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Guide hauts revenus 20269 minMis à jour 25 juin 2026Acompte 95 % au 15 déc.

CDHR : l'acompte de décembre, mode d'emploi

Entre le 1er et le 15 décembre, les foyers à hauts revenus doivent verser spontanément 95 % de leur CDHR estimée — sans attendre leur avis d'impôt. Comment estimer un revenu fiscal de référence pas encore figé, payer au bon endroit sur impôts.gouv.fr, éviter la majoration de 20 % et profiter de la tolérance de bonne foi. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

ACOMPTE CDHR 2026

Caler votre acompte de décembre sans risquer la majoration de 20 %

Estimation de votre CDHR de l'année en cours, calcul des 95 %, calendrier de versement, arbitrage d'un rachat de fin d'année (rachat ou crédit lombard) et conservation de la preuve de bonne foi. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée et coordination avec votre expert-comptable.

  • Estimation de votre CDHR de l'année
  • Calcul de l'acompte à verser au 15 déc.
  • Arbitrage rachat vs crédit lombard
  • Cabinet 100 % indépendant

ACOMPTE

95 % de la CDHR

FENÊTRE

1er–15 déc.

MAJORATION

20 %

SEUIL RFR

250 000 €

PLANCHER CDHR

20 % du RFR

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE PRINCIPE·2 MIN

L'acompte de CDHR : pourquoi payer avant même votre avis d'impôt

C'est l'un des pièges les moins connus de la fiscalité des hauts revenus : l'impôt sur le revenu, les 17,2 % ou 18,6 % de prélèvements sociaux, la CEHR à 3 puis 4 %… et, depuis 2025, une couche de plus — la CDHR, qui exige une imposition minimale de 20 % de votre revenu. Or cette dernière ne se paie pas seulement l'année suivante : un acompte de 95 % doit être versé spontanément, avant le 15 décembre, sur un revenu que l'année n'a même pas fini de produire. Vous découvrez à l'automne que vous devez verser plusieurs milliers d'euros à l'État sans attendre votre avis d'impôt ? Une majoration de 20 % guette la sous-estimation — mais l'administration ne sanctionne pas l'erreur de bonne foi. On déroule ci-dessous tout ce qu'il faut savoir : calculer les 95 %, payer au bon moment, et arbitrer vos opérations de décembre pour ne pas gonfler vous-même la note.

L'essentiel en 30 secondes

Ce que vous versez : un acompte égal à 95 % de la CDHR estimée (l'impôt plancher de 20 % de l'article 224 du CGI), de votre propre initiative.
La fenêtre : entre le 1er et le 15 décembre de l'année d'imposition — pour les revenus 2026, du 1er au 15 décembre 2026.
Le lieu : en ligne, dans votre espace particulier sur impôts.gouv.fr (service « Prélèvement à la source »).
Le calcul : 95 % de la contribution, pas du RFR : 20 % du RFR retraité moins l'impôt sur le revenu déjà payé — prélèvements sociaux exclus.
Le piège : une majoration de 20 % en cas de sous-estimation de plus de 20 %, sauf erreur de bonne foi (conservez la trace de votre calcul).
Le bon réflexe : avant de racheter une assurance-vie pour vos liquidités de décembre, vérifiez l'effet sur votre RFR : un crédit lombard n'y touche pas (voir le §9).

Reprenons une seconde la CDHR, parce que tout le calcul de l'acompte en découle. Inscrite à l'article 224 du CGI, c'est un impôt plancher : elle garantit une imposition minimale de 20 % de votre revenu fiscal de référence retraité dès lors que celui-ci dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple en imposition commune). Elle ne vise que les résidents fiscaux français (art. 4 B). Créée par l'article 10 de la loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025), elle a été reconduite par l'article 2 de la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) pour les revenus 2026, tant que le déficit public dépasse 3 % du PIB. Pour le principe complet du plancher, voyez le taux minimum d'imposition de 20 %.

La particularité fiscale : la CDHR ne se paie pas seulement l'année suivante, à la liquidation de l'impôt. Un acompte doit être versé spontanément dès l'année d'imposition. Cet acompte ne figure d'ailleurs pas dans l'article 224 lui-même, mais au V de l'article 10 de la loi de finances 2025. La logique est simple : l'État veut percevoir sa trésorerie tôt, sans attendre votre déclaration de revenus du printemps suivant.

À ne pas confondre : la CEHR n'a PAS d'acompte

C'est l'erreur n°1. L'acompte de décembre est propre à la CDHR. La CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, article 223 sexies) — la surtaxe permanente de 3 % puis 4 % — n'a aucun acompte : elle est recouvrée directement avec votre impôt sur le revenu. Si vous payez les deux contributions, vous ne versez donc d'acompte que pour la CDHR. Pour bien distinguer les deux mécanismes, voyez CEHR vs CDHR : différences, cumul et pièges.

Pas de BOFiP CDHR : une communication, pas une doctrine opposable

Soyons transparents : au 25 juin 2026, la CDHR ne fait l'objet d'aucune doctrine administrative (BOFiP) dédiée — le BOI-IR-CHR ne couvre que la CEHR. Les modalités de l'acompte décrites ici proviennent du texte (V de l'art. 10 de la LF 2025) et de la communication de l'administration (impôts.gouv.fr, service-public.gouv.fr). Vérifiez toujours les modalités déclaratives exactes au moment de payer, et confirmez votre calcul avec le simulateur officiel.
§ 2LE CALENDRIER·2 MIN

Le calendrier 2026 : noter le 1er–15 décembre, ne rien rater

La première question d'un client à l'automne, c'est toujours la même : pour quand ? La fenêtre de versement de l'acompte de CDHR est fixée entre le 1er et le 15 décembre de l'année d'imposition — donc, pour la CDHR due au titre des revenus 2026, entre le 1er et le 15 décembre 2026. Ces dates sont fermes : il ne s'agit pas d'une simple recommandation, mais d'un délai légal, dont le dépassement expose à la majoration.

Le service de paiement dédié ouvre à compter du 1er décembre dans votre espace particulier sur impôts.gouv.fr. En amont, l'administration met généralement en ligne, autour de la mi-novembre, un simulateur officiel d'aide au calcul de l'impôt sur le revenu et de la CDHR. Vous disposez donc d'environ trois semaines pour estimer, puis d'une quinzaine de jours pour verser.

La timeline de l'acompte de CDHR

Mi-novembre — mise en ligne du simulateur officiel (impôt sur le revenu + CDHR) par la DGFiP : c'est le moment d'estimer.

1er décembre — ouverture du service de versement dans l'espace particulier (rubrique « Prélèvement à la source »).

1er – 15 décembre — verser l'acompte de 95 % de la CDHR estimée.

Printemps N+1 — déclaration de revenus : liquidation de la CDHR définitive.

Été N+1 — avis d'impôt : solde réglé ou excédent restitué.
§ 3LA BASE DE CALCUL·3 MIN

95 % de quoi, exactement ? (et surtout pas de votre RFR)

L'erreur que je corrige le plus souvent : on croit que l'acompte se calcule sur le revenu fiscal de référence, ou sur l'impôt sur le revenu. Ni l'un ni l'autre. L'acompte est égal à 95 % de la CDHR estimée — c'est-à-dire 95 % du montant de la contribution, pas de votre revenu. Il faut donc d'abord savoir calculer la CDHR ; on en prend ensuite 95 %.

La CDHR, base de l'acompte (ordre de grandeur)

CDHR estimee = max ( 0 ; 20 % x RFR retraite
              - [ IR au bareme + part IR du PFU 12,8 %
                  + PFL assurance-vie + CEHR + majorations ] )

Acompte = 95 % x CDHR estimee

Majorations (au numerateur) :
   + 1 500 EUR par personne a charge
   + 12 500 EUR par couple (imposition commune)

Decote : entre le seuil et 330 000 EUR (seul)
         ou 660 000 EUR (couple), la CDHR est reduite
         de 82,5 % x (revenu retraite - seuil)

Les prélèvements sociaux (17,2 % / 18,6 %) ne figurent PAS au numérateur : seule la part d'impôt sur le revenu compte. Les revenus exceptionnels (cession) sont retenus pour le quart dans le revenu retraité. Calcul à confirmer avec le simulateur officiel.

Deux mots sur le vocabulaire, parce qu'on les emploie souvent à tort. Le revenu retraité est le revenu fiscal de référence de l'article 1417 IV, ajusté selon les règles propres à la CDHR (notamment les revenus exceptionnels comptés pour le quart). Au numérateur — l'impôt déjà payé que l'on retranche — on additionne l'impôt sur le revenu au barème, la part IR du PFU (12,8 %), le prélèvement forfaitaire libératoire de l'assurance-vie, la CEHR et les majorations. Pour la méthode complète, support par support, voyez comment calculer la CDHR pas à pas ; et pour le détail du barème de la CEHR qui entre dans ce numérateur, voyez le barème, les seuils et le calcul de la CEHR.

Erreur n°1 : ne comptez jamais les prélèvements sociaux

On me dit souvent : « j'ai déjà payé 18,6 % de prélèvements sociaux sur mes dividendes, je suis donc au-dessus de 20 %. » C'est faux. Les prélèvements sociaux (17,2 % sur l'assurance-vie et le foncier, 18,6 % sur les dividendes, intérêts et plus-values mobilières en 2026, après la hausse de la LFSS 2026) sont exclus du test des 20 %. Seul l'impôt sur le revenu compte. C'est précisément pour cela que les revenus au PFU, dont la part IR n'est que de 12,8 %, déclenchent si facilement la CDHR : leur taux d'impôt est bien en dessous du plancher, même si, prélèvements sociaux inclus, ils supportent 30 % ou plus.
§ 4L'ESTIMATION·3 MIN

Comment estimer sa CDHR alors que décembre n'est pas terminé ?

Le vrai casse-tête est là : au moment de verser, l'année n'est pas terminée. Vos derniers honoraires, dividendes ou rachats peuvent tomber après le 15 décembre, et les relevés de vos courtiers (IFU) ne sont pas encore disponibles. Comment estimer une contribution dont l'assiette n'est pas figée ? La règle est claire : vous estimez sur la base des revenus réalisés au 1er décembre, complétés d'une projection de ceux du 1er au 31 décembre.

Un point mérite attention si votre année comporte un revenu exceptionnel (cession, dividende exceptionnel) : pour la CDHR, il n'est retenu que pour le quart dans le revenu retraité, alors que la CEHR, elle, dispose de son propre mécanisme d'atténuation — le lissage (système du quotient). Deux dispositifs distincts à ne pas confondre : pour la CEHR, voyez le mécanisme de lissage des revenus exceptionnels. Voici la méthode que je conseille :

Estimer sa CDHR de décembre : la méthode

1. Partir des revenus encaissés au 1er décembre (salaires, rémunération de gérance, BNC/BIC, revenus fonciers).
2. Intégrer les dividendes, plus-values et rachats de fin d'année déjà décidés ou prévisibles.
3. Retenir les revenus exceptionnels (plus-value de cession) pour le quart, soit 25 %, dans le revenu retraité.
4. Déduire le PER / Madelin versé : il baisse le RFR et n'est pas réintégré.
5. Exclure les prélèvements sociaux du test des 20 % (rappel : seul l'impôt sur le revenu compte).
6. Enfin, faire tourner le simulateur officiel DGFiP (en ligne vers la mi-novembre) pour fiabiliser le tout.

Le simulateur officiel et sa limite

La DGFiP met à disposition un simulateur d'aide au calcul de l'impôt sur le revenu et de la CDHR. C'est l'outil de référence pour caler votre acompte. Deux limites à connaître : il ne gère pas toujours, en l'état, les crédits d'impôt conventionnels internationaux (revenus de source étrangère) — dans ce cas, faites l'estimation avec un conseil ; et il ne permet pas de payer — le versement se fait séparément dans votre espace particulier. Pour savoir, en amont, si vous entrez seulement dans le champ, passez par le test « suis-je concerné par la CEHR ou la CDHR ? ».
Hagnéré Patrimoine

Caler votre acompte de décembre avec un conseil

Un CGP indépendant estime votre CDHR de l'année en cours à partir de vos revenus réels et de votre fin d'année prévisible, calcule l'acompte de 95 % à verser et se coordonne directement avec votre expert-comptable la semaine du versement. Vous repartez avec votre calcul d'acompte chiffré et la capture du simulateur datée — votre preuve de bonne foi.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 5CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : Marc, 350 000 € de RFR, calcule son acompte

Marc, cadre dirigeant célibataire, sans personne à charge, estime fin novembre son revenu fiscal de référence retraité à 350 000 € — voyons ce qu'il doit verser. Il franchit donc le seuil de 250 000 € et entre dans le champ de la CDHR. Important : les montants d'impôt et de CDHR ci-dessous sont des illustrations pédagogiques (ils dépendent de la composition exacte de son revenu) ; seuls 350 000 €, 330 000 €, 20 % et 95 % sont des paramètres fermes.

Premier constat : à 350 000 €, Marc dépasse 330 000 €. La décote de 82,5 % est donc épuisée, le plancher s'applique en plein. Le plancher théorique vaut 20 % × 350 000 = 70 000 € d'impôt sur le revenu minimum. Supposons que son revenu mêle une rémunération imposée au barème et des dividendes au PFU : son impôt déjà payé retenu au numérateur (IR au barème + part IR du PFU 12,8 % + CEHR, hors prélèvements sociaux) ressort, dans notre illustration, à environ 58 000 €. La CDHR estimée comble alors l'écart : 70 000 − 58 000 = 12 000 €. Son acompte vaut 95 % × 12 000 ≈ 11 400 €.

Du RFR à l'acompte de Marc. Les montants d'impôt et de CDHR sont des ordres de grandeur ; seuls le RFR (350 000 €), la sortie de décote (330 000 €), le plancher (20 %) et l'acompte (95 %) sont des paramètres fermes.
ÉtapeMontant (illustratif)
RFR retraité estimé fin novembre350 000 €
Position vs décote (sortie à 330 000 €)Au-dessus → décote épuisée, plein effet
Plancher : 20 % × 350 000 €70 000 €
Impôt déjà payé (IR barème + part IR PFU + CEHR, hors PS)≈ 58 000 €
CDHR estimée = 70 000 − 58 000≈ 12 000 €
Acompte = 95 % × 12 000≈ 11 400 €

Ce que le cas de Marc dit de votre décembre

L'acompte de Marc — environ 11 400 € — doit être versé entre le 1er et le 15 décembre. S'il déclenchait, en plus, un rachat d'assurance-vie ou une distribution de dividendes de fin d'année, son RFR grimperait au-dessus de 350 000 €, et son acompte avec lui. C'est tout l'intérêt d'arbitrer ses opérations de décembre en connaissant leur effet sur la contribution (voir le §9). À recalculer avec le simulateur officiel et votre conseil.
§ 6LE PAIEMENT·2 MIN

Où et comment payer l'acompte sur impôts.gouv.fr

Tout se passe en ligne, dans votre espace particulier sur impôts.gouv.fr. L'acompte de CDHR est logé dans le service « Gérer mon prélèvement à la source », où une rubrique dédiée à la contribution s'ouvre à compter du 1er décembre. Aucune lettre, aucun titre envoyé : le versement est spontané, c'est à vous d'aller saisir le montant et de le régler. Une fois validée, la déclaration de l'acompte est définitive : préparez votre calcul avant de la saisir.

Les 5 étapes pour payer l'acompte

1. Estimer sa CDHR (revenus au 1er décembre + projection ; revenus exceptionnels au quart ; prélèvements sociaux exclus) à l'aide du simulateur officiel.
2. Calculer 95 % de la CDHR estimée — c'est le montant de l'acompte.
3. Se connecter à son espace particulier sur impôts.gouv.fr → service « Prélèvement à la source » → rubrique CDHR.
4. Saisir et payer l'acompte entre le 1er et le 15 décembre.
5. Conserver la trace du calcul (hypothèses, simulateur, relevés) comme preuve de bonne foi.

Précision de prudence : en l'absence de doctrine BOFiP, le libellé exact du service et le chemin d'accès peuvent évoluer d'une campagne à l'autre. Vérifiez les modalités déclaratives au moment de payer, directement sur impots.gouv.fr.

§ 7LA SANCTION·3 MIN

La majoration de 20 % et la tolérance de bonne foi

C'est la partie qui crispe les contribuables : la majoration. Une pénalité de 20 % peut s'appliquer dans deux cas : en cas de défaut ou de retard de versement, ou lorsque l'acompte versé est inférieur de plus de 20 % à 95 % de la CDHR effectivement due. Autrement dit, ce n'est pas la moindre approximation qui déclenche la sanction : il faut une sous-estimation significative.

Concrètement, où est la ligne rouge ? L'acompte cible vaut 95 % de la CDHR ; vous entrez en zone de risque quand votre versement passe sous 80 % de ce montant cible, soit en pratique sous environ 76 % de la CDHR réellement due. Au-dessus de ce seuil, même une estimation imparfaite ne déclenche pas la majoration.

Rassurant : la tolérance de bonne foi

L'administration a indiqué (communiqué d'economie.gouv.fr du 14 novembre 2025) qu'aucune sanction ne serait appliquée aux usagers de bonne foi qui se trompent dans l'estimation de leur acompte. C'est une vraie soupape, car l'estimation prévisionnelle est par nature délicate. Une nuance, par honnêteté : il s'agit d'un engagement administratif (communiqué et FAQ), pas d'une doctrine opposable au sens de l'article L. 80 A du LPF — il n'existe à ce jour aucun BOFiP sur la CDHR. Le bon réflexe : conserver la trace écrite de votre méthode d'estimation (hypothèses retenues, capture du simulateur, revenus pris en compte). C'est votre preuve de bonne foi.

D'où une règle simple : dans le doute, payez un peu trop. Le trop-versé revient intégralement au printemps (voir le §8) ; la sous-estimation, elle, peut coûter 20 % de pénalité. Mieux vaut avancer un peu de trésorerie quelques mois que prendre ce risque.

Cas — Sophie sous-estime, mais de bonne foi

Sophie, rentière, estime sa CDHR à 8 000 € et verse donc 95 %, soit 7 600 €, le 10 décembre. Patatras : un dividende de fin d'année plus élevé que prévu porte sa CDHR réelle à 11 000 €. Or 95 % de 11 000 = 10 450 €, et son acompte (7 600 €) est inférieur de plus de 20 % à ce montant (10 450 − 20 % = 8 360 € ; 7 600 < 8 360) : elle est, sur le papier, en zone de majoration. Mais elle a conservé ses relevés de courtier et la capture du simulateur : son estimation était de bonne foi. Elle relève de la tolérance administrative et régularise le solde l'année suivante. Leçon : surestimer un peu, et toujours garder la preuve du calcul.
§ 8L'APRÈS-DÉCEMBRE·2 MIN

La régularisation : le solde de l'année suivante

L'acompte n'est pas le dernier mot : ce n'est qu'une avance. Le versement de décembre N s'impute sur la CDHR définitive, liquidée avec votre impôt sur le revenu l'année suivante— déclaration au printemps N+1, avis d'impôt à l'été N+1. C'est à ce moment-là, sur la base de vos revenus définitifs, que la contribution réelle est arrêtée et que l'acompte est déduit.

Que devient l'acompte : trois cas

1. L'acompte couvrait pile la CDHR due → rien à régler, l'affaire est close.

2. L'acompte était insuffisant (CDHR réelle supérieure) → vous payez le solde avec l'avis d'impôt de l'été N+1.

3. L'acompte était excédentaire (vous avez surestimé) → l'excédent vous est restitué. C'est ce qui rend la surestimation prudente peu coûteuse : vous récupérez la différence.

Cette régularisation s'inscrit dans la déclaration de revenus de droit commun. Pour la mécanique déclarative générale de l'année — calendrier, cases, nouveautés —, voyez la déclaration d'impôt 2026.

§ 9LE PILOTAGE DE FIN D'ANNÉE·3 MIN

Le piège : un rachat de fin d'année qui gonfle votre propre acompte

C'est là que se joue le vrai arbitrage de décembre, et beaucoup de hauts revenus passent à côté. Vous avez besoin de liquidités en décembre — pour un projet, un appel de fonds, une opportunité — et le réflexe est de racheter une partie de votre assurance-vie. L'année où vous êtes exposé à la CDHR, c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire.

La raison : un rachat fait remonter un produit imposable, qui augmente votre revenu fiscal de référence de l'année en cours. Conséquence directe : il alourdit votre acompte de CDHR, peut déclencher ou aggraver la CEHR, et supporte en plus 17,2 % de prélèvements sociaux sur la part de produit. Vous mobilisez 100 000 € de capital, mais vous payez plus d'impôt et de contribution. À l'inverse, un crédit lombard — un prêt garanti par le nantissement de votre assurance-vie (Code des assurances, art. L. 132-10) ou de votre compte-titres (Code civil, art. 2355) — vous procure les mêmes liquidités sans aucun rachat. Résultat : aucun revenu, RFR inchangé, ni IR ni prélèvements sociaux, acompte de CDHR inchangé, et antériorité fiscale du contrat préservée. Le crédit lombard n'est ni un RFR, ni un revenu, ni des prélèvements sociaux, ni de l'impôt.

Rachat d'assurance-vie en décembre

Génère un produit imposable → le RFR augmente → l'acompte de CDHR augmente. S'ajoutent la CEHR (sur le RFR plus élevé) et 17,2 % de prélèvements sociaux sur le produit. L'antériorité fiscale du contrat est entamée. Vous obtenez vos liquidités, mais au prix d'une hausse de votre fiscalité de fin d'année.

Crédit lombard (nantissement)

Prêt garanti par le nantissement du contrat : RFR inchangé, donc acompte de CDHR inchangé, ni IR ni prélèvements sociaux, antériorité préservée. Généralement in fine, durée 1 à 5 ans renouvelable, LTV structurelle prudente conseillée ≤ 50 %, taux 2026 de l'ordre de 2,7 à 4,5 % tout compris. Le crédit lombard n'est pas un revenu.

Note de méthode : le levier est à double tranchant

Soyons clairs : le crédit lombard est un effet de levier, donc un outil à manier avec prudence. En cas de baisse des marchés, si le ratio prêt/valeur (LTV) dépasse le seuil contractuel, la banque peut déclencher un appel de marge (remboursement ou apport sous quelques jours), avec une exécution accélérée du gage (CMF, art. L. 211-38). Il y a aussi un risque de taux sur les lignes indexées. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le levier amplifie les pertes. Pour la technique complète, voyez le guide technique du crédit lombard, la logique d'ensemble dans mobiliser son capital sans déclencher l'impôt, et le chiffrage dans rachat ou crédit lombard : le comparatif.

Cas — Thomas, cédant, a besoin de 100 000 € en décembre

Thomas vient de céder une participation (grosse plus-value, retenue au quart) et a besoin de 100 000 € de liquidités avant le 31 décembre. Option rachat : un rachat de 100 000 € fait remonter un produit imposable qui gonfle encore son RFR déjà élevé → son acompte de CDHR grimpe, plus la CEHR et 17,2 % de prélèvements sociaux sur le produit. Option crédit lombard : il nantit son contrat, obtient ses 100 000 € sans rachat → RFR inchangé, acompte de CDHR inchangé, antériorité préservée. Leçon : l'année d'un revenu exceptionnel, c'est le pilotage de fin d'année — rachat ou lombard — qui décide du montant de votre acompte.
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§ 10LA SYNTHÈSE·2 MIN

La check-list de décembre pour les hauts revenus

Voici, en une page, ce qu'un haut revenu doit cocher avant le 15 décembre. Si votre revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple) et que votre taux d'impôt sur le revenu pourrait passer sous 20 %, voici la marche à suivre.

Votre check-list avant le 15 décembre

☐ Estimer son RFR de l'année (revenus au 1er décembre + projection jusqu'au 31).
☐ Intégrer les dividendes, plus-values et rachats de fin d'année prévisibles.
☐ Retenir les revenus exceptionnels pour le quart, et exclure les prélèvements sociaux du test des 20 %.
☐ Calculer la CDHR via le simulateur officiel, puis en prendre 95 %.
☐ Arbitrer un éventuel besoin de liquidités : rachat ou crédit lombard (le rachat gonfle l'acompte, pas le lombard).
☐ Verser entre le 1er et le 15 décembre dans l'espace particulier (service « Prélèvement à la source »).
☐ Surestimer prudemment et conserver la trace du calcul (bonne foi).
☐ Régulariser le solde au printemps / été suivant.

Deux renvois utiles pour aller plus loin : si vous exercez en profession libérale (honoraires irréguliers, dividendes de SEL), votre acompte mérite un calibrage spécifique — voyez la CDHR de la profession libérale. Et pour replacer la CDHR et la CEHR dans leur cadre d'ensemble, partez du guide complet des hauts revenus 2026, puis suivez ce que la loi de finances 2026 change.

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Sources et références légales

  • L'acompte de CDHR

    L'acompte n'est pas inscrit dans l'article 224 du CGI (qui définit la contribution) mais au V de l'article 10 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 (LF 2025) : versement spontané de 95 % de la CDHR estimée, entre le 1er et le 15 décembre, et majoration de 20 % en cas de défaut, de retard ou de sous-estimation supérieure à 20 %. Modalités précisées par l'actualité et la FAQ d'impôts.gouv.fr, par service-public.gouv.fr (dates) et par le communiqué d'économie.gouv.fr du 14 novembre 2025 (tolérance de bonne foi, simulateur officiel). À ce jour, aucune doctrine BOFiP ne couvre la CDHR : le BOI-IR-CHR ne vise que la CEHR.

  • CGI — CDHR et CEHR

    Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du revenu fiscal de référence retraité au-delà de 250 000 € / 500 000 € ; décote de 82,5 % entre le seuil et 330 000 / 660 000 € ; revenus exceptionnels retenus pour le quart ; majorations de 1 500 € par personne à charge et 12 500 € par couple). Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % puis 4 %, permanente, recouvrée avec l'IR sans acompte). Art. 1417 IV CGI (revenu fiscal de référence). Art. 4 B CGI (domicile fiscal : la CDHR vise les seuls résidents). Art. 200 A CGI (PFU, part IR de 12,8 % retenue au numérateur).

  • Reconduction et prélèvements sociaux

    Loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026), art. 2 : reconduction de la CDHR pour les revenus 2026, tant que le déficit du budget général de l'État reste supérieur à 3 % du PIB. Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : CSG du capital portée à 10,6 %, soit 18,6 % sur dividendes, intérêts et plus-values mobilières, et 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie et les revenus fonciers ; ces prélèvements sociaux sont exclus du calcul de la CDHR. Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13/02/2025 et n° 2026-901 DC du 19/02/2026 : CDHR non censurée lors de l'examen de la LF 2025 puis de la LF 2026 (pas de validation explicite, l'article créant la CDHR n'ayant pas été contesté).

  • Rachat d'assurance-vie et crédit lombard

    Art. 125-0 A et 200 A CGI (rachat d'assurance-vie : abattement annuel 4 600 € / 9 200 € après 8 ans, PFU 30 %, prélèvement forfaitaire libératoire ; le produit du rachat augmente le RFR et peut alourdir l'acompte). Code des assurances, art. L. 132-10 (nantissement du contrat d'assurance-vie). Code civil, art. 2355 (nantissement de compte-titres). CMF, art. L. 211-38 (exécution accélérée du gage de titres financiers). Le crédit lombard procure des liquidités sans rachat : il ne génère ni RFR, ni revenu, ni prélèvements sociaux.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. L'estimation de votre CDHR, le calcul de l'acompte et le calibrage de vos versements doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, FAQ de l'administration). La CDHR ne fait, à ce jour, l'objet d'aucune doctrine BOFiP opposable : les modalités déclaratives, les dates et la tolérance de bonne foi sont issues du texte (V de l'art. 10 de la LF 2025) et de la communication de l'administration (impôts.gouv.fr, service-public.gouv.fr, économie.gouv.fr), à confirmer avec le simulateur officiel au moment de payer. Les montants chiffrés des cas présentés sont des ordres de grandeur pédagogiques. Le crédit lombard, évoqué en fin de guide, est un effet de levier à double tranchant : performances passées non garanties, le levier amplifie les pertes.

Foire aux questions

Tout sur l'acompte de CDHR de décembre 2026 dates, calcul des 95 %, majoration et bonne foi.

Les questions qu'on nous pose le plus à l'automne : pourquoi payer avant l'avis d'impôt, à quelles dates, 95 % de quoi, comment estimer un RFR pas encore figé, où payer, la majoration de 20 % et la tolérance de bonne foi, la régularisation du solde. Réponses sourcées et à jour 2026.