Aller au contenu principal
Aller au contenu principal
Guide pharmacien 202618 minMis à jour 25 juin 2026Cas chiffré 1,5 M€

Vendre son officine : effacer (presque) toute la plus-value au départ en retraite

Vous avez tenu le comptoir 25 ou 30 ans, et l'officine vaut aujourd'hui souvent plus d'un million d'euros (prix moyen 2025 : ~1,66 M€). La vraie question n'est pas le prix de vente : c'est ce qu'il vous restera une fois le fisc passé. Et tout se joue sur ce que vous cédez. Le fonds de commerce de l'officine ? Plus-value professionnelle, prélèvements sociaux à 18,6 %, exonérable d'IR au départ en retraite (151 septies A). Les parts de votre SELARL/SELAS ? Plus-value de titres, PS à 18,6 % également, abattement de 500 000 € (150-0 D ter). À prix égal, ce ne sont plus les prélèvements sociaux qui font la différence (18,6 % des deux côtés), mais les dispositifs d'exonération : sur une cession à 1,5 M€, l'écart entre les deux modes dépasse 120 000 €. On passe en revue chaque exonération (recettes, valeur, retraite, murs, parts), ses seuils 2026 et ses cumuls. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

CESSION D'OFFICINE 2026

Chiffrer l'impôt exact de votre cession et activer la bonne exonération

Audit de cession : identification de votre régime (fonds de commerce ou parts de SEL), seuils 151 septies / 238 quindecies, départ à la retraite, abattement 500 000 €, immobilier des murs, prélèvements sociaux résiduels et CEHR/CDHR. Cabinet 100 % indépendant.

  • Régime fonds ou parts identifié
  • Exonérations et cumuls modélisés
  • PS résiduels et CEHR/CDHR intégrés
  • Cabinet 100 % indépendant

EXO TOTALE (FONDS)

500 000 €

EXO SELON RECETTES

250 000 €

ABATT. PARTS DE SEL

500 000 €

PV FONDS / PARTS

31,4 % / 31,4 %

MURS À 15 ANS

0 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE GRAND TRI·3 MIN

Le grand tri : le fonds de commerce ou les parts de SEL ?

L'essentiel en 30 secondes

  • Ce qui décide de votre fiscalité, ce n'est pas le métier de pharmacien, c'est la nature de ce que vous cédez.
  • Le fonds de commerce de l'officine (cession en nom propre, ou cession d'actif par la SEL) = plus-value PROFESSIONNELLE → arsenal 151 septies, 238 quindecies, 151 septies A, 151 septies B, prélèvements sociaux à 18,6 %.
  • Les parts d'une SEL à l'IS (SELARL, SELAS) = plus-value MOBILIÈRE des particuliers (art. 150-0 A) → un seul dispositif de faveur : l'abattement de 500 000 € de l'art. 150-0 D ter (dirigeant retraité), prélèvements sociaux à 18,6 %.
  • Les deux régimes ne communiquent pas : le fondement du tri, c'est l'article 151 nonies I CGI.

On voit le même cas tous les mois au cabinet : un pharmacien titulaire de 58 à 62 ans a passé sa carrière à faire vivre son officine, et il décide de la céder. Et la première question qu'il pose, ce n'est pas « combien vaut-elle ? », c'est « combien vais-je garder ? ». La réponse tient à une seule distinction : cédez-vous le fonds de commerce, ou cédez-vous des parts de société ? Parce que ces deux opérations, qui aboutissent au même résultat économique, relèvent de deux régimes fiscaux totalement séparés.

L'enjeu n'est pas théorique. Une officine vaut aujourd'hui rarement moins d'un million d'euros, et le prix moyen 2025 avoisine 1,66 M€. Sur une cession à 1,5 M€, l'écart entre le mode « fonds » et le mode « parts » dépasse 140 000 € — pour le même prix de vente. Dans ce guide : les seuils 2026 de chaque exonération (recettes, valeur, retraite, murs, parts de SEL), leur ordre de cumul et un cas chiffré à l'euro — pour savoir, avant même de signer, ce qui restera dans votre poche.

La grande majorité des pharmaciens exercent en société (SELARL, SELAS) : le réflexe est alors de vendre les parts, ce qui ouvre l'abattement de 500 000 €, mais pas l'arsenal professionnel. À l'inverse, si c'est la SEL elle-même qui cède son fonds de commerce (cession d'actif), ou si vous exploitez en nom propre, c'est un régime de plus-value professionnelle qui s'applique, avec ses propres exonérations. Identifiez d'abord votre régime : tout le calcul en découle.

Le mot d'ordre : identifiez votre régime AVANT de chercher votre exonération.
Ce que vous cédezRégime fiscalTexteDispositifs d'exonération
Fonds de commerce de l'officine (en nom propre, ou cession d'actif de la SEL)Plus-value PROFESSIONNELLEArt. 39 quindecies CGI (LT 12,8 %)151 septies, 238 quindecies, 151 septies A, 151 septies B
Parts d'une société à l'IR (où vous exercez)Plus-value PROFESSIONNELLE (art. 151 nonies I)Actif professionnelIdem ci-dessus
Parts d'une SEL à l'IS (SELARL, SELAS)Plus-value MOBILIÈRE des particuliersArt. 150-0 A CGIAbattement fixe 150-0 D ter (500 000 €) uniquement

Une officine, ça se détient sous conditions

L'officine est une activité commerciale (vente de médicaments, BIC, fonds de commerce), dont la détention est strictement encadrée par le Code de la santé publique (art. L. 5125-1 et s., R. 5125-14 à R. 5125-24 : monopole pharmaceutique, détention réservée à des pharmaciens). Lorsqu'elle est logée en SEL de pharmacie (SELARL/SELAS) ou détenue via une SPFPL de pharmaciens, ce sont la loi n° 90-1258 du 31/12/1990 et l'ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 qui fixent les règles de détention du capital. Pour structurer la détention ou la cession via une holding, voyez notre guide la SPFPL comme structure de détention et de cession des parts. Pour le cadre général tous métiers, voyez la version profession libérale de ce guide.

Mode A — cession du FONDS de commerce

Plus-value professionnelle. Accès à 151 septies, 238 quindecies, 151 septies A, 151 septies B. Prélèvements sociaux à 18,6 %. PFU global 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS).

Mode B — cession des PARTS de SEL

Plus-value mobilière des particuliers (art. 150-0 A). Un seul levier : l'abattement fixe de 500 000 € du 150-0 D ter (retraite). Prélèvements sociaux à 18,6 %. PFU global 31,4 %.

§ 2LES PS 2026·2 MIN

Prélèvements sociaux 2026 : 18,6 % sur le fonds comme sur les parts

Un seul taux désormais, une règle à retenir

  • Depuis le 1er janvier, la CSG du patrimoine passe de 9,2 % à 10,6 % (LFSS 2026, loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, art. 12), pour les plus-values réalisées depuis le 1er janvier 2025.
  • Cette hausse vise aussi les plus-values professionnelles de cession : la cession du fonds de commerce supporte donc 18,6 % de PS → cession à 31,4 % au tarif plein.
  • La cession des parts de SEL (plus-value mobilière) supporte les mêmes 18,6 % → cession à 31,4 % au tarif plein.
  • Restent à 17,2 % les revenus fonciers, la plus-value immobilière des particuliers (les murs vendus par un particulier / une SCI à l'IR), l'assurance-vie et la capitalisation — pas la plus-value professionnelle de cession.

C'est l'idée fausse qu'on entend le plus souvent en 2026 : « la hausse de CSG ne vise que le capital mobilier, donc le fonds reste à 17,2 % ». C'est inexact. La LFSS 2026 relève la CSG du patrimoine à 10,6 % par principe (CSS art. L. 136-6) ; la liste qui reste à 9,2 % (donc 17,2 % de PS) est limitative (CSS art. L. 136-8 IV) et ne comprend que les revenus fonciers, la plus-value immobilière des particuliers, l'assurance-vie / la capitalisation et les PEL/CEL/PEP. La plus-value professionnelle de cession — celle du fonds de commerce de l'officine — n'y figure pas : elle supporte donc 18,6 %, exactement comme la cession des parts.

Depuis la LFSS 2026, fonds ET parts supportent 18,6 % de PS. Ce qui distingue les deux modes n'est plus le taux, mais les dispositifs d'exonération accessibles.
Nature de la plus-valueTaux PS 2026CompositionPFU global
Cession du FONDS de commerce (pro)18,6 %CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,531,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS)
Cession des PARTS de SEL (mobilière)18,6 %CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,531,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS)

Ce qui décide vraiment, ce sont les dispositifs, pas le taux de PS

En 2026, le fonds et les parts supportent le même taux de prélèvements sociaux (18,6 %) : l'arbitrage fonds/parts ne se joue donc plus sur les PS, mais sur deux autres terrains. D'un côté, les dispositifs d'exonération accessibles : côté fonds, les articles 151 septies, 238 quindecies et 151 septies A (départ en retraite) ; côté parts, le seul abattement de 500 000 € du 150-0 D ter. De l'autre, l'assiette : l'abattement du 150-0 D ter ne joue que sur l'IR, tandis que le 238 quindecies peut effacer aussi les PS. Le détail de la dualité 17,2 % / 18,6 % selon la nature du revenu figure dans notre guide prélèvements sociaux 2026 : la dualité 17,2 % / 18,6 %.
§ 3ARTICLE 151 SEPTIES·2 MIN

Exonération selon les recettes (151 septies) : un mirage pour une officine

Le régime qu'on cite surtout pour l'écarter

  • Le 151 septies exonère selon vos recettes, pas selon la valeur du fonds, après 5 ans d'activité.
  • Pour une officine (vente de marchandises), les seuils sont 250 000 € (exo totale) / 350 000 € (dégressive) — et non 90 000 / 126 000 €, qui visent les prestations de services.
  • Mais une officine encaisse 1,5 à 3 M€ de chiffre d'affaires : on est cinq à dix fois au-dessus du plafond. Le 151 septies est hors de portée.
  • Le bon levier côté fonds, c'est la valeur de cession (238 quindecies, §4), pas les recettes.

L'article 151 septies CGI est le plus vieux des régimes d'exonération : il efface la plus-value professionnelle en fonction de vos recettes, pas de la valeur du fonds. Condition d'entrée : avoir exercé l'activité depuis au moins 5 ans. Les recettes prises en compte sont la moyenne hors taxes des deux années civiles qui précèdent la cession (BOI-BIC-PVMV-40-10-10). C'est précisément là que le statut commercial de l'officine fait basculer le calcul.

Seuils des VENTES DE MARCHANDISES (commerce, BIC), applicables à une officine — et non 90 000 / 126 000 €, qui visent les prestations de services.
Recettes moyennes HT (ventes de marchandises)Effet
≤ 250 000 €Exonération TOTALE (IR + PS)
> 250 000 € et < 350 000 €Exonération PARTIELLE (dégressive)
≥ 350 000 €Aucune exonération

Taux d'exonération partielle (151 septies, ventes)

Taux exonéré = (350 000 − recettes moyennes HT) / 100 000

Exemple théorique :
  recettes 300 000 €
  → (350 000 − 300 000) / 100 000 = 50 %
  → la moitié de la plus-value serait exonérée

Entre 250 000 € et 350 000 € de recettes, l'exonération décroît linéairement de 100 % à 0 %. Mais une officine encaisse 1,5 à 3 M€ de recettes : on est très au-delà de 350 000 €.

Pourquoi ce régime ne marche jamais pour une officine

Le piège : une officine fait 1,5 à 3 millions d'euros de chiffre d'affaires par an — soit cinq à dix fois le plafond de 350 000 €. L'article 151 septies, qui s'éteint dès 350 000 € de recettes, est donc hors de portée en pratique pour un pharmacien titulaire en activité. On le cite uniquement pour l'écarter. Attention à l'erreur que font beaucoup de conseils : confondre les recettes (151 septies) et la valeur de cession (238 quindecies). Ce sont deux assiettes différentes. Pour une officine, le vrai levier n'est pas les recettes mais la valeur: c'est l'article 238 quindecies (§4) qui prend le relais.

À ne pas confondre : ventes de marchandises ≠ prestations de services

Les seuils de 90 000 / 126 000 € qu'on lit partout ne valent que pour les prestations de services (professions libérales, BNC). L'officine relève des ventes de marchandises (BIC, commerce), dont les seuils sont 250 000 / 350 000 €. Un conseil qui applique 90 000 / 126 000 € à une officine se trompe d'activité — même si, en pratique, le résultat est identique : aucune exonération, le chiffre d'affaires étant bien trop élevé dans les deux cas.
§ 4ARTICLE 238 QUINDECIES·3 MIN

Exonération selon la valeur (238 quindecies) : le régime central

Le régime central côté fonds de commerce

  • L'article 238 quindecies exonère selon la valeur de cession (fonds de commerce, branche complète, intégralité des parts d'une société à l'IR), après 5 ans d'activité.
  • Exonération TOTALE si la valeur est inférieure à 500 000 €, dégressive entre 500 000 et 1 000 000 €, nulle au-delà.
  • Immobilier exclu de l'assiette (les murs relèvent du 151 septies B, §6).
  • C'est le seul régime qui efface aussi les prélèvements sociaux sur la fraction exonérée. Mais une officine valant souvent plus d'1 M€, il est fréquemment saturé.

Pour le fonds de commerce, c'est le régime qui décide vraiment du montant final : le 238 quindecies raisonne sur ce que les repreneurs regardent en premier, la valeur de cession, pas les recettes. L'article 238 quindecies CGI exonère la plus-value lors de la transmission d'une entreprise individuelle, d'une branche complète d'activité, ou de l'intégralité des parts d'une société de personnes à l'IR, après 5 ans d'activité (BOI-BIC-PVMV-40-20-50). L'assiette du seuil correspond au prix augmenté des charges en capital et indemnités au profit du cédant, hors immobilier.

Seuils en vigueur 2026. L'ancien seuil 300 000 / 500 000 € est PÉRIMÉ (rehaussé depuis la loi de finances pour 2022).
Valeur de cessionEffet
< 500 000 €Exonération TOTALE (IR + PS)
≥ 500 000 € et < 1 000 000 €Exonération PARTIELLE (dégressive)
≥ 1 000 000 €Aucune exonération

Taux d'exonération partielle (238 quindecies)

Taux exonéré = (1 000 000 − valeur de cession) / 500 000

Exemple :
  officine de valeur 800 000 €
  → (1 000 000 − 800 000) / 500 000 = 40 %
  → 40 % de la plus-value est exonérée
  → 480 000 € restent taxables (sur 800 000 €)

Entre 500 000 € et 1 000 000 € de valeur, l'exonération décroît linéairement de 100 % à 0 %. C'est un seuil de VALEUR, à ne pas confondre avec les seuils de RECETTES du 151 septies.

Pour une officine, le 238 quindecies est souvent saturé

Le prix moyen d'une officine en 2025 avoisine 1,66 M€ : au-delà d'1 000 000 € de valeur, le 238 quindecies ne joue plus du tout (0 exonération). Il devient utile dans la zone intermédiaire, entre 500 000 et 1 000 000 € — par exemple une petite officine de quartier, ou un fonds dont les murs (exclus de l'assiette) sont logés à part. Deux pièges à éviter : l'ancien seuil 300 000 / 500 000 € est périmé (rehaussé par la LF 2022) ; et les seuils de 700 000 / 1 200 000 € qu'on rencontre parfois ne valent que pour les transmissions à de jeunes agriculteurs — jamais pour une officine.

Mémo express

La différence majeure : le 238 quindecies efface aussi les PS

  • Le 238 quindecies est le seul régime « fonds » qui efface à la fois l'IR ET les prélèvements sociaux sur la fraction exonérée (hors immobilier).
  • Les régimes « retraite » (151 septies A, et côté parts le 150-0 D ter) n'effacent que l'IR : les PS restent dus.
  • Conséquence pratique : tant que l'officine vaut moins de 500 000 €, la cession du fonds peut être 100 % nette — mais c'est rare pour une officine.
§ 5ARTICLE 151 SEPTIES A·2 MIN

Vendre le fonds en partant à la retraite (151 septies A)

L'outil de fin de carrière, côté fonds

  • Le 151 septies A exonère la plus-value du fonds de commerce cédé au moment du départ à la retraite, sans condition de recettes ni de valeur.
  • Il n'efface que l'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus.
  • C'est le sauvetage du pharmacien dont l'officine vaut plus d'un million d'euros, donc hors du champ du 238 quindecies.
  • Condition clé à ne pas rater : cesser ses fonctions et liquider sa retraite (CAVP) dans les 24 mois.

Le 151 septies A est le réflexe de fin de carrière côté fonds : vous cédez le fonds de commerce de l'officine au moment de partir à la retraite, et l'article 151 septies A CGI vient exonérer la plus-value professionnelle. Le hic tient en une ligne : il n'efface que l'impôt sur le revenu. C'est précisément l'outil qui sauve le pharmacien dont l'officine vaut plus d'un million d'euros, donc hors du champ du 238 quindecies — là où le 238 quindecies est saturé, c'est lui qui prend le relais sur l'IR.

Le mécanisme en bref

  • Conditions résumées : activité ≥ 5 ans ; cession d'une entreprise individuelle ou de l'intégralité des parts d'une société à l'IR ; cesser vos fonctions et faire valoir vos droits à la retraite dans un délai de 24 mois (avant ou après la cession) ; structure PME (moins de 250 salariés, CA < 50 M€ ou bilan < 43 M€) ; pas de contrôle du cessionnaire (moins de 50 % de ses droits).
  • Exonère l'IR, PAS les prélèvements sociaux : les 18,6 % restent dus sur la plus-value (BOI-BIC-PVMV-40-20-20-50 § 20). Le Conseil d'État l'a confirmé : une plus-value exonérée d'IR n'est pas pour autant exonérée des contributions sociales, qui ont leur assiette propre.
  • Les plus-values immobilières (murs) sont exclues — voir le 151 septies B (§6).

La retraite du pharmacien se liquide à la CAVP

La condition la plus souvent perdue de vue, c'est la liquidation des droits à la retraite dans la fenêtre des 24 mois. Pour le pharmacien titulaire, cette liquidation se fait à la CAVP (Caisse d'Assurance Vieillesse des Pharmaciens) — jamais la CARMF, la CARCDSF ni la CARPIMKO, qui concernent d'autres professions. Le calendrier précis (date de départ, cessation des fonctions, séquencement vente/retraite) doit être synchronisé au mois près : voyez notre guide retraite CAVP du pharmacien : liquider ses droits dans la fenêtre des 24 mois.

Le délai de 24 mois est un couperet (CE 16 octobre 2019)

Le calendrier, c'est l'erreur qu'on rattrape le plus souvent en rendez-vous — quand il est encore temps. Le départ à la retraite (cessation des fonctions et liquidation des droits) doit intervenir dans les 24 mois qui précèdent ou suivent la cession. Le Conseil d'État (16 octobre 2019, n° 417364) a précisé que ces deux événements doivent s'inscrire dans une fenêtre de 4 ans de date à date au maximum. Vendre puis tarder à liquider sa retraite — ou l'inverse — au-delà de ces délais fait perdre rétroactivement le bénéfice de l'exonération d'IR, avec un rappel d'impôt à la clé. C'est l'erreur la plus coûteuse, et la plus évitable : elle se planifie un à deux ans avant la signature.
§ 6ARTICLE 151 SEPTIES B·2 MIN

Les murs de l'officine (151 septies B / SCI)

Le poste que la plupart des pharmaciens oublient — jusqu'à ce que le notaire le remette sur la table —, et qui pèse souvent plusieurs centaines de milliers d'euros : les murs de l'officine. Pourquoi un dispositif dédié ? Parce que les deux régimes les plus puissants — 238 quindecies et 151 septies A — excluent l'immobilier. Les murs inscrits à l'actif relèvent donc du seul article 151 septies B CGI (BOI-BIC-PVMV-20-40-30).

Le calcul joue en votre faveur : un abattement de 10 % par année de détention au-delà de la cinquième, appliqué à la plus-value immobilière à long terme. Conséquence directe : exonération totale à 15 ans de détention. Seuls les terrains à bâtir sont exclus.

Abattement immobilier (151 septies B)

Abattement = 10 % × (années de détention − 5)

  •  10 ans  →  50 %
  •  12 ans  →  70 %
  •  15 ans  →  100 % (exonération totale)

L'abattement ne commence qu'à partir de la 6e année. Avant 5 ans de détention, aucun abattement ; la plus-value immobilière à long terme est taxée au taux plein.

Exemple : des murs achetés il y a 16 ans, plus-value effacée

Un pharmacien a acquis les murs de son officine il y a 16 ans pour 300 000 € ; ils valent aujourd'hui 600 000 €, soit une plus-value immobilière à long terme de 300 000 €. Détention au-delà de 15 ans : l'abattement du 151 septies B atteint 100 % → la plus-value sur les murs est totalement exonérée d'IR et de PS. À 12 ans de détention, l'abattement n'aurait été que de 70 % (90 000 € resteraient taxables) ; à 10 ans, 50 %. D'où l'intérêt très concret de caler la date de vente des murs sur leur date d'acquisition : quelques mois d'attente peuvent effacer plusieurs dizaines de milliers d'euros d'impôt.

Mémo express

Les murs en SCI : conserver et louer au repreneur

  • Si les murs sont logés dans une SCI à l'impôt sur le revenu, à prépondérance immobilière et affectée à l'exploitation, l'abattement du 151 septies B peut s'appliquer aux parts. En SCI à l'IS, c'est un tout autre régime (amortissements, plus-value taxée à l'IS) — l'arbitrage IR/IS se prépare à l'achat.
  • Plutôt que de vendre les murs avec le fonds, beaucoup de pharmaciens conservent les murs et les louent au repreneur : c'est un complément de revenu de retraite, sécurisé par un bail commercial, et la plus-value immobilière n'est pas déclenchée tout de suite.
  • Ce choix se prépare en amont : voyez nos guides acheter les murs de l'officine en SCI : IR ou IS et murs de l'officine : conserver et louer, ou vendre ?
§ 7ARTICLE 150-0 D TER·3 MIN

Céder ses parts de SEL : l'abattement de 500 000 € (150-0 D ter)

Le cas le plus fréquent en pratique

  • Vous cédez les parts d'une SELARL/SELAS à l'IS : régime de la plus-value mobilière (art. 150-0 A), pas des plus-values professionnelles.
  • Un seul dispositif de faveur : l'abattement fixe de 500 000 € de l'article 150-0 D ter, réservé au dirigeant qui part à la retraite.
  • Cet abattement ne joue que sur l'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux de 18,6 % frappent la totalité du gain, avant abattement.
  • Prorogé jusqu'au 31 décembre 2031 (LF 2025, art. 70 ; maintenu par la LF 2026, art. 11).

C'est le cas le plus fréquent en pratique, puisque la majorité des pharmaciens exercent via une SELARL ou une SELAS à l'IS et vendent leurs parts. La plus-value est alors mobilière (art. 150-0 A), et le seul dispositif de faveur est l'article 150-0 D ter CGI : un abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value, réservé au dirigeant partant à la retraite (BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-30). Le surplus est imposé à l'IR au PFU de 12,8 % (ou au barème, sur option révocable depuis la LF 2026). Les conditions, en clair : PME de l'UE à l'IS exerçant une activité opérationnelle (l'officine commerciale est éligible), avoir exercé une fonction de direction et détenu en continu au moins 25 % des droits, l'un comme l'autre durant les 5 ans précédant la cession, titres détenus depuis 1 an, cessation des fonctions et liquidation des droits à la retraite (CAVP) dans les 24 mois, cession de la totalité des titres (ou plus de 50 % des droits de vote).

L'abattement ne touche que l'impôt sur le revenu

Les 500 000 € s'imputent sur la plus-value avant application du PFU ou du barème, mais uniquement sur l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur la totalité du gain (l'abattement ne les réduit pas), et la CEHR / CDHR se calculent sur le revenu fiscal de référence. L'abattement n'est pas cumulable avec l'abattement pour durée de détention de l'article 150-0 D. Bonne nouvelle : le dispositif est prorogé jusqu'au 31 décembre 2031 (loi de finances pour 2025, art. 70, maintenu par la LF 2026, art. 11). À noter : la variante de l'abattement à 600 000 € vise les jeunes agriculteurs, jamais l'officine.

Le piège de la rémunération de direction (CE 7 mai 2025)

L'abattement de 500 000 € suppose une fonction de direction effective et normalement rémunérée pendant les 5 années précédant la cession. Le Conseil d'État (7 mai 2025, n° 491635) a précisé qu'une rémunération de direction trop faible ou symbolique peut faire perdre le bénéfice de l'abattement. Un pharmacien qui se serait sous-rémunéré au profit des dividendes dans les années précédant la vente s'expose donc à un risque. L'arbitrage rémunération/dividendes en SEL — par ailleurs en pleine évolution, voyez l'imposition de la rémunération en SEL pour un pharmacien — n'est donc pas neutre au moment de préparer une cession. Si vos parts sont logées sous une holding, voyez aussi détenir et céder ses parts d'officine via une SPFPL.
§ 8CE QUI RESTE À PAYER·2 MIN

Exonéré ne veut pas dire 0 € : la carte des prélèvements qui restent

La règle d'or

Seules les exonérations TOTALES effacent à la fois l'IR et les prélèvements sociaux

  • En exonération totale, le 151 septies et le 238 quindecies effacent l'IR ET les PS (sur la fraction exonérée, hors immobilier).
  • Les dispositifs « retraite » — 151 septies A (fonds) et 150-0 D ter (parts) — n'effacent que l'impôt sur le revenu.
  • Conséquence : les prélèvements sociaux restent dus — 18,6 % sur le fonds comme sur les parts (sur la totalité du gain pour le 150-0 D ter).
En exonération TOTALE, 151 septies et 238 quindecies effacent l'IR ET les PS. 151 septies A et 150-0 D ter n'effacent que l'IR.
DispositifIR effacé ?PS effacés ?Reste à surveiller
238 quindecies (fonds, exo totale < 500 k€)OuiOui (18,6 % effacés)Rare pour une officine (> 1 M€)
151 septies (fonds, exo totale)OuiOui (18,6 % effacés)Hors de portée (CA > 350 k€)
151 septies A (retraite, fonds)OuiNON — 18,6 % dusPS + immobilier exclu
151 septies B (murs)Oui à 15 ansOui à 15 ans (abattement joue IR + PS)Avant 15 ans : abattement partiel
150-0 D ter (parts de SEL)Sur 500 000 € seulementNON — 18,6 % sur toutPS + CEHR / CDHR sur le RFR

CEHR et CDHR : les deux contributions qui frappent les grosses cessions

Une officine valant souvent plus d'un million d'euros, le pharmacien est un profil typiquement concerné par les contributions sur les hauts revenus, calculées sur le revenu fiscal de référence (que les exonérations de plus-value ne neutralisent pas) :
  • La CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, art. 223 sexies CGI) : 3 % puis 4 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR pour un célibataire, 500 000 / 1 000 000 € pour un couple.
  • La CDHR (contribution différentielle sur les très hauts revenus, art. 224 CGI), qui impose un plancher d'imposition de 20 % du RFR au-delà de 250 000 / 500 000 €. Créée par la LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025), elle a été reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026).
L'abattement 150-0 D ter, qui ne joue que sur l'IR, ne les neutralise pas. Le détail figure dans notre guide CEHR et CDHR : l'impôt qui s'ajoute sur les grosses cessions.

Et la rémunération de gérant de SEL ?

Une précision pour le pharmacien commerçant : le gérant majoritaire de SELARL relève en principe de l'article 62 CGI (rémunération imposée comme des traitements et salaires). La « fin de l'abattement de 10 % en SEL » qui touche les associés libéraux (BNC) ne le concerne donc pas nécessairement de la même façon. Le Conseil d'État (8 avril 2025, n° 492154) a jugé que la rémunération d'activité libérale des associés de SEL relève du BNC, mais la situation du pharmacien commerçant reste à apprécier au cas par cas. Sans trancher abusivement, voyez notre guide dédié faut-il rester en SEL en tant que pharmacien ?
§ 9LES CUMULS·2 MIN

Empiler les exonérations : qui se cumule avec qui

Sur une même cession de fonds de commerce, vous pouvez empiler plusieurs dispositifs — mais l'ordre compte, et deux d'entre eux (151 septies et 238 quindecies) s'excluent mutuellement. La doctrine (BOI-BIC-PVMV-40-20-20-50) fixe une mécanique précise. Côté parts de SEL, en revanche, l'abattement 150-0 D ter joue seul, sans passerelle vers les régimes professionnels.

Mémo express

L'ordre d'application des exonérations professionnelles

  • 1. D'abord l'article 151 septies B (murs d'exploitation).
  • 2. Ensuite l'article 151 septies A (départ à la retraite — efface l'IR).
  • 3. Enfin l'article 238 quindecies (selon la valeur — efface aussi les PS sur la fraction exonérée).
  • Mais 151 septies (recettes) et 238 quindecies (valeur) sont ALTERNATIFS : on retient le plus favorable, on ne les additionne pas.
  • L'abattement 150-0 D ter relève de la cession de parts, pas des régimes professionnels : aucun pont entre les deux.
Côté fonds, les régimes s'empilent dans l'ordre 151 septies B → 151 septies A → 238 quindecies. Côté parts, le 150-0 D ter est isolé.
DispositifCe qu'on cèdeCumul
151 septiesFonds de commerce (selon recettes)Cumulable avec 151 septies A + B ; ALTERNATIF de 238 quindecies
238 quindeciesFonds / branche complète / parts société IR (selon valeur)Cumulable avec 151 septies A + B ; ALTERNATIF de 151 septies
151 septies AEI / intégralité des parts société IR (retraite)Cumulable avec 238 quindecies + 151 septies B
151 septies BMurs d'exploitationCumulable avec tous les régimes professionnels
150-0 D terParts de SEL (IS), dirigeant retraitéRégime isolé (pas de cumul avec l'abattement 150-0 D)

Le cumul gagnant : une officine > 1 M€ cédée au départ en retraite

C'est le montage central pour le pharmacien qui cède son fonds au moment de liquider sa retraite CAVP. Prenons une officine valant plus d'1 M€ : le 238 quindecies est saturé (0 exonération au-delà du seuil), mais le 151 septies A efface tout l'impôt sur le revenu. Résultat concret : l'IR tombe à zéro — mais souvenez-vous de la section précédente, les 18,6 % de prélèvements sociaux restent dus sur la totalité de la plus-value. Et entre 500 000 et 1 000 000 € de valeur, le 238 quindecies redevient utile : il exonère partiellement, IR et PS, et le 151 septies A finit d'effacer l'IR sur le reliquat. Si des murs sont cédés, on commence par le 151 septies B.
§ 10CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : une officine cédée 1 500 000 €

Les seuils, c'est la théorie. Voici la facture réelle, à prix de vente identique, selon que le pharmacien cède le fonds ou les parts de sa SEL. Deux avertissements de lecture d'abord : pour rester lisibles, les cas supposent que la plus-value est proche du prix de cession (prix d'acquisition faible ou nul, fréquent pour une officine développée par le titulaire), les murs sont traités à part (151 septies B), et on laisse de côté la CEHR / CDHR. Le gain net réel se modélise au cas par cas.

Cas 1 · Pharmacien · parts de SELARL 1 500 000 € · départ en retraite

Brigitte — mode parts (150-0 D ter) : l'abattement utile, mais les PS pèsent

Brigitte exerce via une SELARL et cède ses parts pour 1 500 000 € ; plus-value ≈ 1 500 000 €. Régime parts (plus-value mobilière, art. 150-0 A). Elle part à la retraite et liquide ses droits à la CAVP.

Elle active l'article 150-0 D ter : abattement de 500 000 €, mais sur l'IR seulement. Base imposable à l'IR = 1 500 000 − 500 000 = 1 000 000 €, soit un IR au PFU (12,8 %) de 128 000 €.

Mais les prélèvements sociaux de 18,6 % frappent la totalité du gain (l'abattement ne les réduit pas) : 1 500 000 € × 18,6 % = 279 000 €.

Total ≈ 407 000 € (~27,1 % du prix), auquel s'ajoutent la CEHR et la CDHR sur le RFR. Les PS pèsent plus que l'IR.

Cas 2 · Pharmacien · fonds de commerce 1 500 000 € · départ en retraite

Bernard — mode fonds (238 quindecies saturé + 151 septies A) : l'IR effacé, restent les PS

Bernard cède le fonds de commerce de son officine pour 1 500 000 € au moment de partir à la retraite. Régime fonds (plus-value professionnelle).

La valeur (1,5 M€) dépasse 1 000 000 € : le 238 quindecies est saturé → 0 exonération. Mais il cumule avec le 151 septies A (départ en retraite), qui efface la totalité de l'impôt sur le revenu → IR = 0 €.

Restent les prélèvements sociaux de 18,6 %, dus sur la totalité : 1 500 000 € × 18,6 % = 279 000 €.

Total = 279 000 € (~18,6 % du prix). Le détail du calendrier de liquidation figure dans le guide retraite CAVP du pharmacien.

Lecture comparée : 279 000 € (fonds) vs 407 000 € (parts)

À prix de vente identique (1,5 M€), céder le fonds coûte ≈ 279 000 €, contre ≈ 407 000 € en parts — un écart de près de 128 000 €. Cet écart ne vient plus des prélèvements sociaux (18,6 % des deux côtés), mais de l'IR, que le 151 septies A efface totalement côté fonds alors que l'abattement 150-0 D ter en laisse subsister 128 000 € côté parts. Le mode « fonds » est donc moins coûteux à l'instant T. Ne généralisez pas pour autant. On vend alors un actif (pas des titres), et le mode « parts » ouvre d'autres leviers en amont — apport-cession à une holding (150-0 B ter), donation avant cession purgeant la plus-value latente. Et dans la zone 500 000 € < valeur < 1 000 000 €, le 238 quindecies redevient utile : sur une officine valant 800 000 €, il exonère 40 % de la plus-value (formule du §4), ne laissant que 480 000 € taxables.

Ce que disent ces deux cas

À prix égal, le tri fonds / parts décide de près de 130 000 € d'impôt

  • Mode fonds (Bernard, retraite) : 238 quindecies saturé, mais 151 septies A efface l'IR → seuls les PS 18,6 % subsistent, soit ≈ 279 000 €.
  • Mode parts (Brigitte, retraite) : abattement 150-0 D ter utile sur l'IR (128 000 €), mais PS 18,6 % sur la totalité (279 000 €) → ≈ 407 000 €, plus CEHR / CDHR.
  • L'écart ne tient pas aux PS (18,6 % des deux côtés) mais à l'IR effacé côté fonds : le tri fonds / parts n'est pas neutre, et il se décide en amont, pas le jour de la signature.
§ 11LE JOUR D'APRÈS·2 MIN

Le jour d'après : que faire du produit de la vente

Le chèque encaissé, l'horloge fiscale tourne déjà : la fenêtre pour agir, c'est l'année civile de l'encaissement, pas l'année suivante (un versement PER passé le 2 janvier rate l'IR de la cession). Le réflexe à éviter, c'est de laisser dormir un à deux millions d'euros sur un compte courant. Trois chantiers, dans cet ordre. On écrase d'abord l'impôt de l'année — et là, le PER / Madelin tranche net. Ensuite, selon ce que vous avez vendu, vous reportez (apport-cession sur des parts) ou vous transmettez (donation avant cession). Reste le nerf de l'affaire : faire travailler le capital pour fabriquer un revenu de retraite et organiser la transmission.

Chaque ligne renvoie à un guide spécialisé du cluster pharmacien / patrimoine.
ObjectifLe levierLe guide dédié
Réduire l'IR de l'année de cessionVersement PER / Madelin (art. 154 bis CGI, jusqu'à 88 911 € déductibles en 2026), à votre TMIPER du pharmacien titulaire
Reporter l'impôt sur les partsApport-cession à une holding (art. 150-0 B ter) : imposition différée, remploi 70 % sous 36 moisApport-cession 150-0 B ter
Transmettre plutôt que vendreDonation avant cession (base réévaluée chez le donataire) + pacte Dutreil, sous réserve de l'abus de droit (L. 64 LPF)Transmettre son officine aux enfants
Réemployer les liquiditésAssurance-vie, contrat de capitalisation, SCPI, trésorerie en SPFPL : revenu et transmissionGestion de patrimoine du pharmacien

Concrètement : l'année de cession, un versement PER du pharmacien titulaire abaisse l'IR à votre tranche marginale. Sur une cession de parts, l'apport-cession (150-0 B ter) pour reporter l'impôt permet de différer l'imposition, en lien avec une holding ou SPFPL de pharmaciens. En amont, une donation avant cession avec pacte Dutreil peut transmettre l'officine à vos enfants plutôt que la vendre (vigilance abus de droit). Et pour réemployer le produit, voyez la gestion de patrimoine du pharmacien titulaire, la trésorerie logée en SPFPL et que faire du produit de la cession au moment de la retraite.

Note de méthode : réemploi et hypothèses de rendement

Le réemploi du produit de cession (assurance-vie, contrat de capitalisation, SCPI, PER) suppose des supports financiers dont la valeur fluctue. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas garanties ; un placement en unités de compte présente un risque de perte en capital. Les économies d'impôt présentées dans ce guide reposent, elles, sur l'état du droit au 25 juin 2026 (CGI, doctrine BOFiP, jurisprudence citée) : seuils, taux et prorogations peuvent évoluer avec les lois de finances annuelles. Chaque montage doit être validé au regard de votre situation réelle avant signature.

La cession s'inscrit dans une séquence

Le jour de la signature, vous troquez un actif professionnel contre un à deux millions d'euros de liquidités : la vraie question devient « qu'en faire », pas « l'ai-je bien vendue ». Identifier le bon régime (fonds ou parts), activer et cumuler les exonérations, encaisser les prélèvements sociaux résiduels et la CEHR/CDHR, puis réinvestir : un bilan prend ces quatre étapes ensemble — régime, exonérations, prélèvements résiduels, réemploi — au lieu de les découvrir une à une, souvent trop tard pour agir.
Méthode documentée

Préparer la cession ET le réemploi avec un CGP indépendant

Audit indépendant : on identifie votre régime (fonds ou parts), on chiffre les exonérations et leur cumul, on anticipe les PS résiduels et la CEHR/CDHR, puis on organise le réemploi du produit (PER, Madelin, apport-cession, donation, assurance-vie). On chiffre chaque étape avant de la déclencher.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
ACCOMPAGNEMENT

Préparer la cession de votre officine avec un CGP indépendant

Cabinet pluridisciplinaire : identification du régime fiscal, choix et cumul des exonérations (151 septies, 238 quindecies, 151 septies A et B, 150-0 D ter), timing du départ à la retraite CAVP, prélèvements sociaux résiduels, puis réemploi du produit. Une vision globale et chiffrée, de la vente à la transmission.

  • Bilan patrimonial offert
  • Cabinet 100 % indépendant
  • Modélisation de la cession à l'euro
4,7/5sur Trustpilot (26 avis)

Céder votre officine avec un CGP indépendant multi-partenaires

Pas de produit-maison, pas de biais commercial. Identification de votre régime, calcul des exonérations applicables et de leur cumul, anticipation des prélèvements sociaux résiduels et de la CEHR/CDHR, puis réemploi du produit (PER, Madelin, apport-cession, donation, assurance-vie).

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • CGI — exonérations de plus-value professionnelle (fonds de commerce)

    Art. 151 septies CGI (exonération selon les recettes : 250 000 / 350 000 € pour les ventes de marchandises). Art. 238 quindecies CGI (exonération selon la valeur : totale < 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €, immobilier exclu). Art. 151 septies A CGI (départ à la retraite, IR seul). Art. 151 septies B CGI (immobilier d'exploitation, 10 %/an au-delà de la 5e année, exonération totale à 15 ans). Art. 151 nonies I CGI (parts de société à l'IR = actif professionnel). Art. 39 duodecies à 39 quindecies CGI (plus-value professionnelle à long terme, 12,8 %). Doctrine : BOI-BIC-PVMV-40-10-10, BOI-BIC-PVMV-40-20-50, BOI-BIC-PVMV-40-20-20, BOI-BIC-PVMV-20-40-30, BOI-BIC-PVMV-40-20-20-50.

  • CGI — cession des parts de SEL (plus-value mobilière)

    Art. 150-0 A CGI (plus-value mobilière des particuliers). Art. 150-0 D ter CGI (abattement fixe de 500 000 € pour le dirigeant partant à la retraite, prorogé jusqu'au 31/12/2031, sur l'IR seul). Art. 200 A CGI (prélèvement forfaitaire unique). Doctrine : BOI-RPPM-PVBMI-20-40-10-30.

  • Détention d'une SEL d'officine et droits d'enregistrement

    Art. L. 5125-1 et s. et R. 5125-14 à R. 5125-24 du Code de la santé publique (monopole pharmaceutique, détention par des pharmaciens). Loi n° 90-1258 du 31/12/1990 et ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (SEL et SPFPL de pharmaciens). Art. 719 CGI (droits sur cession de fonds : 0/3/5 %, à la charge de l'acquéreur, 0 % en zone FRR). Art. 726 CGI (droits sur cession de parts : 3 % après abattement). Doctrine : BOI-ENR-DMTOM-10-20-20.

  • Prélèvements sociaux et hauts revenus 2026

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, art. 12 : CSG du patrimoine portée à 10,6 %, soit PS 18,6 % sur la plus-value mobilière des parts de SEL ET sur la plus-value professionnelle de cession du fonds, pour les plus-values réalisées depuis le 01/01/2025 ; 17,2 % maintenu sur les revenus fonciers, la plus-value immobilière des particuliers, l'assurance-vie et la capitalisation). LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025, art. 70 : prorogation de l'art. 150-0 D ter ; art. 10 : création de la CDHR ; Cons. const. n° 2025-874 DC du 13/02/2025). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026, art. 11 : maintien de l'art. 150-0 D ter, reconduction de la CDHR ; Cons. const. n° 2026-901 DC du 19/02/2026). Art. 223 sexies CGI (CEHR 3/4 %). Art. 224 CGI (CDHR, plancher 20 % du RFR). Art. 154 bis CGI (PER/Madelin, 88 911 € en 2026). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession). Art. L. 64 LPF (abus de droit, donation avant cession).

  • Jurisprudence structurante

    CE 16/10/2019 n° 417364 (délai de cessation des fonctions et de départ en retraite apprécié dans une fenêtre de 4 ans). CE 07/05/2025 n° 491635 (l'abattement 150-0 D ter suppose une rémunération normale de la fonction de direction). CE 08/04/2025 n° 492154 (la rémunération d'activité libérale des associés de SEL relève du BNC ; l'art. 62 CGI ne fait pas obstacle au basculement). Le Conseil d'État juge par ailleurs que l'exonération d'IR de l'art. 151 septies A ne s'étend pas aux prélèvements sociaux.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Chaque cession d'officine doit faire l'objet d'une étude individualisée (identification du régime fonds/parts, vérification des seuils, cumuls, prélèvements sociaux résiduels, CEHR/CDHR, timing du départ à la retraite). Le pharmacien titulaire relève de la CAVP pour sa retraite (et non de la CARMF, de la CARCDSF ni de la CARPIMKO). Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Le principe d'exclusion des prélèvements sociaux de l'exonération d'IR des articles 151 septies A et 150-0 D ter est exposé au regard de l'état du droit ; les hypothèses des cas chiffrés (plus-value approchée par le prix de cession) sont signalées comme telles.

Foire aux questions

Tout sur les exonérations de plus-value à la cession d'une officine fonds de commerce ou parts de SEL, seuils, retraite, cumuls et prélèvements résiduels.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : quel taux en 2026, fonds ou parts de SEL, seuils 151 septies et 238 quindecies, vendre sans impôt à la retraite, ce qui reste à payer, valorisation de l'officine, murs, cumuls. Réponses sourcées et à jour 2026.