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Guide pharmacien 202615 minMis à jour 24 juin 2026Cas chiffré

Murs d'officine : acheter ou louer ? L'analyse patrimoniale du pharmacien

Vous avez déjà mobilisé 1 à 3 M€ pour racheter votre fonds d'officine — faut-il y ajouter 450 000 € pour acheter aussi les murs, ou garder cette capacité d'emprunt et rester locataire ? La vraie question n'est pas « le loyer est-il de l'argent perdu », mais « puis-je me le permettre sans fragiliser le fonds et la trésorerie ». Voici la grille de décision du pharmacien : capacité d'emprunt, protections du bail commercial, phase de carrière. Le montage (SCI à l'IR ou à l'IS) est traité dans notre guide dédié. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

MURS D'OFFICINE 2026

Acheter ou louer vos murs sans fragiliser votre officine

Audit indépendant : capacité d'emprunt résiduelle après le rachat du fonds, poids du BFR, pertinence d'acheter selon votre phase de carrière, séquençage fonds puis murs. On pose la décision avant le notaire — et on renvoie au montage SCI le jour venu.

  • Arbitrage capacité d'emprunt chiffré
  • Lecture du bail commercial
  • Séquençage fonds puis murs
  • Cabinet 100 % indépendant

RACHAT DE FONDS

1 À 3 M€

CAS CHIFFRÉ MURS

450 000 €

PS LOYERS (SCI IR)

17,2 %

BAIL COMMERCIAL

9 ANS

EXO PV MURS (151 B)

15 ANS

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LA VRAIE QUESTION·2 MIN

Acheter ou louer : la vraie question n'est pas celle qu'on croit

La réponse en 30 secondes

  • « Le loyer, c'est de l'argent perdu » est un faux problème. Le loyer du bail commercial est 100 % déductible du résultat de l'officine, et le statut des baux commerciaux protège déjà très bien le pharmacien locataire (propriété commerciale, droit au renouvellement, indemnité d'éviction).
  • Le vrai sujet, c'est votre capacité d'emprunt. Un rachat de fonds mobilise déjà 1 à 3 M€ ; ajouter ~450 000 € de murs sature votre endettement et ponctionne une trésorerie déjà absorbée par le BFR (stock, tiers payant). Entre le fonds et les murs, le fonds prime : c'est lui qui génère le revenu.
  • La décision dépend de votre phase de carrière. Jeune installé ou repreneur récent : restez locataire. Titulaire à mi-carrière, dette du fonds amortie, emplacement pérenne : achetez les murs (via une SCI). Fin de carrière : arbitrez entre tout vendre ou garder les murs pour percevoir le loyer du repreneur en complément de la retraite CAVP.
  • Ceci est la page « faut-il acheter ». Le « comment » (SCI à l'IR ou à l'IS) est traité dans notre guide montage dédié.

La bonne question à se poser

  • Le faux débat : « le loyer est de l'argent perdu » contre « le loyer qui rembourse un actif ». Vu comme ça, on achète toujours.
  • Le vrai débat : l'achat des murs consomme une ressource rare — votre capacité d'emprunt — déjà largement mobilisée par le rachat du fonds, et votre trésorerie, déjà tendue par le BFR de l'officine.
  • Trois variables tranchent : (1) la capacité d'emprunt résiduelle, (2) la pérennité de l'emplacement, (3) l'horizon de cession et le poids du BFR.

On voit le même cas tous les mois au cabinet. Vous venez de mobiliser 1 à 3 millions d'euros pour racheter votre fonds, le crédit court encore — et voilà que le bailleur propose de vendre les murs, ou qu'un local idéal se libère. La question tombe : « est-ce que j'achète aussi ? ». Le réflexe habituel — « le loyer, c'est de l'argent jeté par les fenêtres » — fait pencher d'office vers l'achat. C'est une erreur de cadrage. Pour un pharmacien titulaire, l'achat des murs n'est presque jamais un problème de rentabilité du loyer ; c'est un problème d'allocation d'une capacité d'emprunt limitée et d'une trésorerie déjà mise sous tension par le stock et le tiers payant.

Ce guide vous donne une grille de décision concrète, profil par profil : comment savoir si vous pouvez acheter sans fragiliser le fonds, à quel moment de votre carrière la question se tranche dans un sens ou dans l'autre, et pourquoi rester locataire n'est ni un échec ni « de l'argent perdu ». Avec un cas chiffré (Camille, 38 ans, des murs à 450 000 €) et deux situations opposées (mi-carrière, fin de carrière) pour ancrer la méthode.

Posons donc la vraie question. Elle n'est pas « le loyer est-il perdu ? » mais « puis-je acheter les murs sans fragiliser le fonds et la trésorerie de mon officine ?». Et, en filigrane, « est-ce le bon moment dans ma carrière ? ». C'est tout l'objet de ce guide : une grille de décision, profil par profil.

Une précision de méthode, d'emblée. Cette page répond à la question amont : faut-il acheter, et quand. Une fois la décision prise, le comment — détenir les murs dans une SCI à l'IR ou à l'IS, l'amortissement, le calcul de la plus-value de revente — relève d'un montage technique que nous traitons intégralement dans notre guide acheter les murs de son officine en SCI : IR ou IS. Nous y renverrons à chaque fois que le sujet effleurera la mécanique fiscale.

Hagnéré Patrimoine

Acheter ou louer vos murs ? On le tranche sur vos chiffres.

Capacité d'emprunt résiduelle, poids du BFR, pérennité de l'emplacement, horizon de cession : on modélise votre situation réelle avant que vous vous engagiez, puis on renvoie au montage SCI le jour venu.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 2LOYER PERDU ?·2 MIN

Le loyer du locataire est-il vraiment « de l'argent perdu » ?

Ce cliché fausse presque toutes les décisions d'achat — autant le régler tout de suite. Le loyer que vous versez au titre de votre bail commercial n'est pas un trou dans votre trésorerie : c'est une charge intégralement déductible du résultat de l'officine (BIC), au même titre que les salaires ou les achats de marchandises (BOI-BIC-CHG-40-20-10). Rester locataire est donc fiscalement efficace, pas pénalisant.

À l'inverse, acheter n'est pas un cadeau gratuit : vous immobilisez un apport, vous payez des frais d'acquisition de l'ordre de 7 à 8 % non récupérables, et vous consommez de la capacité d'emprunt. C'est un coût d'opportunité: chaque euro engagé dans les murs est un euro qui n'ira pas au fonds, à l'équipement, à votre résidence principale ou à votre épargne retraite.

La nuance honnête, c'est l'autre face : le loyer, lui, ne construit aucun patrimoine ; l'achat, oui — à condition de pouvoir le financer sans déséquilibrer le reste. Tout l'arbitrage est là, et le tableau ci-dessous le résume.

Rester locataire n'est pas « perdre » de l'argent : c'est préserver sa capacité d'emprunt et sa souplesse. Acheter constitue un patrimoine, au prix d'un capital immobilisé et d'un endettement saturé.
CritèreRester locataire (bail commercial)Acheter les murs
Effort de trésorerie immédiatLoyer mensuel, pas d'apport à sortirApport (15-25 %) + frais ~7-8 % à mobiliser
Déductibilité fiscaleLoyer 100 % déductible du résultat BICLe loyer versé à la SCI reste déductible, mais la SCI l'impose (renvoi montage)
Constitution de patrimoineAucune (le loyer ne capitalise pas)Un actif immobilier se constitue à côté du fonds
Capacité d'emprunt mobiliséePréservée pour le fonds et les projetsSaturée : ~450 k€ qui s'ajoutent au fonds
SouplesseSortie triennale possible, mobilitéBien immobilisé, revente plus lourde
§ 3MURS OU FONDS·2 MIN

L'arbitrage central : murs OU fonds (la capacité d'emprunt)

Voici le cœur du sujet, celui que les pages génériques sur « l'achat des murs » ignorent parce qu'elles ne raisonnent pas en pharmacien. Un rachat d'officine, ce n'est pas un petit investissement : il mobilise couramment 1 à 3 millions d'euros (ordre de grandeur de marché, selon la taille et la localisation), avec un apport bancaire significatif et un prêt sur 7 à 12 ans. Votre capacité d'emprunt est donc déjà largement engagée le jour où la question des murs se pose.

Ajouter ~450 000 € de murs à cet édifice, c'est saturer votre taux d'endettement et durcir l'analyse bancaire. Or, entre le fonds et les murs, il existe une hiérarchie simple : c'est le fonds qui génère le revenu. Les murs ne produisent rien tant que l'officine ne tourne pas. En bonne logique patrimoniale, on sécurise et on désendette d'abord l'actif qui fait vivre — le fonds — avant d'empiler un actif immobilier qui, lui, peut attendre (et que le bail commercial protège déjà, voir plus bas).

Le fonds prime sur les murs

Tant que la dette du rachat du fonds n'est pas significativement dégonflée, l'achat des murs attendra dans la plupart des cas. La banque arbitre rarement en votre faveur si vous demandez à financer les deux de front : elle préférera vous garder de la marge pour l'exploitation (équipement, automatisation, croissance). Le réflexe « j'achète aussi les murs tout de suite » est précisément celui qui bloque les projets suivants. Voyez comment se structure ce financement dans notre guide financer le rachat de son officine.

Cela ne veut pas dire « ne jamais acheter ». Cela veut dire séquencer : le fonds d'abord, les murs ensuite, quand la capacité d'emprunt s'est reconstituée. Et lorsque l'apport est juste, des leviers existent — par exemple mobiliser un compte courant d'associé— mais ils se calibrent dans une vision d'ensemble, pas dans l'urgence d'une opportunité.

§ 4LE BFR·2 MIN

Le BFR de l'officine : pourquoi ne pas assécher la trésorerie

Deuxième spécificité, propre au commerce de détail : l'officine est une activité commerciale, avec un besoin en fonds de roulement (BFR) structurellement lourd. Deux postes pèsent en permanence sur votre trésorerie.

Mémo express

Pourquoi le cash de l'officine est déjà mobilisé

  • Le stock de médicaments — une officine immobilise des dizaines de milliers d'euros de marchandises en rayon et en réserve, financées par votre trésorerie avant d'être vendues.
  • Les délais du tiers payant — vous avancez la part réglée par l'Assurance maladie et les complémentaires (souvent l'essentiel du ticket), encaissée avec décalage. C'est une avance permanente de trésorerie.

La conséquence est directe sur la décision « murs » : votre cash disponible est déjà au travail dans l'exploitation. Ponctionner ce qu'il reste pour constituer l'apport des murs, c'est réduire votre matelas de sécurité au pire endroit — celui d'une activité où un creux de trésorerie (un mois de remboursements en retard, un réassort important) ne pardonne pas.

La trésorerie qui dort déjà : ne pas l'immobiliser deux fois

Entre le stock et le tiers payant, une partie de votre trésorerie est déjà immobilisée par l'officine. Plutôt que d'y ajouter l'immobilisation des murs, conservez des liquidités de précaution et placez le surplus sur des supports adaptés à l'horizon. C'est le sujet de notre guide placer la trésorerie de son officine.

À noter, sans incidence directe sur la décision : l'officine étant soumise à TVA (ventes de médicaments aux taux de 2,1 %, 5,5 %, 10 % ou 20 %), la TVA est récupérable sur les charges et investissements — un point qui distingue l'officine de la plupart des professions de santé exonérées, et qui pourra peser sur l'option TVA du bail le jour de l'achat (sujet de montage, renvoyé à notre guide dédié).

§ 5BAIL COMMERCIAL·3 MIN

Rester locataire n'est pas une faiblesse : le bail commercial

Le deuxième argument pro-achat — « j'achète pour ne plus dépendre du propriétaire, pour me sécuriser » — tombe pour la même raison. Parce que l'officine est un fonds de commerce, la location des murs relève du statut des baux commerciaux (art. L. 145-1 et suivants du Code de commerce), le régime locatif le plus protecteur du preneur en droit français : le pharmacien locataire est tout sauf précaire.

Six protections que le bail commercial garantit déjà au pharmacien locataire. La « sécurité » invoquée pour justifier l'achat est, pour l'essentiel, déjà acquise par la location.
ProtectionArticle (C. com.)Ce que ça change pour vous
Durée minimale 9 ans, sortie triennale par le seul preneur (3/6/9)L. 145-4Stabilité longue, et c'est VOUS qui pouvez partir tous les 3 ans
Droit au renouvellement (propriété commerciale)L. 145-8Vous n'êtes pas expulsable à l'échéance du bail
Indemnité d'éviction si non-renouvellementL. 145-14Vous chasser coûte au bailleur la valeur de votre fonds : dissuasif
Loyer de renouvellement = valeur locativeL. 145-33Le loyer est encadré objectivement, pas fixé à la tête du client
Plafonnement de la révision (ILC)L. 145-34Protection contre les hausses brutales de loyer
Droit de préférence si vente des mursL. 145-46-1Vous êtes prioritaire pour acheter le jour où le bailleur vend (sauf exceptions : cession globale d'un immeuble, vente à un proche)

La protection n'est pas absolue : le déplafonnement existe

Le bail ne fige pourtant pas tout. Le loyer peut être déplafonné à la révision ou au renouvellement en cas de modification notable des facteurs locaux de commercialité — la Cour de cassation l'a rappelé récemment (Cass. 3e civ. 18 septembre 2025, n° 24-13.288). Cela tempère l'argument « le loyer est plafonné pour toujours », sans pour autant rendre le locataire précaire. À l'inverse, l'indice des loyers commerciaux (ILC) a connu des évolutions modérées, voire en repli, ces derniers trimestres : la hausse des loyers n'est pas un emballement.

La conclusion est nette, et elle structure tout le reste du guide : l'achat des murs ne se justifie pas par une prétendue précarité du locataire (le bail commercial la couvre déjà), mais par des raisons patrimoniales— constituer un actif, sécuriser un emplacement, préparer un complément de retraite. C'est l'objet de la section suivante.

§ 6LES VRAIS ARGUMENTS·2 MIN

Les vrais arguments pour acheter les murs

Puisque la « sécurité » est déjà acquise par le bail, restent quatre arguments, patrimoniaux ceux-là, qui justifient vraiment l'achat — quand la capacité d'emprunt et la trésorerie le permettent.

Pour acheter

Quatre arguments qui tiennent (et un qui ne tient pas)

  • Constituer un patrimoine à côté de l'outil — les murs sont un actif distinct du fonds, cessible et transmissible séparément (en pratique via une SCI, voir le guide montage).
  • Sécuriser l'emplacement — argument n° 1 pour une officine : l'emplacement fait la valeur du fonds, et il est juridiquement rare (voir l'encadré).
  • Transformer le loyer en remboursement d'un actif — le loyer versé par la SEL (déductible, art. 39-1 CGI) finance l'emprunt de la SCI ; à terme, des murs nets de dette.
  • Maîtriser les travaux — robot de dispensation, mise en accessibilité PMR, agencement : en propriétaire, vous décidez et vous valorisez votre bien.
  • Ce qui ne tient pas : « acheter pour me sécuriser face au bailleur » (déjà couvert par le bail) et « acheter pour payer moins d'impôt » (l'achat n'est pas un outil de défiscalisation).

L'emplacement, le seul actif qu'on ne peut pas déménager

L'implantation d'une officine n'est pas libre : elle obéit à une répartition territoriale fixée par le Code de la santé publique (art. L. 5125-3 et suivants), avec une licence liée à la population de la commune. En clair, votre officine vaut en grande partie par son monopole géographique : on n'ouvre pas une pharmacie concurrente au coin de la rue, et on ne déplace pas la vôtre librement. Détenir les murs, c'est verrouiller durablement cet emplacement — un argument patrimonial bien plus fort pour une officine que pour la plupart des autres commerces.
Hagnéré Patrimoine

Votre emplacement justifie-t-il d'acheter dès maintenant ?

Emplacement exceptionnel et menacé, ou simple confort ? Capacité d'emprunt réelle ? On objective la décision avec vous, chiffres en main, avant que vous vous engagiez.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : Camille hésite entre 450 000 € de murs et sa capacité d'emprunt

Mettons des chiffres sur la décision. Camille, 38 ans, pharmacienne titulaire d'une SELARL d'officine, a racheté son fonds il y a 3 ans (emprunt en cours, bien entamé mais loin d'être soldé). Sa TMI est de 41 %, elle cotise à la CAVP. Son bailleur lui propose d'acheter les murs : 450 000 €.

Coût d'entrée réel des murs (au-delà du prix affiché)

Prix des murs ......................... 450 000 €
Frais d'acquisition ~7,5 % ............ ~ 34 000 €
  (DMTO ~5,8 à 6,4 % + émoluments notaire + débours)
─────────────────────────────────────────────────
Capital total à financer .............. ~ 484 000 €

Apport bancaire demandé (15-25 %) ..... ~ 73 000 à 121 000 €
  → à sortir de la trésorerie de l'officine

Les frais d'acquisition (~7-8 %) ne sont jamais récupérables et s'ajoutent au prix. L'apport, lui, vient ponctionner la trésorerie déjà mobilisée par le BFR. Ordres de grandeur, à affiner avec le notaire et la banque.

Posons le dilemme de Camille noir sur blanc : ajouter ~450 000 € de dette (et ponctionner ~73 000 à 121 000 € de trésorerie) à un fonds racheté il y a 3 ans, c'est saturer son taux d'endettement et entamer son matelas de BFR. La banque va arbitrer : financer les murs ou lui garder de la marge pour l'exercice (automatisation, réassort, croissance) et ses projets personnels (résidence principale, épargne retraite).

Pour aller plus loin : comment la banque lit votre dossier

Le banquier ne regarde pas seulement le prix des murs : il consolide toutes vos charges de remboursement (prêt du fonds + futur prêt des murs + crédits personnels) au regard de vos revenus et de la rentabilité de l'officine. Tant que la dette du fonds pèse lourd, ajouter celle des murs dégrade le ratio et fragilise aussi vos projets à venir (résidence principale, équipement). C'est précisément cette logique de séquençage — fonds d'abord, murs ensuite — que nous détaillons dans le guide financer le rachat de son officine : apport et capacité d'emprunt.

Scénario A — Rester locataire maintenant

Loyer 100 % déductible, capacité d'emprunt préservée pour finir de payer le fonds et financer ses projets (RP, PER, automatisation), trésorerie de précaution conservée. L'achat des murs est reporté de 5 à 8 ans, le temps que la dette du fonds fonde. Et si le bailleur vend entre-temps, le droit de préférence (L. 145-46-1) la protège dans la plupart des cas — sous réserve des exceptions légales (cession globale de l'immeuble, vente à un proche). À trois ans du rachat, c'est le choix de bon sens.

Scénario B — Acheter les murs tout de suite

Patrimoine immobilier constitué plus tôt, emplacement verrouillé. Mais endettement saturé, trésorerie ponctionnée au pire moment, projets personnels gelés. À n'envisager que si l'emplacement est exceptionnel et réellement menacé, ou si la capacité d'emprunt résiduelle le permet vraiment, ce qui n'est clairement pas le cas de Camille, trois ans après avoir signé pour son fonds.

Le verdict pour Camille

Compte tenu de son rachat récent et de sa dette élevée, Camille a intérêt à rester locataire d'abord, à finir de désendetter son fonds et à reconstituer sa capacité d'emprunt, puis à réévaluer la question à mi-carrière. Le jour où elle achètera, le montage (SCI à l'IR ou à l'IS) se décidera avec notre guide acheter les murs en SCI : IR ou IS. En attendant, son cash de précaution sera mieux employé en étant placé plutôt qu'immobilisé.
§ 8FISCALITÉ EN BREF·2 MIN

La fiscalité en bref (et pourquoi le reste est traité ailleurs)

Juste ce qu'il faut pour décider— le détail du montage est renvoyé, sans exception, à notre guide dédié. Quatre points méritent d'être connus avant de trancher acheter ou louer.

Prélèvements sociaux 2026 : 17,2 % sur les loyers, pas 18,6 %

C'est l'erreur qu'on voit le plus souvent en rendez-vous. La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a relevé la CSG du capital de 1,4 point, portant les prélèvements sociaux à 18,6 % sur les dividendes, intérêts et plus-values mobilières. Mais cette hausse ne touche pas les revenus fonciers ni les plus-values immobilières, qui restent à 17,2 %. Les loyers d'une SCI à l'IR sont donc à 17,2 % ; le 18,6 % ne concerne que le boni d'une SCI à l'IS distribué en dividendes (PFU global 31,4 %). En pratique, on mélange souvent les deux taux — à tort.

Mémo express

Les trois autres points à connaître avant d'acheter

  • Loyer SCI → officine au prix de marché — un loyer hors marché entre entités liées (vous des deux côtés) verrait son excédent réintégré au titre de l'acte anormal de gestion (CE 21 décembre 2018, n° 402006). Visez la valeur locative réelle, bail écrit à l'appui.
  • Option TVA sur le bail (art. 260, 2° CGI) — possible mais conditionnelle, à auditer selon votre situation. À trancher au montage, pas ici.
  • CDHR (art. 224 CGI, reconduite par la LF 2026) et CEHR (art. 223 sexies CGI) — pour un pharmacien à hauts revenus, les loyers fonciers gonflent le revenu fiscal de référence : un effet à intégrer au pilotage d'ensemble.

Tout le reste — SCI à l'IR contre SCI à l'IS, amortissement, calcul de la plus-value de revente, déficit foncier — est un sujet de montage que nous traitons dans notre guide acheter les murs de son officine en SCI : IR ou IS. La règle de cette page : on décide d'abord s'il faut acheter ; on choisit ensuite comment.

§ 9PHASE DE CARRIÈRE·2 MIN

La décision selon votre phase de carrière

Il n'y a pas de réponse universelle, mais il y a une logique de calendrier. Les murs que Camille a refusés à 38 ans, Hugo aura tout intérêt à les acheter à 52. Tout dépend de votre capacité d'emprunt résiduelle, qui suit la courbe de votre carrière.

Jeune installé / repreneur récent

Capacité d'emprunt déjà mobilisée par le rachat du fonds, BFR à financer, souvent un projet de résidence principale en parallèle. Décision : rester locataire et s'appuyer sur le bail commercial. La priorité va au fonds et à la RP. Voir le financement du rachat et le compte courant d'associé.

Titulaire installé / mi-carrière

Dette du fonds largement amortie, capacité d'emprunt reconstituée, emplacement pérenne et connu. Décision : acheter les murs via une SCI devient pertinent — patrimoine constitué et futur complément de retraite. C'est ici que le montage IR vs IS prend tout son sens.

Fin de carrière / horizon cession

La question bascule : tout vendre (fonds + murs) ou vendre le fonds et garder les murs pour en tirer un loyer ? L'arbitrage dépend de la durée de détention des murs (exonération à 15 ans) et de la retraite CAVP. Voir la cession et la retraite ci-dessous.

Hugo · pharmacien titulaire · mi-carrière · SCI envisagée

Dette du fonds amortie, emplacement n° 1 : l'achat des murs devient pertinent

Hugo a 52 ans. Il a racheté son officine il y a quinze ans ; la dette du fonds est quasi soldée, sa capacité d'emprunt s'est reconstituée, et son officine occupe un emplacement n° 1 de centre-ville, sur une licence solide. Le bailleur vend les murs. Quinze ans après son rachat, Hugo n'est plus du tout dans la situation de Camille : il peut financer les murs sans fragiliser son exploitation.

Il achète, via une SCI qui détient les murs et les loue à sa SELARL. Le loyer versé par la SEL (déductible, art. 39-1 CGI) rembourse l'emprunt de la SCI : son activité finance la constitution d'un patrimoine immobilier personnel, qu'il transmettra ensuite par parts. Le choix entre SCI à l'IR et SCI à l'IS se modélise dans notre guide acheter les murs en SCI : IR ou IS. Pour Hugo, à cet âge et avec cet horizon, l'IR est généralement le réflexe — mais cela se chiffre.

§ 10GARDER LES MURS·2 MIN

Vendre le fonds, garder les murs : l'atout retraite

Un dernier point change souvent la décision : les murs survivent à la cession du fonds. Au moment de la retraite, vous n'êtes pas obligé de tout vendre d'un bloc. Vous pouvez céder le fonds au repreneur et conserver les murs — le repreneur, devenu votre locataire, vous verse alors un loyer, revenu récurrent en complément de la CAVP.

On peut vendre le fonds et garder les murs

La dissociation entre le fonds (l'activité) et les murs (l'immobilier) vous laisse une option précieuse à la retraite : transformer vos murs en rente. Le pharmacien titulaire relève de la CAVP (Caisse d'Assurance Vieillesse des Pharmaciens), régime mixte (répartition et capitalisation). Le loyer des murs vient compléter cette pension — il ne s'y substitue pas. Pour estimer la pension elle-même, voyez notre guide retraite CAVP du pharmacien.

Reste un point fiscal décisif pour le calendrier d'achat, et souvent mal compris. L'exonération de la plus-value des murs se gagne par la durée de détention, pas par le départ en retraite :

Le piège du calendrier

151 septies B (durée) vs 151 septies A (retraite)

  • Art. 151 septies B — abattement de 10 % par an au-delà de la 5e année sur la plus-value immobilière professionnelle, soit une exonération totale à 15 ans de détention (BOI-BIC-PVMV-20-40-30). C'est ce régime qui efface la plus-value des murs.
  • Art. 151 septies A (départ en retraite) — il n'exonère PAS les plus-values immobilières : les murs en sont expressément exclus.
  • Conséquence : pour que la plus-value des murs soit exonérée au moment de la cession, il faut les avoir détenus ~15 ans. Si votre horizon de cession est lointain, c'est un argument pour acheter tôt (une fois la capacité d'emprunt disponible).

Sophie · pharmacienne titulaire · fin de carrière · cession + murs conservés

Céder le fonds, garder les murs détenus depuis 16 ans, en tirer une rente

Sophie a 62 ans et prépare sa retraite. Elle a acheté ses murs il y a 16 ans, via une SCI. Plutôt que de tout liquider, elle cède le fonds à un jeune repreneur (les exonérations de plus-value professionnelle du fonds sont traitées dans notre guide céder son officine au départ en retraite) et conserve les murs.

Résultat : ses murs, détenus depuis plus de 15 ans, bénéficient de l'exonération de plus-value de l'art. 151 septies B ; et le repreneur, devenu locataire, lui verse un loyer mensuel qui complète sa pension CAVP. Elle transmettra plus tard les parts de SCI à ses enfants. Pour avoir acheté tôt et séparé les murs du fonds, Sophie peut faire trois choses à la fois : vendre son activité en gardant les murs, se verser une rente, et transmettre les parts à ses enfants le moment venu. Le détail du montage de revente (IR/IS, reprise d'amortissements) est dans le guide SCI dédié.

Note de méthode : ces chiffres sont des illustrations

Les cas de Camille, Hugo et Sophie sont des exemples pédagogiques destinés à éclairer la mécanique de décision, pas des projections garanties. Le niveau d'un loyer de bail commercial, la valeur de revente des murs et la pension CAVP dépendent de paramètres individuels (emplacement, état du marché, ILC, carrière, règles en vigueur à la date de cession). Les performances et valorisations passées de l'immobilier ne préjugent pas des performances futures ; un bien immobilier comporte un risque de perte en capital et d'illiquidité. Aucun de ces chiffres ne constitue une recommandation : seul un bilan patrimonial individualisé permet de modéliser votre situation.
§ 11ARBITRAGE FINAL·2 MIN

Acheter les murs ou diversifier son épargne ?

Il reste un arbitrage qu'on oublie souvent une fois qu'on s'est entiché des murs : acheter les murs de son officine, c'est concentrer encore davantage son patrimoine sur l'officine. Le fonds, les murs et l'emplacement reposent alors sur le même risque local (une évolution du quartier, de la démographie, de la réglementation du médicament). Rester locataire libère au contraire de l'épargne pour diversifier et lisser ce risque.

La sur-concentration n'est pas neutre

Un pharmacien dont l'essentiel du patrimoine est adossé à son officine est exposé à un risque non diversifié. Diversifier — assurance-vie, SCPI (de l'immobilier sans saturer sa capacité d'emprunt), plan d'épargne retraite — permet de répartir le risque et de préparer la retraite autrement que par les seuls murs. Notre guide immobilier et profession libérale élargit le sujet.

Les 5 questions à se poser avant de signer

  • Ma dette de fonds est-elle suffisamment dégonflée pour ajouter celle des murs sans saturer mon endettement ?
  • Mon BFR me laisse-t-il assez de trésorerie de précaution après avoir sorti l'apport et les ~7-8 % de frais ?
  • Mon emplacement est-il vraiment menacé, ou le bail commercial me protège-t-il déjà suffisamment (droit de préférence, renouvellement) ?
  • Mon horizon de cession est-il assez lointain pour viser l'exonération de plus-value à 15 ans (art. 151 septies B) ?
  • L'achat des murs ne sur-concentre-t-il pas tout mon patrimoine sur l'officine, au détriment de la diversification ?

Personne ne peut vous dire « achetez » ou « louez » dans l'absolu. La réponse se trouve dans votre bilan patrimonial : capacité d'emprunt, poids du BFR, horizon de cession, fiscalité globale, projets personnels et niveau de concentration du patrimoine. C'est exactement l'exercice que nous menons dans la stratégie patrimoniale complète du pharmacien titulaire: les murs n'y sont qu'une brique parmi d'autres, à chiffrer en cohérence avec le reste.

Méthode documentée

Acheter ou louer vos murs : la décision posée avant la signature

Arbitrage capacité d'emprunt, poids du BFR, lecture du bail commercial, séquençage avec le rachat du fonds et la retraite CAVP, niveau de concentration de votre patrimoine : un audit indépendant complet. Cabinet ORIAS 23002291, basé à Bassens.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
ACCOMPAGNEMENT

Trancher acheter ou louer avec un CGP indépendant

Cabinet pluridisciplinaire : audit de votre situation, arbitrage entre l'achat des murs et la préservation de votre capacité d'emprunt, lecture du bail commercial, séquençage avec le rachat du fonds et la retraite CAVP. Une vision globale et chiffrée, avant la signature.

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Acheter ou louer vos murs au bon moment avec un CGP indépendant multi-partenaires

Pas de produit-maison, pas de biais commercial. Audit de votre capacité d'emprunt après le rachat du fonds, poids du BFR, lecture du bail commercial, choix d'acheter selon votre phase de carrière — puis on déroule la suite : montage SCI le jour venu, placement de la trésorerie, retraite CAVP et cession.

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • Code de commerce — le statut des baux commerciaux

    Art. L. 145-4 (bail de 9 ans, résiliation triennale par le seul preneur), L. 145-8 (droit au renouvellement, propriété commerciale), L. 145-14 (indemnité d'éviction), L. 145-33 et L. 145-34 (loyer de renouvellement à la valeur locative et plafonnement), L. 145-46-1 (droit de préférence du locataire en cas de vente des murs). Cass. 3e civ. 18 septembre 2025, n° 24-13.288 (déplafonnement en cas de modification notable des facteurs locaux de commercialité).

  • CGI / BOFiP — loyer, plus-value des murs et prélèvements sociaux

    Art. 39-1 CGI et BOI-BIC-CHG-40-20-10 (loyer des locaux professionnels déductible du résultat BIC de l'officine). Loyer entre la SCI et la SEL au prix de marché, acte anormal de gestion (CE 21 décembre 2018, n° 402006). Art. 151 septies B CGI et BOI-BIC-PVMV-20-40-30 (abattement pour durée de détention, exonération de la plus-value immobilière professionnelle à 15 ans). Art. 151 septies A CGI (départ en retraite, qui n'exonère pas les plus-values immobilières). Art. 150 U et 150 VC CGI (plus-value des particuliers). LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) : 17,2 % maintenu sur le foncier et les plus-values immobilières, 18,6 % sur les dividendes.

  • Code de la santé publique, fiscalité de la cession et hauts revenus

    Art. L. 5125-3 et suivants du Code de la santé publique (répartition territoriale des officines, licence liée à la population, monopole géographique). Art. 260, 2° CGI (option pour la TVA sur la location de murs nus, conditionnelle). Art. 719 CGI (droits d'enregistrement sur la cession du fonds de commerce). Art. 224 CGI (CDHR, reconduite par la LF 2026, loi n° 2026-103 du 19/02/2026) et art. 223 sexies CGI (CEHR). DMTO de l'ordre de 5,8 à 6,4 % selon le département (service-public.gouv.fr). CAVP : régime de retraite complémentaire mixte du pharmacien titulaire.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La décision d'acheter ou de louer les murs de votre officine dépend de votre capacité d'emprunt résiduelle après le rachat du fonds, du poids de votre BFR, de la pérennité de votre emplacement et de votre horizon de cession : elle doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable. Le choix du véhicule (SCI à l'IR ou à l'IS) et le détail du montage sont traités dans notre guide dédié. Les chiffres et taux cités sont à jour au 24 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Certains points (option TVA sur le bail, traitement nominatif des contributions sur les hauts revenus) sont signalés au conditionnel lorsqu'ils dépendent d'une analyse individuelle.

Foire aux questions

Tout sur l'achat ou la location des murs d'officine capacité d'emprunt, bail commercial, phase de carrière et retraite.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : acheter ou louer, capacité d'emprunt, protections du bail commercial, quand acheter, vendre le fonds en gardant les murs, prélèvements sociaux 2026. Réponses sourcées et à jour 2026.