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Guide hauts revenus 202613 minMis à jour 25 juin 2026Loi n° 2026-103 du 19/02/2026

CEHR vs CDHR : différences, cumul et pièges à éviter

CEHR, CDHR : deux sigles presque identiques, deux mécaniques opposées. La première est une surtaxe par tranches de 3 puis 4 % sur votre revenu fiscal de référence (art. 223 sexies). La seconde est un impôt plancher qui garantit un taux minimum de 20 % (art. 224). Non, elles ne font pas double emploi ; oui, elles peuvent être dues ensemble. Voici, tableau à l'appui, ce qui les distingue, comment elles s'additionnent sans que vous payiez deux fois — et l'erreur n° 1 à ne pas commettre. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

HAUTS REVENUS 2026

Maîtriser le cumul CEHR + CDHR et mobiliser votre capital sans déclencher l'impôt

Audit de votre exposition réelle aux deux contributions : seuils, articulation CEHR / CDHR, effet d'un revenu exceptionnel sur le RFR, et alternative au rachat (crédit lombard) pour préserver votre antériorité fiscale. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée.

  • Estimation de votre CEHR et de votre CDHR
  • Pilotage du RFR sous les seuils
  • Mobiliser sans racheter (lombard)
  • Cabinet 100 % indépendant

CEHR PAR TRANCHES

3 % → 4 %

PLANCHER CDHR

20 % du RFR

SEUIL CÉLIBATAIRE

250 000 €

SEUIL COUPLE

500 000 €

BASE COMMUNE

le RFR (1417 IV)

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

CEHR et CDHR : deux contributions à ne surtout pas confondre

Neuf clients sur dix les confondent en rendez-vous — et c'est légitime : deux sigles voisins, deux seuils d'entrée identiques, deux contributions qui frappent les hauts revenus. Pourtant tout les sépare, sauf le sigle : ce sont deux mécaniques opposées. La CEHR — contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, article 223 sexies du CGI — est une surtaxe par tranches de 3 puis 4 %, créée par la loi de finances 2012 (en vigueur depuis l'imposition des revenus 2011) et permanente malgré son nom. La CDHR — contribution différentielle sur les hauts revenus, article 224 du CGI — est un impôt plancher qui garantit une imposition minimale de 20 % du RFR retraité, créée par la loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025) et reconduite par la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026). Les deux reposent sur le même socle : le revenu fiscal de référence de l'article 1417 IV, et non le revenu net imposable.

L'essentiel en 30 secondes

CEHR : surtaxe par tranches de 3 % puis 4 % sur le RFR (art. 223 sexies), permanente, applicable aussi aux non-résidents.
CDHR : impôt plancher de 20 % du RFR retraité (art. 224), réservé aux résidents, reconduit pour 2026.
Base commune : le revenu fiscal de référence (art. 1417 IV) pour les deux.
Seuils : 250 000 € (célibataire) / 500 000 € (couple) pour entrer dans le champ.
Le cumul : la CEHR est retranchée au numérateur de la CDHR → pas de double comptage, mais bien une addition.
L'erreur n° 1 : croire que les prélèvements sociaux comptent dans le test des 20 %. Ils sont exclus.

Le réflexe à corriger sur les deux noms

« Exceptionnelle » ne veut pas dire temporaire : la CEHR existe depuis 2011 et le texte la prévoit due jusqu'à l'année où le déficit public serait nul — situation jamais constatée. « Différentielle » ne veut pas dire optionnelle : la CDHR est due dès que votre impôt sur le revenu effectif, augmenté de la CEHR, reste sous 20 % du RFR. Pour replacer ces deux contributions dans leur cadre d'ensemble, voyez le panorama complet des contributions sur les hauts revenus.
§ 2LE COMPARATIF·3 MIN

Le tableau comparatif : 8 critères côte à côte

Posons-les côte à côte sur les huit critères qui décident vraiment de ce que vous paierez. Une seule ligne de ce tableau est identique d'une colonne à l'autre : la base (le RFR). Tout le reste — nature, taux, territorialité, durée — les oppose.

La CEHR est une surtaxe automatique par tranches ; la CDHR un impôt plancher qui ne se déclenche que sous un certain taux d'imposition. Les deux partagent la même base : le revenu fiscal de référence.
CritèreCEHR — art. 223 sexiesCDHR — art. 224
NatureSurtaxe additionnelle par tranchesImpôt plancher différentiel
BaseRFR (art. 1417 IV)RFR (art. 1417 IV) retraité
Taux3 % puis 4 %Garantit 20 % moyen minimum
Seuils célibataire3 % de 250 k à 500 k € ; 4 % > 500 k €RFR > 250 000 €
Seuils couple3 % de 500 k à 1 M € ; 4 % > 1 M € (doublés)RFR > 500 000 €
Origine / duréeLF 2012, permanente (depuis 2011)LF 2025, reconduite LF 2026 (déficit > 3 % PIB)
TerritorialitéAussi non-résidents (source FR)Résidents seulement (art. 4 B)
Lissage propreQuotient (art. 223 sexies)Exceptionnels au quart + décote 82,5 %

Les deux ont leur amortisseur de revenus exceptionnels

Ne lisez pas ce tableau comme si un revenu exceptionnel frappait de plein fouet les deux contributions. La CEHR dispose d'un système de quotient propre, et la CDHR ne retient l'exceptionnel que pour le quart avec une décote à l'entrée. Pour le détail du barème par tranche, voyez le barème détaillé de la CEHR par tranche ; pour la mécanique du plancher, le principe du taux minimum de 20 % expliqué.
§ 3LA NUANCE CLÉ·3 MIN

Qui paie quoi : on peut payer l'une sans l'autre

Voilà le point qu'on me demande de clarifier à chaque rendez-vous : entrer dans le champ de l'une n'oblige pas à payer l'autre. Les deux contributions ont des déclencheurs différents.

La CEHR est mécanique

Dès que votre RFR franchit le seuil de 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple), la CEHR s'applique automatiquement, par tranches, sur la fraction qui dépasse. C'est une surtaxe : pas de condition de taux, pas de test. Vous franchissez le seuil, vous la payez.

La CDHR est conditionnelle

La CDHR, elle, ne se déclenche que si votre taux moyen d'impôt sur le revenu (augmenté de la CEHR) reste inférieur à 20 % de votre RFR retraité. Résultat concret : un cadre dirigeant imposé au barème (tranches à 41-45 %) peut payer la CEHR mais avoir une CDHR nulle, parce que son IR effectif dépasse déjà 20 %. À l'inverse, un contribuable dont une large part des revenus passe au PFU (12,8 % d'IR seulement) voit son taux effectif se diluer sous le plancher : c'est lui que la CDHR rattrape.

On peut être redevable de la CEHR sans devoir un euro de CDHR, et inversement. Ce n'est pas le niveau de RFR qui décide de la CDHR, mais le taux effectif d'IR auquel vos revenus sont déjà taxés.
ProfilCEHRCDHR
RFR 300 000 €, tout au barème (TMI 41-45 %)Due (par tranches)Souvent nulle (IR effectif > 20 %)
RFR 300 000 € dont une grosse part au PFU (12,8 %)Due (par tranches)Se déclenche (taux dilué sous 20 %)
RFR 200 000 € (sous le seuil)Non dueNon due
Non-résident, revenus de source FR > seuilDueNon due (résidents seulement)

La bonne nouvelle

Franchir le seuil de RFR ne veut donc pas dire payer automatiquement les deux. Le barème vous « protège » du plancher : si vos revenus sont déjà fortement imposés à l'IR, votre CDHR est nulle. Pour savoir précisément dans quel cas vous vous trouvez, faites le test : suis-je dans le champ de la CEHR ou de la CDHR ?
§ 4LE CUMUL·4 MIN

Comment elles se cumulent : la CEHR est retranchée de la CDHR

L'erreur que tout le monde fait d'instinct : « si je paie la CEHR et la CDHR, je suis taxé deux fois sur le même revenu ». Faux. Le législateur a prévu l'articulation : la CEHR est l'un des impôts retranchés au numérateur du calcul de la CDHR. Regardons la formule.

Le calcul de la CDHR (ordre de grandeur)

CDHR due = max ( 0 ; 20 % x RFR retraite
              - [ IR au bareme + part IR du PFU 12,8 %
                  + PFL de l'assurance-vie
                  + CEHR + majorations ] )

Majorations : 1 500 EUR par personne a charge
              + 12 500 EUR par couple (imposition commune)

Decote : si revenu retraite <= 330 000 EUR (seul)
         ou <= 660 000 EUR (couple), la CDHR est reduite
         de 82,5 % x (revenu retraite - seuil)

La CEHR figure parmi les impôts déjà payés, retranchés du plancher de 20 %. Les prélèvements sociaux (17,2 % / 18,6 %), eux, ne figurent JAMAIS au numérateur. Calculs à confirmer avec le simulateur officiel.

Dans cette formule, on additionne d'abord votre impôt sur le revenu (barème, part IR du PFU, PFL de l'assurance-vie), votre CEHR et les majorations ; puis on compare ce total à 20 % de votre RFR retraité. Si le total est inférieur, la CDHR comble la différence. La CEHR est donc déjà comptée dans ce que vous avez payé : vous ne la repayez pas une seconde fois. Mais — et c'est tout l'enjeu — les deux peuvent être dues et s'additionnent économiquement sur votre avis.

Exemple chiffré express : voir la CEHR « se ranger » au numérateur

Prenons un RFR retraité de 300 000 €. Le plancher visé est donc de 20 % × 300 000 = 60 000 €. Supposons que vous ayez déjà acquitté 50 000 € d'impôt sur le revenu et 2 000 € de CEHR : au numérateur, on additionne ces deux postes, soit 52 000 €. La CDHR ne réclame alors que l'écart résiduel : 60 000 − 52 000 = 8 000 €. Vous voyez le mécanisme : la CEHR n'est pas ajoutée par-dessus la CDHR ; elle réduit la CDHR à due concurrence. Sans elle au numérateur, la contribution différentielle aurait été plus lourde de 2 000 €. (Ordres de grandeur pédagogiques, prélèvements sociaux volontairement absents : ils ne figurent jamais ici.)

Le piège du raccourci à casser

Dire « je paie déjà la CEHR, donc je suis tranquille pour la CDHR » est faux. La CEHR de 3-4 % ne suffit presque jamais, à elle seule, à porter votre taux d'imposition sur le revenu à 20 % : c'est précisément l'écart résiduel que la CDHR vient capturer. L'administration exprime d'ailleurs le test sous la forme « IR + CEHR < 20 % du revenu » — confirmant que la CEHR est bien au numérateur, pas une taxe parallèle.

Pour dérouler ce calcul pas à pas, avec un exemple complet et la place exacte de chaque impôt au numérateur, voyez la méthode de calcul de la CDHR pas à pas.

§ 5L'ERREUR N° 1·3 MIN

Le piège n° 1 : les prélèvements sociaux ne comptent PAS

S'il y a une erreur que je corrige à chaque rendez-vous sur le sujet, c'est celle-là. Au numérateur de la CDHR — l'impôt déjà payé que l'on retranche du plancher de 20 % — on ne compte QUE l'impôt sur le revenu : barème, part IR du PFU (12,8 %), PFL de l'assurance-vie, CEHR et majorations. Les prélèvements sociaux (17,2 % ou 18,6 %) en sont exclus. Jamais ils n'entrent dans le test des 20 %.

L'erreur à 0 € près

Le piège classique : « j'ai déjà payé 30 % de PFU, donc je suis bien au-dessus de 20 %, je ne suis pas concerné par la CDHR ». Faux. Sur ces 30 %, seuls 12,8 % sont de l'impôt sur le revenu ; les 17,2 % restants sont des prélèvements sociaux, qui ne comptent pas. Votre IR effectif sur ces revenus reste donc sous 20 %→ la CDHR mord. C'est exactement pour cela que les revenus au PFU sont les premiers déclencheurs de la contribution.

Encore faut-il appliquer le bon taux de prélèvements sociaux, car la loi de financement de la sécurité sociale 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a instauré une dualité :

Un rachat d'assurance-vie supporte 17,2 % de prélèvements sociaux (et non 18,6 %). Dans les deux cas, ces PS sont exclus du numérateur de la CDHR.
Taux de PS 2026Revenus concernés
18,6 %Dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA, PER (gains à la sortie), LMNP
17,2 % (maintenu)Assurance-vie, contrats de capitalisation, revenus fonciers, plus-values immobilières, PEL/CEL

En clair, pour vous : un rachat d'assurance-vie supporte 17,2 % de PS — pas 18,6 % — et ces 17,2 % ne comptent pas dans le test des 20 %. C'est l'une des raisons pour lesquelles un gros rachat d'assurance-vie peut, à lui seul, déclencher la CDHR malgré l'impôt déjà acquitté.

§ 6LE DÉTONATEUR·3 MIN

L'effet double, voire triple peine d'un revenu exceptionnel

C'est le rendez-vous que je redoute le plus : celui où un dirigeant me montre son avis d'imposition de l'année suivante et découvre ce qu'un seul rachat a coûté. Il avait besoin de 200 000 € de trésorerie, il a racheté son assurance-vie — et un revenu exceptionnel, qu'il s'agisse d'un gros rachat, d'une cession de titres ou d'un dividende massif, produit un effet en cascade.

Le même événement gonfle le RFR et alimente quatre couches à la fois : ① il franchit ou aggrave les tranches de la CEHR ; ② il alimente la base de la CDHR (le revenu exceptionnel est retenu pour le quart, 25 %, mais il est retenu) ; ③ il génère l'impôt sur le revenu (barème ou PFU) ; ④ il supporte les prélèvements sociaux (17,2 % sur l'assurance-vie, 18,6 % sur les dividendes ou plus-values mobilières).

Ce n'est pas une pénalité, c'est une mécanique d'assiette

Attention à ne pas surjouer le drame : il n'y a pas de « surtaxe punitive » cachée. Ce sont quatre assiettes assises sur le même euro de RFR ; l'État ne les a pas empilées pour vous punir, elles se recoupent par construction. Deux garde-fous jouent quand même : la CEHR a son quotient propre pour les revenus exceptionnels, et la CDHR ne retient l'exceptionnel que pour le quart tout en appliquant la décote de 82,5 % entre le seuil et 330 000 € (célibataire) ou 660 000 € (couple). Pour le détail du lissage de la CEHR, voyez le lissage de la CEHR pour un revenu exceptionnel.

Mais sur un besoin de trésorerie ponctuel, la vraie question n'est pas « combien d'impôt ? » — c'est « faut-il vraiment vendre pour avoir l'argent ? ». Pierre, justement, n'était pas obligé de racheter. On y revient juste après les chiffres.

§ 7CAS CHIFFRÉS·4 MIN

Cas chiffré : un rachat d'assurance-vie de 200 000 €

Trois profils anonymisés, représentatifs de ce qu'on voit passer en rendez-vous à Chambéry. Les prénoms sont fictifs, mais les ordres de grandeur sont réalistes. Important : ces calculs sont des illustrations pédagogiques aux taux 2026 ; la CDHR n'ayant pas encore de doctrine BOFiP, chaque situation doit être confirmée avec le simulateur officiel et votre conseil.

Cas 1 — Pierre, célibataire : un rachat d'assurance-vie de 200 000 € (le détonateur)

Pierre a un RFR « hors rachat » de 230 000 €. Pour financer un projet, il rachète son contrat d'assurance-vie de plus de 8 ans, dégageant 200 000 € de produit imposable, à l'option PFU.

Effet sur le RFR : le rachat porte son RFR à ~430 000 € → il franchit le seuil de la CEHR (250 k) et celui de la CDHR (250 k).
Prélèvements sociaux : 200 000 × 17,2 % = 34 400 € (assurance-vie — pas 18,6 % ; et ces PS n'entrent pas dans le test CDHR).
Impôt sur le revenu du rachat : part IR du PFU 12,8 % ≈ 200 000 × 12,8 % = 25 600 € (illustratif, hors abattement).
CEHR : la fraction de RFR au-delà de 250 k entre dans la tranche à 3 % → environ 5 400 € (illustratif).
CDHR : le rachat au PFU (12,8 % d'IR) dilue son taux effectif → la CDHR peut combler l'écart jusqu'à 20 %.
Message : un seul geste → PS + IR + CEHR + (risque) CDHR. Une fiscalité immédiate en dizaines de milliers d'euros.

Cas 2 — Hélène & Marc, couple au barème, RFR 520 000 € (la CDHR nulle)

Le couple a un RFR de 520 000 €, intégralement imposé au barème (salaires et revenus professionnels élevés).

CEHR : RFR > 500 000 € → due (3 % sur la fraction de 500 k à 520 k ≈ 600 €, illustratif).
CDHR : leur IR effectif dépasse déjà 20 % du RFR (barème élevé) → CDHR = 0 €. La majoration couple de 12 500 € au numérateur renforce encore l'absence de CDHR.
Message : entrer dans le champ ≠ payer la CDHR. Le barème « protège » du plancher ; ici, seule la CEHR est due.

Cas 3 — Sophie, cession de titres : l'exceptionnel au quart + la décote

Sophie est célibataire, RFR courant de 180 000 €. Elle réalise une plus-value de cession exceptionnelle de 400 000 €.

CDHR — le quart : la PV exceptionnelle n'est retenue que pour le quart : 400 000 × 25 % = 100 000 € → revenu retraité ≈ 280 000 €.
CDHR — la décote : revenu retraité ≤ 330 000 € → la CDHR est réduite de 82,5 % de (280 000 − 250 000) = 82,5 % × 30 000 = 24 750 € de réduction.
CEHR : elle frappe le RFR total mais dispose de son quotient propre pour amortir le pic.
Message : sans le quart ni la décote, l'effet serait brutal. L'anticipation — timing, et une trésorerie de transition par crédit lombard plutôt qu'un rachat — change tout.

Note de méthode : lisez ces chiffres pour ce qu'ils sont

Ces trois cas sont des illustrations fiscales aux taux 2026. Au numérateur de la CDHR, les prélèvements sociaux ne figurent jamais ; ne pas oublier non plus la décote ni le quart. En l'absence de doctrine BOFiP sur la CDHR, ils doivent être recalculés au cas par cas avec le simulateur officiel et votre conseil. Pour le calcul exact, voyez la méthode de calcul de la CDHR pas à pas.
§ 8LE LEVIER·4 MIN

Le levier qu'on oublie : ne pas créer le revenu

Reprenons le cas de Pierre. Il avait besoin de 200 000 €. En rachetant son assurance-vie, il a déclenché tout l'empilement : PS, IR, CEHR, risque de CDHR. Or il existait une autre voie, qui change radicalement la donne : ne pas créer le revenu. C'est, sur un besoin de liquidité, le meilleur moyen de neutraliser le cumul CEHR + CDHR.

Le crédit lombard : un prêt, pas un revenu

Le crédit lombard est un prêt garanti par le nantissement de votre épargne — votre contrat d'assurance-vie (art. L. 132-10 du Code des assurances) ou votre compte-titres (art. 2355 du Code civil). Au lieu de racheter, vous empruntez en mettant votre capital en garantie. Concrètement, Pierre touche ses 200 000 € sans rien vendre, donc sans produit imposable : son RFR reste à 230 000 €, il ne franchit ni le seuil CEHR ni celui de la CDHR. Un prêt n'est ni un revenu, ni un produit imposable : il ne génère ni RFR, ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux. Il ne déclenche donc ni n'aggrave la CEHR ou la CDHR, et il préserve l'antériorité fiscale de votre contrat (les 8 ans, l'abattement annuel).

Rachat de 200 000 €

Crée un produit imposable, gonfle le RFR, déclenche ou aggrave CEHR et CDHR, en plus de l'IR et des prélèvements sociaux de 17,2 %. Casse l'antériorité fiscale : les sommes sorties ne capitalisent plus. Empilement fiscal immédiat, en dizaines de milliers d'euros.

Crédit lombard de 200 000 €

Un prêt, pas un revenu : 0 € de RFR, 0 € d'IR, 0 € de PS, aucune CEHR ni CDHR déclenchée. Seul coût : les intérêts (de l'ordre de 2,7 à 4,5 % tout compris en 2026). Le contrat reste investi et capitalise. À condition d'accepter un effet de levier maîtrisé.

Côté technique, retenez quelques repères (le détail est dans le guide dédié) : prêt généralement in fine, LTV (quotité de financement) d'environ 50 à 90 % selon l'actif nanti — une LTV prudente se situe sous 50 % —, taux 2026 d'environ 2,7 à 4,5 % tout compris, et un appel de marge possible si la valeur de la garantie baisse sous le seuil contractuel (exécution accélérée, art. L. 211-38 du CMF). Le crédit lombard échappe par ailleurs au plafond d'endettement HCSF de 35 %, car c'est un crédit patrimonial et non immobilier.

Déontologie : un effet de levier à double tranchant

Je le dis à chaque rendez-vous : le crédit lombard n'est pas un tour de passe-passe. C'est un effet de levier, et le levier amplifie les pertes comme les gains. En cas de baisse marquée des marchés, un appel de marge peut vous contraindre à rembourser ou à apporter des garanties sous quelques jours. À cela s'ajoute le risque de taux (l'essentiel des offres est indexé). Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ce levier ne convient pas à tous les profils : il se dimensionne avec un conseil, en gardant une LTV prudente.

C'est tout le sens du second volet de ce dossier : mobiliser son capital sans déclencher l'impôt. Pour l'approche complète, voyez mobiliser son capital sans déclencher l'impôt ; pour le comparatif chiffré rachat contre lombard, rachat ou crédit lombard : le comparatif chiffré ; et pour la mécanique technique du prêt, le guide technique complet du crédit lombard.

Hagnéré Patrimoine

Faut-il racheter ou nantir pour vos 200 000 € ?

Un CGP indépendant estime ce qu'un rachat déclencherait en CEHR, CDHR, IR et prélèvements sociaux, puis le compare au coût réel d'un crédit lombard adossé à votre contrat. Et si le levier n'est pas adapté à votre profil, on vous le dit franchement.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 9ANTI-CONFUSION·2 MIN

Et l'assurance-vie luxembourgeoise dans tout ça ?

Une question revient souvent quand on parle de mobiliser son capital : « et si je passe par une assurance-vie luxembourgeoise, est-ce que je paie moins de CEHR ou de CDHR ? » La réponse, en toute honnêteté, est non — et il faut le dire clairement pour éviter une fausse promesse.

Pour un résident fiscal français, la fiscalité de l'AVL est identique à celle de l'assurance-vie française : mêmes règles de rachat, même 17,2 % de prélèvements sociaux, même article 990 I au décès. Aucun avantage de barème. Un rachat sur un contrat luxembourgeois gonfle le RFR exactement comme un rachat français.

L'avantage de l'AVL est ailleurs : la sécurité, pas la fiscalité

Ce qui distingue l'assurance-vie luxembourgeoise, c'est la sécurité (triangle de sécurité avec le Commissariat aux Assurances, super-privilège de l'article 118 de la loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015 qui fait du preneur un créancier de premier rang, protection illimitée contre 70 000 € pour le FGAP français), le caractère multidevises et l'architecture ouverte. C'est aussi un support de choix pour le nantissement d'un crédit lombard. Pour le fond, voyez le guide de l'assurance-vie luxembourgeoise ; et pour l'association des deux, l'assurance-vie luxembourgeoise et le crédit lombard : le duo.
§ 10CAS PARTICULIERS·2 MIN

Cas particuliers : non-résidents, profession libérale

Deux profils sortent du cadre général qu'on vient de décrire : l'expatrié et le libéral.

Les non-résidents

C'est précisément là que les deux contributions divergent. Un non-résident est redevable de la CEHR sur ses revenus de source française (loyers, dividendes), mais jamais de la CDHR, qui ne vise que les contribuables domiciliés fiscalement en France au sens de l'article 4 B du CGI. Pour un non-résident à hauts revenus de source française, le test des 20 % de la CDHR ne s'applique donc tout simplement pas.

La profession libérale et le dirigeant de SEL

Pour un libéral ou un dirigeant de société d'exercice libéral, la mécanique du cumul se décline sur ses revenus propres : dividendes de SEL au PFU (12,8 % d'IR, donc déclencheurs typiques de la CDHR), plus-value de cession du cabinet (revenu exceptionnel retenu pour le quart). Le BNC imposé au barème, lui, protège souvent du plancher. Ce cas mérite son propre traitement : la CDHR de la profession libérale.

Une contribution conditionnée à l'état des finances publiques

Gardez enfin à l'esprit que la CDHR a été reconduite par la loi de finances 2026, mais qu'elle reste conditionnée au déficit public : le texte la proroge tant que le déficit du budget général de l'État dépasse 3 % du PIB. Sa pérennité au-delà de 2026 reste donc, à ce stade, suspendue au retour des comptes publics sous ce seuil. La CEHR, elle, demeure permanente. Pour le détail des évolutions, ce qui change avec la loi de finances 2026.

Si vous ne deviez retenir que trois choses : CEHR et CDHR sont deux bêtes différentes, les 17,2 % de PS ne comptent pas dans le test des 20 %, et un gros rachat — comme celui de Pierre — peut déclencher les quatre couches d'un coup. La meilleure parade sur un besoin de liquidité reste de ne pas créer le revenu. Pour bâtir une stratégie d'ensemble, voyez le guide pour payer moins d'impôts et, si la dette est rattachée à un actif taxable, la déductibilité des intérêts du lombard de la dette IFI (art. 974).

Méthode documentée

Maîtriser CEHR et CDHR avec Clément Chatelain

Cabinet de Bassens (Savoie), 100 % indépendant. On estime votre exposition réelle aux deux contributions, on mesure l'impact d'un rachat ou d'une cession sur votre RFR, et on étudie l'alternative du crédit lombard pour mobiliser votre capital sans créer de revenu. Et si, après calcul, votre IR dépasse déjà 20 % — comme le couple Hélène & Marc —, on vous le dira : vous n'avez pas de CDHR à payer.

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Sources et références légales

  • CGI — la CEHR et la CDHR

    Art. 223 sexies CGI (CEHR : surtaxe par tranches de 3 % de 250 000 à 500 000 € puis 4 % au-delà de 500 000 €, seuils doublés pour un couple, permanente depuis les revenus 2011, applicable aux non-résidents, quotient propre). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du RFR retraité au-delà de 250 000 € / 500 000 € ; CEHR retranchée au numérateur ; prélèvements sociaux exclus ; décote de 82,5 % entre le seuil et 330 000 / 660 000 € ; quart des revenus exceptionnels ; majorations de 1 500 € par personne à charge et 12 500 € par couple ; résidents seulement, art. 4 B). Art. 1417 IV CGI (revenu fiscal de référence, assiette commune). Art. 200 A CGI (PFU : part IR de 12,8 % au numérateur). Art. 125-0 A CGI (assurance-vie, PFL). Il n'existe pas, à ce jour, de doctrine BOFiP dédiée à la CDHR : seules une FAQ et des actualités de l'administration la précisent.

  • Lois de finances et de financement (2025-2026)

    Loi n° 2025-127 du 14/02/2025 (LF 2025), art. 10 : création de la CDHR au titre des revenus 2025. Loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026), art. 2 : reconduction de la CDHR pour les revenus 2026, tant que le déficit du budget général de l'État reste supérieur à 3 % du PIB. Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : dualité des prélèvements sociaux (18,6 % sur dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA, PER à la sortie, LMNP ; 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie, les contrats de capitalisation, les revenus fonciers, les plus-values immobilières, PEL/CEL), exclus du calcul de la CDHR. PASS 2026 = 48 060 €.

  • Crédit lombard et nantissement

    Art. L. 132-10 C. assurances (nantissement du contrat d'assurance-vie). Art. 2355 C. civil (nantissement de créance et de compte-titres, opposabilité aux tiers). Art. L. 211-38 CMF (exécution accélérée des garanties financières en cas d'appel de marge). Art. 974 CGI (intérêts déductibles de l'assiette IFI si la dette est rattachée à un actif taxable). Art. 31 CGI (intérêts déductibles des revenus fonciers en cas d'affectation locative). Le crédit lombard ne génère ni revenu fiscal de référence, ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux : un prêt n'est pas un revenu.

  • Assurance-vie luxembourgeoise

    Loi luxembourgeoise du 07/12/2015 (modifiée le 10/08/2018), art. 118 : super-privilège du preneur d'assurance-vie luxembourgeoise (créancier de premier rang, protection illimitée, à comparer au plafond de 70 000 € du FGAP français). Triangle de sécurité (compagnie, banque dépositaire avec actifs ségrégés, Commissariat aux Assurances). Pour un résident fiscal français, la fiscalité de l'AVL est identique à celle de l'assurance-vie française : mêmes règles de rachat, mêmes prélèvements sociaux de 17,2 %, même article 990 I au décès. Aucun avantage de barème.

  • Contrôle de constitutionnalité et doctrine

    Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13/02/2025 et n° 2026-901 DC du 19/02/2026 (création puis reconduction de la CDHR non censurées — contrôle de conformité a priori, sans validation au fond, à la différence de la CEHR validée au fond par la décision 2012-662 DC). BOI-IR-CHR (doctrine administrative sur la CEHR). FAQ et actualités impôts.gouv.fr sur la CDHR (test IR + CEHR < 20 % du revenu, acompte de 95 % versé entre le 1er et le 15 décembre, revenus exceptionnels retenus pour le quart). Art. 4 B CGI (domicile fiscal : la CDHR vise les seuls résidents).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. L'estimation de votre exposition à la CEHR et à la CDHR, comme le dimensionnement d'un éventuel crédit lombard, doivent faire l'objet d'une étude individualisée. Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, FAQ de l'administration, jurisprudence). La CDHR ne fait, à ce jour, l'objet d'aucune doctrine BOFiP opposable : les calculs présentés sont des ordres de grandeur pédagogiques, à confirmer avec le simulateur officiel. Sa pérennité au-delà de 2026 reste conditionnée au retour du déficit public sous 3 % du PIB et est donc formulée au conditionnel. Le crédit lombard est un effet de levier à double tranchant : appel de marge, risque de taux, les performances passées ne préjugent pas des performances futures et le levier amplifie les pertes.

Foire aux questions

Tout sur la différence et le cumul CEHR / CDHR en 2026 seuils, numérateur, prélèvements sociaux et levier.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : ne pas confondre les deux contributions, comprendre qu'elles se cumulent sans double comptage, savoir pourquoi les prélèvements sociaux sont exclus, et comment mobiliser son capital sans créer de revenu. Réponses sourcées et à jour 2026.