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Guide pharmaciens 202613 minMis à jour 10 juin 2026CAVP — 3 étages

Retraite du pharmacien titulaire : pourquoi la CAVP ne suffira pas

Vous dégagez 150 000 à 400 000 € d'EBE de votre officine, et pourtant votre pension CAVP couvrira sans doute moins du tiers de votre dernier revenu. La raison est arithmétique : votre base CNAVPL est plafonnée à 5 PASS, votre complémentaire répartition est forfaitaire (7 657 € en 2026), et la part par capitalisation — unique en France — reste bornée par ses classes. Dans ce guide, je vous montre le montant réel, le « trou » à combler, et où se cache votre vrai capital retraite. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

BILAN RETRAITE PHARMACIEN TITULAIRE 2026

Calculer votre vrai trou de pension et le combler avant le départ

Audit de votre situation de pharmacien titulaire : estimation de votre taux de remplacement CAVP (base, répartition, capitalisation), dimensionnement du trou à combler, calibrage du PER 154 bis et préparation de la cession de l'officine comme capital de sortie. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Estimation de votre taux de remplacement
  • Plafond PER 154 bis exact
  • Cession de l'officine préparée
  • Cabinet 100 % indépendant

TAUX DE REMPLACEMENT (EBE ÉLEVÉ)

modéré

BASE CNAVPL PLAFONNÉE À

5 PASS = 240 300 €

COMPLÉMENTAIRE RÉPARTITION 2026

7 657 €

PART PAR CAPITALISATION

unique en France

TAUX PLEIN AUTOMATIQUE

67 ans

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE CONSTAT·2 MIN

La retraite du pharmacien titulaire en 30 secondes

La retraite du pharmacien en 30 secondes

Votre retraite obligatoire a trois étages : la base CNAVPL (par points, plafonnée à 5 PASS), la complémentaire en répartition (forfaitaire, 7 657 € en 2026) et la complémentaire en capitalisation — la singularité française, que seul le pharmacien possède parmi les libéraux. Conséquence : rapportée à un EBE d'officine de 150 000 à 400 000 €, la pension donne un taux de remplacement modéré (ordre de grandeur à vérifier sur cavp.fr). Le reste se comble en capitalisant à votre nom (PER) et surtout via la cession de l'officine.

Prenons un cas que je vois passer toutes les semaines. Après trente ans d'exercice à dégager 200 000 € et plus d'EBE, votre première pension CAVP tombera, pour une carrière pleine, autour de 2 700 à 2 900 € par mois — un ordre de grandeur, pas une promesse. La pension moyenne d'un pharmacien libéral se situe d'ailleurs de l'ordre de 19 400 €/an, soit ≈ 1 600 €/mois (à vérifier sur cavp.fr). La CAVP n'est pas « faible » dans l'absolu : elle est insuffisante en proportion du train de vie d'un titulaire. Le hic est arithmétique : votre EBE grimpe sans limite, vos cotisations retraite, elles, butent vite sur un plafond.

On va procéder comme en rendez-vous : comprendre d'où vient le trou (les trois étages de la CAVP, un par un), le chiffrer sur un titulaire à 250 000 € d'EBE, puis voir par où l'attaquer. À la fin, vous saurez exactement ce que la CAVP vous versera vraiment, et où chercher le reste. Le détail des solutions (rachat de points, PER, cession) est traité dans des guides dédiés, à commencer par celui sur la façon d' optimiser sa retraite CAVP par le rachat de points et la montée de classe.

Déontologie : aucun montant individuel ne peut être garanti

Tous les montants de pension, valeurs de point, classes et taux de remplacement de ce guide sont des ordres de grandeur pédagogiques, donnés au conditionnel. Votre chiffre réel se lit sur votre relevé individuel de situation (RIS / EIG) et sur cavp.fr. Ce qui est en revanche certain et structurel, c'est le mécanisme : une base plafonnée, une répartition forfaitaire et une capitalisation bornée par les classes. C'est lui, et non un chiffre précis, qui fonde tout ce diagnostic.
§ 2ARCHITECTURE·3 MIN

Les 3 étages de votre retraite : base CNAVPL, répartition, capitalisation

Avant de comprendre le décrochage, voyons comment la pension se monte. Vous relevez des professions libérales (article L. 640-1 du CSS), affilié à la CNAVPL, et la CAVP — Caisse d'Assurance Vieillesse des Pharmaciens, section professionnelle de la CNAVPL (article L. 641-1), gère pour vous trois régimes. Et là, une règle qui ne souffre aucune exception : le titulaire relève de la CAVP, jamais de la CARMF (médecins), de la CARCDSF (dentistes) ni de la CARPIMKO (kinés). Raisonner avec les chiffres d'une autre caisse, c'est se tromper sur toute la ligne.

Le pharmacien titulaire n'a PAS de PCV

Contrairement à ce qu'on lit parfois par analogie avec le médecin ou le dentiste, le pharmacien titulaire n'a pas de PCV (prestation complémentaire de vieillesse). Ce dispositif, au sein de la CAVP, est réservé aux biologistes médicaux conventionnés. Le troisième étage du titulaire, c'est le volet par capitalisation (RCC) du régime complémentaire — c'est lui, et non une PCV, qui fait la singularité de la CAVP.

Trois étages, trois logiques différentes

La base CNAVPL (article L. 642-1) fonctionne par points et est plafonnée à 5 PASS ; la complémentaire répartition (RCR, article L. 644-1) est forfaitaire et délivre des annuités ; la complémentaire capitalisation (RCC, article L. 644-1) repose sur des classes de cotisation qui constituent un capital individuel converti en rente viagère. Trois logiques, mais un même résultat : aucun de ces étages n'est calibré sur le vrai revenu d'un titulaire à haut EBE.
Les trois régimes obligatoires du pharmacien titulaire, valeurs 2026. Les valeurs de point, classes et barèmes de cotisation sont des ordres de grandeur à confirmer sur cavp.fr / cnavpl.fr.
RégimeBase légaleCotisation 2026 (ordre de grandeur)Droits acquis
Base CNAVPL (par points)CSS L. 642-18,73 % ≤ 1 PASS / 1,87 % de 1 à 5 PASS≈ 557 + 25 pts/an ; point 0,6599 €
Complémentaire RÉPARTITION (RCR)CSS L. 644-17 657 € forfaitaire (appel ~105,4 %)Annuités ; valeur 328,80 €/annuité
Complémentaire CAPITALISATION (RCC)CSS L. 644-1Classes 3 à 13 (×2 à ×12 de 1 453 €) = 2 906 à 17 436 €Capital individuel → rente viagère

Notez la structure : la base est proportionnelle mais plafonnée, la répartition est purement forfaitaire, la capitalisation est bornée par les classes. À chaque étage, un mécanisme différent vient brider la pension d'un haut revenu. C'est cet empilement de freins, et non un seul plafond, qui explique le faible taux de remplacement. Pour la logique d'ensemble du libéral, commune à toutes les caisses, voyez pourquoi la caisse obligatoire d'un libéral ne suffit jamais.

§ 3LA BASE·2 MIN

La base CNAVPL : plafonnée à 5 PASS, cotiser plus ne rapporte plus

Le premier étage, c'est le régime de base CNAVPL (article L. 642-1 du CSS), géré par la CAVP et fonctionnant par points. Vous cotisez 8,73 % sur la fraction de revenu jusqu'à 1 PASS (48 060 €), ce qui valide jusqu'à ≈ 557 points par an, puis 1,87 % sur la fraction comprise entre 1 et 5 PASS, pour ≈ 25 points de plus au maximum. Chaque point sert ensuite une pension annuelle sur la base d'une valeur de service de l'ordre de 0,6599 €.

Le plafond de la base

Pension de base annuelle (carriere pleine) =
   Points CUMULES sur la carriere x 0,6599 EUR
   (le cumul = somme des points acquis chaque annee, max ~582/an)

Plafond d assiette = 5 PASS = 240 300 EUR (2026)

Au-delà de 5 PASS (240 300 €), plus aucun point de base ne se constitue. Un pharmacien à 100 000 € d'EBE et un autre à 300 000 € valident, en base, des points quasiment identiques une fois passé le plafond : la base ne suit jamais les hauts revenus. C'est le premier écrêtement structurel.

En clair, la cotisation de base est plafonnée à 5 PASS, soit 240 300 €. La fraction de votre EBE au-dessus de ce plafond ne génère aucun droit de base supplémentaire. Vous payez vos charges sociales sur un revenu qui monte, mais votre pension de base, elle, butte sur ce plafond. C'est exactement le même mécanisme que chez le médecin ou le dentiste : le régime de base CNAVPL est commun à toutes les sections.

Le régime de base est commun à toutes les sections de la CNAVPL

Le régime de base est géré par la CNAVPL pour l'ensemble des professions libérales : le taux de cotisation sur la première tranche (de l'ordre de 8,73 % en 2026, à confirmer sur cnavpl.fr) et la valeur de service du point y sont identiques d'une section à l'autre. Ce qui distingue vraiment le pharmacien, ce n'est pas la base : c'est le régime complémentaire, et surtout sa part par capitalisation— unique en France. C'est là, et non sur la base, qu'il ne faut jamais calquer un raisonnement de médecin sur un dossier de pharmacien.
§ 4LA RÉPARTITION·2 MIN

La complémentaire répartition (RCR) : forfaitaire, déconnectée du revenu

Le deuxième étage est le régime complémentaire en répartition (RCR, article L. 644-1 du CSS). Sa particularité : la cotisation est forfaitaire — de l'ordre de 7 657 € en 2026 — la même pour tous, que vous gagniez 100 000 € ou 300 000 € d'EBE. En contrepartie, les droits se mesurent en annuités, dont la valeur est de l'ordre de 328,80 € en 2026.

La pension de répartition

Pension RCR annuelle = Nombre d annuites x 328,80 EUR

Carriere pleine a 67 ans = ~42,5 annuites
   => 42,5 x 328,80 EUR = ~13 974 EUR/an brut
   (+10 % pour 3 enfants et plus)

Comme la cotisation est forfaitaire, les droits sont identiques pour tous les titulaires, quel que soit l'EBE. C'est un régime de solidarité, pas un régime proportionnel au revenu : c'est la deuxième cause structurelle du faible taux de remplacement des hauts revenus.

Le taux d'appel de 105,4 % : cotiser plus sans nouveaux droits

En 2026, la cotisation de répartition est appelée à hauteur d'environ 105,4 % (à confirmer sur cavp.fr, décret n° 2025-1076 du 10/11/2025) : cette surcotisation de quelque +5,4 % vise à assurer la soutenabilité financière du régime et ne génère aucun droit supplémentaire. Autrement dit, vous payez un peu plus pour la même pension. C'est le signal 2026 que le régime par répartition est sous tension — un argument de plus en faveur d'une retraite capitalisée à votre nom.

La répartition, elle, ignore complètement votre revenu. Un confrère à 130 000 € d'EBE et vous à 280 000 € touchez exactement la même pension de répartition. C'est la deuxième brique du plafonnement, après la base.

§ 5LA SINGULARITÉ·3 MIN

La part par capitalisation (RCC) : ce que seul le pharmacien possède

On arrive au troisième étage, le plus singulier : le régime complémentaire en capitalisation (RCC, article L. 644-1 du CSS). C'est le seul cas, parmi les caisses de professions libérales françaises, où une part de la retraite obligatoire fonctionne par capitalisation collective et non par répartition. Le pharmacien se constitue, année après année, un capital individuel qui générera plus tard une rente. Et c'est là votre singularité : vous détenez un dispositif que ni le médecin, ni le dentiste, ni le kiné ne possèdent.

La mécanique repose sur des classes de cotisation. Vous cotisez dans une classe numérotée de 3 à 13, chaque classe correspondant à un multiple (de 2 à 12 fois) une cotisation de référence de l'ordre de 1 453 € en 2026 — soit une cotisation annuelle comprise entre 2 906 € (classe 3, ×2) et 17 436 € (classe 13, ×12). La classe dépend de votre revenu de référence (RNS N-2), avec la possibilité d'opter pour une classe supérieure : c'est précisément l'un des leviers pour booster sa retraite. Des classes intermédiaires ont d'ailleurs été créées par le décret n° 2019-288 du 8 avril 2019 (effet au 1er janvier 2020) pour affiner ce réglage.

De la cotisation à la rente

Cotisations capitalisees et revalorisees (taux de distribution ~3 %/an)
        |
        v
   Capital individuel
        |
        x coefficient de conversion (age, table de mortalite, taux technique, reversion)
        |
        v
   Rente viagere obligatoire (versee a vie)

C'est, en quelque sorte, un PER rendu obligatoire et logé dans la caisse : vos cotisations s'accumulent et se revalorisent, puis sont converties en rente à la liquidation. Mais ce dispositif reste borné par les classes (cotisation maximale ~17 436 €/an) et la rente n'est jamais récupérable en capital.

Capitalisation CAVP ≠ PER : la rente n'est pas un capital disponible

Attention au contresens le plus courant. Le capital constitué dans la RCC n'est pas récupérable librement : à la liquidation, il est obligatoirement converti en rente viagère. C'est tout l'inverse du PER, que vous pouvez liquider en capital, en rente ou en mélange des deux, quand vous le décidez. La capitalisation CAVP ressemble à un PER dans son moteur (un capital qui génère une rente), mais elle reste un droit social obligatoire, pas une épargne libre. C'est précisément pourquoi le vrai « capital » mobilisable du pharmacien passe ailleurs : par le PER volontaire et par la cession de l'officine.

Note de méthode : ce que vaut (et ne vaut pas) une projection

Le taux de distribution de la part capitalisation (de l'ordre de 3 %/an, à confirmer sur cavp.fr) est voté chaque année par le conseil d'administration de la caisse : il dépend des résultats financiers et n'est jamais garanti d'avance. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et il en va de même pour toute projection que nous présentons (PER, assurance-vie, immobilier) : ce sont des hypothèses pédagogiques, pas des promesses de rendement. Une projection sérieuse teste toujours plusieurs scénarios de revalorisation — c'est exactement la méthode prudente que nous appliquons dans un bilan retraite chiffré.

Comment monter en puissance sur cet étage ? En cotisant dans une classe supérieure ou en rachetant des points — deux leviers qui méritent un traitement à part. Nous les détaillons dans le guide dédié à la façon d' optimiser sa retraite CAVP par le rachat de points et la montée de classe.

§ 6L'ÂGE·2 MIN

Âge, taux plein, décote : à quel âge un pharmacien part vraiment

Reste la question de l'âge. L'âge légal de départ est en transition vers 64 ans (réforme des retraites de la loi du 14 avril 2023), mais ce calendrier a été gelé par la LFSS 2026 (loi du 30 décembre 2025) : les bornes par génération sont donc à confirmer pour votre année de naissance. Le repère stable, lui, ne bouge pas : le taux plein automatique est à 67 ans— à cet âge, la décote est annulée, quelle que soit votre durée d'assurance.

67 ans, le seul repère vraiment sûr

Avant le taux plein, partir sans réunir la durée d'assurance requise déclenche une décote (de l'ordre de 1,25 % par trimestre manquant, coefficient à vérifier sur cavp.fr). Après, prolonger l'activité ouvre droit à une surcote. Une majoration de +10 % est par ailleurs prévue pour trois enfants et plus. Mais attention : 67 ans efface la décote, pas le plafonnement structurel des trois étages. Atteindre le taux plein ne transforme pas une pension modérée en pension confortable : ça évite seulement de la minorer.

Or, dans les faits, l'âge moyen de départ constaté des pharmaciens se situe plutôt autour de 65,4 ans (ordre de grandeur à confirmer sur cavp.fr). Beaucoup partent donc avant 67 ans, c'est-à-dire en s'exposant à une décote, qui vient creuser un peu plus le trou de pension. C'est un paramètre à intégrer très en amont dans la décision : mieux vaut décider de sa date de départ dès 60 ans que de la découvrir à 65.

§ 7LE CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : le « trou » de pension du titulaire à 250 000 € d'EBE

Sébastien est venu me voir l'an dernier, six mois avant son départ. Son cas résume tout — chiffres au conditionnel, comme toujours dès qu'on parle de pension.

Cas 1 — Sébastien, 67 ans, pharmacien titulaire, EBE 250 000 €

  • Revenu d'activité : ≈ 250 000 € d'EBE, pour un revenu net imposable de l'ordre de 135 000 €/an.
  • Carrière pleine, départ à 67 ans (taux plein, pas de décote).
Estimation de la pension CAVP de Sébastien (carrière pleine, 67 ans). Ordre de grandeur pédagogique [à affiner sur cavp.fr] — ne remplace pas le RIS / EIG.
ÉtageEstimation annuelle bruteCommentaire
Base CNAVPL≈ 9 900 €plafonnée à 5 PASS
Complémentaire répartition (RCR)≈ 13 974 €42,5 annuités × 328,80 €
Complémentaire capitalisation (RCC)≈ 8 000 à 11 000 €selon la classe et le capital constitué
TOTAL pension CAVP≈ 32 000 à 35 000 €/an brut≈ 2 700 à 2 900 €/mois

Le taux de remplacement de Sébastien

Taux de remplacement =
   Pension CAVP (~33 000 EUR) / Dernier revenu (~135 000 EUR)
   = ~24 %

Un taux de remplacement de l'ordre de 24 % laisse un trou d'environ 90 000 à 105 000 €/an à combler pour maintenir le train de vie. Et plus l'EBE est élevé, plus ce taux chute : c'est le cœur du problème du titulaire à haut revenu.

Cas 2 — Claire, titulaire, EBE 130 000 € : le taux remonte quand le revenu baisse

Prenons une consœur à 130 000 € d'EBE. Son revenu est plus proche des plafonds de la caisse, et la part forfaitaire de la répartition pèse proportionnellement plus lourd : son taux de remplacement remonte à l'ordre de 35 à 40 %. Le paradoxe est là, et il est contre-intuitif : plus l'EBE est élevé, plus le taux de remplacement est faible. Le titulaire prospère est, en proportion, le moins bien couvert par sa caisse — c'est lui qui a le plus à gagner à capitaliser tôt.

Comment lire ces cas

Aucun de ces montants n'est garanti : ils servent à poser l'ordre de grandeur du trou, pas à promettre un chiffre. Le vrai montant se lit sur le RIS / EIG et sur cavp.fr. Ce qui est certain et structurel, c'est le mécanisme : base plafonnée, répartition forfaitaire, capitalisation bornée. Il garantit qu'un titulaire à haut EBE aura, en proportion, une pension obligatoire modérée.
Méthode documentée

Sébastien ou Claire : lequel est votre profil ?

On lit votre relevé de carrière CAVP, on estime votre pension étage par étage (base, répartition, capitalisation) et on chiffre le trou exact entre votre dernier revenu et votre retraite obligatoire — pour savoir combien capitaliser, et à partir de quand.

Bilan gratuitCabinet indépendantSans engagement
§ 8LA DÉMONSTRATION·2 MIN

Pourquoi cotiser plus ne comble pas le trou

Beaucoup de titulaires se disent alors : « je vais simplement cotiser plus à la caisse ». C'est justement le piège, et voici l'arithmétique qui le montre. À chaque étage, le rendement de la cotisation supplémentaire est plafonné, forfaitaire ou borné. Votre EBE, lui, n'a pas de plafond : il monte, pendant que la pension, elle, se heurte à ses limites. Mécaniquement, le taux de remplacement s'effondre quand le revenu grimpe.

Votre revenu d'officine

Points forts

  • Non plafonné : EBE de 150 000 à 400 000 €
  • TMI souvent à 41 % voire 45 %
  • Croît avec la performance de l'officine

Points de vigilance

  • Définit votre train de vie réel
  • C'est lui, le dénominateur du taux de remplacement

Votre pension CAVP

Points forts

  • Base CNAVPL : plafonnée à 5 PASS (240 300 €)
  • Répartition : forfaitaire, identique pour tous
  • Capitalisation : bornée par les classes (max ~17 436 €/an)

Points de vigilance

  • Plafonne mécaniquement, quel que soit l'EBE
  • Taux d'appel 105,4 % : on cotise plus sans droits de plus

La bonne réponse : capitaliser à son nom, pas surcotiser à la caisse

Le taux d'appel de 105,4 % est le symbole de l'impasse : en 2026, vous cotisez au-delà de ce qui ouvre des droits, juste pour équilibrer le régime. La solution n'est donc pas de « donner plus à la caisse » (rendement plafonné), mais de capitaliser à votre nom — PER, assurance-vie, immobilier — et de mobiliser votre patrimoine professionnel (cession de l'officine, murs). Ce sont les seules jambes que vous maîtrisez vraiment.
§ 9LE VRAI CAPITAL·3 MIN

Votre vrai capital retraite n'est pas votre pension : c'est votre officine

C'est là que la plupart des titulaires se trompent de focale. Pour un pharmacien titulaire, la plus grosse ligne du patrimoine retraite n'est pas la pension CAVP : c'est la valeur de cession de l'officine (le fonds de commerce), souvent devant les murs et le PER. Bien anticipée, cette cession peut représenter plusieurs années de pension d'un coup. Trois leviers se combinent — et je renvoie au détail, car chacun mérite son propre guide.

Les 3 vrais leviers du capital retraite du pharmacien. Attention à la dualité des prélèvements sociaux 2026 : 17,2 % sur l'assurance-vie et le foncier ; 18,6 % sur la plus-value pro de cession du fonds d'officine (151 septies A), les parts de SEL (150-0 D ter) et la sortie de PER.
LevierDispositifPrélèvements sociaux 2026Pour aller plus loin
Cession du fonds d'officine (BIC)151 septies A / 238 quindecies18,6 % (151 septies A) — exonérés ≤ 500 k€ (238 quindecies)le guide cession d'officine
Cession des parts de SEL150-0 D ter (abattement 500 000 €)18,6 % sur la totalitéle guide cession d'officine
PER / Madelinart. 154 bis CGI18,6 % sur les gains à la sortiele PER du pharmacien
Murs / SCPI / assurance-viefoncier / 990 I17,2 %les murs de l'officine, l'assurance-vie

2026 : 18,6 % de PS sur le fonds comme sur les parts — la vraie différence est ailleurs

C'est le piège à ne pas manquer. Au départ en retraite, l'exonération du 151 septies A (cession du fonds d'officine) porte sur l'impôt sur le revenu seulement : les prélèvements sociaux à 18,6 % restent dus (BOI-BIC-PVMV-40-20-20-40, délai de 24 mois). En revanche, le 238 quindecies exonère à la fois l'IR et les prélèvements sociaux tant que la valeur cédée reste ≤ 500 000 € (dégressif jusqu'à 1 000 000 €). Et si vous cédez des parts de SEL (150-0 D ter, abattement fixe de 500 000 € sur l'IR), les prélèvements sociaux sont également à 18,6 % sur la totalité. Depuis la LFSS 2026, le taux de PS est donc identique (18,6 %) sur le fonds et sur les parts : la vraie différence porte sur les dispositifs d'exonération (151 septies A / 238 quindecies pour le fonds, abattement 500 000 € du 150-0 D ter pour les parts) et sur l'assiette — s'y tromper, c'est se tromper de plusieurs milliers d'euros. Le mécanisme complet : vendre son officine et exonérer la plus-value au départ en retraite.

Les deux autres leviers complètent le tableau. Le PER / Madelin (article 154 bis) déduit à l'entrée — imbattable à 41-45 % de tranche, jusqu'à 88 911 € déductibles en 2026 — mais attention : le PER ne crée aucun droit CAVP, il s'ajoute, il ne remplace pas la caisse. Le détail du calibrage figure dans le guide sur le PER du pharmacien titulaire et la déduction de ses cotisations et, pour le PER en général, dans le guide complet du Plan d'épargne retraite. Enfin, les murs de l'officine détenus en SCI génèrent un revenu foncier régulier (PS 17,2 %) : un actif retraite à part entière, traité dans le guide acheter les murs de son officine en SCI (IR ou IS). Pour la liquidité et la transmission, l' assurance-vie reste le complément de revenu et l'outil de transmission de référence.

Pour aller plus loin : transformer un capital de cession en revenu de retraite

La cession d'une officine peut libérer plusieurs centaines de milliers d'euros d'un coup : encore faut-il convertir ce capital en revenu régulier pour le restant de votre retraite. Deux briques s'y prêtent particulièrement. Les SCPI, qui distribuent un revenu immobilier régulier sans la gestion des murs, et l'assurance-vie en rachats programmés. Et tant que vous êtes en activité, la trésorerie de l'officine elle-même se travaille : voyez comment capitaliser la trésorerie via la SPFPL de pharmacie (régime mère-fille) plutôt que de la laisser dormir. Préparer la sortie, c'est aussi préparer ce qu'on en fait.

Le bon réflexe : penser sa retraite 15 ans avant

La cession et la transmission de l'officine se préparent, elles ne s'improvisent pas la veille du départ : conditions des 5 ans, fenêtre des 24 mois (cessation + liquidation des droits), arbitrage entre cession du fonds et cession des parts, articulation avec un éventuel pacte Dutreil. Penser sa retraite 15 ans avant, c'est se donner le temps de choisir le bon régime et de lisser la fiscalité. C'est tout l'objet d'une stratégie patrimoniale globale : la stratégie patrimoniale complète du pharmacien titulaire — et, le moment venu, transmettre l'officine à ses enfants (donation, SPFPL, pacte Dutreil).
Hagnéré Patrimoine

Préparer votre retraite de pharmacien avec Clément Chatelain

On estime votre taux de remplacement CAVP, on chiffre le trou réel et on bâtit l'architecture qui le comble — PER au plafond 154 bis, assurance-vie, immobilier et cession de l'officine — calibrée avec votre expert-comptable.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 10CONTEXTE FISCAL·2 MIN

Pharmacien à hauts revenus : CEHR, CDHR et fiscalité de la pension

Un mot sur le contexte fiscal, parce qu'il pèse sur la stratégie. Le titulaire à haut EBE est en général dans les tranches à 41 ou 45 % du barème (article 197 du CGI), et peut être concerné par deux contributions sur les hauts revenus. La CEHR (article 223 sexies) : 3 % puis 4 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR pour un célibataire (500 000 / 1 000 000 € pour un couple). Et la CDHR (article 224), contribution différentielle assurant une imposition minimale de 20 % du RFR au-delà de 250 000 / 500 000 €, reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, Cons. const. n° 2026-901 DC).

Plus la TMI est haute, plus la déduction PER est puissante

La logique est limpide : pendant l'activité, chaque euro versé sur le PER (article 154 bis) se déduit à votre TMI. À 41-45 %, l'économie d'impôt est maximale : vous préparez votre retraite et vous réduisez votre impôt de l'année. C'est l'un des rares leviers qui fait les deux à la fois — un sujet que nous développons dans le guide sur la défiscalisation du pharmacien titulaire (CAVP, SEL/SPFPL, PER). Sur la mécanique des prélèvements sociaux et la dualité 18,6 % / 17,2 %, voyez le guide CSG-CRDS et prélèvements sociaux 2026.

Et la pension elle-même, comment est-elle imposée ? Comme une pension de retraite (article 158-5 a du CGI), au barème progressif, après l'abattement de 10 % (BOI-RSA-PENS-30-10-20). Point important : la rente issue de la part par capitalisation suit, elle aussi, le régime des pensions, et non celui des rentes viagères à titre onéreux. Ne lui appliquez donc pas les 18,6 % du capital : une pension supporte l'IR (après abattement de 10 %) et la CSG/CRDS au taux des revenus de remplacement, pas les prélèvements sociaux du patrimoine.

§ 11PASSER À L'ACTION·2 MIN

La feuille de route : par où commencer

Le diagnostic est posé ; voici les six étapes, dans l'ordre où on les déroule en rendez-vous avec un titulaire. Rien de sorcier — mais l'ordre compte.

Six étapes, dans cet ordre

  • 1. Demandez votre RIS / EIG : le seul document qui donne votre vrai montant de pension, étage par étage.
  • 2. Chiffrez le trou : écart entre votre pension estimée et votre revenu cible à la retraite.
  • 3. Optimisez la CAVP : montée de classe au régime de capitalisation, rachat de points (guide rachat de points CAVP).
  • 4. Capitalisez à votre nom : PER au plafond 154 bis, assurance-vie pour la liquidité, SCPI pour le revenu.
  • 5. Préparez la cession / transmission de l'officine 24 mois à l'avance (fonds vs parts, Dutreil, murs).
  • 6. Construisez la stratégie globale : une vision 360°, du relevé de carrière au capital de sortie (guide hub).

En résumé : la pension est un socle, le vrai capital se construit et se révèle

La pension CAVP est un socle modéré : utile, mais insuffisant en proportion d'un EBE d'officine élevé. Le vrai capital retraite du pharmacien se construit (PER, assurance-vie, immobilier) et se révèle (cession de l'officine et des murs). Le bon montant d'épargne ne se devine pas au doigt mouillé : on le calcule sur votre trou réel, relevé du RIS en main, et on le valide avec votre expert-comptable. Un contrat signé à la va-vite en décembre pour défiscaliser ne fait jamais ce travail-là.

Pour aller plus loin : le guide pour optimiser sa retraite CAVP (rachat de points, montée de classe), celui sur le PER du pharmacien titulaire, et celui qui replace le sujet dans le cadre commun à tous les libéraux — préparer la retraite du libéral au-delà du régime obligatoire. Avant de maximiser le PER, n'oubliez pas de sécuriser votre prévoyance Madelin (invalidité-décès) : protéger le revenu d'activité passe avant l'épargne retraite.

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Sources et références légales

  • Les trois régimes obligatoires du pharmacien (CAVP)

    Art. L. 640-1 CSS (affiliation à l'organisation autonome d'assurance vieillesse). Art. L. 641-1 CSS (CNAVPL et sections professionnelles : la CAVP est la section des pharmaciens, jamais la CARMF, la CARCDSF ou la CARPIMKO). Art. L. 642-1 CSS (régime de base par points, point de 0,6599 €, plafonné à 5 PASS = 240 300 € en 2026). Art. L. 644-1 CSS (régime complémentaire : volet répartition RCR — cotisation forfaitaire 7 657 €, annuité 328,80 € — et volet capitalisation RCC — classes 3 à 13, soit de 2 à 12 fois une cotisation de référence de 1 453 €). Le pharmacien titulaire n'a pas de PCV (réservée aux biologistes conventionnés). Arrêtés du 19/12/2023 et du 05/05/2025 (statuts CAVP), décret n° 2019-288 du 08/04/2019 (classes intermédiaires de capitalisation), décret n° 2025-1076 du 10/11/2025 (paramètres 2026). Valeurs de point, classes, annuité et taux de distribution à confirmer sur cavp.fr.

  • Âge, taux plein et décote

    Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 (réforme des retraites) : âge légal porté progressivement de 62 à 64 ans, taux plein automatique maintenu à 67 ans. Calendrier de l'âge légal gelé par la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025). Arrêté du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 € ; 5 PASS = 240 300 €). Le coefficient exact de décote par trimestre manquant et l'âge moyen de départ constaté sont à vérifier sur cavp.fr.

  • Combler le trou : PER, assurance-vie, fiscalité de la pension

    Art. 154 bis CGI (déduction PER / Madelin du bénéfice : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; le PER ne crée aucun droit CAVP). Art. 990 I CGI (assurance-vie, abattement de 152 500 € par bénéficiaire) et 757 B CGI (30 500 € après 70 ans). Art. 158-5 a CGI (pensions de retraite imposées au barème avec l'abattement de 10 % ; la rente de la part capitalisation suit le régime des pensions, pas celui des rentes viagères à titre onéreux) — BOI-RSA-PENS-30-10-20. Art. 197 CGI (barème), 223 sexies CGI (CEHR) et 224 CGI (CDHR, reconduite par la LF 2026, loi n° 2026-103 du 19/02/2026, Cons. const. n° 2026-901 DC).

  • L'officine comme capital retraite et la dualité des prélèvements sociaux 2026

    Art. 151 septies A CGI (exonération d'IR de la plus-value professionnelle au départ en retraite — cession du fonds de commerce d'officine —, PS 17,2 % dus ; BOI-BIC-PVMV-40-20-20-40 §230). Art. 238 quindecies CGI (exonération des plus-values professionnelles : totale jusqu'à 500 000 € de valeur de cession, dégressive jusqu'à 1 000 000 €). Art. 150-0 D ter CGI (abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value de cession de parts de SEL du dirigeant partant en retraite : IR seul, PS 18,6 % dus ; dispositif prorogé jusqu'au 31/12/2031). Conditions communes : activité (et, pour les parts, direction) ≥ 5 ans, cessation et liquidation des droits à retraite dans les 24 mois. LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : dualité PS 18,6 % (parts de SEL au titre du 150-0 D ter, sortie de PER) / 17,2 % (fonds d'officine au titre du 151 septies A, assurance-vie, foncier). CE 8 avril 2025 n° 492154 (BNC de l'associé de SEL, renvoi au conditionnel pour le pharmacien titulaire en BIC).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les montants de pension, valeurs de point, classes de cotisation, annuités, taux de distribution et taux de remplacement cités sont des ordres de grandeur sectoriels, donnés à titre purement pédagogique : aucun montant individuel ne peut être garanti, et votre situation réelle figure sur votre relevé individuel de situation (RIS / EIG) et sur cavp.fr. Les paramètres 2026 de la CAVP (cotisations de base, répartition et capitalisation, valeurs de point, taux d'appel, classes) sont à confirmer à la source. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer pour votre dossier. Toute structuration (PER, assurance-vie, cession de l'officine, SEL, SPFPL) doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, le conseil régional de l'Ordre des pharmaciens. Les chiffres et taux sont à jour au 10 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Les investissements en immobilier et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la retraite du pharmacien titulaire à la CAVP Montant, 3 étages, capitalisation unique en France, taux plein 67 ans et vrai capital retraite.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des pharmaciens titulaires : la CAVP (et pas la CARMF), la composition des trois étages, la part par capitalisation unique en France, le taux de remplacement réel d'un EBE élevé et comment combler le trou de pension. Réponses sourcées et à jour 2026.