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Guide pharmacien 202614 minMis à jour 10 juin 2026Cas chiffré 200 000 €

Compte courant d'associé en officine : rémunération, plafond et fiscalité en 2026

Vous avez injecté 100 000, 200 000 € de trésorerie personnelle dans votre SEL d'officine — pour le stock, l'agencement, le besoin en fonds de roulement — et vous vous demandez si vous pouvez vous verser des intérêts, à quel taux, et comment ils seront imposés. Le compte courant d'associé (CCA) est la troisième voie de rémunération du capital, à côté du salaire et des dividendes. Mais il obéit à deux plafonds que la plupart des pharmaciens confondent, ses intérêts sont taxés à 31,4 % en 2026 (et non 30 %), et ce n'est pas l'échappatoire aux cotisations sociales qu'on vous a vendue. En quinze minutes, vous saurez exactement combien vous verser, sans risque de réintégration. Chiffres 2026 à l'appui, cas chiffré sur 200 000 €. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

COMPTE COURANT D'ASSOCIÉ — PHARMACIEN 2026

Structurer votre compte courant d'associé d'officine

Audit chiffré : taux d'intérêt déductible calé sur le plafond légal, plafond de montant SEL, convention réglementée, fiscalité des intérêts (PFU 31,4 %), arbitrage compte courant / dividendes, règle des 10 % et impact sur les cotisations TNS. On cale le montage sur votre officine, à l'euro près.

  • Taux d'intérêt calibré sur le plafond légal
  • Plafond de montant et convention sécurisés
  • Règle des 10 % et cotisations TNS modélisées
  • Sans produit-maison

TAUX DÉDUCTIBLE MAX.

~4,55 %

PFU SUR LES INTÉRÊTS

31,4 %

PLAFOND MONTANT (SEL)

3× / 1×

RÈGLE DES 10 %

L. 131-6 CSS

RETRAITE

CAVP

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1DÉFINITION·3 MIN

Qu'est-ce qu'un compte courant d'associé dans une SEL d'officine ?

En bref

  • Le compte courant d'associé (CCA) est une avance de trésorerie que le pharmacien consent à sa SEL, en sus du capital : juridiquement un prêt, inscrit au passif.
  • Il se rémunère par des intérêts (déductibles côté SEL, sous conditions) et se rembourse avec souplesse, sans toucher au capital réglementé.
  • C'est la troisième voie de rémunération du capital, à côté du salaire et des dividendes.
  • En officine — activité commerciale (BIC), le plus souvent en SELARL à l'IS — il sert surtout à financer le stock et les créances de tiers-payant.

Vous avez sorti 200 000 € de votre épargne personnelle pour financer le réagencement de l'officine et reconstituer le stock après une grosse commande. Cet argent, vous ne l'avez pas mis au capital : vous l'avez prêté à votre société. C'est exactement ça, un compte courant d'associé : une avance de fonds consentie par l'associé à sa propre société, en sus de sa participation au capital. Sur le plan juridique, c'est une dette de la société envers vous, inscrite au passif de son bilan (BOI-BIC-CHG-50-50-10). Et comme tout prêt, il peut être rémunéré par des intérêts— c'est tout l'objet de ce guide.

Un compte courant s'alimente de trois manières. La première, la plus visible, est l'apport ponctuel de trésorerie personnelle : vous virez de l'argent à la SEL. La deuxième est plus discrète : des dividendes votés mais non retirés, que vous laissez « en compte » plutôt que de les encaisser. La troisième est propre au commerce : le financement du besoin en fonds de roulement (BFR) de l'officine — le stock de médicaments, le décalage des créances de tiers-payant (Sécurité sociale et mutuelles), les dettes envers les grossistes. C'est cette dernière qui fait du compte courant un outil quotidien chez le pharmacien, là où le cabinet dentaire ou médical en a un usage plus marginal.

À retenir

Compte courant, capital, dividendes : ne pas confondre les trois

  • Le capital : votre participation à la société, figée, dont la modification (augmentation, réduction) suit une procédure lourde et touche à la détention réglementée de l'officine.
  • Le compte courant d'associé : un prêt souple, qui se rembourse sans procédure de réduction de capital et n'altère pas la répartition du capital — un avantage majeur en pharmacie, où le capital est verrouillé par le monopole pharmaceutique.
  • Le dividende : une distribution de bénéfice déjà imposé à l'IS, définitive (pas un prêt à rembourser).

Cette troisième catégorie est décisive pour le pharmacien. L'officine est une activité commerciale imposée dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) — un fonds de commerce, pas une clientèle libérale — exploitée le plus souvent en SELARL à l'impôt sur les sociétés, dont le capital est majoritairement détenu par les pharmaciens exerçant (Code de la santé publique, art. L. 5125-1 et suivants, recodifié par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023). Parce que cette détention est verrouillée, augmenter le capital pour injecter de la trésorerie est lourd et contraint : le compte courant offre la souplesse qui manque au capital — d'où sa place centrale en officine. Pour ce qui reste de cash réellement libre une fois le BFR couvert, voyez où placer la trésorerie excédentaire de votre pharmacie.

§ 2LE TAUX DÉDUCTIBLE·3 MIN

La rémunération du compte courant : quel taux d'intérêt déductible en 2026 ?

La réponse en 30 secondes

  • Taux maximal déductible ≈ 4,55 % pour un exercice de douze mois clos au 31 décembre 2025 (art. 39, 1, 3° CGI), puis légèrement décroissant début 2026.
  • Deux conditions cumulatives : capital social entièrement libéré ET taux ≤ plafond.
  • Au-delà du plafond, la fraction d'intérêts en excès n'est pas déductible (réintégrée à l'IS).

Prêter à sa société rapporte des intérêts, et ces intérêts sont une charge déductible du résultat de la SEL — ils diminuent donc l'impôt sur les sociétés. Le revers : cette déductibilité est plafonnée, et sous deux conditions cumulatives que beaucoup de titulaires découvrent trop tard. L'encadrement vient de l'article 39, 1, 3° du CGI : les intérêts sont déductibles dans la limite de la moyenne annuelle des taux effectifs moyens pratiqués par les banques pour des prêts à taux variable aux entreprises d'une durée supérieure à deux ans (BOI-BIC-CHG-50-50-30).

À retenir

Les deux conditions cumulatives de déductibilité

  • Condition n° 1 — capital social entièrement libéré. Tant que le capital de la SEL n'est pas intégralement versé, aucun intérêt de compte courant n'est déductible, quel que soit le taux (art. 39, 1, 3° CGI, BOI-BIC-CHG-50-50-10).
  • Condition n° 2 — taux ≤ plafond légal. Le taux servi ne doit pas dépasser le taux de l'article 39, 1, 3° CGI. La fraction au-delà n'est pas déductible.
Taux maximal d'intérêt déductible selon la date de clôture d'un exercice de douze mois (art. 39, 1, 3° CGI ; BOI-BIC-CHG-50-50-30, mis à jour le 28 janvier 2026). Le taux baisse à mesure que les taux bancaires reculent : référez-vous toujours au taux publié pour VOTRE date de clôture. Valeurs arrondies.
Clôture de l'exercice (12 mois)Taux maximal déductible
31 décembre 2025≈ 4,55 %
31 janvier 2026≈ 4,49 %
28 février 2026≈ 4,44 %
Repère : taux trimestriels 2025T1 4,92 % · T2 4,60 % · T3 4,36 % · T4 4,30 %

Un taux à 5 % en 2026 dépasse déjà le plafond

C'est l'erreur la plus fréquente : choisir un taux « rond » de 5 % en pensant bien faire. En 2026, ce taux dépasse le plafond (≈ 4,55 % pour une clôture au 31/12/2025). Conséquence : seuls ≈ 4,55 % sont déductibles côté SEL, la fraction au-delà est réintégrée au résultat fiscal (elle supporte l'IS) et reste imposée comme revenu de capitaux mobiliers chez vous — une double peine pour zéro gain. Le bon réflexe : caler le taux dans la limite, en se référant au taux publié au Journal officiel pour votre propre exercice de clôture.

Deux pièges de méthode, souvent ignorés en rendez-vous. D'abord, l'examen se fait compte par compte, sans compensation : si vous avez deux comptes courants (le vôtre et celui de votre conjoint associé), un compte sur-rémunéré ne « rattrape » pas un compte sous-rémunéré. Ensuite, la déductibilité n'est pas un plafond de montant que vous pouvez prêter : c'est un plafond de taux. Le plafond de montant, lui, existe aussi en SEL et obéit à un texte distinct — on y vient au paragraphe 4.

Pourquoi le plafond légal plutôt que le « taux de marché » ?

Le « taux de marché », parfois invoqué pour déduire au-delà du plafond, est une autre histoire : c'est une dérogation réservée aux entreprises liées (groupes, art. 212 du CGI) : une société qui emprunte auprès d'une société associée peut prouver qu'elle aurait obtenu un taux supérieur d'un établissement financier indépendant. Cette possibilité ne concerne pas le pharmacien personne physique qui prête en direct à sa SEL : pour vous, le plafond de l'article 39, 1, 3° CGI est impératif.
Hagnéré Patrimoine

Votre taux de compte courant est-il calé sur le bon plafond ?

On vérifie le taux publié pour votre date de clôture, la condition de capital libéré et le plafond de montant de votre SEL — pour déduire le maximum sans risque de réintégration. Audit sans engagement.

Bilan gratuitSans produit-maisonRéponse sous 24 h
§ 3FISCALITÉ DES INTÉRÊTS·2 MIN

La fiscalité des intérêts pour le pharmacien : 31,4 %, pas 30 % en 2026

Côté société, on a vu la déduction. Reste l'autre bout de la chaîne : une fois ces intérêts versés, comment sont-ils imposés chez vous ? Ce sont des revenus de capitaux mobiliers, catégorie des produits à revenu fixe (art. 124 du CGI). Par défaut, ils supportent le prélèvement forfaitaire unique (PFU), dont le vrai taux 2026 est de 31,4 % — pas 30 %, et surtout jamais 17,2 %.

Le PFU des intérêts de compte courant en 2026

PFU  =  12,8 %  (impôt sur le revenu, art. 200 A CGI)
     +  18,6 %  (prélèvements sociaux)
     =  31,4 %

  Détail des 18,6 % de prélèvements sociaux :
     CSG  ........................  10,6 %  (relevée par la LFSS 2026)
     CRDS  .......................   0,5 %
     Prélèvement de solidarité  ..   7,5 %
                                  ────────
                                   18,6 %

Les intérêts de compte courant relèvent du panier à 18,6 % de prélèvements sociaux (dividendes, intérêts, plus-values mobilières), et non du panier à 17,2 % maintenu pour l'assurance-vie, les contrats de capitalisation et le foncier nu. Art. L. 136-8 CSS, LFSS 2026 (loi 2025-1403).

Retenez 31,4 %, pas 30 %

Si on vous parle encore d'une « flat tax à 30 % » sur vos intérêts de compte courant, c'est une donnée périmée. Depuis le 1er janvier 2026, la CSG du capital est passée de 9,2 % à 10,6 % (LFSS 2026), portant les prélèvements sociaux à 18,6 % et le PFU total à 31,4 %. Le détail de la dualité des prélèvements sociaux (18,6 % sur les intérêts et dividendes, mais 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie et le foncier) figure dans notre guide prélèvements sociaux 2026 : pourquoi un intérêt supporte 18,6 % (et non 17,2 %).

Option pour le barème : sans abattement de 40 %, à peser selon votre TMI

Vous pouvez opter pour le barème progressif de l'IR (option globale, art. 200 A CGI) : vous récupérez la CSG déductible de 6,8 points (art. 154 quinquies CGI). Attention toutefois : l'abattement de 40 % ne s'applique pas aux intérêts — il est réservé aux dividendes. Pour un pharmacien imposé à 41-45 % de TMI, l'option barème est presque toujours perdante sur des intérêts ; le PFU reste la voie par défaut. Un acompte de 12,8 % (prélèvement forfaitaire non libératoire, art. 125 A CGI) est par ailleurs prélevé, imputable sur l'IR ; une dispense est possible si votre RFR de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple), demande à formuler avant le 30 novembre (BOI-RPPM-RCM-30-20-10) — peu pertinent à 41-45 % de TMI.

L'avantage est côté société, pas côté associé

Comparé au dividende, l'intérêt de compte courant ne change rien côté associé : les deux supportent le même PFU de 31,4 %. Là où ça se joue, c'est côté SEL, parce que l'intérêt est déductible et pas le dividende — on chiffre cet écart au paragraphe 6.
§ 4LES DEUX PLAFONDS·3 MIN

Les deux plafonds que tout pharmacien confond : montant et taux

On lit partout que « le compte courant d'associé n'a pas de plafond ». C'est vrai en droit commun (rien ne limite le montant qu'un associé prête à une SARL classique), mais faux pour une SEL. La société d'exercice libéral connaît un plafond de montant spécifique, distinct du plafond de taux vu plus haut. Confondre les deux conduit soit à se brider inutilement, soit à dépasser une limite qu'on ignorait.

Plafond de MONTANT — propre aux SEL

Points forts

  • Texte : décret n° 92-704 du 23/07/1992 (art. 14 de la ordonnance 2023-77 (ex-loi 90-1258))
  • Ce qu'il limite : combien vous pouvez prêter
  • Associé exerçant : jusqu'à 3× sa participation au capital
  • Autre associé (investisseur) : jusqu'à 1× sa participation
  • Retrait : préavis LRAR de 6 mois (exerçant) / 1 an (autre)

Points de vigilance

  • Sanction du dépassement : irrégularité statutaire, risque de requalification

Plafond de TAUX — droit commun

Points forts

  • Texte : article 39, 1, 3° du CGI
  • Ce qu'il limite : combien la SEL peut déduire
  • Niveau 2026 : ≈ 4,55 % (clôture au 31/12/2025)
  • Condition supplémentaire : capital entièrement libéré

Points de vigilance

  • Sanction du dépassement : fraction d'intérêts non déductible (réintégrée à l'IS)

Le plafond de montant découle du décret n° 92-704 du 23 juillet 1992 (pris pour l'application de l'article 14 de la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 sur les SEL, aujourd'hui recodifiée par l'ordonnance 2023-77). Il distingue deux situations : l'associé qui exerce sa profession dans la société peut porter en compte courant jusqu'à trois fois le montant de sa participation au capital ; tout autre associé (un investisseur non exerçant) est limité à une fois sa participation. Le retrait des sommes obéit à un préavis notifié par lettre recommandée : au moins six mois pour l'associé exerçant, au moins un an pour un autre associé. L'objectif du texte est d'éviter qu'un tiers prenne le contrôle financier d'une SEL par le levier du compte courant — un garde-fou cohérent avec le monopole pharmaceutique.

Exemple chiffré : combien peut-on prêter selon son capital ?

Une pharmacienne détient 70 000 € de capital dans sa SELARL d'officine, où elle exerce. En tant qu'associée exerçante, elle peut porter en compte courant jusqu'à 3 × 70 000 € = 210 000 € : un apport de 200 000 € reste donc dans la limite. Si son capital n'était que de 60 000 €, le plafond tomberait à 180 000 € et un apport de 200 000 € exigerait soit d'augmenter le capital (pour relever le plafond à 3× le nouveau capital), soit de limiter l'avance. À l'inverse, un investisseur non exerçant détenant 70 000 € de capital serait plafonné à 1 × 70 000 € = 70 000 €. Le plafond de montant se raisonne donc par associé, selon qu'il exerce ou non dans l'officine.

Conséquence : en SEL, le compte courant n'est pas remboursable à tout moment

En SEL, l'idée du remboursement « à la demande » ne tient pas. Pas comme en droit commun. Le décret 92-704 impose un préavis (6 mois pour l'exerçant, 1 an pour les autres) par lettre recommandée, et le remboursement reste subordonné à une trésorerie disponible. La souplesse du compte courant face au capital reste réelle (pas de procédure de réduction de capital, pas de fiscalité sur le remboursement du principal), mais elle n'est pas absolue : ne promettez pas à un associé investisseur de le rembourser « du jour au lendemain ».
§ 5CONVENTION & FORMALISME·2 MIN

Convention, formalisme et interdiction du compte débiteur

Un compte courant rémunéré tient à un écrit. Sans convention, vous vous exposez à une requalification par l'administration : l'avance peut être requalifiée d'apport (vous perdez le droit au remboursement souple), le taux rejeté, ou les intérêts traités comme un revenu distribué. La parade est simple : une convention de compte courant écrite.

La checklist de la convention de compte courant

  • Montant de l'avance (dans la limite du plafond de la SEL : 3× / 1× le capital).
  • Taux d'intérêt (dans la limite déductible de l'art. 39, 1, 3° CGI).
  • Modalités de remboursement : compte bloqué (souvent exigé par la banque) ou libre.
  • Préavis de retrait (LRAR, 6 mois / 1 an).
  • Approbation en assemblée : procès-verbal, l'intéressé ne votant pas.

En SELARL (forme de SARL), la rémunération du compte courant du gérant ou d'un associé relève de la procédure des conventions réglementées de l'article L. 223-19 du Code de commerce : la convention fait l'objet d'un rapport et d'une approbation par l'assemblée, l'associé intéressé ne prenant pas part au vote. Ce passage en assemblée n'est pas une formalité décorative : c'est lui qui rend la rémunération opposable et sécurise sa déductibilité.

Interdiction absolue : le compte courant débiteur

Le compte courant fonctionne dans un seul sens : le pharmacien prête à la société, jamais l'inverse. L'article L. 223-21 du Code de commerce interdit à la société de consentir un prêt, un découvert ou une avance à ses associés ou gérants personnes physiques. Si vous prélevez plus que ce que la société vous doit, vous créez un compte courant débiteur prohibé, qui expose à l'abus de biens sociaux. C'est un point de vigilance fréquent : ne « tirez » jamais sur la société au-delà de votre créance.

Dernier garde-fou : l'abus de droit. Un compte courant fictif (pas d'apport réel) ou rémunéré à un taux anormalement élevé peut être requalifié en revenu distribué (art. L. 64 du LPF). À l'inverse, un compte courant réel et normalement rémunéré constitue une charge déductible parfaitement régulière : la jurisprudence l'admet de longue date. La règle d'or : l'avance doit reposer sur un besoin économique réel de l'officine, pas sur une façade destinée à transformer un dividende en intérêt.

§ 6CCA OU DIVIDENDES·2 MIN

Compte courant ou dividendes : quelle voie pour rémunérer son capital d'officine ?

Le compte courant est la troisième voie de rémunération, à côté du salaire et des dividendes. Pour le capital que vous avez injecté, la vraie alternative est : me verser des intérêts de compte courant ou des dividendes ? Tout se résume à ceci : même coût pour vous, coût différent pour la société.

Intérêts de compte courant

Points forts

  • Déductibles du résultat de la SEL (économie d'IS 15 % ou 25 %)
  • Remboursement du principal NON imposable (restitution d'un prêt)
  • Souplesse : récupération sans réduction de capital

Points de vigilance

  • Même PFU 31,4 % qu'un dividende côté associé
  • Plafonds de montant (SEL) et de taux (art. 39, 1, 3°)
  • Entrent dans la base de la règle des 10 % (gérant TNS)

Dividendes

Points forts

  • Abattement de 40 % possible si option pour le barème (à l'IR)
  • Aucun plafond de taux : on distribue tout le distribuable

Points de vigilance

  • NON déductibles : prélevés après l'IS (double étage)
  • Même PFU 31,4 % côté associé
  • Distribution définitive (pas un prêt à rembourser)

Prenons un euro. En intérêt de compte courant, c'est une charge déductible de la SEL, qui réduit son IS ; en dividende, il sort d'un bénéfice qui a déjà supporté l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %, art. 219, I-b CGI). À net identique dans votre poche — puisque les deux subissent le même PFU de 31,4 % —, l'intérêt de compte courant coûte moins cher à la société. C'est, à net associé égal, ce qui fait pencher la balance vers le compte courant.

Ce guide traite le compte courant, pas l'arbitrage salaire / dividendes complet

Attention à ne pas tout mélanger. Le choix intérêts de compte courant vs dividendes est une chose ; l'arbitrage global salaire / dividendes selon la structure (SELARL gérant majoritaire TNS, ou SELAS président assimilé salarié) en est une autre, bien plus large. Ce dernier, qui commande votre régime social, votre retraite CAVP et votre plafond PER, est traité en détail dans notre guide dédié SELARL ou SELAS de pharmacie : arbitrer salaire et dividendes. Sur cette page, on reste sur le compte courant — la troisième voie.
Hagnéré Patrimoine

Compte courant, dividende ou salaire : quel mix pour votre officine ?

On modélise vos trois voies de rémunération à l'euro près : intérêts de compte courant déductibles, dividendes au PFU, salaire et droits CAVP — avec la règle des 10 % et la trésorerie distribuable. Audit sans engagement.

Modélisation à l'euroSans produit-maisonSans engagement
§ 7LA RÈGLE DES 10 %·3 MIN

Les intérêts de compte courant et les cotisations sociales : la règle des 10 %

« Le compte courant, lui, échappe aux cotisations » : c'est la phrase qu'on entend le plus en rendez-vous sur ce sujet, et elle est fausse pour un gérant majoritaire de SELARL (travailleur non salarié, relevant de la CAVP). Se verser des intérêts de compte courant n'échappe pas automatiquement aux cotisations sociales. La règle des 10 % de l'article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale réintègre dans l'assiette des cotisations TNS (de l'ordre de 40-45 %) la fraction de dividendes et d'intérêts de compte courant qui dépasse un seuil.

La règle des 10 % (art. L. 131-6 CSS) — pour le gérant majoritaire TNS

Seuil  =  10 %  ×  ( capital social libéré
                       + primes d'émission
                       + solde moyen annuel du CCA )

  • Dividendes + intérêts de CCA  ≤  seuil
        →  PFU 31,4 %  (pas de cotisations TNS)

  • Fraction  >  seuil
        →  réintégrée dans l'assiette des
           COTISATIONS TNS (~40-45 %) + IR

CCA = compte courant d'associé. Le capital et les primes s'apprécient au dernier jour de l'exercice, le compte courant en solde moyen annuel. La règle vise les dividendes ET les intérêts de compte courant, additionnés. Elle ne concerne que l'associé TNS (gérant majoritaire de SELARL) ; le président de SELAS, assimilé salarié, en est en principe hors champ.

À retenir

Le double effet du compte courant sur la règle des 10 %

  • Effet favorable : le solde du compte courant augmente la base des 10 %. Plus votre compte courant est garni, plus le seuil au-delà duquel les dividendes basculent en cotisations est élevé. C'est un vrai levier de pilotage en SELARL.
  • Effet défavorable : mais les intérêts du compte courant sont eux-mêmes au numérateur. Au-delà de 10 % de la base, l'excédent d'intérêts est lui aussi cotisé TNS.
Autrement dit, le compte courant ne fait pas disparaître les cotisations : il en déplace le point de bascule, sans l'effacer.

Ce n'est pas une menace théorique. La Cour de cassation applique cette logique aux revenus de SEL, et un arrêt souvent cité (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366, publié au bulletin) a jugé que les bénéfices de la SEL où le TNS exerce entrent dans l'assiette des cotisations y compris lorsqu'ils transitent par une SPFPL : la holding ne fait pas écran. Cette logique a depuis été reprise et encadrée par la loi : l'article L. 131-6 CSS a été réécrit par la LFSS 2024 (loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023), instaurant une assiette unique de cotisations TNS applicable aux revenus perçus à compter du 1er janvier 2025. L'arrêt de 2023 doit donc se lire comme un déclencheur, et non comme l'état brut du droit positif. Le détail fraction par fraction, et l'état exact de l'assiette après ces réformes, figurent dans notre guide dédié dividendes de SEL et cotisations sociales : la règle des 10 % de l'article L. 131-6 CSS.

SELAS : un point non tranché, à formuler au conditionnel

Pour le président de SELAS (assimilé salarié), la règle des 10 % ne s'applique en principe pas : il est hors du champ de l'article L. 131-6 CSS, qui ne vise que les travailleurs indépendants. Mais ce point n'est pas tranché par la Cour de cassation pour les SEL par actions, et des contentieux restent en cours. Nous le formulons donc au conditionnel : si vous comptez sur cet avantage, faites-le auditer nominativement avant d'en faire une stratégie. L'arbitrage SELARL / SELAS complet est traité dans le guide salaire ou dividendes du pharmacien.

Et la limitation ATAD (art. 212 bis CGI) ?

Vous pouvez croiser la limitation des charges financières nettes de l'article 212 bis CGI (directive ATAD) : elle plafonne la déduction des charges financières au plus élevé de 3 millions d'euros ou 30 % de l'EBITDA. Concrètement, elle ne vise que les groupes fortement endettés : une officine PME, dont les intérêts de compte courant se chiffrent en milliers d'euros, reste très loin du seuil de 3 M€. Pour une officine, oubliez-le : on le cite uniquement parce qu'un confrère vous en parlera peut-être, jamais parce qu'il vous concerne.
§ 8FINANCER UN RACHAT·2 MIN

Utiliser le compte courant pour financer un rachat d'officine

Le compte courant ne sert pas qu'au stock et au tiers-payant : au moment de reprendre une pharmacie, il devient un complément d'apport décisif face à la banque. Quand un pharmacien reprend une officine, la banque exige un apport en fonds propres (souvent 10 à 30 % du prix). Le compte courant permet de compléter cet apport : le repreneur injecte sa trésorerie personnelle en compte courant dans la SEL (ou la SPFPL de reprise), en sus du capital, avec la souplesse de pouvoir la récupérer progressivement — sans réduction de capital ni fiscalité sur le remboursement du principal.

La banque exige souvent un compte courant bloqué

Le compte courant n'est pas un apport en capital : il complète l'apport, mais la banque qui finance le rachat veut généralement le bloquer sur la durée du prêt (clause de blocage dans la convention). L'objectif : s'assurer que vous ne reprendrez pas votre argent avant d'avoir remboursé l'emprunt. Le caractère bloqué doit alors figurer noir sur blanc dans la convention de compte courant.

Le montage complet d'une reprise — articulation de l'apport, du prêt bancaire et de la holding SPFPL, optimisation du régime mère-fille pour remonter les dividendes et rembourser l'emprunt — dépasse le cadre de ce guide. Il fait l'objet de deux articles dédiés de ce cluster : « Racheter une officine en 2026 : apport, prêt et montage SPFPL » et « Rachat de parts d'officine via SPFPL : le montage fiscal optimal » (à paraître). En attendant, pour comprendre le rôle de la holding, voyez la SPFPL en profession libérale et la holding patrimoniale ; et pour faire travailler la trésorerie en attente, la SPFPL de pharmacie pour faire fructifier sa trésorerie.

§ 9CAS CHIFFRÉ 200 000 €·4 MIN

Cas chiffré : un pharmacien laisse 200 000 € en compte courant

Trois situations, trois leçons

Les chiffres ci-dessous sont des ordres de grandeur pédagogiques arrondis, calés sur les valeurs 2026 : taux maximal déductible de l'ordre de 4,55 % (clôture au 31/12/2025), PFU des intérêts à 31,4 %, IS à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice puis 25 %. Ils illustrent la logique, ils ne valent pas engagement de résultat.

Cas 1 — Sophie, la bonne pratique

200 000 € en compte courant à 4,5 %, le taux calé sous le plafond

Sophie, 47 ans, pharmacienne titulaire en SELARL à l'IS (25 %), TMI 45 %, a injecté 200 000 € de trésorerie personnelle en compte courant (financement du stock et de travaux d'agencement). Le capital de la SEL est entièrement libéré, et elle cale le taux à 4,5 %, juste sous le plafond de 4,55 %. Intérêts versés : 200 000 € × 4,5 % = 9 000 €/an. Côté SEL, ces 9 000 € sont intégralement déductibles → comme le bénéfice de la SELARL dépasse 42 500 €, la déduction joue dans la tranche d'IS à 25 %, soit une économie d'IS = 9 000 € × 25 % = 2 250 € (elle ne serait que de 1 350 € si le bénéfice restait sous 42 500 €, tranche à 15 %). Côté Sophie, le PFU de 31,4 % prélève 2 826 € → net perçu = 6 174 €. Comparés à des dividendes (qui auraient d'abord subi l'IS, étant non déductibles, puis le même PFU), ces intérêts sont plus efficaces côté société, pour un net associé identique. Réserve : en SELARL gérant majoritaire, elle vérifie la règle des 10 %— avec un compte courant de 200 000 € intégré à la base, le seuil de 10 % est en pratique élevé, mais l'arbitrage se valide au cas par cas.

Cas 2 — Karim, le piège du taux à 5 %

150 000 € à 5 % : la double peine sur la fraction excédentaire

Karim, titulaire en SELARL, a un compte courant de 150 000 € qu'il a rémunéré à 5 %, « au feeling », pour un exercice clos au 31/12/2025 (plafond 4,55 %). Intérêts versés : 150 000 € × 5 % = 7 500 €. Mais seuls 150 000 € × 4,55 % = 6 825 € sont déductibles côté SEL. La fraction de 675 € (150 000 € × 0,45 point) est réintégrée au résultat fiscal → surcoût d'IS = 675 € × 25 % = 169 €, et ces 675 € restent imposés en revenus de capitaux mobiliers chez Karim. Double peine pour zéro gain. Caler le taux à 4,5 %, comme Sophie, lui aurait évité ces 169 € de surcoût pour rien. Toujours se référer au taux publié pour sa date de clôture.

Cas 3 — Élodie, le capital non libéré

La déductibilité tombe à zéro, quel que soit le taux

Élodie crée sa SELARL avec un capital de 50 000 € libéré au quart seulement (12 500 € versés). Elle apporte 80 000 € en compte courant rémunéré à 4,5 % = 3 600 €/an d'intérêts. Ce qu'Élodie ignorait : tant que le capital n'est pas entièrement libéré, aucun intérêt de compte courant n'est déductible (art. 39, 1, 3° CGI). Les 3 600 € sont donc une charge non déductible côté SEL (ils supportent l'IS), tout en restant imposés en revenus de capitaux mobiliers chez Élodie. Bon réflexe : libérer intégralement le capital avant de se verser des intérêts de compte courant — c'est gratuit, et ça débloque toute la déductibilité.

Ordres de grandeur pédagogiques arrondis (taux 2026, IS 25 %, PFU 31,4 %). Le PFU s'applique aux intérêts versés ; côté SEL, seule la fraction déductible réduit l'IS. La déductibilité suppose un capital entièrement libéré ET un taux ≤ plafond.
CritèreSophie (4,5 %, capital libéré)Karim (5 %, capital libéré)Élodie (4,5 %, capital ¼ libéré)
Compte courant200 000 €150 000 €80 000 €
Intérêts versés9 000 €7 500 €3 600 €
Intérêts déductibles (SEL)9 000 € (100 %)6 825 € (réintégré 675 €)0 € (capital non libéré)
PFU 31,4 % chez l'associé2 826 €2 355 €1 130 €
LeçonOptimalDouble peineLibérer le capital d'abord

Note de méthode : des simulations, pas une promesse

Ces montants sont une modélisation pédagogique arrondie, destinée à illustrer la logique, pas à être transposée telle quelle. Le calcul réel dépend de votre taux exact, de la date de clôture de votre exercice, de la structure de votre capital, de votre régime social (règle des 10 %) et des barèmes en vigueur — et doit être refait chaque année. Aucun de ces chiffres ne vaut engagement de résultat.
Méthode documentée

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§ 10ERREURS À ÉVITER·2 MIN

Les 6 erreurs à éviter avec un compte courant d'associé

La plupart des redressements et des déconvenues sur le compte courant viennent de six erreurs récurrentes. Les voici, avec leur conséquence et le bon réflexe.

Les six pièges classiques du compte courant d'associé en officine. Cinq concernent la déductibilité ou la sécurité juridique ; le sixième (compte débiteur) est une interdiction pénale.
ErreurConséquenceBon réflexe
Capital social non entièrement libéréAucun intérêt déductible (art. 39, 1, 3° CGI)Libérer intégralement le capital avant de verser des intérêts
Taux > plafond (~4,55 % en 2026)Fraction réintégrée (IS) + RCM : double peineCaler le taux sur le taux publié pour sa clôture
Pas de convention réglementéeRequalification possible (apport, revenu distribué)Convention écrite + approbation en assemblée (PV)
Croire que le CCA échappe aux cotisationsRègle des 10 % en SELARL gérant majoritaire (TNS)Calculer le seuil ; auditer le cas SELAS (conditionnel)
Dépasser le plafond de montant SELIrrégularité (3× capital exerçant / 1× autre, décret 92-704)Vérifier le ratio avant d'apporter
Compte courant débiteurInterdit (art. L. 223-21 C. com.), abus de biens sociauxNe jamais tirer au-delà de sa créance sur la société

La règle, en clair

Un compte courant réel (apport effectif), libéré (capital intégralement versé), plafonné (montant ≤ 3× / 1× le capital, taux ≤ 4,55 %), conventionné (écrit + PV d'assemblée) et créditeur (jamais débiteur) est un outil parfaitement régulier et efficace. Le risque ne vient jamais du compte courant : il vient du jour où l'un de ces cinq attributs manque.
§ 11ACCOMPAGNEMENT·2 MIN

Structurer son compte courant d'officine avec Hagnéré Patrimoine

Soyons clairs pour un titulaire : côté associé, le compte courant d'associé n'est pas une niche fiscale — les intérêts y supportent le même PFU de 31,4 % qu'un dividende. C'est un outil de pilotage de trésorerie : il offre de la souplesse (remboursement sans réduction de capital, principal non imposable) et une déductibilité côté SEL qui le rend plus efficace que le dividende, à net identique. Bien calibré, il fait gagner de l'IS à votre officine ; vendu comme une martingale anti-URSSAF, il finit en redressement. Notre rôle est de le calibrer juste.

À retenir

Le compte courant d'associé d'officine en 6 points

  • Taux d'intérêt déductible : ≈ 4,55 % pour une clôture au 31/12/2025 (art. 39, 1, 3° CGI), à vérifier pour votre date de clôture.
  • Fiscalité des intérêts : PFU 31,4 % en 2026 (12,8 % IR + 18,6 % PS), pas 30 % ni 17,2 %.
  • Deux plafonds : montant (3× / 1× le capital, décret 92-704) et taux (art. 39, 1, 3° CGI).
  • Règle des 10 % (L. 131-6 CSS) : pas une échappatoire aux cotisations TNS du gérant majoritaire de SELARL.
  • Convention obligatoire et compte jamais débiteur (art. L. 223-19 et L. 223-21 C. com.).
  • Retraite : CAVP pour le pharmacien titulaire — jamais CARMF ni CARCDSF.

Le compte courant s'inscrit dans une séquence patrimoniale. Il arrive après les 7 leviers de défiscalisation du pharmacien titulaire et l'arbitrage salaire ou dividendes en SELARL ou SELAS, et précède souvent la question du cash qui dort sur le compte de l'officine. Une fois la rémunération du capital calée, le réflexe suivant est de placer la trésorerie excédentaire de la pharmacie — ou, si elle est plutôt comparée à un placement sans risque, un compte à terme 2026 — puis de loger l'excédent en SPFPL de pharmacie en vue d'un rachat ou d'une transmission. La règle des 10 % et l'assiette des cotisations sont, elles, détaillées dans dividendes de SEL et cotisations sociales, et la mécanique générale de rémunération dans rémunération du dirigeant.

Hagnéré Patrimoine est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291, CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine), basé à Bassens (73000) et noté 4,7/5 sur Trustpilot (26 avis). Sans produit-maison ni biais commercial, nous calibrons votre compte courant (taux, montant, convention), l'articulons avec vos dividendes, votre rémunération et votre retraite CAVP, et déroulons la suite : placement de la trésorerie, SPFPL, rachat et transmission. Concrètement, on regarde d'abord votre officine et votre fiscalité, ensuite seulement les solutions.

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Sources et références légales

  • Rémunération du compte courant et déductibilité (côté SEL)

    Art. 39, 1, 3° CGI (déductibilité des intérêts de compte courant d'associé dans la limite du taux moyen annuel des prêts à taux variable aux entreprises, à condition que le capital social soit entièrement libéré). Doctrine : BOI-BIC-CHG-50-50-30 (taux limite, ≈ 4,55 % pour une clôture au 31/12/2025, maj du 28/01/2026) et BOI-BIC-CHG-50-50-10 (champ d'application et condition de capital libéré). Art. 219, I-b CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %).

  • Fiscalité des intérêts (chez le pharmacien associé)

    Art. 124 CGI (intérêts de compte courant = revenus de capitaux mobiliers) et art. 125 A CGI (prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % à la source). Art. 200 A CGI (PFU 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS) et art. 154 quinquies CGI (CSG déductible de 6,8 points en cas d'option pour le barème). Art. L. 136-8 CSS (CSG du capital portée à 10,6 % au 01/01/2026, LFSS 2026, loi 2025-1403 — dualité 18,6 / 17,2 %). Doctrine : BOI-RPPM-RCM-20-10-10 et BOI-RPPM-RCM-30-20-10.

  • Plafond de montant, convention et compte débiteur

    Décret n° 92-704 du 23/07/1992 (plafond de montant du compte courant en SEL : 3× la participation pour l'associé exerçant, 1× pour un autre associé ; préavis de retrait de 6 mois ou 1 an), pris pour l'article 14 de la loi n° 90-1258 du 31/12/1990 (codifiée par l'ordonnance 2023-77 du 08/02/2023). Art. L. 223-19 du Code de commerce (convention réglementée). Art. L. 223-21 du Code de commerce (interdiction du compte courant débiteur d'un associé ou gérant personne physique). Art. L. 64 LPF (abus de droit).

  • Cotisations sociales, ATAD et pharmacie

    Art. L. 131-6 CSS (règle des 10 % : réintégration dans l'assiette des cotisations TNS de la fraction de dividendes et d'intérêts de compte courant supérieure à 10 % du capital libéré, des primes d'émission et du solde moyen annuel du compte courant). Jurisprudence : Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (la SPFPL ne fait pas écran). Art. 212 bis CGI (limitation ATAD des charges financières nettes, 3 M€ ou 30 % de l'EBITDA — hors d'atteinte d'une officine PME). Code de la santé publique L. 5125-1 et suivants et ordonnance 2023-77 du 08/02/2023 (détention de la SEL d'officine par les pharmaciens exerçant). Le pharmacien titulaire relève de la CAVP, jamais de la CARMF ni de la CARCDSF. PASS 2026 = 48 060 €.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La mise en place et la rémunération d'un compte courant d'associé, comme le calibrage de son taux et de son montant ou la rédaction de la convention, doivent faire l'objet d'une étude individualisée préalable (taux publié pour votre exercice de clôture, condition de capital entièrement libéré, plafond de montant de la SEL, règle des 10 %, régime social du dirigeant, articulation avec les dividendes), conduite avec votre avocat et votre expert-comptable. Le taux limite de l'article 39, 1, 3° CGI évolue à chaque clôture : la valeur d'environ 4,55 % vise un exercice de douze mois clos au 31 décembre 2025 et doit être vérifiée au taux publié pour votre propre date de clôture. Le sort des intérêts de compte courant du président de SELAS au regard des cotisations sociales n'est pas tranché par la Cour de cassation pour les SEL et est expressément signalé au conditionnel. Les chiffres cités sont à jour au 10 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Ce guide n'a pas vocation à encourager une optimisation contraire à la déontologie pharmaceutique.

Foire aux questions

Tout sur le compte courant d'associé du pharmacien titulaire taux déductible, plafond, fiscalité 31,4 %, règle des 10 % et compte débiteur.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : quel taux maximum d'intérêt en 2026, combien mettre en compte courant, comment sont imposés les intérêts, pourquoi 31,4 % et pas 30 %, faut-il une convention, le compte courant est-il remboursable à tout moment, est-il soumis aux cotisations. Réponses sourcées et à jour 2026.