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Guide hauts revenus 202613 minMis à jour 25 juin 2026Méthode pas à pas

Comment calculer la CDHR ? La méthode pas à pas, avec un cas chiffré complet

La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR, article 224 du CGI) est un impôt plancher : elle garantit une imposition minimale de 20 % de votre revenu fiscal de référence retraité au-delà de 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Ce guide déroule le calcul en 5 étapes, terme par terme, puis l'applique à un cas chiffré complet — un célibataire à 400 000 € de RFR dont 320 000 € de dividendes au PFU, soit 17 436 € de CDHR — et à une variante couple. La règle à ne jamais oublier : au numérateur, on ne compte que l'impôt sur le revenu, jamais les prélèvements sociaux. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

CALCUL CDHR 2026

Calculer votre CDHR et la réduire avant le 15 décembre

Estimation chiffrée de votre CDHR (et de votre CEHR), identification des leviers d'assiette qui baissent votre RFR sous les seuils, calibrage de l'acompte de décembre. Cabinet 100 % indépendant, modélisation au cas par cas, coordination avec votre expert-comptable.

  • Estimation de votre CDHR réelle
  • Pilotage du RFR sous les seuils
  • Calibrage de l'acompte de décembre
  • Cabinet 100 % indépendant

PLANCHER

20 % du RFR

SEUIL CÉLIBATAIRE

250 000 €

SEUIL COUPLE

500 000 €

ZONE DE DÉCOTE

jusqu'à 330 / 660 k€

REVENUS EXCEPTIONNELS

retenus 1/4

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

Le principe du calcul en 30 secondes

Vous gagnez bien votre vie, vous payez déjà l'impôt sur le revenu, 17,2 à 18,6 % de prélèvements sociaux et, depuis 2011, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) — et l'État rajoute une couche : la CDHR. Mauvaise surprise classique : un dirigeant qui s'est versé l'essentiel en dividendes croit être « déjà à 30 % » et découvre qu'il doit, en plus, plusieurs dizaines de milliers d'euros. Dans notre cas chiffré, un célibataire à 400 000 € de RFR — qui paie pourtant déjà plus de 120 000 € au fisc — se voit réclamer 17 436 € de CDHR supplémentaires. Rassurez-vous : la CDHR se calcule en cinq étapes, et aucune ne dépasse une règle de trois — ce guide les applique pas à pas, ligne à ligne, jusqu'au montant final.

Car la CDHR n'est pas une surtaxe par tranches : c'est un impôt plancher. L'article 224 du CGI dit en substance ceci : si votre impôt sur le revenu représente moins de 20 % de votre revenu fiscal de référence retraité, et que ce RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple), la contribution vient combler la différence pour vous amener à ce plancher de 20 %. Calculer la CDHR revient à comparer deux montants : d'un côté, 20 % du revenu retraité ; de l'autre, l'impôt sur le revenu que vous payez déjà. La CDHR est la différence positive entre les deux.

La CDHR en une image

Voyez-le comme un niveau d'eau minimum : votre impôt sur le revenu doit atteindre la barre des 20 % du RFR retraité. S'il est au-dessus, vous ne devez rien de plus ; s'il reste en dessous, la CDHR remplit juste ce qu'il manque pour atteindre la barre.
Deux paramètres déforment l'image : la décote abaisse temporairement la barre juste au-dessus du seuil, et les majorations (personnes à charge, couple) font monter un peu votre niveau.

L'erreur de calcul n° 1 : ne jamais inclure les prélèvements sociaux

Au numérateur du test des 20 %, on ne compte que l'impôt sur le revenu (barème, part impôt du PFU à 12,8 %, prélèvement libératoire de l'assurance-vie, CEHR). Les prélèvements sociaux — 18,6 % sur les dividendes et plus-values mobilières, 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie et le foncier en 2026 — sont exclus. C'est la confusion la plus coûteuse : elle conduit à croire qu'on est « déjà à 30 % » alors que, pour la CDHR, on n'est qu'à 12,8 %. Ce guide explique le pourquoi du calcul ; pour le principe du plancher dans tous ses détails, voyez le taux minimum de 20 % expliqué.

Le calcul de la CDHR en 30 secondes

1. Reprenez votre RFR retraité (les revenus exceptionnels ne comptent que pour le quart). 2. Vérifiez qu'il dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple) ; entre le seuil et 330 000 / 660 000 €, une décote s'applique. 3. Calculez 20 % du RFR retraité, plus les majorations (1 500 € / personne à charge, 12 500 € / couple). 4. Additionnez votre impôt sur le revenu déjà payé (barème + 12,8 % du PFU + PFL assurance-vie + CEHR), sans les prélèvements sociaux. 5. La CDHR est l'écart positif entre l'étape 3 et l'étape 4. Le reste du guide déroule chaque étape sur un cas réel.
§ 2LA FORMULE·2 MIN

La formule de la CDHR, terme par terme

Voici la formule complète ; on s'y réfèrera à chaque étape. C'est elle qu'on appliquera, ligne à ligne, dans le cas chiffré.

Formule générale de la CDHR (art. 224 CGI)

CDHR due = max ( 0 ;
    [ 20 % x revenu retraite + majorations ]
  - [ IR au bareme + part IR du PFU 12,8 %
      + PFL assurance-vie + CEHR ] )
  - decote eventuelle

Revenu retraite = RFR (art. 1417 IV), sans quotient,
  les revenus exceptionnels comptes pour 1/4

Majorations = 1 500 EUR / personne a charge
            + 12 500 EUR / couple (imposition commune)

Decote (zone seuil -> 330 000 / 660 000 EUR), art. 224 V :
  CDHR diminuee de max(0 ;
    20 % x RFR - 82,5 % x (revenu - seuil))

Les prélèvements sociaux (17,2 % / 18,6 %) ne figurent NULLE PART dans cette formule. Seul l'impôt sur le revenu — au sens large : barème, part IR du PFU, PFL de l'assurance-vie, CEHR — est retranché. Calculs à confirmer avec le simulateur officiel.

La soustraction oppose deux blocs. Le premier, 20 % du revenu retraité + majorations, c'est le plancher cible : le montant d'impôt sur le revenu que l'État estime que vous devriez payer au minimum. Le second, entre crochets, c'est l'impôt sur le revenu que vous payez déjà — ce qu'on appelle le numérateur. Si le premier bloc dépasse le second, l'écart est dû au titre de la CDHR. Sinon, la contribution est nulle.

Lecture du calcul : la colonne « plancher » contre la colonne « numérateur ». Les prélèvements sociaux sont la seule ligne à n'apparaître nulle part.
TermeCe qu'il contientDans le calcul
Revenu retraitéRFR (1417 IV) sans quotient ; revenus exceptionnels pour 1/4Base du plancher (× 20 %)
Majorations1 500 € / personne à charge + 12 500 € / coupleS'ajoutent au plancher (atténuent)
IR au barèmeImpôt progressif sur salaires, BNC/BIC, foncier, retraites…Retranché (numérateur)
Part IR du PFU12,8 % sur dividendes, intérêts, plus-values mobilièresRetranchée (numérateur)
PFL assurance-viePrélèvement libératoire 35 / 15 / 7,5 % (art. 125-0 A)Retranché (numérateur)
CEHRContribution exceptionnelle 3 % / 4 % (art. 223 sexies)Retranchée (numérateur)
Prélèvements sociaux17,2 % ou 18,6 %EXCLUS — jamais comptés
§ 3ÉTAPE 1·2 MIN

Étape 1 — Déterminer le revenu fiscal de référence retraité

Le point de départ, c'est le revenu fiscal de référence de l'article 1417 IV du CGI — celui qui figure sur votre avis d'imposition. La CDHR ne s'arrête pas à ce chiffre : elle le corrige. Deux retraitements pèsent réellement sur le résultat.

Les revenus exceptionnels comptés pour le quart

Les revenus exceptionnels — une plus-value de cession, une prime exceptionnelle, tout revenu non perçu annuellement et supérieur à votre moyenne — ne sont retenus que pour le quart, soit 25 % de leur montant, dans le revenu retraité (la loi de finances 2026 a aligné, par symétrie, l'impôt sur le revenu et la CEHR afférents à ces mêmes revenus sur ce quart). C'est une atténuation décisive : une plus-value de cession de 400 000 € ne pèse que 100 000 € dans l'assiette de la CDHR. L'année où vous cédez, ce quart fait toute la différence.

Le PER et le Madelin restent déduits

Le RFR est calculé après déduction de vos versements sur un PER ou un Madelin déductible, et la liste fermée des réintégrations de l'article 224 ne les réintègre pas. Conséquence pratique : un versement déductible baisse réellement le revenu retraité, donc l'assiette même de la contribution. C'est l'un des rares leviers qui agit directement sur le calcul — d'où son intérêt près des seuils.

Ce qu'on retire aussi du revenu retraité

Le texte diminue également le RFR de certains éléments : abattements spécifiques, bénéfices exonérés, produits soumis à un taux réduit de 10 %, plus-values placées en report dont le report expire, revenus exonérés par convention internationale. Pour un foyer « classique » à hauts revenus (salaires, dividendes, plus-values), ces retraitements sont souvent neutres : le revenu retraité est alors très proche du RFR de l'avis, hors effet du quart.

Exemple express : l'année d'une cession

Un chef d'entreprise cède sa société et réalise une plus-value de 1 000 000 €, avec par ailleurs 120 000 € de revenus courants. Sur son avis d'imposition, le RFR atteint 1 120 000 €. Mais pour la CDHR, la plus-value, qui est un revenu exceptionnel, n'est retenue que pour le quart : 250 000 € au lieu d'un million. Le revenu retraité ressort donc à 120 000 + 250 000 = 370 000 €, et non à 1 120 000 €. Le quart divise par quatre le poids de la cession ; encore faut-il bien identifier ce qui est « exceptionnel ».
§ 4ÉTAPE 2·2 MIN

Étape 2 — Vérifier le seuil et préparer la décote d'entrée

Une fois le revenu retraité connu, on le compare au seuil de déclenchement : 250 000 € pour un célibataire (ou veuf, ou divorcé), 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune. En dessous du seuil, il n'y a rien à calculer. Au-dessus, on poursuit — sans oublier la décote.

La zone de décote

Juste au-dessus du seuil, un lissage amortit l'entrée dans le dispositif et évite l'effet de couperet. Tant que le revenu retraité reste dans la zone seuil → 330 000 € (célibataire) ou seuil → 660 000 € (couple), la CDHR calculée est réduite. Le texte officiel (art. 224 V du CGI) prévoit que la contribution est diminuée de la différence, lorsqu'elle est positive, entre 20 % du revenu fiscal de référence et 82,5 % de l'écart entre ce revenu et le seuil (250 000 € ou 500 000 €). Au-delà de 330 000 € / 660 000 €, cette différence devient nulle : la décote s'éteint et le plancher de 20 % joue à plein.

Repérer rapidement où vous êtes

Revenu retraite < seuil (250 / 500 k EUR)
   -> CDHR = 0, on s'arrete

seuil <= revenu retraite <= 330 / 660 k EUR
   -> zone de decote : CDHR attenuee

revenu retraite > 330 / 660 k EUR
   -> plancher de 20 % a plein effet

La décote concerne uniquement la tranche basse, entre le seuil et 330 000 € (célibataire) ou 660 000 € (couple). Au-delà, elle ne joue plus.

Attention à la formulation exacte de la décote

Disons-le franchement : la décote est la partie la plus délicate du calcul. La formule officielle (art. 224 V du CGI) est « la contribution est diminuée de la différence, lorsqu'elle est positive, entre 20 % du RFR et 82,5 % de l'écart entre ce revenu et le seuil » : le terme retranché n'est pas simplement « 82,5 % de l'écart au seuil » (raccourci souvent cité, et inexact). Dans la zone de décote, le montant exact doit être confirmé au simulateur officiel. Dans nos cas chiffrés, nous restons volontairement en dehors de la zone de décote (RFR > 330 000 €) pour présenter des montants nets de toute ambiguïté.

Aller plus loin : suis-je seulement concerné ?

Avant même de dérouler le calcul, la vraie première question est : votre revenu retraité dépasse-t-il 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple) ? Si la réponse est non, la CDHR ne vous concerne pas, et ce guide reste un repère pour l'avenir. Pour trancher en trois questions, voyez le test « suis-je concerné par la CEHR ou la CDHR ? ». Et si vous exercez en libéral (médecin, avocat, expert-comptable…), avec des revenus très variables d'une année à l'autre, le calcul comporte des subtilités propres détaillées dans la CDHR pour les professions libérales.
§ 5ÉTAPE 3·2 MIN

Étape 3 — Calculer 20 % du revenu retraité, puis ajouter les majorations

Cette étape ne pose aucune difficulté de calcul ; le piège, c'est d'oublier les majorations. On multiplie le revenu retraité par 20 % : c'est le plancher d'impôt sur le revenu cible. Puis on lui ajoute les majorations forfaitaires, qui jouent en votre faveur :

  • + 1 500 € par personne à charge ;
  • + 12 500 € pour un couple soumis à imposition commune.

Concrètement, ces majorations viennent grossir l'impôt « déjà payé » du côté droit de la soustraction : à RFR égal, votre CDHR baisse d'autant. Un couple avec deux enfants à charge bénéficie ainsi de 12 500 € + 2 × 1 500 € = 15 500 € de majorations.

Le bloc « plancher »

Plancher cible = 20 % x revenu retraite
              + 1 500 EUR / personne a charge
              + 12 500 EUR si couple

Exemple celibataire sans enfant, RFR 400 000 EUR :
  20 % x 400 000 = 80 000 EUR
  + majorations : 0
  Plancher cible = 80 000 EUR

C'est ce montant que votre impôt sur le revenu doit atteindre. S'il reste en dessous, la CDHR comble l'écart.

§ 6ÉTAPE 4·2 MIN

Étape 4 — Additionner l'impôt déjà payé (et seulement lui)

C'est l'étape clé, celle où se joue l'erreur n° 1. On additionne tout l'impôt sur le revenu que vous supportez déjà sur l'année — et rien d'autre :

  • l'impôt sur le revenu au barème (salaires, BNC/BIC, revenus fonciers, pensions…) ;
  • la part « impôt sur le revenu » du PFU, soit 12,8 % sur vos dividendes, intérêts et plus-values mobilières ;
  • le prélèvement forfaitaire libératoire de l'assurance-vie (35 / 15 / 7,5 % selon l'ancienneté, art. 125-0 A) ;
  • la CEHR déjà due (art. 223 sexies) ;
  • les majorations forfaitaires de l'étape 3.

Ce qu'on n'ajoute SURTOUT pas

On n'ajoute pas les prélèvements sociaux (17,2 % sur l'assurance-vie et le foncier, 18,6 % sur les dividendes et plus-values mobilières). On n'ajoute pas non plus l'IFI, ni les cotisations sociales du travailleur indépendant. La CDHR ne regarde qu'une chose : l'impôt sur le revenu. Un médecin qui paie 60 000 € de cotisations à sa caisse de retraite, 40 000 € de prélèvements sociaux sur ses dividendes et 8 000 € d'IFI peut additionner tout ça : aucun de ces euros n'entre dans le test des 20 %. C'est pour cette raison qu'un revenu au PFU, dont seuls 12,8 points sont de l'impôt sur le revenu, fait si facilement basculer le foyer sous le plancher de 20 %.

Pour bien voir le piège : sur 100 € de dividendes, vous payez 31,4 € au total (12,8 € d'impôt sur le revenu + 18,6 € de prélèvements sociaux). Mais dans le calcul de la CDHR, ces 100 € de dividendes ne sont « couverts » que par 12,8 € d'impôt sur le revenu — soit un taux de 12,8 %, très loin des 20 % exigés. La différence est exactement ce que la CDHR vient chercher.

Un mot sur la CEHR, qui figure dans cette addition : c'est la contribution exceptionnelle de l'article 223 sexies, une surtaxe de 3 % puis 4 % sur le RFR, à ne pas confondre avec la CDHR. Comme elle relève de l'impôt sur le revenu, elle vient en déduction dans le test des 20 % — chaque euro de CEHR rapproche votre imposition du plancher et réduit donc la CDHR d'autant. Pour son barème, ses seuils et son propre calcul, voyez la CEHR : barème, seuils et calcul 2026.

§ 7ÉTAPE 5·1 MIN

Étape 5 — Calculer la CDHR due

Il ne reste qu'à soustraire. On retranche l'impôt déjà payé (étape 4) du plancher cible (étape 3), on applique la décote si l'on est dans la zone d'entrée, et l'on retient le résultat s'il est positif.

Le verdict

CDHR due = max ( 0 ;
    plancher cible (etape 3)
  - impot deja paye  (etape 4) )
  - decote eventuelle

Si le resultat est negatif ou nul -> CDHR = 0
  (votre IR depasse deja 20 % du RFR retraite)

Si le resultat est positif -> c'est votre CDHR

Un résultat nul est une bonne nouvelle : il signifie que votre imposition sur le revenu atteint déjà le plancher de 20 %. La CDHR ne s'ajoute que lorsqu'il reste un écart à combler.

Attention : ce calcul ne sert pas qu'à remplir une case en mai

La CDHR se paie en deux temps. Un acompte de 95 % de la contribution estimée doit être versé spontanément, entre le 1er et le 15 décembre de l'année des revenus — pas l'année suivante. D'où l'intérêt de savoir la calculer avant la fin de l'année. Une majoration de 20 % peut frapper une sous-estimation de plus de 20 % du montant dû, mais l'administration a indiqué ne pas sanctionner une erreur d'estimation de bonne foi.

Le calibrage de cet acompte de décembre, le rôle des 95 % et la majoration de 20 % à éviter font l'objet d'un guide dédié : l'acompte de décembre, mode d'emploi.

§ 8CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré complet : célibataire, RFR 400 000 € dont 320 000 € de dividendes

Passons aux chiffres. Antoine, dirigeant célibataire sans personne à charge, résident fiscal français, s'est versé cette année 80 000 € de revenus au barème (salaire de dirigeant) et 320 000 € de dividendes au PFU : son revenu fiscal de référence retraité s'élève à 400 000 €. Aucun revenu exceptionnel ici : le quart ne joue pas. Les prénoms sont fictifs, les ordres de grandeur réalistes.

Le calcul, étape par étape

Cas pédagogique aux taux 2026. L'IR au barème sur 80 000 € (1 part) suit le barème 2026 (tranches 0/11/30/41/45 %). À confirmer au simulateur officiel.
ÉtapeCalculMontant
1 · Revenu retraitéRFR, pas de revenu exceptionnel400 000 €
2 · Seuil / décote> 250 000 € et > 330 000 € → plancher à pleinDécote nulle
3 · Plancher cible20 % × 400 000 € + 0 majoration80 000 €
4a · IR au barèmeImpôt sur 80 000 € de revenus au barème (1 part)≈ 17 104 €
4b · Part IR du PFU12,8 % × 320 000 € de dividendes40 960 €
4c · CEHR3 % × (400 000 − 250 000)4 500 €
4 · Total impôt déjà payé17 104 + 40 960 + 4 500≈ 62 564 €
Taux d'IR effectif62 564 / 400 00015,64 % < 20 %
5 · CDHR duemax(0 ; 80 000 − 62 564)17 436 €

Le mécanisme apparaît en pleine lumière. Antoine paie déjà 62 564 € d'impôt sur le revenu, soit un taux effectif de 15,64 % de son RFR — sous le plancher de 20 %. La CDHR vient donc combler l'écart, pour 17 436 €. Et ce n'est pas faute de payer : à côté, hors calcul CDHR, Antoine acquitte aussi 59 520 € de prélèvements sociaux (18,6 % × 320 000 € de dividendes). Au total, il verse donc largement plus de 120 000 € à l'État — mais comme les prélèvements sociaux ne comptent pas, son imposition sur le revenu reste en dessous du plancher.

C'est la STRUCTURE du revenu qui déclenche, pas le montant

À RFR strictement identique (400 000 €), changez la composition et le résultat bascule. Si Antoine avait 250 000 € au barème et 150 000 € au PFU (au lieu de 80 000 / 320 000), son taux d'IR effectif grimperait à ≈ 28 % — au-dessus du plancher → CDHR nulle. À l'inverse, plus la part de dividendes au PFU est forte, plus le taux d'IR se dilue vers 12,8 % et plus la CDHR mord. La signature du dispositif tient là : ce n'est pas le niveau de RFR qui décide, mais la part de revenus taxés au PFU (12,8 points d'IR seulement).

Le levier d'assiette d'Antoine

Pour neutraliser sa CDHR, Antoine n'a pas intérêt à chercher une réduction d'impôt (elle creuserait l'écart au plancher), mais à baisser son RFR. Un versement sur un PER déductible, le lissage de ses distributions de dividendes sur plusieurs années, ou la capitalisation d'une partie du bénéfice dans une société à l'IS : tous abaissent le revenu retraité, donc le plancher cible, donc la contribution. Pour mobiliser des liquidités sans déclencher de rachat qui gonflerait son RFR, voyez mobiliser son capital sans impôt grâce à l'assurance-vie et au crédit lombard.
§ 9VARIANTE COUPLE·2 MIN

Variante couple : RFR 800 000 €, imposition commune

Reprenons la même mécanique pour un couple marié, sans personne à charge, dont le revenu fiscal de référence retraité atteint 800 000 € : 200 000 € au barème et 600 000 € de dividendes et plus-values mobilières au PFU. Seuls les paramètres changent — seuil de 500 000 €, borne de décote à 660 000 €, majoration couple — la logique reste identique. À 800 000 €, le couple est au-dessus de la zone de décote : le plancher joue à plein, le calcul est net.

Les paramètres « couple »

Seuil de déclenchement : 500 000 € (au lieu de 250 000 €). Zone de décote : de 500 000 € à 660 000 €. Notre couple à 800 000 € est AU-DELÀ de cette zone : aucune décote, le plancher de 20 % s'applique à plein. Majoration : 12 500 € (couple).

Le calcul du plancher

Plancher cible = 20 % × 800 000 € + 12 500 € de majoration couple = 160 000 € + 12 500 € = 172 500 € d'impôt sur le revenu attendu. C'est ce montant que l'impôt déjà payé doit atteindre pour que la CDHR soit nulle.

Cas pédagogique aux taux 2026. Le couple étant au-delà de la zone de décote (> 660 000 €), le plancher de 20 % s'applique à plein. À confirmer au simulateur officiel.
ÉtapeCalculMontant
1 · Revenu retraitéRFR du foyer, pas de revenu exceptionnel800 000 €
2 · Seuil / décote> 500 000 € et > 660 000 € → plancher à pleinDécote nulle
3 · Plancher + majorations20 % × 800 000 € + 12 500 € (couple)172 500 €
4a · IR au barèmeImpôt sur 200 000 € au barème (2 parts)≈ 49 601 €
4b · Part IR du PFU12,8 % × 600 000 €76 800 €
4c · CEHR3 % × (800 000 − 500 000)9 000 €
4 · Total impôt déjà payé49 601 + 76 800 + 9 000≈ 135 401 €
Taux d'IR effectif135 401 / 800 00016,93 % < 20 %
5 · CDHR duemax(0 ; 172 500 − 135 401)37 099 €

Pourquoi ce couple à 800 000 € paie quand même 37 099 €

Ce que ce couple montre tient en deux points concrets. D'abord, tous les curseurs doublent par rapport au célibataire : seuil de 500 000 € au lieu de 250 000 €, borne de décote de 660 000 € au lieu de 330 000 €, et une majoration forfaitaire de 12 500 € (à laquelle s'ajouteraient 1 500 € par personne à charge). Ensuite, même au-dessus du seuil, c'est encore la part de revenus au PFU (600 000 € sur 800 000 €) qui tire le taux d'IR effectif à 16,93 %, sous le plancher : la CDHR comble l'écart, ici 37 099 €. Pour comprendre comment seuils, barème et majorations s'articulent entre la CEHR et la CDHR, voyez les différences et le cumul des deux contributions et, pour savoir si vous êtes concerné, le test « suis-je concerné par la CEHR ou la CDHR ? ».
Hagnéré Patrimoine

Refaire ce calcul sur VOS chiffres

Ces cas sont des illustrations. Sur votre situation réelle — revenus au barème, dividendes, plus-values, CEHR, personnes à charge — un CGP indépendant modélise votre CDHR ligne à ligne et identifie les leviers d'assiette qui la réduisent, en coordination avec votre expert-comptable.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 10ANTICIPER·2 MIN

Anticiper : pourquoi un rachat alourdit votre CDHR (et pas un crédit lombard)

Quand on a fait tourner le calcul une fois, le réflexe à éviter devient clair : chaque euro ajouté au revenu retraité fait monter la CDHR. Or beaucoup de hauts revenus, ayant besoin de liquidités, rachètent une partie de leur assurance-vie ou cèdent des titres — sans réaliser que cette opération augmente leur RFR et peut déclencher ou aggraver la contribution. Un dirigeant qui rachète 100 000 € sur son contrat pour financer des travaux peut, sans le voir venir, franchir le seuil.

Un rachat d'assurance-vie

Un rachat génère un produit imposable : il s'ajoute au RFR, supporte l'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, et peut faire franchir le seuil ou aggraver la CDHR. Mobiliser son épargne par un rachat, c'est nourrir le calcul que l'on cherche justement à limiter.

Un crédit lombard

Le crédit lombard (nantissement du contrat) procure des liquidités SANS rachat : aucun revenu n'est généré, le RFR reste inchangé, et la CDHR comme la CEHR ne sont ni déclenchées ni aggravées. L'antériorité fiscale du contrat est préservée. Ce n'est ni un revenu, ni un produit imposable.

C'est précisément le pont entre la maîtrise du calcul et la stratégie patrimoniale : si vous avez besoin de trésorerie sans vouloir alourdir votre RFR — et donc votre CDHR — la voie du nantissement mérite d'être étudiée. La stratégie d'ensemble est détaillée dans mobiliser son capital sans déclencher l'impôt ; pour la mécanique technique du prêt (quotités de financement par actif, taux 2026, appel de marge), voyez le crédit lombard expliqué en détail, et pour l'enveloppe qui s'y prête le mieux, l'assurance-vie luxembourgeoise (triangle de sécurité, super-privilège). Le levier de déduction par le PER, lui, est détaillé dans le guide du Plan d'Épargne Retraite.

Note de méthode : un calcul, pas une promesse

Les montants de ce guide sont des illustrations fiscales aux taux 2026, fondées sur le plancher de 20 %, la décote et le quart des revenus exceptionnels. En l'absence de doctrine BOFiP sur la CDHR, ils doivent être recalculés au cas par cas avec le simulateur officiel et votre expert-comptable. Par ailleurs, le crédit lombard est un effet de levier à double tranchant (appel de marge, risque de taux) : il ne se décide pas pour la seule raison fiscale, et les performances passées des supports nantis ne préjugent pas des performances futures.

Pour replacer ce calcul dans l'ensemble du dispositif des hauts revenus, et voir comment la CEHR et la CDHR s'empilent en 2026, revenez au pilier : comprendre la CEHR et la CDHR des hauts revenus et ce qui change avec la loi de finances 2026.

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Sources et références légales

  • CGI — le calcul de la CDHR

    Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du revenu fiscal de référence retraité au-delà de 250 000 € / 500 000 € ; au numérateur, seuls l'impôt sur le revenu, la part IR du PFU 12,8 %, les prélèvements libératoires de l'impôt sur le revenu et la CEHR sont retranchés ; décote dans la zone seuil–330 000 / seuil–660 000 € ; majorations de 1 500 € par personne à charge et 12 500 € par couple ; revenus exceptionnels retenus pour le quart). Art. 223 sexies CGI (CEHR, retranchée au numérateur). Art. 1417 IV CGI (revenu fiscal de référence). Art. 4 B CGI (domicile fiscal). Art. 200 A et 125-0 A CGI (PFU 12,8 % et PFL de l'assurance-vie). Il n'existe pas, à ce jour, de doctrine BOFiP dédiée à la CDHR : seules une FAQ, des actualités et un simulateur officiel la précisent.

  • Lois de finances et de financement (2025-2026)

    Loi n° 2025-127 du 14/02/2025 (LF 2025), art. 10 : création de la CDHR au titre des revenus 2025. Loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026), art. 2 : reconduction de la CDHR pour les revenus 2026, tant que le déficit du budget général de l'État reste supérieur à 3 % du PIB ; revenus exceptionnels retenus pour le quart. Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026), CSS art. L.136-8 : dualité des prélèvements sociaux (18,6 % / 17,2 %), exclus du calcul de la CDHR. Arrêté du 22/12/2025 : PASS 2026 = 48 060 €.

  • Modalités déclaratives et contrôle de constitutionnalité

    FAQ et actualité impôts.gouv.fr sur la CDHR : acompte de 95 % versé entre le 1er et le 15 décembre, majoration de 20 % en cas de sous-estimation supérieure à 20 % du montant dû, erreur d'estimation de bonne foi non sanctionnée, simulateur officiel. Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13/02/2025 et n° 2026-901 DC du 19/02/2026 (création puis reconduction de la CDHR non censurées — contrôle de procédure, sans validation au fond, à la différence de la CEHR validée par la décision 2012-662 DC).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La CDHR ne fait, à ce jour, l'objet d'aucune doctrine BOFiP opposable : les calculs et cas chiffrés présentés sont des ordres de grandeur pédagogiques aux taux 2026, à confirmer avec le simulateur officiel de l'administration et votre expert-comptable. Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer (lois de finances annuelles, FAQ de l'administration). La pérennité de la CDHR au-delà de 2026 reste conditionnée au retour du déficit public sous 3 % du PIB.

Foire aux questions

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