Faites le point sur votre patrimoine avec un CGP indépendant
Fiscalité, placements, immobilier, retraite et transmission : nous analysons votre situation et vous proposons une feuille de route patrimoniale claire, sans engagement.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine indépendant
Quentin Hagnéré accompagne les particuliers, familles et dirigeants sur la structuration globale du patrimoine : fiscalité, placements, immobilier, retraite et transmission.
Sommaire
- 1. Introduction
- 2. Un actif qui dort, un coût d'opportunité réel
- 3. Trésorerie d'exploitation vs excédentaire
- 4. Objet social et prudence : ce qu'une SELARL peut placer
- 5. Le contrat de capitalisation à l'IS
- 6. Poche Sécurité : fonds euros et obligataires datés
- 7. Poche Revenu : SCPI européennes
- 8. Poche Croissance : ETF actions monde
- 9. Poche Illiquide : private equity et dette privée
- 10. Holding et remontée des excédents
- 11. Trois profils : Prudent, Équilibré, Dynamique
- 12. Fiscalité 2026 de la trésorerie placée à l'IS
- 13. Exemple chiffré : 2 M € de trésorerie
- 14. Comment Hagnéré Patrimoine pilote
- Sources, mentions et disclaimer
Publié le 22 juin 2026 · Temps de lecture : 18 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291.
En 60 secondes
- Pour qui ? Médecin, dentiste ou avocat en SELARL avec 1 à 2 M€ de trésorerie qui dort sur le compte courant.
- Le principe : couper le cash d'exploitation (intouchable) du surplus durable AVANT d'allouer quoi que ce soit.
- L'outil : contrat de capitalisation à l'IS et compte-titres société, avec une holding pour remonter les excédents.
- Chiffre choc 2026 : 2 M€ à 0 % vs ~70 000 €/an visés à 5 % net sur 1,4 M€ réellement placés (illustratif).
- Garde-fou : 0 PS dans la société, mais IS dû ; à la distribution, dividende = PFU 31,4 %.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les chiffres, rendements et allocations présentés sont illustratifs et non garantis : tout investissement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et la cohérence avec l'objet social de votre SELARL doit être validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, votre Ordre professionnel.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré et son équipe accompagnent chaque année plus de 400 clients : dirigeants, professions libérales en SELARL et SEL, et non-résidents. Le cabinet structure la trésorerie d'exercice et l'allocation à l'IS via une méthodologie CGP conforme MIF II / DDA, avec rapport écrit opposable.
1. Introduction
Vous exercez en SELARL — médecin, dentiste, avocat, profession libérale réglementée — et votre société a accumulé une trésorerie confortable. Un, parfois deux millions d'euros sont posés sur le compte courant de la société, à 0 %, pendant que l'inflation grignote chaque année leur pouvoir d'achat. La question revient à chaque rendez-vous : que faire de la trésorerie de sa SELARL? Faut-il la sortir en dividendes, ou la garder dans la société pour l'investir ? Et sur quels supports ?
Ce guide répond à cette question avec une méthode simple et réplicable : la méthode des 4 poches, déclinée en 3 profils chiffrés, appliquée au cash d'une société d'exercice. Le fil rouge, c'est une distinction que trop de dirigeants négligent : séparer le cash d'exploitation, intouchable, du surplus durableque l'on peut réellement mettre au travail — à l'IS, via contrat de capitalisation et compte-titres société.
Vous cherchez le comparatif des enveloppes ?
Si vous voulez le comparatif détaillé des enveloppes (compte à terme, contrat de capitalisation, compte-titres, compte courant d'associé) pour la trésorerie d'une SAS ou SARL, notre guide placer la trésorerie d'entreprise SAS/SARL en 2026 le traite ligne à ligne. Ici, on se concentre sur la SELARL et surtout sur l'allocation du surplus en 4 poches.
2. La trésorerie de SELARL : un actif qui dort, un coût d'opportunité réel
Un compte courant de société ne rémunère pas la trésorerie. Posé là, le cash ne rapporte rien — et il perd même de la valeur : avec une inflation de l'ordre de 2 % par an, le pouvoir d'achat de votre trésorerie s'érode mécaniquement. Le solde affiché ne bouge pas, mais ce qu'il permet d'acheter, lui, diminue chaque année. C'est une perte réelle, silencieuse, qui se cumule sans jamais apparaître sur un relevé bancaire.
Le second coût est un coût d'opportunité. Une trésorerie excédentaire de 1,4 M€ laissée à 0 %, c'est, à 5 % net visé (profil Équilibré, illustratif), de l'ordre de 70 000 € par an« laissés sur la table ». Sur cinq ans, l'écart entre un cash dormant et un surplus mis au travail se compte en centaines de milliers d'euros. Le rendement n'est jamais garanti et le capital reste exposé à un risque de perte, mais l'ordre de grandeur du manque à gagner, lui, est structurel.
Pourquoi cette trésorerie s'accumule-t-elle en SELARL ? Parce que le dirigeant arbitre en permanence entre rémunération et dividende, et qu'une partie du bénéfice n'est ni distribuée ni réinvestie : elle s'empile sur le compte courant. Très vite, le solde dépasse le besoin réel d'exploitation. C'est ce surplus-là qu'on isole, puis qu'on met au travail. La même logique de mise au travail du capital s'applique aux revenus personnels : voir notre guide médecin libéral : défiscaliser et placer 1 M€.
3. Comprendre le statut du cash : trésorerie d'exploitation vs trésorerie excédentaire
Avant de placer quoi que ce soit, il faut segmenter. Toute la méthode repose sur la séparation de deux poches de cash aux statuts radicalement différents :
- La trésorerie d'exploitation : besoin en fonds de roulement (BFR), charges fixes, salaires, cotisations, échéances fiscales et sociales. En pratique, 3 à 6 mois de charges. Elle est intouchableet reste sur supports liquides, même à 0 % : son rôle n'est pas de rapporter, mais d'être disponible.
- La trésorerie excédentaire, ou surplus durable : tout ce qui n'a pas vocation à financer l'exploitation à court terme. C'est la seule part investissable, celle qui part en allocation 4 poches.
Calcul du surplus investissable
Surplus durable = Trésorerie totale − Cash d'exploitation (BFR + 3 à 6 mois de charges)
- Trésorerie totale :ex. 2 000 000 €
- Cash d'exploitation :ex. 600 000 € (BFR + 3 à 6 mois de charges)
- Surplus durable :ex. 1 400 000 € (la part investissable)
Seul le surplus durable part en allocation. Le coussin d'exploitation reste sur supports liquides, mobilisable à tout moment.
Cette segmentation n'est pas un détail : elle commande le profil de risque. Plus la part de trésorerie potentiellement rappelable pour l'exploitation est forte, plus l'allocation doit rester prudente. Une SELARL dont le cash peut être mobilisé d'un trimestre à l'autre ne raisonne pas comme une société tirelire au surplus structurel.
Pourquoi laisser 2 M€ sur un compte courant détruit de la valeur
Prenons l'exemple chiffré (illustratif). Deux millions d'euros sur un compte courant à 0 %, face à une inflation de 2 %, c'est environ 40 000 € de pouvoir d'achat perdu chaque année, soit de l'ordre de 200 000 € sur cinq ans. En face, 1,4 M€ de surplus placé en profil Équilibré, à 5 % net visé, vise environ 70 000 €/an. L'écart d'opportunité entre les deux situations est massif.
La nuance réglementaire est essentielle : ce rendement de 5 % n'est ni promis ni garanti, et le capital placé reste exposé à un risque de perte. À l'inverse, le cash d'exploitation, lui, doitrester liquide même à 0 % — c'est le prix de la sécurité opérationnelle. La bonne décision n'est jamais « tout placer », mais « placer le bon montant ».
À retenir : la règle de la segmentation
- Cash d'exploitation = BFR + 3 à 6 mois de charges. Intouchable, liquide, même à 0 %.
- Surplus durable= trésorerie totale − cash d'exploitation. C'est la seule part qui part en allocation 4 poches.
- Plus la part rappelable est forte, plus l'allocation reste prudente : la segmentation commande le profil de risque.
5. Le contrat de capitalisation à l'IS, brique centrale de la trésorerie société
Pour une société à l'IS, le contrat de capitalisation est la brique centralede l'allocation : il permet de capitaliser en différant le frottement fiscal, là où d'autres supports (les OPCVM logés en compte-titres, par exemple) déclenchent une imposition annuelle sur les plus-values latentes.
Sa fiscalité est spécifique. Le contrat de capitalisation détenu par une personne morale soumise à l'IS supporte une imposition forfaitaire annuelle : la base imposable est calculée en appliquant à la valeur de souscription un taux égal à 105 % du dernier TME(taux mensuel des emprunts d'État) connu à la souscription, conformément à l'article 238 septies E du CGI. Cette base théorique est ensuite régularisée au rachatsur la plus-value réellement constatée. Le forfait n'est donc qu'une avance fiscale: on diffère et on lisse, on n'efface pas.
Le mécanisme 105 % TME en une phrase
La société paie chaque année un IS forfaitaire calculé sur 105 % du TME à la souscription appliqué à la valeur du contrat — sans aucun prélèvement social au niveau de la société — puis l'ensemble est régularisé au rachat sur la plus-value réelle. Le calcul fin du frottement effectif est détaillé dans notre guide trésorerie d'entreprise.
Le point à retenir, et qui revient souvent comme une erreur : il n'y a pas de prélèvements sociaux au niveau de la société. Les 17,2 % ne frappent qu'un particulier détenteur d'un contrat. Dans la société, c'est de l'IS, point. C'est cette mécanique qui fait du contrat de capitalisation l'enveloppe naturelle pour loger une grande partie des 4 poches.
Pourquoi la capitalisation est la brique centrale
- Elle diffère le frottement : la société paie un IS forfaitaire annuel (105 % du TME à la souscription), régularisé au rachat sur la plus-value réelle.
- 0 prélèvement socialdans la société : on n'applique jamais 17,2 % à une personne morale.
- Elle loge sans frottement annuel des ETF actions monde qui, eux, seraient imposés chaque année en compte-titres (art. 209-0 A).
6. La poche Sécurité : fonds euros et fonds obligataires datés
La poche Sécuritéest le socle de rendement contractuel et le coussin de liquidité de l'allocation. Elle se loge naturellement dans le contrat de capitalisation à l'IS souscrit par la société. Elle combine deux briques : des fonds euros(de l'ordre de 2,6 % net, illustratif) et des fonds obligataires datés.
L'intérêt des obligataires datés tient à leur logique de portage: on connaît, à la souscription, le rendement visé à l'échéance, sous réserve du risque de défaut des émetteurs. C'est un profil idéal pour une trésorerie dont l'horizon est à moyen terme : on cale l'échéance des obligations sur celle du besoin. Nous raisonnons ici en classes d'actifs, jamais en noms de fonds ni en sociétés de gestion.
Le poids de cette poche varie fortement selon le profil : elle pèse 60 % en profil Prudentet descend jusqu'à 22 % en profil Dynamique. Plus la trésorerie est rappelable, plus la Sécurité domine.
7. La poche Revenu : SCPI européennes détenues par la société
La poche Revenuapporte des flux réguliers, autour de deux briques. D'abord des SCPI européennes détenues par la société, dont les loyers sont comptabilisés en produits et imposés à l'IS. On ajoute, en complément, des produits structurés à couponà protection partielle, qui versent un rendement conditionnel régulier. Référence de rendement SCPI : de l'ordre de 4,7 à 4,9 % (illustratif, non garanti).
Point technique : l'amortissement des parts de SCPI est débattu
Contrairement à une idée répandue, lorsqu'une société à l'IS détient des parts de SCPI en pleine propriété, l'administration les considère le plus souvent comme des titres de société non amortissables. Certaines structures (SCI à l'IS) pratiquent toutefois un amortissement de la composante immobilière : le sujet est débattuet doit être validé avec votre expert-comptable. Par prudence, ne construisez pas votre rendement net sur l'hypothèse d'un amortissement des parts en pleine propriété. Seul l'usufruit temporairede parts de SCPI s'amortit de façon certaine, ce qui relève d'une stratégie dédiée.
Le poids de la poche Revenu est relativement stable d'un profil à l'autre (de 22 % à 25 %) : elle joue le rôle de moteur de flux, complémentaire de la Sécurité et de la Croissance.
8. La poche Croissance : ETF actions monde via compte-titres ou capitalisation
La poche Croissanceest le moteur de performance à long terme, pour un horizon de 8 à 15 ans. Elle s'appuie sur des ETF actions monde(de type MSCI World ou S&P 500) — toujours raisonnés en classes d'actifs, sans nom de fonds ni ISIN. Deux enveloppes possibles : le compte-titres société ou le contrat de capitalisation.
Le choix entre les deux n'est pas neutre, et c'est un point technique décisif. Sur un compte-titres détenu par une société à l'IS, les titres vifs ne sont pas imposés sur leurs plus-values latentes, mais les OPCVM et ETF, eux, sont imposés annuellement sur leurs plus-values latentes(article 209-0 A du CGI). L'exonération de cette imposition annuelle est réservée aux OPCVM composés à au moins 90 % d'actions de sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne et soumises à l'IS : à dominante non-UE, un ETF actions monde de type MSCI World ou indice américain n'y est pas éligible et reste donc soumis au frottement annuel. Pour loger ces ETF sans subir cette imposition, le contrat de capitalisation (forfait 105 % TME) est donc souvent préféré. Le comparatif complet des enveloppes est traité dans notre guide pilier.
La poche Croissance est celle qui monte le plus avec l'ambition : 12 % en Prudent, 23 % en Équilibré, jusqu'à 35 % en Dynamique — où l'on peut y adjoindre une part d'infrastructure cotée pour le rendement réel.
Auditez la trésorerie de votre SELARL
Nous segmentons votre cash d'exploitation du surplus durable et construisons une allocation à l'IS adaptée à votre société d'exercice et à votre éventuelle holding.
9. La poche Illiquide : private equity et dette privée de la société
La poche Illiquide capte la prime d'illiquiditésur le surplus durable, celui qui n'a pas besoin d'être mobilisé à court terme. Elle réunit le private equity (de l'ordre de 11 % par an net en moyenne, avec une forte dispersiondes résultats — illustratif), la dette privée et l'infrastructure non cotée.
C'est la poche qui grossit avec le bilan, selon une logique de family office : marginale à 6 % en profil Prudent, elle passe à 12 % en Équilibré, puis à 20 % et plus en Dynamique. Quand la liquidité prime — profil Prudent —, on privilégie la dette privée, plus liquide que le private equity. Quand le capital n'a pas vocation à être mobilisé, on épaissit le private equity et l'infrastructure.
10. Holding et remontée des excédents : structurer pour optimiser
Au-delà d'un certain volume, une holdingprend tout son sens : elle centralise les placements, mutualise les supports et facilite le réinvestissement à l'IS avec un frottement maîtrisé. C'est l'outil de pilotage de la trésorerie excédentaire d'un groupe d'exercice.
Le levier clé est le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI) : les dividendes remontés de la SELARL vers la holding sont exonérés d'IS, sauf une quote-part de frais et charges de 5 %. L'IS effectif sur le dividende remonté ressort donc autour de 1,25 %(5 % × 25 %). Conditions : détention d'au moins 5 % du capital et conservation des titres pendant au moins 2 ans. À ne pas confondre : la quote-part de 1 % est réservée à l'intégration fiscale — voir régime mère-fille vs intégration fiscale.
Rappel du choix de structure : la SPFPL a un objet restreint, la holding est l'outil patrimonial. Cette architecture s'inscrit dans une réflexion plus large sur la structuration du patrimoine du dirigeant. Et si une cession de la société est envisagée à terme, le sujet bascule vers l'apport-cession (article 150-0 B ter, remploi durci à 70 % sous 3 ans depuis la LF 2026, à n'envisager qu'au conditionnel) : voir vendre sa société 2 M€ et céder son entreprise : optimisation fiscale.
Aller plus loin : trésorerie, holding et cession
La trésorerie d'exercice n'est qu'une brique de la structuration du patrimoine du dirigeant. Si une cession est dans votre horizon, la holding sert aussi de véhicule d'apport-cession : le sujet est traité dans vendre sa société 2 M€. Et pour relier le cash de la société à votre patrimoine personnel, voir médecin libéral : défiscaliser et placer 1 M€.
11. Les trois profils d'allocation trésorerie : Prudent, Équilibré, Dynamique
Le profil retenu dépend de deux variables : la part de trésorerie rappelable pour l'exploitation et l'horizon de placement. En SELARL, le profil Prudent primesouvent, car le cash peut être rappelé pour financer l'activité. Voici les trois allocations de référence (chiffres illustratifs).
Note de méthode : lire ces trois profils
Les poids ci-dessous sont des repères pédagogiques, pas des allocations figées. Les rendements nets visés (≈ 3 %, 5 %, 7 %+) sont illustratifs et non garantis: ils dépendent du profil et de l'horizon retenus, des marchés et de la part réellement excédentaire de la trésorerie. Une SELARL ne démarre presque jamais en Dynamique : on part du Prudent, puis on fait glisser l'allocation à mesure que le surplus se confirme structurel. Le risque de perte en capital existe sur toutes les poches hors coussin de liquidité.
| Poche | Prudent (~3 % net) | Équilibré (~5 % net) | Dynamique (~7 %+ net) |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 60 % (35 % fonds € + 25 % oblig. datés) | 40 % (22 % + 18 %) | 22 % (12 % + 10 %) |
| Revenu | 22 % (18 % SCPI eur. + 4 % structurés) | 25 % (17 % + 8 %) | 23 % (13 % SCPI + 10 % structurés) |
| Croissance | 12 % (ETF monde) | 23 % (ETF MSCI World / S&P 500) | 35 % (ETF monde + infra cotée) |
| Illiquide | 6 % (dette privée) | 12 % (PE + dette privée) | 20 % (PE + dette + infra non cotée) |
Profil Prudent (~3 % net/an)
Pour une SELARL, le profil Prudent prime souvent, car la trésorerie peut être rappelée pour l'exploitation : objectif autour de 3 % net. La poche Sécurité atteint 60 %(35 % de fonds euros et 25 % de fonds obligataires datés), logée dans un contrat de capitalisation à l'IS. Le portage obligataire offre un rendement connu à l'échéance, idéal pour une trésorerie à horizon moyen terme. La poche Revenu pèse 22 % (18 % de SCPI européennes et 4 % de produits structurés à coupon). La poche Croissance reste limitée à 12 %en ETF actions monde, pour ne pas exposer le cash d'exploitation à la volatilité. La poche Illiquide est marginale à 6 %, en dette privée plutôt qu'en private equity, car la liquidité prime. Si la part excédentaire se confirme stable, on peut faire glisser une fraction vers Revenu et Croissance.
Profil Équilibré (~5 % net/an)
Le profil Équilibré convient à la part clairement excédentaire de la trésorerie, celle qui n'a pas vocation à financer l'exploitation à court terme : cible autour de 5 % net. La poche Sécurité descend à 40 %(22 % de fonds euros et 18 % d'obligataires datés en capitalisation à l'IS). La poche Revenu monte à 25 % (17 % de SCPI européennes et 8 % de produits structurés). La poche Croissance atteint 23 %(ETF actions monde MSCI World / S&P 500), moteur de performance pour un horizon de huit à quinze ans. La poche Illiquide passe à 12 %(private equity et dette privée). La structuration via holding peut centraliser ces placements. À mesure que la trésorerie excédentaire grandit, l'illiquide peut s'épaissir vers 18-20 % et la sécurité se réduire d'autant.
Profil Dynamique (~7 %+ net/an)
Le profil Dynamique s'adresse à une SELARL très capitalisée dont la trésorerie excédentaire est structurelle et l'horizon long : objectif 7 % et plus. La poche Sécurité tombe à 22 % (12 % de fonds euros pour le coussin de liquidité et 10 % d'obligataires datés en capitalisation à l'IS). La poche Revenu représente 23 % (13 % de SCPI européennes et 10 % de produits structurés à coupon). La poche Croissance domine à 35 % (ETF actions monde, plus une part en infrastructure cotée pour le rendement réel). La poche Illiquide atteint 20 %(private equity, dette privée et infrastructure non cotée). La logique holding prend tout son sens : remontée des excédents, mutualisation des supports et réinvestissement à l'IS avec frottement maîtrisé. Une ligne or peut servir de couverture. Avec la croissance du bilan, l'illiquide peut viser 30 % tout en conservant un coussin de sécurité irréductible pour parer à un besoin d'exploitation.
Profils illustratifs
Ces trois profils sont des repères pédagogiques, illustratifs et non garantis, avec un risque de perte en capital. Le choix du profil et des poids se fait après audit du BFR et de l'horizon de votre trésorerie. Aucun rendement n'est promis.
12. Fiscalité 2026 de la trésorerie placée à l'IS
La fiscalité de la trésorerie placée dans une SELARL (ou une holding) à l'IS se résume en quelques règles, qu'il faut distinguer soigneusement entre ce qui se passe dans la société et ce qui se passe à la distribution.
| Élément | Traitement fiscal 2026 |
|---|---|
| Impôt sur les sociétés | 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % (CA ≤ 10 M€, capital libéré, ≥ 75 % détenu par des personnes physiques) |
| Contrat de capitalisation PM | Forfait annuel = valeur × 105 % du TME à la souscription, régularisé au rachat ; IS, AUCUN PS dans la société (CGI 238 septies E) |
| Compte-titres société | Titres vifs : PV latentes non imposées ; OPCVM/ETF : imposés annuellement sur les PV latentes (art. 209-0 A) |
| SCPI pleine propriété (société IS) | Loyers imposés à l'IS ; parts en principe non amortissables (point débattu, à valider avec l'expert-comptable) ; seul l'usufruit temporaire s'amortit de façon certaine |
| Régime mère-fille | Dividendes exonérés sauf quote-part 5 % (≈ 1,25 % d'IS effectif) ; détention ≥ 5 %, conservation ≥ 2 ans (CGI 145/216) |
| Distribution aux associés | Dividende = PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS, LFSS 2026) ou barème sur option |
Le piège du taux unique : 31,4 % et non 30 %
Dans la société, c'est de l'IS seul, sans aucun prélèvement social. À la distribution, le dividende versé à l'associé supporte le PFU à 31,4 %(12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026), et non 30 %. Le 30 % ne vaut que pour un revenu de nature assurance-vie ou capitalisation détenu par un particulier(PS à 17,2 %). C'est une erreur classique de plaquer le même taux partout.
L'arbitrage entre capitaliser dans la société et distribuerse tranche donc selon le besoin de revenus du dirigeant : on capitalise à l'IS le surplus qui n'est pas utile au train de vie, et on ne sort en dividendes (PFU 31,4 %) que le strict nécessaire.
Sources
CGI art. 238 septies E (capitalisation PM), 145 et 216 (mère-fille), 209-0 A (OPCVM/ETF en société) ; LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) ; LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) ; service-public.gouv.fr F23575 (taux IS 15 % / 25 %, seuil 42 500 €).
13. Exemple chiffré : 2 M € de trésorerie SELARL mise au travail
Reprenons un cas concret, en hypothèses explicites. Une SELARL détient 2 M€ de trésorerie, dont 600 000 €jugés nécessaires à l'exploitation (intouchables, sur supports liquides) et 1,4 M€ réellement excédentaires. Les 1,4 M€ sont placés en profil Équilibrévia contrat de capitalisation à l'IS et compte-titres société. Voici la ventilation :
| Poche | Montant (sur 1,4 M€) | Supports |
|---|---|---|
| Sécurité | ~560 000 € | Fonds euros + obligataires datés (capi IS) |
| Revenu | ~350 000 € | SCPI européennes + produits structurés |
| Croissance | ~320 000 € | ETF actions monde |
| Illiquide | ~170 000 € | Private equity, dette privée |
À 5 % net visé sur la part placée, le rendement attendu avoisine 70 000 € par an, contre quasiment rien sur un compte courant. Le coussin d'exploitation de 600 000 € reste, lui, sur supports liquides, mobilisable à tout moment. Une holding peut centraliser l'ensemble du dispositif et faciliter le réinvestissement.
Hypothèses et limites
Ces chiffres sont illustratifs et non garantis. Le rendement de 5 % n'est pas promis : le capital placé comporte un risque de perte. La segmentation exploitation / surplus (ici 600 000 € / 1,4 M€) doit être auditée cas par cas en fonction de votre BFR réel. Pour mettre ce rendement en perspective, voir combien rapporte 2 M€ placés et investir 2 000 000 €.
14. Comment Hagnéré Patrimoine pilote la trésorerie d'exercice
Notre méthode pour la trésorerie d'une société d'exercice suit cinq étapes :
- Audit du BFRet segmentation du cash d'exploitation et du surplus durable.
- Définition du profil(Prudent, Équilibré ou Dynamique) selon la part rappelable de la trésorerie et l'horizon.
- Logement des supports: contrat de capitalisation à l'IS et compte-titres société, SCPI européennes, private equity et dette privée.
- Pilotage via holding: remontée mère-fille, mutualisation des supports et réinvestissement à l'IS avec un frottement maîtrisé.
- Revue annuellede l'allocation et de la segmentation, en lien avec votre expert-comptable.
Faites auditer votre trésorerie d'exercice par Hagnéré Patrimoine : nous segmentons le cash d'exploitation du surplus durable et construisons une allocation à l'IS adaptée à votre SELARL et à votre éventuelle holding. Le cabinet est basé à Chambéry (73000) ; votre interlocuteur, Quentin Hagnéré, est enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291. La préparation de votre retraite de dirigeant peut compléter ce dispositif : retraite du dirigeant.
Construisez l'allocation de votre trésorerie de SELARL
Un conseiller ORIAS audite votre trésorerie d'exercice, segmente exploitation et surplus, et bâtit une allocation à l'IS sur mesure.
Sources, mentions et disclaimer
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les chiffres, rendements et allocations sont illustratifs et non garantis ; tout investissement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité dépend de votre situation et peut évoluer. La cohérence des placements avec l'objet social de votre SELARL doit être validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, votre Ordre professionnel.
- CGI art. 238 septies E (contrat de capitalisation détenu par une personne morale, forfait 105 % TME)
- CGI art. 145 et 216 (régime mère-fille, quote-part de frais et charges de 5 %)
- CGI art. 209-0 A (OPCVM/ETF imposés sur les plus-values latentes en société à l'IS)
- CGI art. 972 (IFI : fraction immobilière des contrats de capitalisation)
- service-public.gouv.fr, fiche F23575 (taux d'IS 15 % / 25 %, seuil de 42 500 €)
- LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) ; LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, CSG +1,4 pt, PS à 18,6 %)
- Apport-cession : CGI art. 150-0 B ter (remploi durci à 70 % sous 3 ans, LF 2026)
- BOFiP BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-10 (régime du contrat de capitalisation des personnes morales)
Hagnéré Patrimoine — cabinet de gestion de patrimoine et de fortune, Chambéry (73000). Conseiller : Quentin Hagnéré, enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (CIF / COA / COBSP). Contact : backoffice@hagnere-patrimoine.fr.

