illustratif) et des fonds obligataires datés.

L'intérêt des obligataires datés tient à leur logique de portage: on connaît, à la souscription, le rendement visé à l'échéance, sous réserve du risque de défaut des émetteurs. C'est un profil idéal pour une trésorerie dont l'horizon est à moyen terme : on cale l'échéance des obligations sur celle du besoin. Nous raisonnons ici en classes d'actifs, jamais en noms de fonds ni en sociétés de gestion.

Le poids de cette poche varie fortement selon le profil : elle pèse 60 % en profil Prudent et descend jusqu'à 22 % en profil Dynamique. Plus la trésorerie est rappelable, plus la Sécurité domine.

7. La poche Revenu : SCPI européennes détenues par la société

La poche Revenu apporte des flux réguliers, autour de deux briques. D'abord des SCPI européennes détenues par la société, dont les loyers sont comptabilisés en produits et imposés à l'IS. On ajoute, en complément, des produits structurés à coupon à protection partielle, qui versent un rendement conditionnel régulier. Référence de rendement SCPI : de l'ordre de 4,7 à 4,9 % (illustratif, non garanti).

Point technique : l'amortissement des parts de SCPI est débattu

Contrairement à une idée répandue, lorsqu'une société à l'IS détient des parts de SCPI en pleine propriété, l'administration les considère le plus souvent comme des titres de société non amortissables. Certaines structures (SCI à l'IS) pratiquent toutefois un amortissement de la composante immobilière : le sujet est débattu et doit être validé avec votre expert-comptable. Par prudence, ne construisez pas votre rendement net sur l'hypothèse d'un amortissement des parts en pleine propriété. Seul l'usufruit temporaire de parts de SCPI s'amortit de façon certaine, ce qui relève d'une stratégie dédiée.

Le poids de la poche Revenu est relativement stable d'un profil à l'autre (de 22 % à 25 %) : elle joue le rôle de moteur de flux, complémentaire de la Sécurité et de la Croissance.

8. La poche Croissance : ETF actions monde via compte-titres ou capitalisation

La poche Croissance est le moteur de performance à long terme, pour un horizon de 8 à 15 ans. Elle s'appuie sur des ETF actions monde (de type MSCI World ou S&P 500) — toujours raisonnés en classes d'actifs, sans nom de fonds ni ISIN. Deux enveloppes possibles : le compte-titres société ou le contrat de capitalisation.

Le choix entre les deux n'est pas neutre, et c'est un point technique décisif. Sur un compte-titres détenu par une société à l'IS, les titres vifs ne sont pas imposés sur leurs plus-values latentes, mais les OPCVM et ETF, eux, sont imposés annuellement sur leurs plus-values latentes (article 209-0 A du CGI). L'exonération de cette imposition annuelle est réservée aux OPCVM composés à au moins 90 % d'actions de sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne et soumises à l'IS : à dominante non-UE, un ETF actions monde de type MSCI World ou indice américain n'y est pas éligible et reste donc soumis au frottement annuel. Pour loger ces ETF sans subir cette imposition, le contrat de capitalisation (forfait 105 % TME) est donc souvent préféré. Le comparatif complet des enveloppes est traité dans notre guide pilier.

La poche Croissance est celle qui monte le plus avec l'ambition : 12 % en Prudent, 23 % en Équilibré, jusqu'à 35 % en Dynamique — où l'on peut y adjoindre une part d'infrastructure cotée pour le rendement réel.

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9. La poche Illiquide : private equity et dette privée de la société

La poche Illiquide capte la prime d'illiquidité sur le surplus durable, celui qui n'a pas besoin d'être mobilisé à court terme. Elle réunit le private equity (de l'ordre de 11 % par an net en moyenne, avec une forte dispersion des résultats — illustratif), la dette privée et l'infrastructure non cotée.

C'est la poche qui grossit avec le bilan, selon une logique de family office : marginale à 6 % en profil Prudent, elle passe à 12 % en Équilibré, puis à 20 % et plus en Dynamique. Quand la liquidité prime — profil Prudent —, on privilégie la dette privée, plus liquide que le private equity. Quand le capital n'a pas vocation à être mobilisé, on épaissit le private equity et l'infrastructure.

10. Holding et remontée des excédents : structurer pour optimiser

Au-delà d'un certain volume, une holding prend tout son sens : elle centralise les placements, mutualise les supports et facilite le réinvestissement à l'IS avec un frottement maîtrisé. C'est l'outil de pilotage de la trésorerie excédentaire d'un groupe d'exercice.

Le levier clé est le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI) : les dividendes remontés de la SELARL vers la holding sont exonérés d'IS, sauf une quote-part de frais et charges de 5 %. L'IS effectif sur le dividende remonté ressort donc autour de 1,25 % (5 % × 25 %). Conditions : détention d'au moins 5 % du capital et conservation des titres pendant au moins 2 ans. À ne pas confondre : la quote-part de 1 % est réservée à l'intégration fiscale — voir régime mère-fille vs intégration fiscale.

Rappel du choix de structure : la SPFPL a un objet restreint, la holding est l'outil patrimonial. Cette architecture s'inscrit dans une réflexion plus large sur la structuration du patrimoine du dirigeant. Et si une cession de la société est envisagée à terme, le sujet bascule vers l'apport-cession (article 150-0 B ter, remploi durci à 70 % sous 3 ans depuis la LF 2026, à n'envisager qu'au conditionnel) : voir vendre sa société 2 M€ et céder son entreprise : optimisation fiscale.

Aller plus loin : trésorerie, holding et cession

La trésorerie d'exercice n'est qu'une brique de la structuration du patrimoine du dirigeant. Si une cession est dans votre horizon, la holding sert aussi de véhicule d'apport-cession : le sujet est traité dans vendre sa société 2 M€. Et pour relier le cash de la société à votre patrimoine personnel, voir médecin libéral : défiscaliser et placer 1 M€.

11. Les trois profils d'allocation trésorerie : Prudent, Équilibré, Dynamique

Le profil retenu dépend de deux variables : la part de trésorerie rappelable pour l'exploitation et l'horizon de placement. En SELARL, le profil Prudent prime souvent, car le cash peut être rappelé pour financer l'activité. Voici les trois allocations de référence (chiffres illustratifs).

Note de méthode : lire ces trois profils

Les poids ci-dessous sont des repères pédagogiques, pas des allocations figées. Les rendements nets visés (≈ 3 %, 5 %, 7 %+) sont illustratifs et non garantis: ils dépendent du profil et de l'horizon retenus, des marchés et de la part réellement excédentaire de la trésorerie. Une SELARL ne démarre presque jamais en Dynamique : on part du Prudent, puis on fait glisser l'allocation à mesure que le surplus se confirme structurel. Le risque de perte en capital existe sur toutes les poches hors coussin de liquidité.

Trois profils d'allocation de la trésorerie de SELARL — répartition par poche. Chiffres illustratifs, non garantis, risque de perte en capital.
PochePrudent (~3 % net)Équilibré (~5 % net)Dynamique (~7 %+ net)
Sécurité60 % (35 % fonds € + 25 % oblig. datés)40 % (22 % + 18 %)22 % (12 % + 10 %)
Revenu22 % (18 % SCPI eur. + 4 % structurés)25 % (17 % + 8 %)23 % (13 % SCPI + 10 % structurés)
Croissance12 % (ETF monde)23 % (ETF MSCI World / S&P 500)35 % (ETF monde + infra cotée)
Illiquide6 % (dette privée)12 % (PE + dette privée)20 % (PE + dette + infra non cotée)

Profil Prudent (~3 % net/an)

Pour une SELARL, le profil Prudent prime souvent, car la trésorerie peut être rappelée pour l'exploitation : objectif autour de 3 % net. La poche Sécurité atteint 60 % (35 % de fonds euros et 25 % de fonds obligataires datés), logée dans un contrat de capitalisation à l'IS. Le portage obligataire offre un rendement connu à l'échéance, idéal pour une trésorerie à horizon moyen terme. La poche Revenu pèse 22 % (18 % de SCPI européennes et 4 % de produits structurés à coupon). La poche Croissance reste limitée à 12 % en ETF actions monde, pour ne pas exposer le cash d'exploitation à la volatilité. La poche Illiquide est marginale à 6 %, en dette privée plutôt qu'en private equity, car la liquidité prime. Si la part excédentaire se confirme stable, on peut faire glisser une fraction vers Revenu et Croissance.

Profil Équilibré (~5 % net/an)

Le profil Équilibré convient à la part clairement excédentaire de la trésorerie, celle qui n'a pas vocation à financer l'exploitation à court terme : cible autour de 5 % net. La poche Sécurité descend à 40 % (22 % de fonds euros et 18 % d'obligataires datés en capitalisation à l'IS). La poche Revenu monte à 25 % (17 % de SCPI européennes et 8 % de produits structurés). La poche Croissance atteint 23 % (ETF actions monde MSCI World / S&P 500), moteur de performance pour un horizon de huit à quinze ans. La poche Illiquide passe à 12 % (private equity et dette privée). La structuration via holding peut centraliser ces placements. À mesure que la trésorerie excédentaire grandit, l'illiquide peut s'épaissir vers 18-20 % et la sécurité se réduire d'autant.

Profil Dynamique (~7 %+ net/an)

Le profil Dynamique s'adresse à une SELARL très capitalisée dont la trésorerie excédentaire est structurelle et l'horizon long : objectif 7 % et plus. La poche Sécurité tombe à 22 % (12 % de fonds euros pour le coussin de liquidité et 10 % d'obligataires datés en capitalisation à l'IS). La poche Revenu représente 23 % (13 % de SCPI européennes et 10 % de produits structurés à coupon). La poche Croissance domine à 35 % (ETF actions monde, plus une part en infrastructure cotée pour le rendement réel). La poche Illiquide atteint 20 % (private equity, dette privée et infrastructure non cotée). La logique holding prend tout son sens : remontée des excédents, mutualisation des supports et réinvestissement à l'IS avec frottement maîtrisé. Une ligne or peut servir de couverture. Avec la croissance du bilan, l'illiquide peut viser 30 % tout en conservant un coussin de sécurité irréductible pour parer à un besoin d'exploitation.

Profils illustratifs

Ces trois profils sont des repères pédagogiques, illustratifs et non garantis, avec un risque de perte en capital. Le choix du profil et des poids se fait après audit du BFR et de l'horizon de votre trésorerie. Aucun rendement n'est promis.

12. Fiscalité 2026 de la trésorerie placée à l'IS

La fiscalité de la trésorerie placée dans une SELARL (ou une holding) à l'IS se résume en quelques règles, qu'il faut distinguer soigneusement entre ce qui se passe dans la société et ce qui se passe à la distribution.

Fiscalité 2026 de la trésorerie d'une SELARL placée à l'IS. Sources : CGI, LF 2026 (loi 2026-103), LFSS 2026 (loi 2025-1403).
ÉlémentTraitement fiscal 2026
Impôt sur les sociétés15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % (CA ≤ 10 M€, capital libéré, ≥ 75 % détenu par des personnes physiques)
Contrat de capitalisation PMForfait annuel = valeur × 105 % du TME à la souscription, régularisé au rachat ; IS, AUCUN PS dans la société (CGI 238 septies E)
Compte-titres sociétéTitres vifs : PV latentes non imposées ; OPCVM/ETF : imposés annuellement sur les PV latentes (art. 209-0 A)
SCPI pleine propriété (société IS)Loyers imposés à l'IS ; parts en principe non amortissables (point débattu, à valider avec l'expert-comptable) ; seul l'usufruit temporaire s'amortit de façon certaine
Régime mère-filleDividendes exonérés sauf quote-part 5 % (≈ 1,25 % d'IS effectif) ; détention ≥ 5 %, conservation ≥ 2 ans (CGI 145/216)
Distribution aux associésDividende = PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS, LFSS 2026) ou barème sur option

Le piège du taux unique : 31,4 % et non 30 %

Dans la société, c'est de l'IS seul, sans aucun prélèvement social. À la distribution, le dividende versé à l'associé supporte le PFU à 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026), et non 30 %. Le 30 % ne vaut que pour un revenu de nature assurance-vie ou capitalisation détenu par un particulier (PS à 17,2 %). C'est une erreur classique de plaquer le même taux partout.

L'arbitrage entre capitaliser dans la société et distribuer se tranche donc selon le besoin de revenus du dirigeant : on capitalise à l'IS le surplus qui n'est pas utile au train de vie, et on ne sort en dividendes (PFU 31,4 %) que le strict nécessaire.

Sources

CGI art. 238 septies E (capitalisation PM), 145 et 216 (mère-fille), 209-0 A (OPCVM/ETF en société) ; LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) ; LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) ; service-public.gouv.fr F23575 (taux IS 15 % / 25 %, seuil 42 500 €).

13. Exemple chiffré : 2 M € de trésorerie SELARL mise au travail

Reprenons un cas concret, en hypothèses explicites. Une SELARL détient 2 M€ de trésorerie, dont 600 000 € jugés nécessaires à l'exploitation (intouchables, sur supports liquides) et 1,4 M€ réellement excédentaires. Les 1,4 M€ sont placés en profil Équilibré via contrat de capitalisation à l'IS et compte-titres société. Voici la ventilation :

Ventilation illustrative de 1,4 M€ de surplus en profil Équilibré. Chiffres non garantis, risque de perte en capital.
PocheMontant (sur 1,4 M€)Supports
Sécurité~560 000 €Fonds euros + obligataires datés (capi IS)
Revenu~350 000 €SCPI européennes + produits structurés
Croissance~320 000 €ETF actions monde
Illiquide~170 000 €Private equity, dette privée

À 5 % net visé sur la part placée, le rendement attendu avoisine 70 000 € par an, contre quasiment rien sur un compte courant. Le coussin d'exploitation de 600 000 € reste, lui, sur supports liquides, mobilisable à tout moment. Une holding peut centraliser l'ensemble du dispositif et faciliter le réinvestissement.

Hypothèses et limites

Ces chiffres sont illustratifs et non garantis. Le rendement de 5 % n'est pas promis : le capital placé comporte un risque de perte. La segmentation exploitation / surplus (ici 600 000 € / 1,4 M€) doit être auditée cas par cas en fonction de votre BFR réel. Pour mettre ce rendement en perspective, voir combien rapporte 2 M€ placés et investir 2 000 000 €.

14. Comment Hagnéré Patrimoine pilote la trésorerie d'exercice

Notre méthode pour la trésorerie d'une société d'exercice suit cinq étapes :

  1. Audit du BFR et segmentation du cash d'exploitation et du surplus durable.
  2. Définition du profil (Prudent, Équilibré ou Dynamique) selon la part rappelable de la trésorerie et l'horizon.
  3. Logement des supports: contrat de capitalisation à l'IS et compte-titres société, SCPI européennes, private equity et dette privée.
  4. Pilotage via holding: remontée mère-fille, mutualisation des supports et réinvestissement à l'IS avec un frottement maîtrisé.
  5. Revue annuelle de l'allocation et de la segmentation, en lien avec votre expert-comptable.

Faites auditer votre trésorerie d'exercice par Hagnéré Patrimoine : nous segmentons le cash d'exploitation du surplus durable et construisons une allocation à l'IS adaptée à votre SELARL et à votre éventuelle holding. Le cabinet est basé à Bassens (73000) ; votre interlocuteur, Quentin Hagnéré, est enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291. La préparation de votre retraite de dirigeant peut compléter ce dispositif : retraite du dirigeant.

Méthode documentée

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Sources, mentions et disclaimer

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les chiffres, rendements et allocations sont illustratifs et non garantis ; tout investissement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation et peut évoluer. La cohérence des placements avec l'objet social de votre SELARL doit être validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, votre Ordre professionnel.

  • CGI art. 238 septies E (contrat de capitalisation détenu par une personne morale, forfait 105 % TME)
  • CGI art. 145 et 216 (régime mère-fille, quote-part de frais et charges de 5 %)
  • CGI art. 209-0 A (OPCVM/ETF imposés sur les plus-values latentes en société à l'IS)
  • CGI art. 972 (IFI : fraction immobilière des contrats de capitalisation)
  • service-public.gouv.fr, fiche F23575 (taux d'IS 15 % / 25 %, seuil de 42 500 €)
  • LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) ; LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, CSG +1,4 pt, PS à 18,6 %)
  • Apport-cession : CGI art. 150-0 B ter (remploi durci à 70 % sous 3 ans, LF 2026)
  • BOFiP BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-10 (régime du contrat de capitalisation des personnes morales)

Hagnéré Patrimoine — cabinet de gestion de patrimoine et de fortune, Chambéry (73000). Conseiller : Quentin Hagnéré, enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (CIF / COA / COBSP). Contact : contact@hagnere-patrimoine.fr.

Questions fréquentes

Questions fréquentes : trésorerie de SELARL

Oui. Il n'existe pas d'interdiction de principe : une SELARL peut placer sa trésorerie excédentaire, sous réserve de cohérence avec l'objet social et de prudence du dirigeant (acte non anormal de gestion). Le cash d'exploitation, lui, doit rester liquide. La frontière entre exploitation et surplus, et le choix des supports, sont à valider avec votre expert-comptable et, le cas échéant, votre Ordre professionnel.

La trésorerie d'exploitation couvre le besoin en fonds de roulement, les charges fixes, les salaires, les cotisations et les échéances fiscales, soit en pratique 3 à 6 mois de charges. Elle est intouchable et reste sur supports liquides. La trésorerie excédentaire ou surplus durable est ce qui n'a pas vocation à financer l'exploitation à court terme : c'est elle, et elle seule, qui part en allocation.

Garder le surplus dans la société pour le capitaliser à l'IS évite la fiscalité de distribution. Sortir des dividendes a un coût : le PFU est de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026). On ne sort donc que le montant réellement utile au train de vie du dirigeant, et on capitalise le reste à l'IS. L'arbitrage se fait cas par cas selon le besoin de revenus.

Oui. Les loyers perçus sont comptabilisés en produits et imposés à l'impôt sur les sociétés. Point technique à valider avec votre expert-comptable : en pleine propriété, l'administration considère le plus souvent les parts de SCPI détenues par une société à l'IS comme des titres de société non amortissables ; certaines structures (SCI à l'IS) pratiquent toutefois un amortissement de la composante immobilière — le sujet est débattu. Par prudence, ne construisez pas votre rendement net sur l'hypothèse d'un amortissement des parts en pleine propriété. L'usufruit temporaire de parts, lui, s'amortit, ce qui relève d'une stratégie dédiée.

Le contrat de capitalisation détenu par une personne morale à l'IS supporte une imposition forfaitaire annuelle, calculée sur une base théorique égale à 105 % du dernier taux mensuel des emprunts d'État (TME) connu à la souscription, appliquée à la valeur du contrat (CGI art. 238 septies E). Cette avance fiscale est régularisée au rachat sur la plus-value réelle. C'est de l'IS, sans prélèvements sociaux au niveau de la société : on n'applique pas 17,2 % dans la société.

Sur un compte-titres détenu par une société à l'IS, les OPCVM et ETF sont imposés annuellement sur leurs plus-values latentes (CGI art. 209-0 A), alors que les titres vifs ne le sont pas tant qu'ils ne sont pas cédés. L'exonération de cette imposition annuelle est réservée aux OPCVM composés à au moins 90 % d'actions de sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne et soumises à l'IS : un ETF actions monde à dominante non-UE n'y est donc pas éligible et reste soumis au frottement annuel. C'est pourquoi, pour loger ces ETF sans frottement, le contrat de capitalisation (forfait 105 % TME) est souvent préféré au compte-titres. L'arbitrage capitalisation contre compte-titres dépend des supports visés.

Non. Au niveau de la société, les produits financiers supportent l'impôt sur les sociétés (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %), sans prélèvements sociaux. Les prélèvements sociaux interviennent à la distribution : un dividende versé à l'associé supporte le PFU de 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de PS depuis la LFSS 2026), et non 30 %. Le 30 % ne vaut que pour de l'assurance-vie ou de la capitalisation détenue par un particulier (PS 17,2 %).

Le placement de la trésorerie excédentaire doit rester cohérent avec l'objet social de la SELARL et relever d'une gestion prudente. Un point de vigilance : monter un démembrement portant sur la même SCPI entre la société et le dirigeant peut être requalifié au titre du mini-abus de droit (majoration de 40 %) si le but est principalement fiscal. On privilégie alors un démembrement croisé ou avec un tiers. Faites valider l'objet social par votre expert-comptable.

La SPFPL (société de participations financières de professions libérales) a un objet restreint, centré sur la détention et le financement liés à l'activité libérale. Pour de la gestion patrimoniale pure du surplus de trésorerie, une holding classique est généralement plus adaptée : elle centralise les placements, remonte les excédents via le régime mère-fille et facilite le réinvestissement à l'IS. Le choix se fait avec votre expert-comptable selon votre situation.

Le régime mère-fille (CGI art. 145 et 216) permet de remonter les dividendes de la SELARL vers une holding en exonération d'IS, hors une quote-part de frais et charges de 5 %. L'IS effectif sur le dividende remonté ressort donc autour de 1,25 % (5 % × 25 %). Conditions : détention d'au moins 5 % du capital et conservation des titres pendant au moins 2 ans. La quote-part de 1 % est réservée à l'intégration fiscale, à ne pas confondre.

Cela dépend du profil retenu : environ 3 % net pour un profil Prudent, environ 5 % net pour un profil Équilibré, et 7 % net et plus pour un profil Dynamique. Ces rendements sont illustratifs, non garantis, et comportent un risque de perte en capital. En SELARL, le profil Prudent prime souvent, car une partie de la trésorerie peut être rappelée pour l'exploitation.

À titre illustratif, 1,4 million d'euros placé en profil Équilibré, à 5 % net visé sur la part placée, représente environ 70 000 € par an, contre quasiment rien sur un compte courant rongé par l'inflation. C'est un ordre de grandeur, non une promesse : le rendement réel dépend des marchés et comporte un risque de perte en capital.

Oui, sur le surplus durable, pour capter la prime d'illiquidité. La poche illiquide grossit avec le bilan : de l'ordre de 6 % en profil Prudent, 12 % en Équilibré, 20 % et plus en Dynamique, dans une logique de family office. Le private equity affiche un rendement moyen de l'ordre de 11 % par an net, avec une forte dispersion des résultats. On privilégie la dette privée, plus liquide, quand la liquidité prime.

Quand la part de trésorerie rappelable pour l'exploitation est élevée et l'horizon court : le cash doit rester mobilisable, d'où une poche Sécurité à 60 % et un illiquide marginal à 6 %. À mesure que la part excédentaire se confirme stable et structurelle, on peut faire glisser l'allocation vers les profils Équilibré puis Dynamique, en épaississant les poches Revenu, Croissance et Illiquide.